EPISODE · Dec 31, 2025 · 25 MIN
4.5. Moyen-Orient — Les sources taries
from La petite histoire de l'intelligence artificielle : de l'Antiquité à nos jours · host Kristy Anamoutou
Les sources taries : Comment le Moyen-Orient légua les mots et perdit les institutionsChaque fois qu'un ordinateur exécute une opération, il accomplit un algorithme. Le mot vient d'al-Khwarizmi — un mathématicien persan du neuvième siècle. « Algèbre » vient d'al-Jabr. Les « chiffres arabes » portent encore la mémoire d'une transmission.Les mots survivent. Les institutions meurent.La Maison de la Sagesse de Bagdad fut détruite en 1258. Mais au dix-neuvième siècle, la Nahda — la Renaissance arabe — tenta de faire rejaillir les sources. Rifa'a al-Tahtawi traduisit deux mille ouvrages européens en arabe. Muhammad Abduh réforma al-Azhar. La presse de Bulaq diffusa le savoir scientifique.Puis le colonialisme, l'accord Sykes-Picot, la fragmentation du monde arabe interrompirent l'élan.Hassan Kamel Al-Sabbah naquit au Liban en 1895. Génie de l'électrotechnique, il déposa plus de soixante-dix brevets — pour General Electric, aux États-Unis, où il avait dû émigrer. Il conçut une turbine solaire, des cellules photoélectriques, des systèmes de transmission de puissance. Il mourut à trente-neuf ans dans un accident de voiture. Au Liban, on érigea une statue. Les brevets restèrent américains.En Égypte, Muhammad Ali avait fait construire des écoles d'ingénieurs et de médecins, envoyé des étudiants en Europe. Le pays possédait la cinquième industrie cotonnière mondiale. Puis la dette, le canal de Suez, l'occupation britannique mirent fin à l'élan modernisateur.Le Moyen-Orient donna au monde les concepts fondamentaux du calcul. Et fut empêché de poursuivre ce qu'il avait commencé.Les sources attendent de rejaillir.
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Les sources taries : Comment le Moyen-Orient légua les mots et perdit les institutionsChaque fois qu'un ordinateur exécute une opération, il accomplit un algorithme. Le mot vient d'al-Khwarizmi — un mathématicien persan du neuvième siècle. « Algèbre » vient d'al-Jabr. Les « chiffres arabes » portent encore la mémoire d'une transmission.Les mots survivent. Les institutions meurent.La Maison de la Sagesse de Bagdad fut détruite en 1258. Mais au dix-neuvième siècle, la Nahda — la Renaissance arabe — tenta de faire rejaillir les sources. Rifa'a al-Tahtawi traduisit deux mille ouvrages européens en arabe. Muhammad Abduh réforma al-Azhar. La presse de Bulaq diffusa le savoir scientifique.Puis le colonialisme, l'accord Sykes-Picot, la fragmentation du monde arabe interrompirent l'élan.Hassan Kamel Al-Sabbah naquit au Liban en 1895. Génie de l'électrotechnique, il déposa plus de soixante-dix brevets — pour General Electric, aux États-Unis, où il avait dû émigrer. Il conçut une turbine solaire, des cellules photoélectriques, des systèmes de transmission de puissance. Il mourut à trente-neuf ans dans un accident de voiture. Au Liban, on érigea une statue. Les brevets restèrent américains.En Égypte, Muhammad Ali avait fait construire des écoles d'ingénieurs et de médecins, envoyé des étudiants en Europe. Le pays possédait la cinquième industrie cotonnière mondiale. Puis la dette, le canal de Suez, l'occupation britannique mirent fin à l'élan modernisateur.Le Moyen-Orient donna au monde les concepts fondamentaux du calcul. Et fut empêché de poursuivre ce qu'il avait commencé.Les sources attendent de rejaillir.
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