Ann O’aro : « Demain, ne cherchons plus à guérir des chagrins » episode artwork

EPISODE · Oct 2, 2020 · 4 MIN

Ann O’aro : « Demain, ne cherchons plus à guérir des chagrins »

from L'Arche de Nova · host Radio Nova

Ambassadrice d’un maloya revisité, cette chanteuse réunionnaise nous murmure un futur où nous prendrons pour exemples les plus puissants d’entre nous : celles et ceux qui ont survécu aux traumas, à la rue, à la prison, aux sectes, aux hôpitaux psychiatriques.« Etrange perspicacité que le rectum des songes. » La phrase surprend, l’image intrigue. C’est l’un des rares vers en français de Longoz, l’énigmatique et éclectique second album de la Réunionnaise Ann O’aro, chanté en créole, à paraître le 16 octobre, deux ans seulement après le premier disque qui portait son nom – geste courageux, récit d’une enfance en enfer sous les abus d’un père incestueux, sacré d’un coup de cœur de l’académie Charles Cros. Enregistré cet été sur son île avec ses complices Teddy Doris (trombone) et Bino Waro (percussions), le long et osé Longoz a démarré comme un jeu : « Reprendre l’une des mélodies du premier album et… la mettre à l'envers. Pour la réinventer. Ensuite, dans chaque chanson, nous avons inventé un nouveau cadre, comme un nouveau voyage à chaque fois. » Contrainte perspicace : ainsi renversé, leur maloya « s’émancipe » et prend la poudre d’escampette, furetant du côté des Balkans, du jazz, du zouk ou du séga mauricien. En résulte des instants de grande beauté, de possibles chialades, des envies de hurler à ses côtés : on appelle ça la liberté.« Koman il é Nova ? » Depuis « les hauts de l’Ouest », auprès des ravines de Tan Rouge, Ann O’aro nous adresse une utopie magnifique, située en 2070. Où le concept de « déchet » a disparu. Où les fous sont nos modèles. Où nous prendrons exemple sur les plus puissants d’entre nous : celles et ceux qui ont survécu à la rue, aux traumas, à la prison, aux sectes, aux hôpitaux psychiatriques. Où l’on ne cherche plus « à guérir ni des maladies ni des chagrins ». Où l’on acceptons ses failles. Où nous mangeons nos amis. Où nous mangeons nos amis ? À table : Ann O’aro sera en concert mardi 6 octobre à la Maison de la Poésie de Paris, au cœur battant du festival La Voix Est Libre.Pour réécouter Ann au micro de Marie Transport, c’est ici, en cinq parties : https://www.nova.fr/podcast/marie-transport/ann-oaro-15-le-creole-est-une-langue-pleine-de-rage-et-de-violence-qui-sentImage : Ann O’aro, photographiée par Florence Le Guyon.

Ambassadrice d’un maloya revisité, cette chanteuse réunionnaise nous murmure un futur où nous prendrons pour exemples les plus puissants d’entre nous : celles et ceux qui ont survécu aux traumas, à la rue, à la prison, aux sectes, aux hôpitaux psychiatriques. « Etrange perspicacité que le rectum des songes. » La phrase surprend, l’image intrigue. C’est l’un des rares vers en français de Longoz, l’énigmatique et éclectique second album de la Réunionnaise Ann O’aro, chanté en créole, à paraître le 16 octobre, deux ans seulement après le premier disque qui portait son nom – geste courageux, récit d’une enfance en enfer sous les abus d’un père incestueux, sacré d’un coup de cœur de l’académie Charles Cros. Enregistré cet été sur son île avec ses complices Teddy Doris (trombone) et Bino Waro (percussions), le long et osé Longoz a démarré comme un jeu : « Reprendre l’une des mélodies du premier album et… la mettre à l'envers. Pour la réinventer. Ensuite, dans chaque chanson, nous avons inventé un nouveau cadre, comme un nouveau voyage à chaque fois. » Contrainte perspicace : ainsi renversé, leur maloya « s’émancipe » et prend la poudre d’escampette, furetant du côté des Balkans, du jazz, du zouk ou du séga mauricien. En résulte des instants de grande beauté, de possibles chialades, des envies de hurler à ses côtés : on appelle ça la liberté. « Koman il é Nova ? » Depuis « les hauts de l’Ouest », auprès des ravines de Tan Rouge, Ann O’aro nous adresse une utopie magnifique, située en 2070. Où le concept de « déchet » a disparu. Où les fous sont nos modèles. Où nous prendrons exemple sur les plus puissants d’entre nous : celles et ceux qui ont survécu à la rue, aux traumas, à la prison, aux sectes, aux hôpitaux psychiatriques. Où l’on ne cherche plus « à guérir ni des maladies ni des chagrins ». Où l’on acceptons ses failles. Où nous mangeons nos amis. Où nous mangeons nos amis ? À table : Ann O’aro sera en concert mardi 6 octobre à la Maison de la Poésie de Paris, au cœur battant du festival La Voix Est Libre. Pour réécouter Ann au micro de Marie Transport, c’est ici, en cinq parties : https://www.nova.fr/podcast/marie-transport/ann-oaro-15-le-creole-est-une-langue-pleine-de-rage-et-de-violence-qui-sent Image : Ann O’aro, photographiée par Florence Le Guyon.

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