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EPISODE · Jan 28, 2024 · 16 MIN

Dans le train

from INTERSTICES · host Renaud Soubise

Fallait-il être à bord du direct Paris de 6h54 pour faire un tel voyage ?C’est dans le direct Paris de 6h54, que cela se produit. C’est la fin de l’automne ou le début de l’hiver. Il fait nuit et froid dehors, ce qui me procure un confort douillet et embrumé dans la relative obscurité de l’heure matinale.Affalé sur les deux sièges à droite de l’entrée de la rame, je me suis recroquevillé comme j’ai pu dans mon manteau avec une écharpe entortillée autour du cou, mon feutre sur le visage renvoyant la chaleur de mon souffle, et la tempe appuyée sur la paroi du wagon.Les vibrations du train me bercent des contrastes entre froideur glacée de la vitre et fraîcheur de l’habitacle, dans la tiède ambiance de mon cocon.Sans que j’en aie l’intention, mon cerveau s’affaire à syntoniser le brouhaha sourd et mécanique du tangage, pour me servir « Hôtel California », ce morceau que d’innombrables écoutes au cours de décennies a fini par graver en moi, si bien qu’il ne résonne pas dans ma tête comme un pâle souvenir : j’entends réellement les arrangements des cuivres et des guitares, les percussions et les tonalités des voix, comme si j’avais chaussé des écouteurs. Cette loyauté vocale et instrumentale est inespérée et exquise. Plus encore, j’ai la capacité consciente de guider le phénomène à loisir, en choisissant mentalement la séquence de l'œuvre. J’en profite pour réentendre d’autres zones de mémoire, avec « West Side Story », Brassens, Les Doors, Chopin, Tchaïkovski… Tout se joue merveilleusement d’une étonnante fidélité.Je me laisse porter au point où il devient vain d’opter entre veille et sommeil, observant passivement le déplacement de bulles et de filaments, ces inutiles formes dont je n’ai jamais su ce qui l’emportait entre réalité et virtualité. Elles évoluent lentement sur le fond de mon œil intime, de pastelle pénombre, fade et ocre, frayée entre mes paupières mi-closes sous mon chapeau. Je repère une sorte de spirale pyramidale qui se détache des autres microcosmes, se dessinant d’une géométrie nette et harmonieuse. Sa silhouette remonte imperceptiblement la diagonale de mon champ de vision au rythme du boléro de Ravel en tournant lentement sur elle-même. Au moment où elle va sortir de ma vue, j’entends le grincement de la porte coulissante et, juste à ma gauche, l’intimation ferme et convenue du contrôleur de lui présenter mon titre de transport.Cela arrive à cet instant. Mais ce n’est qu’après s’être terminé que je l’ai su.Il y a d’abord une période de sas, comme une très grande nuit, que je ne parcoure pas vraiment tant ma conscience est enfouie. À son issue, en percevant la puissante ankylose de mon esprit, j'apprécie l’inimaginable, sirupeuse et pesante profondeur de cet intermède. Il en faut du temps, un temps incalculable et indicible pour que mon éveil se clarifie enfin.Puis rien, absolument rien. Et au contraire : Tout. Rien ne se passe et tout est là. Je ne dors pas. Je suis incomparablement vivant, éveillé comme jamais, dans une conscience que j’ai du mal à qualifier. C’est trop long, si je donne des adjectifs : il en faudrait un seul qui évoquerait superlativement et positivement La Vie : à la fois résonnance, acuité, présence, paix, joie, lumière, confiance… Je ne me demande pas où je suis, et pourtant j’ai toute capacité de m’interroger. Rien ne manque. Rien ne me surprend. Je me sens affranchi : non pas de bouger, car il n’y a pas d’espace ; sans que cela conduise à la moindre inquiétude, du reste devenue impossible.Que de beauté ! L’idée même d’une idée est révolue. Il n’y a pas plus de pensée que d’étendue. Est-ce cela libre ?Je ne me suis pas rendu compte tout de suite que le « où » a aussi disparu. Je me découvre esprit hors de tout corps et de tout confinement, entouré d’une sorte de réseau immatériel. Je n’ai besoin de rien. (...)---[Rediffusion]Texte déposé ©Renaud SoubiseMusiques : free music projets ; extrait Hotel California ; Tchaikovsky  ; Ravel (Boléro) 

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New Work City Julia Molkhou | Orso Media Sur le papier, la vie de bureau est un long fleuve tranquille, le cadre est bien délimité, les frontières sont définies, et les règles, fixées. Mais dans la vraie vie, il n’en est rien. Le quotidien des entreprises n’est qu’une succession d’exceptions, et de cas particuliers que personne n’avait vu venir : ceux qui ne savent pas s’arrêter lors des pots au bureau, ceux qui ont du mal avec la notion de consentement, ceux qui ont un léger souci avec l’hygiène, ceux qui n’en foutent pas une mais qui savent y faire, ceux qui bossent beaucoup trop et que personne ne considère, ceux qui tirent la couverture, ceux dont les mains sont baladeuses, ceux qui abusent des émojis et envoient “à très bite” à un gros client. Et ce sont souvent ces petits grains de sable dans les rouages, et leur gestion (bonne ou mauvaise), qui conditionnent notre niveau d’envie d’y retourner tous les matins. C’est dans ces interstices que se révèle la vraie nature des entreprises, des managers et des collaborateur TechCareLab Tech Care TechCareLab – Un podcast et une plateforme pour relier soin, innovation et humanité🎙️ Le podcast TechCareLab propose 2 podcast:🔹 By IA :Il propose dans des épisodes d'une dizaine de minutes hebdomadaires, une veille ou synthèse d'articles scientifiques récents ou majeurs.https://podcast.ausha.co/techcarelab-2/playlist/techcarelab-by-ia🔹By Human: Un échange de 30 à 60 minutes pour rentrer dans l'intimité professionnelle. Une rencontre. Une voix, un parcours, une vision. On y parle d’intelligence artificielle en santé, de douleur chronique, de soins palliatifs et de fin de vie, de médecine personnalisée, de spiritualité parfois, de vulnérabilité souvent. Le podcast explore les zones d’ombre et les interstices : là où les algorithmes hésitent, là où le soin s’invente, là où l’éthique devient action.By human donne la parole à celles et ceux qui s'investissent, qui doutent, qui expérimentent, qui inventent. Des chercheurs en IA aux militants du soin, des médecins au bord de l’épuise Hiatus FM Hiatus FM Hiatus FM explore les interstices et les fractures des territoires d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs. Nos micros se promènent dans les rues, les usines, les voitures, les épiceries et les bars à l'écoute des joies et des turpitudes des lieux urbains. Hiatus FM diffuse ses créations sur Radio Canut, 102.2 FM à Lyon, et parfois ailleurs. INTERCEP ! Atelier Soubiran INTERCEP !Le podcast qui se glisse dans les interstices de vos vies de vignerons…  Vacances, transmission familiale, coaching, management, charge mentale ou même retraite : dans INTERCEP ! nous abordons des sujets sensibles, parfois tabous dans notre monde viticole.  Au fond, nous explorons comment la passion peut se conjuguer avec l’équilibre et la joie de vivre.Vous entendrez ici des vigneronnes et des vignerons qui ont toutes et tous en commun une certaine étincelle, une capacité à interroger leurs freins et parfois pousser un peu les barrières… loin de se revendiquer modèles, ils ont pourtant des choses à nous partager. Laissez-vous embarquer dans leurs histoires !Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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This episode is 16 minutes long.

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This episode was published on January 28, 2024.

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