EPISODE · Apr 8, 2024 · 4 MIN
Forough Farrokhzad 2/5
from Ondes poétiques · host RCF Saint-Étienne
Mardi 9 AvrilLa poésie de Forough Farrokhzad, poétesse iranienne, décédée en 1967 à l'âge de 33 ans, était une écriture de la protestation dans laquelle elle révélait la condition féminine avec ses désirs intimes, ses peines et ses aspirations. Ses poèmes sont encore aujourd'hui cités pour la liberté et l'indépendance des femmes. Aujourd'hui, je vous lis: Révolte Ne scelle pas mes lèvres au cadenas du silence Car j'ai dans le cœur une histoire irracontée Délivre mes pieds de ces fers qui les retiennent Car cette passion m'a bouleversée Viens, homme, viens, égoïste Viens ouvrir les portes de la cage Toute une vie, tu m'as voulue en prison Dans le souffle de cet instant, enfin, délivre-moi Je suis l'oiseau, cet oiseau qui depuis longtemps Songe à prendre son envol Mon chant s'est fait plainte dans ma poitrine serrée Et dans les désirs, ma vie a reflué Ne scelle pas mes lèvres au cadenas du silence Car il me faut dire mes secrets Et que je fasse entendre au monde entier Le crépitement enflammé de mes chants Viens, ouvre la porte, que je m'envole Vers le ciel limpide du poème Si tu me laisses m'envoler Je me ferai rose à la roseraie du poème Mes lèvres sucrées par tes baisers Mon corps parfumé à ton corps Mon regard avec ses étincelles cachées Mon cœur plaintif, par toi rougi Mais ô homme, homme égoïste Ne dis pas c'est une honte, que mon poème est honteux Pour ceux dont le cœur est enfiévré, le sais-tu, L'espace de cette cage est étroite, si étroite ? Ne dis pas que mon poème était péché tout entier De cette honte, de ce péché, laisse-moi ma part Je te laisse le paradis, ses houris et ses sources Toi, laisse-moi un abri au cœur de l'enfer Livre, intimité, poème, silence Voilà pour moi, les sources de l'ivresse Qu'importe de n'avoir pas voie au paradis Puisqu'en mon cœur est un paradis éternel ! Lorsque dans la nuit, la lune danse en silence Dans le ciel confus et éteint Toi, tu dors et moi, ivre de désirs inassouvis Je prends contre moi le corps du clair de lune La brise m'a déjà pris des milliers de baisers Et j'ai mille fois embrassé le soleil Dans cette prison dont tu étais le geôlier Une nuit, au profond de mon être un baiser me fit vaciller Rejette loin de toi l'illusion de l'honneur, homme Car ma honte m'est jouissance ivre Et je sais que Dieu me pardonnera Car il a donné au poète un cœur fouViens, ouvre la porte, que je déploie mes ailes Vers le ciel limpide du poème Si tu me laissais m'envoler Je me ferais rose à la roseraie du poèmeHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Mardi 9 Avril La poésie de Forough Farrokhzad, poétesse iranienne, décédée en 1967 à l'âge de 33 ans, était une écriture de la protestation dans laquelle elle révélait la condition féminine avec ses désirs intimes, ses peines et ses aspirations. Ses poèmes sont encore aujourd'hui cités pour la liberté et l'indépendance des femmes. Aujourd'hui, je vous lis: Révolte Ne scelle pas mes lèvres au cadenas du silence Car j'ai dans le cœur une histoire irracontée Délivre mes pieds de ces fers qui les retiennent Car cette passion m'a bouleversée Viens, homme, viens, égoïste Viens ouvrir les portes de la cage Toute une vie, tu m'as voulue en prison Dans le souffle de cet instant, enfin, délivre-moi Je suis l'oiseau, cet oiseau qui depuis longtemps Songe à prendre son envol Mon chant s'est fait plainte dans ma poitrine serrée Et dans les désirs, ma vie a reflué Ne scelle pas mes lèvres au cadenas du silence Car il me faut dire mes secrets Et que je fasse entendre au monde entier Le crépitement enflammé de mes chants Viens, ouvre la porte, que je m'envole Vers le ciel limpide du poème Si tu me laisses m'envoler Je me ferai rose à la roseraie du poème Mes lèvres sucrées par tes baisers Mon corps parfumé à ton corps Mon regard avec ses étincelles cachées Mon cœur plaintif, par toi rougi Mais ô homme, homme égoïste Ne dis pas c'est une honte, que mon poème est honteux Pour ceux dont le cœur est enfiévré, le sais-tu, L'espace de cette cage est étroite, si étroite ? Ne dis pas que mon poème était péché tout entier De cette honte, de ce péché, laisse-moi ma part Je te laisse le paradis, ses houris et ses sources Toi, laisse-moi un abri au cœur de l'enfer Livre, intimité, poème, silence Voilà pour moi, les sources de l'ivresse Qu'importe de n'avoir pas voie au paradis Puisqu'en mon cœur est un paradis éternel ! Lorsque dans la nuit, la lune danse en silence Dans le ciel confus et éteint Toi, tu dors et moi, ivre de désirs inassouvis Je prends contre moi le corps du clair de lune La brise m'a déjà pris des milliers de baisers Et j'ai mille fois embrassé le soleil Dans cette prison dont tu étais le geôlier Une nuit, au profond de mon être un baiser me fit vaciller Rejette loin de toi l'illusion de l'honneur, homme Car ma honte m'est jouissance ivre Et je sais que Dieu me pardonnera Car il a donné au poète un cœur fou Viens, ouvre la porte, que je déploie mes ailes Vers le ciel limpide du poème Si tu me laissais m'envoler Je me ferais rose à la roseraie du poème Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Forough Farrokhzad 2/5
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