Le vent à Djémila, extrait de Noces d'Albert Camus episode artwork

EPISODE · May 29, 2021 · 15 MIN

Le vent à Djémila, extrait de Noces d'Albert Camus

from Diseurs de beaux textes · host Hocine DRISSI

Le vent à Djemila : «Et jamais je n’ai senti, si avant, à la fois mon détachement de moi-même et ma présence au monde. Oui, je suis présent. Et ce qui me frappe à ce moment, c’est que je ne peux aller plus loin.» Djémila, autre site des vestiges d’une cité romaine. Mais à l’est d’Alger cette fois, sur une colline, plus proche du désert que de la mer. La visite de Camus dure un jour, comme à Tipasa. Alors que Tipasa offrait à l’auteur le sentiment réel de plénitude, Djémila le met face à un dépouillement violent. A Tipasa, le soleil caresse la peau; à Djémila il la brûle. A Tipasa, le vent susurre des mots d’amour; à Djémila il crie la mort. A Tipasa, les ruines témoigne d’une grandeur passée; à Djémila, elles se moquent d’une civilisation qui s’est effondrée. Djémila exprime le tragique de la condition du monde. L’homme est perdu face à la violence du vent, qui le pousse tout droit vers la mort. Seulement dans cette condition, l’homme peut prendre le temps de se détacher de lui-même, totalement dépouillé, pour prendre conscience de sa fragilité et de sa vulnérabilité. A bas l’illusion. C’est dans la mesure où l’on a conscience de sa finitude que l’on vit pleinement. Noces, pour ne pas renoncer à la beauté du monde : Noce à Tipaza, le vent à Djémila, l'Eté à Alger, le désert. Quatre lieux, quatre explorations, quatre textes qui célèbrent les noces d’Albert Camus avec des environnements qu’il aime. Ecrits entre 1936 et 1937, ces quatre essais lyriques annoncent qu’un jeune homme d’un peu plus de vingt ans a déjà trouvé les sources d’un bonheur simple, mais d’un bonheur vrai. Et exaltant. Entre descriptions sensitives et sensuelles, méditations et souvenirs d’une jeunesse en cours, les éléments essentiels à l’œuvre d’un Camus en construction surgissent déjà. Ils l’accompagneront jusqu’au Premier homme, resté inachevé. Noces est en ce sens une célébration de l’auteur, une célébration de lecture, une célébration de la beauté de son monde.

Le vent à Djemila : «Et jamais je n’ai senti, si avant, à la fois mon détachement de moi-même et ma présence au monde. Oui, je suis présent. Et ce qui me frappe à ce moment, c’est que je ne peux aller plus loin.» Djémila, autre site des vestiges d’une cité romaine. Mais à l’est d’Alger cette fois, sur une colline, plus proche du désert que de la mer. La visite de Camus dure un jour, comme à Tipasa. Alors que Tipasa offrait à l’auteur le sentiment réel de plénitude, Djémila le met face à un dépouillement violent. A Tipasa, le soleil caresse la peau; à Djémila il la brûle. A Tipasa, le vent susurre des mots d’amour; à Djémila il crie la mort. A Tipasa, les ruines témoigne d’une grandeur passée; à Djémila, elles se moquent d’une civilisation qui s’est effondrée. Djémila exprime le tragique de la condition du monde. L’homme est perdu face à la violence du vent, qui le pousse tout droit vers la mort. Seulement dans cette condition, l’homme peut prendre le temps de se détacher de lui-même, totalement dépouillé, pour prendre conscience de sa fragilité et de sa vulnérabilité. A bas l’illusion. C’est dans la mesure où l’on a conscience de sa finitude que l’on vit pleinement. Noces, pour ne pas renoncer à la beauté du monde : Noce à Tipaza, le vent à Djémila, l'Eté à Alger, le désert. Quatre lieux, quatre explorations, quatre textes qui célèbrent les noces d’Albert Camus avec des environnements qu’il aime. Ecrits entre 1936 et 1937, ces quatre essais lyriques annoncent qu’un jeune homme d’un peu plus de vingt ans a déjà trouvé les sources d’un bonheur simple, mais d’un bonheur vrai. Et exaltant. Entre descriptions sensitives et sensuelles, méditations et souvenirs d’une jeunesse en cours, les éléments essentiels à l’œuvre d’un Camus en construction surgissent déjà. Ils l’accompagneront jusqu’au Premier homme, resté inachevé. Noces est en ce sens une célébration de l’auteur, une célébration de lecture, une célébration de la beauté de son monde.

NOW PLAYING

Le vent à Djémila, extrait de Noces d'Albert Camus

0:00 15:55

No transcript for this episode yet

We transcribe on demand. Request one and we'll notify you when it's ready — usually under 10 minutes.

Frequently Asked Questions

How long is this episode of Diseurs de beaux textes?

This episode is 15 minutes long.

When was this Diseurs de beaux textes episode published?

This episode was published on May 29, 2021.

What is this episode about?

Le vent à Djemila : «Et jamais je n’ai senti, si avant, à la fois mon détachement de moi-même et ma présence au monde. Oui, je suis présent. Et ce qui me frappe à ce moment, c’est que je ne peux aller plus loin.» Djémila, autre site des vestiges...

Can I download this Diseurs de beaux textes episode?

Yes, you can download this episode by clicking the download button on the episode player, or subscribe to the podcast in your preferred podcast app for automatic downloads.
URL copied to clipboard!