L’énigme Marseille / Après le 11 septembre / n°210 / 12 septembre 2021 episode artwork

EPISODE · Sep 12, 2021 · 57 MIN

L’énigme Marseille / Après le 11 septembre / n°210 / 12 septembre 2021

from Le Nouvel Esprit Public · host Philippe Meyer

Avec cette semaine :David Djaïz, essayiste et enseignant à Sciences Po.Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique.Nicole Gnesotto, titulaire de la chaire « Union Européenne » au CNAM.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.L’ÉNIGME MARSEILLEDu 1er au 3 septembre, Emmanuel Macron était à Marseille, deuxième ville du pays avec ses 875 000 habitants, où il a annoncé son plan « Marseille en grand » : 1,5 milliard de financements nouveaux principalement pour les transports, la culture, la sécurité, les écoles. Voilà des décennies que cette cité se délite. Quartiers abandonnés aux trafiquants, pression migratoire continue, intégration délaissée, violences banalisées, dette abyssale (1,5 milliards d’euros), écoles déclassées, obsession victimaire, boulevards congestionnés... ​Dans son livre « Marseille, ville du monde » Nicolas Maisetti, docteur en science politique rappelle qu’« historiquement depuis Defferre, il y a un découplage politique des quartiers Nord par rapport à la ville centre : sauf sous Vigouroux, ces quartiers ont toujours été d'une couleur politique qui n'était pas celle de la mairie centrale. C'est ce qui explique leur mise à l'écart en termes de transports et plus généralement de services publics. Pour Defferre, c'était des nids de communistes, du temps de Gaudin, ce n'était pas sa clientèle électorale, et c'est un peu la même chose pour le Printemps marseillais. » La faute à un « Etat trop distant, qui revient de temps en temps en force ». En 2016, la métropole Aix-Marseille-Provence avait été créée pour donner de l'élan au territoire. François Hollande, qui avait déjà lancé en 2012 un plan de sauvetage de la ville de 2 milliards d'euros, misait alors sur cette nouvelle structure à fiscalité unique pour exercer des compétences stratégiques dans les domaines de l'aménagement, du développement économique, des transports ou des logements. Cinq ans plus tard, personne ne semble en mesure d'en percevoir la plus-value.Le politologue Patrick Le Lidec, chercheur en sciences politiques au CNRS explique que pour se protéger des villes ouvrières communistes, Gaston Defferre, a pratiqué l'isolationnisme de 1953 à 1986. Progressivement cette ville d'accueil des populations pauvres - notamment après la décolonisation -, privée d'activité économique et de recettes fiscales, est devenue le parent pauvre du département. Aux dernières élections municipales, après vingt-cinq ans de règne de Jean-Claude Gaudin (LR), Marseille a basculé à gauche, avec la victoire de l'écologiste Michèle Rubirola à laquelle a rapidement succédé Benoît Payan (PS). La ville possède toutefois des atouts. Malgré la drogue et les règlements de comptes, Marseille a attiré cet été 3 millions de visiteurs sur son littoral et dans ses calanques. Elle séduit de nouveaux habitants, ce qui entraîne la flambée des prix de l'immobilier. Entre 2015 et 2019, selon l'Insee, la ville a accueilli chaque année, en moyenne, 10 500 jeunes âgés de 20 à 34 ans extérieurs au territoire de la métropole. On y observe des phénomènes de gentrification, alors que le taux de chômage n'y est qu'à 9,9 %, contre 8% sur l’ensemble du territoire. Réalités qui coexistent avec les effondrements de la rue d'Aubagne, l'affaire Guérini, les grèves des poubelles et les règlements de comptes.***APRÈS LE 11 SEPTEMBRELa chute de Kaboul, le 15 août dernier, a mis fin à la « guerre contre la terreur » lancée par les Etats-Unis au lendemain des attentats du 11 Septembre qui firent près de 3 000 morts. Les troupes américaines qui occupèrent alors l’Afghanistan, y sont restées jusqu’à maintenant, malgré l'exécution d'Oussama ben Laden, le 2 mai 2011 au Pakistan. Bilan, vingt ans après : le département américain de la défense a dépensé 837 Mds$ pour la conduite de la guerre, au cours de laquelle 2 443 soldats américains et 1 144 militaires de la coalition internationale ont été tués. L’armée afghane a perdu 66 000 hommes. Les Etats-Unis ont déboursé 145 Mds$ pour la « reconstruction » de l’Afghanistan, dont la plus grande partie a servi à former et équiper les forces de sécurité afghanes. Une guerre dupliquée en 2003 en Irak, qui a coûté la mort de 4 500 soldats américains supplémentaires, avec un coût estimé à plus de 2 000 Mds$ selon le groupe Cost of Wars, du Watson Institute. L’image des États-Unis, déjà ternie par les méthodes antiterroristes employées à Guantanamo à Cuba, dans la prison d’Abou Ghraib en Irak, ou dans les centres de détention secrets de la CIA a été sévèrement atteinte par un départ de Kaboul en forme de déroute. « La chute de Kaboul affaiblira considérablement la main de l'Amérique dans le monde prédit Renaud Girard dans Le Figaro. Les Iraniens, les Turcs, les Russes et les Chinois la verront comme un géant aux pieds d'argile, incapable de constance stratégique. » Traumatisée par les attentats du 11 septembre 2001, l'Amérique a vécu pendant des années dans l'angoisse du terrorisme djihadiste sur son sol. Cette obsession nationale s'est estompée au fil des ans.A la suite du 11 septembre, les alliés occidentaux de l’Amérique se sont engagés à leurs côtés dans les deux plus longues guerres de l’histoire des États-Unis. Désormais, après leur échec, il est exclu de croire qu’on peut « exporter » la démocratie et qu’on peut « construire » des nations. A Kaboul, les talibans parlent de l'application de la charia au sens le plus littéral du terme. Une évolution qui inquiète les grands voisins de l'Afghanistan. L'Inde bien sûr, qui se demande si un tel discours ne peut constituer un encouragement pour les plus fondamentalistes des musulmans indiens, mais aussi le Pakistan pour les mêmes raisons.« De toutes les innombrables séquelles du terrorisme, la plus importante et celle qui est la moins prise en compte estime le journaliste américain Spencer Ackerman, c'est ce que la lutte contre le terrorisme a coûté à notre démocratie ». A toutes nos démocraties, tandis que le Moyen-Orient est durablement déstabilisé. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Avec cette semaine : - David Djaïz, essayiste et enseignant à Sciences Po.- Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique.- Nicole Gnesotto, titulaire de la chaire « Union Européenne » au CNAM.- Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova. L’ÉNIGME MARSEILLE Du 1er au 3 septembre, Emmanuel Macron était à Marseille, deuxième ville du pays avec ses 875 000 habitants, où il a annoncé son plan « Marseille en grand » : 1,5 milliard de financements nouveaux principalement pour les transports, la culture, la sécurité, les écoles. Voilà des décennies que cette cité se délite. Quartiers abandonnés aux trafiquants, pression migratoire continue, intégration délaissée, violences banalisées, dette abyssale (1,5 milliards d’euros), écoles déclassées, obsession victimaire, boulevards congestionnés...  ​Dans son livre « Marseille, ville du monde » Nicolas Maisetti, docteur en science politique rappelle qu’« historiquement depuis Defferre, il y a un découplage politique des quartiers Nord par rapport à la ville centre : sauf sous Vigouroux, ces quartiers ont toujours été d'une couleur politique qui n'était pas celle de la mairie centrale. C'est ce qui explique leur mise à l'écart en termes de transports et plus généralement de services publics. Pour Defferre, c'était des nids de communistes, du temps de Gaudin, ce n'était pas sa clientèle électorale, et c'est un peu la même chose pour le Printemps marseillais. » La faute à un « Etat trop distant, qui revient de temps en temps en force ». En 2016, la métropole Aix-Marseille-Provence avait été créée pour donner de l'élan au territoire. François Hollande, qui avait déjà lancé en 2012 un plan de sauvetage de la ville de 2 milliards d'euros, misait alors sur cette nouvelle structure à fiscalité unique pour exercer des compétences stratégiques dans les domaines de l'aménagement, du développement économique, des transports ou des logements. Cinq ans plus tard, personne ne semble en mesure d'en percevoir la plus-value. Le politologue Patrick Le Lidec, chercheur en sciences politiques au CNRS explique que pour se protéger des villes ouvrières communistes, Gaston Defferre, a pratiqué l'isolationnisme de 1953 à 1986. Progressivement cette ville d'accueil des populations pauvres - notamment après la décolonisation -, privée d'activité économique et de recettes fiscales, est devenue le parent pauvre du département. Aux dernières élections municipales, après vingt-cinq ans de règne de Jean-Claude Gaudin (LR), Marseille a basculé à gauche, avec la victoire de l'écologiste Michèle Rubirola à laquelle a rapidement succédé Benoît Payan (PS).  La ville possède toutefois des atouts. Malgré la drogue et les règlements de comptes, Marseille a attiré cet été 3 millions de visiteurs sur son littoral et dans ses calanques. Elle séduit de nouveaux habitants, ce qui entraîne la flambée des prix de l'immobilier. Entre 2015 et 2019, selon l'Insee, la ville a accueilli chaque année, en moyenne, 10 500 jeunes âgés de 20 à 34 ans extérieurs au territoire de la métropole. On y observe des phénomènes de gentrification, alors que le taux de chômage n'y est qu'à 9,9 %, contre 8% sur l’ensemble du territoire. Réalités qui coexistent avec les effondrements de la rue d'Aubagne, l'affaire Guérini, les grèves des poubelles et les règlements de comptes. *** APRÈS LE 11 SEPTEMBRE La chute de Kaboul, le 15 août dernier, a mis fin à la « guerre contre la terreur » lancée par les Etats-Unis au lendemain des attentats du 11 Septembre qui firent près de 3 000 morts. Les troupes américaines qui occupèrent alors l’Afghanistan, y sont restées jusqu’à maintenant, malgré l'exécution d'Oussama ben Laden, le 2 mai 2011 au Pakistan. Bilan, vingt ans après : le département américain de la défense a dépensé 837 Mds$ pour la conduite de la guerre, au cours de laquelle 2 443 soldats américains et 1 144 militaires de la coalition internationale ont été tués. L’armée afghane a perdu 66 000 hommes. Les Etats-Unis ont déboursé 145 Mds$ pour la « reconstruction » de l’Afghanistan, dont la plus grande partie a servi à former et équiper les forces de sécurité afghanes. Une guerre dupliquée en 2003 en Irak, qui a coûté la mort de 4 500 soldats américains supplémentaires, avec un coût estimé à plus de 2 000 Mds$ selon le groupe Cost of Wars, du Watson Institute. L’image des États-Unis, déjà ternie par les méthodes antiterroristes employées à Guantanamo à Cuba, dans la prison d’Abou Ghraib en Irak, ou dans les centres de détention secrets de la CIA a été sévèrement atteinte par un départ de Kaboul en forme de déroute. « La chute de Kaboul affaiblira considérablement la main de l'Amérique dans le monde prédit Renaud Girard dans Le Figaro. Les Iraniens, les Turcs, les Russes et les Chinois la verront comme un géant aux pieds d'argile, incapable de constance stratégique. » Traumatisée par les attentats du 11 septembre 2001, l'Amérique a vécu pendant des années dans l'angoisse du terrorisme djihadiste sur son sol. Cette obsession nationale s'est estompée au fil des ans. A la suite du 11 septembre, les alliés occidentaux de l’Amérique se sont engagés à leurs côtés dans les deux plus longues guerres de l’histoire des États-Unis. Désormais, après leur échec, il est exclu de croire qu’on peut « exporter » la démocratie et qu’on peut « construire » des nations. A Kaboul, les talibans parlent de l'application de la charia au sens le plus littéral du terme. Une évolution qui inquiète les grands voisins de l'Afghanistan. L'Inde bien sûr, qui se demande si un tel discours ne peut constituer un encouragement pour les plus fondamentalistes des musulmans indiens, mais aussi le Pakistan pour les mêmes raisons. « De toutes les innombrables séquelles du terrorisme, la plus importante et celle qui est la moins prise en compte estime le journaliste américain Spencer Ackerman, c'est ce que la lutte contre le terrorisme a coûté à notre démocratie ». A toutes nos démocraties, tandis que le Moyen-Orient est durablement déstabilisé. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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L’énigme Marseille / Après le 11 septembre / n°210 / 12 septembre 2021

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CISO Perspectives (public) N2K Networks This season on CISO Perspectives, host Kim Jones explores some of the challenges of leading through uncertainty. We explore the complexity of the changing nature of regulation and working with the federal government, the evolution of privacy and fraud, and how emerging technologies like AI and quantum computing are changing cyber. When you don’t know what questions to ask, you’re afraid to ask, or don’t know who to ask, CISO Perspectives provides the foundation for learning in this brave new world. LE HAWKESBURY SOCIAL ’BACK TO LIFE’ ADAM STACEY Welcome to the ‘Le Hawkesbury Social’, 'Back to Life’ a space where we celebrate life in all its colors: happiness, joy, love, connection, and even the moments of sadness that make us human. A space where we celebrate life in all its colors: happiness, joy, love, connection, and even the moments of sadness that make us human. Hosted by a passionate mental health advocate, this show dives deep into the topics that truly matter to today’s culture and community. Each episode offers honest conversations, thoughtful reflections, and real stories that bring people together. Whether you’re here for mental health discussions, community connections, or just looking to feel seen and heard in a fast-paced world, you’re in the right place. Adam believes in building a diverse and inclusive community where voices from every background can come together, share, and support one another. That’s why every Wellness Podcast, we open the mic to local community partners, support services, and inspiring voi On va refaire le monde X "En mode coach" Lola Bon. J’ai décidé d’aborder des sujets dont on ne parle pas, par peur du jugement de l’autre, par pudeur, par insignifiance, ou par manque d’envie.Le sexe est pourtant partout. Il fait partie intégrante des relations humaines, qu’elles soient amoureuses, amicales, professionnelles, cordiales ou même fortuites. Et pourtant, on n’en parle pas, ou pas assez, ou juste pas de la bonne manière.Moi, je veux parler du sexe, du vrai, celui qui est là, devant nous, et qu’on ignore…Bienvenue sur : On va refaire le monde X En mode coach. Paris o'clock Aurélie Moureaux Le podcast qui parle de culture française en français facile

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This episode is 57 minutes long.

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This episode was published on September 12, 2021.

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Avec cette semaine :David Djaïz, essayiste et enseignant à Sciences Po.Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique.Nicole Gnesotto, titulaire de la chaire « Union Européenne » au...

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