EPISODE · Apr 14, 2025 · 3 MIN
Poésie de Emile Verharen
from Ondes poétiques · host HOW SHING KOY Odile
Emile VERHAREN, poète belge de la mélancolie, a beaucoup écrit sur son pays. Je vous lis «àla Belgique», extrait du recueil «les ailes rouges de la guerre» écrit en 1916.A la BelgiqueHélas, depuis les jours des suprêmes combats,Tes compagnes sont la frayeur et l'infortune ;Tu n'as plus pour pays que des lambeaux de dunesEt des plaines en feu sur l'horizon, là-bas.Anvers et Gand et Liège et Bruxelles et BrugesTe furent arrachés et gémissent au loinSans que tes yeux encor vaillants soient leurs témoinsNi que tes bras armés encor soient leur refuge.Tu es celle en grand deuil qui vis avec la merPour en apprendre à résister sous les tempêtesEt tu songes et tu pleures, mais tu t'entêtesDans la terreur et dans l'orgueil de tes revers.Tu te sens grande immensément, quoique vaincue,Tu fus loyale et claire et ferme, comme au tempsOù l'honneur sous les cieux s'affirmait éclatantOù la gloire valait vraiment d'être vécue.Ton pauvre coin de sol où demeure debout,Face à l'orage, un roi avec sa foi armée,Tu le peuples encor de canons et d'armées,Pour le tenir tragiquement jusques au bout.Tu te hausses si haut que tu es solitaireDans la gloire, dans la beauté, dans la douleurEt que chacun t'exalte et t'admire en son cœur,Comme un peuple jamais ne le fut sur la terre.Qu'importe à cet amour l'angoisse de ton sortEt qu'Ypres soit désert, et Dixmude, ruine,Et qu'aussi vide et creux qu'une sombre poitrine,S'élève au fond du soir l'immense beffroi mort.A l'heure où cette cendre est encor la PatrieNous l'aimons à genoux avec un tel élanQue de chacun des murs saccagés et branlants,Nous baiserions la pierre éclatée et meurtrie.Et si demain l'homme allemand sournois et fouAchevait de te mordre en son étreinte blême,Douce Belgique aimée, espère et crois quand même :Ton pays mis à mort est immortel, en nous.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Emile VERHAREN, poète belge de la mélancolie, a beaucoup écrit sur son pays. Je vous lis «àla Belgique», extrait du recueil «les ailes rouges de la guerre» écrit en 1916. A la BelgiqueHélas, depuis les jours des suprêmes combats,Tes compagnes sont la frayeur et l'infortune ;Tu n'as plus pour pays que des lambeaux de dunesEt des plaines en feu sur l'horizon, là-bas.Anvers et Gand et Liège et Bruxelles et BrugesTe furent arrachés et gémissent au loinSans que tes yeux encor vaillants soient leurs témoinsNi que tes bras armés encor soient leur refuge.Tu es celle en grand deuil qui vis avec la merPour en apprendre à résister sous les tempêtesEt tu songes et tu pleures, mais tu t'entêtesDans la terreur et dans l'orgueil de tes revers.Tu te sens grande immensément, quoique vaincue,Tu fus loyale et claire et ferme, comme au tempsOù l'honneur sous les cieux s'affirmait éclatantOù la gloire valait vraiment d'être vécue.Ton pauvre coin de sol où demeure debout,Face à l'orage, un roi avec sa foi armée,Tu le peuples encor de canons et d'armées,Pour le tenir tragiquement jusques au bout.Tu te hausses si haut que tu es solitaireDans la gloire, dans la beauté, dans la douleurEt que chacun t'exalte et t'admire en son cœur,Comme un peuple jamais ne le fut sur la terre.Qu'importe à cet amour l'angoisse de ton sortEt qu'Ypres soit désert, et Dixmude, ruine,Et qu'aussi vide et creux qu'une sombre poitrine,S'élève au fond du soir l'immense beffroi mort.A l'heure où cette cendre est encor la PatrieNous l'aimons à genoux avec un tel élanQue de chacun des murs saccagés et branlants,Nous baiserions la pierre éclatée et meurtrie.Et si demain l'homme allemand sournois et fouAchevait de te mordre en son étreinte blême,Douce Belgique aimée, espère et crois quand même :Ton pays mis à mort est immortel, en nous. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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