EPISODE · Apr 15, 2025 · 3 MIN
Poésie de Emile Verharen
from Ondes poétiques · host HOW SHING KOY Odile
Voici deux poésies d' Emile VERHAREN, issues du recueil»les flamandes», «cuisson du pain« et «la cuisine» , des poèmes plus légers à déguster sans modération.Cuisson du painLes servantes faisaient le pain pour les dimanches,Avec le meilleur lait, avec le meilleur grain,Le front courbé, le coude en pointe hors des manches,La sueur les mouillant et coulant au pétrin.Leurs mains, leurs doigts, leur corps entier fumait de hâte,Leur gorge remuait dans les corsages pleins.Leurs deux poings monstrueux pataugeaient dans la pâteEt la moulaient en ronds comme la chair des seins.Le bois brûlé se fendillait en braises rougesEt deux par deux, du bout d'une planche, les gougesDans le ventre des fours engouffraient les pains mous.Et les flammes, par les gueules s'ouvrant passage,Comme une meute énorme et chaude de chiens roux,Sautaient en rugissant leur mordre le visage.La cuisineAu fond, la crémaillère avait son croc pendu,Le foyer scintillait comme une rouge flaque,Et ses flammes, mordant incessamment la plaque,Y rongeaient un sujet obscène en fer fondu.Le feu s'éjouissait sous le manteau tenduSur lui, comme l'auvent par-dessus la baraque,Dont les bibelots clairs, de bois, d'étain, de laque,Crépitaient moins aux yeux que le brasier tordu.Les rayons s'échappaient comme un jet d'émeraudes,Et, ci et là, partout, donnaient des chiquenaudesDe clarté vive aux brocs de verre, aux plats d'émail,A voir sur tout relief tomber une étincelle,On eût dit - tant le feu s'émiettait par parcelle -Qu'on vannait du soleil à travers un vitrail.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
What this episode covers
Voici deux poésies d' Emile VERHAREN, issues du recueil»les flamandes», «cuisson du pain« et «la cuisine» , des poèmes plus légers à déguster sans modération.Cuisson du painLes servantes faisaient le pain pour les dimanches,Avec le meilleur lait, avec le meilleur grain,Le front courbé, le coude en pointe hors des manches,La sueur les mouillant et coulant au pétrin.Leurs mains, leurs doigts, leur corps entier fumait de hâte,Leur gorge remuait dans les corsages pleins.Leurs deux poings monstrueux pataugeaient dans la pâteEt la moulaient en ronds comme la chair des seins.Le bois brûlé se fendillait en braises rougesEt deux par deux, du bout d'une planche, les gougesDans le ventre des fours engouffraient les pains mous.Et les flammes, par les gueules s'ouvrant passage,Comme une meute énorme et chaude de chiens roux,Sautaient en rugissant leur mordre le visage.La cuisineAu fond, la crémaillère avait son croc pendu,Le foyer scintillait comme une rouge flaque,Et ses flammes, mordant incessamment la plaque,Y rongeaient un sujet obscène en fer fondu.Le feu s'éjouissait sous le manteau tenduSur lui, comme l'auvent par-dessus la baraque,Dont les bibelots clairs, de bois, d'étain, de laque,Crépitaient moins aux yeux que le brasier tordu.Les rayons s'échappaient comme un jet d'émeraudes,Et, ci et là, partout, donnaient des chiquenaudesDe clarté vive aux brocs de verre, aux plats d'émail,A voir sur tout relief tomber une étincelle,On eût dit - tant le feu s'émiettait par parcelle -Qu'on vannait du soleil à travers un vitrail. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
NOW PLAYING
Poésie de Emile Verharen
No transcript for this episode yet
Similar Episodes
Jul 7, 2026 ·35m
Jul 7, 2026 ·27m
Jul 7, 2026 ·4m