EPISODE · Dec 5, 2024 · 2 MIN
Poêtes de la guerre de 14 - 18 -
from Ondes poétiques · host HOW SHING KOY Odile
Vendredi 6 Décembre Terminons cette semaine par un poème de Louis ARAGON Tu n'en reviendras pas Le poète y évoque son expérience de médecin militaire auxiliaire en 1918 pendant la Première Guerre mondiale, poème en alexandrins écrits d'une manière régulière. Témoignage sur la tragédie sans nom de la guerre, il est publié en 1956 dans Le Roman inachevé. Tu n’en reviendras pas toi qui courais les filles Jeune homme dont j’ai vu battre le cœur à nu Quand j’ai déchiré ta chemise et toi non plus Tu n’en reviendras pas vieux joueur de manille Qu’un obus a coupé par le travers en deux Pour une fois qu’il avait un jeu du tonnerre Et toi le tatoué l’ancien légionnaire Tu survivras longtemps sans visage sans yeux On part , Dieu sait pour où ça tient du mauvais rêve On glissera le long de la ligne de feu Quelque part ça commence à n’être plus du jeu Les bonshommes là-bas attendent la relève Roule au loin roule train des dernières lueurs Les soldats assoupis que ta danse secouent Laissent pencher leur front et fléchissent le cou Cela sent le tabac l’haleine la sueur Comment vous regarder sans voir vos destinées Fiancés de la terre et promis des douleurs La veilleuse vous fait de la couleur des pleurs Vous bougez vaguement vos jambes condamnées Déjà la pierre pense où votre nom s’inscrit Déjà vous n’êtes plus qu’un mot d’or sur nos places Déjà le souvenir de vos amours s’efface Déjà vous n’êtes plus que pour avoir péri Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
What this episode covers
Vendredi 6 Décembre Terminons cette semaine par un poème de Louis ARAGON Tu n'en reviendras pas Le poète y évoque son expérience de médecin militaire auxiliaire en 1918 pendant la Première Guerre mondiale, poème en alexandrins écrits d'une manière régulière. Témoignage sur la tragédie sans nom de la guerre, il est publié en 1956 dans Le Roman inachevé. Tu n’en reviendras pas toi qui courais les filles Jeune homme dont j’ai vu battre le cœur à nu Quand j’ai déchiré ta chemise et toi non plus Tu n’en reviendras pas vieux joueur de manille Qu’un obus a coupé par le travers en deux Pour une fois qu’il avait un jeu du tonnerre Et toi le tatoué l’ancien légionnaire Tu survivras longtemps sans visage sans yeux On part , Dieu sait pour où ça tient du mauvais rêve On glissera le long de la ligne de feu Quelque part ça commence à n’être plus du jeu Les bonshommes là-bas attendent la relève Roule au loin roule train des dernières lueurs Les soldats assoupis que ta danse secouent Laissent pencher leur front et fléchissent le cou Cela sent le tabac l’haleine la sueur Comment vous regarder sans voir vos destinées Fiancés de la terre et promis des douleurs La veilleuse vous fait de la couleur des pleurs Vous bougez vaguement vos jambes condamnées Déjà la pierre pense où votre nom s’inscrit Déjà vous n’êtes plus qu’un mot d’or sur nos places Déjà le souvenir de vos amours s’efface Déjà vous n’êtes plus que pour avoir péri Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
NOW PLAYING
Poêtes de la guerre de 14 - 18 -
No transcript for this episode yet
Similar Episodes
Jul 7, 2026 ·35m
Jul 7, 2026 ·27m
Jul 7, 2026 ·4m