EPISODE · Dec 1, 2024 · 3 MIN
Poêtes de la guerre de 14 - 18 -
from Ondes poétiques · host HOW SHING KOY Odile
Lundi 2 Décembre Tout au long de cette semaine, je ferai découvrir à nos auditeurs des poètes de la guerre de 14-18. Beaucoup d'écrivains et d’artistes de toutes nationalités, parfois célèbres, ont été victimes de la Première Guerre mondiale, tués ou blessés, meurtris et marqués à jamais dans leur créativité par les horreurs dont ils furent les témoins. Wilfred Edward Salter Owen,(18 mars 1893 – 4 novembre 1918) est un poète anglais, très connu en Angleterre et en Europe et parfois considéré comme le plus grand poète de la Première Guerre mondiale. Il fut engagé volontaire de cette grande guerre. Owen fut tué le 4 novembre 1918 , à l'âge de 25 ans, lors de la grande offensive finale à Ors près du Cateau-Cambrésis, une semaine presque à l'heure près avant l'armistice. Je vous lis deux de ses poésies: «hymne à la jeunesse condamnée suivi de «sur une plaque d'identité» Hymne à la jeunesse condamnée Quel glas pour ceux-là qui meurent comme du bétail ? Seule la monstrueuse colère des canons. Seuls les crépitements rapides des fusils Peuvent encore marmotter leurs hâtives oraisons. Plus de singeries pour eux, de prières ni de cloches, Aucune voix de deuil sinon les choeurs – Les choeurs aigus, déments des obus qui pleurent, Et les bugles qui les appellent du fond de comtés tristes. Quels cierges portera-t-on pour leur dernier voyage ? Les mains des gosses resteront vides, mais dans leurs yeux Brûlera la flamme sacrée des au revoir. Le front pâle des filles sera leur linceul, Leurs fleurs la tendresse d’âmes patientes Et chaque lent crépuscule, un volet qui se ferme. Sur une plaque d’identité Si jamais j’avais un jour rêvé voir mon nom mort Haut perché au coeur de Londres, à l’épreuve Définitive du temps, la fugitive renommée Ayant choisi d’y chercher enfin long asile – Autant pour moi. Et j’évoque avec honte Ce vieux désir : dérober ce nom aux ardeurs de la vie Sous les cyprès sacrés qui baignent de leur ombre La tombe de John KEATS. Aujourd’hui, je remercie Dieu : aucun risque De voir ce nom gravé nulle part en formules fleuries. J’aime mieux ma mort notée sur cette plaque. Porte-la, cher ami. N’inscris ni date ni haut fait. Mais que le battement de mon coeur l’embrasse nuit et jour Jusqu’à ce que le nom se brouille puis s’efface. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Lundi 2 Décembre Tout au long de cette semaine, je ferai découvrir à nos auditeurs des poètes de la guerre de 14-18. Beaucoup d'écrivains et d’artistes de toutes nationalités, parfois célèbres, ont été victimes de la Première Guerre mondiale, tués ou blessés, meurtris et marqués à jamais dans leur créativité par les horreurs dont ils furent les témoins. Wilfred Edward Salter Owen,(18 mars 1893 – 4 novembre 1918) est un poète anglais, très connu en Angleterre et en Europe et parfois considéré comme le plus grand poète de la Première Guerre mondiale. Il fut engagé volontaire de cette grande guerre. Owen fut tué le 4 novembre 1918 , à l'âge de 25 ans, lors de la grande offensive finale à Ors près du Cateau-Cambrésis, une semaine presque à l'heure près avant l'armistice. Je vous lis deux de ses poésies: «hymne à la jeunesse condamnée suivi de «sur une plaque d'identité» Hymne à la jeunesse condamnée Quel glas pour ceux-là qui meurent comme du bétail ? Seule la monstrueuse colère des canons. Seuls les crépitements rapides des fusils Peuvent encore marmotter leurs hâtives oraisons. Plus de singeries pour eux, de prières ni de cloches, Aucune voix de deuil sinon les choeurs – Les choeurs aigus, déments des obus qui pleurent, Et les bugles qui les appellent du fond de comtés tristes. Quels cierges portera-t-on pour leur dernier voyage ? Les mains des gosses resteront vides, mais dans leurs yeux Brûlera la flamme sacrée des au revoir. Le front pâle des filles sera leur linceul, Leurs fleurs la tendresse d’âmes patientes Et chaque lent crépuscule, un volet qui se ferme. Sur une plaque d’identité Si jamais j’avais un jour rêvé voir mon nom mort Haut perché au coeur de Londres, à l’épreuve Définitive du temps, la fugitive renommée Ayant choisi d’y chercher enfin long asile – Autant pour moi. Et j’évoque avec honte Ce vieux désir : dérober ce nom aux ardeurs de la vie Sous les cyprès sacrés qui baignent de leur ombre La tombe de John KEATS. Aujourd’hui, je remercie Dieu : aucun risque De voir ce nom gravé nulle part en formules fleuries. J’aime mieux ma mort notée sur cette plaque. Porte-la, cher ami. N’inscris ni date ni haut fait. Mais que le battement de mon coeur l’embrasse nuit et jour Jusqu’à ce que le nom se brouille puis s’efface. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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