Thématique : la Syrie, avec Joseph Bahout  / n°85 episode artwork

EPISODE · Apr 21, 2019 · 59 MIN

Thématique : la Syrie, avec Joseph Bahout / n°85

from Le Nouvel Esprit Public · host Philippe Meyer

Avec le soutien de MMA Joseph Bahout, est spécialiste du Moyen Orient, professeur à l’Institut d’Études Politiques de Paris et chercheur à l’Académie diplomatique internationale, il a travaillé avec divers instituts, notamment avec le Carnegie endowment for international peace et nous allons avec lui essayer d’éclairer la situation de la Syrie et des Syriens.       Le 23 mars denier, l’organisation État islamique (EI) a perdu le réduit syrien de Baghouz, repris par les Forces démocratiques syriennes (FDS) et leurs alliés occidentaux. Ce hameau situé à la frontière entre l’Irak et la Syrie, constituait sa toute dernière emprise territoriale. Après avoir construit une vaste entité politique à cheval sur les territoires de ces deux pays, le califat proclamé en juin 2014 à Mossoul a été militairement vaincu. Il ne cesse pour autant de représenter une menace pour la stabilité régionale. Les forces kurdes, réunies dans les Forces démocratiques syriennes (FDS) soulignent que Daech est loin d'être éliminé définitivement. Elles insistent sur le soutien populaire qui persiste dans les zones que l'organisation contrôlait autrefois ainsi que sur l'existence des cellules dormantes constituées par des islamistes qui se retirés dans des zones hors contrôle et vers l'Irak. Par ailleurs, la situation humanitaire est dégradée dans les camps gérés par les Kurdes et la Croix-Rouge où s'entassent des femmes et des enfants de jihadistes. Les forces kurdes doivent à elles seules gérer environ 10 000 combattants de Daech emprisonnés et des milliers d'enfants sans identité. A ce titre, elles ont à plusieurs reprises demandé de l'aide à la communauté internationale et aux États dont certains prisonniers sont ressortissants mais leur appel n'a pas débouché sur un soutien concret.       Au plan international, le retour des jihadistes divise les États. Bien loin de l’entente qui
a permis de défaire Daech militairement, chacun traite le problème de manière unilatérale. Alors que le 17 février, Donald Trump demandait à ses alliés de ramener chez eux pour les juger les combattants détenus en Syrie, les pays de la coalition montrent peu d’enthousiasme quant au retour de leurs citoyens. Tandis que le ministre des Affaires étrangères allemand, Heiko Maas, soutenait en février «que les nationaux allemands ne pourront revenir que si l’on peut s’assurer qu’ils soient directement placés en garde à vue, ce qui n’est pas garanti», la Belgique souhaite, quant à elle, que les procès se déroulent sur les lieux des crimes. Le 28 mars, le gouvernement danois a proposé une accélération de la procédure de déchéance de nationalité pour les combattants binationaux et souhaite que les enfants de ces combattants, nés dans les zones de combat, soient également privés de la nationalité danoise. La ministre française des armées, Florence Parly, a déclaré que « les djihadistes français partis combattre dans les rangs du groupe État islamique en Syrie et en Irak n'ont pas vocation à être jugés en France, même ceux détenus au Kurdistan syrien ». Lors du G7, qui s’est tenu du 5 au 6 avril dernier, un rapprochement a néanmoins été opéré sur la lutte contre l'utilisation d'internet par les groupes extrémistes. Les pays membres se sont mis d'accord sur la nécessité de "tout mettre en œuvre pour empêcher la dispersion des combattants terroristes étrangers et de leurs familles" et de veiller à ce que ceux qui doivent être jugés et condamnés "le soient fermement". Le Kazakhstan, la Russie et le Soudan font partie des rares pays à assurer le retour de certains nationaux, principalement les femmes et les enfants.         L’heure n’en est pas encore non plus au retour au pays pour les réfugiés syriens dispersés de la Turquie à la Jordanie, en passant par l’Allemagne et le Liban. Ils sont 5,7 millions de réfugiés syriens dans le monde dont 5,3 millions sont répartis dans les pays voisins.   Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Avec le soutien de MMA Joseph Bahout, est spécialiste du Moyen Orient, professeur à l’Institut d’Études Politiques de Paris et chercheur à l’Académie diplomatique internationale, il a travaillé avec divers instituts, notamment avec le Carnegie endowment for international peace et nous allons avec lui essayer d’éclairer la situation de la Syrie et des Syriens. Le 23 mars denier, l’organisation État islamique (EI) a perdu le réduit syrien de Baghouz, repris par les Forces démocratiques syriennes (FDS) et leurs alliés occidentaux. Ce hameau situé à la frontière entre l’Irak et la Syrie, constituait sa toute dernière emprise territoriale. Après avoir construit une vaste entité politique à cheval sur les territoires de ces deux pays, le califat proclamé en juin 2014 à Mossoul a été militairement vaincu. Il ne cesse pour autant de représenter une menace pour la stabilité régionale. Les forces kurdes, réunies dans les Forces démocratiques syriennes (FDS) soulignent que Daech est loin d'être éliminé définitivement. Elles insistent sur le soutien populaire qui persiste dans les zones que l'organisation contrôlait autrefois ainsi que sur l'existence des cellules dormantes constituées par des islamistes qui se retirés dans des zones hors contrôle et vers l'Irak. Par ailleurs, la situation humanitaire est dégradée dans les camps gérés par les Kurdes et la Croix-Rouge où s'entassent des femmes et des enfants de jihadistes. Les forces kurdes doivent à elles seules gérer environ 10 000 combattants de Daech emprisonnés et des milliers d'enfants sans identité. A ce titre, elles ont à plusieurs reprises demandé de l'aide à la communauté internationale et aux États dont certains prisonniers sont ressortissants mais leur appel n'a pas débouché sur un soutien concret. Au plan international, le retour des jihadistes divise les États. Bien loin de l’entente qui
a permis de défaire Daech militairement, chacun traite le problème de manière unilatérale. Alors que le 17 février, Donald Trump demandait à ses alliés de ramener chez eux pour les juger les combattants détenus en Syrie, les pays de la coalition montrent peu d’enthousiasme quant au retour de leurs citoyens. Tandis que le ministre des Affaires étrangères allemand, Heiko Maas, soutenait en février «que les nationaux allemands ne pourront revenir que si l’on peut s’assurer qu’ils soient directement placés en garde à vue, ce qui n’est pas garanti», la Belgique souhaite, quant à elle, que les procès se déroulent sur les lieux des crimes. Le 28 mars, le gouvernement danois a proposé une accélération de la procédure de déchéance de nationalité pour les combattants binationaux et souhaite que les enfants de ces combattants, nés dans les zones de combat, soient également privés de la nationalité danoise. La ministre française des armées, Florence Parly, a déclaré que « les djihadistes français partis combattre dans les rangs du groupe État islamique en Syrie et en Irak n'ont pas vocation à être jugés en France, même ceux détenus au Kurdistan syrien ». Lors du G7, qui s’est tenu du 5 au 6 avril dernier, un rapprochement a néanmoins été opéré sur la lutte contre l'utilisation d'internet par les groupes extrémistes. Les pays membres se sont mis d'accord sur la nécessité de "tout mettre en œuvre pour empêcher la dispersion des combattants terroristes étrangers et de leurs familles" et de veiller à ce que ceux qui doivent être jugés et condamnés "le soient fermement". Le Kazakhstan, la Russie et le Soudan font partie des rares pays à assurer le retour de certains nationaux, principalement les femmes et les enfants. L’heure n’en est pas encore non plus au retour au pays pour les réfugiés syriens dispersés de la Turquie à la Jordanie, en passant par l’Allemagne et le Liban. Ils sont 5,7 millions de réfugiés syriens dans le monde dont 5,3 millions sont répartis dans les pays voisins. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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This episode is 59 minutes long.

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This episode was published on April 21, 2019.

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