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Blast - Les entretiens

Actualité, idées, économie, écologie, politique et international, zoom arrière, tous les entretiens de la chaîne Youtube de Blast sont réunis ici, en podcast, pour vous permettre de vous informer. Une collection pour prendre le temps et réfléchir.Blast est un média indépendant créé pour redonner du souffle à l'information. Blast vous propose un autre regard sur l'actualité à travers des reportages, des décryptages, des enquêtes et des entretiens que nous avons décidé de convertir ici en podcast.Blast est financé exclusivement par ses abonnés et donateurs. Nous avons besoin de vous pour continuer : https://www.blast-info.fr/soutenir

  1. 72

    Comment les techno-fascistes ont pris le pouvoir

    Et si nous étions entrés dans l’ère du technofascisme ? Depuis que Donald Trump est de retour à la Maison Blanche, quelque chose a basculé. Et pendant qu’il attire toute l’attention, qu’il semble être partout, son pouvoir se transforme. Car cette fois-ci, il s’est entouré des milliardaires de la tech à qui il doit son élection. Après avoir accaparé nos vies privées, ces entrepreneurs veulent désormais imposer leur vision du monde et étendre leur influence; en commençant par démanteler les institutions et la démocratie américaine…

  2. 71

    Les médias indépendants en première ligne contre les oligarques

    Après avoir longtemps été un patron de gauche reconnu pour son management chez le cimentier Lafarge, Olivier Legrain, 72 ans au compteur, a changé de vie et est devenu psychanalyste et influenceur de l'ombre. Rassembler les médias indépendants au sein d’une « Maison des médias libres » : c’est le projet immobilier et politique que porte le désormais multimillionnaire Olivier Legrain pour 2026. Accompagné par le journaliste et essayiste Vincent Edin, il vient de publier un essai « Sauver l’information (de l’emprise des milliardaires) » chez Payot (juin 2025). L’occasion d’une rencontre organisée cet été que nous publions avec un léger retard lié à une actualité débordante et débordée. Legrain et Edin tentent ici de nous faire partager un constat alarmant et une méthode affichant l’ambition surprenante de rivaliser avec les grands milliardaires qui détiennent une part toujours plus grande des journaux, chaînes, sites, radios et télé traditionnels. Mais à gauche comme parmi les journalistes, l’initiative ne fait pas l’unanimité et soulève une question pesante : quel est le véritable prix de l’indépendance ? Un nouvel entretien à retrouver sur Blast qui est, justement, en pleine campagne de financement. Le prix de son indépendance, c’est vous qui le fixez. Merci de vous abonner.

  3. 70

    Pourquoi Gabriel Zucman fait peur aux ultra riches

    La « taxe Zucman » est de plus en plus présente dans le débat public ces derniers mois, et suscité des critiques de plus en plus nombreuses. Mais pourquoi cet impôt plancher de 2% sur les plus hauts patrimoines suscite-t-il un tel engouement ? Salomé Saqué reçoit Gabriel Zucman, et l’interroge sur les critiques auxquelles il fait face depuis plusieurs mois. « Communiste », « absurde » voire carrément « dangereux pour l’économie » : de Bernard Arnault à Patrick Martin (le président du MEDEF) en passant par Marine Le Pen, de plus en plus de figures du débat médiatique attaquent ce jeune économiste et son idée de taxe avec une virulence rarement connue récemment sur des questions économiques. Alors qu’est ce que cette taxe exactement ? Va-t-elle trop ou au contraire pas assez loin ? Que disent ces attaques du traitement réservé aux universitaires dans le débat public ?

  4. 69

    Comment gagner la bataille culturelle

    Dans un contexte de montée internationale du fascisme, d'offensive des idées ultra conservatrices et anti démocratiques, l’autrice Blanche Sabbah défend la nécessité de mener une bataille artistique, et une bataille des idées, sur tous les plans, pour pouvoir empêcher cette montée de l’obscurantisme. L’extrême droite dispose de récits, de symboles, de tout un univers de plus en plus puissant, sur tous les canaux possibles. Mais comment faire pour proposer d’autres imaginaires ? Est-ce qu’on lutte efficacement avec du cinéma, de la musique, de la peinture, de la littérature ? Est ce que c’est ça, la bataille culturelle, ou est ce plus large ? Réponses dans ce nouvel entretien au micro de Salomé Saqué, pour Blast.

  5. 68

    “La lutte des classes plutôt que l’apocalypse” : pour une écologie populaire

    Comment l’écologie a-t-elle pu devenir la cible de tant de critiques et de tant de colère ? C’est la question que pose Eric Aeschimann dans son nouveau livre Les Vipères ne tombent pas du ciel, l’écologie au défi des classes populaires. Dans cet essai, il analyse la poussée actuelle de l’”écolophobie”, ses causes et les leçons à en tirer. Il y décrypte les impensés de l’écologie politique, des discours dominants. Et pointe du doigt une écologie trop souvent technocratique, moralisatrice… et bourgeoise. Il écrit “L’écologie bourgeoise est une écologie surplombante, hors sol, intrusive, infantilisante, culpabilisante” et ajoute “Réclamer un «écogeste» à quelqu’un qui est pieds et poings liés par la précarité, ce n’est pas sauver la planète, c’est ajouter de l’humiliation à l’humiliation”. Selon l’auteur, “il faut en finir avec les leçons de morale, l’appel à la conscience universelle, les incitations et autres taxes destinées à gouverner les conduites des classes populaires, cela n’a jamais marché et cela ne marchera pas”. Pour sortir de l’impasse actuelle, il propose que la lutte des classes devienne la grammaire qui rendra l’écologie populaire. En clair, de construire une écologie égalitaire dont l’horizon serait la réduction des inégalités et l’autonomie des individus. Alors comment en sommes nous arrivés là ? Pourquoi est-il nécessaire aujourd’hui de s’attaquer aux grands systèmes polluants et injustes plutôt que de stigmatiser les comportements des individus ? Comment l'écologie peut-elle se renouveler et à quoi ressemblerait une écologie égalitaire ? Réponses dans cet entretien de Paloma Moritz avec Eric Aeschimann, journaliste au service Idées du « Nouvel Obs », spécialiste de l’écologie.

  6. 67

    Ce qui se joue vraiment derrière le cessez-le-feu à Gaza

    Aujourd’hui, le monde retient son souffle devant ce qui semble être la fin du génocide à Gaza, après deux ans de souffrances, de destructions et plus de 67 000 morts. Un chiffre qui, selon le ministère de la Santé à Gaza, continue d’augmenter chaque jour. Après deux années d’horreur, les images de deuil laissent désormais place à la joie d’un peuple dont le calvaire semble toucher à sa fin. Les détenus arrêtés arbitrairement par Israël ont été libérés en échange des otages capturés par le Hamas. Mais rien n’est encore joué : les négociations entrent dans leur deuxième phase, et rien ne garantit qu’elles aboutiront. Pendant que Donald Trump parade, aucune annonce n’a été faite concernant l’avenir politique des Palestiniens, tandis que la colonisation de la Cisjordanie se poursuit.

  7. 66

    Rima Hassan : "Les Palestiniens n'accepteront pas de se laisser diriger, surtout après un génocide"

    Depuis des années, la question palestinienne demeure une plaie ouverte dans la conscience internationale. Les images des flottilles humanitaires arraisonnées ou de leurs membres arrêtés continuent d’incarner la lutte d’une société civile face à un blocus illégal et à l’inaction de la communauté internationale.

  8. 65

    Israël a tout fait pour qu'il n'y ait jamais d'État palestinien

    Quelques jours après la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par la France devant l’Assemblée générale des Nations Unies, Soumaya Benaissa reçoit l’éminente juriste, infatigable partisane des droits des peuples à leur autodétermination, Monique Chemillier-Gendreau, autrice du livre « Rendre impossible un État palestinien, l’objectif d’Israël depuis sa création » (Textuel).

  9. 64

    Collaboration : révélations sur les liens entre le patronat et l’extrême droite

    Les nazis auraient-ils pu arriver au pouvoir sans l’aide du patronat ? C’est la question que se pose le nouveau livre de Laurent Mauduit, qui commence ainsi : “L’histoire nous a appris le rôle souvent décisif joué par les patrons dans l’accession de l’extrême droite au pouvoir. Ce fut le cas en Allemagne en 1933, où les grands groupes financiers et industriels ont soutenu Hitler avant de profiter des avantages criminels que celui-ci leur a offerts en retour ; ce fut aussi le cas, dans une moindre mesure, en France, où de nombreux chefs d’entreprise connus ont financé les ligues d’extrême droite avant, le plus souvent, de collaborer avec l’occupant et de soutenir le régime de Vichy. Bref, l’extrême droite ne parvient jamais au pouvoir sans que les milieux d’affaires y consentent, d’une manière ou d’une autre.”

  10. 63

    Du racisme ordinaire aux violences policières : comprendre la charge raciale

    La charge raciale, ce poids psychologique, émotionnel et social que portent au quotidien les personnes racisées dans une société marquée par l’histoire et les structures du racisme. Elle se manifeste de manière insidieuse, à travers des micro-agressions, des remarques banalisées ou la nécessité permanente d’anticiper le regard des autres. Mais elle peut aussi surgir de façon brutale et explicite, dans des expériences de discrimination, de violences policières ou de rejet. Cette charge n’est pas née de nulle part : elle s’enracine dans une histoire longue. L’esclavage a déshumanisé et exploité des millions de personnes, la colonisation a hiérarchisé les peuples et légitimé la domination par la couleur de peau. Ces systèmes ont produit des représentations, des préjugés et des inégalités qui traversent encore les sociétés actuelles. Aujourd’hui, les personnes racisées héritent de cette mémoire collective et de ses conséquences concrètes : devoir se justifier plus que les autres, affronter des stéréotypes persistants, porter la crainte d’un contrôle ou d’une agression. La charge raciale est ainsi une héritière du passé mais aussi une réalité présente, qui rythme les vies et rappelle que le racisme n’est pas seulement une affaire individuelle, mais une construction historique et systémique. Pour en parler je reçois Douce Dibondo, écrivaine et sociologue et auteure d’un essai intitulé justement « la charge raciale » publié aux éditions Payot.

  11. 62

    Burn out généralisé : c’est la société qui est malade

    Est-ce qu'il vous arrive souvent de vous sentir épuisé, stressé ? D’avoir l’impression de courir sans cesse après le temps ? De vous dire que vous n’allez peut-être pas réussir à tenir ?

  12. 61

    Pourquoi la France laisse Israël piétiner le droit international

    Le génocide en cours à Gaza n’est pas seulement une tragédie humanitaire : pour Israël, il est aussi et surtout un outil de colonisation. Depuis des décennies, l’État hébreu avance méthodiquement, colonie après colonie, expropriation après expropriation. Aujourd’hui, l’effacement de Gaza, la famine organisée, les bombardements qui tuent des centaines de milliers de civils ne sont pas un accident de l’histoire : ils s’inscrivent dans un projet, celui de s’emparer de cette terre.

  13. 60

    Faire la fête pour résister

    À quoi ça sert de faire la fête ? Est-ce qu’on peut trop faire la fête ? Ou au contraire, est-ce que l’on vit dans un monde où on ne le fait pas assez ? Ces questions sont peu posées dans des émissions journalistiques car on se demande bien plus souvent quels sont les dégâts provoqués par ces événements, on en traite surtout les aspects négatifs. Pourtant, la fête est un immense sujet de société, et c’est une thématique éminemment politique qui mérite que l’on s’interroge et que l’on s’informe à son propos.Pourquoi la fête fait-elle si peur ? Est-elle un moment suspendu, libérateur, hors du monde, ou au contraire un miroir grossissant des inégalités et des hiérarchies qui structurent déjà nos vies ? Plus intimement : pourquoi avons-nous besoin de faire la fête ? Enfin : comment faire la fête autrement, voire même, comment la fête peut-elle devenir un outil politique de premier plan au service d’une lutte précise ? Pour répondre à toutes ces questions, Salomé Saqué accueille sur le plateau de Blast un spécialiste de ces espaces, l’écrivain et maître de conférence associé à l’université Paris 1 Arnaud Idelon.

  14. 59

    « Le plan Bayrou, c'est le truc de trop et l'occasion ou jamais d'en finir »

    Frédéric Lordon est philosophe. Il est l’auteur de plusieurs livres importants, dont Figures du communisme (La Fabrique, 2021). Son dernier livre, Pulsion, coécrit avec Sandra Lucbert, a été publié au mois de janvier 2025 aux éditions La Découverte. Son très recommandable blog, La pompe à phynance, est hébergé par Le Monde diplomatique. Il revient, dans cet entretien, sur le plan budgétaire présenté le 16 juillet dernier par François Bayrou, sur ce qu’il appelle « l’ethos » du macronisme, sur la faillite des « médiations institutionnelles » (politiques, médiatiques, syndicales), dont le constat l’amène à réfléchir à la possibilité d’un « débordement ». Il évoque aussi la fascisation en cours, qu’il a été l’un des tout premiers à dénoncer – entre pessimisme et espoir.

  15. 58

    "Journalistes", "socialistes", "intellectuels" : tous en guerre contre les classes populaires

    Didier Eribon, Philosophe et sociologue, publie aux éditions Flammarion « Sociobiographie, entretien avec Geoffroy Huard ». Un livre d’échanges qui fait retour sur sa trajectoire sociale, celle d’un transfuge de classe, et déploie ses réflexions théoriques et les dispositifs d’écriture mis en place pour les accompagner. L’occasion pour Blast d’un grand entretien avec cette figure importante de la pensée critique, auteur d’ouvrages qui ont aussi bien marqué l’histoire des idées –Dumézil, Claude Levi Strauss, Michel Foucault- que bousculé la manière de faire de la théorie notamment avec Retour à Reims – l’un de ses livres les plus célèbres traduits dans une trentaine de langues - où il analyse son enfance, ses origines sociales, et le virage extrême droitier de la classe ouvrière.

  16. 57

    Gérard Miller : anatomie d’une prédation

    C’est l’histoire d’un homme, qui s’autoproclamait féministe, de gauche, et qui est aujourd’hui accusé d’agressions sexuelles et de viol par des dizaines de femmes. Gérard Miller, a été toute sa vie un professeur d'université respecté, ami de nombreuses célébrités, homme charismatique et éloquent. Aujourd’hui, il est accusé, dans une enquête choc, d'avoir profité de son aura pour manipuler et agresser de très jeunes filles, parfois mineures. Dans leur livre Anatomie d’une prédation, Alice Augustin et Cécile Ollivier décrivent une prédation qui aurait eu pour décor les plateaux télé comme les bancs de la faculté et pour mode opératoire, l’hypnose, l’emprise psychologique et la domination. Selon les journalistes, 10 plaintes ont été déposées. Plus de 90 femmes dénoncent aujourd’hui les agissements du célèbre psychanalyste qu'il conteste vigoureusement, et pour lesquels il reste présumé innocent. Alors qui est Gérard Miller, de quoi est-il accusé, qui savait, qui n’a pas voulu voir ? Réponse dans cette nouvelle émission pour Blast.

  17. 56

    L'écologie de la libération : une solution pour résister au fascisme

    "Les écolos veulent nous rendre la vie impossible.” “Ils veulent nous priver de toutes nos libertés, ils veulent nous empêcher de prendre notre voiture ou l'avion, de manger un bon steak.” Voilà le genre de discours que l'on entend en boucle ces derniers temps. L'écologie serait punitive. Qu'on le veuille ou non, ces discours se multiplient. Alors, n'est-il pas temps de redonner un nouveau souffle à l'écologie politique, de faire entendre les voix que l'on écoute encore trop peu ? Et si finalement, le meilleur argument à opposer à ceux qui instrumentalisent l'écologie pour créer de nouveaux clivages était une écologie de la libération ?

  18. 55

    Pourquoi la France est en train de se Trumpiser

    Et si le scénario qui a vu gagner Trump aux Etats-unis était aussi en train de s’écrire en France ? Et si la France était en train de se Trumpiser ? Pour le journaliste franco-américain Cole Stangler, la France est peut-être le pays européen qui a le plus à apprendre de la façon dont la vie politique a évolué aux Etats-Unis. Dans son livre, Le Miroir Américain, il démontre que les dynamiques à l'œuvre aux Etats-Unis qui ont permis la réélection de Donald Trump, désormais qualifiées par de plus en plus d’historiens et politologues de fasciste, sont aussi à l'œuvre dans notre pays. On peut citer le sentiment d’abandon des classes populaires par la gauche, le rôle joué par les médias aux mains de milliardaires (Fox News tout comme CNews sont les chaînes d’informations en continu les plus regardées dans nos deux pays), les guerres culturelles dans le débat public, la radicalisation des droites…

  19. 54

    Burn out, pénibilité, accidents : quand le travail fait souffrir

    Pour un salarié français sur deux, le travail est avant tout un facteur de détresse psychologique, et 17 % d’entre eux se disent même en détresse élevée. Et pourtant les discours sur ces français qui ne voudraient pas travailler, sur ces personnes qu’il faudrait remettre au travail, pullulent dans la sphère médiatique et politique. Mais la réalité statistique est toute autre. Non seulement la plupart des gens travaillent, mais pour la plupart d’entre eux, c’est une source, a minima, de stress. 61 % des actifs français par exemple se sentent stressés. Une autre étude datant de 2023 montre que 40 % des salariés en France déclarent être en souffrance. Résultat, le nombre de burn out a explosé ces dernières années. Manque de sens, pression, surcharge de travail, maltraitance : pour beaucoup de personnes, se rendre sur son lieu de travail est un calvaire. Mais ce n’est pas tout, pour une partie des salariés, aller au travail, c’est tout simplement risquer sa vie. Plus le temps passe, plus le chiffre de celles et ceux qui décèdent sur leur lieu de travail en France augmente.

  20. 53

    Et s'il y avait une révolution mondiale ?

    Et si une révolution mondiale mettait fin au capitalisme et aux inégalités sociales ? Imaginez un nouveau monde dans lequel il y aurait tout pour tout le monde. Plus besoin d’argent, de faire un travail qui ne vous plait pas, de vous inquiéter chaque mois pour vos factures. Un monde dans lequel il n’y aurait plus de prisons, d’armées, de police, plus de frontières. Plus d'Etat-nation même. Mais des sociétés égalitaires, écologiques, coopératives… Qui s’organisent pour que personne ne manque jamais de rien.

  21. 52

    Pourquoi et comment abolir l’héritage en France

    La part du patrimoine issu d’un héritage est passée de 35 % dans les années 1970 à près de 60 % aujourd’hui, selon le Conseil d’analyse économique. Plus le temps passe, plus le patrimoine que les citoyens détiennent provient de leur héritage, et pas de leur travail. Penser collectivement que l’on doit forcément hériter du patrimoine de notre famille, est une idée relativement récente. Et pour cause, l’héritage a été l’un des principaux facteurs de reproduction des inégalités tout au long de l’histoire, et a été redistribué au cours du XXème siècle, lorsque les règles ont changé, avant de se re concentrer drastiquement ces dernières décennies en france. Résultat, plus le temps passe, plus il vaut mieux hériter que mériter. Et pourtant, la taxe sur les successions reste l’une des plus impopulaires en France, même si 85 % des successions en France ne sont pas soumises aux droits de succession selon le ministère de l’Économie, notamment grâce à des abattements et exonérations. Quand on dit que la majorité des héritages sont surtaxés, c’est donc factuellement faux.

  22. 51
  23. 50

    Néo-fascistes : comprendre le renouveau de l'extrême droite radicale

    Ce que les autorités administratives qualifient d’ultra droite représente la deuxième menace terroriste sur le sol européen après la menace djihadiste, selon le rapport d’Europol publié en 2022 sur le sujet. De manière plus générale, dans notre pays, l’extrême droite radicale est à l’origine de nombreux faits de violences ces dernières années, au moins 300 selon l’historien Nicolas Lebourg, dont une tuerie raciste ayant fait trois morts et trois blessés en 2022. En tout, une quinzaine d’attentats terroristes d’extrême droite ont été déjoués depuis 2017. Et ces violences ont lieu sur fond d’essor et de progression des groupuscules d’extrême droite, ce que Sébastien Bourdon qualifie d’extrême droite radicale. Ce journaliste spécialiste de l’extrême droite a publié une enquête intitulée “Drapeaux noirs, jeunesse blanche”, qui permet de comprendre ce qu’il se passe sur notre territoire. Qui sont ces groupes exactement, quel rôle jouent-ils dans l’essor de ces violences, quelles sont leurs revendications, leurs différences et leurs points communs ? Comment s’organisent-ils, où et comment ? Quels sont leurs liens avec les partis politiques d’extrême droite comme le Rassemblement national ou Reconquête ? Cette vidéo pour Blast essaie de décrire et comprendre en détails le renouveau de l’extrême droite radicale.

  24. 49

    Le mythe du beauf ou comment sortir du mépris de classe

    Le mot beauf qui à l'origine désignait le beau frère est entré dans le langage courant pour désigner la caricature d’un français moyen, réactionnaire, un peu bête, borné, macho, vulgaire… On pense alors au fameux tonton raciste ou à Kevin qui a un mulet, de grosses lunettes de soleil et fait du tuning…. Mais cela va encore plus loin, puisque petit à petit, le beauf devient l’autre, celui auquel on ne veut pas ressembler, celui qui n’a pas les bons goûts, la bonne culture, les bonnes opinions. Les beaufs n’existent que dans le regard de la société. Dans son livre Ascendant Beauf, Rose Lamy démontre que la figure du beauf est surtout un outil de domination et de fabrique du mépris social. En se moquant des beaufs, on se moque aussi des classes populaires, on se désensibilise de leur sort. En revenant sur son histoire personnelle, l’autrice raconte tout ce qui se cache derrière l’image du beauf : une existence déterminée par la classe sociale, les morts prématurées, les emplois aliénants, les déserts médicaux. L’humiliation permanente…

  25. 48

    Pourquoi le sexe peut aussi être une souffrance

    Les femmes n’aiment pas autant le sexe que les hommes. Ou plutôt, dans le cadre hétérosexuel, les femmes ne s’épanouissent pas autant dans leur sexualité que les hommes. Ce n’est pas une opinion, c’est un fait statistique.

  26. 47

    Pourquoi notre désir de nouveauté est une fabrication du capitalisme

    Est-ce que si vous aviez la certitude que vos vêtements ne se déchireraient jamais, ne se troueraient jamais, s’ils pouvaient durer toute la vie, est-ce que vous les garderiez vraiment toute votre vie ? Et cela peut s’appliquer à l’ensemble des objets que nous utilisons. Si cela était possible, est-ce que vous conserveriez toute votre vie le même téléphone, la même décoration, les mêmes vêtements, la même voiture ou encore la même vaisselle ? La réponse est très probablement que non. Du moins, pas si vous adhérez à notre système économique et social qui valorise, plus que tout, la nouveauté.

  27. 46

    Comment les ultras riches détruisent la planète et se préparent à l’apocalypse

    L'écologie n'est pas ce qui nous rassemble, mais ce qui nous sépare. D'un côté, une oligarchie prédatrice se met soigneusement à l'abri du désastre. De l'autre, l'immense majorité du vivant est toujours plus exploitée et exposée”. Ces mots sont ceux de la sociologue Monique Pinçon-Charlot dans son nouveau livre : Les riches contre la planète, violence oligarchique et chaos climatique. C’est la première fois que la célèbre chercheuse fait le lien entre la grande richesse et le chaos climatique après avoir travaillé si longtemps sur les classes dominantes et la bourgeoisie avec son mari Michel Pinçon.

  28. 45

    Fréjus : la catastrophe du RN à l’épreuve du pouvoir

    Ces dernières années, le Rassemblement National a pris les rênes de plusieurs villes françaises, et la manière dont elles sont gérées disent beaucoup de la façon dont ce mouvement politique entend gouverner. La plus importante est la mairie de Fréjus, dirigée par David Rachline. Ce cadre central du RN a été mis en cause dans un livre choc de la journaliste Camille Vigogne Le Coat, qui après plusieurs années d’enquête a publié Les rapaces. Le maire de Fréjus est impliqué dans des affaires de corruption, et l’histoire est digne d’un des grands films sur la mafia italienne. Avec ces mystérieuses liasses de billets qui financent des montres de luxe ou des soirées VIP avec Jordan Bardella , «le meilleur ami» de Marine Le Pen est bien loin de la gestion exemplaire dont il se fait le promoteur. La journaliste explique comment David Rachline a signé toujours plus de contrats avec un entrepreneur tout-puissant, noyant sa ville sous le béton et les passe-droits. À la mairie, les fêtes s’enchaînent jusqu’au bout de la nuit, l’antisémitisme et le racisme ne sont jamais loin, pendant que les policiers municipaux jouent aux cow-boys. Voilà l’homme dont Marine Le Pen a fait son directeur de campagne présidentielle et le vice-président de son parti. Que s’est-il passé exactement ? Comment a réagi le parti ? Que cela raconte-t-il de l’exercice du pouvoir par l’extrême droite ? Réponse dans cette nouvelle émission pour Blast.

  29. 44

    La désinformation climatique se normalise gravement dans les médias

    Le changement climatique est devenu l’un des sujets les plus exposés à la désinformation. La désinformation climatique ne se limite pas aux réseaux sociaux, elle se normalise de plus en plus dans les grands médias audiovisuels français. C’est ce que démontre une étude publiée le 10 avril par Data for Good, QuotaClimat et Science Feedback, trois ONGs spécialisées dans l’analyse du traitement médiatique des enjeux écologiques. Elles ont analysé les programmes d’information des dix-huit principales chaînes de télévision et de radio de janvier à mars 2025. Résultats : sur trois mois de temps d’antenne, 128 cas de désinformation climatique ont été détectés. Soit 10 par semaine. Les médias privés représentent plus de 85% des cas détectés. Et Sud Radio est en tête, devant Cnews… Et pendant ce temps-là, les questions écologiques sont quasiment absente des médias. Elles ont occupé 2% du temps d’antenne entre janvier et mars 2025… Et moins on en parle, moins le téléspectateur est entraîné à distinguer le vrai du faux. Tout ceci pose un grave problème démocratique. Comment peut-on faire des choix en tant que société si nous ne sommes pas correctement informés sur l’urgence de la situation ou les solutions qui s’offrent à nous ? Tout ceci se passe dans un contexte général, d’attaque contre la recherche, où les scientifiques sont devenus des “boucs émissaires”. Tout simplement parce qu’ils alertent sur une réalité que beaucoup ne veulent pas vous laisser voir. La désinformation climatique est devenue une stratégie de campagne de beaucoup de partis d’extrême droite en Europe et à travers le monde. Comment faire face à cette désinformation ? En quoi est-elle un outil stratégique pour préserver des intérêts économiques ? Comment changer ce système médiatique et s’armer intellectuellement pour ne pas se laisser prendre au piège ? Réponses dans cet entretien de Paloma Moritz avec Eva Morel, co-fondatrice et secrétaire générale de l’association Quota Climat et Emmanuel Vincent, fondateur de science feedback, spécialiste de la désinformation en ligne dans les domaines scientifiques tels que le changement climatique et la santé.

  30. 43

    Après la chute d'Assad, la justice de toute urgence

    Personne n’y croyait plus et pourtant, après plus de 54 ans de règne, le clan Assad est tombé, le 8 décembre 2024, aux mains des rebelles menés par le controversé groupe islamiste HTC. Depuis maintenant quatre mois, c’est un gouvernement par intérim qui a pour tâche d’ouvrir un nouveau chapitre pour la Syrie. Un pays complexe par nature et à l’unité fragile, relégué depuis maintenant des années à l’arrière-plan par une scène internationale bien inconstante et bien indifférente au bilan tragique de treize années de guerre civile. L’heure est désormais aux grands débats, y compris en France, où le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau n’a pas attendu 48 heures après la chute de Damas pour annoncer vouloir suspendre les demandes d’asile des réfugiés syriens malgré l’instabilité persistante du pays. Mais au-delà de ce type de discussions, une priorité s’impose bel-et-bien : celle d’un peuple syrien partagé entre la recherche d’un nouveau modèle politique et démocratique et la nécessité en urgence d’une justice de transition maintenant que des décennies de régime répressif et de machine carcérale peuvent enfin être exposées au grand jour. Raphaël Kempf et Romain Ruiz sont avocats pénalistes, spécialisés en défense des libertés publiques en France et à l’international. Ils sont de retour de Damas où ils ont accédé à des zones jusqu’alors quadrillées par l’ancien pouvoir et ont observé une Syrie année zéro, dont la parole se libère enfin pour peut-être espérer une reconstruction. Alors quelle justice d’après eux pour les Syriens ? Quelle est leur réalité au sein d’un pays où tout reste à faire dans un contexte encore plus qu’incertain ? Réponse tout de suite dans ce nouvel entretien, sur Blast.

  31. 42

    "Trump déclare la guerre économique au reste du monde" - La stratégie du fou

    "Comment anticiper les positions de Donald Trump ?" est la question basique qui sert de pierre angulaire à cet entretien entre Denis Robert et l’économiste et directeur de la rédaction d’Élucid Olivier Berruyer qui vient de publier sur son site une étude dense et argumentée autour des tarifs douaniers du président américain: « Trump déclare la guerre économique au reste du monde ».

  32. 41

    Alimentation : tout est fait pour vous faire choisir des produits mauvais pour la santé

    Qui aujourd’hui a les moyens de bien manger ? En France, des millions de personnes ne mangent pas à leur faim ou ont une alimentation peu diversifiée et dangereuse pour leur santé. Malgré la stabilisation de l'inflation, les prix restent trop élevés pour la grande majorité des Français et ils ont un impact sur ce qu’ils décident d’acheter : moins de produits frais, de fruits, de légumes. Contraintes dans leurs choix alimentaires, les personnes précaires sont aussi « les premières victimes de maladies liées à une mauvaise alimentation ». Un tiers des apports caloriques journaliers des Français vient d’aliments ultra transformés.

  33. 40

    Sarkozy/Le pen : la France, championne de la corruption et de l’impunité

    Les deux procès ont eu lieu coup sur coup : celui de Marine Le Pen, d'abord, condamnée en première instance à une lourde amende, 4 ans de prison dont deux ferme, et une peine d'inéligibilité de 5 ans. Ensuite, celui de Nicolas Sarkozy, dont le délibéré est attendu pour le 25 septembre prochain. Les réquisitions du parquet sont encore plus lourdes : 7 ans de prison et 300 000 euros d'amende. Dans les deux cas, ce sont des systèmes de corruption complexes, montés avec technique et impunité, que la justice s'acharne à détricoter. Au grand dam d'une certaine élite politique et médiatique qui s'époumone, peut-être plus que jamais, à dénoncer un supposé "gouvernement des juges". Dans ce nouvel entretien de Denis Robert, l'avocat Vincent Brengarth, qui a suivi ces deux procès depuis l'intérieur, offre ses éclairages pour Blast.

  34. 39

    Comment résister aux GAFAM ? (et arrêter de détruire la planète)

    C’est la question que beaucoup se posent. À l’heure où ces grandes entreprises technologiques à l’image de Google, Apple, Microsoft, META ou encore Amazon ont pris un pouvoir immense sur nos vies, nos économies mais aussi sur la politique. Avec le retour à la Maison Blanche de Donald Trump, leur influence mais aussi leur pouvoir de nuisance n’ont jamais été aussi grands. Et ce que possèdent Jeff Bezos, Elon Musk, Mark Zuckerberg et les autres c’est une capacité à agir sur la société, à la modeler selon leurs envies. Ils veulent créer un futur centré sur la technologie sans interférence gouvernementale ou régulations.

  35. 38

    Frantz Fanon : la réalité coloniale que la France veut effacer

    Penseur majeur de la décolonisation, Frantz Fanon a marqué l’histoire par ses analyses incisives sur le racisme, l’aliénation et la violence coloniale. Pourtant, en France, son héritage semble relégué aux marges. Est-ce parce que son œuvre dérange ? Notamment parce qu’elle met à nu les mécanismes d’oppression qui ont structuré l’histoire coloniale française ? Son engagement révolutionnaire, son ancrage dans la lutte anticoloniale en Algérie, son appel à la révolte des peuples dominés ne cadrent pas avec une lecture aseptisée du passé colonial. La France, encore hantée par ses fantômes impériaux, peine à intégrer une pensée qui l’oblige à se confronter à ses propres responsabilités, à sa propre inhumanité. Peut-être aussi parce que Fanon ne se contente pas d’un regard analytique : il appelle à la révolte. Une pensée qui bouscule, qui invite à renverser l’ordre établi, effraie toujours ceux qui s’accrochent à leurs privilèges. Cependant, des artistes s’emploient à le faire connaître à un plus large public. Un film et une bande dessinée lui ont été récemment consacrés, cherchant à rendre son combat et sa pensée accessibles à une nouvelle génération. À travers ces œuvres, Fanon retrouve une voix, et son message continue de résonner, en dépit du silence persistant des institutions françaises. Pour en parler Blast reçoit Jean-Claude Barny, réalisateur du film Fanon, actuellement en salle. Et Frédéric Ciriez et Romain Lamy, auteurs d’une bande dessinée intitulée « Frantz Fanon », publiée aux éditions La Découverte.

  36. 37

    Infiltration chez les néonazis, etc. : le plan de l'extrême droite pour prendre le pouvoir

    Derrière les allures respectables des personnalités politiques d'extrême droite se cachent des mouvances et des militants bien plus radicaux et dangereux. Skinheads, néo nazis, identitaires, suprémacistes… Des mouvements avec lesquels les partis disent prendre leurs distances, mais est-ce vraiment le cas ? L’assaut du Capitole en 2021 ou les émeutes racistes de l’été 2024 en Grande-Bretagne ont mis en évidence l'influence des groupes fascistes dans le monde. Des mouvements racistes, antisémites et masculinistes qui mettent en danger la démocratie et la sécurité dans de nombreux pays. Avec la propagation de fausses informations pour créer de la division et de la haine, des attaques violentes, des groupes de combat… Par exemple, les active clubs, ces "Fight Clubs" à la saucé néo nazi, qui se propagent en France et en Europe. Des groupes locaux d’extrême droite pour s’entraîner au combat. Convaincus que la race blanche est menacée, leurs membres se préparent à une « guerre culturelle »…

  37. 36

    Pourquoi les gros viandards sont majoritairement des machos réactionnaires ?

    Si l’on vous dit que les hommes qui mangent de la viande rouge tous les jours sont très conservateurs et sexistes, vous allez sûrement penser que l’on exagère, que cela n’a rien à voir et pourtant c’est un fait. Plus un homme mange de la viande rouge, plus il est à droite et misogyne. C’est le résultat d’une enquête IFOP menée en 2022 auprès de plus de 2000 hommes sur leur rapport à la viande, à la politique et au genre. Elle démontre par exemple que 41% des consommateurs quotidien de viande de bœuf considèrent que le travail d’un homme est de gagner de l’argent et celui d’une femme de s’occuper de la maison et de sa famille. Tout ceci est aussi le résultat d’un matraquage culturel, d’une construction sociale. La pop culture nous montre sans cesse des scènes, des images qui associent la virilité à la consommation de viande. Les influenceurs masculinistes sont obsédés par la viande rouge. Les publicités ont longtemps mis en avant cette idée que les animaux et les femmes existent simplement pour combler l’appétit des hommes. Beaucoup de pubs pour de la viande affichent des femmes en sous vêtements comme si la libido masculine et l'amour du steak allaient de pair, comme si le corps féminin était une viande comme une autre à goûter. Pourtant, parler du lien entre consommation de viande et virilité dans le débat public c’est s’exposer à tout le cyberharcèlement possible et imaginable. C’est ce qu’a vécu notamment Sandrine Rousseau pour avoir dit cette simple phrase “il faut changer de mentalité pour que manger une entrecôte cuite sur un barbecue ne soit plus un symbole de virilité". N’est-il pas temps de briser ce tabou alors que les hommes consomment deux fois plus de viande rouge que les femmes, que la consommation de viande est le principal responsable des émissions de gaz à effet de serre liées à l'alimentation et que la souffrance animale est devenue une préoccupation majeure dans notre société. Dans son nouveau livre, Tu seras carnivore, mon fils, Amanda Castillo, montre comment l'oppression des femmes et des animaux sont liés mais aussi comment le patriarcat animalise les femmes pour mieux les consommer. Quels sont les liens entre le sexisme et le carnisme ? En quoi la consommation de viande s’inscrit dans un système de domination masculine ? Comment repenser nos habitudes alimentaires pour changer notre société ? Réponse dans cet entretien de Paloma Moritz avec Amanda Castillo

  38. 35

    Quand la compassion devient une arme politique

    Pourquoi avons-nous une empathie à géométrie variable ? Pourquoi n'avons-nous pas le même degré d’identification à certaines parties de la population ? En d’autres termes, qu'est-ce qui donne à voir l'autre comme un semblable, dont nous pouvons comprendre et partager les émotions, ou au contraire, le marginalise et empêche tout phénomène d'empathie? Ce sont les questions auxquelles a essayé de répondre la neuro scientifique Samah Karaki, qui en tire une grande conclusion : l’empathie est très politique. Si l’empathie à géométrie variable est en quelques sortes biologique selon ses recherches, sa construction en revanche est éminemment politique, et n’a pas grand chose de naturel. Pour qui compatissons nous, et pour qui ne le faisons nous pas, cela relève avant tout de notre construction sociale en tant qu’individu. L’empathie, ça s’encourage, se construit, se façonne, notamment par les médias, la culture, et les responsables politiques, tout comme la déshumanisation, qui est un processus très politique là encore. La déshumanisation d’un groupe social ou d’une partie de la population auprès d’une autre partie de la population est d’ailleurs le préalable pour permettre sa discrimination, les violences à son encontre, voire son anéantissement. Pour Samah Karaki l’empathie est faillible et sélective, et elle n’est pas la solution, ce qui ne l’empêche pas de souligner le problème majeur que pose la déshumanisation. Selon elle, nous sommes tous inévitablement exclus de l’expérience des autres, et un surplus d’empathie peut même empêcher de mener une action de protection efficace. Plutôt que d’apporter à la souffrance et à l’injustice une réponse individuelle et affective, elle plaide en faveur de mesures politiques et sociales. Alors quels sont les aspects politiques de l’empathie, quelles solutions face à ce constat ? Réponse avec Salomé Saqué et Samah Karaki dans cette nouvelle émission.

  39. 34

    Comment résister à la culpabilisation - avec Mona Chollet

    « Qu’est-ce qui a bien pu te passer par la tête ?!» « Quelle conne » «Tu es tellement bête, la prochaine fois, tais-toi!». Dans "Résister à la culpabilisation : Sur quelques empêchements d'exister", Mona Chollet , journaliste et essayiste féministe interroge cette "petite voix" intérieure qui juge, sermonne, insulte et parfois détruit. Pour nous amener à comprendre pourquoi nous sommes-nous si dur.e.s avec nous-mêmes L’autrice de « Sorcières : La puissance invaincue des femmes » met en perspective la société violente qui se joue de nous en nous et révèle par quels mécanismes intimes cette violence s’actualise. Aussi, pour bien comprendre comment cet ennemi intérieur se transforme en monstre collectif et partant en objet politique, Mona Chollet remonte dans le cadre de cet entretien avec Soumaya Benaissa, jusqu’aux racines patriarcales de l’autoflagellation et de ses sédimentations religieuses et culturelles, guidée par cette question première « qui nous parle quand on croit se parler à soi même » ?

  40. 33

    « On ne peut pas chanter les louanges de la République et favoriser l'école privée »

    Les profs ne travaillent pas assez, ils se plaignent alors qu’ils sont toujours en vacance”, ou encore “les élèves sont de plus en plus violents”, “le niveau baisse”, sans parler du classique “les profs sont des absentéistes”, les idées reçues sur l’école française sont extrêmement répandues. Parce que l’on y passe tous, et parce que l’on peut avoir un lien direct avec elle notamment en tant que parents d’élèves, beaucoup d’entre nous se permettent d’avoir des avis très tranchés sur l’école, l’éducation nationale de manière générale, sans forcément connaître le sujet en profondeur. Pourtant, c’est un sujet d’intérêt public. L’éducation nationale est le premier budget de la Nation, 12 millions d’élèves fréquentent cette école au quotidien et 1 million 200 000 personnes y travaillent. Bref, de par son rôle de formation des citoyens, l’école est un sujet de société incontournable et pourtant mal connu. Alors, parce qu’elle en avait assez des clichés sur le sujet, parce qu’elle voulait analyser les idées reçues, la journaliste spécialiste de l’éducation Louise Tourret a décidé d’enquêter sur cette thématique et d’en tirer un livre, où elle reprend une par une ces phrases toutes faites, qu’elle confronte aux faits. Nos idées reçues sur l'école sont elles un mythe ou une réalité, réponse tout de suite dans cette nouvelle émission, pour Blast !

  41. 32

    Gaza : « C'est un génocide qui a toute une série de prémisses »

    Cet entretien fait suite à la publication cette semaine en France d’un ouvrage de l’historien italien Enzo Traverso « Gaza devant l’histoire » aux éditions canadiennes LUX. Pas un hasard d’ailleurs, si l’auteur, professeur d’histoire ayant fait une partie de sa carrière en France et ayant migré à la prestigieuse université américaine de Cornell aux USA, a choisi un éditeur étranger pour publier ce que certains qualifieront aisément ici de brûlot. Tant l’ambiance en France est électrique. Le sujet-une relecture du massacre du 7 octobre à l’aune de l’histoire d’Israël- s’inscrit dans le contexte tragique de ce que Traverso qualifie dès le début du livre et de l’entretien de génocide. « L’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 a fait l’objet, presque partout, d’une condamnation nécessaire et compréhensible. En revanche, la furie dévastatrice et meurtrière déchaînée par Israël au cours des mois suivants a suscité des réactions beaucoup plus mitigées, des prises de distance embarrassées mais toujours indulgentes, généralement bienveillantes. » prévient-il avant d’expliquer : « Tout le monde a compris que cette guerre marque un tournant, non seulement pour ses conséquences géopolitiques, mais aussi pour ce que les Palestiniens et les Israéliens représentent aux yeux du monde. Certes, aujourd’hui elle appartient au présent et nous ne sommes pas encore en mesure d’en écrire l’histoire… ». Avec cet entretien fleuve et passionnant de plus de deux heures, l’historien et son intervieweur tentent d’historiciser le massacre en cours en multipliant les sources et les références géopolitiques. La discussion, libre et érudite, fait du bien au moment où partout ailleurs dans les médias dominants, dès qu’on évoque un soutien aux Palestiniens ou qu’on nomme le génocide en cours, on est taxé par des esprits obscurs, étroits et souvent haineux, d’antisémites. Faites-vous votre opinion en vous connectant. Vous pourrez également lire sur le site de Blast un chapitre du livre d’Enzo Traverso qui éclaircit cette question de l’antisémitisme et de son avatar l’antisionisme.

  42. 31

    Et si la fin du capitalisme avait déjà commencé ? - avec Bernard Friot

    Et si une vision anticapitaliste du monde était en réalité en train de gagner les esprits sans que l’on ne s’en rende compte ? Cette théorie est celle du dernier livre de l’économiste et sociologue Bernard Friot co écrit avec le philosophe Bernard Vasseur. Ils partent de ce constat : les initiatives remettant en cause le capitalisme fleurissent dans notre pays, et cela laisse présager selon eux une remise en cause totale de ce système, sans que cela ne passe nécessairement par les institutions. À leurs yeux, le début de cette ère post capitaliste se constate dans toutes les explorations d’expériences d’entreprises et d’organisations horizontales ; dans l’exigence grandissante d’un vrai respect de la diversité du vivant ou l’invention en cours d’une agriculture alternative à un agro-business dévastateur et sans paysans. Cela passe par les ZAD et les Soulèvements de la terre, par l’expérimentation de nouvelles manières de lutter, par l’impulsion donnée à une réflexion sur ce que pourrait être une propriété des terres qui ne soit plus une domination des espaces et une exclusion des personnes ; ça passe aussi la détermination à conquérir l’égalité des territoires, tout comme le mouvement #MeToo avec son affirmation ferme d’une égalité hommes femmes, enfin, ce sont aussi les mobilisations contre toutes les résurgences du colonialisme qui les amènent à cette vision du monde. Au vu de la situation politique actuelle, cette analyse n’est pas la plus consensuelle, mais elle a le mérite d’apporter une forme d’espoir à celles et ceux qui pensent que nous sommes condamnés à se faire broyer par un système capitaliste prédateur, une politique de l’intolérance et de la violence sociale. Avec ce livre, les auteurs recensent tout un pan des résistances qui existent bel et bien. À chacun, à la fin du livre, ou de cet entretien, d’imaginer l’avenir qui lui semble le plus probable. Salomé Saqué reçoit Bernard Friot sur le plateau de Blast.

  43. 30

    Écologie : la méthode pour gagner face aux lobbies

    Comment peut-on encore espérer gagner des combats écologiques alors que le nouveau gouvernement d’Emmanuel Macron mais aussi le Parlement européen sont dominés par la droite et l'extrême droite ? C’est la question que de nombreuses personnes se posent… Car nous vivons un paradoxe terrifiant : alors que les impacts du dérèglement climatique sont de plus en plus violents et meurtriers, les réponses politiques sont de plus en plus faibles voire anti-écologiques. Nous assistons à une offensive sans précédent pour criminaliser les activistes et décrédibiliser leurs discours. Dans ce contexte, comment ces activistes écologistes mais aussi les citoyennes et citoyens peuvent continuer de mener cette bataille de David contre Goliath ? Pour répondre à cette question, Paloma Moritz reçoit Claire Nouvian, fondatrice de l’ONG Bloom qui se bat depuis 2005 pour la défense de l’Océan. C’est une des rares ONGs à avoir obtenu plusieurs victoires majeures ces dernières années, notamment face aux lobbies de la pêche industrielle. Des victoires au niveau européen sur l’interdiction de la pêche électrique ou encore sur l’interdiction du chalutage en eaux profondes. L’ONG Bloom est devenue l’une des ONGs les plus craintes par les politiques aujourd’hui. Parce qu’elle a réussi à identifier des stratégies pour faire face aux lobbies économiques et industriels qui les influencent sans cesse. Alors quelle est cette recette ? Quels sont les prochains combats à mener ? Et pourquoi est-il encore possible de gagner ? Réponses dans cet entretien de Paloma Moritz avec Claire Nouvian. Pour aller plus loin : https://www.oceancoalition.org/ https://bloomassociation.org/

  44. 29

    Révélations glaçantes sur le système qui maltraite nos bébés

    Savez-vous ce qu’il se passe dans les crèches où vos enfants ou les enfants proches de vous passent l’essentiel de leur temps ? Malheureusement pas toujours. C’est ce qu’a démontré ces dernières années, les révélations de maltraitances dans les crèches privées avec un groupe particulièrement mis en cause : People and Baby. La parole s’est libérée suite au drame de Lyon : une fillette de 11 mois est morte après avoir été empoisonnée au Destop par une employée de crèche. Depuis, les témoignages se multiplient et plusieurs plaintes ont été déposées. Après avoir enquêté sur les dysfonctionnements des Ehpad au sein du groupe Orpéa, Victor Castaner publie une nouvelle enquête : les Ogres, qui révèle un vaste système de maltraitance qui se fait au détriment des enfants, des salariés des crèches et de de l’argent public,. Il le dit “le scandale des crèches tout comme celui des Ehpad raconte la façon dont la société traite les plus vulnérables d’entre nous…” En quelques semaines, le livre a déjà provoqué une onde de choc. Médiatique mais aussi politique. L’auteur a été auditionné par le Sénat et de nombreux parlementaires. Dans cette enquête, Victor Castanet met également en cause Aurore Bergé, sur sa proximité avec le lobby des crèches privées. Celle qui était alors en première ligne puisque ministre des solidarités et de la famille entre juillet 2023 et janvier 2024 a décidé de porter plainte contre le journaliste en diffamation. En réponse, il a décidé de rendre public plusieurs documents qui attestent ses révélations. Alors quelle est l’étendue du scandale qui concerne les crèches privées et notamment People and Baby ? Comment un tel système a-t-il été rendu possible ? Que faudrait-il aujourd’hui pour mettre fin à ce système low cost et mieux protéger les enfants et les salariés ? Réponses dans cet entretien de Paloma Moritz avec Victor Castanet.

  45. 28

    Pas de capitalisme, sans racisme

    Karl Marx disait : « C’est l’esclavage qui a donné de la valeur aux colonies, ce sont les colonies qui ont créé le commerce du monde, c’est le commerce du monde qui est la condition nécessaire de la grande industrie mécanique ». C’est en s’appropriant cette analyse que Sylvie Laurent, historienne et spécialiste de la société américaine, tente de retracer la naissance de ce qu’on appelle le capitalisme racial. À travers son ouvrage, "Capital et Race", paru aux éditions du Seuil, l'auteure démontre comment le racisme est partie intégrante de la naissance du capitalisme. Esclavage, colonisation, expropriation des terres et accaparement des richesses,de Karl Marx à Malcolm X, jusqu’à aujourd’hui avec Angela Davies, tous sont d’accord pour dire que capitalisme et racisme ne font qu’un.

  46. 27

    E. Macron: un grand pervers à l'Élysée

    Depuis l’élection d’Emmanuel Macron jusqu’à la dissolution de l’Assemblée nationale, il y a eu beaucoup de commentaires sur la « folie » d’Emmanuel Macron « artisan du chaos ». Le ressentir et le dire est une chose ; analyser en quoi consiste cette pathologie au coeur du pouvoir en est une autre. C’est tout l’enjeu du patient travail du sociologue et chercheur au CNRS Marc Joly, auteur d’un formidable essai à paraitre la semaine prochaine « La pensée perverse au pouvoir » (Anamosa éditeur), dont en plus de cet entretien, Blast publie les bonnes feuilles. Articulant l’enquête sociologique et la psychanalyse, en particulier à partir du travail du psychiatre et psychanalyste Paul-Claude Racamier, il dévoile ici, dans cet entretien savant, méticuleux, passionnant et inédit ce qui est effectivement en jeu en France aujourd’hui: une folie narcissique et une perversité accomplie qui rejaillissent sur et maltraitent tout un peuple. Accrochez vos ceintures, ce zoom arrière vertigineux permet de comprendre ce qui nous est arrivé et ce qui va encore nous prendre en traitre. Cœur sensible ou macroniste s’abstenir.

  47. 26

    Énergies et climat : il va falloir faire des sacrifices avec Jean-Marc Jancovici

    Comment apprendre à vivre en univers contraint ? Comment imaginer notre futur énergétique ? Et comment la France peut-elle se placer dans ce défi planétaire ?

  48. 25

    L'horreur dans nos assiettes : les mafias de la malbouffe avec Ingrid Kragl

    La fraude alimentaire est beaucoup plus invasive et malfaisante qu’on ne l’imagine: dans les supers et les hypers, dans les marchés bios, les restaurants étoilés, les chaînes de fast food, les plats cuisinés, les hangars chinois, les fermes piscicoles, chez les maraichers, les épiciers, dans les rizières camarguaises. Partout. Faux miel, fausses épices, poissons piqués aux nitrites, farines animales interdites mais consommées y compris en France, faux pesticides, faux bouillon cubes, fausses carottes, fausses tomates. Ce zoom arrière avec une journaliste spécialisée en malbouffe peut filer la nausée mais il est surtout formidablement instructif.

  49. 24

    Le conseil d'Etat condamne Macron pour son inaction climatique avec Fabien Raynaud

    Que peut le droit pour l’environnement et sa protection ? Ces dernières années, les associations ont de plus en plus recours au droit pour contraindre les Etats à agir pour protéger les humains et la planète. Depuis quelques mois, en France, les premières grandes décisions tombent, souvent au détriment du gouvernement. Mais il faut bien reconnaître que quand on lit ces actualités, il est souvent difficile de comprendre, ce qu’elles signifient, quand le Conseil d’Etat donne neuf mois au gouvernement pour respecter ses engagements climatiques ou qu’il le condamne à une amende de 10 millions d’euros pour son incapacité à réduire la pollution de l’air, Qu’est ce que cela implique concrètement ? Est-ce que c’est efficace ?

  50. 23

    Effondrement : Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce avec Corinne Morel Darleux

    Comment résister individuellement et collectivement face à l’absurdité de notre monde ? Comment combiner “le pessimisme de l’intelligence et la saveur du présent” ? Et Comment ces combats peuvent-ils se transformer politiquement ? Une heure d’entretien, de prise de recul entre Paloma Moritz et Corinne Morel Darleux, militante écosocialiste, autrice de plusieurs livres dont l’essai “Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce - réflexions sur l'effondrement” et co-fondatrice du Parti de Gauche. Corinne Morel Darleux est de ces voix puissantes à écouter aujourd’hui. Elle prône une écologie de résistance, d’alternatives et propose trois principes simples pour une nouvelle éthique de la catastrophe : le cesser de nuire, le refus de parvenir et la dignité du présent.

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