PODCAST · society
Contact - avec Stéphan Bureau
by Les Productions de la Tête Chercheuse Inc.
Stéphan Bureau mène de longs entretiens avec des invités qui pensent, créent ou façonnent notre monde. Dans l’air du temps sans être dans l’actualité brûlante, Contact se veut une tribune plurielle pour sortir des sentiers battus du prêt-à-penser.
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Censure en Israël : « C’est une véritable campagne de terreur, ça ne va pas encore jusqu’au meurtre, mais ça s’arrête juste avant. » Entretien avec Charles Enderlin, ancien correspondant de France 2 à Jérusalem.
À l’heure où la guerre entre Israël, les États-Unis et l’Iran bouleverse une nouvelle fois l’équilibre du Moyen-Orient, Charles Enderlin livre une analyse sans concession des choix stratégiques de l'État hébreu et de leurs conséquences. Ancien correspondant de France 2 à Jérusalem pendant plus de trente ans, fin observateur du conflit israélo-palestinien, il revient sur les erreurs de Benjamin Netanyahu, le traumatisme du 7 octobre et l'enlisement d'une région où, selon lui, les logiques idéologiques l'emportent désormais sur toute perspective politique. « La coexistence existe dans la vie quotidienne. Le problème, c'est la coexistence politique. » Dans cet entretien, Charles Enderlin démonte les mécanismes qui, selon lui, ont conduit Israël à la catastrophe. Il décrit un gouvernement qu'il juge prisonnier d'une vision messianique, explique pourquoi le Hamas a été sous-estimé pendant des années et affirme que la réponse militaire ne pourra jamais, à elle seule, résoudre le conflit. « On ne combat pas le fondamentalisme en tapant dessus. Ça se combat par la politique et par la diplomatie. » Il revient également sur les accusations de crimes de guerre à Gaza, les dérives de la colonisation en Cisjordanie et la profonde crise démocratique que traverse aujourd'hui la société israélienne. Au fil de cette conversation, l'ancien journaliste évoque aussi les fractures internes d'Israël, la montée des extrémismes religieux, les pressions exercées contre les voix critiques et les inquiétudes d'une partie de la population face à l'avenir du pays. Sans céder aux simplifications, Charles Enderlin dresse le portrait d'un Israël profondément transformé et lance un avertissement : « On a cru qu'on avait la grippe. En fait, on avait le cancer. »Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« Le régime de Zelensky ne vaut pas mieux que le régime de Poutine, mais Poutine on ne l’aide pas, on ne lui donne pas notre chemise. » Entretien avec Nicolas Dupont-Aignan. Candidat, Debout la France.
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, Nicolas Dupont-Aignan défend une vision radicalement souverainiste de l’avenir. De l’Union européenne à la guerre en Ukraine, en passant par la dette publique, la liberté d’expression et les institutions démocratiques, l’ancien député d’Essonne dresse le constat d’un pays qu’il juge en déclin et plaide pour une rupture profonde avec ce qu’il appelle le « système » politique actuel. « La France est devenue un protectorat de l’Union européenne, des États-Unis, de la Chine et de l’Allemagne », affirme-t-il, tandis qu’il appelle les Français à « reprendre leur liberté individuellement et collectivement ». Le candidat de Debout la France revient longuement sur la guerre en Ukraine, sujet sur lequel il assume une position très minoritaire dans le paysage politique français. Convaincu que l’Europe s’est engagée dans une impasse stratégique, il dénonce ce qu’il considère comme une instrumentalisation du conflit et plaide pour un rapprochement futur entre l’Europe et la Russie. « Le vrai danger aujourd’hui pour l’Occident, c’est la Chine, ce n’est pas la Russie », soutient-il, tout en accusant les dirigeants européens d’avoir « sauté à pieds joints dans un piège géopolitique ». Une analyse qui s’inscrit dans sa critique plus large de la mondialisation, de l’OTAN et du fonctionnement des institutions européennes. Défenseur d’un Frexit assumé, partisan du référendum d’initiative citoyenne et favorable à un débat national sur la peine de mort, il affirme vouloir replacer la souveraineté populaire au cœur de la vie publique. Derrière les controverses, Nicolas Dupont-Aignan dit vouloir préparer le pays aux grands défis du XXIe siècle : intelligence artificielle, révolution numérique, réindustrialisation et crise démocratique.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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Le pouvoir de déclencher le feu nucléaire. Une plongée exclusive à bord d’un sous-marin lanceur d’engins en compagnie du vice-amiral d'escadre Didier Maleterre.
À l’heure où le retour des rapports de force entre grandes puissances remet la dissuasion nucléaire au cœur de l’actualité, Contact vous entraîne dans un univers aussi secret que stratégique : celui des sous-marins nucléaires. Ancien commandant du Saphir et du Triomphant, le vice-amiral d’escadre Didier Maleterre ouvre les écoutilles d’un monde où l’on disparaît pendant des semaines sous les océans, sans nouvelles de ses proches, avec pour mission ultime de garantir la paix par la menace de la riposte. « Lorsqu’on ferme le sas et qu’on plonge, on se coupe délibérément du monde », raconte-t-il, décrivant une aventure humaine autant qu’un défi technologique. Au fil de cet entretien, Didier Maleterre décrypte aussi la profonde transformation des conflits contemporains. Guerre en Ukraine, tensions avec l’Iran, rivalité entre les États-Unis et la Chine, explosion des drones et de l’intelligence artificielle : selon lui, les armées occidentales sont confrontées à une nouvelle réalité stratégique. « On est dans un monde darwinien où il y a des prédateurs et des herbivores. Soit vous vous adaptez, soit vous disparaissez », résume-t-il. Un regard sans détour sur une époque où le nucléaire, que beaucoup croyaient relégué à la Guerre froide, redevient un élément central des équilibres internationaux. Mais derrière les doctrines militaires et les considérations géopolitiques se cache une question plus intime : comment vit-on avec la responsabilité potentielle de l’arme absolue? De la vie quotidienne à bord d’un sous-marin aux procédures qui encadrent un éventuel ordre de tir, l’ancien commandant raconte la discipline, le doute et le sens du devoir qui animent les équipages. « Si on est obligé de mettre en œuvre l’arme nucléaire, c’est qu’on n’a pas dissuadé. C’est un échec ». Une plongée rare dans les coulisses de la dissuasion française, où la technologie, le facteur humain et la politique se rejoignent dans une même quête : empêcher que l’impensable ne se produise.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« Je pense profondément que Trump va échouer parce que le système, la démocratie américaine, est beaucoup plus puissante que lui. » Entretien avec le journaliste Frédéric Martel
Nous recevons Frédéric Martel à l’occasion de la parution de son livre Occidents. Après plusieurs années d’enquête et plus d’une centaine de voyages à travers le monde, il dresse une cartographie inquiétante des forces politiques, idéologiques et médiatiques qui contestent le modèle démocratique occidental. De Vladimir Poutine à Xi Jinping, en passant par les réseaux proches du Hamas, du Hezbollah ou encore de Donald Trump, Frédéric Martel raconte une « bataille mondiale des idées » où se croisent propagande, récits identitaires et guerre culturelle. « Derrière le mot Occident, il y a le mot démocratie », affirme-t-il. Au fil de l’entretien, l’auteur revient aussi sur sa méthode d’enquête, qui l’a conduit aussi bien dans les cercles intellectuels russes qu’auprès de figures de la droite radicale américaine. Une immersion totale qui donne au livre des allures de reportage géopolitique sous haute tension. « Ces gens-là veulent nous détruire et je pense qu’on sous-estime la menace », lance-t-il, en évoquant les stratégies d’influence menées contre les démocraties libérales. Frédéric Martel défend l’idée que la guerre contemporaine se joue désormais autant dans les récits que sur les terrains militaires : « Le contrôle du narratif est aujourd’hui l’enjeu fondamental. » Mais l’échange dépasse rapidement la seule géopolitique. Il est aussi question des limites de nos démocraties, de la montée des populismes, du rôle des réseaux sociaux et de la fragilité de l’État de droit face aux tentations autoritaires. À travers des débats nourris sur Marine Le Pen, Viktor Orbán ou encore les « techno bros » de la Silicon Valley, Frédéric Martel plaide pour une défense assumée des valeurs démocratiques. « On ne peut pas être en désaccord sur l’État de droit », insiste-t-il dans une conversation dense, passionnée et profondément politique.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« Quand vous négociez avec les Iraniens, vous n’avez jamais un interlocuteur, vous avez toutes les factions du régime autour de la table ». Entretien avec le diplomate Jacques Audibert, négociateur du JCPOA sur le programme nucléaire iranien
À l’heure où les tensions autour de l’Iran atteignent un nouveau sommet, le diplomate français Jacques Audibert nous ouvre les coulisses des négociations nucléaires menées pendant plus de cinq ans avec Téhéran. Ancien directeur des affaires politiques au Quai d’Orsay et acteur central du fameux accord de Vienne, il raconte de l’intérieur la mécanique complexe des discussions avec le régime iranien, les rapports de force entre grandes puissances et les fragilités d’un équilibre aujourd’hui en miettes. « Quand vous négociez avec les Iraniens, vous n’avez jamais un interlocuteur, vous avez toutes les factions du régime autour de la table. », explique-t-il. Dans cet entretien dense, Jacques Audibert déconstruit plusieurs idées reçues sur l’Iran et sur l’échec de la stratégie occidentale depuis le retrait américain du JCPOA. Il revient notamment sur les tensions entre alliés occidentaux, le rôle souvent méconnu de la diplomatie patiente et les erreurs stratégiques qui, selon lui, ont aggravé la situation actuelle. « L’utilisation de la force n’a conduit nulle part. », tranche-t-il. Audibert livre aussi une réflexion plus large sur la diplomatie contemporaine, les limites du rapport de force et les risques d’une escalade incontrôlée au Moyen-Orient. Entre anecdotes inédites sur les négociations secrètes, analyse du rôle de Donald Trump et regard inquiet sur le sort du peuple iranien, cet épisode de Contact propose une plongée rare dans les arcanes du pouvoir international. « Les diplomates sont les derniers à se parler avant la guerre et les premiers à se reparler après. ».Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« La Chine s’est engagée dans une posture qui est plus que oeil pour oeil, dents pour dents ! » Entretien avec Alice Ekman, directrice de la recherche à l‘Institut d’études de sécurité de l’Union européenne.
À l’heure où les tensions internationales se redessinent autour du tandem Washington-Pékin, la sinologue Alice Ekman livre une analyse dense et sans détour des ambitions chinoises et de la nouvelle phase de rivalité qui s’installe avec les États-Unis. Au lendemain du sommet entre Xi Jinping et Donald Trump, elle décrit une Chine « beaucoup plus dure en négociation », assumant désormais publiquement ses lignes rouges, notamment sur Taïwan, l’Iran ou les sanctions occidentales. « La Chine est de plus en plus dure en négociation et le fait de manière de plus en plus publique et ouverte », affirme-t-elle. Directrice de la recherche à l’Institut d'études de sécurité de l'Union européenne, Alice Ekman revient aussi sur la transformation idéologique opérée sous Xi Jinping : centralisation du pouvoir, purges internes, contrôle accru de la société et affirmation d’un modèle présenté comme une alternative au référentiel occidental. « Pour la Chine, l’objectif n’est pas uniquement de dépasser les États-Unis économiquement : c’est aussi de marginaliser leur référentiel politique », explique-t-elle. Derrière la puissance économique et technologique, elle décrit un régime obsédé par la stabilité politique et profondément marqué par la peur de l’effondrement soviétique. La chercheuse éclaire également les nouvelles solidarités géopolitiques qui se dessinent entre Pékin, Moscou et Téhéran. Entre soutien implicite à l’Iran, rapprochement stratégique avec la Russie et volonté de fédérer ce que Pékin appelle le « Sud global », elle décrypte une Chine qui cherche désormais à remodeler l’ordre international selon ses propres codes. « Il est temps de montrer au monde qui nous sommes vraiment », résume-t-elle en exposant la vision chinoise du monde, une vision où l’Occident n’est plus la référence, mais l’adversaire à dépasser.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« Depuis que je suis enfant, j’aime l’histoire, la guerre et la politique. C’est pas un choix, c’est comme ça. » Entretien avec Louis Sarkozy, essayiste, chroniqueur et conseiller municipal à Menton
Entretien enregistré le 22 avril 2026. Figure médiatique et politique en ascension, Louis Sarkozy se livre dans un long entretien où se mêlent convictions idéologiques, récit intime et fascination pour l’histoire américaine. Entre réflexions sur le libéralisme, défense acharnée de la liberté d’expression et critique des nouvelles orthodoxies politiques, il assume une pensée à contre-courant, forgée autant par ses lectures que par son parcours atypique. « Le monde est rempli de mauvaises idées et de gens bêtes. Donc, une conclusion : on avance lentement », résume-t-il pour expliquer sa vision du conservatisme. Louis Sarkozy revient aussi sur son rapport à son nom, à son père et à l’héritage familial. Loin du discours victimaire souvent associé aux dynasties politiques, il affirme porter ce patronyme « comme un honneur », tout en racontant les conséquences très concrètes qu’il a eues sur son existence, notamment son exclusion de l’armée américaine, après avoir été soupçonné « d’influence étrangère ». L’entretien prend une tournure encore plus personnelle lorsque Louis Sarkozy évoque son passage dans une école militaire américaine, un univers qu’il décrit comme « extrêmement violent », mais fondateur. Il raconte comment cette expérience l’a arraché à une jeunesse protégée pour lui apprendre la discipline, la résistance et le goût de l’effort. « Il n’y a rien de pire qu’une vie de facilité », affirme-t-il, convaincu que les sociétés modernes produisent des individus trop éloignés de l’épreuve.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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Sommet Trump-Xi Jinping à Pékin. La Chine va-t-elle se mouiller dans le détroit d’Ormuz ? Entretien avec François Godement, Expert Résident principal et Conseiller spécial – Asie et États-Unis à l'Institut Montaigne
À quelques jours d’un important sommet Trump-Xi Jinping, François Godement, un des plus grands sinologues européens, décrypte une Chine plus opaque que jamais, à la croisée des tensions géopolitiques et des fragilités internes. Il dresse le portrait d’un régime à la fois sûr de sa trajectoire et inquiet de son environnement économique. « Les contentieux se sont accumulés, mais les raisons de parler aussi », résume-t-il, évoquant une rivalité sino-américaine où s’entremêlent dépendances commerciales, guerre technologique et calculs stratégiques. Derrière la puissance affichée, la Chine reste vulnérable aux soubresauts du commerce mondial. Sur le plan intérieur, l’équilibre du modèle chinois apparaît plus fragile qu’il n’y paraît. Croissance ralentie, crise immobilière persistante, inégalités massives : autant de signaux d’alerte pour un régime qui fonde sa légitimité sur la prospérité. « Si on ne rallume pas la consommation, […] la ligne actuelle est insoutenable », rapporte Godement, soulignant les débats internes qui traversent le pays. Mais mesurer le mécontentement réel relève du défi dans un système où « le contrôle […] est sans précédent », notamment grâce aux outils numériques. À l’international, la Chine avance avec prudence, notamment face aux crises comme celle impliquant l’Iran. Pékin privilégie ses intérêts économiques et évite toute prise de risque directe, tout en profitant des tensions pour renforcer son influence. « La Chine est devant un exercice d’équilibrisme », explique Godement, entre opportunisme stratégique et retenue diplomatique. Dans ce jeu de puissance, une constante demeure : la capacité chinoise à penser le temps long. Face à des démocraties occidentales fragmentées, le rapport de force pourrait bien se jouer moins sur l’instant que sur la durée.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« Il ne faut pas avoir peur de la vérité ». Les journalistes font-ils encore leur métier ? Entretien avec Franz-Olivier Giesbert
Figure incontournable de la presse, passé par les plus grandes rédactions, Franz-Olivier Giesbert dresse le portrait d’un monde, celui de l’information, qu’il juge assez sévèrement. Mais derrière le polémiste se dessine aussi un parcours intime, marqué par des rencontres fondatrices, notamment celle avec Alberto Giacometti, et une ligne de conduite restée intacte : « N’écoute personne, fais-toi une opinion par toi-même ». Giesbert revendique une forme de liberté absolue, quitte à en payer le prix. « Ne faites pas carrière », lance-t-il aux jeunes journalistes, plaidant pour un métier exercé sans peur ni compromis. Une vision exigeante, presque brutale, du rôle d’informer, à rebours d’une profession qu’il juge aujourd’hui trop conformiste. Car c’est bien le journalisme contemporain qui se retrouve au cœur de ses critiques. Entre « vérités alternatives », pression idéologique et perte de repères, Giesbert s’inquiète d’une dérive profonde : « Il y a des choses qu’on ne peut plus dire ». À ses yeux, la disparition de figures indépendantes fragilise le débat démocratique, au profit d’un discours uniformisé. Dans un monde saturé d’informations et de tensions politiques, il appelle à retrouver une exigence fondamentale : « Il ne faut pas avoir peur de la vérité ». Une injonction qui résonne comme le fil rouge de cet échange dense et sans concession.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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Comment les services secrets israéliens et américains ont-ils pénétré l’appareil de sécurité iranien ? Entretien avec le journaliste et spécialiste du renseignement Rémi Kauffer
Le journaliste et spécialiste du renseignement Rémi Kauffer nous plonge au cœur d’un univers aussi discret que déterminant : celui des services secrets. À l’occasion de la parution de son Dictionnaire mondial de l’espionnage, il propose une lecture alternative de l’histoire contemporaine, où les opérations clandestines éclairent autrement les grands événements. « Il y a un certain nombre de choses que ça explique […], les historiens qui se privent de cette dimension ne comprennent pas toute l’histoire ». Kauffer décrypte les logiques à l’œuvre dans les conflits actuels, notamment au Moyen-Orient, où la guerre se joue autant dans l’ombre que sur le terrain. Entre assassinats ciblés, opérations psychologiques et infiltrations, les services secrets deviennent des acteurs centraux de la déstabilisation des États. « Le but de la manœuvre, c’est que vos adversaires s’autodétruisent », résume-t-il, insistant sur l’importance de la peur et de la paranoïa comme armes stratégiques. Derrière l’image d’omnipotence du Mossad se cache une mécanique fine, où la technologie et la manipulation psychologique se combinent pour affaiblir l’ennemi de l’intérieur. Mais au-delà des opérations spectaculaires, l’épisode met en lumière les ressorts profondément humains de l’espionnage : motivations, failles, loyautés. Qu’il s’agisse de recruter un agent ou de former un exécutant, tout repose sur une compréhension aiguë de la psychologie. « La raison principale, c’est le patriotisme », rappelle Kauffer, loin des fantasmes véhiculés par le cinéma. Dans un monde où les lignes entre alliés et adversaires se brouillent, le renseignement apparaît plus que jamais comme un révélateur des rapports de force, et des fragilités, qui structurent notre époque.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« Les Américains, en 1 mois de conflit, ont dépensé à peu près 50 milliards de dollars. Les chinois avec 50 milliards de dollars construisent 2500 km de train à voie rapide. » La suite de l’entretien avec Jacques Baud
Dans la foulée d’un premier entretien consacré à ses sanctions par l’Union européenne, Jacques Baud prolonge la réflexion et élargit le regard. Au cœur de cet épisode : une actualité brûlante, marquée par l’escalade entre Israël, les États-Unis et l’Iran, et ses répercussions sur l’équilibre mondial. « On a l’impression qu’on est dans quelque chose qui est totalement émotionnel », observe-t-il, dénonçant des logiques de confrontation de moins en moins rationnelles. À ses yeux, les grandes puissances occidentales reproduisent les mêmes erreurs, en s’engageant dans des conflits sans en mesurer les conséquences à long terme. L’ancien officier du renseignement pointe une constante : la sous-estimation des adversaires. De l’Afghanistan à l’Ukraine, en passant par Gaza, les conflits récents témoignent d’une lecture biaisée des rapports de force. « On lance des conflits sans réellement mesurer l’impact […] et avec une forme d’arrogance », tranche-t-il. Dans le cas iranien, il évoque une stratégie plus subtile qu’il n’y paraît, où la notion de « victoire décisive » ne signifie pas destruction totale, mais capacité à dissuader durablement l’ennemi. Une dynamique qui, selon lui, pourrait prolonger l’instabilité plutôt que la résoudre. Enfin, Jacques Baud analyse les conséquences globales de cette guerre, notamment sur le conflit en Ukraine et les équilibres géopolitiques. Il note un déplacement des priorités américaines vers le Moyen-Orient, au détriment de Kiev, et entrevoit un possible recul de la présence militaire américaine dans la région. En filigrane, une autre puissance tire son épingle du jeu : la Chine. « Nous, on dépense notre argent dans des conflits […]. Les autres […] construisent, ils éduquent », souligne-t-il, esquissant le portrait d’un monde en recomposition, où la puissance ne se mesure plus seulement à la force militaire, mais aussi à la capacité d’investir dans l’avenir.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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Comment manger quand on est sanctionné par l’UE ? « J’ai été alimenté uniquement par des gens qui étaient choqués par l’attitude de l’UE, choqués par cette situation, et qui ont, de leur bon cœur, amené de la nourriture. » Entretien avec Jacques Baud et son avocat William Julié
Jacques Baud, ancien officier du renseignement suisse, raconte comment sa vie a basculé après avoir été placé sur une liste de sanctions de l’Union européenne, sans procès ni avertissement préalable. Installé à Bruxelles, il découvre soudainement qu’il est accusé d’être « un propagandiste à la solde du Kremlin ». Une décision aux conséquences immédiates et brutales : comptes gelés, déplacements restreints, isolement financier. « Du jour au lendemain, je n’avais plus accès à de quoi me nourrir », résume-t-il, décrivant une situation qu’il qualifie lui-même de « kafkaïenne ». Aux côtés de son avocat William Julié, l’entretien plonge au cœur d’un mécanisme opaque, où la sanction précède toute forme de défense. Aucun jugement, aucune audience, mais une décision politique aux effets très concrets : « Lorsque vous êtes sanctionné, plus personne ne peut vous donner de l’argent », explique Me Julié, évoquant même une forme d’« intouchabilité » au sein de l’Union européenne. Ensemble, ils dénoncent une inversion du fardeau de la preuve et une atteinte potentielle aux principes fondamentaux de l’État de droit, notamment en matière de liberté d’expression. Au-delà du cas personnel, l’épisode soulève une question plus large : celle des limites du débat public en temps de guerre. Jacques Baud insiste sur son rôle d’analyste, affirmant n’avoir « jamais pris parti », mais simplement cherché à exposer les perceptions des deux camps dans le conflit ukrainien. « Dans mon cas, on sanctionne d’abord, et ensuite vient le procès », déplore-t-il. Pour ses défenseurs, cette affaire pourrait devenir un précédent majeur, révélateur des tensions croissantes entre sécurité, information et liberté dans l’espace démocratique européen.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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Guerre en Iran. Le rappel brutal au réel: « Nous sommes toujours dans un temps qui à l’échelle de la planète est le temps du pétrole et du charbon. » Entretien avec l’économiste Philippe Chalmin
Philippe Chalmin est économiste et un des plus grands spécialistes mondiaux des commodités. Il estime que la guerre contre l’Iran vient acter une brutale réalité, celle d’un monde entré dans « le marché de l’incertain ». Alors que le détroit d’Ormuz est désormais perturbé, les repères vacillent. « Aujourd’hui, ma seule certitude est que demain sera différent d’aujourd’hui », résume-t-il, illustrant une volatilité extrême qui touche autant le pétrole que l’ensemble des grandes commodités. Gaz, pétrole, engrais, métaux, transport maritime : tout est affecté, jusque dans les chaînes d’approvisionnement les plus invisibles. Cette guerre agit comme un révélateur brutal : malgré les ambitions de transition, « les énergies fossiles font encore beaucoup fonctionner l’économie mondiale ». Résultat : un retour forcé aux réalités énergétiques, où le gaz, le charbon, et même le nucléaire, redeviennent des pivots stratégiques. Mais au-delà du choc immédiat, c’est la durée de la crise qui inquiète. Même dans le scénario le plus optimiste, prévient-il, « il faudrait six mois pour revenir à la normale ». Et encore, à condition d’un improbable apaisement géopolitique. Car cette guerre ne ressemble pas aux précédentes : imprévisible, fragmentée, elle redéfinit les rapports de force et rebat les cartes économiques mondiales au profit, notamment, de puissances comme la Russie. « Nous ne savons pas où nous allons », confie l’économiste, comparant notre époque à une ascension à l’aveugle. Entre instabilité chronique, dépendances énergétiques persistantes et recomposition géopolitique, cet épisode de Contact éclaire une certitude : la guerre en Iran n’est pas un événement parmi d’autres, mais un tournant.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« Je pense que tous les éléments sont réunis pour que la République islamique sombre [...], mais il faut en face que les oppositions iraniennes [...] soient soutenues par l’Occident. » Entretien avec le journaliste et grand reporter Emmanuel Razavi
Dans cet épisode de Contact, nous recevons le journaliste et grand reporter Emmanuel Razavi, spécialiste du Moyen-Orient et fin connaisseur de l’Iran. Né d’un père iranien et d’une mère française, il raconte un parcours façonné par deux cultures et une curiosité précoce pour les bouleversements politiques qui ont marqué son pays d’origine. De la révolution de 1979 à ses reportages sur le Hezbollah ou les réseaux d’influence iraniens, il propose une lecture engagée et incarnée d’un régime qu’il n’a cessé d’enquêter. « J’ai toujours eu la parole très libre », souligne-t-il, revendiquant un regard construit autant par son histoire personnelle que par son expérience de terrain. Mais cet entretien prend une dimension particulière : en raison de ses enquêtes, Emmanuel Razavi vit aujourd’hui sous protection policière. « Ma vie est menacée en raison des enquêtes que j’ai publiées », explique-t-il, évoquant notamment ses travaux sur les réseaux iraniens et les activités clandestines du régime. Au fil de la discussion, il développe une réflexion plus large sur le rôle du journaliste et la difficulté d’atteindre une véritable objectivité. « Je ne cherche pas l’objectivité pour l’objectivité », affirme-t-il, préférant revendiquer une démarche ancrée dans le réel et assumant un engagement en faveur de la démocratie. De la révolution iranienne à l’influence contemporaine du régime, il décrit un système qu’il juge profondément idéologique et expansionniste. Un échange dense, où se mêlent analyse géopolitique et témoignage personnel, et qui pose une question essentielle : peut-on encore dire librement ce que l’on voit lorsque cela met sa propre sécurité en jeu ?Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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Le fascisme, ça ne sort pas d’un chapeau de magicien : « c’est un glissement tranquille. » Entretien avec l’auteur et chercheur Jonathan Durand Folco
Dans son essai, Le fascisme tranquille, Jonathan Durand Folco propose une réflexion ambitieuse et dérangeante sur l’état de nos démocraties. Il explique pourquoi le mot « fascisme » doit être manié avec prudence, mais ne doit pas non plus être évacué du débat public. « Le mot en F est utilisé à toutes les sauces », reconnaît-il, mais certaines dynamiques contemporaines - peur, insécurité, défiance envers les institutions - créent, selon lui, un terrain propice à un glissement plus insidieux vers l’autoritarisme. Loin d’annoncer un basculement brutal, Durand-Folco parle plutôt d’un phénomène diffus, presque imperceptible. « Le fascisme n’est pas seulement un régime politique : c’est aussi une attitude, une manière de voir l’autre et la société », explique-t-il. Ce qu’il appelle le « fascisme tranquille », c’est précisément ce processus graduel par lequel certaines idées, certains réflexes autoritaires ou identitaires s’installent peu à peu dans l’espace public. « C’est quelque chose qui s’installe progressivement, parfois à notre insu, dans nos têtes, dans nos interactions sociales. » Mais l’essai est aussi un appel à repenser la démocratie elle-même. Pour l’auteur, les démocraties libérales actuelles restent fragiles parce qu’elles reposent largement sur la délégation du pouvoir. « La démocratie, ce n’est pas seulement voter tous les quatre ans », rappelle-t-il. « Une démocratie forte serait une société où les citoyens participent réellement aux décisions qui les concernent. » Entre montée de l’autoritarisme, crises économiques et défiance politique, la question demeure : nos démocraties sont-elles encore capables de se réinventer avant qu’il ne soit trop tard ?Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« La liberté politique n’est pas un besoin fondamental, dans la mesure où nos véritables besoins sont satisfaits. » Entretien avec le professeur agrégé de science politique Jean-François Caron
Entretien enregistré le 12 janvier 2026. Professeur agrégé de science politique, installé depuis plus d’une décennie au Kazakhstan et actuellement en poste à l’Université américaine d’Arménie, Jean-François Caron revient au micro de Contact pour interroger l’un des grands angles morts de notre époque : la fragilisation de l’esprit démocratique face à la montée des régimes autoritaires. Dans son prochain ouvrage, The Authoritarian Social Contract and the erosion of democratic legitimacy, Caron développe une thèse dérangeante : la démocratie n’est plus jugée à l’aune de ses idéaux, mais de sa capacité à satisfaire des besoins fondamentaux. « La liberté politique n’est pas un besoin essentiel, dit-il, si la sécurité, le bien-être matériel et la liberté personnelle sont garantis. » En s’appuyant sur des exemples allant de l’Union soviétique post-stalinienne au Salvador de Nayib Bukele, il explique pourquoi certains citoyens sont prêts à renoncer à une part de leurs libertés politiques en échange d’un État perçu comme efficace, protecteur et prospère. « Le problème de la démocratie, ce n’est pas le vote, c’est ce qui se passe entre les élections », affirme Caron, inquiet d’un climat où la contradiction devient suspecte. Face à des modèles de « capitalisme autoritaire » qui semblent parfois plus performants, il pose une question vertigineuse : la démocratie est-elle encore compétitive — ou devra-t-elle, pour survivre, se réinventer au risque de se renier ?Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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Attention, danger : L’IA vous connaît déjà mieux que vous vous connaissez ! Entretien avec l’entrepreneur et essayiste Rafik Smati
Entre accélération technologique et nécessité de ralentir, l’entrepreneur et essayiste Rafik Smati pose un diagnostic sans détour sur le monde qui vient. Né en Algérie, entrepreneur français engagé dans le numérique et fondateur du mouvement Objectif France, il réfléchit depuis plusieurs années aux bouleversements politiques, économiques et anthropologiques provoqués par l’intelligence artificielle. Rafik Smati lance un cri d’alarme. L’IA accélère un enjeu de souveraineté technologique qui révèle la très grande dépendance de l’Europe et du Canada. « Nous sommes devenus des colonies numériques des États-Unis », avance-t-il, inquiet du retard face aux investissements colossaux des géants technologiques. Comparant la révolution de l’IA à la découverte du feu, il évoque une mutation « vertigineuse » capable de transformer le travail, la santé et jusqu’à la nature humaine elle-même - une transition historique dont, selon lui, nous ne mesurons pas encore pleinement les conséquences. Père de deux adolescents sans smartphone ni réseaux sociaux, Smati assume un choix à contre-courant qu’il présente non comme une interdiction, mais comme une responsabilité parentale. « Le courage, ce n’est pas l’interdiction. Le courage, c’est l’éducation. », affirme-t-il, plaidant pour préserver chez les enfants un luxe appelé à disparaître : le droit à l’ennui. Pour lui, la révolution numérique impose surtout de repenser notre rapport au temps, en apprenant à accélérer lorsque nécessaire tout en conservant des espaces de recul et de réflexion.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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Puissances moyennes dans un monde brutal : « Si nous voulons ne pas avoir la guerre, il faut se faire respecter. Et pour se faire respecter, pour dissuader l’agresseur, il faut montrer qu’on est suffisamment fort. » Entretien avec Philippe Étienne, ancien ambassadeur de France à Washington
Ancien ambassadeur de la France à Washington, à Berlin et auprès de l’Union européenne, ex-conseiller diplomatique d’Emmanuel Macron, Philippe Étienne publie Sherpa, ses mémoires, et cosigne un article dans Le Grand Continent intitulé Guérir les démocraties. « Nos démocraties souffrent incontestablement de l’intérieur et de l’extérieur », affirme-t-il d’emblée. Mais loin du fatalisme, il insiste : « Je pense qu’on se trompe si on croit qu’elles sont condamnées. » À l’heure d’un monde qui se brutalise, Étienne défend la diplomatie comme un outil plus nécessaire que jamais. Face aux empires décomplexés - États-Unis, Chine, Russie - il plaide pour une Europe - et un Canada - lucides, capables de conjuguer coopération et rapport de force. « Plus un monde est conflictuel, plus on a besoin de diplomatie », soutient-il, rappelant que la puissance européenne existe, mais qu’elle doit se structurer. Sur la guerre en Ukraine et la menace russe, son propos est sans détour : « Si nous voulons ne pas avoir la guerre, il faut se faire respecter. » L’esprit de défense, dit-il, est devenu une condition de la paix. L’ancien ambassadeur décrypte de l’intérieur l’ère Donald Trump, qu’il a côtoyé dès le premier mandat. Trump 2.0 ? « Un développement exponentiel », observe-t-il, reconnaissant avoir été surpris par « la rapidité et parfois la brutalité » des décisions. Mais il met en garde contre la caricature : derrière l’outrance, une stratégie, une lecture assumée des intérêts américains. À travers crises diplomatiques, affrontements commerciaux et rivalités technologiques, Philippe Étienne propose un diagnostic sans complaisance : la démocratie n’est pas morte, mais elle exige un sursaut de volonté.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« L’ IA peut être dangereuse pour notre cerveau, notre raison, notre esprit critique, le libre arbitre, et surtout par la paresse intellectuelle qu’elle génère, hélas. On est menacé d’une régression contre laquelle il n’y a pas grand chose à faire. » Entretien avec l’écrivain Didier van Cauwelaert
Dans cet épisode de Contact, nous recevons l’écrivain et essayiste Didier Van Cauwelaert, lauréat du prix Goncourt, qui poursuit depuis plusieurs années une exploration singulière des frontières entre science, conscience et mystère du vivant. À l’occasion de la parution de son nouvel ouvrage L’Intelligence naturelle - Quand le génie du vivant surpasse l’IA, il propose un regard décalé sur notre fascination contemporaine pour l’intelligence artificielle, en la confrontant à quatre milliards d’années d’évolution biologique. « Je m’attache aux faits et aux liens », explique-t-il, revendiquant une démarche nourrie autant par la curiosité du romancier que par un travail minutieux de vérification. Loin d’opposer science et intuition, Didier Van Cauwelaert invite à reconsidérer ce que nous appelons « intelligence ». Selon lui, le terme est souvent mal compris : « L’intelligence, c’est mettre en évidence les liens entre les choses et en créer de nouveaux. » Des bactéries aux végétaux, il décrit un monde vivant capable d’adaptation, de communication et de stratégies complexes bien avant l’apparition des technologies humaines. « Nous sommes composés à 90 % de bactéries. Tout le monde l’oublie, mais c’est la réalité », rappelle-t-il, plaidant pour une humilité renouvelée face aux mécanismes du vivant. L’auteur explore les limites de l’IA, les découvertes troublantes de la recherche sur le comportement des plantes et des animaux, mais aussi les implications philosophiques de ces phénomènes. Entre vulgarisation scientifique, réflexion existentielle et récits étonnants, il appelle à conjuguer esprit critique et confiance : « Il faut être lucide… mais si vous n’êtes que lucide, vous êtes condamné à un pessimisme stérile. » Un échange qui questionne notre rapport au progrès, à la connaissance - et à ce que signifie réellement comprendre le monde.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« J’ai dit que Le Devoir s’intéressait plus à la théorie du genre qu’à l’avenir du Québec, et je maintiens cette affirmation. » Entretien avec le chroniqueur Christian Rioux
Congédié quelques jours avant Noël après de longues années comme correspondant et chroniqueur du Devoir à Paris, Christian Rioux revient au micro de Contact pour raconter les coulisses d’une rupture qui dépasse son cas personnel. Plus qu’un différend professionnel, il y voit le symptôme d’un climat médiatique devenu plus polarisé, où certains points de vue deviennent difficiles à exprimer. « On m’a vraiment montré la porte », affirme-t-il sans détour, tout en rappelant que, selon lui, la question centrale reste celle de la pluralité des opinions dans l’espace public. « J’ai dit que Le Devoir s’intéressait plus à la théorie du genre qu’à l’avenir du Québec, et je maintiens cette affirmation. » Rioux évoque une société qui évite la confrontation d’idées et où le consensus prend souvent le pas sur la controverse. « À force de ne pas dire les choses, on finit par s’engueuler », observe-t-il, estimant qu’un débat ouvert permet au contraire d’apaiser les tensions. Pour lui, les médias ont choisi de se radicaliser plutôt que de chercher à refléter toute la diversité des sensibilités présentes dans la société. La montée en force de Donald Trump pendant la campagne présidentielle de 2016 serait un des points de bascule où les journalistes des médias traditionnels auraient choisi d’abandonner toute prétention à la neutralité pour faire une information engagée. La crise du Covid n’aurait qu’accéléré ce pari éditorial. Résultat des courses, une défiance grandissante pour une partie de la population à l’endroit de ces médias qui se disent « de référence ».Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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100 milliards de bêtes abattues chaque année pour nourrir l’humanité. Doit-on mettre le véganisme au menu ? Entretien avec l’avocate et essayiste Suzanne Zaccour
Dis-moi ce que tu manges et je te dirai qui tu es ! La consommation de viande animale trahit-elle autre chose que notre goût pour les protéines ? Suzanne Zaccour en est convaincue. Docteure en droit de l’Université d’Oxford, avocate et essayiste, elle s’intéresse aux liens entre féminisme, antispécisme et alimentation. Autrice de La Fabrique du viol et du récent Pourquoi Trump ne mange pas de tofu ?, elle déconstruit les normes sociales qui façonnent notre rapport à la violence et au pouvoir que nous exerçons sur les animaux. Chaque année, 100 milliards de bêtes sont tuées pour satisfaire nos appétits. Une hécatombe qui viendrait aussi combler d’autres besoins. « La viande a un effet remasculinisant qui apaise l’ego des hommes fragilisés », avance-t-elle, s’appuyant sur des études sociologiques qui montrent une corrélation entre adhésion aux stéréotypes de genre et rejet du végétarisme. Pour Suzanne Zaccour, le véganisme n’est ni une posture morale supérieure ni un dogme, mais un refus de participer à une violence qu’elle juge évitable. Question: faut-il alors interdire la consommation de protéines animales ?Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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Le monde en crise: « Les Banques centrales ont maintenant, dans leurs voûtes, plus d’or que de dollars américains ! » Entretien avec le gestionnaire de portefeuille Sylvain Goulet
Gestionnaire de portefeuille et ingénieur de formation, Sylvain Goulet observe depuis des années la trajectoire singulière de l’or et de l’argent. « Quand le casse-tête économique, financier et géopolitique devient d’une complexité inouïe, l’or redevient central », explique-t-il d’emblée, rappelant que ce métal demeure « la seule devise qui ne s’imprime pas ». L’entretien retrace l’histoire longue de l’or, depuis son rôle fondateur dans les systèmes monétaires jusqu’à la rupture de 1971, lorsque les États-Unis mettent fin à l’étalon-or. Goulet souligne à quel point cette décision a transformé notre rapport à la monnaie : « Le papier-monnaie tend toujours vers sa valeur intrinsèque, c’est-à-dire zéro », rappelle-t-il en citant Voltaire. Dans un monde dominé par l’endettement souverain et les monnaies dites fiat, l’or conserve selon lui une singularité : « Tout l’or produit depuis des milliers d’années existe encore quelque part ». La volatilité des marchés, la défiance envers les obligations, l’achat massif d’or par les banques centrales et l’envolée spectaculaire de l’argent sont aussi au menu de cette conversation qui intéressera tous les investisseurs. « Depuis quelques années, l’or a plus que doublé, et le silver a littéralement quadruplé », observe Sylvain Goulet, qui y voit moins une spéculation qu’un symptôme. « Ce n’est pas seulement de la peur, c’est l’opacité du monde qui se reflète dans le prix de l’or ».Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« Il faut comparer le Moyen-Orient depuis le 7 octobre 2023 à un jeu de dominos. On a balancé la première pièce et après on a eu tout un engrenage d’événements. » Entretien avec la journaliste Maya Khadra
Spécialiste reconnue du Proche et du Moyen-Orient, chroniqueuse régulière sur les plateaux d’information et professeure en communication à Paris, Maya Khadra répond à mes questions pour éclairer l’un des foyers géopolitiques les plus instables du moment : l’Iran. Alors que l’actualité régionale connaît de profonds bouleversements depuis le 7 octobre 2023, elle propose une lecture rigoureuse de la République islamique, de ses réseaux d’influence et des fragilités internes du régime. « Ce que nous vivons depuis le 7 octobre, c’est un véritable séisme régional, bien au-delà d’Israël et de Gaza », résume-t-elle d’entrée de jeu. Maya Khadra revient sur les fondements idéologiques du régime iranien, nés de la révolution de 1979, et sur la mécanique d’exportation de la révolution islamique, de Beyrouth à Sanaa, de Damas à Bagdad. Elle explique comment l’Iran a bâti un empire d’influence politique, militaire et financier, souvent sous-estimé en Occident, mais aujourd’hui fragilisé. « L’Iran a péché par orgueil. Il s’est cru intouchable », affirme-t-elle, évoquant l’affaiblissement des proxies iraniens, la chute de Bachar al-Assad et les effets cumulés des sanctions internationales.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« L’école ne permet pas l’émergence de l’intelligence, l’école est un instrument d’idéologie. » Entretien avec le philosophe Michel Onfray
Philosophe et essayiste prolifique, Michel Onfray ouvre l’année au micro de Contact pour une conversation où il reconnaît qu’après toutes ces années à débattre dans l’espace public, l’envie de faire silence l’habite parfois. Nous débutons l’entretien avec un clin d'œil à son travail de longue haleine consacré à Pierre-Joseph Proudhon, figure fondatrice et pourtant méconnue de l’anarchisme. La discussion porte ensuite sur une réflexion plus large sur la politique contemporaine, la démocratie représentative et les impasses idéologiques actuelles. Onfray y questionne frontalement les notions de gauche et de droite, qu’il juge largement dévoyées, et assume ses ruptures : « Si être de gauche aujourd’hui, c’est être raciste, antisémite ou faire commerce du corps des femmes, alors ce n’est pas ma gauche ». L’entretien prend une ampleur davantage anthropologique lorsque Michel Onfray aborde l’intelligence artificielle, l’école, la transmission et l’avenir même de l’humanité. Inquiet d’une délégation croissante de notre capacité de jugement aux machines, il met en garde contre une « atrophie de l’intelligence » et une perte du sens critique : « L’école ne permet pas l’émergence de l’intelligence, l’école est un instrument d’idéologie. »Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« Le plus gros risque mondial aujourd’hui, ce ne sont pas les changements climatiques, ce sont les déplacements de populations. » Entretien avec le fondateur de GardaWorld Stéphan Crétier
À la tête de GardaWorld, géant mondial de la sécurité comptant plus de 130 000 employés et générant plus de 8 milliards de dollars de chiffre d’affaires, Stéphan Crétier évolue au carrefour du renseignement, de la protection et du pouvoir. Parti de presque rien, devenu milliardaire sans jamais, dit-il, avoir « pensé le succès en termes de dollars », l’entrepreneur québécois décrit un monde où la sécurité est désormais globale, intégrée, et profondément marquée par l’intelligence artificielle. « La sécurité, aujourd’hui, est holistique », affirme-t-il, évoquant aussi bien la protection des infrastructures que celle des grandes fortunes, des chaînes d’approvisionnement ou des zones de crise. Au cœur de l’entretien, Crétier dévoile les coulisses d’une industrie où l’anticipation est devenue la clé. Grâce à des outils d’IA développés notamment en partenariat avec Palantir, son groupe mise sur une « intelligence anticipative » capable de cartographier les vulnérabilités et de prévoir les risques avant qu’ils ne surviennent. « La réponse est probablement oui », concède-t-il lorsque Stéphan Bureau évoque Minority Report et la possibilité de prévenir certains crimes avant leur commission. Mais cette puissance prédictive pose aussi un vertigineux dilemme démocratique. Plus personnel, l’échange se conclut sur le parcours intime de Crétier : fils d’immigrants européens, marqué par la précarité, la mort précoce de son père et la fragilité des services publics. Sa réussite s’est construite dans une logique de survie autant que d’ambition. « On a le choix de lire le menu ou d’être au menu », résume-t-il, décrivant un monde qu’il juge « prédatorial », où l’Occident vit désormais retranché, assiégé, tandis que les inégalités de protection et d’accès aux soins explosent. Un constat lucide, parfois brutal, sur la sécurité comme nouveau révélateur des fractures contemporaines.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« Le crime organisé veut exercer le pouvoir à distance ». Entretien avec Jean-François Gayraud, commissaire général de la police nationale
Commissaire général de police, ancien membre de la cellule de coordination du renseignement à l’Élysée, aujourd’hui directeur de l’Académie du renseignement, Jean-François Gayraud revient au micro de Contact pour explorer la face cachée du crime organisé. Auteur du récent Les sociétés du silence, il propose une lecture dérangeante mais lucide d’un monde criminel qui prospère d’abord sur l’invisible. Pour lui, l’angle mort majeur de notre compréhension n’est ni la violence, ni l’argent, mais le mutisme : « Ce qui est silencieux, ce qui est invisible… on ne le combat pas, tout simplement. » Au fil de l’échange, Gayraud déconstruit les illusions médiatiques et politiques entourant mafias, cartels et crimes en col blanc. Il rappelle que l'hyper-visibilité — comme celle de la « DZ mafia » marseillaise — ne représente souvent qu’une distraction. L’essentiel, dit-il, se joue ailleurs : dans des organisations matures qui préfèrent l’influence à la brutalité, la compromission à la terreur, la discrétion à la gloire. « Les territoires où le crime organisé devient hégémonique transforment les citoyens en sourds et en muets », explique-t-il, évoquant ces zones grises où souveraineté politique et pouvoir criminel s’enchevêtrent. L’entretien se fait plus large, plus sombre aussi, lorsqu’il aborde les dérives systémiques : la puissance réelle des cartels, les liens anciens entre États et mondes interlopes, l’usage stratégique du silence dans la finance comme dans la géopolitique. Sans paranoïa, mais sans naïveté, Gayraud rappelle que ces forces savent infiltrer, corrompre, se déguiser. Pourtant, il conserve une foi intacte dans l’État de droit : « J’ai toujours foi en mon église », dit-il, convaincu que la connaissance doit précéder l’action et que la lucidité demeure la seule voie pour « regarder derrière les apparences ». Une conversation dense, grave et éclairante sur ce qui se voit… et surtout ce qui se tait.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« On n’a pas besoin que vous soyez intelligent. Tout ce qu’on veut, c’est que votre temps de cerveau disponible soit présent le plus longtemps possible sur la plateforme. » Entretien avec l’économiste et essayiste Olivier Babeau
Olivier Babeau - essayiste, économiste, président du think tank Sapiens - déploie une réflexion ambitieuse sur le monde qui vient, dans la continuité de ses ouvrages La tyrannie du divertissement et Ne faites plus d’études. D’entrée de jeu, il raconte comment la révolution technologique bouleverse la hiérarchie traditionnelle des valeurs : « L’intelligence, qui était le truc le plus rare, est devenue une commodité », résume-t-il. Cette bascule affecte profondément l’école, le travail, l’accès à la compétence et la structuration des élites. Babeau avance une thèse dérangeante : l’IA ne bouleverse pas seulement l’économie, elle menace de transformer l’humain lui-même. Héritiers d’un « cerveau de chasseur-cueilleur » mal adapté au déluge technologique moderne, nous sommes vulnérables à la sédentarité cognitive et à l’économie de l’attention, qui « fabrique des crétins » en exploitant nos réflexes neurobiologiques les plus archaïques. Entre ceux qui utiliseront les technologies comme levier d’ascension et ceux qui s’y abandonnent comme à une prothèse, il voit se dessiner « deux humanités » : l’une disciplinée, l’autre happée par l’immédiateté. Enfin, l’auteur pointe la fragilisation des sociétés démocratiques, notamment par la surproduction d’élites diplômées mais sans débouchés, source d’amertume et de tensions explosives. L’université, selon lui, traverse une crise existentielle : massifiée, coûteuse, déconnectée. « Il n’y a plus d’excuse au fait de ne pas savoir », dit-il, rappelant que la connaissance est désormais à un clic de distance. Face à ce monde où les machines feront toujours mieux que nous, Babeau plaide pour un retour aux humanités, à l’esprit critique et à la formation d’un individu capable non seulement d’apprendre, mais de juger : car « la vraie valeur ajoutée, demain, ce sera de savoir aller plus loin que la machine ».Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« Quand les mœurs s’effondrent, les lois se multiplient » Entretien avec le sociologue Mathieu Bock-Côté
Au cours de l’entretien, Mathieu Bock-Côté revient sur son installation en France et sur la manière dont cela a fait évoluer son rôle intellectuel. Il explique avoir quitté l’enseignement universitaire pour s’engager pleinement dans le débat public, se décrivant désormais comme un « éditorialiste engagé » dans un moment qu’il juge déterminant pour l’histoire politique française. Nous serions en train de vivre aujourd’hui la fin du cycle ouvert en 1989 avec la chute du mur de Berlin et l’entrée dans une nouvelle époque où les questions nationales et identitaires redeviennent centrales. MBC analyse la montée des mouvements qualifiés de « populistes » en Occident, non pas comme une dérive radicale, mais comme une « révolte » populaire contre un ordre politique qui cherche à se maintenir. À ses yeux, les élites institutionnelles perçoivent ces mobilisations comme des menaces à contenir plutôt que comme des expressions légitimes du débat démocratique. Dans certains pays, l’architecture juridique et administrative tendrait même à empêcher l’alternance politique réelle, ce qui alimente encore davantage la défiance citoyenne. Enfin, il aborde la situation québécoise et la possibilité d’un retour de la question de l’indépendance dans un contexte international en mutation. Il estime que la conjoncture pourrait créer une « fenêtre d’opportunité » pour le mouvement souverainiste, notamment parce que certains acteurs politiques américains pourraient y voir un intérêt géopolitique. Pour lui, cette hypothèse s’inscrit dans un mouvement plus global de « réveil des peuples » face à une crise du modèle politique occidental.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« C’est comme si depuis 40 ans, nos dirigeants voulaient installer l’instabilité. Ils appellent ça fluidité, mobilité, flexibilité, et ça empêche les gens de dormir la nuit. » Entretien avec l'homme politique français François Ruffin
François Ruffin est à ranger dans la catégorie des politiques atypiques. Homme de gauche, il refuse de se faire épingler une étiquette. Après avoir marché aux côtés de Jean-Luc Mélenchon chez les Insoumis, il a rompu le cordon, incapable peut-être de se soumettre aux diktats d’un chef. Journaliste devenu député de la Somme, fondateur du journal Fakir et réalisateur de Merci Patron, François Ruffin rappelle d’emblée d’où il vient : un territoire meurtri par les délocalisations et longtemps ignoré par les médias. « Il est certain que je suis né par la critique des médias, moi », dit-il, en évoquant ces années où « je voyais partir les usines de chez moi […] et on n’en disait rien ». C’est ce silence qui l’a poussé à créer son propre journal et à adopter un regard frontal sur la réalité sociale : « Je suis rentré dans le journalisme par ce que j’ai considéré comme étant un mensonge par omission, un mensonge géant par omission. » Au fil de l’entretien, Ruffin laisse aussi apparaître un territoire plus intime : celui d’un homme façonné par l’expérience de l’humiliation. « Je ressens vachement fort l’humiliation… j’ai comme des antennes qui vibrent à l’humiliation », confie-t-il. Cette sensibilité devient chez lui un ressort politique majeur, qui donne son sens à son travail de représentation : « Représenter ceux qui ne sont pas représentés. » Une mission qui s’enracine dans sa propre histoire familiale et dans ce qu’il appelle son « cœur à gauche ». Ruffin décrit la mondialisation comme la grande fracture politique du dernier demi-siècle : « La mondialisation trace comme un fil à couper le beurre entre les vainqueurs et les vaincus. » Il reproche à la gauche d’avoir fermé les yeux sur cette réalité et d’avoir manqué de courage : Elle « a nié ces enjeux », laissant aux populismes de droite le soin de capter la colère.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« Je pense que d’une manière inconsciente, je me suis auto-saboté. » Entretien avec Guillaume Lemay-Thivierge
Three strikes and you're out. Trois prises. « J’ai été tassé complètement de mon milieu artistique, de ma vie de travail, je n’ai plus eu accès à absolument rien. » Guillaume Lemay-Thivierge a été retiré au bâton et envoyé directement aux douches, avec l'ordre de ne plus se présenter sur le terrain. C'était en mars 2024. Après avoir refusé de se faire vacciner, l'interruption d'un Gala des Gémeaux et la publication d'un post qui se voulait « drôle » sur ses réseaux où il enlace un bouleau sur lequel est gravé le mot « nègre », le populaire comédien est annulé. Canceled. Ses excuses et son explication ne passent pas la rampe. Dix-neuf mois plus tard, il accepte, pour la première fois, de répondre à toutes les questions, sans faux-fuyants. « Je pense que d’une manière inconsciente, je me suis auto-saboté. » Une rencontre où je lui expose mes doutes — j'en ai —, et qui révèle une histoire, avec ses nombreux rebondissements, beaucoup plus complexe qu'elle n'y paraît.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« Les femmes veulent un homme gentil et simple 28 jours dans le mois, et trois jours dans le mois, un tueur » Entretien avec l’écrivaine Nancy Huston
Dans cet entretien, Nancy Huston revient sur la réception houleuse de son plus récent essai, Les Indicibles, accusé par certains milieux néo-féministes d’essentialisme. Huston y voit pourtant une tentative de réhabiliter la biologie comme composante fondamentale de la condition humaine et des rapports entre les sexes. Selon elle, la négation des différences biologiques entre hommes et femmes empêche de comprendre la réalité des comportements sexuels et des dynamiques de pouvoir, notamment la persistance des violences et des malentendus amoureux. Elle affirme que le désir, loin d’être purement individuel, reste enraciné dans la reproduction et la continuité du vivant. Cette position, qu’elle qualifie de « contre-intuitive » dans un monde hyper-individualiste, s’oppose aux approches culturelles qui, selon elle, ont fini par devenir quasi religieuses. En rappelant la part animale, instinctive et biologique du rapport entre les sexes, Huston plaide pour une lucidité nécessaire afin d’éviter que l’humanité ne se déconnecte complètement du réel. L’écrivaine déplore le boycott médiatique dont son livre a fait l’objet - signe selon elle d’un climat intellectuel où certaines idées ne peuvent plus être discutées sans être disqualifiées. Refusant de répondre à ses détracteurs, Huston affirme que Les Indicibles constitue en soi sa réponse : une défense du dialogue et de la complexité face à une époque qu’elle juge intolérante à la nuance.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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Le scepticisme opportuniste : « Puisque je ne sais pas ce qui est vrai ou faux, autant croire ce qui m’arrange » Entretien avec le sociologue Gérald Bronner
À l’heure de l’intelligence artificielle et de la prédominance des réseaux sociaux, il devient de plus en plus difficile pour le citoyen de distinguer le vrai du faux dans le monde virtuel. Les théories complotistes et les fake news se multiplient, créant un chaos qui embrouille les esprits au lieu de les éclairer. Alors que nous avons connu beaucoup de « post-vérité » en 2016 lors de la première élection de Donald Trump, le sociologue Gérald Bronner parle dans son livre À l’assaut du réel de « post-réalité ». « Nous vivons dans la même société, mais plus tout à fait dans le même monde », s’inquiète-t-il. Cela a pour effet de fracturer le socle commun, puisque la société se divise non plus sur des opinions, mais sur des faits. Cela dit, le constat n’est pas que négatif. Sur le plan historique, les sociétés devenues trop complexes ont tendance à s’effondrer, et Bronner croit que l’IA pourrait précisément simplifier nos modes d’organisation. Mais saurons-nous utiliser cette technologie intelligemment, pour le bien commun ? En regardant vers les États-Unis, Gérald Bronner s’inquiète de la rapidité à laquelle tout peut s’effondrer et de la manière dont une société peut sombrer dans une forme de tyrannie démocratique. Sommes-nous aussi menacés ?Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« Normalement, on est capable de faire des prévisions sur 2, 3, 5 ans. En ce moment, quand tout peut changer avec un tweet, il faut reconnaître qu’il y a une incertitude qu’on n’a jamais connue. » Entretien avec l’économiste et prévisionniste François Trahan
Dans cet épisode, l’économiste et prévisionniste François Trahan revient à Contact pour une troisième participation très attendue. Sa parole suscite toujours un vif intérêt depuis ses déclarations marquantes sur les risques de crise économique et financière en 2024. Il revient sur l’évolution du contexte mondial, les décisions controversées de la Fed et les conséquences structurelles d’une économie américaine toujours plus endettée. François Trahan analyse les grands bouleversements récents : le retour des politiques tarifaires américaines, la fragilité du marché de l’emploi et l’impact des changements démographiques sur l’inflation. Il met aussi en lumière l’incertitude exceptionnelle qui règne sur les marchés où un simple tweet présidentiel peut désormais ébranler l’équilibre économique mondial. Pour lui, les prochains mois seront marqués par un paradoxe : des marchés boursiers dopés à court terme, mais bâtis sur des fondations structurellement fragiles. Enfin, le prévisionniste aborde les transformations profondes du système économique liées à l’intelligence artificielle et à la transition énergétique. Si ces innovations portent une promesse de productivité, elles pourraient aussi accentuer les inégalités et générer de nouvelles pressions inflationnistes. Fidèle à sa vision lucide, Trahan conclut que nous vivons une époque « formidable » au sens plein du terme : extraordinaire, complexe et potentiellement périlleuse.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« Les populistes parlent au peuple, et ceux qui ne parlent pas au peuple semblent décontenancés à l’idée que le peuple existe » Entretien avec le professeur de criminologie Alain Bauer
Alain Bauer propose une lecture critique de l’histoire française et de la géopolitique mondiale. Selon lui, la France n’a jamais connu de transformations politiques majeures sans violence. De la Révolution française à Mai 68, en passant par la décolonisation, l’État n’a jamais négocié avant que la contestation ne devienne irréversible. « L’État a peur de la négociation, il veut se montrer fort », explique-t-il. Cette culture du rapport de force façonne encore aujourd’hui le rapport des citoyens aux institutions et à la politique. Pour Bauer, la violence est souvent, et malheureusement, dans l’histoire inévitable. Elle a permis aux Français de devenir citoyens et de construire une démocratie. Le progrès social, en France comme ailleurs, passe souvent par des crises et des confrontations, plutôt que par des processus doux. Le criminologue se tourne ensuite vers la scène internationale. Le monde est devenu multipolaire, avec le retour ou l’émergence de puissances comme la Russie, la Chine, la Turquie ou l’Iran. La Chine, pour sa part, combine technologie avancée et masse militaire pour démontrer sa puissance, notamment vis-à-vis de Taiwan et des États-Unis. Washington et l’OTAN, en retard sur les technologies militaires comme les drones, peinent à interpréter ces démonstrations de force. Pour Bauer, la diplomatie contemporaine se caractérise par la volonté de gagner plutôt que de négocier, quand comprendre les intentions et l’histoire des acteurs est essentiel pour anticiper les crises. Entre analyse historique et prospective géopolitique, Alain Bauer offre ainsi une réflexion éclairante sur le rôle de la violence, de l’État et des rapports de force dans le monde d’aujourd’hui.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« La posture apocalyptique n’a pas de valeur explicative ni analytique ». Entretien avec le géopolitologue Frédéric Encel
Le monde s'embrase, des fronts ukrainiens aux rivalités dans le Pacifique, et la peur d’une escalade totale est devenue un lieu commun. Pourtant, notre invité, le géopolitologue, essayiste et professeur à Sciences Po, Frédéric Encel, coupe court à la panique. Pour lui, la Troisième Guerre mondiale n’aura pas lieu, à court ou à moyen terme, car il manque un facteur fondamental : l’absence d’alliances militaires globales qui pourraient déclencher la logique domino du « syndrome de l’été 14 ». Nous décortiquons, avec sa grille de lecture, les foyers de tension actuels. Encel révèle le danger de ces forces qui, en France comme ailleurs, sont des « forces du chaos », fascinées par l’impérialisme et la violence. Il analyse la guerre en Ukraine, insistant sur le fait que Vladimir Poutine n'agit que par calcul et en prenant de faibles risques. Il pose une dure réalité sur la table : face aux nationalismes irréconciliables en présence, la perspective d'une nation ukrainienne sans la Crimée est une issue incontournable que la diplomatie devra pourtant envisager. Cette leçon de clarté s'étend jusqu'aux derniers plans de paix à Gaza. Frédéric Encel compare la « guerre des plans » pour Gaza : tandis que le plan français est davantage un simple « discours » sur la nécessité de deux États, le plan de Donald Trump comporte des propositions « plus concrètes, plus abouties ». Il constate un basculement de l’opinion américaine frappée par les images de destruction à Gaza, mais rappelle la nature « très évanescente » de l’émotion occidentale. Une conversation essentielle pour décrypter un monde où les analyses se succèdent, mais où les fondamentaux, eux, changent si lentement : comme le rappelle Encel, de la bataille de Kadesh à l'ère des drones, « il y a une course permanente vers l’avantage », et jamais vers l'immobilisme.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« Nous vivons la période la plus dangereuse de l’histoire de l’Europe et de l’humanité ». Entretien avec le diplomate Vladimir Fédorovski
IMPORTANT: Entretien enregistré il y a 15 jours, avant les intrusions répétées dans l'espace aérien de plusieurs pays de l'OTAN. Le conflit ukrainien dure maintenant depuis trois ans et demi. Alors que les tentatives de médiation échouent et que la guerre s’enlise, une question se pose : et si la lecture occidentale de la Russie était erronée depuis le début ? Notre invité, Vladimir Fédorovski, est un familier des plateaux de télévision en France. Diplômé de l'Institut des relations internationales de Moscou et ancien diplomate soviétique, il a été au cœur des événements, au plus près de Mikhaïl Gorbatchev, au moment de la Perestroïka. Né d’un père russe et d’une mère ukrainienne, ce prolifique auteur, connu pour des livres comme « Le Roman du Kremlin » ou « Poutine, l’itinéraire secret », apporte un éclairage unique. Dans cet entretien, il critique le manque de nuances de plusieurs médias et expose une vérité qui dérange : les relations entre Moscou et Washington n’auraient jamais été aussi tendues que sous la dernière administration Biden. Une discussion sur l’histoire, les dessous de la diplomatie et le futur de la géopolitique.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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Enfant-roi : « Aujourd’hui, ça peut prendre jusqu’à 35 ans pour devenir adulte ». Entretien avec le chercheur Samuel Veissière
Intolérance à l’endroit de la diversité d’opinion, polarisation, cancel culture : les maux de notre époque viendraient-ils d’un modèle d’éducation défaillant ? Alors que les mots comme « fragilité » et « vulnérabilité » sont devenus des étendards moraux, l’anthropologue et clinicien Samuel Veissière, de retour au micro de Contact pour une deuxième fois, nous invite à un voyage aux origines de notre époque formidable ! Son essai, Homo Fragilis, explore une thèse audacieuse : notre espèce a été façonnée non par la force, mais par le soin et l’interdépendance. Mais cette fragilité, qui a fait de nous une espèce unique, peut aussi se retourner contre nous. Son travail nous pousse à examiner les racines de ce que notre invité appelle la culture de la fragilité, qui s’est élevée sur le terreau d’une jeunesse surprotégée par une « parentalité positive ». Cette approche, qui a troqué l’autorité pour l’écoute, a pu se transformer en un culte de « l'enfant-roi » , incapable de tolérer la frustration. Dans cette dynamique, les rapports de couple s’enlisent dans une « syndicalisation des émotions » et une compétition de la souffrance. C'est dans ce contexte que la détresse masculine émerge comme un sujet brûlant. Au-delà des discours sur le « patriarcat », Samuel Veissière nous force à considérer les racines profondes de cette angoisse, liée à la « jetabilité masculine », où les hommes sont plus nombreux à mourir ou à être sacrifiés. Samuel Veissière est professeur associé au département de psychologie de l’UQAM.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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Transidentité: «Ouvrir les têtes avant d’ouvrir les corps». Le cri du cœur de l’ex-sexologue Jocelyne Robert
Dans notre monde où la sexualité est omniprésente, mais où les conversations sur le genre et l'identité sont devenues particulièrement délicates, le rôle des “experts” est souvent difficile. Jocelyne Robert a été une voix, une pionnière de l'éducation sexuelle au Québec. Par ses livres et ses interventions médiatiques, elle a ouvert la porte à des conversations sur le couple et l'intimité, avec une franchise rare. Pourtant, cette figure du débat public a récemment choisi de démissionner de l'Ordre professionnel des sexologues du Québec. Sa décision fait suite à une série de différends avec le syndic de son Ordre, particulièrement sur des questions touchant à la transidentité. Alors que ses prises de position publiques étaient critiquées pour leur manque de nuance, elle a défendu son droit à la liberté d'expression, considérant l'intervention de l'Ordre comme une tentative de censure. Sa démission soulève une question essentielle : à l’ère des débats passionnels, où se situe la frontière entre l’expert qui soulève des enjeux et l’institution qui protège et régule ?Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« Comment expliquer que les grands projets coûtent trois ou quatre fois plus cher au Québec ? » Entretien avec Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti Québécois
Le scandale SAAQclic ne serait-il que la pointe d’un iceberg autrement plus inquiétant ? Près de 15 ans après le début des travaux de la Commission d’enquête Charbonneau, les coûts de construction au Québec inquiètent beaucoup Paul St-Pierre Plamondon. Le chef du Parti Québécois estime qu’il s’agit peut-être de “complaisance intentionnelle” dans l’attribution des contrats, manière prudente de parler de corruption. Le chef et le PQ trônent dans les sondages depuis plus d’un an et demi alors que la souveraineté qu’il veut mettre au centre de son programme est loin d’obtenir une majorité. L’ambition de Donald Trump de faire du Canada le 51e État américain pourrait-elle favoriser le calcul de PSPP ? Au cours de l'entretien, il aborde les rapports souvent difficiles des politiques avec les médias, réfute l’idée que l’immigration soit la seule solution aux problèmes de main d'œuvre et décrit l’influence de l'Église luthérienne sur sa manière de voir le monde !Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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Mineurs transgenres : « Il y a des modifications cérébrales qui se produisent à la puberté qui n’auront pas lieu pour eux. » Entretien avec l’écrivaine Claude Habib
Avez-vous l’impression de marcher sur des œufs quand vous essayez de faire l’état des lieux dans les rapports entre les sexes ? La tempête #metoo a-t-elle changé durablement et positivement la dynamique entre les hommes et les femmes ? Le mouvement trans est-il allé trop loin ? Poser la question est-il même une transgression, une forme de provocation ? L’auteure et professeure émérite, spécialiste de la littérature du XVIII, Claude Habib n’hésite pas à prendre frontalement les enjeux les plus explosifs de notre époque formidable. Dans son plus récent essai, Le privé n’est pas politique, elle rappelle les risques, grands, de transformer en champ de bataille nos zones de vie privée les plus intimes.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« On a besoin plus que jamais de rassembler les Québécois nationalistes pour faire pression sur Ottawa, pour réduire le nombre d’immigrants ». Entretien avec le premier ministre du Québec François Legault
Le premier ministre du Québec, François Legault, accepte rarement d'accorder de longs entretiens. Il nous dira d'ailleurs entretenir une relation difficile avec les médias qu'il estime être souvent « négatifs ». Malgré ces réserves, l'homme de la CAQ ouvre son jeu et accepte de parler très candidement de son bilan, mais surtout de ce qu'il veut accomplir au cours des prochaines années. À l'horizon, le premier ministre ne cache pas qu'un affrontement se dessine avec les médecins du Québec. Un moment de vérité que tous les gouvernements des 25 dernières années auraient choisi de repousser. « C’est pas vrai que j’vais avoir passé 6 ans et demi sans avoir réglé ce qui a de plus important à régler en santé. » La capacité réelle d'intégrer de nouveaux arrivants et le danger d'oublier nos « valeurs communes » animent le premier ministre, convaincu qu'il y a péril en la demeure. Il refuse catégoriquement l'étiquette de « nationaliste identitaire » qui lui est parfois accolée. Il revient sur sa rencontre avec le président Trump en décembre dernier et estime que le Québec pourrait sortir gagnant de la guerre commerciale que nous livrent les américains.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« On assiste à quelque chose comme une révolution anthropologique, c’est-à-dire une révolution des repères de l’existence humaine. » Entretien avec le philosophe Marcel Gauchet
Marcel Gauchet est l’un des plus grands intellectuels français de sa génération. Un homme de conviction qui ne vit surtout pas dans sa tour d’ivoire. Philosophe, sociologue et historien, son travail, depuis une cinquantaine d’années, permet de mieux comprendre les commotions qui traversent nos sociétés modernes. Le désenchantement du monde: une histoire politique de la religion est un des livres socle de son œuvre. Il pose une question dont l’écho n’en finit pas de nous hanter; l’Occident, sorti de la religion est-il gagnant ? « La vraie fracture, profonde, géopolitique du monde d’aujourd’hui, est entre cet Occident qui ne comprend plus la religion et des sociétés qui, sans être nécessairement pétries de religiosité, continuent de vivre selon des repères fondamentalement issus du monde sacré. Ce dialogue de sourd à l’échelle planétaire est ravageur. Les occidentaux ne comprennent pas le monde. Ils ont fabriqué la mondialisation et ne comprennent pas le monde mondialisé. » Son plus récent essai, Le nœud démocratique, aux origines de la crise néolibérale associe la crise politique d’aujourd’hui aux dérives néolibérales qui ont dépossédées une portion importante de nos populations. Il soulève un enjeu clé qui risque de choquer ; l’État de droit, si souvent évoqué depuis quelque temps, est-il vraiment le garant de la démocratie ?Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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Suaire de Turin et Sainte Tunique : « Je ne vois pas comment on peut démontrer que ces reliques ne sont pas en correspondance ». Entretien avec l’historien Jean-Christian Petitfils
Jean-Christian Petitfils est un auteur prolifique qui a consacré plusieurs livres aux grands rois de France. Ces dernières années, il s’est intéressé aux Saintes reliques du christianisme, plus particulièrement à la Sainte Tunique d’Argenteuil et au légendaire Saint Suaire de Turin. Ces artefacts font l’objet d’immenses débats dans la communauté scientifique et continuent d’être étudiés par des chercheurs dans tous les domaines. Jean-Christian Petitfils est lui convaincu, il n’y a plus aucun doute : les recherches démontrent que ces reliques sont authentiques, et prouveraient l'existence historique de Jésus. Le suaire de Turin et l’image imprimée que l’on découvre à la faveur des premières photos faites en 1898 est indiscutablement un des mystères les plus intrigants qui est posé à la science.Petitfils reconnaît volontiers qu’il est un homme de foi mais refuse que celle-ci ait pu contaminer son travail d’enquêteur. « Je vous ai dit, pour moi, ce n’est pas une question de foi, c’est une question d’enquête historique et scientifique. Et là, je ne vois pas comment on peut démontrer que ces 3 reliques ne sont pas en correspondance, d’abord, et puis ces 3 reliques n’ont pas été en contact avec un seul homme. »Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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Métropoles du XXIème siècle : « Des espaces homogènes socialement où les catégories modestes n’ont plus leur place ». Entretien avec le géographe Christophe Guilluy
Christophe Guilluy alerte depuis plusieurs années du danger de fracture qui sépare les gens « d’en bas » et les gens « d’en haut ». Il ne faut plus chercher à gauche ou à droite les réponses aux crises qui traversent nos fragiles démocraties. Les classes populaires, partout, se sont affranchies de ces vieilles étiquettes politiques qui ne les représentent plus. Les vrais frontières politiques sont d’abord inscrites dans la géographie, le territoire, qui oppose les villes à ce que Guilluy appelle la périphérie. « Les cartes, en France, mais aussi en Europe occidentale, quand vous les regardez bien, elles tendent toujours à survaloriser les très grandes villes, les métropoles, et à invisibiliser le reste. C’est cette idée qui est rentrée dans la tête de la technostructure et la bourgeoisie d’aujourd’hui: la population, les classes populaires n’existent plus. » Dans un essai très prophétique, La France périphérique, paru en 2014 , Christophe Guilluy donnait déjà les clés pour comprendre le monde qui se dessine depuis quelques années. Toute la classe politique française avait salué l'acuité de son diagnostic … sans jamais en prendre acte. Le mouvement des camionneurs pendant la crise du Covid au Canada ou les Gilets jaunes en France n’étaient que les symptomes annoncés d’un conflit plus violent que le géographe pense, malheureusement, inévitable entre les élites métropolitaines, donneuse de leçons, et le monde d’en bas, celui de la périphérie. Christophe Guilluy publiait cet hiver Metropolia et Périphéria, un voyage extraordinaire.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« Hong Kong, ce sera beaucoup plus gros que Wall Street dans 20 ans » Entretien avec Charles Gave, fondateur de l’Institut des libertés.
Est-ce la fin du roi dollar ? La guerre commerciale amorcée par Donald Trump peut-elle entraîner le monde vers une dépression économique ? Avez-vous fait les bons choix d’investissement ? Dans une nouvelle entrevue, Charles Gave donne son point de vue sur les grands bouleversements auxquels nous assistons dans le système monétaire et commercial international. La politique de Donald Trump rebat les cartes et force le monde à se repenser. Pour le gestionnaire de fonds qui suit les marchés depuis plus de 40 ans, les États-Unis se retrouvent de plus en plus isolés au profit de la Chine et de l’Asie. Le règne du dollar US est désormais contesté et annonce la fin de Wall Street comme première place financière du monde, bientôt remplacée par Hong Kong.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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Trump contre le reste du monde : « La loi du plus fort, ça peut prendre la forme d’une guerre commerciale, ça peut prendre la forme d’une guerre. » Entretien avec Olivier Blanchard, économiste
Face à la guerre commerciale lancée par le président des États-Unis Donald Trump, le monde entier prend la mesure du choc déclenché. Les tempêtes boursières des derniers jours annoncent-elles une grave crise économique, une dépression ? Après avoir carburé aux bienfaits du “doux commerce” depuis une trentaine d’années, l’imposition de droits de douane tous azimuts vient gripper la mécanique jusqu’ici bien huilée de la mondialisation. Pour mieux comprendre ce moment pivot, nous recevons Olivier Blanchard, économiste, longtemps professeur au Massachusetts Institute of Technology, à Harvard et ancien économiste en chef au FMI. Selon lui, des risques bien réels sur l’économie mondiale sont causés par l’incertitude provoquée par les politiques américaines. Olivier Blanchard estime que si les tarifs peuvent être bénéfiques lorsqu’ils sont appliqués intelligemment, la méthode Trump fera beaucoup de dommages. En France, cette guerre commerciale risque même d’accélérer une crise budgétaire qui pourrait forcer le FMI à intervenir.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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Crise climatique : « On est dans un syndrôme de l’autruche complet » Entretien avec Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes
Marine Tondelier, « l’autre Marine » de la vie politique française, est la Secrétaire nationale des Écologistes depuis décembre 2023. Pugnace et animée d’un redoutable sens de l’humour, la femme à la veste verte ne risque pas de la retourner sur les grands enjeux qui l’animent ! Le monde serait à un point de bascule, l’avenir des plus jeunes directement interpellé. « Les enfants qui naissent cette année, personne ne peut leur garantir que la planète sera encore habitable dans 30 ans. Ce qu’on prépare à nos enfants, c’est une planète à +4 degrés en 2100. » Dans cet entretien la dame en vert revient sur son parcours personnel et défend ce combat politique, existentiel. « Sur les neuf limites planétaires, il y en a déjà six, voire sept qui sont déjà dépassées. Et ces limites planétaires, elles sont irréversibles. C’est comme quand une espèce disparaît, alors une espèce en voie de disparition, on peut parfois arriver à la régénérer, une espèce disparue, elle est disparue. Jurassic Park ça n’existe que dans les films ! » Faut-il interdire la consommation de viande pour sauver la planète ? Les fameuses Zones à Faibles Émissions sont-elles une bonne idée pour réduire la pollution ? L’entente de libre-échange entre l’Union Européenne et le Canada doit-elle être ratifiée par l’Assemblée nationale ? Marine Tondelier répond à toutes ces questions et à beaucoup d’autres dans cet entretien mené… au grand galop !Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« Je suis complètement perdu sur cette Terre, c’est d’ailleurs pour ça que j’écris. » Entretien avec l’écrivain Frédéric Beigbeder
Frédéric Beigbeder ne fait pas consensus, c’est le moins qu’on puisse dire. Il refuse cependant l’étiquette de provocateur. Chroniqueur littéraire au Figaro, il est l’auteur de plusieurs romans qui lui ont valu la réputation d’écrivain polémique, au style caustique. Reconnu pour son image de fêtard, il dit aujourd’hui préférer le silence des monastères. La fête permanente n’était-elle donc qu’une fuite ? Beigbeder confie ses prises de conscience des dernières années, qui l’amènent à réfléchir à sa génération et à notre époque. Derrière cette expression de « drague à la française » aux allures de licence, il tente de penser la séduction à l’ère post-Me Too. Exercice audacieux après avoir été accusé d’agression sexuelle, une affaire classée sans suite par la Justice française. « C’est un rééquilibrage nécessaire, il faut maintenant que les femmes prennent le pouvoir », dit-il. Il y a quelques années, il publiait Confessions d’un hétérosexuel légèrement dépassé, un livre qui a déclenché une très violente campagne pour le faire taire. Intimidations, manifestations, sa maison familiale a même été taguée alors que ses enfants y dormaient. C’est à ce moment qu’il prend la pleine mesure du danger de la cancel culture, qu’il assimile à une forme de totalitarisme. Frédéric Beigbeder vient de publier Un Homme seul, portrait impudique et très émouvant de son père distant.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« Les grandes saloperies dans l’histoire humaine se font presque toujours au nom du bien. » Entretien avec l’écrivain Alexandre Jardin
Alexandre Jardin a d’abord bâti sa réputation avec des romans qui ont rapidement conquis un vaste public. De Bille en tête, en passant par Le Zèbre, Le Zubial ou encore L’Île des gauchers, le prodige des lettres françaises accumule les succès. Le jeune premier de la littérature a cependant fait place, depuis 2015, au citoyen engagé. Une sortie côté cour pour revenir à Jardin ! Il s’engage dans l’aventure politique, par le haut, en tentant de recueillir les 500 signatures de parrainage requises pour se présenter aux élections présidentielles. L’opération n’aboutit pas mais marque un changement pour Alexandre Jardin. Émancipé du « mépris de classe » d’une certaine élite parisienne, il part à la rencontre du peuple français.Il s’intéresse aux injustices qui frappent les gens d’en bas, et s’engage auprès de ces oubliés, les « gueux ». « Cela fait assez longtemps que je vois fonctionner ce système assez déconnecté avec un peuple qui va de plus en plus vers les extrêmes et qui se radicalise, parce que les gens sont en colère. On les traite de nazis, ils ne le prennent pas très bien, dans la réalité c’est pas ça, c’est une colère, une vraie colère. » Une colère qui pourrait s’accélérer avec la création de Zones à Faibles Émissions et rendra bientôt plusieurs villes inaccessibles aux voitures jugées trop polluantes. Une mesure vertueuse, verte, qui pénalise des millions de Français parmi les plus pauvres, incapables de changer de voiture pour adhérer aux nouvelles règles. De la discrimination sociale au nom de la menace écologique. Cherchez l’erreur.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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« C’est presque louche de ne pas être traité de fasciste de nos jours. » Entretien avec Jean Birnbaum, journaliste et essayiste
Jean Birnbaum est journaliste et dirige depuis 2011 le Monde des livres, supplément hebdomadaire du journal Le Monde. Homme de gauche, il s’interroge sur la place de la nuance dans nos sociétés polarisées, tout particulièrement dans les médias qui ne sont pas les arbitres neutres du débat. L’heure est aux injonctions, nous sommes sommés de choisir notre camp. Dans les guerres idéologiques qui nous déchirent, on ne prend pas de prisonniers ! Quelle place alors pour réfléchir avec nuance ? Peut-on même prendre le risque de penser contre soi pour essayer de mieux comprendre l’autre ? Dans notre entretien, Jean Birnbaum reconnaît volontiers qu’il a lui-même succombé à cette tentation dans son travail au Monde des livres. C’est peut-être cette appréhension de ses propres angles morts qui lui donne envie d’écrire Le courage de la nuance en 2021. Un livre qui invitait au dialogue alors que nous étions à couteaux tirés depuis plusieurs mois en raison de la pandémie. « La nuance, c’est tout sauf de la tiédeur. C’est une capacité à être mobile, à bouger par rapport à ses propres préjugés, à ses propres idéologies, à remettre du jeu dans ses arguments, dans sa vie. » En 2023, il publiait Seuls les enfants changent le monde, aux éditions du Seuil, un essai sur le pouvoir miraculeux de la naissance d’un enfant dans l’existence de ceux qui choisissent d’en faire. Face à une génération réticente à l’idée de fonder une famille, Birnbaum plaide pour l’intrusion subversive de la vie !Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
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Stéphan Bureau mène de longs entretiens avec des invités qui pensent, créent ou façonnent notre monde. Dans l’air du temps sans être dans l’actualité brûlante, Contact se veut une tribune plurielle pour sortir des sentiers battus du prêt-à-penser.
HOSTED BY
Les Productions de la Tête Chercheuse Inc.
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