French Through Stories

PODCAST · education

French Through Stories

Sit back, listen, and relax.

  1. 80

    79. Flip-flop bluff

    Cette histoire se déroule dans une banlieue ouest de Sydney, en 2016. Je vivais dans un petit appartement avec ma copine de l'époque.Un soir, nous décidons d'aller prendre l'air après dîner. Nous descendons dans la rue, il fait nuit, l'air est doux. Au bout de quelques mètres, nous devons traverser la route. Je regarde à gauche, à droite, personne en vue, hop nous nous engageons sur la chaussée. Alors que nous sommes sur le point d'atteindre le trottoir opposé, un bolide surgit du bout de la rue à toute vitesse et nous dépasse sans ralentir. Nous avons tout juste le temps de sauter sur le trottoir pour échapper à une mort certaine.Mon amie est abasourdie. Je fais de grands gestes avec les bras pour dire de ralentir. Dans son rétroviseur, le chauffard m'a vu. Les feux de freinage s'allument, la voiture s'arrête à une trentaine de mètres. La portière s'ouvre, et un homme trapu en sort, le visage fermé et menaçant. Nous échangeons quelques mots de circonstance. J'exprime mon mécontentement et il répond par l'insulte. Si j'avais été seul, j'aurais évité la confrontation. Mais les femmes ont ce pouvoir de faire faire aux hommes des choses insensées. Je dis à ma douce amie : pars, cours si tu peux, ça ne va pas être joli. En effet, je fais 70kg et le taureau à quelques mètres de moi doit en faire 120. Ses biceps sont si gros que ses bras pendent à 20cm de son corps. Je calcule rapidement mes chances. S'il me met la main dessus, je suis fini. Mais j'ai un plan. Pendant que ma compagne s'éloigne sur mon conseil et que le bestiau s'avance vers moi à pas lourds, je me mets face à lui, au milieu de la route. Je fais quelques pas dans sa direction, puis j'enlève mes savates, lentement. Je me baisse pour les ramasser, sans jamais lâcher mon adversaire du regard. Chaque muscle de mon corps est en alerte. Je suis prêt à courir. Je me glisse dans la peau de mon personnage, un fou furieux. Alors qu'il continue à s'avancer vers moi en me débitant ses vulgarités, je garde le silence, je le fixe le front baissé, je serre la mâchoire et je respire entre mes dents. De l'écume de salive se forme aux coins de ma bouche. J'ai une savate dans chaque main. Il s'arrête, il est assez proche pour entendre ma respiration. Ma posture de fauve prêt à bondir le met mal à l'aise. Dans le court silence qui suit, je lui lâche cette phrase que je n'ai jamais oubliée : je vais t'arracher les yeux des orbites. Je l'ai dite en anglais, car sur son crâne épais, le français n'aurait pas eu beaucoup d'effet. Là, le coup n'a pas manqué. Un éclair d'incompréhension a traversé son visage, et il m'a répondu : tu es complètement malade ! avant de faire demi-tour illico presto. Je pousse un soupir de soulagement en voyant la voiture repartir. J'avais enlevé mes savates pour courir plus vite, car pieds nus je suis une vraie fusée. Il a dû se dire qu'un pauvre type qui pensait l'attaquer à coup de savates était suffisamment dérangé pour être potentiellement dangereux.J'ai rejoint mon amie qui s'était cachée derrière un buisson et je lui ai raconté comment mon talent d'acteur m'avait sauvé la peau. Nous avons beaucoup ri mais n'avons jamais eu d'enfants puisque nous nous sommes séparés l'année suivante.

  2. 79

    78. From Natasa with love

    Je connais ma meilleure amie depuis l'âge de 5 ou 6 ans. Nous sommes complètement différentes. Blanc et noir. Sentiments et logique. Douce et brute. Nous touchons toutes les deux aux limites opposées des caractéristiques qu'une personne peut avoir. Mais nous nous aimons. Nous avons grandi ensemble. Nous savons tout l'une de l'autre. Nous avons vécu des moments difficiles et des moments formidables. Nous nous sommes disputées pour des choses dont nous ne nous souvenons même plus. Mais il y a aussi eu des moments agréables, comme se prélasser sur la plage ou faire une randonnée dans les montagnes grecques un après-midi ou un soir d'août, alors qu'on pouvait à peine se voir. Dormir sous une tente. Observer les étoiles dans le ciel, même si je m'endormais peu de temps après. Se réveiller au son des vagues de la mer. Cuisiner ensemble, et la voir jeter une bouteille d'huile ou de miel par terre !Pourquoi ai-je écrit ce texte en français à son sujet ? Parce qu'elle a été la première à m'apprendre le français. Elle a choisi le français à l'école et moi l'allemand. Nous avions 14 ou 15 ans, à peu près. À l'époque, nous avons eu l'idée de nous entraider pour apprendre une langue de plus que tous les autres étudiants… J'espère qu'elle a appris plus d'allemand que moi le français, ou qu'elle a une meilleure mémoire. Car lorsque j'ai repris le français il y a quelques mois, je ne me souvenais malheureusement pas de grand-chose. Mais elle était la meilleure prof !Un de mes moments préférés, c'est quand nous étions à Londres pour rendre visite à un ami. Je crois que c'était notre premier voyage à l'étranger ensemble. Nous étions au début de nos études universitaires. Nous avons dû prendre le dernier bus et passer la nuit à l'aéroport, car notre vol de retour était très tôt le matin et nous n'avions pas les moyens de prendre un taxi. Nous avons passé la nuit à discuter. C'était magnifique. Mais lorsque nous avons entendu nos noms appelés par les haut-parleurs, nous nous sommes précipitées vers notre porte d'embarquement les plus rapidement du monde. Nous avons complètement oublié que nous avions un vol à prendre, plongées dans nos discussions.Nous avons scanné nos billets et ils nous ont laissés monter à bord. Nous étions encore tellement stressées que, malgré le fait qu'elle pouvait à peine respirer, elle a quand même réussi à demander, déjà dans l'avion : « Cet avion va-t-il à Athènes ? »C'est ma meilleure amie et je l'aime énormément. Je lui souhaite un joyeux anniversaire et j'espère que chaque jour qui passe la rendra plus forte et plus sûre d'elle, car c'est l'une des personnes les plus adorables qui existent sur cette terre. J'ai eu de la chance de la trouver et nous avons tous les deux fait des efforts pour entretenir la flamme.Joyeux anniversaire, ma meilleure amie.

  3. 78

    77. A Wild Easter - Part 2

    Reprenons là où nous en étions : la meilleure douche du Parc Naturel de Kosciuszko...Il faut d'abord ramasser du bois sec, beaucoup de bois sec. Près d'une rivière, c'est facile à trouver, car souvent les branches descendent avec le flot et sont jetées sur la rive après les crues. Une fois qu'une belle réserve de bois sec a été préparée, ramasser quelques pierres (encore une fois, près d'une rivière ce n'est pas difficile à trouver) et les disposer en cerce sur un endroit bien dégagé près du bord de l'eau. C'est là que vivra le feu pendant toute la durée du campement. Dans ce beau feu ardent, placer quelques jolies pierres, sur les braises, une minute ou deux pour qu'elles deviennent brûlantes. Pendant ce temps, remplir une grande bassine en métal d'eau claire de la rivière. Retirer les pierres brûlantes du feu (avec une petite pelle par exemple) et les placer dans la bassine. Instantanément, l'eau froide devient chaude. Il est possible d'ajuster la température en mettant plus de pierres chaudes ou en rajoutant de l'eau froide. À présent, prenez votre courage à deux mains et plongez dans l’eau glacée dans la rivière. Mettez-vous debout ou assis de façon à avoir de l'eau jusqu'au nombril. Maintenant, mettez la gentillesse de vos amis à l'épreuve et demandez-leur de verser sur votre tête l'eau chaude. Savourez le plaisir de cette cascade chaude dans un bain froid. Enfin, on tourne, car chacun a le droit de goûter au confort ultime. Je pense que même le roi d'Angleterre ne connaît pas ce luxe!

  4. 77

    76. A Wild Easter - Part 1

    Dans quelques jours, nous fêterons Pâques. Comme le veut la tradition, nous organiserons une chasse aux œufs dans le jardin, pour mes neveux et nièces.J'ai de très bons souvenirs des fêtes de Pâques. Quand j'étais petit, c'était l'occasion de se retrouver avec les tantes, oncles, cousins et cousines qu’on ne voyait pas souvent. Puis j'ai grandi, et j'ai passé plusieurs années en Australie, loin de ma famille. J'ai rencontré des amis qui, comme moi, aimaient l'aventure en pleine nature, les endroits inexplorés et les cascades cachées au bout de sentiers infréquentés. Le long week-end de Pâques (un week-end de quatre jours puisque le vendredi et le lundi sont fériés) est devenu l'occasion de partir camper.Chaque année, nous choisissions un parc naturel et nous allions y passer 4 jours et 3 nuits. En 2020, nous sommes allés au pied du mont Kosciusko, et avons monté le camp à quelques mètres seulement de la Snowy River. C'est un endroit incroyable. Je remontais la rivière en sautant de rocher en rocher, puis je m'allongeais dans l'eau froide et me laissais emporter par le courant pour redescendre. Nous avions fait un grand feu de camp, et avions mis au point la douche la plus luxueuse douche de la région. Je vous raconterai cela plus en détail dans le prochain épisode...à la semaine prochaine!

  5. 76

    75. Le Petit Prince - Chapter 5

    [To skip the reading and jump straight to the bit-by-bit translation, go to 6:02.]Chapter 1 : episode 53Chapter 2 : episode 54Chapter 3 : episode 61Chapter 4 : episode 67Chapter 5 :episode 75

  6. 75

    74. The other world

    Demain, c'est dimanche, et j'ai prévu de me lever tôt.Vous m'objecterez peut-être que je devrais profiter du week-end pour rester au lit, faire la grasse matinée comme on dit.Pourtant, je trouve cette idée farfelue. Mon horloge biologique fait que de toute façon, je me réveillerai vers 5h et je n'arriverai pas à me rendormir. Les heures du matinsont les plus agréables. Il ne fait pas trop chaud, tout est calme, on entend le chant des oiseaux dans les arbres plutôt que le vrombissement des voitures sur la route.Demain donc, je me lèverai tôt pour aller à la pêche. Il y a plusieurs façons de pêcher. À la ligne, au filet, à la traîne,... Moi, la pêche que j'aime est plus proche d'une chasse. J'aime la chasse sous-marine au fusil harpon. Être immergé sous l'eau, entre la surface et les fonds coralliens, en compagnie de toutes ces créatures marines, quitter le monde terrestre et plonger dans cet univers sous-marin, c'est une activité qui m'apporte beaucoup de joie. Dans la quiétude de ce monde fluide, l'instinct de chasse s'éveille rapidement. Une partie s'engage alors, où je joue mon déjeuner et les poissons leur vie.Lorsque je rentre à la maison, j'ai forcément une bonne raison d'être de bonne humeur : soit la poêle est pleine et je fais un délicieux repas, soit je me contente de riz et j'ai le sentiment d'avoir épargné quelques vies !

  7. 74

    73. Lack of consistency

    Après une bien longue absence, me voilà de retour. Pourquoi suis-je resté silencieux si longtemps ?Je n'arrive pas à me l'expliquer. Je ne suis pas parti en vacances, je ne suis pas devenu ermite, je n'ai pas été enlevé par de dangereux criminels.Simplement, je n'écris rien pendant plusieurs semaines, alors je m'en veux, et c'est le début d'un long cercle vicieux. C'est comme si vous m'attendiez chaque semaine, et que j'étais absent au rendez-vous. Je me reproche mon manque deconstance, et je n'ose pas revenir sans explications. Alors mon silence se prolonge, et un silence mérite d'autant plus d'explications qu'il est prolongé.C'est ainsi que je passe des mois sans donner de nouvelles, sans même répondre à vos gentils messages ni vous remercier pour vos encouragements.Pourtant, ils n'ont pas été vains, puisque me revoilà !C'est vrai, mon travail me prend énormément de temps. En semaine, je vois à peine la lumière du jour à la maison. Le week-end, je profite du jardin, de la montagne et de la mer de l'aube jusqu'au soir. Je vous raconterai tout cela dans les épisodes à venir.D'ici-là, je vous dis un grand merci du fond du cœur.

  8. 73

    72. Mount Mayon

    Elle avait un joli nom mon guide, Marife. Nous nous sommes retrouvés à Manille un mardi en fin d’après-midi. Le lendemain, nous nous envolions vers Legazpi. À la sortie de l'avion, alors que nous marchons sur le tarmac vers le hall de l'aérogare, elle dit: regarde, derrière toi". Je me retourne, et ma mâchoire inférieure manque de se détacher. Je reste immobile plusieurs secondes. Loin au-dessus de l'horizon, une cheminée laisse échapper un filet de fumée blanche qui se confond avec les nuages. Elle est au sommet d'un immense cône à la symétrie parfaite et aux courbes fières. Un tapis vert et brun le recouvre, parsemé de taches noires. Ce jour-là, j'ai rencontré le Mont Mayon. Mayon qui, de temps à autres, tousse et crache quelques caillots de lave, raison pour laquelle personne ne s'en approche dans un rayon de 6km. Mayon le remarquable, Mayon le majestueux. Vous pouvez être au milieu d'une rizière sans personne autour de vous, vous ne vous sentirez pas seul. Mayon est là. Si loin, et pourtant si près. Souvent dans la journée, il se fait discret, caché derrière quelques stratocumulus. Mais au petit matin, tout nu, quand il n'a pas encore eu le temps de s'habiller de nuages et que le soleil caresse son sommet, quelle beauté !

  9. 72

    71. Here I come

    J'ai besoin de vacances. En mai cette année, j'avais prévu de faire un voyage en Asie. Prévu est un bien grand mot, car je n'avais absolument rien programmé, pas même les billets d'avion. Tant mieux, car les choses ne se sont pas passées comme prévu au bureau. Ma responsable a prolongé ses congés maternité, j'ai donc annulé mes vacances pour tenir la boutique. Je m'étais dit alors, qu'à cela ne tienne, je prendrai des vacances en octobre.Eh bien, octobre arrive à grands pas, et je n'ai encore rien préparé. Ah si ! J'ai réservé mes billets d'avion pour l'Australie ! J'irai rendre visite à quelques amis, et faire du camping. Ensuite, j'aimerais beaucoup découvrir l'Asie du sud-est. Je n'y suis jamais allé, mais j'y pense depuis plusieurs années. C'est assez proche de l'Australie, c'est donc l'occasion d'y faire un tour. Je pense au Cambodge, à la Chine, au Vietnam, peut-être même aux Philippines... Mon problème, c'est que je suis très mauvais pour planifier des vacances. Je ne sais jamais où aller, et je décide toujours tout au dernier moment. Je ne suis pas comme ces personnes qui connaissent avec précision leur itinéraire 6 mois à l'avance, et qui savent où elles prendront chacun de leur repas et passeront chacune de leurs nuits. Je suis du genre à improviser, mais un minimum de préparation peut faire une grande différence.Je voudrais donc vous demander votre avis, vos suggestions, vos recommandations. Il y a de fortes chances pour que je ne vous écoute pas et que je n’en fasse qu’a ma tête, mais qui sait, peut-être que je pourrais vous rendre visite ? Faites-moi visiter votre quartier, conseillez-moi une bonne auberge et je vous invite à dîner. À bientôt peut-être !

  10. 71

    70. Lisette Charlotte

    Find Lisette's newsletter here.Nous sommes fin juin, c'est le début de l'hiver. Ici à Moorea, la température est douce, 25°C, le ciel est d'un bleu lumineux, parsemé de quelques nuages cotonneux et parcouru d'une légère brise. Nous conduisons le long de la route de ceinture, nous dépassons le quai, le ferry qui arrive, l'hôtel, nous montons la côte depuis laquelle un panorama exceptionnel s'offre à nous, eaux turquoises et récif au loin. Au pied de la colonne, nous tournons à droite sur un chemin de terre criblé de nids de poules. Boing, boing, boing. D'un côté se trouve une jungle marécageuse, pleine de moustiques après une semaine de pluie. De l'autre côtés s'étale une cocoteraie, les arbres se balançant au vent et au-delà, sable blanc et eau bleue. L'eau est fraîche. Mais elle n'est pas froide. En fait, il fait légèrement plus chaud dans l'eau que dehors, une fois que l'on est mouillé. Par rapport à Melbourne, où l'eau est d'un froid Antarctique toute l'année... c'est le paradis. Pendant que je nage, deux petits poissons scalaires blanc et jaune se joignent à moi. Ils nagent autour de mes chevilles, presque assez près pour que je puisse les toucher. Nous venions souvent ici, tôt le matin, à l'heure du lever de soleil, pour admirer le monde sous-marin le long du récif. Je voyais alors des poissons, des bénitiers géants aux motifs psychédéliques, des raies, des requins, les petits vers en spirale colorés qui disparaissent quand on les touche, une fois même un poulpe qui se camouflait dans un château de corail.

  11. 70

    69. Animal Farm

    La première fois que j’ai lu un livre en anglais, j’avais 13 ou 14 ans. J’avais commencé à apprendre la langue dès l’âge de 9 ans, à l’école ; mais mes lectures s’étaient toujours limitées à des courts textes dans les manuels scolaires, des chansons ou des poèmes.Un jour, je me suis dit qu’il était temps de passer aux choses sérieuses, et de lire un livre entier, un roman. Je ne sais plus pour quelle raison, j’avais choisi Animal Farm, de George Orwell. Le titre me plaisait, sûrement, ou bien quelqu’un me l’avait conseillé.Au début, je lisais lentement. ; j’interrompais ma lecture lorsque je rencontrais un mot que je ne connaissais pas, c’est à dire très fréquemment. Petit à petit, j’ai été si absorbé que je n’ai plus lâché le livre ; le contexte me permettait de suivre l’intrigue, et mon imagination complétait les lacunes de mon vocabulaire.Ce livre m’a profondément marqué. Encore aujourd’hui, c’est l’un de mes romans préférés. Cette expérience de lecture m’a aussi fait réaliser que tout un univers me devenait accessible, celui de la littérature anglaise et américaine. Les traducteurs font un travail formidable, mais il y a quelque chose de puissant dans le fait de pouvoir lire et comprendre un texte dans sa langue d’écriture, sans intermédiaire. Comme disent les italiens, Traduttore, traditore Traducteur, traître…Des années plus tard, lorsque j’ai commencé à apprendre le portugais, je vous laisse deviner mon premier roman… Et donc, j’ai lu Animal Farm, j’ai lu A Revolução dos Bichos, mais je n’ai jamais lu La Ferme des Animaux !

  12. 69

    68. You are feeling sleepy, very sleepy...

    Ta journée a été longue et remplie d'événements ; il s’est passé mille et une choses, certaines triviales, d’autres importantes, mais à présent tout cela est derrière toi.Ce qui est fait est fait. C'est vrai, il y a encore des problèmes à résoudre, des choses en suspens, des soucis qui te préoccupent... Eh bien, la nuit porte conseil. Demain est un autre jour. Maintenant, tu dois dormir, t'abandonner au sommeil, tomber dans les bras de Morphée. Ta respiration est douce et régulière. Tes paupières sont lourdes. Autour de toi, le silence n'est pas absolu, quelques bruits parviennent jusqu'à tes oreilles, mais tu n'y prêtes plus attention. Tu es parfaitement immobile. Seule ta poitrine se soulève et redescend de quelques millimètres, au rythme de ta respiration.Tes orteils sont de marbre. Tes pieds de plomb. Tes chevilles également. Dans tes jambes, du bas des mollets jusqu'en haut des cuisses, chacun de tes muscles est au repos. Ton bassin, où se trouve ton centre de gravité, s'enfonce profondément dans ton matelas. Si tu dors par terre, tu sens que la dureté du sol t'empêche de t'enfoncer sous terre. Tes bras, tes mains et chacun de tes doigts sont comme inanimés.Tu sens l'air frais rentrer dans tes narines, et l'air chaud en sortir. Sous tes paupières, des formes étranges et colorées dansent devant tes yeux, mais un encrier se renverse et une tâche d'encre noire, dense et infinie, recouvre tout. Tu dors.

  13. 68

    67. Le Petit Prince - Chapter 4

    [To skip the reading and jump straight to the bit-by-bit translation, go to 6:42.] Chapter 1 : episode 53 Chapter 2 : episode 54 Chapter 3 : episode 61 Chapter 4 : episode 67

  14. 67

    66. Time telling time

    C'est l'heure de dire l'heure ! Aujourd'hui, je vous raconte ma routine quotidienne. Une bonne façon de s'entraîner à dire l'heure, mais également un moyen subtil de vous expliquer pourquoi j'ai été absent si longtemps !Ma journée commence bien tôt, alors qu'il fait encore nuit, avec mon réveil qui sonne à 4h25. Puis à 4h28, et enfin à 4h et demie. En une dizaine de minutes, je suis levé, douché, habillé, tout cela le plus silencieusement possible. Le reste de la maisonnée dort à poings fermés. Vers 5h moins quart, je prends le temps de manger un fruit, ou bien une tartine de miel. Je vérifie que mon sac est prêt, que je n'ai pas oublié d'emporter mon déjeuner, et je quitte la maison à 5h au plus tard, pour prendre le bateau de 5h10. Le trajet dure moins de trois quarts d'heure, j'arrive donc à destination avant 6h. En quelques minutes, je suis au bureau, prêt à commencer ma journée de travail. Je fais une pause déjeuner entre midi et une heure. Nous avons deux manières de dire les heures de l'après-midi : suivant le système sur 12h ou suivant la convention sur 24h. Ainsi, je peux dire que l'après-midi, je travaille de 1 à 5h, ou bien de 13 à 17h. À la fin de la journée, cela fait toujours 10h de travail, donc il n'y a pas un système qui m'arrange plus que l'autre ! Le bateau quitte le quai à 17h30, et j'arrive chez moi peu après 18h. J'essaie de dîner vers 7h du soir (19h). Le temps de manger, de discuter autour de la table avec ma famille, puis de faire la vaisselle, il est déjà 8h et demie ! Je fais ma toilette et me mets au lit en vitesse, mon objectif est d'être sous les draps avant 9h. Je lis un peu pour me détendre, je m'endors et quelques heures plus tard, le cycle recommence... Un jour, je changerai de vie, et j'écrirai des épisodes au lieu d'aller au bureau. Ne le dites pas à mon patron, il va paniquer !

  15. 66

    65. The little one

    Ma petite sœur m'épate. Elle fait ce que j'ai souvent rêvé de faire sans en avoir le courage. Elle aquitté son travail pour se consacrer entièrement à sa petite entreprise d'enseignement du français. Vous la connaissez peut-être déjà ? En quelques mois elle s'est constitué une solide communauté sur Instagram, et elle a récemment lancé sa newsletter. Pour l'encourager, je m'y suis abonné. Il a fallu casquer (il faut bien qu'elle mange, la pauvre petite), mais je dois dire que je ne le regrette pas. Mes chers amis, pour la première fois dans l'histoire de French Through Stories, une page de publicité. Je me permets cette entorse parce que je le fais par amour ! La newsletter (ou infolettre, comme disent les puristes) d'Aurélie est remarquablement bien ficelée, autant par son contenu (j'ai dévoré les cinq premières et attends impatiemment les suivantes) que par sa forme. La petite se distingue de son grand frère par une traduction non pas "par petits morceaux", mais par paragraphe. Chaque paragraphe est lu de façon claire et articulée (la voix radiogénique doit être un trait de famille), à vitesse normale. Je ne vous en dis pas plus, je vous laisse faire connaissance avec sœurette. Vous la trouverez sur internet sous le nom Your Best French. C'est prometteur hein ?

  16. 65

    64. El Sombrero

    L’épisode d’aujourd’hui est dédié à Sara, qui m’a écrit pour me dire que « ce serait sympa d’avoir des histoires drôles » dans mon podcast. C’est vrai que l’humour se fait rare ces derniers temps ! J’ai dû me creuser un peu la tête pour trouver une histoire qui convienne à tous publics, car je sais que de jeunes oreilles innocentes m’écoutent. Finalement, je me suis rappelé la blague du mexicain qui va à l’église. Je vais d’abord la raconter en français sans interruption, puis je la dirai en anglais. C’est donc l’histoire d’un mexicain qui, par une journée écrasante de chaleur, va à l’église. Il monte les quelques marches du perron, pousse les lourdes portes et entre, sombrero sur la tête et guitare en bandoulière. À l’intérieur, une pieuse atmosphère règne. Quelques fidèles prient en silence sur les bancs. Alors que le mexicain avance d'un pas calme et sûr dans la nef, des têtes se lèvent sur son passage, et des murmures montent dans la salle : "señor, el sombrero!". Mais il continue de marcher vers l'autel, imperturbable. Autour de lui les murmures se font plus insistants : "el sombrero, señor!" Le mexicain est à présent arrivé au pied de l’autel. Il monte les deux marches qui le séparent du pupitre, se retourne face à l'assemblée. Avec un grand sourire, il saisit sa guitare, gratte quelques accords et lance de sa voie forte et décidée : « Señoras y señores, à la demande yénérale, El Sombrero ! »

  17. 64

    63. Faith in names

    Quand j’ai lu Cent ans de Solitude il y a quelques années, les noms de certains personnages m’avaient étonné. Pilar est une diseuse de bonne aventure, et son nom signifie pilier. J’ai dû faire quelques recherches pour comprendre que c’est un prénom donné en référence à Notre-Dame du Pilier, que je ne connaissais pas mais qui est célébrée dans le monde hispanophone. Un autre personnage central du livre est Remedios la belle, dont la beauté est quasi surnaturelle. Je trouvais ce prénom étrange, avant d’apprendre qu’il se rapporte en fait à Notre-Dame des Remèdes. C’est à cette époque que j’ai compris le sens de nombreux prénoms espagnols tes que Dolores, Concepción, Mercedes, Carmen… Je vous raconte cette histoire car c’est aujourd’hui l’anniversaire de Marifé. Comme beaucoup de Philippins et de Philippines, elle porte un nom espagnol, un mélange de Maria et "fé'…, Marie et foi. Lorsqu’elle m’a dit son prénom, l’univers fantastique de Cent Ans de Solitude m’est revenu à l’esprit. Joyeux anniversaire Marifé, et merci pour ce voyage dans mes lectures passées.

  18. 63

    62. Embroidery

    Aujourd'hui, je brode.

  19. 62

    61. Le Petit Prince - Chapter 3

    [To skip the reading and jump straight to the bit-by-bit translation, go to 3:32.] Chapter 1 : episode 53 Chapter 2 : episode 54 Chapter 3 : episode 61 Chapter 4 : episode 67

  20. 61

    60. My brother’s secret orchard

    Mon frère est un sacré travailleur. En plus de son travail à plein temps, il a une passion pour le jardinage. Je ne parle pas de quelques marguerites plantées dans une jardinière, non. Quand il s’y met, il déplace d’énormes rochers, et creuse des trous larges et profonds pour y planter toutes sortes d’arbres : des bananiers, des manguiers, des ramboutans, des citronniers, des pamplemoussiers, … Souvent, le samedi ou le dimanche après le déjeuner, il disparait avec ses outils pendant plusieurs heures, pour aller aménager des terrasses dans la montagne, transporter des brouettes pleines de terre, édifier des murets en pierre… Il revient à la nuit tombante, sa pelle sur une épaule et sa pioche sur l’autre, couvert de terre et de sueur. Parfois, il m’emmène faire un tour sur son lopin de terre ; je regarde en silence tous les arbres plantés et lui lance : « dis-donc, regarde tous les arbres fruitiers qui ont surgi de terre depuis la dernière fois ; ça pousse comme de la mauvaise herbe ! » Il sourit. Entre frères, on aime se taquiner.

  21. 60

    59. Poetry - Victor Hugo, Demain dès l'aube

    Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps. Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit. Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombeUn bouquet de houx vert et de bruyère en fleur. Victor Hugo, extrait du recueil «Les Contemplations» (1856)

  22. 59

    58. Ready for the trip

    Quand je me prépare pour un voyage, que ce soit pour quelques jours seulement ou pour plusieurs semaines, je fais toujours mes valises à la dernière minute. La veille du départ, mon sac est vide, car je suis toujours persuadé d’être suffisamment rapide et efficace pour empaqueter tout ce dont j’aurai besoin en quelques minutes avant de partir. La nuit, je dors peu car l’excitation du voyage me tient éveillé jusque tard, et me tire du sommeil bien tôt, aux aurores. Le matin venu, je ne mange pratiquement pas car j’aime voyager l’estomac léger. Enfin, il arrive un moment où je réalise que le temps presse, et qu’il faut que je me dépêche. Alors je deviens une espèce de feu follet, je me mets à courir un peu partout, à jeter des vêtements dans mon sac, à faire des listes que je perds dans mon agitation, à charger mon téléphone, à choisir un livre dans ma bibliothèque… Bien évidemment, j’ai systématiquement l’impression d’oublier quelque chose. Pourtant, aujourd’hui je pense m’être bien préparé : je suis sur une petite île dans l’océan Pacifique, loin de tout, mais j’ai bien pensé à emporter un cahier et un stylo pour écrire cet épisode.

  23. 58

    57. A chaotic – but oh so lovely! – birthday card

    Chère Nanna-Émilie,   C’est aujourd’hui ton dix-huitième anniversaire, je voulais donc faire quelque chose d’extra-spécial pour toi, et te dire tout ce que j’aime dans notre amitié, mais en français ! J’aime chanter à tue-tête les chansons de Taylor Swift avec toi, et j’aime quand tu t’entraînes à mémoriser les paroles avec moi, pour que je ne me trompe pas pendant le concert. J’aime quand tu me recommandes des livres géniaux à lire, et la façon dont tu t’enflammes quand tu en parles, parce que tu connais tous les personnages par cœur. J’aime quand nous rentrons ensemble à la maison à vélo presque tous les jours, bien que ça te fasse faire un petit détour. J’aime quand tu apportes ton aide en maths, à moi ou à quiconque en a besoin. J’aime aussi ta tortue, quelle championne, même si elle ne sait pas faire la différence entre le bien et le mal. J’aime que tu sois, pas seulement de temps en temps mais en permanence, un être humain bien étrange. Tu es affectueuse et fofolle, mais la plupart du temps tu es tout simplement chaotique. Les derniers exemples en date sont la fois où as mangé une grosse tomate avec les doigts au restaurant, et le fait que tu traînes toujours ta veste par terre. Mon amie chérie, c’est tout en toi que j’aime. - Sofie

  24. 57

    56. Caution : godsend above

    Il y a quelque temps, j’ai reçu un très gentil message de Janette, qui vit dans le nord-ouest de l’Angleterre et qui me propose de semer des indices sur l’endroit où je vis… Eh bien laissez-moi vous raconter ce que j’ai vu l’autre jour, alors que je faisais des courses en ville, à vélo. La ville n’est pas spécialement jolie ni intéressante, et il y fait chaud : il y a peu de jardins et beaucoup de béton, peu d’arbres et beaucoup de panneaux de signalisation. Pédaler dans la ville sous une chaleur écrasante n’est pas une activité très réjouissante, et pourtant, alors que je tournai dans une petite ruelle, je levai la tête et je vis un panneau qui me fit sourire : Ces mots y étaient inscrits : « Attention chute de mangues ». Je me suis dit : « Quel avertissement étrange ; ils auraient tout aussi bien pu écrire Attention, de délicieux fruits tombent du ciel ».

  25. 56

    55. Tell me why, tell me why...

    Mon neveu, cet adorable petit garçon, est dans une phase très amusante. A deux ans et demi, il commence quasiment toutes ses phrases par « pourquoi ». Cela nous mène parfois à des discussions comiques. L’autre jour, alors que je mettais un pansement sur mon doigt, que j’avais égratigné en écaillant un poisson, il m’a demandé : « Tu t’es fait mal ? _ Oui, je me suis blessé _ Pourquoi tu t’es blessé ? _ Parce que je suis maladroit _ Pourquoi tu es maladroit ? _ Parce que je n’ai pas réfléchi. _ Pourquoi tu n’as pas réfléchi ? _ Parfois, je suis idiot _ Pourquoi tu es idiot ? » Là, je n’ai pas su quoi répondre, et je lui ai dit d’aller mettre un tricot pour ne pas qu’il attrape froid. Ce matin encore, il m’a fait beaucoup rire. J’étais assis sur la terrasse, je mangeais une tartine de fromage en le regardant jouer dans le sable. Il a couru vers moi et m’a demandé : Qu’est-ce que c’est ? - Du pain - Je veux du pain - Non - Pourquoi je veux pas de pain ? J’ai souri. Décidément, cet enfant a l’esprit bien vif.

  26. 55

    54. Le Petit Prince - Chapter 2

    [To skip the reading and jump straight to the bit-by-bit translation, go to 5:38.] Chapter 1 : episode 53 Chapter 2 : episode 54 Chapter 3 : episode 61 Chapter 4 : episode 67

  27. 54

    53. Le Petit Prince - Chapter 1

    [To skip the reading and jump straight to the bit-by-bit translation, go to 6:40.] Je vous souhaite un joyeux Noël. Il y a plusieurs mois, en août, Daria m’avait demandé de lire Le Petit Prince. Alors j’ai lu et enregistré les deux premiers chapitres. Et puis je me suis arrêté. Vous l’avez remarqué, ça m’arrive parfois. Aujourd’hui pour Noël, je voudrais vous offrir ce présent : le premier chapitre du Petit Prince. J’espère que les autres suivront… Chapter 1 : episode 53 Chapter 2 : episode 54 Chapter 3 : episode 61 Chapter 4 : episode 67

  28. 53

    52. The wedding ceremony

    Hier, j’étais invité au mariage d’un couple d’amis. La fête avait lieu sur un beau terrain en bord de mer, suffisamment près du rivage pour qu’on entende les vagues s’y briser. La mariée avait préparé un spectacle de danse traditionnelle avec les femmes de sa famille ; un petit groupe de musiciens les accompagnaient en chantant et en jouant du ukulele. Après ce régal pour les yeux, notre appétit a été réveillé par de ravissants plateaux de fruits tropicaux, et par des pâtisseries faites maison. Soudain l’un des invités, qui était parti manger sa part de gâteau près de la mer, nous a fait de grands signes de la main : il voulait nous montrer quelque chose. Nous nous sommes rués sur la plage ; et là, me croirez-vous ? Une baleine et son baleineau nageaient non loin, à environ 200 mètres de la plage, juste derrière le récif. Avec leurs grandes nageoires qui battaient la surface des flots, ils semblaient donner leur bénédiction aux mariés. Nous sommes restés de longues minutes à guetter leurs apparitions furtives entre les vagues. Puis ils se sont éloignés, et il n’y eut plus rien que la mer.

  29. 52

    51. Song lyrics – Nathalie

    https://www.youtube.com/watch?v=zuISJycFBo8 La place Rouge était vide Devant moi marchait Nathalie Il avait un joli nom, mon guide Nathalie La place Rouge était blanche La neige faisait un tapis Et je suivais par ce froid dimanche Nathalie Elle parlait en phrases sobres De la révolution d'Octobre Je pensais déjà Qu'après le tombeau de Lénine On irait au café Pouchkine Boire un chocolat La place Rouge était vide J'ai pris son bras, elle a souri Il avait des cheveux blonds, mon guide Nathalie, Nathalie... Dans sa chambre à l'université Une bande d'étudiants L'attendait impatiemment On a ri, on a beaucoup parlé Ils voulaient tout savoir Nathalie traduisait Moscou, les plaines d'Ukraine Et les Champs-Élysées On a tout mélangé Et l'on a chanté Et puis ils ont débouché En riant à l'avance Du champagne de France Et l'on a dansé Et quand la chambre fut vide Tous les amis étaient partis Je suis resté seul avec mon guide Nathalie Plus question de phrases sobres Ni de révolution d'octobre On n'en était plus là Fini le tombeau de Lénine Le chocolat de chez Pouchkine C'est, c'était loin déjà Que ma vie me semble vide Mais je sais qu'un jour à Paris C'est moi qui lui servirai de guide Nathalie, Nathalie Nathalie, Gilbert Bécaud et Pierre Delanoë, 1964

  30. 51

    50. Fredrick's bicycle

    Fredrik et son vélo sont deux amis inséparables. Avec près de six mille kilomètres au compteur, ils ont déjà fait une longue route ensemble, dans la région de Stockholm et sur les routes de Suède. Dès l’aube, vers six heures, il se réveille, jette un bref coup d’œil par la fenêtre, puis s’habille. Qu’il vente ou qu’il pleuve, c’est en pédalant qu’il ira travailler. Rares sont ceux qui font de même ! Les courageux cyclistes, dans le blizzard, se comptent sur les doigts de la main. La neige, le vent glacial, le verglas ne sont pas des obstacles anodins ! Quand il y pense, il se dit qu’il est un peu téméraire d’aller affronter des conditions météorologiques pareilles. Il pourrait prendre le bus, c’est vrai. Mais le trajet prendrait beaucoup plus de temps, et puis… Fredrik a le sens de l’aventure. S’il fait deux fois plus froid, qu'à cela ne tienne ! Il mettra deux manteaux, enfilera deux paires de gants et deux paires de chaussettes ! En ce moment, c’est l’été, le temps est clément. Fredrik en profite, car il sait que l’hiver qui s’approche sera rude…

  31. 50

    49. The fruit that keeps on giving

    J’ai de la chance d’avoir un cocotier dans mon jardin, car la noix de coco est un fruit formidable, un fruit incroyablement généreux. Quand la noix de coco est verte, elle est remplie d’une eau délicieuse, très légèrement pétillante, et merveilleusement rafraîchissante. À l’intérieur de la noix, la chair est fine, translucide et sa consistance est un peu gélatineuse. Puis la noix de coco sèche, elle devient brune et tombe du cocotier. Elle contient toujours de l’eau, dont le goût a subtilement changé : elle est plus douce, et elle a perdu le pétillant de sa jeunesse, pour ainsi dire. La chair en revanche, est beaucoup plus épaisse et plus ferme ; presque dure. C’est cette chair que l’on râpe puis que l’on presse pour faire du lait de coco, qui ajoute une saveur exotique à n’importe quel plat. J’aime en mettre un peu dans mon café, parfois, par gourmandise. Mais ne me parlez pas de lait de coco en boite de conserve, j’ai horreur de ça ! Enfin, il y a encore une chose… Si on laisse la noix de coco par terre, des racines vont pousser, et de minuscules palmes vont commencer à sortir. Alors, c’est le signe qu’il y a un germe, un embryon de cocotier à l’intérieur. Une petite boule qui ressemble à une éponge cotonneuse. Son goût est sublime ; c’est ce que je préfère dans la noix de coco. Malheureusement, on ne peut pas avoir à la fois le germe du cocotier, et le cocotier !

  32. 49

    48. Reading - La longue route

    Mes dauphins nagent depuis plus de deux heures autour de Joshua. Les dauphins que j'ai rencontrés ont rarement joué plus d'une quinzaine de minutes avant de continuer leur chemin. Ceux-là resteront plus de deux heures, au complet. Quand ils sont partis, tous ensemble, deux d'entre eux sont restés près de moi jusqu'au crépuscule, cinq heures pleines au total. Ils nagent avec l'air de s'ennuyer un peu, l'un à droite, l'autre à gauche. Pendant trois heures ils nagent, comme ça, chacun sur son bord, sans jouer, en réglant leur vitesse sur celle de Joshua, à deux ou trois mètres du bateau. Jamais je n'avais vu ça. Jamais je n'ai été accompagné si longtemps par des dauphins. Je suis sûr qu'ils avaient reçu l'ordre de rester près de moi jusqu'à ce que Joshua soit absolument hors de danger. Je ne les regarde pas tout le temps, parce que je suis un peu épuisé par cette journée, cette tension énorme qu'on ne sent pas sur le moment, quand on doit mettre toutes ses tripes pour passer dans un nouvel océan. Je descends m'étendre un peu, je remonte, je relève l'indication du loch. Mes deux dauphins sont toujours là, à la même place. Je descends porter la dernière distance parcourue sur la carte, je me recouche un moment. Quand je reviens sur le pont et grimpe au mât pour la dixième fois afin de voir plus loin, mes deux dauphins sont encore là, semblables à deux fées dans la lumière qui baisse. Alors je redescends m'allonger un moment. C'est la première fois qu'il y a une telle paix en moi, car cette paix est devenue une certitude, une chose qu'on ne peut pas expliquer, comme la foi. Je sais que je réussirai, et je trouve ça absolument naturel, cette certitude absolue où il n'y a ni crainte, ni orgueil, ni étonnement. Toute la mer chante, simplement, sur une octave que je ne connaissais pas encore, et cela me remplit de ce qui est à la fois la question et la réponse. La longue route, Bernard Moitessier, 1968

  33. 48

    47. The job interview

    «  Bonjour Franzi, je souhaite te proposer mes services en tant que tuteur de français. J’ai appris que tu veux apprendre cette belle langue, et je suis convaincu d’avoir la compétence nécessaire pour ce travail. - Merci Émile ; c’est vrai, j’ai pour ambition d’apprendre à parler français couramment, car j’ai de la famille en France. J’ai l’intention de leur rendre visite, et il me semble important d’être capable de m’exprimer correctement dans la langue de mon pays d’accueil. - Tu as tout à fait raison. C’est essentiel de faire l’effort de parler la langue du pays que tu visites. D’autre part, tu seras en mesure de profiter davantage de ton séjour, tu comprendras ce que les gens te disent, tu pourras discuter avec les marchandes de légumes, tu pourras lire les enseignes des magasins… tu vivras une expérience d’immersion agréable. - Ça me parait fantastique ! Et toi, tu peux m’enseigner le français ? - Bien sûr, je serais ravi de travailler avec toi. On peut étudier des textes littéraires, des articles de journaux, faire des exercices de grammaire, apprendre du vocabulaire, discuter des sujets qui t’intéressent… - Super ! J’ai hâte de commencer mes cours de français avec toi ! - Je t’en prie, je reste à ta disposition ! Si tu as des questions, des commentaires ou des suggestions, envoie-moi un email sur [email protected]. »

  34. 47

    46. A French village

    Les villages français ont un charme particulier, avec leurs maisons en pierre jaune, leurs toits en tuiles rouges et leurs volets en bois. Souvent, une petite fontaine en pierre orne la place principale ; un clair filet d’eau y coule, et les tourterelles y trempent leur bec. Devant la mairie, un monument aux morts est érigé en hommage aux combattants de la Première Guerre mondiale : c’est la statue en bronze d’un soldat qui porte son fusil en bandoulière. Quelques bouquets de fleurs sont disposés au pied de la statue. À l’ombre des platanes, des villageois sont assis sur des bancs vieillissants. Les enfants courent entre les arbres, sous l’œil vigilant des vieux, qui discutent.  Ils parlent de chasse et de pêche, car quand ils parlent de politique, ils ne sont pas d’accord et se séparent fâchés. Heureusement, ça ne dure jamais longtemps. Le lendemain d’une dispute, les désaccords sont oubliés ; nos braves amis se retrouvent autour d’une bouteille de vin, et ils parlent du prochain championnat de pétanque.

  35. 46

    45. Je m'appelle...

    …, Émile. Oui, je m’appelle Émile, comme mon arrière-grand-père. Je porte ce prénom depuis bien longtemps ; je n’avais que quelques jours quand mes parents se sont penchés sur mon berceau et que je leur ai dit : « Chers parents, bonjour. Je m’appelle Émile. » En vérité, mes souvenirs sont flous, je n’ai peut-être pas prononcé ces mots. En général, la grammaire des bébés n’est pas parfaite. En parlant de grammaire, ouvrons une parenthèse. C’est amusant, de dire « je m’appelle » en français. On devrait dire : « les gens m’appellent untel, parce que c’est mon nom ». Mais ainsi est la langue, pleine de curiosités et de coutumes qui se perpétuent. Revenons à nos moutons. Je m’appelle Émile, et comme c’est un nom qui me va très bien, toute ma famille et mes amis m’appellent Émile. Enfin, si vous voulez me souhaiter bonne fête, le 22 mai est la Saint Émile !

  36. 45

    44. Hunting for eggs

    Là où je vis en ce moment, il y a un grand jardin, des arbres fruitiers, un potager avec des salades et des herbes aromatiques, et un poulailler. C’est un endroit merveilleux : les arbres portent des fruits, le potager donne de belles salades, le thym et le romarin parfument nos plats. Seule ombre au tableau, les neuf poules du poulailler ne donnent pas d’œufs. C’est bien dommage, j’aimerais beaucoup manger une omelette fraiche tous les matins… Mon amie Malvanir pense que ses poules sont devenues trop vieilles pour pondre. Moi, je trouve qu’elles ont l’air jeunes, ces poules ; elles sont toujours pleine d’énergie, à gratter la terre toute la journée pour trouver des asticots. Peut-être qu’elles se cachent simplement pour pondre leurs œufs ! Mais il y a quelques jours, je crois avoir compris le fin mot de l’histoire. Alors que nous étions près du feu, le soir, un bruit de pas dans les branches sèches a brisé le silence. Ça venait de derrière le poulailler. Nous avons à peine eu le temps de nous lever de nos chaises pour apercevoir une queue rousse et touffue disparaitre dans les buissons. Pas de doute, notre voisin renard est plus doué que nous pour la chasse aux œufs !

  37. 44

    43. Talking to a baby

    Il y a quelques temps, Natsumi m’a envoyé un très gentil message, à la fin duquel elle me propose d’écrire un épisode avec les phrases que j’utiliserais avec un bébé ou un enfant. En effet, elle a un petit bébé et c’est une excellente idée de lui parler en français dès son plus jeune âge. Il est temps que je lui réponde enfin, avant que son enfant atteigne la majorité et quitte le foyer familial. Les bébés observent et imitent les adultes. Ils reproduisent leurs mouvements et répètent leurs paroles. Donc je leur parle toujours avec beaucoup de respect et d’affection. Par exemple, quand vient l’heure de dormir le soir, je lui dis : « Petit enfant, cher ami ; j’ai passé une très bonne journée avec toi, j’ai beaucoup aimé courir dans le jardin et cueillir des fleurs, faire des avions en papier et jouer aux billes en ta compagnie. Maintenant, il faut dormir, pour passer une autre belle journée demain. » Ensuite, je lui chante une comptine jusqu’à ce que ses yeux se ferment.

  38. 43

    42. Poem - Pour faire le portrait d’un oiseau

    Pour faire le portrait d’un oiseau Peindre d’abord une cage avec une porte ouverte peindre ensuite quelque chose de joli quelque chose de simple quelque chose de beau quelque chose d’utile pour l’oiseau placer ensuite la toile contre un arbre dans un jardin dans un bois ou dans une forêt se cacher derrière l’arbre sans rien dire sans bouger… Parfois l’oiseau arrive vite mais il peut aussi bien mettre de longues années avant de se décider Ne pas se décourager attendre attendre s’il le faut pendant des années la vitesse ou la lenteur de l’arrivée de l’oiseau n’ayant aucun rapport avec la réussite du tableau Quand l’oiseau arrive S’il arrive observer le plus profond silence attendre que l’oiseau entre dans la cage et quand il est entré fermer doucement la porte avec le pinceau puis effacer un à un tous les barreaux en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l’oiseau Faire ensuite le portrait de l’arbre en choisissant la plus belle de ses branches pour l’oiseau peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent la poussière du soleil et le bruit des bêtes de l’herbe dans la chaleur de l’été et puis attendre que l’oiseau se décide à chanter Si l’oiseau ne chante pas c’est mauvais signe signe que le tableau est mauvais mais s’il chante c’est bon signe signe que vous pouvez signer alors vous arrachez tout doucement une des plumes de l’oiseau et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau. Jacques Prévert, Paroles, 1945

  39. 42

    41. About cows

    Jill m’a envoyé un email dans lequel elle me raconte qu’elle élève du bétail, plus précisément de la race Black Angus. Elle m’a proposé de vous parler de vaches. Les vaches, j’aime bien les regarder paitre, j’aime bien les manger, mais a part ça, je n’y connais pas grand-chose. Et puis à force de réfléchir, j’ai trouvé qu’il y avait quelques expressions françaises intéressantes à propos de vaches. Voyons voir comment les utiliser, et ce qu’elles signifient. Si vous êtes impressionné, vous pouvez vous exclamer : oh la vache ! Si vous ne l’êtes pas, au contraire, dites : c’est vache… Pour renforcer un qualificatif, utilisez l’adverbe vachement. Si la nourriture est trop chère, et que vous n’avez pas planté de pommes de terre : c’est une période de vaches maigres. Si votre professeur ne vous a pas bien enseigné le français : vous parlez français comme une vache espagnole. Si vous rapportez beaucoup d’argent à votre employeur : vous êtes une vache à lait. Quand votre enfant chipe un œuf de Pâques au magasin, dites-lui : « Qui vole un œuf vole un bœuf. » Enfin, quand je me décide à surmonter ma paresse et que je publie un épisode, je prends le taureau par les cornes.

  40. 41

    40. The writer's block

    J’ai fait une rechute. Presque huit semaines de silence… En anglais, il y a un phénomène qui s’appelle le « blocage de l’écrivain », mais je ne suis ni écrivain ni anglais, donc il est tout à fait impossible que ce diagnostic puisse s’appliquer à moi. En français, ça se traduit par « syndrome de la page blanche ». Pour ne pas prendre de risques, j’écris maintenant sur du papier de couleur. On n’est jamais trop prudent ! Mon problème, c’est que je pense beaucoup, mais j’agis peu. Pourtant, mon père m’a souvent répété que « l’action libère ». C’est un homme plein de sagesse, mon père, il m’a appris énormément de choses, quand j’étais petit et que nous vivions ensemble. Un jour, pensant avoir atteint l’âge adulte, j’ai quitté le foyer familial et le pays de mon enfance. Mais ces derniers temps, ma petite amie me dit que je me comporte comme un enfant. Il est peut-être temps que je retourne auprès de mes parents !

  41. 40

    39. The early bird

    J’aime me lever tôt. Au petit matin, le monde est différent. La lumière est douce. Dans les rues, les voitures sont silencieuses ; dans les arbres, les oiseaux sont bruyants. Je prends une bonne douche froide pour me réveiller, et pour bien commencer la journée. Je ne suis pas le seul à me lever tôt. Au marché aux fruits, il y a déjà beaucoup de monde. Pour obtenir les fruits les plus beaux et les plus frais, il faut donc être à l’heure, au lever du soleil. Parfois, ma petite amie Miri m’accompagne, car elle sait choisir les meilleurs fruits, particulièrement les papayes et les fruits de la passion, qui sont ses préférés. Il y a un proverbe français qui dit : « le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt ». L’équivalent en anglais est : « l’oiseau qui arrive tôt attrape le vers ». Mais j’espère ne pas trouver de vers dans ma papaye !

  42. 39

    38. Ananya's meditative walks

    Ananya vit à Nashik, une jolie petite ville d'Inde, dans l'état du Maharastra. En fait, sa ville n'est pas si petite : elle compte environ deux millions d'habitants. En Inde, cet immense pays, un million ou deux, ce n'est pas grand chose, c'est une ville moyenne. En France, la seule ville de plus d'un million d'habitants, c'est la capitale, Paris. Ananya aime sa ville, elle aime s'y promener le long du fleuve Godavari, où bien dans les forêts verdoyantes près des cascades, juste à l'extérieur de la ville. Les paysages sont beaux, le climat est agréable. Il y a des grottes magnifiques, et de nombreux temples où les pèlerins viennent se recueillir. C'est une région à l'histoire riche, et qui a une signification importante dans la culture hindoue. Enfin, je ne sais pas si Ananya aime le vin, mais sa ville est réputée pour ses vignobles !

  43. 38

    37. Reading - Ecclesiastes

    Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux : un temps pour naître, et un temps pour mourir ; un temps pour planter, et un temps pour arracher ce qui a été planté ; un temps pour tuer, et un temps pour guérir ; un temps pour abattre, et un temps pour bâtir ; un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour se lamenter,  et un temps pour danser ; un temps pour lancer des pierres, et un temps pour ramasser des pierres ; un temps pour embrasser, et un temps pour s'éloigner des embrassements ; un temps pour chercher, et un temps pour perdre ; un temps pour garder, et un temps pour jeter ; un temps pour déchirer, et un temps pour coudre ; un temps pour se taire, et un temps pour parler ; un temps pour aimer, et un temps pour haïr ; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix. Ecclésiaste 3:1-8

  44. 37

    36. When I’m idle…

    Vous ne le savez peut-être pas, mais j’ai tendance à être oisif. Parfois, je suis assis dans ma chambre ou dans le salon, et je ne sais pas quoi faire. Je mange un peu, un morceau de pain et de fromage, et puis j’arrête parce qu’il faut que j’aie de l’appétit pour le diner, plus tard. Alors, je ne fais rien. Je reste assis, ou allongé par terre, en regardant par la fenêtre. Je me dis que c’est vraiment dommage de rester à ne rien faire, et je pense aux cent choses dont je devrais m’occuper au lieu de rêvasser. Je ferais mieux d’appeler mes parents, d’écrire une lettre à ma tante, d’apprendre le portugais, de lire un livre sur la charpenterie, d’écrire un épisode pour mon podcast ou de répondre à vos emails… Il y a un proverbe français qui dit « l’oisiveté est mère de tous les vices ». C’est très préoccupant, je suis sur la mauvaise pente… Ceci dit, Robert Louis Stevenson a écrit un essai intitulé « Une apologie des oisifs ». Ça me rassure, il doit y avoir de bons côtés à être paresseux. Mais je ne sais pas lesquels, je n’ai pas encore fait l’effort de le lire…

  45. 36

    35. Poèmes pour marins

    L’homme et la mer Homme libre, toujours tu chériras la mer ! La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme Dans le déroulement infini de sa lame, Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer. Tu te plais à plonger au sein de ton image ; Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton cœur Se distrait quelquefois de sa propre rumeur Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage. Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets : Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ; Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes, Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets ! Et cependant voilà des siècles innombrables Que vous vous combattez sans pitié ni remord, Tellement vous aimez le carnage et la mort, Ô lutteurs éternels, ô frères implacables ! Charles Baudelaire Les voiles Quand j’étais jeune et fier et que j’ouvrais mes ailes, Les ailes de mon âme à tous les vents des mers, Les voiles emportaient ma pensée avec elles, Et mes rêves flottaient sur tous les flots amers. Je voyais dans ce vague où l’horizon se noie Surgir tout verdoyants de pampre et de jasmin Des continents de vie et des îles de joie Où la gloire et l’amour m’appelaient de la main. J’enviais chaque nef qui blanchissait l’écume, Heureuse d’aspirer au rivage inconnu, Et maintenant, assis au bord du cap qui fume, J’ai traversé ces flots et j’en suis revenu. Et j’aime encor ces mers autrefois tant aimées, Non plus comme le champ de mes rêves chéris, Mais comme un champ de mort où mes ailes semées De moi-même partout me montrent les débris. Cet écueil me brisa, ce bord surgit funeste, Ma fortune sombra dans ce calme trompeur ; La foudre ici sur moi tomba de l’arc céleste Et chacun de ces flots roule un peu de mon cœur. Alphonse de Lamartine

  46. 35

    34. Marah’s sailing adventures

    Lorsqu’ils jouent près d’un ruisseau, d’une rivière, ou d’un torrent, les enfants y jettent souvent un morceau de bois dans lequel est planté une feuille, pour voir jusqu’où leur embarcation voguera. Certains adultes sont tout aussi curieux et veulent explorer les mers et les océans. Marah est l’une de ces personnes. Avec quelques amis, elle a construit un voilier. C’est un navire traditionnel en bois, donc ça n’a pas été facile ; il leur a fallu beaucoup de travail et de patience pour en terminer la construction. A présent, ils peuvent profiter de ce beau bateau, et de l’inégalable sentiment de liberté qui vous habite quand vous êtes en mer, et que vous regardez la lointaine courbe de l’horizon. Loin des voitures, loin des avions, loin des villes bruyantes et lumineuses, Marah et ses compagnons respirent  un air pur et s’endorment au bruit de l’eau qui clapote contre la coque.

  47. 34

    33. Reading – Extracts from Le Petit Prince (Part 1)

    Note: I used to listen to this story when I was a kid. You can find it on Spotify on the link below. The extract I'm reading is from 6min 36s. https://open.spotify.com/track/45Y3F1BnUYv4hEKAM7OmE6?si=a33e6a662a264799 – Tu confonds tout... tu mélanges tout ! Il était vraiment très irrité. Il secouait au vent des cheveux tout dorés : – Je connais une planète où il y a un Monsieur cramoisi. Il n’a jamais respiré une fleur. Il n’a jamais regardé une étoile. Il n’a jamais aimé personne. Il n’a jamais rien fait d’autre que des additions. Et toute la journée il répète comme toi : « Je suis un homme sérieux ! Je suis un homme sérieux ! » et ça le fait gonfler d’orgueil. Mais ce n’est pas un homme, c’est un champignon ! – Un quoi ? – Un champignon ! Le petit prince était maintenant tout pâle de colère. – Il y a des millions d’années que les fleurs fabriquent des épines. Il y a des millions d’années que les moutons mangent quand même les fleurs. Et ce n’est pas sérieux de chercher à comprendre pourquoi elles se donnent tant de mal pour se fabriquer des épines qui ne servent jamais à rien ? Ce n’est pas important la guerre des moutons et des fleurs ? Ce n’est pas plus sérieux et plus important que les additions d’un gros Monsieur rouge ? Et si je connais, moi, une fleur unique au monde, qui n’existe nulle part, sauf dans ma planète, et qu’un petit mouton peut anéantir d’un seul coup, comme ça, un matin, sans se rendre compte de ce qu’il fait, ce n’est pas important ça ! Il rougit, puis reprit : – Si quelqu’un aime une fleur qui n’existe qu’à un exemplaire dans les millions et les millions d’étoiles, ça suffit pour qu’il soit heureux quand il les regarde. Il se dit : « Ma fleur est là quelque part... » Mais si le mouton mange la fleur, c’est pour lui comme si, brusquement, toutes les étoiles s’éteignaient ! Et ce n’est pas important ça ! Il ne put rien dire de plus. Il éclata brusquement en sanglots. La nuit était tombée.

  48. 33

    32. Cathy's paintings

    Cathy Jacobs vit en Australie, et sa passion, c’est la peinture. Dès qu’elle a un moment de libre, elle prépare son matériel et se met au travail. Elle s'installe confortablement sur un tabouret, dispose sa toile sur son chevalet, puis prépare ses pinceaux et sa palette de peinture. Elle aime les arbres, les fleurs et les oiseaux, donc elle regarde son jardin par la fenêtre, pour trouver l'inspiration. De temps en temps, lorsque le temps est agréable, elle peint dehors : le chant des oiseaux et l'odeur des fleurs créent une ambiance de travail très agréable. Sur sa palette, les couleurs sont vives. Elle les mélange pour obtenir de nouvelles couleurs, des teintes différentes, des tons plus subtils. Petit à petit, les traits de couleur prennent vie sur la toile, le vert des feuilles frémit, le bleu du ciel s’éclaircit, le jaune des plumes d’oiseaux prend des reflets dorés. En vérité, je ne connais pas Cathy. J'ai vu ses peintures, mais je ne connais pas sa technique. Cette histoire est le pur fruit de mon imagination ! Tout ce que je sais, c’est que quand elle peint, elle écoute parfois mes histoires en français. Quel honneur pour moi !

  49. 32

    31. How do you say 'snorkeling' in French

    J’ai eu la chance incroyable, quand j’étais petit, d’habiter entre la mer et la montagne. La montagne était formidable, parce que depuis son sommet, la vue était splendide. Mais j’aimais aussi beaucoup la mer, parce que le monde subaquatique est un univers fantastique que j’ai passé beaucoup de temps à explorer. J’avais un masque et un tuba que j’emportais toujours avec moi quand j’allais à la mer. Pouvoir nager tout en admirant les fonds sous-marins était un de mes plus grands plaisirs. Je suivais les poissons bariolés qui se cachaient entre les branches de corail, j’examinais les coquillages qui se déplaçaient lentement sur le sable, et j’observais avec beaucoup d’intérêt les innombrables petites créatures de mille formes différentes qui vivent dans le récif. Des années plus tard j’ai commencé à apprendre l’anglais au collège. Un jour, mon professeur d’anglais, une très gentille dame, m’a demandé : « do you like snorkeling ?» Je n’avais jamais entendu ce mot, alors j’ai simplement répondu « not at all, madam ». Quand elle m’a expliqué que le snorkeling, c’est nager avec un masque et un tuba, je me suis frappé le front et je lui ai dit tout mon amour du snorkeling !

  50. 31

    30. My bottle collection

    L’année dernière, je vous avais raconté que chaque épisode de ce podcast était comme une bouteille à la mer. Je ne savais pas à qui je parlais, je ne savais pas qui m’écoutait. J’étais seul, comme un naufragé sur une ile déserte. Durant ces derniers mois, des bouteilles se sont échouées sur ma plage. Vous m’avez écrit, vous m’avez posé des questions, vous m’avez encouragé, vous m’avez remercié… et je vous en suis reconnaissant. Quand je me lève le matin, et que je lis un de ces messages, je souris et je suis de bonne humeur pour le reste de la journée. Ou au moins pour quelques minutes. J’ai maintenant une belle collection de bouteilles, qui sont arrivées des quatre coins du monde. Il est grand temps que j’arrête d’être paresseux et que je me remette au travail. Du fond du cœur, je vous dis merci, et je vous promets de vous répondre. Gardez un œil sur votre boite aux lettres !

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