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PODCAST · arts

La geste d'Orland

Lire la littérature avec monsieur Orland

Publisher-supplied feed metadata · PodParley refreshed Jun 11, 2026 · Source feed

  1. 94

    Lecture / Théophile Gautier, Promenade nocturne

    Promenade nocturne de Théophile Gautier lue sur le notturno de SchubertLa rosée arrondie en perles Scintille aux pointes du gazon ; Les chardonnerets et les merles Chantent à l'envi leur chanson ;Les fleurs de leurs paillettes blanches Brodent le bord vert du chemin ; Un vent léger courbe les branches Du chèvrefeuille et du jasmin ;Et la lune, vaisseau d'agate, Sur les vagues des rochers bleus S'avance comme la frégate Au dos de l'Océan houleux.Jamais la nuit de plus d'étoiles N'a semé son manteau d'azur, Ni, du doigt entr'ouvrant ses voiles, Mieux fait voir Dieu dans le ciel pur.Prends mon bras, ô ma bien-aimée, Et nous irons, à deux, jouir De la solitude embaumée, Et, couchés sur la mousse, ouïrCe que tout bas, dans la ravine Où brillent ses moites réseaux, En babillant, l'eau qui chemine Conte à l'oreille des roseaux.

  2. 93

    Revue / Bram Stoker, Dracula

    Presque tout le monde connaît l'histoire du vampire Dracula, mais on peut toujours remonter à sa source et lire le roman Dracula de l'écrivain irlandais Bram Stocker. Jonathan Harker, un jeune anglais, part en Transylvanie pour visiter le comte Dracula. Pendant son trajet et son séjour au château, il découvre des anomalies et étrangetés concernant le comte et devient même le cible d'attaque de vampires. Quand le comte arrive en Angleterre, une mystérieuse maladie se répand dans Londres...

  3. 92

    Lecture / Paul Nougé, L’amateur d’aubes

    « L’amateur d’aubes » est un poème en prose de l'écrivain belge Paul Nougé. Le voici :J’ai accoutumé depuis longtemps de me lever un peu avant l’aube pour surprendre, dans l’instant qui va suivre, ce qu’il adviendra de la nuit.Elle est là, contre mon visage, elle a tout pris, elle semble impénétrable, mais derrière elle, je devine, rassemblée, toute la lumière qui tremble comme un déluge avant de s’abattre.D’abord la nuit résiste à cette pression des grandes eaux éblouissantes, mais, poreuse, et dans ses profondeurs, elle laisse enfin suinter doucement quelque clarté laiteuse qui s’étend, tache de phosphore, et commence d’engendrer l’espace.J’ai longtemps souhaité une soudaine rupture, une totale invasion de lumière. Que cette grâce m’ait été refusée, que la vigueur que l’on prête à l’imagination n’ait pu jusque-là forcer le monde, maintenant je tiens cet échec pour une manière de bonheur.La nuit s’imbibe avec lenteur et change, se décompose, laisse paraître, comme au hasard, la transparence d’une atmosphère, un mouvement de forêt ou de nuage, l’éclair d’une mare ou d’un fleuve, les courbes charnelles de la terre, parfois un fragment osseux de ville – mais cependant rien d’humain que moi-même.Si la nuit se transforme en plein jour, ce n’est jamais de la même manière.À quoi tient sans doute le prodige.

  4. 91

    Revue / Guillermo Arriaga, Un doux parfum de mort

    Un doux parfum de mort (1994), de l'écrivain et scénariste mexicain Guillermo Arriaga, est un livre que je viens de lire. on découvre, autour d'un meurtre, la vie et les habitants d’un village perdu dans la campagne mexicaine. Leurs désirs, secrets, hantises et bêtises ne sont pas si différents des nôtres malgré cette atmosphère exotique.

  5. 90

    Lecture : Hermann Hesse, Le loup des steppes

    Dans Le Loup des steppes (1927), chef-d’œuvre d’Hermann Hesse, Harry Haller, homme intellectuel et solitaire qui se voit comme un loup des steppes, raconte ses tourments dans la société bourgeoise où il vit.

  6. 89

    Revue / Émile Zola, Nana

    Le roman Nana raconte l'ascension et la chute d'une jeune femme. Issue d'un milieu modeste, Nana devient, par son charme charnel, une grande star de l'opérette et est courtisée par la haute société parisienne. Mais au lieu de concrétiser sa chance et d'en faire quelque chose, Nana gaspille la richesse procurée par sa beauté de jeunesse. Poursuivie par ses créanciers, abandonnée par ses amants, défigurée par la variole, Nana meurt en même temps que la chute du Second empire.

  7. 88

    Lecture / Paul Valéry, Le Cimetière marin

    Le vent se lève !… Il faut tenter de vivre !Le Cimetière marinCe toit tranquille, où marchent des colombes,Entre les pins palpite, entre les tombes ;Midi le juste y compose de feuxLa mer, la mer, toujours recommencée !Ô récompense après une penséeQu’un long regard sur le calme des dieux !Quel pur travail de fins éclairs consumeMaint diamant d’imperceptible écume,Et quelle paix semble se concevoir !Quand sur l’abîme un soleil se repose,Ouvrages purs d’une éternelle cause,Le Temps scintille et le Songe est savoir.Stable trésor, temple simple à Minerve,Masse de calme, et visible réserve,Eau sourcilleuse, Œil qui gardes en toiTant de sommeil sous un voile de flamme,Ô mon silence !… Édifice dans l’âme,Mais comble d’or aux mille tuiles, Toit !Temple du Temps, qu’un seul soupir résume,À ce point pur je monte et m’accoutume,Tout entouré de mon regard marin ;Et comme aux dieux mon offrande suprême,La scintillation sereine sèmeSur l’altitude un dédain souverain.Comme le fruit se fond en jouissance,Comme en délice il change son absenceDans une bouche où sa forme se meurt,Je hume ici ma future fumée,Et le ciel chante à l’âme consuméeLe changement des rives en rumeur.Beau ciel, vrai ciel, regarde-moi qui change !Après tant d’orgueil, après tant d’étrangeOisiveté, mais pleine de pouvoir,Je m’abandonne à ce brillant espace,Sur les maisons des morts mon ombre passeQui m’apprivoise à son frêle mouvoir.L’âme exposée aux torches du solstice,Je te soutiens, admirable justiceDe la lumière aux armes sans pitié !Je te rends pure à ta place première :Regarde-toi !… Mais rendre la lumièreSuppose d’ombre une morne moitié.Ô pour moi seul, à moi seul, en moi-même,Auprès d’un cœur, aux sources du poème,Entre le vide et l’événement pur,J’attends l’écho de ma grandeur interne,Amère, sombre, et sonore citerne,Sonnant dans l’âme un creux toujours futur !Sais-tu, fausse captive des feuillages,Golfe mangeur de ces maigres grillages,Sur mes yeux clos, secrets éblouissants,Quel corps me traîne à sa fin paresseuse,Quel front l’attire à cette terre osseuse ?Une étincelle y pense à mes absents.Fermé, sacré, plein d’un feu sans matière,Fragment terrestre offert à la lumière,Ce lieu me plaît, dominé de flambeaux,Composé d’or, de pierre et d’arbres sombres,Où tant de marbre est tremblant sur tant d’ombres ;La mer fidèle y dort sur mes tombeaux !Chienne splendide, écarte l’idolâtre !Quand, solitaire au sourire de pâtre,Je pais longtemps, moutons mystérieux,Le blanc troupeau de mes tranquilles tombes,Éloignes-en les prudentes colombes,Les songes vains, les anges curieux !Ici venu, l’avenir est paresse.L’insecte net gratte la sécheresse ;Tout est brûlé, défait, reçu dans l’airÀ je ne sais quelle sévère essence…La vie est vaste, étant ivre d’absence,Et l’amertume est douce, et l’esprit clair.Les morts cachés sont bien dans cette terreQui les réchauffe et sèche leur mystère.Midi là-haut, Midi sans mouvementEn soi se pense et convient à soi-même…Tête complète et parfait diadème,Je suis en toi le secret changement.Tu n’as que moi pour contenir tes craintes !Mes repentirs, mes doutes, mes contraintesSont le défaut de ton grand diamant…Mais dans leur nuit toute lourde de marbres,Un peuple vague aux racines des arbresA pris déjà ton parti lentement.Ils ont fondu dans une absence épaisse,L’argile rouge a bu la blanche espèce,Le don de vivre a passé dans les fleurs !Où sont des morts les phrases familières,L’art personnel, les âmes singulières ?La larve file où se formaient des pleurs.Les cris aigus des filles chatouillées,Les yeux, les dents, les paupières mouillées,Le sein charmant qui joue avec le feu,Le sang qui brille aux lèvres qui se rendent,Les derniers dons, les doigts qui les défendent,Tout va sous terre et rentre dans le jeu !Et vous, grande âme, espérez-vous un songeQui n’aura plus ces couleurs de mensongeQu’aux yeux de chair l’onde et l’or font ici ?Chanterez-vous quand serez vaporeuse ?Allez ! Tout fuit ! Ma présence est poreuse,La sainte impatience meurt aussi !Maigre immortalité noire et dorée,Consolatrice affreusement laurée,Qui de la mort fait un sein maternel,Le beau mensonge et la pieuse ruse !Qui ne connaît, et qui ne les refuse,Ce crâne vide et ce rire éternel !Pères profonds, têtes inhabitées,Qui sous le poids de tant de pelletées,Êtes la terre et confondez nos pas,Le vrai rongeur, le ver irréfutableN’est point pour vous qui dormez sous la table,Il vit de vie, il ne me quitte pas !Amour, peut-être, ou de moi-même haine ?Sa dent secrète est de moi si prochaineQue tous les noms lui peuvent convenir !Qu’importe ! Il voit, il veut, il songe, il touche !Ma chair lui plaît, et jusque sur ma couche,À ce vivant je vis d’appartenir !Zénon ! Cruel Zénon ! Zénon d’Élée !M’as-tu percé de cette flèche ailéeQui vibre, vole, et qui ne vole pas !Le son m’enfante et la flèche me tue !Ah ! le soleil… Quelle ombre de tortuePour l’âme, Achille immobile à grands pas !Non, non !… Debout ! Dans l’ère successive !Brisez, mon corps, cette forme pensive !Buvez, mon sein, la naissance du vent !Une fraîcheur, de la mer exhalée,Me rend mon âme… Ô puissance salée !Courons à l’onde en rejaillir vivant !Oui ! Grande mer de délires douée,Peau de panthère et chlamyde trouéeDe mille et mille idoles du soleil,Hydre absolue, ivre de ta chair bleue,Qui te remords l’étincelante queueDans un tumulte au silence pareil,Le vent se lève !… Il faut tenter de vivre !L’air immense ouvre et referme mon livre,La vague en poudre ose jaillir des rocs !Envolez-vous, pages tout éblouies !Rompez, vagues ! Rompez d’eaux réjouiesCe toit tranquille où picoraient des focs !

  8. 87

    Revue / Natsume Sôseki, Oreiller d’herbes

    Oreiller d’herbes est le quatrième livre que j'ai lu de l'écrivain japonais Natsume Sôseki (夏目漱石, 1867-1916). Ce roman-poème raconte l'aventure d'un jeune peintre qui cherche l'évasion à la campagne. L'originalité de ce roman réside d'abord dans son ambiance fantastique, par exemple les multiples rencontres inattendues avec une jeune femme mystérieuse. Ensuite par les digressions opérées par le héros qui nous fait parvenir la plasticité des paysages et ses réflexions sur les conditions de l’artiste.

  9. 86

    Lecture / Victor Hugo, Apparition

    ApparitionJe vis un ange blanc qui passait sur ma tête ;Son vol éblouissant apaisait la tempête,Et faisait taire au loin la mer pleine de bruit.- Qu'est-ce que tu viens faire, ange, dans cette nuit ?Lui dis-je. - Il répondit : - je viens prendre ton âme. -Et j'eus peur, car je vis que c'était une femme ;Et je lui dis, tremblant et lui tendant les bras :- Que me restera-t-il ? car tu t'envoleras. -Il ne répondit pas ; le ciel que l'ombre assiègeS'éteignait ... - Si tu prends mon âme, m'écriai-je,Où l'emporteras-tu ? montre-moi dans quel lieu.Il se taisait toujours. - Ô passant du ciel bleu,Es-tu la mort ? lui dis-je, ou bien es-tu la vie ? -Et la nuit augmentait sur mon âme ravie,Et l'ange devint noir, et dit : - Je suis l'amour.Mais son front sombre était plus charmant que le jour,Et je voyais, dans l'ombre où brillaient ses prunelles,Les astres à travers les plumes de ses ailes.

  10. 85

    Revue / Honoré de Balzac, Le père Goriot

    Vous connaissez peut-être déjà l'histoire du père Goriot. Rastignac, jeune homme qui rêve d'entrer dans la haute société parisienne, rencontre le père Goriot, ancien révolutionnaire, renié par ses filles et ridiculisé par les locataires de la maison Vauquet. Rastignac, balançant entre vertu et vice, voit que le bon n'est pas récompensé et que le mauvais n'est pas puni, laisse finalement son cœur se corrompre.

  11. 84

    Lecture / François Villon, Ballade des Dames du temps jadis

    Ballade des Dames du temps jadisDictes-moy où, n’en quel pays,Est Flora, la belle Romaine ;Archipiada, ne Thaïs,Qui fut sa cousine germaine ;Echo, parlant quand bruyt on maineDessus rivière ou sus estan,Qui beauté eut trop plus qu’humaine ?Mais où sont les neiges d’antan !Où est la très sage Heloïs,Pour qui fut chastré et puis moynePierre Esbaillart à Sainct-Denys ?Pour son amour eut cest essoyne.Semblablement, où est la royneQui commanda que BuridanFust jetté en ung sac en Seine ?Mais où sont les neiges d’antan !La royne Blanche comme ung lys,Qui chantoit à voix de sereine ;Berthe au grand pied, Bietris, Allys ;Harembourges, qui tint le Mayne,Et Jehanne, la bonne Lorraine,Qu’Anglois bruslèrent à Rouen ;Où sont-ilz, Vierge souveraine ?…Mais où sont les neiges d’antan !ENVOIPrince, n’enquerez de sepmaineOù elles sont, ne de cest an,Qu’à ce refrain ne vous remaine :Mais où sont les neiges d’antan !

  12. 83

    Revue / Robert Louis Stevenson, L’île au trésor

    L’île au trésor est un roman d’aventure avec un trésor à la clé et des personnages hauts en couleur. C’est également un roman d’apprentissage pour le jeune Jim qui se languit de partir et qui mûrira au fil de son voyage. Et vous, seriez-vous prêts à tout quitter pour tenter l’aventure ?

  13. 82

    Lecture : Michel de Montaigne : « Chapitre 2. Sur la tristesse », Les Essais

    La tristesse est une disposition d'esprit des plus déplaisantes. — La tristesse est une disposition d'esprit dont je suis à peu près exempt; je ne l'aime, ni ne l'estime; bien qu'assez généralement, comme de parti pris, on l'ait en certaine considération et qu'on en pare la sagesse, la vertu, la conscience, c'est un sot et vilain ornement. Les Italiens ont, avec plus d'à propos, appelé de ce nom la méchanceté, car elle est toujours nuisible, toujours insensée; toujours aussi, elle est le propre d'une âme poltronne et basse; les stoïciens l'interdisent au sage. Effet des grandes douleurs en diverses circonstances; tout sentiment excessif ne se peut exprimer. — L'histoire rapporte que Psamménitus, roi d'Égypte, défait et pris par Cambyse, roi de Perse, voyant passer sa fille, captive comme lui, habillée en servante, qu'on envoyait puiser de l'eau, demeura sans mot dire, les yeux fixés à terre, tandis qu'autour de lui, tous ses amis pleuraient et se lamentaient. Voyant, peu après, son fils qu'on menait à la mort, il garda cette même contenance; tandis qu'à la vue d'un de ses familiers conduit au milieu d'autres prisonniers, il se frappa la tête, témoignant d'une douleur extrême. ...

  14. 81

    Revue / Franz Kafka, La Métamorphose

    Gregor Samsa se réveille un matin pour constater qu'il s'est métamorphosé en un insecte répugnant. Sa famille ne lui donne aucun réconfort allant jusqu'à lui refuser de lui garder sa partie humaine. Dans ce roman court, en fin de compte, qui est l'humain, qui est le monstre ?

  15. 80

    Lecture / Jean de la fontaine, Le Loup et le Chien

    Que choisissez-vous ? Le Loup ou le Chien ?Un Loup n'avait que les os et la peau,Tant les chiens faisaient bonne garde.Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.L'attaquer, le mettre en quartiers,Sire Loup l'eût fait volontiers ;Mais il fallait livrer bataille,Et le Mâtin était de tailleA se défendre hardiment.Le Loup donc l'aborde humblement,Entre en propos, et lui fait complimentSur son embonpoint, qu'il admire."Il ne tiendra qu'à vous beau sire,D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.Quittez les bois, vous ferez bien :Vos pareils y sont misérables,Cancres, hères, et pauvres diables,Dont la condition est de mourir de faim.Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée :Tout à la pointe de l'épée.Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. "Le Loup reprit : "Que me faudra-t-il faire ?- Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gensPortants bâtons, et mendiants ;Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :Moyennant quoi votre salaireSera force reliefs de toutes les façons :Os de poulets, os de pigeons,Sans parler de mainte caresse. "Le Loup déjà se forge une félicitéQui le fait pleurer de tendresse.Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé."Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.- Mais encor ? - Le collier dont je suis attachéDe ce que vous voyez est peut-être la cause.- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pasOù vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?- Il importe si bien, que de tous vos repasJe ne veux en aucune sorte,Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. "Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor.

  16. 79

    Revue : Daniel Defoe, Robinson Crusoe

    Robinson Crusoe est un roman qui m’a donné beaucoup de réconfort lors d’une crise dans ma vie. Je voyais un homme se battre pour survivre dans un monde inconnu, vaste et désert.

  17. 78

    Lecture / Charles van Lerberghe, C’est le premier matin du monde…

    Poème mystique relatant l'origine de l'homme,  écrit par le poète belge symboliste Charles van Lerberghe (1861-1907)C’est le premier matin du monde…C'est le premier matin du monde.Comme une fleur confuse exhalée de la nuit,Au souffle nouveau qui se lève des ondes,Un jardin bleu s'épanouit.Tout s'y confond encore et tout s'y mêle,Frissons de feuilles, chants d'oiseaux,Glissements d'ailes,Sources qui sourdent, voix des airs, voix des eaux,Murmure immense,Et qui pourtant est du silence.Ouvrant à la clarté ses doux et vagues yeux,La jeune et divine ÈveS'est éveillée de Dieu.Et le monde à ses pieds s'étend comme un beau rêve.Or Dieu lui dit : Va, fille humaine,Et donne à tous les êtresQue j'ai créés, une parole de tes lèvres,Un son pour les connaître. 

  18. 77

    Revue / Patrick Süskind, Le parfum

    Le parfum (1985), roman de l'écrivain allmend Patrick Süskind, a aussi pour titre " Histoire d'un meutrier ". Ce meutrier s'appelait Jean-Baptiste Grenouille, homme sans odeur qui possède le talent de pouvoir sentir toutes les odeurs du monde. Après avoir passé une enfance épouvantable, il tue pour posséder les odeurs de jeunes filles. Pour satisfaire son terrible dessein, il veut apprendre les techniques pour fabriquer son funeste  parfum.

  19. 76

    Lecture / Philippe Jacottet, Sur les pas de la lune

    Sur les pas de la lune, poème en prose de Philippe Jacottet, poète et traducteur suisse. Sur les pas de la luneLe silence presque absolu qui se fait parfois au dehors, même dans une grande ville, à la fin de la nuit, ne m'est jamais apparu comme un bonheur, j'en étais effrayé plutôt, et je reprendrai un jour l'examen de ces moments parfois curieusement difficiles : il semble que dans l'espèce de mur qui nous protège se soit ouvertebrusquement une faille derrière laquelle s'amassent, mais sans entrer, les troupes du vide, de gros fantômes cotonneux. Tout au contraire, en cette nuit de lune dont je veux parler, le silence semblait être un autre nom pour l'espace, c'est-à-dire que les bruits très rares, ou plutôt les notes qui étaient perçues dans la fosse nocturne, et en particulier le cri intermittent d'une chouette...

  20. 75

    Revue / Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac

    Cyrano, homme exceptionnel, doué et pour la poésie et pour le combat, mais complexé par son grand nez, cède son amour à un autre. Il chérit cet amour et la fille de son cœur jusqu’à la fin de sa vie.

  21. 74

    Lecture / Marceline Desbordes-Valmore, Les roses de Saâdi

    Très joli poème de Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859), poétesse romantique françaiseLes roses de SaâdiJ'ai voulu ce matin te rapporter des roses ; Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes Que les nœuds trop serrés n'ont pu les contenir.Les nœuds ont éclaté. Les roses, envolées Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées. Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir ;La vague en a paru rouge et comme enflammée. Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée... Respires-en sur moi l'odorant souvenir.

  22. 73

    Revue / Fiodor Dostoïevski, Crime et Châtiment

    Crime et Châtiment (1866), chef d'œuvre de l'écrivain russe Fiodor Dostoïevski, est un roman qui nous fait réfléchir sur la valeur de vie humaine. Lorsqu’on se sent supérieur, on tombe facilement dans le travers du mépris de la vie des autres et donc l’on se met soi-même en danger. Mais le sublime du roman réside dans sa démonstration du châtiment qui suit le crime commis. La rédemption est-elle possible ?...

  23. 72

    Lecture / Roland Scheiff, L’enterrement

    « Ma grand-mère est morte.– Ah... Je suis désolée pour toi !– Non, pas celle-là. L’autre. Celle que tu aimais bien... »Elle se met à pleurer. Je dois la consoler. Ma grand-mère vient de mourir et ma femmefond en larmes. Moi pas. Je ne réalise pas encore. Le pire est à venir. Ma mère. Elle est dans le jardin. Elle ne comprend pas ce qui se passe. Je m’assois à côté d’elle. Je veux partir, ne pas rester à l’écouter pleurer. Moi aussi j'ai du chagrin...

  24. 71

    Revue / Hermann Hesse, Narcisse et Goldmund

    Narcisse et Goldmund (1930) est un roman qui montre toute la richesse de l'écrivain allemand Hermann Hesse. Il nous raconte la formation personnelle et le parcours artistique de Goldmund. Son parcours nous montre comment par la sensibilité de l'art il est possible d’accéder à la sensibilité de la vie, comment on peut trouver son chemin et un équilibre entre le plaisir et le bonheur.

  25. 70

    Lecture / Francis Scott Fitzgerald, Gatsby le Magnifique

    Retrouvez le début de Gatsby le Magnifique, cet homme particulier qui prodigue toute sa richesse afin de reconquérir l'amour de sa jeunesse.

  26. 69

    Hors-série / Adopter un autre regard

    Quand on entre dans une autre culture, on doit réapprendre beaucoup de choses comme un enfant. Ce qui est facile et quotidien pour l’un, peut être incompréhensible et énigmatique pour l’autre. La culture chinoise a enrichi mon identité et m’a appris à adopter un autre regard.

  27. 68

    Lecture / Louis Aragon, Que la vie en vaut la peine

    Que la vie en vaut la peine (Oui ! Elle en vaut la peine !)C'est une chose étrange à la fin que le monde Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit Ces moments de bonheur ces midis d'incendie La nuit immense et noire aux déchirures blondes. Rien n'est si précieux peut-être qu'on le croit D'autres viennent. Ils ont le cœur que j'ai moi-même Ils savent toucher l'herbe et dire je vous aime Et rêver dans le soir où s'éteignent des voix. D'autres qui referont comme moi le voyage D'autres qui souriront d'un enfant rencontré Qui se retourneront pour leur nom murmuré D'autres qui lèveront les yeux vers les nuages. II y aura toujours un couple frémissant Pour qui ce matin-là sera l'aube première II y aura toujours l'eau le vent la lumière Rien ne passe après tout si ce n'est le passant. C'est une chose au fond, que je ne puis comprendre Cette peur de mourir que les gens ont en eux Comme si ce n'était pas assez merveilleux Que le ciel un moment nous ait paru si tendre. Oui je sais cela peut sembler court un moment Nous sommes ainsi faits que la joie et la peine Fuient comme un vin menteur de la coupe trop pleine Et la mer à nos soifs n'est qu'un commencement. Mais pourtant malgré tout malgré les temps farouches Le sac lourd à l'échine et le cœur dévasté Cet impossible choix d'être et d'avoir été Et la douleur qui laisse une ride à la bouche. Malgré la guerre et l'injustice et l'insomnie Où l'on porte rongeant votre cœur ce renard L'amertume et Dieu sait si je l'ai pour ma part Porté comme un enfant volé toute ma vie. Malgré la méchanceté des gens et les rires Quand on trébuche et les monstrueuses raisons Qu'on vous oppose pour vous faire une prison De ce qu'on aime et de ce qu'on croit un martyre. Malgré les jours maudits qui sont des puits sans fond Malgré ces nuits sans fin à regarder la haine Malgré les ennemis les compagnons de chaînes Mon Dieu mon Dieu qui ne savent pas ce qu'ils font. Malgré l'âge et lorsque, soudain le cœur vous flanche L'entourage prêt à tout croire à donner tort Indifférent à cette chose qui vous mord Simple histoire de prendre sur vous sa revanche. La cruauté générale et les saloperies Qu'on vous jette on ne sait trop qui faisant école Malgré ce qu'on a pensé souffert les idées folles Sans pouvoir soulager d'une injure ou d'un cri. Cet enfer Malgré tout cauchemars et blessures Les séparations les deuils les camouflets Et tout ce qu'on voulait pourtant ce qu'on voulait De toute sa croyance imbécile à l'azur. Malgré tout je vous dis que cette vie fut telle Qu'à qui voudra m'entendre à qui je parle ici N'ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci Je dirai malgré tout que cette vie fut belle.  

  28. 67

    Revue / La Chanson de Roland

    Le chevalier Roland représentant force et courage était un exemple de suivre pour moi durant mon enfance. Ce personnage héroïque de La Chanson de Roland, chanson de geste la plus célèbre, existe vraiment dans l’histoire. Cependant, il ne faut pas lire La Chanson de Roland comme un témoignage. Cette épopée parvient à magnifier les évènements, ses personnages et leurs actes tout en jouant avec les émotions des lecteurs. 

  29. 66

    Lecture / Alfred de Vigny, Le Mont des Oliviers

    Voici un poème qui raconte la peur et le doute du Christ avant son calvaireLe Mont des OliviersAlfred de VignyIAlors il était nuit et Jésus marchait seul,Vêtu de blanc ainsi qu’un mort de son linceul ;Les disciples dormaient au pied de la colline.Parmi les oliviers qu’un vent sinistre inclineJésus marche à grands pas en frissonnant comme eux ;Triste jusqu’à la mort; l’oeil sombre et ténébreux,Le front baissé, croisant les deux bras sur sa robeComme un voleur de nuit cachant ce qu’il dérobe ;Connaissant les rochers mieux qu’un sentier uni,Il s’arrête en un lieu nommé Gethsémani :Il se courbe, à genoux, le front contre la terre,Puis regarde le ciel en appelant : Mon Père !– Mais le ciel reste noir, et Dieu ne répond pas.Il se lève étonné, marche encore à grands pas,Froissant les oliviers qui tremblent. Froide et lenteDécoule de sa tête une sueur sanglante.Il recule, il descend, il crie avec effroi :Ne pouviez-vous prier et veiller avec moi !Mais un sommeil de mort accable les apôtres,Pierre à la voix du maître est sourd comme les autres.Le fils de l’homme alors remonte lentement.Comme un pasteur d’Egypte il cherche au firmamentSi l’Ange ne luit pas au fond de quelque étoile.Mais un nuage en deuil s’étend comme le voileD’une veuve et ses plis entourent le désert.Jésus, se rappelant ce qu’il avait souffertDepuis trente-trois ans, devint homme, et la crainteSerra son coeur mortel d’une invincible étreinte.Il eut froid. Vainement il appela trois fois :MON PÈRE ! – Le vent seul répondit à sa voix..Il tomba sur le sable assis et, dans sa peine,Eut sur le monde et l’homme une pensée humaine.– Et la Terre trembla, sentant la pesanteurDu Sauveur qui tombait aux pieds du créateur.IIJésus disait :  » Ô Père, encor laisse-moi vivre !Avant le dernier mot ne ferme pas mon livre !Ne sens-tu pas le monde et tout le genre humainQui souffre avec ma chair et frémit dans ta main ?C’est que la Terre a peur de rester seule et veuve,Quand meurt celui qui dit une parole neuve ;Et que tu n’as laissé dans son sein desséchéTomber qu’un mot du ciel par ma bouche épanché.Mais ce mot est si pur, et sa douceur est telle,Qu’il a comme enivré la famille mortelleD’une goutte de vie et de Divinité,Lorsqu’en ouvrant les bras j’ai dit : FRATERNITE !– Père, oh ! si j’ai rempli mon douloureux message,Si j’ai caché le Dieu sous la face du Sage,Du Sacrifice humain si j’ai changé le prix,Pour l’offrande des corps recevant les esprits,Substituant partout aux choses le Symbole,La parole au combat, comme au trésor l’obole,Aux flots rouges du Sang les flots vermeils du vin,Aux membres de la chair le pain blanc sans levain ;Si j’ai coupé les temps en deux parts, l’une esclaveEt l’autre libre ; – au nom du Passé que je lavePar le sang de mon corps qui souffre et va finir :Versons-en la moitié pour laver l’avenir !Père Libérateur ! jette aujourd’hui, d’avance,La moitié de ce Sang d’amour et d’innocenceSur la tête de ceux qui viendront en disant :« Il est permis pour tous de tuer l’innocent. »Nous savons qu’il naîtra, dans le lointain des âges,Des dominateurs durs escortés de faux SagesQui troubleront l’esprit de chaque nationEn donnant un faux sens à ma rédemption. –Hélas ! je parle encor que déjà ma paroleEst tournée en poison dans chaque parabole ;Eloigne ce calice impur et plus amerQue le fiel, ou l’absinthe, ou les eaux de la mer.Les verges qui viendront, la couronne d’épine,Les clous des mains, la lance au fond de ma poitrine,Enfin toute la croix qui se dresse et m’attend,N’ont rien, mon Père, oh ! rien qui m’épouvante autant !– Quand les Dieux veulent bien s’abattre sur les mondes,Es n’y doivent laisser que des traces profondes,Et si j’ai mis le pied sur ce globe incompletDont le gémissement sans repos m’appelait,C’était pour y laisser deux anges à ma placeDe qui la race humaine aurait baisé la trace,La Certitude heureuse et l’Espoir confiantQui dans le Paradis marchent en souriant.Mais je vais la quitter, cette indigente terre,N’ayant que soulevé ce manteau de misèreQui l’entoure à grands plis, drap lugubre et fatal,Que d’un bout tient le Doute et de l’autre le Mal.Mal et Doute ! En un mot je puis les mettre en poudre ;Vous les aviez prévus, laissez-moi vous absoudreDe les avoir permis. – C’est l’accusationQui pèse de partout sur la Création !– Sur son tombeau désert faisons monter Lazare.Du grand secret des morts qu’il ne soit plus avareEt de ce qu’il a vu donnons-lui souvenir,Qu’il parle. – Ce qui dure et ce qui doit finir ;Ce qu’a mis le Seigneur au coeur de la Nature,Ce qu’elle prend et donne à toute créature ;Quels sont, avec le Ciel, ses muets entretiens,Son amour ineffable et ses chastes liens ;Comment tout s’y détruit et tout s’y renouvellePourquoi ce qui s’y cache et ce qui s’y révèle ;Si les astres des cieux tour à tour éprouvésSont comme celui-ci coupables et sauvés ;Si la Terre est pour eux ou s’ils sont pour la Terre ;Ce qu’a de vrai la fable et de clair le mystère,D’ignorant le savoir et de faux la raison ;Pourquoi l’âme est liée en sa faible prison ;Et pourquoi nul sentier entre deux larges voies,Entre l’ennui du calme et des paisibles joiesEt la rage sans fin des vagues passions,Entre la Léthargie et les Convulsions ;Et pourquoi pend la Mort comme une sombre épéeAttristant la Nature à tout moment frappée ;– Si le Juste et le Bien, si l’Injuste et le MalSont de vils accidents en un cercle fatalOu si de l’univers ils sont les deux grands pôles,Soutenant Terre et Cieux sur leurs vastes épaules ;Et pourquoi les Esprits du Mal sont triomphantsDes maux immérités, de la mort des enfants ;– Et si les Nations sont des femmes guidéesPar les étoiles d’or des divines idéesOu de folles enfants sans lampes dans la nuit,Se heurtant et pleurant et que rien ne conduit ;– Et si, lorsque des temps l’horloge périssableAura jusqu’au dernier versé ses grains de sable,Un regard de vos yeux, un cri de votre voix,Un soupir de mon coeur, un signe de ma croix,Pourra faire ouvrir l’ongle aux Peines Eternelles,Lâcher leur proie humaine et reployer leurs ailes ;– Tout sera révélé dés que l’homme sauraDe quels lieux il arrive et dans quels il ira.  »IIIAinsi le divin fils parlait au divin Père.Il se prosterne encore, il attend, il espère,Mais il renonce et dit : Que votre VolontéSoit faite et non la mienne et pour l’Eternité.Une terreur profonde, une angoisse infinieRedoublent sa torture et sa lente agonie.Il regarde longtemps, longtemps cherche sans voir.Comme un marbre de deuil tout le ciel était noir.La Terre sans clartés, sans astre et sans aurore,Et sans clartés de l’âme ainsi qu’elle est encore,Frémissait. – Dans le bois il entendit des pas,Et puis il vit rôder la torche de Judas.

  30. 65

    Revue : Jane Austen, Orgueil et préjugés

    J'ai mis du temps à commencer à lire Orgueil et préjugés. Pour être honnête, l'histoire d'amour dans ce chef-d'œuvre ne présente pas beaucoup d'attraits pour moi. Cependant, j'y trouve un bel intérêt dans le caractère de M. Darcy, dans la place de la femme de cette société et surtout dans le personnage d’Élisabeth.

  31. 64

    Lecture : Franz Kafka, Le procès

    La fin du Procès, chef-d'œuvre de Franz Kafka. Joseph K est améné à être exécuté. Il n'y a ni pleur ni cri, seulement des politesses et le souci de convenances. Qui donc est le véritable bourreau de K ?...

  32. 63

    Revue / Victor Hugo, Les Misérables

    Les Misérables, c’est le juste titre donné à ce roman. Victor Hugo donne la parole et rend la dignité aux pauvres gens qui vivent dans la privation et l'oppression de son époque. Nous pleurons pour leur malheur, leur courage et leur gentillesse. Merci, Mr Hugo!

  33. 62

    Lecture / Roland Scheiff, Mio

    De quel arbre en fleur ?Je ne sais -- mais quel parfum ! 

  34. 61

    Revue / Guy de Maupassant, Le Horla

    Le Horla de Maupassant est une nouvelle fantastique. Le héros de cette nouvelle découvre des phénomènes surnaturels autour de sa vie, se sent enfin prisonnier de sa maison et de son corps. Cette créature, nommée par lui « le Horla », existe-elle vraiment ? Ou est-ce lui qui sombre dans la folie ? Une chose de sûre, il décide finalement d’en finir avec lui…

  35. 60

    Lecture / Sully Prudhomme, Le cygne

    Le CygneSans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes,Le cygne chasse l’onde avec ses larges palmes,Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareilA des neiges d’avril qui croulent au soleil ;Mais, ferme et d’un blanc mat, vibrant sous le zéphire,Sa grande aile l’entraîne ainsi qu’un lent navire.Il dresse son beau col au-dessus des roseaux,Le plonge, le promène allongé sur les eaux,Le courbe gracieux comme un profil d’acanthe,Et cache son bec noir dans sa gorge éclatante.Tantôt le long des pins, séjour d’ombre et de paix,Il serpente, et laissant les herbages épaisTraîner derrière lui comme une chevelure,Il va d’une tardive et languissante allure ;La grotte où le poète écoute ce qu’il sent,Et la source qui pleure un éternel absent,Lui plaisent : il y rôde ; une feuille de sauleEn silence tombée effleure son épaule ;Tantôt il pousse au large, et, loin du bois obscur,Superbe, gouvernant du côté de l’azur,Il choisit, pour fêter sa blancheur qu’il admire,La place éblouissante où le soleil se mire.Puis, quand les bords de l’eau ne se distinguent plus,A l’heure où toute forme est un spectre confus,Où l’horizon brunit, rayé d’un long trait rouge,Alors que pas un jonc, pas un glaïeul ne bouge,Que les rainettes font dans l’air serein leur bruitEt que la luciole au clair de lune luit,L’oiseau, dans le lac sombre, où sous lui se reflèteLa splendeur d’une nuit lactée et violette,Comme un vase d’argent parmi des diamants,Dort, la tête sous l’aile, entre deux firmaments.

  36. 59

    Revue / Alexandre Pouchkine, Eugène Onéguine

    Eugène Onéguine est un roman en vers qui raconte une histoire tragique d’un amour manqué. Tatiana, dont la jeune sœur doit se marier à Lensky, ami d’Onéguine, s’éprend d’Eugène Onéguine. Jeune homme oisif et fatigué de la vie, Onéguine jouera un méchant tour à son ami après avoir refusé l’amour de Tatiana. Le génie de Pouchkine est de parvenir à créer de nombreuses images dans une langue riche tout en évitant les pièges des lieux communs.

  37. 58

    Lecture / Joachim Du Bellay, Heureux qui, comme Ulysse…

    Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,Et puis est retourné, plein d’usage et raison,Vivre entre ses parents le reste de son âge !Quand reverrai-je, hélas, de mon petit villageFumer la cheminée, et en quelle saisonReverrai-je le clos de ma pauvre maison,Qui m’est une province, et beaucoup davantage ?Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,Que des palais Romains le front audacieux,Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine :Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin,Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,Et plus que l’air marin la doulceur angevine.

  38. 57

    Revue : Wu Cheng’en, La Pérégrination vers l’Ouest

    Vous connaissez probablement le mythe de Sun Wukong, mais savez-vous d'où viennent ce mythe et cette figure héroique ? Dans La Pérégrination vers l'Ouest, Wukong, né d'une pierre, sans parents, plus fort que tous, se révolte contre les immortels. Pour s’être révolté contre le Ciel,  il doit accepter la mission de protéger le moine Tripitaka de tous les démons au cours de leur voyage vers le paradis de l'ouest afin de chercher les écrits bouddiques.

  39. 56

    Lecture / Akinari Ueda, « Le rendez-vous aux chrysanthèmes »

    Voici la nouvelle que j'ai le plus aimée parmi les contes de pluie et de lune. « Le rendez-vous aux chrysanthèmes » narre la réalisation presque surnaturelle de la promesse entre deux hommes. Cette loyauté traverse la frontière entre la mort et la vie...

  40. 55

    Revue / Akinari Ueda, Contes de pluie et de lune

    Les Contes de pluie et de lune sont le chef-d'œuvre de l'écrivain japonais Ueda Akinari (1734-1809). Ce sont neufs petites histoires de fantômes représentatives du genre fantastique japonais. Akinari réussit à tisser une ambiance plus importante que l'histoire. Il nous rappelle aussi que la mort appartient à nous, les vivants.

  41. 54

    Lecture : Paul Eluard, Je t’aime

    Voilà un poème pour le saint-valentin venant de passerJe t’aimeJe t’aime pour toutes les femmesQue je n’ai pas connuesJe t’aime pour tout le tempsOù je n’ai pas vécuPour l’odeur du grand largeEt l’odeur du pain chaudPour la neige qui fondPour les premières fleursPour les animaux pursQue l’homme n’effraie pasJe t’aime pour aimerJe t’aime pour toutes les femmesQue je n’aime pasQui me reflète sinon toi-mêmeJe me vois si peuSans toi je ne vois rienQu’une étendue déserteEntre autrefois et aujourd’huiIl y a eu toutes ces mortsQue j’ai franchiesSur de la pailleJe n’ai pas pu percerLe mur de mon miroirIl m’a fallu apprendreMot par mot la vieComme on oublieJe t’aime pour ta sagesseQui n’est pas la miennePour la santé je t’aimeContre tout ce qui n’est qu’illusionPour ce cœur immortelQue je ne détiens pasQue tu crois être le douteEt tu n’es que raisonTu es le grand soleilQui me monte à la têteQuand je suis sûr de moiQuand je suis sûr de moiTu es le grand soleilQui me monte à la têteQuand je suis sûr de moiQuand je suis sûr de moiPaul Eluard

  42. 53

    Revue / Maurice Maeterlinck, Pelléas et Mélisande

    Pelléas et Mélisande est une pièce de théâtre de l'écrivain belge Maurice Maeterlinck (1862-1949), prix nobel de 1911. C'est une œuvre à comprendre dans le contexte du symbolisme belge. Avec une intrigue et un langage simples,  Maeterlink parvient à créer un monde riche de symboles, enveloppé dans une ambiance grise, plate, voire malsaine. Il tente de dévoiler le primitif et l'invisible occultés par la connaissance et la raison. C'est une bulle littéraire qui permet de renverser le monde qui nous est présenté et d'entrer dans une nouvelle réflexion contrairement à ce qui est enseigné.

  43. 52

    Lecture / Guillaume Apollinaire,Le Pont Mirabeau

    Un poème qui chante le chagrin d'amour. Chagrin d'autant plus grand que le Pont Mirabeau, la Seine et la ville demeurent, sans être affectés par le temps.Le Pont MirabeauGuillaume ApollinaireSous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il qu’il m’en souvienne La joie venait toujours après la peineVienne la nuit sonne l’heureLes jours s’en vont je demeureLes mains dans les mains restons face à faceTandis que sousLe pont de nos bras passeDes éternels regards l’onde si lasseVienne la nuit sonne l’heureLes jours s’en vont je demeureL’amour s’en va comme cette eau couranteL’amour s’en vaComme la vie est lenteEt comme l’Espérance est violenteVienne la nuit sonne l’heureLes jours s’en vont je demeurePassent les jours et passent les semainesNi temps passéNi les amours reviennentSous le pont Mirabeau coule la SeineVienne la nuit sonne l’heureLes jours s’en vont je demeure

  44. 51

    Revue / Charles-Ferdinand Ramuz, La grande Peur dans la Montagne

    Pour ceux qui aiment l'horreur et le surnaturel, La grande Peur dans la Montagne de l'écrivain suisse Charles-Ferdinand Ramuz peut être un très bon choix. Dans le sommet de la "montagne" exsite un pâturage abandonné, un groupe de jeunes vachers décide d'y aller malgré les avertissements de leurs ainés. Une fois arrivés dans ce lieu, les malheurs frappent tour à tour mystérieusement... Est-ce une malédiction surnaturelle ou y a-t-il quelqu'un derrière ces étranges événements ?

  45. 50

    Lecture : Victor Hugo, Demain, dès l’aube…

    Le poème bouleversant de Victor Hugo en mémoire de sa filleDemain, dès l’aube…Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombeUn bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

  46. 49

    Revue / J.R.R. Tolkien, Le Silmarillion

    Connaissez-vous les Seigneurs des anneaux de Tolkien ? Pourquoi les hommes, les elfes et les nains doivent s'unir pour détruire l'anneau ? Le Silmarillion, avec une écriture presque biblique, raconte comment cet univers est créé. Ilúvatar, le premier Dieu, crée le monde par les chants et les Valar par la pensée...

  47. 48

    Lecture / Marcel Proust, Du côté de chez Swann

    Un des incipits les plus connus de la littérature.Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire: «Je m’endors.» Et, une demi-heure après, la pensée qu’il était temps de chercher le sommeil m’éveillait; je voulais poser le volume que je croyais avoir encore dans les mains et souffler ma lumière; je n’avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour un peu particulier; il me semblait que j’étais moi-même ce dont parlait l’ouvrage: une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles Quint...

  48. 47

    Hors-série / Comment choisir un livre ?

    Comment choisir un livre ? Lire doit rester un plaisir. Mais le plaisir n'est pas forcément immédiat. Donnez donc la chance à chaque livre que vous lisez. Choisir peut aussi être un plaisir. Prenez donc le temps de choisir votre lecture. Restez ouvert au monde et maître de son envie.

  49. 46

    Lecture / Paul Verlaine, Parsifal

    Parsifal, le chevalier pur à la recherche de la Graal, ne cesse d'inspirer les artistes. Voici un poème de Verlaine lu sur la musique du célèbre opéra de Wagner : Parsifal.Parsifal Parsifal a vaincu les Filles, leur gentilBabil et la luxure amusante — et sa penteVers la Chair de garçon vierge que cela tenteD’aimer les seins légers et ce gentil babil ;Il a vaincu la Femme belle, au cœur subtil,Étalant ses bras frais et sa gorge excitante ;Il a vaincu l’Enfer et rentre sous la tenteAvec un lourd trophée à son bras puéril,Avec la lance qui perça le Flanc suprême !Il a guéri le roi, le voici roi lui-même,Et prêtre du très saint Trésor essentiel.En robe d’or il adore, gloire et symbole,Le vase pur où resplendit le Sang réel.— Et, ô ces voix d’enfants chantant dans la coupole !

  50. 45

    Revue / Georges Eekhoud, La Nouvelle Carthage

    La découverte de La Nouvelle Carthage (1888) est une vraie joie. On suit tour à tour trois personnages afin de découvrir la ville industrielle d'Anvers, les laideurs du monde bourgeois et les vices du milieu prolétarien. Anvers est désignée comme la nouvelle Carthage riche et florissante mais décadente, donc condamnée à la ruine...

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