La geste d'Orland

PODCAST · arts

La geste d'Orland

Lire la littérature avec monsieur Orland

  1. 86

    Revue : Daniel Defoe, Robinson Crusoe

    Robinson Crusoe est un roman qui m’a donné beaucoup de réconfort lors d’une crise dans ma vie. Je voyais un homme se battre pour survivre dans un monde inconnu, vaste et désert.

  2. 85

    Lecture / Charles van Lerberghe, C’est le premier matin du monde…

    Poème mystique relatant l'origine de l'homme,  écrit par le poète belge symboliste Charles van Lerberghe (1861-1907)C’est le premier matin du monde…C'est le premier matin du monde.Comme une fleur confuse exhalée de la nuit,Au souffle nouveau qui se lève des ondes,Un jardin bleu s'épanouit.Tout s'y confond encore et tout s'y mêle,Frissons de feuilles, chants d'oiseaux,Glissements d'ailes,Sources qui sourdent, voix des airs, voix des eaux,Murmure immense,Et qui pourtant est du silence.Ouvrant à la clarté ses doux et vagues yeux,La jeune et divine ÈveS'est éveillée de Dieu.Et le monde à ses pieds s'étend comme un beau rêve.Or Dieu lui dit : Va, fille humaine,Et donne à tous les êtresQue j'ai créés, une parole de tes lèvres,Un son pour les connaître. 

  3. 84

    Revue / Patrick Süskind, Le parfum

    Le parfum (1985), roman de l'écrivain allmend Patrick Süskind, a aussi pour titre " Histoire d'un meutrier ". Ce meutrier s'appelait Jean-Baptiste Grenouille, homme sans odeur qui possède le talent de pouvoir sentir toutes les odeurs du monde. Après avoir passé une enfance épouvantable, il tue pour posséder les odeurs de jeunes filles. Pour satisfaire son terrible dessein, il veut apprendre les techniques pour fabriquer son funeste  parfum.

  4. 83

    Lecture / Philippe Jacottet, Sur les pas de la lune

    Sur les pas de la lune, poème en prose de Philippe Jacottet, poète et traducteur suisse. Sur les pas de la luneLe silence presque absolu qui se fait parfois au dehors, même dans une grande ville, à la fin de la nuit, ne m'est jamais apparu comme un bonheur, j'en étais effrayé plutôt, et je reprendrai un jour l'examen de ces moments parfois curieusement difficiles : il semble que dans l'espèce de mur qui nous protège se soit ouvertebrusquement une faille derrière laquelle s'amassent, mais sans entrer, les troupes du vide, de gros fantômes cotonneux. Tout au contraire, en cette nuit de lune dont je veux parler, le silence semblait être un autre nom pour l'espace, c'est-à-dire que les bruits très rares, ou plutôt les notes qui étaient perçues dans la fosse nocturne, et en particulier le cri intermittent d'une chouette...

  5. 82

    Revue / Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac

    Cyrano, homme exceptionnel, doué et pour la poésie et pour le combat, mais complexé par son grand nez, cède son amour à un autre. Il chérit cet amour et la fille de son cœur jusqu’à la fin de sa vie.

  6. 81

    Lecture / Marceline Desbordes-Valmore, Les roses de Saâdi

    Très joli poème de Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859), poétesse romantique françaiseLes roses de SaâdiJ'ai voulu ce matin te rapporter des roses ; Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes Que les nœuds trop serrés n'ont pu les contenir.Les nœuds ont éclaté. Les roses, envolées Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées. Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir ;La vague en a paru rouge et comme enflammée. Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée... Respires-en sur moi l'odorant souvenir.

  7. 80

    Revue / Fiodor Dostoïevski, Crime et Châtiment

    Crime et Châtiment (1866), chef d'œuvre de l'écrivain russe Fiodor Dostoïevski, est un roman qui nous fait réfléchir sur la valeur de vie humaine. Lorsqu’on se sent supérieur, on tombe facilement dans le travers du mépris de la vie des autres et donc l’on se met soi-même en danger. Mais le sublime du roman réside dans sa démonstration du châtiment qui suit le crime commis. La rédemption est-elle possible ?...

  8. 79

    Lecture / Roland Scheiff, L’enterrement

    « Ma grand-mère est morte.– Ah... Je suis désolée pour toi !– Non, pas celle-là. L’autre. Celle que tu aimais bien... »Elle se met à pleurer. Je dois la consoler. Ma grand-mère vient de mourir et ma femmefond en larmes. Moi pas. Je ne réalise pas encore. Le pire est à venir. Ma mère. Elle est dans le jardin. Elle ne comprend pas ce qui se passe. Je m’assois à côté d’elle. Je veux partir, ne pas rester à l’écouter pleurer. Moi aussi j'ai du chagrin...

  9. 78

    Revue / Hermann Hesse, Narcisse et Goldmund

    Narcisse et Goldmund (1930) est un roman qui montre toute la richesse de l'écrivain allemand Hermann Hesse. Il nous raconte la formation personnelle et le parcours artistique de Goldmund. Son parcours nous montre comment par la sensibilité de l'art il est possible d’accéder à la sensibilité de la vie, comment on peut trouver son chemin et un équilibre entre le plaisir et le bonheur.

  10. 77

    Lecture / Francis Scott Fitzgerald, Gatsby le Magnifique

    Retrouvez le début de Gatsby le Magnifique, cet homme particulier qui prodigue toute sa richesse afin de reconquérir l'amour de sa jeunesse.

  11. 76

    Hors-série / Adopter un autre regard

    Quand on entre dans une autre culture, on doit réapprendre beaucoup de choses comme un enfant. Ce qui est facile et quotidien pour l’un, peut être incompréhensible et énigmatique pour l’autre. La culture chinoise a enrichi mon identité et m’a appris à adopter un autre regard.

  12. 75

    Lecture / Louis Aragon, Que la vie en vaut la peine

    Que la vie en vaut la peine (Oui ! Elle en vaut la peine !)C'est une chose étrange à la fin que le monde Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit Ces moments de bonheur ces midis d'incendie La nuit immense et noire aux déchirures blondes. Rien n'est si précieux peut-être qu'on le croit D'autres viennent. Ils ont le cœur que j'ai moi-même Ils savent toucher l'herbe et dire je vous aime Et rêver dans le soir où s'éteignent des voix. D'autres qui referont comme moi le voyage D'autres qui souriront d'un enfant rencontré Qui se retourneront pour leur nom murmuré D'autres qui lèveront les yeux vers les nuages. II y aura toujours un couple frémissant Pour qui ce matin-là sera l'aube première II y aura toujours l'eau le vent la lumière Rien ne passe après tout si ce n'est le passant. C'est une chose au fond, que je ne puis comprendre Cette peur de mourir que les gens ont en eux Comme si ce n'était pas assez merveilleux Que le ciel un moment nous ait paru si tendre. Oui je sais cela peut sembler court un moment Nous sommes ainsi faits que la joie et la peine Fuient comme un vin menteur de la coupe trop pleine Et la mer à nos soifs n'est qu'un commencement. Mais pourtant malgré tout malgré les temps farouches Le sac lourd à l'échine et le cœur dévasté Cet impossible choix d'être et d'avoir été Et la douleur qui laisse une ride à la bouche. Malgré la guerre et l'injustice et l'insomnie Où l'on porte rongeant votre cœur ce renard L'amertume et Dieu sait si je l'ai pour ma part Porté comme un enfant volé toute ma vie. Malgré la méchanceté des gens et les rires Quand on trébuche et les monstrueuses raisons Qu'on vous oppose pour vous faire une prison De ce qu'on aime et de ce qu'on croit un martyre. Malgré les jours maudits qui sont des puits sans fond Malgré ces nuits sans fin à regarder la haine Malgré les ennemis les compagnons de chaînes Mon Dieu mon Dieu qui ne savent pas ce qu'ils font. Malgré l'âge et lorsque, soudain le cœur vous flanche L'entourage prêt à tout croire à donner tort Indifférent à cette chose qui vous mord Simple histoire de prendre sur vous sa revanche. La cruauté générale et les saloperies Qu'on vous jette on ne sait trop qui faisant école Malgré ce qu'on a pensé souffert les idées folles Sans pouvoir soulager d'une injure ou d'un cri. Cet enfer Malgré tout cauchemars et blessures Les séparations les deuils les camouflets Et tout ce qu'on voulait pourtant ce qu'on voulait De toute sa croyance imbécile à l'azur. Malgré tout je vous dis que cette vie fut telle Qu'à qui voudra m'entendre à qui je parle ici N'ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci Je dirai malgré tout que cette vie fut belle.  

  13. 74

    Revue / La Chanson de Roland

    Le chevalier Roland représentant force et courage était un exemple de suivre pour moi durant mon enfance. Ce personnage héroïque de La Chanson de Roland, chanson de geste la plus célèbre, existe vraiment dans l’histoire. Cependant, il ne faut pas lire La Chanson de Roland comme un témoignage. Cette épopée parvient à magnifier les évènements, ses personnages et leurs actes tout en jouant avec les émotions des lecteurs. 

  14. 73

    Lecture / Alfred de Vigny, Le Mont des Oliviers

    Voici un poème qui raconte la peur et le doute du Christ avant son calvaireLe Mont des OliviersAlfred de VignyIAlors il était nuit et Jésus marchait seul,Vêtu de blanc ainsi qu’un mort de son linceul ;Les disciples dormaient au pied de la colline.Parmi les oliviers qu’un vent sinistre inclineJésus marche à grands pas en frissonnant comme eux ;Triste jusqu’à la mort; l’oeil sombre et ténébreux,Le front baissé, croisant les deux bras sur sa robeComme un voleur de nuit cachant ce qu’il dérobe ;Connaissant les rochers mieux qu’un sentier uni,Il s’arrête en un lieu nommé Gethsémani :Il se courbe, à genoux, le front contre la terre,Puis regarde le ciel en appelant : Mon Père !– Mais le ciel reste noir, et Dieu ne répond pas.Il se lève étonné, marche encore à grands pas,Froissant les oliviers qui tremblent. Froide et lenteDécoule de sa tête une sueur sanglante.Il recule, il descend, il crie avec effroi :Ne pouviez-vous prier et veiller avec moi !Mais un sommeil de mort accable les apôtres,Pierre à la voix du maître est sourd comme les autres.Le fils de l’homme alors remonte lentement.Comme un pasteur d’Egypte il cherche au firmamentSi l’Ange ne luit pas au fond de quelque étoile.Mais un nuage en deuil s’étend comme le voileD’une veuve et ses plis entourent le désert.Jésus, se rappelant ce qu’il avait souffertDepuis trente-trois ans, devint homme, et la crainteSerra son coeur mortel d’une invincible étreinte.Il eut froid. Vainement il appela trois fois :MON PÈRE ! – Le vent seul répondit à sa voix..Il tomba sur le sable assis et, dans sa peine,Eut sur le monde et l’homme une pensée humaine.– Et la Terre trembla, sentant la pesanteurDu Sauveur qui tombait aux pieds du créateur.IIJésus disait :  » Ô Père, encor laisse-moi vivre !Avant le dernier mot ne ferme pas mon livre !Ne sens-tu pas le monde et tout le genre humainQui souffre avec ma chair et frémit dans ta main ?C’est que la Terre a peur de rester seule et veuve,Quand meurt celui qui dit une parole neuve ;Et que tu n’as laissé dans son sein desséchéTomber qu’un mot du ciel par ma bouche épanché.Mais ce mot est si pur, et sa douceur est telle,Qu’il a comme enivré la famille mortelleD’une goutte de vie et de Divinité,Lorsqu’en ouvrant les bras j’ai dit : FRATERNITE !– Père, oh ! si j’ai rempli mon douloureux message,Si j’ai caché le Dieu sous la face du Sage,Du Sacrifice humain si j’ai changé le prix,Pour l’offrande des corps recevant les esprits,Substituant partout aux choses le Symbole,La parole au combat, comme au trésor l’obole,Aux flots rouges du Sang les flots vermeils du vin,Aux membres de la chair le pain blanc sans levain ;Si j’ai coupé les temps en deux parts, l’une esclaveEt l’autre libre ; – au nom du Passé que je lavePar le sang de mon corps qui souffre et va finir :Versons-en la moitié pour laver l’avenir !Père Libérateur ! jette aujourd’hui, d’avance,La moitié de ce Sang d’amour et d’innocenceSur la tête de ceux qui viendront en disant :« Il est permis pour tous de tuer l’innocent. »Nous savons qu’il naîtra, dans le lointain des âges,Des dominateurs durs escortés de faux SagesQui troubleront l’esprit de chaque nationEn donnant un faux sens à ma rédemption. –Hélas ! je parle encor que déjà ma paroleEst tournée en poison dans chaque parabole ;Eloigne ce calice impur et plus amerQue le fiel, ou l’absinthe, ou les eaux de la mer.Les verges qui viendront, la couronne d’épine,Les clous des mains, la lance au fond de ma poitrine,Enfin toute la croix qui se dresse et m’attend,N’ont rien, mon Père, oh ! rien qui m’épouvante autant !– Quand les Dieux veulent bien s’abattre sur les mondes,Es n’y doivent laisser que des traces profondes,Et si j’ai mis le pied sur ce globe incompletDont le gémissement sans repos m’appelait,C’était pour y laisser deux anges à ma placeDe qui la race humaine aurait baisé la trace,La Certitude heureuse et l’Espoir confiantQui dans le Paradis marchent en souriant.Mais je vais la quitter, cette indigente terre,N’ayant que soulevé ce manteau de misèreQui l’entoure à grands plis, drap lugubre et fatal,Que d’un bout tient le Doute et de l’autre le Mal.Mal et Doute ! En un mot je puis les mettre en poudre ;Vous les aviez prévus, laissez-moi vous absoudreDe les avoir permis. – C’est l’accusationQui pèse de partout sur la Création !– Sur son tombeau désert faisons monter Lazare.Du grand secret des morts qu’il ne soit plus avareEt de ce qu’il a vu donnons-lui souvenir,Qu’il parle. – Ce qui dure et ce qui doit finir ;Ce qu’a mis le Seigneur au coeur de la Nature,Ce qu’elle prend et donne à toute créature ;Quels sont, avec le Ciel, ses muets entretiens,Son amour ineffable et ses chastes liens ;Comment tout s’y détruit et tout s’y renouvellePourquoi ce qui s’y cache et ce qui s’y révèle ;Si les astres des cieux tour à tour éprouvésSont comme celui-ci coupables et sauvés ;Si la Terre est pour eux ou s’ils sont pour la Terre ;Ce qu’a de vrai la fable et de clair le mystère,D’ignorant le savoir et de faux la raison ;Pourquoi l’âme est liée en sa faible prison ;Et pourquoi nul sentier entre deux larges voies,Entre l’ennui du calme et des paisibles joiesEt la rage sans fin des vagues passions,Entre la Léthargie et les Convulsions ;Et pourquoi pend la Mort comme une sombre épéeAttristant la Nature à tout moment frappée ;– Si le Juste et le Bien, si l’Injuste et le MalSont de vils accidents en un cercle fatalOu si de l’univers ils sont les deux grands pôles,Soutenant Terre et Cieux sur leurs vastes épaules ;Et pourquoi les Esprits du Mal sont triomphantsDes maux immérités, de la mort des enfants ;– Et si les Nations sont des femmes guidéesPar les étoiles d’or des divines idéesOu de folles enfants sans lampes dans la nuit,Se heurtant et pleurant et que rien ne conduit ;– Et si, lorsque des temps l’horloge périssableAura jusqu’au dernier versé ses grains de sable,Un regard de vos yeux, un cri de votre voix,Un soupir de mon coeur, un signe de ma croix,Pourra faire ouvrir l’ongle aux Peines Eternelles,Lâcher leur proie humaine et reployer leurs ailes ;– Tout sera révélé dés que l’homme sauraDe quels lieux il arrive et dans quels il ira.  »IIIAinsi le divin fils parlait au divin Père.Il se prosterne encore, il attend, il espère,Mais il renonce et dit : Que votre VolontéSoit faite et non la mienne et pour l’Eternité.Une terreur profonde, une angoisse infinieRedoublent sa torture et sa lente agonie.Il regarde longtemps, longtemps cherche sans voir.Comme un marbre de deuil tout le ciel était noir.La Terre sans clartés, sans astre et sans aurore,Et sans clartés de l’âme ainsi qu’elle est encore,Frémissait. – Dans le bois il entendit des pas,Et puis il vit rôder la torche de Judas.

  15. 72

    Revue : Jane Austen, Orgueil et préjugés

    J'ai mis du temps à commencer à lire Orgueil et préjugés. Pour être honnête, l'histoire d'amour dans ce chef-d'œuvre ne présente pas beaucoup d'attraits pour moi. Cependant, j'y trouve un bel intérêt dans le caractère de M. Darcy, dans la place de la femme de cette société et surtout dans le personnage d’Élisabeth.

  16. 71

    Lecture : Franz Kafka, Le procès

    La fin du Procès, chef-d'œuvre de Franz Kafka. Joseph K est améné à être exécuté. Il n'y a ni pleur ni cri, seulement des politesses et le souci de convenances. Qui donc est le véritable bourreau de K ?...

  17. 70

    Revue / Victor Hugo, Les Misérables

    Les Misérables, c’est le juste titre donné à ce roman. Victor Hugo donne la parole et rend la dignité aux pauvres gens qui vivent dans la privation et l'oppression de son époque. Nous pleurons pour leur malheur, leur courage et leur gentillesse. Merci, Mr Hugo!

  18. 69

    Lecture / Roland Scheiff, Mio

    De quel arbre en fleur ?Je ne sais -- mais quel parfum ! 

  19. 68

    Revue / Guy de Maupassant, Le Horla

    Le Horla de Maupassant est une nouvelle fantastique. Le héros de cette nouvelle découvre des phénomènes surnaturels autour de sa vie, se sent enfin prisonnier de sa maison et de son corps. Cette créature, nommée par lui « le Horla », existe-elle vraiment ? Ou est-ce lui qui sombre dans la folie ? Une chose de sûre, il décide finalement d’en finir avec lui…

  20. 67

    Lecture / Sully Prudhomme, Le cygne

    Le CygneSans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes,Le cygne chasse l’onde avec ses larges palmes,Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareilA des neiges d’avril qui croulent au soleil ;Mais, ferme et d’un blanc mat, vibrant sous le zéphire,Sa grande aile l’entraîne ainsi qu’un lent navire.Il dresse son beau col au-dessus des roseaux,Le plonge, le promène allongé sur les eaux,Le courbe gracieux comme un profil d’acanthe,Et cache son bec noir dans sa gorge éclatante.Tantôt le long des pins, séjour d’ombre et de paix,Il serpente, et laissant les herbages épaisTraîner derrière lui comme une chevelure,Il va d’une tardive et languissante allure ;La grotte où le poète écoute ce qu’il sent,Et la source qui pleure un éternel absent,Lui plaisent : il y rôde ; une feuille de sauleEn silence tombée effleure son épaule ;Tantôt il pousse au large, et, loin du bois obscur,Superbe, gouvernant du côté de l’azur,Il choisit, pour fêter sa blancheur qu’il admire,La place éblouissante où le soleil se mire.Puis, quand les bords de l’eau ne se distinguent plus,A l’heure où toute forme est un spectre confus,Où l’horizon brunit, rayé d’un long trait rouge,Alors que pas un jonc, pas un glaïeul ne bouge,Que les rainettes font dans l’air serein leur bruitEt que la luciole au clair de lune luit,L’oiseau, dans le lac sombre, où sous lui se reflèteLa splendeur d’une nuit lactée et violette,Comme un vase d’argent parmi des diamants,Dort, la tête sous l’aile, entre deux firmaments.

  21. 66

    Revue / Alexandre Pouchkine, Eugène Onéguine

    Eugène Onéguine est un roman en vers qui raconte une histoire tragique d’un amour manqué. Tatiana, dont la jeune sœur doit se marier à Lensky, ami d’Onéguine, s’éprend d’Eugène Onéguine. Jeune homme oisif et fatigué de la vie, Onéguine jouera un méchant tour à son ami après avoir refusé l’amour de Tatiana. Le génie de Pouchkine est de parvenir à créer de nombreuses images dans une langue riche tout en évitant les pièges des lieux communs.

  22. 65

    Lecture / Joachim Du Bellay, Heureux qui, comme Ulysse…

    Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,Et puis est retourné, plein d’usage et raison,Vivre entre ses parents le reste de son âge !Quand reverrai-je, hélas, de mon petit villageFumer la cheminée, et en quelle saisonReverrai-je le clos de ma pauvre maison,Qui m’est une province, et beaucoup davantage ?Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,Que des palais Romains le front audacieux,Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine :Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin,Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,Et plus que l’air marin la doulceur angevine.

  23. 64

    Revue : Wu Cheng’en, La Pérégrination vers l’Ouest

    Vous connaissez probablement le mythe de Sun Wukong, mais savez-vous d'où viennent ce mythe et cette figure héroique ? Dans La Pérégrination vers l'Ouest, Wukong, né d'une pierre, sans parents, plus fort que tous, se révolte contre les immortels. Pour s’être révolté contre le Ciel,  il doit accepter la mission de protéger le moine Tripitaka de tous les démons au cours de leur voyage vers le paradis de l'ouest afin de chercher les écrits bouddiques.

  24. 63

    Lecture / Akinari Ueda, « Le rendez-vous aux chrysanthèmes »

    Voici la nouvelle que j'ai le plus aimée parmi les contes de pluie et de lune. « Le rendez-vous aux chrysanthèmes » narre la réalisation presque surnaturelle de la promesse entre deux hommes. Cette loyauté traverse la frontière entre la mort et la vie...

  25. 62

    Revue / Akinari Ueda, Contes de pluie et de lune

    Les Contes de pluie et de lune sont le chef-d'œuvre de l'écrivain japonais Ueda Akinari (1734-1809). Ce sont neufs petites histoires de fantômes représentatives du genre fantastique japonais. Akinari réussit à tisser une ambiance plus importante que l'histoire. Il nous rappelle aussi que la mort appartient à nous, les vivants.

  26. 61

    Lecture : Paul Eluard, Je t’aime

    Voilà un poème pour le saint-valentin venant de passerJe t’aimeJe t’aime pour toutes les femmesQue je n’ai pas connuesJe t’aime pour tout le tempsOù je n’ai pas vécuPour l’odeur du grand largeEt l’odeur du pain chaudPour la neige qui fondPour les premières fleursPour les animaux pursQue l’homme n’effraie pasJe t’aime pour aimerJe t’aime pour toutes les femmesQue je n’aime pasQui me reflète sinon toi-mêmeJe me vois si peuSans toi je ne vois rienQu’une étendue déserteEntre autrefois et aujourd’huiIl y a eu toutes ces mortsQue j’ai franchiesSur de la pailleJe n’ai pas pu percerLe mur de mon miroirIl m’a fallu apprendreMot par mot la vieComme on oublieJe t’aime pour ta sagesseQui n’est pas la miennePour la santé je t’aimeContre tout ce qui n’est qu’illusionPour ce cœur immortelQue je ne détiens pasQue tu crois être le douteEt tu n’es que raisonTu es le grand soleilQui me monte à la têteQuand je suis sûr de moiQuand je suis sûr de moiTu es le grand soleilQui me monte à la têteQuand je suis sûr de moiQuand je suis sûr de moiPaul Eluard

  27. 60

    Revue / Maurice Maeterlinck, Pelléas et Mélisande

    Pelléas et Mélisande est une pièce de théâtre de l'écrivain belge Maurice Maeterlinck (1862-1949), prix nobel de 1911. C'est une œuvre à comprendre dans le contexte du symbolisme belge. Avec une intrigue et un langage simples,  Maeterlink parvient à créer un monde riche de symboles, enveloppé dans une ambiance grise, plate, voire malsaine. Il tente de dévoiler le primitif et l'invisible occultés par la connaissance et la raison. C'est une bulle littéraire qui permet de renverser le monde qui nous est présenté et d'entrer dans une nouvelle réflexion contrairement à ce qui est enseigné.

  28. 59

    Lecture / Guillaume Apollinaire,Le Pont Mirabeau

    Un poème qui chante le chagrin d'amour. Chagrin d'autant plus grand que le Pont Mirabeau, la Seine et la ville demeurent, sans être affectés par le temps.Le Pont MirabeauGuillaume ApollinaireSous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il qu’il m’en souvienne La joie venait toujours après la peineVienne la nuit sonne l’heureLes jours s’en vont je demeureLes mains dans les mains restons face à faceTandis que sousLe pont de nos bras passeDes éternels regards l’onde si lasseVienne la nuit sonne l’heureLes jours s’en vont je demeureL’amour s’en va comme cette eau couranteL’amour s’en vaComme la vie est lenteEt comme l’Espérance est violenteVienne la nuit sonne l’heureLes jours s’en vont je demeurePassent les jours et passent les semainesNi temps passéNi les amours reviennentSous le pont Mirabeau coule la SeineVienne la nuit sonne l’heureLes jours s’en vont je demeure

  29. 58

    Revue / Charles-Ferdinand Ramuz, La grande Peur dans la Montagne

    Pour ceux qui aiment l'horreur et le surnaturel, La grande Peur dans la Montagne de l'écrivain suisse Charles-Ferdinand Ramuz peut être un très bon choix. Dans le sommet de la "montagne" exsite un pâturage abandonné, un groupe de jeunes vachers décide d'y aller malgré les avertissements de leurs ainés. Une fois arrivés dans ce lieu, les malheurs frappent tour à tour mystérieusement... Est-ce une malédiction surnaturelle ou y a-t-il quelqu'un derrière ces étranges événements ?

  30. 57

    Lecture : Victor Hugo, Demain, dès l’aube…

    Le poème bouleversant de Victor Hugo en mémoire de sa filleDemain, dès l’aube…Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombeUn bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

  31. 56

    Revue / J.R.R. Tolkien, Le Silmarillion

    Connaissez-vous les Seigneurs des anneaux de Tolkien ? Pourquoi les hommes, les elfes et les nains doivent s'unir pour détruire l'anneau ? Le Silmarillion, avec une écriture presque biblique, raconte comment cet univers est créé. Ilúvatar, le premier Dieu, crée le monde par les chants et les Valar par la pensée...

  32. 55

    Lecture / Marcel Proust, Du côté de chez Swann

    Un des incipits les plus connus de la littérature.Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire: «Je m’endors.» Et, une demi-heure après, la pensée qu’il était temps de chercher le sommeil m’éveillait; je voulais poser le volume que je croyais avoir encore dans les mains et souffler ma lumière; je n’avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour un peu particulier; il me semblait que j’étais moi-même ce dont parlait l’ouvrage: une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles Quint...

  33. 54

    Hors-série / Comment choisir un livre ?

    Comment choisir un livre ? Lire doit rester un plaisir. Mais le plaisir n'est pas forcément immédiat. Donnez donc la chance à chaque livre que vous lisez. Choisir peut aussi être un plaisir. Prenez donc le temps de choisir votre lecture. Restez ouvert au monde et maître de son envie.

  34. 53

    Lecture / Paul Verlaine, Parsifal

    Parsifal, le chevalier pur à la recherche de la Graal, ne cesse d'inspirer les artistes. Voici un poème de Verlaine lu sur la musique du célèbre opéra de Wagner : Parsifal.Parsifal Parsifal a vaincu les Filles, leur gentilBabil et la luxure amusante — et sa penteVers la Chair de garçon vierge que cela tenteD’aimer les seins légers et ce gentil babil ;Il a vaincu la Femme belle, au cœur subtil,Étalant ses bras frais et sa gorge excitante ;Il a vaincu l’Enfer et rentre sous la tenteAvec un lourd trophée à son bras puéril,Avec la lance qui perça le Flanc suprême !Il a guéri le roi, le voici roi lui-même,Et prêtre du très saint Trésor essentiel.En robe d’or il adore, gloire et symbole,Le vase pur où resplendit le Sang réel.— Et, ô ces voix d’enfants chantant dans la coupole !

  35. 52

    Revue / Georges Eekhoud, La Nouvelle Carthage

    La découverte de La Nouvelle Carthage (1888) est une vraie joie. On suit tour à tour trois personnages afin de découvrir la ville industrielle d'Anvers, les laideurs du monde bourgeois et les vices du milieu prolétarien. Anvers est désignée comme la nouvelle Carthage riche et florissante mais décadente, donc condamnée à la ruine...

  36. 51

    Lecture / Maurice Genevois, La Forêt perdue

    Maurice Genevoix (1890-1980) passe son enfance près de la Loire. Mobilisé en 1914, il participe à la bataille de la Marne et à la marche sur Verdun. La nature et la guerre sont deux thèmes majeurs des écrits de Genevoix. Dans ce passage, il décrit "la forêt" préservée comme un monde, sans homme ni armes, qui respecte les lois de la nature.

  37. 50

    Revue : Rohinton Mistry, L’équilibre du monde

    L’équilibre du monde est un roman indien qui a bien enrichi ma bibliothèque. Il raconte les destins de quatre personnes qui se trouvent dans le même appartement. Si leur vie misérable est émotionnellement difficile à supporter pour le lecteur, c’est pour mieux dénoncer les mécanismes d'un système cruel soutenu par chacun, même ceux qui le subissent.

  38. 49

    Lecture : Arthur Rimbaud, Le bateau ivre

    Le bateau ivre (1871) n'est pas poème facile à comprendre. Rimbaud y décrit un voyage vers la mer et la liberté. Le bateau ivre symbolise la poésie qui brise les conventions d'écriture pour rencontrer le merveilleux.Le bateau ivreComme je descendais des Fleuves impassibles,Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.J’étais insoucieux de tous les équipages,Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.Dans les clapotements furieux des marées,Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants,Je courus ! Et les Péninsules démarréesN’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.La tempête a béni mes éveils maritimes.Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flotsQu’on appelle rouleurs éternels de victimes,Dix nuits, sans regretter l’oeil niais des falots !Plus douce qu’aux enfants la chair des pommes sures,L’eau verte pénétra ma coque de sapinEt des taches de vins bleus et des vomissuresMe lava, dispersant gouvernail et grappin.Et dès lors, je me suis baigné dans le PoèmeDe la Mer, infusé d’astres, et lactescent,Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blêmeEt ravie, un noyé pensif parfois descend ;Où, teignant tout à coup les bleuités, déliresEt rhythmes lents sous les rutilements du jour,Plus fortes que l’alcool, plus vastes que nos lyres,Fermentent les rousseurs amères de l’amour !Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombesEt les ressacs et les courants : je sais le soir,L’Aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir !J’ai vu le soleil bas, taché d’horreurs mystiques,Illuminant de longs figements violets,Pareils à des acteurs de drames très antiquesLes flots roulant au loin leurs frissons de volets !J’ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,Baisers montant aux yeux des mers avec lenteurs,La circulation des sèves inouïes,Et l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !J’ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheriesHystériques, la houle à l’assaut des récifs,Sans songer que les pieds lumineux des MariesPussent forcer le mufle aux Océans poussifs !J’ai heurté, savez-vous, d’incroyables FloridesMêlant aux fleurs des yeux de panthères à peauxD’hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des bridesSous l’horizon des mers, à de glauques troupeaux !J’ai vu fermenter les marais énormes, nassesOù pourrit dans les joncs tout un Léviathan !Des écroulements d’eaux au milieu des bonaces,Et les lointains vers les gouffres cataractant !Glaciers, soleils d’argent, flots nacreux, cieux de braises !Échouages hideux au fond des golfes brunsOù les serpents géants dévorés des punaisesChoient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !J’aurais voulu montrer aux enfants ces doradesDu flot bleu, ces poissons d’or, ces poissons chantants.– Des écumes de fleurs ont bercé mes déradesEt d’ineffables vents m’ont ailé par instants.Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,La mer dont le sanglot faisait mon roulis douxMontait vers moi ses fleurs d’ombre aux ventouses jaunesEt je restais, ainsi qu’une femme à genoux…Presque île, ballottant sur mes bords les querellesEt les fientes d’oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.Et je voguais, lorsqu’à travers mes liens frêlesDes noyés descendaient dormir, à reculons !Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,Jeté par l’ouragan dans l’éther sans oiseau,Moi dont les Monitors et les voiliers des HansesN’auraient pas repêché la carcasse ivre d’eau ;Libre, fumant, monté de brumes violettes,Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un murQui porte, confiture exquise aux bons poètes,Des lichens de soleil et des morves d’azur ;Qui courais, taché de lunules électriques,Planche folle, escorté des hippocampes noirs,Quand les juillets faisaient crouler à coups de triquesLes cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieuesLe rut des Béhémots et les Maelstroms épais,Fileur éternel des immobilités bleues,Je regrette l’Europe aux anciens parapets !J’ai vu des archipels sidéraux ! et des îlesDont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :– Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t’exiles,Million d’oiseaux d’or, ô future Vigueur ?Mais, vrai, j’ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.Toute lune est atroce et tout soleil amer :L’âcre amour m’a gonflé de torpeurs enivrantes.Ô que ma quille éclate ! Ô que j’aille à la mer !Si je désire une eau d’Europe, c’est la flacheNoire et froide où vers le crépuscule embauméUn enfant accroupi plein de tristesse, lâcheUn bateau frêle comme un papillon de mai.Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,Ni traverser l’orgueil des drapeaux et des flammes,Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

  39. 48

    Revue / Gustave Flaubert, L’éducation sentimentale

    On dit souvent que L'éducation sentimentale (1869) est inspirée d’une histoire d'amour de jeunesse de Flaubert, pourtant c'est beaucoup plus que cela. Un jeune homme de province, Frédérique Moreau, rêve d'être quelqu'un entouré d'amour, de richesse et de puissance. Il prétend aimer Mme Arnoux, mais son étourderie l’en détourne dès le premier obstacle. Il y reviendra sans jamais le concrétiser… Ainsi cette éducation sentimentale est un échec, Frédérique reste inéduqué et incapable d'aimer, de construire sa vie.Enfin bonne année à tout le monde !

  40. 47

    Lecture / Alfred de Musset, La Confession d’un enfant du siècle

    La confession d'un enfant du siècle (1836 ) d'Alfred de Musset (1810-1857)Le jeune Octave raconte l'origine personnelle du mal du siècle : se faire trahir par sa maîtresse et son ami. Musset, avec un lyrisme romantique, dénonce cette maladie de l’inaction de la jeunesse qui s'insinue par le romantisme.

  41. 46

    Revue / Joris-Karl Huysmans, À rebours

    Dans l'épisode du Portrait de Dorian Gray, nous avons déjà mentionné le livre unique de Joris-Karl Huysmans(1848-1907) : le fameux A rebours (1884) . Dans ce livre, un descendant d'une famille noble, Des Esseintes, s'isole du monde dans une vie immobile et décadente. Il s'entoure d’œuvres d'art et essaie de vivre à travers ces œuvres d'art bizarres. C'est un homme qui a tout mais qui s'ennuie et n'a plus la force de vivre. C'est un livre qui prolonge les lecteurs dans une ambiance poussiéreuse, figée, voire morbide.Bonne lecture et joyeux Noël !

  42. 45

    Lecture / Hermann Hesse, Recueillement

    Au seuil de la quarantaine, Hermann Hesse (1877-1962) regarde sa vie passée et ressent naître en lui une force nouvelle . Ce texte a été publié en français dans son recueil L'art de l'oisiveté.

  43. 44

    Revue / Oscar Wilde, Le portrait de Dorian Gray

    Malgré ses apparentes jeunesse et beauté, Dorian Gray laisse ses vices et laideurs sur son portrait. Il trouve tous les moyens et tous les discours pour échapper à son vrai visage, pour ne pas se regarder en face. La corruption de Dorian est-elle causée par Lord Henri, par le livre maudit, ou par lui même ?Le portrait de Dorian Gray (1890) est aussi connu pour sa préface qui est un manifeste moral et artistique d'Oscar Wilde (1854-1900). Le roman peut être concidéré comme une réalisation concrète de ce manifeste de l’art pour l’art.

  44. 43

    Lecture / Alphonse de Lamartine, Le Lac

    Le lac (1820) est inspiré à Alphonse de Lamartine (1790-1869) par la liaison amoureuse qu’il eut en 1816-1817 avec Julie Charles, une femme mariée atteinte d’un mal incurable qui l’emporta en 1817. Lamartine revient seul revoir les lieux qu'il a visités autrefois avec elle.Le lacAinsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,Dans la nuit éternelle emportés sans retour,Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âgesJeter l’ancre un seul jour ?Ô lac ! l’année à peine a fini sa carrière,Et près des flots chéris qu’elle devait revoir,Regarde ! je viens seul m’asseoir sur cette pierreOù tu la vis s’asseoir !Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,Ainsi le vent jetait l’écume de tes ondesSur ses pieds adorés.Un soir, t’en souvient-il ? nous voguions en silence ;On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux,Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadenceTes flots harmonieux.Tout à coup des accents inconnus à la terreDu rivage charmé frappèrent les échos ;Le flot fut attentif, et la voix qui m’est chèreLaissa tomber ces mots :« Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !Suspendez votre cours :Laissez-nous savourer les rapides délicesDes plus beaux de nos jours ! »« Assez de malheureux ici-bas vous implorent,Coulez, coulez pour eux ;Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;Oubliez les heureux. »« Mais je demande en vain quelques moments encore,Le temps m’échappe et fuit ;Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l’auroreVa dissiper la nuit. »« Aimons donc, aimons donc ! de l’heure fugitive,Hâtons-nous, jouissons !L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ;Il coule, et nous passons ! »Temps jaloux, se peut-il que ces moments d’ivresse,Où l’amour à longs flots nous verse le bonheur,S’envolent loin de nous de la même vitesseQue les jours de malheur ?Eh quoi ! n’en pourrons-nous fixer au moins la trace ?Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,Ne nous les rendra plus !Éternité, néant, passé, sombres abîmes,Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimesQue vous nous ravissez ?Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !Vous, que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir,Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,Au moins le souvenir !Qu’il soit dans ton repos, qu’il soit dans tes orages,Beau lac, et dans l’aspect de tes riants coteaux,Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvagesQui pendent sur tes eaux.Qu’il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,Dans l’astre au front d’argent qui blanchit ta surfaceDe ses molles clartés.Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,Que les parfums légers de ton air embaumé,Que tout ce qu’on entend, l’on voit ou l’on respire,Tout dise : Ils ont aimé !

  45. 42

    Revue / Jean Potocki, Manuscrit trouvé à Saragosse

    Manuscrit trouvé à Saragosse (1810) de Jean Potocki (1761-1815)Pendant les Guerres napoléoniennes, lors du siège de Saragosse , un officier français trouve un mystérieux manuscrit dans une maison abandonée en Espagne. Ce manuscrit raconte l'étrange aventure d’Alphonse Van Worden, jeune officier des Gardes Wallonnes, qui rencontre des personnes qui lui racontent leur histoire, qui comprend elle-même d'autres histoires, qui comprennent d'autres histoires, qui comprennent d’autres histoires, qui comprennent d’autres histoires... L'écrivain polonais francophone Jean Potocki parvient à nous exposer les différents genres et thèmes de la littérature dans ce cadre de narration qui fait penser à une poupée russe, tout en jouant sur le vrai et le faux de la littérature.

  46. 41

    Lecture / André Gide, Les nourritures terrestres

    Nathanaël, j'aimerais te donner une joie que ne t'aurait donnée encore aucun autre....La mélancolie n'est que de la ferveur retombée....Ah! refaire à mes yeux une vision neuve, les laver de la salissure des livres, les rendre plus pareils à l'azur qu'ils regardent...Les nourritures terrestres (1897) est un livre qui chante la joie de la vie. Considéré comme la Bible de la jeunesse de l’entre-deux-guerres, il encourage chacun à chercher sa propre posture en face de la vie, à devenir le plus irremplaçable des êtres.

  47. 40

    Revue : Cervantès, Don Quichotte

    Don Quichotte, qui a lu trop de romans de chevalerie, se prend pour un chevalier. Il se trouve un cheval, une dame et un écuyer et part à l’aventure. Il transforme sa vie et même le monde en roman de chevalerie, perdant le sens de la réalité. Don Quichotte (1605), considéré comme le premier roman moderne, dénonce les effets néfastes de la lecture. Don Quichotte est quelqu’un qui trouve du sens dans les romans de chevalerie et voit le monde réel au travers de ce prisme. Mais si Cervantès se moque des romans de chevalerie, son propre roman ne nous donne-t-il pas lui aussi une autre clé qui peut expliquer la réalité souvent confuse, opaque et illogique qui nous entoure ?

  48. 39

    Hors-série / Faut-il lire les « classiques » ?

    Faut-il lire les « classiques » ? Il n'y a aucune obligation bien sûr, chacun fait ce qu'il veut. Pour ceux qui lisent, c'est normal de ne pas toujours comprendre et de ne pas tout comprendre. Lire, ce n'est pas pour briller en société, mais il est bien souvent intéressant de partager sa lecture, de discuter et de réfléchir.

  49. 38

    Revue / Thomas Mann, La Montagne magique

    La montagne magique (1924) est un livre compliqué, c’est  une montagne à gravir comme son titre l'indique, mais il est magique.Le jeune Hans Castorp prolonge son séjour dans un sanatorium à la montagne. Il y reste pendant sept ans et s'éduque dans ce lieu isolé du monde mais entouré de thèmes métaphysiques. Mais tous les savoirs de son temps n'ont pas empêché l'éclatement de la Grande Guerre. Hans Castorp nous quitte et part à la guerre.Adieu, Hans Castorp, brave enfant gâté de la vie...

  50. 37

    Lecture / George Sand, François le Champi

    Madeleine, une femme malheureuse de son mariage, trouve l'espoir et la douceur dans l'enfant abandonné qu'elle trouve dans les champs. Mais la situation n'est pas facile pour ces deux personnes... À travers François le champi (1848), George Sand (1804-1876) nous peint la campagne française du XIXe siècle avec ses difficultés et ses beautés, tout en mettant en lumière la bonté et la générosité des femmes et des hommes.

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