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PODCAST

La Maison de la Poésie

La Maison de la Poésie de Paris est une scène de lectures, de rencontres et de création dédiée à la voix des poètes et des écrivains. Elle s'adresse aussi bien à ceux qui ont toujours un livre en poche qu'à ceux qui découvriront le texte porté autrement, par la scène, la voix, la musique, l'image...

  1. 783

    Antonio Moresco & Nicoletta Vallorani – Sombres univers

    Entretien mené par Martina MiletoDans le cadre du festival Italissimo Cette fois, le fabuleux fabuliste de La Petite Lumière (Verdier/Poche, 2025) plonge dans les ténèbres. Le premier volet de sa nouvelle trilogie lève le rideau sur D’Arco. Un flic. Mort. Qui entend, la nuit dans la ville des morts, des chants d’enfants et retourne enquêter dans la ville des vivants, tout aussi cauchemardesque. Au fantastique thriller métaphysique répond la dystopie milanaise de Nicoletta Vallorani. Un polar post-apocalyptique que traversent Olivia, au volant de son taxi, et un inspecteur en mission. Leur enquête : des cadavres de femmes abandonnés au bord des friches industrielles. Cobayes, clones ? Ou autre ? Le temps et l’espace changent, la violence reste. La résistance et la résilience aussi. En collaboration avec l’association Italie Nouvelle À lire – Nicoletta Vallorani, Tu auras mes yeux, traduit de l’italien par Cristina Vignali, KC éditions, 2026 – Antonio Moresco, Le Mal, chant de D’Arco I, traduit de l’italien par Laurent Lombard, éditions du Chemin de fer, 2025

  2. 782

    Antonio Franchini & Christophe Mileschi – Un auteur & son traducteur

    Entretien mené par Francesca IsidoriDans le cadre du festival Italissimo C’est un feu qui brûle dans le foyer même de l’auteur. En plongeant dans la vie – et la mort – de sa mère, Antonio Franchini raconte et mesure les éruptions furieuses d’une femme napolitaine marquée par la guerre, qui ne sait s’exprimer qu’avec passion et dans la contradiction. Cette opposition, c’est aussi celle du fils et de la mère qu’il a fuie en même temps que le Sud, et l’impossible dialogue entre deux langues, l’italien et le napolitain. Avec une fluidité impitoyable et réjouissante, ce choc des langages résonne dans toute sa richesse sous la traduction française de Christophe Mileschi, qui évoquera aux côtés de l’auteur les termes de leur collaboration. À lire – Antonio Franchini, Le feu que tu portes en toi, traduit de l’italien par Christophe Mileschi, Calmann-Lévy, 2025

  3. 781

    Martin Rueff & Christophe Mileschi – Autour de « Works » de Vitaliano Trevisan

    Entretien mené par Francesca IsidoriDans le cadre du festival Italissimo « L’origine est un habit avec lequel on n’en finit jamais. » La sentence est de Vitaliano Trevisan et s’applique à une véritable religion du Nord-Est italien, celle du travail, voie incontournable – où qu’elle mène – qui modèle la vie, la fait et la défait. Avec Works, le romancier et dramaturge disparu en 2022, marginal autoproclamé, en soulève les contradictions et les absurdités, au fil d’un roman autobiographique qui recense ses nombreuses et diverses activités. Martin Rueff, l’universitaire, et Christophe Mileschi, le poète, les deux traducteurs de cette œuvre monumentale et singulière, évoquent Vitaliano Trevisan et une écriture sciemment placée sous le signe du jazz. À lire – Vitaliano Trevisan, Works, traduit de l’italien par Christophe Mileschi et Martin Rueff, Verdier, 2026

  4. 780

    « En l’absence d’Umberto Eco », avec Patrick Boucheron

    Entretien mené par Fabio GambaroDans le cadre du festival Italissimo Voilà dix ans que “le maître” est parti. Écrivain passionné, bibliothécaire bibliophile, enseignant, chercheur, Umberto Eco reste une figure ogresque des lettres italiennes. En plus d’un inoubliable best-seller, Le Nom de la rose (Grasset, 2022), il laisse six romans et une pléiade d’essais dédiés à ses nombreuses passions : philosophie, esthétique médiévale, sémiotique… Pour célébrer le savant et faire revivre sa verve, c’est un érudit français qui conduira cet hommage : l’historien Patrick Boucheron. Spécialiste du Moyen Âge – notamment en Italie –, professeur au Collège de France, producteur-passeur pour la radio, il partage avec Umberto Eco nombre de curiosités et de savoirs. Un maître de cérémonie éminemment qualifié, pour aborder un personnage et une œuvre qui ont marqué leur époque. À lire – Milo Manara d’après Umberto Eco, Le Nom de la rose, Glénat, 2026 – Patrick Boucheron, Peste noire, Seuil, 2026 – Umberto Eco, La Fabrique de l’ennemi, traduit de l’italien par Myriem Bouzaher, Grasset, 2026

  5. 779

    Boualem Sansal & Roberto Saviano – Écritures en danger ?

    Entretien mené par Christophe Ono-Dit-BiotDans le cadre du festival Italissimo Une rencontre sous le signe de la liberté. Avec deux auteurs importants, et une question tristement légitime : les écrivains sont-ils dangereux ? Boualem Sansal a été gracié après un an de prison en Algérie. Son crime : des mots, qui lui ont valu une condamnation pour « atteinte à la sûreté de l’État”. Avec Gomorra (Gallimard, 2007), Roberto Saviano défiait le crime organisé et ses réseaux tentaculaires. Il vit depuis sous protection policière. À partir de quand la pensée devient-elle l’ennemie ? Alors que procès et menaces tentent de faire taire les voix et les plumes, les deux écrivains partagent leur expérience pour définir les moyens de se défendre. À lire – Boualem Sansal, Vivre, Folio, 2025 – Roberto Saviano, Giovanni Falcone, traduit de l’italien par Laura Brignon, Gallimard, 2025

  6. 778

    Des villes littéraires : Rome & Paris

    Avec Ingrid Astier, Giancarlo De Cataldo, Thomas Clerc & Alessandro PipernoEntretien mené par Fabio GambaroDans le cadre du festival Italissimo C’est un mariage exclusif, qui dure depuis 1956. Pour célébrer les 70 ans du jumelage entre la Ville éternelle et la Ville Lumière, quatre écrivains sondent la présence de la cité dans leur travail. Une relation à double sens. D’un côté, comment représenter la ville, la raconter, la faire vivre ? De l’autre, comment elle influence elle-même le créateur : par son caractère, ses évidences, ses mouvements invisibles… Alessandro Piperno, le portraitiste romain tragi-comique, et Giancarlo De Cataldo, écrivain-magistrat qui de romans en scénarios met au jour l’architecture criminelle de la capitale italienne, dialogueront avec une voix majeure du polar français, Ingrid Astier, qui a écrit Paris de la Seine jusqu’au toits, et l’auteur Thomas Clerc, célébré pour son Paris, musée du XXIe siècle. À l’occasion des 70 ans du jumelage entre Paris et Rome À lire – Alessandro Piperno, Un air de famille, traduit de l’italien par Jean-Luc Defromont, Liana Lévi, 2025 – Giancarlo De Cataldo, La Svedese, traduit de l’italien par Serge Quadruppani, Métailié, 2025 – Ingrid Astier, Ultima, Gallimard, 2025 – Thomas Clerc, Paris, musée du XXIe siècle : le 18e arrondissement, éditions de Minuit, 2024

  7. 777

    Erica Cassano & Simona Dolce – Héritages de guerre

    Entretien mené par Chiara MezzalamaDans le cadre du festival Italissimo La soif, chez Erica Cassano, ne s’étanche pas avec l’eau. Et si Naples et ses habitants plient sous la sécheresse en cette année 1943, Anna, elle, veut s’abreuver d’autre chose : de connaissance, de liberté, d’un avenir possible. Au fil d’un premier roman puissant, Erica Cassano rêve une indépendance à sa jeune héroïne. La liberté d’une femme au cœur de l’Histoire, c’est aussi celle d’Inge Brigitte, dans ce premier roman de Simona Dolce traduit en français. À 17 ans, la fille du commandant des camps d’Auschwitz-Birkenau fuit l’Allemagne et son propre nom pour devenir mannequin à Madrid. Sur le tard, elle se raconte à un journaliste : un récit bouleversant qui balance entre innocence et culpabilité. À lire – Erica Cassano, La grande soif, J.C. Lattès, 2026 – Simona Dolce, Le vrai nom de Rosamund Fischer, traduit de l’italien par Anaïs Bouteille-Bokobza, Presses de la Cité, 2025

  8. 776

    « Un air de famille » d’Alessandro Piperno, par Micha Lescot

    Dans le cadre du festival Italissimo Professeur de littérature française, directeur de collection érudit d’I Meridiani – l’équivalent italien de la Pléiade –, romancier célébré (prix Strega avec Inséparables, Liana Lévi, 2012), l’écrivain romain a fait de sa ville natale le décor de son grand œuvre. À son tableau de la bourgeoisie juive, Alessandro Piperno ajoute un nouveau roman tendre et ironique, moderne et mélancolique. En scène, le professeur Sacerdoti, écrivain et universitaire banni pour une citation misogyne de Flaubert. Drapé dans sa misanthropie, il choisit de se retirer dans la solitude, quand il se voit confier le tutorat d’un jeune cousin orphelin. Les deux existences vont basculer. Le comédien Micha Lescot est de retour sur la scène d’Italissimo pour partager un extrait de ce grand roman. À l’occasion des 70 ans du jumelage entre Paris et Rome À lire – Alessandro Piperno, Un air de famille, traduit de l’italien par Jean-Luc Defromont, Liana Lévi, 2025

  9. 775

    Federica Manzon & Giuseppe Catozzella – Récits du retour

    Entretien mené par Marie-Madeleine RigopoulosDans le cadre du festival Italissimo Giuseppe Catozzella, prix Strega Giovani avec Ne me dis pas que tu as peur (Seuil, 2014), met en scène la fracture Nord/Sud à travers une jeunesse quasi binationale : celle d’un fils d’immigrés calabrais dans la banlieue de Milan, qui retourne l’été au pays d’origine dans la ferme familiale. Federica Manzon, elle, fouille la mémoire d’Alma, journaliste romaine de retour à Trieste à la mort de son père. Dans sa ville natale, la question de l’héritage familial prend un tour plus large. À l’heure où les souvenirs forment une galerie de miroirs intimes se dessine, facette après facette, une identité. Alors, au Nord comme au Sud, l’histoire personnelle embrasse l’histoire collective. À lire – Federica Manzon, Retour à Trieste, traduit de l’italien par Laura Brignon, Albin Michel, 2026 – Giuseppe Catozzella, L’été du mauvais œil, traduit de l’italien par Nathalie Bauer, Buchet-Chastel, 2026

  10. 774

    Francesca Melandri – Empathies sélectives

    Entretien mené par Camille ThomineDans le cadre du festival Italissimo À l’image des dernières générations européennes, Francesca Melandri n’a connu que la paix. Lorsque déferlent les premières images de l’invasion russe en Ukraine, à l’heure où la guerre est de retour sur le continent, elle établit une évidente correspondance. Ce champ de bataille, son père l’a pratiqué, envoyé sur le front russe en 1942. C’est à lui – disparu depuis – qu’elle adresse ce récit épistolaire intime et philosophique, qui déterre les souvenirs enfouis sous la neige et questionne les empathies sélectives. Pourquoi l’opinion publique s’éveille-t-elle face à une guerre et se désintéresse-t-elle d’une autre ? À la lumière de l’Histoire et de ses contradictions, une sensible et pertinente théorie de la relativité. À lire – Francesca Melandri, Les pieds froids, traduit de l’italien par Danièle Valin, Gallimard, 2026

  11. 773

    Anna Hope – Nos héritages

    Lecture par Clémence PoésyEntretien mené par Minh Tran HuyInterprète : Marguerite Capelle Le richissime Philip Brooke vient de mourir, laissant derrière lui un patrimoine grandiose : le plus beau manoir du Sussex. Mari volage et père absent, il n’est regretté ni de sa femme ni de ses trois enfants. En revanche, sa vaste fortune déclenche des conflits galopants dans la famille car chacun veut mettre la main sur cette succession hors norme. Le clan Brooke réussira-t-il à ne pas voler en éclats avant le jour de l’enterrement ?Drame familial haut en couleur et en tensions, Nos héritages nous plonge dans les arcanes fascinants d’une famille d’aristocrates britanniques tiraillée par l’argent et les secrets du passé. À lire – Anna Hope, Nos héritages, traduit de l’anglais par Marguerite Capelle, Gallimard, 2026

  12. 772

    Marielle Hubert – Selon toi

    Entretien mené par Raphaëlle Leyris Un jour d’automne 1995 alors qu’elle a douze ans, Marielle Hubert rencontre Pascale Lemée. Une révélation qui va changer sa vie. Autrice d’une dizaine de livres (théâtre, récits, poésie), metteuse en scène, Pascale Lemée conduit alors un atelier de formation de jeunes comédiens au théâtre Gérard Philipe de Sartrouville. Marielle Hubert raconte l’irruption du théâtre et de la littérature dans son quotidien de collégienne de banlieue, la transformation qu’elle a engendrée. La fin de l’enfance vécue par et pour le théâtre. Vingt-cinq ans plus tard, le 7 mars 2022, Marielle Hubert rompt un long silence pour annoncer à Pascale la sortie de son premier roman. L’email revient instantanément : l’adresse électronique n’existe plus. Une rapide recherche sur Google lui apprend que Pascale Lemée est décédée huit mois plus tôt. Comment est-elle morte ? Les recherches sur Internet ne donnent rien, comme si elle n’avait jamais existé, comme si ses livres et son travail avaient disparu. « J’ai écrit ce livre pour Pascale Lemée, au nom de l’amour que je lui porte. Et au nom de toutes les oubliées. » À lire – Marielle Hubert, Selon toi, P.O.L., 2026

  13. 771

    Perrine Le Querrec & Nemo Vachez – « Chants de liberté »

    Elles sont trois filles, trois voix, qui portent les voix de centaines de filles. Elles sont trois mutines, trois luttes pour trois heures de liberté. À chaque voix, un motif électronique, à chaque heure, une chorégraphie musicale. Tandis que s’élèvent implacablement les images des écoles de préservation, bagnes de nos sœurs, de nos mères, de nos filles – sur scène voix parlée et musicale s’unissent pour entonner le seul chant possible, celui de la liberté. En partenariat avec le Festival Effractions À lire – Perrine Le Querrec, Mutines, La Contre allée, 2026

  14. 770

    Christelle Taraud – Les Filles-au-Diable

    Lecture par Florence Loiret CailleEntretien mené par Sophie Joubert En 1621, Anne Lauritsdatter est exécutée en tant que « sorcière » aux côtés de douze autres femmes à Steilneset. En 2011, la Norvège érige un Mémorial dédié à toutes celles qui ont été brûlées vives, durant le XVIIe siècle, dans cette région du Finnmark, victimes d’une persécution misogyne et d’un crime de masse aujourd’hui nommés féminicide. Pensé comme un laboratoire scientifique, politique et littéraire, Les Filles-au-Diable suit leurs traces au travers des expériences croisées de deux femmes : l’une, Norvégienne, venue du passé, l’autre, Française, vivant aujourd’hui. Émerge alors une autre histoire des chasses aux « sorcières », qui fait écho à des situations contemporaines de haine contre les femmes partout dans le monde. À lire – Christelle Taraud, Les Filles-au-Diable, La Découverte, 2026

  15. 769

    Chantal Thomas – Femmes sur fond azur

    Entretien mené par Sophie Joubert Six vies, différentes et reliées. Six expériences de la liberté ouvertement ou secrètement revendiquées contre les impératifs de l’époque. Sophie Cruvelli vicomtesse Vigier, la reine Victoria, Marie Bashkirtseff, Katherine Mansfield, Colette, Jackie… Une cantatrice, une reine, une artiste, deux écrivaines, une jeune veuve et ses deux enfants, dont l’autrice. Autant de femmes dont la découverte de la Méditerranée a modifié le destin. Chantal Thomas invite à une réflexion sur le corps féminin, sur l’effort magnifique de « ne pas se laisser voler la vie », comme disait Rimbaud. Avec empathie, érudition et une énergie romanesque très personnelle, elle défait le corset des interdits pour partager la merveilleuse et revigorante rencontre du bleu du ciel et de la mer. À lire – Chantal Thomas, Femmes sur fond azur, éditions du Seuil, 2026

  16. 768

    Jérôme Ferrari – Très brève théorie de l’enfer

    Lecture par Pierre BauxEntretien mené par Sophie Joubert Après avoir quitté son île natale pour enseigner à Alger, un homme, mû par le désir d’un ailleurs où échapper à lui-même, prend un poste au lycée français d’Abu Dhabi et s’y installe avec femme et enfant. Bientôt, leur trajectoire effleure celle de leur employée, Kaveesha, partie du Sri Lanka trente ans plus tôt et voguant depuis de famille en famille pour subsister. Expatrié, immigré – deux manières d’être étranger, deux mots pour dire deux mondes, séparés par un mur invisible que l’empathie ne saurait abattre. À lire – Jérôme Ferrari, Très brève théorie de l’enfer, Actes Sud, 2026

  17. 767

    Camille Ruiz – Un chien arrive

    Lecture par l'autriceEntretien mené par Marie-Madeleine Rigopoulos Un chien arrive dans une vie et tout est bouleversé. Le chien s’appelle Ziggy. C’est un grand golden retriever aux « longs poils couleur plage » et Camille Ruiz l’observe avec une vigilance, une attention, un questionnement continus. Pendant leurs promenades quotidiennes dans les rues et sur les chemins de Brasilia, sur le campus de l’université et dans les « hautes herbes », elle écrit : elle note et décrit au plus près, sur le terrain, comment Ziggy parcourt le monde. De cette observation minutieuse, naît une enquête sur le sens intime et politique de cette relation, ce que cela signifie « d’être mise face à une attention étrangère, qui vous entraîne ». À lire – Camille Ruiz, Un chien arrive, éd. Corti, 2026

  18. 766

    Pierre Guyotat – Histoires de Samora Mâchel

    Lecture par Abd al Malik & Stanislas NordeyRencontre avec Guillaume Fau, Gérard Nguyen Van Khan & Briec Philippon animée par Selma Laghmara Histoires de Samora Mâchel n’est pas un livre comme les autres. C’est un volume légendaire annoncé dès les années 1980. Pierre Guyotat, ce moderne radical, continua d’y travailler pendant des décennies, poursuivant son aventure dans la langue, ce français qui rassemble tous les français dont il est l’instigateur. Voici ce texte désormais publié et présenté ici par les éditeurs, Guillaume Fau, directeur du département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France et exécuteur testamentaire de Pierre Guyotat, Gérard Nguyen Van Khan, auteur du premier travail de recherche en 1973, et Briec Philippon, préparateur de copie de l’auteur, dans un dialogue mené par Selma Laghmara, chercheuse et coordinatrice de l’Association Pierre Guyotat. Ce dialogue sera accompagné de lectures exceptionnelles par deux complices de Pierre Guyotat – Abd al Malik et Stanislas Nordey. Soirée proposée par l’Association Pierre Guyotat, présidée par Donatien GrauPhoto : Pierre Guyotat ©BnF, Manuscrits, fonds Guyotat À lire – Pierre Guyotat, Histoires de Samora Mâchel, Gallimard, 2026

  19. 765

    Olivier Cadiot – Love Supreme

    Par l’auteur & Mathieu Amalric Imaginez un immeuble sur le toit duquel on décide de créer un jardin, un petit paradis où enfin on aurait réglé la question solitude. « Je manque cruellement d’un jardin. Et pourquoi pas suspendu ? On y installerait des palissades. Tout autour du toit. C’est mieux si on fait la fête. Le haut de l’immeuble est plat, comme les buildings de Manhattan, ça tombe bien. On sème juste du gazon. Une prairie et basta – là, on respire. » Love Supreme est une exploration burlesque et radicale qui passe par diverses rencontres toutes plus désopilantes et intrigantes les unes que les autres, jusqu’à celle d’un amour ultime, suprême. Un philosophe allemand volubile et passionné de varappe, une psychanalyste revêche, une jeune comédienne qui rêve de monter La Mouette de Tchekov, un noble extravagant passionné de chasse à courre… Le narrateur bricole un roman de survie et d’amour, un conte moderne « qui finit bien », une utopie ultra contemporaine pour un « paradis mode d’emploi ». À lire – Olivier Cadiot, Love supreme, P.O.L., 2026

  20. 764

    Oliver Lovrenski – tah l’époque

    Entretien mené par Sylvie TanetteInterprète : Marina Heide Ils avaient quinze ans et déjà le monde leur avait retiré ses promesses. Ivor, Marco, Arjan, Jonas ; une fraternité forgée dans la poussière des terrains vagues, dans la fumée des halls d’immeubles. Ensemble ils défiaient les règles du jeu. La rue comme royaume, la nuit comme frontière, et le langage comme arme. La rage de vivre se heurte rapidement au désenchantement, mais dans son sillon pulsent, des instants fugaces d’amour, d’humour et de poésie. tah l’époque porte la rumeur de la ville, le heurt des langues, la violence et la tendresse. C’est l’histoire d’une jeunesse sans abri, et d’un écrivain qui, à dix-neuf ans, sait déjà que la beauté et la douleur ont le même visage. Une plongée inédite au cœur d’une jeunesse sauvage et désenchantée et la naissance d’un talent littéraire exceptionnel. À lire – Oliver Lovrenski, tah l’époque, traduit du norvégien par Marina Heide, Actes Sud, 2026

  21. 763

    Tash Aw – Le Sud

    Entretien mené par Sylvie Tanette Malaisie, fin des années 1990. À la mort de son grand-père, le jeune Jay se rend dans le sud du pays avec sa famille pour passer l’été dans la propriété dont ils viennent d’hériter : une ferme autrefois florissante, qu’ils retrouvent délabrée. Les arbres sont malades, les sols appauvris par la sécheresse, les récoltes misérables. Malgré tout, le père de Jay l’envoie travailler dans les vergers, notamment aux côtés de Chuan, le fils du gérant du domaine. Le temps d’une saison brûlante, au rythme des baignades et des virées en scooter, l’attirance entre les deux garçons ne cesse de croître, tandis que, dans cette ferme isolée, l’équilibre familial menace de vaciller. Secrets et regrets ressurgissent alors que, comme la terre, tous subissent, impuissants, le passage du temps. Un livre éblouissant de grâce et de poésie sur la naissance du désir, l’attachement à une terre, et ce dont nous héritons – parfois malgré nous. À lire – Tash Aw, Le Sud, traduit de l’anglais par Johan-Frédérik Hel Guedj, Flammarion, 2026

  22. 762

    Lyonel Trouillot – Bréviaire des anonymes

    Entretien mené par ​​Valérie Marin La Meslée Dans une ville côtière abandonnée, loin du climat insurrectionnel de la capitale, un fonctionnaire haïtien fait l’inventaire d’une bibliothèque léguée à l’État, une collection d’ouvrages célébrant les grands esprits qui ont marqué l’histoire. Écrivant à son oncle, qui lui a servi de père et de mentor, le jeune homme voit se mêler à sa lettre les récits de voix entrées par effraction. Celles de Macho, gérant de l’unique bar du bord de mer dépeuplé, de Manie, petite bossue au destin tragique, ou encore d’Ayan, condisciple de classe avide de vengeance. Tous réclament leur droit à ne pas être oubliés. Les vies des humbles ne sont-elles pas, elles aussi, dignes d’être racontées ? À lire – Lyonel Trouillot, Bréviaire des anonymes, Actes Sud, 2026

  23. 761

    Mathieu Simonet – Le grain de beauté

    Entretien mené par Raphaëlle Leyris Le grain de beauté est un récit autobiographique de la vie avec l’être aimé disparu. Après la mort de son mari Benoît, Mathieu Simonet offre une réflexion sur la notion de deuil et sur ce qui constitue un couple. En écrivant à la demande de son mari, il expose leur relation avec sincérité, y compris ses zones d’ombre et l’évolution de leur intimité. Son enquête dans le passé de Benoît met en lumière tout ce qu’il ignorait encore de lui. Le récit devient une méditation sur l’amour, la mémoire et le mystère qui subsiste en chacun. À lire – Mathieu Simonet, Le grain de beauté, Philippe Rey, 2026

  24. 760

    Anne Serre – Rêve cette nuit. Carnets, 2002-2024

    Entretien mené par Sophie Joubert Anne Serre est arrivée à Paris à dix-sept ans en 1977 pour y faire ses études. C’est à ce moment-là qu’elle a commencé à écrire et à tenir ses carnets. 2002, date à laquelle débutent les carnets aujourd’hui publiés, a constitué une année charnière pour Anne Serre : elle sort alors d’un certain retrait pour s’exposer davantage en publiant chez des éditeurs plus importants, comme le Mercure de France. Ces notes n’ont pas été retouchées : des bribes de rêves, le bref récit de détails lus, vus ou entendus, qui l’ont particulièrement frappée, des observations à propos de films, des questions, des perceptions… qui concernent souvent l’art et la littérature, mais bien autant l’existence, et en particulier le rapport à autrui. À lire – Anne Serre, Rêve cette nuit. Carnets, 2002-2024, Verdier, 2026 – Sous les arbres, une prairie, Verdier poche, 2026

  25. 759

    Le Labo Poétique #4 – Joanna Dunis

    Par Joanna DunisCycle proposé par Séverine Daucourt Le Labo Poétique, c’est l’envie de faire circuler la poésie, de l’ouvrir, de la découvrir dans ce qu’elle a de plus contemporain, de plus varié, de plus libre. Un espace de création et de transmission,
 où la poésie ne cherche pas à être comprise, mais vécue. Un moment de poésie vivante. L’invitée de cette quatrième session est Joanna Dunis, pour son livre Les Grottes – Excavating Insanity. Elle y explore, dans une écriture bilingue dense et introspective, notre capacité à résister aux tempêtes, aux épreuves, aux agressions, aux catastrophes intérieures et sociales, tout en interrogeant la frontière entre réalité et délire. En amont de la lecture, un atelier animé par Séverine Daucourt, autrice et poétesse, permettra à douze personnes de travailler à partir de textes de l’invité·e pour entrer dans son œuvre, tout en y confrontant leurs propres voix. À lire – Joanna Dunis, Les Grottes – Excavating Insanity, Le Castor Astral, 2025

  26. 758

    (OUiiii) #4 – Littérature féministe & érotique

    Avec Axelle Jah Njiké & Nina LegerLecture par Marie-Sohna CondéEntretien mené par Eva Sauphie Imaginé par Axelle Jah Njiké, autrice afropéenne et militante féministe païenne, (OUiiii) propose de découvrir des textes de la littérature érotique écrits par des femmes autrices d’hier et d’aujourd’hui. Invitant le temps d’une soirée une autrice à une discussion sur le désir et le plaisir féminin, la sexualité et l’intimité, ce cycle littéraire féministe et érotique convie le public à découvrir des œuvres pornographiques et érotiques que toute lectrice (jeune ou moins jeune, féministe ou pas) devrait avoir lu. À chaque édition, une sélection renouvelée subjective et non-exhaustive de textes cultivant la multiplicité des voix et des expériences sera proposée, afin de mettre en lumière l’agentivité des femmes dans ce domaine et en quoi les récits qu’elles ont produits peuvent contribuer à forger l’imaginaire érotique de toute une chacune. Pour cette quatrième édition du cycle, Axelle Jah Njiké sera en conversation avec l’historienne de l’art et écrivaine Nina Leger, autrice de l’ouvrage Mise en pièces, récit intriguant d’une héroïne qui collectionne des images de sexes d’hommes dans un « palais de mémoire ». Publié en 2017 aux Éditions Gallimard, Mise en pièces a été récompensé par le prix Anaïs Nin et par le prix de la Vocation, et traduit au Royaume-Uni en 2019 et aux Pays-Bas en 2025. À lire – Axelle Jah Njiké, Journal intime d’une féministe (noire), Au Diable Vauvert, 2022 – Collectif, sous la dir. de Léonora Miano, Volcaniques : une anthologie du plaisir, Mémoire d’Encrier, 2015 – Nina Leger, Mise en pièces, éd. Gallimard, 2017 – Antipolis, éd. Gallimard, 2022 – Mémoires sauvées de l’eau, éd. Gallimard, 2024

  27. 757

    Éric Vuillard – Les Orphelins. Une histoire de Billy the Kid

    Entretien mené par Marie-Madeleine Rigopoulos « Soudain, le vide se fit en lui. Son petit corps se contracta tout entier, il trembla ; et, à cette minute, il sut qu’il serait toujours seul. Une terrible angoisse lui remonta par le bas du ventre. Il aperçut à contre-jour la gueule de Cahill, la mort lui parut proche, toute proche ! Sur sa joue, il sentit le soleil, son harmonie mortelle, sa beauté. Il eut envie de pleurer. Alors, les visages des soldats, des garçons vachers qui faisaient cercle autour de lui, s’évaporèrent dans le néant. Sa main se faufila jusqu’à l’arme, et il tira. » À lire – Éric Vuillard, Les Orphelins. Une histoire de Billy the Kid, Actes Sud, 2026

  28. 756

    Julien Dufresne-Lamy – Elizabeth va très bien

    Lecture par l’auteur & Hortense GirardEntretien mené par Marie-Madeleine Rigopoulos « Elizabeth va très bien. » Quatre mots inscrits sur un cahier par un infirmier. Quelques heures plus tard, Elizabeth est retrouvée morte dans son salon. Lorsque son fils apprend la nouvelle et revient sur les lieux maternels, des éléments inquiétants surgissent : des documents médicaux, une plainte pour harcèlement, des appels à l’aide. Qu’est-il arrivé à Elizabeth ? Écrire le livre d’une mère, qu’on ne voit plus depuis tant d’années, après sa mort dans des circonstances troublantes, c’est le défi littéraire de Julien Dufresne-Lamy dans ce livre bouleversant qui révèle aussi le regard d’un fils qui n’a pas su, pas pu voir la violence subie par cette femme, abimée et effacée comme tant d’autres. À lire – Julien Dufresne-Lamy, Elizabeth va très bien, éd. J.C. Lattès, 2026

  29. 755

    Tetyana Ogarkova & Volodymyr Yermolenko

    La vie à la lisière. Être ukrainien aujourd’huiEn dialogue avec Florence Aubenas De quelles manières la guerre affecte-t-elle les catégories les plus fondamentales de l’existence – le rapport au temps, à l’espace, au foyer ou à la mort ? En quoi fait-elle aussi émerger de nouvelles notions, comme « l’après-vie », celle d’une personne qui a tout perdu ? À partir de leurs allers-retours dans les zones de combat dévastées, de leurs observations et de leurs rencontres, des histoires qu’on s’y raconte, Tetyana Ogarkova et Volodymyr Yermolenko s’attachent à comprendre et à transmettre les enseignements de la vie à la lisière, « cet endroit où la vie se bat avec acharnement pour se défendre et défendre chaque millimètre lui appartenant ». Dans le cadre de la Saison culturelle ukrainienne en France, intitulée « Le voyage en Ukraine » À lire – Tetyana Ogarkova & Volodymyr Yermolenko, La vie à la lisière. Être ukrainien aujourd’hui, Gallimard, 2026

  30. 754

    Marie-Hélène Lafon – Hors champ

    Entretien mené par Marie-Madeleine Rigopoulos La ferme est isolée de tous. C’est le royaume du père qui donne libre cours à sa violence. Gilles, le fils, est celui qui devra tenir la ferme. Claire, la sœur qui n’est pas concernée par cette décision, prend la tangente au fil des années grâce aux études. Hors champ traverse cinquante ans. Dix tableaux, dix morceaux de temps ; le lecteur y pénètre tantôt avec Claire, tantôt avec Gilles, découvrant leurs portraits, celui des parents et des autres – au bout du monde où ils se tiennent encordés, impuissants. À lire – Marie-Hélène Lafon, Hors champ, Buchet-Chastel, 2026

  31. 753

    Les Buddenbrook de Thomas Mann

    Lecture par Mathieu AmalricRencontre avec Philippe Lançon & Olivier Le LayEntretien mené par Christine Lecerf Sur quatre générations, Les Buddenbrook raconte la grandeur et la décadence d’une famille de riches négociants allemands installés à Lübeck. Fondée par Johann, le légendaire aïeul incarnant bon sens et solidité, la maison Buddenbrook subit l’épreuve du temps au gré des legs aux héritiers, des décisions malavisées et des coups du sort. Les descendants Buddenbrook vont devoir apprendre à vivre, tiraillés entre le poids de l’héritage et la tentation d’un destin personnel. Publié en 1901 alors que Thomas Mann est âgé d’à peine 26 ans, Les Buddenbrook a rapidement été un best-seller avant de devenir un classique de la littérature mondiale qui vaudra à son auteur l’obtention du prix Nobel en 1929. La nouvelle traduction d’Olivier Le Lay en fait entendre toute la force romanesque et la puissance humoristique. Soirée en partenariat avec le Goethe-Institut Paris À lire – Thomas Mann, Les Buddenbrook, trad. de l’allemand par Olivier Le Lay, Gallimard, 2026

  32. 752

    Maria Stepanova – L’art de disparaître

    Entretien mené par Oriane Jeancourt GalignaniInterprète : Marguerite Capelle Lorsque ce roman s’ouvre, M. se trouve dans un train en partance pour un festival littéraire à l’étranger. Pourtant elle sait déjà ce qui l’attend : le public la laissera parler de ses livres et patientera jusqu’à ce que, décemment, il puisse l’interroger sur le pays d’où elle vient – pays qui, quelques années plus tôt, a déclaré la guerre à son voisin. M. se sent coupée de sa vie : elle est aujourd’hui une émigrée zélée qui s’applique à se créer un quotidien dans le pays qui l’a accueillie. Surtout, M. est coupée de sa langue, dans laquelle ont été écrits ses livres, celle dont elle veut, aujourd’hui, se détacher. Soudain une grève des chemins de fer chamboule le programme : le voyage s’achève dans une petite ville perdue où M. ne connaît personne et son téléphone portable est déchargé. Et si, comme par magie, elle disparaissait ?L’Art de disparaître est un grand roman sur l’exil, la perte de repère et le réenchantement du quotidien par l’écriture. À lire – Maria Stepanova, L’art de disparaître, Stock, 2026

  33. 751

    Philippe Besson – Une pension en Italie

    Entretien mené par Marie-Madeleine Rigopoulos Milieu des années 1960, au cours d’un été caniculaire en Toscane, l’harmonie tranquille d’une famille française est bouleversée par un événement inattendu. En trois jours, ce sont plusieurs vies qui basculent. La stupeur impose aussitôt le secret. Celui-ci sera longtemps gardé. Jusqu’à ce qu’un écrivain, héritier de cette histoire, parte de nos jours en quête de la vérité. Mêlant suspense et sensualité, Une pension en Italie est un roman solaire sur le prix à payer pour être soi, en écho à Sur la route de Madison et Chambre avec vue. À lire – Philippe Besson, Une pension en Italie, Julliard, 2026

  34. 750

    Chloé Delaume présente…

    Bulle poétique mensuelleAvec Héloïse Brézillon, Philippe Savet & Luz Volckmann Un dimanche par mois, durant une heure, Chloé Delaume vous présente ses coups de cœur poétiques. Pour cette première session, Luz Volckmann, Philippe Savet et Héloïse Brézillon seront sur scène pour des lectures. Chloé Delaume proposera également une sélection de textes récemment parus, lus par elle-même. À lire– Chloé Delaume, Ils appellent ça l’amour, Seuil, 2025 ; Par 64 fois j’y ai cru, éditions de l’Ogre, 2025– Héloïse Brézillon, Period², Cambourakis, 2025– Philippe Savet, Mille millilitres de Ganymède, éd. Nouvel Attila, 2026– Luz Volckmann, Aller la rivière, Blast, 2021

  35. 749

    Folie, fureur et ferveur de Anne Sexton

    Avec Sabine HuynhLecture par Dominique ReymondEntretien mené par Francesca Isidori Figure majeure de la poésie américaine, Anne Sexton est l’autrice d’une œuvre poétique composée de plus d’une dizaine de recueils précurseurs. Ses poèmes explorent des thèmes aussi divers que l’enfermement psychiatrique, la féminité et le corps, le désir, l’enfantement, la famille, l’amour, l’écriture… Depuis 2022, les éditions des femmes-Antoinette Fouque ont entrepris de faire découvrir son œuvre, injustement méconnue du grand public jusque-là avec la parution de Tu vis ou tu meurs (2022) et Transformations (2023) et Folie, fureur et ferveur en 2025. À lire – Anne Sexton, Folie, fureur et ferveur, Œuvres poétiques (1972-1975), trad. de l’anglais (États-Unis) par Sabine Huynh, éd. des femmes-Antoinette Fouque, 2025

  36. 748

    Théo Casciani – Insula

    Lecture par Aurore ClémentEntretien mené par Marie-Madeleine Rigopoulos Insula (île, en latin), c’est d’abord le nom d’un jeu clandestin de réalité augmentée d’un nouveau genre : il suffit d’ingérer une pilule stupéfiante et illégale pour accéder à la simulation. Théo, le narrateur, en apprend l’existence lors d’une fête queer, au sommet d’un immeuble désaffecté du centre de Londres. Mais il doit tout interrompre pour se rendre au chevet de son père mourant, dans un hôpital parisien. C’est le moment du dernier souffle et des derniers aveux. Le mot insula revient, cette fois dans la bouche des médecins, pour désigner une partie flottante du cerveau ravagée par la maladie, comme une île qu’on a dans la tête. Dystopie, histoire d’amour et de fantômes, enquête et cauchemar, Insula est un portail entre plusieurs dimensions, le vrai et le faux, le réel et le digital, la vie et la mort. À lire – Théo Casciani, Insula, P.O.L., 2026

  37. 747

    Pauline Peyrade – Les habitantes

    Entretien mené par Sophie Joubert Dans un hameau au cœur de collines couvertes de forêts, de champs et de routes, Emily vit avec sa chienne Loyse dans la maison héritée de sa grand-mère. C’est là qu’elle a grandi, quand son père est parti fonder une nouvelle famille. Elle y mène une existence en marge, rythmée par les promenades rituelles, les baignades à l’étang, le travail chez Aude dans la ferme voisine. Un jour, des lettres arrivent, lui signifiant la mise en vente imminente de la maison…. Une quête qui mène Emily à renouer avec sa demi-sœur Anna, dans laquelle chiennes, hirondelles, abeilles et champs de chanvres l’accompagnent au même plan que les autres personnages. À lire – Pauline Peyrade, Les habitantes, Les Éditions de Minuit, 2026

  38. 746

    Hugo Lindenberg – Les années souterraines

    Entretien mené par Raphaëlle Leyris “L’enfance, ce chemin de ronces, je m’en suis extirpé avec tant de hâte. Elle réside tout entière, images, goûts, sensations, entre les murs de cet immeuble du 15ème arrondissement de Paris, chez mon père, où j’ai croupi dix ans, du jour de la mort de ma mère à mes quinze ans.” Ouvrir la porte de l’appartement honni. Retracer pièce par pièce les souvenirs de ce qui s’est joué jadis. Puis partir en ayant pris soin de laisser l’enfance là où elle a eu lieu, encagée elle aussi. C’est le rêve, intime et universel, des enfants grandis, que Hugo Lindenberg met en scène dans une langue somptueuse. À lire – Hugo Lindenberg, Les années souterraines, Flammarion, 2026

  39. 745

    Ryoko Sekiguchi – Venise, millefleurs

    Entretien mené par Sophie JoubertCollaboration artistique : Maxime Matias Et si l’esprit d’un lieu se révélait moins dans ses monuments que dans les choses les plus évanescentes, ses fleurs, ses odeurs et ses saisons ? À partir de l’herbier d’Ilaria, botaniste vénitienne du XIXe siècle, Ryoko Sekiguchi imagine un roman pour appréhender l’âme végétale de Venise. Guidée par ce double d’un autre temps, elle part à la rencontre de celles qui aujourd’hui défendent une ville irriguée par la nature : « Sans doute étais-je lassée du nombre de romans écrits sur Venise par des hommes qui projetaient sur la ville une image féminine pour mieux la fantasmer. » Ryoko Sekiguchi partagera avec nous ce soir, de toutes sortes de façons, ses fragments d’herbier. À lire – Ryoko Sekiguchi, Venise, millefleurs, P.O.L., 2026

  40. 744

    Delphine de Vigan – Je suis Romane Monnier

    Entretien mené par Marie-Madeleine Rigopoulos « Les gens ne comprennent pas. Ils pensent que j’exagère. Mais en fait, je cherche quelque chose qui a disparu. Quelque chose de pur, de limpide… qui n’existe plus. » Qui est Romane Monnier ? D’elle, il ne reste qu’un téléphone portable. Des notes, des messages, des souvenirs, des enregistrements, autant de traces confiées à un inconnu, un samedi soir dans un bar. À lire – Delphine de Vigan, Je suis Romane Monnier, Gallimard, 2026

  41. 743

    Lionel Shriver – Hystérie collective

    Entretien mené par Marie-Madeleine RigopoulosInterprète : Marguerite Capelle États-Unis, 2011. Le mouvement pour la Parité Mentale est tout-puissant. Les américains l’ont bien intégré : il n’y a pas d’inégalité intellectuelle, tout le monde est intelligent, la discrimination à la bêtise relève du crime de haine. Plus de notes, plus d’examens, et les entretiens d’embauche sont strictement encadrés. Les écoliers peuvent être renvoyés s’ils utilisent le « S-word » (Stupide). Professeur d’anglais à l’université, Pearson ne l’entend pas de cette oreille. Dans sa salle de cours, elle assiste impuissante à l’inexorable nivellement par le bas de ses étudiants. Heureusement, il lui reste sa meilleure amie Emory pour évoquer ce sujet désormais socialement tabou. Les deux femmes se connaissent depuis l’adolescence, la confiance entre elles est totale. Ou du moins Pearson le croyait-elle… À lire – Lionel Shriver, Hystérie collective, trad. de l’anglais par Catherine Gibert, Belfond, 2026

  42. 742

    Ce que les femmes font à la poésie

    Avec Katia Bouchoueva, Séverine Daucourt, Hortense et Laure Gauthier, A.C. Hello, Sophie Loizeau, Virginie Poitrasson, Marina Skalova, Maud Thiria, Véronique Vassiliou & Isabelle ZribiRencontre proposée et animée par Alice de Brancion & Fabrice Thumerel Un vers (« Ce que les femmes font à la poésie ») et une assertion (la « langue / introuvable » qui serait celle des femmes) de Liliane Giraudon dans Polyphonie Penthésilée (P.O.L, 2022) constituent une pierre de touche pour ouvrir le débat : peut-on dire « les » femmes, « la » poésie ? N’est-il pas préférable de se demander ce que font les femmes dans la poésie ? La binarité sociolinguistique permet-elle de saisir la spécificité d’une langue poétique ? La poétique prévaut-elle sur la politique, puisque transcendant toute assignation identitaire ? Un #MeToo de la poésie a-t-il déjà eu lieu ou doit-il avoir lieu ? Ce mouvement peut-il se définir comme un « activisme de hashtag » (Elsa Boyer) ? Telles sont, entre autres, les questions que pose ce volume collectif qui vise à donner un aperçu de la création actuelle au féminin. À lire – Collectif, dir. par Fabrice Thumerel, Ce que les femmes font à la poésie, LansKine, 2025 – Laure Gauthier et Anne-Christine Royère dir., Vocalités contemporaines. La voix entre poésie et musique (1947-2024), Presses Universitaires de Rennes, 2025

  43. 741

    Jean-Yves Jouannais – Une forêt

    Lecture par Marie ConstantEntretien mené par Sophie Joubert « Le 22 février 1947, par temps d’orage, il arriva en train à Brême. C’est ce qu’il crut du moins. » Pendant les grands procès visant à éradiquer le nazisme dans la vie publique allemande, Jacob Lenz, avocat et capitaine de l’US army est convoqué par l’un de ces tribunaux afin de juger une affaire hors du commun. Des oiseaux parleurs – des mainates – nichant dans une forêt des environs, ont appris à chanter des hymnes nazis et les transmettent à leur descendance. Quel sort doit-on leur réserver ? Est-il, en quelque sorte, leur avocat ? À lire – Jean-Yves Jouannais, Une forêt, Albin Michel, 2026

  44. 740

    François Bégaudeau – Désertion

    Entretien mené par Camille Thomine Comment Steve passe-t-il d’une petite ville côtière de France à Raqqa, au cœur de la boucherie syrienne ? On ne sait pas bien. Comme on ne sait pas, on raconte. On se lance dans une sorte d’enquête amicale trois décennies durant. Sur la frise de sa vie, on détermine un moment zéro. Les déconvenues scolaires. Les harcèlements divers. L’envie non consommée de plastiquer le collège. L’envie de faire le bien. Et à chacun de ces moments, il y a Mickaël, le petit frère. Ce qui concerne Mickaël concerne Steve, son presque jumeau, et tout est dans le presque. À lire – François Bégaudeau, Désertion, Verticales, 2026

  45. 739

    Néhémy Dahomey – L’ordre immuable des choses

    Lecture par Guy Régis JuniorEntretien mené par Catherine Fruchon-Toussaint Alors que les adultes, dans la pièce d’à côté, se livrent à la prière et à la sanctification, Barthélémy Guidal, dit Lélé, vit une étape décisive de sa vie sexuelle et littéraire. Il nous raconte les premiers grands bouleversements de son existence, dans un pays d’Haïti livré au dénuement et aux brutaux contrastes de classes. Après une découverte traumatisante de la pornographie (en plein air, dans son quartier natal de Cité Soleil), l’émancipation peut-elle venir de la littérature et de la philosophie ? Lorsqu’une fille qu’il admire lui dit qu’elle ne sortira jamais avec personne parce qu’elle a « trop peur de la mort », il se voue au libertinage, à la quête de possibilités alternatives. À lire – Néhémy Dahomey, L’ordre immuable des choses, Seuil, 2026

  46. 738

    « Pompidou Book Club » #2 : Les marches de Vassily Kandinsky

    Lecture par Laurent Poitrenaux Pour ce nouveau rendez-vous avec le Centre Pompidou, au croisement des arts et de l’actualité éditoriale, Laurent Poitrenaux propose une lecture d’extraits du livre Les marches de Vassily Kandinsky. À la fois plaidoyer pour l’abstraction, récit éclaté d’une vie de peintre éternellement en exil et découverte émerveillée de la puissance de l’art, ce texte autobiographique est écrit dans une prose étincelante, qui fait appel aux sensations et aux impressions les plus primitives. Lecture créée à l’occasion de l’exposition « Kandinsky, La musique des couleurs » à la Philharmonie de Paris, en partenariat avec le Centre Pompidou (jusqu’au 1er février). À lire – Vassily Kandinsky, Les marches, trad. du russe, notes et postface de Catherine Perrel, Verdier, 2025

  47. 737

    David Szalay – Chair

    Entretien mené par Olivia GesbertInterprète : Marguerite Capelle István, adolescent isolé dans une petite ville de Hongrie, vit une relation sexuelle avec sa voisine quadragénaire mariée, qui s’achève brutalement. Après un passage en centre de détention pour mineurs, il s’engage dans l’armée et combat en Irak. Plus tard, installé en Angleterre, il travaille comme chauffeur pour l’élite et tente de réussir dans l’immobilier.Malgré cette ascension sociale, István reste un homme passif, déconnecté de lui-même et des autres. À travers lui, David Szalay explore la crise de la masculinité dans un monde dominé par la performance, la marchandisation et les inégalités. L’implacable anatomie de l’homme contemporain. Le livre sera disponible à la vente en avant-première, accompagné d’une session de dédicaces de l’auteur. À lire – David Szalay, Chair, trad. de l’anglais par Benoît Philippe, Albin Michel, 2026, Booker Prize 2025

  48. 736

    Constance Debré – Protocoles

    Entretien mené par Olivia Gesbert Il existe des images de gang bang, de sodomie, de fellation, de plan à trois, de plan à douze. Il existe des images de guerres, de famines, d’enfants en train de mourir. Il existe des images de la tuerie de Colombine, de l’assassinat de JFK, des avions rentrant dans les tours, des gens qui sautent des tours, des tours qui s’effondrent. Il existe des photos d’otages décapités en Syrie. Il n’existe aucune image d’un homme tué en application de la loi. À lire – Constance Debré, Protocoles, Flammarion, 2026

  49. 735

    Sandro Veronesi – Septembre noir

    Entretien mené par Fabio Gambaro Luigi Bellandi, professeur et traducteur, se remémore l’été 1972. Il a alors douze ans et tout le monde le surnomme Gigio. Un été de découvertes, la musique, la lecture, la naissance du désir et des inquiétudes qui l’accompagnent. Cela pourrait être joyeux si l’on ne pressentait pas l’avènement d’un drame familial se superposant au massacre perpétré par l’organisation terroriste Septembre noir qui interrompt brutalement les Jeux olympiques de Munich. La “férocité du monde” frappe le jeune garçon marquant ainsi la fin de son innocence. Soirée présentée en collaboration avec le festival Italissimo À lire – Sandro Veronesi, Septembre noir, traduit de l’italien par Dominique Vittoz, Grasset, 2026

  50. 734

    (OUiiii) #3 – Littérature féministe & érotique

    Avec Axelle Jah Njiké & Élodie FontLecture par Marie-Sonha CondéEntretien mené par Eva Sauphie Imaginé par Axelle Jah Njiké, autrice afropéenne et militante féministe païenne, (OUiiii) propose de découvrir des textes de la littérature érotique écrits par des femmes autrices d’hier et d’aujourd’hui. Invitant le temps d’une soirée une autrice à une discussion sur le désir et le plaisir féminin, la sexualité et l’intimité, ce cycle littéraire féministe et érotique convie le public à découvrir des œuvres pornographiques et érotiques que toute lectrice (jeune ou moins jeune, féministe ou pas) devrait avoir lu. À chaque édition, une sélection renouvelée subjective et non-exhaustive de textes cultivant la multiplicité des voix et des expériences sera proposée, afin de mettre en lumière l’agentivité des femmes dans ce domaine et en quoi les récits qu’elles ont produits peuvent contribuer à forger l’imaginaire érotique de toute une chacune. Pour cette troisième édition du cycle, Axelle Jah Njiké sera en conversation avec Élodie Font, autrice de l’essai À nos désirs, sur les sexualités lesbiennes. Élodie Font est aussi documentariste et l’autrice de nombreux podcasts et documentaires sonores, dont la série « Dernières nouvelles du sexe », pour les Pieds sur terre. À lire – Axelle Jah Njiké, Journal intime d’une féministe (noire), Au Diable Vauvert, 2022.Collectif, sous la dir. de Léonora Miano, Volcaniques : une anthologie du plaisir, Mémoire d’Encrier, 2015 – Élodie Font, À nos désirs. Dans l’intimité des lesbiennes, éd. La Déferlante Editions, 2024 – Coming in (dessiné par Carole Maurel), éd. Payot Graphic, 2025

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La Maison de la Poésie de Paris est une scène de lectures, de rencontres et de création dédiée à la voix des poètes et des écrivains. Elle s'adresse aussi bien à ceux qui ont toujours un livre en poche qu'à ceux qui découvriront le texte porté autrement, par la scène, la voix, la musique, l'image...

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