PODCAST · music
La Relève
by La Relève
La Relève c'est 30 minutes d'interview avec de jeunes talents, un lundi sur deux à 18 heures.
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Loïc Hecht La simulation (Ed. Les Arènes)
Pendant l'émission on a écouté
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Cléo et Kokopello Le ministère des affaires complexes Ed. les arènes BD
Réalisation de l'émission Pablo Ce soir nous recevions Cléo et Kokopello, co auteur du ministère des affaires complexes une bande dessinée parue chez Les arènes BD Pendant l'émission, on a écouté La nuit de Vonfelt feat Lescop
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Benoît Coquil Pas perdu (édition Rivages)
L'émission était réalisée par Gustave. (merci) // Illustration : détail du bandeau @Gabriel Maffeïs (c) Reproduction interdite Aujourd'hui, nous recevions Benoît Coquil pour son roman Pas perdu, aux éditions Rivages. Son précédent livre s'appelait Petites choses (Rivages Poche) Où il a été question de campagne, de labyrtinthe, de masculinité, de coming-out, de maïs, d'écologie, d'agricultures, de paysages, de Rimbaud, de mythologie, d'applications de rencontres, de Borges, du Poitou, de l'Amérique du Sud.... et d'une conférence de l'auteur intitulée « Rêver dans les archives ». Le roman graphique évoqué s'appelle Voleur de feu (Editions Futuropolis). Il a été réalisé par Damien Cuvillier. La chronique de début était consacrée à Les explorateurs de Iegor Gran aux éditions POL Mais avant de commencer, quels souvenirs gardez-vous de vos années lycée ? C’est la question que se pose l’écrivain Iegor Gran dans son dernier roman. Retour vers le passé et les années 80, où une bande de garçons fait face à l’ennui d’une scolarité suivant des rails établis. Alors pour mettre un peu de fantaisie, ils vont imaginer que les profs viennent d’une autre planète ou du moins sont contrôlés par des puissances extraterrestres supérieures. Et le jour où leur professeur de mathématiques évoquera la planète Zugul… ils seront sûrs d’avoir vu juste. C’est le début de leur enquête où ils noteront tout ce qui confirme leur théorie. et c’est bien connu, quand on cherche des preuves, on en trouve. Derrière cette anecdote, Iegor Gran saisit l’occasion pour faire revivre son adolescence, quand l’arrivée du premier walkman est un évémenent (je me demande en disant ce mot walkman si ça évoque quelque chose chez l’auditeur vingtenaire.. pour faire simple c’est l’ancêtre du stream musical), mais aussi où dans une classe de lycée, il pouvait y avoir des élèves soutiens de l’URSS (la Russie soviétéique) et des enfants d’exilés, le père de l’auteur étnat un prisonnier politique ayant passé plusieurs années au sinistrement célèbre goulag Mais c’est bien connu on n’est pas sérieux quand on a 14 ans.. ou disons qu’on est sérieux pour d’autres raisons que plus tard. À 14 ans, les vraies questions sont tout : les copains, les filles (pour cette bande de garçons hétéros). La vraie vie est alors au lycée. Ce qui est très réussi dans ce roman, c’est qu’il n’est pas du tout nostalgique.. L’écrivain sexagénaire n’a pas du tout l’air d’avoir envie de retourner dans ce temps d’avant, quand, d’après certains c’était mieux, forcément mieux. Mais il semble y trouver une confirmation de ce qui fait la trame de son oeuvre : la preuve que nous vivons dans un monde décidément étrange et que sans humour ni fiction, nous ne nous sauverons pas. ça s’appelle Les explorateurs de Iegor Gran et c’est disponible chez POL. Pendant l'émission, on a écouté Kids returen Teenage dreams
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Clara Boussion Embraye, Louise (Ed l'Arpenteur)
L'émission était réalisée par Gustave Aujourd'hui, nous recevions l'écrivaine Clara Boussion (pardon pour le défaut de prononciation) pour son premier roman Embraye, Louise paru aux éditions L'Arpenteur. Où il a été question de génération, d'une jeune femme mutique, du silence (un luxe mais la panique pour un intervieweur), d'autobiographie, d'Anna Gavalda, des masters de création littéraire, de l'avis des amis, de la ville du Havre, de Die Antwoordt, de l'enfer.. et de bien d'autres choses encore La chronique de début d'émission était consacrée à La chambre de Vilhelm de Tote Ditlevesen. Mais avant de commencer, vous vous débrouillez comment avec vos ex ? Rassurez-vous la relève ne se transforme pas en émission de libre antenne ce soir. Cette accroche c’est pour évoquer un des romans les plus singuliers qu’il m’ait été donné de lire depuis longtemps : La chambre de Vilhelm de l’autrice danoise Tove Ditlevesen que l’on découvre en France grâce aux éditions globe qui ont publié son auto biographie romancée en trois tomes. Je vais essayer de faire simple. LIse et vilhelm se sont aimés. Vilhelm est partie avec une autre femme. Lise qui est écrivaine et donc la narratrice du récit, “décide” aidée par une autre patiente de l’hôpital psy où elle se trouve de passer une petite annonce dans un journal danois de louer la chambre de son ex à un homme. D’où le titre du roman la chambre de Vilhelm.Pour faire simple c’est un peu Tinder dans le Danemark des années 70 et la liberté de cette femme se fait remarquer. Le récit est beaucoup plus complexe et passionnant que le résumé que je viens de faire, car l’autrice véritable intervient dnas le récit, parlant de ses persnnages.. lance des pistes, manie le paradoxe.. J’ai envie de dire que l’autrice ose beaucoup de choses. Par exemple, comme on est chez des gens de lettres : à un moment du récit, le directeur d’un journal lui propose de venir raconter l’histoire de son couple.. et ce récit est des plus étonnants, flirtant avec l’absurde quand l’autrice raconte comment l’opposition à son mari vire à la manipulation infinie de leurs deux psys. Pour finir je voudrais citer un critique qui a écrit mieux que moi ce qu’on peut dire de ce roman. c’est Claude Grimal sur le site en attendant Nadeau : « L’expérience déroute et fascine ». C’est très juste : elle déroute parce qu’on est dans un roman du désamour qu’on a déjà lu des dizaines fois et pourtant on ne l’a jamais lu comme ça. Elle fascine parce qu’elle mêle des registres habituellement inconciliables : à la fois inventif, quasi fantaisiste par moments et se terminant dans une tragédie. et c’est finalement d’autant plus glaçant quant don découvre en lisant la quatrième de couverture que l’autrice s’est suicidée un an après la publication de ce roman. Ça s’appelle La chambre de Vilhelm. c’est signé de Tove DIT LEV SEN et c’est traduit du danois par Christine Berlioz et Laila Flink Thullesen. c’est publié aux éditions Globe Pendant l'émission, on a écouté James Blake I had a dream she took my hand
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Les chemins écarquillés Aurélien Blanchard (Ed Christian Bourgois)
Image d'illustration : Détail couverture (c) Ed Christian Bourgois Message de service La relève vous donne rendez-vous dimanche 15 mars à 19 heures pour c'est dans l'art. on y parlera bande dessinée. ------------------ Durant cette émission merveilleusement réalisée par Pablo, nous recevions Aurélien Blanchard, primo romancier de Les chemins écarquillés (Ed. Christian Bourgois), un roman aussi singulier que passionnant. Où il a été question du métier d'éditeur, de course-poursuite, des perdants, de l'espoir, de la solitude, de Beckett et de James Bond mais aussi de Kafka, des rencontres, de l'apocalypse, des théories du complot, de l'intelligence et des gens qui comme Vlad sont des "aventuriersde Pendant l'émission on a écouté Gorillaz feat Mark E Smith Delirium La chronique de début d'émission était consacrée à Lundi c'est loin d'Oisin Mc Kenna aux éditions de l'olivier. Traduit par Olivier Deparis. Mais avant de commencer, avez vous passé votre week end en vous disant Lundi c’est loin ? Lundi c’est loin est le titre du roman dont je voudrais maintenant vous parler (et oui c’est le retour de la chronique de début d’émission). Il nous vient d’Irlande qui visiblement de puis le succès de Sally Rooney se spécialise dans les récits de vie sentimentalo sexuelle de jeunes adultes. À moins que ce ne soit un effet des éditeurs qui traduisent des livres qui rappellent ceux de Sally Rooney (je rappelle elle est l’autrice de Normal People, roman et série à succès mondial).. Revenons à Lundi c’est loin, le premier roman de de Oisin McKenna. Nous sommes en 2019 à Londres et une baleine s’est échouée sur les bords de la Tamise. Elle sera un sujet de conversation de tous les protagonistes de ce roman choral. Ils sont jeunes (plutôt trentenaires) vivent des vies précaires et alors qu’arrive ce week end, ils doiven se retrouver. Pendant 48 heures ils vont se croiser. Tous ou presque sont porteurs d’une nouvelle qu’ils doivent annoncer et qu’ils doivent reporter. On n’en dira pas trop pour ne rien divulgacher. Le roman est plein d’énergie, alliant deux tonalités pas si simples à marier : il est à la fois très tendre et ironique. Comme dans un plat sucré salé, l’équilibre des deux ingrédients est parfait dans ce livre qu’on a du mal à lâcher… peut être parce qu’il est construit comme une série (il faudra un jour que quelqu'un’ fasse un travail pour montrer comment les séries ont infusé la construction des romans des années 10 20). Je pourrais vous parler des espoirs des uns et des autres, de la difficulté de dire aux gens qu’on les aime et qu’on veut passer le reste de sa vie OU parce qu’on les aime on va les quitter pour qu’ils psuissent enfin vivre leur vie. Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce roman c’est la qualité du regard de son auteur, qui nous parle du Royaume Uni d’aujourd’hui, de ce que ça veut dire en 2019 d’être né en Irlande et de vivre à Londres. De la manière dont il note par des détails, une montée d’une forme de nationalisme britannique pas très sympathique. ou encore à la croisée du sentiment et de l’observation sociale, un très beau passage qui raconte le désarroi de la mère d’un fils gay et transfue de classe qui ne sait plus quel lire lui acheter depuis qu’il est allé à l’université.. et on sent bien combien cela la rend triste, mais triste.. et rien que pour ça, Oisin McKenna mérite qu’on lise vite son premier roman. Ça s’appelle Lundi c’est loin de Osin McKenna et c’est traduit par Olivier Deparis aux Editions de l’Olivier
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Peuple de verre de Catherine Leroux (Ed.de L'Olivier) & Fauré en héritage par Gaspard Dehaene (Mirare)
Nous avons reçu : - Catherine Leroux, une autrice canadienne, pour Peuple de verre aux éditions de l'Olivier - et le pianisteGaspard Dehaene, pour son enregistrement Fauré en héritage, un hommage à Gabirel Fauré, musicien mais aussi directeur du conservatoire et enseignant. Où il a été question de logement, de transmission, des mots, du sens des mots, de Chopin et de Gabriel Fauré, du département de l'Yonne ( ;-) ), mais aussi du Québec, de la verité, des enfants, de leurs pouvoirs et de leurs rêves, de musique classique ou non.... et de bien d'autres choses encore. Pendant l'émission, on a écouté Bjork Human Behaviour (on vous a mis une version live)
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Benjamin Hoffmann La guerre des os (Ed. Denoël)
En cous de publicatoin
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Louise Hémon (L'engloutie) et Guillaume Marbeck (Nouvelle vague)
Où il a été question notamment du rôle clé des accessoiristes, de la mise en scène, de la nouvelle vague mais aussi de montagne, de la vie en 1900 et tant d'autres choses. On mentionnera ici la musique d'Emile Sornin dans L'engloutie.. Ou du métier de photographe. L'émission était réalisée par Pablo dont c'était le grand retour. Pour cette émission, on a reçu une réalisatrice Louise Hémon pour son premier long métrage passionnant : L'engloutie pour lequel elle a obtenu notamment le prix André Bazin et Jean Vigo. et un acteur Guillaume Marbeck - prix de la révélation masculine aux Lumières 2026 brillant interprètre de JL Godard dans Nouvelle Vague, un film de Richard Linkal La chronique de début était consacrée à La récréation est finie de Dario Ferrari (Ed. du sous-sol) Seul le prononcé fait foi comme on dit... Mais avant de commencer, vous êtes plutôt roman historique ?roman philosophique ? histoire d’amour ou roman de campus ? Parce que si vous avez retenu une des propositions, vous pouvez lire La récréation est finie, un roman italien paru en septembre dernier qui est tout cela à la fois et bien plus. Marcello est un étudiant en lettre qui se retrouve en thèse de lettre un peu par hasard. Son directeur lui impose de travailler sur un écrivain peu connu, terroriste d’extrême gauche mort en prison. Le roman est d’abord l’histoire hilarante de ce vitteloni moderne.. trentenaire qui ne veut pas reprendre le café paternel, thésard pas très sérieux.. Dario Ferrari, l’auteur, excelle à dépeindre le monde universitaire italien qui ressemble beaucoup au nôtre.. entre luttes d’influences entre pontes, moyens toujours réduits et mesquineries à tous les étages. Une partie du livre se déroule à la Bibliothèque françois mitterrand et on imagine que l’auteur lui même docteur a peut être fréquenté ces dalles. La récréation est finie raconte aussi l’histoire de ce groupe de jeunes qui 50 ans plus tôt ont pris les armes. enfin l’histoire de ce groupe tel que le voit Marcello dans ses recherches. Avant d’y arriver, Ferrari prend le temps d’installer les personnages et si l’issue est tragique, le gang part plutôt comme des amateurs. on trouve par exemple le récit d’un braquage de banque où on ne serait pas surpris de croiser Pierre Richard, l’acteur français spécialiste des rôles de distrait maladroit dans des comédies populaires des années 70. On est tenu en haleine par ce gros livre, qui réserve des surprises et des retournements jusqu’à la fin. La récréation est finie est un roman qui réussit à être drôle et profond, intelligent et joyeux, ce qui avouons le ne court pas les rues.. ça s’appelle La récréation est finie c’est écrit par Dario Ferrari et traduit par Vincent Raynaud et c’est aux éditions du sous sol. Pendant l'émission, on a écouté Noor À tous ces garçons
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[Hors série] La relève Hiver et contre toux avec Théo Frilet, comédien et lecteur.
Photo Marine Dejeanne Reproduction interdite sans autorisation L'émission était réalisée par Thomas (pardon pour l'oubli dans le générique de fin) Pour fêter le solstice d'hiver (enfin ça c'est dans ma tête), Radio Campus Paris a organisé un HLM (hors les murs) à La cantine pas si loin de Pantin. La Relève en était.. et on a notamment reçu Théo Frilet.. Acteur de cinéma et de télévision (notamment), il enregistre aussi des livres audio dont Grindadráp de Caryl Férey, pour lequel il a obtenu le prix Ginkgo, un prix remis lors d'Un livre sur la place, le festival de littérature de Nancy. Où il a été question du métier d'acteur, d'Orson Welles, du pouvoir de la voix, du texte.... Merci à Mirlö de la nouvelle bouquinnerie
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[Hors série] Johanna Luyssen (Les fragments d'Helene Ed. Julliard) et Arbon (les derniers jours de Harry Yuan Au diable vauvert)
La relève a eu l'insigne honneur de participer au Hors les murs d'hiver de Radio Campus Paris en direct depuis la cantine pas si loin à Pantin (un super endroit, une super découverte pour nous) On a reçu Johanna Luyssens, autrice de Les fragments d'Hélène (Ed. Julliard) et Arbon, auteur de Les derniers jours de Harry Yuan (Ed Au diable vauvert)... deux livres qui peuvent semble différent, mais, qui, avec le recul (oui ben ça va je suis pas rapide.. merci je le savais), visite le passé... celui d'une femme (Hélène Rytmann était son nom) assassinée par son mari, une figure intellectuelle majeure.. En refermant ce très beau récit, on a envie de parodier Camus et d'imaginer Hélène Rytmann heureuse...avant la tragédie. L'autre s'interroge sur une figure majeure du numérique des années 2000 et de ce qu'il est devenu.. (Arbon assure que Harry Yuan a vraiment existé...) Un roman qui emprunte la voix de la fiction pour peut-être mieux dire le réel.. et qui revient sur 30 ans d'histoire récente.. qui emprunte à la vengeance façon Comte de Monte Cristo J'espère que vous aurez autant de plaisir à l'écouter que nous à la présenter. L'émission était réalisée par Thomas et présentée avec Mirlö de la nouvelle bouquinerie. Le livre dont il est question est La mer et son double de Julia Lepère aux éditions du sous-sol. Vous pouvez la retrouver en écoutant l'intégrale du Hors les murs..
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Carys Davies Éclaircie (Quai Voltaire)
Aujourd'hui on recevait Carys Davies autrice d'Eclaircie chez Quai Voltaire traduit de l'anglais par David Fauquemberg. Ce roman a obtenu le prix du meilleur livre étranger 2025. Où il a été question d'iles désertes ou presque, d'une vache et d'un cheval, de deux hommes et d'une extraordinaire héroïne, Mary, de la place du lecteur, du bonheur de traduire, des langues qui disparaissent, de la propriété de la terre et de qui a le droit d'y vivre, de littérature et de comment naissent les idées et d'un dictionnaire de langue norne... Pour la photo de l'autrice : (c) Alexandre Weinberger / La Table Ronde. Tous droits réservés La chronique de début d'émission était consacrée à Kairos de Jenny Erpenbeck, traduit par Rose Labourie (Editions Gallimard) (seul le prononcé fait foi) Mais avant de commencer, est-ce que vous croyez vraiment que l’amour est plus fort que tout ? Je ne sais pas si Katharina et Hans se posent cette question.. mais ce soir j’avais envie pour commencer de vous parler de Kairos, un roman écrit par une autrice de l’ex Allemagne de l’Est parce qu’on ne parle pas assez de la littérature allemande en général. Tout commence par ce qu’on appelle d’habitude un coup de foudre un soir de 1986 à Berlin Est. Katherina et Hans se rencontrent par hasard dans un bus.. Bon y’a une particularité c’est que lui a 34 ans de plus qu’elle, qu’il est marié, a un enfant. il est écrivain, a un poste à la radio nationale.. quand elle n’est qu’étudiante, vit chez ses parents et se cherche encore largement. Tout commence pour le mieux entre les deux qui vivent une véritable passion.. fusionnelle. mais bientôt la vie les séparera et l’homme qui se partage entre deux femmes vivra très mal que la jeune femme rencontre un homme alors qu’elle est partie étudier loin de Berlin. Commence alors la révéléraiton de ce dont on se doutait quand on pense passion, une emprise suffocante et sadique de la part d’un homme. Vous me direz peut être qu’on a déjà lu ça, mais sûrement pas comme ça et pour au moins deux raisons : par son écriture, l’autrice réussit à rendre sensible les étapes de cette amour. le jeu sur les pronoms personnels est particulièrement passionnant (oui je sais cette phrase peut paraître bizarre et pourtant je la maintiens) De même, l’emprise est aussi une question de mots, de rabâchage, de répétitions jusqu’à faire perdre au mot leur sens. l’autre raison c’est qu’on est en allemagne de l’est en 1986 si vous l’aviez oublié, trois ans avant la chute du mur. et ce n’est pas anodin car Hans est un personnage de ce régime.. il est venu vivre à l’est après la guerre, il a fréquenté l’élite intellectuelle.. et dans ce pays où le pouvoir abuse, il est lui aussi un rouage… créant un effet d’écho étonnant entre l’intime et le politique.. quand le couple s’effondre en même temps que le mur) les pages finales sur l’espèce de gueule de bois des Allemands de l’est ayant retrouvé la liberté sont d’une profonde justesse. Malgré les apparences, ce n’est pas un roman historique. ce n’est pas un roman d’amour. c’est l’un et l’autre et c’est bien plus que cela (je crois qu’on entend que ce roman m’a enthousiasmé!) Puis on a écouté Kate Bush Running up that hill L'émisssion était réalisée par Simon. Merci.
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Kévin Thiévon pour La bouche dans le sable (Ed. Le bruit du monde)
Aujourd'hui, on recevait Kévin Thiévon, primo romancier auteur de La bouche dans le sable aux éditions Le bruit du monde. Où il a été question de Bagdad, des grands-parents, de l'adolescence, des blessures, des rencontres, de l'attirance pour la violence, de la transmission, des parcs d'attraction et du Tibre, de photographie, de l'Histoire et des histoires qu'elle produit et du rôle que peut avoir la littérature. La chronique de début d'émission était consacrée à Intermezzo de Sally Rooney (Gallimard/Folio) Mais avant de commencer, est-ce que vous pensez qu’un amour peut aider à traverser un deuil ? C’est la question posée à Ivan et Peter, deux frères qui, au début du roman, viennent d’enterrer leur père. Ce sont les personnages d’Intermezzo, le dernier roman de l’écrivaine irlandaise Sally Rooney, roman qui vient de paraître en poche. Sally Rooney Ce nom vous dit peut être quelque chose car elle a écrit Normal People, un roman adapté sous la forme de série et a valu à l’autrice le surnom de Jane Austeen 2.0, tant elle excelle comme son illustre aînée à décrire les sentiments. On a aussi parlé de surdouée des lettres irlandaises ce qui est mérité au regard des quatre romans qu’elle a déjà publié à 30 environ. Mais ce qui est immérité, tant tout les romans irlandains sont réussis. Si je vous parle cesoir d’Intermezzo, c’est que j’ai beaucoup aimé ce livre notamment parce qu’ il n’y a pas tant de livres que ça qui s’intéressent à ce qui se passe au sein d’une fratrie… ce sentiment particulier très fort et complexe. où la plus plus grande proximité peut s’accompagner de la plus grande incompréhension Peter et Ivan ne font pas exception et le roman raconte bien cette relation faite d’affection sincère mais aussi de colère, de ressentiment … d’autant que la diffférence d’âge entre les deux frères est élevé. On peut difficilement imaginer personnes plus opposées. l’aîne est un brillant juriste, le cadet un champion local d’échec qui stagne un peu monomaniaque. Le premier est une sorte de bête sociale à l’aise partout, quand le second est plus à l’aise pour faire mat sur un échiquier que pour nouer des relations avec les autres. L'un et l’autre essaient de vivre des histoires d’amour que certains jugeront compliquées. Où l’on découvre qu’en Irlande il est difficile pour une quadragénaire séparée de son mari de tomber amoureux d’un jeune joueur d’échecs. Peter a d’autres problèmes, partagé entre deux femmes : son grand amour blessée après un accident et une femme beaucoup plus jeune que lui (ça ça ne pose de problèmes à pas grand monde) mais avec laquelle il entretient une relation non dénuée d’intérêt.. Comme on disait à une époque sur les réseaux sociaux, ils sont en couple mais c’est compliqué Le roman est dense, écrit simplement au plus près des personnages et de leurs émotions. IL y a un signe qui ne trompe pas : les scènes d’amour sont à la fois très simples, écrites avec précision et émotion. Intermezzo de Sally Rooney a été publié aux éditions Gallimard ou en poche chez Folio et c’est traduit par Laetitia Devaux. Pendant l'émission, on écouté Romain Muller À l'envers L'émission était réalisée par Simon. La photo est un détail de la couverture. (c) Tous droits réservés - Le bruit du monde
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Jean Desportes pour Clandestin familial (Ed. du Rocher)
Jean Desportes publie son troisième roman aux éditions du Rocher, Clandestin familial, une sorte de voyage en terre inconnue : bienvenue (ou pas) dans la grande bourgeoisie catholique neuilléenne. Où il a été question de l'argent, de l'homosexualité, de la chaleur de certains foyers et de la froideur de certaines familles, de la financiarisation, de la violence de la compétition pour le sommet du pouvoir (financier), de la punkitude des évangiles et du conformisme de certains croyants. Et de bien d'autres choses et le tout en moins de 30 minutes. L'émission était réalisée par Simon. La chronique de début était consacrée à Méteors de Hubert Charruel et Claude Le Pape. Mais avant de commencer, vous est-il déjà arrivé de trouver une solution qui vous plonge dans un problème pire que celui que vous pensiez résoudre ? C’est ce qui arrive à Mika et Daniel, quand après une soirée arrosée et enfumée (l’abus d’alcool et de drogues est dangereux pour la santé, je le rappelle), les deux amis se retrouvent dans un projet délirant de vol d’un Maine Coon, un chat de concours qui répond au doux nom de Sunset de la Charladière. Les deux bras cassés se retrouvent vite rattrapés par la police et la justice. Pour échapper à la prison et peut être réaliser enfin leur rêve de partir à la Réunion, ils doivent prouver leur bonne volonté. Pour cela, il leur faut un bon travail stable et décrocher de leurs diverses addictions… Les deux acceptent et vont voir leur pote Tony, celui qui a réussi et qui a une entreprise de BTP. Il accepte de les embaucher et les deux amis vont se retrouver sur un chantier d’enfouissement de déchets nucléaires. ça c’est pour le travail. pour les addictions c’est plus compliqué notamment pour Daniel et l’alcool (oui oui la bière c’est de l’alcool). Commence alors un film qui pose la question de ce que peut ou pas l’amitié, des addictions aux substances mais aussi aux personnes.. le tout sans jamais être donneur de leçon. Je vous parle de Meteors le deuxième film très réussi d’Hubert Charruel et Claude Le Pape. Commençons par la formidable distribution composée pour les rôles principaux de Salif Cissé, Idir Azougli, et Paul Kircher.. Si le premier interprète le patron de la PME de BTP, les deux autres composent avec humanité le duo de jeunes adultes un peu perdus.. on ne sait pas grand chose de leur famille, de leur parcours, de comment ils se sont rencontrés.. mais leur duo de potes est une évidence absolue. On pense aux travaux de Benoit Coquard dans Ceux qui restent (ed la Découverte) et son sous titre en forme d’anti-programme “Faire sa vie dans les campagnes en déclin” Le film réussit aussi à créer une drôle d’ambiance que ce soit dans cette grande maison à moitié abandonnée habitée par Mika et Daniel, dans les merveilleuses séquences nocturnes filmées à Saint Dizier ou encore sur ce chantier nucléaire très abstrait. Voilà j’espère que vous serez nombreux à aller voir Meteors d’Hubert Charruel et Claude Le Pape. c’est actuellement au cinéma. Pendant l'émission on a écouté Paris amour de Keren Ann Retour en 2019 avec Ugo Bienvenu qui était venu parler de Préférence Système. Aujourd'hui, il est l'auteur et le réalisateur d'Argo, son premier long métrage d'animation qui a été primé au festival d'Annecy.
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Melvin Mélissa Une pieuvre au plafond (Ed. Rivages) //Pierre et Florent Ostension (rencontres photographiques Paris Xe)
Aujourd'hui on recevait, Melvin Mélissa, autrice d'Une pieuvre au plafond, un premier roman aux éditions Rivages où, tiens tiens il y a un photographe. Pierre et Florent étaient aussi nos invités ; ils sont photographes et dans le cadre des rencontres photographiques du 10e arrondissement, on pourra aller voir Ostention, leur exposition à galerie Porte B à partir du 11 octobre. Où il a été question de photographies, d'artistes, de céphalopodes, de procession, de femme-poisson et de mouchoirs, d'émotions et d'addictins, d'Andersen et d'Irvine Welsh ... et de tellement d'autres choses. L'émission était réalisée par Simon. La chronique de début était consacrée à l'affaire Rachel, un roman de Caroline O' Donoghue, un roman paru aux éditions Mercure de France et en Folio. Mais avant de commencer, je vais vous raconter comment j’ai réalisé que j’étais ringard. C’est l’histoire d’un roman qui était resté dans une pile à livres et que j’ai découvert avant de partir en vacances et que j’ai donc emporté. l’affaire Rachel de Caroline O’ Donoghue paru au mercure de France dans une traduction de Sylvie Doizelet. Emballé par le roman, je me réjouissai d’en parler dès la rentrée, quand j’ai croisé sa version poche chez FOLIO ceint d’un bandeau Le phénomène TikTok. Et Rip de mon rêve de découverte.. on s’en fout de mon ego vaguement vexé et on revient à l’affaire Rachel.. Accrochez vos ceintures car l’histoire n’est pas simple.. rachel est une jeune fille de la bonne société de Cork qui travialle dans une librairie où elle rencontre James un jeune homme qui vient d’une famille populaire et qui rêve d’écrire une série. Entre eux, il y a un coup de foudre amical et ils deviennent colocataires dans une maison pas vraiment confortable. Pour séduire son professeur de lettres, Rachel a l’idée d’organiser à la librairie une signature où si séduction il y a ce n’est pas forcément entre elle et le professeur. Mais l’amitié est plus forte que tout. Tout se corse quand Rachel travaillera pour la femme de ce professeur, qui édite de la poésie.. mais chut C’est drôle et intelligent, tordu juste ce qu’il faut.. ça raconte les années fac, la puissance de l’amitié quand on s’émancipe de ses parents.. ce moment où il faut se lancer dans le monde, alors qu’on n’est pas sûr de grand chose. les personnages sont attachants malgré leurs défauts et pour des actions pas toujours très chouettes.. ça raconte aussi un pays, l’Irlande confrontée à une crise économique qui vient ébranler la sécurité financière des notables (les parents de Rachel sont dentistes et ébranlés par la situation) C’est un roman où les personnages secondaires sont aussi bien traitées (je pense aux deux frères de Rachel mais aussi à celui dont elle tombe amoureux, un drôle de garçn qui est merveilleux quand il est là, mais qui peut disparaître parfois d’un claquement de doigt) Ça s'appelle L’affaire Rachel. C’est signé de Caroline O Donoghue traduit par Sylvie Doizelet aux éditions Mercure de France pour le grand format ou en poche chez Folio. Et si vous ne me croyez pas, rappelez vous c’est aussi un phénomène Tiktok et on peut le dire les tiktokeureuses ont sacrément bon goût. Pendant l'émission, on a écouté Tyler, The Creator, pour Like him Fun fact : cette émission dure 44 minutes et 44 secondes, c'est peut être un détail pour vous.. mais nous on est fier !
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Sasha Georges, écrivain auteur de Physiquement (Ed. Julliard)
Aujourd'hui, on recevait Sasha George pour son premier roman Physiquement aux éditions Julliard. Où il a été question de féminisme et de famille, d'écriture en 2025, de rap (un peu), de littérature (beaucoup), de politique, de violences intrafamiliales, de premier roman, de rentrée littéraire, mais aussi de narration, et de la manière dont les livres changent les persnnages, les lecteurs mais peut être aussi leur auteur. La chronique de début était consacrée à Le Tout de Dave Eggers Gallimard (Traduction Juliette Bourdin) Mais avant de commencer que seriez vous prêt à faire pour lutter contre un géant de la tech.. C’est la question à laquelle doit répondre Delaney, une jeune fille qui en veut beaucoup au Tout une super entreprise de la tech qui contrôle tout sur tout ou presque. C’est qu’elle a quelque raison de leur en vouloir… alors elle se fait embaucher pour la subvertir de l’intérieur… C’est la trame du nouveau roman de Dave Eggers dont on retrouve ici tout ce qu’on a aimé chez lui. A commencer par le fait que c’est un super conteur, un auteur qui sait écrire et développer une histoire sur 600 pages sans être jamais ennuyeux. Comme dans le Cercle qui a été adapté au cinéma, Le tout raconte les grandes entreprises de la tech de l’intérieur et par moments on sy’ croirait presque, même si Eggers s’amuse à exagérer un peu, comme on le fait dans toutes les satires.. vous l’avez compris je vous le recommande. C’est publie chez Gallimard et traduit par Juliette Bourdin. Pendant l'émission, on a écouté Les nuits Chrysler de Pascal Philipp L'émission était réalisée par Delilah
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Reine Bellivier La hideuse (Bourgois) // Jérôme Schmidt Las Vegas (l'arbre qui marche)
L'émission était réalisée par Pierre (Bonjour et bienvenue Pierre) Pour sa pré-rentrée, la Relève a réuni deux invités parce qu'on en avait envie, et, si vous voulez vraiment une raison, parce qu'au retour des congés estivaux (pour de nombreuses personnes mais pas toutes.. on n'oublie pas celles et ceux qui ne peuvent pas partir) on avait envie de parler de ceux qui partent. Pour toujours ou pour Las Vegas. Alors on a invité : - Reine Bellivier est l'autrice d'un premier roman remarqué paru chez Bourgois : La hideuse. - Jérôme Schmidt a publié un guide d'un genre nouveau aux éditions L'arbre qui marche, guide consacré à la ville incroyable de Las Vegas. Où il a été question du pouvoir la fiction, de la fiction dans la fiction, d'une ville qui ressemble à une fiction, à des joueurs qui perdent pour pouvoir gagner, des messages de la police de Vegas, mais aussi des gens qui laissent la porte ouverte avant de disparaître, de la soif d'ailleurs, du tissage de mots ou du trousseau brodé. Des femmes et des hommes qui rêvent d'ailleurs. De ceux qui disparaissent et de celles qui trouvent une place à elles. Ou l'inverse. Pendant l'émission on a écouté The Pirouettes, Sous les cocotiers
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Philippe Vilain Mauvais élève Ed Robert Laffont
Pour la dernière de la saison, Philippe Vilain auteur de Mauvais élève chez Robert Laffont (Crédit photo : détail de la photo du bandeau en illustration) était l'invité de la Relève. Nous n'étions ni dans une grotte, ni dans une cathédrale, mais on avait un gros problème technique... et on a fait avec les moyens du bord... L'écho créé un effet surréel... un effet Naples sûrement (ou plus prosaïquement, un effet Whatsapp) Où il a été question .... Où on a appris que bien avant les américains, Stendhal a parlé de mid life crisis (il ne devrait pas nous en vouloir pour cet anglicisme), qu'il y a des livres qui ne nourrissent pas et des livres avec plein de bonnes choses dedans, qu'être un cancre peut être une souffrance... ou encore qu'à moins de s'appeler Cesare Pavese, on ne parle pas de bel été, mais d'un bon été L'émission était réalisée par Simon et ses nerfs d'acier (face à l'écho.. il n'a pas abandonné. merci) Si tout avait fonctionné correctement, vous auriez pu entendre cette chronique à propos du dernier (en date) du roman de Dave Eggers : Mais avant de commencer que seriez vous prêt à faire pour lutter contre un géant de la tech.. C’est la question à laquelle doit répondre Delaney, une jeune fille qui en veut beaucoup au Tout une super entreprise de la tech qui contrôle tout sur tout ou presque. C’est qu’elle a quelque raison de leur en vouloir… alors elle se fait embaucher pour la subvertir de l’intérieur… C’est la trame de Le TOUT, le nouveau roman de Dave Eggers dont on retrouve ici tout ce qu’on a aimé chez lui. A commencer par le fait que c’est un super conteur, un auteur qui sait écrire et développer une histoire sur 600 pages sans être jamais ennuyeux. Comme dans le Cercle qui a été adapté au cinéma, Le tout raconte les grandes entreprises de la tech de l’intérieur et par moments on sy’ croirait presque, même si Eggers s’amuse à exagérer un peu, comme on le fait dans toutes les satires.. vous l’avez compris je vous le recommande. C’est publie chez Gallimard et traduit par Juliette Bourdin. J’en profite pour signaler la revue Flaash avec deux A. qui se présente comme la revue culturelle et technique d’anticipation. Dans son numéro du printemps, elle a pu interviewer Dave Eggers. où l’on découvre que l’écrivain dont on vient de parler n’a pas d’ordinateur connecté mais possède un téléphone à clapet… Eggers y raconte aussi qu’il a été frappé lors d’un diner par un convive qui estimait ne plus avoir la capacité à gérer lui même sa vie, avant d’ajouter “je préfère confier ça à l’IA”. ON trouve aussi dans ce numéro de flash un dossier sur la tech au féminin mais aussi un article très intéressant sur sur les villes disney (oui oui vous avec bien entendu).. ou encore un dossier photographique sur les piscines tournesol… si vous avez moins de 30 ans vous avez peu de chance de savoir de quoi on parle.. Pour son numéro d’été, la revue Flash s’intéresse à cinq communautés (transhumaniste, gaming, urbaine, transgenre et technocritique) avec deux invités : Kiddy Smile et Mathilde Polidori. On va passer un été très stimulant avec ces lectures à mon avis Et vous auriez écouté Giochi di Gambe de Giorgio Poi Mais bon, on était tellement tendu que la liaison coupe.. qu'on a tout fait sans s'arrêter... Allez il est temps que la console refroidisse qu'on passe tous de bonnes vacances. À bientôt...
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Camille Perton scénariste et réalisatrice de Les arènes
Aujourd'hui, on recevait Camille Perton scénariste et réalisatrice de Les Arènes un passionnant premier film, qui suit un jeune footballeur repéré par un agent. Où il a été question de football, des coulisses du sport, de cinéma, de James Gray et de Michael Cimino, des corps, de l'argent et du désir, des acteurs et du cadre et de tant d'autres choses que ce serait dommage de ne pas écouter. Passer les champs le court-métrage de Camille Perton et Fabien Cavacas peut être vu en cliquant ICI L'émission était réalisée par Delilah Escherich La chronique du jour était consacrée à Bonheur d'occasion de Gabriel Roy aux Editions de l'Olivier. Mais avant de commencer, que feriez vous si vous étiez une mère de famille de 12 enfants vivant à Montréal et devant déménager alors que votre mari n’a pas de travail et que sa dernière idée pour réussir lui a valu un nouveau licenciement ? Tel pourrait être le “mauvais” résumé d’un roman publié en 1945 au Québec et qui vaudra à son autrice d’être la première canadienne à obtenir le prix Fémina à Paris. Elle s’appelle Gabrielle Roy et le roman s’appelle Bonheur d’occasion, un titre que je trouve magnifique. Bonheur d’occasion c’est le roman de la débrouille de quelques membres de cette famille dans les années 40 alors que les effets de la grande crise des années 30 se font encore sentir. Le père de famille, AZARIUS, peine à trouver du travail, les secours apportés ont été coupés. Rosa Anna,son épouse, fait tenir le ménage et la famille tant bien que mal. Juste pour vous donner une image : à l’époque les enfants dorment sur des chaises dans un logement qu’on imagine exigü. Florentine l’ainée travaille comme serveuse pour aider à la famille. elle aimerait bien ne pas faire comme sa mère. Elle tombe amoureuse de Jean, un ambitieux bien peu sympathique.. Pendant ce temps là un de ses frères décide de s’engager pour la deuxième guerre mondiale. Telle que je vous le raconte, ça sonne un peu comme un mélodrame. Et d’une certaine façon c’est un, si on appelle mélodrame la matière humaine qui fait la vie des petites gens, quand les rois et les dieux à la tragédie. mais c’est un mélodrame de grande classe. il y a toute la beauté des dialogues écrits dans la langue fleurie et parlée par cette classe populaire.. Il y a toute la finesse psychologique de Gabrielle Roy qui donne sa chance à tous les personnages, décortiquant leurs états d’âme, cherchant toujours à les comprendre jamais à les juger. Et puis il y a ce talent de l’autrice pour mêler l’histoire intime d’une famille et la grande Histoire. POur ma part, j’avais jamais rien lu sur la seconde guerre mondiale vue du Canada.. et j’avoue que ce livre m’a boulversé pour ce que j’ai appris. pour finir je citerai Gabrielle Roy qui dans une interview (que vous pourrez retrouver sur le site de radio campus paris en cliquant ici) disait : “qu’on n’ait pu faire dans la paix pour les hommes ce que l’on peut pour la guerre cela m’a rendu d’une telle indignation que j’ai eu un désir ardent de l’exprimer à travers des personnages. l’indignation fut le moteur de Bonheur d’occasion” et j’en profite pour saluer Kev Lambert pour ce très bon conseil de lecture Pendant l'émission on a écouté Depeche Mode Ghost Again
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Laura Chomet La pulpe et le jus (Editions Gallimard)
Aujourd'hui, on recevait Laura Chomet autrice d'un premier roman : La pulpe et le jus, publié aux éditions Gallimard (illustration : détail de la couverture. Tous droits réservés Editions Gallimard). L'émission était réalisée par Delilah Escherich. Où il a été question des gens anxieux, de téléréalité, d'humour, du pouvoir de l'imagination, du pouvoir de l'imagination, de la mélancolie, du cerveau, de la puissance du roman, des gens qu'on aime même s'ils sont pénibles, de ceux qu'on aimerait aider mais qui ne se laissent pas faire, d'un animateur qui fut hypocondriaque, d'une autrice discrète mais déterminée et des tellement d'autres choses qu'il faut vite écouter ce podcast. Notamment si vous voulez savoir qui est "cette sale petite effrontée dont il est question dans ce roman". L'interview sur YouTube dont il est question dans l'émission peut être regardée ICI La chronique était consacrée à Permission de Saskia Vogel (Ed La Croisée), traduit de l’anglais par Valérie Le Plouhinec (seul le prononcé fait foi comme on dit) Mais avant de commencer, comment réagiriez si vous observiez d’incessants va-et-vient chez vos voisins ? C’est la situation à laquelle est confrontée Echo, une jeune femme vivant à Los Angeles. Elle revient s’installer dans les maisons de ses parents après la disparition de son père. Est-il tombé de la falaise dans l’océan ? S’est-il noyé ? Son corps réapparaîtra-t-il un jour ? Echo ne le sait pas et doit vivre dans cet entre-deux.. Où elle ne peut pas faire vraiment son deuil. où elle continue d’attendre le retour d’un homme… un retour dont la probabilité diminue chaque jour. . C’est que la vie d’Echo n’est pas trépidente non plus. On est à Los Angeles et si elle a rêvé un jour de faire du cinéma, elle a surtout fait des publicités, dont l’une qui lui a donné une petite célébrité. Elle pose aussi nue comme modèle dans des cours de dessins… un endroit où elle retrouve un homme qui ne lui veut pas que du bien… mais on n’en dira pas davantage. Si ce n’est que les hommes ne sont pas vraiment des modèles de bienveillance pour Echo. Avec ou sans père, Echo qui a passé la vingtaine et arrive à l’âge où les rêves que l’on avait doivent se confronter à la réalité. L’âge où le réveil peut être violent. Alors, en attendant ce moment fatal, Echo navigue dans un entre deux. Tout chez elle ne semble être qu’indétermination, à commencer par ses préférences amoureuses. Et la rencontre avec la fameuse voisine sera peut être le début d’un réveil moins difficile qu’on ne pensait. Dans les critiques que j’ai lues de ce livre, on parle beaucoup de sado masochisme… mais dans une version très cérébrale. Permission - c’est le titre du roman dont je vous parle - est peut être autant et surtout un très grand livre sur la dépression. Celle d’une jeune femme perdue, dnas une ville où ces parents sont venues d’Europe et où elle n’arrive pas à trouver sa place. Los Angeles y est évoquée comme on l’a rarement lu. Ici, ce n’est ni la ville du rêve hollywoodien, ou du bien être californien. je lis un extrait “on perd facilement la notion du temps à Los Angeles même quand on est en train de se demander où est papa, si parti veut vraiment dire parti et ce que ça veut dire , être parti. Le soleil et le ciel sont des narcotiques. Vingt-quatre degrés et des après-midi de ciel clair au long des plages, jour après jour après jour”. c’est toute la singularité de ce premier roman qui n’est jamais là où on l’attend… Pendant l'émission, on a écouté The Pirouettes "Chanter sous les cocotiers"
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Mathias Bonneau Bûcheron (Editions du Seuil )
Aujourd'hui, on recevait Mathias Bonneau est l'auteur de Bûcheron, aux Éditions du Seuil (Photo d'illustration : détail de la couverture. TOUS DROITS RÉSERVÉS Ed du Seuil). L'émission était réalisée par Delilah Escherich. Où l'on a parlé des forêts, du bois, du métier de bûcheron, d'un vilain typographe, du rapport de l'Homme et de la Nature, de la beauté d'une coupe, de la vie d'une forêt, d'un métier difficile, des forêts de mots qui sont peut-être bien plus facile à débroussailler que celles de bois. La chronique de début d'émission était consacrée à The happy couple de Naoise Dolan aux éditions de l'Olivier. Traduction de Nathalie Peronny Mais avant de commencer, que feriez-vous si votre fiancé disparaissait en plein de milieu de votre fête de fiançailles ? C’est ce qui arrive à Céline qui fête ses fiançailles avec Luke. Si les deux vivent à Dublin, c’est à Londres devant leur famille qu’ils ont décidé d’officialiser leur histoire. Si vous aimez la pop des années 80 et les Rita Mitsouko, en particulier, vous savez sûrement que les histoires d’amour finissent mal en général. Mais il arrive aussiparfois, comme c’est le cas pour Céline et Luke, qu’une histoire d’amour ne commence pas vraiment mieux. Le roman dont je vous parle raconte les jours qui séparent ces fiançailles particulières d’un mariage - ou d’une catastrophe - annoncée-, en donnant successivement la parole aux deux tourtoreaux, au témoin, à la demoiselle d’honneur mais aussi aux invités. Jusqu’au JOUR J qui possède une happy end, même si ce n’est pas forcément celle qui était prévue. Ces changements successifs de points de vue explique pourquoi on n’arrive pas à se faire un avis définitif sur les différents personnages… Au fil des pages on oscille entre tendresse pour la faiblesse de l’un et agacement devant sa lâcheté. Et inversement, on admire la persévérance d’un autre, avant de s’agacer de son aveuglement. On oscille et on s’amuse car l’autrice, Naoise Dolan, dont c’est le deuxième roman, possède un humour décapant et un sens de la formule redoutable. Mais il y a aussi chez elle quelque chose d’une Jane Austen des années 2020 qui observe avec un oeil perçant les moeurs et les amours des jeunes de la classe moyenne supérieure irlando-londonnienne (on est plutôt pianiste, avocat ou cadre dans une start up). (Autre signe des temps à noter dans ce roman : pour ces personnages qui ont pour la plupart une sexualité fluide, la question de l’idendité sexuelle des uns, des unes et des autres n’est jamais posée.) Enfin, l’autrice réussit à créer un suspense qui ne concerne pas tant l’issue de cette histoire si mal partie, que de savoir comment les protagonistes réussiront à s’en sortir. Le roman s’appelle The happy couple c’est signé Naoise Dolan c’est parfaitement traduit par Nathalie Peronny qui réussit magnifiquement à rendre les différents niveaux de langage de l’autrice. du grand art ! (d’une langue qui passe du trivial à un certain classicisme). Et c’est publié aux Editions de l’Olivier Pendant l'émission on a écouté Parcels You got me feeling
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Luca Brunoni En surface (Ed. Finitude) & Guillaume Collet festival Nouveaux rêves
Pour cette émission, deux invités l'écrivain Luca Brunoni pour son troisième roman, deuxième roman publié en France et premier roman écrit en français par lui-même : En surface aux toujours formidables éditions Finitude. Nous avons aussi reçu Guillaume Collet (qu'on avait reçu pour son roman les mains pleines chez Bourgois)pour évoquer le festival Nouveaux rêves de Saint- Etienne. Une sélection de trois court-métrages est présenté ce soir au cinéma Les trois Luxembourg, rue monsieur le Prince à Paris. Où il a été question du deuxième roman, de la Suisse, des secrets, d'écrire en italien ou en français, d'Henry Miller, du pouvoir des romans, de dilemmes moraux, de court-métrage, des pages à couper... mais aussi de court-métrages, du métier de monteur, de rencontres avec des cinéates... Si vous voulez écouter l'émission avec Joseph Incardona au sujet de son roman La soustraction des possibles. Pendant l'émission on a écouté Ofé, Si
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Viktor Kyrylov, la révélation actuellement au Théâtre de belleville dans Maintenant je n'écrirai plus qu'en français
Viktor Kyrylov est né à Odessa en Ukraine il y a 23 ans. Il est actuellement sur la scène du théâtre de Belleville pour une pièce qu'il a écrite Maintenant je n'écris plus qu'en français. Il y parle de son histoire de jeune ukrainien, bercé de culture russe, qui apprenait le théâtre dans une des plus grandes écoles de Moscou. Où on a parlé de son histoire, de l'Histoire, de la langue maternelle, du théâtre, de la guerre, de douleur... mais aussi de Zaz et d'actrices hollywoodiennes ! Viktor Kyrylov, généreux, nous a sûrement offert les plus beaux silences de radio. Merci à lui. Photo Pauline Le Goff pour le théâtre de Belleville. Tous droits réservés.Reproduction interdite La chronique du jour était consacrée àFils prodigues de Colin Barrett (Ed. Rivages) : Mais avant de commencer, qu’avez vous prévu de faire pour le festival du saumon ? Rien sûrement car si vous nous écoutez vous n’êtes pas à Ballina en Irlande, là où se déroule le roman dont je vais vous parler maintenant. Dans cette petite ville, il ne se passe pas grande chose et les jeunes du coin ont pour se divertir le choix entre le pub, les soirées sous substance et un certain ennui. Alors quand les frères Ferdia décident d’enlever Doll parce que son frère Cillian a une dette avec un trafiquant de drogues locales, rien ne va plus. Pour le planquer ils vont chez Dev, un garçon fort physiquement mais qui a été harcelé durant toute sa scolarité, orphelin et qui voit d’un très mauvais oeil l’arrivée des deux frères et de leurs otages. Cela pourrait être un excellent polar mais c’est encore mieux que ça. Le roman marque d’abord par la très grande habileté de sa construction, passant d’un personnage à un autre, mais aussi par des aller et retour entre le temps de l’histoire et le passé des uns et des autres. C’est que ça fait un certain temps qu’à Ballina la vie ne tourne pas rond. Entre un père parti au Canada, un autre hébergé dans un centre psychiatrique après une tentative d’enlèvement, sans parler d’un troisième mort d’un cancer. ne vous y trompez pas, ce livre n’a rien de plombant. On y retrouve la vie avec ce qu’elle a de triste et de joyeux. Et ce grand premier roman irlandais - son auteur avait jusqu’ici publié un recueil de nouvelles - réussit des portraits de tous ces personnages dans toutes les contradictions. Quand on referme le livre on n’a qu’un regret : il s’appelle Fils prodigues et il aurait pu s’appeller Femmes de têtes.. car les vraies héroïnes ce sont bien les femmes, courageuses intelligentes, ne baissant jamais les bras, qu’elles s’appellent Sheila ou Nicky. et pour finir je vais vous faire une confidence, je ne suis pas un homme à chiens.. mais je n’arrive pas à oublier Georgie, la chienne d’un des personnages. ça s’appelle Fils prodigues de Colin Barrett c’est publié chez Rivages dans une impeccable traduction de Charles Bonnot. Pendant l'émission on a écouté Bolis Pupul Completely Half
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Le sens de la fuite Hajar Azell (Ed. Gallimard)
Hajar Azell est l'autrice d'un deuxième roman chez Gallimard : Le sens de la fuite. Par le plus grand des hasards, on a découvert en préparant l'émission qu'elle avait travaillé sur Radio Campus Paris dans l'émission Paris Alexandrie, qu'il est possible de réécouter ici. Où il a été question, de ceux qui partent et de ceux qui restent, des printemps arabes, du métier de grand reporter (si quelqu'un connaît le féminin du mot.. on est preneur grande reportere c'est pas terrible non ?) d'amour, des pères, d'écrire au plus près et plus juste... et bien d'autres choses qu'il vous reste à découvrir en écoutant le podcast. L'émission était réalisée par Nina ------------------------- La chronique du début de l'émission portait sur Made In France au Théâtre de Belleville Mais avant de commencer, que seriez vous prêt à faire pour préserver votre emploi si votre liberté en dépendait.. C’est bien malgré lui la question à laquelle doit répondre Emile. il va enfin pouvoir retrouver sa famille grâce à un aménagement de peine. Alors quand il arrive dans l’usine qui doit l’employer, il faut que ça marche. Sa liberté en dépend. Or, le directeur de l’usine le prend pour un envoyé de l’actionnaire qui a justement décidé de fermer ce site de production. Alors il va tout VRAIMENT TOUT faire pour réussir à garder l’usine ouverte. Mais il va falloir faire avec les intérêts des uns et des autres, jouer avec un actionnaire bien décidé à se débarrasser de l’usine quoi qu’il en coûte, des politiques pas vraiment à la hauteur - où disons qui ont leur agenda, qui n’est pas celui des salariés, qui eux mêmes ne sont pas tous prêts à tout.. Je ne vous parle pas d’un reportage vu au JT mais bien d’une pièce de théâtre qui est en train d’être créé au théatre de Belleville. Si je vous en parle c’est qu’on y retrouve Paul-Eloi Forget et Samuel Valensi à l’écriture, à la mise en scène et sur scène et qu’on est pas peu fier de les avoir invité pour leur première pièce à la Relève. ça s’appelait l’inversion de la courbe.. Depuis ils ont fait un sacré bout de chemin, avec le succès de Coupures qui a tourné pendant plusieurs mois dans toute la France, et notamment à Paris. Avec Made in France, on retrouve sans défaut tout ce qu’on aime dans leur théatre : leur audace à se saisir de vraies questions politiques pour en faire des sujets de comédie INTELLIGENTE. Car on rit beaucoup à Made in France. Parmi les bonnes idées de ce spectacle on citera la présence sur scène d’une joueuse de batterie -l’instrument de musique - pour signifier l’usine, le travail, les hommes et les femmes en colère.. C’est bien la preuve qu’on peut avoir de petits moyens et de grandes idées. IL faudrait citer toute la distribution qui est formidable. ça s’appelle Made in France au théatre de Belleville à paris. du mercredi au samedi jusqu’au 29 avril.. et pour les moins de 26 ans, ça coûte 12 euros ! --------------- Pendant l'émission on a écouté
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Ninon Hannecart-Ségal & Pierre Fontenelle (Bijoux à la FAB)//Grégoire Domenach Refuge au crépuscule(Ed. Bourgois)
Emission réalisée par Pablo A la relève on a reçu l'écrivain Grégoire Domenach dont le dernier roman (en date), Refuge au crépuscule, vient de paraître chez Satellites, la collection de poche de Bourgois. Un récit de voyages et de découvertes au Kirghizstan, une région du monde peu connue. Nous recevions aussi Ninon Hannecart-Ségal et Pierre Fontenelle, deux jeunes musiciens (sur la photo), qui se sont produits à La Fab (fondation Agnès B) le 20 mars. Pour découvrir la pianiste claveciniste, Ninon Hannecart-Ségal dans Crumb et Pierre Fontenelle (ici le duo Kiasma avec Frin Wolter) Pierre Fontenelle est aussi responsable de la programmation du Concert des Dames à l'Abbaye Notre-Dame du Vivier.
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Mathilde Henzelin La saison des bêtises Ed Les Avrils
Aujourd'hui l'invitée était Mathilde Henzelin, autrice de La saison des Bêtises aux éditions les Avrils, un roman où il est question d'une jeunesse qui vit un vide existentiel profond, de paradis artificiel.. un premier roman au style à la fois classique et moderne, parfois triste mais jamais désespéré. Où l'on a évoqué Zweig et Schnitzler, The Brutalist et Nicolas Bouvier, le travail de scénariste, les bullshits jobs, la drogue, l'ennuie, la vie, les réseaux sociaux, l'addiction et les drogues, toutes les drogues. La chronique du jour était consacré à Juno et Legs de Karl Geary aux éditions de l'Olivier Mais avant de commencer, avez vous déjà connu une amitié totale ? C’est le cas de Juno et Legs deux adolescents - une fille et un garçon - vivant en Irlande au début des années 80. Leurs années collège ne sont pas vraiment du genre joyeux. On est dans l’Irlande catholique, avec des enseignants du genre sadique, où parler de châtiments corporels semble même un euphémisme tant ce sont plutôt à des tabassages que se livrent les responsables de cette école. C’est après une humiliation de Sean - le vrai prénom de Legs que Juno va prendre sa défense et nouer ainsi une amitié tout en pudeur... L’humiliation par l’enseignant débouchant sur une attaque dans la cour de récréation (car la violence des adultes est aussi une autorisation donnée aux meneurs de bandes). Juno qui est la narratrice de l’histoire vit dans un milieu social défavorisé.. Sa mère effectue des travaux de couture pour le voisinage, qui n’a pas vraiment les moyens de les payer.. pendant que le père boit son allocation chômage. Dans ce décor pluvieux - oui oui on est en Iralnde je le rappelle, la vie de Juno et de Legs n’a rien de réjouissant a priori. Et pourtant ce récit n’est pas plombant. Croyez moi : une fois le livre ouvert vous n’aurez pas envie de le lâcher. Cela tient je crois au style de Karl Geary, l’auteur de ce roman. Son écriture est mysérieuse, on a beau lire et relire ses phrases on n’arrive pas complètement à comprendre comment il réussit à infuser autant de douceur et de tendresse dans un récit qui narre des événements tragiques qu’il n’élude jamais. Car on est dans une sorte de grand mélodrame social comme on n’en fait plus en France. La relation entre Juno et sa mère est à cet égard magnifiquement décrite, tout en amour tue et empêchée. Il y a chez cet auteur une qualité d’écriture qui ne prend jamais ses personnages de haut. Je vais caricaturer mais c’est pas grave vous êtes prévenu, dans un roman français il y aurait vraisemblablement une tendance à plaquer un schéma d’exploitation/ domination à ces personnages. Là c’est tout le contraire, écrit à hauteur des personnages, des adolescents, qui vivent dans un environnement ultra violent et qui conquièrent une forme de tendresse, ils ne sont jamais pris de haut. C’est un grand roman humaniste, qui ne juge pas ses personnages, il les montre tels qu’ils sont avec leurs misères mais aussi leur grandeur. et ça s’appelle Juno et Legs de Karl Geary aux éditions de l’olivier Et c’est traduit par Céline Leroy
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Emilie Desvaux & Danicollaterale // Le ciel de Tokyo (Rivages) - Je suis charrette
Deux invités pour cette émission Emilie Desvaux, autrice Le ciel de Tokyo aux éditions Rivages et Danicollaterale bédéaste pour Je suis charrette - vie d'architecte Editions Delcourt. (atttention charrette avec 2 R et chariot un seul) En raison d'un incident d'enregistrement, il manque quelques minutes de l'émission. Avec toutes nos excuses. La chronique de début d'émission portait sur le roman de Milena Agus Le vent passe et la nuit aussi (Ed. Liana Lévi) Mais avant de commencer, vous arrive-t-il de littératurer votre vie ? C’est ce que fait Cosima qui choisit de produire de la fiction plutôt que de s’apesantir sur une réalité trop dure, coincée qu’elle est avec un petit frère muet, une mère au pessimisme pesant et un père artiste du genre inconséquent. S’apesantir c’est bien tout le contraire de ce nouveau roman de Milena Argus,On est en Sardaigne et la mère de Cosima est le fruit d’un amour illégitime… (à part moi plus personne ne dit ça) disons que sa grand mère a eu une aventure avec un homme marié qui a préféré partir de sorte que la petite fille ne l’a jamais connu. Quand le livre débute, la mère de Cosima apprend que, contrairement à ce qu’on lui a dit, ce père n’est pas mort et elle fonde de grands espoirs en découvrant qu’il a une grande et belle maison.. va-t-elle enfin quitter cette vie difficile de femme de ménages, une vie de sacrifice et de privations, où on compte tout tout le temps, et où les boulettes de viande sont plus faites avec du pain que de la viande.. Revenons à Cosima une adolescente qui a rejoint avec sa famille Caligari, mais qui reste très attaché à son village, sa nature, ses odeurs..et même de certains de ses habitants. La grande affaire de Cosima reste la littérature dans laquelle elle croît apprendre à vivre. Et rêve un jour d’écrire un récit qui se terminerait bien… mais elle oublie que dans n’importe quelle histoire il y a plusieurs manières de bien finir… qui ne sont pas toutes équivalentes pour tous les personnages Dans ce roman aux allures de feel good roman on découvre une adolescente d’aujourd’hui racontée merveilleuse par une autrice ayant dépassé la soixantaine. Faussement naïf, le roman est moins sucré qu’il en donne l’impression.. car il raconte l’éducation sentimentale d’une jeune fille éprise de poésie, de sensualité et de littérature. On referme ce livre comme son héroïne, transformé, sans s’être rendu compte de rien. ça s’appelle Le vent passe et la nuit aussi c’est signé Milena Argus traduit par Marianne Faurobert et ça paraît aux éditions Liana Lévi Pendant l'émission on a écouté Biche Déjà vu
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Ivan Butel / De silence et d'or (Editions Globe)
La relève recevait Ivan Butel, auteur d'un premier roman De silence et d'or aux Editions Globe soit le récit de l'amitié de l'auteur pour Cha, un champion paralympique espagnol. Mais Cha a eu une vie avant d'être champion était membre d'un groupe armé d'extrème-gauche. Cha a connu la prison. À travers ce récit, Ivan Butel dresse le portrait d'un pays et d'une époque, l'Espagne de la transition du franquisme à la démocratie, mais, peut-être aussi un autoportrait de son auteur. Un récit intéressant et subtil. La chronique du jour portait sur Dogrun d'Arthur Niersesan Editions La croisée C’est ce qui arrive à Mary, une trentenaire new yorkaise qui vit dans l’East village des années 80 90. Elle rentre un soir et Primo son petit ami ne lui répond pas - Primo, dont j’adore cette description : “il était toujours là et même s’il ne brillait pas, il maîtrisait l’art délicat de ne pas agacer”. l’art délicat ne pas agacer ce qui est déjà pas mal pour un couple. Et pour vous donner une idée de l’amour entre ces deux là Mary dit “Primo m’attirait essentiellement du fait du curieux mépris que j’avais pour lui”. C’est dire qu’on n’est pas vraiment dans une version moderne de Roméo et Juliette. Pourtant, si Primo ne répond pas c’est parce qu’il est mort en regardant la télé. Mary se retrouve donc avec un cadavre et le chien de Primo. Et elle va devoir accomplir bien des choses qu’elle n’avait pas prévu, à commencer par retrouver la famille de Primo pour organiser les funérailles. A cette occasion elle va en apprendre un peu plus sur cet homme.. et va se lancer dans une sprte d’enquête pour retrouver une des ex de Primo. On n’en dira pas beaucoup plus. Dans ce roman généreux, il est question de la scène underground de l’époque (art contemporain ou de musique), d’un groupe de rock féministe, de rencontres avec un ancien voisin à moitié protecteur à moitié inquiétant, des projets littéraires de Mary qui veut écrire un livre de nouvelles sur le travail qu’on adorerait lire et qu’elle peine à finir.. de rencontres loufoques ou dangereuses, de trahisons, de personnages qui ne sont jamais vraiment ce qu’ils montrent d’abord .... Ce n’est peut être pas le récit le plus original, mais avec un point de départ aussi tragique, il y a une énergie et surtout quelque chose de joyeux dans le récit des aventures de Mary dans le new york d’alors. Et puis c’est un livre qui se termine dans une très jolie réunion de trois femmes. une scène d’une sororité réjouissante …qui a été écrite par un homme. Ça s’appelle Dogrun c’est d’Arthur Nersesian, aux éditions la croisée et c’est traduit par Charles Bonot Pendant l'émission on a écouté Alone together de Saint Etienne
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Johanna Krawczyk / La danse des oubliés (Ed Heloïse d'Ormesson) ou danser malgré les tragédies
Nous recevions aujourd'hui Johanna Krawczyk qui publie son deuxième roman, La danse des oubliés aux éditions Heloïse d'Ormesson. Pendant l'émission, on a écouté Alright par Youssoupha x Eesah Yazuke La chronique de début était consacrée à Pour une fraction de seconde de Guy Delisle aux éditions Shampooing. Ci-dessous le texte de la chronique Mais avant de commencer connaissez-vous Eadweard Muybridge ? Peut être pas. Et pourtant, je suis sûr que d’une certaine façon vous lui devez certains de vos émotions enfantines puisqu’il est très indirectement à l’origine du procédé historique des dessins animés. je vous parle maintenant d’une bande dessinée consacrée à ce personnage né en 1830 et mort en 1904. Edward Muybridge est un jeune anglais qui part tenter sa chance aux Etats Unis, à New York puis à San Francisco alors que naît la technique photographique. très vite le travail de portrait en studio l’ennuie et il a d’autres envie, comme par exemple aller photographier la nature californienne dans ce qui est devenu le Yosemite Parc. A l’époque pour faire une photographie en extérieur, il ne suffisait pas de dégainer son portable. Pour produire ces images, Maybridge n’hésite pas à prendre des risques physiques. IL n’hésite pas non plus à tuer un homme ce qui aurait pu mettre aussi un terme à la grande oeuvre de sa vie que l’auteur choisit de nous raconter. Il rencontre Leland Stanford, un sénateur et très riche homme d’affaires qui entre temps se passionne pour les cheveaux. Et surtout à une grande querelle de l’époque : est ce qu’il arrive à un cheval au galop d’avoir les quatre pied en l’air dans sa course. C’est cette image que va chercher à saisir Maybridge. Et Guy delisle, l’immense bédéaste, réussit à rendre cette quête scientifique et artistique mais aussi économique et philosophique passionnante. On se suprend même parfois devant la modernité des questions posées tant elles semblent venues d’un débat sur l’IA générative. Entre ces portraits qui font croire que l’éternité est à portée de main. les débats pour savoir si une photo est plus vraie qu’une oeuvre peinte… Un dernier mot Muybridge sera à l’origine d’avancée importante pour le cinéma.. qui reste je vous rassure une invention des frères Lumière.. ON y retrouve le talentueux guy Delisle avec son dessin naïf mais aussi une palette de noir et de blanc car à l’époque vous vous en doutez bien il n’y avait pas de couleurs. Le livre intègre de nombreuses reproductions des images de Muybridge et des autres. C’est passionnant et si la dernière planche ne vous boulverse pas.. c’est que vous n’êtes pas … comme moi Pour une fraction de seconde c’est le titre génial de cette BD du réel, signée Guy Delisle et paru aux édtions Shampooing avec deux 0 un G à la fin..
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Samuel Hengebaert & Arnaud Roulin / massages pour pianos et musique anglaise
Nos deux invités sont musiciens. Arnaud Roulin propose un premier album Massages pour piano. il sera en concert le vendredi 13 décembre à La Fab (Paris). Samuel Hengebaert a édité, Un lieu à soi, un double album consacré à cinq siècles de musique anglaise, avec un éclairage sur des compositrices oubliées. On pourra notamment écouter ce programme le 8 mars à la maison George Sand et du 21 au 23 juin 2025 aux moments musicaux de Gerberoy. La chronique était consacrée à Une tombe pour deux de Ron Rash aux Editions Gallimard (la Noire) Mais avant de commencer, pensez vous comme le cinéaste Jean Renoir que “Ce qui est terrible sur cette Terre, c’est que tout le monde a ses raisons”. ce pourrait être l’incipit du roman dont je vais vous parler maintenant même si son auteur a préféré citer “tout ce que vous entassez hors de votre coeur” cité Jean Giono. Je ne vous parle pas d’une tombe pour deux De Ron Rash parce que ce grand écrivain américain à la bonne idée de citer Giono. Non. Rash raconte une histoire qui évoque aussi un autre français du Sud Marcel Pagnol avec ces histoires de paysans enrichis qui provoquent des drames pour éviter les mésalliances. Nous sommes en caroline du Nord et les Hampton sont à la fois des paysans, les propriétaires du magasin de la ville et de la scierie locale. Des notables que tout le monde tutoie et craint. alors quand leur fils unique tombe amoureux d’une jeune femme de chambre pauvre.. les parents se fâchent. Mais nous sommes au début des années 50 et Jacob, le fils, est parti faire la guerre en Corée… cela donne un chapitre d’ouverture incroyable où le jeune soldat est sentinelle de nuit dans une Corée inconnu et pense à cette jeune femme qu’il a épousé et qu’il aime.. Mais je ne vous raconterai rien de plus si ce n’est que ce grand roman est tout en nuances et subtilité, que l’auteur âgé de plus de 70 ans, y parle de la jeunesse mieux que bien des primo romanciers vingtenaires. Et que ce drame rural américain excelle autant à décrire la psychologie de ces personnages que le paysage et notamment la faune.. C’est aussi - un peu comme dans Anora, le film qui a eu la palme d’or à Cannes, un récit où derrière l’action principale, il se passe un autre histoire celle de l’émancipation de Blackburn, un jeune garçon défiguré par la polio, plus ou moins abandoné par sa famille et devenu gardien de cimetière.. qui.. et je m’arrête là ça s’appelle une tombe pour deux c’est signé Ron Rash aux éditions Gallimard collection la noire et c’est traduit par Isabelle Rein Ha rez
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Guillaume Collet et Eliot Ruffel // Entre adolescent et jeune adulte, deux nouvelles voies de la littérature française
Les écrivains Guillaume Collet (Les mains pleines Ed. Bourgois) et Eliot Ruffel (Après ça Ed de l'Olivier) étaient les invités de la relève. Où il est question de jeunesse, de famille, d'amitiés adolescentes, de violence, d'inégalités sociales, d'écart générationnel, de maisons, de plages... mais aussi de Saint-Etienne et de son festival Nouveaux rêves. La chronique était consacrée à Only lovers left alive de Dave Willis (Ed. Sonatine) traduit par Samuel Sfez Mais avant de commencer, quels adolescents avez-vous été ? Ceux dont je vais vous parler maintenant avant de commencer sont livrés à eux-mêmes dans un monde où les adultes ont disparu. Enfin pas vraiment disparu. Nous sommes dans l’Angleterre des années 60 et pour une raison inconnue une vague de suicides touche les adultes qui mettent fin à leur jour, laissant les adolescents livrés à eux mêmes.. Les auditeurs se demanderont ce que deviennent les enfants, l’auteur ne l’explique pas vraiment. Peu à peu le monde sombre dans le chaos, l’activité économique s’arrête, le Roi et la Reine désertent Windsor (on est en Angleterre) et des bandes de jeunes prennent le pouvoir dans la rue, s’opposent violemment pour conquérir des territoires et retournent peu à peu à une vie frugale. C’est la première fois qu’est traduit en français cet ouvrage paru au milieu des années 60, qui a été interdit en Irlande pour nihilisme à l’époque. Si la survie des jeunes en milieu hostile, devant retrouver les gestes de leurs lointains ancêtres, peut trouver des échos pour tous ceux qui craignent un effondrement à venir //ce qui frappe surtout c’est la différence de contexte entre les années 60 et aujourd’hui. Ce roman a été comparé à Orange mécanique pour la violence. Plus frappant encore c’est le décalage entre cette violence des bandes qui s’affrontent luttant pour la survie et la grande immaturité affective des uns et des autres.. j’ai bien dit les uns car les garçons ne sont pas très doués pour les sentiments dans ce roman et surtout beaucoup moins avertis de ces choses que les filles. Au-délà de la dystopie ce roman est un formidable portrait de groupes d’adolescents. Si vous vous y plongez, vous n’oublierez pas de sitôt Julia Kathy Estelle Ernie Charles et Robert... Pendant l'émission on a écouté Parcels Tied Up right now Ce numéro de La Relève était réalisée par Nina
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Lucile Novat et Suzanne Privat // Inceste, harcèlement en ligne : le danger n'est pas toujours là où on croît
Les invités était Lucile Novat pour De grandes dents (Ed. Zones) et Suzanne Privat autrice de Toxiques (Ed. Les Avrils) L'émission était réalisée par Nina Merci ;-) Lucile Novat sera le 8 novembre à la librairie À tout Lire à Paris avec Louise Chennevière, autrice de Pour Britney (Ed. P.O.L.) et le 20 novembre à Lafayette Anticipations Pendant l'émission on a écouté Kompromat I let myself go blind La chronique du début de l'émission : Jusqu’où seriez vous prêts à aller par amour ? Même si ce n’est pas vraiment le coeur du roman dont je vais vous parler maintenant, Anjir va prendre une décision radicale. Anjir et Zal s’aiment depuis l’enfance d’un amour passionné et peut être déséquilibré… Tout n’est pourtant pas merveilleux car Anjir et Zal sont devenus deux amants et vivent en Iran Alors, quand Zal se fait tabasser à la sortie d’un lieu de drague, Anjir décide d’entamer sa transition tout en souffrant des infidélités de son amant amour. Car si l’homosexualité est un crime, le changement de sexe est possible en Iran. Attention, ne vous méprenez par ce très rapide résumé, je ne vous parle pas du tout d’un roman à thème.. mais de littérature, de vraie littérature, celle où l’enjeu est autant dans la manière d’écrire que dans ce qui est raconté. S’il est question d’amour, c’est un amour avec des fluides, du sexe (lecteur sensible s’abstenir) et de sang, le tout écrit dans un style mêlant envolées poétiques, évocation de la culture perse classique et la réalité la plus matérielle… Les larmes rouges sur la façade (c’est le titre du livre) est aussi une sorte de roman noir, avec une course contre le temps, des personnages secondaires jamais vus, des meurtres et un suspense final qu’on taira. Même si je le redis ce n’est pas un roman à thème c’est aussi l’occasion de lire l’Iran côté underground.. avec ces lieux de dragues queer et sa fascination répulsion pour la culture des Etats-Unis. Les larmes rouges sur la façade est un roman de Navid Sinaki paru aux éditions Le bruit du monde et la traduction est signée Sarah Gurcel
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Histoire corse au cinéma avec Clara Maria Laredo & Marc'Antonu Mozziconacci
Photo : Pyramide distribution Clara Maria Laredo & Marc'Antonu Mozziconacci sont tous les deux à l'affiche de À Son image (page en cours de construction) la bande annonce est ICI La chronique de début était consacrée à Le dernier jour de la vie antérieure d'Andrés Barba Ed Christian Bourgois je voulais vous demander si vous croyez aux fantômes La narratrice du roman dont je vous parle maintenant n’y croyait peut être pas. La trentaine, dans un couple satisfaisant à défaut d’être exaltant.. elle vit ce qui semble être une vie tranquille. Elle travaille dans une agence immobilière où elle s’entend bien avec le propriétaire. seul fait notable : le chien de ce dernier va bientôt mourir. En résumé, c’est une vie prosaïque sans vraiment de place pour le surnaturel ou le paranormal Et puis un jour,en visitant une maison d’architecte, qui elle le sait sera difficile à vendre, elle croise, à l’issue d’une visite un étrange petit garçon. Il l’observe, lui parle à peine. La narratrice n’est pas vraiment effrayée et va retourner dans cette maison qu’elle devrait vendre, de plus en plus souvent, intriguée… fascinée… On n’en dira pas beaucoup plus si ce n’est que comme souvent dans ce genre d’histoire, la réalité de la narratrice va être perturbée peu à peu à mesure qu’elle s’enfonce dans cette histoire … Amateurs de page turner ou d’histoires de fantômes classiques passez votre chemin. Dans ce roman de l’espagnol Andrés Barba on est plus du côté de l’existentiel, du métaphysique que du plaisir de l’effroi et de la chair de poule. C’est un texte court, sensible et diablement intelligent . Dans les remerciements, l’auteur indique qu’il s’agit finalement de quelque chose de “tout simple : quelqu’un aide quelqu’un d’autre”..Reste à savoir qui aide qui dans cette histoire et pourquoi. Le dernier jour de la vie antérieure signé Andrés Barba Traduit par François Gaudry aux éditions Christian Bourgois
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Ecrire pour vivre ou vivre pour écrire avec Xabi Molia et Richard Morgiève
En cours de publication.. Les invités étaient Richard Morgiève pour son roman La mission (Ed. Joelle Losfeld) et Xabi Molia (Ed du Seuil) pour La vie ou presque La chronique du début : Je voulais vous parler d’une adolescence dans les années 80... de l’histoire d’une bande de filles quand San Francisco n’était pas encore la capitale des entreprises de la tech. Voilà le décor est planté : Domtper les vagues est un roman signé Vendela Vida, étrangement paru avant l’été chez Albin Michel. Eulabee mène une vie tranquille à Sea Cliff un quartier huppé de San Francisco. C’est une bonne élève qui va dans une école privée pour filles avec ses trois amies Maria Fabiola Julia et Faith. les plus grands problèmes sont d’être invité à la prochaine fête, de se faire remarquer mais pas trop du garçon le plus cool et d’obtenir une place dans un bon lycée... Alors quand l’une des filles disparaît, puis une seconde… la panique gagne d’autant qu’un homme bizarre rôde dans le quartier. C’est un drôle de roman où tout semble un peu ouaté, peut être parce qu’il y a la distance du temps (une dernière partie se déroule 30 ans plus tard avec la rencontre de deux protagonistes. Tout est ouaté mais en même temps les dangers rôdent (je ne vous ai pas tout raconté pour ne pas vous divulgâcher la lecture) et c’est aussi drôle parfois comme le récit de l’effet de l’annonce du tournage d’une série dans le magasin du père de la narratrice. L’adolescence est peut être l’âge idéal pour un romancier, tant c’est l’âge de tous les possibles mais aussi de tous les basculements… pour le meilleur et le pire. Et ça Vendela Vida le saisit mieux que personne, dans son récit tout en (fausse ?) douceur, parfois avec humour et sans pathos.. même quand le plus grave arrive. Vous l’aurez compris, c’est une lecture qu’on vous recommande… Dompter les vagues de Vendela Vida chez Albin MIchel et la traduction très réussie est signée de Marguerite Capelle.
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Alice Milliat, la sportive que vous deviez connaître et une Bd délicieusement malasaisante Sophie Danger et Alice Peuvot (Les Pérégrines) et Les nourritures extraterrestres de Stephen Vuillemin
Emission en cours de mise en ligne (il manque les cinq premières minutes) Réalisation : Joey
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Des polars américains made in France avec Marine Béliard et Christophe Penalan
en cours de publication Réalisation Nils Loret
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L'amour, une affaire de mathématiques ? Les chaînes de Markov de Noham Selcer (Ed. Gallimard)
Les éditions Gallimard publient le premier roman de Noham Selcer Les chaînes de Markov ou la tentative (ou la tentation ?) d'appliquer des règles probabilistes à l'amour pour qu'il dure un peu plus longtemps. Jusqu'ici Noham Selcer avait écrit deux pièces de théâtre Où il a été question de l'amour, des vertus de la montagne (et un peu de l'influence délétère du bord de mer sur les histoires d'amour). Où on a parlé aussi des probabilités, de Proust et de Kundera, mais aussi de polyamour, des différences sociales. Et évidemment des chaînes de Markov. Pendant l'émission on a écouté Bolis Pupul Completely half, un extrait de la fraîche liste.
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Et vous vous aimez vos objets ? Vaincre l'obsolescence - Mode d'emploi avec Nathan Hubert et Mano Silberzahn (Editions Tana)
Nathan Hubert et Mano Silberzahn sont designers industriels et se sont rencontrés au cours de leurs études. Aujourd'hui, ils publient aux éditions Tana, Vaincre l'obsolescence Mode d'emploi, un ouvrage qui possède trois qualités : il est malin intéressant et indispensable. Et une quatrième : il est beau et plaisant à lire. Ils ont aussi créé un site Internet Nobsolete.fr. On les retrouve aussi sur Instagram. Où l'on parlé de design, de bouilloires, d'amish et d'amis, de matérialisme sain, du métier de designer mais aussi du tournevis universel, des repair cafés, de ce que chacun peut faire, des différentes formes d'obsolescence, du chemin vers une société du jetable et comment on pourrait en sortir et le tout avec nuance parce que bon le plastique oui mais non enfin peut-etre ... et de tant d'autres choses et tout ça en une demie heure. Et on a même eu le temps d' écouter The last dinner Ceasar on a TV screen https://www.youtube.com/watch?v=wqcYU_eoi
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Derrière les apparences du glam et du podium : Monstera avec Simon Roure (Ed. Virages graphiques)
Page en cours de publication (bon c'était le 15 avril, pas le 18 avril) Aller sur le site de l'éditeur pour en savoir plus Pendant l'émission on a écouté Alain Chamfort en duo avec Audrey Marnay dans une reprise de Manureva
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A la rencontre de ceux celles qui vivent "Dans la rue" avec Elodie Fiabane (Editions Flammarion)
Où il a été question des personnes qui vivent dans la rue, des associations qui font des maraudes, du sort des femmes sans domicile fixe, des associations qui maraudent, Des bénévoles, de leurs vies, de ce qui se passe la nuit dans Paris, du treizième arrondissement de Paris ... Où il a été question d'un récit qui est un roman avec une forte dose de documentaire, des gens qu'on appelle improprement des sans-abri, de Bertrand, Désiré, Tatiana ou Mohamed, parce que s'ils vivent tous dans la rue, ils ont une personnalité et un prénom ... Où l'on a reçu Elodie Fiabane, qui a travaillé pour le cinéma et qui publie son premier roman Dans la rue aux éditions Flammarion. Et pour en savoir plus, c'est ICI qu'il faut cliquer. Pendant l'émission on a écouté The Week End featuring Gesaffelstein I was never There
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Et toi, pourquoi tu bois avec Charlotte Peyronnet Editions Denoël
Charlotte Peyronnet publie son premier récit aux éditions Denoël. Comme son titre l'indique Et toi pourquoi tu bois parles d'alcool, d'addiction à l'alcool, d'alcoolisme... de sa dimension sociale, de la famille à l'alcool en passant par le travail. Comme on aime bien ne rien faire comme tout le monde, on a attendu la fin du Janvier sobre, aussi appelé Dry Januray pour la recevoir, mais on peut le dire c'est à écouter toute l'année. Le récit/témoignage de Charlotte Peyronnet est passionnant, parce qu'il est lucide et informé (elle a été journaliste, donc elle sait chercher des sources fiables et les infuser dans le récit). Son témoignage et ses analyses traitent de l'alcool au féminin, des clichés qui lui sont rattachés et des difficultés qu'ils provoquent pour les malades. Un passionnant travail de déconstruction de l'acoolisme aussi salutaire que talentueux. Et aussi parce que Charlotte Peryonnet a un style, une écriture singulière qui fait que ce livre satisfaira d'abord tous ceux qui aiment la littérature. un livre à lire sans modération. pour l'alcool, chaque verre évité est une bonne chose. Bonne écoute
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Et vous, vous pensez qu'on peut faire rire avec tout ? avec Eléonore Joncquez et Côme de Bellescize pour Mondial Placard au théatre Tristan Bernard
Au théâtre Tristan Bernard, Côme de Bellescize met en scène un pièce qu'il a aussi écrite : Mondial placard, dans laquelle joue Eléonore Joncquez dans le rôle de Marion. Marion est une jeune femme à qui tout réussit et obtient un poste de direction. Certains de ses collègues masculins jalousent cette position et l'un d'entre-eux décide de se grimer en femme. Dans la note d'intention de la pièce, Côme de Bellescize indique que "le rire nous libère des querelles de chapelle pour penser ensemble notre place dans un monde en mutation". Prêts pour l'aventure ? Où il a été question du rire, de féminisme, de théâtre, de farce, du théâtre de boulevard, mais aussi de la mise en scène, de l'entreprise et de l'impact d'une relation à long terme entre une actrice et un auteur.... Pendant l'émission, on a écouté un extrait de la fraîche liste de Radio Campus Paris : A little more time de Balancing Act
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Et vous, vous craignez le désenchantement ? avec Martin Dumont Auteur de Tempo, Les Avrils
L'émission a été réalisée par Pablo Chevrel Dans Tempo, son très beau troisième roman paru chez Les Avrils, Martin Dumont évoque l'histoire de Félix, un trentenaire qui veut revenir sur le devant de la scène. Plus jeune, il a été musicien dans un groupe avec Louis, l'ami de lycée. Félix réussira-t-il à revenir dans le tempo de l'époque, la condition indispensable pour séduire une maison de disque ? Qu'est-il arrivé au groupe qui a connu un succès aussi rapide qu'éphèmère ? Avec l'auteur, Martin Dumont, on a parlé de désenchantement, de Balzac, de blues et de notes bleues, d'adolescence, de passion, du temps du temps qui passe, de rythme, de cinéma et notamment d'Inside Llewyn Davis en évoquant un très joli roman d'autant plus doux qu'il traite de choses essentielles. On peut retrouver Martin Dumont pour un concert à l'occasion du lancement de son livre au bar à bulles (Paris) https://www.lamachinedumoulinrouge.com/le-bar-a-bulles/ le mercredi 17 janvier à partir de 19 heures. Pendant l'émission on a écouté : Adrien Gallo Là où les saules ne pleurent plus Justine Timberlake Carey Mulligan & Stark Sands 500 miles un extrait de Inside Llewys days
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Et vous, êtes-vous introverti ? Hors saison de Basile Mulciba aux éditions Gallimard
page en cours de rédaction émission avec Basile Mulciba, auteur de Hors saison un premier roman paru aux éditions Gallimard Où l'on a écouté Lio chanter Les voyages immobiles une chanson écrite par Etienne Daho qui l'a aussi interprétée.
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Et vous, vous croyez aux fantômes ? avec Mathilde Charboneaux (Madame M au théâtre La Flèche) et Dea Liane (Georgette aux Ed. de l'Olivier)
Mathilde Charbonneaux a écrit et joue Madame M au théâtre la Flèche à Paris le jeudi à 19 heures Dea Liane est autrice de Georgette aux éditions de l'Olivier. La pièce de théâtre évoquée pendant l'émission est Le coeur au bord des lèvres Asmahan variations (à voir à la Comédie de Caen) Pendant l'émission, on a écouté Brigitte calls me Baby qui chantait Impressively average
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Un chapeau de paille d'Italie avec Noémie Moncel Léa Constance Piette et Alexandre Ruby
La presse est unanime : Un chapeau de paille d'Italie est un des événements de la rentrée théâtrale à Paris. Alors on a voulu aller voir et partager avec vous en invitant trois des acteurs présents sur la scène. Alexandre Ruby, Noémie Moncel et Léa Constance Piette sont venus nous raconter la folle aventure de cette pièce d'Eugène Labiche mise en scène par Alain Françon. C'était l'occasion de parler de la formation de Léa Constance Piette et Constance Moncel, toutes deux étudiantes en alternance au studio Esca. Où l'on a écouté Feu Chatterton dans L'oiseau, Feu Chatterton qui a composé les musiques de la pièce qui est aussi chantée et dansée. (suite après la photo) Où l'on a parlé de théâtre de l'absurde, de la distribution emmenée par Vincent Dedienne et une dizaine d'actrices et d'acteurs formidables, de la nécessité de savoir chanter pour bien jouer, du rôle d'une assittante à la mise en scène, de la méthode d'Alain Françon ou encore de ce qu'on apprend en observant ces aînés. Pour un peu, on aurait bien laissé Alexandre Ruby, formidable improvisateur toujours à propos et joyeux. Merci à cet exceptionnel trio. Jusqu'au 31 décembre 2023, du mercredi au dimanche. Horaires et tarif sur le site du théâtre de la porte saint Martin.
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Jeremy Perrodeau auteur de la Disaprition de Pavil : une quête mystique et douce aux éditions 2024
Bédéaste de talent, Jérémy Perrodeau est de retour avec un nouvel album, Le visage de Pavil aux éditions 2024. Soit le voyage dudit Pavil qui, suite à un accident de sa machine volante, se retrouve sur une île coupée du monde. Peu à peu Pavil découvre les règles qui régissent ce monde à part. La formule est éculée, mais elle est vraie : l'intérêt du voyage réside dans la rencontre de l'Autre qui nous transforme... Où l'on a parlé de dessin, de récit, d'ethnologie, du parcours d'un jeune bédéaste qui a le droit à plusieurs expositions à peine âgé de 30 ans, mais aussi des jeux vidéos, de leur mode narratif et de leur puissance de création d'univers singuliers. Où l'on a écouté Colors A noter : Jérémy Perrodeau sera l'invité des Utopiales à Nantes.
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Muriel Gaudin, un certain penchant pour la cruauté (La reine Blanche) ça grince mais c'est bon
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Rapt sur la rentrée littéraire avec Kevin Lambert Que ma joie demeure Le nouvel attila
Un coup de dés n'abolira jamais le hasard prétendait Mallarmé. Une médiocre polémique ne cachera pas un immense artiste. Tout au plus lui coûtera-t-elle un prix littéraire. C'est moche mais c'est comme ça, alors n'en parlons plus. Le troisième roman du québécois Kevin Lambert, Que notre joie demeure, paru comme les deux précédents aux éditions Le nouvel Attila, prouve la maîtrise incroyable de cet auteur à peine trentenaire. Cela faisait longtemps qu'on espérait le recevoir à La Relève. Autant dire que quand on a su que c'était possible on a sauté sur l'occasion... Kevin Lambert prix 2023 de la Relève Où l'on a parlé de tout sauf de polémiques idiote. On a donc évoqué, le texte comme une architecture, la phrase, Proust, une écrivaine québecoise qu'on ne connaissait pas, Marie-Claire Blais (mais promis on va se rattraper), la gentrification, les ingénalités sociales, le Québec... On a écouté Zaho de Sagazon, qui si elle était un oiseau... On a même parlé de champignons et le livre dont le titre nous échappait est Petites choses de Benoît Coquil (Benoît si vous lisez ces lignes vous êtes le bienvenu) aux éditions Rivages.
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