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PODCAST · society

Le Grain de Son

Bienvenue à bord du Grain de Son, l'émission d'Attac Puy-de-Dôme sur Radio Arverne et Spectre. Chaque semaine durant une demi-heure, en compagnie d’un·e ou plusieurs act·rices du mouvement social local, nous referons le monde, qui en a tant besoin. Parce qu’un autre monde est possible, et plus que jamais nécessaire !Refaire le monde, est-ce bien raisonnable ? Non, mais le Grain de Son, c’est aussi un grain de folie. Parce que nous savons bien qu’avec deux heures par mois, sur un podcast associatif et une radio associative locale, nous ne sommes qu’un grain de sel dans l’océan de l’information, un grain de poussière dans le torrent de boue de l’actualité, un grain de sable dans le désert de la pensée unique.Mais les grains de sel, c’est fait pour être ramenés ; les grains de poussière ne finissent pas toujours sous le tapis ; et les grains de sable peuvent parfois gripper les rouages des machines les plus perfectionnées.

  1. 198

    Décolonisons nos luttes ! — 4/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. Suite et fin aujourd’hui de notre série d’émissions sur le mouvement décolonial. A présent qu’on a fait le constat que le colonialisme était bien ancré dans nos pratiques et dans nos cultures, se pose la question habituelle : que faire ? Comment décoloniser nos esprits, lorsque les systèmes de domination sont à ce point ancrés dans nos sociétés qu’ils en deviennent inconscients ? Quels outils s’offrent à nous pour bâtir des relations exemptes de toute vision coloniale, jusque dans nos luttes ? Ce sont les questions que nous allons poser à iabe, membre du MKF (Mouvement Kanak en France), et Patrick VELARD, de Solidaires Auvergne. Invité·e·s : - iabe, Mouvement Kanak en France (MKF) - Patrick VELARD, Solidaires Auvergne

  2. 197

    Décolonisons nos luttes ! — 3/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. Les confettis de l’empire, vous connaissez cette expression ? Elle désigne les territoires ultra-marins, officiellement les départements et régions d'outre-mer et collectivités d'outre-mer, les DROM-COM, plus connus sous leur ancienne appellation de DOM-TOM, Départements et Territoires d'Outre-Mer. Résurgences de l’empire colonial français, ces territoires font fantasmer ceux qui rêvent d’expatriation au soleil, mais défraient plus souvent la chronique pour des conflits sociaux parfois très durs, révélateurs de conditions de vie difficiles. Taux de chômage et de pauvreté élevés, manque de moyens, services publics indigents, sentiment d’abandon vis-à-vis de l’État… Ces caractéristiques sont partagées par d’autres territoires relégués, oubliés de la République, je veux parler des banlieues populaires. Et entre Saint-Denis dans le 9-3 et Saint-Denis de la Réunion, un autre point commun : une population majoritairement descendante des peuples colonisés. Et une même gestion coloniale, selon les militant·es du mouvement décolonial, dont nous retrouvons aujourd’hui deux représentants : iabe, membre du MKF (Mouvement Kanak en France), et Patrick VELARD, de Solidaires Auvergne. Et pour commencer, nous partons avec eux en Kanaky, seul territoire de la République dont la question de l’indépendance est aujourd’hui officiellement posée. Invité·e·s : - iabe, Mouvement Kanak en France (MKF) - Patrick VELARD, Solidaires Auvergne

  3. 196

    Décolonisons nos luttes ! — 2/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. « Les colonies sont, pour les pays riches, un placement de capitaux des plus avantageux. Au temps où nous sommes et dans la crise que traversent toutes les industries européennes, la fondation d’une colonie, c’est la création d’un débouché ». Ainsi s’exprimait Jules FERRY devant la Chambre des députés, le 29 juillet 1885. « Un peuple qui veut conserver sa vitalité doit s'étendre et essaimer », disait pour sa part, à peu près à la même époque, l'économiste Paul Leroy-Beaulieu. Ces quelques citations nous rappellent que la prospérité des pays occidentaux n’a pu s’établir que sur l’oppression et l’exploitation du reste du monde. On l’a vu la semaine dernière, la colonisation a laissé des traces durables dans l’histoire. Et les effets économiques de cette domination ne sont pas les moindres de ses séquelles. D’autant plus qu’entre l’indépendance sur le papier et la réalité sur le terrain, il y a parfois loin de la coupe aux lèvres. Afin d’évoquer ces différents aspects de notre histoire commune, nous retrouvons iabe, membre du MKF (Mouvement Kanak en France), et Patrick VELARD, de Solidaires Auvergne. Invité·e·s : - iabe, Mouvement Kanak en France (MKF) - Patrick VELARD, Solidaires Auvergne

  4. 195

    Décolonisons nos luttes ! — 1/4

    Ami·es auditrices et auditeurs, aujourd’hui le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme, vous emmène pour un voyage dans le temps, un voyage introspectif également, puisqu’il s’agit d’explorer à la fois notre passé et notre culture, et des côtés pas très reluisants de notre histoire commune, je veux parler de l’héritage colonial de notre pays, la France. Alors vous allez dire, tout ça, c’est de l’histoire ancienne. La plupart des territoires sous domination française ont acquis leur indépendance entre la fin de la deuxième Guerre Mondiale et le début des années 1960, et la France n’est plus un empire colonial depuis de nombreuses années. On aurait cependant tort de croire que la page de la colonisation est définitivement tournée. L’encre qui a servi à l’écrire n’est pas encore séchée, pas plus que ne le sont le flot de sang et de larmes qui l’ont marquée. On parle d’un passé, certes, mais d’un passé qui ne passe pas. Le poids de l’héritage colonial se fait sentir, il est lourd et il continue à peser sur nos manières de penser, d’agir, et d’organiser nos sociétés. C’est que près de 450 ans de colonisation, depuis la fondation de la Nouvelle-France en Amérique du Nord en 1534 jusqu’à l’indépendance des Nouvelles-Hébrides, devenues le Vanuatu, le 30 juillet 1980 ; quatre siècles et demi marqués par les massacres, l’esclavage, la déportation, l’évangélisation ; tout cela, ça laisse des traces. Aussi bien chez les peuples anciennement colonisés que dans les ex-nations colonisatrices. Inconsciente ou assumée, la domination de l’Homme Blanc et de l’Occident impérialiste sur le reste du monde reste ancrée en nous, comme une tache indélébile. Le sujet est bien trop vaste pour les quatre demi-heures que nous avons prévu de consacrer à cette question. De la chasse aux migrants à la discrimination à l’embauche, des violences policières au racisme ordinaire, des territoires d’outre-mer à la gestion de nos banlieues, de l’extractivisme aux opérations militaires, les relents colonialistes se font sentir partout. Et leur odeur aurait même tendance, ces derniers temps, à piquer un peu plus le nez. Car il y a pire que de croire la page de la colonisation définitivement tournée : il y a ceux qui voudraient refaire le livre à l’envers. Ceux qui trouvent que c’était mieux avant, que le bilan de la colonisation était positif. Ceux qui veulent retrouver l’honneur perdu de la France, qui regrettent le temps béni des colonies. Ceux pour qui les populations originaires de nos anciennes possessions, comme on les appelait, ne sont qu’une main d’œuvre bonne à exploiter, qu’il faut éduquer mais qu’il faut aussi savoir mater pour éviter qu’elle ne se rebelle. Ceux qui reprennent à leur compte, en quelque sorte, les mots d’Alexandre Mérignhac, dans son Précis de législation et d'économie coloniales, en 1912 : _« Coloniser, c'est se mettre en rapport avec des pays neufs, pour profiter des ressources de toute nature de ces pays, et en même temps apporter aux peuplades primitives qui en sont privées les avantages de la culture intellectuelle, sociale, scientifique, morale, artistique, littéraire, commerciale et industrielle, apanage des races supérieures »_. On ne parle plus de peuplades primitives, à notre époque, on évoque juste des tribus de grands singes dominants. Face à ceux qui voudraient effacer ce passé colonial comme à ceux qui voudraient le faire revivre, les militants du mouvement décolonial luttent pour une large prise de conscience. Il s’agit de décoloniser nos institutions, de décoloniser nos pratiques, mais aussi, et avant tout, de décoloniser nos esprits. C’est ce que nous allons tâcher de faire durant ce cycle d’émissions, avec nos deux invités : iabe, membre du MKF (Mouvement Kanak en France), et Patrick VELARD, du syndicat Solidaires Auvergne. Invité·e·s : - iabe, Mouvement Kanak en France (MKF) - Patrick VELARD, Solidaires Auvergne

  5. 194

    Retour en Palestine — 4/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. On est toujours là. Malgré la répression, malgré la criminalisation, malgré l’omerta, on est toujours là. Malgré les interdictions de manifestation, malgré les intimidations, malgré les atteintes à la liberté d’expression et d’opinion, on est toujours là. Malgré les accusations grotesques d’apologie du terrorisme, malgré les amalgames honteux entre antisionisme et antisémitisme, malgré les assignations en justice pour avoir simplement prononcé le mot d’Intifada, on est toujours là. Malgré le silence complice des médias, malgré les hurlements haineux de CNews, malgré les mensonges et la manipulation, on est toujours là. « On », c’est le mouvement de solidarité avec la Palestine, dont Attac fait partie, toujours debout, toujours présent, en France et partout dans le monde. Et celle et celui qui sont toujours là, ce sont nos invités, Bernadette AÏT-LAHSEN et Yves CHILLIARD, de l’AFPS 63 (Association France Palestine Solidarité), que l’on retrouve pour le dernier volet de notre série d’émissions sur la Palestine. Invité·e·s : - Bernadette AÏT-LAHSEN, Association France Palestine Solidarité (AFPS 63) - Yves CHILLIARD, Association France Palestine Solidarité (AFPS 63)

  6. 193

    Retour en Palestine — 3/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. Rarement un mouvement de solidarité n’aura été autant réprimé, en France, que celui à l’égard du peuple Palestinien. S’il y a de nombreuses années que les pouvoirs publics et les médias dominants se sont rangés du côté d’Israël, un cap a été franchi après les attaques du Hamas le 7 octobre 2023, et la situation n’a cessé de s’aggraver depuis. Il ne s’agit désormais plus seulement de faire taire, d’interdire, ou de décrédibiliser ; toute prise de position pro-palestinienne (qui est en fait une prise de position pour la défense du droit international) est à présent susceptible d’être criminalisée. Criminaliser un mouvement de solidarité, considérer les défenseurs des victimes comme des coupables, voilà qui pourrait sembler totalement illogique. Rien de plus cohérent pourtant quand on sait qu’aux yeux des sionistes et de leurs alliés, un Palestinien est un terroriste en puissance. Peu importe ses actes, ses opinions ou son âge. C’est une logique coloniale, raciste, fasciste, il faut dire les mots, qui consiste à essentialiser une population et à la criminaliser sur la base de ses origines ethniques. Et avec elle tous ceux qui la soutiennent. Face à cette répression, nous avons deux possibilités. Soit nous taire, courber l’échine, raser les murs pour ne pas avoir d’ennui, et abandonner un peu plus le peuple palestinien à son sort. En attendant que demain, on nous fasse taire sur d’autre sujets, qu’on nous impose d’autres tabous, qu’on nous réprime pour d’autres combats. Soit refuser de se plier au diktat, parler toujours plus haut et toujours plus fort, dénoncer encore et encore et demander, exiger inlassablement le respect de la justice et du droit. C’est ce qu’ont choisi de faire nos deux invités, Bernadette AÏT-LAHSEN et Yves CHILLIARD, de l’AFPS 63 (Association France Palestine Solidarité), avec qui l’on poursuit notre cycle d’émission sur la Palestine. Invité·e·s : - Bernadette AÏT-LAHSEN, Association France Palestine Solidarité (AFPS 63) - Yves CHILLIARD, Association France Palestine Solidarité (AFPS 63)

  7. 192

    Retour en Palestine — 2/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. Que fait la communauté internationale, voilà une question qu’on se pose inévitablement quand on évoque la Palestine. Pas seulement en ce qui concerne le génocide à Gaza, mais de manière constante depuis la création de l’Etat Israélien en 1948. La question palestinienne, ce que l’on appelle le conflit israélo-palestinien et qui est en fait la situation coloniale à Gaza et en Cisjordanie, sont révélateurs des manquements et des errements de la diplomatie occidentale et internationale. On aurait tort cependant de croire que toutes les institutions à travers le monde sont indifférentes à ce qui se passe dans les territoires palestiniens occupés, ou pire, qu’elles se sont toutes rendues complices des exactions de l’armée israéliennes. Des voix se sont fait entendre, des initiatives ont été prises, et des Etats comme l’Afrique du Sud, ou des organisations comme l’ONU ont tenté de faire cesser les massacres et ont témoigné leur solidarité avec le peuple palestinien. Mais ces acteurs pèsent bien peu face aux manœuvres des grandes puissances, au premier rang desquelles figurent les Etats-Unis et l’Union Européenne. Et la France ? On verra qu’elle n’est pas en reste dans le soutien à Israël. Mais n’en disons pas plus, et laissons la parole à nos deux invités, Bernadette AÏT-LAHSEN et Yves CHILLIARD, de l’AFPS 63 (Association France Palestine Solidarité), que l’on retrouve pour le deuxième volet de notre retour en Palestine. Invité·e·s : - Bernadette AÏT-LAHSEN, Association France Palestine Solidarité (AFPS 63) - Yves CHILLIARD, Association France Palestine Solidarité (AFPS 63)

  8. 191

    Retour en Palestine — 1/4

    Qui peut encore croire à la fable de la guerre juste ? Celle qui n’aurait pour but que de renverser les tyrans ? Messieurs Trump et Néthanyahou essayent mollement de nous vendre ce mensonge, mais personne n’est dupe. En dépit du dégoût que nous inspire le régime théocratique sanguinaire des ayatollahs, nous savons tous que l’offensive lancée par Washington et Tel-Aviv contre l’Iran est une guerre impérialiste et colonialiste, menée dans les seuls intérêts des puissances occidentales. Car on ne libère pas un peuple en le bombardant. On ne libère pas un peuple en rasant ses écoles, ses hôpitaux, ses infrastructures. En tuant sa population, ses dirigeants certes mais aussi ses opposants, ses femmes et ses enfants. En brûlant les entrepôts d’hydrocarbure et en provoquant ainsi une pollution de l’air, de l’eau, des sols qui auront des répercussions sur la santé des Iraniennes et des Iraniens pendant de longues décennies. Surtout, si c’était là la solution, si un déluge de feu pouvait rétablir la démocratie, alors se pose la question : combien de milliers de tonnes de bombes nous faudra-t-il pour nous débarrasser de tous les régimes autoritaires, de la Corée du Nord à la Russie, de l’Argentine au Chili, de l’Italie à la Hongrie, d’Israël aux Etats-Unis ? Avant que le monde ne devienne un champ de ruine, il nous faut donner la parole aux voix dissidentes, celles qu’on essaie de faire taire pour mieux laisser parler les armes. C’est ce que nous allons faire aujourd’hui dans le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme, avec nos deux invités : Bernadette AÏT-LAHSEN et Yves CHILLIARD, de l’AFPS 63 (Association France Palestine Solidarité), avec qui nous allons revenir à Gaza et en Palestine. On a déjà beaucoup évoqué ce sujet dans le Grain de Son, mais il nous paraissait important d’en parler à nouveau. Car rien ne serait pire que l’oubli du génocide, rien ne serait plus terrible que de s’habituer à l’horreur. Lorsque nous avons décidé du thème de notre émission, lorsque nous avons contacté nos invités et commencé à préparer le sujet d’aujourd’hui, les États-Unis n’avaient pas encore attaqué l’Iran, Israël n’avait pas encore ouvert le feu. Du moins, pas dans cette direction. Car les armes ne se taisent jamais tout à fait au Proche-Orient. Nous évoquerons donc assez peu les événements en cours, parce qu’au Grain de Son, on n’aime pas trop réagir à chaud à l’actualité, même si ce conflit aura inévitablement des conséquences sur la situation à Gaza et en Cisjordanie. Et il n’est pas impossible, amies auditrices et auditeurs, que d’ici quelques semaines ou quelques mois, nous consacrions un cycle d’émissions à ce qui se passe en ce moment en Iran et au Liban. J’en profite d’ailleurs pour vous inviter à réécouter les émissions que nous avions consacrées aux conflits du Proche-Orient en novembre 2024. Pour l’heure, on prend du recul, on fait le bilan, et on s’intéresse au sort du peuple palestinien. Invité·e·s : - Bernadette AÏT-LAHSEN, Association France Palestine Solidarité (AFPS 63) - Yves CHILLIARD, Association France Palestine Solidarité (AFPS 63)

  9. 190

    La Sociale, c’est génial ! — 4/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. L’Article 1 de l’ordonnance du 4 octobre 1945 le prévoyait déjà : « Des ordonnances ultérieures (…) pourront étendre le champ d'application de l'organisation de la sécurité sociale à des catégories nouvelles de bénéficiaires et à des risques ou prestations non prévus par les textes en vigueur ». Ces nouvelles ordonnances ne sont jamais arrivées, mais certains n’ont pas attendu pour expérimenter des extensions du principe de la sécurité sociale à d’autres domaines ; Si vous êtes un·e fidèle du grain de son, vous avez déjà entendu parler de la Sécurité sociale de l’alimentation, à laquelle nous avons déjà consacré une émission ; mais on peut également citer le logement, la culture, l’information, etc… Comment cela fonctionnerait-il ? Quels en seraient les avantages ? Quels obstacles se dressent sur la route de cette généralisation ? Invité·e·s : - Brice CHAPOULY, administrateur URSSAF 63 CGT - Cathy MAZUEL, militante CGT et retraitée de la CPAM du Puy-de-Dôme - Didier PAGÈS, membre de Solidaires Auvergne

  10. 189

    La Sociale, c’est génial ! — 3/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la France était en ruine, l’appareil productif était à terre, et la misère était généralisée. C’est pourtant dans ce contexte que l’on a réussi à bâtir et à mettre sur pied la sécurité sociale pour toutes et tous, avec un budget conséquent à hauteur des besoins considérables de l’époque. 80 ans plus tard, le pays n’a jamais été aussi riche, nous sommes la 7ème puissance économique mondiale, la 3ème en Europe, et pourtant, on ne cesse de nous répéter qu’on n’a plus les moyens de financer notre système de protection sociale. Il faudrait le démanteler pour pouvoir le sauver. Cherchez l’erreur. Alors, quelles solutions pour combler le « trou de la Sécu » ? Comment répondre aux besoins toujours plus importants de couverture sociale des assuré·es ? Et plutôt que de restreindre toujours plus la protection sociale, ne devrait pas au contraire l’étendre, et comment s’y prendre ? Invité·e·s : - Brice CHAPOULY, administrateur URSSAF 63 CGT - Cathy MAZUEL, militante CGT et retraitée de la CPAM du Puy-de-Dôme - Didier PAGÈS, membre de Solidaires Auvergne

  11. 188

    La Sociale, c’est génial ! — 2/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. Suite aujourd’hui de notre série d’émissions sur les 80 ans de la Sécurité sociale. On a vu la semaine dernière comment, au lendemain de la guerre, la population s’est mobilisée pour bâtir cet outil de justice sociale. Nous allons voir aujourd’hui comment le pouvoir a rapidement repris la main, comment on est passé de « La Sociale » à « l’État social ». Ou l’histoire d’une dépossession qui, fort heureusement, ne s’est pas menée sans de fortes résistances. Invité·e·s : - Brice CHAPOULY, administrateur URSSAF 63 CGT - Cathy MAZUEL, militante CGT et retraitée de la CPAM du Puy-de-Dôme - Didier PAGÈS, membre de Solidaires Auvergne

  12. 187

    La Sociale, c’est génial ! — 1/4

    Ami·e·s auditrices et auditeurs, si je vous dis : Sécurité Sociale, à quoi pensez-vous ? À vos remboursements de frais médicaux et vos indemnités d’arrêt de travail, certainement. À votre retraite et vos allocations familiale, peut-être également, car oui, la Sécu, c’est cela aussi. Mais avouez-le, quand on vous parle de Sécurité Sociale, les mots qui vous viennent immédiatement à l’esprit, ce sont : fraude aux prestations, assistanat, lourdeur administrative, fonctionnaires qui surveillent l’horloge. Et c’est normal que vous pensiez ça, parce que c’est ce qu’on nous répète depuis des décennies. Et là on se dit : quel tour de passe-passe ! Le capitalisme et les pouvoirs qui le soutiennent ont ceci de magique, et d’insupportable, qu’ils réussissent à présenter les pages les plus glorieuses de notre histoire collective en quelque chose de totalement méprisable. Oui, une page glorieuse, c’est ainsi qu’on peut qualifier la création de la Sécurité Sociale il y a 80 ans, par les ordonnances du Conseil National de la Résistance des 4 et 19 octobre 1945. Le programme du CNR prévoyait en effet _« un plan complet de Sécurité Sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État »_. L’idée n’est pas nouvelle, elle figurait déjà dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793, qui énonçait en son article 21 que _« la société doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d’exister à ceux qui sont hors d’état de travailler »_. 150 ans plus trad, ce rêve devenait une réalité. Au-delà de ces aspects programmatiques, l’instauration de la Sécurité Sociale constitue bel et bien une révolution : - C’est d’abord un outil de solidarité et de justice sociale, au service d’une politique redistributive fondée sur le principe : _« à chacun selon ses besoins, de chacun selon ses moyens »_. - C’est également un formidable rempart contre la précarité, et donc contre l’exploitation des travailleurs : il est beaucoup plus facile de résister à l’oppression quand on est libéré de la peur du lendemain. - C’est aussi et surtout un moyen de mettre tout un pan de la vie des citoyens à l’abri des forces du marché, et pas n’importe lequel : leurs besoins essentiels en matière de santé et de parcours familial. - Enfin, la mise en place de la Sécurité Sociale a constitué un épisode d’auto-organisation sans précédent, et tel qu’on n’en a plus connu depuis à cette échelle. Car les caisses de Sécurité Sociale ont d’abord été mises en place par et pour le peuple, à travers leurs organisations militantes et en particulier le syndicat de masse qu’était alors la CGT. Les capitalistes l’ont bien compris. C’est toute cette dimension politique, révolutionnaire de la Sécurité Sociale qui a fait peur au pouvoir et c’est pour cela qu’il s’est employé, dès l’origine, et sous couvert d’efficacité comptable et budgétaire, à dénigrer, à démanteler et à accaparer cet outil qui, il ne faudrait pas l’oublier, nous appartient. Invité·e·s : - Brice CHAPOULY, administrateur URSSAF 63 CGT - Cathy MAZUEL, militante CGT et retraitée de la CPAM du Puy-de-Dôme - Didier PAGÈS, membre de Solidaires Auvergne

  13. 186

    Prisons : libérons nous des idées reçues — 4/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. Suite et fin aujourd’hui de notre série d’émissions sur le système carcéral. Dans les trois dernières émissions, avec nos invités, nous avons porté un regard critique sur l’institution pénitentiaire, sur ses conditions et ses résultats. Un discours plutôt rare dans les médias, mais loin d’être nouveau. Comme l’a écrit Michel Foucault dans Surveiller et Punir en 1975, « la critique de la prison est née en même temps que la prison, mais on ne sait pas par quoi la remplacer ». Poser la question de l’alternative à la prison, c’est commencer par se demander quel rôle elle joue dans nos sociétés, et surtout quelles missions nous voudrions qu’elle remplisse ? Cela peut paraître étonnant, mais au lendemain de la Révolution française, la peine de prison a constitué l’espoir d’une société meilleure, par sa capacité supposée à prévenir le crime et à réinsérer le prisonnier. Force est de constater que ces attentes n’ont jamais été comblées. Alors on va essayer de faire preuve d’imagination aujourd’hui dans le Grain de Son, et on va tenter d’avancer sur cette idée de l’alternative à la prison, comment s’en passer, et si ce n’est pas toujours possible, comment au moins l’humaniser. Pour cultiver, à notre tour, l’espoir d’une société meilleure. On retrouve, pour cette ultime émission de ce cycle, Anaïs SAHY, ancien médecin en milieu carcéral, et Étienne MÉNAGER, membre fondateur de l’association Albin qui apporte des savoirs universitaires en milieu carcéral. Invité·e·s : - Étienne MÉNAGER, membre fondateur de l'Association Albin - Anaïs SAHY, ancien médecin en milieu carcéral

  14. 185

    Prisons : libérons nous des idées reçues — 3/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. On continue aujourd’hui notre petit tour en prison. On le sait, l’un des objectifs de cette institution est de permettre la réinsertion des détenus dans la société, de faire en sorte que ceux qui en sortent soient meilleurs que lorsqu’ils y sont rentrés. Intention louable, mais s’en donne-t-on vraiment les moyens ? Pas si sûr : déjà en 2000, le rapport de l’Assemblée Nationale, la France face à ses prisons, soulignait que « l’insertion est le parent pauvre de l’administration pénitentiaire ». Comment dans ces conditions accompagner la population carcérale, majoritairement issue des quartiers populaires, socialement précaire et peu qualifiée ? Est-ce par le travail ? Mais quel travail propose-t-on en prison, et dans quelle condition ? Et après la sortie, qu’en est-il ? C’est pour répondre à toutes ces questions que nous retrouvons nos invité·e·s, Anaïs SAHY, ancien médecin en milieu carcéral, et Étienne MÉNAGER, membre fondateur de l’association Albin qui apporte des savoirs universitaires en milieu carcéral. Invité·e·s : - Étienne MÉNAGER, membre fondateur de l'Association Albin - Anaïs SAHY, ancien médecin en milieu carcéral

  15. 184

    Prisons : libérons nous des idées reçues — 2/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. Quand on parle de prison et de santé, on pense naturellement à la Prison de la Santé, cet établissement pénitentiaire où notre ami Sarkozy a fait un court mais très remarqué séjour. Mais qu’en est-il de la santé, la vraie ; de l’état sanitaire des détenus dans leurs cellules ? Le moins que l’on puisse dire est que santé et prison ne font pas bon ménage. On a commencé à l’évoquer la semaine dernière, la surpopulation carcérale produit des conditions de vie indignes, avec des conséquences nombreuses sur la santé des détenus. À commencer par la santé mentale. Le mythe du criminel simulant la folie pour échapper à la prison, qui peuple les séries américaines et les discussions de comptoir de CNews, cache la forêt des détenus qui souffrent de troubles psychiatriques et qui échappent aux soins parce qu’ils sont incarcérés. Avec des conséquences parfois désastreuses : le taux de suicide en prison est six à sept fois supérieur à celui de la société civile et la France a le taux de suicide en prison le plus élevé d’Europe. Pour faire le point sur la situation, nous retrouvons nos invité·e·s, Anaïs SAHY, ancien médecin en milieu carcéral, et Étienne MÉNAGER, membre fondateur de l’association Albin qui apporte des savoirs universitaires en milieu carcéral. Invité·e·s : - Étienne MÉNAGER, membre fondateur de l'Association Albin - Anaïs SAHY, ancien médecin en milieu carcéral

  16. 183

    Prisons : libérons nous des idées reçues — 1/4

    Ami·e·s auditrices et auditeurs, aujourd’hui le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme, vous emmène en prison ! Pas franchement une destination de rêve, bien que la prison, si l’on y réfléchit bien, peuple nos imaginaires dès notre plus tendre enfance. Depuis tout petit, on nous répète en effet que la prison, c’est là où vont les méchants, et que c’est ce qui nous attend si l’on dévie du droit chemin. Du Jeu de l’Oie au Monopoly, la prison nous guette, le cachot nous attend. Pourtant, que sait-on vraiment de l’univers carcéral et de sa réalité ? Pas grand-chose. La question est totalement absente du discours politique. De temps en temps, un politicien véreux fait un tour dans les quartiers VIP de la Santé, il nous pond un bouquin pour pleurnicher sur son sort, mais il ne nous dit rien des conditions de vie des détenus ordinaires. Les médias ? En dehors des évasions rocambolesques, le sujet ne les intéresse pas. Si bien que l’on peut se poser la question : si les murs des pénitenciers sont si hauts, est-ce pour empêcher les détenu·e·s de s’enfuir, ou pour nous empêcher de voir ce qui se passe à l’intérieur ? Car de ce qu’on en sait, la situation dans les prisons françaises n’est pas très reluisante. À intervalles réguliers, un arrêt de la Cour Européenne des Droits de l’Homme dénonce les conditions indignes de détention dans notre pays. Le dernier en date remonte au 15 janvier 2026, il y a tout juste une semaine : la CEDH estime que les conditions d’incarcération dans nos établissements vétustes et surpeuplés constituent des traitements inhumains et dégradants. Et en matière de surpopulation, la France est championne. Le taux moyen d’occupation des maisons d’arrêt est de 163%, certains établissements dépassant allègrement les 200%, avec tout ce que cela implique en termes de conditions de vie, de respect des droits fondamentaux comme la santé ou l’intimité, et de possibilité de réinsertion. Pour sortir de cette situation, il faudrait désengorger les prisons et donc commencer par y faire entrer moins de monde. Ce n’est pas le choix que fait la France, qui préfère construire de nouveaux établissements, et qui parallèlement enferme à tour de bras. Simple effet de la hausse de la délinquance ? On peut en douter : la population carcérale a augmenté depuis 1975 huit fois plus vite que la population totale. Les peines d’emprisonnement sont de plus en plus lourdes, et constituent l’unique réponse à la transgression de la loi. À mesure que l’état social se délite, l’état pénal prend le relais. Tout ça pour quel résultat ? Le moins qu’on puisse dire est que l’objectif en matière de dissuasion est loin d’être atteint. Le durcissement des peines n’y change rien, la prison est une machine à récidive. Plus de la moitié des détenus retournent en prison dans les 5 ans qui suivent leur sortie. La réinsertion est pourtant possible, mais pour cela il faudrait commencer par considérer les femmes et les hommes emprisonné·e·s comme des citoyennes et citoyens à part entière. C’est ce que se sont efforcés de faire, pendant des années, nos invités du jour : Anaïs SAHY, ancien médecin en milieu carcéral, et Étienne MÉNAGER, membre fondateur de l’association Albin qui apporte des savoirs universitaires en milieu carcéral. Invité·e·s : - Étienne MÉNAGER, membre fondateur de l'Association Albin - Anaïs SAHY, ancien médecin en milieu carcéral

  17. 182

    Désarmer Bolloré — 4/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme Suite et fin aujourd’hui de notre cycle d’émissions consacré au système Bolloré. On a vu comment cet empire financier s’est peu à peu recentré sur des activités de propagande et de communication, on a vu l’alignement entre ses intérêts économiques et la politique d’extrême droite qu’il défend ; on va voir à présent comment réagissent à la fois les pouvoirs publics, et les citoyens, en particulier le mouvement social. Qui est prêt à désarmer Bolloré pour défendre la démocratie, et comment s’y prennent-ils ? Réponse avec Alain, membre de LCED 63, le Collectif de Lutte Contre les Extrêmes-Droites du Puy-de-Dôme. Invité·e·s : - Alain, membre de LCED 63, le Collectif de Lutte Contre les Extrêmes-Droites du Puy-de-Dôme

  18. 181

    Désarmer Bolloré — 3/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme Une « guerre civilisationnelle ». C’est ce que mène, de son propre aveu, Vincent Bolloré à l’aide de ses médias et de ses maisons d’éditions. Une guerre contre qui ? Contre les wokistes, les gauchistes, tous ceux qui défendent, de près ou de loin, des idées progressistes. Et quelle civilisation cherche-t-il à nous vendre ? Une société fasciste, une politique d’extrême droite, un monde réactionnaire et ultra-conservateur. On poursuit aujourd’hui notre exploration du système Bolloré en vous proposant un petit tour d’horizon de l’idéologie que ce milliardaire, fervent catholique traditionnaliste, essaye de nous imposer. Nous sommes toujours en compagnie d’Alain, membre du Collectif de Lutte Contre les Extrêmes-Droites du Puy-de-Dôme (LCED 63). Invité·e·s : - Alain, membre de LCED 63, le Collectif de Lutte Contre les Extrêmes-Droites du Puy-de-Dôme

  19. 180

    Désarmer Bolloré — 2/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme… … une émission que vous pouvez écouter sur radio Arverne, sur la plate-forme de podcasts militants Spectre, ou encore sur Radio Ballade, mais que vous n’entendrez jamais sur Europe 1. Et pourquoi ? Parce qu’Europe 1 est une radio du groupe Bolloré, et que les médias Bolloré c’est justement le thème de notre émission aujourd’hui. On a vu la semaine dernière comment Vincent Bolloré a bâti un empire financier qui lui a permis de s’enrichir, nous allons voir aujourd’hui comment il s’est recentré depuis plusieurs années dans les domaines de la culture et de la communication et à quel point cela pose un vrai problème démocratique. Et pour répondre à nos questions, on retrouve Alain, du Collectif de Lutte Contre les Extrêmes-Droites du Puy-de-Dôme (LCED 63). Invité·e·s : - Alain, membre de LCED 63, le Collectif de Lutte Contre les Extrêmes-Droites du Puy-de-Dôme

  20. 179

    Désarmer Bolloré — 1/4

    Amies auditrices et auditeurs, aujourd’hui le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme, part à l’attaque contre l’empire. Et l’empire auquel nous nous attaquons aujourd’hui, c’est celui de Monsieur Vincent BOLLORÉ. Vincent BOLLORÉ, c’est d’abord un milliardaire qui pratique l’évitement fiscal et qui ne serait pas aussi puissant aujourd’hui si on avait, comme nous le réclamons depuis bientôt 30 ans, une vraie fiscalité redistributive et s’il payait sa juste part d’impôt. C’est également un financier qui, loin de l’image de capitaine d’industrie qu’il aime se donner, a bâti sa fortune à base de spéculation, de raids financiers et d’achats et de revente d’actions générant de confortables plus-values, mais aussi des dégâts sociaux considérables. Vincent BOLLORÉ, c’est aussi un homme d’affaire qui doit une grande partie de sa fortune à des activités en Afrique, activités que l’on peut qualifier de néocoloniales : ports, logistiques, plantations d’huile de palme et de caoutchouc… Il a su tirer des milliards d’euros de ses actifs africains sous forme de remontée de dividendes et de plus-value au moment de leur revente. Enfin et surtout, en plus d’être un capitaliste, BOLLORÉ c’est d’abord et avant tout un catholique traditionnaliste d’extrême-droite qui a décidé de mettre sa fortune au service de sa croisade idéologique contre toute forme d’idée progressiste, qu’il s’agisse d’anti-racisme, de féminisme, d’écologie, de défense des minorités, tout ce qui tend vers la justice sociale, fiscale et environnementale et qu’il requalifie de wokisme. Vous l’aurez compris, l’empire BOLLORÉ est à la croisée de tous les combats que nous menons, il est la synthèse de tout ce que nous combattons. Quand on parle de la croisade idéologique de Vincent BOLLORE, on pense bien sûr à ses médias : CNews, le Journal du Dimanche, Europe 1, etc… Mais c’est plus largement dans tous les champs de la culture que le groupe Bolloré, par la concentration des activités, a constitué un véritable empire : le domaine de l’édition, avec le rachat en 2022 d’Hachette-Livres, le plus grand groupe d’édition en France ; celui de la vente de livres avec les boutiques Relay ; la formation des journalistes avec l’ESJ, l’école supérieure de journalisme ; la communication et la publicité avec l’agence Havas ; le financement du cinéma avec le groupe Canal+ ; etc, etc…. Aucun domaine ne semble lui échapper. Cette offensive réactionnaire constitue une réelle menace pour la démocratie et c’est cette menace qui a amené ATTAC France à publier en avril 2025 le rapport « Le Système Bolloré – de la prédation financière à la croisade politique ». Une initiative qui s’inscrit dans une campagne plus large intitulée « Désarmer Bolloré », lancée par de très nombreuses organisations, dont les Soulèvements de la Terre, Extinction Rébellion, et bien sûr ATTAC. On va donc aujourd’hui parler de BOLLORÉ, du milliardaire et du groupe du même nom, mais il est essentiel d’avoir à l’esprit que BOLLORÉ n’est pas un cas à part ; il n’est pas non plus un cas parmi d’autres ; il est simplement le fer de lance en France d’un système capitaliste qui, de plus en plus et partout sur la planète, renoue avec des méthodes brutales et autoritaires pour asseoir sa domination et assurer ses profits. « Désarmer Bolloré », cela ne signifie donc pas seulement s’attaquer à lui ou à son empire, mais bien « dépasser la figure de Bolloré pour porter l’attention sur ce qui le rend possible », comme l’écrivent les co-éditeurs/rices du livre « Déborder Bolloré », également publié dans le cadre de cette campagne. Ou pour le dire autrement, faire face au libéralisme autoritaire et à son offensive réactionnaire et mortifère. Avec nous aujourd’hui pour répondre à nos question, Alain, membre de LCED 63, le Collectif de Lutte Contre les Extrêmes-Droites du Puy-de-Dôme. Invité·e·s : - Alain, membre de LCED 63, le Collectif de Lutte Contre les Extrêmes-Droites du Puy-de-Dôme

  21. 178

    Qui braque le monde ? — 4/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. Amies auditrices et auditeurs, connaissez-vous les Cigales ? Non, pas ces petits insectes qui stridulent en été ; je vous parle des Clubs d'Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale de l'Épargne Solidaire. Ça ne vous dit rien ? Si vous cherchez un bon petit placement à faire, si vous ne savez pas quoi faire de votre fortune, si vous voulez que votre épargne profite, non pas seulement à vous ou à votre descendance, mais à l’ensemble de la société et au bien-être de tous, alors restez avec nous et avec Morgane MURACCIOLE, chargée de développement des CIGALES Auvergne Rhône-Alpes, à qui nous donnons la parole aujourd’hui. Invité·e·s : - Morgane MURACCIOLE, chargée de développement des CIGALES Auvergne Rhône-Alpes

  22. 177

    Qui braque le monde ? — 3/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. Suite aujourd’hui de notre série d’émissions sur le système bancaire. Nous avons fait l’inventaire, au cours de nos deux premiers épisodes, de tous les méfaits des institutions bancaires. Alors vous vous demandez certainement, amies auditrices et auditeurs, s’il y a des alternatives à ce système. Eh bien cela tombe bien, puisque nous allons consacrer l’émission d’aujourd’hui à une alternative : la Nef, une banque éthique. Je vous entends d’ici grommeler : « on les connait, les banques citoyennes, les assureurs militants, tous ces capitalistes à visage humain avec leur éthique en toc et leurs livrets de développement durable. Encore du greenwahing, du socialwashing, et du foutage-de-gueule-washing ! ». Sauf que la Nef, c’est du lourd, c’est du solide, et c’est une banque réellement différente des autres. La preuve ? Elle ne fait pas de pub à la télé, elle. Vous ne me croyez toujours pas ? Alors écoutez plutôt un de ses sociétaires, Jean-Louis LELEU, à qui nous allons donner la parole aujourd’hui. Invité·e·s : - Jean-Louis LELEU, sociétaire à la Nef

  23. 176

    Qui braque le monde ? — 2/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. « Un dictateur qui meurt, c'est une banque suisse qui ferme », dit un dicton populaire. La BNP-Paribas vient justement d’être épinglée pour son soutien au dirigeant sanguinaire Omar el-Béchir. Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg des scandales impliquant le système bancaire. Comptes offshores au Panama ou ailleurs, évasion fiscale à grande échelle, financement de projets climaticide, notamment dans le domaine des énergies fossiles, frais bancaires opaques et exorbitants… La liste est longue. Combien nous coûtent les banques, financièrement, socialement, écologiquement ? C’est la question que nous avons commencé à nous poser la semaine dernière, et pour continuer d’y répondre, nous retrouvons Ariane TICHIT, maîtresse de conférences en économie à l'Université Clermont Auvergne et chercheuse au CERDI. Invité·e·s : - Ariane TICHIT, maîtresse de conférences en économie à l'Université Clermont Auvergne

  24. 175

    Qui braque le monde ? — 1/4

    Amis auditrices et auditeurs du Grain de Son, vous souvenez-vous de ce qu’il s’est passé le 15 septembre 2008 ? Cette date ne vous dit peut-être rien de prime abord, pourtant il y a de grandes chances qu’à l’exception de ceux qui n’étaient pas nés ou qui étaient trop jeunes à l’époque pour s’en souvenir, chacun ait gardé cette journée en mémoire. Le 15 septembre 2008 en effet, la banque Lehman Brothers se déclarait en faillite. Cette faillite faisait suite à la crise des subprimes en 2007, où les banques américaines avaient accordé des prêts immobiliers à des ménages insolvables, prêts qui étaient hypothéqués sur la valeur du bien acheté : si l’emprunteur ne parvenait pas à rembourser sa dette, la banque se payait en saisissant puis en revendant sa maison – et en jetant des millions d’américains à la rue au passage. Tant que le marché de l’immobilier était à la hausse, ça fonctionnait, mais dès que les prix ont commencé à baisser, ce fut la banqueroute assurée : les banques récupéraient moins que ce qu’elles avaient prêté, et les pertes furent colossales. Plusieurs banques étaient déjà en difficulté début septembre 2008, mais lorsque Lehman Brothers, l’une des plus grandes banques d’investissement au monde, s’est retrouvée en cessation de paiement, sans que l’on s’y attende vu qu’elle avait maquillé ses comptes pour ne pas dévoiler ses pertes, l’ensemble du système bancaire s’est mis à vaciller. Et pas seulement aux États-Unis, mais dans le monde entier. Parce que ces emprunts toxiques, aussi appelés actifs pourris, les banques s’étaient amusées à se les revendre les unes aux autres, par le biais de la titrisation, une opération qui consiste à compiler des titres de dettes dans des produits financiers tellement complexes qu’on ne savait plus ce qu’il y avait dedans. Ce jour-là, le 15 septembre 2008, et c’est pour ça que l’on s’en souvient, nous nous sommes tous posé la question : est-ce que le capitalisme est en train de s’effondrer ? Alors non, le capitalisme n’est pas mort, mais la chute de Lehman Brothers a précipité la crise financière planétaire. Et cet épisode a fait éclater au grand jour plusieurs choses, du moins pour ceux qui, comme moi, n’étaient pas familiers avec le monde de la finance : - D’abord, que ces monstres financiers qu’étaient Lehman Brothers, Merril Lynch ou encore la Royal Bank of Scotland, ne sont en fait que des colosses au pied d’argile. Too Big to fail, avait-on l’habitude de dire. Et pourtant, sans l’intervention des pouvoirs publics, le système bancaire ne se serait certainement pas relevé. - Ensuite, que les banques jouent avec notre argent comme on joue au casino, en prenant des risques d’autant plus inconsidérés qu’elles savent pouvoir compter sur les États et la population pour en payer le prix. - Enfin, et c’est certainement le plus important, que les turpitudes des banques d’affaire, leurs petites parties de Monopoly dans les hautes sphères de la finance, tout aussi déconnectées de la réalité qu’elles puissent paraître, ont des conséquences très concrètes, et parfois désastreuses, dans ce que l’on appelle l’économie réelle. Et donc sur la vie des vraies gens. « Qui est le plus grand criminel : celui qui vole une banque ou celui qui en fonde une ? », demandait Bertolt Brecht. C’est parce que la réponse à cette question ne va pas de soi qu’il est primordial de s’intéresser au système bancaire, de le comprendre et de tenter de se le réapproprier. Et c’est dans cet objectif que nous recevons aujourd’hui Ariane TICHIT, maîtresse de conférences en économie à l'Université Clermont Auvergne et chercheuse au CERDI, le Centre d'études et de recherches en développement international, spécialisée dans les monnaies alternatives. Invité·e·s : - Ariane TICHIT, maîtresse de conférences en économie à l'Université Clermont Auvergne

  25. 174

    Contre la militarisation du monde — 4/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. Peace and Love. Faites l’amour, pas la guerre. Dans les années 60-70, la guerre du Vietnam suscitait un élan de protestations parmi la jeunesse du monde entier, en particulier aux États-Unis à travers le mouvement Hippie. En France, le service militaire obligatoire donnait lieu à des contestations croissantes qui amenaient de plus en plus de jeunes gens à déserter, avant que le refus du port des armes soit légalisé par le statut d’objecteur de conscience. Qu’en est-il aujourd’hui ? Le mouvement pacifiste est-il encore audible ? Quel est le rôle des citoyens et des mouvements sociaux dans la lutte pour la paix ? Que peuvent encore les institutions ? Et surtout, que faire pour contrer les logiques de guerre et d’affrontement ? Ce sont les questions auxquelles nous allons essayer de répondre en compagnie de Sophie BRUTUS, porte-parole de la CGT-Educ’Action du Puy-de-Dôme, et Daniel DURAND, ancien secrétaire national du Mouvement de la Paix, dans ce quatrième et dernier volet de notre série d’émissions contre la militarisation du monde. Invité·e·s : - Daniel DURAND, ancien secrétaire national du Mouvement de la Paix - Sophie BRUTUS, co-secrétaire de la CGT-Educ'Action du Puy-de-Dôme

  26. 173

    Contre la militarisation du monde — 3/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. Quand on parle de militarisation du monde, on ne fait pas seulement référence à la guerre et aux conflits ouverts, il s’agit avant tout de ce qu’on appelle la phase de préparation, l’augmentation des budgets militaires, l’accumulation des armements, l’accroissement des effectifs de l’armée, l’exacerbation des tensions internationales, la montée en puissance de la rhétorique guerrière, etc… Bien avant que les conflits éclatent, ces politiques ont des conséquences sociales et démocratiques non négligeables sur les sociétés qui les subissent. Pour en savoir plus, nous retrouvons aujourd’hui encore nos deux invités, Sophie BRUTUS, co-secrétaire de la CGT-Educ’Action du Puy-de-Dôme, et Daniel Durand, ancien secrétaire national du Mouvement de la Paix, pour ce troisième volet de notre série d’émissions contre la militarisation du monde. Invité·e·s : - Daniel DURAND, ancien secrétaire national du Mouvement de la Paix - Sophie BRUTUS, co-secrétaire de la CGT-Educ'Action du Puy-de-Dôme

  27. 172

    Contre la militarisation du monde — 2/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. Pourquoi se fait-on la guerre ? Vaste question. On invoquera tour à tour la religion (ce fut le cas notamment lors des croisades), l’idéologie (les conflits qui ont émaillé la guerre froide en sont un exemple frappant), ou encore l’indépendance de la nation (on pense bien sûr aux guerres coloniales). Mais peut-être que toutes ces belles idées ne sont qu’un prétexte pour s’accaparer par la force les ressources d’un territoire et satisfaire la soif de pouvoir et de richesse de quelques-uns ? On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels, nous disait Anatole France. Pour combattre la militarisation du monde, il faut en connaitre les causes et comprendre ses ressorts. C’est pourquoi nous retrouvons aujourd’hui nos deux invités, Sophie BRUTUS, co-secrétaire de la CGT-Educ’Action du Puy-de-Dôme, et Daniel Durand, ancien secrétaire national du Mouvement de la Paix, pour ce troisième volet de notre série d’émissions contre la militarisation du monde. Invité·e·s : - Daniel DURAND, ancien secrétaire national du Mouvement de la Paix - Sophie BRUTUS, co-secrétaire de la CGT-Educ'Action du Puy-de-Dôme

  28. 171

    Contre la militarisation du monde — 1/4

    « Un jour où l’autre, il faudra qu’il y ait la guerre, on le sait bien. On n’aime pas ça, mais on ne sait pas quoi faire, on dit c’est le destin ». Vous aurez reconnu la chanson Le Sud de Nino Ferrer et, si j’ai choisi de vous citer ces quelques vers, c’est parce qu’aujourd’hui dans le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme, nous allons nous demander si effectivement la guerre relève du destin, si elle est une fatalité inéluctable. Après tout, c’est vrai qu’aussi loin que l’on remonte dans l’histoire de l’humanité, il semble que les hommes (et les femmes aussi, mais enfin, d’abord et surtout les hommes) se soient toujours fait la guerre. Partout et de tout temps. Le plus célèbre des films traitant de la préhistoire ne s’appelle-t-il pas, justement, la « Guerre du Feu » ? La permanence des conflits au cours de l’histoire est telle, que militer pour un monde de paix, un monde débarrassé de la guerre, vous fait souvent passer pour un idéaliste, un doux rêveur, quelqu’un de pas très sérieux, pas très raisonnable. Comme si la guerre était sérieuse. Or, quoi de plus déraisonnable, justement, que de sacrifier tant d’énergie, tant d’argent, et surtout tant de vies humaines à une entreprise qui ne répand que mort et désolation ? Les ressources financières allouées au budget de l’armement font cruellement défaut aux politiques sociales et à la transition écologique. À l’heure où la survie de l’humanité est clairement menacée par le réchauffement climatique ou l’effondrement de la biodiversité, n’est-il pas totalement aberrant de consacrer des sommes considérables à renforcer notre capacité à nous autodétruire, plutôt qu’à sauver ce qui pourrait l’être ? Sauf que quand on a dit ça, on n’a rien dit. Parce que tout le monde est contre la guerre, tout le monde désire la paix. Même la Russie souhaite la paix en Ukraine, à condition de pouvoir s’accaparer une partie de son territoire ; et Israël rêve de transformer la Bande de Gaza en une station balnéaire où règnerait la paix. L’oppresseur aimerait toujours que l’opprimé se tienne tranquille, en paix, quitte à l’envoyer reposer… en paix. Alors, si cette paix du vainqueur ne nous satisfait pas, plusieurs questions se posent. Premièrement, de quelle paix parle-t-on ? Quelle paix voulons-nous, à quelles conditions et à quel prix ? « Pas de justice, pas de paix », a-t-on coutume de répéter. Mais y a-t-il des guerres justes ? Ensuite, comment éviter les conflits et garantir une paix durable dans le monde ? Comment réagir face au bruit de bottes qui monte un peu partout, et au silence des pantoufles qui l’accompagnent trop souvent ? Nous n’aurons pas le temps, au cours des quatre émissions de ce cycle du Grain de Son, d’aborder tous les aspects de la militarisation du monde et des résistances qu’elle suscite, le sujet est bien trop vaste. Mais nous allons débroussailler le terrain en compagnie de nos deux invité·es. Parce qu’à Attac, la guerre, on n’aime pas ça, mais qu’on aimerait bien savoir quoi faire. Pour changer le destin. Invité·e·s : - Daniel DURAND, ancien secrétaire national du Mouvement de la Paix - Sophie BRUTUS, co-secrétaire de la CGT-Educ'Action du Puy-de-Dôme

  29. 170

    7 heures pour la Palestine — 4/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. « 7 heures pour la Palestine », c’est le nom de la soirée que l’Association France Palestine Solidarité du Puy-de-Dôme et le Collectif 63 pour une Paix Juste et Durable ont organisée le 31 mai à Clermont-Ferrand. Au programme : atelier de calligraphie, discussions, débats, musique et chants palestiniens, concert, et une conférence que le Grain de Son a choisi de vous rediffuser. Deux intervenants lors de cette conférence : Sylvain CYPEL, journaliste à Orient XXI, que nous avons écouté dans les deux premières émissions de ce cycle, et qui s’est intéressé à comment la société israélienne a évolué depuis la création d’Israël et pourquoi. Et puis Maxime BENATOUIL, militant à l’Union Juive Française pour la Paix et au collectif juif décolonial Tsedek, co-auteur du livre « Contre l’Antisémitisme et ses instrumentalisations », dont nous avons entendu le début de l’intervention la semaine dernière. Invité·e·s : - Sylvain CYPEL, journaliste à Orient XXI - Maxim BENATOUIL, Tsedek & UJFP

  30. 169

    7 heures pour la Palestine — 3/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. Troisième partie aujourd’hui de la conférence organisée le 31 mai 2025 à Clermont-Ferrand lors de la soirée « 7 heures pour la Palestine ». Nous avons écouté lors de nos précédentes émissions le journaliste Sylvain CYPEL, qui s’est attardé sur l’évolution de la société israélienne depuis la création d’Israël ; place aujourd’hui à Maxime BENATOUIL, militant à l’Union Juive Française pour la Paix ainsi qu’au sein du collectif juif décolonial Tsedek. Alors, il n’est peut-être pas inutile de préciser que les deux intervenants que nous vous donnons à entendre sont eux-mêmes de confession juive, ceci afin de couper court aux accusations d’antisémitisme qui ne manquent pas d’être lancées sitôt qu’une voix s’élève en soutien au peuple palestinien. L’instrumentalisation de l’antisémitisme, c’est un sujet que connaît bien Maxime BENATOUIL, puisqu’il est l’un des auteurs du livre collectif « Contre l’Antisémitisme et ses instrumentalisations », paru en 2024 aux éditions La Fabrique. Cette instrumentalisation, c’est l’un des aspects de la propagande pro-israélienne qu’il a abordés lors de cette conférence. Invité·e·s : - Sylvain CYPEL, journaliste à Orient XXI - Maxim BENATOUIL, Tsedek & UJFP

  31. 168

    7 heures pour la Palestine — 2/4

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. On se retrouve aujourd’hui pour la deuxième partie de la conférence qui a eu lieu lors de la soirée « 7 heures pour la Palestine », le 31 mai dernier au Lieu-Dit, à Clermont-Ferrand, un événement organisé par l’Association France Palestine Solidarité du Puy-de-Dôme et le Collectif 63 pour une Paix Juste et Durable, dont fait partie Attac. Nous allons écouter la suite de l’intervention de Sylvain CYPEL, journaliste au Monde de 1998 à 2013 puis à Orient XXI depuis 2014. Sylvain CYPEL revient sur l’histoire de la société israélienne en montrant comment, dès le départ, avant même la création de l’État d’Israël, le projet sioniste a été un projet colonialiste et comment il porte en germe la tragédie que connaît aujourd’hui le peuple palestinien. Invité·e·s : - Sylvain CYPEL, journaliste à Orient XXI - Maxim BENATOUIL, Tsedek & UJFP

  32. 167

    7 heures pour la Palestine — 1/4

    Amies auditrices, amis auditeurs, ravi·es de vous retrouver pour cette cinquième saison du Grain de Son. Oui, cinquième saison déjà, 164ème épisode de l’émission d’Attac Puy-de-Dôme qui s’est modestement donné pour ambition de refaire le monde. Parce qu’un autre monde est possible et plus que jamais nécessaire, disions-nous dans notre premier numéro. Et force est de constater que, depuis quatre ans, le constat n’a pas changé, bien au contraire. Depuis quatre ans, nous vous donnons à entendre, une autre vision du monde, un discours et des paroles que vous n’entendrez pas dans les médias Bolloré, pas beaucoup plus dans les autres médias. Les voix de celles et ceux qui luttent, qui se révoltent et qui ne se résignent pas, celles et ceux qui sont déterminé-e-s à changer le monde, à en construire un nouveau pour plus de justice sociale et environnementale. Au cours de ces quatre années, nous avons abordé des sujets aussi variés que la défense des services publics, la justice fiscale, la lutte contre le réchauffement climatique, le modèle agricole, la sécurité sociale de l’alimentation, les menaces qui pèsent sur les libertés publiques, l’eau bien commun ou encore le sort des migrants. Et pour les années à venir ? Eh bien nous avons bien l’intention de continuer. N’en déplaise à ceux que notre émission chiffonne, qui aimeraient un discours un peu plus policé, un peu plus équilibré, un peu moins engagé. Qu’ils se rassurent, s’ils veulent d’autres sons de cloche, ils n’en manquent pas, tant le tocsin réactionnaire et dépolitisant assourdit l’ensemble de l’espace médiatique. Car cela aussi nous le disions dès notre premier numéro : le Grain de Son c’est un grain de sel dans l’océan de l’information, un grain de sable dans le désert de la pensée unique, un grain de poussière dans le torrent de boue de l’actualité. L’actualité, elle n’est pas bien rose, je ne vous apprends rien. Les sujets d’inquiétude et d’indignation ne manquent pas, en France ou à l’étranger, que ce soit sur le plan social, écologique ou géopolitique. Parmi ces motifs d’indignation et de révolte, l’un des plus terribles est ce qui se passe depuis bientôt deux ans à Gaza. Un génocide est en cours, on le sait, le nier ne relève plus de l’aveuglement mais du pur négationnisme. Nous avons déjà consacré plusieurs émissions à la situation au Proche-Orient, en essayant chaque fois, au-delà de la dénonciation des crimes de l’État d’Israël, de donner les clés pour comprendre ce qui se joue dans cette partie du monde. Nous avons voulu revenir sur ce sujet aujourd’hui, et dans les semaines à venir, en partageant avec vous deux interventions, enregistrées le 31 mai dernier au Lieu-Dit à Clermont-Ferrand, lors de la soirée intitulée « Sept Heures pour la Palestine », organisée par l’AFPS, l’Association France Palestine Solidarité de Clermont-Ferrand, et le Collectif pour une Paix Juste et Durable qui regroupe une trentaine d’organisations, dont Attac, dans le Puy-de-Dôme. Le premier de ces intervenants, que nous allons écouter aujourd’hui et la semaine prochaine, s’appelle Sylvain CYPEL, il est journaliste à Orient XXI, ancien journaliste au Monde, et il nous expliquera comment la société israélienne a évolué depuis la création d’Israël et pourquoi. Dans les deux dernières émissions de notre cycle, nous entendrons Maxime BENATOUIL, militant à l’Union Juive Française pour la Paix et à Tsedek, un collectif juif décolonial, et co-auteur du livre « Contre l’Antisémitisme et ses instrumentalisations ». Pour l’heure, place à l’introduction de la conférence par Yves CHILLIARD, le Président de l’AFPS 63 ; on écoute ensuite Sylvain CYPEL. Invité·e·s : - Sylvain CYPEL, journaliste à Orient XXI - Maxim BENATOUIL, Tsedek & UJFP

  33. 166

    Champ de batailles — 3/3

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. « Ils ont essayé de nous enterrer. Ils ne savaient pas que nous étions des graines ». Voilà un dicton qui circule parmi les activistes de l’environnement, une image fort à propos pour illustrer la détermination qui les anime et ce, malgré les efforts des pouvoirs réactionnaires pour les faire taire. Et en la matière, rien ne leur est épargné. Répression policière, menaces de dissolution, dénigrement incessant des médias, diabolisation, invisibilisation… Alors que face à l’urgence climatique et environnementale, tout devrait être fait au contraire pour soutenir ses combats, le militant écologiste, requalifié en écoterroriste, est désigné comme l’ennemi à abattre. Mais beaucoup d’entre eux ne s’en laissent pas compter, et la riposte s’organise… Invité·es : - Jean-Paul ONZON : militant Confédération Paysanne Puy-de-Dôme - Tôt : habitant politique du Puy-de-Dôme

  34. 165

    Champ de batailles — 2/3

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. « Donnez-moi un point fixe et un levier, et je soulèverai la Terre », disait le vieil Archimède. Une bravade que reprennent à leur compte aujourd’hui un certain nombre de militants écologistes. Le levier, ce sont nos batailles, nos combats contre ceux qui s’accaparent et détruisent le vivant, de l’agro-industrie aux bétonneurs de tout poil. Le point fixe, c’est la terre, le sol, les territoires où s’ancrent nos luttes, les zones à défendre et les jardins partagés, les campagnes vivantes et les quartiers populaires. La terre qui se soulève, cela fait bien sûr penser aux Soulèvements de la Terre, ce vaste mouvement né en 2021 et qui a su mobiliser une foule d’individus et d’organisations pour la réappropriation des sols et de l’eau, contre les méga-bassines, les autoroutes ou les cimenteries. Au-delà, qu’ils se réclament ou non des Soulèvements de la Terre, un nombre croissant de collectifs, d’associations ou de simples citoyens choisissent de recourir à l’action directe de masse. On les accuse de sabotage, ils préfèrent parler de désarmement. On les juge violents, ils répondent qu’ils ne sont que la Terre qui se défend. On les qualifie d’écoterroristes, ils se marrent et disent qu’ils ne font que croire en leur capacité d’agir. Il faut bien avouer que l’actualité nous démontre jour après jour que ni la voie électorale, ni la voie judiciaire ne sont très efficaces pour faire face au changement climatique, à l’effondrement de la biodiversité et au grand désastre qui s’annonce. Les blocages, occupations et démantèlements des activistes auront-ils plus de succès ? Pour tenter de répondre à cette question, et à bien d’autres encore, nous retrouvons aujourd’hui nos deux invités. Invité·es : - Jean-Paul ONZON : militant Confédération Paysanne Puy-de-Dôme - Tôt : habitant politique du Puy-de-Dôme

  35. 164

    Champ de batailles — 1/3

    Amis auditrices et auditeurs, bienvenue à bord du Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme, une émission 100% biologique, garantie sans pesticides et sans OGM. Vous l’avez compris, aujourd’hui on va parler d’agriculture et d’environnement, deux notions qu’on oppose souvent et, à notre avis, à tort. D’abord parce que, c’est une évidence, une nature préservée est la meilleure garantie pour les agricultrices et agriculteurs d’aujourd’hui de pouvoir continuer à exercer leur métier demain. Que l’on parle d’artificialisation des sols, de bouleversement climatique ou de raréfaction de la ressource en eau, les atteintes à l’environnement menacent directement la capacité des paysannes et des paysans à vivre de leurs productions. Ensuite, et c’est une évidence aussi, parce que toutes celles et tous ceux qui cultivent la terre ou élèvent du bétail ne sont pas, loin s’en faut, de redoutables pollueurs totalement insensibles à l’impact écologique de leur activité. Bien au contraire, un grand nombre d’entre eux défend un modèle agricole respectueux de la nature, des sols, de l’eau, de l’air et de la santé de tous, à commencer par la leur. Il s’ensuit que, contrairement à l’image qui nous est trop souvent donnée à voir, les militants écologistes ne considèrent pas tous les agriculteurs comme des ennemis, et inversement tous les paysans ne sont pas hostiles aux défenseurs de l’environnement. Cette logique qui, je le répète encore, peut paraître une évidence, eh bien ce n’est pas du tout, mais alors pas du tout celle du sénateur de la Haute-Loire Laurent DUPLOMB, auteur d’une proposition de loi visant, je cite, « à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur ». Une loi Duplomb qui, si elle est adoptée, aura de lourdes, très lourdes conséquences en matière d’environnement. Car les contraintes qu’il s’agit de lever, ce sont, vous l’aurez deviné, toutes les réglementations environnementales. Il s’agit donc d’un texte qui considère la protection de la nature comme un obstacle. Un obstacle, non pas à l’exercice du métier d’agriculteur, comme l’indique son titre, mais plutôt à la bonne marche des affaires de l’agro-industrie. Ce projet de loi s’inscrit dans la pure lignée ultralibérale à laquelle nous a habitués ce gouvernement, et va à rebours des engagements de la France et des enjeux auxquels nous devons faire face dans un contexte de crise écologique sans précédent. C’est ce que dénonce un large rassemblement d’organisations, dont fait partie Attac, et regroupant aussi bien des associations écologistes comme Greenpeace que des syndicats d’agriculteurs comme la Confédération Paysanne ou des mouvements citoyens tels que les Soulèvements de la Terre – preuve une fois de plus que les défenseurs de la nature et les travailleurs des champs sont plus souvent alliés qu’adversaires, et qu’ils savent se retrouver dans la défense d’un modèle agricole respectueux du vivant, contre tous ceux qui tentent de se l’accaparer. On reviendra dans les semaines qui viennent sur ces activistes, leurs revendications, et leurs modes d’actions, mais pour l’heure, on va donner la parole à deux d’entre eux pour évoquer ce projet de loi DUPLOMB. Invité·es : - Jean-Paul ONZON : militant Confédération Paysanne Puy-de-Dôme - Tôt : habitant politique du Puy-de-Dôme

  36. 163

    Au NON du peuple — 3/3

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. « Le peuple a perdu confiance dans le gouvernement. Peut-être le gouvernement devrait-il dissoudre le peuple et en élire un nouveau ». Cette maxime qu’on doit à Bertolt Brecht illustre bien l’état d’esprit des dirigeants européens au lendemain du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen de 2005. On a vu la semaine dernière comment, après une campagne intense menée par les mouvements sociaux, le NON a fini par l’emporter, malgré la propagande presque unanime de la classe politique, médiatique et patronale. Nous allons voir aujourd’hui que les tenants de l’Europe ultralibérale n’ont jamais accepté leur défaite, et comment ils ont pris leur revanche, sournoisement, piteusement, à grand renfort de trahisons et de dénis démocratique. Une forfaiture, c’est le mot qui convient pour décrire ce retournement de situation inattendu. Pour en parler avec nous aujourd’hui, on retrouve Marc CHOVIN et Jacky CHABROL, adhérents d’Attac 63. Invité·es : - Jacky CHABROL : militant Attac Puy-de-Dôme - Marc CHOVIN : militant Attac Puy-de-Dôme

  37. 162

    Au NON du peuple — 2/3

    Salut, c’est le Grain de Son, l’émission d’Attac Puy-de-Dôme. Suite aujourd’hui de notre série d’émissions consacrée au référendum sur le Traité Constitutionnel Européen, qui s’est tenu il y a tout juste 20 ans. Nous allons nous pencher aujourd’hui sur la campagne du NON, menée par les forces de gauche, la « vraie gauche », la gauche radicale, altermondialiste, tout un ensemble d’acteurs du mouvement social dont en particulier Attac, qui était alors à la pointe de ce combat. Une campagne que les dirigeants de tout poil, politiques, médiatiques, économiques, ont cherché à confisquer, et qui, grâce à la ténacité des opposants à l’Europe ultralibérale, s’est révélée être au final un formidable moment démocratique. C’est à nouveau Marc CHOVIN et Jacky CHABROL, adhérents d’Attac 63, qui vont nous accompagner totu au long de cette demi-heure pour nous rafraichir la mémoire. Invité·es : - Jacky CHABROL : militant Attac Puy-de-Dôme - Marc CHOVIN : militant Attac Puy-de-Dôme

  38. 161

    Au NON du peuple — 1/3

    Amis auditrices et auditeurs du Grain de Son, vous ne pouvez pas savoir comme je suis content de vous retrouver, de retrouver vos oreilles attentives qui nous suivent chaque semaine Pour ma part, cela fait plus de 6 mois que je n’avais pas pris l’antenne à ce micro. En 6 mois il s’est passé énormément de choses et pourtant, bien peu de choses ont changé. Monsieur Trump s’est réinstallé dans le Bureau Ovale à Washington, et les Etats-Unis écrasent toujours de leur superpuissance aussi bien leurs ennemis que leurs alliés. Le locataire de la Maison Blanche a augmenté très fortement les droits de douane, ou menacé de le faire, mais l’ultralibéralisme reste la boussole incontournable en Europe comme en Amérique. Des pourparlers de paix ont été engagés avec M. Poutine, mais la Russie continue à bombarder l’Ukraine, tout comme Israël poursuit le génocide des palestiniens malgré le mandat d’arrêt émis par la Cour Pénale Internationale à l’encontre de M. Néthanyahou. En France, rien de nouveau non plus. M. Bayrou a succédé à M. Barnier à Matignon, mais c’est toujours la même politique d’austérité qui nous est imposée. Tout change, rien ne change… L’autoroute A69, contre laquelle se battaient les défenseurs de l’environnement, a été déclarée illégale, mais les travaux vont pouvoir reprendre tranquillement. On n’arrête pas le béton… Il est tout de même assez désespérant de voir à quel point toutes nos victoires, tous nos espoirs sont systématiquement confisqués. La gauche arrive en tête aux dernières législatives ? On hérite d’un gouvernement très très à droite. Après bien des luttes, les néonicotinoïdes tueurs d’abeille sont enfin interdits ? Il suffit d’une loi pour les réautoriser. Chaque avancée est suivie d’un nouveau recul. On va revenir aujourd’hui sur l’une de ces victoires à la Pyrrhus, un épisode vieux d’il y a tout juste 20 ans. Je veux parler du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen, qui constitue sans doute la plus belle victoire mais aussi la plus grande défaite d’Attac. La plus belle victoire parce que le 29 mai 2005, après une intense campagne des mouvements sociaux où nous étions en pointe, le NON à l’Europe ultralibérale l’emporte à 54% des voix, et le TCE est rejeté. La plus grande défaite car malgré ce vote, et grâce au tour de passe-passe de M. Sarkozy qui nous priva d’un nouveau référendum, le Traité de Lisbonne, en tout point semblable au traité constitutionnel, a été approuvé par le Parlement. Ce déni démocratique aura de lourdes et durables conséquences. Il est important de revenir sur cette page de notre histoire. Pas seulement pour se souvenir du bon vieux temps – nous n’allons pas faire une émission d’anciens combattants – ni pour se lamenter sur ce qu’on a failli gagner et qu’on a fini par perdre. Non, s’il est si important de commémorer cet événement, c’est surtout pour comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle. Et nous rappeler que nous ne devrons jamais baisser la garde, ni les bras. C’est parce que les forces réactionnaires ne restent jamais sans réaction face aux perspectives de progrès social et environnemental, que nous ne devons jamais abandonner la lutte. Pour répondre à nos questions aujourd’hui, nous recevons deux vieux briscards d’Attac : Marc CHOVIN et Jacky CHABROL. Invité·es : - Jacky CHABROL : militant Attac Puy-de-Dôme - Marc CHOVIN : militant Attac Puy-de-Dôme

  39. 160

    Avenirs en lutte — 5/5

    Salut, c'est le grain de son, l'émission d'Attac Puy-de-dôme. Pendant ce cycle sur les stratégies à travailler, à raffiner, à tester, on a pu entendre un petit montage -- un extrait du générique d'introduction des entretiens sur la chaîne Au Poste, de David Dufresne -- un petit montage dans lequel on entendait Édouard Philippe qui nous exposait sa vision de la lutte des classes, ou comment sa classe à lui abordait la lutte des classes : on tente des trucs, on pousse et on repousse les limites de l'acceptable par le corps social - en faveur du Capital et au détriment du travail --, sans jamais savoir quelle sera la goutte qui fera déborder le vase. Et on réalise alors qu'en fait, contrairement à ce qui est répété à l'envi dans tous les médias des dominants, la lutte des classes ce n'est pas « ringard », ce n'est pas « has been », ce n'est pas un combat d'arrière-garde. La lutte des classes, c'est le prisme par lequel la classe dominante -- elle aussi -- considère le corps social. Alors, si la classe dominante s'autorise l'emploi de cet outil, est-ce que la gauche, le camp social progressiste n'aurait pas également intérêt aussi à l'utiliser ? Voire même : est-ce qu'on ne devrait pas remettre la lutte des classes au centre du débat et de la question sociale ? Invité·es : - Marc Chovin, militant France insoumise, - Lyliane Fayolle, militante Solidaires et - Geneviève, militante Attac63.

  40. 159

    Avenirs en lutte — 4/5

    Salut, c'est le grain de son, l'émission d'Attac Puy-de-dôme. La semaine dernière on s'étaient quitté·es en parlant des élections professionnelles, des abstentionnistes et des électeurs et électrices du Rassemblement National. On avait ainsi évoqué à demi-mots les terrains travaillés par le sociologue Félicien Faury -- avec son ouvrage « Des électeurs ordinaires » --, le sociologue Benoît Coquard -- avec son ouvrage « Ceux qui restent » --, ou encore le philosophe Michel Feher -- avec son ouvrage « Producteurs et parasites ». Des ouvrages que l'on recommande chaudement pour comprendre un peu plus finement les dynamiques qui travaillent le vote RN et aller au-delà du « fachés pas fachos ». Si la bataille pour ramener certains électeurs et électrices du RN, ainsi que les absentionnistes dans le giron de la gauche -- qui est probablement la partie de l'hémicycle la plus à même de vraiment défendre les intérêts des plus défavorisé·es et mettre en place une politique socialement et écologiquement juste -- si cette bataille est encore largement à mener et à renforcer, du côté des élections professionnelles, le taux de participation n'est -- comme on l'a vu la semaine dernière -- pas des plus reluisant. Comment rendre la démocratie désirable ? Est-ce que la démocratie sociale serait irrémédiablement cassée ? irrécupérable ? Alors : sociale-démocratie ou démocratie sociale ? Invité·es : - Marc Chovin, militant France insoumise, - Lyliane Fayolle, militante Solidaires et - Geneviève, militante Attac63.

  41. 158

    Avenirs en lutte — 3/5

    Salut, c'est le grain de son, l'émission d'Attac Puy-de-dôme. Dans les émissions précédentes, on a abordé les enjeux stratégiques d'un « Que faire » après la dissolution, ainsi que l'environnement médiatique qui ne facilitait pas outre mesure la mise en place des desseins et des buts que l'on pourrait ériger en stratégie. Mais il ne faut pas oublier l'environnement dans lequel le mouvement social, les partis politiques et les syndicats évoluent : la société. Si la société, « elle a beaucoup de problèmes », la société française est aussi : fragmentée, polarisée. Cela se voit à l'Assemblée nationale : à l'issue de la dernière dissolution, trois blocs -- de tailles comparables -- ont émergé. Cela se constate également dans le monde syndical, avec la multitude de centrales syndicales -- même si elles peuvent se regrouper en intersyndicale, comme pendant le mouvement contre la contre-réforme des retraites de 2023. Dans une société ainsi fragmentée, comment parler à toutes et tous, tout en gardant un discours cohérent et mobilisateur ? Comment s'adresser à tout le monde -- ou un groupe le plus large possible dans le but de constituer une majorité dans les urnes ou un nombre conséquent dans la rue pour un rapport de force à notre avantage -- comment parler à la fois aux urbains et aux ruraux, aux différentes classes sociales, et garder un horizon cohérent, un programme désirable en adéquation avec les contraintes de la bifurcation écologique ? Comment tenir tous les bouts dans ce kaléidoscope social ? Alors, comment on tient tous les bouts ? Comment on parle à tout le monde ? Invité·es : - Marc Chovin, militant France insoumise, - Lyliane Fayolle, militante Solidaires et - Geneviève, militante Attac63.

  42. 157

    Avenirs en lutte — 2/5

    Salut, c'est le grain de son, l'émission d'Attac Puy-de-dôme. La semaine dernière, on avait commencé à parler de la place des médias dans l'agora, dans le débat démocratique et citoyen : comment les médias façonnent-ils l'opinion public ? Et bien cette fabrique du consentement passe par l'injonction permanente et récurrente à condamner les « violences » qui peuvent avoir lieu lors de manifestations, pour parler des incendies de poubelles ou de vitrines dégradées -- mais être très discret lorsqu'il s'agit de dénoncer les « violences policières ». Ou encore, en imposant l'expression « prise d'otage », pour évoquer un mouvement de grève dans le secteur des transports. Bref, cette condamnation au préalable est une stratégie d'invisibilisation du fond -- pourquoi les gens se mobilisent, quelles sont leurs revendications -- en faveur de la mousse médiatique. Alors, est-ce que les médias sont vraiment la marque de fabrique du consentement ? Et pourquoi a-t-on l'impression tenace d'un grand déballage de prêt-à-penser biaisé ? Pour discuter de tout cela, on retrouve nos invité·es... Invité·es : - Marc Chovin, militant France insoumise, - Lyliane Fayolle, militante Solidaires, - Geneviève, militante Attac63

  43. 156

    Avenirs en lutte — 1/5

    Salut, c'est le grain de son, l'émission d'Attac Puy-de-dôme. On vit une époque formidable. Enfin, plutôt : une époque incroyable, presque inouïe. On sort d'une séquence politique assez particulière : on a vécu de grosses mobilisations sociales (ordonnances travail, deux contre-réformes sur les retraites, les Gilets jaunes un mouvement quasi insurectionnel), d'énièmes violences policières qui mènent à des révoltes urbaines, des marches climats, une pandémie, deux campagnes législatives intenses -- surtout la dernière ? --, une gauche parfois et par deux fois unie, et un, et deux barrages contre le RN aux présidentielles -- et tout autant aux législatives --, le RN qui est littéralement aux portes du pouvoir. Une montée de l'extrême droite dans un nombre non négligeable de pays, et pour certains pays, l'extrême droite a carrément franchi les portes du pouvoir. Sans oublier la guerre en Ukraine et un génocide en Palestine, un génocide en mondiovision. Alors, passé l'effet de sidération, quand on reprend un peu ses esprits et ses appuis : maintenant, qu'est-ce qu'on fait, qu'est-ce qu'on peut faire, dans ce monde néolibéral qui va -- droit dans ses bottes et droit dans le mur climatique, sous les vivas de l'extrême droite et du centre. Alors, qu'est-ce qu'on fait ? Pour répondre à cette question, nous avons invité : - Marc CHOVIN : militant France Insoumise - Lyliane FAYOLLE : militante Solidaires - Geneviève : militante Attac Puy-de-Dôme

  44. 155

    Aménagement désirable : une envie de PLUi ? — 3/3

    Salut, c'est le grain de son, l'émission d'Attac Puy-de-dôme. Aujourd'hui, suite et fin de notre cycle à propos de l'enquête publique sur le PLUi, le plan local d'urbanisme intercommunal. On est d'ailleurs dans la dernière ligne droite de cette enquête publique : elle se termine dans moins de 24h. Vous avez jusqu'à vendredi 28 mars, midi, pour donner votre avis sur l'aménagement de votre territoire. La semaine dernière, on avait évoqué la difficulté de s'approprier les documents constituant le PLUi, en vue de pouvoir donner un avis éclairé, lorsque ces documents sont technique et peu accessibles pour le citoyen et la citoyenne lambda. Le collectif AcTESS recommandait ainsi la création de commissions d'urbanisme pour faciliter le débat avec les principaux intéressés -- les habitants et les habitantes. On avait aussi noté le caractère incitatif du PLUi, qui restait donc assez peu contraignant, ainsi que le manque d'ambition sur le volet végétalisation des villes. On avait, de plus, relevé l'absence de suivi du respect de cette végétalisation sur le long cours. Mais comment concilier végétalisation des espaces urbains pour lutter contre les îlots de chaleur, et augmentation de la densité urbaine pour diminuer l'artificialisation des terres et l'étalement urbain ? Pour répondre à cette question, on retrouve nos invité·es : - Colette Boudou porte-parole d'Attac Puy-de-Dôme et représentante d'Attac63 dans le collectif AcTESS (collectif pour Accélérer la Transformation Écologique, Sociale et Solidaire), et - Roger Anglaret, membre d'AcTESS, militant de Puy-de-Dôme Nature Environnement et d'Attac63.

  45. 154

    Aménagement désirable : une envie de PLUi ? — 2/3

    Salut, c'est le grain de son, l'émission d'Attac Puy-de-dôme. Aujourd'hui, on continue de danser avec le PLUi, le plan local d'urbanisme intercommunal. La semaine dernière on avait débroussaillé un peu ce que recouvrait un PLUi, à quoi ça servait, et on avait commencé à regarder les contours de l'enquête publique à laquelle est soumis ce PLUi. Chacun·e peut donner son avis en tant qu’habitant·e, association ou simple personne intéressée, et ce jusqu’au vendredi 28 mars 2025 à 12h. La semaine dernière on avait un peu touché du doigt la complexité du dossier, ou -- à tout le moins -- sa taille impressionnante. Alors, comment est-ce qu'on fait pour s'approprier ce genre de dossier, lorsqu'on est "simple citoyen·ne" ou "simple militant·e" ? Pour répondre à ces questions, on retrouve nos invité·es : - Colette Boudou porte-parole d'Attac Puy-de-Dôme et représentante d'Attac63 dans le collectif AcTESS (collectif pour Accélérer la Transformation Écologique, Sociale et Solidaire), et - Roger Anglaret, membre d'AcTESS, militant de Puy-de-Dôme Nature Environnement et d'Attac63.

  46. 153

    Aménagement désirable : une envie de PLUi ? — 1/3

    Salut, c'est le grain de son, l'émission d'Attac Puy-de-dôme. PLUiH, SCOT, CAM, PADD, PLUi, ... Et oui. Aujourd'hui, même si ce n'était pas totalement évident lorsque j'égrenais mes acronymes, aujourd'hui on débute un cycle d'émissions dont le thème est l'aménagement du territoire. L'aménagement du territoire, ce n'est pas une mince affaire. Plus qu'un art ou une science -- c'est une pratique qui, à bien y penser, affecte profondément nos vies et notre quotidien : comment travailler, comment se déplacer vers son lieu de travail ou pour ses loisirs, comment et où se loger. Bref, l'aménagement du territoire touche à tout, nous touche toutes et tous, et a un impact considérable sur notre capacité à lutter contre le dérèglement climatique et à nous adapter à ce dernier. Mais pourquoi parler d'aménagement du territoire et de PLUi -- Plan local d'urbanisme intercommunal --, *maintenant* ? Et bien parce que le nouveau PLUi est maintenant soumis à enquête publique : chacun·e peut donner son avis en tant qu’habitant·e, association ou simple personne intéressée, et ce jusqu’au vendredi 28 mars 2025 à 12h. Mais avant de pouvoir donner son avis sur le PLUi, il va sans doute falloir un peu débroussailler tout ça, et pour répondre à nos questions sur le PLUi, nous avons invité Colette Boudou d'Attac Puy-de-Dôme et représentante d'Attac Puy-de-Dôme dans le collectif AcTESS (collectif pour Accélérer la Transformation Écologique Sociale et Solidaire), ainsi que Roger Anglaret, membre d'Actess et de Puy-de-Dôme Nature Environnement. Alors, c'est quoi un PLUi ? Invité·e·s : - Roger ANGLARET, Attac63, Collectif AcTESS, Puy-de-Dôme Nature Environnement - Colette BOUDOU, Attac63, Collectif AcTESS

  47. 152

    Doume partout, spéculation nulle part — 5/5

    Salut, c'est le grain de son, l'émission d'Attac Puy-de-dôme. Aujourd'hui, 10ans de Doume et 10 de der. C'est la suite, et la fin, de notre cycle sur les 10ans de la Doume. Dans les émissions précédentes, on a pu aborder les débuts de la Doume, les projets connexes -- comme Solidoume, l'Alternateur, Pampa ou bien encore La Scie d'ici -- sans oublier la stratégie et les projets pour l'avenir. Dans notre cinquième et dernier épisode, on va discuter d'infrastructure logicielle, de Coop des Dômes et du Conseil municipal. Mais tout de suite, on va interviewer un des nouveaux prestataires de la Doume. Interviewé·es : - Nicolas WEISZROCK, prestataire Doume, Biscuiterie du Roc blanc - Stephan, ADML63, Kohinos - Thierry, ADML63, Coop des Dômes - Anne-Laure STANISLAS, élue au Conseil Municipal de Clermont-Ferrand Liens : - CAAP, Coopérative auvergnate pour l'alimentation de proximité https://caap.coop/ - Biscuiterie du Roc Blanc https://caap.coop/la-biscuiterie-du-roc-blanc/ - Kohinos https://kohinos.com/ https://gitlab.com/federation-kohinos/kohinos - Coop des Dômes, magasin coopératif et participatif de Clermont-Ferrand https://www.coopdesdomes.fr/

  48. 151

    Doume partout, spéculation nulle part — 4/5

    Salut, c'est le grain de son, l'émission d'Attac Puy-de-dôme. Suite, aujourd'hui de la diffusion de notre reportage et des interviews réalisés lors de la journée anniversaire des 10 ans de la Doume, la monnaie locale, complémentaire et citoyenne du Puy-de-Dôme. La dernière fois, on avait regardé comment la Doume ruisselait dans le bassin puydômois, en l'occurrence dans la commune de Sauxillanges. Et bien cette semaine, on va prendre un peu d'altitude, apprécier le panorama, prendre la mesure de ce que la Doume a réalisé ces 10 dernières années et se projeter dans les perspectives de développement, les projets et les stratégies de la Doume pour les réaliser. Et c'est Walter qui va nous présenter tout ça. Interviewé : - Walter, ADML63

  49. 150

    Doume partout, spéculation nulle part — 3/5

    Salut, c'est le grain de son, l'émission d'Attac Puy-de-dôme. Suite, aujourd'hui de la diffusion de notre reportage et des interviews réalisés lors de la journée anniversaire des 10 ans de la Doume, la monnaie locale, complémentaire et citoyenne du Puy-de-Dôme. La semaine dernière on s'étaient intéressé·es à Solidoume et à la Sécurité sociale de l'alimentation. Et bien on va continuer sur notre lancée avec Jacky et Astrid qui sont tous les deux des "historiques" de la Doume et qui ont tous les deux des projets en relation avec la SSA. Commençons avec Jacky, qui va nous parler des débuts de la Doume et de l'épicerie citoyenne dans laquelle il s'est impliqué. Interviewé·es : - Jacky, ADML63 & Alternateur - Astrid, ADML63 & La Scie d'Ici

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    Doume partout, spéculation nulle part — 2/5

    Salut, c'est le grain de son, l'émission d'Attac Puy-de-dôme. Suite, aujourd'hui de la diffusion de notre reportage et des interviews réalisés lors de la journée anniversaire des 10 ans de la Doume, la monnaie locale, complémentaire et citoyenne du Puy-de-Dôme. Si la semaine dernière on avait pu écouter Geneviève et Danielle nous raconter les débuts de la Doume, avant même que ce projet ne s'appelle la Doume, aujourd'hui on va se pencher plus particulièrement sur un des projets que la monnaie locale a pu nourrir. Ce projet, on en avait également parlé dans une de nos toutes premières émissions, c'est Solidoume, une expérimentation inspirée de la Sécurité sociale de l'alimentation. Et pour en parler, on a interviewé Angèle et Rémi. Interviewé·es : - Angèle, ADML63 & Sol - Rémi, ADML63

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ABOUT THIS SHOW

Bienvenue à bord du Grain de Son, l'émission d'Attac Puy-de-Dôme sur Radio Arverne et Spectre. Chaque semaine durant une demi-heure, en compagnie d’un·e ou plusieurs act·rices du mouvement social local, nous referons le monde, qui en a tant besoin. Parce qu’un autre monde est possible, et plus que jamais nécessaire !Refaire le monde, est-ce bien raisonnable ? Non, mais le Grain de Son, c’est aussi un grain de folie. Parce que nous savons bien qu’avec deux heures par mois, sur un podcast associatif et une radio associative locale, nous ne sommes qu’un grain de sel dans l’océan de l’information, un grain de poussière dans le torrent de boue de l’actualité, un grain de sable dans le désert de la pensée unique.Mais les grains de sel, c’est fait pour être ramenés ; les grains de poussière ne finissent pas toujours sous le tapis ; et les grains de sable peuvent parfois gripper les rouages des machines les plus perfectionnées.

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