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Neuropsychologie & Style de vie - Benjamin Taylor Psy

Un podcast qui explore le fonctionnement du cerveau, les émotions et les comportements pour mieux comprendre sa psychologie et améliorer son quotidien grâce à la neuropsychologie. benjamintaylorpsy.substack.com

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    Sophie m’a dit que si elle parlait, ce serait elle qui ferait du mal à sa familles

    Sophie regardait ses mains pendant qu’elle me disait ça. Elle avait les doigts croisés sur ses genoux, comme quelqu’un qui tient quelque chose qu’il ne peut pas lâcher.Elle n’avait pas peur de me parler. Elle me parlait depuis le début. Ce qu’elle avait peur de faire, c’était du mal à ceux qu’elle aimait.Pourquoi Sophie se taisait-elle ?Sophie avait une fille de douze ans et un mari qu’elle décrivait comme quelqu’un de bien. Elle avait construit quelque chose. Et elle avait décidé, des années plus tôt, que ce qu’elle portait ne valait pas la peine de faire trembler tout ça.Vu de l’extérieur, cette décision ressemble à de l’amour. Et d’une certaine façon, c’en était. Mais ce qu’elle ne savait pas, c’est que le corps ne sait pas distinguer un secret gardé par amour d’un secret gardé par peur. Il enregistre les deux de la même façon, en traumatisme.Qu’est-ce que ce silence faisait à son corps ?Sophie me l’avait décrit sans faire le lien. Elle se réveillait fatiguée même après dix heures de sommeil. Elle pouvait passer une bonne soirée avec ses enfants et se sentir vide juste après, sans raison apparente. Lors d’un dîner de famille, elle avait réalisé qu’elle n’avait pas entendu un mot de la conversation depuis vingt minutes. Elle était là, à table, le verre à la main, et elle n’était pas là.Retenir un souvenir douloureux maintient le système nerveux, c’est-à-dire l’ensemble des mécanismes biologiques qui régulent notre état d’alerte, dans une vigilance permanente. Le corps continue de gérer ce que la bouche ne dit pas. Et cette gestion silencieuse a un coût physique réel, qui s’accumule jour après jour.Que dit la recherche sur le coût de ce silence ?Les travaux de James Pennebaker ont montré quelque chose de contre-intuitif. Devoir dissimuler une expérience douloureuse génère plus de symptômes physiques et émotionnels que l’événement lui-même. Ceux qui portent un secret lourd dorment moins bien, leur système immunitaire travaille davantage, et ils consultent plus souvent un médecin pour des maux qu’ils n’arrivent pas à nommer.Sophie portait aussi la décision quotidienne de ne pas en parler. Et ces deux charges superposées pesaient sur son corps chaque jour, sans qu’elle fasse le lien entre l’une et l’autre.Pennebaker, J.W. — Opening Up, 1997Le Centre d’étude sur le trauma du CRIUSMM a confirmé de son côté que moins une personne se confie après un événement douloureux, moins elle parvient à l’intégrer, et plus le risque de symptômes durables augmente. Ce qui protège, ce n’est pas d’oublier. C’est de trouver un endroit où déposer ce qu’on porte.Centre d’étude sur le trauma, CRIUSMM — L’importance du soutien social, 2019À qui appartient vraiment ce que Sophie portait ?À un moment dans notre travail ensemble, Sophie a dit quelque chose qui m’a arrêtée. Elle m’a dit qu’elle avait honte. Pas de lui. D’elle.Muriel Salmona, psychiatre spécialisée en traumatologie, a documenté comment le cerveau d’une victime internalise automatiquement la honte de l’agresseur. C’est un mécanisme de survie. Le cerveau fait ça pour maintenir un lien, pour rester fonctionnel dans un environnement qu’il perçoit comme dangereux. Ce n’est pas un défaut de caractère. Ce n’est pas un choix.La honte que Sophie portait depuis des années n’était pas la sienne. Elle appartenait à celui qui avait fait du mal. Son cerveau l’avait simplement récupérée pour tenir debout.Salmona, M. — Le livre noir des violences sexuelles, 2013Ce souvenir peut devenir plus léger.Le cerveau a cette capacité : un souvenir traumatique n’est pas figé pour toujours. Il peut être allégé, rendu moins envahissant au quotidien, sans être effacé.Ce qui bloque souvent ce processus, c’est l’isolement du secret. Le souvenir tourne en boucle, seul, sans jamais trouver d’endroit où se déposer.Ce qui libère, ce n’est pas nécessairement la parole. C’est d’évacuer le poids des émotions difficiles attachées à ce souvenir, de créer du mouvement autour de ce qui a été figé. La parole vient après, plus facilement. Il existe aujourd’hui des approches concrètes pour aller dans ce sens.Beaucoup de personnes préfèrent ne pas y toucher. Parce que ça semble trop lourd à rouvrir, ou trop loin dans le temps. Mais un trauma qu’on laisse sans mouvement finit toujours par trouver une autre façon de s’exprimer, à travers des symptômes qu’on ne relie pas toujours à ce qu’on a vécu.Quand ce souvenir trouve enfin un espace, il peut commencer à perdre de son emprise.“La vie est toujours en mouvement”.Je résume : 1 : Apaisez ce souvenir douloureux grâce à une méthode neurosomatique. 2 : Ce souvenir perdra progressivement de son intensité. 3 : Retrouvez la légèreté et parlez de cet événement à vos proches. 4 : Reprenez votre élan dans votre vie.Ce que vous avez vécu n’avait pas à rester seul avec vous. La honte appartient à celui qui a fait du mal, pas à celui qui l’a subi. Et même si ce chemin vers la parole est long, il reste ouvert.Benjamin Taylor Expert en Neurosomatique Comprendre et réguler son système nerveux : Créateur du programme CANDISE Auto-thérapie en 6 semaines, exercice de 30 minutes par semaine. Mes réseaux sociaux : Instagram — TikTok — taylor-psy.comBelle journée à vous ❤️ This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit benjamintaylorpsy.substack.com

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    Votre cerveau vous protège d’un danger qui n’existe plus

    Votre cerveau vous protège d’un danger qui n’existe plus“Je n’avais rien fait de spécial. J’étais juste au travail.”C’est ce que m’a dit une patiente la semaine dernière, en parlant de sa première crise d’angoisse. Elle était assise à son bureau, un lundi après-midi comme les autres. Un email ouvert devant elle. Et d’un coup, son cœur s’est emballé. Ses mains sont devenues moites. Une pensée a tout traversé : je vais perdre connaissance, perdre la tête, ou mourir.Elle a regardé ses collègues autour d’elle. Tout le monde continuait de travailler. Comme si de rien n’était.Une crise d’angoisse, c’est quoi exactement ?Ce qu’elle venait de vivre, on appelle ça une crise d’angoisse. Et la première chose à comprendre, c’est que ce n’est pas une faiblesse. Ce n’est pas de la folie non plus.C’est le cerveau qui a fait exactement ce pour quoi il est fait. Il a détecté un signal. Il a déclenché une alarme. Il s’est juste trompé de cible.Que se passe-t-il dans votre corps ?Le cerveau contient une zone très ancienne qu’on appelle l’amygdale. Son rôle, c’est de surveiller en permanence ce qui se passe autour de vous pour repérer les dangers. Elle est très rapide. Elle réagit avant même que vous ayez conscience de quoi que ce soit.Ce qu’elle surveille, ce ne sont pas seulement les choses extérieures. Elle surveille aussi votre corps. Votre rythme cardiaque. Votre respiration. Vos muscles.Si elle détecte quelque chose d’inhabituel, elle envoie une alerte. Le cœur s’emballe. La respiration se raccourcit. Les muscles se tendent. C’est la préparation à l’effort. C’est normal. C’est utile.Sauf que là, quelque chose déraille.Pourquoi la crise s’emballe-t-elle toute seule ?Le cerveau observe ces symptômes. Et il les interprète comme la preuve qu’il y a un danger réel.Ce qui amplifie l’alerte. Ce qui amplifie les symptômes. Ce qui amplifie l’interprétation. En moins de deux minutes, on est au sommet d’une vague qu’on n’a pas vue venir.C’est ça, le mécanisme. La peur des symptômes produit des symptômes. La crise se nourrit d’elle-même.Pourquoi ça arrive au mauvais moment ?Pourquoi au bureau et pas dans une situation vraiment stressante ?La réponse est souvent dans l’état du corps avant que la journée commence.Quand on est reposé, le cerveau tolère beaucoup. Un signal de stress passe sans déclencher d’alarme. Quand on est épuisé, sous-dormi, ou déjà tendu depuis plusieurs jours, ce seuil s’abaisse. Un signal ordinaire suffit à tout déclencher.La crise ne dit pas que le bureau était dangereux. Elle dit que votre système nerveux était déjà à bout.Que disent les recherches ?Ce mécanisme a été étudié dans les années 1980 par un chercheur britannique qui s’appelle David Clark. Il a montré que ce qui entretient une crise d’angoisse, c’est l’interprétation des symptômes physiques comme des signes de danger. Pas la situation extérieure. L’interprétation.Comprendre ça, est-ce que ça change quelque chose ?On cesse de chercher ce qui a mal tourné dans la situation. La crise n’était pas un signe que quelque chose se passait vraiment mal. C’était le signe que le système nerveux était en état de vigilance élevée, et qu’il a produit exactement ce pour quoi il est construit : vous protéger.Ce changement de regard ne fait pas disparaître les crises du jour au lendemain. Mais il enlève une couche de honte et d’incompréhension. Et c’est souvent cette couche-là qui nourrit les crises suivantes.Que faire la prochaine fois ?La prochaine fois que vous sentez les premières sensations monter, posez-vous cette question avant toute autre chose.Est-ce que je ressens un danger ? Ou est-ce que je ressens les signes que mon corps se prépare à quelque chose ?Pas besoin de répondre. Juste poser la question suffit, parfois, à briser la boucle.Ce que nous appelons perdre le contrôle est souvent la preuve que le cerveau cherche, à sa façon, à nous garder en vie. Le reconnaître, c’est déjà se voir autrement.Benjamin TaylorExpert en NeurosomatiqueComprendre et réguler son système nerveux :Programme d’Auto-thérapie — 5 semainesMes réseaux sociaux :InstagramTikToktaylor-psy.comBelle journée à vous ❤️ This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit benjamintaylorpsy.substack.com

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Benjamin Taylor

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