Nos années collector

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Nos années collector

Nos Années Collector est une séquence emblématique de Nostalgie+, animée par Anouchka Sikorsky , qui invite les auditeurs à replonger dans une année précise des années 60 ou 70, chaque week-end, le samedi et le dimanche de 11h à midi. Le temps d’une heure, Anouchka ouvre l’album des souvenirs et feuillette une année comme on tournerait les pages d’un vieil agenda : avec émotion, précision et tendresse. Que faisiez vous cette année-là ? Où viviez vous ? Quel âge aviez-vous ? Qu’écoutiez vous à la radio ? Autant de questions qui réveillent la mémoire collective et personnelle. Dans Nos Années Collector, chaque année est explorée sous tous ses angles : la musique des années 60 et 70, avec les grands tubes et artistes incontournables comme Françoise Hardy, Johnny Hallyday, Claude François, Joe Dassin, Michel Sardou, Serge Gainsbourg, Elvis Presley, The Beatles, The Rolling Stones, Bee Gees, ABBA ou encore Elton John ; les événements historiques et politi

  1. 55

    1964 : De la Beatlemania à Malmedy avec Jacques Brel et Françoise Hardy

    Dans la vallée de la Warche, au cœur de Malmedy, l'année 1964 se dévoile à travers le quotidien de la famille Lejeune, installée dans une maison solide en moellons de grès. Henry, tanneur de métier à la tannerie Langen, incarne cette Belgique travailleuse des Trente Glorieuses où le plein emploi semble une certitude, tandis que son épouse Germaine s'occupe du foyer et de leurs deux enfants, Robert et Anne-Marie. Le matin, au rythme de la cuisinière à charbon, Henry parcourt le journal La Meuse, y découvrant un monde en pleine mutation : l'accession au pouvoir de Lyndon Johnson après le drame de Dallas, le vote historique de la loi sur les droits civiques aux États-Unis ou encore l'explosion de la première bombe atomique chinoise dans le désert, un événement qui fait craindre au père de famille une course à l'armement sans fin. Cette petite cité ardennaise, à l'histoire complexe entre la Belgique et l'Allemagne, conserve une âme à part, où l'on pense parfois en allemand tout en chantant en wallon lors du célèbre carnaval, le Cwarmé. C'est une période où les traditions artisanales, comme celles du chapelier ou du sabotier, commencent doucement à s'effacer devant une modernité irrésistible qui s'invite dans les chambres des adolescents. Robert, dix-sept ans, rêve déjà de ses futures études d'ingénieur à Liège tout en dévorant les albums de Ric Hochet ou les aventures de Gilles Jourdan, cachant soigneusement sous sa pile de bandes dessinées le premier album érotique Barbarella pour ne pas scandaliser ses parents. Sa sœur Anne-Marie, quatorze ans, préfère le charme des planches de Johan et Pirlouit et les gags de Boule et Bill, tout en vouant un culte à son idole, Johnny Hallyday, dont le poster orne fièrement son mur.Le monde culturel de 1964 est marqué par des chocs visuels et sonores qui traversent les frontières. Au cinéma Le Globe, Henry et Germaine s'émeuvent devant Le Train de John Frankenheimer, un film évoquant la résistance qui résonne avec force dans une ville où les souvenirs de la guerre ne sont pas une abstraction. Parallèlement, une révolution scientifique majeure se produit dans le silence des laboratoires Bell : la découverte accidentelle du rayonnement fossile du Big Bang par Penzias et Wilson, captant l'écho de la naissance de l'univers, une avancée qui leur vaudra plus tard le prix Nobel. Sur le plan sportif, le jeune Cassius Clay bouscule les codes en devenant champion du monde des poids lourds à Miami, clamant haut et fort sa propre grandeur. Mais c'est surtout la musique qui définit l'air du temps. L'invasion britannique débute officiellement le 7 février lorsque les Beatles atterrissent à l'aéroport JFK de New York devant des milliers de fans en délire, un moment fondateur de la culture populaire mondiale. On écoute en boucle The House of the Rising Sun du groupe The Animals, enregistré en une seule prise magistrale de quinze minutes, tandis que Robert tente d'en déchiffrer les paroles phonétiquement sur son transistor.La scène francophone n'est pas en reste, offrant un contraste savoureux entre l'élégance mélancolique de Françoise Hardy chantant Mon ami la rose et la verve jubilatoire de Jacques Brel qui, avec Les bourgeois, fait rire Germaine et rougir Henry. Les ondes diffusent également la voix poignante de Charles Aznavour dans La mamma ou la nostalgie d'Eddie Mitchell et Dick Rivers. L'année se clôture sur l'image paisible d'un dimanche d'hiver à Malmedy, où la neige efface les frontières sur les Fagnes, alors qu'Anne-Marie écoute Gilbert Bécaud rendre hommage à Nathalie sur la Place Rouge. Entre la dégustation d'une tarte au riz traditionnelle et l'effervescence du Cwarmé avec ses aguettes masquées, 1964 s'impose comme une année collector où la douceur de vivre belge côtoie les grands bouleversements du siècle.

  2. 54

    1963 : de la Beatlemania aux adieux de JFK avec Brel et Françoise Hardy

    En 1963, la Belgique baigne dans une ère de prospérité qui se reflète dans le quotidien feutré d'Alain et Isabelle Fontaine-Dupont, un jeune couple vivant dans une maison bourgeoise du quartier de Saint-Gilles à Bruxelles. Leur intérieur témoigne d'un monde en transition : un grand tapis de laine étouffe les pas dans le hall tandis qu'un imposant téléphone noir à cadran trône sur une console en chêne, flanqué du célèbre bottin jaune. Alain, employé à la SNCB, et Isabelle, secrétaire dans un cabinet d'avocats — une indépendance professionnelle encore rare pour une femme mariée à l'époque — incarnent cette jeunesse des Trente Glorieuses qui rêve de modernité et de l'acquisition future d'une voiture de sport Triumph Spitfire. Le soir, ils se retrouvent devant une télévision en noir et blanc pour découvrir le rituel de « Bonne nuit les petits » avec Gros Ours et le Marchand de Sable, tout en écoutant parfois les craquements d'un vinyle de Jacques Brel chantant « Le Plat Pays » sur leur pick-up Philips.Pourtant, derrière ce confort domestique, l'année 1963 est marquée par des secousses mondiales et locales majeures. Le 22 novembre, le choc est immense lorsqu'Alain apprend, en lisant son journal dans le tram, l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy à Dallas, un événement qui brise l'espoir d'une ère plus tolérante. Sur le plan international, le monde respire après la crise des missiles de Cuba grâce à la signature d'un traité d'interdiction des essais nucléaires, tandis que Martin Luther King prononce son discours historique « I have a dream » à Washington. En Belgique, l'année est également charnière avec le vote de la loi sur la frontière linguistique, traçant une ligne entre Flamands et Wallons, et un hiver d'une rigueur exceptionnelle qui voit la Meuse geler totalement. Malgré le froid, l'audace est de mise, comme le prouve le spectaculaire vol du train postal en Grande-Bretagne par la bande de Ronnie Biggs.La bande-son de cette année est une véritable révolution culturelle portée par l'explosion de la Beatlemania. Les Beatles saturent les ondes avec « She Loves You » et son refrain « Yeah, yeah, yeah » qui scandalise les parents mais fait défaillir les jeunes filles, tandis que la scène yéyé française s'installe durablement avec Sylvie Vartan, Sheila et la mélancolique Françoise Hardy. On danse le twist, on découvre le jeune Salvatore Adamo et on s'émeut devant les prestations de Claude François ou Petula Clark. La culture s'épanouit aussi dans les salles obscures du Nova ou du Vendôme, où le couple admire le chef-d'œuvre de Visconti, « Le Guépard », ou le génie onirique de Fellini dans « 8½ ».Enfin, 1963 est une année faste pour la bande dessinée : alors que Mafalda est esquissée pour la première fois en Argentine, les lecteurs belges dévorent les nouvelles aventures de Tintin dans « Les Bijoux de la Castafiore », les exploits de Benoit Brisefer dans Spirou ou encore « L'Affaire du Collier » de Blake et Mortimer. Entre traditions bourgeoises et soif de liberté, 1963 s'impose comme une année charnière où le monde d'hier commence doucement à s'effacer devant l'énergie de la nouvelle génération.

  3. 53

    1972 : l'odyssée spatiale de David Bowie, le rock des Rolling Stones et la liberté de Romy Schneider

    En 1972, le quotidien de Danny, seize ans, s'inscrit dans le décor linéaire et ouvrier de la rue des Gaulois à Couillet, où les maisons en brique rouge témoignent d'un passé industriel encore bien présent. Dans ce paysage de corons, le rythme de vie est dicté par les horaires des Laminoirs du Ruau où son père, Roger, travaille l'acier avec un savoir-faire qu'aucun livre ne peut enseigner. Tandis que sa mère, Andrée, rompt avec les traditions des années précédentes en travaillant à mi-temps dans une épicerie, Danny se passionne pour la mécanique à l'École Professionnelle de Jumet, passant ses loisirs à démonter des moteurs de Solex les mains couvertes de cambouis. Pourtant, sous cette apparence de stabilité ouvrière, une révolution sonore s'immisce dans le foyer grâce à sa sœur Patricia, qui ramène de Bruxelles les accords puissants de Led Zeppelin et leur mythique « Stairway to Heaven ». Avec ses copains, Danny tente de reproduire le vacarme sacré de Deep Purple dans un garage, utilisant des casseroles en guise de batterie, affirmant ainsi une identité propre à travers ce qu'ils considèrent comme le plus beau bruit du monde.Sur l'écran de la télévision familiale qui a désormais pris des couleurs, le monde se dévoile dans toute sa complexité et ses paradoxes. Danny observe avec un mélange de fascination et de malaise les manœuvres diplomatiques de Richard Nixon, qui surprend la planète en visitant la Chine de Mao avant de signer les accords SALT I à Moscou pour limiter l'armement nucléaire. Cependant, cette détente apparente est assombrie par la brutalité persistante de la guerre du Vietnam, illustrée par la photographie bouleversante de la petite Kim Phuc brûlée au napalm, une image qui force le monde à regarder l'inacceptable en face. Aux États-Unis, l'affaire du Watergate commence à peine à faire parler d'elle après une arrestation discrète à Washington, tandis qu'en Belgique, les hauts-fourneaux crachent encore leur fumée orange. Pourtant, malgré ce plein emploi, la sidérurgie wallonne montre ses premiers signes de fatigue face à la concurrence internationale, annonçant la fin d'une ère glorieuse.L'année 1972 est surtout le théâtre d'une explosion créative sans précédent dans l'histoire du rock, marquée par l'éclosion du phénomène David Bowie. Avec son personnage de Ziggy Stardust, cet extraterrestre androgyne aux cheveux orange, Bowie choque l'Angleterre conservatrice lors de son passage à « Top of the Pops » mais fascine une jeunesse en quête de fantaisie après la fin de l'ère hippie. Danny et Patricia écoutent en boucle ces nouveaux hymnes, tandis que les Rolling Stones, exilés en France pour échapper au fisc, accouchent dans le chaos et l'humidité d'une cave de l'album « Exile on Main St. », considéré aujourd'hui comme l'un des plus grands chefs-d'œuvre du rock. La scène francophone n'est pas en reste, portée par la modernité de Véronique Sanson et l'irrévérence de Michel Polnareff qui chante « On ira tous au paradis ».Cette effervescence se prolonge dans la culture et le cinéma, où Danny et sa sœur découvrent ensemble « César et Rosalie » de Claude Sautet au cinéma de Charleroi. Le film, porté par une Romy Schneider lumineuse et un Yves Montand au sommet, dépeint une femme moderne et libre, capable de s'extraire des schémas sentimentaux traditionnels, ce qui ne manque pas de bousculer les certitudes du jeune Danny. Parallèlement, la littérature est marquée par le style nostalgique et dépouillé de Patrick Modiano avec son roman « Boulevard de la ceinture », une œuvre obsédée par la disparition du passé qui vaut à son auteur le Grand Prix du roman de l'Académie Française. Entre la poussière des corons et les paillettes de Ziggy Stardust, l'année 1972 restera pour Danny celle d'une ouverture irréversible sur le monde et la modernité.

  4. 52

    1976 : Entre la canicule historique, le génie de Queen et l'envolée d'ABBA

    L'année 1976 s'ouvre sur une atmosphère de transition et de contrastes, que la famille Lecomte vit intensément depuis son appartement de la rue du Fer à Namur. Alain, dessinateur industriel, et Monique, institutrice, observent un monde en pleine mutation à travers les pages du journal du soir que le facteur dépose quotidiennement. C'est l'année du bicentenaire des États-Unis, marquée par des festivités grandioses et des feux d'artifice, mais aussi par l'élection de Jimmy Carter, qui promet une nouvelle moralité à une Amérique encore meurtrie par le scandale du Watergate et la guerre du Vietnam. À l'autre bout du globe, en Chine, la mort de Mao Zedong en septembre marque la fin d'une époque majeure de l'histoire mondiale, tandis qu'en Afrique du Sud, le soulèvement de Soweto dénonce l'horreur de l'apartheid sous les yeux du monde entier. En Belgique, le Premier ministre Léo Tindemans, européen convaincu, pose les jalons d'une Europe plus politique avec son rapport fondateur. Pourtant, malgré ces bouleversements géopolitiques, c'est le climat qui marque durablement les esprits cet été-là. Une canicule sans précédent accable l'Europe de l'Ouest, avec des températures grimpant jusqu'à 38 degrés en Belgique, rendant les nuits étouffantes malgré le ronronnement des ventilateurs électriques Calor achetés chez Nos Prix. Dans les foyers, on s'enthousiasme pour la technologie naissante : tandis qu'Alain admire sa nouvelle voiture DAF et sa boîte automatique variomatic, trois jeunes visionnaires nommés Steve Jobs, Steve Wozniak et Ronald Wayne fondent Apple Computer Company dans un garage californien le 1er avril.La bande-son de cette année est dominée par des chefs-d'œuvre qui traverseront les décennies. Dans sa chambre décorée du poster de David Cassidy, la jeune Valérie, quatorze ans, s'évade en écoutant son tourne-disque Teppaz. Le groupe suédois ABBA connaît un succès planétaire avec « Fernando », dont les mélodies à la flûte de pan évoquent les souvenirs d'un vieux combattant de la révolution mexicaine. Mais le véritable choc musical vient de « Bohemian Rhapsody » de Queen, une œuvre monumentale signée Freddie Mercury qui bouscule les codes du rock par son ambition et son mélange de genres, de la ballade au piano à la section opéra. La scène française n'est pas en reste : Michel Sardou chante l'hymne « Le France », Johnny Hallyday triomphe avec le tube rock « Gabrielle » et Nino Ferrer nous offre l'intemporel et magnifique titre « Le Sud ». C’est aussi l'éclosion du disco et de la pop rafraîchissante d'Alain Souchon avec « Bidon », ou encore les textes profonds de Serge Lama avec son bijou « Je suis malade ».Le volet culturel de 1976 se déploie également dans les salles de cinéma de Namur, comme le Caméo ou le Marivaux, où le velours rouge des fauteuils accueille les spectateurs impatients. Alain et Monique y découvrent « Taxi Driver » de Martin Scorsese, où l'improvisation géniale de Robert De Niro face à son miroir avec la réplique « You talking to me » entre instantanément dans la légende. Ils s'émeuvent devant « Padre Padrone » des frères Taviani ou la tendresse de « L'Argent de poche » de François Truffaut. La littérature et la bande dessinée occupent une place centrale dans le quotidien de la famille. Valérie dévore « Entretien avec un vampire » d'Anne Rice, qui réinvente le mythe de manière sensuelle et mélancolique, tandis que son frère Thierry, passionné de cartes Panini, se plonge dans les aventures de Lucky Luke ou les gags d'Iznogoud signés Tabary et Goscinny. Même Monique, l'institutrice, encourage la lecture et se laisse séduire par le succès grandissant de Corto Maltese d'Hugo Pratt. En cette année 1976, entre les actualités brûlantes, les tubes inoubliables d'ABBA et les classiques du grand écran, la famille Lecomte sent battre le cœur d'une époque résolument tournée vers la modernité.

  5. 51

    1966 : De l'élégance de Sinatra à la révolution des Beatles et de Jacques Dutronc

    En septembre 1966, le monde semble osciller entre une tradition encore bien ancrée et le souffle d'une modernité irréversible qui commence à transformer le quotidien des foyers. Pour Marianne, une adolescente de seize ans vivant dans un village au bord de la Meuse, la journée commence rituellement au son d'un transistor rouge diffusant la voix de Frank Sinatra et son célèbre titre « Strangers in the Night ». Dans la cuisine familiale, l'odeur du café Chat Noir et du sirop de Liège accompagne le départ du père vers la Fabrique Nationale d'Herstal, tandis que la mère s'installe devant sa machine à coudre Singer. Marianne pédale ensuite vers l'Athénée Royal de Visé, croisant peu de voitures dans une ambiance encore paisible, tout en essayant de traduire les textes des Beatles ou de Bob Dylan grâce à ses premiers cours d'anglais. À l'école, la discipline est stricte, les professeurs portent le costume ou le tailleur, et le respect est la règle absolue, mais l'esprit de la jeunesse commence doucement à bouillonner sous cette surface policée.Le soir, la famille se réunit devant la télévision en noir et blanc pour écouter le journal télévisé de la RTB présenté par Frédéric François. Le tableau mondial est alors complexe : la guerre froide et la menace nucléaire pèsent sur les esprits, tandis que Mao Zedong lance la révolution culturelle en Chine. Les images des bombardements au Vietnam choquent la jeune fille, témoignant d'une violence mondiale qui contraste avec la prospérité des Trente Glorieuses. Pourtant, au milieu de ces tensions, une lumière fascinante vient de Londres, devenue la capitale culturelle mondiale. Marianne rêve de Carnaby Street, de la minijupe de Mary Quant et de l'énergie des Rolling Stones, sentant intuitivement que la jeunesse est en train de prendre le pouvoir de manière irréversible.Le dimanche après-midi est sacré pour Marianne, qui consacre son argent de poche au cinéma Majestic de Visé. C’est là, devant le rideau de velours rouge, qu’elle découvre la Nouvelle Vague avec Jean-Luc Godard et son film « Masculin féminin », qui décrit les jeunes comme les « enfants de Marx et de Coca-Cola ». Mais c’est le western de Sergio Leone, « Le Bon, la Brute et le Truand », qui provoque chez elle un véritable choc esthétique. La musique d’Ennio Morricone, faite de sifflements et de guitares électriques, lui arrache des larmes et confirme sa vocation : elle travaillera plus tard dans le montage cinématographique.La bande-son de 1966 est d'une richesse exceptionnelle, mêlant émotion brute et innovations techniques. Jacques Brel est au sommet de son art avec « Ces gens-là », une chanson qui touche Marianne au cœur car elle y reconnaît ses propres racines. Parallèlement, l'ironie d'un nouveau venu, Jacques Dutronc, et son tube « Et moi, et moi, et moi » apportent une touche de cynisme moderne qui séduit le public. Sur le plan international, 1966 marque une rupture fondamentale avec l'album « Revolver » des Beatles, qui intègre des expérimentations de studio inédites, et le double album « Blonde on Blonde » de Bob Dylan, qui élève le rock au rang de la grande poésie américaine. Cette année 1966 n'est pas seulement une date, c'est le point de départ d'une vie pour Marianne, qui gardera toujours en mémoire ce premier slow dansé au bal du village, au son de la brillantine et des tubes de l'époque.

  6. 50

    1961 : de Youri Gagarine à Johnny Hallyday, entre Guerre froide, rock et rêves d’adolescents

    Bonjour à chacun de vous. Nous allons faire un grand écart et nous engager dans un voyage pas comme les autres : retour en 1961. Ouvrons ensemble le colis surprise de cette année qui fit tant parler d’elle.En ce dimanche, nos années collector nous propulsent soixante-cinq ans en arrière, non pas avec une machine à voyager dans le temps, mais avec quelque chose de bien plus puissant : les sons, les mots, les images et les histoires. Installez-vous. Aujourd’hui, 1961 vous appartient.Michel a 16 ans. Il habite à Waterloo, dans une maison en briques rouges proche de la chaussée de Bruxelles. Il observe avec fascination les voitures qui passent : la Plymouth futuriste, la Chevrolet Corvette de ses rêves. Son père, représentant pour Olivetti, roule en Volkswagen Coccinelle. Sa mère, Élisabeth, tient la maison, comme il est d’usage à l’époque.Chaque matin, elle accueille le facteur pour un café, dans une routine chaleureuse typique de ces années. Michel, lui, prend le bus pour l’Athénée Royal de Nivelles, son cartable rempli de cahiers. À l’école, il écrit à la plume, apprend le latin et le grec, mais rêve déjà d’ailleurs, frustré de ne pas comprendre les chansons de Chuck Berry.La radio, justement, change sa vie. Grâce à son transistor, Michel découvre le monde sonore dans sa chambre. Le samedi soir, il retrouve ses amis autour d’un juke-box ou d’un pick-up. Il écoute Eddy Mitchell et son groupe, et rêve de devenir guitariste… ou journaliste.Mais 1961 ne se résume pas à une adolescence insouciante. Le monde est en pleine ébullition.Le 12 avril, Youri Gagarine devient le premier homme à aller dans l’espace. En 108 minutes, il change la perception de l’humanité. Face à cet exploit soviétique, John F. Kennedy annonce un objectif fou : envoyer un homme sur la Lune avant la fin de la décennie.Quelques mois plus tard, le 13 août, le Construction of the Berlin Wall débute. En une nuit, des familles sont séparées. Le monde se fige dans une frontière de béton et de barbelés.À Cuba, le Bay of Pigs Invasion tourne au fiasco pour les États-Unis, renforçant Fidel Castro. En France, Charles de Gaulle prépare la voie vers la fin de la guerre d’Algérie.En Belgique, l’année est marquée par les conséquences de l’indépendance du Congo et par l’assassinat de Patrice Lumumba, provoquant une onde de choc. Les tensions sociales restent vives après la grande grève contre la Loi unique.Face à ces bouleversements, Michel se réfugie dans la musique. Il pose sur son pick-up « Stand by Me » de Ben E. King, une chanson qui parle d’amour et de soutien dans un monde incertain.Car 1961 est aussi une année musicale charnière. Les parents de Michel restent fidèles à Édith Piaf, Charles Aznavour ou Jacques Brel. Mais une nouvelle vague arrive.Johnny Hallyday incarne cette jeunesse rebelle fascinée par le rock. Aux États-Unis, Dion triomphe avec « Runaround Sue », symbole d’une génération en quête de liberté.Michel ne comprend pas toutes les paroles, mais il ressent l’énergie. Et cela suffit.L’année s’achève doucement. Michel lit L’Année dernière à Marienbad de Alain Robbe-Grillet, découvre les récits de Londres racontés par un ami, et commence à écrire ses propres rêves.Un soir de décembre, il lève les yeux vers le ciel. Il pense à Gagarine, au Mur de Berlin, à Lumumba, à la naissance de Amnesty International, et au film West Side Story.Michel a 16 ans. L’avenir est encore flou, mais une chose est certaine : 1961 n’est pas une année comme les autres. C’est une année où le monde bascule… et où les rêves commencent.

  7. 49

    1971 : de John Lennon à Eddy Merckx, une année entre révolte et renouveau

    Bonjour à chacun de vous ! Aujourd’hui, je vous invite à pousser la porte de 1971. Entrons sur la pointe des pieds dans cette année tumultueuse sur le plan politique, et hésitante du côté belge.En 1971, Sophie et Philippe, ex-soixante-huitards rentrés dans une vie plus traditionnelle, regardent les informations avec un certain détachement, sur leur télévision encore en noir et blanc. Le monde semble en crise permanente. La guerre du Viêt Nam continue d’empoisonner l’actualité, tandis qu’aux États-Unis, les révélations des Pentagon Papers viennent fissurer la confiance envers les dirigeants. Ces documents secrets dévoilent que le gouvernement américain a dissimulé l’ampleur réelle de ses actions militaires, notamment des opérations clandestines au Nord-Vietnam, trompant ainsi l’opinion publique pendant des années.Sophie hausse les épaules, excédée par ces mensonges d’État. Philippe acquiesce, les cheveux retenus par un bandeau, tirant sur un joint distraitement. Malgré leur désillusion, ils continuent de suivre les actualités.L’année est aussi marquée par des événements forts : la mission Apollo 14 pose l’homme sur la Lune une nouvelle fois, pendant que les tensions internationales persistent en Asie et au Moyen-Orient. En Belgique, les élections législatives traduisent une période de transition : le pays doute, négocie, et amorce lentement ses réformes institutionnelles.Pendant ce temps, sans le savoir, Eddy Merckx remporte le Tour de France, le premier tapis de fleurs embellit la Grand-Place de Bruxelles, et l’organisation Greenpeace voit le jour au Canada.Mais Sophie et Philippe, eux, coupent le son de la télévision pour écouter John Lennon et son mythique « Imagine ».Nous voilà plongés dans la vie quotidienne de 1971. Le matin commence avec un réveil strident, dans des intérieurs souvent chargés de meubles massifs, de nappes cirées et de rideaux épais. Sauf chez Sophie et Philippe, qui vivent dans une ancienne librairie transformée en refuge baba-cool : coussins colorés, meubles repeints, encens et ambiance bohème.Sophie, pieds nus, vêtue d’une robe fluide, parfumée au patchouli, évolue dans cet univers chaleureux. Philippe, en pattes d’éléphant, prépare un repas végétarien en écoutant Marvin Gaye. Ici, les rôles sont partagés, une idée encore révolutionnaire pour beaucoup.Ailleurs, la vie reste plus traditionnelle : madame cuisine pendant que monsieur regarde la télévision, un verre à la main. Les enfants jouent encore dehors, insouciants, loin des écrans.Le soir, la maison se remplit d’odeurs de tarte aux pommes. Sophie tricote en attendant la naissance de leur enfant. Même les anciens hippies restent attachés aux plaisirs simples.Côté culture, la lecture occupe une place essentielle. Philippe, bibliothécaire passionné, conseille ses lecteurs avec enthousiasme. Les grandes figures littéraires dominent : Perec, Duras, Tournier, Sagan. Sophie, elle, est une fervente admiratrice de Agatha Christie. En 1971, celle-ci publie Nemesis, une enquête de Miss Marple, et reçoit une distinction prestigieuse de la reine.À la télévision, l’émission « Post-Scriptum » de Michel Pollac fait débat avant d’être arrêtée pour avoir abordé un sujet tabou : l’inceste. Une preuve que chaque époque a ses silences.Au cinéma, « Mourir d’aimer » avec Annie Girardot bouleverse les spectateurs en racontant une histoire d’amour jugée scandaleuse, inspirée d’un fait réel.Et puis, il y a la musique. Elle accompagne chaque instant. Sophie chante à tue-tête « E Viva España » de Samantha, tube international inspiré des sonorités espagnoles. Philippe, lui, préfère jouer « She’s a Lady » de Tom Jones, « Brown Sugar » des Rolling Stones, ou encore « Pour un flirt » de Michel Delpech.Ils passent aussi par Michel Sardou, Nicoletta, Stone et Charden, avant de se laisser emporter par « Melody Nelson » de Serge Gainsbourg. Et, pour faire plaisir à Sophie, Philippe joue « Un banc, un arbre, une rue » de Séverine, gagnante de l’Eurovision.1971, c’est tout cela à la fois : un monde qui doute, une société qui change, des mentalités qui évoluent lentement, et une génération qui cherche encore son chemin entre héritage et liberté.Une année suspendue entre désillusion et espoir.

  8. 48

    1973 en Belgique : Entre insouciance chromée et choc pétrolier

    L'année 1973 en Belgique s'ouvre dans une atmosphère de mutation profonde. Sur le plan politique, après la chute du gouvernement de Gaston Eyskens, c'est le socialiste liégeois Edmond Leburton qui prend la tête d'une coalition tripartite, entérinant la première réforme de l'État qui amorce la fédéralisation du pays. À Bruxelles, les grands travaux battent leur plein avec la construction de la station de métro Rogier et le développement du Quartier Nord, tandis que l'on circule encore librement (et sans ceinture !) en Fiat 127 ou Renault 12,.Cependant, l'automne 1973 marque un tournant brutal avec la guerre du Kippour au Moyen-Orient. En réponse au soutien apporté à Israël, l'OPAEP impose un embargo qui quadruple le prix du baril de pétrole, déclenchant le premier grand choc pétrolier. En Belgique, cette crise se manifeste concrètement par l'apparition des célèbres dimanches sans voiture dès le 18 novembre, transformant les autoroutes silencieuses en pistes de jeux pour les enfants en patins à roulettes.Malgré cette crise, la vie culturelle est en pleine ébullition. Au cinéma, le public oscille entre la terreur de L'Exorciste, le réalisme de Serpico avec Al Pacino et l'humour décapant de Louis de Funès dans Les Aventures de Rabbi Jacob. Côté littérature, c'est le choc avec la publication de L'Archipel du Goulag d'Alexandre Soljenitsyne, tandis que Jean d'Ormesson publie le premier tome du Vent du Soir. La musique n'est pas en reste avec le triomphe mélancolique d'« Angie » des Rolling Stones — dont la paternité du titre fait l'objet de nombreuses rumeurs concernant Anita Pallenberg ou la femme de David Bowie — mais aussi l'album culte The Dark Side of the Moon de Pink Floyd et le succès de Michel Sardou avec « La Maladie d'Amour »,.

  9. 47

    1965 : L'année du Formica, de la « Poupée de cire » et du tunnel du Mont-Blanc

    n 1965, le quotidien de la jeune Sophie, élève en sixième primaire, est encore rythmé par les bancs en bois de l’école le samedi matin et les bulletins à faire signer chaque semaine. C'est pourtant une année de grande transition vers la modernité : dans la cuisine, les anciens meubles en bois sont remplacés par du formica brillant, tandis qu'un énorme frigo blanc et bombé permet désormais de boire du lait glacé, un geste récompensé par le badge de la « brigade M ». Pendant que sa maman collectionne les timbres « Ultra » pour s'offrir des pâtes Soubry ou de la crème Nestlé, Sophie colle les images de l'histoire de Belgique trouvées dans les barres de chocolat Jacques.La modernité s'invite également dans le salon avec l'arrivée de la télévision, la « reine de nos foyers ». À travers l'écran, la famille assiste à des moments historiques : les images choquantes de la guerre du Vietnam, la première sortie dans l'espace du cosmonaute Alexei Leonov, ou encore le décès de Winston Churchill. C’est aussi l’année où le paysage automobile et routier change radicalement avec le lancement de la Renault 16 et l'inauguration du tunnel du Mont-Blanc par le Général de Gaulle et le président Saragat.Côté culture et loisirs, l'effervescence est totale. C'est l'époque des Yéyés et des 45 tours. Sophie chante à tue-tête « Poupée de cire, poupée de son » de France Gall ou « Aline » de Christophe, tout en rêvant d'épouser Claude François. La mode suit le mouvement avec l'apparition des mini-jupes et des bottines vernies, tandis que les magazines comme « Salut les Copains » ou « Âge Tendre » s'arrachent. En littérature, Georges Perec capture l'esprit du temps avec son ouvrage Les Choses, couronné par le prix Renaudot, qui explore cette nouvelle société de consommation. Enfin, l'art n'est pas en reste, puisque les expositions de René Magritte continuent de fasciner, montrant que même en pleine modernisation, le surréalisme belge conserve tout son éclat.

  10. 46

    1968 : Dutronc, Hendrix, Ferrat… la bande-son de la révolte

    onjour à chacune et chacun de vous, installez-vous confortablement… Aujourd’hui, on ne feuillette pas simplement un album souvenir. On plonge dans une année qui a marqué le XXe siècle : 1968. Une année pas comme les autres.En 1968, la littérature ne se contente plus d’être lue… elle se vit. Elle devient une arme, un cri, un manifeste. À Paris, dans la librairie de François Maspero, véritable épicentre intellectuel, les idées circulent, s’impriment et s’affichent jusque sur les murs. On lit pour comprendre, mais surtout pour contester.Les textes de Daniel Bensaïd et Henri Weber nourrissent une jeunesse en quête de rupture. On ne veut plus des formes classiques : place aux récits bruts, aux témoignages, aux slogans. Une littérature vivante, immédiate.Dans les librairies, les grands noms marquent aussi l’année : Albert Cohen avec Belle du Seigneur, Marguerite Yourcenar et L’Œuvre au noir, ou encore René Barjavel avec La Nuit des Temps. Sans oublier Milan Kundera et La Plaisanterie, devenu un texte phare pour toute une génération.Mais 1968 ne se limite pas aux livres. C’est une onde de choc mondiale.En Belgique, la crise de Louvain bouleverse le pays. Les tensions linguistiques explosent, entraînant une transformation profonde de l’État. Les étudiants contestent, les ouvriers revendiquent, les femmes réclament plus d’indépendance.Aux États-Unis, l’assassinat de Martin Luther King Jr. provoque une onde de choc planétaire. La guerre du Vietnam divise profondément l’opinion. Partout, une même envie : changer le monde.En France, le mouvement étudiant devient une grève générale. Le pays est à l’arrêt. Les slogans fleurissent : « Soyez réalistes, demandez l’impossible ». La radio devient le lien vital entre les manifestants.Et cette révolution a une bande-son.En 1968, la musique accompagne, amplifie, incarne la révolte. Claude François chante Comme d’habitude, Dalida touche avec Le temps des fleurs, et Joe Dassin invite à s’évader.Mais très vite, le ton change. Jacques Dutronc capte l’air du temps avec Paris s’éveille. Julien Clerc incarne la jeunesse. Serge Gainsbourg et Brigitte Bardot électrisent avec Bonnie and Clyde.Dans la rue, les chansons deviennent engagées : Claude Nougaro chante Paris Mai, Jean Ferrat questionne le monde, et Léo Ferré exprime une révolte sans filtre.Et à l’international, une nouvelle énergie surgit : Janis Joplin et Jimi Hendrix redéfinissent la musique, incarnant une jeunesse en quête de liberté.Mais 1968, c’est aussi une révolution du quotidien. Les mentalités explosent, les rôles changent. Les femmes revendiquent leur place, les modèles familiaux évoluent.Et puis il y a les hippies. Une autre manière de vivre. Une autre manière de penser. Cheveux longs, vêtements naturels, vie en communauté… Ils rejettent la société de consommation et prônent un retour à l’essentiel. Ils cultivent, créent, inventent une vie alternative.1968, c’est tout cela à la fois. Une explosion. Une rupture. Une année où l’on a osé penser autrement, vivre autrement… et surtout, rêver autrement.

  11. 45

    1977 : Bee Gees, ABBA, Plastic Bertrand… le monde change de tempo

    Fermez les yeux un instant… vous êtes dans la rue. La mode attire immédiatement le regard : un mélange étonnant de styles. Les pantalons pattes d’éléphant sont toujours là, mais ils commencent à tirer leur révérence. Les matières synthétiques brillent sous les lumières des discothèques, les robes hésitent entre mini et maxi, et les semelles compensées prennent de la hauteur. L’influence bohème et hippie persiste, avec ses robes longues et fleuries, tandis que les hommes arborent des vestes cintrées et des chemises aux cols démesurés.Pendant ce temps, le monde change. À Paris, le Centre Pompidou est inauguré, surprenant avec son architecture audacieuse. Aux États-Unis, Jimmy Carter devient président et place les droits de l’homme au cœur de sa politique, au risque de tendre les relations avec l’Union soviétique. L’équilibre mondial reste fragile malgré les accords d’Helsinki qui tentent de stabiliser l’Europe.L’année 1977 est aussi marquée par des tensions ailleurs, comme en Afrique de l’Est avec la guerre de l’Ogaden. Et sur le plan économique, les conséquences du choc pétrolier se font toujours sentir : inflation et chômage touchent durement les populations occidentales.Mais au quotidien, la vie continue, et elle évolue. En Belgique, les femmes prennent progressivement leur place dans le monde du travail et gagnent en autonomie. Elles peuvent désormais ouvrir un compte en banque sans l’accord de leur mari. Dans les familles, on s’organise autrement : les grands-parents gardent souvent les enfants, faute de crèches suffisantes. Même les mentalités autour de la naissance changent : les pères peuvent désormais assister à l’accouchement, une petite révolution.Et puis il y a la musique… omniprésente, vibrante, incontournable. 1977, c’est l’âge d’or du disco, avec les Bee Gees qui enflamment les pistes grâce à la bande originale de La fièvre du samedi soir. À leurs côtés, ABBA enchaîne les succès et fait danser toute l’Europe.La chanson française n’est pas en reste : Michel Sardou fait vibrer le public avec La Java de Broadway, Julien Clerc touche les cœurs avec Ma préférence, tandis que Alain Souchon apporte sa poésie avec Y a d’la rumba dans l’air. De son côté, Michel Delpech évoque avec tendresse ses racines dans Le Loir-et-Cher.L’été, lui, est marqué par Laurent Voulzy et son incontournable Rockollection, véritable voyage musical. Et côté belge, Plastic Bertrand fait sensation avec Ça plane pour moi, sous l’impulsion du producteur Lou Deprijck.Mais 1977, c’est aussi une rupture : le punk débarque avec fracas. Les Sex Pistols scandalisent l’Angleterre avec God Save the Queen. Et pendant ce temps, les radios diffusent aussi Boney M avec Ma Baker, ou encore les Eagles avec Hotel California.Côté culture, la lecture reste essentielle. En 1977, Didier Decoin reçoit le prix Goncourt pour John l’Enfer. Aux États-Unis, Stephen King publie Shining, un roman marquant qui deviendra culte. Et le succès est mondial pour Colleen McCullough avec Les Oiseaux se cachent pour mourir.Même après sa disparition, Agatha Christie reste incontournable avec la publication de son autobiographie. Le livre devient plus accessible grâce au format poche, et la lecture s’impose comme un véritable phénomène de société.1977, c’est une année de contrastes. Une époque où l’on hésite encore entre héritage et modernité. Où les traditions résistent, mais où les changements s’installent doucement. Une année où le monde continue de tourner… mais déjà, autrement.

  12. 44

    1970 : ces chansons et tendances qui accompagnaient le monde en train de basculer

    En 1970, tout commence comme un passage de relais. On quitte les sixties, un peu turbulentes, pour entrer dans une décennie que l’on imagine plus sage… mais qui ne le sera pas tant que cela. Dans les familles, on célèbre ce cap symbolique autour d’une coupe de champagne, les enfants observant les adultes, déjà intrigués par ce monde qui change.À la maison, la modernité s’installe. Le téléviseur couleur devient une fierté, un centre d’attention presque solennel. On y regarde les informations, souvent lourdes. La Vietnam War continue de hanter les esprits, tandis qu’en Belgique, la première réforme de l’État amorce un tournant avec l’émergence des communautés culturelles.Dans le monde, une conscience nouvelle apparaît. Le premier Earth Day rassemble des millions de personnes : on parle désormais d’écologie, de pollution, de planète fragile. Le progrès, jusque-là glorifié, commence à inquiéter.Dans la vie quotidienne, les habitudes évoluent lentement. On fait encore ses courses chez l’épicier, mais les grandes surfaces comme le Sarma s’imposent. Les permis de conduire s’obtiennent avec une facilité déconcertante, et la voiture devient un symbole d’indépendance. Dans les intérieurs, le design change : fauteuils futuristes, lampes “champignon”, plastique coloré… les années 70 s’annoncent visuellement audacieuses.La rue, elle aussi, se transforme. Les pantalons pattes d’éléphant, les chemises à motifs et les cheveux longs s’imposent. Une liberté vestimentaire qui accompagne une liberté d’esprit encore en construction.Côté culture, les livres continuent d’accompagner les soirées. Simone de Beauvoir publie La Vieillesse, un regard lucide sur une réalité souvent ignorée. Agatha Christie signe Passager pour Francfort, tandis que la jeunesse découvre Are You There God? It's Me, Margaret de Judy Blume, abordant sans détour les bouleversements de l’adolescence.Et puis, il y a la musique… toujours elle, comme un souffle de liberté.Les The Beatles tirent leur révérence avec Let It Be. Une page se tourne. Pendant ce temps, Serge Gainsbourg et Jane Birkin provoquent avec Je t’aime… moi non plus, tandis que Barbara bouleverse avec L’Aigle noir.Georges Brassens, Léo Ferré et Michel Polnareff poursuivent leur route, entre poésie, provocation et modernité.Le rock, lui, prend une nouvelle ampleur avec Led Zeppelin et Deep Purple, tandis que la jeunesse s’invente ses propres codes.1970, c’est une année de transition. Un moment suspendu entre deux époques. On croit entrer dans un monde plus calme… mais, déjà, les grondements de la suite se font entendre.

  13. 43

    1962 : le monde retient son souffle, la radio rassemble et Johnny s’impose

    En 1962, le monde avance avec prudence, comme suspendu entre inquiétude et espoir. Dans les foyers belges, on vit encore au rythme des habitudes : l’école, le travail de papa, les repas pris à heures fixes. La télévision est rare, mais la radio, elle, règne en maîtresse absolue. On s’y rassemble, on écoute, on se tait presque… car les nouvelles sont graves.Cette année-là, le monde retient son souffle avec la Cuban Missile Crisis. Pendant treize jours, les grandes puissances se font face. D’un côté, Nikita Khrushchev, de l’autre John F. Kennedy, avec en toile de fond Fidel Castro. Les missiles soviétiques installés à Cuba font craindre le pire. Puis, soudain, la tension retombe. Le monde respire à nouveau… et un lien direct, le fameux “téléphone rouge”, est instauré entre Moscou et Washington.Dans le même élan historique, la signature des Évian Accords met fin à la guerre d’Algérie. Le 5 juillet, l’indépendance est proclamée. Une page se tourne, non sans douleur, avec le retour massif des familles européennes. En Belgique, les tensions linguistiques s’intensifient avec la question des Fourons, preuve que même chez nous, les équilibres restent fragiles.Mais au-delà de ces bouleversements, la vie quotidienne suit son cours, douce et réglée. Les annuaires téléphoniques — ces fameux bottins jaunes — font leur apparition. On y trouve les numéros de tout le monde… à condition d’avoir le téléphone. Et cela suffit parfois à créer les premières émotions, les premiers émois d’enfance.Dans les maisons, la radio accompagne tout : les repas, les dimanches, les soirées. Elle diffuse des feuilletons, des chansons, des voix familières qui deviennent presque des membres de la famille. Pendant ce temps, les enfants écrivent à la plume dans des cahiers d’école, avec les tables de multiplication au dos, pendant que les mamans veillent sur les bobos à coups de mercurochrome et de tisane au miel.Côté culture, 1962 est une année sensible et foisonnante. Marguerite Duras publie L’Après-midi de Monsieur Andesmas, un texte délicat où le silence parle autant que les mots. Georges Simenon continue d’enrichir l’univers du commissaire Maigret avec Maigret et le client du samedi. Et puis, venu d’Amérique, un vent nouveau souffle avec One Flew Over the Cuckoo’s Nest de Ken Kesey, œuvre rebelle et marquante.Les enfants, eux, tournent les pages de Bécassine mène l'enquête ou de Martine et les Quatre Saisons, pendant que les adultes s’échangent romans et magazines entre voisins, autour d’un café partagé.Et puis, il y a la musique… cette musique qui commence à changer de ton. Johnny Hallyday explose avec L’Idole des jeunes. Il incarne une nouvelle génération, plus libre, plus audacieuse. Claude François fait ses premiers pas remarqués avec Belles, belles, belles.Pendant ce temps, en Angleterre, un groupe encore discret enregistre Love Me Do : The Beatles. Personne ne le sait encore… mais la révolution est en marche.Aux États-Unis, Ray Charles bouleverse les cœurs avec I Can’t Stop Loving You, tandis que Sam Cooke impose sa voix soyeuse. Et en France, les poètes chantent : Georges Brassens célèbre dix ans de carrière avec Les Trompettes de la renommée, pendant que Claude Nougaro marie jazz et poésie avec Le Jazz et la Java.Dans les rues, les jupes raccourcissent légèrement, les blousons de cuir apparaissent, les coiffures se fixent à la laque… et les mentalités évoluent doucement. Les femmes commencent à rêver d’indépendance, d’un travail à l’extérieur, d’une autre vie possible.1962, c’est tout cela à la fois : une année sous tension, mais aussi une année de transition, où l’on sent que quelque chose change… lentement, mais sûrement.

  14. 42

    1960 : frigo dans la cuisine, Psychose au cinéma et Brel “Ne me quitte pas”

    En 1960, la Belgique entre doucement dans les sixties. La modernité arrive d’abord dans la cuisine. L’objet qui symbolise cette révolution n’est ni la télévision — encore rare — ni la voiture familiale — encore coûteuse — mais le réfrigérateur. Chez Victor et Marie, le grand frigo blanc trône fièrement dans la cuisine. Il ronronne doucement et représente bien plus qu’un simple appareil : c’est un signe de réussite et de confort, souvent présenté dans les publicités comme « l’ami de la ménagère moderne ».Marie a le temps de cuisiner : œufs mimosas, soufflés au fromage, blanquette de veau ou pain perdu le mercredi après-midi. Les enfants boivent du lait en bouteilles de verre livrées par le laitier et se régalent de sucreries typiques de l’époque : roudoudous, cigarettes en chocolat, rouleaux de réglisse ou pailles remplies de sucre acidulé. Les hommes portent encore chemise blanche et cheveux soigneusement brillantinés, tandis que les femmes adoptent robes cintrées, jupons volumineux et coiffures crêpées fixées avec la fameuse laque Elnett de L'Oréal.On part rarement en vacances, parfois à la côte belge ou dans les Ardennes. La radio reste allumée toute la journée, le père lit le journal et les enfants jouent aux osselets, au mikado, à la corde à sauter ou aux petits chevaux. Dans les cafés, les jukebox commencent à diffuser les premiers airs de twist qui annoncent une nouvelle génération.Ce soir-là, Victor et Marie s’habillent élégamment pour aller au cinéma voir Psycho de Alfred Hitchcock. Le film marque les esprits avec Anthony Perkins dans le rôle inquiétant de Norman Bates et Janet Leigh dans la célèbre scène de la douche. La musique stridente composée par Bernard Herrmann, uniquement pour cordes, devient l’une des bandes originales les plus célèbres de l’histoire du cinéma. Encore sous le choc en rentrant, Marie se rassure en feuilletant Tintin in Tibet de Hergé, paru la même année.Mais 1960 est aussi une année historique. Dans son journal La Meuse, Victor lit la nouvelle qui bouleverse la Belgique : l’indépendance du Congo. Le discours du nouveau Premier ministre Patrice Lumumba face au roi Baudouin of Belgium marque profondément les esprits et ouvre une période de tensions politiques. Sur la scène internationale, la guerre froide s’intensifie après l’incident de l’avion espion américain abattu au-dessus de l’URSS, un épisode qui compromet les espoirs de détente entre les blocs.La musique, elle, accompagne chaque moment de la vie. Victor pose un vinyle de Gilbert Bécaud avec Et maintenant. Mais la chanson qui touche le plus Marie reste Ne me quitte pas de Jacques Brel, inspirée de sa rupture avec Suzanne Gabriello. La mélodie, écrite avec Gérard Jouannest, s’inspire d’une danse hongroise de Johannes Brahms.Mais l’année marque aussi les débuts de la vague yéyé : Johnny Hallyday triomphe avec Souvenirs, Souvenirs, Édith Piaf chante Milord, Bourvil amuse avec Salade de fruits, et Dalida fait danser toute l’Europe avec Itsi Bitsi Petit Bikini.1960, c’est donc une année charnière : une société encore traditionnelle, mais déjà tournée vers la modernité, les nouvelles musiques et la culture populaire qui vont bientôt définir toute la décennie. Une véritable année collector.

  15. 41

    1979 : Goldorak, Walkman, Pink Floyd et Renaud à l’aube des années 80

    En 1979, la Belgique s’approche doucement des années 80, sans encore deviner à quel point la société, la musique et les technologies vont changer. Dans les maisons, les intérieurs mêlent modernité et nostalgie : papiers peints géométriques, meubles en teck hérités du design scandinave, canapés en rotin et plantes vertes suspendues dans des macramés faits maison. Le téléviseur couleur trône au milieu du salon, devenu le centre de la vie familiale, même si un petit poste noir et blanc reste souvent dans la cuisine pour suivre les informations en préparant le repas.Dans les chambres des adolescents, les murs sont couverts de posters de Grendizer, des Bee Gees ou de Pink Floyd. Sur le bureau, un transistor, un lecteur de cassettes et des bandes audio enregistrées à la maison permettent d’écouter ses chansons préférées. Le mercredi après-midi, les enfants se précipitent devant la télévision pour entendre le célèbre générique “Goldorak Go !”. Pour toute une génération, Goldorak devient bien plus qu’un dessin animé : un symbole de fascination pour l’espace, la technologie et les héros solitaires venus d’ailleurs.Dans les cuisines apparaissent de nouveaux appareils qui changent la vie quotidienne : la friteuse électrique, le robot Moulinex ou le percolateur. Côté mode, les jeunes portent jeans taille haute, baskets et vestes en denim. Les adultes oscillent entre élégance classique et touches disco : pantalons évasés, chemises satinées et lunettes oversize teintées. Et surtout, une révolution discrète accompagne les promenades : le Sony Walkman, qui permet pour la première fois d’écouter sa musique partout.Pendant ce temps, dans une taverne enfumée, Jean-Claude, Alice, Romain et Sophie discutent passionnément de culture. Jean-Claude ne jure que par The Hitchhiker's Guide to the Galaxy de Douglas Adams, phénomène de science-fiction humoristique. Romain évoque The Dead Zone de Stephen King, l’histoire d’un homme capable de voir l’avenir en touchant les gens. Sophie, elle, prévoit d’aller voir Manhattan de Woody Allen, avec Diane Keaton, film élégant en noir et blanc qui deviendra culte. Quant à Alice, elle se réjouit de la publication en français des albums de Mafalda, créés par Quino.À la télévision, les Belges suivent aussi la série américaine Dallas, avec la famille Ewing, ou l’émission policière Les Cinq Dernières Minutes menée par Raymond Souplex et sa célèbre réplique : « Bon Dieu… mais c’est bien sûr ! »Sur le plan international, 1979 est une année agitée. La Iranian Revolution renverse le Shah et porte au pouvoir Ruhollah Khomeini. Au Royaume-Uni, Margaret Thatcher devient la première femme à diriger le pays et gagne rapidement le surnom de « Dame de fer ». L’année marque aussi les premières élections européennes au suffrage universel direct. Enfin, le Mother Teresa reçoit le Nobel Peace Prize pour son action auprès des plus pauvres.Mais 1979, c’est aussi une année musicale mémorable. Dans les jukebox des tavernes résonnent Born to Be Alive de Patrick Hernandez et Y.M.C.A. du groupe Village People. En France, Renaud confirme son succès avec l’album Ma Gonzesse, tandis que Francis Cabrel triomphe avec Je l’aime à mourir. Et pour les amateurs de rock, un album monumental sort cette année-là : The Wall, porté par la chanson Another Brick in the Wall.1979, c’est donc une année charnière : la fin des seventies, encore marquée par le disco et les jukebox, mais déjà tournée vers la technologie, la new wave et les années 80 qui approchent. Une époque où la télévision, la musique et la culture populaire façonnent une génération entière. Une véritable année collector.

  16. 40

    1974 : choc pétrolier, ABBA “Waterloo”, Coluche à l’Olympia et Carrie de Stephen King

    En 1974, le monde découvre les conséquences du premier 1973 oil crisis. Les prix de l’énergie grimpent, l’économie ralentit et le chômage apparaît peu à peu après les années prospères des Trente Glorieuses. Pourtant, dans la vie quotidienne, tout reste encore possible. Beaucoup apprennent leur métier directement sur le terrain. Yvette, 23 ans, travaille comme éducatrice dans un centre pour enfants en difficulté sans formation spécialisée, tandis que son mari Michel vient d’être engagé comme journaliste à la radio de la RTB, après avoir fait ses preuves sur le tas.Ce soir-là, ils célèbrent cette bonne nouvelle autour d’un whisky-coca et de chips salées. La télévision couleur diffuse distraitement le journal parlé pendant qu’un vinyle tourne sur le pick-up : Mon vieux de Daniel Guichard. Yvette prépare une fondue bourguignonne pendant que Michel s’acharne sur un Rubik’s Cube, inventé par Ernő Rubik, devenu la nouvelle obsession des soirées. Le couple rêve aussi d’une Mini Cooper, mais doit encore économiser : pour l’instant ils roulent toujours dans leur vieille Volkswagen Beetle.Côté spectacle, 1974 est aussi une année d’humour et de musique. Sur la scène de l’Olympia, Coluche présente son premier one-man-show Mes adieux au Music-Hall et fait rire toute la France avec son sketch culte C’est l’histoire d’un mec. Sur les ondes, les vinyles s’enchaînent : ABBA remporte l’Eurovision Song Contest avec Waterloo, battant notamment Olivia Newton-John. Dans les salons belges, on écoute aussi Dalida avec Gigi l’Amoroso, Dave avec Vanina, Claude François et son émouvant Le téléphone pleure, ou encore Le premier pas de Claude-Michel Schönberg.Dans l’actualité, l’année est agitée. La télévision française se transforme avec la disparition de ORTF, remplacée par TF1, Antenne 2, FR3 et Radio France. Une affaire spectaculaire marque aussi les esprits : la prise d’otage du célèbre animateur Max Meynier pendant son émission Les Routiers sont sympas sur RTL, finalement résolue sans drame.Et puis il y a la culture. Le soir, Michel fait des mots croisés pendant qu’Yvette dévore Carrie, premier roman de Stephen King, histoire sombre d’une adolescente harcelée dotée de pouvoirs de télékinésie. Au cinéma, l’année est marquée par The Godfather Part II de Francis Ford Coppola, qui révèle Robert De Niro aux côtés de Marlon Brando. Mais ce dimanche-là, Michel et Yvette préfèrent aller voir La Gifle de Claude Pinoteau, avec Isabelle Adjani, Lino Ventura et Annie Girardot, un film qui parle de divorce, d’autorité parentale et de conflit entre générations.1974, c’est donc une année charnière : la crise économique pointe, mais la vie continue entre vinyles, cinéma, télévision couleur et soirées entre amis. Une époque où les inquiétudes apparaissent… sans encore faire disparaître le goût de vivre. Une année collector.

  17. 39

    1967 : Coccinelle, San-Antonio et Sgt. Pepper dans les Golden Sixties

    En 1967, la Belgique profite encore pleinement des Golden Sixties. Dans un lotissement du village, Violette et Denis vivent dans une petite maison deux façades achetée quelques années plus tôt grâce à un prêt avantageux de la Banque nationale de Belgique. Les voisins se connaissent tous : on s’échange un œuf, de la farine, des conseils pour les rosiers. Les enfants jouent dans la rue à cache-cache ou à chat perché en attendant le retour de leur père, instituteur dans le village voisin. Le plein emploi est une réalité et le niveau de vie progresse : frigo blanc, télévision noir et blanc, et la fierté du couple, une Volkswagen Coccinelle garée devant la maison. Pendant que Violette retire ses bigoudis et prépare un chicon au gratin, le boulanger passe en faisant tinter sa cloche pour annoncer pain blanc et gosettes aux pommes.À 17 heures, Denis rentre et le couple partage un café au lait accompagné d’un spéculoos en écoutant la RTB. L’émission Jeunesse 67, animée par Claude Delacroix et Michèle Cédric, fait découvrir les nouveautés musicales et deviendra bientôt Formule J. On y entend Brigitte Bardot chanter Harley Davidson. Denis feuillette un polar de Frédéric Dard avec le célèbre commissaire San-Antonio, tandis que Violette lit Vendredi ou les Limbes du Pacifique de Michel Tournier, réécriture philosophique de Robinson Crusoé. Le week-end prochain, ils iront au cinéma voir The Graduate de Mike Nichols, qui révèle Dustin Hoffman.Dans le salon, l’heure de l’apéritif accompagne les informations. Le journaliste Luc Beyer annonce la mort de Che Guevara, exécuté en Bolivie après ses guérillas révolutionnaires. En Belgique, Paul Vanden Boeynants dirige le gouvernement et l’OTAN s’installe à Evere, près de Bruxelles. La mode venue de Londres influence déjà les rues : pantalons pattes d’éléphant, robes longues, débuts de la culture hippie.Le week-end, Violette et Denis font tourner les vinyles. The Beatles viennent de publier l’album révolutionnaire Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Denis écoute aussi Pink Floyd, Jimi Hendrix et The Doors. Violette préfère la soul d’Aretha Franklin et la chanson française : Michel Polnareff, Jacques Dutronc ou Georges Brassens avec La Non-Demande en mariage. Et lorsque résonne Jacques Brel et La Chanson des vieux amants, Violette s’arrête pour écouter. Elle apprend aussi que Brel quitte la scène pour se consacrer au cinéma, notamment avec le film Les Risques du métier.1967, c’est une Belgique prospère, curieuse du monde et passionnée de musique. Une époque où les voisins se parlent encore par-dessus la haie, où les disques tournent sans cesse sur la platine et où la modernité arrive doucement, au rythme des Golden Sixties. Une année Nostalgie.

  18. 38

    1969 : de la Peugeot 504 à Woodstock, entre Polnareff, Apollo 11 et Que je t’aime

    En 1969, la Belgique vit encore dans un cocon familial rassurant, mais le vent du changement souffle déjà. Imaginons la famille Calens : Denise et François, trentenaires, deux filles de 10 et 12 ans, une maison sociale dans un village tranquille. L’instituteur et le garde champêtre sont respectés, l’autorité existe encore. Les enfants vont à pied ou à vélo à l’école.La prospérité des Trente Glorieuses est perceptible : électroménagers plus répandus, confort accru, voiture familiale flambant neuve — une Peugeot 504, élue voiture de l’année 1969. Denise prend désormais la pilule contraceptive, symbole d’une liberté nouvelle. Deux salaires rendent la vie plus confortable. On fait les courses au Grand Bazar en voiture, on regarde la télévision le soir, on écoute les 45 tours dans la chambre des adolescentes.Mais les jeunes ne ressemblent plus à leurs parents. Influencés par les The Beatles, les hippies et Mai 68, ils portent mini-jupes et pantalons pattes d’eph, cheveux longs et esprit contestataire — timidement encore, mais sûrement.Que se passe-t-il dans le monde en 1969 ?À la RTB, le journaliste Luc Beyer évoque les tensions linguistiques qui ont fracturé l’Université catholique de Louvain. La Belgique entre dans une transformation institutionnelle profonde. Les débats communautaires s’installent durablement.À l’international, Richard Nixon promet une paix honorable au Vietnam, mais la guerre continue et les manifestations se multiplient.Et puis, dans la nuit du 20 au 21 juillet 1969, un moment suspend le monde : Neil Armstrong pose le pied sur la Lune lors de la mission Apollo 11. Les familles belges, les yeux rivés à leur télévision noir et blanc, entendent cette phrase historique : « C’est un petit pas pour l’homme, un bond de géant pour l’humanité. »Culture et lecture à la mer du NordEn week-end à La Panne, Denise lit La Disparition de Georges Perec, roman écrit sans la lettre « e », œuvre emblématique de l’OULIPO. François, plus léger, feuillette Gaston Lagaffe de André Franquin, Astérix en Hispanie de René Goscinny et Albert Uderzo, ou encore Lucky Luke.1969, c’est aussi une époque où la bande dessinée franco-belge rayonne, où l’expérimentation littéraire côtoie la culture populaire.Musique : entre Woodstock et Que je t’aime1969, c’est évidemment le festival de Woodstock, près de Bethel, symbole de paix et de contre-culture. Sur scène : Jimi Hendrix, Janis Joplin, Santana, Joan Baez, The Who, Joe Cocker.Mais à la maison, Denise préfère la chanson française : Georges Moustaki et Le Métèque. Joe Dassin et Les petits pains au chocolat. Jean-François Michael avec Adieu jolie Candy. Et surtout Johnny Hallyday avec Que je t’aime, immense succès de l’année.1969 est aussi marquée par la disparition de Brian Jones, membre fondateur des Rolling Stones, symbole d’une génération tourmentée.

  19. 37

    1978 : de Grease à Starmania, entre disco, affaire Empain et été Bee Gees

    Ambiance générale : le matin belge en 1978Le jour se lève doucement derrière les persiennes rigides. Dans la cuisine, le percolateur chante. Sur la table : tasses en Arcopal, planches à tartiner en bois, pots de confiture maison, sirop de Liège, petits fromages blancs Gervais, couteaux aux manches colorés.On écoute la RTB, RTL ou Europe 1 sur les longues ondes. Le journal parlé adopte un ton plus naturel qu’autrefois. Entre deux bulletins météo, résonnent Eddy Mitchell ou Michel Sardou avec En chantant.Les enfants boivent du Cécémel, les parents du café Chat Noir. Cartable en cuir sous le bras, coupe au bol disciplinée (en apparence seulement), ils filent vers l’école en autobus.Les façades sont couvertes d’affiches publicitaires : cigarettes Kent, chocolats Kinder, savon Lux vanté par Mireille Darc. La consommation s’affiche sans complexe.En 1978, les salles belges sont combles.Grease triomphe. Réalisé par Randal Kleiser, avec John Travolta et Olivia Newton-John, le film célèbre les années 50 dans une explosion musicale irrésistible.Les Bronzés fait éclater de rire la Belgique avec la troupe du Splendid et ses répliques cultes.La Cage aux Folles, réalisé par Édouard Molinaro, avec Michel Serrault et Ugo Tognazzi, marque durablement les esprits.Côté littérature, Georges Perec reçoit le Prix Médicis pour La Vie mode d’emploi, roman monumental structuré comme un échiquier.1978 dans le monde : tensions et bouleversements1978 est appelée l’année des trois papes :Paul VI décède en août.Jean-Paul I meurt après 33 jours.Jean-Paul II devient le premier pape non italien depuis 455 ans.L’affaire Empain bouleverse la Belgique avec l’enlèvement du baron Édouard-Jean Empain.Sur le plan international :Les Accords de Camp David réunissent Anouar el-Sadate, Menahem Begin et Jimmy Carter.En Italie, Aldo Moro est assassiné par les Brigades rouges.Côté sport :Bernard Hinault remporte son premier Tour de France.Coupe du monde de football 1978 est gagnée par l’Argentine.On paie encore en liquide ou par chèque. Les hypermarchés progressent, mais les petits commerces restent vivants. Les magasins ferment le dimanche.1978 est flamboyante.L’opéra rock Starmania, créé par Michel Berger et Luc Plamondon, réunit France Gall, Daniel Balavoine, Diane Dufresne et d’autres grandes voix. Le Blues du businessman et SOS d’un terrien en détresse deviennent cultes.Le disco est à son apogée :Bee Gees – Stayin’ AliveQueen – We Are the ChampionsDire Straits – Sultans of SwingEn France et en Belgique :Claude François avec Alexandrie AlexandraRenaud avec Laisse bétonMichel Sardou continue d’enchaîner les succès.Et puis, le 9 octobre 1978, la Belgique perd Jacques Brel. Le pays entier pleure. Les radios diffusent Ne me quitte pas, Amsterdam, La Chanson des vieux amants.

  20. 36

    1975 : entre mariage, Delhaize, chute de Saïgon, la télé et Vanina

    En ce dimanche matin de 1975, la Belgique s’éveille doucement dans des appartements aux murs beiges et bruns tapissés de motifs géométriques. Claudine et René viennent de se marier. Passage obligé devant monsieur le maire, robe blanche de rigueur — même si, depuis Mai 68 et la pilule contraceptive, les mœurs ont discrètement évolué. On ne vit pas encore ensemble sans alliance au doigt : l’avis des parents compte toujours.Le jeune couple loue un deux chambres pour 9.000 francs belges. Une seule voiture, la toute nouvelle Volkswagen Polo, symbole d’indépendance. Dans la cuisine en formica, tout est orange : mixe-soupe, moulin à café, ouvre-boîte. Le soir du mariage, ils sabrent une coupe de champagne en écoutant Les Mots bleus de Christophe sur le pick-up.Les semaines passent. Claudine fait ses courses chez l’épicier du coin et, le samedi, au nouveau Delhaize. René rapporte les petits pains du dimanche. Le dîner ? Steak, frites, salade et mayonnaise maison, avec de l’eau de Spa en bouteille en verre. Sur la table basse, un cendrier du Val-Saint-Lambert déborde de Belga et de Bastos : en 1975, tout le monde fume.Le soir, la télévision couleur trône comme un autel moderne. On capte désormais TF1, Antenne 2 et FR3. Claudine découvre le sérieux rassurant de Roger Gicquel au journal de 20 heures. Il annonce le procès de la Fraction armée rouge, puis une nouvelle attendue : le 30 avril 1975, la chute de Saïgon met fin à la guerre du Vietnam. Ouf.Claudine lit Villa Triste de Patrick Modiano, atmosphère mélancolique au bord du Léman. René, lui, savoure La Grande Traversée d’René Goscinny et Albert Uderzo. Astérix traverse l’Atlantique pendant que l’actualité annonce la mort de Joséphine Baker, la victoire de Bernard Thévenet au Tour de France et, en novembre, le décès de Franco.Mais 1975, c’est aussi la fête. Direction le club « La Cave ». Boule à facettes, fumée bleutée, videur impressionnant. Sur la piste, Dave chante Vanina, Nino Ferrer enflamme les slows avec Le Sud. Les romantiques se retrouvent sur L’Été indien de Joe Dassin, tandis que Il était une fois fait chavirer les cœurs avec J’ai encore rêvé d’elle. Et quand résonne Brasilia Carnaval des The Chocolat's, plus personne ne reste assis.1975, c’est cela : un monde encore structuré, mais déjà en mouvement. Entre tradition et liberté, entre mayonnaise maison et disco incandescent. Une année tendre, politique, dansante.

  21. 35

    1964 : les points OMO, Thierry la Fronde et Beatlemania sous la boule à facettes

    En 1964, la Belgique avance doucement vers la modernité sans renier ses habitudes d’après-guerre. Dans les rues de Bruxelles, Liège ou Namur, les façades gardent des couleurs un peu passées, mais les vitrines promettent le confort et la consommation. À la maison, le salon est sacré : buffet en chêne, verres en cristal du Val Saint-Lambert, télévision noir et blanc allumée avec respect. Les enfants s’installent sur le tapis pour regarder Thierry la Fronde avec Jean-Claude Drouot, ou l’émission interscolaire animée par Robert Frère.Dans la cuisine, on moud le café à la main, on verse l’eau bouillante sur un filtre en aluminium, on sert le tout à la voisine venue emprunter un roman d’Agatha Christie ou un titre d’Exbrayat. On lit beaucoup : Paris au mois d’août de René Fallet, le Journal Tintin, ou Bob et Bobette de Willy Vandersteen. Les ménagères découpent les points OMO pour gagner un service à café, les enfants boivent du Banania et croquent du chocolat Côte d’Or. Les bouteilles en verre sont consignées, le laitier et le brasseur passent chaque semaine.Au journal télévisé de la RTB, présenté par Pierre Delrock, le monde s’invite dans le salon. La guerre du Vietnam inquiète, la Chine fait exploser sa première bombe atomique, mais une note d’espoir surgit : le président Lyndon B. Johnson signe le Civil Rights Act, et Martin Luther King Jr. reçoit le prix Nobel de la Paix. En Belgique, la grève historique des médecins secoue le pays, tandis que Tokyo accueille les Jeux olympiques.Et puis vient la musique. 1964, c’est l’apogée du yéyé : Sheila chante Vous les copains, Sylvie Vartan promet d’être la plus belle pour aller danser, Françoise Hardy émeut avec Mon amie la rose, Claude François entraîne les foules, Jean Ferrat chante La Montagne.Et soudain, les premières notes de The Beatles résonnent avec Can’t Buy Me Love. La boule à facettes s’embrase, la jeunesse se déchaîne. La Beatlemania est là.1964, c’est une Belgique confiante, entre tradition et modernité, café fumant et rock anglais. Une année douce, animée, insouciante.

  22. 34

    1963 : du poêle crapaud à la Beatlemania, entre Kennedy, Cléopâtre et «Tombe la neige»

    En 1963, la vie quotidienne en Belgique s’organise autour de la cuisine et du fameux poêle crapaud, à la fois chauffage et cuisinière. On se lève tôt : papa allume le feu avec du petit bois avant d’y verser le charbon. La pièce se réchauffe lentement tandis que maman prépare le café sur la plaque du poêle. Au sol, carrelage ou balatum facile à laver. Les enfants jouent en chaussettes épaisses, voitures en acier coloré ou poupées à la main, pendant qu’une radio Grundig diffuse les voix familières de la RTB : Jacques Careuil, Jean-Claude Menessier ou Arlette Vincent. La télévision noir et blanc reste précieuse : les programmes commencent en fin d’après-midi, on ferme les rideaux, on baisse la lumière. Les meubles en bois blond ou en acajou, les napperons crochetés et les vitrines familiales racontent une époque encore structurée et rassurante. Les sorties en Renault Dauphine, Simca ou Volkswagen Coccinelle sont des événements. La mode s’inspire de Jacqueline Kennedy Onassis : élégance sobre, gants blancs, coiffures bouffantes.Côté culture, 1963 foisonne. En littérature, Armand Lanoux reçoit le Goncourt pour Quand la mer se retire, Louis Aragon publie Le Fou d’Elsa, et Charles Exbrayat amuse avec Imogène vous êtes impossible. Les enfants dévorent Tintin (Les Bijoux de la Castafiore), Michel Vaillant et le premier album des Les Schtroumpfs (Les Schtroumpfs noirs). Au cinéma, Cleopatra de Joseph L. Mankiewicz fascine avec Elizabeth Taylor et Richard Burton, tandis que The Birds d’Alfred Hitchcock glace le sang. Le Pop Art explose avec Andy Warhol et ses célèbres boîtes Campbell.Mais 1963 est aussi une année de secousses mondiales. Le 22 novembre, l’assassinat de John F. Kennedy bouleverse la planète. Le discours “I Have a Dream” de Martin Luther King Jr. marque les esprits. Valentina Tereshkova devient la première femme dans l’espace. En Belgique, la fixation de la frontière linguistique redessine l’État.Musicalement, 1963 vibre intensément. Salvatore Adamo triomphe avec Sans toi, ma mie et Tombe la neige. Jacques Brel émeut avec Les Bonbons. Sheila chante L’école est finie, Françoise Hardy séduit avec Tous les garçons et les filles, Johnny Hallyday enflamme les scènes. À l’international, les The Beatles lancent la Beatlemania avec Please Please Me, les The Beach Boys surfent avec Surfin’ U.S.A., et Ray Charles continue de révolutionner la soul. L’année est aussi marquée par la disparition d’Édith Piaf, suivie de celle de Jean Cocteau.1963, c’est une époque de charbon et de chansons, de télévision en noir et blanc et d’espoirs vibrants. Une année intense, contrastée, profondément humaine… que Nos Années Collector vous invite à revivre, avec émotion et précision.

  23. 33

    1972 : du Jardin Extraordinaire au Parrain, entre Eddy Merckx, Watergate et «Une Belle Histoire»

    En 1972, la Belgique vit encore à un rythme paisible. À la maison, les salons se parent de meubles en teck, de buffets bas, de tapis shaggy et de lampes champignons colorées. L’odeur du café filtre se mêle à celle des plats mijotés. Les cuisines s’ouvrent doucement à la modernité : les surgelés apparaissent, les fours électriques se démocratisent, mais les carbonnades flamandes, les boulets sauce lapin et les tomates-crevettes restent indétrônables.La télévision, souvent encore en noir et blanc, rassemble les familles autour du mythique Jardin Extraordinaire sur la RTB, présenté par Arlette Vincent avec le scientifique Paul Galand. Les exploits sportifs font vibrer les foyers : Eddy Merckx remporte son quatrième Tour de France, tandis qu’au Grand Prix de Belgique à Nivelles, Emerson Fittipaldi triomphe sur Lotus-Ford. Les vacances se passent à la côte belge, entre cabines rayées et caravanes pliantes, ou dans les Ardennes verdoyantes.Côté culture, 1972 est proclamée Année internationale du livre par l’UNESCO. Irène Stecyk reçoit le Prix Victor Rossel. Les lecteurs découvrent Jonathan Livingston le Goéland de Richard Bach et Des bleus à l’âme de Françoise Sagan. La BD évolue avec Astérix et le Devin de René Goscinny et Albert Uderzo, ou encore La Mine de l’Allemand perdu dans la série Blueberry.Au cinéma, l’année est mythique : The Godfather de Francis Ford Coppola, avec Marlon Brando et Al Pacino, marque l’histoire du septième art. Cabaret de Bob Fosse, porté par Liza Minnelli, éblouit le public.Mais 1972 est aussi une année de tensions : visite historique de Richard Nixon en Chine auprès de Mao Zedong, scandale du Watergate, drame des Jeux olympiques de Munich. La Belgique signe le traité d’élargissement de la CEE, ouvrant une nouvelle étape européenne.Musicalement, la bande-son de 1972 est éclatante. Salvatore Adamo brille avec F… comme Femme. Michel Fugain chante Une Belle Histoire, Claude François rêve de Lundi au Soleil, Joe Dassin amuse avec La Complainte de l’heure de pointe. Dalida et Alain Delon murmurent Paroles… Paroles…. À l’international, David Bowie illumine avec Starman, Elton John s’envole avec Rocket Man, tandis que Deep Purple frappe fort avec Smoke on the Water.1972, c’est une année suspendue : encore bercée par la douceur des Trente Glorieuses, mais déjà traversée par les frémissements d’un monde en mutation. Une année que Nos Années Collector vous invite à revivre, comme un vieux 45 tours que l’on pose délicatement sur la platine… Fini les rayures sur vos vinyles, Nostalgie+, c’est le meilleur des 60’s et des 70’s sans le souffle des vieilles radios à lampes.

  24. 32

    1976 : l’été de tous les excès, de Abba à Taxi Driver, quand le monde brûlait doucement

    Pour beaucoup de Belges, 1976 évoque d’abord un été hors norme. Dès le mois de mai, le soleil s’installe durablement, les températures grimpent et la sécheresse devient historique. Les autorités appellent à économiser l’eau, mais dans les souvenirs, cet été reste lumineux et heureux. Les enfants vivent dehors, jouent au football dans la rue, font du vélo jusqu’à la tombée de la nuit, genoux écorchés et visages bronzés, sans crème solaire ni inquiétude excessive des parents. On rentre à la maison quand les lampadaires s’allument.À l’intérieur, les maisons belges affichent fièrement leur décor typique des années 70 : canapés bas marron, tables basses en verre et acier, tapis épais à motifs géométriques, tables gigognes et papier peint omniprésent. Le formica règne dans les cuisines. Les appareils électroménagers sont solides, bruyants, conçus pour durer. La télévision est devenue centrale : elle rassemble la famille chaque soir pour le journal télévisé ou les variétés du week-end. On se lève encore pour changer de chaîne. En 1976, Patrick Poivre d’Arvor fait ses débuts au JT sur Antenne 2, tandis que les jeux de 20h arrivent sur FR3 avec Maître Capello et Maurice Favières. À la RTB, le journal télévisé change souvent d’horaire, au grand désarroi des téléspectateurs.La société évolue : les femmes travaillent de plus en plus à l’extérieur, apportant un second salaire qui permet quelques luxes — restaurants, vacances à l’étranger, voiture plus récente. Pourtant, à la maison, les rôles restent bien ancrés. La cuisine est simple et nourrissante : potage maison, boulettes sauce tomate, légumes du jardin. Le dimanche reste sacré, avec le rôti, les haricots verts et le dessert maison, souvent partagé avec les grands-parents. Beaucoup de familles partent à la côte belge ; d’autres découvrent le camping et la caravane, symbole de liberté. Certains investissent même dans une résidence secondaire en Espagne, attirés par un immobilier encore très abordable.Sur le plan culturel, 1976 est une année riche. On lit beaucoup. Georges Simenon demeure une référence incontournable. Le succès littéraire de l’année est La Vie devant soi d’Émile Ajar, sans que l’on sache encore qu’il s’agit de Romain Gary. Marguerite Duras, avec Le Camion, divise et interroge, proposant une œuvre radicale sur la solitude, la folie et le politique. Au cinéma, 1976 marque durablement les esprits avec Taxi Driver de Martin Scorsese, porté par un Robert De Niro glaçant. À l’opposé, Rocky séduit le public avec Sylvester Stallone, incarnation de l’homme ordinaire qui croit en sa chance. En Europe, Claude Sautet signe Mado avec Michel Piccoli et Jacques Dutronc, explorant les fragilités humaines.Politiquement, 1976 est une année de transition majeure. En Chine, la mort de Mao Zedong marque la fin d’une ère. Aux États-Unis, Jimmy Carter est élu, incarnant un retour aux valeurs morales après le scandale du Watergate et la présidence de Richard Nixon. En Afrique du Sud, les émeutes de Soweto révèlent au monde la violence de l’apartheid. En Irlande du Nord, Betty Williams et Mairead Corrigan reçoivent le prix Nobel de la Paix pour leur combat non violent.Enfin, la musique constitue la bande-son de cette année brûlante. La variété francophone domine : Michel Sardou avec Je vais t’aimer, Joe Dassin et À toi, Sylvie Vartan, Alain Souchon et Bidon, composé avec Laurent Voulzy. À l’international, Queen impressionne avec Somebody to Love, Donna Summer électrise avec Love to Love You Baby, et ABBA triomphe avec Fernando. Mais 1976 voit aussi surgir une rupture radicale : le punk, incarné par les Sex Pistols et Anarchy in the UK, choque les adultes et séduit une jeunesse en quête d’identité.

  25. 31

    1966 : des Trente Glorieuses à Revolver, entre télé noir et blanc, Magritte et Brel

    En 1966, la vie en Belgique s’inscrit encore dans la douceur des Trente Glorieuses. Le plein emploi rassure, les carrières sont stables et l’avenir semble prometteur. Le temps s’écoule plus lentement, sans urgence excessive. À la maison, la télévision noir et blanc s’impose comme le nouveau centre du salon, posée sur un meuble en formica ou en teck, parfois décorée d’un napperon crocheté. On ne la regarde qu’à certains moments précis, surtout le soir, sauf le mercredi après-midi, jour de congé scolaire, où la RTB lance l’émission jeunesse Feu Vert, animée par Jacques Careuil et André Rémy.Le téléphone en bakélite noire trône dans le hall ou le salon. Les conversations sont brèves, rarement privées, sauf pour les amoureux qui y glissent quelques mots tendres. Le courrier garde une valeur précieuse : lettres manuscrites, cartes postales, nouvelles attendues avec impatience. On se chauffe encore souvent au charbon, on cuisine parfois sur des fourneaux, même si les cuisinières au gaz en bonbonne commencent à apparaître. Les intérieurs racontent une histoire familiale, avec papiers peints à motifs, moquettes épaisses, vitrines remplies de bibelots et meubles en chêne clair. Le dimanche matin, on tond la pelouse sans se soucier du bruit. Les vacances se passent majoritairement à la côte belge, ou, pour les plus aventureux, sur les routes nationales vers le sud de la France, fenêtres ouvertes et pique-nique improvisé.Sur le plan culturel, 1966 est une année foisonnante. La littérature devient plus accessible grâce aux éditions de poche. Romain Gary publie La Promesse de l’aube, hommage poignant à sa mère. Oublier Palerme d’Edmonde Charles-Roux reçoit le prix Goncourt, tandis que Simone de Beauvoir interroge la condition féminine avec Les Belles Images. Le cinéma est un événement en soi : Le Bon, la Brute et le Truand de Sergio Leone, porté par Clint Eastwood et la musique d’Ennio Morricone, devient mythique. En France, Claude Lelouch triomphe avec Un homme et une femme, Palme d’Or à Cannes. En Belgique, René Magritte poursuit son œuvre surréaliste, interrogeant le réel et les apparences.L’actualité mondiale, elle, est plus tendue. La guerre du Vietnam s’intensifie et choque l’opinion publique occidentale par ses images télévisées. Aux États-Unis, Lyndon B. Johnson fait face à une contestation croissante. En Chine, Mao Zedong lance la Révolution culturelle, bouleversant brutalement la société. En Belgique, les tensions communautaires montent, tandis que le gouvernement de Paul Vanden Boeynants tente de maintenir un fragile équilibre. Le prix Nobel de la Paix est attribué à l’Organisation internationale du Travail, symbole d’un attachement fort aux droits sociaux.Musicalement, 1966 marque un tournant. Les The Beatles publient Revolver, album révolutionnaire. Bob Dylan affirme son virage électrique avec Blonde on Blonde. Les The Rolling Stones provoquent et séduisent. Côté francophone, Jacques Brel bouleverse avec Ces gens-là et Amsterdam, avant de faire ses adieux à la scène. France Gall incarne la jeunesse avec Baby Pop, Salvatore Adamo touche les consciences avec Inch’Allah, tandis que Michel Polnareff surprend avec La Poupée qui fait non, accompagné à la guitare par Jimmy Page. Françoise Hardy confirme son aura mélancolique avec La Maison où j’ai grandi, et Antoine amuse et divise avec ses élucubrations et ses cheveux longs.

  26. 30

    1961 : entre twist, Mur de Berlin et Maigret à Ostende

    En 1961, la Belgique vit encore sous l’ombre de la grande grève de l’hiver 1960-1961, l’un des plus importants mouvements sociaux de son histoire. Les discussions se font à voix basse dans les cuisines, autour d’une bière Jupiler ou d’un verre de bière de table, tandis que la radio diffuse des nouvelles parfois anxiogènes. La télévision en noir et blanc, encore rare, est presque sacrée : on ferme les rideaux, on baisse la lumière, on se tait pendant le journal télévisé. Les intérieurs sont chaleureux, chargés de meubles en bois foncé, de napperons crochetés et de photos de famille. La vie quotidienne est rythmée par les petits commerces de quartier, les cafés du village et les promenades en famille.La société reste très codifiée. Les femmes portent robes élégantes, gants et manteaux bien coupés ; les hommes sortent en veste et cravate, surtout le dimanche pour la messe. En cuisine, on prépare des plats mijotés : carbonnades flamandes, lapin à la moutarde, rôti dominical. L’arrivée d’un frigo, d’une machine à laver ou d’une cuisinière moderne est vécue comme un véritable progrès, même si certaines ménagères continuent à laver le linge délicat à la main. L’été, on part à la mer du Nord, à Ostende, Blankenberge ou La Panne, pour des vacances simples, entre gaufres chantilly, cuistax et croquettes de crevettes.Sur le plan culturel, 1961 est une année intense. En littérature, Les Damnés de la Terre de Frantz Fanon marque les esprits par sa réflexion sur la décolonisation. Catch-22 de Joseph Heller choque par son humour noir et sa critique de l’absurdité militaire. En Belgique, Georges Simenon reste omniprésent avec Maigret et le voleur paresseux, lu partout, des trains aux cafés. Le prix Nobel de littérature est attribué à Ivo Andrić, tandis que la disparition d’Ernest Hemingway bouleverse le monde des lettres. Au cinéma, West Side Story triomphe avec Natalie Wood, Rita Moreno et George Chakiris, remportant dix Oscars. Le public rit aussi avec La Belle Américaine de Robert Dhéry et frissonne avec Le Cave se rebiffe porté par Jean Gabin.Dans le monde, 1961 marque l’entrée de l’humanité dans l’ère spatiale : le 12 avril, Yuri Gagarin devient le premier homme dans l’espace. Quelques mois plus tard, la construction du Mur de Berlin coupe l’Europe en deux, déchirant des familles pendant près de trente ans. Aux États-Unis, John F. Kennedy incarne une nouvelle génération, crée le Peace Corps, mais autorise aussi le désastre de la baie des Cochons à Cuba. En Belgique, la crise politique se poursuit après la perte du Congo, avec la chute du gouvernement Eyskens et l’arrivée du gouvernement Théo Lefèvre.Enfin, la musique est omniprésente et donne une identité à la jeunesse. On danse le twist sur Let’s Twist Again de Chubby Checker, immense succès de 1961. Johnny Hallyday séduit avec Retiens la nuit, Gilbert Bécaud bouleverse avec Et maintenant, tandis que Stand by Me de Ben E. King devient un hymne universel. Jacques Brel marque les esprits avec Le Moribond. Édith Piaf, affaiblie mais immense, triomphe avec Non, je ne regrette rien et Mon Dieu. Charles Aznavour impose son style avec Je m’voyais déjà. Et à l’Eurovision, Jean-Claude Pascal fait gagner le Luxembourg avec Nous les amoureux.

  27. 29

    1971 : de la Lune à Melody Nelson, des pattes d’eph’ à Imagine… une année de bascule

    En 1971, le monde est en pleine mutation. En février, la mission Apollo 14 se pose sur la Lune, et l’astronaute Alan Shepard y joue quelques coups de golf, symbole d’un optimisme technologique encore intact. Mais sur Terre, les secousses sont bien réelles : le président Richard Nixon met fin à la convertibilité du dollar en or, bouleversant durablement l’économie mondiale. En Belgique, l’année est marquée par la première réforme de l’État : les compétences culturelles sont confiées aux nouvelles communautés, amorçant la décentralisation du pays. Les élections voient la montée des partis régionalistes comme le Rassemblement Wallon, tandis que les agriculteurs manifestent massivement, révélant un profond malaise rural. À l’international, 1971 voit aussi la naissance de Greenpeace, l’ouverture de Walt Disney World, l’introduction de la TVA en Belgique, et une avancée historique en Suisse avec le droit de vote accordé aux femmes.Dans les maisons et les villages, le confort moderne s’installe progressivement. Robots ménagers et yaourtières font leur apparition, même si les traditions restent bien ancrées. Le café du coin demeure le centre névralgique de la vie sociale, autour d’une Jupiler ou d’une Stella, pendant que l’on refait le monde. Les pantalons pattes d’éléphant et les cheveux longs marquent la jeunesse, mais les collèges ne sont pas encore tous mixtes, et une femme divorcée reste souvent mal perçue. Les anciens métiers – houilleurs, tanneurs, poinçonneurs – cohabitent encore avec les signes d’une modernité naissante. Au petit déjeuner, on savoure un café au lait accompagné d’une tartine de sirop de Liège ou de fromage de Herve.Côté culture, 1971 ose et dérange. En librairie, Malina de Ingeborg Bachmann interroge l’identité féminine, tandis que Georges Simenon poursuit les enquêtes de Maigret. Le prix Nobel de littérature est attribué au poète chilien Pablo Neruda. En France, le Manifeste des 343, rédigé par Simone de Beauvoir et signé notamment par Jeanne Moreau, Françoise Sagan, Marguerite Duras ou Catherine Deneuve, secoue la société sur la question de l’avortement, préparant le terrain de la future loi Veil. Au cinéma, le choc est double : A Clockwork Orange de Stanley Kubrick interroge la violence humaine, tandis que La Folie des grandeurs fait rire le public français avec Louis de Funès et Yves Montand, sur une musique composée par Michel Polnareff.Enfin, la musique offre la bande-son de cette année de transition. Michel Delpech adoucit les ondes avec Pour un flirt, Joe Dassin fait rêver avec L’Amérique, tandis que Serge Gainsbourg bouleverse avec l’album Histoire de Melody Nelson. Les Les Poppys, messagers de paix, connaissent un succès international fulgurant. À l’étranger, Rod Stewart chante Maggie May, George Harrison touche le monde avec My Sweet Lord, John Lennon appelle à la paix avec Imagine, tandis que Middle of the Road fait danser avec Chirpy Chirpy Cheep Cheep. En Belgique, on se retrouve dans les bals populaires au son de Mike Brant ou Nicoletta.

  28. 28

    1973 : de la moquette marron au choc pétrolier, de Rabbi Jacob à La Maladie d’amour… la fin d’une insouciance

    En 1973, le quotidien s’inscrit pleinement dans les années 70. La télévision couleur s’est imposée dans le salon, devenu le cœur de la vie familiale. Les intérieurs osent désormais l’orange, le vert olive et le marron, les papiers peints psychédéliques et les moquettes épaisses envahissent les pièces de vie. Dans la cuisine, les meubles en formica et les appareils électroménagers – réfrigérateur et lave-linge en tête – facilitent un peu le travail des femmes, désormais nombreuses à exercer une activité professionnelle. Pourtant, le dimanche reste sacré, avec le poulet rôti, les frites maison et le pain frais acheté chaque jour chez le boulanger.Les adolescents portent des pantalons pattes d’éléphant, des pulls ajustés, les cheveux longs pour les filles comme pour les garçons. L’autorité parentale et scolaire existe encore, mais depuis Mai 68, on discute davantage. La voiture est devenue indispensable et les vacances en famille, à la mer du Nord ou dans le sud de la France, font partie des nouveaux plaisirs accessibles.Mais cette dolce vita est brutalement ébranlée en 1973 par le premier choc pétrolier. Conséquence directe de la guerre du Kippour entre Israël, l’Égypte et la Syrie, la décision de l’OPEP de quadrupler le prix du pétrole provoque inflation, ralentissement économique et hausse du chômage. Les fameuses Trente Glorieuses touchent à leur fin. Dans la vie quotidienne, on découvre les dimanches sans voitures, la limitation de vitesse, la réduction de l’éclairage public et de nouveaux mots entrent dans le langage courant : sobriété, économie, dépendance énergétique. Une époque se referme.Côté littérature, on continue pourtant de lire beaucoup. Le roman La Lisière de Patrick Grainville fait grand bruit, frôlant le prix Goncourt, tandis que René Barjavel interroge le monde moderne avec son recueil de science-fiction Béni soit l’atome. Au cinéma, 1973 est marqué par le choc de The Exorcist de William Friedkin, film dérangeant et controversé. À l’opposé, le public rit avec Les Aventures de Rabbi Jacob de Gérard Oury, porté par l’inoubliable Louis de Funès, ou encore avec L’Emmerdeur réunissant Jacques Brel et Lino Ventura. La Grande Bouffe de Marco Ferreri choque et divise, mais ne laisse personne indifférent.Enfin, la variété illumine encore cette année de transition. En Belgique, l’émission Chanson à la carte s’installe sur la RTB, tandis qu’en France La Une est à vous permet pour la première fois aux téléspectateurs de choisir leurs programmes. Sur les ondes, Michel Sardou bouleverse avec La Maladie d’amour, Julien Clerc apporte un souffle optimiste avec Si on chantait, Serge Gainsbourg confie sa fragilité dans Je suis venu te dire que je m’en vais. Maxime Le Forestier nous ouvre les portes de La Maison Bleue, et Françoise Hardy murmure Message personnel, sur des mots de Michel Berger.

  29. 27

    1965 : la télévision en noir et blanc, Tintin, les Beatles et Adamo… une année qui entre dans nos salons

    En 1965, le monde entre dans les foyers belges par un nouvel objet devenu central : la télévision, encore en noir et blanc. Plus d’un ménage sur deux en possède une. On regarde le Journal parlé en silence, pendant que papa fume dans le salon. La guerre du Vietnam, désormais filmée, n’est plus un conflit lointain : elle s’invite dans le living, suscitant inquiétude et incompréhension. Les informations arrivent aussi par la radio, souvent un meuble en bois blond branché du matin au soir sur la RTB, et par la presse écrite que l’on va chercher chez le libraire, en même temps que le pain frais à 18 francs belges. En Belgique, le roi Baudouin rassure, tandis que les fermetures de charbonnages inquiètent. En France, Charles de Gaulle est réélu, et le monde rend hommage à Winston Churchill. La Grande-Bretagne, elle, abolit la peine de mort.La vie quotidienne est réglée et rassurante. À l’école, on écrit à l’encre, on se lève quand le professeur entre, on apprend par cœur. Les enfants reçoivent leur bouteille de lait à la récréation, portent parfois l’uniforme, et s’appellent souvent Nathalie ou Thierry. Les parents travaillent 40 heures par semaine, et le samedi soir, les jeunes se retrouvent autour du juke-box, au bal ou au thé dansant. On danse le twist, on fume beaucoup, très jeune, parfois en cachette. Le monde semble cadré, mais l’envie d’autre chose se fait déjà sentir. On croit au progrès, à la science, à l’avenir : en 1965, l’ingénieur Eric Arthur Johnson invente même le premier écran tactile.Côté culture, on lit énormément. Les enfants dévorent Tintin, Spirou, Lucky Luke ou Les Schtroumpfs. Les filles suivent les aventures de Martine, tandis que les garçons vibrent avec Bob Morane de Henri Vernes. Les adultes lisent Françoise Sagan et son roman La Chamade. Au cinéma, The Sound of Music émerveille les familles, porté par Julie Andrews.Enfin, 1965 est une grande année de variété. On écoute les 45 tours sur le pick-up, la radio et le juke-box. Johnny Hallyday chante Génération perdue, Françoise Hardy bouleverse avec Mon amie la rose, Claude François fait danser avec J’y pense et puis j’oublie, Sheila rassemble Les copains, Sylvie Vartan illumine les pistes de danse.The Beatles électrisent la jeunesse avec Help! et Ticket to Ride, pendant que les Rolling Stones imposent Satisfaction. À la télévision, Mireille Mathieu est révélée, et chez nous, Adamo triomphe avec La Nuit et Vous permettez, Monsieur, confirmant une carrière désormais lancée.

  30. 26

    1968 : du formica aux barricades, de Gainsbourg à Hey Jude… une année qui a tout changé

    En 1968, la vie quotidienne se déroule souvent autour d’une table en formica, sous la lumière parfois cruelle d’un néon de cuisine. Dans les familles, l’homme reste le chef de famille, tandis que les femmes, de plus en plus nombreuses à travailler, cumulent emploi, ménage et éducation des enfants. Heureusement, le lave-linge, le réfrigérateur et l’aspirateur facilitent un peu le quotidien. Dans les villages, les commerces ambulants rythment les fins de journée : crémier, marchand de pain, poissonnier… autant d’occasions de papoter et d’échanger les rumeurs locales, un petit pain à la main.Côté musique et spectacle, 1968 marque une rencontre mythique : Jane Birkin croise la route de Serge Gainsbourg sur le tournage de Slogan. Une relation passionnée et créative débute, qui mènera au scandale de Je t’aime… moi non plus. La même année, Jacques Brel triomphe sur scène avec L’Homme de la Mancha, tandis que Claude François voit Comme d’habitude devenir My Way, adapté par Paul Anka puis immortalisé par Frank Sinatra. On fredonne aussi Joe Dassin, Yves Montand, Julien Clerc et les The Moody Blues.Mais 1968, c’est avant tout Mai 68. En France, les étudiants et les ouvriers se soulèvent, dressent des barricades et remettent en question l’autorité, la société de consommation et la guerre du Vietnam. Les slogans fleurissent : Il est interdit d’interdire, L’imagination au pouvoir, Faites l’amour, pas la guerre. Le mouvement résonne en Belgique, en Italie, aux États-Unis et en Tchécoslovaquie. Et malgré la révolte, on chante encore Hey Jude des The Beatles, l’un des plus grands succès de l’année.Sur le plan littéraire et cinématographique, 1968 est tout aussi marquante. On lit La Plaisanterie de Milan Kundera, La Nuit des temps de René Barjavel, ou encore Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez, enfin traduit en français. Au cinéma, l’Oscar du meilleur film est attribué à Dans la chaleur de la nuit, porté par l’immense Sidney Poitier, un film engagé contre le racisme.

  31. 25

    1977 : de Studio 54 à Star Wars, d’Elvis à la fondue bourguignonne… une année culte

    1977, c’est d’abord une année de naissances marquantes : Virginie Efira, Emmanuel Macron, Sarah Biasini, Christophe Beaugrand… et peut-être vous aussi. C’est aussi une période où la vie quotidienne change : les femmes sont désormais nombreuses à travailler, les hommes commencent – timidement – à aider à la maison, les lave-vaisselle se font encore rares. Les bébés voyagent en poussette canne, les repas se simplifient avec les petits pots, et l’on reçoit volontiers les amis autour d’une fondue bourguignonne ou d’une raclette, symboles d’une convivialité moderne où la maîtresse de maison reste à table avec ses invités.Côté musique, 1977 est une année contrastée et intense. Les États-Unis pleurent la disparition du King Elvis Presley, décédé le 16 août. Dans le même temps, le disco triomphe avec les Bee Gees, Boney M, ABBA, tandis que Sheila se réinvente avec Sheila B. Devotion. La variété française brille avec Michel Sardou, France Gall sur une chanson de Michel Berger, Michel Polnareff ou Laurent Voulzy. À New York, le mythique Studio 54 ouvre ses portes et devient le temple de la nuit.Au cinéma, 1977 marque l’Histoire avec Star Wars: A New Hope de George Lucas, point de départ d’une saga légendaire. Le public rit avec L’Animal, porté par Jean-Paul Belmondo et dialogué par Michel Audiard. En librairie, on frissonne avec Shining, et l’essai La Barbarie à visage humain révèle Bernard-Henri Lévy.1977 est aussi une année d’adieux : le 25 octobre disparaît Charlie Chaplin, poète du cinéma, et quelques mois plus tôt Jacques Prévert, dont les mots continuent de résonner à travers Les Feuilles mortes. Enfin, l’année est marquée par la sortie de Saturday Night Fever, avec John Travolta, par le dernier voyage de l’Orient-Express, et par la naissance de Téléfoot, accompagnée de l’hymne We Are the Champions.

  32. 24

    1970 : des hippies aux Beatles, de De Gaulle à Love Story… une année charnière

    1970, c’est d’abord une année musicale foisonnante. La jeunesse vit encore à l’heure hippie, tandis que le funk et le disco pointent le bout de leur nez, que le rock se maintient et que la chanson française s’impose durablement. On chante Mike Brant et sa prière Laisse-moi t’aimer, Joe Dassin avec L’Amérique et C’est la vie Lily, Johnny Hallyday qui interpelle avec Jésus Christ, Jean-François Michael et La jolie Candy, sans oublier Free qui électrise les ondes avec All Right Now. Autour d’eux gravitent Michel Sardou, Barbara, Claude François, Dalida, Françoise Hardy et France Gall.Mais 1970, c’est aussi un choc pour les fans : The Beatles annoncent leur séparation le 10 avril, par la voix de Paul McCartney. Ils laissent pourtant un dernier cadeau au monde avec Let It Be, numéro un international. Dans le même temps, le King Elvis Presley triomphe en tournée, rencontre Richard Nixon à la Maison-Blanche et sort The Wonder of You ainsi que l’album On Stage. Et Elton John s’impose avec Your Song, classé dans le top 5 des ventes.Sur le plan international, 1970 est lourde de sens. Au Chili, Salvador Allende est élu président avant d’être renversé et tué lors du coup d’État mené par Augusto Pinochet, avec le soutien des États-Unis. Une page sombre de l’Histoire. En contrepoint, la guerre du Biafra prend fin. Le 9 novembre 1970, la France est bouleversée par la mort du général Charles de Gaulle, mettant un terme à l’ère du gaullisme. Dans le même temps, les mouvements féministes émergent, le Concorde fait rêver, et en Belgique, grèves et contestations sociales témoignent d’une jeunesse inquiète pour son avenir. À la télévision, on parle de conquête spatiale et l’on sacre Pelé, roi du football.Côté cinéma, 1970 enchante les salles obscures. On rit avec Le Gendarme en balade de Jean Girault, on rêve avec Peau d’âne de Jacques Demy et Catherine Deneuve, on frissonne avec Borsalino réunissant Alain Delon et Jean-Paul Belmondo, et l’on admire Le Cercle rouge de Jean-Pierre Melville, dernier rôle dramatique de Bourvil. À l’international, Love Story bouleverse les cœurs, porté par la musique de Francis Lai.Enfin, l’art de vivre en 1970 reste simple et codifié. Jeans et cols roulés, jupes à plis, anoraks colorés. Les 45 tours tournent sur les pick-up, on lit Salut les Copains et Âge Tendre, on regarde la télévision en famille. Les parents sont stricts, les sujets tabous nombreux, les repas pris ensemble, parfois suivis de la messe du dimanche. Et en filigrane, une chanson semble résumer l’époque : Let it be… qu’il en soit ainsi.

  33. 23

    1962 : quand Françoise Hardy chantait, que le monde tremblait et que la mini-jupe naissait

    1962 est une année décisive pour la variété. Une jeune femme timide, guitare en bandoulière, fait une entrée remarquée dans la chanson française : Françoise Hardy. Autodidacte, elle compose ses propres chansons et connaît un succès fulgurant avec Tous les garçons et les filles, bientôt diffusé sur tous les transistors. Pendant ce temps, The Beatles enregistrent leur premier single, Love Me Do, après l’arrivée de Ringo Starr. Les Rolling Stones débutent eux aussi, tandis que naît le magazine Salut les Copains, véritable porte-voix de la génération yéyé.Mais 1962, c’est aussi une année lourde de tensions historiques. Le monde frôle la catastrophe lors de la crise des missiles de Cuba. Treize jours durant, John F. Kennedy et Nikita Khrouchtchev s’affrontent à distance, jusqu’à un accord salvateur négocié notamment par Llewellyn Thompson. La même année, le monde perd une icône avec la disparition de Marilyn Monroe, dont la prestation de Happy Birthday, Mr President reste gravée dans la mémoire collective.Côté cinéma et littérature, 1962 brille par la qualité de ses œuvres. Lawrence of Arabia de David Lean triomphe aux Oscars, porté par la musique de Maurice Jarre. En France, Un singe en hiver réunit Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo. En librairie, on lit Georges Simenon, Marguerite Yourcenar, Albert Camus, tandis que le prix Nobel est attribué à John Steinbeck. Et sur scène, Jacques Brel attend toujours sa Madeleine.Enfin, la société se transforme. Mary Quant crée la mini-jupe, symbole d’émancipation féminine. La télévision noir et blanc entre dans les foyers, les premiers jeux électroniques apparaissent, le mot informatique est inventé par Philippe Dreyfus, et à l’exposition universelle de Seattle, on découvre les prémices de l’ordinateur personnel. Et pour accompagner ces changements, une voix chaleureuse résonne sur les ondes : Ray Charles avec I Can't Stop Loving You.

  34. 22

    Johnny Hallyday, les Beatles, Mary Quant et Romain Gary : quand 1960 ouvrait une décennie de révolutions

    En 1960, Johnny Hallyday, à peine 18 ans, devient l’idole des jeunes avec Souvenir, Souvenir, porté par l’émission culte Salut les Copains sur Europe 1. La même année, à Liverpool, Paul McCartney, John Lennon, George Harrison et Ringo Starr fondent The Beatles. Ils sont jeunes, audacieux, et s’apprêtent à bouleverser la musique mondiale. Enfin, Charles Aznavour touche le cœur du public avec Je m’voyais déjà, chanson charnière d’une carrière immense, où les rêves deviennent réalité… ou presque.Motifs psychédéliques, pois, rayures, couleurs éclatantes : rose, vert pomme, bleu électrique. Les robes deviennent trapèze, les jupes raccourcissent – mini, mini, grâce à Mary Quant. Les accessoires s’affichent fièrement, les jeunes affirment leur personnalité à travers leurs vêtements. La mode devient un langage, un manifeste de liberté.Les familles belges voient leur niveau de vie s’améliorer : ouverture des supermarchés, courses hebdomadaires vécues comme une fête, argent de poche pour les enfants. Côté élégance, les parfums marquent les mémoires : Y d’Yves Saint Laurent, Mitsouko de Guerlain, ou encore la rare Chartreuse de Parme. Mais 1960, c’est aussi la grève générale contre la Loi Unique du gouvernement Gaston Eyskens, rappelant que le progrès n’efface pas les inquiétudes.Romain Gary publie La Promesse de l’aube, roman bouleversant d’amour filial, d’exil et de destinée. Marcel Pagnol conclut sa trilogie de l’enfance avec Le Temps des secrets, nous transportant dans les collines d’Aubagne et d’Allauch. Et pendant ce temps, Jacques Brel bouleverse les cœurs avec Ne me quitte pas, Marieke et Quand on n’a que l’amour… parce qu’en 1960, pleurer faisait aussi du bien.

  35. 21

    Romain Gary, Marcel Pagnol et Jacques Brel : quand 1960 se lisait et s’écoutait avec le cœur

    L’année 1960 marque un moment fort de la culture francophone, notamment en littérature et en chanson française. À cette époque, la lecture occupe une place centrale dans le quotidien : accessible, populaire et profondément ancrée dans les habitudes des Belges, elle constitue l’un des loisirs les plus répandus du pays.Parmi les livres marquants de 1960, impossible de ne pas citer La Promesse de l’aube de Romain Gary. Ce roman autobiographique retrace l’enfance mouvementée de l’auteur, entre la Russie, la Pologne et la France, jusqu’à Nice. Un parcours fait d’exils, de contrastes sociaux, entre luxe et pauvreté. Mais surtout, Romain Gary y confie ses souvenirs de guerre et l’histoire du grand amour de sa vie. Un texte intemporel, toujours aussi bouleversant.Autre œuvre essentielle de cette période : Le Temps des secrets de Marcel Pagnol. Troisième volet de sa célèbre trilogie autobiographique, ce roman prolonge La Gloire de mon père et Le Château de ma mère. Marcel Pagnol y évoque son enfance et son adolescence dans les paysages lumineux de la Provence, entre les collines d’Aubagne et d’Allauch. Ce récit précède Le Temps des amours et nous plonge, comme les tomes précédents, dans une suite de souvenirs empreints de grâce et de bonheur.Côté musique en 1960, Jacques Brel s’impose comme une figure majeure de cette année collector. Il bouleverse les cœurs avec Ne me quitte pas, une déclaration d’amour devenue mythique, capable de réveiller des souvenirs parfois douloureux, mais profondément humains. Cette même année, Jacques Brel interprète pour la première fois Marieke, une chanson qui touche particulièrement le public belge. Il offre également un autre chef-d’œuvre intemporel : Quand on n’a que l’amour, hymne à l’amour et à l’espoir.1960 demeure ainsi une année phare des Années Collector, où littérature et chanson se répondent pour façonner une mémoire culturelle encore bien vivante aujourd’hui.

  36. 20

    Parfums rares, familles en mutation et Georges Brassens : le quotidien sensible de 1960

    Si l’on remonte le fil du temps jusqu’à l’année 1960, les souvenirs affluent aussitôt. Quel âge aviez-vous alors ? Quel parfum portiez-vous ? Le parfum est essentiel : il laisse une trace invisible, persistante, dans l’air comme dans la mémoire.En 1960, le monde de la parfumerie est en pleine effervescence. Les eaux de toilette se multiplient et deviennent de véritables marqueurs d’époque. Parmi les créations emblématiques de ces années-là, on retrouve notamment Y d’Yves Saint Laurent, un parfum lancé en 1960, aujourd’hui devenu rare et recherché. Autre fragrance légendaire : La Chartreuse de Parme, signée Stendhal — non pas l’écrivain, mais le créateur de parfums — une eau de toilette luxueuse, très prisée des dames malgré son prix élevé, et désormais quasiment introuvable. Impossible également d’ignorer Mitsouko de Guerlain, un parfum culte qui traverse les décennies et reste un symbole d’élégance et de raffinement. Certains de ces parfums rares existent encore aujourd’hui en versions miniatures, très convoitées par les collectionneurs passionnés.Sur le plan social et économique, l’année 1960 marque une amélioration générale du niveau de vie en Belgique. Les familles voient apparaître une grande nouveauté dans leur quotidien : l’ouverture des supermarchés, qui transforme les habitudes de consommation. On y fait désormais les grosses courses une fois par semaine, souvent vécues comme un moment festif pour les enfants, tandis que les petits commerces de quartier restent fréquentés au quotidien.Cependant, cette période est aussi traversée par de fortes tensions sociales. 1960 est marquée par la grève générale contre la “Loi Unique”, un programme d’austérité mis en place par le gouvernement Eyskens pour redresser l’économie après l’indépendance du Congo. Cette loi prévoit une augmentation des taxes et une réduction des dépenses sociales, touchant notamment la sécurité sociale, les pensions et le chômage — des mesures qui suscitent une vive opposition.La vie de famille reste centrale, mais elle devient progressivement moins rigide. Les parents accordent davantage d’autonomie aux jeunes. Les adolescents écoutent beaucoup de musique, achètent des disques vinyles, les font tourner sur leur électrophone dans leur chambre, ou se rendent au cinéma grâce à leur argent de poche.Côté musique, Georges Brassens est au sommet de sa popularité en 1960 avec son album Les Funérailles d’antan. Sa poésie circule de foyer en foyer, son audace séduit, et son style affirme définitivement son statut d’artiste incontournable de la chanson française. Une année où Brassens, fidèle à lui-même, mêle profondeur, liberté de ton… et humanité jusque dans les anecdotes les plus simples.

  37. 19

    Les Beatles, Johnny Hallyday et Charles Aznavour : 1960, naissance des idoles

    L’année 1960 ouvre une nouvelle décennie musicale et marque l’arrivée d’un groupe britannique appelé à devenir mythique : The Beatles. À leurs débuts, les quatre garçons de Liverpool n’ont que 18 à 20 ans. Ils s’appellent Paul McCartney, John Lennon, George Harrison et Ringo Starr. Avec leurs cheveux longs — audacieux pour l’époque — ils déclenchent l’hystérie des jeunes filles et révolutionnent la scène musicale internationale.L’histoire du groupe est étonnamment brève, s’étendant de 1960 à 1970. Pourtant, en une décennie à peine, The Beatles produisent une discographie exceptionnelle et signent certaines des chansons les plus iconiques du XXᵉ siècle, influençant durablement le rock et la pop mondiale.Dans le même temps, 1960 voit éclore une autre figure majeure de la musique populaire : Johnny Hallyday. À seulement 18 ans, Johnny entre dans le monde des variétés et s’impose rapidement comme l’idole des jeunes. Son premier grand succès sort cette année-là : Souvenir, souvenir.Ce titre devient l’un des piliers de l’émission radio culte Salut les copains, diffusée sur Europe 1. Lancée en 1959, l’émission connaît un essor fulgurant dès 1960. Véritable phénomène de société, Salut les copains façonne la culture yéyé des années 60 et propulse de nombreuses stars : Sylvie Vartan, Claude François, France Gall, Françoise Hardy, et bien d’autres.Animée par Daniel Filipacchi et Frank Ténot, l’émission devient le rendez-vous incontournable de la jeunesse. Elle influence durablement la mode, le langage, les loisirs et même la manière de penser des jeunes dès 1960… et pour longtemps encore.Enfin, dans ces Années Collector 1960, une voix essentielle de la chanson française s’impose définitivement : Charles Aznavour. Après avoir été parolier pour Édith Piaf, il interprète un titre autobiographique devenu emblématique : Je m’voyais déjà, l’un des plus grands succès de sa carrière.1960 reste ainsi une année fondatrice, où émergent des artistes et des mouvements musicaux qui marqueront durablement l’histoire de la chanson et de la culture populaire.

  38. 18

    De Kennedy à la mini-jupe, de la 4L à Johnny Hallyday : 1960, l’année où tout a basculé

    Bienvenue dans Nos Années Collector, une invitation à ralentir le temps et à revisiter l’année 1960, confortablement installé, autour d’un café, dans la cuisine ou le salon. Une année dense, marquée par de profonds bouleversements politiques, sociaux et culturels, en Belgique comme à l’international.1960 est d’abord une année historique. Elle est marquée par l’indépendance du Congo, un événement majeur pour la Belgique, mais aussi par l’intensification de la crise algérienne. Aux États-Unis, la pilule contraceptive est officiellement approuvée, symbole d’un tournant sociétal majeur — tandis qu’en Europe, et notamment en Belgique, elle circule encore de manière discrète et ne sera légalisée que plusieurs années plus tard. En France, 1960 voit le lancement du nouveau franc, l’essor populaire de la Renault 4L, ainsi que la naissance du paquebot France, fleuron du savoir-faire industriel et maritime.Outre-Atlantique, l’actualité est dominée par l’élection présidentielle américaine de 1960. Après une campagne particulièrement serrée, le sénateur démocrate John Fitzgerald Kennedy l’emporte face au républicain Richard Nixon. À seulement 43 ans, JFK devient le plus jeune président élu des États-Unis, incarnant une nouvelle génération et un vent de modernité.Cette même année, la scène internationale voit également la création de OPEP, une organisation intergouvernementale réunissant les pays producteurs de pétrole afin de coordonner leurs politiques énergétiques — une décision aux conséquences durables sur l’économie mondiale.Côté mode, 1960 est une année d’audace et de liberté. Les motifs psychédéliques, les rayures et les pois s’imposent. Les teintes pastel cèdent la place à des couleurs vives : rose éclatant, vert pomme, bleu électrique. Les accessoires deviennent des éléments centraux de la tenue. Les robes sont trapèze, les jupes mini, popularisées par la créatrice Mary Quant, figure emblématique de la révolution vestimentaire féminine.Enfin, impossible d’évoquer 1960 sans parler de musique. C’est l’année des débuts de The Beatles et de Johnny Hallyday, deux phénomènes qui vont profondément transformer la jeunesse, la culture populaire et la chanson. Et puisque l’année s’y prête, comment résister à l’envie de fredonner T’aimer follement ?1960 demeure ainsi une année fondatrice, riche en événements, en innovations et en émotions, qui continue d’alimenter la mémoire collective et l’imaginaire de toute une génération.

  39. 17

    1979 : quand le monde bascule, que Coluche fait rire et que l’on danse sur les Bee Gees

    En 1979, le monde change de visage. En Iran, la révolution islamique met fin au règne du Shah et porte au pouvoir l’ayatollah Ruhollah Khomeini. Au Royaume-Uni, Margaret Thatcher devient Première ministre et inaugure l’ère conservatrice. L’URSS envahit l’Afghanistan, la Chine impose la politique de l’enfant unique, tandis qu’un traité de paix est signé entre Israël et l’Égypte. Sur le plan économique, le deuxième choc pétrolier frappe les foyers : l’essence et le mazout flambent.En France, Raymond Barre gouverne sous Valéry Giscard d’Estaing, président accordéoniste et proche des Français. En Belgique, la chute du gouvernement Leo Tindemans ouvre la voie à Wilfried Martens, tandis que se tiennent les premières élections européennes.Mais 1979, c’est aussi le rire libérateur : Coluche triomphe à la radio, Pierre Desproges et Thierry Le Luron grincent, Raymond Devos joue avec les mots, pendant que les Monty Python font hurler de rire.La musique, elle, accompagne chaque instant : on danse avec les Bee Gees, Village People, Boney M. Renaud touche juste, Patrick Hernandez fait danser la planète, Serge Gainsbourg provoque, Johnny Hallyday célèbre le rock, tandis que William Sheller murmure à l’oreille.Et dans le quotidien, on roule à vélo sans casque, on écoute des 45 tours, on collectionne des Panini, on tape à la machine à écrire, on découvre le cinéma en famille et on chante Alain Souchon à la radio.

  40. 16

    Playmobil, Barbie et La Drôlesse: souvenirs extraordinaires de 1979

    En 1979, les enfants roulent à vélo sans casque, jouent aux billes, aux patins à roulettes. Les chambres débordent de Playmobil, de Barbie, et d’images Panini. La télévision couleur s’impose, la télécommande arrive, les radios libres sont encore interdites et la FM s’agite. Les 45 tours tournent sur les platines.Au cinéma, on découvre La Drôlesse, Palme d’or à Cannes. Les salles obscures sont le loisir préféré des familles. Au bureau, pas d’ordinateur : on tape à la machine, on boit des cafés noirs dans des gobelets marron, on marche sur des trottoirs envahis de semelles compensées. Et à la radio, Alain Souchon chante L’Amour en fuite.

  41. 15

    1979 : les chansons qui faisaient battre nos cœurs (Bee Gees, Boney M et Village People)

    En 1979, les pistes de danse vibrent. On danse sur les Bee Gees, Boney M et Village People. Renaud touche juste avec Ma Gonzesse, déclaration d’amour tendre et décalée. Patrick Hernandez explose les classements avec Born to Be Alive, numéro un pendant 17 semaines. Anita Ward fait sonner Ring My Bell, tandis que Chic impose son groove.On chante Francis Cabrel, Billy Joel, Laurent Voulzy, Françoise Hardy et Christophe. Serge Gainsbourg choque avec Aux armes et cætera, tandis que Johnny Hallyday célèbre Le bon temps du rock’n’roll. Et pour finir en douceur, William Sheller murmure Fier et fou de vous.

  42. 14

    1979, Coluche, Devos et les Monty Phyton: quand l’humour osait tout… et surtout le reste

    1979 est une année où l’on rit de tout, et surtout de soi-même. À la radio, Coluche triomphe avec son émission sur Europe 1, On n’est pas là pour se faire engueuler, inspirée de Boris Vian. Son humour provocateur égratigne tout le monde, y compris les Belges… qui encaissent avec philosophie.À ses côtés, Pierre Desproges et Thierry Le Luron sévissent sur France Inter, faisant rire autant qu’ils dérangent. Et puis il y a Raymond Devos, né à Mouscron, maître absolu du jeu de mots et de l’absurde, auteur de sketches devenus cultes comme La mer démontée.De l’autre côté de la Manche, les Monty Python imposent leur humour absurde et décalé.Et puisque l’on est au Royaume-Uni, place à la musique avec Elton John, anobli par la reine, qui signe en 1979 le sublime instrumental Song for Guy.

  43. 13

    1979, révolution en Iran, URSS et choc pétrolier : quand le monde changeait de visage sous nos yeux

    En 1979, le monde est en pleine mutation. En Iran, la révolution islamique met fin au règne du Shah et porte au pouvoir l’ayatollah Ruhollah Khomeini, marquant la naissance du djihadisme contemporain. Au Royaume-Uni, Margaret Thatcher, la « Dame de fer », arrive au pouvoir et impose un tournant conservateur et libéral. L’URSS envahit l’Afghanistan, tandis qu’en Chine, la politique de l’enfant unique est instaurée pour freiner une démographie galopante. Heureusement, une note d’espoir : un traité de paix est signé entre Israël et l’Égypte.Sur le plan économique, le deuxième choc pétrolier frappe durement : essence et mazout flambent, et les foyers rouspètent. En France, Raymond Barre gouverne sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, président au style singulier, accordéon à la main. En Belgique, la chute du gouvernement Leo Tindemans ouvre la voie au gouvernement Wilfried Martens, tandis que se tiennent les premières élections européennes.Et pendant que le monde tangue, la radio diffuse In the Navy.

  44. 12

    1974 : de “J’ai rêvé New York” à “Waterloo”, une année culte des seventies

    Bienvenue sur Nostalgie+. Chaque week-end, de 11h à midi, Anouchka Sikorsky feuillette avec vous une année marquante des années 60 et 70. Aujourd’hui, arrêt sur image : 1974.En 1974, la mode affiche ses couleurs chaudes : pantalons pattes d’éléphant, pulls chaussette, motifs fleuris et matières naturelles. Les intérieurs se parent de moquettes moelleuses, de papiers peints psychédéliques et de tables en verre fumé. La radio portative accompagne les journées, et l’on fredonne J’ai rêvé New York d’Yves Simon.Côté actualité, la France élit Valéry Giscard d’Estaing, tandis qu’aux États-Unis Richard Nixon démissionne après le scandale du Watergate. Les sociétés évoluent : les débats autour de la loi Veil en France et de la dépénalisation de l’avortement en Belgique marquent profondément l’époque. À l’étranger, le Portugal vit la Révolution des Œillets.1974, c’est aussi une année de découvertes majeures : la carte à puce de Roland Moreno, la mise au jour de l’armée de terre cuite en Chine, la découverte de Lucy en Éthiopie et l’invention du Rubik’s Cube par Ernő Rubik.Sur le plan sportif, impossible d’oublier Eddy Merckx, impérial en 1974 avec un cinquième Tour de France et un titre mondial. Et en musique, l’année résonne encore avec Alain Souchon, Michel Delpech, Daniel Guichard, Dave, sans oublier la victoire de ABBA à l’Eurovision avec Waterloo.

  45. 11

    1974 : comment Eddy Merckx a-t-il dominé le sport pendant que Johnny rassemblait les foules ?

    Impossible d’évoquer 1974 sans parler de Eddy Merckx. Cette année-là est tout simplement son année. Le Cannibale remporte pour la cinquième fois le Tour de France, une performance exceptionnelle. Il domine la course de bout en bout, décroche huit victoires d’étape, porte le maillot jaune du premier au dernier jour et assoit définitivement sa suprématie en remportant le contre-la-montre final. Comme si cela ne suffisait pas, Eddy Merckx ajoute à son palmarès le titre de champion du monde de cyclisme sur route en 1974. Une saison prestigieuse, historique, qui fait la fierté de toute la Belgique.Pendant ce temps-là, un autre Belge marque les esprits autrement. Johnny Hallyday donne un concert hors du commun au pénitencier de Bochuz Prison, en Suisse, offrant un moment de musique et d’humanité aux détenus. Un geste fort, généreux, fidèle à l’homme.Côté chansons, 1974 est une année d’émotion pure. Michel Delpech touche en plein cœur avec Les Divorcés, Daniel Guichard bouleverse avec Mon Vieux, Dave fait voyager avec Vanina, tandis que Jean Gabin surprend avec Maintenant je sais. Les succès se comptent aussi en disques de platine pour Elvis Presley avec Elvis Forever et Serge Lama avec Chez moi.Enfin, à l’Eurovision 1974, la Suède triomphe avec ABBA et leur titre Waterloo, lançant l’une des plus grandes aventures musicales de l’histoire.

  46. 10

    Cartes bancaire, puzzle et Lucy: les grandes découvertes de 1974

    En fouillant l’année 1974, on tombe sur des inventions et des découvertes qui ont profondément transformé notre quotidien. Cette année-là, le Français Roland Moreno invente la carte à puce. Une petite révolution technologique qui va bouleverser durablement le monde bancaire, les télécommunications et même le secteur de la santé, jusqu’à devenir un standard international. Depuis, impossible de regarder sa carte bancaire de la même façon.Toujours en 1974, le 29 mars, en Chine, des paysans font une découverte absolument extraordinaire. En creusant la terre, ils mettent au jour des fragments d’une figurine en argile. Ces vestiges conduisent à la révélation d’un immense tombeau antique contenant des milliers de statues : la célèbre armée de terre cuite, gardienne silencieuse d’un empereur depuis plus de deux millénaires.Cette même année, une autre découverte majeure bouleverse notre compréhension de l’humanité. En Éthiopie, des chercheurs exhument le fossile d’une australopithèque âgée de plus de trois millions d’années, baptisée Lucy. Un nom devenu mythique, symbole de nos origines les plus lointaines.Et puis, 1974, c’est aussi l’invention d’un casse-tête qui fera tourner bien des têtes. Le Hongrois Ernő Rubik, architecte et professeur de design, crée le Rubik’s Cube. Un cube multicolore fascinant, parfois agaçant, vendu à des millions d’exemplaires dans le monde entier… et que l’on n’arrive toujours pas tous à résoudre.

  47. 9

    1974 : une année de bouleversements, de libertés nouvelles et de chansons légères ?

    Que se passe-t-il en 1974 ? Beaucoup de choses, et pas des moindres. En France, l’année est marquée par l’élection de Valéry Giscard d’Estaing à la présidence de la République, symbole d’un changement de génération et de style. Aux États-Unis, le monde assiste, médusé, à la démission forcée de Richard Nixon, rattrapé par le scandale du Watergate.Toujours en France, 1974 voit l’adoption de la loi portée par Simone Veil, autorisant l’avortement, jusque-là interdit et sévèrement puni. Une avancée majeure pour les droits des femmes. En Belgique, le débat est plus lent et douloureux. L’arrestation du docteur Willy Peers en 1973 déclenche de vastes manifestations. Pourtant, entre 1974 et 1978, les discussions politiques restent bloquées, tandis que les mouvements féministes et progressistes intensifient leurs actions. L’avortement ne sera légalisé qu’en 1990.À l’étranger, 1974 rime aussi avec espoir : au Portugal, la Révolution des Œillets met fin à près de cinquante ans de dictature, renversant le régime autoritaire du général António de Spínola.Et pendant que le monde change, la musique adoucit les esprits. En 1974, un jeune artiste touche le cœur du public avec ses mots simples et tendres : Alain Souchon connaît son premier grand succès avec J’ai dix ans, une chanson légère comme une parenthèse d’enfance dans une époque mouvementée.

  48. 8

    1974 : quand la mode, la maison et la musique dessinaient notre quotidien

    En 1974, on prend le temps de vivre. Le dimanche, on s’installe, on écoute la radio, et l’on se reconnaît dans une époque aux codes bien marqués. La mode d’abord : les pantalons à pattes d’éléphant et à taille basse sont partout. Les filles enfilent des pulls chaussette aux tons chauds — brun, jaune moutarde, ocre, vert olive — tandis que garçons et filles portent de larges ceinturons à grosses boucles décoratives. Les robes affichent des motifs à carreaux ou à fleurs, héritage assumé de la période hippie. Les coupes sont amples, les manches larges, les matières naturelles reprennent leurs droits, et le jean entre définitivement dans les garde-robes.Même les mariages changent d’allure : adieu les longs voiles et les traînes en mousseline, place aux capelines, aux grands chapeaux et aux couronnes de fleurs. À la maison, la décoration reflète elle aussi l’époque : moquettes épaisses et moelleuses, souvent beiges ou marron, papiers peints psychédéliques aux tons chaleureux, canapés en cuir souple, tables de salle à manger en verre fumé et aluminium.La radio, elle, ne s’éteint jamais. Elle accompagne les journées, les gestes du quotidien, et surtout les chansons que l’on fredonne à tue-tête. En 1974, une voix résonne particulièrement fort dans les foyers : Yves Simon avec J’ai rêvé New York, hymne doux-amer d’une génération tournée vers l’ailleurs et les grands espaces.

  49. 7

    1967, l’année de Respect, All You Need Is Love et Bonnie and Clyde

    Chaque samedi et chaque dimanche, de 11h à midi, Anouchka Sikorsky vous invite à un voyage dans le temps à travers Nos Années Collector, une émission dédiée aux grandes années des années 60 et 70, à leur musique, leur culture et leur art de vivre.Pour ce nouveau rendez-vous, nous ouvrons le grand album des souvenirs et feuilletons l’année 1967, une année emblématique des sixties, marquée par de profonds bouleversements culturels, sociaux et artistiques.En 1967, la société reste majoritairement structurée autour du modèle familial patriarcal. Le père travaille, la mère gère le foyer et l’éducation des enfants, même si certaines femmes commencent à prendre leur place dans la vie active. Les foyers s’équipent peu à peu : téléviseurs noir et blanc sans télécommande, téléphone fixe, lave-linge et réfrigérateur deviennent les nouveaux symboles du confort moderne.On partage les repas en famille autour de recettes traditionnelles — blanquette de veau, poulet-frites ou macaroni jambon — pendant que les enfants jouent dehors à la marelle, aux billes ou au ballon rouge. L’hiver, place aux jeux de société, au Monopoly ou aux cartes, près du feu.En Belgique, Baudouin est sur le trône. L’année est marquée par des tensions communautaires, notamment la crise universitaire résumée par le slogan « Walen Buiten ». Elle est aussi endeuillée par l’incendie tragique de l’Innovation, le 22 mai 1967, l’un des plus meurtriers de l’histoire du pays.Heureusement, la radio est partout. En 1967, les ondes diffusent des titres devenus éternels :All You Need Is Love des The BeatlesInch’Allah de Salvatore AdamoA Whiter Shade of Pale de Procol HarumSans oublier l’irrésistible montée en puissance de Aretha Franklin, qui impose définitivement la soul avec Respect, hymne universel devenu l’un des plus grands titres de l’histoire de la musique.1967 est aussi une grande année littéraire. On lit L’Amante anglaise de Marguerite Duras, ou encore Les Choses de la vie, adapté plus tard au cinéma. Côté belge, Georges Simenon publie Le Chat et une nouvelle enquête du commissaire Maigret.La bande dessinée occupe une place centrale avec Astérix, Lucky Luke, Gaston Lagaffe ou encore Achille Talon, véritables piliers de la culture populaire.Sur les écrans, 1967 voit naître des chefs-d’œuvre comme Bonnie and Clyde, Le Samouraï ou encore Les Demoiselles de Rochefort, porté par la musique de Michel Legrand. Une année riche, audacieuse, et toujours regardée avec émotion.

  50. 6

    1967 en chansons : quand la voix des femmes faisait vibrer le monde

    Côté musique, 1967 est une année riche, intense, inoubliable. À l’Eurovision de la chanson, c’est Sandie Shaw qui remporte le concours pour le Royaume-Uni avec Puppet on a String. Pieds nus sur scène, elle marque les esprits et offre au Royaume-Uni la première d’une longue série de victoires. Le concours se tient alors à Vienne, en Autriche, et rassemble déjà toute l’Europe autour de la chanson populaire.Mais si l’on devait retenir les tubes de 1967, ils porteraient sans hésiter la voix d’Aretha Franklin. En seulement deux années, 1967 et 1968, la Queen of Soul enchaîne cinq titres majeurs qui entrent définitivement dans l’histoire de la musique. Des chansons puissantes, chargées de sens, de fierté et d’émotion.Parmi elles, Respect. À l’origine composée et interprétée en 1965 par Otis Redding, la chanson prend une dimension nouvelle lorsque Aretha Franklin la reprend en 1967 pour son album I Never Loved a Man the Way I Love You. Ici, la femme amoureuse ne supplie plus : elle exige. Elle réclame le respect, impose sa voix, sa place, sa dignité.L’interprétation est fulgurante. Le public adhère, les ventes explosent, et Respect devient un hymne. Des années plus tard, le magazine Rolling Stone classera la chanson parmi les cinq plus grandes de tous les temps. Preuve que 1967 n’a pas seulement fait danser : elle a aussi fait avancer les mentalités.

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ABOUT THIS SHOW

Nos Années Collector est une séquence emblématique de Nostalgie+, animée par Anouchka Sikorsky , qui invite les auditeurs à replonger dans une année précise des années 60 ou 70, chaque week-end, le samedi et le dimanche de 11h à midi. Le temps d’une heure, Anouchka ouvre l’album des souvenirs et feuillette une année comme on tournerait les pages d’un vieil agenda : avec émotion, précision et tendresse. Que faisiez vous cette année-là ? Où viviez vous ? Quel âge aviez-vous ? Qu’écoutiez vous à la radio ? Autant de questions qui réveillent la mémoire collective et personnelle. Dans Nos Années Collector, chaque année est explorée sous tous ses angles : la musique des années 60 et 70, avec les grands tubes et artistes incontournables comme Françoise Hardy, Johnny Hallyday, Claude François, Joe Dassin, Michel Sardou, Serge Gainsbourg, Elvis Presley, The Beatles, The Rolling Stones, Bee Gees, ABBA ou encore Elton John ; les événements historiques et politi

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