PODCAST
Podcast Rendez-vous avec X
Podcast inofficiel de l'émission Rendez-vous avec X, tiré du site http://rendezvousavecmrx.free.fr/
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Un état palestinien peut-il encore exister ?
Un Etat palestinien existera-t-il un jour ? La question est polémique sinon provocatrice, puisque les partisans de la paix et la diplomatie internationale, quasi-unanimes, continuent d'affirmer que la résolution de ce conflit vieux de quelques sept décennies ne peut passer que par la création d'un Etat palestinien qui co-existerait avec l'Etat hébreu !Pourtant, lorsqu'on regarde une carte géographique, il apparaît que le territoire sur lequel pourrait s'établir cet éventuel Etat palestinien est de plus en plus mité par les colonies israéliennes. Une évolution constante depuis la guerre des Six-Jours et l'occupation de la Cisjordanie par Tsahal. Aujourd'hui, plus de 500.000 colons israéliens y sont installés et chaque semaine ou presque voit la construction de nouvelles implantations en territoire occupé. Et il ne faut pas attendre du gouvernement israélien, le plus à droite jamais formé en Israël, un infléchissement de cette politique systématique de colonisation.En réalité, c'est en tout cas l'avis des observateurs les plus lucides, faisant fi du droit international et de toutes les résolutions adoptées par l'ONU, l'Etat israélien poursuit le grignotage de la terre palestinienne. Ce qui, à terme, rendra impossible la création d'un état palestinien viable. Et mettra la communauté internationale devant le fait accompli ! Mais n'était-ce pas, dès le début, l'ambition des partisans du Grand Israël qui sont aujourd'hui au pouvoir et qui, tout au long de l'histoire de l'Etat hébreu, n'ont cessé d'exercer leur influence sur tous les gouvernements israéliens, quelle que soit leur couleur politique...
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Bouaké : une affaire d'Etat
La tragédie de Bouaké, c'était une bavure manipulée ! Curieux oxymore du général Poncet qui commandait l'opération Licorne en Côte d'Ivoire... Une tragédie qui, rappelons-le, a coûté la vie de neuf militaires français en novembre 2004... Une bavure manipulée, peut-être. Mais plus certainement un vrai scandale d'état si l'on en juge par les derniers développements d'une affaire qui, dix ans plus tard, n'a toujours pas reçu de réponse judiciaire et suscite de nombreuses questions embarrassantes... Car on a rarement assisté à un tel étalage d'allégations mensongères, de demi-vérités et de négligences qui ne doivent rien au hasard.Monsieur X, qui a déjà évoqué cette affaire, a donc décidé de rouvrir ce douloureux dossier. En effet, si l'attaque aérienne de Bouaké a provoqué dix morts, neuf soldats français et un humanitaire américain, il ne faut pas oublier qu'elle a été le point de départ d'événements encore plus meurtriers qui ont ensuite ensanglanté la capitale économique de la Côte d'Ivoire, Abidjan.Retour donc sur l'affaire de Bouaké. Sur ses mystères et ses mensonges.
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Kim Jong Il fait son cinéma
L'histoire est à peine croyable : pour vivifier et renouveler le cinéma de son pays, le dictateur nord-coréen Kim Jong-Il a tout simplement fait enlever deux stars sud-coréennes afin de les obliger à travailler pour lui ! Prisonniers, ces deux artistes n'ont pas eu d'autres choix que d'exercer leur art au service de la Corée du Nord. Et il leur faudra attendre de longues années avant de pouvoir échapper à leur geôlier ! Et de retrouver leur patrie.Mais si cette affaire semble proprement insensée, il faut la replacer dans un cadre plus large : à plusieurs reprises, la dictature nord-coréenne a procédé au kidnapping de plusieurs citoyens du sud ou de Japonais. Afin, par exemple d'en faire des espions. Une pratique que les Nord-coréens ont longtemps niée avant, finalement, de devoir reconnaître du bout des lèvres leur culpabilité... Au moins en ce qui concerne les enlèvements de Japonais.Monsieur X, a eu entre les mains un ouvrage étonnant qui retrace l'invraisemblable épopée de ce couple mythique de cinéastes sud-coréens, internationalement connu. Plaisamment intitulé 'Une superproduction de Kim Jong-Il', ce livre de l'Américain Paul Fischer propose un récit détaillé et précis de la tragique mésaventure de Choi Eun-hee et Shin Sang-ok. Monsieur X s'en est inspiré. Mais, dit-il d'emblée, si l'enlèvement de ces deux stars est particulièrement emblématique, il s'agit aussi d'une affaire qui ne doit pas masquer une réalité encore plus monstrueuse...
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Ukraine : le plan de Poutine
Novorossia ! La nouvelle Russie ! Tel est le nom du plan élaboré par Poutine et ses conseillers pour croquer un morceau d'Ukraine... Car, c'est en tout cas l'opinion de Monsieur X, les agissements de la Russie dans l'Est et le Sud de cette ancienne République soviétique ne doivent rien au hasard ni aux errements de la politique ukrainienne. En réalité, le Kremlin applique un plan minutieusement préparé... Il se propose d'en donner le détail.Auparavant, il revient sur les derniers développements d'un conflit qui, selon les estimations les plus optimistes, a déjà causé la mort de plus de 5.000 morts et provoqué la déplacement de plus de centaines de milliers d'Ukrainiens. Il s'agit donc d'une véritable guerre au coeur même de l'Europe et qui aboutirait, si Poutine réalise son dessein, à redessiner des frontières à l'intérieur de notre continent pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.Pour autant, et sans vouloir absoudre Vladimir Poutine, il faut remarquer que les territoires convoités par la Russie, essentiellement au sud-est de l'Ukraine, n'ont été attribués à ce dernier pays par le pouvoir bolchevique qu'au début des années 20. Alors qu'ils avaient été conquis par les Tsars, deux siècles plus tôt... à commencer par la Crimée. Bref, Poutine ambitionnerait de ressusciter l'empire russe.
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Nkrumah et Ben Barka frères de combat (2/2)
C'était le héros du panafricanisme et il ne rêvait que d'édifier sur son continent natal une confédération de pays africains : les états-Unis d'Afrique ! Cet homme, c'était Kwame Nkrumah, un pionnier du combat anticolonialiste, élu dès 1957 président de son pays nouvellement indépendant, le Ghana, l'ancienne Côte d'Or britannique. Mais ce dirigeant emblématique était aussi l'un des porte-drapeaux des mouvements de décolonisation qui agitaient le tiers-monde après la fin de la Seconde Guerre mondiale... Il était en particulier l'un des leaders de ce que l'on a appelé la Tricontinentale ! C'est-à-dire un mouvement regroupant des organisations anti-impérialistes et progressistes d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine qui était devenu assez logiquement la bête noire des puissances occidentales. D'autant plus que cette Tricontinentale était soupçonnée de rouler en réalité pour le Bloc de l'Est. Ses dirigeants étaient donc des cibles pour les services secrets de l'Ouest.Monsieur X nous l'a dit la semaine passée, le principal animateur de ce mouvement était un ami de Nkrumah, le Marocain Mehdi Ben Barka, enlevé à Paris en 1965 et vraisemblablement assassiné. Et justement, d'après mon interlocuteur, de nouvelles informations sur cette mystérieuse affaire semblent indiquer que les services israéliens auraient été impliqués dans la disparition de Ben Barka. Mais auparavant, avant d'explorer cette piste, Monsieur X revient sur le parcours de Nkrumah. Dans la décennie 1960, le Ghanéen, déjà victime de plusieurs tentatives d'attentat, est de plus en plus menacé. Et Washington ne semble pas étranger à ces manoeuvres de déstabilisation.
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Nkrumah et Ben Barka frères de combat (1/2)
Certains de ses partisans l'appelaient 'Monsieur Dynamo' ! Une façon de rendre hommage à son inlassable activité en faveur du Tiers-Monde et des peuples opprimés...Cet homme c'était Ben Barka ! Et, un demi-siècle après sa disparition, on s'interroge toujours. Si l'on sait de façon quasi-certaine qu'il a été tué par des compatriotes, agissant au nom du pouvoir marocain, on ne sait pas dans quelles circonstances et on ignore ce qu'est devenue sa dépouille...Mais, très récemment, des informations en provenance d'Israël semblent éclaircir tous ces points. Et Monsieur X n'est guère étonné car, déjà, lors de précédents entretiens, mon interlocuteur m'avait laissé entendre que des agents israéliens avaient joué un rôle dans cette mystérieuse affaire. Et, bien sûr, nous allons ensemble y revenir. Mais, coïncidence, Monsieur X avait choisi d'évoquer l'histoire emblématique d'un dirigeant qui était une pièce indispensable dans le dispositif anticolonialiste que mettait en place Ben Barka au sein de ce que l'on nommait dans les années 1960 la Tricontinentale. C'est-à-dire une organisation des dirigeants des pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine décidés à conduire une action concertée contre l'impérialisme occidental...Cet homme, c'était le président ghanéen, Kwame Nkrumah, le chantre du panafricanisme. Un éminent personnage qui, à l'instar de son ami Ben Barka, était lui aussi l'une des bêtes noires des puissances occidentales qui soupçonnaient la Tricontinentale de rouler en réalité pour le Bloc de l'Est. Nkrumah, Ben Barka et les autres étaient donc des cibles naturelles pour les services secrets de l'Ouest !
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Les cellules Alpha
C'est le secret dans le secret ! L'existence au sein même de nos services secrets d'une cellule encore plus secrète : un petit noyau de tueurs qui ne peuvent être activés que par les plus hautes instances de notre pays ! C'est-à-dire le président de la République ! Mais attention, ces assassins d'état ne sont pas censés exister. Et leurs faits d'armes encore moins !Ce sont les tueurs Alpha ! Ils ne figurent dans nul organigramme et aucun document administratif ne mentionne leurs activités. Et, bien sûr, dans les archives officielles on ne trouve pas trace des missions qui leur ont été confiées !Autre révélation, qui n'est pas moins étonnante - je l'ai trouvée dans un livre récent de mon confrère Vincent Nouzille -, parmi les présidents de la Vème République qui ont eu recours aux services de ces spécialistes de l'assassinat ciblé et extrajudiciaire, c'est François Hollande qui semble avoir été leur employeur le plus constant ! Celui, donc, qui n'a pas hésité à secrètement condamner à la peine suprême les pires ennemis de notre pays. Et, évidemment, il s'agit de terroristes coupables d'avoir donné la mort à quelques-uns de nos concitoyens... Et qui ont donc été châtiés en tant que tels ! Bref, c'est l'application de la loi du Talion au plus haut sommet de l'état.Mais naturellement François Hollande n'a pas été le premier président à agir ainsi. Et avant même la création du groupe Alpha, au mitan des années 1980, d'autres chefs d'état ont usé, et parfois même abusé, de ce redoutable droit de vie ou de mort, exercé dans le plus grand secret et sans le contrôle d'une instance élue et donc représentative.
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La guerre des clans au Kazakhstan et ses rebondissements en France
Il est tout puissant. Et il est riche, très riche ! C'est pourquoi on lui déroule le tapis rouge... Noursoultan Nazarbaev, président quasi inamovible du Kazakhstan. 'Papa', comme ses fidèles l'appellent. Un ancien apparatchik communiste qui règne sans partage sur cet immense pays de l'Asie centrale, une ex-République soviétique. Oui, on lui fait les yeux doux car le Kazakhstan, c'est un peu le nouvel Eldorado. Sous ces steppes désolées, on trouve en quantité de l'uranium, des métaux rares, du gaz, du pétrole... Bref, il y a là de quoi susciter maintes convoitises. Et d'abord à l'intérieur même du pays où s'édifient des fortunes considérables sur fond de féroces luttes claniques. Mais aussi à l'extérieur où les multinationales et les grandes puissances lorgnent sur ce trésor qui semble inépuisable. Il n'est jusqu'à Vladimir Poutine qui voudrait faire du Kazakhstan l'un des piliers de son grand rêve : l'édification d'une union eurasienne, qui serait à l'Est le pendant de l'Union européenne, c'est-à-dire le rassemblement sous sa houlette des peuples slaves et turcophones. Bref, au fond, la reconstruction de l'ex-empire soviétique.Et la France ? Elle est aussi concernée par les affaires kazakhes... Et d'abord parce nos industriels et nos hommes politiques manifestent beaucoup d'appétit pour la richesse de ce pays et les contrats qu'on peut y signer, quitte parfois à user de procédés douteux. Ainsi la Justice s'intéresse particulièrement au sénateur Aymeri de Montesquiou qui vient de perdre son immunité parlementaire à cause de son intervention supposée dans une vente d'hélicoptères. Et ensuite, assez curieusement, parce que des affrontements entre les oligarques kazakhs se sont déportés chez nous. Pour le plus grand embarras de la Justice française.
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Iran, le retour (2/2)
'Vers l'Orient compliqué, je volais avec des idées simples' écrivait le général de Gaulle dans ses Mémoires de guerre... L'Orient compliqué, oui. Et qui ne l'a jamais été autant, si l'on en juge par les derniers développements de la situation en Syrie, en Irak, au Liban et maintenant au Yémen. C'est une véritable tempête qui souffle sur ces pays où, comme le disait Monsieur X la semaine passée, un acteur devient incontournable : l'Iran ! L'Iran, partenaire incommode mais indispensable de la lutte contre Daech, l'Etat islamique. Mais l'Iran qui continue à soutenir coûte que coûte la dictature de Bachar el-Assad en Syrie et manipule le Hezbollah au Liban... L'Iran, enfin, qui édifie patiemment ce que d'aucuns appellent l'arc chiite au Proche et au Moyen Orient. Et qui, il y a peu, a provoqué une vive réaction de son meilleur ennemi, l'Arabie saoudite. Ryad, en effet, exaspéré par la mainmise iranienne croissante dans la région, a décidé d'intervenir militairement au Yémen, aux côté d'autres états arabes sunnites, et avec l'appui logistique des Etats-Unis, pour contrer la rébellion houthiste, un mouvement chiite soutenu par Téhéran. Paradoxe de la situation, cette même Arabie saoudite fait partie de la coalition anti-Daech. Or l'Iran, même s'il n'en fait pas théoriquement partie, apparaît de plus en plus comme étant le fer de lance du combat contre les barbares de l'état islamique ! Les Etats-Unis ne sont pas moins embarrassés : l'Arabie saoudite demeure leur allié le plus sûr dans la région. Mais en même temps, les dirigeants américains veulent apaiser leurs relations avec l'Iran. Forcément au grand dam des Saoudiens qui ne se satisferont pas de l'aide que Washington leur accorde dans leur campagne yéménite.Monsieur X poursuit donc aujourd'hui son récit à la lumière du parcours d'un homme de l'ombre qui semble tirer toutes les ficelles, et depuis des années : le général iranien Qassem Suleimani !
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Iran, le retour (1/2)
Il faut le reconnaître : l'Iran est devenu aujourd'hui incontournable ! Ce même Iran classé parmi les pays faisant partie de 'l'Axe du mal' selon George Bush junior... L'Iran, Etat terroriste, soupçonné de vouloir se doter de l'arme nucléaire et toujours, au moins officiellement, désireux d'anéantir Israël... Bref, l'Iran des Ayatollahs, distributeurs de fatwas de mort... Eh bien aujourd'hui, même Washington doit admettre qu'il représente une force stabilisatrice au Moyen Orient et qu'il est devenu de facto un allié de poids, quasi-indispensable, dans la lutte contre Daech, l'Etat islamique. En dépit du soutien qu'il continue à accorder au Syrien Bachar al-Assad et au Hezbollah libanais...Monsieur X, qui m'a souvent parlé de cette partie du monde plus troublée que jamais, a donc entrepris dans ce nouvel entretien de me raconter cet extraordinaire retournement de situation. Et il en profite pour évoquer un personnage méconnu mais qui, souvent dans l'ombre, tire les ficelles militaires et politiques de tout ce qui se passe dans la région. Cet homme, c'est un général, Qassem Suleimani, chef de la force AlQods, l'unité d'élite des Gardiens iraniens de la Révolution. L'homme qui est peut-être le chef de guerre le plus puissant du Proche et Moyen Orient actuel ! Mais qui était aussi auparavant l'un des hommes les plus recherchés au monde à cause des actions terroristes qu'il a commanditées, en particulier contre l'Occident !
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Zaïre : le retour des 'Affreux'
On les a appelés les 'Affreux'. Des mercenaires à l'ancienne. C'est-à-dire avant que n'apparaissent sur le marché de la guerre ces armées privées, cotées en bourse et quasi-industrialisées, telles Blackwater... Non, ceux-là, les Affreux, étaient souvent des soldats perdus, et toujours des types en mal d'aventure. Français, Belges, Yougoslaves, Sud-Africains, ils se sont rendus tristement célèbres en combattant dans l'ex-Congo belge dans les années 1960 ou sur d'autres théâtres d'opérations africains où ils ont généralement soutenu le pouvoir blanc ou des causes néo-colonialistes. L'une de leurs dernières équipées ayant été, rangés sous la bannière du mythique Bob Denard, une tentative de prise de pouvoir dans les Comores.Mais on connaît moins le rôle qu'ils ont joué en 1996 et 1997 lorsque la France a essayé vainement de sauver le soldat Mobutu, notre ami le dictateur zaïrois... Une intervention militaire désastreuse et sanglante qui a aussi été, symboliquement, le chant du cygne de Jacques Foccart, le grand prêtre de la Françafrique.Monsieur X m'a donc proposé cette semaine de me raconter cet ultime épisode de l'intervention des Affreux sur le continent africain, où Paris n'a pas hésité à mobiliser dans le plus grand secret des criminels de guerre serbes !
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Gary Webb, l'homme qui a eu raison trop tôt
Le résumé de l'histoire, le pitch, comme on dit de nos jours, est d'une simplicité glaciale : un journaliste, après une longue enquête, publie une série d'articles fracassants. Il dénonce un authentique scandale : la compromission des services de renseignement de son pays avec des narco-trafiquants. Cette publication fait sensation. Mais bientôt, le journaliste est accusé par les plus grands médias d'avoir pris des libertés avec la vérité. Un vrai lynchage ! Sa rédaction en chef qui l'avait d'abord soutenu avec enthousiasme le lâche peu à peu. Contraint à la démission, il sombre. Et il finit par se donner la mort. Pourtant, on le sait aujourd'hui, ce journaliste n'avait rien inventé.Telle est donc la trame d'un film américain récent, Secret d'état. Mais il ne s'agit pas d'une fiction. Le journaliste, Gary Webb, a réellement existé et il s'est vraiment suicidé en 2004. Si Monsieur X a décidé de me raconter cette histoire, c'est qu'elle jette une lumière crue sur le fonctionnement de la plus grande démocratie du monde, comme on l'habitude de dire... Pourquoi la minutieuse enquête de Gary Webb n'a-t-elle pas provoqué un véritable séisme aux états-Unis. Alors même que le journaliste mettait en évidence que les activités criminelles de la CIA étaient directement responsables de l'épidémie de drogue qui avait submergé la côte ouest dans les années 80 et surtout sévi dans la population afro-américaine. Et si la grande presse n'avait pas suivi et avait même fini par pilonner le travail du journaliste, était-ce seulement parce qu'au même moment il n'était question que des exploits sexuels de Bill Clinton avec une stagiaire de la Maison Blanche ? Un rideau de fumée ou la volonté d'étouffer à tout prix un scandale dévastateur ?
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753
Qui a tué le procureur argentin Alberto Nisman ? (2/2)
Ses proches sont formels : le procureur argentin Alberto Nisman n'était nullement suicidaire. Et d'ailleurs, un homme qui a préparé une liste de courses pour sa femme de ménage, a-t-il l'intention de se donner la mort ? Plus sérieusement, un magistrat qui devait présenter le lendemain un important rapport devant une commission parlementaire, pouvait-il avoir l'intention de mettre fin à ses jours ? Non, dans cette affaire mystérieuse, rien ne plaide en faveur du suicide... Et tout, au contraire, incline à penser à un assassinat... à commencer par le fait que sur les mains de Nisman, il n'a été retrouvé nulle trace de poudre... Ou encore que les caméras de surveillance installées autour de son immeuble se trouvaient curieusement en panne le jour de sa disparition. Et puis il y avait les nombreuses menaces que le procureur avait reçues...Alors pourquoi aurait-il été éliminé ? Le mobile de son ou de ses éventuels meurtriers doit bien sûr être recherché dans son travail de magistrat : la direction d'une enquête aussi tentaculaire que confuse sur un double attentat antisémite perpétré à Buenos Aires dans les années 90. Pour sa part, Alberto Nisman menait des investigations depuis dix ans et il était donc sur le point de communiquer dans un document quasi-définitif ses conclusions. Monsieur X nous l'a dit la semaine passée, le procureur allait certainement pointer la responsabilité des Iraniens dans ce double attentat... Toutefois il se disait aussi qu'il allait accuser le pouvoir, la présidente Kirchner en l'occurrence, d'avoir tout fait pour étouffer l'affaire et exonérer Téhéran... Devait-on alors le faire taire à tout prix ? Mais, à la toute fin de son dernier entretien, mon interlocuteur me disait aussi que d'une façon ou d'une autre, il fallait chercher la vérité du côté des services secrets argentins...
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Qui a tué le procureur argentin Alberto Nisman ? (1/2)
'Je suis Nisman !' Comme les millions de Français qui ont défilé en proclamant 'Je suis Charlie', des centaines de milliers d'Argentins sont récemment descendus dans les rues de Buenos Aires en scandant 'Je suis Nisman !'. Alberto Nisman, un procureur, retrouvé mort chez lui, alors qu'il devait le lendemain rendre public son rapport d'enquête sur une affaire dramatique qui empoisonne la vie politique argentine depuis une vingtaine d'années : l'attentat antisémite le plus sanglant de toute l'histoire de l'Argentine, 84 morts et 300 blessés en juillet 1994 ! Un attentat qui avait été précédé par une autre action terroriste contre l'ambassade d'Israël au cours de laquelle, en mars 1992, 28 personnes avaient péri.Dans ces conditions, la mort de Nisman a donc provoqué un véritable traumatisme en Argentine. D'autant que les circonstances de son décès ne sont toujours pas éclaircies : si, de façon hâtive, les autorités du pays ont évoqué un suicide, cette thèse a été non moins rapidement battue en brèche et la mort mystérieuse du procureur est même devenue une affaire d'état. Qui avait intérêt à étouffer son enquête ? Et si Nisman a été assassiné, qui a commandité ce meurtre ? La présidente Kirchner, elle-même, ne doit-elle pas être soupçonnée ? Bref, nombreux sont les Argentins qui dénoncent un vrai scandale politique. Un scandale qui fait remonter à la surface les heures les plus sombres de l'histoire du pays.
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1944, massacre au camp de Thiaroye
Et si tout avait commencé à Thiaroye ? Tout, c'est-à-dire l'irrésistible mouvement de décolonisation du continent africain, et la prise de conscience par les 'indigènes', comme on les appelait encore au mitan du 20ème siècle, de leur condition d'exploités et de sous-hommes ! Oui, si tout avait commencé le 1er décembre 1944, à Thiaroye, modeste casernement de la banlieue de Dakar, sous le feu de la soldatesque coloniale française. Bien entendu, c'est une supposition réductrice et certainement inexacte. Et pourtant, le massacre de Thiaroye demeure comme une cicatrice indélébile dans l'histoire de la colonisation. Un événement originel qui a profondément marqué l'Afrique francophone et dont le souvenir reste vif, 70 ans plus tard. A tel point que François Hollande, lors d'un voyage récent au Sénégal, a reconnu officiellement la responsabilité de la France dans la tragédie de Thiaroye. Une déclaration qui est en quelque sorte pour les Africains le pendant du discours de Jacques Chirac lorsqu'en 1995, il a solennellement reconnu la responsabilité des autorités françaises dans la rafle du Vel d'Hiv' et la déportation des Juifs.Cependant, rares sont les Français qui connaissent l'affaire de Thiaroye. C'est pourquoi Monsieur X m'a proposé de me raconter cette page sombre de notre Histoire coloniale.
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Retour sur la Libye (2/2)
Et si les Kadhafistes revenaient au pouvoir en Libye ? La question peut paraître aujourd'hui quelque peu scandaleuse. Et pourtant... Face au chaos qui règne en Libye où deux gouvernements, qui s'estiment aussi légitimes l'un que l'autre, s'affrontent sur fond de guerre entre les diverses milices islamistes, certains se demandent si telle ne serait pas la solution... D'abord, forcément, les voisins, égyptien, tunisien ou tchadien, que le désordre libyen inquiète à juste titre... L'Italie aussi dont les côtes sont proches. Ensuite quelques Libyens eux-mêmes qui, sans regretter le bourreau que fut Kadhafi, aspirent au retour de l'ordre et de la paix civile. Et enfin, quelques chancelleries ne sont pas loin de partager ce point de vue, tant il apparaît aujourd'hui qu'en liquidant le dictateur, sans même avoir pensé à la suite, on a ouvert une véritable boîte de Pandore. Où il sera bien difficile de faire rentrer les diables qui s'en sont échappés.Mais nous n'en sommes pas encore là, même si cette idée progresse en Libye et à l'étranger. Monsieur X continue donc à m'entretenir de la Libye, après, la semaine passée, avoir évoqué la mort mystérieuse d'un mercenaire français qui avait sans doute eu le tort d'affirmer trop tôt que parmi les révolutionnaires encensés par Bernard-Henri Lévy et les plus hautes autorités françaises se trouvaient de dangereux islamistes. Il revient, à la lumière des derniers événements, sur l'évolution récente de ce pays où règne aujourd'hui la plus grande confusion.
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Retour sur la Libye (1/2)
Où va la Libye ? Dotée de centaines de milices qui menacent à tout moment de la plonger dans une guerre civile, pourvue de deux gouvernements antagonistes et d'un général qui, à défaut de se prendre pour un nouveau de Gaulle se verrait bien comme un maréchal Sissi libyen... Une Libye proche de l'éclatement et dont le sud désertique est devenu un sanctuaire pour les djihadistes de tout poil... Tel est donc le pays, quatre ans après l'intervention militaire franco-britannique et la disparition programmée de Mouammar Kadhafi qui régnait sur la Libye depuis 1969.Le bilan est donc accablant. Là où certaines bonnes âmes avaient cru aider à la naissance d'un nouveau printemps arabe, ne subsiste qu'un chaos lourd de futures menaces. Une ville de la Cyrénaïque, Derna, a par exemple déjà proclamé son allégeance au califat des égorgeurs islamistes de Daech. Et assez récemment, un attentat dans un hôtel de Tripoli, attentat revendiqué par ce même Daech, a causé la mort de 9 personnes dont un pilote français.Mais seuls les vrais connaisseurs de la Libye ne sont pas étonnés. Car ils ont dénoncé dès son commencement une opération militaire qui n'a fait que réveiller les anciennes lignes de fracture qui ont toujours existé dans le pays.Nous retournons donc une fois de plus avec Monsieur X en Libye. Pour analyser et comprendre les graves dérives actuelles mais d'abord pour évoquer une mystérieuse affaire qui s'est achevée par la mort du seul Français victime du conflit libyen... Pierre Marziali était-il un mercenaire, un soldat perdu ? Ou plus vraisemblablement un homme assassiné parce qu'il avait eu le tort de dire la vérité ? Et, dans ce cas, on se trouverait devant une véritable affaire d'état !Enfin la question d'une nouvelle intervention militaire en Libye fait débat dans la communauté internationale... Certains y voient la seule possibilité de couper les têtes de l'hydre terroriste qui sévit dans le Sahel. Mais est-elle envisageable sans la pacification préalable du nord de la Libye ?
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Togo, le pays des 'sorciers blancs'
Après le Burkina Faso, la République démocratique du Congo ou le Togo ! C'est ce que pensent nombre d'observateurs de la scène africaine qui relèvent de nombreux points communs dans la situation de ces pays... à commencer par un pouvoir autoritaire sinon dictatorial qui masque ses dérives sous une apparence de démocratie... Et surtout la volonté d'autocrates de modifier la Constitution avant l'élection présidentielle afin de régner le plus longtemps possible. Ajoutons pour en terminer brièvement avec cette comparaison la même volonté d'accaparer les richesses d'un pays au seul profit du clan au pouvoir.Alors aujourd'hui, le Togo, connaîtra-t-il une révolution semblable à celle du Burkina Faso avant l'élection présidentielle prévue dans quelques semaines, les mêmes causes produisant les mêmes effets ? C'est une possibilité tant les jeunes opposants ont vu dans les événements de l'automne 2014 au Burkina Faso une invitation implicite à agir et à descendre eux aussi dans la rue pour chasser un pouvoir corrompu et despotique !Pour comprendre, Monsieur X revient sur l'histoire récente du Togo et souligne une particularité de cette ancienne colonie : l'existence de ceux que l'on a appelés les 'sorciers blancs' ! Des conseillers français omniprésents, omnipuissants, qui n'ont pas manqué de prendre leur part dans le partage du butin !
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Assassinats et corruption sur la Côte d'Azur (2/2)
La députée Yann Piat a été assassinée en février 1994. Mais les frères Saincené qu'on a retrouvés morts moins de trois mois plus tard, dans le même département, le Var, n'auraient-ils pas été, eux aussi, assassinés ? Et peut-être pour une raison identique : la connaissance qu'ils avaient d'une gigantesque embrouille immobilière et politico-mafieuse !Je résume ce que nous a appris Monsieur X la semaine passée... Yann Piat, députée de la droite classique après être passée par le Front national, prétendait nettoyer son département miné par la corruption et le gangstérisme. Etait-elle sincère ? En tout cas, elle gênait. Avant et après sa mort. La meilleure preuve ayant été donnée par l'attitude de la Justice qui s'est empressée de réduire son assassinat à une banale affaire de rivalité politicienne réglée par une équipe de petits malfrats locaux... Quitte à multiplier les négligences et les manquements et à refuser systématiquement les investigations qui auraient pu déboucher sur une vérité autrement plus dérangeante...Et pourtant une enquête sérieuse sur l'étrange double mort des frères Saincené en mai 1994 aurait certainement pu faire la clarté sur ce dossier. Et donc permis aussi d'identifier les vrais commanditaires de l'assassinat de Yann Piat.Monsieur X ouvre donc le deuxième volet de cette affaire ténébreuse. Car pour lui, il n'y a aucun doute, les deux dossiers sont liés !
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Assassinats et corruption sur la Côte d'Azur (1/2)
Vingt ans après, le mystère n'est toujours pas dissipé. Et sans doute ne le sera-t-il jamais...Je veux parler de deux affaires qui semblent indissociables, bien qu'on ait tout fait pour justement les dissocier... D'abord l'assassinat en février 1994 de la députée Yann Piat. Certes, des petits truands ont été jugés responsables et condamnés. Mais manifestement, le costume de tueurs qu'on leur a fait endosser était un peu trop grand pour leur modeste carrure... Et ensuite le double suicide très étrange, et assez peu crédible, de deux frères, les Saincené, dix semaines seulement après la disparition de la parlementaire.Deux affaires et peut-être, derrière, les mêmes intérêts criminels, mêlant politique et gangstérisme, dans une région, la Côte d'Azur, qui est minée par la corruption et où rôde même l'ombre de la mafia !Monsieur X revient donc sur ces faits, pointe les manquements de la Justice, les errements des deux enquêtes et les multiples tentatives de manipulation. Il essaie surtout de déterminer ce qui pouvait expliquer un tel enchaînement. Dans un instant, ce que l'on sait et, surtout, ce que l'on a toujours tenté de dissimuler...
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Décembre 2014 : échange d'espions entre Cuba et les Etats-Unis
Pourquoi a-t-elle été oubliée ? Oui, pourquoi celle que l'on a appelée un peu abusivement 'l'espionne de Fidel' n'a-t-elle pas bénéficié de l'échange d'espions effectué en décembre dernier à l'occasion du spectaculaire réchauffement des relations entre Cuba et les états-Unis ? La question ne manque pas d'intriguer car la belle Ana Belen Montès a sans doute été la taupe la plus efficace que les services secrets cubains aient jamais possédée au sein même du renseignement américain... Alors pourquoi le nouveau maître de l'île, Raul Castro, n'a-t-il pas demandé en priorité l'élargissement d'Ana, emprisonnée depuis 13 ans dans l'un des établissements pénitentiaires les plus sévères des Etats-Unis ? C'est d'autant plus étonnant que l'alter ego d'Ana Montès, un certain Rolando Sarraff Trujillo, un espion de premier plan qui a peut-être permis qu'elle soit démasquée, a, lui, été libéré par les Cubains. Sans que l'on sache d'ailleurs ce qu'il est devenu depuis.Bref, vous l'avez compris, cette affaire demeure encore mystérieuse. Monsieur X ne pouvait donc pas ne pas s'intéresser à ce curieux échange d'espions qui rappelle les heures les plus tendues de la Guerre froide. Et il demande donc avec insistance : pourquoi a-t-on oublié Ana Belen Montès ?
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Le scandale UraMin (2/2)
Deux milliards et demi de dollars : le prix d'une coquille vide ! Et encore un autre milliard pour tenter d'exploiter en vain le contenu de cette coquille vide ! La facture est lourde, très lourde et a débouché sur un véritable scandale d'état ! Il s'agit bien entendu de l'affaire Uramin dont Monsieur X a commencé de nous entretenir la semaine passée...Résumé de l'épisode précédent : Uramin est une société cotée à la bourse de Toronto mais immatriculée dans un paradis fiscal, fondée en 2005 par deux boursicoteurs, qui ont investi chacun une somme dérisoire... Mais ils ont joué très habilement : sachant que le cours de l'uranium ne cessait de grimper et que les géants miniers étaient en permanence à la recherche de nouveaux gisements, ils se sont rendus propriétaires de trois concessions africaines encore inexploitées en Namibie, Centrafrique et Afrique du Sud... Puis, tout en associant à leur compagnie quelques personnalités respectables et une banque canadienne, ils ont produit des documents mirifiques vantant l'excellence de leurs acquisitions... Objectif : en se livrant à ce que Monsieur X a qualifié de gonflette boursière ils ont réussi à valoriser Uramin au-delà de toute espérance. En octobre 2006, elle est déjà estimée par ses fondateurs à quelques 500 millions de dollars.En France, le groupe nucléaire public Areva est intéressé. Sa présidente, Anne Lauvergeon, veut accroître à tout prix sa production d'uranium dans un contexte de compétition acharnée entre tous les géants miniers. Elle est d'autant plus pressée que dans la perspective de l'élection présidentielle de 2007, elle sait que de puissants intérêts industriels guignent Areva et poussent à sa privatisation... Il lui faut donc se trouver en position de force pour résister à ces pressions.Des négociations sont entamées avec Uramin. Au début janvier 2007, Areva achète un peu plus de 5 pour cent de ses actions. Conséquence : la valeur de la compagnie progresse dans des proportions inouïes... Elle coûtera donc encore plus cher si Areva veut l'acquérir en totalité... Pourquoi le groupe nucléaire a-t-il agi ainsi ? C'est l'une des questions troublantes que pose cette affaire. Mais ce n'est pas la dernière.
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Le scandale UraMin (1/2)
Polar, thriller, scandale. Et même affaire d'état ! Tout y est dans ce dossier sulfureux qui porte un nom : Uramin. Uramin comme uranium et mine, Oui, une affaire où il est d'abord question du précieux minerai qui permet de faire tourner les centrales atomiques ... Et une affaire aussi à 2 milliards et demi de dollars ! La somme payée par la société Areva, et donc par l'état, pour acquérir des mines-fantômes qui, semble-t-il, ne contiendraient pas ou peu de combustible nucléaire... Une somme énorme qui a mystérieusement disparu à l'issue de cette histoire abracadabrantesque, comme dirait un ancien président de la République française.Monsieur X a donc décidé d'essayer d'y voir clair dans ce dossier où l'on retrouve les noms des plus hauts responsables de l'état, de quelques grands décideurs, à côté de ceux d'affairistes internationaux ou, pour parler plus vulgairement de margoulins...Alors qui est à l'origine de ce qui apparaît être une gigantesque escroquerie ? Et pourquoi l'un des plus importants groupes industriels français s'est-il laissé ainsi flouer ? Monsieur X ouvre quelques portes. Au risque de s'attirer les foudres de certains hauts personnages !
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Edward VIII, un roi nazi ?
On a voulu faire croire à une histoire d'amour. Rien n'était plus faux. Si le roi d'Angleterre, Edward VIII a abdiqué en 1936, ce n'était pas seulement pour les beaux yeux de Wallis Simpson, une Américaine deux fois divorcée qu'il désirait épouser, mais parce que le gouvernement britannique voulait écarter un monarque qui avait beaucoup trop de sympathie pour l'Allemagne nazie et ses dirigeants.Telle semble être en effet la vérité, évoquée récemment dans un documentaire diffusé sur France 3 et même par un film à succès, 'Le discours d'un roi'. Une réalité bien éloignée de l'image véhiculée sur le papier glacé des hebdomadaires qui, malgré leur slogan, attachaient plus d'importance au choc des photos qu'au poids des mots. Que de reportages illustrés, en effet, sur ce couple apparemment romantique qui traînait sa nonchalante et élégante détresse dans les palaces du monde entier, les terrains de golf ou tous les endroits à la mode fréquentés par la jet-set !J'ai donc demandé à Monsieur X de m'éclairer. Car, nous allons le constater, les services secrets ont eu à connaître de ce dossier et ont même joué un rôle primordial dans le processus qui allait conduire à l'abdication d'Edward VIII, un souverain qui risquait de trahir son propre pays s'il était demeuré sur le trône. Enfin, et c'est un aspect curieux de cette histoire, il semble bien qu'un richissime Français, lui aussi très proche des nazis, ait été impliqué dans une affaire qui ne s'est pas arrêtée avec l'abdication du roi.
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Mincemeat, une opération d'intoxication au coeur de la seconde guerre mondiale
'Opération Chair à pâté' ! Non, il ne s'agit pas du titre d'un film de Claude Zidi mais du nom de code d'une authentique opération de mystification militaire. Sans doute l'une des plus ingénieuses jamais imaginées par un service de renseignement...'Opération Chair à pâté', donc. 'Mincemeat' en anglais... Car cet extraordinaire canular a été mis au point par des officiers britanniques qui ont exercé en l'occurrence leur humour très british en choisissant cette appellation pour une opération où le personnage principal était un cadavre... Bref, de la viande froide.Est-ce que 'Mincemeat' a changé le cours de la Seconde Guerre mondiale comme certains le pensent ? C'est possible dans la mesure où cette supercherie a effectivement trompé Hitler et son état-major et facilité en 1943 le débarquement des troupes alliées en Sicile, alors qu'elles étaient attendues par les Allemands sur les côtes de Grèce et de Sardaigne. 'Mincemeat' a donc amorcé la conquête victorieuse de l'Italie puis de l'Europe tout entière...
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Mokhtar Belmokhtar
L'actualité avait finir par les oublier quelque peu... à cause, bien sûr, de leurs lointains cousins du Levant et du Proche Orient, les égorgeurs de Daech... Mais les Djihadistes du Sahel sont toujours actifs et l'armée française, principalement, continue à les traquer dans le cadre de l'opération Barkhane qui, l'été dernier, a pris la suite de Serval. Car, même si, sur le plan militaire, l'intervention française dans le Nord-Mali a été un incontestable succès, elle n'a pas réussi à venir à bout des djihadistes qui représentent toujours un danger pour les pays de la région, Mali, Niger, Tchad, Mauritanie, Algérie et même le Nigeria puisqu'il est avéré qu'ils ont noué des relations avec la sanguinaire secte Boko Haram.Mais comment vaincre des terroristes qui agissent et se déplacent dans un territoire aussi immense et inhospitalier que le Sahel et le Sahara ? Et qui disposent aujourd'hui, à la faveur du désordre libyen, de bases arrière d'où ils sont pratiquement inexpugnables... Autre question, si la France a réagi avec raison en intervenant en janvier 2013 pour chasser les terroristes du Nord-Mali, n'aurait-elle pas dû prendre conscience beaucoup plus tôt des dangers qu'ils représentaient pour toute la région ? C'est-à-dire à une époque où ils étaient moins aguerris, moins armés et moins nombreux... Et donc moins redoutables ! Bref, notre pays, mais il n'est pas le seul, paie-t-il aujourd'hui un aveuglement coupable ?Monsieur X revient sur toutes ces questions et s'intéresse en particulier à un personnage devenu emblématique, Mokhtar Belmokhtar, qui serait l'un des seuls chefs de bande à ne pas avoir été éliminés... L'insaisissable Belmokhtar, que d'aucuns n'hésitent plus à comparer à Ben Laden !
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La persécution des Ouïgours en Chine (2/2)
C'est le Far West des Chinois : le Xinjiang, une province qui est donc située à l'Ouest de l'empire chinois et représente un sixième de son territoire... Pour compléter la comparaison, il n'y manque même pas de déserts... Mais aussi, comme dans les westerns, il s'y trouve des Indiens ! Ceux-là s'appellent les Ouigours. Et ce sont des empêcheurs de coloniser en paix... Et surtout des empêcheurs d'exploiter ! Car le Xinjiang, son nom chinois - les autochtones, eux, lui préfèrent l'appellation de Turkestan oriental - est riche, très riche. Son sous-sol recèle de formidables réserves de pétrole et de gaz. Et ces vastes zones désertiques ont permis aux Chinois d'y expérimenter leurs armes nucléaires... Bref, le territoire est l'objet de maintes convoitises. Mais ses Indiens, je veux dire les Ouigours, n'ont toujours pas accepté la colonisation chinoise qui a commencé au XVIIIème siècle. Une domination qui grignote peu à peu leur territoire, fait de ces turcophones des citoyens de seconde zone et, inéluctablement, diminue leur poids démographique. Au point que, bientôt, les Ouigours seront minoritaires dans leur propre pays...Mais ils résistent. Et parfois très violemment : en manifestant ou même en perpétrant des attentats-suicides, ils expriment de façon désespérée leur révolte. Mais face au rouleau-compresseur chinois, tant policier que militaire, les quelques millions de Ouïgours sont bien impuissants...Monsieur X poursuit aujourd'hui son récit. Il souligne une donnée essentielle de ce conflit régional : les Ouigours sont de culture musulmane. Et la répression qu'ils subissent, a poussé certains d'entre eux vers la pratique d'un islamisme radical... De là à présenter tous les Ouigours séparatistes comme de dangereux terroristes, il n'y a qu'un pas à franchir...
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La persécution des Ouïgours en Chine (1/2)
On l'appelle la rébellion des parapluies... Cette révolte qui gronde à Hong Kong contre la tentative de mainmise de Pékin sur les fragiles institutions de l'ancienne colonie britannique. Mais, ailleurs, aux marches du gigantesque empire chinois, d'autres protestataires osent contester la toute puissance de l'état communiste... Au Tibet, bien sûr, où l'on observe toujours des immolations et où le pouvoir central peine à affirmer son autorité, malgré une imposante présence policière et militaire. Mais aussi dans une province dont on parle rarement, le Xinjiang ! Le Turkestan oriental, comme préfère l'appeler la population autochtone, car ce nom fait référence à son origine ethnique et historique. Mais on dit aussi Uyghouristan, c'est-à-dire le pays des Ouigours... On verra pourquoi avec Monsieur X.Situé au nord-est, le Xinjiang est un gros morceau de Chine : un sixième de sa superficie dont presque la moitié est constituée de déserts. Un territoire immense grand comme trois France. Mais qui n'est peuplé que de deux dizaines de millions d'habitants. Autant dire rien à l'échelle de la Chine... Et pourtant, cette province prend de plus en plus d'importance dans l'actualité chinoise car on impute aux Ouigours la plupart des actions terroristes qui sont perpétrés aujourd'hui en Chine. Dans le Xinjiang lui-même mais aussi à l'extérieur. Comme ce spectaculaire attentat-suicide qui a ensanglanté la place Tiananmen il y a un peu plus d'un an...
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La revanche de Sankara
Jamais une expression imagée n'a été aussi bien illustrée : le coup de balai qui vient de chasser le président burkinabé Blaise Compaoré a été initié par un mouvement associatif de jeunes gens qui ont choisi de s'appeler le 'Balai citoyen' ! Autre détail symbolique : ces 'balayeurs citoyens' se sont référés aux idéaux d'un chef d'état devenu quasi-légendaire au Burkina-Faso mais aussi dans une grande partie de l'Afrique, Thomas Sankara ! L'homme qui a été justement chassé du pouvoir en 1987 par Compaoré, le militaire qui a vraisemblablement peut-être commandité son assassinat... Grâce au 'Balai citoyen', Sankara vient-il enfin d'être vengé, vingt-sept ans après sa disparition ? 'Ravaillac', comme certains burkinabés appelaient Compaoré, a-t-il donc payé pour la trahison de celui dont il prétendait être le meilleur ami ?Dans ce nouvel entretien, Monsieur X revient sur les derniers événements qui ont agité le Burkina-Faso, le 'pays des hommes intègres' comme Sankara lui-même avait baptisé son pays, l'ancienne Haute-Volta des colons français. Il montre surtout pourquoi, malgré nombre de connivences troubles, Blaise Compaoré s'était mué peu à peu en juge de paix régional. Ce qui explique l'exceptionnelle longévité de son règne. Enfin, à la lumière de ce nouveau bouleversement, il évoque la personnalité de Sankara qui demeure une idole africaine !
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Retour sur la Papouasie Occidentale annexée par l'Indonésie
Ils ont enfin recouvré la liberté, Valentine Bourrat et Thomas Dandois, deux confrères journalistes, arrêtés en Papouasie Occidentale, au prétexte qu'ils y étaient entrés avec des visas de touristes, sans faire état de leur qualité de journalistes... Mais comment auraient-ils pu faire autrement puisque la présence d'une presse libre y est interdite ? Grief supplémentaire, ces deux reporters qui préparaient un documentaire pour la chaîne Arte auraient pris contact avec des membres du mouvement indépendantiste papou...Cette défiance envers la presse n'est guère surprenante : le pouvoir indonésien qui s'est emparé de la Papouasie Occidentale dans les années 1960 n'a guère envie que l'on vienne constater sur place ce qui est un véritable scandale humain et écologique : c'est-à-dire l'exploitation forcenée d'un territoire qui était encore pratiquement vierge il y a peu de temps et la disparition programmée de populations qui n'ont pour seul tort que de vouloir continuer à vivre sur leurs terres ancestrales, quitte à contrarier les gigantesques appétits des colonisateurs et de quelques multinationales.Monsieur X, qui a déjà évoqué cette catastrophe revient sur ce thème à l'occasion de la mésaventure de nos deux confrères...
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Les attentats contre Hassan II du Maroc (2/2)
Hassan II avait la baraka, chacun au Maroc le savait. Dans les années 60, le jeune souverain chérifien avait échappé à un premier complot. Puis au tout début des années 1970, à Skhirat, il était sorti sain et sauf d'un véritable massacre perpétré par une unité d'élite des Forces armées royales... Un carnage effectué parmi les invités qui se pressaient lors de la somptueuse réception donnée à l'occasion de son anniversaire...Alors le roi qui, en l'instance, avait fait preuve d'un remarquable sang-froid, était-il intouchable ? Et les Marocains les plus pieux de se rappeler que le souverain était aussi le Commandeur des Croyants, c'est-à-dire un lointain descendant du prophète Mahomet... Bref un personnage quasi-sacré.Après Skhirat, Hassan II avait ordonné une impitoyable répression mais aussi une timide ouverture politique. Son trône semblait sauvé. Mais pourtant, treize mois plus tard, de nouveaux conjurés vont tenter de se débarrasser physiquement du souverain marocain. Pourtant là encore, de façon presque miraculeuse, Hassan II allait s'en sortir vivant. Cependant ce troisième complot n'a peut-être pas livré tous ses secrets. On en a eu la preuve au début des années 2000 lorsque le Premier ministre de son successeur, Mohammed VI, nommé à ce poste par Hassan II à la fin de son règne, a été soupçonné d'avoir pris part à une conjuration d'où émergeait la figure inquiétante du général Oufkir, l'assassin présumé de Ben Barka, condamné en France par contumace aux travaux forcés à perpétuité. Retour avec Monsieur X sur ces fantômes du passé qui n'ont sans doute pas fini de hanter les palais marocains.
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Les attentats contre Hassan II du Maroc (1/2)
'L'Histoire ne se répète pas, elle bégaie !' On connaît cette citation attribuée à Karl Marx. Une maxime qui n'a jamais été mieux illustrée qu'au Maroc du début des années 1970 lorsque le roi Hassan II a échappé en tout juste un peu plus d'un an à deux attentats où il aurait dû trouvé la mort... Mais le souverain chérifien avait la baraka, pour reprendre un mot arabe trop souvent galvaudé... Et finalement, c'est une longue maladie qui aura raison de lui, presque trente ans après ces événements dramatiques.Toutefois, si aujourd'hui, Monsieur X revient sur cette lointaine histoire, c'est qu'elle est toujours auréolée de nombreux mystères. L'un d'eux, en particulier, a été en partie dissipé par des journalistes marocains au début des années 2000 : les complots dirigés contre Hassan II avaient une ampleur encore plus vaste que celle qu'on soupçonnait... Ce n'étaient pas seulement des militaires extrémistes, dégoûtés par la corruption du régime, qui voulaient se débarrasser du roi. Ils disposaient du soutien inattendu, et même contre-nature, de l'opposition démocratique de gauche. Et il se trouvait parmi eux au moins un homme, Abderrahman Youssoufi, qui occupait en 2000 la fonction de Premier ministre du fils d'Hassan II, Mohammed VI... Bref, le fils gouvernait avec un personnage qui avait voulu tuer son père !... Inutile de dire que ces révélations ont fait scandale. Et le jeune souverain, qui avait pourtant suscité tant d'espoirs de libéralisation après le long règne autoritaire de son père, s'est empressé de renouer aussitôt avec les pratiques paternelles en muselant la presse...
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L'affaire James Risen : haro sur les lanceurs d'alerte
Le chiffre est inquiétant. Surtout si l'on prend en compte tous les espoirs que l'élection de Barack Obama avait suscités après une double présidence Bush particulièrement calamiteuse... Mais il faut regarder la vérité en face : l'administration Obama a recouru huit fois à l'Espionage Act pour poursuivre des journalistes ou des lanceurs d'alerte alors que ses prédécesseurs ne l'avaient utilisé que trois fois en un siècle ! Et bientôt, James Risen, un célèbre journaliste, prix Pulitzer, risque de connaître la prison pour avoir refusé devant la Justice de trahir ses sources...S'agit-il d'une dérive ? Et peut-être même d'une grave atteinte au 1er amendement de la Constitution états-unienne qui garantit à tous les citoyens la liberté d'expression ? Ou bien n'est-ce que la conséquence extrême d'un système qui, sous prétexte de patriotisme ou de chasse au terrorisme, soumet désormais, et de plus en plus, tous les Américains à une étroite surveillance supervisée par les grandes agences de renseignement ? Et qui tend à criminaliser tous ceux qui, au nom des valeurs démocratiques et des droits de l'Homme, osent dénoncer les erreurs, les fautes du gouvernement et des administrations ou la puissance tentaculaire de ces organismes qui font fi de la vie privée.Monsieur X ouvre le dossier. Il revient bien sûr sur les mésaventures récentes des whistleblowers, comme on appelle les lanceurs d'alertes. Et explique pourquoi James Risen pourrait bientôt finir en prison.A lire et à voir : le livre de Jeremy Scahill, Dirty Wars, le nouvel art de la guerre. Ce journaliste américain, digne héritier de James Risen, fait le récit minutieux et sans concession de la guerre secrète et planétaire qui a été déclenchée par la Maison Blanche après le 11 septembre au nom de la lutte contre le terrorisme. C'est paru cet été aux éditions Lux et ça se lit comme un thriller ! Et pour illustrer l'enquête de Scahill, jetez un oeil sur la toute nouvelle saison - la quatrième - de la palpitante série américaine Homeland : attaques de drones, assassinats ciblés au coeur du Pakistan, tout y est.
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Hamas, le meilleur ennemi d'Israël (2/2)
C'est le meilleur ennemi d'Israël ! Le Hamas ! Un mouvement palestinien dont les dirigeants israéliens ne parle que pour le qualifier invariablement de terroriste. Mais il n'en a pas toujours été ainsi, nous l'avons vu la semaine passée avec Monsieur X...Le fondateur de cette organisation implantée à Gaza et issue de la Confrérie des Frères Musulmans, le cheikh Yassine, a en effet longtemps bénéficié de la mansuétude, sinon de la connivence, des autorités de l'Etat hébreu. Ne serait-ce que parce que ce mouvement intégriste faisait pièce à l'OLP de Yasser Arafat ! Dans cette mesure, peut-on affirmer que le Hamas est une créature d'Israël ? Monsieur X ne va pas aussi loin. Mais il a mis en évidence que très longtemps les Israéliens n'ont pas voulu considérer que la Mujamma-al-Islami, ancêtre du Hamas, cesserait d'être attentiste et de se consacrer exclusivement à l'action religieuse et sociale et deviendrait tôt ou tard un redoutable adversaire. Aveuglement coupable ou machiavélisme mal assumé ? Les deux, sans doute. Car il était inéluctable que le mouvement de Yassine, après avoir été choyé, basculerait un jour dans l'action violente... Ce qui s'est produit lors de la première intifada, en 1987.Monsieur X poursuit son récit et explique pourquoi aux yeux des dirigeants israéliens le Hamas est devenu ce monstre terroriste qu'il faudrait abattre à tout prix.A lire et à consulter :- L'indispensable livre de Charles Enderlin, Le Grand Aveuglement. Israël et l'irrésistible ascension de l'islam radical, sorti en 2009 chez Fayard- Le site d'information, OrientXXI.info, très bien documenté sur le Moyen et Proche-Orient. Il a été créé il y a plus d'un an par un collectif de journalistes, de chercheurs et de diplomates qui veulent ainsi contribuer à une meilleure connaissance de cette région. Une initiative vraiment bienvenue compte tenu de l'actualité brûlante de ces dernières semaines.
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Hamas, le meilleur ennemi d'Israël (1/2)
L'actualité est ainsi faite que les événements, même les plus dramatiques, disparaissent rapidement de la 'une' des journaux dès que le sang ne coule plus... Ce fut particulièrement le cas ce dernier été où les foyers d'embrasement se sont multipliés dans le monde entier. Gaza, Ukraine, Libye, Irak, et aujourd'hui encore la terrible menace de la fièvre Ebola en Afrique de l'Ouest...Mais si l'actualité est volontiers oublieuse, les plaies restent vives et sont même grosses de conflits à venir... Ainsi à Gaza ! Après une guerre de 50 jours qui a causé la mort de plus de 2.000 Palestiniens et celle d'un peu plus de 70 Israéliens, de nombreuses parties du territoire ne sont plus que des champs de ruines après les frappes massives de l'opération israélienne 'Barrière de protection'. Et des dizaines de milliers d'habitants sont condamnés à vivre sans toit et dans le dénuement le plus absolu.Cependant, si Monsieur X a choisi de revenir sur cette nouvelle guerre de Gaza, c'est pour proposer de découvrir qui est réellement ce meilleur ennemi de l'état hébreu : le mouvement Hamas. D'où vient-il ? Quelle est sa véritable force ? Et pourquoi, après avoir longtemps bénéficié de la mansuétude sinon de la connivence des dirigeants israéliens, son existence semble-t-elle devenue une menace permanente pour Israël ? C'est en tout cas ce qu'affirment ses dirigeants.A lire : de Jean-Pierre Filiu : une passionnante Histoire de Gaza, terre d'origine du Hamas, chez Fayard en 2012 ; et aussi qui vient de paraître aux Editions la Découverte, une autre Histoire, écrite par un collectif de chercheurs - Wissam Alhaj, Nicolas Dot-Pouillard et Eugénie Rébillard - celle peu connue du Jihad Islamique palestinien, très influencé par la Révolution iranienne, et qui débuta son combat armé en Palestine en 1983 en réaction, notamment, à la passivité du mouvement du Sheikh Yassine, face à l'occupation israélienne. A noter la préface du politologue Olivier Roy.
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Nossenko (2/2)
Il s'agit sans doute de l'aspect le plus délicat en matière d'espionnage : jusqu'où peut-on faire confiance à un transfuge ? Comment estimer sa sincérité ? Comment éviter de se faire intoxiquer ? Ces questions, les spécialistes du contre-espionnage de tous les services de renseignement se les ont posées en permanence et surtout bien sûr tout au long de la période de la Guerre froide... Et comment réagir lorsque l'un de ces défecteurs vous annonce : la meilleure preuve de ma loyauté, c'est que mon ancien service va vous envoyer un faux transfuge à seule fin de mettre en doute ma crédibilité !Et c'est effectivement ce qu'il s'est passé aux états-Unis dans les années 60 : Anatoli Golitsine, officier du KGB passé à l'Ouest et choyé par le patron du contre-espionnage de la CIA, James Angleton, prévient ainsi ses nouveaux employeurs : Moscou ne manquera pas de vous mettre dans les pattes un autre transfuge qui aura pour mission de me discréditer... Et c'est ce qui est arrivé en 1964 lorsque Iouri Nossenko, autre officier du KGB et déjà en contact avec la CIA, a annoncé son intention de passer de l'autre côté du Rideau de fer. Mais au lieu de choisir la liberté comme on disait à l'époque, c'est un véritable cauchemar qui l'attendait...A lire : CIA-KGB, le dernier combat paru chez Albin Michel en 2004. Un livre qui se lit comme un polar de la fin de la guerre froide. Racontée par Milton Bearden, ex- super espion de la CIA passé par Berlin, Moscou et Kaboul. Son témoignage a été recueilli par James Risen, journaliste au New York Times dont en reparlera bientôt dans RDV avec X.Et aussi : Atlas du renseignement, géopolitique du pouvoir , qui vient de paraître aux Presses de Science Po, de Sébastien-Yves Laurent. Le chercheur aborde le sujet de façon inédite et très pédagogique en proposant une cartographie du renseignement mondial
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Nossenko (1/2)
On les a appelés les 'bijoux de famille' ! La révélation aux Etats-Unis au mitan des années 70 d'un certain nombre de mauvais coups perpétrés par la CIA... Actions illégales, assassinats ou tentatives d'assassinat de dirigeants étrangers, nombreuses atteintes aux droits de l'Homme, etc.Parmi ces méfaits rendus publics à la suite d'enquêtes parlementaires et du travail d'investigation du célèbre journaliste Seymour Hersh, un dossier est presque passé inaperçu : l'affaire Nossenko ! Du nom d'un transfuge soviétique, victime du système inquisitoire, et même paranoïaque, qui régnait alors au sein de l'agence de renseignement états-unienne... Monsieur X décortique donc ce dossier d'où émerge la figure inquiétante d'un chasseur d'espions qui a dirigé pendant plusieurs années le contre-espionnage de la CIA : James Jésus Angleton ! Le 'fantôme gris' ainsi qu'on le nommait. Un personnage légendaire qui avait une fâcheuse tendance à voir des espions partout... Pour le plus grand malheur de Iouri Ivanovitch Nossenko !
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Les Kurdes contre les djihadistes (2/2)
Un peuple oublié mais sans cesse instrumentalisé. Et d'une certaine façon, cela continue puisque, aujourd'hui, les Kurdes semblent les seuls à pouvoir faire pièce aux Djihadistes de l'Etat islamique... Sur le terrain, en tout cas. Mais, alors que le XXe siècle a été tragique pour les Kurdes, le XXIe pourrait devenir celui de leur émancipation, si j'en crois Kendal Nezan, le directeur de l'Institut kurde de Paris. Leur émancipation et peut-être même cette indépendance qui leur avait été promise par les grandes puissances il y a un siècle, à la fin de la Première Guerre mondiale... Mais, comme dirait Monsieur X, n'allons pas trop vite. La semaine passée, mon interlocuteur a retracé la longue et sanglante histoire des Kurdes qui sont répartis dans quatre états, la Turquie, la Syrie, l'Irak et l'Iran... Dans ce nouvel entretien, il analyse les évolutions récentes de la question kurde, à la lumière de la guerre civile en Syrie et de l'apparition explosive et sanguinaire de l'état islamique en Irak et au Levant, le califat de la haine comme on l'appelle déjà. Et en tenant compte aussi de la décision du président Obama de lancer une offensive de grande ampleur contre les Djihadistes de ce même califat... Une offensive où les combattants kurdes, les redoutables peshmergas seront obligatoirement en première ligne.Attention, cette émission a été enregistrée avant l'offensive de l'Etat islamique en Syrie, et les frappes aériennes américaines sur la région.A lire : les articles sur le(s) Kurdistan(s) du journaliste Allan Kaval, très bon connaisseur de la région. Il fait notamment une analyse passionnante de la montée en puissance des partis kurdes en Irak et en Syrie, des mouvements pourtant encore considérés comme terroristes par les Etats-Unis et l'Europe, et qui se retrouvent à l'avant-garde de la lutte contre les djihadiste de l'Etat islamique.
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Les Kurdes contre les djihadistes (1/2)
Une nouvelle fois, les Kurdes sont en première ligne. L'Occident et la plupart des pays du Proche et du Moyen Orient leur font aujourd'hui confiance pour juguler l'offensive fulgurante des Djihadistes de l'Etat Islamique en Irak et au Levant, récemment autoproclamé Califat. Et il est tentant d'y voir une sorte de revanche pour un peuple oublié, mais trop souvent divisé, qui a toujours été instrumentalisé par les puissances de la région et qui a payé un prix très cher, et toujours sanglant, dans les nombreux conflits où il a été entraîné, parfois malgré lui...C'est si vrai que les Kurdes pourraient même profiter de ces nouveaux affrontements armés pour conquérir une forme d'indépendance, au moins dans deux des pays où il est dispersé : l'Irak et la Syrie. Mais qui sont les Kurdes ? Et d'où viennent-ils ? Et quelle est l'histoire de ce peuple proche et moyen-oriental dont les sujets sont répartis dans quatre pays, l'Irak et la Syrie, déjà cités, mais aussi la Turquie et l'Iran. Et pourquoi sont-ils appelés à jouer un rôle essentiel face à la barbarie qui monte dans cette région en proie à tous les désordres ?A lire : le dernier numéro de la revue Politique Etrangère avec un dossier intitulé le ou les Kurdistan(s) puisque la guerre entre Kurdes et Djihadistes est en train de redistribuer les cartes dans la région. Cinq spécialistes y décryptent les problèmes posés par la recomposition actuelle des territoires kurdes.Et aussi, le livre de Hamit Bozarslan : Conflit kurde, le brasier oublié du Moyen-Orient, paru il y a déjà cinq ans, mais qui reste un ouvrage de référence sur le sujet. Publié chez Autrement.
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Otto Katz, l'espion dandy
C'est un homme qui a vécu plusieurs vies. Selon l'un de ses biographes, Jonathan Miles, Il a d'abord été un enfant gâté dans sa Bohême natale. Puis dans l'Allemagne décadente de l'après-Première Guerre mondiale il a joué les play-boys avant de devenir un apprenti espion à Moscou. On le retrouve ensuite parcourant l'Europe en commis-voyageur de la Révolution et combattant antinazi. Agent secret en Angleterre, il fréquente plus tard le gratin d'Hollywood où il sème la bonne parole. Puis il est le factotum de Staline pendant la guerre d'Espagne et, traversant à nouveau l'Atlantique, il se métamorphose en insurgé communiste en Amérique latine lors de la Seconde Guerre mondiale. Mais sa dernière et nouvelle vie sera aussi triomphale que fatale. De retour chez lui, en Tchécoslovaquie, il connaîtra succès et reconnaissance avant de monter sur l'échafaud, victime de la terreur stalinienne.Cet homme aux multiples vies s'appelait Otto Katz... Entre ombre et lumière, acteur important et méconnu du dernier siècle, il a naturellement fasciné Monsieur X !
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Le Black Power (2/2)
C'est le FBI qui a tué Jean Seberg ! C'est à peu près l'accusation qu'a portée l'écrivain Romain Gary, son ancien époux, après la découverte de la dépouille de l'actrice dans une voiture stationnée dans une petite rue parisienne.Jean Seberg, coupable de soutenir les mouvements noirs aux états-Unis, et particulièrement le plus radical, le parti des Black Panthers, a en effet été espionnée, harcelée et même calomniée par l'agence fédérale américaine. Une pression intolérable pour une jeune femme psychologiquement fragile qui a donc fini par se donner la mort...Même si les circonstances exactes de sa disparition - nous l'avons vu la semaine passée avec Monsieur X - n'ont pas réellement été éclaircies... Mais aujourd'hui, si mon interlocuteur revient sur cette affaire, c'est qu'il veut en profiter pour évoquer le combat des Noirs aux Etats-Unis et la féroce répression dont ils ont été victimes.Au centre, il y a bien sûr la figure de l'inamovible et redoutable Edgar Hoover, patron du FBI... 'Le plus grand salaud d'Amérique', selon son compatriote et biographe Anthony Summers. Raciste et réactionnaire, Hoover a en effet conduit une lutte implacable contre les organisations noires et il n'a pas hésité à user de méthodes illégales dans le cadre d'une mystérieuse opération, le 'Co-Intel-pro'. C'est-à-dire le programme de contre-intelligence ou contre-espionnage... Un plan de grande ampleur destiné d'abord à juguler la menace communiste ou prétendue telle... Et dont les cibles seront ensuite les leaders noirs et plus généralement tous les opposants à la guerre du Viêt-Nam...
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La mort de Jean Seberg (1/2)
Un corps en décomposition enveloppé dans une couverture et déposé sur la banquette arrière d'une petite Renault stationnée dans une rue de Paris... Ainsi a fini l'actrice Jean Seberg, la mystique Jeanne d'Arc d'Otto Preminger ou la radieuse vendeuse de journaux américains d'à bout de souffle de Jean-Luc Godard.Le 10 septembre 1979, deux jours après la découverte de la dépouille de son ex-femme, l'écrivain Romain Gary convoque une conférence de presse. Il met en cause le FBI américain qui, à force de harceler et même calomnier Jean Seberg, serait directement responsable de sa mort. Pourquoi ? Pour la punir de son action militante en faveur du mouvement noir aux états-Unis...L'actrice se serait donc suicidée pour en finir avec cette hostilité de l'agence fédérale américaine.
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Les maîtres espions chinois : de Kang Sheng à Zhou Yongkang
C'était l'homme le plus redouté de Chine : Zhou Yongkang ! Le chef de la Sécurité, le patron du KGB chinois ! Et donc, à ce titre, chargé de la sécurité intérieure et de la répression des dissidents. Egalement membre du Saint des Saints chinois, le bureau politique du parti communiste, Zhou semblait donc tout puissant... Et pourtant, il a suffi d'une simple décision du nouvel homme fort de la Chine, le président Xi Jinping, pour que Zhou tombe de son piédestal. Condamné à la prison à perpétuité pour détournement de fonds et abus de pouvoir, il serait aujourd'hui en 'détention molle' ! Une curieuse expression chinoise qu'on pourrait traduire par résidence surveillée...Zhou Yongkang est la victime la plus spectaculaire de la purge entreprise par Xi Jinping depuis qu'il est arrivé sur la plus haute marche du pouvoir en 2012. Une purge entreprise au nom - autre mot d'ordre spécifiquement chinois - de la campagne de 'rectification du style des cadres' ! Alors, oui, on rectifie. C'est-à-dire qu'on épure... Et les spécialistes de la Chine populaire d'observer que la 'rectification' est une expression dogmatique qui date des années maoïstes. Le Grand Timonier a en effet beaucoup usé de cette rectification pour purger le Parti et éliminer ses rivaux... C'est même un autre 'Maître des Ténèbres', comme on l'a appelé, le redoutable Kang Sheng, qui a inventé l'expression et la méthode...Monsieur X a donc décidé de retracer le parcours de cet homme mystérieux qui a été le maître-espion de Mao Zedong... Et de revenir sur le limogeage de Zhou à la lumière de ce passé trouble et même terrifiant.
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Boko Haram au Nigeria
'Bring back our girls !' Rendez nous nos filles ! Le slogan s'est répandu à toute vitesse dans le monde entier tant l'enlèvement par la secte Boko Haram de plus de 200 jeunes filles nigérianes promises à devenir des esclaves a choqué l'opinion internationale. Au-delà de la mobilisation de quelques belles âmes, cet événement spectaculaire a, semble-t-il, été l'occasion d'une véritable prise de conscience. Les dirigeants de la région, réunis à Paris, et aiguillonnés par les grandes puissances occidentales, ont enfin réalisé qu'ils devaient réagir collectivement pour juguler le danger que représente ce mouvement terroriste qui sévit à leurs frontières. Une réaction, certes, légitimée par la peur de la contagion islamiste. Mais une réaction bien tardive : Boko Haram, au moins depuis 2009, a déjà causé la mort de milliers de personnes. Et pour le seul début de cette année, le bilan s'établit à deux mille morts. Aujourd'hui, donc, il ne se passe guère de jours sans qu'on apprenne qu'un nouveau massacre a été perpétré par la secte.Monsieur X a déjà évoqué Boko Haram. S'il m'a proposé de revenir sur ce sujet, c'est bien sûr à cause de l'actualité. Mais aussi parce qu'il lui restait à livrer un certain nombre de vérités embarrassantes...
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Grèce : un passé oublié (2/2)
A la fin de l'année 1944, la Grèce libérée va basculer dans la violence. Et les combats vont opposer les conservateurs et les anciens collabos, soutenus par les forces britanniques, aux partisans de l'ELAS, un mouvement de Résistance très populaire et largement influencé par les communistes. Mais des communistes qui ne bénéficieront pourtant d'aucun soutien de Moscou. Car, nous a dit Monsieur X la semaine passée, Staline a décidé de laisser les mains libres à Churchill. Le Premier ministre britannique le raconte à sa façon dans ses Mémoires. Le 9 octobre 1944, il arrive à Moscou. C'est la première fois qu'il rencontre Staline. Je lui laisse la parole. Il s'adresse au maître du Kremlin : 'Réglons nos affaires des Balkans. Vos armées se trouvent en Roumanie et en Bulgarie. Nous avons des intérêts, des missions et des agents dans ces pays. Evitons de nous heurter pour des questions qui n'en valent pas la peine. En ce qui concerne la Grande-Bretagne et la Russie, que diriez-vous d'une prédominance de 90 pour cent en Grèce pour nous, et de l'égalité, 50/50 en Yougoslavie ?' Pendant que l'on traduisait mes paroles, j'écrivis sur une demi-feuille de papier : Roumanie : Russie 90 pour cent, les autres 10 pour cent. Grèce : Grande-Bretagne 90 pour cent (en accord avec les états-Unis), Russie 10 pour cent. Yougoslavie: 50-50 pour cent. Hongrie: 50-50 pour cent. Bulgarie : Russie 75 pour cent, les autres 25 pour cent. Je poussai le papier devant Staline, à qui la traduction avait alors été faite. Il y eut un léger temps d'arrêt. Puis il prit son crayon bleu, y traça un gros trait en manière d'approbation et nous le rendit. Tout fut réglé en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire. Il y eut ensuite un long silence. Le papier, rayé de bleu, demeurait au centre de la table. Je dis finalement: 'Ne trouvera-t-on pas un peu cynique que nous ayons I'air d'avoir réglé ces problèmes dont dépend le sort de millions d'êtres d'une façon aussi cavalière ? Brûlons ce papier.' 'Non, gardez-le', dit Staline.'Ainsi a été joué le sort d'une partie de l'Europe de l'Est et de la Grèce. La Grèce qui va sombrer dans la violence. Dans un instant, la suite du récit de Monsieur X...
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Grèce : un passé oublié (1/2)
La Grèce est-elle sauvée ? En a-t-elle vraiment fini avec la terrible crise qui l'a frappée ?... C'est ce que l'on murmurerait à Bruxelles mais aussi dans les cercles dirigeants d'Athènes. Qu'en est-il réellement ? J'ai trouvé au début du mois dans le journal Le Monde un titre qui résume bien la situation actuelle du pays : 'La Grèce va mieux, les Grecs pas tellement !' Car s'il est vrai que le chômage fléchit légèrement, il touche encore 57 pour cent des jeunes.Rassurez-vous, Monsieur X n'a nullement l'intention de nous asséner un cours d'économie. Et s'il a décidé aujourd'hui d'évoquer la Grèce, c'est qu'il a voulu remonter aux racines lointaines de la crise grecque et donc aux déchirures de la Seconde Guerre mondiale et de la sanglante guerre civile qui a suivi. Avec, pour commencer, ce terrible constat : de tous les pays européens occupés par les nazis, c'est, en dehors de la Pologne et de la Russie, incontestablement la Grèce qui a le plus souffert... Mais, alors que la Résistance grecque a été aussi l'une des plus efficaces et les plus redoutables dans sa lutte contre l'occupant, la Libération s'est traduite par une féroce répression contre ceux-là mêmes qui venaient de délivrer leur pays du joug nazi... Avec le concours des forces alliées, essentiellement britanniques ! Et qu'en est-il des réparations que l'Allemagne se serait abstenue de payer après la guerre ? Une dette bien réelle ou un fantasme ? Monsieur X commence par analyser cette délicate question...
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L'affaire Edward Snowden (2/2)
On les appelle désormais les lanceurs d'alerte, les whistleblowers, en anglais... Des citoyens courageux, ou parfois naïfs qui, avertis d'un danger, d'une injustice, d'un scandale, décident de le dénoncer publiquement... Quitte à en payer lourdement le prix car, trop souvent, ils agissent à la limite de la légalité et risquent d'être considérés comme des traîtres. Le plus connu, mondialement connu même, est aujourd'hui Edward Snowden, aujourd'hui réfugié à Moscou et qui a accusé l'agence américaine NSA d'espionner tout et tout le monde... Une intrusion intolérable dans la vie privée des gens mais aussi dans les communications les plus secrètes des gouvernements étrangers, même ceux qui sont des alliés des états-Unis. Et Monsieur X, qui nous a parlé la semaine dernière de deux pionniers, Martin et Mitchell, qui, coïncidence, ont eux aussi trouvé refuge à Moscou en 1960, va revenir sur le cas précis de Snowden... Mais dans cette même catégorie des lanceurs d'alerte, on pourrait aussi évoquer Bradley Manning, l'analyste militaire à l'origine des révélations Wikileaks ou chez nous, le docteur Irène Frachon qui a dénoncé les dangers du Mediator...Bref, le phénomène se développe tant et si bien que d'aucuns ont imaginé un statut juridique permettant d'accorder un statut et même une protection juridique à ces lanceurs d'alerte, c'est-à-dire une reconnaissance de leur utilité civique. Mais en attendant, Monsieur X reste aux états-Unis et s'intéresse à la NSA, cette structure restée longtemps mystérieuse qui semble être aujourd'hui la plus grande officine d'espionnage du monde.
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718
Septembre 1960, la défection de deux agents de la NSA (1/2)
C'est une étrange coïncidence : un demi-siècle avant Edward Snowden, deux lanceurs d'alerte, des whistleblowers, comme les nomment les Américains, ont eux aussi publiquement dénoncé les méthodes d'espionnage de leur pays et en particulier celles de la NSA, la National Security Agency. Et ils ont fini par se réfugier à Moscou ! Tout comme Snowden aujourd'hui. Et encore comme Snowden, ils ont été accusés d'être des traîtres par l'administration états-unienne. Il faut aussi observer que l'affaire Martin et Mitchell, du nom de ces deux lanceurs d'alerte, a entraîné de graves conséquences pour les services de renseignement américains et même provoqué un véritable scandale.Certes, le contexte historique était différent puisqu'on était alors en pleine Guerre froide... Mais on ne peut pas s'empêcher d'être frappé par la coïncidence. C'est pourquoi Monsieur X a décidé cette semaine de revenir sur l'histoire très étonnante de ces deux jeunes Américains qui, exactement comme Snowden, ont agi par idéalisme et n'ont pas cherché à en obtenir un quelconque intérêt personnel... Des idéalistes, donc, et également des naïfs. Comme semble l'être aussi Snowden !
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717
Anthrax : l'amnésie
En principe, le dossier est judiciairement clos puisque le suspect numéro 1 a eu le bon goût de se donner la mort avant d'être mis en cause. Certes, mais il n'empêche que de nombreuses questions demeurent sans réponses. Et surtout il reste que cette affaire de l'anthrax, qui a semé une vraie panique aux Etats-Unis tout juste après le traumatisme du 11 septembre 2001, a soulevé le voile sur un certain nombre de pratiques inquiétantes. Et peut-être même sur l'existence d'une véritable multinationale des armes biologiques... Mais, comme dirait Monsieur X, n'allons pas trop vite.C'est donc à l'automne 2001 que l'Amérique a découvert cette nouvelle forme de terrorisme : l'envoi postal de lettres contenant des spores d'anthrax, un bacille particulièrement dangereux... Cinq personnes en sont mortes et plusieurs autres ont été contaminées. Le FBI lance aussitôt une gigantesque enquête qui va mobiliser 1.000 agents pendant plusieurs années. Des suspects vont être désignés puis innocentés. Et puis, après 2008, l'affaire finit par être oubliée : une curieuse amnésie après une si grande psychose ! Mais surtout, cette affaire de l'anthrax va permettre à George Bush junior d'accuser Saddam Hussein et donc, d'envahir l'Irak. Avec les conséquences que l'on connaît.
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716
Naufrage du sous-marin nucléaire soviétique K-8 en avril 1970
Est-ce une véritable bombe à retardement ? Une menace nucléaire ? à 4.500 mètres de profondeur et à 1.450 kilomètres des côtes françaises, à l'ouest de Brest, gît un sous-marin nucléaire d'attaque soviétique. Le bâtiment, accidenté en 1970, le K8, comporte deux réacteurs et quatre torpilles nucléaires. On peut donc craindre que la corrosion aidant, ces matériaux radioactifs ne finissent par se disperser dans le milieu marin. Avec quelles conséquences ? Nous allons voir cela avec Monsieur X qui ouvre le dossier de cette catastrophe demeurée encore aujourd'hui mystérieuse... Un accident préoccupant qui s'ajoute d'ailleurs à de nombreux autres naufrages de bâtiments soviétiques à propulsion nucléaire... Et il faudrait aussi parler des sous-marins hors d'âge et des déchets radioactifs qui ont été sciemment coulés par les autorités soviétiques de l'époque, principalement en mer de Barents et dans l'Océan Pacifique...Si Monsieur X a choisi d'évoquer le naufrage du K8, c'est que très récemment ont été révélés des aspects inédits sur ce drame qui, en dehors même des dangers qu'il représente toujours, a aussi causé la mort d'une cinquantaine de marins... En effet, les journalistes de la revue Guerres et Histoire ont retrouvé quelques-uns des survivants de la catastrophe. Grâce à eux, on sait donc à peu près exactement ce qu'il s'est passé en ce mois d'avril 1970 en plein océan. Et c'est un constat accablant pour la marine soviétique qui faisait aussi peu de cas de la vie humaine que de la sécurité de ses bâtiments.
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Podcast inofficiel de l'émission Rendez-vous avec X, tiré du site http://rendezvousavecmrx.free.fr/
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