À la ferme

PODCAST · society

À la ferme

Qui sont les gens qui nous nourrissent ? Au fil de mes rencontres, j'ai ouvert mon micro aux agriculteurs afin qu'ils nous partagent leur histoire.

  1. 8

    Le prix à payer, avec Solidarité Paysans

    ⚠️ Attention cet épisode contient des mentions du suicide chez les agriculteurs. Si vous, ou vos proches êtes concernés, demandez de l'aide. 3114, le numéro national de prévention du suicide. ⚠️Chaque année, en Mayenne, une soixantaine d’agriculteurs sont accompagnés par l'association Solidarité Paysans.Une seule règle pour bénéficier d'aide, en faire la demande. Pour pouvoir être aidé, il faut d'abord vouloir aller mieux. Anciens du milieu agricole ou citoyens engagés, une équipe de bénévoles s'est constitué au fil des ans. Grâce à une écoute active, elle vient porter assistance à celles et ceux qui ont perdu tout espoir. Usés par des relations humaines compliquées avec les créanciers, isolés socialement, leur santé mentale se fragilise. Dans cet épisode, on évoque la réalité du système agricole intensif, telle que dépeinte dans le film Au nom de la terre. Des investissements toujours plus importants, pour des rendements toujours plus grands. Mais, dès lors que les retombées économiques ne sont pas au rendez-vous, la situation comptable peut rapidement se noircir à mesure qu'il devient impossible d'assumer les échéances financières. Alors que le climat change, la viabilité d'un nombre croissant d'exploitations est menacée par les phénomènes climatiques extrêmes. Les bouleversements en cours devraient nous interpeller sur le futur du monde agricole. L'agrandissement des exploitations et l'internationalisation des échanges, contribuent à la disparition de la vente en circuit court, lui-même synonyme de l'affaiblissement du tissu social dans les campagnes. Si l'idylle de la ferme collective avec vente à la ferme peut parfois s'apparenter en réalité à un mythe de revitalisation des campagnes qui rétablirait les liens sociaux, ce dernier a le mérite de proposer une alternative à un système capitaliste individuel qui fragilise grandement les exploitants et bénéficie à une petite minorité. Merci à Solidarité Paysans d'avoir accepté de témoigner,

  2. 7

    Les consommateurs ont le pouvoir, avec Jérôme

    Opérer une transition vers l'agriculture biologique, conserver la ferme familiale ou tout vendre ?Quand arrive l'heure de la transmission, surviennent les choix.Se séparer d'un troupeau bovin, parce que la production laitière a perdu en rentabilité, choisir de passer une prairie en culture ou prendre le chemin de l'agriculture biologique.Ces ruminations, Jérome les a toutes eues.Au départ à la retraite de ses parents, il décide d'exploiter leurs terres sous un contrat de fermage. Rapidement il expérimente la disparition des rassemblements associatifs en milieu rural, qui ont laissé place à un paysage social fragmenté, marqué par une individualisation croissante des pratiques.Quelle serait la rentabilité de sa petite ferme de seulement 20 hectares, s'il décidait de partir dans l'agriculture biologique ?Au moment de l'invasion russe en Ukraine, attentif aux marchés mondiaux, il saisit l'occasion de vendre sa marchandise à des prix avantageux et réalise de gros bénéfices. En parallèle, il envisage plusieurs cultures pour se rapprocher des circuits courts. Car, savoir où part le fruit de son travail, ce serait mieux..Oui. Mais encore faut-il trouver un modèle rentable.Pas facile dans une économie mondialisée, où la production agricole française constitue une monnaie d'échange sur les marchés mondiaux. A petite échelle, comment rester compétitif tout en maintenant des standards environnementaux exigeants ?Son dilemme résume bien tout l'enjeu de la transition écologique. Quel chemin prendre ? Peser dans la balance commerciale de la France ou nourrir la population ? Choisir de se mettre au service de ses valeurs peut s'avérer fatal à celui qui ne s'est pas préparé à affronter la dureté de l'économie.Entretien réalisé le 25 avril 2024 à Larchamp, en Mayenne.

  3. 6

    En bonne santé, avec Camille

    Quand la santé s'en mêle... 👩‍🌾Fille d'agriculteurs, Camille a grandit à la ferme.Son enfance rythmée par le travail de ses parents. Fêtes de famille, vacances, c’est tout un quotidien qui se fait au gré des aléas sur la ferme. Jusqu'au jour où son père est tombé malade. À ce moment, la transition vers l'agriculture biologique s'impose à eux.Adulte, elle raconte son choix de peu à peu reprendre l'exploitation, la place des femmes dans un milieu masculin et le choix de distribuer ses produits bio en grande surface.Entretien réalisé le 29 avril 2024 en Mayenne.

  4. 5

    Je suis quelqu'un de simple, avec Kristen

    En plein confinement, Kristen, étudiant en droit, s'ennuie. Passer ses journées devant zoom, à 19 ans, quand on redouble sa première année de licence, ce n’est pas réjouissant.Sa santé mentale fragilisée le pousse à quitter l’université. Grâce au maraîchage il retrouve un sens dans le travail et une manière "cool d'occuper ses journées". En extérieur, l'hiver breton passe plutôt crème. Il retrace son cheminement vers l'agriculture biologique, sa rencontre avec son maître d'apprentissage et ceux qui deviennent rapidement ses amis à la campagne. Pour sa propre installation il attend d'avoir mis suffisamment de côté afin d'éviter la pression d'un prêt bancaire. Depuis notre entretien, Kristen a été reçu au concours des pompiers de Paris et pourra dans une quinzaine d’année profiter de sa retraite militaire pour ouvrir la ferme de ses rêves.Entretien réalise le 24 avril 2024, à Rennes.

  5. 4

    Je n'ai pas toujours été comme ça, avec Jean-Yves

    Il y a 10 ans, Jean-Yves a une prise de conscience.Il ne peut plus continuer à traiter ses cultures avec les produits phytosanitaires. Pour sa santé et celle de ses proches, continuer comme il l'a toujours fait, c’est prendre le risque de tomber malade un jour. Avec son frère, ils décident d'opérer une transition vers l'agriculture biologique.Dans cet épisode, il revient sur ses motivations. Sa passion pour le vivant. Réapprendre, c’est possible et c’est même la plus belle chose qui lui soit arrivé. Il est aussi le patron de Xavier, un apprenti, qui travaille pour lui depuis 3 ans. Les deux hommes partagent deux visions très différentes de l'agriculture et travaillent pourtant chaque jour côte à côte.Entretien réalisé le 15 avril 2024, dans le Sud-Vendée.

  6. 3

    Quelque chose de plus supérieur, avec Xavier

    Depuis qu'il est petit Xavier a un rêve : devenir agriculteur. Enfant, il fait la découverte de la race de vache Maine-Anjou lors de sa première visite au salon de l'agriculture. Il se dirige vers des études agricoles puis commence son apprentissage au près de Jean-Yves, un agriculture bio de la région. Engagé au près du syndicat des jeunes agriculteurs, il reste ouvert aux méthodes de travail biologique qu'il doit appliquer sur son lieu de travail. Son installation, en tant que "patron" est prévu pour le 1er janvier 2025 dans un GAEC conventionnel, et il a déjà prévu de faire venir un cheptel de bovins Maine-Anjou sur l'exploitation. Entretien réalisé le 15 avril 2024, dans le Sud-Vendée

  7. 2

    Pouvoir en vivre, avec Marine et Antoine

    Être agriculteur.ice, ça consiste en quoi ? Pour Marine et Antoine, agriculteurs du système conventionnel, les journées sont rythmer par la surveillance des cultures et le ramassage de beaucoup (beaucoup) d’oeufs. Les français en raffolent, et les couvoirs avicoles sont devenus une source de revenu sûre et stable, quant aux prix de rachat du lait fixés par les laiteries, ils ne satisfont plus les éleveurs.Ils avaient pourtant commencé en tant qu’exploitant.es de vaches laitières, mais en 10 ans, l’alimentation s’est transformée. Moins de lait, moins de viande car plus de fléxitariens. Les récentes pénuries en grande surface le prouvent : les consommateurs veulent des oeufs. Alors les exploitants s’adaptent, et transforment leur activité pour rester rentable.Un parcours professionnel et personnel qui commence par l’achat des terres, qui prend un tournant avec l’arrêt des vaches laitières et l'arrivée de Marine à temps plein sur l'exploitation.Entretien réalisé le 9 avril 2024, en Mayenne.

  8. 1

    Pas de regrets, avec Jean-Luc

    A 61 ans, Jean-Luc revient sur sa vie d'agriculteur, alors qu'il s'apprête à transmettre sa ferme et partir à la retraite...J’ai rencontré Jean-Luc car il joue dans la troupe de théâtre amateur de ma maman. À Saint-Quentin-les-Anges, dans le Sud-Mayenne, il est coutumier d’être investi dans une, deux, ou mêmes trois association. La vie locale est riche d’événements sportifs et culturels, et forcément Jean-Luc n’échappe pas à la règle. En fils du terroir, il s’est installé sur la ferme familiale et y a construit son activité, avec sa femme et son beau-frère. J’insiste sur son ancrage local car le lien à la terre, cette relation filiale au territoire est peu à peu en train de disparaitre. De moins en moins de fils et de filles d’agriculteurs reprennent la ferme familiale. Alors quand arrive l’heure du bilan Jean-Luc, la question de la transmission n’est plus une formalité mais bien le début d’une toute nouvelle aventure. L’arrivée d’un repreneur dont il faut d’abord, faire la rencontre, apprivoiser ses envies, son nouveau projet et accepter de lui céder l’exploitation. Car il arrive forcément un jour où il faille finalement raccrocher.Entretien réalisé le 18 avril 2024, en Mayenne.

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