Au rayon séries

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Au rayon séries

Emmanuel Taïeb reçoit des créateurs de séries, des scénaristes, des producteurs, des gens qui organisent des festivals de séries (il y en a au moins en France) et des auteurs d'ouvrages sur les séries. Il y a également, de temps en temps, des chroniques sur les séries à voir. Une émission sympa et dynamique ! Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  1. 21

    Autour de la série Les Sentinelles

    Plus le temps passe et plus la nécessité de repenser des événements historiques se fait sentir. Il y a 18 ans s’éteignait Lazare Ponticelli, dernier « poilu » encore en vie, et cette disparition rend évidemment plus impérieux le travail de réappropriation de la Première Guerre mondiale. Mais justement avec l’écoulement du temps, il devient aussi possible de le faire en recourant au fantastique, à l’uchronie, au rétro-futurisme, en s’amusant à y placer des super-héros, qui caractérisent plutôt la deuxième moitié du XXe siècle. C’est ce qu’ont fait les auteurs de la bande-dessinée, Les Sentinelles, Xavier Dorison et Enrique Breccia, dans quatre volumes parus il y a plus de dix ans. Bande-dessinée adaptée en série pour Canal+, sous le même titre des Sentinelles, par les deux invités de l’émission d’aujourd’hui Guillaume Lemans et Xabi Molia. Emmanuel Taïeb est accompagné par Ioanis Deroide, historien et rédacteur en chef adjoint de Saison, la revue des séries.Les Sentinelles, ce sont donc 8 épisodes, produits par Federation Studios et Esprits Frappeurs, et réalisés par Thierry Poiraud, dont la série Infiniti avait été remarquée, et Edouard Salier, qui avait notamment réalisé plusieurs épisodes d’une série que nous apprécions beaucoup avec Ioanis et qui s’appelait Mixte. Dans Les Sentinelles, un étrange laboratoire et un étrange sérum, le dyxénal, injecté à des soldats gravement blessés, booste leur métabolisme et les transforme en machines de guerre (avec quand même l’aide de prothèses). Mais leur nouvelle vie transhumaine et secrète s’accompagne d’un abandon de leur famille, et d’une traque côté allemand, via un personnage doué de vision, où le même sérum a d’ailleurs permis de fabriquer un super soldat. Le tout dans une atmosphère très steampunk.Guillaume Lemans, producteur et scénaristeXabi Molia, romancier, scénariste et réalisateurHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  2. 20

    Pluribus, Slow Horses et La Voisine danoise

    La production des séries est elle-même un feuilleton ! Les enjeux économiques prennent des proportions astronomiques, qui rappellent les grandes manœuvres des studios d’Hollywood. Ainsi, Netflix a renoncé à racheter la Warner pour 83 milliards de dollars, et c’est Paramount qui est sur les rangs avec 111 milliards de dollars ; profitant aussi d’une certaine proximité avec Trump. Le deal inquiète parce qu’HBO passerait sous pavillon Paramount.Quant aux séries elles-mêmes, elles continuent d’ausculter au plus près le monde contemporain L’Affaire Laura Stern revient sur les violences faites aux femmes. Et après deux ans d’attente, Apple TV diffuse la troisième saison de la série d’espionnage israélienne Téhéran, au moment même où la guerre fait rage au Proche-Orient. D’espionnage et de géopolitique, il est aussi question dans deux des séries qui vont nous intéresser aujourd’hui : La Voisine danoise et la cinquième saison de la mythique série Slow Horses. Tandis que la fiction dystopique Pluribus, fonctionne à l’échelle mondiale pour explorer les effets d’un virus qui apaise l’humanité et laisse démunis et perturbés les quelques survivants.La Voisine danoise se déroule quasi entièrement dans un immeuble HLM de la banlieue de Reykjavik en Islande, où un ancienne des forces spéciales danoises tente d’aider ses voisins et de sauver la planète, parfois dans la violence. Mais on verra que la série est un peu plus riche que son propos apparent. Quant à Slow Horses, c’est la pépite anglaise depuis plusieurs années, avec une équipe d’espions présentés comme des bras cassés mais qui se révèlent bien plus malins que leurs homologues méprisants du MI5.Bref, dans les trois séries d’aujourd’hui, les personnages ne sont jamais raccords avec ce qu’ils semblent dire d’eux.Avec Ioanis Deroide, Valérie Lavalle et Mathias Szpirglas.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  3. 19

    "Des Vivants", lieu de mémoire et résilience, avec Marie Chagnoux et Benjamin Campion

    La série Des Vivants diffusée tout récemment sur France Télévision, signée Jean-Xavier de Lestrade et Antoine Lacomblez, revient sur la reconstruction de plusieurs survivants du Bataclan. Pas n’importe lesquels, mais celles et ceux qui avaient été pris en otage par deux des terroristes, pendant plus de deux heures dans un couloir étroit ; avant d’être libérés par la B.R.I. Pendant l’assaut, un terroriste est tué et un autre fait sauter sa ceinture d’explosifs. Aucun mort du côté des otages et des policiers, mais des blessures physiques et psychiques tenaces. En 8 épisodes, la série suit au plus près ces otages devenus potes, les « potages » comme ils se surnomment, qui vont chacun et chacune réagir à leur manière au traumatisme de la violence et essayer de revenir dans le monde des vivants.La série est bien sûr notable dans son intention d’explorer les attentats du 13-Novembre. La première saison d’En Thérapie s’était aussi confrontée aux effets psychologiques de la violence terroriste, à travers notamment le personnage d’un policier de la B.R.I., qui voyait resurgir le spectre de la guerre civile algérienne et d’une chirurgienne prenant en charge les blessés ce même soir. Il n’est pas interdit de penser que la série B.R.I., sur Canal+, s’appuie aussi sur la popularité de ce service depuis les attentats. En tout cas, Des Vivants vient mettre fin à une certaine tendance française consistant à ne pas se confronter fictionnellement, ou pas tout de suite, à des épisodes douloureux, traumatiques ou sombres de la société française. Alors qu’aux États-Unis, ce saisissement est immédiat et fréquent.Sous cet aspect, Des Vivants est une série « service public », dans le meilleur sens du terme, celui qui intéresse toute la société ; et surtout c’est une série « lieu de mémoire », qui n’hésite pas à mettre en scène des flashbacks au Bataclan même, et à explorer toutes les difficultés des « potages » pour faire tenir en même temps mémoire individuelle et mémoire sociétale, trauma et guérison dans un univers où le Bataclan est central mais où leur propre histoire ne l’est pas. On voit pourquoi le sujet a intéressé Jean-Xavier de Lestrade, qui est à la fois documentariste du monde judiciaire et auteur de fictions, comme Laëtitia ou Sambre qui se confrontent à l’obscurité du viol et du crime dans des sociétés qui les dénient.Justine Breton, Maitresse de conférences en médiévalisme et littérature comparée à l’Université de Lorraine.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  4. 18

    Sur les Simpson et Matt Groening, avec Justine Breton

    On insiste à raison sur l’importance du temps dans les séries, et les fictions incarnées nous permettent de vieillir à la même vitesse que les acteurs et actrices. C’est une petite consolation au passage du temps. Mais c’est différent dans le cas des séries animées, où les personnages ne vieillissent pas et s’actualisent en permanence. Dans ce cas, ce sont plutôt eux qui nous regardent vieillir et s’emparent des travers de nos sociétés. Les Simpson, de Matt Groening, relève de la sitcom en dessin animée. Tous les codes y sont, et bien plus encore, mais les héros traversent les époques sans prendre une ride. Sachant que la série en est à sa 36e saison, c’est une prouesse !Plus qu’une série, Les Simpson sont un phénomène de société, un objet de recherche, et ils se déclinent en mème et en produits dérivés. Les personnages à la peau jaune, et certaines de leurs expressions favorites, sont devenus mythiques. Au fil des décennies, la série a exploré mille thèmes, introduit plein de personnages, mais s’est faite plus amère avec le temps. Intégrant d’ailleurs dans sa narration des formes d’épuisement. En parallèle, Matt Groening a créé Futurama en 1999 et les 5 saisons de Désenchantée entre 2018-2023.Ce qui fait la marque de fabrique de toutes ces séries, c’est un ressort humoristique spécifique : des personnages ordinaires vivant des aventures extraordinaires sans qu’ils en soient altérés ou nourris. Le jeu sur la satire consiste à amener les personnages dans un univers carnavalesque où tout est inversé, mais pour mieux dire ensuite le quotidien et le routinier. Ces séries sont une satire de leur époque, mais elles portent surtout un imaginaire fait de subversion des normes, de personnages déjantés et d’enchantement du réel.Justine Breton, Maitresse de conférences en médiévalisme et littérature comparée à l’Université de Lorraine.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  5. 17

    Sur Alien : Earth, avec Benjamin Campion, Benjamin Fau et Pierre Jacquet

    L’époque sérielle est aux franchises, reboots, spin-offs et autres préquelles, surtout sur Disney +. La saga Alien, avec toutes ses potentialités, ne pouvait pas faire exception. Après la sortie d’un long-métrage l’an dernier, Alien : Romulus, signé Fede Álvarez, vient de s’achever la diffusion des huit épisodes d’Alien : Earth, signés Noah Hawley ; connu notamment pour être le scénariste de la série anthologique Fargo. C’est une production américaine FX et Hulu.La double particularité d’Alien : Earth est que c’est un préquel, qui se déroule deux ans avant l’intrigue d’Alien, le 8e passager, le film matriciel de Ridley Scott ; et aussi que c’est la première fois que les aliens débarquent sur Terre. On retrouve donc l’univers habituel de la saga, avec ses immenses vaisseaux, ses cyborgs à sang laiteux, ses aliens destructeurs et la compagnie Weyland qui essaie de les capturer pour en faire des armes vivantes. Il y a évidemment quelques nouveautés : des bébêtes rampantes et volantes, des multinationales qui se partagent le monde et un groupe de jeunes « hybrides », des enfants condamnés par la maladie dont le cerveau a été transféré dans un corps synthétique. Ce sont eux que le récit suit, « enfants perdus » modernisés du conte de Peter Pan, que la série convoque, et qui devront à la fois apprivoiser leur nouveau corps et apprivoiser les aliens, comme le fait Wendy l’héroïne. Parce qu’elle a quelques super-pouvoirs cette Wendy, comme contrôler des ordinateurs et parler couramment la langue des aliens ; et elle essaie aussi d’apprivoiser son frère, qu’elle retrouve assez vite au début de la série.Interrogé par Pierre Langlais, Noah Hawley indique que les monstres de la série sont les représentants de l’environnement que les humains maltraitent, et que les enfants sont la nouvelle génération à qui il incombe de recréer l’équilibre entre nature, argent et cyborgs. La série a profondément divisé la critique, elle récolte 94% d’avis favorables sur Rotten Tomatoes et Sigourney Weaver l’a adorée.Alors, pour apprivoiser Alien : Earth, voir tout ce qu’elle propose et en faire la critique, Emmanuel Taïeb est en compagnie aujourd’hui de trois chroniqueurs chevronnés.Benjamin Campion, journaliste et enseignant en cinéma, membre de la rédaction de Saison. La revue des séries. Auteur de Histoire sexuelle des séries américaines.Benjamin Fau, journaliste au Point Pop, membre de la rédaction de Saison, et co-auteur du Dictionnaire des séries aux éditions Philippe Rey.Pierre Jacquet, critique ciné et série, grand maître de l’univers de Prince, animateur de l’émission La Dernière séquence, avec Eric Fiszelson, et membre de la rédaction de Saison.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  6. 16

    "Seinfeld", l’adversité du quotidien, avec Hendy Bicaise

    La diffusion du dernier épisode de la série Seinfeld, le 14 mai 1998, a réuni 76 millions de téléspectateurs et des milliers d’amateurs dans des rassemblements en plein air. Le show en était à sa 9e saison. Pour resituer Seinfeld dans l’histoire des séries humoristiques, il faut rappeler que l’année de sa première diffusion, on trouve toujours à l’antenne Madame est servie, mais pas encore Friends. C’est dire à quel point Seinfeld constitue une petite révolution dans le monde des sitcoms, en sortant du sempiternel modèle familial, où des flopées d’enfants vivent leur coming-of-age, tandis que les parents se débattent avec leur rôle et leurs problèmes d’adultes mâtures. Seinfeld entend explorer des thématiques bien différentes, en commençant par se débarrasser des rejetons, pour mettre uniquement en scène des adultes immatures, dont la vie est moins remplie que celle de leurs alter égos des sitcoms habituels. Le résultat est étonnant, avec une série très verbale, très new-yorkaise, où des personnages sans grandes histoires devisent sur leur existence ordinaire et leurs petits tracas du quotidien. Quelque part entre Woody Allen et l’esprit caustique du Saturday Night Life.On a beaucoup dit que Seinfeld était une série à propos de rien, mais pour l’invité d’Emmanuel Taïeb, Hendy Bicaise, c’est plutôt une série qui parle des « petits riens » : tous ces petits épisodes de nos vies qui, mis bout à bout, forment une morale et nous aident à comprendre l’existence. C’est peut-être ce qui explique le succès public et critique de Seinfeld. Il faut dire qu’à la manœuvre on trouve Jerry Seinfeld, comique de stand-up confirmé qui décide un jour de filmer ce qu’il raconte habituellement, et Larry David, auteur de sketches pour le Saturday Night Live, et qui, lui, poursuivra dans la même veine avec la série Curb your Enthousiasm dont le dernier épisode a été diffusé en avril 2024.A l’examen pourtant, Seinfeld se révèle moins légère que prévue. Le ton est grinçant, pessimiste, les personnages n’évoluent pas, semblant redécouvrir les travers du monde à chaque nouvel épisode, perdus dans leur égoïsme et leurs angoisses morbides. Le mot d’ordre des showrunners, c’est « no hugging, no learning », qu’on pourrait traduire librement par « ni sentiments, ni édification ». Quelle étrange série, alors, dont les rires deviennent vite jaunes et où une imperceptible noirceur prend le dessus. Seinfeld n’aura jamais aussi bien illustré la phrase attribuée à Chris Marker selon laquelle l’humour est la politesse du désespoir.Avec Hendy Bicaise, critique cinéma et sérieHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  7. 15

    Séries et terrorisme, avec Alexis Pichard

    Les grands événements historiques, notamment les moments de violence, altèrent durablement le régime des images. Les attentats du 11-Septembre, et le développement d’un terrorisme djihadiste mondial, entrent ainsi dans les séries, de façon évolutive. Car les séries sont aussi des objets historiques qui donnent à voir les représentations dominantes d’une époque ou qui au contraire poussent des idées encore minoritaires voire contestataires. Il y a ainsi une distance importante entre 24h chrono et Homeland, qui témoigne que le regard porté sur l’action des États-Unis peut se faire critique et subtil. Mais il y a des évolutions au sein d’une même série, et 24h chrono intégrera dans son récit un débat sur la légitimité du recours à la torture.Les grands événements subvertissent aussi les genres, et tout devient poreux entre séries sécuritaires, d’espionnage, politiques, séries d’action, et même séries policières qui se confrontent désormais aux questions de sécurité nationale. De ces mélanges nait la télévision-terrorisme, les « séries-terrorisme », dit l’invité de l’émission, Alexis Pichard, séries qui accompagnent et figurent la guerre contre le terrorisme ; qui le transforme aussi en un objet de divertissement. Parfois sous l’impulsion des autorités qui cherchent à légitimer leur action. Mais tout n’est pas que propagande, et la fonction critique des séries fait rapidement surface, sur la question des vétérans de guerre, des moyens de la guerre, et bien sûr autour de questions morales importantes.Les séries-terrorisme ne font pas exception à la règle de l’époque qui en fait des lieux avant-gardistes. Sur la question du genre, c’est bien une héroïne féminine Carrie Mathison, passablement bipolaire, qui succède à l’infatigable Jack Bauer, dans Homeland ; on introduit des personnages orientaux de premier plan ; on propose un président une présidente noire ; ou on se fait pédagogue sur les origines du terrorisme et sur la géopolitique, comme sur la nature de l’ennemi.De l’héroïsation à l’épuisement, les séries américaines, et parfois britannique, accueillent 25 ans de violence mondialisée. Comment la restituent-elles ? C’est la question que pose Emmanuel Taïeb à son invité.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  8. 14

    Autour de la série The Pitt

    Invités : Benjamin Campion, critique séries et enseignants, Valérie Lavalle, productrice et réalisatrice, et Mathias Szpirglas, maître de conférences en sciences de gestion. Chronique de Benjamin Fau, critique série au Point Pop.Le mois dernier s’est achevé la diffusion sur Max de la série médicale américaine The Pitt. Série produite notamment par John Wells, qui était l’un des showrunneurs principaux de la célèbre série Urgences ; et on retrouve dans le rôle principal Noah Wyle, qui y jouait le Dr Carter. Cette fois, il incarne le Dr Robanovitch, dit Robby, médecin-chef chevronné du service des urgences d’un hôpital de Pittsburgh. Noah Wyle a perdu ses traits juvéniles et a gagné en gravité.Mais The Pitt est aussi une série chorale, qui suit une multitude de personnages aux caractéristiques différentes, dont des internes pour leur premier jour, et bien sûr une nuée de patients aux pathologies les plus variées. Cette proximité de la vulnérabilité et de la mort alimente évidemment des questionnements permanents du côté des médecins comme du côté des patients, donnant une profondeur inédite à la série. Il faut dire aussi qu’elle repose sur un dispositif d’unité de temps – en plus de l’unité de lieu – puisque chaque épisode correspond à 1 heure de garde, sur 15 heures. L’immersion, et parfois l’impression d’étouffement, sont donc totales.Rien n’est laissé de côté : les problèmes financiers de l’hôpital, la question du rapport aux médicaments, les anti-vax et anti-masques-qui viennent défier le corps médical, les anti-douleurs addictifs, les biais du personnel soignant, les vies des patients, et le maelström émotionnel que déclenche le passage aux urgences. Chaque médecin traverse la journée avec son propre bagage. L’une d’entre eux porte ainsi un bracelet électronique, tandis qu’une autre fait une fausse couche, alors qu’elle plaçait tous ses espoirs dans cette grossesse. Mention spéciale aussi à l’équipe des effets visuels, car les gestes et les opérations sont assez crus et sanglants. Il y a même un accouchement filmé en gros plan, clairement dans une dimension pédagogique.The Pitt a reçu un excellent accueil du public et des médias, même si tout n’est pas parfait. Pour en parler, Emmanue Taïeb reçoit trois chroniqueuses et chroniqueursHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  9. 13

    L'art des séries, avec Pierre Langlais

    Autour du fameux lion qui rugit de la Métro Goldwyn Mayer, un ruban de pellicule porte la mention "Ars gratia artis" : l'art remercie les artistes, et les honore. Car derrière l'oeuvre se cache une multitude de mains et d'esprits qui contribuent à l'édification d'un projet artistique et à l'exploration d'un format.Les séries ne dérogent pas à cette règle. Il ne fait plus aucun doute qu'elles sont un art visuel mondialisé. Et il ne fait plus aucun doute que la sériphilie, sous toutes ses formes, accompagne ce mouvement et relève avant tout d'une émotion et d'un intérêt pour l'esthétique.Derrière chaque épisode de série on trouve des artisans, des artistes, des réalisateurs, et de plus en plus de réalisatrices, des directeurs de la photo, des scénaristes, des showrunners, et des actrices et acteurs pour qui la question de la limite entre cinéma et séries ne se pose plus depuis longtemps. On trouve des auteurs, parfois bien névrosés, des producteurs et des chaines toujours inquiets que rien ne marche.Ces artistes des séries, que l'art honore, attendaient leur écrin. Il leur a été donné par Pierre Langlais, le "Monsieur Séries" de Télérama, qui a signé une trilogie livresque remarquable et d'une rare richesse, une plongée inédite dans le monde des créateurs de séries, de tous les pays : Créer une série, sur les showrunners; Incarner une série, sur les comédiens; Réaliser une série, sur les metteurs en scène.Ça a été publié chez Armand Colin entre 2021 et 2024. On y entend les mots de celles et ceux qui ont travaillé sur les Anneaux de pouvoir, Borgen, The Crown, Engrenages, Happy Valley, Hiipocrate, Ovni(s), The leftovers, Mad Men, Rectify, Les Revenants, The Shield, Watchmen, The Wire, et encore beaucoup d'autres...Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  10. 12

    Filmer l'activité politique

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  11. 11

    Avec les producteurs de la série Spinners

    Invités : Benjamin Hoffman, producteur, documentariste et photographe ; et Joachim Landau, producteur et fondateur de Federation Middle East Africa Caribbean. On sait que la production de séries est désormais un phénomène internationalisé et que les festivals et les plateformes donnent accès à des séries du bout du monde que les chaines généralistes n’auraient sans doute jamais achetées. Ces séries sont l’occasion de décentrer notre regard et de faire connaissance avec des sociétés, des langues et d’autres manières de faire des séries.Spinners, qui nous intéresse aujourd’hui, est une série sud-africaine en 8 épisodes, dont les producteurs sont français. La série a été produite par Empreinte digitale et distribuée par Showmax et Canal+, où elle est disponible, et elle a été sélectionnée aux festivals Dakar Séries et Cannes Séries. On y suit le personnage du jeune Ethan, pris entre son désir de piloter des voitures dans des chorégraphies endiablées et son quotidien fait de gangs et de règlements de compte, auquel il ne parvient pas à s’arracher.Emmanuel Taïeb reçoit les deux showrunners de la série, Benjamin Hoffman et Joachim Landau, et l’émission propose aussi des interviews avec l’acteur principal de la série, Cantona James et avec les deux head writers, Matthew Jankes et Sean Steinberg.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  12. 10

    Séries et histoire au Chili

    Invités : Lorena Antezana Barrios, professeur en sciences de l’information et de la communication à l’Université du Chili ; Marjolaine Boutet, professeure de civilisation américaine à l'université Sorbonne-Paris-Nord. Chronique d’Arcanes par Théo Touret-Dengreville.La production de séries est désormais un phénomène mondial, qui vient parfois bousculer des habitudes télévisuelles acquises. L’émission d’aujourd’hui va nous conduire au Chili, où la part dominante des télénovelas a commencé à diminuer sous l’influence de ce qu’on appelle les dramas, et en particulier des dramas historiques. Ce genre, très prisé du public chilien, de tous âges, revisite en particulier la période de la dictature et sa disparition. Ces séries historiques participent à la construction d’une mémoire collective et à l’éducation d’un jeune public. Elles ont donc une visée pédagogique assumée et elles permettent donc de lancer des projets de recherche universitaires pour mesurer leurs effets.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  13. 9

    Femmes avocates

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  14. 8

    La pédagogie des séries

    La pédagogie des séries Invités : Antoine Bonnet, historien, journaliste et essayiste spécialisé sur les séries ; et Anne-Lise Melquiond, docteure en études cinématographiques et chercheuse rattachée au laboratoire Histoire des arts et représentations de l’Université de Nanterre. Cette émission évoque des manuels scolaires nouvelle génération qui s’appuient sur des séries populaires pour travailler des concepts de sciences sociales. Pas des séries comme simples illustrations d’un propos plus large, mais bien possédant une dimension pédagogique propre. Ce qui leur permet d’être didactiques c’est leur temps long, leur abondance de personnages qui peuvent porter des idées différentes, leur forme imagée bien sûr, qui impressionne davantage que les mots, et surtout leur capacité à s’intéresser à des univers et des thématiques très différentes. Que l’on travaille sur l’identité, l’inclusion ou la chute du Mur de Berlin, il y a toujours une série sur ça.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  15. 7

    Faire l’expérience des séries, avec Hugo Clémot

    Les séries contemporaines sont des œuvres de pensée, des œuvres d’art qui appellent une analyse, et les lieux d’une expérience de plaisir, ou parfois d’ennui, qui mérite qu’on s’y arrête. En tout cas, elles procurent des émotions ! Certes, les personnages de fiction n’existent pas, mais les effets qu’ils produisent n’en sont pas moins réels. A leur manière, nombre de séries télévisées relèvent d’un exercice spirituel et philosophique, en ce qu’elles permettent aux spectateurs de modifier leur propre expérience et de s’améliorer moralement. Leur force repose sur plusieurs paradoxes, à commencer par le fait qu’on peut s’attacher à des personnages détestables, comme Tony Soprano. Ou encore à l’idée que les personnages vivant dans un monde de zombies, finalement seraient moins aliénés et plus heureux qu’auparavant. Grâce à eux, nous opérons un décentrage de notre regard, pour voir le monde autrement, et parfois en retrouver la beauté ordinaire. Avec  Hugo Clémot,  Maitre de conférences en esthétique et philosophie de l'art à l'Université Gustave Eiffel Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  16. 6

    Tout sur le Festival Séries-Mania 2024

    Le Festival Séries Mania ouvre ses portes bientôt. Sa 14e édition va se dérouler dans plusieurs villes des Hauts-de-France, et en particulier à Lille, du 15 au 22 mars prochain. Le Festival Séries Mania c’est le plus grand festival international de séries en Europe, avec 400 séries de tous les pays en compétition – car il y a un palmarès – et, l’année dernière 85.000 visiteurs et près de 4000 professionnels accrédités. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  17. 5

    Les mystères de The Leftovers

    The Leftovers est une série HBO écrite par Damon Lindelof, le créateur de Lost, et plus tard de Watchmen. Elle est adaptée d’un roman de Tom Perrotta intitulé Les disparus de Mappleton. Son point de départ est aussi simple que redoutable : un beau matin, 2% de la population mondiale disparaît subitement. On ne saura jamais pourquoi tous ces gens ont disparu et ils ne reviendront pas. Pour les survivants, les 98% restants, c’est une fin du monde un peu étrange, car le monde est toujours là, mais il est devenu inhabitable et mystérieux. The Leftovers est une série sur la perte, le deuil, la mélancolie, l’étrangeté aux autres et à soi-même ; elle n’est qu’accessoirement fantastique et post-apocalyptique. C’est surtout l’une des séries les plus émouvantes et les plus bouleversantes de ces dernières années, qui mérite qu’on y revienne, en compagnie de mon invité, Sylvain Romieu.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  18. 4

    Buffy, icône féministe

    Cette émission est consacrée à une série de la fin des années 1990, Buffy contre les vampires, qui ne cesse d’être réinvestie aujourd’hui tant elle incarne une forme d’empowerment féminin et d’exploration des tourments et des amours adolescentes ; le tout dans un univers fantastique peuplé de figures démoniaques. Seulr ombre au tableau, le créateur de la série, Joss Whedon, qui s’est toujours présenté comme féministe, a depuis été accusé de comportements déplacés et de harcèlement sexuel. Après Buffy, il a notamment réalisé deux films Avengers et signé la série The Nevers, toujours avec des héroïnes féminines.  Buffy, pour mémoire, c’était 7 saisons et 144 épisodes entre 1997 et 2003. Série réinvestie, parce que certains ont pu passer à côté de sa singularité à l’époque. La faute sans doute à une programmation un peu fourre-tout de M6 et à l’absence de passeurs la concernant. Ça a été rattrapé depuis pour le plus grand nombre.  En tout cas Marion Olité, vient de publier chez Playlist Society un livre intitulé Buffy ou la révolte à coups de pieu, dont la couverture, signée Lucien de Baixo, représente une silhouette féminine transformée justement en pieu ouvrant le sol.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  19. 3

    Philosopher avec Stranger Things

    Les séries relèvent du divertissement, ce sont des produits culturels, ce sont des œuvres d’art, mais ce sont aussi des exercices de pensée. Les séries pensent, elles philosophent, elles disent le monde et en donne le mode d’emploi, même quand il est à l’envers. Toutes les fictions parlent en fait de nous, du fait d’être jeté-au-monde et d’affronter la finitude. Parler des séries revient alors écrire un récit à la première personne, où les séries nous regardent autant qu’on les regarde. Surtout avec Stranger Things qui se déroule dans les années 80 et où les personnages principaux ont l’âge que nous avions à cette époque. Stranger Things est donc autant une série fantastique qu’une série historique, autant un roman d’apprentissage qu’une psychanalyse collective. Combien de Démogorgons, de Flagelleurs mentaux, de scientifiques fous, de Soviétiques et de Vecna faut-il affronter pour passer à l’âge adulte ? Et faut-il bien le faire en revisitant tout le Top 50 ?Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  20. 2

    Autour des Rencontres Havre Séries

    Emmanuel Taïeb reçoit Caroles Desbarats, Directrice artistique des Rencontres Havre Séries, qui se tiendront du 30 novembre au 3 décembre 2023, autour du thème : « Les séries et la sexualité ». Au programme : les séries Sex Education, Lycée Toulouse Lautrec, La Servante écarlate, En Thérapie, Salade grecque, entre autres, un atelier d’écriture d’un pilote de série, un quiz musical, et un concours d’éloquence. Seront abordées : la question de l’éducation à la sexualité, les manières de la filmer, l’abstinence sexuelle, handicap et sexualité, religion et sexualité, pornographie, psychanalyse, ou encore le nouveau métier de « coach d’intimité » sur les tournages. Parmi les invités : Édouard Philippe, maire du Havre et ancien Premier ministre, qui viendra évoquer l’adaptation de son livre, Dans l’ombre, par Pierre Schoeller ; Benjamin Campion, Sandra Laugier, Ophir Levy, Céline Morin, universitaires ; Antoine Garceau, réalisateur de Salade Grecque ; les monteurs de Salade Grecque, Sahra Mekki, Anne-Sophie Bion et Guillaume Lauras ; Magali Croset-Calisto, sexologue ; Fanny Riedberger, créatrice et productrice de la série Lycée Toulouse Lautrec et l’acteur Nolann Duriez ; David Elkaïm et Vincent Poymiro, scénaristes d’En thérapie et Emmanuel Valat psychanalyste consultant sur la série ; Anne-Lorraine Bujon, directrice de publication d’Esprit ;  et Najoua Ferreol, coordinatrice d’intimité.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  21. 1

    L’univers de David Simon

    En rayon aujourd’hui, tout l’univers de David Simon, showrunner prolifique de HBO à qui l’on doit notamment The Wire/Sur Ecoute, plongée de longue durée dans les entrailles de Baltimore aux États-Unis. David Simon, dont on a pu voir tout récemment : We Own this City, toujours à Baltimore, sur une unité de flics corrompus jusqu’à l’os. David Simon et ses collaborateurs habituels, Ed Burns, Eric Overmyer ou George Pelecanos, écrivent et filment des séries à haute teneur sociale, qui se saisissent des problèmes de l’Amérique contemporaine : le racisme systémique, la ségrégation, l’antisémitisme, les ravages de la guerre contre la drogue, les laissés-pour-compte du rêve américain, le capitalisme aveugle et les institutions démissionnaires.  Série après série, David Simon écrit une contre-histoire de l’Amérique, faite de compromissions et de violence, mais aussi d’individus qui résistent, qui restent attachés aux valeurs originelles du pays, à l’entraide, au pouvoir des liens locaux ; il dénonce la façon dont l’Amérique se trahit elle-même en laissant perdurer des inégalités flagrantes.  Simon est un feuilletoniste moderne, un observateur pessimiste, un réaliste qui refuse le divertissement et propose des séries très politiques. Ce sont souvent des séries à thèse, très documentées, et qui entendent dénoncer des injustices. C’est cet engagement qui habite littéralement Simon et qui lui a valu d’être surnommé « L’homme le plus en colère de la télévision » !Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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ABOUT THIS SHOW

Emmanuel Taïeb reçoit des créateurs de séries, des scénaristes, des producteurs, des gens qui organisent des festivals de séries (il y en a au moins en France) et des auteurs d'ouvrages sur les séries. Il y a également, de temps en temps, des chroniques sur les séries à voir. Une émission sympa et dynamique ! Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

HOSTED BY

Emmanuel Taïeb

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