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PODCAST · education

C'est Alain qui m'a dit

Un espace de parole pour celles et ceux qui ont avancé, construit, parfois réussi, et sentent que continuer de la même manière n’a plus de goût.À travers des images et des phrases entendues, nous regardons autrement ce qui demande à changer. cestalainquimadit.substack.com

  1. 19

    L'Ingénierie des Âmes

    Vouloir transformer les autres, c’est de la bienveillance. C’est surtout de la fuite.Le meilleur manager que vous ayez connu pensait sauver son équipe. Il l’empêchait de grandir.On appelle ça de l’investissement humain. C’est du contrôle avec une bonne conscience.Bonjour. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement… on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit.Alain m’a dit un jour une chose sur lui-même, sur ce qu’il avait été. Il m’a dit : « J’étais le premier de la classe de l’ingénierie des âmes. C’est du contrôle déguisé. »Je n’ai pas eu besoin de chercher longtemps. Je savais exactement de quoi il parlait. Parce que pendant une bonne partie de ma vie de dirigeant, j’avais ce profil-là.Le profil qu’on ne questionne jamaisIl y a une catégorie de dirigeants qu’on ne questionne jamais. Ceux qui s’investissent vraiment. Qui restent tard pour un collaborateur en difficulté. Qui préparent des feedbacks construits, attentifs, précis. Qui lisent sur le développement humain et l’appliquent avec sincérité. Qui croient, profondément, que leur rôle est d’aider les gens autour d’eux à grandir.Ce profil-là, dans tous les modèles de leadership qu’on nous enseigne, c’est le bon élève. C’est celui qu’on cite. Celui qu’on veut former. Celui dont on dit qu’il a « le sens des gens ».Et c’est précisément ce profil-là qui tombe dans le piège le plus difficile à voir.Parce que quand tu passes ton énergie à vouloir transformer les autres, à corriger leurs trajectoires, à les aider à devenir « meilleurs », tu pars d’une hypothèse que tu n’as jamais formulée à voix haute : ils ne sont pas suffisants tels qu’ils sont. Et toi, tu sais ce qu’ils devraient devenir.C’est regarder l’autre d’en haut. Même avec bienveillance. Même avec le sourire.Les quais de SeineJe vais te raconter une scène. Elle est courte mais elle m’a appris quelque chose que vingt ans de lectures sur le management ne m’avaient pas appris.J’avais un commercial dans mon équipe. Quelqu’un qui marchait bien. De bons résultats, une vraie présence terrain, un gars solide.Un après-midi, je suis tombé sur lui par hasard. Il était allongé sur les quais de Seine. En pleine journée de travail. En train de faire une sieste.Mon premier réflexe a été immédiat. Il profite de ses bons résultats pour se permettre de disparaître. Il pense que je ne vois pas. Ni vu ni connu.Je l’ai confronté directement. Je lui ai dit de ne plus me prendre pour un idiot.Il ne s’est pas démonté. Il m’a regardé calmement et il m’a dit qu’il ne me prenait pas pour un idiot. Qu’au contraire. Que cette pause qu’il s’accordait lui permettait d’être beaucoup plus efficace ensuite, de donner le meilleur de lui-même, d’être plus utile au groupe. Et qu’il n’avait jamais cherché à se cacher. La preuve : il était là, en plein air, sur les quais. Je l’avais trouvé sans le chercher.Je me suis arrêté.Parce qu’il avait raison. Sur tout.Mais ce qui m’a le plus frappé, avec le recul, ce n’est pas qu’il avait trouvé sa propre façon de fonctionner. C’est qu’il n’avait pas cherché à se cacher. Et ça, ce n’était pas de la naïveté de sa part. C’était une lecture juste de qui j’étais vraiment. Il savait qu’avec moi, l’explication est toujours possible. Il avait confiance que s’il me donnait le fond de sa pensée, je l’entendrais.Ce jour-là, c’est lui qui m’a révélé quelque chose sur moi. Pas l’inverse.J’étais arrivé avec le réflexe du dirigeant qui corrige, qui recadre, qui sait mieux. Et lui m’avait simplement montré qu’il n’avait pas besoin d’être corrigé. Qu’il avait déjà construit sa propre gravité. Et que mon rôle, ce jour-là, était juste de l’écouter.Ce que j’ai mis du temps à voirCette scène sur les quais, je pourrais la multiplier. Pas toujours de façon aussi nette, aussi directe. Mais le même mécanisme, sous des formes différentes.Un dirigeant qui s’investit dans la transformation de ses équipes construit, sans le vouloir, une dépendance. Les gens apprennent à attendre son regard, sa validation, sa correction. Ils cessent progressivement de faire confiance à leur propre boussole parce que la sienne est toujours là, disponible, prête à recalibrer.Et pendant ce temps, le dirigeant se sent utile. Vraiment utile. Il a le sentiment de faire exactement ce qu’un bon leader doit faire.Ce qu’il ne voit pas, c’est que cette utilité lui profte plus qu’à ses équipes. Que tant qu’il s’occupe de faire grandir les autres, il n’a pas à regarder ce qui, en lui, demande à évoluer. Les questions qu’il ne veut pas se poser, il les a remplacées par les questions qu’il pose à ses collaborateurs.L’ingénierie des âmes, ce n’est pas de la malveillance. C’est une façon élégante de se rendre indispensable pour ne pas avoir à se regarder.Ce que ça coûte réellementIl y a une réalité physiologique qui illustre ça mieux que n’importe quelle théorie managériale.Quand les astronautes passent plusieurs mois en apesanteur, leurs os se fragilisent. Pas parce qu’ils ont été blessés. Parce que la gravité terrestre n’a plus exercé de pression sur eux. Le corps, privé de résistance, perd sa densité. Ce sont les contraintes qui construisent la solidité.C’est exactement ce qui arrive aux gens qu’on surprotège. Qu’on accompagne avec trop d’intensité. Qu’on corrige avant qu’ils aient eu le temps de se confronter eux-mêmes à l’erreur, d’en ressentir le poids, d’en tirer quelque chose qui leur appartient vraiment.En voulant les aider, on leur retire la résistance dont ils ont besoin pour se construire. Ce n’est pas de l’aide. C’est de la soustraction.La distinction qui change toutL’alternative, ce n’est pas le désengagement. Ce n’est pas regarder ses équipes se débattre en croisant les bras.C’est une distinction plus fine. La différence entre être disponible et être indispensable. Entre créer les conditions et contrôler le résultat. Entre avoir confiance dans le chemin de l’autre et vouloir en être le guide permanent.Un leader qui a vraiment intégré ça, ne se demande plus comment faire progresser les gens. Il se demande si son propre état, sa propre justesse, sa propre manière d’être là, crée un terrain où ils peuvent progresser par eux-mêmes.Ce n’est plus de la gestion. C’est de la présence.Et paradoxalement, c’est là que l’impact devient réel. Pas quand tu t’investis dans la transformation des autres. Quand tu t’investis dans la tienne. Parce que les gens ne se développent pas au contact de quelqu’un qui veut les changer. Ils se développent au contact de quelqu’un qui, lui, est clairement en train de vivre ce qu’il dit. Dont la présence en elle-même est une invitation, pas une injonction.C’est la différence entre le leader qui dit « voilà ce que tu devrais faire ou être » et celui dont l’existence même dit « voilà ce que c’est, être juste. »Ce que je fais différemment aujourd’huiQuand je sens cette envie d’intervenir, de corriger, d’accompagner plus intensément, je me pose une question simple.J’interviens pour qui ? Pour la personne, ou pour me sentir utile ?La réponse n’est pas toujours confortable. Mais quand elle est honnête, quand je reconnais que c’est mon besoin de maîtrise qui parle et pas la réalité de l’autre, quelque chose se détend. Je n’ai plus à porter ce qui ne m’appartient pas. Je peux être présent sans être indispensable. Je peux m’intéresser sans vouloir transformer.C’est plus léger. Et c’est précisément là, dans cet espace plus léger, que je suis vraiment utile.La question que je te laisseDans ton équipe, dans les gens que tu accompagnes avec la meilleure intention du monde : est-ce que tu leur donnes de la gravité ? Ou est-ce que tu deviens, sans le vouloir, l’apesanteur qui les affaiblit ?On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : parfois, il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse. Merci pour ton écoute, et à très bientôt.QUIZSi cette réflexion résonne en toi, on a créé avec Alain, le Quiz Authentik pour ces moments-là. Pas pour te dire comment mieux gérer les autres. Pour t’aider à voir ce que tu portes qui ne t’appartient pas, et ce qui, en toi, cherche simplement un peu plus d’espace pour exister. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

  2. 18

    L'Urgence Douce

    On passe notre temps à attendre que le calme revienne pour enfin décider de vivre. Mais la clarté ne naît pas dans le repos, elle surgit souvent quand le chaos nous oblige à lâcher nos vieilles certitudes. Le monde n’a plus besoin de ton masque de dirigeant, il a besoin de ta justesse.Bonjour. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement... on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit.Alain m’a dit :« Les grandes nécessités appellent de grands leaders... je ressens une vibration. Une urgence douce. Un appel intérieur. »LE SÉISME : QUAND LE MONDE BASCULECette phrase a réveillé en moi une mémoire très précise. Elle m’a projeté trente ans en arrière, dans les années 90. À cette époque, je ne parlais pas encore de stratégie humaine ou de leadership. J’étais dans le feu de l’action, au cœur des studios de création graphique. Directeur commercial, puis directeur de studio, avant de diriger ma propre structure.Ce que nous vivions alors, ce n’était pas une petite évolution. C’était un séisme. Tout ce qu’on savait faire depuis des générations était en train de s’effondrer. On a appelé ça l’arrivée de la PAO (la Publication Assistée par Ordinateur). Pour ceux qui n’ont pas connu cette époque, imaginez un monde où pour créer une simple page de magazine, il fallait une armée de spécialistes. Il y avait les créatifs, les maquettistes, les typographes, les photograveurs, et enfin les imprimeurs. Chaque métier était une forteresse. On apprenait ça pendant des années, et on pensait que c’était pour la vie.Puis, est arrivé sur les bureaux : le Macintosh. Avec lui, des logiciels comme Illustrator, QuarkXPress ou Photoshop. D’un coup, une personne seule pouvait faire tout seul sur son écran ce qui demandait avant toute une équipe de six experts.Le chaos a été total. Tout le monde était perdu. Et c’est là que j’ai vu, pour la première fois, ce que signifie réellement être un leader quand tout s’écroule autour de toi.LES DEUX VISAGES DE LA RÉSISTANCEDans les studios que je dirigeais, j’ai vu la peur s’installer partout. Mais c’était une peur bien particulière : celle d’être dépassé, de ne plus servir à rien. J’ai vu deux types de réactions, et c’est exactement ce qu’on voit aujourd’hui avec l’IA ou les crises qui s’enchaînent.D’un côté, il y avait ceux qui voulaient protéger leur territoire à tout prix. Des patrons qui avaient investi des fortunes dans des machines énormes, complexes, et qui regardaient l’ordinateur avec un mépris total. Ils se rassuraient en disant : « Ça ne marchera jamais. La qualité est nulle. Le client ne voudra jamais d’un travail fait sur une machine de bureau. » Ils s’accrochaient à leurs vieilles méthodes comme à des bouées de sauvetage, en refusant de voir que le besoin du client avait changé. Le client ne voulait plus de la perfection artisanale qui mettait trois jours à arriver, il voulait de la vitesse et de la souplesse.Et il y avait les techniciens, les typographes. Des gens avec un savoir-faire immense, qui connaissaient l’histoire de chaque lettre. Pour beaucoup, l’ordinateur était presque une insulte à leur métier. Ils ont résisté, ils ont attendu que la mode passe, ils sont restés figés. Résultat ? Des centaines de studios à Paris ont fermé en quelques années. Ils ne sont pas morts à cause de la technologie, ils sont morts parce qu’ils n’ont pas voulu écouter ce qui se passait réellement.L’ÉMERGENCE DE L’URGENCE DOUCEMais au milieu de ce gâchis, j’ai vu une petite bande de gens agir différemment. Ces personnes-là n’étaient pas dans la panique, elles étaient dans quelque chose de différent : une urgence qui venait de l’intérieur, pas de la peur.Je me souviens d’un typographe, un ancien, un vrai pro. Il aurait pu être le premier à râler. Au lieu de ça, il s’est assis devant un Mac. Il regardait ce petit écran avec une vraie curiosité. Il m’a dit : « Éric, l’outil est moche, la qualité est moyenne, mais le logiciel ne sait pas ce qu’est une belle page. Il ne sait pas comment faire respirer un texte. Si je lui donne mon expérience, cet outil devient une machine redoutable. »Ce gars-là avait tout compris. Il n’a pas lâché son expertise, il a juste lâché ses vieux outils. Il a compris que sa vraie valeur n’était pas de manipuler du métal, mais d’avoir un regard, une intention, une capacité à organiser l’espace. En acceptant de redevenir un débutant sur l’ordinateur, il est devenu le patron du studio. Il a mélangé son savoir à la puissance de la machine.Pour les chefs d’entreprise, c’était la même chose. Ceux qui ont survécu sont ceux qui ont eu le cran de dire : « Mes machines ne valent plus rien, mon organisation est morte, mais ma boîte a une âme, une culture que les autres n’ont pas encore. On va changer de cap. » Ils n’ont pas attendu de tout maîtriser pour bouger. Ils ont senti cette petite voix intérieure qui disait que le vrai danger, c’était de ne rien faire.LE CHAOS COMME RÉVÉLATEURPourquoi est-ce que je te raconte ça aujourd’hui ? Parce que nous sommes exactement au même endroit. Le chaos qu’on vit aujourd’hui (l’IA qui change tout, les équipes qui cherchent du sens, l’instabilité permanente) n’est pas un problème pour ton leadership. C’est le moment idéal.Quand tout va bien, c’est facile de tricher. On se cache derrière des chiffres, des titres de poste, des habitudes. On peut faire semblant d’être un leader parce que le vent nous pousse. Mais quand tout bascule, tu ne peux plus te cacher derrière la technique ou les diplômes.C’est là que ton vrai moi sort du bois. Pas celui qui sait tout, pas celui qui fait le héros, mais celui qui est juste. Celui qui regarde la situation en face et qui dit : « Je ne sais pas encore comment on va faire exactement, mais je sais où on va. »L’urgence douce, c’est cette envie d’agir qui ne vient pas de la peur, mais d’une nécessité intérieure. C’est le moment où tu comprends que tu ne disparais pas, tu es entrain de te transformer. Et pour ça, tu dois accepter de laisser tomber une vieille image de toi (celle qui se rassurait avec du contrôle) pour devenir celui qui dirige avec son cœur et sa vision.CE QUE LE TYPOGRAPHE A PRODUIT AUTOUR DE LUICe qui m’a frappé avec ce typographe, ce n’est pas seulement ce qu’il a fait pour lui. C’est ce qu’il a produit autour de lui.Dans les jours, les semaines, les mois qui ont suivi, j’ai vu quelque chose de bizarre se passer dans le studio. Des jeunes ont commencé à venir lui poser des questions. Pas parce qu’il était le chef, pas parce qu’on leur avait demandé. Parce qu’il dégageait quelque chose qu’ils ne savaient pas nommer. Une espèce de calme dans le mouvement. Il apprenait vite, il se trompait, il recommençait, et il n’avait pas l’air d’en souffrir. Pour eux, habitués à voir les anciens soit se braquer soit s’effacer, c’était un troisième chemin qu’ils n’avaient jamais vu.Et les clients ont senti la différence aussi. Pas dans la technique, pas encore. Dans l’énergie. Quand tu appelles un studio où les gens ont peur de demain, ça se sent. Quand tu appelles un studio où quelqu’un a décidé d’habiter le changement plutôt que de le subir, ça se sent aussi. Ce typographe n’avait pas encore les compétences complètes sur le logiciel. Mais il avait quelque chose que le logiciel ne donnait pas : un regard formé par des années de métier, mis au service d’un outil nouveau. C’était dévastateur de puissance.Il ne cherchait pas à montrer l’exemple. Il n’avait pas de discours sur le changement. Il avait juste senti quelque chose en lui qui disait que c’était le moment, et il avait agi depuis cet endroit. C’est ça, l’urgence douce. Ce n’est pas l’urgence de la pression ou de la survie. C’est l’urgence de celui qui sent que c’est maintenant de devenir ce qu’il a toujours su qu’il était. Pas demain quand ce sera plus calme. Pas après la prochaine levée de fonds. Maintenant, dans le bruit, dans l’inconfort, dans l’imparfait.LA QUESTION QUE JE TE LAISSEOn arrive à la fin de notre échange. J’aimerais que tu sois honnête avec toi-même.Dans ton boulot, dans ta boîte, c’est quoi ce truc auquel tu t’accroches parce que tu as peur du vide ? Une habitude, une certitude, un rôle que tu joues alors que tu sens bien que c’est fini ?Et surtout : c’est quoi ta signature à toi ? Ce truc que personne (ni une machine, ni un concurrent, ni un jeune loup) ne pourra jamais copier ? Ton regard unique sur ton métier ?Prends le temps d’y réfléchir Si ça te gratte un peu, c’est que c’est le moment. C’est peut-être cette urgence douce qui te fait signe.CONCLUSIONSi cette histoire de studio et de pixels a fait écho à quelque chose en toi, si tu sens que ton armure devient trop serrée, si tu as l’impression de t’acharner sur des méthodes qui ne marchent plus, le Quiz Authentik est là pour toi. C’est un miroir simple pour comprendre où tu bloques et comment retrouver de l’air. Tu trouveras le lien juste dessous.Prends soin de toi. Et surtout, prends soin de l’homme sous le costume.Souviens-toi : parfois, il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse.Merci pour ton écoute, et à très bientôt. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

  3. 17

    Qui es-tu quand le jeu s'arrête ?

    * On nous a appris à gagner la partie, mais pas à apprécier celui qui tient la manette.* Une mauvaise porte n’est pas un échec, c’est l’expérience qui s’accumule.* Si on t’enlevait tout ce que tu as construit, que resterait-il de toi ?* Bonjour. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement... on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit.Alain m’a envoyé une question l’autre jour qui m’a scotché. C’est le genre de truc qui me trotte dans la tête pendant mes marches quotidiennes. Il m’a demandé : « Serais-tu encore quelqu’un si on t’enlevait tout ce que tu as construit ? »Quand tu es entrepreneur, tu penses à tes réussites, tes boîtes, ton parcours, les obstacles que tu as franchis. C’est normal, c’est ton armure. Mais si on gratte un peu, si on enlève le vernis, on se rend compte qu’on a souvent confondu “qui on est” avec “ce qu’on fait”. On a fusionné avec notre fiche de poste.LE VÉCU : LA MAUVAISE PORTEOn vit dans une culture, surtout en France, où l’échec est vécu comme une tache indélébile. Si tu te trompes, si ton projet s’arrête, si ton chiffre d’affaires ne progresse plus comme prévu, on a l’impression que c’est “Game Over”. On te regarde comme si tu avais perdu ta valeur d’homme en perdant tes chiffres. Le jeu est fini, tu as échoué, circulez.Mais avec le recul, j’ai compris quelque chose de fondamental. Le business, c’est exactement comme un jeu vidéo.Imagine. Tu es devant ta console. Tu explores un niveau. Si tu ouvres une porte et que c’est un cul-de-sac, ou pire, qu’il y a un piège derrière, est-ce que tu arrêtes de jouer définitivement ? Est-ce que tu te considères comme un nul ? Non. Tu as juste appris que cette porte, là n’était pas la bonne. Tu gagnes en expérience. Tu as acquis une donnée que les autres n’ont pas.Ici, aux États-Unis, cette expérience est valorisée. On sait que si tu as déjà ouvert trois mauvaises portes, tu es beaucoup plus précieux que celui qui n’a jamais osé toucher à une poignée. Paradoxalement, c’est cette connaissance du terrain, cette collection de mauvaises portes ouvertes, qui donne confiance aux gens autour de toi. Ils ne te suivent pas parce que tu es parfait ou parce que tu as un score de 100%. Ils te suivent parce que tu es celui qui sait quelles portes ne plus ouvrir. Tu as éliminé les erreurs possibles par la pratique.Le vrai problème, ce n’est pas de se tromper de porte. Le problème, c’est quand on s’identifie tellement au jeu qu’on oublie qu’on est le joueur derrière la manette. On passe notre temps dans le “faire”, dans l’urgence, dans l’action pure. On veut que les équipes soient à fond, on veut que les résultats tombent immédiatement. On est dans une sorte de transe de productivité. Et dans cette transe, on finit par oublier de poser la manette deux minutes pour se demander : “Et moi, dans tout ça, je suis où ? Est-ce que j’existe encore en dehors de la partie en cours ?”L’ANALYSE : L’HARMONIE ET L’OXYGÈNEC’est là que notre vision avec Alain intervient. Diriger une boîte, porter un projet, ce n’est pas une science froide. C’est un peu comme préparer un grand repas pour des gens que tu apprécies.On s’en fout du geste technique pur. On n’est pas là pour faire une démonstration de découpe ou pour épater la galerie avec des gadgets de cuisine. Ce qui compte réellement, c’est l’adéquation. C’est cette capacité à combiner les ingrédients :tes talents, ceux de tes collaborateurs, ton marché, tes propres valeurs, pour créer quelque chose qui a du goût. Quelque chose qui a une âme.Le but ultime, c’est le plaisir de tes convives.Que ce soit ton équipe qui s’épanouit dans le travail ou tes clients qui trouvent une solution à leurs problèmes. Il y a des bases, des recettes traditionnelles qu’il faut maîtriser, bien sûr. On ne réinvente pas la roue à chaque service. Mais la vraie magie, la “justesse”, elle se joue dans la créativité et dans l’instant présent.Est-ce que l’assaisonnement est bon aujourd’hui, avec les produits que j’ai maintenant ?Pour trouver cette justesse, il faut faire de la place. Il faut du vide.Moi, si vous suivez ce podcast, vous le savez, c’est la marche qui me permet de faire le vide. Je pars marcher 2 heures, parfois plus. Au début, ton esprit est encore dans le jeu vidéo. Tu penses à tes mails, à tes conflits, à tes stratégies. Et puis, au bout de quelques temps, le corps commence à fatiguer. C’est là que le miracle opère. Quand le physique lâche un peu prise, le cerveau s’oxygène enfin différemment. Le bourdonnement du “faire” s’estompe.C’est dans ce silence, que les graines que j’ai plantées, ces idées que j’ai lues, mes discussions avec Alain, ces observations commencent enfin à germer. Les concepts les plus innovants, les solutions aux problèmes les plus complexes, ils n’apparaissent jamais devant un tableau Excel ou en réunion de crise. Ils arrivent quand je marche, quand je suis disponible, quand je ne suis plus en train de forcer. Ils arrivent quand j’accepte de n’être qu’un marcheur.LE POINT DE BASCULELa question d’Alain te ramène brutalement à cet essentiel : si demain on débranche la console. Si on éteint les fourneaux. Si on enlève le titre sur la porte, le chiffre d’affaires, les responsabilités et le regard des autres. Qu’est-ce qu’il reste de toi ?Si tu te sens vide, si tu as l’impression de disparaître dès que tu ne produis rien, c’est le signe que tu es devenu l’esclave de ton propre système. Tu n’es plus le chef qui assemble les goûts avec plaisir, tu es devenu un ingrédient de plus, broyé dans la machine. Tu n’es plus le joueur, tu es devenu un pixel dans le décor du jeu.La vraie puissance, celle qui dure et qui ne s’épuise pas, c’est quand tu es capable d’être “juste” dans ce que tu es, sans avoir besoin de l’étiquette du boss pour te sentir légitime. C’est là que tu deviens réellement magnétique pour les autres.Pourquoi ?Parce que les gens sentent la différence. Ils ne suivent plus un résultat ou un titre, ils suivent une présence.Ils suivent quelqu’un qui est ancré, qui sait qui il est même quand tout s’arrête.LA QUESTION POUR TOIAlors, je te laisse avec cette interrogation pour ta semaine.Si demain le jeu s’arrête brutalement. Si le rideau tombe. Est-ce que tu as cultivé assez de choses à l’intérieur, de la curiosité, de la paix, de la justesse, pour ne pas avoir peur du silence qui suit la fin de la partie ? Est-ce que tu as assez d’amour pour le gars qui reste assis tout seul dans le fauteuil ?Si tu sens que tu as passé les dernières années à ouvrir des portes frénétiquement sans jamais te demander qui était le vrai toi qui tenait la manette, il est peut-être temps de faire une pause. Pas une pause de vacances pour repartir de plus belle dans la même course, mais une pause de “regard”.C’est tout l’enjeu de ce qu’on construit avec Alain. Apprendre à voir le terrain tel qu’il est, sans le masque du succès ou de l’échec. C’est ce qu’on appelle entamer la Traversée.On va s’arrêter là pour aujourd’hui.Prends soin de ton souffle. Prends soin de l’homme derrière le joueur. Souviens-toi : parfois, il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse.Merci pour ton écoute, et à très bientôt.L’EXPÉRIENCE DU MIROIRSi cette question, qui es-tu quand le jeu s’arrête ? , crée un silence inconfortable ou une résonance particulière en toi, nous avons conçu avec Alain le Quiz Authentik.Ce n’est pas un outil pour mesurer ton score ou ta réussite sociale. C’est un miroir posé sur ta manette. Il est là pour t’aider à voir si tu es devenu un simple pixel dans ton propre décor, et si tu es prêt à redevenir le joueur souverain de ta propre vie. C’est le premier pas pour nommer ce que tu portes et enfin alléger la partie. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

  4. 16

    Le Quiz Authentik

    On nous a appris à résoudre. Personne ne nous a appris à nommer.Ce que vous ne pouvez pas nommer, vous continuez à le porter.Nommer, c’est déjà respirer.Bonjour à toi. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement... on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit.Aujourd’hui, je ne vais pas partir d’une phrase d’Alain. Je vais partir d’une phrase que j’ai entendue de nombreuses fois depuis qu’on a ouvert le Quiz Authentik. Une phrase que des dirigeants, des entrepreneurs, des hommes et des femmes qui assurent, dont les chiffres sont bons, dont les équipes sont à fond avec eux, m’ont dite après avoir reçu leur bilan.« Ça a mis des mots sur des sensations que je ne savais pas comment exprimer. »À chaque fois que j’entendais ça, quelque chose se passait en moi. Pas de la fierté. Quelque chose de plus profond. La confirmation qu’on avait construit la bonne chose.Ce qu’on a voulu construire, et pourquoiAvec Alain, on a passé des mois à cartographier quelque chose qu’on voit partout autour de nous, et que personne ne nomme vraiment.Des dirigeants qui assurent. Dont les affaires marchent. Dont les projets avancent. Et qui, malgré tout ça, ressentent quelque chose qu’ils n’arrivent pas à formuler. Une distance entre ce qu’ils vivent et ce qu’ils ressentent vraiment. Un vide silencieux au milieu d’une réussite visible.On a appelé ça l’apnée dorée.Pas un burn-out. Pas un échec. Pas une crise. Quelque chose de plus subtil. La réussite qui continue, mais qui a perdu son goût.Le problème, c’est que ce qu’on ne peut pas nommer, on ne peut pas le regarder en face. On tourne autour. On optimise. On change de stratégie. On se dit que c’est la fatigue, la saison, un mauvais trimestre.Mais la vraie question reste sans réponse.Alain et moi, on a voulu créer un outil qui aide à nommer. Pas à juger. Pas à prescrire. Juste à mettre des mots sur ce que les gens ressentent sans pouvoir le formuler.Pour faire ça, on a identifié six archétypes. L’Architecte, le Virtuose, l’Héritier, l’Exécutant, le Pèlerin, le Conquérant. Ce sont six forces. Des forces réelles, qui ont toutes construit quelque chose. Chacun de ces archétypes est une énergie profonde, pas un défaut, pas un problème.Ce qui crée l’apnée dorée, ce n’est pas l’archétype lui-même. C’est quand ces forces n’arrivent plus à jouer ensemble. Quand elles se bloquent au lieu de se compléter. Quand l’une prend trop de place et qu’une autre se retrouve mise en sourdine, sans qu’on l’ait décidé, sans même qu’on s’en rende compte.Le quiz aide à voir ça. Pas depuis l’extérieur… depuis l’intérieur.Ce que ça fait de se retrouver dans son propre miroirAlain et moi, on a été parmi les premiers à passer le quiz. On l’avait construit ensemble, on connaissait les archétypes dans leurs moindres détails, on avait travaillé sur chaque formulation.Et pourtant.Quand j’ai reçu mon bilan, j’ai dû m’arrêter.Pas parce que le profil m’était inconnu. Mais parce que le voir formulé comme ça, sur moi, avec cette précision, c’est autre chose que de l’avoir construit de l’extérieur.Ce que le bilan m’a montré, c’est comment mes propres forces, qui sont réelles, qui ont construit des choses concrètes dans ma vie, n’arrivaient plus à jouer ensemble à ce moment-là. Comment l’une prenait trop de place. Comment une autre était mise en sourdine sans que je l’aie décidé.Je l’ai relu deux fois.Et j’ai compris quelque chose de simple.Construire un miroir, c’est une chose. Se retrouver dedans, c’en est une autre.Ce que ça produit, dans la vraie vieDepuis qu’on a ouvert le quiz, j’ai eu des retours qui m’ont touché. Pas des « c’était intéressant ». Des retours qui disaient quelque chose de plus viscéral.Il y a quelqu’un qui m’a écrit pour me dire qu’en lisant son bilan, il avait pris conscience de ses blocages, juste en lisant. Pas en travaillant, pas en réfléchissant. En lisant. Comme si les mots avaient mis en lumière quelque chose qui était là depuis longtemps mais qui n’avait pas encore de contour.Ce qui m’a le plus frappé dans ce retour, c’est la suite. Cette personne me disait qu’au début du chemin qui a suivi, elle avait l’impression de tourner en rond. Qu’elle n’arrivait pas à mettre des mots. Que c’était difficile. Et puis, progressivement, le fil s’est déroulé. Et à un moment, et ça, ça m’a vraiment arrêté, son corps a parlé en même temps que son esprit. Ce qu’elle refusait de voir, elle l’a senti physiquement au moment où elle l’a nommé.C’est ça que le quiz ouvre. Pas une solution. Pas un plan. Un espace pour que quelque chose qui était bloqué commence à bouger.Et ça, aucune méthode ne peut le forcer. Ça arrive quand on arrête de résoudre — et qu’on commence enfin à nommer.Ce que ça révèleCe que le quiz fait, et que la plupart des outils ne font pas, c’est qu’il ne part pas de tes comportements observables. Il ne te décrit pas. Il te montre comment tes forces interagissent, ou n’interagissent plus.La plupart des bilans de personnalité te disent qui tu es. Le MBTI, le DISC, le StrengthsFinder. Ils sont utiles. Mais ils te décrivent.Le Quiz Authentik, lui, te montre où tes forces se sont bloquées. Pas à cause d’une faiblesse, à cause de forces qui ont fini par ne plus se parler.C’est pour ça que la phrase revient : ça a mis des mots sur des sensations que je ne savais pas comment exprimer. Parce que personne ne leur avait encore dit : ce que tu ressens a un nom. Ce n’est pas une faiblesse. C’est un signal.Alors je te pose la question, là, entre nous.Est-ce que toi, en ce moment, tu as le mot pour ce que tu portes ?Pas la solution. Pas le plan. Juste le mot.Oui ou non.Parce que si la réponse est non, si tu sens quelque chose depuis un moment sans pouvoir le nommer, c’est exactement pour ça qu’Alain et moi avons construit le Quiz Authentik. Pas pour te dire quoi faire. Pour que tu puisses enfin regarder en face ce que tu évites de regarder parce que tu n’avais pas le mot.Prends dix minutes. Le lien est là.On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : parfois, il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse. Merci pour ton écoute, et à très bientôt.Quiz AuthentikSi tu veux voir comment tes propres forces interagissent, et mettre enfin des mots sur ce que tu portes, le quiz est là. Gratuit. Dix minutes. Et un bilan personnalisé qui va probablement te faire relire deux fois. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

  5. 15

    La Fin de la Volonté

    Alain m’a dit : “La vraie puissance, ce n’est pas d’avoir une volonté de fer. C’est de construire un système où la volonté n’a plus besoin d’exister.” Pendant des années, je montais dans ma voiture en étant déjà en réunion dans ma tête. Ce que j’ai appris en cherchant à changer ça — et pourquoi la discipline est moins une vertu qu’un signal.Bonjour à toi. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement... on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit.On nous a toujours appris que la volonté était une vertu. Que pour réussir, il fallait “en vouloir”, se faire violence, être capable de se lever avant les autres et de tenir bon quand tout le monde lâche. On a fait de la discipline une armure.Sauf que l’armure, elle finit par peser une tonne.Alain m’a dit un jour, avec cette manière qu’il a de poser une question qui gratte là où on ne l’attend pas :« Éric, est-ce que tu te rends compte de l’énergie que tu perds chaque jour à essayer d’être discipliné ? La vraie puissance, ce n’est pas d’avoir une volonté de fer. C’est de construire un système où la volonté n’a plus besoin d’exister. »Sur le moment, j’ai senti une résistance. Pour moi, le succès, c’était la sueur. C’était le mental qui devait dominer le corps pour le forcer à avancer.Mais en laissant infuser cette phrase, j’ai réalisé qu’il y avait un malentendu total sur la performance. La volonté n’est pas un moteur infini, c’est une batterie de secours. Et si tu l’utilises pour faire tourner l’ensemble de ta machine, tu finis par t’épuiser.La question n’est pas de faire moins. C’est de construire le terrain pour que l’action ne soit plus une négociation permanente avec soi-même.EN RÉUNION DANS MA TÊTEJe vais te raconter quelque chose que je n’avais pas encore mis en mots.Pendant des années, je faisais 1h15 de voiture chaque matin. Et je peux te dire exactement dans quel état je montais dans cette voiture : j’étais déjà en réunion dans ma tête. Les dossiers, les arbitrages de la journée, les tensions à gérer, tout ça tournait avant même que j’aie démarré le moteur. J’arrivais au bureau déjà entamé. Déjà en réaction. Jamais vraiment en choix.J’ai compris que si je ne créais pas un sas, un moment pour moi, avant tout le reste, je commencerais chaque journée en mode survie, peu importe ma détermination.Alors j’ai cherché. Et j’ai commencé à méditer.Sauf qu’au début, ça ne fonctionnait pas. Je m’asseyais, je fermais les yeux, et je me retrouvais... en réunion dans ma tête. Les mêmes dossiers. Juste les yeux fermés.Un ami m’a dit : « Commence par le breathwork. Respire d’abord. Médite ensuite. »J’ai essayé. Et j’ai observé quelque chose de précis : au fur et à mesure des respirations, le bruit mental diminuait. Pas par effort. Par physiologie. Le corps prenait les commandes, et le cerveau suivait. La méditation derrière était différente, plus profonde, moins performative. Et dans la voiture ensuite, j’étais calme. Présent. Les idées arrivaient d’elles-mêmes, là où avant il n’y avait que de l’organisation.J’ai appris d’autres techniques. J’ai affiné la séquence. Et à un moment, je ne saurais pas te dire exactement quand, la question de me lever pour le faire a disparu.Pas parce que j’ai développé plus de discipline. Parce que je n’en avais plus besoin.Ce matin encore, je n’ai pas « décidé » de respirer et de méditer. C’est arrivé. Comme le café. Comme le jour qui se lève.CE QUE LA VOLONTÉ CACHE VRAIMENTCe que cette expérience m’a appris, c’est que la volonté est une ressource limitée. Une batterie. Et si tu l’utilises pour te forcer à faire des choses qui ne te ressemblent plus, ou pas encore, tu arrives au bout de ta journée, vidé. Tu as consommé ton énergie la plus noble pour simplement tenir ton rang.Mais voilà ce qui est plus subtil : la volonté n’est pas seulement épuisante. Elle est révélatrice.Quand tu dois te forcer, c’est presque toujours un signal. Soit que ce que tu fais n’est pas encore ancré, et il faut du temps, pas de la souffrance. Soit que ce que tu fais n’est plus en phase avec ton élan profond, et aucune dose de discipline ne réglera ça.J’avais vécu ça avec la course à pied, si tu as écouté l’épisode sur l’Attachement, tu t’en souviens peut-être. Cette obstination à continuer de courir alors que mon corps demandait autre chose. La volonté au service d’une image, pas d’un élan. Résultat : de l’épuisement, pas de la performance.On confond souvent persévérance et résistance. On croit qu’on est fort parce qu’on se force. Alors qu’on est juste en train de se battre contre le réel.La vraie puissance, c’est quand l’action devient le chemin de moindre résistance. Quand tu n’as plus à négocier avec toi-même pour avancer.CONSTRUIRE LE TERRAIN, PAS FORCER LE PASSAGEDans ton entreprise, c’est la même logique, et c’est là que ça devient concret.Combien de tes journées sont organisées autour de ce qui te coûte le plus ? Combien de décisions importantes tu prends en fin d’après-midi, quand ta batterie est à plat ? Combien de rituels tu t’es imposés parce que “ça se fait”, mais qui ne t’appartiennent pas vraiment ?La question n’est pas “comment avoir plus de volonté”. La question est : comment construire un environnement où ce qui est juste pour toi devient naturellement plus facile que le reste ?Ça peut être aussi simple que ça : ne jamais ouvrir ses mails avant d’avoir eu son temps à soi le matin. Ne jamais prendre une décision engageante sans avoir dormi dessus. Repérer les moments de la journée où tu es naturellement à ton meilleur, et réserver ces créneaux pour ce qui compte vraiment.Ce n’est pas de la paresse. C’est de l’intelligence du vivant.C’est exactement ce qu’Alain voulait dire : pas “arrête de faire des efforts”, mais “arrête de gaspiller tes efforts à compenser un terrain mal construit.”La volonté est un cri. L’évidence, elle, est silencieuse.Et c’est dans cet état-là, calme, centré, pas encore entamé par les dossiers, que mes meilleures intuitions arrivent. Que les vraies décisions se prennent. Pas parce que je suis plus intelligent le matin. Parce que j’ai construit le terrain pour que ça soit possible.LA QUESTION QUE JE TE LAISSEAlors je te pose la question, là, entre nous :Qu’est-ce que tu es encore en train de forcer, par fidélité à un « ancien toi » qui se prouvait sa valeur par la souffrance, alors que tu pourrais simplement changer le terrain ?Parce qu’au bout du compte, la persévérance la plus puissante ne naît pas dans la douleur. Elle naît quand l’action devient une évidence. Le jour où tu n’as plus besoin de volonté pour être toi-même, c’est là que tu deviens vraiment inarrêtable.On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : parfois, il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse. Merci pour ton écoute, et à très bientôt.QUIZSi cette réflexion résonne en toi, on a créé avec Alain le Quiz Authentik. Ce n’est pas un test de performance, c’est un miroir, pour voir si tu es encore en train de compenser un terrain mal construit, ou si tu es prêt à construire celui qui te ressemble vraiment. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

  6. 14

    La Justesse

    C’est Alain qui m’a dit : “Le problème avec l’alignement, c’est que tout le monde s’en réclame. Mais la justesse, elle, ne ment pas.” Le piège du dirigeant parfaitement aligné avec une version périmée de lui-même. Le pianiste de jazz qui joue toutes les bonnes notes — et sonne faux. Et l’histoire du podcast lancé sans doute, sans friction, sans que j’aie eu le temps de réaliser que j’allais m’exposer.Bonjour . Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement… on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit.Alain m’a dit un jour, avec cette franchise tranquille qui est la sienne :« Le problème avec l’alignement, c’est que tout le monde s’en réclame. Mais la justesse, elle, ne ment pas. »J’ai laissé passer quelques jours,et j’ai compris qu’on touchait là au cœur du réacteur. À ce qui fait la différence entre un leader qui « gère » une situation par la volonté et un homme qui est simplement à sa place.LE PIÈGE DU « PROPRE »Le mot « aligné » est partout. Les entreprises cherchent l’alignement stratégique, les coachs proposent l’alignement des valeurs. C’est devenu le nouveau Graal.C’est une idée confortable, l’alignement : si les briques sont bien empilées, si les processus sont respectés, alors on est forcément dans le vrai.Mais à force de vouloir être « alignés », on finit par chercher à rentrer dans le rang. On regarde dans le rétroviseur pour vérifier si ce qu’on fait aujourd’hui est bien cohérent avec ce qu’on a raconté hier. On s’enferme dans une image de soi.C’est propre, certainement. Mais est-ce que c’est vivant ?J’ai croisé des dirigeants qui se disaient « parfaitement alignés » tout en ayant le regard éteint. On peut être parfaitement aligné avec une erreur. Aligné avec un vieux manteau, une identité qui nous allait très bien il y a cinq ans, mais qui aujourd’hui nous étouffe.L’alignement, c’est l’ordre. Mais la justesse… la justesse, c’est la vie.LA NOTE DU JAZZMANPour comprendre ce qu’est la justesse, quittons un instant les bureaux et les rapports d’activité.Imagine un pianiste de jazz en pleine improvisation. S’il se contente d’être « aligné », il va jouer les notes de la gamme. Respecter la structure du morceau, le tempo, la théorie. Ce sera techniquement correct. Ce sera propre.Et puis, tout à coup, il va chercher une note qui n’est pas dans le manuel. Une note qui frotte, qui grince, qui semble presque être une faute. Mais dans cet instant précis, avec cette intention-là, dans la résonance avec les autres musiciens et l’énergie de la salle… cette note est juste. Elle fait frissonner. Elle dit quelque chose de vrai que la théorie ne pouvait pas prévoir.La justesse, c’est ce qui arrive quand on cesse de vouloir avoir raison pour commencer à être vrai.On a souvent tellement peur de la fausse note qu’on finit par ne plus produire aucun son qui vaille la peine d’être entendu. On reste accrochés à la partition, alors que la vie nous demande d’oser le déséquilibre.L’ÉPREUVE DU MIROIR : LA NAISSANCE DE CE PODCASTCette différence entre vérifier sa cohérence et ressentir sa vérité, je l’ai vécue de façon très intime avec ce projet que tu écoutes.Je ne suis pas quelqu’un qui aime s’exposer. Les vidéos, les réseaux, me mettre en avant, tout ça me coûte naturellement. J’en suis conscient. Je l’ai toujours su.Alors quand l’idée de ce podcast est arrivée, j’aurais dû résister. Calculer le risque, anticiper l’exposition. C’est ce que j’aurais fait si j’avais raisonné en termes d’alignement, vérifier que le projet correspondait à mes valeurs, à ma stratégie, à mon positionnement.Mais il ne s’est pas passé ça.J’ai tout mis en place. Et tout s’est fait sans aucun doute, sans aucune friction. Naturellement. Comme si ce n’était pas moi qui décidais, mais quelque chose de plus profond qui prenait les commandes.C’est seulement quand j’ai publié le premier épisode que j’ai réalisé à quel point j’allais m’exposer. La peur est arrivée. Mais trop tard. Le train était déjà parti.Quand quelque chose est vraiment juste, on n’a pas besoin de se convaincre. Le corps sait déjà. Il avance.L’alignement, on le vérifie. La justesse, on la ressent. Et souvent, on ne la réalise qu’après coup, qu’on voit le chemin parcouru sans effort apparent.LE POIDS DU MILLIMÈTREOn peut voir cela comme une affaire de millimètres.Les dirigeants que j’accompagne arrivent souvent avec des dossiers parfaits. Alignés avec leurs actionnaires, leur stratégie, leur image publique. Ils ont fait tout ce qu’il était prévu de faire. Et pourtant, ils étouffent.Pourquoi ? Parce qu’il y a ce millimètre de décalage. Ce petit frottement au sternum. Ce moment où l’on signe un contrat qui a tout pour plaire : l’argent, le prestige, la logique froide. Le cerveau crie « C’est aligné ! », mais le corps murmure « Ce n’est pas juste ».L’alignement est une construction mentale. Une vérification qu’on fait avec sa tête pour se donner raison. La justesse, elle, elle est physique. Elle ne demande pas d’arguments, elle s’impose.L’alignement, on le vérifie. La justesse, on la ressent. Ce ne sont pas les mêmes signaux.DE L’APNÉE À LA NAISSANCERester aligné avec une ancienne version de soi, c’est souvent la voie royale vers l’apnée du leader. On retient son souffle pour ne pas briser la structure. La justesse, c’est le courage de changer de peau. C’est accepter quece qui était vrai hier soit devenu faux aujourd’hui. C’est oser se dire : « Oui, c’est logique, oui c’est cohérent, mais ce n’est plus juste pour moi. »Et c’est là, dans ce moment de bascule, quand on lâche enfin le rétroviseur pour écouter son centre, que l’autorité réelle apparaît. Pas l’autorité du titre ou du succès passé. L’autorité de l’être.LA QUESTION QUE JE TE LAISSEAvant que tu ne repartes dans tes urgences et tes dossiers, une seule question. À laisser infuser, sans chercher à y répondre tout de suite avec la tête.Dans ta vie, aujourd’hui — est-ce que tu es aligné… ou est-ce que tu es juste ?Est-ce que tu es en train de maintenir une façade impeccable au prix de ton propre souffle ? Ou est-ce que tu te sens prêt à écouter ce millimètre de décalage qui t’invite à retrouver ton propre axe ?Parce qu’au bout du compte, ce n’est pas ta capacité à être cohérent qui inspirera les autres. C’est ta capacité à être juste.On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Prends soin de ton souffle. Prends soin de ta justesse. Souviens-toi : parfois, il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse. Merci pour ton écoute, et à très bientôt.QUIZSi tu sens ce besoin de vérifier où tu en es, on a conçu avec Alain le Quiz Authentik.Ce n’est pas un outil de performance. Ce n’est pas une méthode pour mieux gérer tes dossiers. C’est un instrument de mesure de la résonance. Un moment de pause pour voir si le son que tu produis aujourd’hui est le tien — ou s’il est simplement le bruit de tes obligations.Pour passer de la conformité à la signature.Quiz Authentik : https://tr.ee/4aFkbG This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

  7. 13

    Le Regard de l'Autre

    C’est Alain qui m’a soumis une phrase de Cooley : “Je suis ce que je crois que tu crois que je suis.” Un miroir qu’on fabrique soi-même — et qui finit par gouverner nos décisions, nos postures, nos prix, nos choix. L’histoire de Joaquin Phoenix qui a cassé ce miroir volontairement. Et la question : quelle identité maintenez-vous parce que vous croyez qu’on l’attend de vous ?C’EST ALAIN QUI M’A DITLe Regard de l’AutreComment le regard que tu imagines finit par devenir qui tu esBonjour à toi. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement… on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit.Alain m’a soumis récemment une phrase qu’un sociologue américain du début du XXᵉ siècle a posée sur le monde. Charles Horton Cooley. Une phrase courte. Froide. Tranchante.« Je ne suis pas ce que je crois être. Je ne suis pas ce que tu crois que je suis. Je suis ce que je crois que tu crois que je suis. »Lis-la lentement. Encore une fois. Parce que si tu la laisses faire son chemin, elle va toucher quelque chose de très ancien en toi.Le miroir qui n’existe pasCe que Cooley décrit, c’est quelque chose de vertigineux. On ne se construit pas à partir de qui on est. On ne se construit même pas à partir du regard réel que les autres portent sur nous. On se construit à partir de la représentation qu’on se fait de ce regard.Autrement dit : le miroir dans lequel on se regarde n’existe pas vraiment. C’est un miroir qu’on a fabriqué soi-même, avec des matériaux empruntés à nos peurs, à nos expériences passées, aux réactions qu’on a interprétées, aux silences qu’on a remplis.Et c’est ce miroir-là qui guide nos décisions. Nos postures. La manière dont on entre dans une pièce, dont on prend la parole, dont on fixe ses prix, dont on choisit ses clients.Ce n’est pas anodin. C’est au fond de tout.Comment ce miroir s’installe dans le quotidienLaisse-moi te donner des exemples concrets. Parce que ce mécanisme, il ne se voit pas de loin. Il se cache dans des décisions apparemment anodines.Tu as un prospect en face de toi. La conversation se passe bien. Et au moment de présenter ton tarif, quelque chose se contracte. Tu penses à ce qu’il va penser. Pas à ce que tu vaux. À ce qu’il va penser. Alors tu ajustes. Tu arrondis vers le bas. Tu ajoutes une justification que personne ne t’a demandée. Parce que tu crois que ton prospect pense que tu es trop cher. Pas parce qu’il l’a dit. Parce que tu as décidé que c’est ce qu’il pense.Ce n’est pas de la modestie. C’est le miroir qui parle.Autre situation. Tu as une idée forte. Une direction que tu sens juste. Mais avant d’en parler, tu la passes mentalement au filtre de ce que ton associé, ton conseil, tes clients historiques vont en penser. Tu limes les angles. Tu adoucis. Et ce qui sort de ta bouche n’est plus tout à fait ce que tu avais dans la tête. Parce que tu crois que ton associé, ton conseil, tes clients vont trouver ça trop radical. Pas parce qu’ils l’ont dit. Parce que tu as construit cette représentation-là — et tu lui obéis.Ce n’est pas de la sagesse collective. C’est encore le miroir.Il y a aussi cette mission qui t’est proposée et qui ne te correspond plus vraiment. Mais tu la prends quand même. Parce que refuser enverrait un signal que tu n’es pas prêt à envoyer. À qui ? À une image de toi-même dans la tête d’autres personnes. Une image que tu n’as jamais vérifiée.Dans les trois cas, tu ne réagis pas à la réalité. Tu réagis à une représentation de ce que les autres pensent. Une représentation que tu as construite. Et que tu n’as très probablement jamais vérifiée.Quand quelqu’un pousse le miroir jusqu’à l’absurdeEn 2008, Joaquin Phoenix est l’un des acteurs les plus reconnus d’Hollywood. Nominé aux Oscars pour Walk the Line. Sa trajectoire est nette, sa légitimité intacte.Et là, il annonce qu’il arrête le cinéma pour devenir rappeur. Il apparaît en public avec une barbe longue, des lunettes noires, un comportement désorienté. Il donne une interview désormais célèbre chez David Letterman où il semble complètement à côté de la plaque.Les médias s’emballent. Les fans s’inquiètent. Tout le monde interprète ça comme une chute. Une décompensation. Un génie qui s’effondre.Deux ans plus tard, il révèle que tout était une performance délibérée. Un film documentaire intitulé I’m Still Here. Une expérience sociale consciente : observer comment le regard du public fabrique une identité, la fixe, l’emprisonne — et comment cette identité finit par être plus réelle que la personne elle-même.Ce qu’il a fait, c’est utiliser le mécanisme de Cooley comme terrain d’expérience. Il a volontairement cassé l’image que lui croyait qu’Hollywood attendait de lui — pour voir si ce miroir imaginaire tenait. Non pas le regard réel d’Hollywood. Mais sa propre représentation de ce regard. C’est exactement ça, Cooley : je suis ce que je crois que tu crois que je suis.Et ce qui est fascinant, c’est ce qui s’est passé ensuite. En brisant ce miroir — même de manière fictive — Phoenix a ouvert la possibilité d’être vu autrement. Hollywood lui a proposé des rôles qu’il n’aurait jamais obtenus en maintenant l’image d’acteur sérieux qu’il croyait devoir incarner. Le Joker. L’Oscar. Une carrière réinventée. Preuve que le miroir qu’il portait n’était pas une réalité. C’était une cage qu’il s’était construite lui-même.Le premier mouvement pour sortir du miroirLa question n’est pas de s’affranchir du regard des autres. C’est impossible. Et ce n’est d’ailleurs pas souhaitable — le regard des autres fait partie de ce qui nous construit, de ce qui nous affine.La question, c’est de cesser de se laisser gouverner par un regard imaginé.Et ça commence par un geste très simple, mais que beaucoup évitent soigneusement : vérifier.Pas analyser. Pas théoriser. Vérifier. Demander. Vraiment demander.« Comment tu me perçois dans cette situation ? » « Qu’est-ce qui t’a empêché de me dire ça plus tôt ? » « Est-ce que ma manière de fonctionner crée quelque chose que je ne vois pas ? »Ces questions font peur. Parce qu’elles impliquent d’accepter que le miroir qu’on s’est construit soit peut-être faux. Ou au moins incomplet.Mais elles libèrent quelque chose d’énorme. L’énergie qu’on dépensait à surveiller son image, à ajuster sa posture, à anticiper des réactions qui n’existent peut-être pas — cette énergie-là se libère.Les décisions deviennent plus claires. Parce qu’elles ne sont plus polluées par la question « qu’est-ce qu’ils vont penser ? » mais guidées par « qu’est-ce qui est vraiment juste ici ? »Et paradoxalement, c’est souvent à ce moment-là que le regard des autres change vraiment. Non pas parce qu’on a mieux géré son image. Mais parce qu’on a cessé d’en avoir besoin pour exister.Les gens ne se connectent pas à quelqu’un qui gère son image. Ils se connectent à quelqu’un qui n’en a plus besoin.La question que je te laisseAlors je te pose la question, là, entre nous :Quelle identité est-ce que tu maintiens aujourd’hui non pas parce qu’elle est vraie, mais parce que tu crois qu’on l’attend de toi ?Et est-ce que tu as vérifié récemment si ce regard que tu imagines est encore réel ? Parce que les gens évoluent. Ils sont souvent prêts à te voir autrement, à te recevoir différemment. C’est toi, parfois, qui continues de porter le vieux miroir.Tu n’as pas besoin de casser le miroir de manière spectaculaire comme Phoenix. Mais tu peux commencer par regarder dedans différemment. Avec un peu moins de conviction que ce que tu y vois est la réalité.On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : parfois, il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse. Merci pour ton écoute, et à très bientôt.Si ce sujet te touche, le Quiz Authentik est peut-être le premier miroir vraiment honnête que tu te seras offert. Il ne te dit pas ce que tu veux entendre. Il te montre ce qui est déjà là.Quiz Authentik : https://tr.ee/4aFkbG This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

  8. 12

    L'Apnée du Leader

    C’est Alain qui m’a dit : “L’apnée commence lorsque l’identité devient trop petite pour la vision qui veut naître.” Guillaume Gille vient de quitter les Bleus en disant “On ne peut pas tricher avec ce maillot.” Et moi, j’ai démissionné d’un poste où tout allait bien. Même signal. Même courage. L’histoire de ceux qui entendent le souffle disparaître avant que tout s’effondre.Bonjour à toi. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement… on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit.Alain m’a dit un jour une phrase que j’ai mis du temps à vraiment entendre.« L’apnée commence lorsque l’identité devient trop petite pour la vision qui veut naître. »Sur le coup, j’ai trouvé l’image belle. Presque poétique. Et puis je l’ai laissée reposer. Et quelques jours plus tard, je suis tombé sur une interview qui l’a rendue soudainement très concrète.Guillaume Gille vient de quitter son poste de sélectionneur de l’équipe de France de handball. Six ans à la tête des Bleus. Champion olympique en tant que joueur. L’un des hommes les plus titrés de l’histoire du hand français.Il aurait pu continuer. La légitimité était là. L’institution était derrière lui. Et pourtant.Dans l’interview qu’il a donnée pour expliquer sa décision, il dit quelque chose qui m’a stoppé net. Il ne parle pas de l’échec de l’Euro, ni des résultats, ni d’une quelconque pression extérieure. Il dit :« Je me suis retrouvé pour la première fois à me questionner : est-ce que j’ai encore l’énergie que réclame ce poste à donner à cette équipe ? »Et puis cette phrase, qui résume tout :« On ne peut pas tricher avec ce maillot. »Lis-la lentement. Parce que derrière cette phrase de sportif, il y a quelque chose d’universel pour tous ceux qui portent un rôle avec exigence.Le maillot, ce n’est pas un titre. Ce n’est pas une fonction. C’est l’engagement total que tu as pris envers quelque chose qui te dépasse. Et quand tu n’es plus capable de lui donner ce qu’il réclame — pas en apparence, mais dans ta chair — continuer, c’est trahir.Trahir le rôle. Trahir les autres. Et surtout, trahir ce que tu es.Ce qui est pervers avec l’apnée, c’est qu’elle ne ressemble pas à un échec. Elle ressemble à la réussite.Gille était à la tête des Bleus depuis six ans. La machine tournait. Les résultats étaient là. Et pourtant il dit lui-même : « Ce processus existe peut-être en moi depuis plus longtemps, mais je ne m’en étais pas aperçu. »C’est exactement ça. On apprend à tenir. On apprend à délivrer malgré tout. On développe une capacité à fonctionner en apnée si impressionnante qu’on finit par confondre ça avec de la solidité.Mais ce n’est pas de la solidité. C’est de la survie avec du panache.Et le problème avec la survie avec du panache, c’est qu’elle peut durer très longtemps. Assez longtemps pour que tu oublies complètement que tu retiens ton souffle.Ce que j’ai compris avec le temps, c’est que l’apnée n’est presque jamais une question d’énergie. Ce n’est pas de la fatigue. Ce n’est pas un manque de motivation.C’est une question d’identité.L’identité que tu portais — celle qui t’a permis de construire ce que tu as construit, d’aller aussi loin que tu es allé — cette identité-là est devenue trop étroite. Pas mauvaise. Pas inutile. Juste trop étroite pour ce qui cherche maintenant à émerger.Et face à ça, le réflexe naturel est de forcer. D’optimiser. De chercher une nouvelle stratégie, un nouveau cadre, un nouvel outil. Parce qu’on a bâti son identité sur la capacité à produire des résultats visibles. Et le vide, ça ne se produit pas.Je l’ai vécu, ce moment.J’étais directeur dans un studio de création graphique. Tout allait bien — vraiment bien. Les clients étaient là, les équipes travaillaient, les projets sortaient. Sur le papier, j’incarnais exactement ce qu’un directeur est censé incarner.Sauf qu’à l’intérieur, quelque chose s’était décalé.Les équipes donnaient de plus en plus. De plus en plus fort. Et moi, j’avais une conviction simple : quand les gens s’investissent à ce niveau, ils méritent d’être reconnus. Augmentations, primes, recrutements pour alléger la charge. C’est ce que j’ai porté au big boss.Il a dit non.Et puis il a ajouté quelque chose que je n’attendais pas : il proposait de m’augmenter, moi.J’ai pris le temps d’y réfléchir. Pas longtemps.Parce que j’ai compris très vite que ce n’était pas une question d’argent. C’était une question de maillot. Le maillot qu’on me proposait de porter — celui du directeur bien payé qui ferme les yeux sur ce qui ne va pas autour de lui — ce n’était pas le mien. Je ne pouvais pas l’enfiler. Je ne pouvais pas tricher avec ça.J’ai démissionné.Pas dans la colère. Pas dans le fracas. Dans une clarté étrange, presque froide. Celle qui arrive quand on arrête de retenir son souffle.C’est ça, l’identité trop étroite. Ce n’est pas forcément un effondrement. C’est parfois juste une évidence silencieuse qui finit par s’imposer : ce que je suis devenu ne rentre plus dans ce qu’on me demande d’être.Gille, lui, a eu l’honnêteté de ne pas forcer. Il a entendu le signal. Il s’est arrêté. Et il dit quelque chose de remarquable pour expliquer ça :« Je respecte ce qui se passe en moi et ce que mon corps ou ma tête me renvoient. »Se respecter. Pas se ménager. Pas relâcher. Se respecter.C’est une nuance qui change tout. Parce que se respecter dans ces moments-là, c’est refuser de trahir ce qui est vrai en toi pour maintenir une apparence de cohérence avec ce que tu étais.Il y a en réalité deux façons de traverser l’apnée.La première : tu l’entends à temps. Tu choisis de t’arrêter. Tu laisses la transformation se faire. Comme Gille. Comme moi ce jour-là dans le bureau du big boss.La deuxième : tu ne l’entends pas, ou tu refuses de l’entendre. Et à un moment, c’est le corps qui décide à ta place. Ce n’est plus toi qui choisis l’arrêt. C’est l’arrêt qui te choisit.Les deux trajectoires mènent au même endroit. Mais l’une se traverse debout, avec une forme de dignité et de liberté. L’autre se traverse généralement à genoux, sous la contrainte.La bonne nouvelle, c’est qu’on peut choisir. Même tardivement. Même quand on a déjà ignoré plusieurs signaux.La condition, c’est d’abord de nommer ce qui se passe. De donner un mot juste à ce que tu traverses. Parce qu’on ne traite pas un problème d’identité avec une solution de performance.Alors je te pose la question, là, entre nous :Est-ce que tu retiens ton souffle en ce moment ?Pas parce que tout va mal. Mais peut-être parce que tout va « assez bien », et que tu as appris à appeler ça de la réussite.Quel est ton maillot ? Et est-ce que tu es encore en mesure de lui donner ce qu’il réclame vraiment — pas en apparence, mais dans ta chair ?L’apnée n’est pas un ennemi. C’est une invitation. Peut-être la plus exigeante que la vie puisse t’adresser.On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : parfois, il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse. Merci pour ton écoute, et à très bientôt.Si cette réflexion résonne en toi, on a créé avec Alain le Quiz Authentik pour ces moments de transition. Il ne va pas te donner une méthode. Il va t’aider à voir où tu en es dans ta propre transformation. Pour que tu puisses enfin dire : « Je ne suis pas en panne. Je suis en train de naître. »Quiz Authentik : https://tr.ee/4aFkbG This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

  9. 11

    La Vie Réussie

    C’est Alain qui m’a posé la question : “Éric, au fond, c’est quoi pour toi une vie réussie ?” Ce jour-là, j’ai compris qu’il y a deux choses très différentes : obtenir ce qu’on veut — la réussite — et devenir qui on est — une vie réussie. L’histoire du directeur de studio très bien payé qui n’attendait que le week-end. Et de la technique corporelle que mon corps a toujours su faire, et que j’avais oubliée.Bonjour. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement... on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit.Il y a une confusion qui nous guette tous, nous les bâtisseurs. Une confusion silencieuse qui s’installe sans faire de bruit, surtout quand tout semble aller pour le mieux.C’est Alain qui m’a mis le doigt dessus un jour, avec cette question toute simple : “Éric, au fond, c’est quoi pour toi une vie réussie ?”J’ai souri. Le genre de sourire qu’on a quand une question nous prend en défaut.Parce que j’avais une réponse, bien sûr. Préparée, propre, rodée. Celle qu’on donne dans les dîners quand quelqu’un nous demande où on en est.Mais Alain ne me posait pas cette question-là. Il ne me demandait pas où j’en étais. Il me demandait ce que ça voulait dire, pour moi, profondément, une vie réussie.Et là... je me suis rendu compte que je n’avais pas vraiment réfléchi à ça depuis des années.J’avais réfléchi à mes objectifs. À mes chiffres. À mes prochaines étapes. Mais à ce que je voulais vraiment incarner ? À ce que je voulais ressentir le matin en me levant ?À l’époque, j’avais la réponse facile. Pour moi, réussir, c’était obtenir. C’était la trajectoire cohérente, les résultats visibles, les projets qui sortent de terre. On avance, on valide les étapes, on reçoit l’approbation du monde extérieur.Et pendant un temps, ça fonctionne très bien. On se sent fort, on se sent à sa place parce que les chiffres et les regards nous disent que “c’est ça”.Mais Alain m’a fait remarquer que le succès a une capacité singulière : il agit comme une anesthésie douce. Il nous donne tellement de bonnes raisons de continuer qu’on finit par ne plus écouter les signaux subtils.Et le problème avec une anesthésie douce, c’est qu’elle ne fait pas mal. C’est même ça le piège.Si ça faisait mal, tu réagirais. Tu remettrais en question. Tu ferais quelque chose.Mais l’anesthésie douce, elle t’enlève juste... le goût. Progressivement. Subtilement. Sans que tu t’en rendes compte.Un matin tu te lèves et tout est là : les projets avancent, les gens te respectent, les résultats sont corrects. Et tu te demandes pourquoi tu ne ressens rien de particulier.Tu te dis que tu es fatigué. Que c’est la saison. Que tu as juste besoin de vacances.Mais si tu étais honnête avec toi-même — vraiment honnête — tu saurais que ce n’est pas de la fatigue.C’est le vide qui s’installe quand on avance dans une direction qui n’est plus la nôtre.Puis, sans qu’il y ait de crise majeure, quelque chose commence à se décaler. On ne s’effondre pas, mais on ne vibre plus.C’est ce décalage intime entre ce que tu vis à l’extérieur — la réussite — et ce que tu ressens à l’intérieur — ta vie.Je l’ai vécue, cette zone intermédiaire.Juste avant de créer ma société, j’étais directeur d’un studio graphique. Salarié. Très, très bien payé.J’avais de gros clients. Une grosse équipe. La confiance totale de mon patron et de mon équipe. Sur le papier, c’était le rêve.Et pourtant, je n’attendais qu’une chose : le week-end. Pour inviter mes amis. Pour cuisiner pour eux.C’était là que je vibrais. Pas le lundi matin en réunion stratégique. Le samedi soir, avec mes proches, autour d’une table.Le corps ne mentait pas. Il me disait : “Ce n’est pas ici que tu dois être.”Mon patron me reconnaissait énormément. Il me valorisait, il me faisait confiance. C’était sincère. C’était réel.Mais ça ne m’apportait rien.Pas parce qu’il faisait mal les choses. Mais parce que ce n’était pas ça que je cherchais. Ce n’était pas ça qui me faisait vibrer.J’avais la réussite. Mais je n’avais pas ma vie.Et pendant un moment, j’ai fait ce que beaucoup font dans cette situation.J’ai optimisé.J’ai cherché à mieux organiser mon temps. À trouver plus d’équilibre. À me dire que si je gérais mieux mes semaines, ça irait mieux.Comme si le problème était une question d’organisation.Alors qu’en réalité, le problème était une question de direction.Ce n’était pas mon emploi du temps qui était mal réglé. C’était ma boussole.Ce moment où tu as “tout”, mais où le goût s’en va. L’énergie descend plus vite qu’elle ne remonte. Le corps se crispe un peu plus souvent. On commence à faire des efforts là où, avant, il y avait de l’enthousiasme.C’est là que j’ai compris la distinction d’Alain.La réussite, c’est obtenir ce que l’on veut : la sécurité, la reconnaissance, la place.Mais une vie réussie, c’est tout autre chose : c’est devenir qui l’on est.C’est laisser émerger ce qui cherche à s’exprimer en nous, au-delà de nos fonctions de dirigeant ou de nos rôles sociaux.Quand on est dans la réussite pure, on force parfois sur un modèle qui ne nous correspond plus. Le corps résiste, l’énergie se contracte. Et aucune stratégie, aucun nouveau contrat ne peut faire taire cette résistance intérieure.Quand j’ai créé mon entreprise, tout plaidait contre.Tout. La logique, les conseils, la sécurité. Mais je ne me suis jamais senti aussi juste avec moi-même.Je n’avais rien sur le papier. Pas de certitude. Pas de garantie. Juste cette boussole intérieure qui te dit “C’est par là.”Et c’est là que j’ai compris : quand on cherche une vie réussie, le corps coopère. L’effort est toujours là, le travail est exigeant, mais il ne t’épuise pas de l’intérieur. Tu ressens cette sensation de justesse, cette cohérence qui te porte même quand c’est dur.Aujourd’hui, mon baromètre a changé.Je ne regarde plus seulement les trophées sur l’étagère. Je regarde la qualité de mon souffle.Je vais te révéler quelque chose que je n’avais jamais formulé à voix haute avant cet épisode.Quand quelque chose me pèse — une situation, une décision, une tension — et que ça m’oppresse au niveau du sternum ou du plexus, je ne lutte pas contre.J’en fais une boule.Je la visualise. Je lui donne une forme, un poids, une texture. Et je la déplace sur le côté, au niveau des poignées d’amour enfin pour moi pour vous peut être les abdominaux obliques.Comme ça, ça me laisse toute la place nécessaire pour bien respirer. Pour laisser entrer du propre. Du nouveau.Et quand c’est fait, les solutions arrivent. Et la boule disparaît.Pendant des années d’entreprise, j’ai fait exactement l’inverse.Quand quelque chose m’oppressait, je me forçais à passer au-dessus. À continuer. À performer malgré tout.Je croyais que c’était ça, la force. Encaisser. Tenir. Ne pas laisser les émotions interférer avec les décisions.Mais encaisser sans traiter, ce n’est pas de la force. C’est de l’accumulation.Et un jour, l’accumulation déborde.La technique de la boule, c’est l’inverse de ça. Ce n’est pas effacer. C’est déplacer. Faire de la place. Respirer.Et ce geste simple — déplacer la tension du centre vers le côté — c’est exactement ce que j’aurais dû faire avec ma vie professionnelle bien plus tôt.Ne pas effacer ce qui pèse. Ne pas l’ignorer. Juste... le déplacer pour pouvoir continuer à respirer et à voir clair.Ce n’est pas une technique qu’on m’a apprise. C’est quelque chose que mon corps a toujours su faire. Et que j’avais oublié pendant des années où je cherchais à tout contrôler avec la tête.Aujourd’hui, je reviens à ça. À cette écoute. À cette justesse.Alors, je te laisse avec cette question, celle qui demande de l’honnêteté envers soi-même :Est-ce que ce que tu construis aujourd’hui te permet simplement d’obtenir ce que tu pensais vouloir... ou est-ce que cela te rapproche vraiment de qui tu es ?Si cette question crée une petite tension chez toi, ne cherche pas à la résoudre tout de suite. Écoute-la simplement. C’est peut-être le signal qu’il est temps de réaligner la trajectoire.Et si cette tension remonte au sternum — tu sais maintenant quoi en faire.On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : Souviens-toi : parfois, il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse.Merci pour ton écoute, et à très bientôt pour un nouvel épisode de « C’est Alain qui m’a dit ».Si cette réflexion résonne en toi, on a créé avec Alain le Quiz Authentik.Il est conçu comme un miroir — pas pour te dire ce que tu devrais être, mais pour t’aider à voir ce qui est déjà là, vivant en toi, et qui cherche peut-être juste un peu plus d’espace.Quiz Authentik : https://tr.ee/4aFkbG This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

  10. 10

    L’Espoir

    C’est Alain qui m’a dit : “L’espoir est une stratégie.” Mais attention : il y a l’espoir qui te garde sur ton canapé, et celui qui te fait tenir la barre dans la tempête. L’histoire de l’année où j’ai confondu espoir et fantasme — et de ce que je suis en train de construire aujourd’hui avec Authentik.Bonjour à toi. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement... on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit.On va parler aujourd’hui d’un mot qu’on utilise beaucoup, souvent à tort et à travers : l’espoir.C’est un mot qui peut paraître un peu “bleu ciel”, un peu naïf, presque passif. On dit “j’espère que ça va marcher” comme on jetterait une pièce dans une fontaine, en attendant que le destin fasse le reste.Et pourtant, l’autre jour, Alain m’a dit une phrase qui a renversé ma perspective.Il m’a dit : “L’espoir est une stratégie.”Quand j’ai entendu ça, j’ai eu un petit mouvement de recul. Pour l’homme d’action que je suis, une stratégie, c’est du concret, c’est des chiffres, c’est un plan de bataille. Associer ça à l’espoir, ça me semblait presque contradictoire.Mais avec Alain, j’ai appris que les mots ont souvent deux niveaux de lecture.Parce qu’il y a deux espoirs. Et il ne faut pas les confondre.Il y a l’espoir qui te garde sur ton canapé. Celui qui te fait dire : “J’espère que les choses vont s’arranger.” Comme si l’univers allait magiquement réorganiser ta vie pendant que tu attends. C’est l’espoir passif. L’espoir qui remplace l’action.Et puis il y a l’autre espoir. Celui dont Alain me parle.Cet espoir-là ne remplace pas l’action. Il la nourrit.C’est l’espoir qui dit : “Je veux que ma situation change. J’ai une stratégie pour la faire changer. Et j’espère que ça va marcher.”Tu vois la différence ?Dans le premier cas, l’espoir EST ta stratégie. Tu n’as rien d’autre. Juste l’attente.Dans le second, l’espoir est le carburant DE ta stratégie. C’est ce qui te fait tenir la barre dans la tempête. C’est ce qui fait que, malgré la fatigue, malgré les doutes qui s’accumulent, tu continues d’avancer.Mais en y réfléchissant de mon côté, j’ai voulu creuser plus loin. Parce que je vois bien le piège.Le danger, c’est de confondre l’espoir et le fantasme.Alain, il est dans l’élan pur, son moteur tourne à plein régime, il avance. Mais moi, je me suis posé cette question : est-ce qu’on ne se sert pas parfois de l’espoir comme d’une drogue douce ? Une manière élégante de fuir un présent qu’on n’ose pas regarder en face ?Je l’ai vécu. Après l’échec à 40 ans.Je me suis retrouvé face à un choix.Tout le monde me disait de repartir vite. De rebondir. De reprendre le même secteur, les mêmes clients, le même rythme. Parce que c’est ça qu’on fait quand on tombe, non ? On se relève. On repart au combat.Et pendant des mois, je me suis raconté une histoire.Je me disais : “L’année prochaine, je relance. Quand j’aurai reconstitué un peu de trésorerie, quand j’aurai retrouvé ma confiance, quand le moment sera meilleur... je repars.”C’était rassurant. C’était même logique. Ça me donnait une perspective, un horizon.Mais au fond de moi, je savais que c’était faux.Je n’avais pas de stratégie. J’avais juste l’espoir que le temps arrangerait les choses. Que je finirais par “retrouver” quelque chose que j’avais perdu.Mais on ne retrouve jamais ce qu’on a perdu. On construit autre chose. Ou on ne construit rien.Je ne voulais pas relancer la même machine. Je ne voulais pas repartir dans ce rythme-là, dans ce modèle-là. Mon corps me hurlait : “Plus jamais ça.”Mais c’était plus facile de me dire “un jour, quand...” que de regarder en face la vraie question : qu’est-ce que je veux vraiment construire maintenant ? Qui est-ce que je veux devenir ?L’espoir, là, ce n’était pas un carburant. C’était un voile. Une manière élégante de ne pas affronter mon présent. De ne pas trancher. De rester dans le flou confortable du “plus tard”.On se dit “ça va s’arranger”, “l’année prochaine sera meilleure”, et pendant qu’on projette ce futur radieux, on ne voit pas que notre bateau actuel est en train de prendre l’eau de toutes parts.Alors, comment faire la différence ?Comment savoir si ton espoir est une stratégie ou une fuite ?C’est simple.Pose-toi la question : qu’est-ce que je fais aujourd’hui, concrètement, pour que ce que j’espère se réalise ?Si la réponse est “rien, j’attends que les conditions soient réunies”, alors ce n’est pas de l’espoir stratégique. C’est du fantasme.L’espoir ne doit pas être un voile qu’on jette sur la réalité pour ne plus la voir. Il ne doit pas être un anesthésiant.Pour que l’espoir soit une stratégie, il doit être lucide. Il doit être ancré dans le sol, même si la tête est dans les étoiles.C’est la différence entre le capitaine qui espère que la tempête s’arrête en lâchant la barre, et celui qui espère s’en sortir en tenant le cap avec encore plus de force.L’espoir stratégique, c’est celui qui te donne l’énergie de transformer ce que tu peux transformer, ici et maintenant.Quand j’ai commencé à développer Authentik avec Alain, je n’avais rien.Pas de budget pour la pub Meta. Pas de structure lourde. Pas de garantie que ça marcherait.Mais j’avais une stratégie. Des actions concrètes. Un plan, même imparfait.Et j’avais l’espoir que ça marcherait.Tu vois ? L’espoir n’était pas ma stratégie. Il était le moteur qui me faisait exécuter ma stratégie même quand je ne voyais pas encore les résultats.Aujourd’hui, je suis dans une phase où tout — absolument tout — me dit d’attendre.D’attendre d’avoir un compte en banque plein avant de lancer les voyages immersifs. D’attendre d’avoir les moyens, la sécurité, le bouclier financier. D’attendre le “bon moment”.Et je sens cette tentation. Cette voix qui me dit : “Sois raisonnable. Attends encore un peu.”Mais il y a une autre voix. Plus discrète. Plus profonde.C’est celle qui me dit : “Tu ressens cette vibration. Tu sais que c’est juste. Tu sais que c’est maintenant.”Et cette fois, ce n’est pas juste de l’espoir.J’ai une stratégie. Des partenaires. Des actions en cours. Des premiers contacts. Des premiers pas.L’espoir, ici, c’est ce qui me fait avancer malgré l’incertitude. Mais je n’attends pas sur mon canapé que l’univers m’apporte les choses sur un plateau.Je construis. Et j’espère que ça va marcher.C’est la même fréquence que j’avais quand j’ai créé mon studio graphique. Cette certitude intérieure qui ne s’explique pas, qui ne se justifie pas, mais qui EST.L’espoir, ici, c’est “je sais que c’est juste, alors j’avance. Même sans carte précise. Même sans toutes les ressources. Juste avec la boussole.”Cet espoir-là n’est pas naïf. Il ne ferme pas les yeux sur les difficultés. Il ne fantasme pas un succès facile.Il dit simplement : “C’est dur. C’est incertain. Mais c’est par là. Alors on y va.”Alors, je te pose la question, là, entre nous :Est-ce que ton espoir est un moteur ou un voile ?Est-ce qu’il nourrit ton action, ou est-ce qu’il la remplace ?Au-delà de tes objectifs chiffrés, au-delà de ta volonté de fer qui t’a porté jusqu’ici, c’est quoi le futur qui te donne vraiment envie de te lever demain matin ?Celui qui te fait vibrer, même quand tu n’as pas toutes les réponses, même quand tu n’as pas de carte précise mais juste une boussole ?Et surtout : qu’est-ce que tu fais aujourd’hui, concrètement, pour avancer vers ce futur ?On sait, Alain et moi, que la frontière entre l’élan vital et la fuite en avant est parfois si mince qu’on s’y perd.C’est l’impulsion qui te fait agir malgré l’incertitude.Alain m’a dit que l’espoir est une stratégie. Et il a raison — à condition de comprendre ce que ça veut vraiment dire. L’espoir sans action, c’est du fantasme. La stratégie sans espoir, c’est de l’épuisement. Mais l’espoir lucide, ancré dans le réel, nourri par des actes concrets ? C’est ça, la vraie stratégie dont Alain me parlait.On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : parfois, il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse. Merci pour ton écoute, et à très bientôt.C’est pour t’aider à identifier ton propre moteur qu’on a créé le Quiz Authentik. On l’a voulu comme un miroir de vérité. Il ne va pas te donner des bonnes notes, il va te dire si ton espoir est un moteur réel ou s’il est devenu ton armure pour ne plus ressentir le présent.Prends ce temps pour regarder ton reflet, sans filtre.Quiz Authentik : https://tr.ee/4aFkbG This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

  11. 9

    L’Idiosyncrasie

    Ce trait de caractère que tu caches, cette manière de penser qui ne rentre pas dans les cases, cette énergie qui déborde du cadre... Et si c'était exactement là que se trouve ta vraie puissance ? L'histoire de Dennis Rodman, et du jour où j'ai arrêté d'essayer d'être le patron parfait.Bonjour à toi. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement... on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit.C’est Alain qui m’a dit un mot que presque personne n’emploie. Un mot qu’on n’apprend ni à l’école, ni dans les formations business, ni dans les séminaires sur la réussite. Alors même qu’il fait toute la différence entre une vie qui fonctionne et une vie qui fait vraiment sens.Il m’a parlé d’idiosyncrasie.Un mot un peu rugueux. Presque trop précis. On dirait un diagnostic médical un peu inquiétant.En fait ça exprime quelque chose d’extrêmement simple, presque libérateur : ta manière unique d’être au monde. Ce mélange non reproductible de tempérament, d’histoire, d’intuition, de regard et d’énergie qui fait que personne ne pourra jamais être toi à ta place.Cette singularité que t’as peut-être passé des années à vouloir corriger, lisser ou masquer. Parce qu’elle ne rentrait pas tout à fait dans les cases. Parce qu’elle était jugée ‘trop’ ou ‘pas assez’.Alors que c’est peut-être exactement là que se trouve ta vraie puissance.Je me souviens de mes débuts en tant que manager. J’avais lu tous les livres sur le leadership. J’avais assisté aux conférences. Je savais comment un “bon manager” était censé se comporter.Résultat ? J’ai passé des années à essayer d’être quelqu’un d’autre.J’essayais d’être plus carré, plus formel, plus “corporate”. Parce que c’est ce qu’on attendait d’un dirigeant sérieux, non ?Sauf que moi, je ne suis pas carré. Je suis intuitif, parfois même un peu bordélique dans ma manière de réfléchir. Je pars dans tous les sens, je fais des connexions bizarres, je mélange les métaphores.Pendant longtemps, j’ai vu ça comme un défaut à corriger.Jusqu’au jour où j’ai compris que c’était exactement ce qui faisait ma force.Ta force, elle est là où tu es inclassable.Aujourd’hui, tout devient lisse. Calibré. Optimisé. Aligné sur des standards invisibles. Au point que même les contenus les mieux produits, les plus parfaits en apparence, finissent par plus rien faire vibrer. Ni toucher. Ni marquer.Parce qu’ils pourraient avoir été écrits par n’importe qui... ou par n’importe quoi.Alain m’a raconté l’histoire de Dennis Rodman. Tout le monde connaît Michael Jordan, mais l’énigme de cette équipe, c’était Rodman.Rodman, c’était l’idiosyncrasie faite homme : cheveux multicolores, tatouages partout, comportement imprévisible, fêtard invétéré.N’importe quel autre coach, obsédé par la discipline et le moule, l’aurait viré en trois jours. On lui aurait dit : “Lisse-toi, rentre dans le rang, sois comme les autres.”Mais Phil Jackson, l’entraîneur des Chicago Bulls, était un maître de la “justesse”. Il n’a pas essayé de changer Rodman. Il a compris que le génie de Rodman — sa capacité incroyable à prendre des rebonds et à défendre — était indissociable de sa bizarrerie.Si tu enlevais les tatouages et la folie, tu tuais le joueur.Alors Jackson a créé un cadre. Un cadre souple mais solide, où Rodman avait la permission d’être lui-même, à une seule condition : être présent et intense quand le match commençait.Et ça a marché. Rodman est devenu le pilier de l’équipe, l’électron libre qui permettait aux autres de briller.Cette histoire m’a marqué. Parce qu’elle illustre quelque chose de fondamental.Un vrai leader, il ne cherche pas à produire des copies de lui-même. Ni à imposer un moule. Mais à créer un cadre suffisamment solide pour que chacun puisse exprimer sa propre idiosyncrasie sans se perdre ni se trahir. Non pas comme stratège hors pair, mais comme révélateur d’identités.J’ai eu ma propre version de ça dans mon équipe.J’avais recruté une commerciale brillante. Techniquement irréprochable. Mais quelque chose ne marchait pas. Ses résultats étaient corrects, mais pas exceptionnels.Un jour, je l’ai observée en rendez-vous client. Elle était professionnelle, posée, parfaite. Trop parfaite.Après le rendez-vous, je lui ai demandé : “Tu es comme ça dans la vraie vie ?”Elle a souri. “Non. Mais je pensais qu’il fallait être comme ça pour être crédible.”Je lui ai dit : “Et si tu essayais d’être toi ?”Le mois suivant, elle a explosé tous ses objectifs. Pas parce qu’elle avait appris une nouvelle technique. Mais parce qu’elle avait arrêté de jouer un rôle.On passe notre vie à essayer de gommer ce qui dépasse chez nous. On veut être “professionnels”, on veut correspondre aux standards du marché. On finit par se lisser, par parler comme tout le monde, par décider comme tout le monde.Sans s’en rendre compte, on met nos particularités, nos passions un peu bizarres, notre humour décalé ou notre sensibilité, sur une étagère. On se dit : “Je ressortirai ça plus tard, quand je serai encore plus installé.”Ce que tu mets sur l’étagère, c’est ton essence même.En y réfléchissant, j’ai réalisé que j’avais moi aussi fait ça. J’avais rangé mes “objets familiers”, mes manières de faire un peu iconoclastes, pour paraître plus “sérieux”.Et qu’est-ce qui s’est passé ? J’ai commencé à m’épuiser. Parce que porter un masque de conformité, c’est un travail à plein temps qui ne rapporte rien.Le jour où j’ai décidé de remettre mes bizarreries au centre, tout a changé.Je me souviens de ma première conférence. J’avais préparé une présentation PowerPoint aux petits oignons. J’avais passé des heures dessus, à peaufiner chaque slide, à vérifier chaque transition. Elle était parfaite.Le jour J, je monte sur scène. Je commence à parler. Et là, quelque chose se passe. Je me sens tellement à l’aise, tellement à ma place, tellement connecté avec la salle... que j’oublie complètement de faire défiler les slides.Je suis resté bloqué sur la première pendant vingt minutes.Quand je m’en suis rendu compte, au lieu de paniquer, j’en ai fait un running gag. “Ah tiens, on est toujours sur cette slide ? Bon, restons-y encore un peu alors !”La salle a adoré. Parce que ce n’était plus une conférence parfaite et lisse. C’était un moment vivant, humain, réel.J’ai compris ce jour-là que mes présentations PowerPoint parfaites, c’était ma manière de me cacher. De me rassurer. De contrôler.Mais quand je lâchais le contrôle et que je me contentais d’être là, présent, avec mes histoires qui partent dans tous les sens et mon énergie un peu bordélique... c’est là que je touchais vraiment les gens.J’ai arrêté d’essayer d’avoir toujours raison. J’ai commencé à dire “je ne sais pas, mais on va chercher ensemble.”J’ai arrêté d’essayer d’être le patron qu’on voit dans les magazines. J’ai commencé à être le patron que j’étais vraiment.Et paradoxalement, c’est là que les gens ont commencé à vraiment me suivre.L’idiosyncrasie : C’est ton laser chirurgical. C’est l’outil qui te permet de trancher dans le vif, de décider avec une clarté que personne d’autre n’aura, parce que personne n’a ton regard.Ce n’est pas une option. C’est ton seul avantage concurrentiel réel dans un monde où tout le monde se ressemble.Plus tu te rapproches de ce qui te rend singulier — même si c’est un peu “trop” pour certains — moins tu as besoin de forcer. Tu n’as plus besoin de convaincre, tu incarnes.C’est là que le leadership devient magnétique.Alors, je te laisse avec cette pensée avant qu’on se quitte : Quel est ce trait de ton caractère que tu considères comme un défaut à corriger, mais qui est en fait ta plus grande signature ?Si tu arrêtais de t’excuser d’être inclassable, qu’est-ce que tu oserais enfin montrer au monde ?On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : parfois, il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse. Merci pour ton écoute, et à très bientôt.Avec Alain, on a voulu que le Quiz Authentik soit le point de départ de cette réconciliation.Il est conçu pour t’aider à nommer ton idiosyncrasie, à mettre des mots sur tes forces qui te rendent unique et comprendre comment tu peux les activer ensemble.Prends ces quelques minutes pour passer face au miroir. Pas pour t’évaluer, mais pour te reconnaître.Quiz Authentik : https://tr.ee/4aFkbG This is a public episode. 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  12. 8

    La Fréquence du Leader

    C'est Alain qui m'a dit que le vrai leadership n'est pas une question de méthode. C'est une question de résonance. L'histoire du matin où quelque chose sonnait faux dans mes bureaux — et de ce que j'ai compris ce jour-là sur la différence entre prouver et exprimer.Bonjour à toi. Installe-toi confortablement... on va prendre quelques minutes ensemble pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit.Alain m’a parlé un jour d’une notion que j’avais totalement occultée, ou plutôt, que j’avais fini par craindre à force de vouloir me protéger. Il m’a parlé de fréquence.Pas la fréquence de tes réunions ou de tes reportings. Ta fréquence intérieure. Celle qui fait que, quand tu entres dans une pièce, les gens le sentent avant même que tu aies ouvert la bouche.Pendant la première partie de ma vie, jusqu’à mes 40 ans, cette fréquence était mon moteur naturel. Je réussissais tout ce que j’entreprenais. C’était inné. Mon corps me parlait, et je l’écoutais, sans même me poser de questions. Je dirigeais à l’instinct.J’avais monté une entreprise, une S.A de 18 personnes, avec un chiffre d’affaires mensuel de 450 000 euros. Tout était fluide, parce que j’étais aligné sur ma vibration. Je ne cherchais pas à prouver, j’exprimais qui j’étais.Et puis, il y a eu ce dossier. Ce fameux dossier “miraculeux” qui flattait surtout mon ego.Dès le premier brief, mon corps s’est crispé. Un signal d’alarme physique, viscéral, immédiat. Mon intuition me hurlait de ne pas y aller.Mais pour la première fois, j’ai débranché ma boussole. Mon ego a crié plus fort : “Signe, tu vas devenir riche, tu pourras tout arrêter après.”J’ai signé. Et j’ai tout perdu. L’entreprise, l’argent, et même ma vie personnelle.Le vrai traumatisme, ce n’était pas la chute financière. C’était d’avoir trahi mon propre corps. D’avoir ignoré cette fréquence que je suivais depuis toujours.Après cet échec, j’ai construit un système de sécurité. J’ai passé des années à essayer de “prouver” que je pouvais réussir par la méthode, par la structure, par les chiffres. J’ai voulu mettre des armures pour ne plus jamais être vulnérable.Je me souviens d’un matin.Je suis entré dans les bureaux de ma nouvelle boîte, un café à la main, comme je l’avais fait des milliers de fois. Tout était là : le bruit des claviers, l’agitation des équipes, les écrans allumés. La machine tournait. On était “performants”, on était dans les chiffres, on était dans l’action.Mais ce matin-là, au lieu de foncer vers mon bureau pour traiter l’urgence, je me suis arrêté. Je me suis installé dans un coin, un peu en retrait. Et j’ai simplement écouté.Et là, j’ai senti un décalage. Quelque chose sonnait faux.Tout fonctionnait, mais ça ne vibrait plus. C’était devenu aride. On déroulait la méthode à la perfection, mais l’élan était resté sur le parking.Je me souviens avoir regardé mon équipe commerciale en réunion. Ils avaient tous leurs tableaux Excel ouverts, leurs objectifs affichés, leurs argumentaires rodés. Techniquement, c’était impeccable.Mais quand ils parlaient du service, il n’y avait plus cette étincelle. Cette chose qui fait qu’on sent que quelqu’un croit vraiment à ce qu’il dit. Ils récitaient. Ils ne transmettaient plus.Et le pire ? C’est que je faisais exactement pareil.C’est là qu’Alain m’a parlé de l’équation du leadership : la Vision, la Vérité, la Vitalité, la Véracité.Sur le papier, c’est parfait. C’est rassurant pour l’esprit. Mais j’ai compris ce jour-là qu’on peut avoir la meilleure vision du monde et le discours le plus vrai, si la fréquence n’est pas la bonne, on ne fait que brasser de l’air.On nous apprend à diriger avec la tête, à décider avec des chiffres, à motiver avec des discours. On nous apprend à être des émetteurs permanents.Diriger, ce n’est pas imposer. C’est incarner.C’est là que j’ai compris la différence entre prouver et exprimer.Quand tu cherches à prouver, tu t’épuises. Tu portes une armure, tu surveilles ton image, tu calcules tes coups. Tu es dans la performance, mais tu es seul.Quand tu commences à exprimer, tu n’as plus besoin de convaincre. Tu deviens comme un diapason. Si tu es juste, si tu es aligné, ceux qui t’entourent se mettent à vibrer sur la même fréquence que toi.Ce n’est pas de la magie. C’est de la physique humaine.Le vrai leadership, c’est une question de résonance.Aujourd’hui, mon baromètre a changé. Je ne me demande plus seulement si un projet est “rentable”. Je me demande : “Est-ce que ça vibre ?”.Parce que si ça ne vibre pas, on ne le fait pas. Même si c’est logiquement “la bonne chose à faire”.J’ai refusé des partenariats lucratifs parce que quelque chose ne résonnait pas. J’ai pris des décisions qui semblaient irrationnelles sur le papier, mais qui étaient justes dans mes tripes.Et à chaque fois, le résultat a été meilleur que ce que j’aurais pu calculer.Il y a un test très simple pour savoir si tu vibres sur ta propre fréquence.Le soir, quand tu rentres chez toi, est-ce que tu as besoin de dix minutes pour “décompresser” avant de pouvoir être vraiment présent avec tes proches ?Si oui, c’est souvent le signe que tu as passé ta journée à porter un masque. À vibrer sur une fréquence qui n’était pas la tienne.Quand tu es aligné, tu n’as pas besoin de décompresser. Tu es déjà toi.Le leadership incarné, c’est quand tes proches sentent, au moment où tu franchis la porte, que tu es “vraiment rentré”. Non pas parce que tu as fini ton travail, mais parce que tu ne t’es pas perdu en chemin.Je te laisse avec cette interrogation pour ta semaine : dans tout ce que tu fais, qu’est-ce qui te fait vraiment vibrer ? Et qu’est-ce que tu continues de porter uniquement parce que tu as peur du vide si tu l’arrêtais ?Ton génie ne se trouve pas dans ce que tu pourrais devenir, mais dans ce que tu oses enfin laisser transparaître de toi.On s’arrête là pour aujourd’hui. Souviens-toi : parfois, il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse. Merci pour ton écoute, et à très bientôt.Si cette réflexion résonne en toi, on a créé avec Alain le Miroir Authentik.C’est un outil gratuit pour t’aider à identifier tes propres forces.Découvre-le ici : QUIZ AUTHENTIK This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

  13. 7

    Le Costume du Leader

    Cette armure invisible que tu portes chaque matin en arrivant au bureau, elle te protège... ou elle t’étouffe ? L’histoire de ma transformation silencieuse dans la voiture, et du jour où j’ai osé laisser le costume au vestiaire.« Bonjour à toi.Je suis ravi de te retrouver pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit. Installe-toi confortablement… on va s’accorder une vraie parenthèse, juste toi et moi.Alain m’a dit un jour une phrase qui a percuté mes certitudes de plein fouet. Il m’a regardé et il m’a dit : « Éric, un leader, ce n’est pas un costume qu’on enfile. C’est un être qui s’incarne. »À l’époque, je n’ai pas tout de suite saisi la profondeur de ses mots. Je pensais à mon apparence, à mes vestes de dirigeant, à cette allure de chef d’entreprise que je soignais. Mais Alain ne parlait pas de mode. Il parlait de cette armure invisible, psychologique, que l’on finit par porter sans même s’en rendre compte.Je me souviens très bien de cette époque où je dirigeais mes entreprises. Le matin, seul dans ma voiture, je sentais mon corps changer à mesure que j’approchais du bureau. Mes mâchoires se crispaient. Mes épaules se verrouillaient. Je répétais mentalement mes arguments, je lissais mes doutes, j’ajustais mon masque de “celui qui sait”.Je pensais que pour être respecté, pour être efficace, il fallait paraître invulnérable. Je portais le costume du “Patron” : celui qui a réponse à tout, celui qui ne tremble jamais, celui qui est toujours en contrôle.Et ce costume, il pesait une tonne.Le problème, quand tu portes une armure trop rigide, c’est que tu finis par ne plus pouvoir bouger. Tu ne peux plus sentir les courants d’air, tu ne peux plus percevoir les nuances. Tu passes une énergie colossale à vérifier que ton masque est bien droit, que rien ne dépasse. Et pendant que tu surveilles ton image, tu n’écoutes plus ton intuition. Tu n’écoutes plus ton cœur. Tu finis par prendre des décisions “pour le rôle”, pour satisfaire au personnage, mais tu n’es plus en phase avec le vivant.Et c’est vrai que j’ai longtemps vu le leadership comme une performance, une série de codes à respecter, une image à projeter. Mais la vérité, c’est que porter un rôle épuise. C’est ce qui crée ce sentiment de vide le soir, cette fatigue qui n’est pas liée au travail accompli, mais au poids du masque qu’on a dû soutenir toute la journée.S’incarner, comme le dit Alain, c’est exactement l’inverse de paraître. C’est avoir le courage de laisser le costume au vestiaire. C’est accepter que le leader ne soit pas une version “augmentée” ou parfaite de toi-même, mais simplement toi. Toi, avec tes visions claires, avec ton enthousiasme, mais aussi avec tes silences, tes hésitations et ta vérité brute.Le jour où j’ai commencé à lâcher ce rôle, j’ai eu le vertige. J’avais peur de perdre ma crédibilité. Je me demandais : “S’ils voient l’homme derrière le patron, vont-ils encore m’écouter ?”Et il s’est passé quelque chose de fascinant. C’est précisément à ce moment-là que j’ai commencé à être vraiment suivi. Non pas par obéissance, mais par adhésion. Parce que les gens ne se connectent pas à un costume. Ils se connectent à un humain qui ose être là, présent, incarné. L’authenticité crée une sécurité et un engagement que le contrôle ne pourra jamais acheter.Alors, je te laisse avec cette interrogation pour ta semaine : À quel moment précis de ta journée sens-tu que tu enfiles ce rôle qui n’est pas tout à fait toi ? Est-ce en réunion ? Est-ce face à tes clients ? Et qu’est-ce qui se passerait si, demain matin, tu choisissais simplement de laisser ce masque sur le parking et d’entrer tel que tu es ?On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : parfois, il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse.Merci pour ton écoute, et à très bientôt.Le Miroir Authentik : Si tu sens que ton armure commence à être trop étroite, on a conçu avec Alain un outil pour t’aider à identifier tes vraies forces, celles qui n’ont pas besoin de costume pour briller. C’est gratuit et ça se passe ici : « Bonjour à toi.Je suis ravi de te retrouver pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit. Installe-toi confortablement… on va s’accorder une vraie parenthèse, juste toi et moi.Alain m’a dit un jour une phrase qui a percuté mes certitudes de plein fouet. Il m’a regardé et il m’a dit : « Éric, un leader, ce n’est pas un costume qu’on enfile. C’est un être qui s’incarne. »À l’époque, je n’ai pas tout de suite saisi la profondeur de ses mots. Je pensais à mon apparence, à mes vestes de dirigeant, à cette allure de chef d’entreprise que je soignais. Mais Alain ne parlait pas de mode. Il parlait de cette armure invisible, psychologique, que l’on finit par porter sans même s’en rendre compte.Je me souviens très bien de cette époque où je dirigeais mes entreprises. Le matin, seul dans ma voiture, je sentais mon corps changer à mesure que j’approchais du bureau. Mes mâchoires se crispaient. Mes épaules se verrouillaient. Je répétais mentalement mes arguments, je lissais mes doutes, j’ajustais mon masque de “celui qui sait”.Je pensais que pour être respecté, pour être efficace, il fallait paraître invulnérable. Je portais le costume du “Patron” : celui qui a réponse à tout, celui qui ne tremble jamais, celui qui est toujours en contrôle.Et ce costume, il pesait une tonne.Le problème, quand tu portes une armure trop rigide, c’est que tu finis par ne plus pouvoir bouger. Tu ne peux plus sentir les courants d’air, tu ne peux plus percevoir les nuances. Tu passes une énergie colossale à vérifier que ton masque est bien droit, que rien ne dépasse. Et pendant que tu surveilles ton image, tu n’écoutes plus ton intuition. Tu n’écoutes plus ton cœur. Tu finis par prendre des décisions “pour le rôle”, pour satisfaire au personnage, mais tu n’es plus en phase avec le vivant.Et c’est vrai que j’ai longtemps vu le leadership comme une performance, une série de codes à respecter, une image à projeter. Mais la vérité, c’est que porter un rôle épuise. C’est ce qui crée ce sentiment de vide le soir, cette fatigue qui n’est pas liée au travail accompli, mais au poids du masque qu’on a dû soutenir toute la journée.S’incarner, comme le dit Alain, c’est exactement l’inverse de paraître. C’est avoir le courage de laisser le costume au vestiaire. C’est accepter que le leader ne soit pas une version “augmentée” ou parfaite de toi-même, mais simplement toi. Toi, avec tes visions claires, avec ton enthousiasme, mais aussi avec tes silences, tes hésitations et ta vérité brute.Le jour où j’ai commencé à lâcher ce rôle, j’ai eu le vertige. J’avais peur de perdre ma crédibilité. Je me demandais : “S’ils voient l’homme derrière le patron, vont-ils encore m’écouter ?”Et il s’est passé quelque chose de fascinant. C’est précisément à ce moment-là que j’ai commencé à être vraiment suivi. Non pas par obéissance, mais par adhésion. Parce que les gens ne se connectent pas à un costume. Ils se connectent à un humain qui ose être là, présent, incarné. L’authenticité crée une sécurité et un engagement que le contrôle ne pourra jamais acheter.Alors, je te laisse avec cette interrogation pour ta semaine : À quel moment précis de ta journée sens-tu que tu enfiles ce rôle qui n’est pas tout à fait toi ? Est-ce en réunion ? Est-ce face à tes clients ? Et qu’est-ce qui se passerait si, demain matin, tu choisissais simplement de laisser ce masque sur le parking et d’entrer tel que tu es ?On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : parfois, il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse.Merci pour ton écoute, et à très bientôt.Le Miroir Authentik : Si tu sens que ton armure commence à être trop étroite, on a conçu avec Alain un outil pour t’aider à identifier tes vraies forces, celles qui n’ont pas besoin de costume pour briller. C’est gratuit et ça se passe ici : Quiz Authentik This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

  14. 6

    L'attachement

    Ce n’est jamais la hauteur de la montagne qui pose problème. C’est ce qu’on continue de porter dans son sac. L’histoire de mes 40 kg invisibles et de l’entreprise que j’ai perdue en refusant de les lâcher.Bonjour à toi.Je suis ravi de te retrouver.Installe-toi confortablement... on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit.C’est Alain qui m’a dit un jour une phrase toute simple, mais qui m’est revenue avec une force particulière ces derniers temps :« Le problème, ce n’est jamais la montagne. C’est ce que tu continues de porter dans ton sac. »Sur le moment, j’ai trouvé l’image parlante, presque évidente. Et puis, avec le recul, je me suis rendu compte que je ne l’avais jamais vraiment prise au sérieux. Parce que, tant que ça avance à peu près, on ne regarde pas ce qu’on porte. On regarde devant. On serre les dents. On continue.Dans nos vies d’entrepreneur, on est tout le temps en train de se baser sur la performance, les chiffres, les idées qui arrivent, les urgences à gérer. Et on oublie quelque chose d’essentiel : la physique. Pas la théorie. Le corps. Le poids réel de ce qu’on porte.Il y a quelques mois en arrière, j’avais un sac à dos invisible. Mais il pesait lourd. 40 kilos. 40 kilos que je trimballais partout sans même m’en rendre compte.Quand on me disait : “Tu te sens bien avec tout ça ?” Je répondais : “Bah oui, je fais ce que je veux. Je n’ai pas de difficulté.”Jusqu’au jour où mes yeux ont pris conscience des 40 kilos.Donc j’ai dit : “OK, je vais les perdre.” Je vais faire un régime, je vais me remettre au sport. Et là, c’est là que vient l’attachement.Parce que moi, j’étais un coureur de fond. Un marathonien. Courir longtemps, encaisser, dépasser la fatigue, aller au bout. C’était une part de mon identité.Donc mon premier réflexe a été simple : je vais reprendre la course.Sauf que mon corps, lui, il était pas d’accord. Douleurs, blocages, signaux clairs. Ce n’était plus possible.Et là, j’ai résisté. Pas physiquement. Intérieurement.Parce que je voulais garder mon sac à dos avec ma course dedans. J’étais un coureur de fond. Point. Marcher ? Au secours. Un quart d’heure de marche ? Mon Dieu, qu’est-ce que je me trouvais ridicule.Je voulais rien lâcher. Je voulais pas accepter l’idée que les choses avaient changé. Que ce qui était super pour moi avant — courir et courir longtemps — aujourd’hui ne m’aidait plus. Ça me détruisait même.Et puis, j’ai fini par accepter. Non pas parce que j’avais changé d’avis, mais parce que mon objectif était plus fort que mon ego.J’ai arrêté de courir. J’ai commencé à marcher. Longtemps. Tous les jours.Un quart d’heure au début. Puis 20 minutes. Puis une demi-heure. Puis 1 heure. Puis 2 heures.Et ce qui était difficile, ce n’était pas la marche en elle-même.C’était le regard que je portais sur moi quand je marchais.J’avais l’impression d’avoir régressé. D’avoir perdu quelque chose. Comme si accepter de marcher, c’était admettre que je n’étais plus capable de courir.Alors qu’en réalité, je n’avais rien perdu.J’étais juste en train d’apprendre une autre manière d’avancer.En vidant, sans m’en rendre compte, une armure que je portais depuis des années : celle du marathonien.Et il s’est passé quelque chose d’étrange.D’un coureur de fond, je suis passé à un marcheur de fond.Je n’ai pas perdu mon identité. Je l’ai transformée.Je n’ai pas renoncé à l’endurance. Je l’ai incarnée autrement.Résultat : 36 kilos en moins, un corps apaisé, et un plaisir immense à marcher.Et là, je vois bien la différence avec ce que je disais avant. “Oui, je peux faire ce que je veux, je suis pas handicapé.”Ah bon ? Alors si avant je n’étais pas handicapé, aujourd’hui je suis surhomme.C’est là que j’ai compris ce qu’est vraiment l’attachement.L’attachement, ce n’est pas ce que tu portes.C’est ce que tu refuses de faire évoluer quand la vie te demande un changement de forme.Ce n’est pas lâcher une faiblesse.C’est accepter de quitter une identité qui a déjà fonctionné.On confond souvent fidélité et rigidité.On croit qu’on se trahit quand on change.Alors qu’en réalité, on se trahit surtout quand on s’obstine à rester quelqu’un que l’on n’est plus.Et je n’ai pas su faire ça à une époque de ma vie. Avec mon entreprise.J’ai continué à “courir” alors que tout, en moi et autour de moi, demandait un autre rythme, une autre posture, une autre identité. Je croyais que les outils qui me servaient à l’époque continuaient à me servir.Et je n’ai pas écouté. J’ai tenu. J’ai rien voulu lâcher. Je savais ce qu’il fallait faire. Tu parles, je suis fort.Résultat : badaboum. Une entreprise florissante, par terre en 15 jours.Parce que je n’avais pas vidé mon sac. Je n’avais pas enlevé les choses qui ne me servaient plus. Je n’avais pas allégé. Je n’avais pas fait de place.Et quand on ne fait pas de place, la corde finit par lâcher. Et la chute est vertigineuse.Aujourd’hui, je vois les choses différemment.Ce qui est vivant en toi ne disparaît jamais.Mais parfois, ça demande de changer de forme pour continuer à exister.C’est bien d’avoir des outils. C’est bien de croire en toutes ces choses qui nous aident, ces manteaux qu’on met à un moment donné et qui nous aident à avancer.Mais c’est bien aussi de se dire que l’attachement à tout ça, ça peut être un problème.Alors je te laisse avec cette question, toute simple :Qu’est-ce que tu continues de porter par fidélité à ton ancien toi, alors que le vivant en toi demande juste... une autre manière d’avancer ?Pose ton sac à dos. Ouvre-le. Regarde ce qui te sert vraiment et ce qui aujourd’hui ne te sert plus.On va s’arrêter là pour aujourd’hui.Souviens-toi : parfois, il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse.Merci pour ton écoute, et à très bientôt.Si cette réflexion résonne en toi, on a créé avec Alain le Miroir Authentik. C’est un outil gratuit pour vous aider à identifier vos propres forces. Vous pouvez le découvrir ici : QUIZ Authentik This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

  15. 5

    Le Potentiel

    Et si votre "potentiel" était un piège qui vous arrache à votre présent ? Découvrez pourquoi le plus grand acte de leadership n'est pas de devenir quelqu'un d'autre, mais d'oser enfin habiter qui vous êtes déjà.Bonjour à toi.Je suis ravi de te retrouver.Installe-toi confortablement... on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit.C’est Alain qui m’a dit un truc qui m’a immédiatement fait sourire. Parce qu’il a mis des mots sur une irritation que je partage depuis longtemps, sans toujours prendre le temps de la formuler clairement.Il parlait du mot ‘potentiel’.De cette manière qu’on a de le brandir comme un compliment, comme une promesse flatteuse. On dit à quelqu’un qu’il a ‘un énorme potentiel’, comme si l’essentiel se situait toujours un peu plus loin, dans une version future, idéalisée, encore inaccessible.Et c’est précisément là que quelque chose se décale.Je me souviens d’un déjeuner avec un jeune entrepreneur brillant. Il venait de lever des fonds, son projet avançait bien. Mais quand je lui ai demandé comment il se sentait, il m’a répondu : “Je sais que j’ai du potentiel, mais j’ai l’impression de ne pas encore l’avoir atteint.”J’ai souri. Parce que j’ai été cet homme-là pendant des années.Toujours à courir après une version améliorée de moi-même. Toujours à me dire : “Quand j’aurai développé telle compétence, atteint tel niveau, alors je serai légitime. Alors je serai ‘à la hauteur’ de mon potentiel.”Le potentiel, présenté comme ça, il t’arrache doucement au présent. Il te laisse croire que ta valeur réelle est encore à venir. Que le meilleur de toi se trouve ailleurs, plus tard, quand tu auras enfin coché les bonnes cases, atteint le bon niveau, trouvé la bonne version de toi-même.Ce que m’a rappelé Alain, c’est que cette idée-là, sous ses airs bienveillants, elle peut devenir profondément trompeuse.Elle te fait vivre dans un ‘un jour peut-être’, dans une projection floue, au lieu de t’inviter à regarder ce que tu incarnes déjà. Ici. Maintenant. Avec ton histoire, ton tempérament, tes forces visibles et celles que t’as tellement intégrées que tu les vois même plus.Et c’est là que le mot ‘potentiel’ est agaçant. Parce qu’il détourne l’attention de l’essentiel.Il y a quelques années, j’ai fait une expérience qui m’a ouvert les yeux. J’accompagnais un dirigeant qui voulait “développer son potentiel de leader”. On a passé deux heures ensemble. Et au lieu de lui parler de ce qu’il devrait devenir, je lui ai simplement demandé de me raconter trois moments récents où il s’était senti pleinement lui-même au travail.Il m’a parlé d’une crise qu’il avait gérée avec calme. D’une décision difficile qu’il avait prise en écoutant son intuition. D’un moment de vérité avec son équipe où il avait dit ce qu’il pensait vraiment, sans filtre.À la fin, je lui ai dit : “Tu vois, tout ce que tu cherches à devenir, tu l’es déjà. La question n’est pas de développer ton potentiel. C’est d’arrêter de te cacher derrière cette excuse pour ne pas assumer qui tu es maintenant.”Il est resté silencieux un long moment. Puis il m’a dit : “Putain. J’ai perdu combien d’années à me dire que j’étais pas encore prêt ?”“Arrête de chercher qui tu pourrais être, incarne qui tu es.”Tu n’es pas ici pour réaliser une version hypothétique de toi-même, comme un projet à optimiser ou une promesse à tenir. Tu es là pour incarner ta vérité, telle qu’elle est aujourd’hui. Imparfaite, singulière, parfois encore brouillonne, mais déjà pleinement vivante.Ce déplacement, il change tout. Surtout quand on parle d’entreprendre.Entreprendre, en tout cas au sens où je le vis, ce n’est pas rentrer dans un modèle. Ce n’est pas se conformer à une image du leader idéal. C’est construire à partir de ton ADN. De ce mélange unique de parcours, de valeurs, de blessures, d’élans et de contradictions qui font que ta manière d’agir ne ressemblera jamais à celle d’un autre.Ce n’est pas en forçant ta nature que tu trouves ta voie. C’est en lui laissant suffisamment d’espace pour s’exprimer sans demander la permission.J’ai mis du temps à comprendre ça. Pendant des années, j’ai essayé de développer mes “points faibles”. On m’avait dit que c’était ça, la croissance. Devenir meilleur là où j’étais moyen. Résultat ? J’ai dépensé une énergie folle pour devenir acceptable dans des domaines qui ne me ressemblaient pas, au lieu d’exploser là où j’étais naturellement fort.Ce que beaucoup appellent ‘réaliser son potentiel’, ça ressemble souvent à une fuite élégante. Alors qu’incarner qui tu es, ça demande une présence beaucoup plus exigeante. Parce qu’elle ne se cache pas derrière une promesse future. Elle s’assume dans le réel, avec ce qui est déjà là.La vraie puissance, la puissance magnétique, celle qui fait qu’on te suit sans que tu aies besoin de hausser le ton, elle arrive quand tu arrêtes de forcer. Quand tu acceptes que tu es “assez”, là, tout de suite, avec tes doutes et tes zones d’ombre.La légitimité ne vient pas de la perfection, elle vient de la présence.Incarner qui l’on est, c’est accepter d’enlever le costume et de laisser respirer l’humain qui est derrière. C’est là que se trouve ton génie propre, pas dans ce que tu pourrais devenir. Il se trouve dans ta capacité à vivre ta vie comme une œuvre originale.Pas une vie vendue par les beaux parleurs au parcours parfaitement storytellé. Oui je sais ce mot n’existe pas mais je suis sûr que tu comprends ce que je veux dire. Donc pas une vie embellie, mais une trajectoire qui te ressemble suffisamment pour que tu te lèves le matin avec clarté, cohérence et une énergie qui ne vient pas de la performance, mais de l’alignement.Ce matin encore, en préparant cet épisode, je me suis demandé : “Qu’est-ce que j’ai arrêté de faire en me disant que ce n’était pas assez ‘professionnel’, pas assez ‘sérieux’ ?”Et j’ai réalisé que certaines de mes plus grandes forces, je les avais mises de côté parce qu’elles ne rentraient pas dans le moule du “dirigeant accompli”.Ce que je te propose de regarder, à travers ce podcast ce qu’Alain m’a dit, c’est donc pas comment rêver plus fort. Mais comment revenir en présence avec qui tu es déjà. Et bâtir à partir de là, sans attendre d’être prêt, sans attendre une validation extérieure, sans attendre demain.Regarde-toi deux minutes, franchement, les yeux dans les yeux : Est-ce que tu n’en as pas assez de cette course ? Est-ce que tu n’as pas envie, juste pour un instant, de poser les armes et de regarder ce qui est déjà là, bien vivant en toi ?On va s’arrêter là pour aujourd’hui.Souviens-toi : parfois, il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse.Merci pour ton écoute, et à très bientôt.. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

  16. 4

    Episode 0. Pourquoi ce podcast

    Un premier partage sur le sens de cette aventure. Merci d'être là. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

  17. 3

    La Stagnation

    Et si votre sentiment de faire du surplace n’était pas une panne, mais une métamorphose ? Découvrez pourquoi la stagnation est le silence nécessaire avant l'envol.Hey salut c’est Eric,je suis ravi de te retrouver,installe-toi confortablement,on va prendre quelques minutes ensemble tranquillement pour le premier épisode deC’est Alain qui m’a dit.On a tous connu ce sentiment un matin en se réveillant. Ce sentiment de “poids”. Tu sais, ce moment où tout ce que tu faisais avec une fluidité insolente la veille devient soudainement une corvée insurmontable. Les emails te semblent être des montagnes, ton équipe te semble parler une langue étrangère, et chaque décision pèse une tonne. Tu te regardes dans la glace et tu te demandes : “Mais qu’est-ce qui m’arrive ? Qu’est-ce que j’ai cassé ? Est-ce que j’ai perdu la flamme ?”Alain a dit : “Rien n’est cassé. Tu changes juste de peau.”Un peu comme la chenille au printemps. La chenille, à un moment donné, elle s’arrête net. Elle ne mange plus. Elle ne grimpe plus. Elle ne cherche plus rien. Si tu l’observes à ce moment-là, tu te dis : “Elle est malade. Elle est en train de mourir. Elle est en panne.” Mais si tu pouvais voir à l’intérieur du cocon, tu verrais un chaos absolu. Ce n’est pas un repos, c’est une déconstruction totale. Ses cellules se liquéfient pour se réorganiser. Elle ne fait pas une pause, elle est en pleine révolution.Présentée comme ça, la stagnation devient presque acceptable. Presque nécessaire. Presque confortable même. Sauf que. . . écoute-moi bien la stagnation telle qu’elle est vécue par beaucoup d’entrepreneurs, elle a rien de poétique. Rien de douxOn nous a appris que “stagner, c’est reculer”. Alors quand on sent que l’élan s’en va, on panique. On essaie de forcer le passage, de pédaler plus vite dans le vide. On se rajoute de la pression, ce qui ne fait qu’aggraver la situation.Mais la nature ne fonctionne pas comme ça. : “Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.” C’est une loi physique, mais c’est aussi une loi de l’âme. Cette phase où tu te sens “en panne”, c’est ta propre dissolution. Ta vieille identité, celle qui t’a permis d’arriver là où tu es, est devenue trop étroite ; elle n’est plus ajustée à ce qui cherche maintenant à émerger. Elle craque de partout. Et au lieu de célébrer cette croissance, on essaie de recoudre les morceaux de l’ancienne peau.La métaphore de la chenille, elle est juste. Mais elle cache une réalité moins confortable. Dans la chrysalide, y’a pas de transition douce. Y’a une dissolution complète des formes anciennes. Une phase où tout se liquéfie avant de pouvoir se réorganiser autrement.La stagnation ressemble donc bien plus à un désassemblage intérieur qu’à une pause inspirante. Et pour un entrepreneur habitué à avancer par l’action et la maîtrise, ce moment, il est profondément déstabilisant. Parce qu’il t’oblige à rester présent alors même que tes repères habituels disparaissent, sans garantie immédiate sur ce qui viendra ensuite. Tu forces alors, non par manque d’intelligence ou de lucidité, mais parce que le vide intérieur, c’est difficile à supporter quand tu as construit ton identité sur le mouvement, la performance et la capacité à produire des résultats visibles.Dans ces phases-là, le vrai danger, ce n’est pas de ralentir. C’est de refuser de laisser mourir ce qui a déjà fait son temps. De t’acharner à maintenir en vie un rôle, une posture ou une manière d’exister qui n’est plus juste.Quelquefois, ce n’est ni le business, ni la stratégie, ni même l’énergie qui bloquent. Clest simplement une identité qui demande à se transformer, alors que tu continues à lui demander de fonctionner comme avant.La stagnation, c’est donc pas un arrêt. Mais ce n’est pas non plus une promesse confortable. C’est une épreuve de lucidité, un test de maturité intérieureLa question que je te laisse, là, dans le calme de ton écoute : Si ce vide n’était pas un ennemi à combattre, mais un espace à habiter ? Qu’est-ce que tu pourrais enfin lâcher, quel vieux costume de “celui qui gère tout” acceptes-tu de voir se dissoudre pour laisser place à la suite ?Avec Alain, on a créé le Quiz Authentik pour ces moments de transition. Ce n’est pas un test de performance, c’est un miroir pour t’aider à voir quelles forces sont déjà à l’œuvre dans ton ombre. Pour que tu puisses enfin respirer et dire : “Ok, je ne suis pas en panne, je suis en train de naître.” Prends le temps de faire ce bilan, non pas pour ton business, mais pour l’homme ou la femme qui est derrière.On va s’arrêter là pour aujourd’hui.Souviens-toi, parfois il suffit de changer de regard pour que la suite apparaisse.Merci pour ton écoute et à très bientôt pour un nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit cestalainquimadit.substack.com

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