1776, l’indépendance de treize États unis : 1776, la Grande-Bretagne et le syndrome des colons irrités episode artwork

EPISODE · Jun 16, 2026 · 58 MIN

1776, l’indépendance de treize États unis : 1776, la Grande-Bretagne et le syndrome des colons irrités

from Le Cours de l'histoire

Les colons des Treize colonies d’Amérique proclament leur indépendance le 4 juillet 1776, de quoi fragiliser la construction, en équilibre, qu’est la Grande-Bretagne. De quelles manières la révolution américaine a-t-elle un effet sur la Grande-Bretagne et l’Irlande ? Tensions pour la représentation au Parlement Depuis sa Glorieuse Révolution à la fin du 17ᵉ siècle, l’Angleterre se félicite de sa constitution et de l’équilibre des pouvoirs établis. Elle s’unit à l’Écosse par l’acte d’Union de 1707 et devient la Grande-Bretagne. Les Écossais forgent une identité britannico-écossaise qui repose sur la loyauté à la Couronne des Hanovre. Leur faible représentation au Parlement de Westminster ne pose pas de problème à l’Écosse, acquise à l’idée de souveraineté parlementaire. "Être Britanniques, c'est accepter l'idée qu'il y a suprématie du Parlement", souligne l’historienne Florence Petroff, autrice de La Révolution américaine et l’Écosse. Regards croisés et identités hybrides (1765-1783) (Honoré Champion, 2026). "Le Parlement est un Parlement impérial, qui a autorité sur l'ensemble de l'Empire, et qui donc peut taxer les Américains." De l’autre côté de l’Atlantique, les Treize colonies refusent d’être taxées sans être représentées à Londres. Malgré la présence d’agents coloniaux dans la capitale anglaise, tel que Benjamin Franklin, pour défendre les intérêts des colonies britanniques en Amérique, elles ne veulent pas participer à la fiscalité impériale et réclament leur indépendance. La Grande-Bretagne protège son empire La guerre dite d’indépendance des États-Unis éclate en avril 1775. Les Britanniques qui croient à une révolte fiscale ne conscientisent pas la gravité de la révolution. L’historien Rémy Duthille, auteur de Le discours radical en Grande-Bretagne, 1768-1789 (Voltaire Foundation, 2017), ajoute que "c'est l'imminence du danger de perdre les colonies qui incite la Grande-Bretagne à entrer en guerre". Des militaires présents sur le continent américain depuis la Boston Tea Party de 1773 interviennent, rejoints par des soldats anglais et écossais. Ils espèrent que l’occupation de Philadelphie mettra fin à la guerre, mais celle-ci s’internationalise avec l’entrée de la France et de l’Espagne dans le conflit. (Dés)unions, la couronne anglaise chamboulée La révolution de 1776 conforte l’Écosse dans son union avec l’Angleterre et renforce la britannicité de sa population. De l’autre côté de la mer d’Irlande, l’île verte s’identifie à la cause américaine. En 1782, plusieurs dizaines de milliers de volontaires se mobilisent pour réclamer l’indépendance du Parlement irlandais. L’indépendance des Treize colonies n’ébranle que légèrement le système politique britannique. C’est la Révolution française et la montée des idées abolitionnistes qui ont réellement un effet sur la couronne anglaise par la suite. Pour en savoir plus Rémy Duthille est professeur de civilisation britannique à l’Université Bordeaux Montaigne. Il est l’auteur de Le discours radical en Grande-Bretagne, 1768-1789, Voltaire Foundation, 2017. Florence Petroff est maîtresse de conférences en histoire moderne à l'Université de La Rochelle. Elle est l’autrice de La Révolution américaine et l’Écosse. Regards croisés et identités hybrides (1765-1783), Honoré Champion, 2026. Elle dirige le comité de l’exposition “Les Français et la création des États-Unis” au Musée du Nouveau Monde à La Rochelle, du 19 juin au 16 novembre 2026. Références sonores de l’émission : Le clerc adjoint à la Chambre des communes William Liberdal, RTF, 27 avril 1971. Discours du philosophe Edmund Burke sur la conciliation de la Grande-Bretagne avec l'Amérique, 22 mars 1775, lu par Nicolas Berger. Lin-Manuel Miranda, "You'll be back", Hamilton : An American Musical, Original Broadway Cast Recording, 2015. Extrait d’un entrefilet du "Morning Chronicle", 30 octobre 1777, lu par Thomas Beau. Extrait d’une lettre du pasteur James Wodrow à son ami Samuel Kenrick, 16 mars 1778, lu par Thomas Beau. Générique : "Gendèr" par Makoto San, 2020.

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