EPISODE · Aug 26, 2026 · 2H 22M
27 : JIM QUEEN, les plaisirs interdits de l'irrévérence
from Exposed : le podcast de Film Exposure · host Exposed
Il fut un temps où l’on pouvait crucifier le Messie par erreur, faire chanter des marionnettes toxicomanes et pornographes, envoyer une unité d’élite américaine détruire Paris pour sauver le monde ou maquiller Robert Downey Jr. en acteur australien tellement habité par son rôle qu’il en changeait de couleur de peau. Et, plus incroyable encore : on en riait. Dans cet épisode, nous allons parler de Jim Queen, mais surtout nous demander ce qu’il reste de cet humour qui ne demandait la permission à personne. Celui qui s’attaquait aux religions, aux puissants, aux minorités comme aux majorités, à Hollywood, à l’Amérique, à la gauche, à la droite et, idéalement, à son propre public. Un humour dont la règle semblait finalement assez simple : si quelque chose est sacré, c’est probablement qu’il faut commencer par là. Pour mener cette petite enquête sur les frontières du bon goût, nous avons choisi quatre films, quatre époques et quatre manières de dynamiter les convenances. Nous remonterons d’abord en 1979 avec La Vie de Brian, où les Monty Python réussissaient l’exploit de transformer la Judée biblique en gigantesque machine à ridiculiser le fanatisme, les querelles idéologiques et notre besoin désespéré de suivre quelqu’un — quitte à proclamer tous ensemble que nous sommes des individus. Dix ans plus tard, un jeune cinéaste néo-zélandais répondant au nom de Peter Jackson décidait avec Meet the Feebles que les marionnettes n’étaient pas nécessairement destinées aux enfants. Sexe, drogue, maladies vénériennes, violence, humiliation et show-business : le Muppet Show venait de découvrir les enfers. Puis, en 2004, Trey Parker et Matt Stone transformaient la guerre contre le terrorisme en spectacle de marionnettes dans Team America: World Police, avec une ambition admirablement démocratique : se moquer simultanément de l’impérialisme américain, de Hollywood, des dictateurs, des militants politiques et à peu près de tout ce qui pouvait encore disposer d’un peu de dignité. Enfin, en 2008, Tropic Thunder faisait de Hollywood lui-même son champ de bataille : acteurs mégalomanes, producteurs psychopathes, méthode acting poussée jusqu’à l’absurde, exploitation commerciale de la guerre et quête obscène des Oscars. Ben Stiller et sa bande ne se contentaient plus de franchir la ligne rouge : ils semblaient prendre un malin plaisir à vérifier combien de fois il était possible de la franchir avant que quelqu’un ne coupe la caméra. Mais vingt ans plus tard, rirait-on encore de la même manière ? Ces films sont-ils les vestiges d’une époque plus libre, ou simplement les témoins d’une époque moins attentive à ceux qu'elle prenait pour cibles ? L’irrévérence consiste-t-elle à pouvoir rire de tout, ou à savoir pourquoi, contre qui et avec qui l’on rit ? Et surtout : à force de vouloir protéger le rire de toute possibilité d’offense, ne risque-t-on pas de lui retirer précisément ce qui faisait sa force subversive ? --- (00:00) Introduction (05:47) JIM QUEEN ( Nicolas Athané, Marco Nguyen, 2026) (39:54) MONTY PYTHON'S LIFE OF BRIAN (Terry Jones, 1979) (01:05:40) MEET THE FEEBLES (Peter Jackson, 1989) (01:26:40) TEAM AMERICA: WORLD POLICE (Trey Parker, 2004) (01:51:20) TROPIC THUNDER (Ben Stiller, 2008) (02:13:30) Conclusion --- Titre d’outro : Destruction Babies, Shutoku Mukai Exposed est un podcast animé par l’équipe de www.filmexposure.ch : Alexandre Rallo, Myriam Simonazzi, Thibaud Ducret et Thomas Gerber
Embed this episode
Ready to play
27 : JIM QUEEN, les plaisirs interdits de l'irrévérence
No transcript for this episode yet
Similar Episodes
No similar episodes found.
Similar Podcasts
No similar podcasts found.