EPISODE · Jun 4, 2026 · 3 MIN
4 juin 1984 : Le raz-de-marée "Born in the U.S.A."
from Ca s'est passé aujourd'hui ! · host Nostalgie Belgique
Ce 4 juin, c’est le premier jour de l’année 1984 où on voit apparaître partout la même silhouette : un jeans délavé devant un drapeau américain et une casquette rouge glissée dans la poche arrière. Même ceux qui ne parlent pas un mot d’anglais vont très vite mémoriser le refrain : “Born in the USA”.Franchement Springsteen était là depuis dix ans, il avait déjà sorti six albums dont un double, moi j’avais acheté le single The river, trois, quatre ans auparavant, c’était une grosse vedette du rock mais pas une star, chez nous.Mais à partir d’aujourd’hui, il va remplir tout l’espace pour nous, les jeunes des années 80. Parce qu’on vivait la musique ensemble, à l’époque. Les copains passaient sans prévenir, comment l’aurait-il fait, d’ailleurs. On passait les albums du début à la fin sur une chaîne Hi-Fi, assis par terre, en regardant les pochettes pendant des heures. On apprenait les paroles approximativement, on enregistrait les morceaux sur cassette pour les copains ou copines, on allait aux concerts en bande.Il n’y avait pas encore les écrans entre nous avec des profils retouchés, des pseudos, on n’imaginait pas cette étrange fatigue actuelle qui consiste à fabriquer sans arrêt une version améliorée de nous-mêmes. On appartenait à des tribus très réelles : les new wave, les branchés funk, les fans de hard, de pop française, les filles qui découpaient des photos dans Podium ou Rock & Folk. C’est ça aussi, la force des années 80 : les chansons accompagnaient réellement nos journées, nos vacances, nos premières bagnoles, nos histoires d’amour et même parfois notre manière de marcher dans la rue.Bon, on sait aujourd’hui que Born in the U.S.A. n’est pas un hymne patriotique primaire, c’est plutôt Rambo ou Voyage au bout de l’enfer. Mais il n’y a pas que nous, les francophones qui sommes passés à côté du texte, Ronald Reagan lui-même a utilisé la chanson lors de sa campagne électorale.Mais n’empêche, on ne pourra jamais décoller Born in the USA de l’image nos triomphantes années 80, probablement parce que la puissance de la musique et du chant de Springsteen passe au-dessus de tout.
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Ce 4 juin, c’est le premier jour de l’année 1984 où on voit apparaître partout la même silhouette : un jeans délavé devant un drapeau américain et une casquette rouge glissée dans la poche arrière. Même ceux qui ne parlent pas un mot d’anglais vont très vite mémoriser le refrain : “Born in the USA”.Franchement Springsteen était là depuis dix ans, il avait déjà sorti six albums dont un double, moi j’avais acheté le single The river, trois, quatre ans auparavant, c’était une grosse vedette du rock mais pas une star, chez nous.Mais à partir d’aujourd’hui, il va remplir tout l’espace pour nous, les jeunes des années 80. Parce qu’on vivait la musique ensemble, à l’époque. Les copains passaient sans prévenir, comment l’aurait-il fait, d’ailleurs. On passait les albums du début à la fin sur une chaîne Hi-Fi, assis par terre, en regardant les pochettes pendant des heures. On apprenait les paroles approximativement, on enregistrait les morceaux sur cassette pour les copains ou copines, on allait aux concerts en bande.Il n’y avait pas encore les écrans entre nous avec des profils retouchés, des pseudos, on n’imaginait pas cette étrange fatigue actuelle qui consiste à fabriquer sans arrêt une version améliorée de nous-mêmes. On appartenait à des tribus très réelles : les new wave, les branchés funk, les fans de hard, de pop française, les filles qui découpaient des photos dans Podium ou Rock & Folk. C’est ça aussi, la force des années 80 : les chansons accompagnaient réellement nos journées, nos vacances, nos premières bagnoles, nos histoires d’amour et même parfois notre manière de marcher dans la rue.Bon, on sait aujourd’hui que Born in the U.S.A. n’est pas un hymne patriotique primaire, c’est plutôt Rambo ou Voyage au bout de l’enfer. Mais il n’y a pas que nous, les francophones qui sommes passés à côté du texte, Ronald Reagan lui-même a utilisé la chanson lors de sa campagne électorale.Mais n’empêche, on ne pourra jamais décoller Born in the USA de l’image nos triomphantes années 80, probablement parce que la puissance de la musique et du chant de Springsteen passe au-dessus de tout.
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