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Ca s'est passé aujourd'hui !

Revivez les moments marquants de l’histoire avec Brice Depasse ! Chaque épisode de ce podcast vous transporte dans une date précise où un événement a laissé une empreinte indélébile dans nos souvenirs. Brice Depasse, avec son talent de conteur, vous fait revivre ces journées mémorables à travers des anecdotes captivantes et des actualités qui ont marqué les esprits. Que ce soit le jour où Martin Luther King a prononcé le célèbre "I Have a Dream", la sortie du film "Les dents de la mer" ou le premier vol dans escale entre New-York et Paris, ce podcast vous propose un voyage dans le temps au cœur des événements qui ont façonné notre monde et notre Belgique. Plongez dans l’atmosphère de ces époques et redécouvrez les actualités qui ont fait la une des journaux, tout en partageant des anecdotes peu connues qui donnent un nouvel éclairage sur ces instants décisifs. Brice Depasse vous invite à vous souvenir des événements qui ont rythmé votre vie, à travers le prisme

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    28 juin 1926 : La fusion historique qui a donné naissance à Mercedes-Benz

    Ce 28 juin 1926 naît une célèbre entreprise fabriquant des voitures, on a peut-être un papa qui en avait une ou rêvait d’en avoir une, c’est Mercedes, de son vrai nom, Mercedes-Benz AG.C’est la fusion de trois sociétés. Benz, Carl Benz fabrique des véhicules depuis plus de 40 ans, il est considéré comme le premier constructeur automobile de l’histoire, et Daimler, qui fabrique, entre autres, les voitures d’un certain Emil Jellinek dont la fille se prénomme Mercedes. C’est ainsi qu’il a baptisé une de ses voitures Mercedes, 25 ans plus tôt. Pour la petite histoire, Mercedes Jellinek  n’a jamais possédé de Mercedes, ni aucune voiture, elle n’aimait pas ça.Jellinek, lui, la mécanique, c’est plus que de l’industrie, c’est un passionné d’automobile, comme plus tard, Enzo Ferrari. Il est d’ailleurs des premières courses de voitures avec ses modèles Mercédès.Et donc, à partir de cette fusion Daimler, Mercedes et Benz, ils vont construire cet été 1926 ce qu’aucun des trois n’a encore fait : des voitures de tourisme. La voiture de tourisme, c’est celle qu’on connaît tous, 4 à 5 places pour des particuliers. C’est le modèle W01, tous les premiers modèles Mercedes ont un W pour commencer, Wagen, Voiture en allemand. Ils sont construits avec la collaboration d’un ingénieur dont le nom est aujourd’hui célèbre et prestigieux, Ferdinand Porsche.Mais franchement, en ce 28 juin 1926, il faudrait être bien malin pour deviner le destin de ces Mercedes car on est alors loin des grandes industries comme Ford avec leurs dizaines de milliers d’ouvriers qui fabriquent à la chaîne : la première Mercedes W01 est produite à huit exemplaires. Le modèle W02 à 9000 exemplaires, le W03 à 800. Mais la suite on la connaît. Et toujours cette question : qui va reconduire la belle ce soir ? En voiture, bien sûr, Mercedes ou pas.

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    27 juin 1985 : Le déclassement de la légendaire Route 66

    Le 27 juin 1985 est le jour où l’Amérique a effacé une ligne. Mais pas n’importe laquelle. Ce matin, quelque part dans un bureau gris du ministère des Transports, un fonctionnaire prend son cachet et, sans même lever les yeux, raye un mythe : la Route 66 est officiellement déclassée. Plus d’existence légale. Finie. Disparue.Mais sur place, le long de ses 3940 kilomètres ? Vous vous rendez compte ? De Chicago à Los Angeles, Santa Monica, précisément. Et bien, rien ne bouge. À Dagett, Newberry Springs ou Bagdad, les enseignes rouillées grincent sous le vent. Les derniers motels gardent leurs néons qui clignotent dans le vide. Et quelque part, sur un parking brûlant du Nouveau-Mexique, un vieux Chevy avec plaque de l’Illinois attend un café tiède et un plein qui ne vient pas. Ça vous rappelle quelque chose, hein ? Et ben oui, le film de Pixar, Cars, ne raconte pas autre chose.Alors que ZZ Top venait de populariser encore plus ce type de route avec ses stations services perdues et ses petites villes étapes, et ben, ça faisait déjà un bout de temps que les Américains les désertaient au profit des autoroutes pour couvrir les longues distances : plus rapides, moins dangereuses. C’est toute une époque qui, depuis une vingtaine d’années, veut aller plus vite.Non, à part un acte administratif qui ne fait que confirmer des faits, il ne s’est rien passé sur la Route 66 ce 27 juin 1985 : les villes fantômes, les stations services abandonnées ne se comptent déjà plus.Personne ne pleure, mais quelque chose s’est éteint quand la vieille dame disparaît ou plutôt est effacée des cartes officielles. Mais des passionnés, des nostalgiques, des Flash McQueen et surtout, les touristes du monde entier qui ont le même rêve de l’Amérique des grands espaces, vont avec le temps lui redonner vie parce qu’ils ont envie de les rencontrer les Luigi, Doc Hudson et autres Martin qui peuplent la plus belle route du soleil au monde, celle qui porte le N°66.

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    26 juin 1976 : inauguration de la CN Tower à Toronto, la plus haute tour du monde

    Le 26 juin 1976, des centaines de Torontois faisaient la queue dès l'aube pour inaugurer la CN Tower, la plus haute tour du monde avec ses 553 mètres. Construite non pas pour battre un record, mais pour résoudre un problème de réception télévisée dans la ville de Toronto, cette tour emblématique a nécessité un chantier titanesque : travaux à plus de 500 mètres de hauteur, vents à 100 km/h et une antenne installée par hélicoptère. Cinquante ans plus tard, elle attire encore plus de 2 millions de visiteurs chaque année. Brice Depasse vous raconte cette histoire dans « Ça s'est passé aujourd'hui ! », le podcast quotidien de Nostalgie.

  4. 643

    22 juin 1986 : cette nuit qu'aucun Belge n'oubliera

    Ce 22 juin 1986, je peux vous dire, les amis, qu’il fait chaud. Je m’en souviens, j’avais 23 ans et demi ! Et un demi on en a eu bien besoin, croyez-moi. Et pour comme la semaine précédente, j’ai à nouveau un examen à la fac de droit le lendemain et il y a encore un match des Diables ce soir. M’enfin, ils le font exprès ou quoi ! Pour ne rien arranger, les Diables ont très chaud aussi, puisqu’ils sont à Vera Cruz, enfin, juste à côté, avec un bon paquet d’heures de décalage. Voilà pourquoi, en pleine nuit, je suis réveillé par un gigantesque Wééééé ! Mais bon Dieu que se passe-t-il ? Je vous jure, j’aurais pu compter le nombre de gens encore debout dans mon patelin à cette heure, ça venait de partout. Et surtout du salon. Et là, je comprends tout de suite. Y a du miracle dans l’air. Non, ce n’est pas possible ! Ils n’ont quand même pas gagné, aussi, contre l’Espagne, après l’URSS !Je descends dans le salon pour trouver mon père debout devant la télé mais aussi ma mère. Je crois que c’est la première fois que je la vois regarder le foot. Mais que voulez-vous, TOUT LE MONDE en Belgique regarde cet incroyable match de quart de finale. Et là j’apprends que non, on n’a pas gagné. On a égalisé in extremis. Et que ça fait 60 minutes que les Diables essayaient car tous les Espagnols sont dans la gaïole, mon père n’a pas utilisé ce mot-là, mais bon. Et maintenant ? Ben, il faut encore en marquer un. Pas de miracle, à 7 minutes de la fin, bref on est reparti pour des prolongations, et au bout des prolongations, pas un but, fieu ! Nous voilà donc aux fameux et redoutés bottés de penalty. Les Espagnols marquent. Les Belges marquent. Les Espagnols marquent encore. Les Belges aussi. Et ainsi de suite. Puis arrive le tir de l'Espagnol Eloy. Jean-Marie Pfaff plonge et intercepte la baballe. Et là, c’est l’explosion ! Reste un tir, si Van der Elst marque, l’improbable va arriver. Mon père s’est planqué dans le frigo de la cuisine, ma mère derrière les tentures, moi sous les coussins, on ne veut pas voir ça. C’est interminable, insupportable quand Leo s’avance enfin, tire et paf, dans les filets.Ca y est ! Le plus long cri jamais entendu en Belgique, tout le pays est réveillé cette fois, on va pour la première fois de l’Histoire en demi-finale du Mundial, ça va klaxonner toute la nuit et demain, les disquaires vont recevoir la visite de milliers de gens qui leur demandent le petit disque du Grand Jojo.

  5. 642

    25 juin 1967 : les Beatles chantent "All You Need Is Love" en direct devant 400 millions de téléspectateurs

    Le 25 juin 1967, les Beatles interprètent« All You Need Is Love » en direct devant 400 millions de téléspectateurs, dans le cadre de« Our World », la toute première émission de télévision diffusée par satellite à l'échelle mondiale. La BBC confie la représentation de la Grande-Bretagne au groupe, qui vient tout juste de publier l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band. John Lennon compose pour l'occasion une chanson inédite au message universel, entonnée en direct depuis le studio d'Abbey Road, en présence de Mick Jagger, Keith Richards, Marianne Faithfull et Keith Moon. Soixante ans plus tard, cette date est célébrée chaque année à travers le monde lors du Beatles Global Day. Brice Depasse vous raconte cette histoire dans« Ca s'est passé aujourd'hui ! », le podcast de Nostalgie.

  6. 641

    24 juin : Saint-Éloi, ministre des finances de Dagobert et évêque évangélisateur des Flandres

    Le 24 juin, Brice Depasse nous replonge dans l'histoire de Saint-Éloi, personnage bien plus important que ce que la célèbre chanson de Dagobert laisse entendre.Né en 588 sous le nom d'Éloi de Noyon, dans un royaume des Francs solidement christianisé depuis Clovis, Saint-Éloi est avant tout un orfèvre d'exception. C'est en fabriquant un trône en or pour Clotaire II, sans jamais détourner le moindre métal précieux, qu'il impressionne le roi par son honnêteté et son talent. Il entre ainsi au service de la cour et devient trésorier, puis ministre des finances du fils de Clotaire, le roi Dagobert. Un Dagobert qui, soit dit en passant, n'avait rien du roi benêt décrit par la chanson populaire : c'était un souverain puissant et respecté.Saint-Éloi ne s'arrête pas là. Devenu évêque, il entreprend en 647 d'évangéliser le Nord et les Flandres, une région encore marquée par de nombreuses fêtes païennes. Parmi elles, les grands feux allumés lors des solstices d'été pour chasser les démons, une pratique contre laquelle il s'était déjà vigoureusement élevé. Pour christianiser cette tradition, il associe ces feux à la fête du 24 juin, jour de la Saint-Jean-Baptiste, lui donnant ainsi une nouvelle signification religieuse.Une page d'histoire savoureuse racontée avec humour par Brice Depasse, tous les matins sur Nostalgie.

  7. 640

    Ça s'est passé aujourd'hui : Brice fête les 48 ans d'Olivier Duroy avec une séquence spéciale

    Le 23 juin 1978, à la maternité de Messancy, naissait Olivier Duroy. Ses parents, Annette et Daniel, étaient loin de se douter qu'ils venaient de mettre au monde le futur animateur qui allait réveiller la Belgique de bonne humeur chaque matin. Pour ses 48 ans, Brice Depasse lui offre une séquence spéciale dans Ça s'est passé aujourd'hui sur Nostalgie : studio clandestin dans le grenier familial, vocation radio dès l'âge de 12 ans, premiers pas dans une radio locale... Un portrait tendre et complice d'un animateur devenu incontournable du paysage radio belge. Un moment de bonne humeur et de nostalgie à savourer et à partager. Tous les podcasts de Nostalgie sont disponibles sur Nostalgie.be et sur toutes les plateformes d'écoute.

  8. 639

    21 juin 1948 : La révolution du 33 tours et la naissance du vinyle

    Si je vous dis qu’ils sont noirs, plats et ronds et qu’ils ont fait tourner le monde durant quarante ans, vous me dites : … On les appelle vinyle depuis l’arrivée du CD, vinyle du nom de la matière dont ils étaient faits et qu’on appelait au début microsillon, du nom de la très fine piste dans laquelle le son était gravé.Le disque plat est apparu déjà à la fin du XIX° siècle mais c’est ce 21 juin 1948 que la firme Columbia édite le premier disque vinyle, un 33 Tours, qui est présenté lors d’une conférence de presse à l’hôtel Waldorf. Ce premier 33 Tours qui fait 25 cm de diamètre, ils en feront bientôt 30, peut contenir 15 minutes de musique par face, c’est d’ailleurs un concerto de Mendelssohn par le Philharmonique de New York.C’est toute une histoire car il faut acheter un nouvel équipement mais c’est une révolution que ce microsillon souple, beaucoup moins fragile que le 78 tours, qui crache nettement moins que lui et offre un bien meilleur son. Et puis, quand il s’agit d’une symphonie ou d’un opéra, il ne faut plus un album de 78 tours pour l’écouter.Car oui, c’est de là que vient le terme « album ». Le 78 tours ne pouvant excéder les trois minutes par face, de là vient le format des chansons, il faut tout un album de disques pour une grande œuvre.Pour les artistes de musique populaire, la longue durée des 33 tours va aussi constituer une révolution. En effet, au lieu de publier 2 ou 4 chansons, ils vont pouvoir en proposer 10 ou 12. C’est une révolution qui va avec les années changer le métier et permettre aux artistes de créer un véritable univers en enregistrant une importante série de chansons.Voilà donc comment la chanson a véritablement fait son apparition dans notre vie quotidienne sur ces électrophones qui lisent des microsillons. Une invention qui remonte officiellement au 31 août 1946, date à laquelle la Columbia qui éditera un jour Bob Dylan, Céline Dion, Michel Fugain, Frank Sinatra, Daft Punk ou encore Ray Charles, dépose le brevet du Microsillon sur polychlorure de vinyle.

  9. 638

    20 juin 1840 : Samuel Morse brevette le premier "SMS" de l'histoire

    Je ne vais pas vous mentir : si j’avais croisé le grand inventeur Samuel Morse ce matin du 20 juin 1840, dans une rue de New York, je ne l’aurais pas remarqué. Samuel Morse, c’est un monsieur bien mis, la cinquantaine élégante, l’air un peu perdu dans ses pensées. Certainement le gars qui va bouleverser le monde.C’est un peintre, à la base, un portraitiste. Mais voilà, il est du genre à cogiter entre deux coups de pinceau. Et un jour, il se dit qu’il y a un truc qui cloche : pourquoi faut-il des jours pour envoyer une information avec la poste, alors qu’il suffirait peut-être de la faire voyager autrement ?Et donc il se lance dans un autre art : celui de la communication instantanée. Avec un fil, une pile, du courant électrique, et surtout : un code. Des points, des traits, et chaque lettre qui devient une combinaison de petits signaux : Ti Ta Titi Tatata. Vous voyez, comme dans les Lucky Luke. C’est simple mais il fallait y penser.Et ce 20 juin 1840, Samuel dépose le brevet officiel de son télégraphe électrique. Autrement dit, le tout premier SMS, sans écran, sans 5G, mais avec des impulsions et un alphabet connu encore aujourd’hui par certains.Mais il n’a pas encore tout gagné. Il va ramer. Faut convaincre les politiques, les investisseurs, les sceptiques. Ceux qui lui disent que son truc, c’est bon pour les magiciens, pas pour les gens sérieux. Mais Morse sait que son petit boîtier avec ses cliquetis va un jour raccourcir les distances. Que l’information, au lieu de voyager en diligence, pourra courir sur un fil à la vitesse de l’éclair.Et effectivement, quelques années plus tard, son télégraphe reliera Washington à Baltimore avec ses mots : Ce que Dieu a accompli. Classe, hein.

  10. 637

    Garfield fête son anniversaire : retour sur la naissance du chat le plus célèbre de la BD le 19 juin 1978

    Le 19 juin 1978, Garfield apparaît pour la première fois dans 41 journaux américains. Brice Depasse raconte dans ce numéro de Ça s'est passé aujourd'hui comment Jim Davis, dessinateur de 32 ans originaire de l'Indiana, a créé le chat le plus célèbre de la bande dessinée mondiale. Après l'échec d'une série mettant en scène un moustique, Jim Davis cherche un personnage auquel les Américains peuvent vraiment s'identifier. Inspiré par les 20 chats de la ferme de son grand-père, prénommé Garfield, il imagine un chat paresseux, gourmand et fainéant qui déteste les lundis. Grâce à une société de syndication, Garfield est diffusé simultanément dans des dizaines de journaux à travers les États-Unis. En quelques années, il s'impose dans 2500 publications à travers le monde et devient aujourd'hui la plus grande franchise BD du genre.

  11. 636

    18 juin 1967 : le Festival de Monterey, naissance du rock moderne et des grandes stars

    Le 18 juin 1967, à Monterey en Californie, 50 000 spectateurs assistent à un moment fondateur : le Monterey Pop Festival, tout premier grand festival rock de l'histoire. Jimi Hendrix encore inconnu aux États-Unis, Janis Joplin, The Who, Simon & Garfunkel, Otis Redding, Ravi Shankar, Grateful Dead, Scott McKenzie et les Mamas & the Papas… Une programmation légendaire, portée par l'enthousiasme de Paul McCartney et la présence de Brian Jones dans les coulisses. Brice Depasse raconte ce week-end de juin 1967 qui a inventé le festival de musique moderne. Un épisode du podcast quotidien « Ça s'est passé aujourd'hui ! » sur Nostalgie Belgique.

  12. 635

    17 juin 1845 : quand Léopold Ier échappa à une tentative d'assassinat dans les rues de Bruxelles

    Le 17 juin 1845, à 8h15 du matin, Léopold Ier, premier roi des Belges, échappe à une tentative d'assassinat dans les rues de Bruxelles. Un ancien fonctionnaire, Jean-Baptiste Leclerc, tire sur son carrosse et le rate de peu. Imperturbable, le roi passe la tête par la portière, observe la scène… et continue son chemin comme si de rien n'était. Brice Depasse replonge dans cet épisode méconnu de l'histoire belge pour nous rappeler qui était vraiment Léopold Ier : colonel du tsar de Russie, proche de Napoléon, devenu britannique par mariage, oncle de la reine Victoria et seule personne dont cette dernière avait peur. Un homme de caractère, qui calma lui-même des émeutiers à Bruxelles à cheval, et qui alla jusqu'à gracier son propre agresseur condamné à mort. Un récit d'histoire belge à la fois surprenant et fascinant, chaque matin sur Nostalgie avec Ça s'est passé aujourd'hui !

  13. 634

    16 juin 1903 : Henry Ford signe la création de la Ford Motor Company à Detroit

    Ce 16 juin 1903, Henry Ford signe avec dix investisseurs la création de la Ford Motor Company à Detroit. Dans une ville industrielle où les rues sont encore occupées par des chevaux et des chariots, personne ne prête vraiment attention à cet événement. Et pourtant, tout commence là. Ford a déjà connu deux échecs : une première société en faillite, et une seconde dont il est parti en claquant la porte — elle deviendra Cadillac. Mais sa réputation d'ingénieur brillant, forgée chez Edison et sur les circuits de course automobile, convainc ses associés de lui faire confiance. Quelques semaines plus tard, les premières voitures sortent de l'atelier. Le premier client achète sa Ford Model A pour 850 dollars, sans imaginer tenir entre ses mains une pièce d'histoire. Dix ans après, Ford révolutionne la production industrielle en inventant la chaîne de montage : un châssis assemblé en 90 minutes au lieu de 12 heures, des prix accessibles au plus grand nombre et des millions de véhicules vendus dans le monde entier. Brice Depasse vous raconte chaque jour une date qui a marqué l'histoire, dans Ça s'est passé aujourd'hui !, le podcast quotidien de Nostalgie.

  14. 633

    15 juin 1986 : Le miracle des Diables face à l'URSS

    Le récit nous fait revivre les coulisses de cette épopée :Un blocus mémorable : Cette nuit-là, Brice Depasse ne fêtait pas la victoire. Étudiant en droit à Louvain-la-Neuve, il passait sa nuit à travailler un cours de droit judiciaire « cauchemardesque » pour son examen du lendemain. En allant à la salle de bain au petit matin, il a découvert son père endormi devant la télé et a d'abord cru, à tort, que les Diables avaient perdu.Les Diables au pied du mur : En 1986, personne ne misait sur la Belgique face à la puissance de l'URSS, une nation de 280 millions d'habitants contre 10 millions pour la Belgique. Qualifiés de justesse via les barrages contre la Hollande et repêchés comme « meilleurs troisièmes » après un premier tour décevant, les Diables semblaient n'avoir aucune chance en 8e de finale.Un match d'anthologie : Menés 1-0 à la mi-temps suite à un but de l'attaquant soviétique Belanov, les Diables ont renversé la situation grâce à Enzo Scifo qui ramène le score à 1-1. Après un nouveau but de Belanov (2-1), c'est Jan Ceulemans qui arrache l'égalisation (2-2) à treize minutes de la fin, poussant le match en prolongations.Le délire des prolongations : Dans une ambiance électrique, les Belges prennent l'avantage grâce à Demol puis Claesen, portant le score à 4-2. Malgré un penalty transformé par Belanov (4-3), les Diables tiennent bon jusqu'au coup de sifflet libérateur.Des commentateurs « brésiliens » : Brice rappelle que les commentateurs Roger Laboureur et Franck Baudoncq n'avaient plus de voix à la fin du match. Leurs cris de joie ont résonné dans tout le pays alors que les rues se remplissaient de klaxons sur les airs de « We Are the Champions » et du célèbre « Olé, Olé, Olé ».Pendant que la Belgique entière célébrait cet exploit historique, Brice Depasse, lui, n'avait rien entendu, trop absorbé par ses codes de droit. Une anecdote qui confirme que, sur Nostalgie, les souvenirs les plus personnels se mêlent toujours à la grande Histoire pour nous faire sourire dès le réveil.

  15. 632

    14 juin 1860 : Nice devient française sous Napoléon III

    Vous connaissez la Côte d’Azur ? On l’appelle aussi la Riviera. Ce sont les Anglais qui sont les premiers à avoir pratiqué le Tourisme au XIX° siècle qui l’appellent French Riviera. Pourquoi ? Parce qu’à l’époque elle est italienne. Et c’est ce 14 juin 1860 qu’elle devient française.Je vous explique. En 1860, l’Italie n’existe pas encore, elle est toujours divisée en petits états, comtés, etc dont le Comté de Nice, enfin « Nizzia », qui dépend du Royaume sarde. A ce moment, il y a un mouvement politique pour l’unification de l’Italie mais voilà, le grand empire autrichien s’y oppose. Napoléon III, l’homme qui est en train de faire de la France un pays moderne, puissant, leur dit OK. Je vous apporte mon soutien mais en échange, vous me donnez le comté de Nizzia. D’accord, disent les autres, mais il faut passer par une consultation populaire et c’est pas gagné.Parce que je peux vous dire que Nizzia en 1860, c’est une ville italienne de chez italienne, et le plus embêtant c’est que son député se nomme Giuseppe Garibaldi, l’homme qui va unifier l’Italie. Vous imaginez, le mec y gueule, il a pas envie de devenir Français, cet activiste de la cause italienne. Il s’engage dans la bataille mais en faisant une grosse bêtise : il dit aux Italiens : n’allez pas voter. L’abstention est énorme mais conséquence, le oui l’emporte à plus 80%. Et donc ce 14 juin, Nizzia devient française ainsi que toute la région. Mes enfants, c’est le bordel, une fronde qui va durer des années, Napoléon III doit envoyer l’armée. Il interdit les journaux en italien, francise tous les noms de ville sauf la principauté de Monaco : Mentone devient Menton, Nizzia, Nice, Grasso, Grasse, etc. Garibaldi démissionne de son mandat de député et s’en va. Il est suivi par la moitié de la population de Nice, vous imaginez le truc ? Et pas que les petites gens, hein ? Les nobles, juristes, tout le monde se barre, c’est ce qu’on a appelé l’exode niçois. Voilà qui explique le nom des Grimaldi à Monaco mais aussi que notre Dick Rivers, le Niçois, était un Forneri. Seul lui pouvait chanter Nice baie des anges.

  16. 631

    13 juin 1920 : "No babies, please !", la fin des enfants envoyés par la poste

    Ce 13 juin 1920, la phrase qui va être prononcée, est restée dans l’histoire des Etats-Unis : No babies, please ! C’est un gars de l’US Postal qui dit ça à destination de la presse et du public. Pourquoi ?Et bien imaginez cette scène : un bébé de 10 mois, affublé d’un timbre de 15 cents sur la couche, livré par le facteur à sa grand-mère. Non, ce n’est pas une blague.Entre 1913 et 1920, aux États-Unis, des parents ont réellement envoyé leurs enfants par la poste. Pourquoi ? Parce que c’était moins cher qu’un billet de train. Le service des colis postaux, a en effet lancé en 1913 un service qui permet d’expédier des paquets jusqu’à 50 livres (environ 22,7 kg). Et donc, des malins ont vu là une occasion de voyager pas cher : si le bébé est léger, pourquoi ne pas l’envoyer par la poste ?Le cas le plus célèbre est celui de May Pierstorff, une fillette de 5 ans, 48 livres 500, qui est envoyée par train sur 117 km dans l'État de l’Idaho, avec des timbres collés sur le manteau pour 32 cents, pour aller voir sa grand-mère. Elle est heureusement accompagnée d’un cousin qui est employé des postes et lui, voyage gratuitement.Mais cette pratique, vous le devinez, ne fait pas l’unanimité, surtout à la poste. Et donc, on essaie de l’interdire mais sans grand succès. Les envois continuent, parfois sur de longues distances : en 1915, une petite fille de 3 ans a été envoyée à 64 km de chez elle, dans le Kentucky. Finalement, le 13 juin 1920, John C. Koons, premier assistant du Postmaster General, met fin à cette pratique. Il déclare que les enfants ne peuvent pas être considérés comme des « animaux vivants inoffensifs » et ne doivent donc pas être expédiés par colis postal, donc à partir de dorénavant : No babies, please ! Plus de bébés dans les sacs postaux. Une page insolite de l’histoire postale américaine s’est tournée mais malheureusement, ce n’est pas la dernière.

  17. 630

    12 juin 1979 : le défi fou de Bryan Allen, l'homme-oiseau de la Manche

    Le récit met en lumière les détails de cette traversée épique :Une machine de légende : L'appareil, piloté par l'Américain Bryan Allen (26 ans), ressemblait à une libellule géante tout droit sortie d'un dessin animé. Malgré des ailes de 29 mètres (plus longues que celles d'un Boeing 737), l'avion ne pesait que 32 kg.Un vol au ras de l'eau : Pour réussir ce pari motivé par un prix de 100 000 livres sterling, le pilote a dû pédaler sans relâche à seulement deux mètres au-dessus du niveau de la mer. Parti à 5h51 du matin par une météo calme, il avançait à une vitesse de 15 km/h escorté par deux canaux à moteur.Les obstacles du parcours : La traversée a été marquée par plusieurs incidents critiques : une panne de radio et, surtout, un vent contraire imprévu qui a rendu l'effort de pédalage exténuant. Après deux heures de vol, le temps maximum qu'il pensait pouvoir tenir, Bryan Allen a commencé à souffrir de crampes violentes.La victoire de la persévérance : Alors qu'il s'apprêtait à abandonner et à se faire remorquer, une accalmie soudaine du vent à une altitude légèrement plus élevée lui a redonné espoir. Après 2 heures et 50 minutes d'effort intense, il a finalement aperçu et atteint le Cap Gris-Nez, en France.Bryan Allen a parcouru plus de 35 kilomètres sans autre carburant que sa propre force physique. Brice conclut avec humour que cet exploit a sans doute été alimenté par un solide « English Breakfast », rappelant que la Nosta Family aime célébrer ces moments où l'impossible devient réalité.

  18. 629

    11 juin 1986 : Ferris Bueller révolutionne le film d'ados

    Ah, c’est encore un de ces jours où on est allé au cinéma pour voir un film qui a marqué son histoire car ce 11 juin 1986, c’est la première des folles journées que Ferris Bueller avec les Américains. Si vous avez vu ce film qui sortait il y a 40 ans pile poil, vous n’avez pas pu l’oublier. Non seulement parce que c’est un de ces films déjantés avec des adolescents comme il y en a eu beaucoup dans les années 80 comme Risky Business avec Tom Cruise, mais surtout parce que Matthew Broderick fait un truc qu’on a jamais fait au cinéma : se retourner vers la caméra pour nous parler, nous les spectateurs.Et il pousse le concept très loin puisqu’à la fin du film, après nous avoir donné sa conclusion et disparu dans sa chambre, il laisse la place au générique puis quand le générique est fini, la caméra reste toujours en plan pendant plusieurs secondes, il ne se passe plus rien. Puis il passe la tête par la porte et revient dans le couloir pour nous demander pourquoi on est toujours là. C’est vraiment un plan de dingue, comme si le film était vraiment la vraie vie. Même les cinéastes de la nouvelle vague n’y avaient pas pensé.L’histoire de ce branleur de Ferris Bueller qui a décidé une fois de plus de sécher les cours et de profiter de la vie et du temps qui passe, est déjà le quatrième film d’ado de John Hughes, le réalisateur américain qui a vraiment lancé la New Wave aux Etats-Unis avec effet retard. Il est en effet digue de cette musique qui n’a pas pris aux Etats-Unis au début des années 80. Et donc il en met partout dans ses films mais attention, c’est pas pour faire joli ou pour vendre de la B.O., les chansons, c’est vraiment un élément de décor pour lui, partie intégrante de son histoire. C’est lui qui a lancé Simple Minds l’année précédente avec son film Breakfast Club, et qui va dans le suivant, Pretty in Pink, lancer The Cure, Orchestral Manoeuvres et Psychedelic Furs. Ici, c’est le fameux Oh Yeah de Yello, associé à la Ferrari rouge de collection. Et puis enfin, rien à voir avec la New Wave, la fameuse scène avec Twist and Shout … C’est culte, c’est à voir, et c’est sorti un 11 Juin 1986, on a adoré !

  19. 628

    10 juin 1982 : Le calvaire et la naissance de "Blade Runner"

    Ce 10 juin 1982, on va plonger ensemble dans les coulisses d’Hollywood, on va assister à la dernière vision test et un peu presse d’un film dont on parle beaucoup alors dans le métier, il s’appelle Blade Runner.En effet, au mois de mars, la première vision test a été catastrophique, les gens ont détesté, et surtout n’ont rien compris. Et là, c’est la panique à bord car le film a coûté un pont. Et on en fait le reproche à Alan Ladd, le producteur qui est pourtant le mec qui cinq ans plus tôt était le seul à défendre le film de George Lucas, Star Wars. Il a depuis fondé son propre studio et a fait deux cartons avec Les Chariots de feu et La fièvre au corps.Donc, c’est un mec qui revendique la confiance dans le réalisateur qui est ici Ridley Scott, l’ex-associé du réalisateur des Chariots de feu. Et justement, Ridley Scott a dans l’idée de faire un film noir genre années 40 et son Alien. Et donc il a tourné de la même manière, avec beaucoup de scènes sans paroles.Alors la mort dans l’âme, il a demandé à Ridley Scott non seulement de couper, mais aussi de rajouter une scène pour un happy end et enfin, il a commandé une voix off à Harrison Ford. Et là, Harrison Ford ça l’a gonflé d’autant plus qu’il a détesté travaillé avec Ridley Scott qui ne donne quasiment pas d’indications, il ne s’intéresse qu’à la technique. Et donc, il fait exprès d’être mauvais à l’enregistrement. Même Vangelis n’y croit pas, il refuse qu’on utilise sa musique pour un disque.Ce 10 juin 1982, la vision est moins catastrophique mais pas enthousiaste. Perso, j’ai pas compris car je l’ai vu deux fois la semaine de sa sortie, une vingtaine de fois depuis. C’est fascinant de génie, on ne voit toujours pas les trucages mais ce n’est qu’un détail, et aussi de fragilité. Le film a fait un flop quinze jours plus tard, à sa sortie, mais c’est aujourd’hui, vous le savez, un des films les plus aimés de tous les temps. Et le plus fou, c’est qu’il pose la question que nous nous posons aujourd’hui avec l’IA : un homme artificiel est-il vraiment différent d’un homme ?

  20. 627

    9 juin 1909 : L'incroyable traversée d'Alice Ramsey

    Ce 9 juin, mes enfants, il pleut sur New York et une certaine Alice Ramsey monte dans une voiture à destination de San Francisco où elle se rend avec trois copines. Jusque-là, même si c’est un sacré voyage en bagnole, 6000 kilomètres, rien de bien exceptionnel.Sauf que cette jeune mère de famille bourgeoise de 22 ans est née en 1887, nous sommes le 9 juin 1909. Et là, ce n’est plus la même histoire car il n’existe encore que 240 kilomètres de routes pavées sur les 6000. Et ensuite, la voiture fournie par le sponsor, une Maxwell, car oui, la marque cherche un coup de pub, et ben elle n’a qu’une capote en guise de toit, pas de vitres latérales, pas de jauge pour l’essence, il faut soulever le siège et descendre une tige dans le réservoir pour savoir s’il faut faire le plein, et il faut une manivelle pour la démarrer.Dois-je vous dire qu’il y a encore peu de stations services, que ces dames vont être tantôt trempées, couvertes de boues, tantôt brûlées par le soleil au cours de leur très long voyage à une moyenne de 15 à 30 km/h. De toute façon, elles sont effrayées par la vitesse de 64 km/h quand elle va, une fois, y aller à fond, pour voir.Les pneus n'ont pratiquement pas de sculpture. Dans la boue, il faut ajouter des chaînes. L'essieu arrière casse plusieurs fois. Les ressorts se brisent. Les vis se dévissent sous les vibrations. Le radiateur surchauffe au soleil. Une fois, les passagères ont dû remplir le circuit de refroidissement avec de l'eau depuis un fossé avec leurs flacons de toilette en verre. En Iowa, il faut 13 jours pour parcourir seulement 580 kilomètres tant les routes sont transformées en bourbiers. En réalité, la plupart des « routes » sont des pistes de terre, des chemins de diligence ou même de simples traces de chariots.Et donc si après deux mois isolées au milieu des pistes, une foule attendra la première femme à avoir traversé les Etats-Unis en voiture pour l’escorter dans San Francisco comme une héroïne, c’est on ne peut plus mérité car ce 9 juin 1909, même les routes ne sont pas encore tracées.

  21. 626

    8 juin 1984 : Le choc "Gremlins" et "S.O.S. Fantômes"

    On va parler cinéma ce matin, et de classiques qu’on a tous vus. Ce 8 juin 1984, aux Etats-Unis sortent deux films à gros budgets qui n’auraient pas dû s’affronter, deux films familiaux au départ, mais qui au cours du traitement par le réalisateur ont pris un autre chemin, très risqué, car, à Hollywood, ils sont d’un genre sans précédent. Et vous le savez, dans ce cas, les grands studios évitent de se faire concurrence la même semaine.Et donc ce 8 juin 1984, les Américains sont invités à voir la nouvelle production de Spielberg, qui désormais, a un pool de réalisateurs avec lui. Ce doit être au départ une histoire pour le public de E.T. Ici, un adorable petit nounours qui peut devenir méchant si on n’en prend pas soin. Vous avez deviné qu’il s’agit de Gremlins mais que son réalisateur, Joe Dante, a rendu beaucoup plus mordant que prévu. Beaucoup d’enfants sont effrayés et de parents choqués, ce 8 juin, on craint un crash. Mais ce n’est pas ce qui va se passer puisque le public va basculer. A noter que c’est à cause de ce film qu’on va créer aux Etats-Unis une nouvelle catégorie : Interdit aux moins de 13 ans.Alors, si la sauce Gremlins va prendre, que va-t-il advenir de l’autre film à gros budget qui sort aujourd’hui ? C’est même le plus gros budget de l’histoire de la comédie. Il bat le record du précédent signé Dan Aykroyd : Les Blues Brothers. Et c’est pour ça qu’on l’a tourné. Les Blues Brothers a fait un triompheMalheureusement, la mort de Belushi a compromis le projet. Aykroyd qui est l’auteur est désemparé, il est même déprimé. Il me l’a confié autour d’un verre, il y a pas mal d’années. Pourquoi ? Parce qu’il a perdu son meilleur ami, son complice, mais surtout parce qu’il n’a pas écrit cette histoire de fantôme par hasard. Le paranormal, c’est un truc de famille, son père a écrit des livres sur le sujet. Et donc, le rôle de Vekeman, repris par Bill Murray et qui a fait sa gloire, est né de ce drame. Pour la petite histoire, j’ai aussi eu l’occasion de passer une petite heure avec Joe Dante, et donc, je vous prie de croire que ce 8 juin 1984 a marqué la vie de ces deux hommes.

  22. 625

    7 juin 1977 : Le coup d'éclat punk des Sex Pistols sur la Tamise

    Je suppose que vous vous souvenez du jubilé de platine de la Reine Elizabeth, c’était un 7 juin, 70 ans de règne. Et bien moi je me souviens aussi de celui de 1977, pour ses 25 ans de règne. Et tous ceux qui ont connu l’époque s’en souviennent parce qu’à ce moment-là sort le 45 Tours d’un groupe nommé les Sex Pistols, God save the Queen. Le régime britannique traité de fasciste, la photo d’Elizabeth déchirée, on voit ça partout. Pourquoi ? Et bien à cause d’un coup de comm du patron de leur firme de disques, Richard Branson.Aujourd’hui, tout le monde connaît le boss de Virgin Airlines, Virgin Espace mais en 1977 c’est l’éditeur de Mike Oldfield, organisateur de concerts et d'évènements. Et bien pour lancer le disque des Pistols, il organise une party à bord d’un bateau touristique de la Tamise qu’il a loué pour 500 livres. 80 invités sélectionnés, des journalistes dont mon pote Philippe Manoeuvre. On ne va retenir qu’une chose : les Sex Pistols vont jouer God Save the Queen devant Westminster, la police va arriver et stopper le concert, c’est rock’n’roll !Ce raccourci va profiter au bizness et surtout faire parler des punks dans le monde entier pour la première fois. Car tout le monde croit que c’est Buckingham ou le gouvernement qui a fait interdire le concert pirate. Or si vous avez vu The Crown, vous savez que la ligne d’Elizabeth II est de laisser faire, laisser dire. Et Philippe Manoeuvre n’a pas tout vu. En clair sur le bateau, tout le monde picole et danse, puis lors de leur concert, les Sex Pistols, très énervés de jouer pour une Jet Set des journalistes, deviennent violents. Sid Vicious le bassiste, blesse un journaliste, visage en sang, si bien que le proprio du bateau appelle la police qui l’escorte à quai. Descendez et dégagez disent les bobbies.Et là, Branson dit non, je n’en ai pas eu pour mon argent, on reste. Ça discute, ça traîne, de plus en plus de policiers arrivent et à un certain moment, allez, on a autre chose àfaire, on vire les gens qui restent dans le bateau, et là, c’est le chaos. Bousculade, injures, coups, certains se font arrêter devant les caméras, et là, Branson a ce qu’il voulait : les JT de la Terre entière diffusent, le phénomène punk sort de Londres et devient mondial. Et les Pistols vendent des millions de disques. C’était un 7 juin 1977.

  23. 624

    6 juin 1971 : La fin silencieuse du "Ed Sullivan Show"

    Ce soir du 6 juin 1971, l’Amérique change radicalement puisque c’est le dernier numéro du Ed Sullivan Show. Pour vous faire comprendre, imaginez que le Champs Elysées de Michel Drucker ait duré 23 ans et soit diffusé à l’échelle de l’Europe entière et vous aurez une petite idée de ce que a été le show de Ed Sullivan, qui faisait physiquement plus penser à Guy Lux que Drucker. Je dirais un mélange de Richard Nixon et Guy Lux. Il ne souriait jamais et se tenait droit et raide comme un i.Mais depuis la fin des années 40, il a fait défiler le monde entier sur son plateau, à New York. C’est lui qui a présenté aux Américains, Elvis Presley, les Rolling Stones, les Who, les Supremes, les Doors, James Brown, Elvis, Soeur Sourire et surtout, en exclusivité, les Beatles aux États-Unis, 3 dimanches soirs d’affilée avec une audience record, début 1964.Mais ce soir du 6 juin 71, ce qui est fou, c’est qu’il ne va pas y avoir d’adieu.C’est juste une émission de plus, et puis plus rien. Le rideau tombe. Car Ed Sullivan n’est pas au courant qu’il est viré. Il n’est en effet plus à l’antenne depuis le 28 mars, on a fait que des rediffusions de numéros précédents.Motif : audiences en baisse. Vraie raison : on a changé d’époque, les responsables de la chaîne veulent tourner la page de cette émission à l’ancienne présentée par un gars qui n’est plus de son temps. On est deux ans après Woodstock, l’homme va sur la Lune tous les six mois et Ed Sullivan, lui, présente toujours des émissions pour l’Amérique profonde. C’est devenu La chance aux chansons, quelque part. Et ils n’aiment pas ça, les décideurs new yorkais, et ils ne veulent pas d’un mouvement de protestation causé par des adieux à l’antenne. Et puis pour une partie d’entre eux, les jeunes, ils gardent le mauvais souvenir de la boule au ventre quand commence le générique, elle leur fout le cafard du dimanche soir, c’est comme le canapé rouge de Drucker.Ce soir du 6 juin, Ed Sullivan tire sa révérence sans un mot d’adieu. Mais pour des dizaines de millions de téléspectateurs, et pour des générations d’artistes, il entre dans l’histoire.

  24. 623

    5 juin 1975 : La réouverture du canal de Suez

    Depuis quelques semaines, à écouter les infos et surtout lire les “articles à clic”, dès qu’un bateau éternue dans le détroit d’Ormuz, le monde va s’arrêter demain matin. Quel bazar ! Et on sait tout ce qu’il y a derrière, des mecs qui profitent de ça pour s’en mettre plein les poches à notre détriment.Et ben à tous ceux-là qui nous font peur, pourraient-ils se rappeler que ce 5 juin 1975, le canal de Suez, LE canal de Suez, rouvrait après huit années de fermeture complète. Et pendant ces huit années-là, ben, on a continué à vivre. C’était comme aujourd’hui mais en pire. La guerre des Six jours en 1967 entre Israël et ses voisins. Le Canal de Suez était devenu un champ de mines, de chars abandonnés, d’épaves rouillées et des navires fantômes recouverts de sable du désert, on a appelé ça, la “flotte jaune”.Alors ce 5 juin 1975, quand les premiers bateaux recommencent à passer, c’est un immense soupir de soulagement. C’est vrai, en Europe, on sort à peine du choc pétrolier, avec les dimanches sans voiture, les limitations de vitesse, les économies de chauffage et certaines villes qui éteignent l’éclairage public la nuit.Donc, pas de panique ! Les grandes routes commerciales ont toujours été disputées. Le détroit d'Ormuz, Suez, Panama, chaque génération a cru vivre une crise “sans précédent”. Sauf qu’en 1975, on n’avait pas de notifications affolées toutes les cinq minutes, ni les titres catastrophes écrits en majuscules sur les réseaux. On allait aux nouvelles une fois par jour dans le journal du matin ou au JT le soir. Et entre-temps, ben, je vous le redis : on vivait.Et donc, les images de ce 5 juin qui montrent des remorqueurs, des drapeaux, et des cargos qui avancent lentement dans le désert doivent nous rappeler une idée très simple : le monde finit toujours par se remettre en marche. Ça va aller ! On est tous ensemble, comme ce matin avec la bande de copains de la Nosta Family.

  25. 622

    4 juin 1984 : Le raz-de-marée "Born in the U.S.A."

    Ce 4 juin, c’est le premier jour de l’année 1984 où on voit apparaître partout la même silhouette : un jeans délavé devant un drapeau américain et une casquette rouge glissée dans la poche arrière. Même ceux qui ne parlent pas un mot d’anglais vont très vite mémoriser le refrain : “Born in the USA”.Franchement Springsteen était là depuis dix ans, il avait déjà sorti six albums dont un double, moi j’avais acheté le single The river, trois, quatre ans auparavant, c’était une grosse vedette du rock mais pas une star, chez nous.Mais à partir d’aujourd’hui, il va remplir tout l’espace pour nous, les jeunes des années 80. Parce qu’on vivait la musique ensemble, à l’époque. Les copains passaient sans prévenir, comment l’aurait-il fait, d’ailleurs. On passait les albums du début à la fin sur une chaîne Hi-Fi, assis par terre, en regardant les pochettes pendant des heures. On apprenait les paroles approximativement, on enregistrait les morceaux sur cassette pour les copains ou copines, on allait aux concerts en bande.Il n’y avait pas encore les écrans entre nous avec des profils retouchés, des pseudos, on n’imaginait pas cette étrange fatigue actuelle qui consiste à fabriquer sans arrêt une version améliorée de nous-mêmes. On appartenait à des tribus très réelles : les new wave, les branchés funk, les fans de hard, de pop française, les filles qui découpaient des photos dans Podium ou Rock & Folk. C’est ça aussi, la force des années 80 : les chansons accompagnaient réellement nos journées, nos vacances, nos premières bagnoles, nos histoires d’amour et même parfois notre manière de marcher dans la rue.Bon, on sait aujourd’hui que Born in the U.S.A. n’est pas un hymne patriotique primaire, c’est plutôt Rambo ou Voyage au bout de l’enfer. Mais il n’y a pas que nous, les francophones qui sommes passés à côté du texte, Ronald Reagan lui-même a utilisé la chanson lors de sa campagne électorale.Mais n’empêche, on ne pourra jamais décoller Born in the USA de l’image nos triomphantes années 80, probablement parce que la puissance de la musique et du chant de Springsteen passe au-dessus de tout.

  26. 621

    3 juin 1965 : Alexeï Leonov, premier homme dans le vide spatial

    Ce 3 juin 1965, on va apprendre un truc de dingue : un homme marche dans l’espace. Enfin, il marche ! Je n’ai jamais compris pourquoi on a dit ça. Sûrement parce qu’on n’arrivait pas à l’imaginer. On n’imaginait rien, en fait. Et ben, le cosmonaute Alexeï Leonov est le premier homme à sortir dans le grand vide de l’espace.Aujourd’hui, on a oublié à quel point cet événement a sidéré le monde. En 1965, beaucoup de familles n’ont même pas encore la télévision à la maison, et voilà qu’apparaît sur les écrans les images floues d’un homme qui flotte loin au-dessus de notre planète, relié à sa capsule par un simple câble.C’est comme si les aventures de Tintin devenaient vraies. On avait tous lu On a marché sur la Lune : la grande fusée rouge et blanche, le sas, l’apesanteur et le capitaine Haddock bourré qui chante dans l’espace. On est dans le futur, les enfants ! Il nous a rattrapés. Les magazines annoncent des vacances sur la Lune avant l’an 2000, on a des engins spatiaux en jouet, des meubles design qui ressemblent à des capsules Apollo, enfin Mercury, et nous les mômes, on ne dessine plus des chevaliers ou des cowboys, mais des cosmonautes.Mais bon, ce 3 juin, la mission de Leonov est terriblement dangereuse. Lorsqu’il sort dans le vide spatial, sa combinaison gonfle tellement qu’il ne parvient plus à rentrer dans sa boîte de conserve soviétique. Le voilà qui flotte, seul, au-dessus de la Terre, coincé dehors. Que faire ? Et là, il prend une décision terrible : laisser échapper de l’air hors de sa combinaison pour la dégonfler, mais au risque de mourir dépressurisé. Mais ouf, ça marche !Je peux vous dire que ce qui vient de se produire va nourrir toute la pop culture des années suivantes. Notamment l’inspiration d’un David Bowie, évidemment. Et même s’il y a un double sens dans sa chanson Space Oddity, l’image de son Major Tom, tellement ébloui par la planète bleue qu’il refuse de redescendre, nous a tous fait décoller.

  27. 620

    2 juin 1980 : Sortie de "Téléphone public", le film qui capture l'énergie rock

    Ce 2 juin 1980, un événement majeur secoue la jeunesse : la sortie au cinéma d'un film documentaire intitulé « Téléphone public ». Réalisé par le célèbre Jean-Marie Périer, qui avait immortalisé les idoles des années 60 comme les Beatles ou les Stones, ce film capture l'énergie brute de la dernière tournée du groupe Téléphone.À la fin des années 70, l’arrivée de Téléphone est une véritable déflagration car, à l'époque, on pense encore que le rock ne peut se chanter qu'en anglais. Ce groupe, composé de Jean-Louis, Louis, Corine et Richard, prouve le contraire avec une dégaine de bande qui semble dormir dans sa voiture, les cheveux dans les yeux et les blousons fatigués : un style presque « grunge » avant l'heure.Le film montre les coulisses, les concerts et surtout cette énergie insolente d'une génération qui, au tournant des années 80, a soif de liberté, de bruit et de chansons qui parlent d'elle dans sa propre langue. Téléphone n'est pas de la « variété déguisée en rock », mais un véritable groupe de rock francophone qui électrise les foules.Pour les adolescents de 1980, Téléphone est un signe de ralliement : on griffonne le mot « Hygiaphone » au marqueur sur ses fardes de cours pour affirmer son appartenance à cette révolution musicale. En immortalisant ce phénomène, Jean-Marie Périer a retrouvé chez ces quatre musiciens cette étincelle unique qui avait animé les plus grandes légendes du rock mondial.

  28. 619

    1er juin 1999 : Napster révolutionne l'industrie musicale

    Vous le savez, on a des doutes sur ce qui restera dans les livres concernant les années qu’on a vécues, ce qu’on apprendra dans les écoles. Car il y en a des choses qui sont passées sous les radars avant qu’on ne se dise : “bon sang, mais c’est bien sûr, ce type a tout changé, il a écrit l’histoire”. Et bien, ce 1er juin 1999, dans une chambre d’étudiant américaine, un gamin de 18 ans va mettre une bombe sous l’industrie du disque. Il s’appelle Shawn Fanning, et avec sa casquette de baseball à l’envers et l’allure d’un type qui a oublié de dormir depuis trois jours, il n’a pas la dégaine du winner américain.Alors, en 1999, la musique, elle s’achète chez le disquaire. On économise pour un CD à 800 francs belges ! Mais il y a tellement de disques qui sortent. Bon, on peut en louer à la Médiathèque mais il faut encore qu’il y soit.Et voilà que le programme de cet Américain permet à des millions de jeunes de faire un truc complètement dingue pour l’époque : partager les MP3 entre leurs ordinateurs, ça s’appelle : Napster.Alors, imaginez la scène ou souvenez-vous de votre modem qui hurlait comme un fax possédé, la connexion qui coupe quand quelqu’un téléphone sur la même ligne. Et bien, malgré ça, des adolescents attendent quarante minutes pour télécharger Baby One More Time de Britney Spears ou le live de Metallica.Le problème, c’est que Napster ne demande d’autorisation à personne. Et là, c’est la panique dans les maisons de disques. C’est comme si on avait installé une photocopieuse géante au milieu d’un magasin de disques. Les ventes de CD commencent à chuter, la maison brûle. Certains artistes trouvent ça formidable pour leur promo, mais d’autres sentent très vite l’ail. Metallica attaque Napster en justice après car une démo circule gratuitement en ligne avant la sortie du disque. Et pourtant, même condamné, et même fermé, Napster a gagné car plus personne n’écoutera la musique de la même manière. Sans Napster, pas d’iTunes, ni de Spotify. Et puis surtout on écoute de la musique sur son ordinateur, c’est fou ! C’est vrai, pour l’époque, ça revenait à regarder une vidéocassette avec son frigo !

  29. 618

    31 mai 1859 : Mise en service de Big Ben, l'icône de Londres

    Ce 31 mai 1859, je vous emmène à Londres car on vient de terminer les travaux d’un ouvrage qui fait toujours courir les foules parce que oui, c’est l’enfer, j’y suis passé il y a pas longtemps mais c’est devenu dingue, la foule sur les trottoirs pour voir Big Ben. Il faut dire qu’on la voit tout le temps au cinéma : Peter Pan, James Bond, Harry Potter. 1859, elle a donc 30 ans de plus que la Tour Eiffel, elle a été ajoutée au palais de Westminster quand on l’a reconstruit après le grand incendie de 1834. C’est rien moins que le plus grand système d’horlogerie du monde : 4 cadrans de 7 mètres de diamètre.En 1859, on l’appelle la Tour de l’horloge, rebaptisée en 2012 la Tour Elizabeth mais c’est le nom que lui donne le peuple de Londres qui a été finalement adopté, Big Ben, avec sa grosse cloche qui sonne tous les quarts d’heure et qui pèse quand même 13.500 kilos. Faut pas se la prendre sur le pied, surtout qu’elle est à nonante mètres de hauteur, vous imaginez le truc.Ce qui est particulier c’est que ce type de tour, un beffroi comme on en voit partout chez nous, n’existe pas en Angleterre, non, l’architecte s’est vraiment inspiré de ceux de Bruges, Lille et Venise. Mais ça ne saute pas aux yeux à cause des ornements gothiques de style anglais qui recouvrent aussi tout le palais.Pourquoi Big Ben ? Vous le savez ? En fait, personne ne le sait. Peut-être à cause d’un député qui entre à la chambre des Lords en 1859 et qui s’appelle Benjamin Hall, car c’est aussi l’ingénieur qui a supervisé l’installation de la grosse cloche.Alors si vous n’y êtes jamais allé et que vous comptez le faire, sachez que vous n’avez pas le droit de le visiter, il faut être Britannique et encore, il faut réserver. Si le drapeau est hissé, ça veut dire que le Parlement est en session et si les cadrans sont éteints c’est que les parlementaires sont réunis. Mais que cela ne vous empêche pas de vous balancer comme Bill Halley qui lui, se balance autour de l’horloge depuis 70 ans.

  30. 617

    30 mai 1988 : Margaret Mary Ray, la célèbre stalker de David Letterman

    Est-ce que vous avez vu et ou avez entendu parler de la série Netflix qui a fait un malheur : Mon petit renne ? C’est l’histoire d’une harceleuse qui jette son dévolu sur un humoriste ringard, barman dans un pub à Londres. On en a beaucoup parlé parce que des téléspectateurs de la série se sont mis en tête de trouver la vraie stalker et ça a fait une deuxième histoire dans les médias.C’est vrai que stalker est un mot anglo-saxon connu car c’est un phénomène qui existe depuis des décennies surtout aux Etats-Unis. On se souvient de Billie Jean de Michael Jackson, cette folle qui disait qu’un de ses jumeaux était de lui, et qui avait réussi à entrer dans la maison des Jackson, voulant qu’ils se suicident tous les deux. Un stalker, en clair, c’est un admirateur monomaniaque.Et bien le stalker le plus célèbre d'Amérique c’est Margaret May, son histoire commence le 30 mai 1988 quand la police arrête la conductrice d’une Porsche qui n’a pas réglé les 3 dollars du péage de l’autoroute. Les policiers constatent que la voiture appartient à David Letterman. Aucun Américain n’ignore son nom, c’est l’homme qui anime le fameux Tonight Show depuis dix ans, il a même depuis quelques années son propre show à son nom. Normal dit la conductrice, c’est mon mari. Et le gosse de trois ans sur le siège arrière ? C’est notre fils. C’est faux, après vérification, ils vont découvrir qu’elle a volé la voiture carrément sur le parking de la maison de David Letterman. Malgré les condamnations, elle va encore se faire pincer huit fois pour être entrée dans sa propriété, oubliant une fois une bouteille de whisky dans le salon ou une autre fois où on la retrouve en train de dormir sur le court de tennis. Letterman, qui n’a jamais porté plainte contre elle car il en avait pitié, quand il changera de chaîne de NBC vers CBS, dira en début d’émission qu’il ne doit absolument pas oublier de lui envoyer le document de changement d’adresse. Quand on sait ça, on n’entend plus jamais cette chanson de Police avec les mêmes oreilles.

  31. 616

    29 mai 1138 : Clap de fin pour l’antipape Anaclet II

    Ce 29 mai 1138, l'Église catholique met fin à une situation rocambolesque digne d'une série télévisée : l'existence simultanée de deux papes se disputant la légitimité du trône de Saint-Pierre,. Un antipape n'est pas un personnage maléfique, mais un ecclésiastique élu par ses pairs alors qu'un autre pape a déjà été désigné, créant ainsi un schisme.Tout commence huit ans plus tôt, en 1130, à la mort du pape Honorius II. Les cardinaux se déchirent et deux clans s'opposent : l'un élit Innocent II, tandis que l'autre choisit un Romain richissime qui prend le nom d'Anaclet II. S'ensuit une version médiévale de Game of Thrones au cœur du Vatican. Pendant huit ans, Anaclet II contrôle réellement Rome, vit au Vatican et nomme les évêques ; pour les Romains, c'est lui le vrai pape.Cependant, Innocent II, bien qu'en exil sur les routes, possède des soutiens politiques massifs, notamment les rois de France et d'Angleterre. Son atout majeur est Bernard de Clairvaux, le plus grand « influenceur » du XIIe siècle, un moine capable de retourner l'opinion d'une foule ou d'un souverain en un tournemain,.À la mort d'Anaclet II au début de l'année 1138, son clan tente de poursuivre la lutte en élisant Victor IV. Mais sous la pression des rois et de Bernard de Clairvaux, ce dernier finit par abdiquer. Ce 29 mai 1138, lors d'un concile à Pise, l'Église se penche sur le dossier et enterre officiellement l'affaire : Anaclet II est définitivement rayé de la liste officielle et effacé de la « photo de famille » pontificale pour devenir, pour l'éternité, un antipape. Cette réconciliation ne sera que temporaire, le Moyen Âge connaissant plus tard d'autres crises où l'on verra jusqu'à trois papes régner en même temps

  32. 615

    28 mai 1937 : La naissance de Volkswagen, de l'ombre à la lumière

    Ce 28 mai 1937, nous nous rendons à Berlin pour assister à la naissance d'une société au nom administratif interminable : la Gesellschaft zur Vorbereitung des Deutschen Volkswagens. Derrière cette appellation, qui signifie « Société pour la préparation de la voiture du peuple allemand », se cache un projet politique porté par Ferdinand Porsche sous l'impulsion de Hitler.À cette époque, le régime nazi fait construire de vastes autoroutes, mais elles restent désespérément vides car la population n'a pas les moyens de s'acheter un véhicule. Pour y remédier, un système ingénieux est mis en place : un carnet d'épargne où les citoyens collent des timbres pour financer leur future automobile. Cependant, l'histoire prend un tournant sombre : l'argent récolté finit par financer la machine de guerre et l'usine est rapidement convertie pour la production militaire. Presque aucun épargnant ne recevra sa voiture, perdant ainsi toutes ses économies dans ce qui s'avère être un vaste « fouttoir » administratif.La véritable revanche de cette voiture, que l'on appellera plus tard la Coccinelle, intervient après la guerre. Elle connaît une transformation radicale, passant d'un outil de propagande à un symbole de positivité. Portée par les films de Disney avec le personnage de Choupette (Herby), elle devient surtout l'icône du mouvement Peace and Love. Trente ans jour pour jour après sa création, en plein Summer of Love, les hippies s'approprient la Volkswagen, la décorant de fleurs et de symboles pacifistes. C'est ainsi que, par une ironie de l'histoire, le projet d'une « sinistre crapule » est devenu le véhicule fétiche d'une génération prônant la paix universelle

  33. 614

    27 mai 1930 : L’inauguration du Chrysler Building, le joyau étincelant de Manhattan

    Ce 27 mai, nous remontons en 1930 pour l'inauguration d'un monument devenu une icône absolue de la pop culture : le Chrysler Building. À cette époque, Manhattan est le théâtre d'une course effrénée vers le ciel, où les New-Yorkais découvrent un paysage urbain qui bascule dans la science-fiction. À l'origine de ce projet fou se trouve Walter Chrysler, un « self-made man » fils d'ouvrier du Kansas qui a fait fortune dans l'industrie automobile après avoir appris la mécanique sur des locomotives. Pour marquer l'histoire de son nom, il lance la construction d'une tour qui doit devenir la plus haute du monde.La compétition est alors féroce avec l'architecte de la banque de Manhattan, située à Wall Street. Pour s'assurer la victoire, l'architecte de Chrysler utilise un stratagème audacieux : il fait assembler secrètement une flèche de 38 mètres à l'intérieur même du bâtiment, à l'abri des regards. Ce n'est qu'au dernier moment qu'elle est hissée, permettant à la tour d'atteindre 319 mètres et de surpasser la Tour Eiffel, devenant ainsi la structure la plus haute jamais construite par l'homme à ce moment-là.Si ce record de hauteur ne durera que onze mois avant d'être battu par l'Empire State Building, le Chrysler Building marque durablement les esprits par son esthétique unique. Le bâtiment est une véritable célébration de l'empire Chrysler, avec son sommet décoré de chrome étincelant et ses célèbres gargouilles inspirées de bouchons de radiateur. À l'intérieur, le luxe est omniprésent : des marbres gigantesques, des boiseries et des figures géométriques en métal ornent un hall magistral desservi par des ascenseurs ultra-rapides. Ce chef-d'œuvre Art Déco influencera durablement le cinéma et les auteurs de comics, devenant le décor incontournable de récits comme ceux de Batman. Avant ce 27 mai 1930, personne n'imaginait qu'un tel immeuble puisse un jour exister.

  34. 613

    26 mai 1926 : La naissance de Miles Davis, la légende qui a réinventé le jazz

    Ce 26 mai, nous célébrons le centenaire de la naissance d’un géant de la culture mondiale. Nous sommes en 1926, à Alton, dans l'Illinois, une petite ville connue pour avoir vu naître l'homme le plus grand de l'histoire, Robert Wadlow. C'est ici qu'apparaît celui qui allait révolutionner la musique : Miles Dewey Davis III, dit Miles Davis. Contrairement à de nombreux musiciens de jazz, il grandit dans une famille aisée avec un père dentiste. Cette enfance privilégiée explique son goût pour le luxe et les vêtements élégants, notamment les coupes italiennes.Élu homme le plus élégant d’Amérique, il est célèbre pour son style, ses voitures de sport et ses éternelles lunettes noires. Au-delà de la mode, il s'impose comme une superstar du jazz, roi du bebop et pionnier du jazz-rock. Sa trompette possède un son unique que l'on reconnaît immédiatement. Sa légende repose aussi sur sa voix éraillée, séquelle d'une colère contre un patron de bar après une opération des cordes vocales.Enfant, Miles était un observateur silencieux qui parlait très peu. Un ancien voisin racontait qu'il semblait déjà entendre une musique que personne d'autre ne percevait encore. Aujourd'hui, cent ans après sa naissance, son influence reste immense et son nom demeure synonyme d'innovation. Il a transformé son art en une quête perpétuelle, devenant l'un des rares jazzmen dont la renommée dépasse les frontières du genre. Il incarne l'image d'un génie visionnaire qui a marqué l'histoire de la musique de son empreinte indélébile.

  35. 612

    25 mai 1846 : L'évasion de Louis Napoléon, l'ouvrier devenu empereur

    Je vais vous raconter une histoire incroyable. On l’apprend peu chez nous en Belgique mais après Napoléon, il y a eu la Restauration, de nouveau des Rois en France dont le fameux Louis Philippe, assez bien contesté par le peuple de gauche dont fait partie un certain Louis Napoléon Bonaparte, qui n’est autre que le neveu de l’empereur, c’est le fils d’un de ses frères.En 1836, il fait un coup d’état pour le renverser mais il s’y prend comme une clenche, ça foire, il se barre vite fait aux Etats-Unis pour se faire oublier, rentre quatre ans plus tard pour remettre ça mais cette fois, il se fait arrêter et est condamné à perpétuité. Il dit même au juge “et c’est combien de temps la perpétuité ?”. Mon vieux, Louis Philippe se dit : les Bonaparte, ils ont le feu au derrière, regarde son oncle avec l'île d’Elbe, il fait garder le neveu dans une prison, une vieille forteresse médiévale, par 400 personnes pour qu’il ne s’évade pas. Six ans plus tard, il est toujours là, bien cool, quand il apprend que son père va mal et demande au roi de se rendre à son chevet. Réponse, niet ! Ah ben on va voir.Comme le château est en ruines, il propose au directeur de le remettre en état, à ses frais, comme de Funès dans Le Tatoué. Donc, Pelot arrive avec ses ouvriers, monte les échafaudages et c’est parti. Et ce 25 mai 1846, Louis Napoléon emprunte le chapeau et la tenue d’un ouvrier avec qui il a sympathisé, se rase la barbe et la moustache que tout le monde connaît, et se met sur la tête une perruque que lui a achetée son valet, en stoemeling.Il descend dans la cour du château, et comme dans un film, met une planche sur son épaule, se mêle aux ouvriers et sort comme si de rien n’était. De là il se barre en Angleterre et deux ans plus tard, nouvelle révolution, Louis Philippe se taille en Angleterre, croisant Louis Napoléon qui se présente aux premières élections au suffrage universel pour devenir le premier président de la République française élu, avant d’être proclamé empereur sous le nom de Napoléon III. Comme quoi, y a des gars qui ont commencé par la case prison avant d’être président, aujourd’hui c’est plutôt le contraire.

  36. 611

    24 mai 1626 : Un Wallon achète l’île de Manhattan

    Aujourd’hui, je crois que je vais étonner la plupart d’entre vous avec un cocorico. Vous allez voir qu’il y a quelques fameux Belges dont vous n’avez jamais entendu parler et pourtant ! Connaissez-vous Pierre Minuit ? Et pourtant le monde entier admire ce qu’il a créé, sans imaginer la tournure que cela allait prendre.Au milieu des années 1500, ses parents ont quitté Tournai dont ils sont originaires. Pourquoi ? Parce qu’ils sont protestants et que la Belgique appartient alors aux Espagnols ultra catholiques. Ils ont peur, donc ils s’exilent au bord du Rhin, et c’est là, en terre protestante, que Pierre voit le jour. Une fois adulte, Pierre Minuit, Pieter Minnewuit, comme disent les Germains, se fait engager par la fameuse Compagnie des Indes, basée à Amsterdam, et est envoyé en Nouvelle Belgique. Vous savez où c’est ?C’est l’actuel État de New York et Nouvelle Amsterdam, sa capitale, l’actuelle ville de Newark. Pourquoi est-il là ? Parce qu'il s’intéresse aux Belges protestants exilés en Amérique. Et arrivé sur place, il se rend compte qu’ils sont dispersés un peu partout, et surtout mal traités par le gouverneur hollandais. Alors il leur dit, en français : je vais arranger votre situation, il faut vous regrouper. Ou en wallon : m’in va arringi tout ça, faut vous met’ enchenne.Et donc, il franchit le fleuve, l’Hudson, jusqu’à la grande île en face, occupée par les Indiens Manhatte, mais où habitent déjà une trentaine de Wallons qui y ont fondé un petit village fermier. Je vous jure que c’est vrai. Pierre Minuit fait la connaissance du chef indien de la tribu Manhatte, il fume le calumet de la paix avec lui et achète l’île pour l’équivalent de 700 euros.Tout va bien se passer dans le plus grand respect avec les Indiens. Nos bons fermiers belges vont transformer leur chemin à travers les bois en route solide, la Bredeweg en flamand, que les Anglais traduiront plus tard par Broadway et qui reste la seule rue en diagonale dans le Manhattan d’aujourd’hui, Manhattan qui a aussi gardé le nom de la tribu indienne. Mais donc, c’est bien un Wallon qui a acheté Manhattan le 24 mai 1626 et en a fait une terre exploitée par des Belges.

  37. 610

    23 mai 1430 : La capture de Jeanne d'Arc à Compiègne

    23 mai 1430, triste jour dans l’Histoire de France mais surtout pour une jeune paysanne de 18 ans qui se nomme, Johanne ou Johannette de Vouthon, car les filles portent alors le nom de leur mère. C’est au tribunal, à Rouen, qu’on lui donne le nom de son père : Jeanne d’Arc.On connaît tous l’histoire de Jeanne d’Arc qui a fini brûlée par les Anglais. Enfin, pas tout-à-fait : ça, ce sont les raccourcis, je dirais, d’une histoire, de la légende de France. Car en fait, si Jeanne d’Arc est connue pour avoir chassé les Anglais de la ville d’Orléans, ce qu’on apprend à l’école, on est en pleine guerre de cent ans, un truc qui peut paraître très compliqué. Mais en fait, c’est simple : depuis 200 ans, Guillaume le Conquérant, ce sont des Français sur le trône d’Angleterre, les Plantagenets. Mais à Paris, avec la mort d’un des Valois sans héritier mâle direct, le trône de France doit revenir au fils de son frère. Mais non, dit le roi d’Angleterre, car la fille du roi de France défunt, c’est ma mère. Et oui, une Valois a marié un Plantagenêt. Et voilà comment la bagarre commence et que les Bourguignons prennent le parti du roi anglais. Jeanne d’Arc, elle, prend le parti des Valois contre les Plantagenêts. Et ce sont des Bourguignons, donc Français, la Bourgogne, c’est Dijon, tout ça, mais aussi Bruxelles, Malines, à l’époque, qui capturent Jeanne d’Arc ce 23 mai 1430, à Compiègne, près de Paris. Et oui, les Bourguignons font le siège de la ville, Jeanne fait une sortie à cheval avec ses hommes pour attaquer le camp par surprise, comme elle en a le secret, mais il semble qu’il ait été éventé. Elle est attendue. C’est le massacre, elle se replie avec son frère dans la ville avec quelques survivants mais elle est poursuivie, sa tête est mise à prix. Elle est devenue célèbre, la jeune fille de 18 ans, et on l’a repérée, on sait qu’elle porte une tunique rouge, ce qui est assez rare.Au cours d’un nouveau combat, vers 20 heures, elle est mise à bas de son cheval par un fantassin et faite prisonnière. Elle va, en effet, être vendue aux Anglais mais jugée à Rouen et brûlée par leurs alliés qui sont bien français mais à l’époque, comme vous l’avez compris, on ne fait pas trop de différence.

  38. 609

    22 mai 1980 : La naissance de Pac-Man, le phénomène qui a révolutionné le jeu vidéo

    Ce 22 mai 1980, nous sommes dans une de ces salles qui font rêver les premiers geeks européens de l’époque : une salle de jeu d’arcade japonaise.Les arcades sont des meubles de jeu tout en hauteur qui apparaissent depuis quelque temps dans nos bistrots et Luna Park, à côté des flippers. Sauf que là, la bille et les ressorts qui ont captivé toute une génération depuis James Dean et Johnny Hallyday, sont remplacés par un écran, une manette et deux boutons. Il faut toujours mettre cinq francs, mais les parties sont plus courtes, du moins au début. Ca devrait frustrer les jeunes mais non, c’est un truc de science-fiction, ce qu’on y voit. On connaît tous le Space Invaders mais là, le petit nouveau, on n’y fait pas trop gaffe, au Japon ; le nouveau jeu qu’on vient de placer ne fonctionne pas.Pourtant, l’idée de son concepteur est géniale car il a compris que ces jeux vidéos guerriers sur lesquels les jeunes mecs passent des heures provoquent des disputes avec leurs copines qui s’ennuient à les regarder. Donc il se dit, je vais créer un jeu qui peut plaire aux filles, un jeu non violent avec un personnage en forme de pizza qui mange des bonbons et des fruits. Et il s'appelle Pacman. Bon, il est menacé le Pac Man, c’est vrai, mais par des petits fantômes, de couleurs vives et qui ont chacun leur caractère et un nom (Ombre, Rapide, Timide et Limité). C’est aussi le premier jeu dans lequel le personnage devient plus fort en avalant une pilule comme Popeye avec les épinards ; et puis c’est fun, puisqu’il peut alors manger les fantômes.Et donc les filles, comme les garçons, en Europe vont raffoler de ce labyrinthe tout mimi et joyeusement stressant. Ca va faire un carton dans le monde, le plus grand de l’histoire du jeu vidéo avec 300.000 arcades vendues et des applications sur tous les supports depuis 46 ans.Les plus anciens se souviennent du son parfois assommant quand on était au bistrot du début des années 80, et que des gens jouaient à Pacman : wok wok wok wok …Et honnêtement, il fallait s’appeler Toru Iwatani pour mettre sur le marché ce 22 mai 1980, un personnage glouton en forme de petit fromage jaune poursuivi par des fantômes dans un labyrinthe. Mais qu’est

  39. 608

    21 mai 1932 : Amelia Earhart, l’exploit solitaire qui a défié les cieux et les préjugés

    Ce matin du 21 mai 1932, je vais vous présenter une femme incroyable qui s’appelle Amelia Earhart. Elle est américaine, elle a 35 ans, elle vient de se marier, mais c’est une pionnière de l’aviation, une des premières Américaines à avoir obtenu son brevet de pilote, 12 ans plus tôt, en 1920, elle avait alors 23 ans.Elle est grande, mince, les cheveux courts, en bataille, pas du tout le genre féminin des années 30, un blouson de cuir couvert d’huile et les mains noircies par la mécanique, elle aime les pantalons, conduit sa voiture comme un pilote, et elle refuse qu’on lui dise ce qu’une femme peut ou ne peut pas faire.Elle a aussi déjà traversé l’Atlantique en avion. Après Lindbergh, évidemment. Mais quand elle lit qu’elle est la première femme à l’avoir fait, à bord, ça l’énerve. Et donc, elle décide de le survoler comme lui, en solitaire. Et si en 1932, les avions sont plus rapides et plus performants que celui de Lindbergh cinq ans plus tôt, ça reste un tout petit coucou, avec un minuscule cockpit qui laisse passer l’air et le froid. Et ça caille ferme en altitude, son avion est couvert de givre. Il n’y a évidemment ni radio efficace, ni radar, encore moins de chauffage et donc quand elle enlève ses gants pour un réglage sur un cadran, ses doigts gèlent jusqu’à la douleur. Alors elle descend un peu, mais les nuages sont tellement bas qu’elle n’y voit rien, donc elle remonte. Et ainsi de suite.Et puis soudain, une odeur d’essence. Une fuite. Elle perd du carburant, et donc risque de disparaître dans l’Atlantique. Alors, arrivée au-dessus de l’Irlande, elle ne tente pas le diable, elle n’ira pas jusqu’à Paris, elle est de toute façon, épuisée. Mais elle l’a fait, Amelia, première femme à avoir traversé l’Atlantique en solitaire, deux fois plus vite que Lindbergh, en 15 heures. Elle va devenir une star et un symbole car c’est une femme libre, intrépide, indépendante, à une époque où la société veut que les femmes soient belles, élégantes et qu’elles se taisent.

  40. 607

    20 mai 1992 : L’incroyable épopée du Danemark, repêché pour gagner l’Euro

    Ce 20 mai 1992, on va de nouveau vivre un scénario de cinéma américain, décidément, c’est la semaine. Nous sommes à Copenhague, à la fédération de football quand le téléphone sonne. Le Danemark est un petit pays de 5 millions d’habitants mais il commence à avoir une bonne équipe de foot. Pourquoi ? A cause de ses joueurs placés dans de grandes équipes européennes, il y en a à Manchester, Barcelone et plusieurs à Anderlecht. Tellement d’ailleurs que la blague qui circule est qu’Anderlecht est devenu un quartier de Copenhague.Mais ils n’ont pas le moral à la fédération danoise car ils ont raté leur participation à l’Euro qui a lieu pas loin, en Suède. Ils ont été éliminé d’un point par la Yougoslavie, ils ont fini deuxième de leur poule qualificative, devant la Belgique d’ailleurs, on est au début de la traversée du désert des Diables.Et là, tout bascule car le mec à l’autre bout du fil, c’est un dirigeant de l’UEFA qui leur dit que la Yougoslavie est disqualifiée à cause de la guerre fratricide qui s’y passe. Incroyable pour les Danois !Je ne vous raconte pas les coups de fil, y a pas vraiment de réseau GSM fonctionnel en 1992, pour retrouver les joueurs déjà partis en vacances ; leur plus grand offensif, celui qui joue à Barcelone, refuse sa sélection car il est en conflit avec l’entraîneur national mais quel bonheur ! Car quel que soit le résultat, c’est tout bénéfice, inespéré.Et de fait, si au cours du premier tour le Danemark finit deuxième derrière la Suède et va en demi-finale, il a quand même battu la France. Alors ? Face aux Pays-Bas ? Mon vieux, les supporters belges ont connu ça en 86, match nul au terme 120 minutes et ils gagnent aux tirs au but. Les voilà en finale, et là, c’est sans espoir, c’est l’Allemagne !Et là, contre toute attente, ils gagnent 2-0, c’est l’explosion au pays des Vikings. Quand je vous dis que c’est un scénario hollywoodien et pourtant c’est vrai.

  41. 606

    19 mai 1962 : Marilyn Monroe et le mythique « Happy Birthday » pour JFK

    Ce 19 mai 1962, je vais faire appel à des images qu’on connaît tous. Nous sommes à Madison Square Garden, la grande salle de spectacle new yorkaise pour un show télévisé très spécial puisqu’il s’agit d’un gala en l’honneur du président John Fitzgerald Kennedy pour son 45ème anniversaire.Ah, ils ont un président qui ressemble à une star de ciné : jeune, bronzé, souriant, séduisant, c’est du jamais vu, surtout à la tête d’un tel pays. Et donc, du beau monde sur scène : Peggy Lee, la Callas, Harry Belafonte, le comédien Henry Fonda, il faut dire que Frank Sinatra est à la manœuvre.Mais tout le monde attend quelqu’un qui, théoriquement, ne devrait pas être là, une comédienne qui est actuellement en tournage à Hollywood et à qui le réalisateur a interdit de s’absenter. Mais elle est là, en coulisses, elle a pris l’avion sans prévenir personne. Et si aujourd’hui, des documentaires de pacotille disent qu’elle est au fond du trou, en guerre avec les studios et avec les médicaments, pour le monde entier, Marilyn Monroe, c’est une superstar, en 1962, LE sex symbol. Et à qui on prête une liaison avec le président Kennedy : c’est dans France Dimanche ! Alors imaginez à la fois l’émotion dans la salle, mais aussi la tension, quand elle arrive sur scène avec sa robe, couleur peau, tellement serrée qu’il paraît que le couturier a dû coudre la finition sur elle. Avec sa démarche chaloupée et un regard posé sur JFK comme sur un étalage de pâtissier, le dimanche. Sa robe est couleur peau, je vous l’ai dit, mais la télé est en noir et blanc avec une image pas nette, vous allez me dire. Mais voilà, elle est recouverte de cristaux, ce qui donne à Marilyn une allure de ciel étoilé, c’est hallucinant.Et quand elle se met à chanter Happy Birthday, on ne s’étonne pas que 64 ans plus tard, vous connaissez tous le truc, vous entendez sa voix, déjà en ce moment, dans votre tête, son phrasé suave et torride. Ce n’est pas un moment de télé, ni même de cinéma, quand on sait le destin qui attend ces deux personnages dans un avenir très proche. Mais on va en rester en cette soirée du 19 mai 1962, car le monde n’a jamais été aussi glamour !

  42. 605

    18 mai 1980 : L’explosion du Mont St Helens, un film catastrophe bien réel

    Ce 18 mai, nous sommes en 1980, et c’est un de ces jours où la réalité dépasse la fiction, y compris celle toujours très exagérée des films américains.Et justement, nous sommes sur la côté du Pacifique, mais à la frontière canadienne, pas loin de Seattle, dix ans avant le grunge de Nirvana et Pearl Jam, l’endroit est donc encore très tranquille avec ses immenses forêts, et ses montagnes au sommet enneigé toute l’année. Mais il y a une chose qui inquiète les autorités, le Mont St Helen, immense montagne de 3000 mètres, qui est en fait un volcan qui pionce depuis 130 ans. On a demandé aux gens y habitent la région de s’en éloigner car on constate de plus en plus de secousses : donc, les bûcherons, les pêcheurs de saumon, mais aussi les amoureux de la nature, retraités qui vient en pleine forêt, barrez-vous si vous ne voulez pas finir comme à Pompéi !Mais voilà, y en a qui refusent, comme un certain Harry Truman, 83 ans, ancien contrebandier de la prohibition. Ces derniers jours, il a eu droit au défilé des journalistes à qui il a montré son paradis, son lodge au bord d’un lac : le volcan est mon ami depuis longtemps, il ne me fera rien, les volcanologues n’y connaissent que dalle. Il nous rappelle quelqu’un, hein ? Il faut dire à sa décharge, que chez nous, notre vulcanologue Haroun Tazieff, personnage respecté et très médiatique, dit ne pas être inquiet non plus.Mais la Nature leur donne tort ce 18 mai 1980, car à 8h32 ce matin, l’Amérique vit sa pire catastrophe naturelle puisque la montagne explose. Comme le Vésuve, plus d’un milliard de m3 de roche et de cendres file dans les airs et retombe, dévale dans toute la région. Pour vous donner une idée, la montagne perd en quelques minutes 400 mètres de sa hauteur. Plus de Harry Truman qu’on ne retrouvera jamais, des millions d’arbres sont couchés comme des épis de blé, tous dans le même sens, et à 400 km de là, les automobilistes sont obligés d’allumer leurs phares en plein temps de midi. Et ce soir du 18 mai 1980, les journaux télé diffusent un film catastrophe saisissant qui n’a pas été produit à Hollywood, peut-être la raison pour laquelle ils ne font plus recette en salles.

  43. 604

    17 mai 1973 : « Mazamet ville morte », le choc qui a sauvé des milliers de vies

    Ce 17 mai, c’est un souvenir qui m’a vraiment marqué quand j’étais gamin, j’avais dix ans et demi quand on a montré à la télé un truc horrible, traumatisant. C’est un film de la sécurité routière, je crois qu’il n’y en a eu qu’un comme ça dans l’histoire de la télé, je vous explique.On critique aujourd’hui beaucoup les limitations de vitesse et les contrôles d'alcoolémie mais écoutez-moi bien, l’an dernier en France, il y a eu 3260 morts, pour près de 69 millions d’habitants et 50 millions de véhicules. Début 1973, on publie les mêmes chiffres mais il n’y a alors que 52 millions d’habitants et seulement 14 millions de véhicules. A votre avis, combien de morts sur les routes ?16.610. Vous vous rendez compte ? Plus de 13.000 de plus pour 4 fois moins de véhicules. C’est pas possible, il faut faire quelque chose. Et c’est là qu’un réalisateur a une idée. Il connaît une petite ville de France qui a le même nombre d’habitants, Mazamet : c’est comme si ses 16.610 habitants avaient été rayé de la carte en un an.Et donc, il fait le film le plus incroyable jamais vu à la télé. Il demande à tous les habitants de se coucher dans les rues de la ville pour les filmer au sol et d’hélicoptère. Vous imaginez le truc, tout doit se faire en même temps. Les gars ils sont là avec des gueulophones : Maintenant ! Et vlan, les gens se couchent. Certains spontanément accentuent la mise en scène en laissant leur coffre ouvert, sont à moitié sur la route et dans la voiture ou sur la route et le trottoir pour accentuer le côté dramatique.Je vous jure que ce bout de film était choc, saisissant.Et il n’y a pas que nous, le public, qui allons être impressionnés : les députés, les fonctionnaires, les ministres, tout le monde, au point que ce film tourné le 17 mai 1973 va être à l’origine de la limitation de vitesse généralisée, du fameux 0,8g d’alcool dans le sang, du port obligatoire de la ceinture en voiture et du casque à moto.

  44. 603

    16 mai 1975 : Junko Tabei, la première femme sur le toit du monde

    Quelle aventure incroyable, mes amis, ce 16 mai 1975 nous sommes sur le toit du monde, à plus de 8840 mètres d’altitude. Avec la première femme à atteindre ce sommet, elle est japonaise, un petit bout de femme incroyable nommé Junko Tabei qui franchement, mérite mille fois de s’y retrouver. Car comme disent tous les alpinistes à ce moment, l’Everest, ce n’est pas pour les femmes. Et même pire que ça, les hommes du club d’alpinisme où elle est inscrite au Japon disent qu’elle n’est là que pour rencontrer des hommes. Imaginez le truc. Junko, c’est une passionnée de montagne depuis une excursion qu’elle a effectuée avec la classe quand elle était gosse. Et le Japon, en 1949, c’est pas celui d’aujourd’hui. C’est un pays qui est sorti démoli de la guerre et dans sa famille de 7 sept enfants, on ne pense d’abord à se nourrir, alors l’alpinisme …Et donc Junko jongle entre trois boulots différents et son hobby. Mais quand on lui dit un truc pareil, au lieu de courber l’échine, elle fait un truc improbable : elle crée un club d’alpinisme féminin. Là au moins, on ne pourra plus nous dire qu’on est là pour rencontrer des hommes. Et ben mes amis, après une première expédition avec son club, Junko se dit : on va leur montrer et on va se faire l’Everest. Bon, ça coûte un pont, une telle expédition. Faut des sponsors qu’elle ne trouve pas. Il lui faut des années pour en trouver deux dont la télé nippone, et pour boucler le budget, ben, tout le monde y va de sa poche avec un matériel plus que limité. Et donc en ce mois de mai 1975, les voilà en train d’escalader l’Everest : 15 femmes et leurs neuf sherpas. Mais voilà, le 4 mai une avalanche tombe sur le camp, personne n’est porté disparu mais du matériel oui, dont les fameuses bouteilles d’oxygène. Il n’en reste que pour une personne, et c’est Junko qui va grimper seule avec un seul sherpa et arriver au sommet ce 16 mai 1975. Imaginez ce que représente pour elle la vue sur l’Himalaya autour d’elle. Et ben vous savez quoi ? Elle va avec son club, ensuite grimper le sommet des six autres continents, elle nous a quittés en 2016, son nom Junko devrait être dans les livres d’Histoire.

  45. 602

    15 mai 1768 : L'achat de la Corse par la France

    Je suis content de pouvoir expliquer un truc dont on a beaucoup parlé aux JT français mais sans jamais vraiment nous expliquer pourquoi tout ce bordel, en Corse. Et bien figurez-vous que tout a commencé ce 15 mai 1768, quand le roi de France Louis XVI a acheté la Corse aux Italiens.L’Italie n’est pas encore l’Italie, elle est divisée en plusieurs royaumes et républiques et depuis 400 ans, c’est la République de Gènes qui “possède” la Corse qui est toute proche des côtes italiennes, de Pise à Rome, à la grosse louche. Et donc, une quarantaine d’années plus tôt, des gars ont voulu prendre leur indépendance et ils l’ont prise, il y a parmi eux le grand-père Bonaparte. Ils ont même proclamé une république, avec le droit de vote pour les femmes, tout en continuant à se battre contre Gênes qui n’a franchement plus les sous pour un territoire qui lui rapporte peau de balle. Et quand les Anglais s’en mêlent, les Français disent, ah non, hein ils vont finir par nous encercler ces cochons-là. Et oui, la Corse ne rapporte rien mais c’est une place stratégique en mer Méditerranée pour contrôler le trafic. Louis XVI dit donc aux Génois, si vous voulez, je fais le boulot, mais vous me remboursez. Il envoie des hommes qui prennent les villes côtières et les ports sans venir à bout des indépendantistes repliés dans le maquis.Alors il dit aux Génois : voilà, vous me devez 30 millions de livres. Ah merde, on les a pas.C’est embêtant. Écoutez, on va faire un contrat, vous me cédez les territoires que j’occupe pour vous en attendant de me payer.Il sait que les autres ne pourront pas. Et l’année suivante, il termine le boulot lors d’une grande bataille. Voilà donc la Corse française avec des indépendantistes battus et qui vont en baver encore plus avec les révolutionnaires que rejoint le petit-fils Bonaparte, Napoléon de son prénom. Ce qui explique qu’il s’exprime mal en français, il faut dire qu’il est né en 1769, un an après que la Corse ait été vendue par les Génois. Mais, vous le savez, depuis ce 15 mai 1768, certains n’ont jamais renoncé.

  46. 601

    14 mai 1864 : Une pluie de feu s'abat sur Montauban

    Connaissez-vous Montauban ? Comme on dit dans les Tontons Flingueurs, on ne devrait jamais quitter Montauban. Mais bon, on est un siècle plus tôt que la bande à Lino Ventura, un 14 mai 1864, dans la campagne de Montauban, près de Toulouse, quand un groupe d’ouvriers rentrant du boulot, à pied, entend un bruit phénoménal venir du ciel.Je rappelle que nous sommes en 1864. A part de la fiente d’oiseau ou de l’eau, il ne tombe jamais rien du ciel. Et certainement pas un truc qui fait du chahut  et qui est en flammes. Car oui, c’est une boule de feu qui arrive sur eux à toute vitesse et se fracasse sur le bord de la route. Mon vieux, les gars prennent leurs jambes à leur cou et se tirent vite fait, loin de cette masse incandescente qui a explosé et dont des morceaux rebondissent dans le champ.Mais plus rien ne se passe, donc ils ralentissent, s’arrêtent. Se regardent. Qu’est-ce qu’on fait ? Wells ne va écrire La guerre des mondes que dans 34 ans, hein ? Alors, ils font demi-tour et s’approchent du truc qui s’avère être des grosses pierres, puant le soufre. Je ne dois pas vous faire un dessin, il n’y a pas de volcan en activité à Montauban, ça se saurait. Qu’est-ce que c’est que ce truc ? Une comète ?Oui, c’est bien une comète qui s’est écrasée sur Terre, ce 14 mai 1864, et qu’on a observée traversant le ciel à toute allure, depuis le nord de la France jusqu’au nord de l’Espagne, tellement elle a illuminé le ciel.Et ils ont eu de la chance ces ouvriers qu’elle soit tombée à quelques mètres d’eux et pas sur eux car on a retrouvé une dizaine de ces météorites dont les deux plus gros fragments pèsent respectivement dix et quatorze kilos. Imaginez que ça vous tombe dessus à vingt kilomètres par secondes, enflammés par l’atmosphère, vous auriez la tête bien rentrée entre les épaules après ça.

  47. 600

    13 mai 1968 : Le jour où ouvriers et étudiants ont fait trembler la France

    Ce lundi 13 mai 1968, nous sommes en mai … 68. Et donc chez Renault, dans l’immense usine de Boulogne-Billancourt, en banlieue parisienne, il y a des ouvriers, y en a bien plus de 30.000 à l’époque, hein, faut le savoir, et ces ouvriers, ils discutent de ce qu’ils voient depuis une semaine le soir au journal télévisé. Et ce qu’ils voient, ben c’est des étudiants qui parlent, revendiquent, qui gueulent aussi, et qui se battent avec les CRS. Ah ça castagne ferme, hein, c’est du jamais vu, à coups de pavés de couvercles de poubelle en métal. Y a des bagnoles brûlées, des rues dépavées dans le Quartier latin, c’est l’insurrection, certains se croient en 1830, voire en 1789.Et justement, les syndicats ont appelé ce lundi à descendre dans la rue. En solidarité avec les étudiants. Alors ? On y va ? Toi, t’y vas ? C’est vrai que ce serait du jamais vu. Car les étudiants des universités et les ouvriers syndiqués CGT ou CFDT, c’est deux mondes très différents à l’époque. Le jeune Daniel Cohn-Bendit, ils ne comprennent pas bien ce qu’il raconte à la télé et ceux qui comprennent se disent que ces petits bourgeois ont des soucis que, eux, n’ont pas. Qu’ils viennent voir notre vie à l’usine, ces gamins !Mais bon, le syndicat a dit : on y va ! Alors ils défilent, mais séparément. Ils ne sont pas tombés d’accord, les étudiants se méfient de la CGT et du Parti Communiste, ils ne veulent pas être récupérés par Moscou.Mais voilà qu’à un certain moment, les deux cortèges se croisent. Alors ils se regardent. Les students en veston sombre, certains avec des longs cheveux et de l’autre côté du bleu de travail, des tabliers. Les étudiants n’ont pas dormi parce qu’ils occupent des lieux, se sont frités avec les CRS, les ouvriers parce qu’ils se lèvent toujours très tôt. Et là, finalement, les cortèges se mélangent. Des mecs montent sur des arbres et regardent en avant et en arrière, on entend dire qu’ils sont des centaines de milliers puis un chiffre tombe : un million !Finalement ce 13 mai 1968 est peut-être, plus que la violence, l’image qu’on devrait retenir de Mai 68.

  48. 599

    12 mai 1937 : George VI et le premier couronnement médiatique de l'histoire

    Vous avez vu dans la série The Crown, le couronnement d’Elisabeth II en 1953, avec son mari, le prince Philippe, qui en fait un spectacle télévisé. On dit d’ailleurs que c’est de là que démarre le côté star médiatique des Windsor. Et bien, ce n’est pas tout-à-fait vrai.Parce que le premier couronnement médiatique, c’est celui de son père, George VI, le 12 mai 1937. Pourquoi ? Et bien parce qu’il est retransmis à la radio, la BBC, avec des commentateurs. C’est la première fois que le public, dans tout le pays, et dans le monde, va communier en direct. Parce qu'avant, ce genre de reportage se lisait dans le journal le lendemain, au plus tôt. Là, en 1937, tout le monde vit l’événement au même moment, à la radio : seul, en famille, chez des voisins, ou au pub.Et on le fait avec d’autant plus d’émotion qu’entre le moment où Edouard VIII a été nommé roi, à la mort de son père début de l’année précédente, et son couronnement, et ben il a démissionné, abdiqué, on dit. C’est donc son jeune frère George VI qui monte sur le trône. Alors on veut savoir ! Et puis surtout, on veut savoir comment ça se passe à l’intérieur de Westminster. Entendre sa voix aussi. Et elle est singulière, émue, mal assurée. Et oui, vous l’avez peut-être vu dans le film, Le discours d’un roi, avec Colin Firth. L’émotion le fait bégayer, George VI. Il ne s’attendait pas à devenir roi de la plus grande puissance mondiale, il vivait peinard avec sa femme et ses enfants, dans le magnifique château de Glamis, près de Dundee, en Ecosse.Mais voilà, il est là, devant des milliers de Britanniques dans les rues, des centaines d’invités prestigieux dans l’abbaye dont sa fille, future Elizabeth II, et des centaines de millions à la radio. Il y en a même dix mille qui le voient à la télé. Car oui, en 1937, la BBC a ses deux heures d’émissions quotidiennes. Ça fait un an, déjà. Oh il n’y a que mille téléviseurs en Grande-Bretagne, ça coûte un pont, mais ça marche et les gens y croient. Alors imaginez l’émotion de tous ces millions de gens qui ne verront jamais Londres mais qui y sont en direct, ce 12 mai 1937, et qui sont conscient de vivre un moment historique !

  49. 598

    11 mai 330 : L'inauguration de Constantinople, la nouvelle capitale de l'Empire

    Ce matin, je voudrais vous faire rêver comme cela m’arrive à moi, souvent. Je vous emmène voir la plus grande merveille qu’il y ait eu sur terre mais dont on n’a aucune image, on la surnommait la reine des villes. Et ce qui est fou, c’est que quand le soleil se lève ce 11 mai 330, elle est toute neuve, cette ville. Nous sommes sur le Bosphore, dans une cité qui va être inaugurée en grande pompe. C’était avant une petite ville fondée par un Grec nommé Byzas, il y a mille ans, c’est pourquoi on la nommait Byzance. Elle était déjà belle, on dit encore en français, c’est pas Byzance, l’expression est connue, mais là, c’est devenu autre chose en un rien de temps. Et sur les gradins en pierre et en marbre de l’hippodrome, 450 mètres de long sur vingt mètres de haut, des dizaines de milliers de spectateurs se tiennent face-à-face.Imaginez Ben-Hur mais en vrai ! Le tumulte de ce public à qui on donne du pain et du vin gratuitement explose quand dans la grande loge apparaît l’empereur Constantin. C’est un grand jour car Byzance change de visage et de nom, elle va devient ce 11 mai, la nouvelle capitale de l’empire romain.Et oui, il est malin Constantin. Comme il en a marre de toutes ces grandes familles romaines qui ne provoquent que des disputes et des problèmes, il est parti fonder une nouvelle capitale. Où ? Loin des barbares germains, dans l’endroit le plus stratégique, le détroit du Bosphore. Pourquoi ? Parce que c’est là qu’est l’argent, où tout arrive de l’orient pour être vendu dans l’occident. Il a fait venir des statues de partout, construit des palais, un forum et surtout des églises car c’est le premier empereur chrétien. Enfin, avec une capitale bordée par la mer de trois côtés, bonne chance à ses ennemis pour l’attaquer. On sait aujourd’hui qu’il avait raison. Dans moins de 200 ans, Rome va tomber mais Constantinople et l’empire romain vont lui survivre encore 1000 ans. Je ne sais pas la tête qu’on ferait si on pouvait la visiter aujourd’hui tellement c’était extraordinaire. La preuve, le profil du dôme de la cathédrale Sainte Sophie, reste la vue classique d’Istanbul comme elle s’appelle aujourd’hui.

  50. 597

    8 mai 1886 : L’invention du Coca-Cola par le pharmacien John Pemberton

    Le 8 mai 1886, nous sommes dans une pharmacie d’Atlanta où un pan de notre civilisation de la bouffe et de la boisson va se jouer. Car une pharmacie à la fin du XIX° siècle, ça n’a rien à voir avec celles d’aujourd’hui. La médecine a fait bien sûr de belles découvertes ces dernières années mais pour la majorité des toubibs, on n’est pas loin des pièces de Molière. Y a des mecs qui prescrivent de fumer des cigarettes pour se soigner d’une infection respiratoire, ça ouvre les poumons !En 1886, derrière son comptoir, le pharmacien fabrique la majorité de ce qu’il vend comme médicaments. Il est un peu chimiste et aussi un peu optimiste sur les effets de ses trucs. Mais on vient le voir pour tout : un mal de tête, un coup de mou, les cheveux qui tombent et il a toujours un élixir, une préparation secrète.Et justement, ce 8 mai, le pharmacien John Stith Pemberton a mis au point un nouveau mélange. Un sirop brun, qu’il allonge avec de l’eau gazeuse et qu’il sert au verre, au comptoir. C’est un tonique pour les nerfs, dit-il, pour la fatigue, ah ben oui, la vie moderne commence à être trépidante.Les gens goûtent. Ça doit être bon pour la santé, puisqu’il le dit. Mon vieux, ils reviennent dans la journée, pas parce qu’ils se sentent mieux mais parce que c’est bon. Il faut dire que la recette contient de la feuille de coca et de la noix de kola. Rien d’illégal à l’époque, du sucre, évidemment, beaucoup de sucre, et même de l’alcool au début, c’est pour se sentir un peu plus en forme que d’habitude.Sans vraiment le savoir, John Stith Pemberton vient d’inventer la boisson qu’on connaît tous, celle qui dépense le plus d’argent en visibilité aujourd’hui. Il l’a appelé French Wine Coca au début puis Coca Cola puisqu’il y a du coca et de la noix de kola.Et vous vous dites : il a fait fortune. Eh bien non.Malade et endetté, il va vendre son invention et disparaître deux ans plus tard sans imaginer une seconde qu’elle va connaître une carrière exceptionnelle et pas en pharmacie.

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Revivez les moments marquants de l’histoire avec Brice Depasse ! Chaque épisode de ce podcast vous transporte dans une date précise où un événement a laissé une empreinte indélébile dans nos souvenirs. Brice Depasse, avec son talent de conteur, vous fait revivre ces journées mémorables à travers des anecdotes captivantes et des actualités qui ont marqué les esprits. Que ce soit le jour où Martin Luther King a prononcé le célèbre "I Have a Dream", la sortie du film "Les dents de la mer" ou le premier vol dans escale entre New-York et Paris, ce podcast vous propose un voyage dans le temps au cœur des événements qui ont façonné notre monde et notre Belgique. Plongez dans l’atmosphère de ces époques et redécouvrez les actualités qui ont fait la une des journaux, tout en partageant des anecdotes peu connues qui donnent un nouvel éclairage sur ces instants décisifs. Brice Depasse vous invite à vous souvenir des événements qui ont rythmé votre vie, à travers le prisme

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