PODCAST · music
Ca s'est passé aujourd'hui !
by Nostalgie Belgique
Revivez les moments marquants de l’histoire avec Brice Depasse ! Chaque épisode de ce podcast vous transporte dans une date précise où un événement a laissé une empreinte indélébile dans nos souvenirs. Brice Depasse, avec son talent de conteur, vous fait revivre ces journées mémorables à travers des anecdotes captivantes et des actualités qui ont marqué les esprits. Que ce soit le jour où Martin Luther King a prononcé le célèbre "I Have a Dream", la sortie du film "Les dents de la mer" ou le premier vol dans escale entre New-York et Paris, ce podcast vous propose un voyage dans le temps au cœur des événements qui ont façonné notre monde et notre Belgique. Plongez dans l’atmosphère de ces époques et redécouvrez les actualités qui ont fait la une des journaux, tout en partageant des anecdotes peu connues qui donnent un nouvel éclairage sur ces instants décisifs. Brice Depasse vous invite à vous souvenir des événements qui ont rythmé votre vie, à travers le prisme
-
646
17 juin 1845 : quand Léopold Ier échappa à une tentative d'assassinat dans les rues de Bruxelles
Le 17 juin 1845, à 8h15 du matin, Léopold Ier, premier roi des Belges, échappe à une tentative d'assassinat dans les rues de Bruxelles. Un ancien fonctionnaire, Jean-Baptiste Leclerc, tire sur son carrosse et le rate de peu. Imperturbable, le roi passe la tête par la portière, observe la scène… et continue son chemin comme si de rien n'était. Brice Depasse replonge dans cet épisode méconnu de l'histoire belge pour nous rappeler qui était vraiment Léopold Ier : colonel du tsar de Russie, proche de Napoléon, devenu britannique par mariage, oncle de la reine Victoria et seule personne dont cette dernière avait peur. Un homme de caractère, qui calma lui-même des émeutiers à Bruxelles à cheval, et qui alla jusqu'à gracier son propre agresseur condamné à mort. Un récit d'histoire belge à la fois surprenant et fascinant, chaque matin sur Nostalgie avec Ça s'est passé aujourd'hui !
-
645
16 juin 1903 : Henry Ford signe la création de la Ford Motor Company à Detroit
Ce 16 juin 1903, Henry Ford signe avec dix investisseurs la création de la Ford Motor Company à Detroit. Dans une ville industrielle où les rues sont encore occupées par des chevaux et des chariots, personne ne prête vraiment attention à cet événement. Et pourtant, tout commence là. Ford a déjà connu deux échecs : une première société en faillite, et une seconde dont il est parti en claquant la porte — elle deviendra Cadillac. Mais sa réputation d'ingénieur brillant, forgée chez Edison et sur les circuits de course automobile, convainc ses associés de lui faire confiance. Quelques semaines plus tard, les premières voitures sortent de l'atelier. Le premier client achète sa Ford Model A pour 850 dollars, sans imaginer tenir entre ses mains une pièce d'histoire. Dix ans après, Ford révolutionne la production industrielle en inventant la chaîne de montage : un châssis assemblé en 90 minutes au lieu de 12 heures, des prix accessibles au plus grand nombre et des millions de véhicules vendus dans le monde entier. Brice Depasse vous raconte chaque jour une date qui a marqué l'histoire, dans Ça s'est passé aujourd'hui !, le podcast quotidien de Nostalgie.
-
644
15 juin 1986 : Le miracle des Diables face à l'URSS
Le récit nous fait revivre les coulisses de cette épopée :Un blocus mémorable : Cette nuit-là, Brice Depasse ne fêtait pas la victoire. Étudiant en droit à Louvain-la-Neuve, il passait sa nuit à travailler un cours de droit judiciaire « cauchemardesque » pour son examen du lendemain. En allant à la salle de bain au petit matin, il a découvert son père endormi devant la télé et a d'abord cru, à tort, que les Diables avaient perdu.Les Diables au pied du mur : En 1986, personne ne misait sur la Belgique face à la puissance de l'URSS, une nation de 280 millions d'habitants contre 10 millions pour la Belgique. Qualifiés de justesse via les barrages contre la Hollande et repêchés comme « meilleurs troisièmes » après un premier tour décevant, les Diables semblaient n'avoir aucune chance en 8e de finale.Un match d'anthologie : Menés 1-0 à la mi-temps suite à un but de l'attaquant soviétique Belanov, les Diables ont renversé la situation grâce à Enzo Scifo qui ramène le score à 1-1. Après un nouveau but de Belanov (2-1), c'est Jan Ceulemans qui arrache l'égalisation (2-2) à treize minutes de la fin, poussant le match en prolongations.Le délire des prolongations : Dans une ambiance électrique, les Belges prennent l'avantage grâce à Demol puis Claesen, portant le score à 4-2. Malgré un penalty transformé par Belanov (4-3), les Diables tiennent bon jusqu'au coup de sifflet libérateur.Des commentateurs « brésiliens » : Brice rappelle que les commentateurs Roger Laboureur et Franck Baudoncq n'avaient plus de voix à la fin du match. Leurs cris de joie ont résonné dans tout le pays alors que les rues se remplissaient de klaxons sur les airs de « We Are the Champions » et du célèbre « Olé, Olé, Olé ».Pendant que la Belgique entière célébrait cet exploit historique, Brice Depasse, lui, n'avait rien entendu, trop absorbé par ses codes de droit. Une anecdote qui confirme que, sur Nostalgie, les souvenirs les plus personnels se mêlent toujours à la grande Histoire pour nous faire sourire dès le réveil.
-
643
14 juin 1860 : Nice devient française sous Napoléon III
Vous connaissez la Côte d’Azur ? On l’appelle aussi la Riviera. Ce sont les Anglais qui sont les premiers à avoir pratiqué le Tourisme au XIX° siècle qui l’appellent French Riviera. Pourquoi ? Parce qu’à l’époque elle est italienne. Et c’est ce 14 juin 1860 qu’elle devient française.Je vous explique. En 1860, l’Italie n’existe pas encore, elle est toujours divisée en petits états, comtés, etc dont le Comté de Nice, enfin « Nizzia », qui dépend du Royaume sarde. A ce moment, il y a un mouvement politique pour l’unification de l’Italie mais voilà, le grand empire autrichien s’y oppose. Napoléon III, l’homme qui est en train de faire de la France un pays moderne, puissant, leur dit OK. Je vous apporte mon soutien mais en échange, vous me donnez le comté de Nizzia. D’accord, disent les autres, mais il faut passer par une consultation populaire et c’est pas gagné.Parce que je peux vous dire que Nizzia en 1860, c’est une ville italienne de chez italienne, et le plus embêtant c’est que son député se nomme Giuseppe Garibaldi, l’homme qui va unifier l’Italie. Vous imaginez, le mec y gueule, il a pas envie de devenir Français, cet activiste de la cause italienne. Il s’engage dans la bataille mais en faisant une grosse bêtise : il dit aux Italiens : n’allez pas voter. L’abstention est énorme mais conséquence, le oui l’emporte à plus 80%. Et donc ce 14 juin, Nizzia devient française ainsi que toute la région. Mes enfants, c’est le bordel, une fronde qui va durer des années, Napoléon III doit envoyer l’armée. Il interdit les journaux en italien, francise tous les noms de ville sauf la principauté de Monaco : Mentone devient Menton, Nizzia, Nice, Grasso, Grasse, etc. Garibaldi démissionne de son mandat de député et s’en va. Il est suivi par la moitié de la population de Nice, vous imaginez le truc ? Et pas que les petites gens, hein ? Les nobles, juristes, tout le monde se barre, c’est ce qu’on a appelé l’exode niçois. Voilà qui explique le nom des Grimaldi à Monaco mais aussi que notre Dick Rivers, le Niçois, était un Forneri. Seul lui pouvait chanter Nice baie des anges.
-
642
13 juin 1920 : "No babies, please !", la fin des enfants envoyés par la poste
Ce 13 juin 1920, la phrase qui va être prononcée, est restée dans l’histoire des Etats-Unis : No babies, please ! C’est un gars de l’US Postal qui dit ça à destination de la presse et du public. Pourquoi ?Et bien imaginez cette scène : un bébé de 10 mois, affublé d’un timbre de 15 cents sur la couche, livré par le facteur à sa grand-mère. Non, ce n’est pas une blague.Entre 1913 et 1920, aux États-Unis, des parents ont réellement envoyé leurs enfants par la poste. Pourquoi ? Parce que c’était moins cher qu’un billet de train. Le service des colis postaux, a en effet lancé en 1913 un service qui permet d’expédier des paquets jusqu’à 50 livres (environ 22,7 kg). Et donc, des malins ont vu là une occasion de voyager pas cher : si le bébé est léger, pourquoi ne pas l’envoyer par la poste ?Le cas le plus célèbre est celui de May Pierstorff, une fillette de 5 ans, 48 livres 500, qui est envoyée par train sur 117 km dans l'État de l’Idaho, avec des timbres collés sur le manteau pour 32 cents, pour aller voir sa grand-mère. Elle est heureusement accompagnée d’un cousin qui est employé des postes et lui, voyage gratuitement.Mais cette pratique, vous le devinez, ne fait pas l’unanimité, surtout à la poste. Et donc, on essaie de l’interdire mais sans grand succès. Les envois continuent, parfois sur de longues distances : en 1915, une petite fille de 3 ans a été envoyée à 64 km de chez elle, dans le Kentucky. Finalement, le 13 juin 1920, John C. Koons, premier assistant du Postmaster General, met fin à cette pratique. Il déclare que les enfants ne peuvent pas être considérés comme des « animaux vivants inoffensifs » et ne doivent donc pas être expédiés par colis postal, donc à partir de dorénavant : No babies, please ! Plus de bébés dans les sacs postaux. Une page insolite de l’histoire postale américaine s’est tournée mais malheureusement, ce n’est pas la dernière.
-
641
12 juin 1979 : le défi fou de Bryan Allen, l'homme-oiseau de la Manche
Le récit met en lumière les détails de cette traversée épique :Une machine de légende : L'appareil, piloté par l'Américain Bryan Allen (26 ans), ressemblait à une libellule géante tout droit sortie d'un dessin animé. Malgré des ailes de 29 mètres (plus longues que celles d'un Boeing 737), l'avion ne pesait que 32 kg.Un vol au ras de l'eau : Pour réussir ce pari motivé par un prix de 100 000 livres sterling, le pilote a dû pédaler sans relâche à seulement deux mètres au-dessus du niveau de la mer. Parti à 5h51 du matin par une météo calme, il avançait à une vitesse de 15 km/h escorté par deux canaux à moteur.Les obstacles du parcours : La traversée a été marquée par plusieurs incidents critiques : une panne de radio et, surtout, un vent contraire imprévu qui a rendu l'effort de pédalage exténuant. Après deux heures de vol, le temps maximum qu'il pensait pouvoir tenir, Bryan Allen a commencé à souffrir de crampes violentes.La victoire de la persévérance : Alors qu'il s'apprêtait à abandonner et à se faire remorquer, une accalmie soudaine du vent à une altitude légèrement plus élevée lui a redonné espoir. Après 2 heures et 50 minutes d'effort intense, il a finalement aperçu et atteint le Cap Gris-Nez, en France.Bryan Allen a parcouru plus de 35 kilomètres sans autre carburant que sa propre force physique. Brice conclut avec humour que cet exploit a sans doute été alimenté par un solide « English Breakfast », rappelant que la Nosta Family aime célébrer ces moments où l'impossible devient réalité.
-
640
11 juin 1986 : Ferris Bueller révolutionne le film d'ados
Ah, c’est encore un de ces jours où on est allé au cinéma pour voir un film qui a marqué son histoire car ce 11 juin 1986, c’est la première des folles journées que Ferris Bueller avec les Américains. Si vous avez vu ce film qui sortait il y a 40 ans pile poil, vous n’avez pas pu l’oublier. Non seulement parce que c’est un de ces films déjantés avec des adolescents comme il y en a eu beaucoup dans les années 80 comme Risky Business avec Tom Cruise, mais surtout parce que Matthew Broderick fait un truc qu’on a jamais fait au cinéma : se retourner vers la caméra pour nous parler, nous les spectateurs.Et il pousse le concept très loin puisqu’à la fin du film, après nous avoir donné sa conclusion et disparu dans sa chambre, il laisse la place au générique puis quand le générique est fini, la caméra reste toujours en plan pendant plusieurs secondes, il ne se passe plus rien. Puis il passe la tête par la porte et revient dans le couloir pour nous demander pourquoi on est toujours là. C’est vraiment un plan de dingue, comme si le film était vraiment la vraie vie. Même les cinéastes de la nouvelle vague n’y avaient pas pensé.L’histoire de ce branleur de Ferris Bueller qui a décidé une fois de plus de sécher les cours et de profiter de la vie et du temps qui passe, est déjà le quatrième film d’ado de John Hughes, le réalisateur américain qui a vraiment lancé la New Wave aux Etats-Unis avec effet retard. Il est en effet digue de cette musique qui n’a pas pris aux Etats-Unis au début des années 80. Et donc il en met partout dans ses films mais attention, c’est pas pour faire joli ou pour vendre de la B.O., les chansons, c’est vraiment un élément de décor pour lui, partie intégrante de son histoire. C’est lui qui a lancé Simple Minds l’année précédente avec son film Breakfast Club, et qui va dans le suivant, Pretty in Pink, lancer The Cure, Orchestral Manoeuvres et Psychedelic Furs. Ici, c’est le fameux Oh Yeah de Yello, associé à la Ferrari rouge de collection. Et puis enfin, rien à voir avec la New Wave, la fameuse scène avec Twist and Shout … C’est culte, c’est à voir, et c’est sorti un 11 Juin 1986, on a adoré !
-
639
10 juin 1982 : Le calvaire et la naissance de "Blade Runner"
Ce 10 juin 1982, on va plonger ensemble dans les coulisses d’Hollywood, on va assister à la dernière vision test et un peu presse d’un film dont on parle beaucoup alors dans le métier, il s’appelle Blade Runner.En effet, au mois de mars, la première vision test a été catastrophique, les gens ont détesté, et surtout n’ont rien compris. Et là, c’est la panique à bord car le film a coûté un pont. Et on en fait le reproche à Alan Ladd, le producteur qui est pourtant le mec qui cinq ans plus tôt était le seul à défendre le film de George Lucas, Star Wars. Il a depuis fondé son propre studio et a fait deux cartons avec Les Chariots de feu et La fièvre au corps.Donc, c’est un mec qui revendique la confiance dans le réalisateur qui est ici Ridley Scott, l’ex-associé du réalisateur des Chariots de feu. Et justement, Ridley Scott a dans l’idée de faire un film noir genre années 40 et son Alien. Et donc il a tourné de la même manière, avec beaucoup de scènes sans paroles.Alors la mort dans l’âme, il a demandé à Ridley Scott non seulement de couper, mais aussi de rajouter une scène pour un happy end et enfin, il a commandé une voix off à Harrison Ford. Et là, Harrison Ford ça l’a gonflé d’autant plus qu’il a détesté travaillé avec Ridley Scott qui ne donne quasiment pas d’indications, il ne s’intéresse qu’à la technique. Et donc, il fait exprès d’être mauvais à l’enregistrement. Même Vangelis n’y croit pas, il refuse qu’on utilise sa musique pour un disque.Ce 10 juin 1982, la vision est moins catastrophique mais pas enthousiaste. Perso, j’ai pas compris car je l’ai vu deux fois la semaine de sa sortie, une vingtaine de fois depuis. C’est fascinant de génie, on ne voit toujours pas les trucages mais ce n’est qu’un détail, et aussi de fragilité. Le film a fait un flop quinze jours plus tard, à sa sortie, mais c’est aujourd’hui, vous le savez, un des films les plus aimés de tous les temps. Et le plus fou, c’est qu’il pose la question que nous nous posons aujourd’hui avec l’IA : un homme artificiel est-il vraiment différent d’un homme ?
-
638
9 juin 1909 : L'incroyable traversée d'Alice Ramsey
Ce 9 juin, mes enfants, il pleut sur New York et une certaine Alice Ramsey monte dans une voiture à destination de San Francisco où elle se rend avec trois copines. Jusque-là, même si c’est un sacré voyage en bagnole, 6000 kilomètres, rien de bien exceptionnel.Sauf que cette jeune mère de famille bourgeoise de 22 ans est née en 1887, nous sommes le 9 juin 1909. Et là, ce n’est plus la même histoire car il n’existe encore que 240 kilomètres de routes pavées sur les 6000. Et ensuite, la voiture fournie par le sponsor, une Maxwell, car oui, la marque cherche un coup de pub, et ben elle n’a qu’une capote en guise de toit, pas de vitres latérales, pas de jauge pour l’essence, il faut soulever le siège et descendre une tige dans le réservoir pour savoir s’il faut faire le plein, et il faut une manivelle pour la démarrer.Dois-je vous dire qu’il y a encore peu de stations services, que ces dames vont être tantôt trempées, couvertes de boues, tantôt brûlées par le soleil au cours de leur très long voyage à une moyenne de 15 à 30 km/h. De toute façon, elles sont effrayées par la vitesse de 64 km/h quand elle va, une fois, y aller à fond, pour voir.Les pneus n'ont pratiquement pas de sculpture. Dans la boue, il faut ajouter des chaînes. L'essieu arrière casse plusieurs fois. Les ressorts se brisent. Les vis se dévissent sous les vibrations. Le radiateur surchauffe au soleil. Une fois, les passagères ont dû remplir le circuit de refroidissement avec de l'eau depuis un fossé avec leurs flacons de toilette en verre. En Iowa, il faut 13 jours pour parcourir seulement 580 kilomètres tant les routes sont transformées en bourbiers. En réalité, la plupart des « routes » sont des pistes de terre, des chemins de diligence ou même de simples traces de chariots.Et donc si après deux mois isolées au milieu des pistes, une foule attendra la première femme à avoir traversé les Etats-Unis en voiture pour l’escorter dans San Francisco comme une héroïne, c’est on ne peut plus mérité car ce 9 juin 1909, même les routes ne sont pas encore tracées.
-
637
8 juin 1984 : Le choc "Gremlins" et "S.O.S. Fantômes"
On va parler cinéma ce matin, et de classiques qu’on a tous vus. Ce 8 juin 1984, aux Etats-Unis sortent deux films à gros budgets qui n’auraient pas dû s’affronter, deux films familiaux au départ, mais qui au cours du traitement par le réalisateur ont pris un autre chemin, très risqué, car, à Hollywood, ils sont d’un genre sans précédent. Et vous le savez, dans ce cas, les grands studios évitent de se faire concurrence la même semaine.Et donc ce 8 juin 1984, les Américains sont invités à voir la nouvelle production de Spielberg, qui désormais, a un pool de réalisateurs avec lui. Ce doit être au départ une histoire pour le public de E.T. Ici, un adorable petit nounours qui peut devenir méchant si on n’en prend pas soin. Vous avez deviné qu’il s’agit de Gremlins mais que son réalisateur, Joe Dante, a rendu beaucoup plus mordant que prévu. Beaucoup d’enfants sont effrayés et de parents choqués, ce 8 juin, on craint un crash. Mais ce n’est pas ce qui va se passer puisque le public va basculer. A noter que c’est à cause de ce film qu’on va créer aux Etats-Unis une nouvelle catégorie : Interdit aux moins de 13 ans.Alors, si la sauce Gremlins va prendre, que va-t-il advenir de l’autre film à gros budget qui sort aujourd’hui ? C’est même le plus gros budget de l’histoire de la comédie. Il bat le record du précédent signé Dan Aykroyd : Les Blues Brothers. Et c’est pour ça qu’on l’a tourné. Les Blues Brothers a fait un triompheMalheureusement, la mort de Belushi a compromis le projet. Aykroyd qui est l’auteur est désemparé, il est même déprimé. Il me l’a confié autour d’un verre, il y a pas mal d’années. Pourquoi ? Parce qu’il a perdu son meilleur ami, son complice, mais surtout parce qu’il n’a pas écrit cette histoire de fantôme par hasard. Le paranormal, c’est un truc de famille, son père a écrit des livres sur le sujet. Et donc, le rôle de Vekeman, repris par Bill Murray et qui a fait sa gloire, est né de ce drame. Pour la petite histoire, j’ai aussi eu l’occasion de passer une petite heure avec Joe Dante, et donc, je vous prie de croire que ce 8 juin 1984 a marqué la vie de ces deux hommes.
-
636
7 juin 1977 : Le coup d'éclat punk des Sex Pistols sur la Tamise
Je suppose que vous vous souvenez du jubilé de platine de la Reine Elizabeth, c’était un 7 juin, 70 ans de règne. Et bien moi je me souviens aussi de celui de 1977, pour ses 25 ans de règne. Et tous ceux qui ont connu l’époque s’en souviennent parce qu’à ce moment-là sort le 45 Tours d’un groupe nommé les Sex Pistols, God save the Queen. Le régime britannique traité de fasciste, la photo d’Elizabeth déchirée, on voit ça partout. Pourquoi ? Et bien à cause d’un coup de comm du patron de leur firme de disques, Richard Branson.Aujourd’hui, tout le monde connaît le boss de Virgin Airlines, Virgin Espace mais en 1977 c’est l’éditeur de Mike Oldfield, organisateur de concerts et d'évènements. Et bien pour lancer le disque des Pistols, il organise une party à bord d’un bateau touristique de la Tamise qu’il a loué pour 500 livres. 80 invités sélectionnés, des journalistes dont mon pote Philippe Manoeuvre. On ne va retenir qu’une chose : les Sex Pistols vont jouer God Save the Queen devant Westminster, la police va arriver et stopper le concert, c’est rock’n’roll !Ce raccourci va profiter au bizness et surtout faire parler des punks dans le monde entier pour la première fois. Car tout le monde croit que c’est Buckingham ou le gouvernement qui a fait interdire le concert pirate. Or si vous avez vu The Crown, vous savez que la ligne d’Elizabeth II est de laisser faire, laisser dire. Et Philippe Manoeuvre n’a pas tout vu. En clair sur le bateau, tout le monde picole et danse, puis lors de leur concert, les Sex Pistols, très énervés de jouer pour une Jet Set des journalistes, deviennent violents. Sid Vicious le bassiste, blesse un journaliste, visage en sang, si bien que le proprio du bateau appelle la police qui l’escorte à quai. Descendez et dégagez disent les bobbies.Et là, Branson dit non, je n’en ai pas eu pour mon argent, on reste. Ça discute, ça traîne, de plus en plus de policiers arrivent et à un certain moment, allez, on a autre chose àfaire, on vire les gens qui restent dans le bateau, et là, c’est le chaos. Bousculade, injures, coups, certains se font arrêter devant les caméras, et là, Branson a ce qu’il voulait : les JT de la Terre entière diffusent, le phénomène punk sort de Londres et devient mondial. Et les Pistols vendent des millions de disques. C’était un 7 juin 1977.
-
635
6 juin 1971 : La fin silencieuse du "Ed Sullivan Show"
Ce soir du 6 juin 1971, l’Amérique change radicalement puisque c’est le dernier numéro du Ed Sullivan Show. Pour vous faire comprendre, imaginez que le Champs Elysées de Michel Drucker ait duré 23 ans et soit diffusé à l’échelle de l’Europe entière et vous aurez une petite idée de ce que a été le show de Ed Sullivan, qui faisait physiquement plus penser à Guy Lux que Drucker. Je dirais un mélange de Richard Nixon et Guy Lux. Il ne souriait jamais et se tenait droit et raide comme un i.Mais depuis la fin des années 40, il a fait défiler le monde entier sur son plateau, à New York. C’est lui qui a présenté aux Américains, Elvis Presley, les Rolling Stones, les Who, les Supremes, les Doors, James Brown, Elvis, Soeur Sourire et surtout, en exclusivité, les Beatles aux États-Unis, 3 dimanches soirs d’affilée avec une audience record, début 1964.Mais ce soir du 6 juin 71, ce qui est fou, c’est qu’il ne va pas y avoir d’adieu.C’est juste une émission de plus, et puis plus rien. Le rideau tombe. Car Ed Sullivan n’est pas au courant qu’il est viré. Il n’est en effet plus à l’antenne depuis le 28 mars, on a fait que des rediffusions de numéros précédents.Motif : audiences en baisse. Vraie raison : on a changé d’époque, les responsables de la chaîne veulent tourner la page de cette émission à l’ancienne présentée par un gars qui n’est plus de son temps. On est deux ans après Woodstock, l’homme va sur la Lune tous les six mois et Ed Sullivan, lui, présente toujours des émissions pour l’Amérique profonde. C’est devenu La chance aux chansons, quelque part. Et ils n’aiment pas ça, les décideurs new yorkais, et ils ne veulent pas d’un mouvement de protestation causé par des adieux à l’antenne. Et puis pour une partie d’entre eux, les jeunes, ils gardent le mauvais souvenir de la boule au ventre quand commence le générique, elle leur fout le cafard du dimanche soir, c’est comme le canapé rouge de Drucker.Ce soir du 6 juin, Ed Sullivan tire sa révérence sans un mot d’adieu. Mais pour des dizaines de millions de téléspectateurs, et pour des générations d’artistes, il entre dans l’histoire.
-
634
5 juin 1975 : La réouverture du canal de Suez
Depuis quelques semaines, à écouter les infos et surtout lire les “articles à clic”, dès qu’un bateau éternue dans le détroit d’Ormuz, le monde va s’arrêter demain matin. Quel bazar ! Et on sait tout ce qu’il y a derrière, des mecs qui profitent de ça pour s’en mettre plein les poches à notre détriment.Et ben à tous ceux-là qui nous font peur, pourraient-ils se rappeler que ce 5 juin 1975, le canal de Suez, LE canal de Suez, rouvrait après huit années de fermeture complète. Et pendant ces huit années-là, ben, on a continué à vivre. C’était comme aujourd’hui mais en pire. La guerre des Six jours en 1967 entre Israël et ses voisins. Le Canal de Suez était devenu un champ de mines, de chars abandonnés, d’épaves rouillées et des navires fantômes recouverts de sable du désert, on a appelé ça, la “flotte jaune”.Alors ce 5 juin 1975, quand les premiers bateaux recommencent à passer, c’est un immense soupir de soulagement. C’est vrai, en Europe, on sort à peine du choc pétrolier, avec les dimanches sans voiture, les limitations de vitesse, les économies de chauffage et certaines villes qui éteignent l’éclairage public la nuit.Donc, pas de panique ! Les grandes routes commerciales ont toujours été disputées. Le détroit d'Ormuz, Suez, Panama, chaque génération a cru vivre une crise “sans précédent”. Sauf qu’en 1975, on n’avait pas de notifications affolées toutes les cinq minutes, ni les titres catastrophes écrits en majuscules sur les réseaux. On allait aux nouvelles une fois par jour dans le journal du matin ou au JT le soir. Et entre-temps, ben, je vous le redis : on vivait.Et donc, les images de ce 5 juin qui montrent des remorqueurs, des drapeaux, et des cargos qui avancent lentement dans le désert doivent nous rappeler une idée très simple : le monde finit toujours par se remettre en marche. Ça va aller ! On est tous ensemble, comme ce matin avec la bande de copains de la Nosta Family.
-
633
4 juin 1984 : Le raz-de-marée "Born in the U.S.A."
Ce 4 juin, c’est le premier jour de l’année 1984 où on voit apparaître partout la même silhouette : un jeans délavé devant un drapeau américain et une casquette rouge glissée dans la poche arrière. Même ceux qui ne parlent pas un mot d’anglais vont très vite mémoriser le refrain : “Born in the USA”.Franchement Springsteen était là depuis dix ans, il avait déjà sorti six albums dont un double, moi j’avais acheté le single The river, trois, quatre ans auparavant, c’était une grosse vedette du rock mais pas une star, chez nous.Mais à partir d’aujourd’hui, il va remplir tout l’espace pour nous, les jeunes des années 80. Parce qu’on vivait la musique ensemble, à l’époque. Les copains passaient sans prévenir, comment l’aurait-il fait, d’ailleurs. On passait les albums du début à la fin sur une chaîne Hi-Fi, assis par terre, en regardant les pochettes pendant des heures. On apprenait les paroles approximativement, on enregistrait les morceaux sur cassette pour les copains ou copines, on allait aux concerts en bande.Il n’y avait pas encore les écrans entre nous avec des profils retouchés, des pseudos, on n’imaginait pas cette étrange fatigue actuelle qui consiste à fabriquer sans arrêt une version améliorée de nous-mêmes. On appartenait à des tribus très réelles : les new wave, les branchés funk, les fans de hard, de pop française, les filles qui découpaient des photos dans Podium ou Rock & Folk. C’est ça aussi, la force des années 80 : les chansons accompagnaient réellement nos journées, nos vacances, nos premières bagnoles, nos histoires d’amour et même parfois notre manière de marcher dans la rue.Bon, on sait aujourd’hui que Born in the U.S.A. n’est pas un hymne patriotique primaire, c’est plutôt Rambo ou Voyage au bout de l’enfer. Mais il n’y a pas que nous, les francophones qui sommes passés à côté du texte, Ronald Reagan lui-même a utilisé la chanson lors de sa campagne électorale.Mais n’empêche, on ne pourra jamais décoller Born in the USA de l’image nos triomphantes années 80, probablement parce que la puissance de la musique et du chant de Springsteen passe au-dessus de tout.
-
632
3 juin 1965 : Alexeï Leonov, premier homme dans le vide spatial
Ce 3 juin 1965, on va apprendre un truc de dingue : un homme marche dans l’espace. Enfin, il marche ! Je n’ai jamais compris pourquoi on a dit ça. Sûrement parce qu’on n’arrivait pas à l’imaginer. On n’imaginait rien, en fait. Et ben, le cosmonaute Alexeï Leonov est le premier homme à sortir dans le grand vide de l’espace.Aujourd’hui, on a oublié à quel point cet événement a sidéré le monde. En 1965, beaucoup de familles n’ont même pas encore la télévision à la maison, et voilà qu’apparaît sur les écrans les images floues d’un homme qui flotte loin au-dessus de notre planète, relié à sa capsule par un simple câble.C’est comme si les aventures de Tintin devenaient vraies. On avait tous lu On a marché sur la Lune : la grande fusée rouge et blanche, le sas, l’apesanteur et le capitaine Haddock bourré qui chante dans l’espace. On est dans le futur, les enfants ! Il nous a rattrapés. Les magazines annoncent des vacances sur la Lune avant l’an 2000, on a des engins spatiaux en jouet, des meubles design qui ressemblent à des capsules Apollo, enfin Mercury, et nous les mômes, on ne dessine plus des chevaliers ou des cowboys, mais des cosmonautes.Mais bon, ce 3 juin, la mission de Leonov est terriblement dangereuse. Lorsqu’il sort dans le vide spatial, sa combinaison gonfle tellement qu’il ne parvient plus à rentrer dans sa boîte de conserve soviétique. Le voilà qui flotte, seul, au-dessus de la Terre, coincé dehors. Que faire ? Et là, il prend une décision terrible : laisser échapper de l’air hors de sa combinaison pour la dégonfler, mais au risque de mourir dépressurisé. Mais ouf, ça marche !Je peux vous dire que ce qui vient de se produire va nourrir toute la pop culture des années suivantes. Notamment l’inspiration d’un David Bowie, évidemment. Et même s’il y a un double sens dans sa chanson Space Oddity, l’image de son Major Tom, tellement ébloui par la planète bleue qu’il refuse de redescendre, nous a tous fait décoller.
-
631
2 juin 1980 : Sortie de "Téléphone public", le film qui capture l'énergie rock
Ce 2 juin 1980, un événement majeur secoue la jeunesse : la sortie au cinéma d'un film documentaire intitulé « Téléphone public ». Réalisé par le célèbre Jean-Marie Périer, qui avait immortalisé les idoles des années 60 comme les Beatles ou les Stones, ce film capture l'énergie brute de la dernière tournée du groupe Téléphone.À la fin des années 70, l’arrivée de Téléphone est une véritable déflagration car, à l'époque, on pense encore que le rock ne peut se chanter qu'en anglais. Ce groupe, composé de Jean-Louis, Louis, Corine et Richard, prouve le contraire avec une dégaine de bande qui semble dormir dans sa voiture, les cheveux dans les yeux et les blousons fatigués : un style presque « grunge » avant l'heure.Le film montre les coulisses, les concerts et surtout cette énergie insolente d'une génération qui, au tournant des années 80, a soif de liberté, de bruit et de chansons qui parlent d'elle dans sa propre langue. Téléphone n'est pas de la « variété déguisée en rock », mais un véritable groupe de rock francophone qui électrise les foules.Pour les adolescents de 1980, Téléphone est un signe de ralliement : on griffonne le mot « Hygiaphone » au marqueur sur ses fardes de cours pour affirmer son appartenance à cette révolution musicale. En immortalisant ce phénomène, Jean-Marie Périer a retrouvé chez ces quatre musiciens cette étincelle unique qui avait animé les plus grandes légendes du rock mondial.
-
630
1er juin 1999 : Napster révolutionne l'industrie musicale
Vous le savez, on a des doutes sur ce qui restera dans les livres concernant les années qu’on a vécues, ce qu’on apprendra dans les écoles. Car il y en a des choses qui sont passées sous les radars avant qu’on ne se dise : “bon sang, mais c’est bien sûr, ce type a tout changé, il a écrit l’histoire”. Et bien, ce 1er juin 1999, dans une chambre d’étudiant américaine, un gamin de 18 ans va mettre une bombe sous l’industrie du disque. Il s’appelle Shawn Fanning, et avec sa casquette de baseball à l’envers et l’allure d’un type qui a oublié de dormir depuis trois jours, il n’a pas la dégaine du winner américain.Alors, en 1999, la musique, elle s’achète chez le disquaire. On économise pour un CD à 800 francs belges ! Mais il y a tellement de disques qui sortent. Bon, on peut en louer à la Médiathèque mais il faut encore qu’il y soit.Et voilà que le programme de cet Américain permet à des millions de jeunes de faire un truc complètement dingue pour l’époque : partager les MP3 entre leurs ordinateurs, ça s’appelle : Napster.Alors, imaginez la scène ou souvenez-vous de votre modem qui hurlait comme un fax possédé, la connexion qui coupe quand quelqu’un téléphone sur la même ligne. Et bien, malgré ça, des adolescents attendent quarante minutes pour télécharger Baby One More Time de Britney Spears ou le live de Metallica.Le problème, c’est que Napster ne demande d’autorisation à personne. Et là, c’est la panique dans les maisons de disques. C’est comme si on avait installé une photocopieuse géante au milieu d’un magasin de disques. Les ventes de CD commencent à chuter, la maison brûle. Certains artistes trouvent ça formidable pour leur promo, mais d’autres sentent très vite l’ail. Metallica attaque Napster en justice après car une démo circule gratuitement en ligne avant la sortie du disque. Et pourtant, même condamné, et même fermé, Napster a gagné car plus personne n’écoutera la musique de la même manière. Sans Napster, pas d’iTunes, ni de Spotify. Et puis surtout on écoute de la musique sur son ordinateur, c’est fou ! C’est vrai, pour l’époque, ça revenait à regarder une vidéocassette avec son frigo !
-
629
31 mai 1859 : Mise en service de Big Ben, l'icône de Londres
Ce 31 mai 1859, je vous emmène à Londres car on vient de terminer les travaux d’un ouvrage qui fait toujours courir les foules parce que oui, c’est l’enfer, j’y suis passé il y a pas longtemps mais c’est devenu dingue, la foule sur les trottoirs pour voir Big Ben. Il faut dire qu’on la voit tout le temps au cinéma : Peter Pan, James Bond, Harry Potter. 1859, elle a donc 30 ans de plus que la Tour Eiffel, elle a été ajoutée au palais de Westminster quand on l’a reconstruit après le grand incendie de 1834. C’est rien moins que le plus grand système d’horlogerie du monde : 4 cadrans de 7 mètres de diamètre.En 1859, on l’appelle la Tour de l’horloge, rebaptisée en 2012 la Tour Elizabeth mais c’est le nom que lui donne le peuple de Londres qui a été finalement adopté, Big Ben, avec sa grosse cloche qui sonne tous les quarts d’heure et qui pèse quand même 13.500 kilos. Faut pas se la prendre sur le pied, surtout qu’elle est à nonante mètres de hauteur, vous imaginez le truc.Ce qui est particulier c’est que ce type de tour, un beffroi comme on en voit partout chez nous, n’existe pas en Angleterre, non, l’architecte s’est vraiment inspiré de ceux de Bruges, Lille et Venise. Mais ça ne saute pas aux yeux à cause des ornements gothiques de style anglais qui recouvrent aussi tout le palais.Pourquoi Big Ben ? Vous le savez ? En fait, personne ne le sait. Peut-être à cause d’un député qui entre à la chambre des Lords en 1859 et qui s’appelle Benjamin Hall, car c’est aussi l’ingénieur qui a supervisé l’installation de la grosse cloche.Alors si vous n’y êtes jamais allé et que vous comptez le faire, sachez que vous n’avez pas le droit de le visiter, il faut être Britannique et encore, il faut réserver. Si le drapeau est hissé, ça veut dire que le Parlement est en session et si les cadrans sont éteints c’est que les parlementaires sont réunis. Mais que cela ne vous empêche pas de vous balancer comme Bill Halley qui lui, se balance autour de l’horloge depuis 70 ans.
-
628
30 mai 1988 : Margaret Mary Ray, la célèbre stalker de David Letterman
Est-ce que vous avez vu et ou avez entendu parler de la série Netflix qui a fait un malheur : Mon petit renne ? C’est l’histoire d’une harceleuse qui jette son dévolu sur un humoriste ringard, barman dans un pub à Londres. On en a beaucoup parlé parce que des téléspectateurs de la série se sont mis en tête de trouver la vraie stalker et ça a fait une deuxième histoire dans les médias.C’est vrai que stalker est un mot anglo-saxon connu car c’est un phénomène qui existe depuis des décennies surtout aux Etats-Unis. On se souvient de Billie Jean de Michael Jackson, cette folle qui disait qu’un de ses jumeaux était de lui, et qui avait réussi à entrer dans la maison des Jackson, voulant qu’ils se suicident tous les deux. Un stalker, en clair, c’est un admirateur monomaniaque.Et bien le stalker le plus célèbre d'Amérique c’est Margaret May, son histoire commence le 30 mai 1988 quand la police arrête la conductrice d’une Porsche qui n’a pas réglé les 3 dollars du péage de l’autoroute. Les policiers constatent que la voiture appartient à David Letterman. Aucun Américain n’ignore son nom, c’est l’homme qui anime le fameux Tonight Show depuis dix ans, il a même depuis quelques années son propre show à son nom. Normal dit la conductrice, c’est mon mari. Et le gosse de trois ans sur le siège arrière ? C’est notre fils. C’est faux, après vérification, ils vont découvrir qu’elle a volé la voiture carrément sur le parking de la maison de David Letterman. Malgré les condamnations, elle va encore se faire pincer huit fois pour être entrée dans sa propriété, oubliant une fois une bouteille de whisky dans le salon ou une autre fois où on la retrouve en train de dormir sur le court de tennis. Letterman, qui n’a jamais porté plainte contre elle car il en avait pitié, quand il changera de chaîne de NBC vers CBS, dira en début d’émission qu’il ne doit absolument pas oublier de lui envoyer le document de changement d’adresse. Quand on sait ça, on n’entend plus jamais cette chanson de Police avec les mêmes oreilles.
-
627
29 mai 1138 : Clap de fin pour l’antipape Anaclet II
Ce 29 mai 1138, l'Église catholique met fin à une situation rocambolesque digne d'une série télévisée : l'existence simultanée de deux papes se disputant la légitimité du trône de Saint-Pierre,. Un antipape n'est pas un personnage maléfique, mais un ecclésiastique élu par ses pairs alors qu'un autre pape a déjà été désigné, créant ainsi un schisme.Tout commence huit ans plus tôt, en 1130, à la mort du pape Honorius II. Les cardinaux se déchirent et deux clans s'opposent : l'un élit Innocent II, tandis que l'autre choisit un Romain richissime qui prend le nom d'Anaclet II. S'ensuit une version médiévale de Game of Thrones au cœur du Vatican. Pendant huit ans, Anaclet II contrôle réellement Rome, vit au Vatican et nomme les évêques ; pour les Romains, c'est lui le vrai pape.Cependant, Innocent II, bien qu'en exil sur les routes, possède des soutiens politiques massifs, notamment les rois de France et d'Angleterre. Son atout majeur est Bernard de Clairvaux, le plus grand « influenceur » du XIIe siècle, un moine capable de retourner l'opinion d'une foule ou d'un souverain en un tournemain,.À la mort d'Anaclet II au début de l'année 1138, son clan tente de poursuivre la lutte en élisant Victor IV. Mais sous la pression des rois et de Bernard de Clairvaux, ce dernier finit par abdiquer. Ce 29 mai 1138, lors d'un concile à Pise, l'Église se penche sur le dossier et enterre officiellement l'affaire : Anaclet II est définitivement rayé de la liste officielle et effacé de la « photo de famille » pontificale pour devenir, pour l'éternité, un antipape. Cette réconciliation ne sera que temporaire, le Moyen Âge connaissant plus tard d'autres crises où l'on verra jusqu'à trois papes régner en même temps
-
626
28 mai 1937 : La naissance de Volkswagen, de l'ombre à la lumière
Ce 28 mai 1937, nous nous rendons à Berlin pour assister à la naissance d'une société au nom administratif interminable : la Gesellschaft zur Vorbereitung des Deutschen Volkswagens. Derrière cette appellation, qui signifie « Société pour la préparation de la voiture du peuple allemand », se cache un projet politique porté par Ferdinand Porsche sous l'impulsion de Hitler.À cette époque, le régime nazi fait construire de vastes autoroutes, mais elles restent désespérément vides car la population n'a pas les moyens de s'acheter un véhicule. Pour y remédier, un système ingénieux est mis en place : un carnet d'épargne où les citoyens collent des timbres pour financer leur future automobile. Cependant, l'histoire prend un tournant sombre : l'argent récolté finit par financer la machine de guerre et l'usine est rapidement convertie pour la production militaire. Presque aucun épargnant ne recevra sa voiture, perdant ainsi toutes ses économies dans ce qui s'avère être un vaste « fouttoir » administratif.La véritable revanche de cette voiture, que l'on appellera plus tard la Coccinelle, intervient après la guerre. Elle connaît une transformation radicale, passant d'un outil de propagande à un symbole de positivité. Portée par les films de Disney avec le personnage de Choupette (Herby), elle devient surtout l'icône du mouvement Peace and Love. Trente ans jour pour jour après sa création, en plein Summer of Love, les hippies s'approprient la Volkswagen, la décorant de fleurs et de symboles pacifistes. C'est ainsi que, par une ironie de l'histoire, le projet d'une « sinistre crapule » est devenu le véhicule fétiche d'une génération prônant la paix universelle
-
625
27 mai 1930 : L’inauguration du Chrysler Building, le joyau étincelant de Manhattan
Ce 27 mai, nous remontons en 1930 pour l'inauguration d'un monument devenu une icône absolue de la pop culture : le Chrysler Building. À cette époque, Manhattan est le théâtre d'une course effrénée vers le ciel, où les New-Yorkais découvrent un paysage urbain qui bascule dans la science-fiction. À l'origine de ce projet fou se trouve Walter Chrysler, un « self-made man » fils d'ouvrier du Kansas qui a fait fortune dans l'industrie automobile après avoir appris la mécanique sur des locomotives. Pour marquer l'histoire de son nom, il lance la construction d'une tour qui doit devenir la plus haute du monde.La compétition est alors féroce avec l'architecte de la banque de Manhattan, située à Wall Street. Pour s'assurer la victoire, l'architecte de Chrysler utilise un stratagème audacieux : il fait assembler secrètement une flèche de 38 mètres à l'intérieur même du bâtiment, à l'abri des regards. Ce n'est qu'au dernier moment qu'elle est hissée, permettant à la tour d'atteindre 319 mètres et de surpasser la Tour Eiffel, devenant ainsi la structure la plus haute jamais construite par l'homme à ce moment-là.Si ce record de hauteur ne durera que onze mois avant d'être battu par l'Empire State Building, le Chrysler Building marque durablement les esprits par son esthétique unique. Le bâtiment est une véritable célébration de l'empire Chrysler, avec son sommet décoré de chrome étincelant et ses célèbres gargouilles inspirées de bouchons de radiateur. À l'intérieur, le luxe est omniprésent : des marbres gigantesques, des boiseries et des figures géométriques en métal ornent un hall magistral desservi par des ascenseurs ultra-rapides. Ce chef-d'œuvre Art Déco influencera durablement le cinéma et les auteurs de comics, devenant le décor incontournable de récits comme ceux de Batman. Avant ce 27 mai 1930, personne n'imaginait qu'un tel immeuble puisse un jour exister.
-
624
26 mai 1926 : La naissance de Miles Davis, la légende qui a réinventé le jazz
Ce 26 mai, nous célébrons le centenaire de la naissance d’un géant de la culture mondiale. Nous sommes en 1926, à Alton, dans l'Illinois, une petite ville connue pour avoir vu naître l'homme le plus grand de l'histoire, Robert Wadlow. C'est ici qu'apparaît celui qui allait révolutionner la musique : Miles Dewey Davis III, dit Miles Davis. Contrairement à de nombreux musiciens de jazz, il grandit dans une famille aisée avec un père dentiste. Cette enfance privilégiée explique son goût pour le luxe et les vêtements élégants, notamment les coupes italiennes.Élu homme le plus élégant d’Amérique, il est célèbre pour son style, ses voitures de sport et ses éternelles lunettes noires. Au-delà de la mode, il s'impose comme une superstar du jazz, roi du bebop et pionnier du jazz-rock. Sa trompette possède un son unique que l'on reconnaît immédiatement. Sa légende repose aussi sur sa voix éraillée, séquelle d'une colère contre un patron de bar après une opération des cordes vocales.Enfant, Miles était un observateur silencieux qui parlait très peu. Un ancien voisin racontait qu'il semblait déjà entendre une musique que personne d'autre ne percevait encore. Aujourd'hui, cent ans après sa naissance, son influence reste immense et son nom demeure synonyme d'innovation. Il a transformé son art en une quête perpétuelle, devenant l'un des rares jazzmen dont la renommée dépasse les frontières du genre. Il incarne l'image d'un génie visionnaire qui a marqué l'histoire de la musique de son empreinte indélébile.
-
623
25 mai 1846 : L'évasion de Louis Napoléon, l'ouvrier devenu empereur
Je vais vous raconter une histoire incroyable. On l’apprend peu chez nous en Belgique mais après Napoléon, il y a eu la Restauration, de nouveau des Rois en France dont le fameux Louis Philippe, assez bien contesté par le peuple de gauche dont fait partie un certain Louis Napoléon Bonaparte, qui n’est autre que le neveu de l’empereur, c’est le fils d’un de ses frères.En 1836, il fait un coup d’état pour le renverser mais il s’y prend comme une clenche, ça foire, il se barre vite fait aux Etats-Unis pour se faire oublier, rentre quatre ans plus tard pour remettre ça mais cette fois, il se fait arrêter et est condamné à perpétuité. Il dit même au juge “et c’est combien de temps la perpétuité ?”. Mon vieux, Louis Philippe se dit : les Bonaparte, ils ont le feu au derrière, regarde son oncle avec l'île d’Elbe, il fait garder le neveu dans une prison, une vieille forteresse médiévale, par 400 personnes pour qu’il ne s’évade pas. Six ans plus tard, il est toujours là, bien cool, quand il apprend que son père va mal et demande au roi de se rendre à son chevet. Réponse, niet ! Ah ben on va voir.Comme le château est en ruines, il propose au directeur de le remettre en état, à ses frais, comme de Funès dans Le Tatoué. Donc, Pelot arrive avec ses ouvriers, monte les échafaudages et c’est parti. Et ce 25 mai 1846, Louis Napoléon emprunte le chapeau et la tenue d’un ouvrier avec qui il a sympathisé, se rase la barbe et la moustache que tout le monde connaît, et se met sur la tête une perruque que lui a achetée son valet, en stoemeling.Il descend dans la cour du château, et comme dans un film, met une planche sur son épaule, se mêle aux ouvriers et sort comme si de rien n’était. De là il se barre en Angleterre et deux ans plus tard, nouvelle révolution, Louis Philippe se taille en Angleterre, croisant Louis Napoléon qui se présente aux premières élections au suffrage universel pour devenir le premier président de la République française élu, avant d’être proclamé empereur sous le nom de Napoléon III. Comme quoi, y a des gars qui ont commencé par la case prison avant d’être président, aujourd’hui c’est plutôt le contraire.
-
622
24 mai 1626 : Un Wallon achète l’île de Manhattan
Aujourd’hui, je crois que je vais étonner la plupart d’entre vous avec un cocorico. Vous allez voir qu’il y a quelques fameux Belges dont vous n’avez jamais entendu parler et pourtant ! Connaissez-vous Pierre Minuit ? Et pourtant le monde entier admire ce qu’il a créé, sans imaginer la tournure que cela allait prendre.Au milieu des années 1500, ses parents ont quitté Tournai dont ils sont originaires. Pourquoi ? Parce qu’ils sont protestants et que la Belgique appartient alors aux Espagnols ultra catholiques. Ils ont peur, donc ils s’exilent au bord du Rhin, et c’est là, en terre protestante, que Pierre voit le jour. Une fois adulte, Pierre Minuit, Pieter Minnewuit, comme disent les Germains, se fait engager par la fameuse Compagnie des Indes, basée à Amsterdam, et est envoyé en Nouvelle Belgique. Vous savez où c’est ?C’est l’actuel État de New York et Nouvelle Amsterdam, sa capitale, l’actuelle ville de Newark. Pourquoi est-il là ? Parce qu'il s’intéresse aux Belges protestants exilés en Amérique. Et arrivé sur place, il se rend compte qu’ils sont dispersés un peu partout, et surtout mal traités par le gouverneur hollandais. Alors il leur dit, en français : je vais arranger votre situation, il faut vous regrouper. Ou en wallon : m’in va arringi tout ça, faut vous met’ enchenne.Et donc, il franchit le fleuve, l’Hudson, jusqu’à la grande île en face, occupée par les Indiens Manhatte, mais où habitent déjà une trentaine de Wallons qui y ont fondé un petit village fermier. Je vous jure que c’est vrai. Pierre Minuit fait la connaissance du chef indien de la tribu Manhatte, il fume le calumet de la paix avec lui et achète l’île pour l’équivalent de 700 euros.Tout va bien se passer dans le plus grand respect avec les Indiens. Nos bons fermiers belges vont transformer leur chemin à travers les bois en route solide, la Bredeweg en flamand, que les Anglais traduiront plus tard par Broadway et qui reste la seule rue en diagonale dans le Manhattan d’aujourd’hui, Manhattan qui a aussi gardé le nom de la tribu indienne. Mais donc, c’est bien un Wallon qui a acheté Manhattan le 24 mai 1626 et en a fait une terre exploitée par des Belges.
-
621
23 mai 1430 : La capture de Jeanne d'Arc à Compiègne
23 mai 1430, triste jour dans l’Histoire de France mais surtout pour une jeune paysanne de 18 ans qui se nomme, Johanne ou Johannette de Vouthon, car les filles portent alors le nom de leur mère. C’est au tribunal, à Rouen, qu’on lui donne le nom de son père : Jeanne d’Arc.On connaît tous l’histoire de Jeanne d’Arc qui a fini brûlée par les Anglais. Enfin, pas tout-à-fait : ça, ce sont les raccourcis, je dirais, d’une histoire, de la légende de France. Car en fait, si Jeanne d’Arc est connue pour avoir chassé les Anglais de la ville d’Orléans, ce qu’on apprend à l’école, on est en pleine guerre de cent ans, un truc qui peut paraître très compliqué. Mais en fait, c’est simple : depuis 200 ans, Guillaume le Conquérant, ce sont des Français sur le trône d’Angleterre, les Plantagenets. Mais à Paris, avec la mort d’un des Valois sans héritier mâle direct, le trône de France doit revenir au fils de son frère. Mais non, dit le roi d’Angleterre, car la fille du roi de France défunt, c’est ma mère. Et oui, une Valois a marié un Plantagenêt. Et voilà comment la bagarre commence et que les Bourguignons prennent le parti du roi anglais. Jeanne d’Arc, elle, prend le parti des Valois contre les Plantagenêts. Et ce sont des Bourguignons, donc Français, la Bourgogne, c’est Dijon, tout ça, mais aussi Bruxelles, Malines, à l’époque, qui capturent Jeanne d’Arc ce 23 mai 1430, à Compiègne, près de Paris. Et oui, les Bourguignons font le siège de la ville, Jeanne fait une sortie à cheval avec ses hommes pour attaquer le camp par surprise, comme elle en a le secret, mais il semble qu’il ait été éventé. Elle est attendue. C’est le massacre, elle se replie avec son frère dans la ville avec quelques survivants mais elle est poursuivie, sa tête est mise à prix. Elle est devenue célèbre, la jeune fille de 18 ans, et on l’a repérée, on sait qu’elle porte une tunique rouge, ce qui est assez rare.Au cours d’un nouveau combat, vers 20 heures, elle est mise à bas de son cheval par un fantassin et faite prisonnière. Elle va, en effet, être vendue aux Anglais mais jugée à Rouen et brûlée par leurs alliés qui sont bien français mais à l’époque, comme vous l’avez compris, on ne fait pas trop de différence.
-
620
22 mai 1980 : La naissance de Pac-Man, le phénomène qui a révolutionné le jeu vidéo
Ce 22 mai 1980, nous sommes dans une de ces salles qui font rêver les premiers geeks européens de l’époque : une salle de jeu d’arcade japonaise.Les arcades sont des meubles de jeu tout en hauteur qui apparaissent depuis quelque temps dans nos bistrots et Luna Park, à côté des flippers. Sauf que là, la bille et les ressorts qui ont captivé toute une génération depuis James Dean et Johnny Hallyday, sont remplacés par un écran, une manette et deux boutons. Il faut toujours mettre cinq francs, mais les parties sont plus courtes, du moins au début. Ca devrait frustrer les jeunes mais non, c’est un truc de science-fiction, ce qu’on y voit. On connaît tous le Space Invaders mais là, le petit nouveau, on n’y fait pas trop gaffe, au Japon ; le nouveau jeu qu’on vient de placer ne fonctionne pas.Pourtant, l’idée de son concepteur est géniale car il a compris que ces jeux vidéos guerriers sur lesquels les jeunes mecs passent des heures provoquent des disputes avec leurs copines qui s’ennuient à les regarder. Donc il se dit, je vais créer un jeu qui peut plaire aux filles, un jeu non violent avec un personnage en forme de pizza qui mange des bonbons et des fruits. Et il s'appelle Pacman. Bon, il est menacé le Pac Man, c’est vrai, mais par des petits fantômes, de couleurs vives et qui ont chacun leur caractère et un nom (Ombre, Rapide, Timide et Limité). C’est aussi le premier jeu dans lequel le personnage devient plus fort en avalant une pilule comme Popeye avec les épinards ; et puis c’est fun, puisqu’il peut alors manger les fantômes.Et donc les filles, comme les garçons, en Europe vont raffoler de ce labyrinthe tout mimi et joyeusement stressant. Ca va faire un carton dans le monde, le plus grand de l’histoire du jeu vidéo avec 300.000 arcades vendues et des applications sur tous les supports depuis 46 ans.Les plus anciens se souviennent du son parfois assommant quand on était au bistrot du début des années 80, et que des gens jouaient à Pacman : wok wok wok wok …Et honnêtement, il fallait s’appeler Toru Iwatani pour mettre sur le marché ce 22 mai 1980, un personnage glouton en forme de petit fromage jaune poursuivi par des fantômes dans un labyrinthe. Mais qu’est
-
619
21 mai 1932 : Amelia Earhart, l’exploit solitaire qui a défié les cieux et les préjugés
Ce matin du 21 mai 1932, je vais vous présenter une femme incroyable qui s’appelle Amelia Earhart. Elle est américaine, elle a 35 ans, elle vient de se marier, mais c’est une pionnière de l’aviation, une des premières Américaines à avoir obtenu son brevet de pilote, 12 ans plus tôt, en 1920, elle avait alors 23 ans.Elle est grande, mince, les cheveux courts, en bataille, pas du tout le genre féminin des années 30, un blouson de cuir couvert d’huile et les mains noircies par la mécanique, elle aime les pantalons, conduit sa voiture comme un pilote, et elle refuse qu’on lui dise ce qu’une femme peut ou ne peut pas faire.Elle a aussi déjà traversé l’Atlantique en avion. Après Lindbergh, évidemment. Mais quand elle lit qu’elle est la première femme à l’avoir fait, à bord, ça l’énerve. Et donc, elle décide de le survoler comme lui, en solitaire. Et si en 1932, les avions sont plus rapides et plus performants que celui de Lindbergh cinq ans plus tôt, ça reste un tout petit coucou, avec un minuscule cockpit qui laisse passer l’air et le froid. Et ça caille ferme en altitude, son avion est couvert de givre. Il n’y a évidemment ni radio efficace, ni radar, encore moins de chauffage et donc quand elle enlève ses gants pour un réglage sur un cadran, ses doigts gèlent jusqu’à la douleur. Alors elle descend un peu, mais les nuages sont tellement bas qu’elle n’y voit rien, donc elle remonte. Et ainsi de suite.Et puis soudain, une odeur d’essence. Une fuite. Elle perd du carburant, et donc risque de disparaître dans l’Atlantique. Alors, arrivée au-dessus de l’Irlande, elle ne tente pas le diable, elle n’ira pas jusqu’à Paris, elle est de toute façon, épuisée. Mais elle l’a fait, Amelia, première femme à avoir traversé l’Atlantique en solitaire, deux fois plus vite que Lindbergh, en 15 heures. Elle va devenir une star et un symbole car c’est une femme libre, intrépide, indépendante, à une époque où la société veut que les femmes soient belles, élégantes et qu’elles se taisent.
-
618
20 mai 1992 : L’incroyable épopée du Danemark, repêché pour gagner l’Euro
Ce 20 mai 1992, on va de nouveau vivre un scénario de cinéma américain, décidément, c’est la semaine. Nous sommes à Copenhague, à la fédération de football quand le téléphone sonne. Le Danemark est un petit pays de 5 millions d’habitants mais il commence à avoir une bonne équipe de foot. Pourquoi ? A cause de ses joueurs placés dans de grandes équipes européennes, il y en a à Manchester, Barcelone et plusieurs à Anderlecht. Tellement d’ailleurs que la blague qui circule est qu’Anderlecht est devenu un quartier de Copenhague.Mais ils n’ont pas le moral à la fédération danoise car ils ont raté leur participation à l’Euro qui a lieu pas loin, en Suède. Ils ont été éliminé d’un point par la Yougoslavie, ils ont fini deuxième de leur poule qualificative, devant la Belgique d’ailleurs, on est au début de la traversée du désert des Diables.Et là, tout bascule car le mec à l’autre bout du fil, c’est un dirigeant de l’UEFA qui leur dit que la Yougoslavie est disqualifiée à cause de la guerre fratricide qui s’y passe. Incroyable pour les Danois !Je ne vous raconte pas les coups de fil, y a pas vraiment de réseau GSM fonctionnel en 1992, pour retrouver les joueurs déjà partis en vacances ; leur plus grand offensif, celui qui joue à Barcelone, refuse sa sélection car il est en conflit avec l’entraîneur national mais quel bonheur ! Car quel que soit le résultat, c’est tout bénéfice, inespéré.Et de fait, si au cours du premier tour le Danemark finit deuxième derrière la Suède et va en demi-finale, il a quand même battu la France. Alors ? Face aux Pays-Bas ? Mon vieux, les supporters belges ont connu ça en 86, match nul au terme 120 minutes et ils gagnent aux tirs au but. Les voilà en finale, et là, c’est sans espoir, c’est l’Allemagne !Et là, contre toute attente, ils gagnent 2-0, c’est l’explosion au pays des Vikings. Quand je vous dis que c’est un scénario hollywoodien et pourtant c’est vrai.
-
617
19 mai 1962 : Marilyn Monroe et le mythique « Happy Birthday » pour JFK
Ce 19 mai 1962, je vais faire appel à des images qu’on connaît tous. Nous sommes à Madison Square Garden, la grande salle de spectacle new yorkaise pour un show télévisé très spécial puisqu’il s’agit d’un gala en l’honneur du président John Fitzgerald Kennedy pour son 45ème anniversaire.Ah, ils ont un président qui ressemble à une star de ciné : jeune, bronzé, souriant, séduisant, c’est du jamais vu, surtout à la tête d’un tel pays. Et donc, du beau monde sur scène : Peggy Lee, la Callas, Harry Belafonte, le comédien Henry Fonda, il faut dire que Frank Sinatra est à la manœuvre.Mais tout le monde attend quelqu’un qui, théoriquement, ne devrait pas être là, une comédienne qui est actuellement en tournage à Hollywood et à qui le réalisateur a interdit de s’absenter. Mais elle est là, en coulisses, elle a pris l’avion sans prévenir personne. Et si aujourd’hui, des documentaires de pacotille disent qu’elle est au fond du trou, en guerre avec les studios et avec les médicaments, pour le monde entier, Marilyn Monroe, c’est une superstar, en 1962, LE sex symbol. Et à qui on prête une liaison avec le président Kennedy : c’est dans France Dimanche ! Alors imaginez à la fois l’émotion dans la salle, mais aussi la tension, quand elle arrive sur scène avec sa robe, couleur peau, tellement serrée qu’il paraît que le couturier a dû coudre la finition sur elle. Avec sa démarche chaloupée et un regard posé sur JFK comme sur un étalage de pâtissier, le dimanche. Sa robe est couleur peau, je vous l’ai dit, mais la télé est en noir et blanc avec une image pas nette, vous allez me dire. Mais voilà, elle est recouverte de cristaux, ce qui donne à Marilyn une allure de ciel étoilé, c’est hallucinant.Et quand elle se met à chanter Happy Birthday, on ne s’étonne pas que 64 ans plus tard, vous connaissez tous le truc, vous entendez sa voix, déjà en ce moment, dans votre tête, son phrasé suave et torride. Ce n’est pas un moment de télé, ni même de cinéma, quand on sait le destin qui attend ces deux personnages dans un avenir très proche. Mais on va en rester en cette soirée du 19 mai 1962, car le monde n’a jamais été aussi glamour !
-
616
18 mai 1980 : L’explosion du Mont St Helens, un film catastrophe bien réel
Ce 18 mai, nous sommes en 1980, et c’est un de ces jours où la réalité dépasse la fiction, y compris celle toujours très exagérée des films américains.Et justement, nous sommes sur la côté du Pacifique, mais à la frontière canadienne, pas loin de Seattle, dix ans avant le grunge de Nirvana et Pearl Jam, l’endroit est donc encore très tranquille avec ses immenses forêts, et ses montagnes au sommet enneigé toute l’année. Mais il y a une chose qui inquiète les autorités, le Mont St Helen, immense montagne de 3000 mètres, qui est en fait un volcan qui pionce depuis 130 ans. On a demandé aux gens y habitent la région de s’en éloigner car on constate de plus en plus de secousses : donc, les bûcherons, les pêcheurs de saumon, mais aussi les amoureux de la nature, retraités qui vient en pleine forêt, barrez-vous si vous ne voulez pas finir comme à Pompéi !Mais voilà, y en a qui refusent, comme un certain Harry Truman, 83 ans, ancien contrebandier de la prohibition. Ces derniers jours, il a eu droit au défilé des journalistes à qui il a montré son paradis, son lodge au bord d’un lac : le volcan est mon ami depuis longtemps, il ne me fera rien, les volcanologues n’y connaissent que dalle. Il nous rappelle quelqu’un, hein ? Il faut dire à sa décharge, que chez nous, notre vulcanologue Haroun Tazieff, personnage respecté et très médiatique, dit ne pas être inquiet non plus.Mais la Nature leur donne tort ce 18 mai 1980, car à 8h32 ce matin, l’Amérique vit sa pire catastrophe naturelle puisque la montagne explose. Comme le Vésuve, plus d’un milliard de m3 de roche et de cendres file dans les airs et retombe, dévale dans toute la région. Pour vous donner une idée, la montagne perd en quelques minutes 400 mètres de sa hauteur. Plus de Harry Truman qu’on ne retrouvera jamais, des millions d’arbres sont couchés comme des épis de blé, tous dans le même sens, et à 400 km de là, les automobilistes sont obligés d’allumer leurs phares en plein temps de midi. Et ce soir du 18 mai 1980, les journaux télé diffusent un film catastrophe saisissant qui n’a pas été produit à Hollywood, peut-être la raison pour laquelle ils ne font plus recette en salles.
-
615
17 mai 1973 : « Mazamet ville morte », le choc qui a sauvé des milliers de vies
Ce 17 mai, c’est un souvenir qui m’a vraiment marqué quand j’étais gamin, j’avais dix ans et demi quand on a montré à la télé un truc horrible, traumatisant. C’est un film de la sécurité routière, je crois qu’il n’y en a eu qu’un comme ça dans l’histoire de la télé, je vous explique.On critique aujourd’hui beaucoup les limitations de vitesse et les contrôles d'alcoolémie mais écoutez-moi bien, l’an dernier en France, il y a eu 3260 morts, pour près de 69 millions d’habitants et 50 millions de véhicules. Début 1973, on publie les mêmes chiffres mais il n’y a alors que 52 millions d’habitants et seulement 14 millions de véhicules. A votre avis, combien de morts sur les routes ?16.610. Vous vous rendez compte ? Plus de 13.000 de plus pour 4 fois moins de véhicules. C’est pas possible, il faut faire quelque chose. Et c’est là qu’un réalisateur a une idée. Il connaît une petite ville de France qui a le même nombre d’habitants, Mazamet : c’est comme si ses 16.610 habitants avaient été rayé de la carte en un an.Et donc, il fait le film le plus incroyable jamais vu à la télé. Il demande à tous les habitants de se coucher dans les rues de la ville pour les filmer au sol et d’hélicoptère. Vous imaginez le truc, tout doit se faire en même temps. Les gars ils sont là avec des gueulophones : Maintenant ! Et vlan, les gens se couchent. Certains spontanément accentuent la mise en scène en laissant leur coffre ouvert, sont à moitié sur la route et dans la voiture ou sur la route et le trottoir pour accentuer le côté dramatique.Je vous jure que ce bout de film était choc, saisissant.Et il n’y a pas que nous, le public, qui allons être impressionnés : les députés, les fonctionnaires, les ministres, tout le monde, au point que ce film tourné le 17 mai 1973 va être à l’origine de la limitation de vitesse généralisée, du fameux 0,8g d’alcool dans le sang, du port obligatoire de la ceinture en voiture et du casque à moto.
-
614
16 mai 1975 : Junko Tabei, la première femme sur le toit du monde
Quelle aventure incroyable, mes amis, ce 16 mai 1975 nous sommes sur le toit du monde, à plus de 8840 mètres d’altitude. Avec la première femme à atteindre ce sommet, elle est japonaise, un petit bout de femme incroyable nommé Junko Tabei qui franchement, mérite mille fois de s’y retrouver. Car comme disent tous les alpinistes à ce moment, l’Everest, ce n’est pas pour les femmes. Et même pire que ça, les hommes du club d’alpinisme où elle est inscrite au Japon disent qu’elle n’est là que pour rencontrer des hommes. Imaginez le truc. Junko, c’est une passionnée de montagne depuis une excursion qu’elle a effectuée avec la classe quand elle était gosse. Et le Japon, en 1949, c’est pas celui d’aujourd’hui. C’est un pays qui est sorti démoli de la guerre et dans sa famille de 7 sept enfants, on ne pense d’abord à se nourrir, alors l’alpinisme …Et donc Junko jongle entre trois boulots différents et son hobby. Mais quand on lui dit un truc pareil, au lieu de courber l’échine, elle fait un truc improbable : elle crée un club d’alpinisme féminin. Là au moins, on ne pourra plus nous dire qu’on est là pour rencontrer des hommes. Et ben mes amis, après une première expédition avec son club, Junko se dit : on va leur montrer et on va se faire l’Everest. Bon, ça coûte un pont, une telle expédition. Faut des sponsors qu’elle ne trouve pas. Il lui faut des années pour en trouver deux dont la télé nippone, et pour boucler le budget, ben, tout le monde y va de sa poche avec un matériel plus que limité. Et donc en ce mois de mai 1975, les voilà en train d’escalader l’Everest : 15 femmes et leurs neuf sherpas. Mais voilà, le 4 mai une avalanche tombe sur le camp, personne n’est porté disparu mais du matériel oui, dont les fameuses bouteilles d’oxygène. Il n’en reste que pour une personne, et c’est Junko qui va grimper seule avec un seul sherpa et arriver au sommet ce 16 mai 1975. Imaginez ce que représente pour elle la vue sur l’Himalaya autour d’elle. Et ben vous savez quoi ? Elle va avec son club, ensuite grimper le sommet des six autres continents, elle nous a quittés en 2016, son nom Junko devrait être dans les livres d’Histoire.
-
613
15 mai 1768 : L'achat de la Corse par la France
Je suis content de pouvoir expliquer un truc dont on a beaucoup parlé aux JT français mais sans jamais vraiment nous expliquer pourquoi tout ce bordel, en Corse. Et bien figurez-vous que tout a commencé ce 15 mai 1768, quand le roi de France Louis XVI a acheté la Corse aux Italiens.L’Italie n’est pas encore l’Italie, elle est divisée en plusieurs royaumes et républiques et depuis 400 ans, c’est la République de Gènes qui “possède” la Corse qui est toute proche des côtes italiennes, de Pise à Rome, à la grosse louche. Et donc, une quarantaine d’années plus tôt, des gars ont voulu prendre leur indépendance et ils l’ont prise, il y a parmi eux le grand-père Bonaparte. Ils ont même proclamé une république, avec le droit de vote pour les femmes, tout en continuant à se battre contre Gênes qui n’a franchement plus les sous pour un territoire qui lui rapporte peau de balle. Et quand les Anglais s’en mêlent, les Français disent, ah non, hein ils vont finir par nous encercler ces cochons-là. Et oui, la Corse ne rapporte rien mais c’est une place stratégique en mer Méditerranée pour contrôler le trafic. Louis XVI dit donc aux Génois, si vous voulez, je fais le boulot, mais vous me remboursez. Il envoie des hommes qui prennent les villes côtières et les ports sans venir à bout des indépendantistes repliés dans le maquis.Alors il dit aux Génois : voilà, vous me devez 30 millions de livres. Ah merde, on les a pas.C’est embêtant. Écoutez, on va faire un contrat, vous me cédez les territoires que j’occupe pour vous en attendant de me payer.Il sait que les autres ne pourront pas. Et l’année suivante, il termine le boulot lors d’une grande bataille. Voilà donc la Corse française avec des indépendantistes battus et qui vont en baver encore plus avec les révolutionnaires que rejoint le petit-fils Bonaparte, Napoléon de son prénom. Ce qui explique qu’il s’exprime mal en français, il faut dire qu’il est né en 1769, un an après que la Corse ait été vendue par les Génois. Mais, vous le savez, depuis ce 15 mai 1768, certains n’ont jamais renoncé.
-
612
14 mai 1864 : Une pluie de feu s'abat sur Montauban
Connaissez-vous Montauban ? Comme on dit dans les Tontons Flingueurs, on ne devrait jamais quitter Montauban. Mais bon, on est un siècle plus tôt que la bande à Lino Ventura, un 14 mai 1864, dans la campagne de Montauban, près de Toulouse, quand un groupe d’ouvriers rentrant du boulot, à pied, entend un bruit phénoménal venir du ciel.Je rappelle que nous sommes en 1864. A part de la fiente d’oiseau ou de l’eau, il ne tombe jamais rien du ciel. Et certainement pas un truc qui fait du chahut et qui est en flammes. Car oui, c’est une boule de feu qui arrive sur eux à toute vitesse et se fracasse sur le bord de la route. Mon vieux, les gars prennent leurs jambes à leur cou et se tirent vite fait, loin de cette masse incandescente qui a explosé et dont des morceaux rebondissent dans le champ.Mais plus rien ne se passe, donc ils ralentissent, s’arrêtent. Se regardent. Qu’est-ce qu’on fait ? Wells ne va écrire La guerre des mondes que dans 34 ans, hein ? Alors, ils font demi-tour et s’approchent du truc qui s’avère être des grosses pierres, puant le soufre. Je ne dois pas vous faire un dessin, il n’y a pas de volcan en activité à Montauban, ça se saurait. Qu’est-ce que c’est que ce truc ? Une comète ?Oui, c’est bien une comète qui s’est écrasée sur Terre, ce 14 mai 1864, et qu’on a observée traversant le ciel à toute allure, depuis le nord de la France jusqu’au nord de l’Espagne, tellement elle a illuminé le ciel.Et ils ont eu de la chance ces ouvriers qu’elle soit tombée à quelques mètres d’eux et pas sur eux car on a retrouvé une dizaine de ces météorites dont les deux plus gros fragments pèsent respectivement dix et quatorze kilos. Imaginez que ça vous tombe dessus à vingt kilomètres par secondes, enflammés par l’atmosphère, vous auriez la tête bien rentrée entre les épaules après ça.
-
611
13 mai 1968 : Le jour où ouvriers et étudiants ont fait trembler la France
Ce lundi 13 mai 1968, nous sommes en mai … 68. Et donc chez Renault, dans l’immense usine de Boulogne-Billancourt, en banlieue parisienne, il y a des ouvriers, y en a bien plus de 30.000 à l’époque, hein, faut le savoir, et ces ouvriers, ils discutent de ce qu’ils voient depuis une semaine le soir au journal télévisé. Et ce qu’ils voient, ben c’est des étudiants qui parlent, revendiquent, qui gueulent aussi, et qui se battent avec les CRS. Ah ça castagne ferme, hein, c’est du jamais vu, à coups de pavés de couvercles de poubelle en métal. Y a des bagnoles brûlées, des rues dépavées dans le Quartier latin, c’est l’insurrection, certains se croient en 1830, voire en 1789.Et justement, les syndicats ont appelé ce lundi à descendre dans la rue. En solidarité avec les étudiants. Alors ? On y va ? Toi, t’y vas ? C’est vrai que ce serait du jamais vu. Car les étudiants des universités et les ouvriers syndiqués CGT ou CFDT, c’est deux mondes très différents à l’époque. Le jeune Daniel Cohn-Bendit, ils ne comprennent pas bien ce qu’il raconte à la télé et ceux qui comprennent se disent que ces petits bourgeois ont des soucis que, eux, n’ont pas. Qu’ils viennent voir notre vie à l’usine, ces gamins !Mais bon, le syndicat a dit : on y va ! Alors ils défilent, mais séparément. Ils ne sont pas tombés d’accord, les étudiants se méfient de la CGT et du Parti Communiste, ils ne veulent pas être récupérés par Moscou.Mais voilà qu’à un certain moment, les deux cortèges se croisent. Alors ils se regardent. Les students en veston sombre, certains avec des longs cheveux et de l’autre côté du bleu de travail, des tabliers. Les étudiants n’ont pas dormi parce qu’ils occupent des lieux, se sont frités avec les CRS, les ouvriers parce qu’ils se lèvent toujours très tôt. Et là, finalement, les cortèges se mélangent. Des mecs montent sur des arbres et regardent en avant et en arrière, on entend dire qu’ils sont des centaines de milliers puis un chiffre tombe : un million !Finalement ce 13 mai 1968 est peut-être, plus que la violence, l’image qu’on devrait retenir de Mai 68.
-
610
12 mai 1937 : George VI et le premier couronnement médiatique de l'histoire
Vous avez vu dans la série The Crown, le couronnement d’Elisabeth II en 1953, avec son mari, le prince Philippe, qui en fait un spectacle télévisé. On dit d’ailleurs que c’est de là que démarre le côté star médiatique des Windsor. Et bien, ce n’est pas tout-à-fait vrai.Parce que le premier couronnement médiatique, c’est celui de son père, George VI, le 12 mai 1937. Pourquoi ? Et bien parce qu’il est retransmis à la radio, la BBC, avec des commentateurs. C’est la première fois que le public, dans tout le pays, et dans le monde, va communier en direct. Parce qu'avant, ce genre de reportage se lisait dans le journal le lendemain, au plus tôt. Là, en 1937, tout le monde vit l’événement au même moment, à la radio : seul, en famille, chez des voisins, ou au pub.Et on le fait avec d’autant plus d’émotion qu’entre le moment où Edouard VIII a été nommé roi, à la mort de son père début de l’année précédente, et son couronnement, et ben il a démissionné, abdiqué, on dit. C’est donc son jeune frère George VI qui monte sur le trône. Alors on veut savoir ! Et puis surtout, on veut savoir comment ça se passe à l’intérieur de Westminster. Entendre sa voix aussi. Et elle est singulière, émue, mal assurée. Et oui, vous l’avez peut-être vu dans le film, Le discours d’un roi, avec Colin Firth. L’émotion le fait bégayer, George VI. Il ne s’attendait pas à devenir roi de la plus grande puissance mondiale, il vivait peinard avec sa femme et ses enfants, dans le magnifique château de Glamis, près de Dundee, en Ecosse.Mais voilà, il est là, devant des milliers de Britanniques dans les rues, des centaines d’invités prestigieux dans l’abbaye dont sa fille, future Elizabeth II, et des centaines de millions à la radio. Il y en a même dix mille qui le voient à la télé. Car oui, en 1937, la BBC a ses deux heures d’émissions quotidiennes. Ça fait un an, déjà. Oh il n’y a que mille téléviseurs en Grande-Bretagne, ça coûte un pont, mais ça marche et les gens y croient. Alors imaginez l’émotion de tous ces millions de gens qui ne verront jamais Londres mais qui y sont en direct, ce 12 mai 1937, et qui sont conscient de vivre un moment historique !
-
609
11 mai 330 : L'inauguration de Constantinople, la nouvelle capitale de l'Empire
Ce matin, je voudrais vous faire rêver comme cela m’arrive à moi, souvent. Je vous emmène voir la plus grande merveille qu’il y ait eu sur terre mais dont on n’a aucune image, on la surnommait la reine des villes. Et ce qui est fou, c’est que quand le soleil se lève ce 11 mai 330, elle est toute neuve, cette ville. Nous sommes sur le Bosphore, dans une cité qui va être inaugurée en grande pompe. C’était avant une petite ville fondée par un Grec nommé Byzas, il y a mille ans, c’est pourquoi on la nommait Byzance. Elle était déjà belle, on dit encore en français, c’est pas Byzance, l’expression est connue, mais là, c’est devenu autre chose en un rien de temps. Et sur les gradins en pierre et en marbre de l’hippodrome, 450 mètres de long sur vingt mètres de haut, des dizaines de milliers de spectateurs se tiennent face-à-face.Imaginez Ben-Hur mais en vrai ! Le tumulte de ce public à qui on donne du pain et du vin gratuitement explose quand dans la grande loge apparaît l’empereur Constantin. C’est un grand jour car Byzance change de visage et de nom, elle va devient ce 11 mai, la nouvelle capitale de l’empire romain.Et oui, il est malin Constantin. Comme il en a marre de toutes ces grandes familles romaines qui ne provoquent que des disputes et des problèmes, il est parti fonder une nouvelle capitale. Où ? Loin des barbares germains, dans l’endroit le plus stratégique, le détroit du Bosphore. Pourquoi ? Parce que c’est là qu’est l’argent, où tout arrive de l’orient pour être vendu dans l’occident. Il a fait venir des statues de partout, construit des palais, un forum et surtout des églises car c’est le premier empereur chrétien. Enfin, avec une capitale bordée par la mer de trois côtés, bonne chance à ses ennemis pour l’attaquer. On sait aujourd’hui qu’il avait raison. Dans moins de 200 ans, Rome va tomber mais Constantinople et l’empire romain vont lui survivre encore 1000 ans. Je ne sais pas la tête qu’on ferait si on pouvait la visiter aujourd’hui tellement c’était extraordinaire. La preuve, le profil du dôme de la cathédrale Sainte Sophie, reste la vue classique d’Istanbul comme elle s’appelle aujourd’hui.
-
608
8 mai 1886 : L’invention du Coca-Cola par le pharmacien John Pemberton
Le 8 mai 1886, nous sommes dans une pharmacie d’Atlanta où un pan de notre civilisation de la bouffe et de la boisson va se jouer. Car une pharmacie à la fin du XIX° siècle, ça n’a rien à voir avec celles d’aujourd’hui. La médecine a fait bien sûr de belles découvertes ces dernières années mais pour la majorité des toubibs, on n’est pas loin des pièces de Molière. Y a des mecs qui prescrivent de fumer des cigarettes pour se soigner d’une infection respiratoire, ça ouvre les poumons !En 1886, derrière son comptoir, le pharmacien fabrique la majorité de ce qu’il vend comme médicaments. Il est un peu chimiste et aussi un peu optimiste sur les effets de ses trucs. Mais on vient le voir pour tout : un mal de tête, un coup de mou, les cheveux qui tombent et il a toujours un élixir, une préparation secrète.Et justement, ce 8 mai, le pharmacien John Stith Pemberton a mis au point un nouveau mélange. Un sirop brun, qu’il allonge avec de l’eau gazeuse et qu’il sert au verre, au comptoir. C’est un tonique pour les nerfs, dit-il, pour la fatigue, ah ben oui, la vie moderne commence à être trépidante.Les gens goûtent. Ça doit être bon pour la santé, puisqu’il le dit. Mon vieux, ils reviennent dans la journée, pas parce qu’ils se sentent mieux mais parce que c’est bon. Il faut dire que la recette contient de la feuille de coca et de la noix de kola. Rien d’illégal à l’époque, du sucre, évidemment, beaucoup de sucre, et même de l’alcool au début, c’est pour se sentir un peu plus en forme que d’habitude.Sans vraiment le savoir, John Stith Pemberton vient d’inventer la boisson qu’on connaît tous, celle qui dépense le plus d’argent en visibilité aujourd’hui. Il l’a appelé French Wine Coca au début puis Coca Cola puisqu’il y a du coca et de la noix de kola.Et vous vous dites : il a fait fortune. Eh bien non.Malade et endetté, il va vendre son invention et disparaître deux ans plus tard sans imaginer une seconde qu’elle va connaître une carrière exceptionnelle et pas en pharmacie.
-
607
7 mai 1824 : Beethoven et le triomphe « invisible » de la Neuvième symphonie
Nous ne sommes pas le premier janvier et pourtant je vous emmène à Vienne. D’ailleurs, nous sommes des privilégiés, car ce 7 mai 1824 il n’y a pas un siège de libre dans ce théâtre, ça a été la foire d’empoigne pour assister à la première de la nouvelle symphonie de Ludwig van Beethoven.Beethoven, c’est une légende vivante, en 1824. Ses œuvres sont jouées dans toute l’Europe, ses partitions s’arrachent, tous les garçons et les filles jouent du Beethoven au piano. Chacune de ses apparitions publiques est un événement.Sauf que voilà : le génie est devenu sourd. Complètement sourd.Alors sur scène, il se tient face à l’orchestre, à donner la mesure, comme il a toujours fait et comme s’il entendait encore tout. Mais en réalité, le public l’ignore, la direction est assurée par un autre chef, qui a d’ailleurs demandé aux musiciens de ne pas suivre Beethoven sinon ça va être le bordel.Et la salle se laisse emporter par la musique, d’abord enveloppante, puis un volume sonore hallucinant. Tout décolle : les cordes, les cuivres, les timbales. Beethoven, c’est le Metallica de l’époque. Mais il n’est pas au bout de ses surprises, le public, car à la fin, la symphonie se met à chanter. Un chœur apparaît, et emporte tout, jusqu’à une fin monumentale et interminable.Quand la dernière note tombe, le silence, c’est encore du Beethoven. Puis c’est l’explosion. Le public se lève, applaudit, crie, pleure, c’est un triomphe.Mais Beethoven, lui, ne s’arrête pas. Il continue à battre la mesure, les yeux fermés, il vit sa musique dans la tête. Alors une choriste approche, le prend par le bras, et le tourne vers la salle.Et là, il voit.Toute la salle debout, les visages bouleversés, l’ovation.Ce soir du 7 mai 1824, Ludwig van Beethoven n’a pas entendu le triomphe de sa Neuvième symphonie, il l’a vu. Et heureusement car 200 ans après, on n’a toujours pas fait mieux.
-
606
6 mai 1840 : L’invention du Penny Black, le tout premier timbre-poste
Ce 6 mai 1840, nous allons assister ensemble à une révolution qui se présente sous la forme d’un petit carré noir de papier. C’est une trouvaille, et franchement, il n’y avait que les Anglais pour y penser.Pour comprendre, il faut entrer dans un bureau de poste londonien. Alors imaginez le bois sombre, le comptoir en bois super épais, des feuilles et des taches d’encre partout. Les gens font la file avec leur lettre pliée à la main. Pas d’enveloppe à cette époque, on replie la feuille, on la scelle avec un cachet de cire, et hop, on écrit l’adresse dessus.Mais surtout, on s’informe du prix avec l’agent des postes. Car envoyer une lettre, ça coûte bonbon, pardon toffee, et puis les tarifs sont compliqués. En effet ça dépend de la distance, du nombre de pages et puis, c’est celui qui reçoit la lettre qui paie. On a toujours fait comme ça !Alors évidemment, des petits malins ont trouvé une combine pour se donner des nouvelles gratos. Quand le facteur lui tend la lettre, il la regarde sans l’ouvrir puis il la refuse et donc, ne paie rien. Et oui, c’est des mecs qui ont convenu de se donner des nouvelles grâce à un code, un signe.Et donc, de plus en plus de gens le font, ça commence à faire un solide manque à gagner pour la Royal Mail. Et là, un gars nommé Rowland Hill, un administrateur, un organisateur de génie, dit : on va tout changer. Désormais envoyer une lettre se fera à un prix unique : un penny (entre 2 et 5 euros auj). Comme ça, tout le monde ou presque peut le faire, donc plus de courriers, on récupère sur le nombre. Ensuite, c’est celui qui envoie qui paie et on n’en parle plus. Et comment on va savoir que c’est payé ? répond un fonctionnaire, triomphant. Et ben, en collant un bout de papier noir, à l’effigie de la Reine. Et les petits malins qui vont le réutiliser ? On va mettre un gros cachet rouge dessus, en forme de croix pour l’annuler !Dois-je préciser que ce Penny black de 1840, à 1 centime de livre sterling, vaut aujourd’hui entre quelques dizaines et des milliers d’euros. Comme quoi, des petites révolutions peuvent prendre une valeur insoupçonnable avec le temps.
-
605
5 mai 1862 : L’origine du Cinco de Mayo et la défaite de Napoléon III au Mexique
Hier nous étions le 4 mai, Star Wars Day, et bien ce cinq mai, c’est le jour de nos amis mexicains. Cinco de Mayo, vous connaissez cette énorme teuf qui a lieu le 5 mai, au Mexique ? Les rues sont remplies de gens comme aux fêtes du XV août, la St Patrick ou aux Wallonies. C’est un immense carnaval coloré et patriotique : les gens assistent à des défilés, des concerts, mangent et boivent dans les rues. Y compris aux Etats-Unis, avec l’énorme communauté mexicaine, pour le plus grand plaisir des amis du gros Donald.Mais voilà, ce n’est pas la fête nationale, non, ils commémorent une bataille victorieuse sur l’armée de Napoléon III en 1862.Et pourtant, c’était pas gagné, hein. En deux mots, le Mexique a emprunté de l’argent à la France, l’Angleterre et l'Espagne, argent qu'il ne peut pas rembourser. A l’époque, les mecs n’attendent pas les bras croisés, un général français mène donc 10.000 hommes pour reprendre les sous de force, je schématise, hein, mais vous voyez le truc.Alors ce matin du cinq mai, devant la ville de Puebla, Rancho, il a pas fermé l’œil de la nuit. La faute au cactus derrière lui et à son amigo Pedro, qui ronfle comme un mulet enrhumé. Mais c’est Pedro, Pedro la muerte ! Et Pedro, il ne foume pas, il ne bouve pas, ma il toue ! Bref, deux Mexicains basanés, leur grand chapeau sur le nez, avec leur vieux fusil qui plissent les yeux en plein soleil, en regardant arriver l’armée française : Rancho, on va vraiment se battre contre des types aussi bien habillés ? Ils ont de l’humour, hein ?Et puis tout s’emballe. Des tirs, des cris, des charges dans tous les sens. Rancho rate trois fois sa cible mais réussit quand même à faire tomber un chapeau, Pedro ça compte un chapeau ? Là-dessus, il se met à tomber autre chose, mon vieux, une de ces draches qui transforme le champ de bataille en bain de boue, les cavaliers français battent en retraite, le reste suit.Pedro n’en croit pas ses yeux sous son sombrero : Attends, ils s’en vont, là ? Rancho, trempé, lui répond : Cherche pas à comprendre, on a gagné. Ils vont rentrer chez eux, c’est ce qui compte, ce cinq mai 1862, et ça, c’est une excellente raison de faire la fête. Allez musique ! (Le magnifique …)
-
604
4 mai 1979 : Comment Margaret Thatcher a involontairement lancé le Star Wars Day
Mes amis…, bon, là, je vais être sérieux deux secondes. Parce que, vous l’avez constaté, l’Empire resserre de plus en plus son étau, oui oui, même sur notre petite planète Terre dans la banlieue de la galaxie. On en voit de plus en plus des casques blancs et puis aussi le Man in Black avec son masque à gaz et sa respiration flippante … Allez, il va falloir que vous sortiez de vos canapés parce que le 4 mai, c’est pas un jour comme les autres… Que la Force soit avec vous !Et oui, je ne sais pas si vous le savez mais le 4 mai, May the Fourth, on dit en anglais, c’est le Star Wars Day, ce jour très particulier où la planète entière bascule du côté des Jedi ou du côté obscur. Et le phénomène est beaucoup plus répandu qu’on ne le croit, ce n’est pas pour rien que Disney a racheté la franchise.Je sais qu’il y en a parmi vous qui ont déjà vu un collègue d’habitude très sérieux débarquer le matin du 4 mai avec un sabre laser, y en a, hein, et des très bluffants, mon fils en a un. Ou le copain qui transforme son parapluie en sabre laser imaginaire, et puis celui qui imite le bruit hydraulique d’une porte en appuyant sur le bouton de la machine à café.Et tout ça, à cause d’un jeu de mots : “May the 4th - May the Force”, et qui trouve son origine, non pas en Amérique, ni dans l’entourage de George Lucas, mais en Angleterre.Le petit film de SF de Lucas que personne n’a vu venir, a battu tous les records historiques d’entrées en 1977 et 78, quand le 4 mai 1979, le Royaume-Uni vient d’élire pour la première fois de son histoire, une femme, 1er ministre. Elle se nomme Margaret Thatcher, et dans le bus, le métro de Londres ce matin, les gens qui ont acheté leur journal vont découvrir dans le London Evening News, un message publicitaire qui lui est adressé : “Que ce 4 mai soit avec vous, Maggie, félicitations”. En VO : May the fourth be with you, Maggie, congratulations ! Et oui, la dame de fer à l’origine du Star Wars day, ça ne pouvait être qu’involontaire.
-
603
3 mai 1987 : La fin tragique de Dalida, une icône brisée par la solitude
Ce matin du 3 mai, nous sommes en 1987, rien que de dire 80, j’entends déjà des aah les années 80 mais bon au niveau des drames et des catastrophes, ça a été une décennie comme les autres et justement, ce 3 mai 87 on apprend la mort de Dalida.Alors c’est vrai qu’on avait de Dalida depuis les années 70 une image d’artiste de variétés au sens péjoratif du terme, on la voyait dans toutes les émissions de Guy Lux et des Carpentier jouer des sketches pas très malins, comme les autres cela dit, souvent c’était gainsbourg qui les écrivait. Mais disons qu’en plus, il y avait eu cette histoire de playback sur scène dont elle usait un peu trop souvent et ça avait écorné son image, des humoristes aussi la raillaient, comme Thierry Le Luron en l’imitant.Mais il faut remettre l’église au milieu du village, Dalida c’était une artiste de haut niveau, qui n’aurait peut-être pas dû chanter tout ce que les producteurs lui donnaient à enregistrer. Il n’en demeure pas moins qu’elle a aussi sorti de solides titres. Bref énorme vendeuse de disques depuis les années 50 où, issue de la communauté d’Européens d’Egypte, comme Claude François, elle reprend en français un titre italien, son pays d’origine. Elle s’appelle Iolanda Gigliotti de son vrai nom, et la chanson : Bambino.Elle est comédienne au départ, le succès fait d’elle une chanteuse. Elle vit avec Lucien Morisse, le patron d’Europe 1 et du label de disques AZ mais dont elle divorce et vit avec le chanteur italien Luigi Tenco qui se suicide d’une balle dans la tête début 1967. Désespérée, elle va aussi tenter de mettre fin à ses jours et ne va pas s’en remettre. Lucien Morisse va aussi se suicider, elle va vivre avec un escroc mythomane qui se fait passer pour un alchimiste immortel. Mais contrairement à ce qu’on pense, c’est toujours le succès, elle vient de faire un retour triomphal au cinéma, et de retour d’un concert en Turquie, elle doit aller au spectacle et dîner le soir du 2 mai 1987 avec son compagnon du moment, qui décommande. On la retrouvera morte le lendemain avec ces mots : La vie m’est insupportable, pardonnez-moi, elle qui avait dit qu’elle prendrait sa retraite en l’an 2000.
-
602
2 mai 1980 : Joy Division, le récit du tout dernier concert à Birmingham
Ce soir nous sommes à Birmingham, le 2 mai 1980, une date importante dans l’histoire du rock. Alors c’est vrai que c’est la ville des groupes Electric Light Orchestra ou de Black Sabbath, Ozzy Osbourne, qui sont d’énormes machines mondiales mais en mai 1980, on est au cœur de l’âge d’or de la New Wave.Et même si ça se passe encore dans des petites salles, ça commence à bouger pour des groupes du coin comme The Beat ou Duran Duran. Et des concerts, y en a partout, d’ailleurs ce soir, vous pouvez aller voir à l’Université de Birmingham, le groupe new wave le plus important du moment, celui que tout le monde admire, y compris The Cure et U2. Leur nom rameute toute la tribu new wave, il est dessiné sur une affiche artisanale : Joy Division.On ne peut pas trouver un nom plus malsain pour un groupe rock, leur musique est très sombre, la voix de leur chanteur Ian Curtis, aussi. Mais c’est d’ailleurs ça qui fait courir les jeunes, ce côté sombre et froid de la musique qui se veut la plus anti commerciale possible, on est en pleine époque post punk.Et donc, ceux qui sont allés dans leur poche chercher la livre et demi (même pas deux euros d’aujourd’hui, 120 francs belges de l’époque) pour payer le prix du billet, ils vont assister sans le savoir au dernier concert de Joy Division. Le groupe n’a pas encore sorti son deuxième album qui va influencer la musique des dix prochaines années.Il n’y aura pas d’autres concerts, en effet les Joy Division doivent partir bientôt pour leur première tournée américaine mais dans quinze jours la femme de Ian Curtis va le retrouver pendu dans leur cuisine. Un choc terrible pour elle, le groupe, leur entourage et le public qui va faire de Ian Curtis un artiste culte, qui n’a pas entendu cette chanson, reprise, entre autres, Paul Young …Quant aux trois autres membres du groupe, ils vont décider de continuer ensemble sous le nom de New Order.
-
601
1er mai 1561 : l’origine royale de la tradition du muguet sous Charles IX
1er mai, fête du travail, jour du muguet. Tenez, vous savez d’où vient la tradition de la branche de muguet qu’on offre le 1er mai ? Ça ne remonte pas à hier, à la Renaissance, au roi Charles IX. Il n’a que 11 ans le gamin ! Mais ça fait déjà un an qu’il est roi. Il n’aurait jamais dû se retrouver sur le trône mais son frère qui avait succédé à leur père est lui-même mort à l’âge de 16 ans. Et même si c’est leur maman, Catherine de Médicis, qui tire les ficelles, c’est la régence, ben il est quand même mal tombé, Charles IX, dans un pays qui se déchire entre catholiques et protestants. Il va quand même être le roi du massacre de la St Barthélémy, Charles IX. Mais ce n’est pas pour tout de suite, pour l’instant à 11 ans, il voudrait un peu de poésie dans ce monde de brutes.Et donc, en ce début mai 1561, alors qu’il est en déplacement dans la vallée du Rhône, un membre de sa cour lui offre ce qu’on appelle alors un Lys des vallées, une fleur qui pousse dans les sous-bois au début du printemps et qui symbolise donc la fin de l’hiver, le renouveau. Et puis la pureté aussi, elles sont tellement blanches ces petites clochettes qui pendent aux tiges, des clochettes dont on se sert pour éloigner les mauvais esprits.C’est charmant, dit Charles IX, qui désormais, chaque premier mai va faire fleurir les dames de la cour avec des Lys des vallées que nous appelons le muguet. Et la tradition survit, dans certaines régions de France en tout cas, car au début du vingtième siècle, le premier mai est devenu la fête du travail et ce jour, on offre désormais une églantine rouge.Bonne idée d’offrir des fleurs aux clientes, au printemps, se disent alors les couturiers parisiens qui vont reprendre la tradition instaurée par Charles IX. Et très vite, le muguet va remplacer partout les églantines rouges. On ne peut plus aujourd’hui s’en passer un premier mai, c’est beau, ça sent bon, c’est classe pour votre dame ou votre maman, et ça nous a été offert par un jeune roi de 11 ans, un 1er mai 1561.
-
600
30 avril 1993 : le jour où le CERN a rendu le World Wide Web gratuit
J’ai l’impression que c’était hier et pourtant, vous souvenez-vous, avez-vous connu ce temps où, pour aller sur internet, il fallait demander la permission, payer un droit d’entrée, ou passer par une entreprise privée. Cela paraît absurde aujourd’hui et pourtant, c’est ce monde virtuel qu’on construisait jusqu’à ce30 avril 1993. Ce jour-là, dans des bureaux, ceux du CERN, une décision va changer la vie quotidienne de milliards de personnes. Le laboratoire européen annonce que la technologie du World Wide Web va être mise à disposition de tous, librement, gratuitement. En clair : internet devient gratuit.Car oui, Internet existe déjà. Depuis les années 1970, des chercheurs, des universités, des militaires utilisent des réseaux informatiques reliés entre eux. Mais ce n’est pas encore le vaste espace public que nous connaissons. Ce qui manque, en fait, c’est un système simple pour naviguer de page en page, cliquer sur un lien, consulter des informations venues d’ailleurs sans être ingénieur.Ce système, c’est le World Wide Web, imaginé par Tim Berners-Lee, un ingénieur britannique au CERN. Avec quelques collègues, il a mis au point les adresses web, les pages en HTML, les liens hypertextes, et l’idée géniale du clic qui vous emmène ailleurs.Et ce 30 avril 1993, le CERN choisit de ne pas garder cela pour lui. Pas de péage à l’entrée ni d’abonnement obligatoire pour utiliser la technologie. Chacun peut créer un site, un navigateur, développer des outils autour du web.Mais bon, presque personne ne va en parler. On n’a pas encore compris ce qui vient de se passer. Beaucoup n’ont jamais vu une page web. Mais n’empêche, on vient d’ouvrir gratuitement la plus grande bibliothèque, le plus grand marché, la plus grande salle de discussion mais aussi, malheureusement, la plus grande foire à conneries de l’histoire de l’humanité.
-
599
29 avril 2011 : le mariage de William et Kate, un pique-nique national mémorable
Le 29 avril 2011 marque une date historique et joyeuse pour la monarchie britannique : le mariage du prince William et de Kate Middleton. Bien plus qu'une simple cérémonie officielle retransmise à la télévision, cet événement a pris la forme d'un immense élan de communion nationale, décrit comme un véritable "pique-nique national". Dès les jours précédents, la ferveur était palpable à Londres, où des milliers de personnes campaient déjà autour de Buckingham Palace et de l'abbaye de Westminster pour ne rien manquer du spectacle.Ce vendredi-là, le pays tout entier s'est arrêté grâce à un jour férié exceptionnel, favorisant une atmosphère de fête populaire inédite. Sous un ciel radieux, les rues de tout le Royaume-Uni se sont animées de façon spontanée. Des tables ont été dressées dans les lotissements les plus calmes, dans les quartiers ouvriers et sur les places des villages. L'esprit de partage était partout : à Manchester, les drapeaux flottaient entre les maisons ; à Birmingham, les voisins s'échangeaient des pâtisseries encore tièdes ; et à Canterbury, la convivialité se manifestait par des téléviseurs sortis dans les garages pour que tout le quartier puisse suivre l'événement en buvant un verre ensemble.Les traditions britanniques ont été mises à l'honneur avec une touche de simplicité décontractée. Les pubs, ouverts très tôt, ont servi des petits-déjeuners spéciaux "mariage royal" avec une consommation record d'œufs et de pintes de bière, créant une ambiance digne d'une finale de Coupe du monde. Dans les fêtes de rue, on savourait des saucisses grillées sur des assiettes en carton et on trinquait avec du thé ou du vin blanc servi dans des gobelets en plastique.L'émotion était profonde, car le peuple voyait en William le fils de la princesse Diana, ce prince qu'ils avaient vu grandir et qui épousait enfin une femme "comme eux", non issue de la noblesse. Malgré l'attention portée à la beauté de Kate ou à sa sœur Pippa, c'est l'envie d'être ensemble qui a dominé. Après les années de crise financière, cette journée a offert une parenthèse de légèreté, transformant un mariage princier en un moment de fraternité collective.
-
598
28 avril 1967 : le jour où Muhammad Ali a défié l'Amérique en refusant d'aller au Vietnam
Le 28 avril 1967, l’atmosphère est pesante au centre de recrutement militaire de Houston, au Texas. Des jeunes Américains, papiers à la main et la peur au ventre, attendent leur incorporation alors que l’ombre de la guerre du Vietnam s’étend sur le pays depuis des mois. Parmi eux se trouve une figure connue à l'échelle de la planète : Muhammad Ali, champion du monde des poids lourds. Celui qui a abandonné trois ans plus tôt son nom de naissance, Cassius Clay, qu'il considérait comme un héritage du temps des esclaves, s'apprête à porter le combat hors du ring.Le moment de tension atteint son paroxysme lorsque le planton chargé de l’incorporation appelle le champion. Ali reste totalement immobile. Le militaire attend, répète son nom une deuxième, puis une troisième fois, mais le boxeur ne bouge pas. En refusant ainsi d'entrer dans l'armée, Ali lance un défi direct et retentissant à l'État américain. Ce geste n'est pas seulement un refus individuel ; il s'inscrit dans une Amérique en plein doute, où les images de la boue, des hélicoptères et des cercueils revenant du front saturent les écrans de télévision et poussent les campus à manifester.Ali va cependant bien plus loin que les simples mouvements contestataires. Il pose une question fondamentale sur la condition des Noirs aux États-Unis : pourquoi demander à des Noirs américains d'aller se battre à l'autre bout du monde pour une égalité qui n'existe pas chez eux ?. C'est dans ce contexte qu'il prononce sa phrase devenue historique : « Aucun Vietkong ne m'a jamais traité de n**** ».Les conséquences pour l'athlète de 25 ans, alors au sommet de son art, sont immédiates et brutales. On lui retire son titre mondial et sa licence de boxe est suspendue. Condamné par la justice, il devra attendre quatre ans avant d'être réhabilité et de pouvoir boxer à nouveau. Par ce sacrifice, Ali a transformé sa légende sportive en une icône de la résistance morale.
-
597
27 avril 1905 : l'inauguration de l'Exposition universelle à Liège
Le 27 avril 1905, la ville de Liège s'est réveillée dans une effervescence totale pour l'ouverture de son Exposition Universelle. Dès l'aube, après les 21 coups de canon tirés la veille depuis la citadelle, des ouvriers, jardiniers et balayeurs s'activaient frénétiquement pour que la ville soit prête à accueillir le monde entier. À cette époque, Liège est une puissance industrielle majeure, réputée pour ses charbonnages, ses aciéries, ses ateliers de verre et ses cristalleries comme celle du Val Saint-Lambert. Cette exposition est l'occasion pour la ville de démontrer son savoir-faire et de s'exporter à l'international.Une cérémonie royale et une foule immense L'inauguration officielle s'est déroulée en présence du prince Albert (futur Albert Ier), représentant le roi Léopold II. Accueilli à la gare des Guillemins par une foule immense vêtue de ses plus beaux habits — vestes sombres et chapeaux haut de forme pour les messieurs, d'où l'expression « noire de monde » —, le prince a coupé le ruban inaugural, ouvrant l'accès à un site s'étendant sur 70 hectares.Un voyage entre exotisme et modernité Le site de l'exposition, qui s'étendait de Fragnée à Cointe, en passant par la Boverie, offrait un décor spectaculaire de palais, de jardins et de passerelles. Les visiteurs pouvaient y découvrir :Des pavillons lointains : Des architectures et des curiosités venues du Japon, de Perse ou des États-Unis, offrant un dépaysement total à une époque où la télévision et le cinéma n'existaient pas encore pour populariser ces contrées.Des prouesses technologiques : Des machines géantes et des inventions électriques comme le chronophone de Gaumont (ancêtre du cinéma parlant).Des démonstrations insolites : La police parisienne y présentait notamment les nouvelles techniques de relevés d'empreintes digitales, typiques de l'époque des « Brigades du Tigre ».Des saveurs inconnues : Des restaurants proposaient des spécialités exotiques, une rareté absolue en 1905.Un succès populaire et un héritage durable L'accès à ce monde merveilleux coûtait 1 franc, une somme non négligeable pour les bourses modestes, mais l'événement a duré plus de six mois, jusqu'au 6 novembre 1905, permettant à beaucoup d'économiser pour s'y rendre. L'exposition a attiré près de 7 millions de visiteurs, soit l'équivalent de la population belge de l'époque.Aujourd'hui encore, Liège conserve des traces prestigieuses de cette splendeur passée, notamment le pont de Fragnée et le Palais de la Boverie, qui témoignent de l'enthousiasme et de la confiance qu'inspirait l'entrée dans ce nouveau siècle.
We're indexing this podcast's transcripts for the first time — this can take a minute or two. We'll show results as soon as they're ready.
No matches for "" in this podcast's transcripts.
No topics indexed yet for this podcast.
Loading reviews...
ABOUT THIS SHOW
Revivez les moments marquants de l’histoire avec Brice Depasse ! Chaque épisode de ce podcast vous transporte dans une date précise où un événement a laissé une empreinte indélébile dans nos souvenirs. Brice Depasse, avec son talent de conteur, vous fait revivre ces journées mémorables à travers des anecdotes captivantes et des actualités qui ont marqué les esprits. Que ce soit le jour où Martin Luther King a prononcé le célèbre "I Have a Dream", la sortie du film "Les dents de la mer" ou le premier vol dans escale entre New-York et Paris, ce podcast vous propose un voyage dans le temps au cœur des événements qui ont façonné notre monde et notre Belgique. Plongez dans l’atmosphère de ces époques et redécouvrez les actualités qui ont fait la une des journaux, tout en partageant des anecdotes peu connues qui donnent un nouvel éclairage sur ces instants décisifs. Brice Depasse vous invite à vous souvenir des événements qui ont rythmé votre vie, à travers le prisme
HOSTED BY
Nostalgie Belgique
CATEGORIES
Loading similar podcasts...