EPISODE · Aug 26, 2026
À la Une: les deux réalisateurs français retenus au Togo
from Revue de presse Afrique · host RFI
« L’inquiétude grandit, relève le site Afrikmag, autour de Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, deux réalisateurs français détenus au Togo depuis la fin du mois de juillet. Les deux hommes se trouvaient dans le nord du pays pour le tournage d’un épisode de l’émission documentaire Les Routes de l’impossible. Leur collaborateur togolais, Fred Vedomey, est également privé de liberté. Leurs familles ont publiquement alerté sur leurs conditions de détention et leur état de santé. Elles se disent bouleversées par une situation qui dure depuis plusieurs semaines ». « La justice togolaise a fait une première concession, pointe le site Afriquinfos, en libérant sous contrôle judiciaire vendredi dernier Sebastian Perez Pezzani ». Celui-ci « souffre de douleurs persistantes et doit subir une intervention médicale, précise Afrik.com. Selon son avocat, deux médecins ont attesté de la nécessité de cette prise en charge et l’un d’eux a estimé que les infrastructures médicales disponibles au Togo ne permettaient pas de réaliser l’intervention envisagée. Sebastian Perez Pezzani n’est pas hospitalisé, mais il reçoit régulièrement la visite d’un médecin. D’après son avocat, il souhaite être opéré en France ». La semaine dernière, Reporters sans frontières avait fait état de « graves problèmes de santé » du réalisateur et demandé son évacuation sanitaire vers la France. Pas les autorisations nécessaires ? Afrik.com revient sur les raisons de l’arrestation des deux réalisateurs et de leur collaborateur togolais : « Leur interpellation est intervenue le 27 juillet dans une zone proche de la frontière avec le Burkina Faso, où la situation sécuritaire est tendue. Les deux réalisateurs français ont ensuite été placés sous mandat de dépôt à Lomé le 17 août. La justice togolaise leur reproche notamment des faits liés à l’utilisation d’un drone et à des prises de vues réalisées dans cette partie du territoire. La justice togolaise a également évoqué la question des conditions dans lesquelles les deux Français exerçaient leur activité professionnelle. Des sources locales ont rapporté un différend concernant leur titre de séjour et l’utilisation d’un visa qui aurait été considéré comme inadapté à des activités journalistiques et à des prises de vues professionnelles ». Le nord du Togo sous la menace jihadiste Il faut savoir, poursuit Afrik.com, que « le nord du Togo fait l’objet de mesures de sécurité renforcées depuis plusieurs années. Depuis la fin 2021, cette région est confrontée à des incursions et attaques attribuées à des groupes armés affiliés à al-Qaïda et à l’État islamique. Un état d’urgence y est maintenu et régulièrement prolongé par les autorités togolaises ». De plus, relève encore Afrik.com, « cette affaire intervient alors que les relations entre les autorités togolaises et plusieurs médias français sont tendues. Les signaux de Radio France Internationale et France 24 sont interrompus au Togo depuis juin 2025. Les autorités togolaises avaient justifié ces mesures en contestant la couverture de l’actualité politique et de manifestations de l’opposition par les deux médias ». La valse des nominations au sein de l’armée togolaise Pour sa part, en marge de cette affaire, Jeune Afrique pointe le récent remaniement au sein de l’armée togolaise opéré par le président Faure Gnassingbé. « Une refonte dictée autant par la menace jihadiste dans le nord du pays que par la volonté du président du Conseil de consolider sa mainmise sur l’armée. » Un nouveau chef d’État-major des armées a été nommé, de même qu’un nouveau directeur de l’Agence nationale de renseignement. « Ce mercato militaire répond aux besoins de la nécessaire réadaptation de la stratégie antiterroriste, précise Jeune Afrique, dans cette région du nord du Togo, confrontée à d’incessantes incursions jihadistes en provenance du Burkina Faso voisin. Selon plusieurs sources proches de l’appareil sécuritaire, le profil des gradés promus à des postes clés traduit aussi la volonté du chef de l’État de resserrer la coordination entre les services de renseignement et les forces engagées sur le terrain. Il s’agit aussi, pour Faure Gnassingbé, de mieux contrôler l’armée en s’assurant de la fidélité de ses chefs ». Jeune Afrique qui précise encore que « le nouveau chef d’état-major sera également un élément central dans la coordination avec les partenaires étrangers dans le domaine sécuritaire ». Comme l’avait révélé le site panafricain dans une enquête publiée début juillet, « des “instructeurs“ turcs sont notamment présents sur la base de Dihiaga, dans le nord du Togo, où, ils seraient chargés de la formation des forces spéciales et seraient actifs lors d’opérations militaires. En outre, depuis le mois de janvier, 300 militaires russes d’Africa Corps sont déployés dans le pays ».
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