EPISODE · Sep 27, 2025 · 4 MIN
CDI Hybrides bestiaux
from La Communauté des Invisibles
Nous l’avions teasé dans l’épisode sur les loups-garous : toutes les ethnies du monde ont abordé avec un mélange de curiosité et de peur le croisement de l’humain et de l’animal. C’est l’heure de revenir développer ce sujet.Mon nom est Joffrey Lebourg, enseignant, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux seize ouvrages, répartis entre quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).Nous devons principalement remercier les Grecs pour ce bestiaire d’hybrides. À commencer par les harpies, femmes avec des serres et des ailes de vautour, et malgré tout de petites mains griffues au bout de celles-ci. Elles sont cruelles, voraces, grossières et tellement sales que leur odeur suffit à faire défaillir leurs proies. Tandis qu’une simple coupure de leurs griffes, à cause des microbes, peut être mortelle.Au même rayon, nous avons les sirènes. Leur chant hypnotique conduit les marins à s’échouer sur les écueils de leur île puis à se laisser déchiqueter. Par la suite, au contact des autres civilisations décrivant des créatures pisciformes (comme le Hai Ho Shang en Chine du Sud), elles évoluent en cet hybride bien connu à queue de poisson. Elles deviennent alors pêcheuses plutôt que chasseresses. L'un de mes héros des Sept Reliques est un triton, une sirène mâle.Si nous restons dans les créatures aquatiques, mentionnons également le vodianoï, l’homme-grenouille des rivières slaves. Il noie les pêcheurs pour garder leur âme dans des bocaux, même si on ignore l’usage qu’il leur trouve, mais peut être soudoyé avec un peu de tabac. On l’aperçoit souvent assis à fumer sur un rocher.Les Grecs nous parlent aussi du cynocéphale. Tout est dans le nom : « tête de chien ». Une créature assez frustre et sauvage, mais pas hostile, bien différente du lycanthrope. On peut la rapprocher de l’adlet, créature de la mythologie inuite, qui a cette fois des jambes canines et un tempérament agressif ; ainsi que du psoglav, un mangeur d’hommes à tête de chien cyclope et à pieds de cerf qui vivrait au fond des grottes en Serbie et en Croatie.Poursuivons avec les lamias. Chez les Grecs, c’est tout à la fois le nom de plusieurs personnages légendaires et celui d’une race, des femmes devenant serpent à partir de la taille – comme la fée Mélusine en France. Elles enlèvent de jeunes hommes pour s’accoupler, après avoir dévoré leurs compagnes.Cette hybridation se retrouve dans l’hindouïsme, avec le peuple nâga. Des serpents géants, qui peuvent aussi apparaître comme hybrides ou humains à part entière. Ils incarnent des forces sauvages et redoutables, peu soumises à la loi divine, mais sont aussi associés à la prospérité et à la fécondité, médiateurs entre la Terre et les Cieux. C’est une race que j’utilise assez régulièrement dans mes écrits, depuis les Chroniques des Sang-Mêlé.Ce mythe de l’homme-serpent est présent un peu partout autour du globe. Même les Gaulois avaient leur anguipède, qui possède deux serpents entiers remplaçant ses jambes ! Et ceux-ci ont une morsure venimeuse. Cependant, c’est un être craintif, il préfère fuir s’il le peut.Impossible de terminer cet épisode sans évoquer le centaure, un buste d’homme sur un corps de cheval. Ou de taureau (bucentaure). Ou d’âne (onocentaure). Ou de poisson (ichtyocentaure).Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Nous l’avions teasé dans l’épisode sur les loups-garous : toutes les ethnies du monde ont abordé avec un mélange de curiosité et de peur le croisement de l’humain et de l’animal. C’est l’heure de revenir développer ce sujet.Mon nom est Joffrey Lebourg, enseignant, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux seize ouvrages, répartis entre quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).Nous devons principalement remercier les Grecs pour ce bestiaire d’hybrides. À commencer par les harpies, femmes avec des serres et des ailes de vautour, et malgré tout de petites mains griffues au bout de celles-ci. Elles sont cruelles, voraces, grossières et tellement sales que leur odeur suffit à faire défaillir leurs proies. Tandis qu’une simple coupure de leurs griffes, à cause des microbes, peut être mortelle.Au même rayon, nous avons les sirènes. Leur chant hypnotique conduit les marins à s’échouer sur les écueils de leur île puis à se laisser déchiqueter. Par la suite, au contact des autres civilisations décrivant des créatures pisciformes (comme le Hai Ho Shang en Chine du Sud), elles évoluent en cet hybride bien connu à queue de poisson. Elles deviennent alors pêcheuses plutôt que chasseresses. L'un de mes héros des Sept Reliques est un triton, une sirène mâle.Si nous restons dans les créatures aquatiques, mentionnons également le vodianoï, l’homme-grenouille des rivières slaves. Il noie les pêcheurs pour garder leur âme dans des bocaux, même si on ignore l’usage qu’il leur trouve, mais peut être soudoyé avec un peu de tabac. On l’aperçoit souvent assis à fumer sur un rocher.Les Grecs nous parlent aussi du cynocéphale. Tout est dans le nom : « tête de chien ». Une créature assez frustre et sauvage, mais pas hostile, bien différente du lycanthrope. On peut la rapprocher de l’adlet, créature de la mythologie inuite, qui a cette fois des jambes canines et un tempérament agressif ; ainsi que du psoglav, un mangeur d’hommes à tête de chien cyclope et à pieds de cerf qui vivrait au fond des grottes en Serbie et en Croatie.Poursuivons avec les lamias. Chez les Grecs, c’est tout à la fois le nom de plusieurs personnages légendaires et celui d’une race, des femmes devenant serpent à partir de la taille – comme la fée Mélusine en France. Elles enlèvent de jeunes hommes pour s’accoupler, après avoir dévoré leurs compagnes.Cette hybridation se retrouve dans l’hindouïsme, avec le peuple nâga. Des serpents géants, qui peuvent aussi apparaître comme hybrides ou humains à part entière. Ils incarnent des forces sauvages et redoutables, peu soumises à la loi divine, mais sont aussi associés à la prospérité et à la fécondité, médiateurs entre la Terre et les Cieux. C’est une race que j’utilise assez régulièrement dans mes écrits, depuis les Chroniques des Sang-Mêlé.Ce mythe de l’homme-serpent est présent un peu partout autour du globe. Même les Gaulois avaient leur anguipède, qui possède deux serpents entiers remplaçant ses jambes ! Et ceux-ci ont une morsure venimeuse. Cependant, c’est un être craintif, il préfère fuir s’il le peut.Impossible de terminer cet épisode sans évoquer le centaure, un buste d’homme sur un corps de cheval. Ou de taureau (bucentaure). Ou d’âne (onocentaure). Ou de poisson (ichtyocentaure).Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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