PODCAST · fiction
La Communauté des Invisibles
by Joffrey LEBOURG
Vous aimez les créatures fabuleuses ? Vous voulez savoir d'où elles viennent, à quoi elles ressemblent, quel était leur rôle symbolique dans leur culture d'origine ? Ce que la pop culture en a fait, ou s'il en reste des traces dans le monde moderne ? Alors, vous êtes au bon endroit ! Des grands classiques aux oubliés, des plus amicaux aux moins sympathiques, sur tous les continents, redécouvrons ceux que le progrès a voulu enterrer : la Communauté des Invisibles ! Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDD La dernière séance
Mon nom est Joffrey Lebourg, journaliste, podcasteur et romancier aux seize ouvrages en quatre sagas. Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour les amateurs de quête épique cherchant d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).Pour la dernière fois, je vous accueille au sein de la Communauté des Invisibles. Vous êtes nombreux à suivre l’émission depuis son lancement, le 1er juillet ; il était logique de finir un 28 février. C’était une superbe aventure, mais je vogue vers d’autres projets, pour mettre en lumière des collègues auteurs inconnus et discuter de thématiques du monde éditorial.Vous pouvez retrouver tous les épisodes sur votre plateforme d’écoute de podcast favorite et, si ce n’est pas encore fait, je vous encourage à écouter le Cercle des Dieux Disparus, où nous étudions les mythologies du monde !Parmi les créatures que nous n’avons pas encore découvert, il y a le bauk. Bête sanguinaire d’Europe de l’Est, il est génétiquement proche des chiens, mais ressemble à un ours – c’est d’ailleurs l’une des identités supposées de la Bête du Gévaudan. Cet être massif et à moitié pelé, avec d’énormes griffes aux pattes avant, se cache dans les endroits obscurs en attendant qu’une proie passe. Comme il est nocturne, ses petits yeux n’y voient pas grand-chose en journée et il se fie beaucoup à son ouïe ; de fait, les bruits forts et la lumière vive le mettent en fuite.En Inde, le makara est le « sage de la rivière », un poisson à tête d’éléphant mais avec les dents d’un crocodile. C’est surtout un symbole de fécondité.Parce que les Grecs devaient adorer les produits illicites, leurs bestiaires mentionnent le myrmécolion. Une fourmi, de vingt centimètres au garrot, avec une tête de lion. Carnivore, bien évidemment, l’animal vivrait en colonies au sein d’immenses monticules de sable, fourmilières proportionnellement adaptées à son gabarit. Son mythe est repris au Moyen-Âge, et même par Flaubert, puis dans plusieurs textes contemporains, dont les miens.Un autre écrivain, Jorge Luis Borges, fait état d’un animal dont il aurait trouvé la trace dans un manuscrit médiéval, lui-même traduction d’une chronique latine, mais cela n’a jamais été attesté. Une armée romaine aurait ainsi rencontré une harde de péritios, des cerfs couverts de plumes bleues ou vertes, avec une queue d’oiseau de paradis. Des carnivores, ayant un penchant marqué pour la chair humaine. Qu’il soit authentique ou non, le péritio a été réutilisé dans bon nombre de supports, à commencer par Donjon & Dragon ou les Chroniques des Sang-Mêlé.Un autre cornu très « orignal », c’est le cas de le dire, est l’alchis : un élan avec une lèvre supérieure démesurée, l’obligeant à se contorsionner pour brouter. Et ses pattes arrière ne peuvent pas se plier, ce qui est d’autant plus gênant ! D’ailleurs, il est obligé de dormir debout, appuyé contre un arbre. Au moins, celui-ci est-il inoffensif.Mais il est déjà tard… poil au lézard ! Car oui, la bien-nommée « velue » est un varan aquatique de notre Sud, pourvu de huit pattes couvertes de pointes – rien que ça ! – et d’une épaisse fourrure. A l’intérieur, elle cache une multitude de dards toxiques, qu’elle serait capable de dresser comme un porc-épic… voire de projeter, telles des flèches fatales ! Quoi de mieux que cette spécialité française, pour se dire au revoir ?Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDD Le Nouvel An des yōkai 2/2
Merci d’écouter La Communauté des Invisibles ! Mon nom est Joffrey Lebourg, journaliste, podcasteur (je propose aussi une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux seize ouvrages en quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour les amateurs de quête épique cherchant d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).Tandis que nous fêtions le Mardi Gras, nos amis d’Extrême-Orient commémoraient l’entrée dans l’année du Cheval de Feu. L’occasion de poursuivre notre chronique sur les yōkai, esprits burlesques du mythe japonais.Lion de Fo, komainu, shisa : dans toute l’Asie, il porte différents noms. Ce félin couvert d’écailles rouges et de poils sombres, parfois avec une corne unique, est un être des eaux qui se nourrit de flammes. Il se met en couple pour toute la vie. Pour cela, on dresse sa statue par paire, parfois avec un petit, afin de protéger les lieux importants.Un cousin possible est le lion des neiges, mythe tibétain racontant comment ce prédateur immaculé répand joie et sérénité, redonne courage et fait éclater la vérité. Puisant sa force dans la Terre Mère, il est le seul ennemi capable de terrasser les mauvais dragons.De part et d’autre du Japon, les mers sont peuplées d’êtres étranges. L’amikiri a l’avant d’un homard (avec un bec d’oiseau) et l’arrière d’un serpent. Pénible mais pas dangereux, il coupe les filets des pêcheurs. C’est de moins bon augure si vous croisez un bake-kujira, squelette de baleine ressuscité par sa haine envers les baleiniers, toujours accompagné d’une nuée d’oiseaux, car il coule tous les bateaux qu’il rencontre. Il y a aussi l’isonade, requin géant déclenchant les tempêtes chaque fois qu’il émerge.Les tengu sont des créatures agressives, qui se nourrissent de conflits et en déclenchent quand l’humanité connaît une trop longue paix. Dans certains récits, ce sont des gnomes forestiers à très long nez qui utilisent un ou deux éventails magiques pour voler. D’autres en font des hommes-hérons (voire des rapaces) nichant dans les montagnes, habiles spadassins ; j’ai privilégié celle-ci dans l’Odyssée de Salamandre.Un emblème du Japon est le bake-tanuki, bonhomme-chien viverrin dont le gros ventre très extensible lui sert de tambour, qui se balade avec un chapeau de paille et une gourde de saké, capable de prendre d’autres apparences grâce à ses illusions. Il est le héros de nombreuses fictions, comme le film d’animation Pompoko.Son cousin le mujina est un petit homme-blaireau, métamorphe lui aussi. En général, il se déguise en moine et demande la charité sur le bord des routes : du thé, de l’eau, un moment d’attention. Il maudit ceux qui la lui refusent autant qu’il récompense les autres.Autre yokai très connu : le kappa, garçon tortue dont la tête creuse contient un peu d’eau dont il tire ses pouvoirs. Si on le salue, en s’inclinant, il fera de même… et la renversera, devenant inoffensif. En effet, s’il apparaît comme un être rigolo dans les fictions pour enfants ou pour touristes, il est très farceur. Et a aussi la mauvaise habitude de dévorer les intestins de victimes encore vivantes, à la pleine lune.La tsuchigumo est une araignée gigantesque habillée d’un kimono, avec un visage d’ogre oni ou de belle femme selon les mythes, qui se tapit dans les grottes de basses montagnes et sort la nuit tendre des toiles invisibles en travers des pistes de gibier.Très typique de la mentalité japonaise, un tsukumogami est un objet chargé de sentiments forts qui a pris vie le jour de son centième anniversaire. Cela peut être une poupée, un jouet, un bijou, une arme, un jeu de clés, une balle de coton, un étrier, une sandale esseulée… Chacun possède un nom et, selon l’énergie qui l’anime, peut être amical comme franchement hostile.Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDD Le Nouvel An des yōkai 1/2
Place à l’actualité… Pas la Saint-Valentin, car aucune créature fabuleuse ne voudra vous accompagner en date, ou alors c’est mauvais signe pour vous ; je parle du Nouvel An asiatique, prévu pour mardi. Pour l’occasion, je vous ai contacté un double épisode spécial sur les êtres étranges et fascinants du folklore japonais : les yōkai. Tous ces yokai apparaissent dans mes ouvrages, majoritairement les deux premiers tomes des Chroniques du Nouveau-Monde.Dans le shintoïsme, outre les grands dieux vivant dans les Plaines célestes, il y a une forte part d’animisme : on personnifie les rivières, les montagnes, les forêts, les bâtiments sous forme de kami protecteurs. S’ajoute à cela tout un tas de personnages et d’animaux, sorte d’esprits ou de démons familiers, farceurs ou bien meurtriers, rendus responsables de certains phénomènes ou venant appuyer un tabou social. Du gnome mangeur de crasse au fantôme de tête traînant ses viscères, de la femme à deux bouches au pied de géant boueux, ainsi sont les yōkai. Nous n’en ferons jamais le tour, alors voici un florilège des plus intéressants.Les mythes nippons mais aussi chinois, vietnamiens ou coréens font état de massifs renards (kitsune en japonais) doués de pouvoirs psychiques, d’une grande longévité et de la sagesse qui va avec, pouvant manipuler le feu ou se faire passer pour des humains. Le plus connu est celui à neuf queues, dit kyubi, tour à tour bénéfique ou cruel. Ils apparaissent dans un grand nombre de fictions.Les shinigamis sont les esprits psychopompes des Enfers japonais. Ils conduisent les âmes dans l’au-delà, préviennent parfois les vivants d’une mort imminente. Selon les versions, ce sont d’anciens humains ou des créations artificielles des dieux. Ils n’ont pas de physique-type, hormis des ailes de chauve-souris. Là encore, on les retrouve un peu partout.Les chats sont entourés de nombreuses légendes, au Japon comme dans de nombreuses autres pays où ils intriguent par leur indépendance, leurs miaulements parfois semblables à des plaintes humaines ou leurs yeux luisant dans le noir. Certains reviennent même d’entre les morts sous forme de bakeneko, un chat-fantôme qui lape de l’huile de lampe (faite à base de poisson) pour recracher ensuite des boulettes de feu, dont la queue serait fourchue. On leur attribue ensuite, d’une légende à l’autre, la capacité à se déguiser en humains ou à relever les cadavres.Une variante de bakeneko, le chat-vampire aux yeux anormalement brillants, mord ses victimes pour se nourrir. Si c’est un homme, il restera apathique durant vingt-quatre heures ; si c’est une femme, la bête pourra adopter son apparence durant ce même délai.L’onibi est le feu follet japonais, généralement bleu. Né de l’amertume des gens et des animaux, il vole la vigueur de ce qui l’entoure. Seul, il n’est pas bien dangereux. Hélas, il a tendance à former des attroupements qui, eux, sont mortels !Un mauvais dirigeant, après son trépas, peut être transformé en wanyūdō. Une roue nimbée de flammes, avec son visage au centre de l’essieu, condamnée à arpenter les routes de tous les mondes pour absorber sur son passage les âmes d’autres pécheurs. Sa venue est toutefois annoncée par le grincement qu’il produit en roulant…Le baku, tigre à tête d’éléphant, est un esprit amical du monde des rêves. Il dévore les cauchemars, alors on cherche à l’attirer avec des amulettes sous l’oreiller. Un autre fauve, entre tigre et loup, composé de foudre et de lumière, est le raiju. Le dieu Raijin l’a créé comme « animal de compagnie ».Merci d’écouter La Communauté des Invisibles ! Mon nom est Joffrey Lebourg, journaliste, podcasteur (découvrez les mythologies du monde avec Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux seize ouvrages. Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (le renouveau de la quête épique) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (odyssée culturelle autour de la Terre).Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Rubrique-à-brac #5
Au rayon des classiques qui ne gagnent pas à être connus, évoquons la cocatrix. Vous vous souvenez de son cousin, le basilic ? Elle est pire ! Elle se présente comme un serpent avec des ailes de chauve-souris, mais les pieds et la tête d’un coq. Elle a le même regard mortel, la même odeur toxique, mais pas de chant funeste ; à la place, sa morsure contient un venin fulgurant. Et elle peut voler, contrairement au basilic ! Elle ne craint qu’un adversaire : les belettes.Plus appréciable, la salamandre est un amphibien légendaire qui incarne la puissance du Feu. Il dort dans les cheminées, se baigne dans la lave et sa peau est si chaude qu’elle enflamme tout ce qui l’approche. A l’inverse, son sang est si glacial qu’il éteint n’importe quel incendie, et elle possède le plus puissant de tous les venins. On la dit capable de vivre mille ans et douée de parole, pour transmettre la sagesse acquise avec sa longévité.S’il y a bien un guide à écouter, c’est le nahual. Ces esprits mi-humains mi-animaux, parfois associés à des ancêtres réincarnés, sont au cœur du folklore d’Amérique centrale. Ils protègent les lieux sacrés, font respecter les interdits. Et chaque personne est placée sous la protection d’un nahual, en fonction de sa date de naissance, à la manière des totems d’autres cultures.Connaissez-vous un alan ? Pas le prénom : je parle de l’être philippin décrit comme une grue à tête humaine, avec des orteils au bout des ailes et des mains à la place des pieds, pour mieux se suspendre la tête en bas. Il paraît qu’ils naissent quand l’un des leurs verse du sang menstruel sur un fœtus avorté. C’est bien, mais… dans ce cas, comment est apparu le premier ?!Le Japon aime bien ses poissons-chats. Il y en a même une espèce magique, tapie au fond des lacs, capable de sentir les vibrations du sol et douée de facultés divinatoires : le namazu. D’ailleurs, l’archipel japonais est censé se trouver sur le dos d’un namazu géant qui, en se débattant contre le pieu qui l’épingle à la croûte terrestre, déclenche les nombreux séismes dont est affligé le pays du Soleil levant.A choisir, je préfère le namazu à ce qui hante les terres brésiliennes : le minhocão. Un monstrueux maillon manquant entre le lombric et la sangsue, large d’un mètre et long de vingt-cinq, avec deux gros palpes tactiles sur la tête. À l’aise sous terre comme dans les fleuves, il laisse néanmoins un sillon très reconnaissable dans le sol quand il pourchasse de gros animaux, ou bien des humains.En d’autres eaux, la selkie est une race légendaire présente surtout aux Shetland, avec des traces folkloriques en Norvège ou dans les Orcades, pour laquelle j’ai – je l’avoue – une grande affection et qui est, de fait, très présente dans mes différentes séries. Ayant l’aspect d’un grand phoque, elle peut retirer sa peau pour devenir une belle, curieuse et naïve jeune fille partant à la rencontre des humains. Hélas, elle perd ainsi ses pouvoirs et devient vulnérable.Plusieurs légendes parlent d’hommes fous « d’amour » – si on ose appeler cela ainsi… – qui volent cette combinaison pour que la selkie les épousent. Mais elle la retrouve un jour, reprend alors son apparence première et s’enfuit dans la mer, abandonnant mari et enfants. J’attire votre attention sur le fait que le récit stigmatise souvent le comportement de mauvaise mère de la selkie et jamais celui du type qui la contraint au mariage par le chantage… Merci d’écouter La Communauté des Invisibles ! Mon nom est Joffrey Lebourg, journaliste, podcasteur (je propose aussi une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux seize ouvrages en quatre sagas. Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour les amateurs de quête épique cherchant d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés). Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Rubrique-à-brac #4
On démarre l’épisode du jour avec l’ondine, génie des eaux germaniques. D’aucuns veulent la rattacher aux nymphes, d’autres aux fées telle la nixe – les mots nixe et ondine sont souvent utilisés indifféremment. Mais mon étude du folklore me conduit à penser qu’il faut les séparer. Les ondines semblent des entités primitives, plus puissantes, capables d’assécher les sources si on les contrarie et gardant des trésors dans leurs grottes submergées, avec des caractéristiques reptiliennes, comme leur cousin archaïque le drac (alias la bigorne) qui habite les rivières de la Provence à l’Anjou et a été associé tardivement aux démons ou aux dragons. La célèbre Lorelei du Rhin a une attitude qui rappelle les ondines, mais une grande beauté qui colle davantage aux nixes.Autre magicienne qui semble distincte des nymphes, même si elle occupe une fonction similaire, l’askafroa scandinave – ou wili, dans les pays slaves – est la gardienne des bois, associée (d’après son nom) aux frênes. Les sources à son sujet sont rares, mais la tradition de faire une offrande aux bosquets de frênes une fois par an a perduré pendant très longtemps.Parmi les dernières bizarreries d’Océanie, citons des anges sauvages, protecteurs eux aussi des forêts : les hākuturi. Hommes-oiseaux au service du dieu Tani, ils sont impitoyables envers les braconniers ! Alors que les askrafroa semblent n’être que des femmes, eux ne comprennent que des mâles.En Indonésie, on mentionne d’autres créatures surhumaines qui aident les dieux à lutter contre les démons, bien qu’elles semblent être une espèce à part entière : les barongs. Ils oscillent entre une forme féminine, magicienne à l’aspect ordinaire, et une forme de combat masculine : un animal haut de cinq ou six mètres. Lions, sangliers, tigres, dragons… Il en existe même certains qui demeurent humains, sous forme d’un géant ! L’un d’eux joue un grand rôle dans le Destin de Salamandre.Au Proche et Moyen-Orient, la licorne a de la concurrence, en la personne du re’em. Cité uniquement dans la Bible, cet animal semble investi d’un puissant pouvoir lumineux. Selon les descriptions, il ressemble soit à un buffle – confusion avec les fossiles d’auroch ? – soit à une antilope, apparenté alors à l’oryx. Il peut avoir aussi deux cornes, ou bien une seule, peut-être par confusion avec le mythe grec des licornes.Autre antilope qui sort de l’ordinaire : l’éale. En plus de mesurer le gabarit d’un cheval, elle possède une queue d’éléphant et des défenses de sanglier pour déterrer les racines. Mais surtout, ses immenses cornes peuvent pivoter à loisir, pour mieux empaler les prédateurs inconscients qui l’attaquent ! Elle vivrait de l’Éthiopie à l’Inde, comme son ennemi naturel, la lucrote, qui apparaît deux fois dans mes ouvrages.Cette énorme hyène, capable de changer de couleur pour se camoufler et d’imiter les voix humaines afin de attirer les braves gens dans des traquenards, jouit de grandes mâchoires d’une puissance exceptionnelle et d’un système digestif ultrarapide. Ce qui veut dire qu’elle a tout le temps faim, ou peu s’en faut… On dit aussi qu’après sa mort, les yeux de la lucrote se changent en gemmes magiques, dont les pouvoirs sont encore inconnus.Merci d’écouter La Communauté des Invisibles ! Mon nom est Joffrey Lebourg, journaliste, podcasteur (je propose aussi une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux seize ouvrages en quatre sagas. Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour les amateurs de quête épique cherchant d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Rubrique-à-brac #3
Bienvenue dans le trentième épisode – déjà ! – de la Communauté des Invisibles. Poursuivons notre tour du monde des créatures étranges !Merci d’écouter La Communauté des Invisibles ! Mon nom est Joffrey Lebourg, journaliste, podcasteur (je propose aussi une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux seize ouvrages en quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour les amateurs de quête épique cherchant d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).La mandragore est une plante, réelle, dont le tubercule bosselé évoque vaguement une forme féminine. Elle a été l’objet de nombreuses rumeurs, assimilant sa naissance à la fécondation d’une terre sacrée par la semence humaine, lui attribuant d’immenses propriétés magiques, détaillant les précautions à suivre pour la déterrer sans déclencher un cri mortel… Elle incarne un fantasme, celui du pont entre humanité et végétation.Si vous aimez plutôt les mélanges terre-mer, vous adorerez le capricorne ! Avant d’être un signe zodiacal, c’est une constellation reconnue par les Mésopotamiens et associée au dieu des Eaux, puis les Égyptiens, puis les Grecs qui l’assimilent plutôt à l’agriculture. Tous affirment qu’il possède l’avant d’une chèvre et une queue de poisson en guise d’arrière-train, mais il est aussi présent en Inde avec un corps de crocodile, une tête caprine et une nageoire de triton. Paradoxalement, cet animal ne fait l’objet d’aucune légende majeure, la documentation à son sujet est presque inexistante !Créer la vie, surtout à partir de matière inerte, a toujours été un élément récurent des légendes – des centaines de peuples, autour du monde, évoquent une humanité sculptée dans l’argile – autant qu’un rêve de sorcier. Pour cela, il y a plusieurs écoles. Les alchimistes, en bidouillant leurs fioles, tentèrent de créer des serviteurs baptisés « homoncules ». Parfois ils restent sans corps, parfois ils en ont un, parodie d’humanité miniature, ou bien de taille standard : on lit tout et n’importe quoi sur ce sujet !La Torah juive évoque une entité de terre et de boue défendant les lieux saints ou protégeant le peuple des persécutions : le golem, animé soit par un mot sacré gravé dans son front, soit par un parchemin placé dans sa bouche. Dépourvu d’âme et d’esprit, il se borne à obéir. Désormais, cette créature est très répandue dans la fantasy et on croise des golems composés avec bien d’autres matières : le bois, la paille, la cire, la pierre, des morceaux de métal…Sous d’autres cieux, les chamans inuits façonnaient aussi leurs golems en mode Frankenstein. En effet, le tupilak est un assemblage de peaux tannées et de morceaux animaux naturalisés, gonflé comme une outre par la magie noire. Il est fabriqué pour garder un repaire ou traquer un ennemi ; s’il échoue dans cette tâche, cependant, il renoncera – trahissant une légère capacité de jugement, contrairement au golem – et retournera auprès de son créateur pour le dévorer.Après ces lubies européennes, filons aux antipodes. L’Australie n’étant pas assez dangereuse au goût de ses habitants, malgré les innombrables animaux toxiques de ses terres comme de ses mers, ils ont inventé d’autres créatures redoutables. Par exemple, la yowie : un lézard long de trois mètres, avec des pattes et des mandibules de fourmi !Le plus connu demeure bien sûr le bunyip, décrit comme un mélange de chien, d’ours et de loutre, et pourtant cousin supposé de l’ornithorynque, aux dimensions d’un hippopotame. En dépit de son allure bestiale, c’est un être très intelligent, superprédateur des lacs et des rivières. On le dit doué de magie, capable de contrôler les flots et même d’imiter la forme humaine, car c’est aussi un protecteur totémique des peuples aborigènes. Tous deux sont mentionnés dans La quête de Salamandre.Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Rubrique-à-brac #2
Pour cette deuxième « rubrique à brac », commençons par nos spécialités régionales ! Comme la Tarasque, que l’on trouve à Tarascon. Une carapace de tortue couverte de pointes, une tête de lion cornu et six pattes d’ours – eh, salut Bowser ! – forment ce monstre amphibie, féroce, rusé, au souffle empoisonné, virtuellement invincible ; le cauchemar de Tartarin !Dans les Landes, le bourg d’Hastingues est construit sur une colline bombée qui serait la coquille d’un gigantesque et affreux escargot, le Carcolh. On lui donne un corps poilu, des tentacules pour attirer ses victimes à sa gueule garnie de dents. Il se dit que, lorsque la ville devient trop peuplée et donc trop lourde pour lui, il proteste en déclenchant un tremblement de terre. Mais d’autres récits locaux disent simplement que le bestiau, haut quand même de trois ou quatre mètres, dort plutôt dans une grotte sous la colline, au lieu d’être la colline elle-même.La Perse est célèbre pour ses tapis et ses chats, mais aussi ses rhinocéros et ses taureaux ! Dans le premier cas, le karkadann, trois fois plus gros qu’un spécimen ordinaire, couvert de plaques renforcées, avec une corne démesurée dont la base est si large qu’elle recouvre tout l’espace entre sa lèvre et son front. Il broute en solitaire, ne craignant qu’un seul prédateur (le rokh), et peut tenir des jours entiers en ne mangeant que du cactus. Comme bien d’autres, on retrouve ces créatures dans mes Chroniques des Sang-Mêlé.Les mythes évoquent aussi le lammasu, alias shedu, bœuf ailé à visage royal, un cousin bienfaisant des sphynx. Protecteur des lieux saints, des lieux secrets et des lignées dirigeantes, il était déjà érigé en statues ou en bas-relief il y a plusieurs millénaires.Plus loin, en Inde, vous apercevrez peut-être des cygnes à buste de femme ou des hommes à jambes de cheval. Les kinnari et les kinnara, appariés dès la naissance en couple inséparables, n’ont de cesse de chanter et de danser leur amour. Vous pouvez en voir dans Le destin de Salamandre, nouveaux habitants de Katmandou.Potentiellement moins plaisantes, les dākini ont des têtes et des ailes d’oiseaux avec des pattes de lionnes, incarnation du ciel et du froid, vêtues seulement de colliers de crânes. Les dieux les envoient comme messagères, esprits psychopompes, modèles de sagesse, fléaux contre leurs ennemis… Ou bien plus rarement leurs mâles, les dāka.Le désert de Gobi abrite un très étrange annélide, long d’un mètre et épais comme la cuisse : le ver-intestin mongol, baptisé d’après sa couleur rouge sang le faisant ressembler à des tripes de vache, ou olgoï-khorkoï. Il se nourrit de petits animaux, qu’il attaque par en-dessous. Bien qu’il soit inoffensif pour l’Homme, le frottement de son corps contre le sol l’entoure d’un champ d’électricité statique redoutable.Arrivant en Sibérie, vous aurez la chance de goûter une tranche de barometz, l’agneau végétal de Tartarie. Une plante en forme de mouton, reliée à la terre par une tige souple, qui meurt quand on la coupe ou qu’elle n’a plus d’herbe à brouter. On lui prête une saveur de miel et de fruits de mer ; sa laine est un précieux isolant, hélas elle conserve toujours une odeur de sève amère qu’il est impossible de faire partir.Merci d’écouter La Communauté des Invisibles ! Mon nom est Joffrey Lebourg, journaliste, podcasteur (je propose aussi une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux seize ouvrages en quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour les amateurs de quête épique cherchant d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Rubrique-à-brac #1
Aujourd’hui, nous n’aurons pas un épisode thématique mais plutôt, pour reprendre le trait d’esprit de Gotlib, une « rubrique-à-brac » où vont se succéder des créatures difficiles à ranger autrement !Merci d’écouter La Communauté des Invisibles ! Mon nom est Joffrey Lebourg, journaliste, podcasteur (je propose aussi une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux seize ouvrages en quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour les amateurs de quête épique cherchant d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).Le xochitonal est une sorte d’ange mésoaméricain. Un ange très particulier, comme tous les dieux et les créatures qui viennent de là-bas, puisqu’il ressemble à un alligator bipède. Son rôle est de garder le quatrième niveau des Enfers pour empêcher les morts de rebrousser chemin vers le monde des vivants. Il fait une apparition remarquée dans L’odyssée de Salamandre.L’ahuizotl en tient aussi une belle couche, avec son corps de loutre achevé par une énorme main préhensile. Comme le dobhar-chù anglais, il attrape les passants depuis sa cachette au fond de l’eau, les noie et les dévore. En cas de besoin, il peut imiter les pleurs d’un enfant, afin d’attirer un promeneur au grand cœur.Côté Alpes désormais, connaissez-vous le tatzelwürm ? Selon les auteurs, c’est un varan à tête de chat ou un hybride avec une figure et des pattes avant de lynx, dont les trois griffes sont pareilles à des couteaux, puis une énorme queue de serpent – il ressemble en cela au lindworm que nous avons vus fin décembre. Ses canines félines sont en vérité des crochets venimeux. Peu employé en littérature, j’ai eu le plaisir de le retrouver dans la duologie Gilden.Plus encore que le dahu, le zlatorog vous fera tourner chèvre si vous le poursuivez. Ce rare chamois blanc aux cornes d’or, par sa seule présence, fait s’épanouir la végétation dans les hauts sommets et l’on dit qu’il cache un trésor dans son paradis secret. Son sang fait jaillir des fleurs rouges capables de soigner tous les maux.Petit tour en Afrique pour évoquer le mngwa, un cryptide félin légèrement plus gros qu’un vieux lion, mais avec une dégaine correspondant plutôt à un léopard. Il est gris, avec des rayures noires, ce qui le rend difficile à distinguer – il n’attaque que de nuit. Il ne chasse pas l’homme, à moins de ne trouver aucune autre proie.En Afrique, il n’y a pas d’ours… officiellement. Cela dit, le folklore mentionne une créature que les colons ont baptisé ours Nandi : une stature de grizzly, le dos courbé et la démarche boiteuse d’une hyène, avec un museau allongé et un poil brun-roux. Il n’apparaît dans les villages qu’à la nouvelle lune, ou sous un ciel très couvert ; on ignore quel est son gibier ordinaire.En Papouasie, vous pouvez faire de bonnes ou de mauvaises rencontres. Un bruit dans les fourrés peut trahir la présence d’un gazeka, un être craintif aux pieds de porc, au corps d’ours et à la tête de tapir. Il peut marcher à deux ou quatre pattes et ses griffes, bien que redoutables, ne lui servent qu’à se défendre.En revanche, si c’est un ahool… En fait, il vous tombera dessus sans que vous l’entendiez, de préférence au crépuscule. C’est une sorte d’homme-singe avec des ailes parcheminées, aussi nommé ropen ; il est carnivore et il pousse parfois le cri étrange lui donnant son nom. Il est probable qu’il soit inspiré par une vraie chauve-souris, l’Hypsignatus.Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Trussst in me
Excellente année à tous ! A la suite du dernier épisode de 2025, sur les dragons, voici un numéro dédié à d’autres reptiles plus ou moins sympathiques de nos contes et légendes.Merci d’écouter La Communauté des Invisibles, une année de plus ! Mon nom est Joffrey Lebourg, podcasteur (à l'origine d'une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux quatre sagas. Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).Chez les peuplades préhistoriques du monde entier, le serpent était une émanation de la puissance positive de la terre face aux caprices du ciel. Ou bien l’incarnation des rivières qui, sinueuses et miroitantes, leur ressemblent. D’autres en revanche associent à la forme onduleuse des serpents les éclairs, les rayons du jour ou encore les comètes.Voir l’épisode 13 pour nâga, lamia, anguipède… Je laisse aussi de côté les créatures qui sont uniques dans la mythologie (Ouroborus, Méduse la Gorgone...) Évoquons plutôt l’amphisbène, qui vivrait au Proche-Orient selon les bestiaires antiques : un serpent avec une tête à chaque extrémité et deux pattes avant, dont il se sert peu. Il est très venimeux mais uniquement pour se défendre, car il ne chasse que des insectes et des lézards. Selon les récits, il peut être charognard, avoir des ailes ou des oreilles et bien d’autres propriétés farfelues ; sa chair était aussi un remède supposé à bien des maux.Le serpent à deux têtes est une figure répandue également en Amérique latine mais si l’amphisbène doit avoir un cousin, c’est plutôt l’amaru andin, bien plus massif. Sa tête avant est celle d’un condor, comme ses pattes, tandis que la tête arrière appartient à un puma, et le corps à un serpent : ce sont les animaux emblématiques des trois royaumes (les dieux, les morts et les humains) et, puisqu’il les réunit en un seul être, il aurait la faculté d’ouvrir des portes entre ces mondes.Proche de l’amphiptère vu la semaine dernière, mais probablement un être différent, le peuchen est un serpent à plumes des Andes dont le regard est hypnotique. Quand sa proie est sans défense, il la perce avec ses trois dents et lui pompe tout son sang. Les Slaves ont aussi leur serpent ailé, le balaur, à qui l’on donne parfois plusieurs têtes ou des pattes – comme le lindworm. Il sert de monture à certains démons et kidnappe les jeunes filles.Le fatak arabe est un serpent composé uniquement de flammes, autour d’un noyau de pierre, qui vit profondément sous terre.Arrive le quatuor gagnant, décrit par Pline l’Ancien et rattaché aux Quatre Éléments. D’abord l’aspic, nom qui sera généralisé aux vipères, dont la morsure de Feu dessèche sa victime et la fait mourir de soif. Le prialis, lui, endort sa victime grâce à un poison soporifique. Comme il émane de l’Eau, il meurt s’il est mordu par un aspic, et inversement. L’hæmorrhoïs, de la Terre, dispose d’un puissant venin anticoagulant : ses proies se vident de tout leur sang sans que rien puisse cicatriser la plaie. Enfin, le præster aux dents creuses, par lesquelles il injecte de l’air dans les vaisseaux de sa victime. Selon les versions, une simple bulle qui va boucher les artères et provoquer une hémorragie ; ou au contraire, assez de volume pour que sa proie gonfle jusqu’à l’explosion. J’utilise cette étrange famille dès mes Chroniques des Gardiens.Reste l’épineuse question du basilic. La version traditionnelle est un reptile, probablement un serpent, tandis que le Moyen-Âge en fait un hybride de coq. On lui donne toutes les tailles, un regard mortel ou pétrifiant, une odeur atroce, du venin par la morsure ou par la peau… Chacun le compose à sa sauce, surtout dans les œuvres contemporaines !Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Régions & Dragons
En ce dernier épisode de l’année, offrons-nous un petit tour du monde pour une rencontre qui, selon les latitudes, est plus ou moins heureuse : le dragon. Il découle des nombreuses représentations préhistoriques de serpents et a pu être inspiré par la fréquentation d’autres reptiles ou la découverte d’ossements de dinosaures.Mon nom est Joffrey Lebourg, enseignant, auteur du podcast Le Cercle des Dieux Disparus (sur les mythes du monde) et romancier aux seize ouvrages en quatre sagas. Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour les amateurs de quête épique cherchant un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).La version européenne n’est pas de bonne compagnie… Longtemps, le terme grec drakôn (signifiant « qui a un regard perçant ») a désigné plutôt un serpent géant, force chtonienne gardant un lieu ou un trésor, passablement malveillante. Sa réputation a empiré avec le christianisme qui l’a associé aux démons, comme toute créature écailleuse.On l’a pourvu d’ailes, d’un souffle de feu et parfois de venin, d’une grande longévité, d’une habitude à occuper des grottes où il entasse un fabuleux trésor, d’un appétit pour la chair humaine et de divers pouvoirs magiques, qu’il ne sait pas toujours utiliser mais que l’on retrouve alors dans sa chair et son sang. Beowulf est probablement la première œuvre à donner cette définition du dragon. Je m’attache autant que possible à respecter le mythe originel.En Asie, cependant, les lóngs ont un profil très différent. Un corps gracieux, quatre pattes puissantes, mais pas d’ailes et une sorte de crinière, d’élégantes moustaches ou des cornes de cervidé, une perle incrustée dans le menton. Ils sont l’incarnation des forces de la Nature, principalement des protecteurs tant qu’on ne leur manque pas de respect. Chaque pays leur donne des spécificités, physiques ou symboliques. J’aime beaucoup cet animal et il joue un grand rôle dans les Chroniques du Nouveau-Monde !On peut établir une parenté, cette fois, avec le mušhuššu – qui donne son nom à un personnage de Disney : une sorte de dragon mésopotamien à l’allure féline, avec des antérieurs de lion et des pattes arrière de rapace, pourvu de cornes d’antilope. Emblème de plusieurs dieux, c’est un protecteur connu surtout par sa représentation sur la Porte d’Ishtar.Le serpent à plumes cher aux Mésoaméricains, ou « amphiptère », serait aussi une forme de dragon. Au-delà de ça, nombre de dieux aztèques ont un corps reptilien, les mues incarnant la renaissance et donc l’immortalité.Certains experts veulent en outre les apparenter à l’hydre, monstre grec avec trois, sept, neuf, quinze têtes… Logique : elles ont la manie de repousser si on les tranche, jusqu’à finir en sac de nœuds (dans les travaux d’Hercule, c’était probablement une personnification des multiples canaux du marais de Lerne).Dans la famille, nous trouvons également la vouivre (ou guivre), animal bipède et ailé possédant un joyau serti dans le front : l’escarboucle. Dans certains mythes, cela remplace ses yeux ; on dit aussi qu’elle peut se métamorphoser en belle femme pour aller nager, et c’est le seul moment où elle la retire. En langues germaniques, on l’appelle wyrm, une torsion de « ver ». En dépit de la ressemblance lexicale, la wyverne anglaise serait un être bien différent – en tout cas, elle l’est dans la fantasy moderne, mais les sources médiévales sont très confuses.Toujours en teuton, le lindworm est un serpent avec deux pattes avant mais pas d’ailes, plutôt nécrophage et pas trop dangereux, bien que répugnant. Je vous incite à parcourir le Conte du Prince lindworm, le seul à lui donner un vrai rôle symbolique.Le folklore anglais désigne par « knucker » une sorte de petit dragon rampant, alors que l’étymologie du mot le rapproche en fait des nixes germaniques, des génies des eaux.Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI La ferme des merveilles
Ho ? Ho… Ho ! Alors que Noël approche, je vais vous prouver que les rennes volants sont les moins étranges de nos animaux domestiques (même une légère extinction de voix).Mon nom est Joffrey Lebourg, journaliste, podcasteur (j’ai également une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).Au rayon bovin, admirez le catoblépas. Un buffle noir et famélique, au souffle toxique, dont le regard foudroie ceux qui le croise ; par chance, sa tête est si lourde qu’il la garde tout le temps baissée et sa crinière lui tombe devant les yeux. C’est l’un des rares « monstres » à être herbivore… sauf les nuits de pleines lunes !Après ce buffle africain, son cousin des marais asiatiques possède deux variantes. Le khting-voar mange à la fois de l’herbe et des serpents ; ses bouses et ses cornes peuvent être consacrées en talismans antipoison – il joue un rôle notable dans mes Chroniques du Nouveau-Monde. Le bonnacon, lui, a des cornes tournées… vers l’arrière. Impossible donc de se défendre ; il préfère fuir, en libérant par l’arrière-train des nuages de gaz nauséabond et corrosif. Pire que n’importe quel putois !En Chine rode aussi le nianshou, taureau à tête de lion qui sort de ses montagnes lors du solstice d’hiver pour dévorer des villageois, mais qui fuit devant la couleur rouge, les lumières vives et les bruits forts. Terminons par une horreur bien de chez nous : le bakhauv ouest-allemand. Sa tête, sa croupe et son échine l’identifient comme un bœuf, alors que son corps est allongé et écailleux comme un lézard. Son régime alimentaire est plutôt original : il ne mange que les ivrognes !Dans la basse-cour, vous trouverez le basan, une sorte de cousin presque inoffensif du basilic. Ce cryptide japonais se présente comme un grand coq dont les ailes font un bruit étrange, qui certes crache des flammes spectrales, mais uniquement pour se défendre.Je me méfie davantage de l’aitvaras, un coq noir à queue de feu des Pays baltes, qui pond – oui oui ! – tous les neuf ans et se change en charbon à sa mort. Quand il s’installe dans une maison, il refuse d’en partir, sauf pour aller voler de temps à l’autre l’argent des maisons voisines… On les aperçoit tous deux dans les Sept Reliques, volume 2 !Les mythes amérindiens font état du jackalope, le grand lièvre à cornes de cerf capable d’imiter les voix humaines par plaisir de faire tourner les voyageurs en bourrique. Ses pattes portent bonheur… mais ont dit ça aussi des simples lapins !Toujours dans le clapier, le wolpertinger – ou rasselbock, ou skvader – est un lièvre à bois de chevreuil et à dents de sabre, avec des ailes vestigiales sur les flancs. Celui-ci est un prédateur mal intentionné, mais pas assez gros pour nuire aux humains.Très rarement mentionné, l’almiraj est un lièvre persan au poil doré et pourvu d’une corne de licorne noire. Il n’est pas réputé dangereux et pourtant, tous les autres animaux fuient en l’apercevant ! L’homme, lui, n’a pas cette sagesse…Le lapin lunaire, ou lièvre de jade en Asie, est un mythe très répandu autour du monde à cause des marques sombres à la surface de la Lune, ressemblant très vaguement à un lapin. L’animal est décrit comme argenté, sauf le cou et le bout des oreilles qui sont vert sombre ; c’est un symbole de purification et d’abondance.Enfin, le caerbannog. Vous l’aurez peut-être aperçu dans Sacré Graal ! des Monthy Python : il est mentionné dans une geste médiévale comme un terrible lapin, aux dents similaires à un fer de hache et capable de bonds spectaculaires, qui vous tranche un membre ou la gorge puis vous laisse agoniser avant de vous dévorer...Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI God save roastbeef !
Pour cette chronique, vous goûterez la formule deux-en-un : deux thématiques trop courtes pour faire chacune l’objet d’un épisode.Mon nom est Joffrey Lebourg, enseignant, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux seize ouvrages en quatre sagas. Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).Nous avons déjà évoqué bien des créatures britanniques, mais il en reste à découvrir ! Par exemple, le dobhar-chú, qui tient autant du chien que de la loutre, de la taille d’un crocodile. Il possède une peau noire et visqueuse, sans poils, de puissants crocs et de longues griffes : il happe les promeneurs depuis les étangs où il se tapit. Son cousin l’onchú, plus petit, a l’allure d’un chien sauvage et compense son manque de force par un redoutable poison.Dans la même veine, le làbh-allan résidant dans les rivières des Highlands s’apparente à un gros rat répugnant, à la morsure très toxique. Cependant, en faisant tremper sa peau dans de l’eau, le breuvage peut alors purger tous les venins.Et ce n’est pas du luxe ! Passons à l’inoubliable llamhigyn-y-Dwr, nom très gallois, grenouille sans pattes de trois mètres qui vit dans les mares profondes. Elle bondit, plane avec ses ailes de chiroptère et pique avec le dard au bout de sa queue de raie. Elle aime tant le poisson qu’il lui arrive de gober les pêcheurs en même temps que leurs prises…Les lacs sont très mal fréquentés, en Grande-Bretagne, comme en témoigne l’addanc. Une sorte de castor géant et malfaisant au corps allongé et aplati, évoquant vaguement un alligator, avec des crocs énormes et des pattes palmées, capable de projeter des dards vénéneux.Localement, le ver de Lambton offre une excellente quête aux chevaliers audacieux. Cet affreux annélide grandit d’un mètre chaque année. Ses neuf paires de branchies libèrent un fluide puant et, même sans cela, son corps sécrète un mucus qui tue la végétation autour de lui. De plus, le souffle jaillit de sa bouche ornée de centaines de dents disposées en cercles concentriques est très toxique – vous l’aviez deviné, n’est-ce pas ?En transition, souvenons du barghest et du cù-Sí, les chiens infernaux d’Angleterre. Le reste du monde a aussi son bestiaire canin. Je pense surtout au chupacabra, littéralement “suceur de chèvre” des plaines du Mexique. En effet, ce dogue galeux aux ailes de chauve-souris possède sur la mâchoire inférieure une longue dent conique, avec laquelle il perce la gorge du bétail pour en boire le sang ! À ne pas confondre avec le cadejo de la fois dernière !Le plus célèbre chien de Grèce a une sale tête... non : il en a même trois ! Et cet être unique qu’est Cerbère, gardien de l’une des portes vers l’au-delà, a donné toute une race de créatures de moindre acabit dans la fantasy moderne – comme Pégase et le Minotaure, dont nous avons déjà parlé. Et je ne suis pas le dernier à employer des minotaures ou des pégases, notamment dans Les Sept Reliques.C’est la même mécanique avec le loup scandinave Fenrir et ses hypothétiques descendants, les fenris. Ou avec d’autres animaux : le serpent marin Léviathan, l’aigle Ziz à pieds de lion et le Béhémoth gros comme une colline, mélangeant hippopotame et rhinocéros ou éléphant, qui viennent du mythe juif ; ou l’atroce Cipactli d’Amérique centrale : un alligator avec des pattes de crapaud, une queue de poisson et surtout des bouches secondaires aux épaules, aux hanches et aux genoux… Tous des êtres uniques et gigantesques, convertis aujourd’hui en une espèce à part entière pour les besoins des auteurs.Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Vade retro 2/2
En cette Saint-Nicolas, étudions un peu les textes religieux en quête des derniers démons errants sur la planète – sans compter nos huit milliards de semblables, bien sûr...Mon nom est Joffrey Lebourg, journaliste (j’ai également enregistré Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux quatre sagas. Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites les-sept-reliques.fr (le renouveau de la quête épique) ou chroniquesdunouveaumonde.fr (une odyssée culturelle autour de la Terre).Après le christianisme et l’Europe de l’Ouest, explorons d’autres latitudes, désormais ! Une légende indienne raconte que les villages, certaines nuits, sont hantés par un fantôme de petite fille (ou un démon en forme de squelette d’enfant) habillé de peaux. Précédé de son chant lugubre et de son tam-tam, l’acheri répand la maladie, surtout auprès des enfants, mais fuit devant la couleur rouge. Une seule question demeure : cette légende vient-elle bien d’Inde… ou des « Indiens » d’Amérique ? Les auteurs ne sont pas tous d’accord !Une créature assurément canadienne, cette fois, est le waheela. Un énorme loup à large tête, avec des canines supérieures anormalement longues, qui est en vérité inspiré des fossiles du loup préhistorique Canis dirus. On lui attribue cependant des doigts très écartés, comme des mains humaines, et il est parfois confondu avec le dieu-loup Amarok.Dans un autre Nord glacial, en Finlande, l’ajattar est une démone des bois à l’aspect de femme ou de serpent qui – une fois n’est pas coutume – est un vecteur de maladie auprès des infortunés qui la rencontrent. Avec le waheela, l’ajattar est la seule créature de notre liste du jour que j’ai déjà utilisé, dans les Chroniques des Sang-Mêlé.Chez les Slaves, on trouve la vorace ala, déclenchant les orages et la grêle, pompant la force vitale des gens à proximité. Néanmoins, elle est mercantile et on peut acheter sa protection, auquel cas elle vous sauvera la vie dans la plupart des situations dangereuses.Moins glamour : le topielec, verdâtre, gluant, longiligne comme un ver ou un tentacule, qui vit dans les plans d’eau et tente de vous maintenir sous la surface. Ce démon est formé par l’âme en colère d’un fœtus avorté ou d’un bébé noyé. On voit ici que la légende est un excellent outil pour interdire certaines pratiques au nom de la morale purement arbitraire du patriarcat. C’est encore pire avec les Anayés, du mythe hopi : on prétend que chaque acte de tribadisme donne naissance à l’un de ces démons…L’Amérique latine regorge de diables en tout genre. Le cadejo mexicain, énorme chien aux sabots de vache ; l’abchanchu bolivien, qui se déguise en gentil grand-père égaré sur les chemins pour mieux vous sauter à la gorge ; le chonchon chilien, se résumant en une tête vampirique avec des ailes à la place des oreilles et des serres de rapace à la place du cou. Le chullachaqui péruvien, de la taille d’un enfant, cache son visage affreux sous un chapeau de paille et prend l’apparence d’un être aimé pour vous attirer dans la jungle. Il est souvent trahi par sa claudication, due à une jambe animale.Enfin, un démon répandu le long des Andes mais surtout au Pérou, là encore : le pishtaco. Dans les mythes les plus softs, son voisinage provoque un amaigrissement chez ses victimes, la fonte de la graisse – synonyme de bonne santé. Dans les moins agréables, il kidnappe les jeunes gens pour découper leur graisse en tranches et la manger frite. Une torsion moderne veut qu’il la revende plutôt à des entreprises ! On ignore si le pishtaco est un mythe ancien (incarnant la peur de la maladie) ou une diabolisation progressive des Européens, qui « parasitent » et exploitent les autochtones, car il est dépeint comme blanc de peau.Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Vade retro 1/2
La notion de « démon » nous vient d’un référentiel judéo-chrétien, cependant il existe diverses créatures autour du monde que l’on peut, sans se tromper, taxer de vilains diables !Mon nom est Joffrey Lebourg, podcasteur (j’ai enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux quatre sagas. Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).Les textes sacrés ne font pas énormément de différences d’espèces au sein des démons, cependant ils citent sans erreur une classe à part : l’incube (ou le succube, pour les femelles). Les démons de la Luxure font parfois des excursions sur Terre, se changent en l’être aimé ou en votre fantasme personnifié, pour pervertir les pauvres gens ou négocier leur âme. C’est aussi leur seul moyen de reproduction. Des Gardiens aux Sept Reliques, c’est une créature récurrente dans mes romans.Le succube est à rapprocher de l’empousa grecque, une belle démone dissimulant sous ses robes une croupe et des jambes d’ânesse, qui séduit les hommes pour pomper leur force vitale. Et du folklore britannique, très probablement apocryphe dans le but de diaboliser les croyances celtiques, qui détaille la baobhan sith, belle femme aux sabots de vache qui erre sur la lande avec les mêmes intentions.Le cauchemar, ou cauque-mar ou drude pour éviter toute confusion, est aussi mentionné vers la Renaissance comme l’origine de nos mauvais rêves, ne pouvant s’incarner sur Terre. Mais on le représente parfois assis sur la poitrine des dormeurs, provoquant une crise d’angoisse ou une apnée du sommeil, comme un gnome squelettique aux yeux globuleux. Ou un cheval : le terme anglais pour « cauchemar » (nightmare) se décompose en night et mare, littéralement « la jument nocturne ».Recyclée du folklore romain, la stryge est une sorte de femme-oiseau aux cris perçants ; logique : elle est nommée d’après le terme latin désignant les chouettes ! Au Moyen-Âge, elles comptent au rang des plus célèbres gargouilles – la fantasy décrit ces dernières soit comme des statues animées (des golems), soit comme une race cousine des dragons avec des traits d’oiseau, dérivant donc de la stryge. Tardivement, elles sont à tort assimilées à des vampires dévoreuses de nourrissons.L’Ancien Testament décrit enfin des anges déchus, rebelles à Dieu, parfois changés en démons et parfois non. Dans tous les cas, ils firent des enfants avec la race humaine : les néphélims, de supposés géants destructeurs, ou bien de grands sorciers qui répandent le mal. On trouve cependant dans certains textes un autre terme hébreu, zaddikim, pour qualifier ceux de ces hybrides qui se sont tournés vers le bien malgré leur sinistre naissance. Un excellent matériau…Petite ouverture sur un spectre irlandais, que l’on retrouve toujours dans les mythes malgré (ou à cause) de la christianisation : le sluagh. Un criminel dont l’âme est si noire que l’enfer l’a rejeté. Banni du ciel comme de la terre, il flotte entre les deux sans jamais pouvoir se poser et dévore les âmes des agonisants pour les adjoindre à lui et augmenter son pouvoir. Il se présente comme une ombre à peine matérielle, traînant des jambes pointues et de longs bras terminés par d’énormes griffes. Je veux en intégrer un aux Sept Reliques !Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Mystère et boule de gnome
Devinette du jour : qu’est-ce qui est petit, présent à toutes les sauces en fantasy et qui ne renvoie à rien de précis dans le folklore ? Mystère et boule de gnome !Merci d’écouter La Communauté des Invisibles ! Mon nom est Joffrey Lebourg, romancier aux seize ouvrages répartis entre quatre sagas (j’ai aussi enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus).Je vous invite à découvrir mes univers, pour les amateurs de quête épique à la recherche de renouveau ou si vous aspirez à une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés.Nous traitons ici de divers bonshommes qui ne semblent pas rentrer dans le Petit Peuple féerique. Dont le gnome, d’abord un synonyme de nain dans les pays germaniques et de lutin dans l’ouest de l’Europe, parfois un terme générique pour toute petite créature portant un chapeau pointu, et aujourd’hui une espèce à part entière grâce à Donjon et Dragon. Sa peau peut être bronzée, grise, jaunâtre ; il est le plus souvent maigrichon, très adroit de ses mains en inventeur ou alchimiste, très beau parleur en banquier ou marchand.Dans la même veine, dérivant du hobbit de Tolkien et diversifié en plusieurs races dans D&D, citons le halfelin ("semi-homme"). Il garde toujours son caractère insouciant, jovial, volontiers paresseux et casanier, sans grande imagination, expert en agriculture et en élevage – Tolkien les a inventés en caricature du monde paysan. Comme ils mangent beaucoup, on leur prête aussi un génie culinaire aux expérimentations souvent douteuses (je ne m’en prive pas, dans mes diverses séries). Vus le mois dernier : les orcs sont d'abord confondus avec les gobelins par Tolkien. Car le gobelin, lui, possède un historique. Dans les pays germaniques et saxons, c’est une sorte de lutin, domestique ou sauvage, laid et tantôt méchant, tantôt niais ; son rôle maléfique, sa bêtise crasse et son inhumanité lui viennent de la fantasy contemporaine.Le folklore anglais mentionne spécifiquement un hobgobelin, sorte de lutin malicieux, qui est désormais devenu un cousin du gobelin, parfois plus grand et plus rusé, parfois plus petit et plus honnête (ce qui est davantage fidèle au mythe). Assimilable au gobelin, ou aussi à l’erdluitle, les croyances des montagnards germaniques mentionnent un kobold – une torsion de cobalt, car il remplace les pépites d’argent qu’extraient les mineurs (il l’adore) par ce minerai sans valeur. Il le décrit comme tordu, très simiesque et parfois un peu félin, pas très intelligent et plutôt trouillard. J’en fais intervenir dans les Chroniques des Gardiens, par exemple.Moins fréquentable, son cousin le boggart – pas Humphrey ! Ok, je sors… Cette sorte de bonhomme-loutre vit dans les marais ou sous les ponts où la vase s’entasse. Il peut être bénéfique, en patron des récoltes, mais demeure le plus souvent nuisible : petits larcins, tapages, maléfices de faible envergure… On termine avec une créature à part : le lorialet. A en croire sa légende, il s’agit d’un fœtus irradié par la lumière de la lune. Il naît albinos et est très vite enlevé par ses congénères, qui l’emmènent vivre au cœur des bois ou des montagnes – je vous renvoie à la chanson Hijo de la Luna, de Mecano, qui s’en inspire. Plus tout à fait humain, il reste un enfant pour l’éternité, tant qu’il peut s’exposer à l’astre nocturne, qui le nourrit et régénère ses cellules tandis que le soleil le brûle. C’est un rêveur mélancolique, au sens artistique très développé, pourvu aussi du pouvoir de prophétie. Et de la faculté à influencer la météo au gré de ses changements d’humeur, cependant il ne la contrôle pas.Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Drôles d'oiseaux
C’est le 20è numéro de notre chronique hebdomadaire, et cela me donne des ailes ! A vous aussi, car le sujet du jour sera les oiseaux légendaires.Mon nom est Joffrey Lebourg, podcasteur (j’ai enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux seize ouvrages, répartis entre quatre sagas. Je vous invite à découvrir mes univers sur les-sept-reliques.fr (pour les amateurs de quête épique) ou chroniquesdunouveaumonde.fr (une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre des peuples oubliés).Le phénix, rapace au corps embrasé qui renaît de ses cendres... Les Grecs lui donnaient pour habitat les régions arides du Proche-Orient, où il est nommé huma. Mais saviez-vous qu’il possède des sortes de cousins, tout autour du monde ? En Egypte, le bénou (tantôt héron et tantôt faucon) n’a pas ses facultés de guérison ou de résurrection. En revanche, son feu puissant consume les créatures maléfiques. En Russie, la jar-ptitsa est entourée d’un halo solaire qui fait fuir les monstres. Mais gare à ne pas l’approcher, car l’air s’embrase autour d’elle. En Inde, les dieux ont façonné le garuda. Un aigle criard paré de bijoux, qui peut se changer en hybride homme-oiseau. Ce peuple de soldats, sans capacités de guérison, combat les Nâgas tandis que leur roi est chevauché par Shiva.En Chine, enfin, la fenghuang est un splendide animal au plumage arc-en-ciel capable de soigner, à défaut de renaître elle-même. Symbole de bonté, de beauté, de sagesse, de paix, elle est l’emblème de l’impératrice.Dans la même veine, on peut citer l’aosaginohi japonain : un héron couvert du feu bleu, qui porte chance à ceux qui l’aperçoivent. Et le chalchiuhtecolotl mexicain, un hibou au corps étincelant et aux yeux de feu. Un dernier possible parent est le wakinyan, ou oiseau-tonnerre cher aux Premières Nations, dont les vastes ailes font le bruit de l’orage et qui peut générer des tempêtes porteuses de pluie bienfaitrices ou d’éclairs destructeurs. Bien plus au sud, dans l’Atacama, vit un petit oiseau dont le plumage a des teintes métalliques. Car l’alicanto niche dans les grottes et gobe du minerai. Son grand cousin l’hercinia, résident des forêts européennes, a une parure couleur or qui vire au bleu à la pointe des plumes. A en croire Sinbad le Marin, le Moyen-Orient et l’Asie sont le territoire de chasse du rokh, un vautour de quarante mètres d’envergure qui attrape éléphants et rhinocéros. Il s’apparente au Simurgh persan, perché sur l’Arbre de vie dans la chaîne de l’Albourz. A son service, le chamrosh est un loup qui a la tête, les ailes et les quatre pattes d’un rapace ; cette race disperse les graines de l’arbre légendaire. Le valraven est un corbeau maléfique qui, en dévorant le cœur d’un enfant ou d’un roi, se transforme en chimère de loup. A ne pas confondre avec le nattravnen, ou nachtkrapp : un corbeau zombie qui répand la maladie si on croise ses orbites vides. Honteux quand un enfant le voit, sa colère le fait enfler et il peut alors enlever le pauvre gamin. Mais tous les corbeaux ne sont pas démoniaques ! Les gestes médiévales citent le caladrius, à la queue et aux ailes blanches. Lui peut guérir par la force de son regard. Cependant, s’il refuse de dévisager un malade, c’est qu’il est trop tard... Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI J'en parlerai à mon cheval
Amis des bêtes, ce numéro de la Communauté des Invisibles, animé par votre serviteur le romancier Joffrey Lebourg, saura vous satisfaire ! L’épisode du jour s’intitule « J’en parlerai à mon cheval » car nous allons causer équidés. Et pas le gentil poney qui promène vos enfants…Mon nom est Joffrey Lebourg, enseignant, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux seize ouvrages, répartis entre quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).À la base, nous avons la licorne et sa corne torsadée. Elle serait native du Proche-Orient, du moins c’est là-bas que les Grecs la situent en premier lieu, mais se retrouve ensuite dans les mythes médiévaux d’Europe de l’Ouest, associée à la purification et aux fées. Son existence reste toujours plus vraisemblable que celle de l’ornithorynque ! Et pourtant…Hélas, la Perse comptait aussi un cousin de ce beau cheval blanc : le shadhahvar, au pelage noir, avec des marques en forme de larmes sur le museau. Sa corne rouge est creuse, elle émet une mélodie hypnotique qui attire ses proies, car c’est un carnassier féroce.Mais ça, ce n’était rien ! Les Celtes redoutaient, à raison, le nuckelavee. Il a un corps de cheval et des nageoires remplacent ses sabots car, allergique à l’eau douce, il vit en mer. De son poitrail équin sort un buste d’homme, toutefois celui-ci a encore une tête de cheval, avec des crocs déformant son énorme mufle d’où jaillit un souffle toxique et un unique œil rouge flamboyant. Dans certaines versions, il n’a même pas de peau !En Norvège, on en tient aussi une jolie couche, avec le hrossveli. Il mesure la taille d’un cheval, dont il a les quatre pattes ; le reste de sa personne lui vient d’une baleine. Sa large queue lui permet d’ailleurs de soulever des vagues géantes pour malmener les imprudents qui se promènent sur les quais, ou les navires en mer.Les pays du Nord tiennent aussi à leur kelpie, cheval marin qui possède une longue queue de poisson à la place de ses membres inférieurs. Il a la peau lisse et froide d’un phoque, le rendant hydrodynamique, et sa crinière ressemble à des algues – le kelp. Selon les légendes, il peut être mangeur d’hommes ou, au contraire, végétarien et amical. Dans les Chroniques du Nouveau-Monde, on en croise à plusieurs reprises !Le cheval et l’Eau ont toujours été associés, dans nos contrées. On trouve ainsi un peu partout des chevaux fantomatiques, qui ont mauvaise réputation car il leur arrive « d’accélérer » le passage en enfer des mauvaises gens ; ils peuvent rejoindre l’au-delà en plongeant dans la mer, les lacs ou les rivières.Dans le sud de l’Europe, on les nomme drapé. Dans le nord, ce sera bäckahäst, nøkken, nykur, helhestr ou schimmelreiter. Et dans les îles Britanniques : each uisge, alastyn, aughisky, nuggle et autres variantes.Il existe enfin un « cheval » de Feu et de Terre haut de deux mètres, couvert d’écailles de dragon et coiffé de bois de cerf : la qilin. En Chine, elle représente la longévité, la grandeur, la sagesse, la paix, la justice, la félicité, l’équilibre ; elle était l’emblème de l’empereur. Elle est parfois citée aux côtés des quatre Totems Cardinaux, comme je le fais dans Les Chroniques des Gardiens.Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Les morts (ou presque) 2/2
Pas de repos pour les braves, ni pour les défunts : en cette Toussaint, restons encore un peu de l’Autre Côté avec quelques non-morts qui ont fait cauchemarder des centaines de générations.Mon nom est Joffrey Lebourg, enseignant, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux seize ouvrages, répartis entre quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).Les traditions européennes mentionnent des « dames blanches ». Les spectres errants, affligés par un profond malheur, de nobles femmes au destin dramatique. Bien qu’elles ne soient pas maléfiques par essence, elles ont tendance à partager leur fardeau de tristesse avec ceux qui les voient. Cette idée dérive d’un mythe plus ancien, panceltique : la banshee. Ce spectre féminin, allant seul ou par trois, qui sert d’intermédiaire entre les mortels et les dieux de l’Au-delà. Elle a mauvaise réputation car elle entame un chant désespéré quand elle croise une personne dont la vie s’achève bientôt, mais certains récits la décrivent comme capable d’inspirer l’amour ou de pourvoir de grandes richesses.Les Celtes avaient un rapport très intense à l’autre monde, c’est d’ailleurs d’eux que nous vient la fête de la Toussaint – anciennement : Sahmain ou Samonios. Les contes gaéliques mentionnent aussi le cat-Sí, soit le « chat du Sidh ». Félin sauvage, noir avec une tâche blanche à l’emplacement du cœur, il transporte des messages ou traque les criminels. Des missions qu’il partage avec une jolie variété de chevaux fantômes, présents dans toute l’Europe (voir #19). Et j’ignore comment les cat-Sí s’entendent avec les cù-Sí, les chiens du Sidh. Un nom qui serait erroné car, bien que le dieu des morts Arawn possède une meute de lévriers surnaturelle, celle-ci poursuit justement les cù-Sí, des chiens maléfiques de la taille d’une petite vache, au poil hirsute – et vert foncé ! – qui s’en prennent aux mortels innocents, se cachant au milieu des paysages rocailleux et aboyant toujours trois fois pour déclencher la chasse.Cette légende recoupe celle des « chiens noirs », existant en multiples déclinaisons mais surtout dans les îles Britanniques, tour à tour des fantômes, des démons, des lutins… L’un de ces chiens est le barghest, énorme spectre sauvage plus noir que la nuit sans lune, avec des yeux flamboyants, qui dévore tout ceux qu’il rencontre sur la lande. Le Chien des Baskerville s’inspire de cette créature.Sous d’autres cieux, et parce que tous les morts ne sont pas hostiles aux vivants, le katchina est un mythe présent au moins chez les Pueblos, les Hopis et les Zunis, trois groupes ethniques du sud-ouest des USA. Une déesse bienveillante permet aux enfants défunts de revenir protéger leur famille, deux fois dans l’année, en s’incarnant dans les poupées et les masques que celle-ci confectionne à leur effigie.En Amérique centrale, chaque personne est protégée par un nahual, esprit mi-humain et mi-animal attribué en fonction de la date de naissance, chargé aussi de faire respecter les interdits et de protéger les lieux sacrés. Cependant, dans certains mythes, plutôt que des émanations naturelles, les nahuals sont les spectres qui choisissent cette métamorphose pour continuer à veiller sur leur tribu. Ce motif de l’ancêtre protecteur se retrouve dans la quasi-totalité des civilisations au monde, sous une forme ou l’autre.Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Les morts (ou presque) 1/2
Halloween oblige, nous allons franchir le pas vers l’au-delà. De romancier, je vais m’improviser médium et vous guider vers ceux que l’on croyait décédés… et qui, hélas, ne le sont pas !Mon nom est Joffrey Lebourg, enseignant, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux seize ouvrages, répartis entre quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).Debout les morts ! Le zombie est aujourd’hui servi à toutes les sauces, mais connaissez-vous son origine, dans le vaudou ? On retient trois hypothèses. La première est symbolique, héritage des coutumes tribales : quand un criminel était mis au ban du clan, il subissait une « mort » sociale tout en continuant à être vivant et on pouvait donc le voir rôder autour des communautés. De même qu’il pouvait être réintégré, sa faute expiée, comme s’il ressuscitait.La deuxième correspond à un empoisonnement accidentel avec la tétrodotoxine, qui plonge dans une tétanie très similaire à la mort (même pour la médecine actuelle). Puis le malheureux se réveille soudain, alors qu’on se prépare à l’enterrer, si ce n’est pas déjà fait. À faible dose, l’effet ne dure que quelques heures.La troisième théorie implique une vengeance, avec des doses plus élevées de toxine. Quand la tétanie dure trop longtemps, la victime peut se réveiller, mais son système nerveux s’est déjà dégradé. Elle aura par conséquent une démarche traînante, un langage perturbé, une mémoire fragmentée. Avant de mourir pour de bon.Le zombie, aujourd’hui, a évolué. Tant avec la fantasy, et l’usage de nécromancie qui brise un tabou religieux sur la profanation des sépultures, qu’avec la science-fiction : cet état est dû alors à un agent biologique (champignon ou virus), miroir des angoisses du monde moderne. Dans les Chroniques du Nouveau-Monde, Baron Samedi (dieu des morts du culte vaudou) vous en dira long à ce sujet !Je vous renvoie au troisième épisode pour les vampires Mais ils ont des alter ego, errant la nuit dans les campagnes. En Inde, le vetâla (berbalang en Malaisie) ne boit que le sang de créatures déjà mortes et n’ayant pas reçu de tombes. Il peut même les posséder temporairement mais, pour cela, il abandonne son corps sans défense.En Afrique de l’Ouest se trouve une créature ressemblant au vampire, l’asanbosam. Elle possède des dents et des pieds de fer, n’a pas de pouvoirs magiques et est plus bestiale que raffinée.Pour finir cet épisode, je citerai le cas un peu particulier du jiangshi, en Chine. Plutôt qu’un corps qui se relève spontanément, il s’agit d’un esprit décorporé qui possède un cadavre – mais pas le sien – et qui, ce faisant, le ranime. Il draine la force vitale de ses victimes ; si le maléfice dure trop, celles-ci deviennent des zombies esclaves de sa volonté. Et comme tous les jiangshi sont aveugles, ils se guident grâce au bruit de nos respirations, car ils ont une ouïe formidable.Un mythe proche est celui du dokkaebi coréen, un fantôme réincarné en un assemblage d’objets tachés de sang, pour se donner un corps humanoïde au visage effrayant. Avec son costume traditionnel, son chapeau et sa baguette magique, il aime jouer de vilains tours aux mortels, son approche étant manifestée par des feux de Saint-Elme. Expert en lutte, il ne refuse jamais un défi et accorde des vœux à ceux qui le surpassent.Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI En eaux troubles
Si les plages et la mer vous manquent, n’ayez crainte : cela ne sera plus le cas d’ici quelques minutes ! En effet, nous plongeons aujourd’hui sur les traces des monstres marins !Merci d’écouter La Communauté des Invisibles ! Mon nom est Joffrey Lebourg, enseignant, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux quinze ouvrages, répartis entre quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).L’aspidochélon apparaît dans un bestiaire chrétien. Il s’agit d’une tortue gigantesque, au rythme de vie si lent que le sable s’accumule sur sa carapace et que les arbres y poussent. Ainsi, elle est souvent confondue avec une île. Mais si l’on allume un feu de camp sur son dos, la tortue-île replongera, emportant les matelots et leurs bateaux.Ce même schéma se reproduit avec la lacovie, un poisson-île décrit plutôt au Proche-Orient, notamment dans les voyages de Sinbad le Marin. Par la suite, j’ai trouvé chez certains auteurs de fantasy des baleines-îles, des crabes-îles et des raies-îles.Tirée de Pline l’Ancien, recyclée au Moyen-Âge mais oubliée de nos jours, la sarce est au mieux un très gros poisson ailé attaquant les navires, au pire un mélange chimérique de poisson avec un oiseau – voire un dragon ! La plupart des descriptions lui donnent un rostre, la rapprochant de l’espadon ou du requin-scie. Je suis parvenu à en placer une dans les Chroniques des Sang-Mêlé !Enfin, il y a le serpent de mer, plus ou moins proche cousin du dragon, né de l’imagination trop fertile des cartographes médiévaux, d’après de vagues observations de marins. Un régalec, un tentacule de calmar, peut-être même une baleine ? La seule base mythologique est scandinave, avec le serpent Jörmungandr qui entourait le monde (plat) afin de retenir l’océan, dessinant l’horizon. En fantasy, on croise parfois la race des Jörmund, enfants du serpent-monde.Les peuples très liés à la mer, en Océanie, ont de nombreux mythes de monstres aquatiques. Mais nous quitterions le folklore pour attaquer un grand volet sociétal et mythologique, donc je les délaisse pour le moment. Dans des mers bien plus froides, à en croire les légendes inuites, on peut cependant trouver l’akhlut. Une orque capable de se transformer en loup pour pourchasser les pêcheurs sur Terre, selon les plus rationnels. Ou l’affreux hybride de l’orque et du loup, pour les fantaisistes. J’ai aussi trouvé une version croisant un cachalot avec un renne !Pour conclure avec la célébrité que tout le monde attend, je citerai le kraken, dont les marins scandinaves guettent les attaques. Inspiré par les calmars géants des profondeurs, celui-ci est d’une taille si colossale qu’il peut broyer n’importe quel navire dans ses tentacules. Une version démoniaque sert d’adversaire à Cordélia dans mon roman Le Grand Tournoi.On le représente parfois comme une pieuvre, plutôt qu’un calmar. C’est une faute, à mon sens. D’autant qu’il possède son cousin poulpe : le lusca. Mesurant entre vingt-cinq et soixante mètres, baignant dans les eaux chaudes des Caraïbes, ce monstre se tapirait dans les trous bleus, des dolines sous-marines, en usant de camouflage. Toujours un bras sur le fond de l’eau, il se catapulte vers la surface quand une pirogue le surplombe…Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Gros, vilains, pas beaux
Aujourd’hui, exit la mignonnerie : nous allons traiter d’êtres barbares et sauvages.Mon nom est Joffrey Lebourg, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux seize ouvrages, répartis entre quatre sagas. Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).En premier lieu, parlons trolls. Frustres, laids, de très grande taille, aussi puissants que malodorants ? Dans leur mythe premier, ce sont des créatures poilues incarnant les forces de la nature, parfois grandes et parfois naines. Depuis que l’Homme empiète sur leurs territoires, ils dorment sous les ponts et paraissent parfois pour demander un droit de péage.De haute taille, nous avons aussi les géants. En Scandinavie, il en existe trois types : les Géants de Feu et les Géants de Givre, logeant dans des mondes distincts. Et les jötnar, les géants des montagnes, capables de se métamorphoser en n’importe quoi, de la mouche au dragon, qui vivent à la fois à Jotunheim et sur la terre des hommes. Comme le troll, avec lequel il était confondu dans les vieilles sagas, le géant se décline maintenant en d’autres races.Arrive l’ogre. Il n’est pas vert, comme Shrek ; ni rouge, comme ceux de mes Chroniques des Sang-Mêlé. Issu des traditions populaires, il est une occidentalisation du jötunn : grand, souvent sorcier, toujours mauvais, il se caractérise par son appétit de viande humaine. Le géant de Jack & le Haricot magique n’est pas différent de l’Ogre du Petit Poucet ou du Chat Botté.De la même racine, Orcus (dieu infernal des mythes romains tardifs), nous avons l’orc. Bien que le mot soit cité en langue saxonne dans le poème Beowulf, il n’existe pas en tant que créature avant le Hobbit – où Tolkien l’emploie comme un synonyme de gobelins ; la distinction viendra plus tard, avec Donjons et Dragons. Mais nous reparlerons de cela dans un futur épisode !Au Japon, l’ogre a un alter ego aujourd’hui bien connu, la coqueluche des carnavals autant que des mangas d’action : l’oni. Sa peau arbore une grande diversité de couleurs vives, il a tendance à s’habiller avec des peaux plus ou moins lavées et il présente un nombre variable de cornes, tandis que ses énormes dents ne rentrent pas dans sa bouche. Il se reconnaît surtout à la massue de fer qu’il transporte. En vérité, en japonais, la plupart des démons sont rangés sous le terme « oni », pour peu qu’ils mangent des gens. Parce qu’ils peuvent être sociaux, certains servent même les dieux, j’en dépeins un royaume dans l’Odyssée de Salamandre.Terminons par un autre mythe ancestral, grec cette fois : le cyclope, colosse laid et rustre avec un seul gros globe oculaire sur le front. Toujours bon pied, bon œil, il en existe d’abord un trio forgeant inlassablement la foudre de Zeus, puis cela devient une race entière – des enfants de Poséidon, plus bergers qu’artisans. Sans doute pour la blague, la fantasy actuelle lui accorde un cousin à trois yeux : le triclope ! Et d’autres créatures similaires existent du Pays basque à l’Iran.À noter que, comme le griffon et le yéti, il est fort probable que le cyclope a été inventé d’après des ossements. En l’occurrence ceux des éléphants : crâne énorme et large trou au milieu du front, correspondant à la fosse nasale…Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Bestiaux hybrides
Les étranges métissages évoqués la fois passée ne sont rien ; les folklores de notre planète regorgent d’assemblages insolites entre plusieurs animaux. Ce sera notre sujet du jour !Mon nom est Joffrey Lebourg, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux seize ouvrages, répartis entre quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).Quoi de mieux, pour débuter, que la chimère ? Celle qui donne son nom à toutes les autres est issue de la religion grecque. C’est un lion cracheur de feu avec une seconde tête, de chèvre et parfois une troisième, d’aigle. Et un serpent en guise de queue.Elle m’évoque deux autres êtres. D’abord la nué, en Chine : un corps de chien viverrin bien plus gros que la normale, une queue de serpent, une tête de singe et des pattes de tigre. Cette chose répand la maladie sur son passag et, comme elle déménage souvent, suivant ses proies, elle peut ravager des régions entières ! L’autre est la panthère d’eau. Un grand puma avec des cornes de daim et, encore, une queue reptilienne. Moins agressive, elle maîtrise aussi la magie ; certains chamans des Premières Nations l’invoquaient pour obtenir des visions prophétiques. Référez-vous aux Chroniques des Sang-Mêlé pour en savoir un peu plus.Proche parente de la chimère : la manticore. Un lion rouge avec un visage vaguement humain, des aigles de dragon et une queue de scorpion. Son ennemi naturel est le noble et fier griffon, qui possède l’avant d’un aigle (tête et ailes comprises) et l’arrière d’un lion. J’adore ces grosses bêtes et je les cite de plus en plus dans mes travaux !J’aime aussi laisser une part de mystère, une ouverture disant « Et si ces êtres existaient bel et bien ? ». Cependant, dans le cas du griffon, nous avons la certitude assez confortable qu’il a été inventé d’après des crânes de dinosaures cératopsiens retrouvés par les anciens peuples scythes et persans.Le griffon a deux cousins : l’hippogriphe, bien connu des Potterheads, bâti sur le même modèle mais avec l’arrière-train d’un cheval ; et l’hippalectryon, qui possède quant à lui l’avant et la tête du cheval mais les pieds, les ailes et la queue du coq.En dernier lion, évoquons l’androsphinx ! Lui, ses quatre pattes sont félines et, s’il a toujours des ailes d’aigle, sa tête est humaine. Vous le savez sans doute, à Delphes, une sphinge – c’était une femelle – adorait poser son énigme. Et dévorer ceux qui échouaient à la résoudre. Le sphinx existe aussi en version égyptienne, sans ailes. Et dans la foulée, les Égyptiens lui donnent deux parents : le criosphinx (à tête de bélier) et l’hiéracosphinx (à tête de faucon).Les gestes médiévales mentionneront aussi la Bête glatissante, dans le cycle arthurien notamment. Un corps à mi-chemin entre le léopard et le lion, des sabots de cerf, tandis qu’un serpent remplace sa tête. Et ses entrailles génèrent un vacarme sourd lui donnant son nom. Elle est difficile à placer, mais je l’utilise dans le Grand Tournoi.Nous pourrions en évoquer plein d’autres. Le Minotaure, l’homme à tête de taureau comme le Pégase, cheval ailé que j’ai écarté de la chronique d’aujourd’hui, sont des créatures uniques, selon leur légende. C’est dans la fantasy moderne qu’ils deviennent une race à part entière.Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Hybrides bestiaux
Nous l’avions teasé dans l’épisode sur les loups-garous : toutes les ethnies du monde ont abordé avec un mélange de curiosité et de peur le croisement de l’humain et de l’animal. C’est l’heure de revenir développer ce sujet.Mon nom est Joffrey Lebourg, enseignant, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux seize ouvrages, répartis entre quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).Nous devons principalement remercier les Grecs pour ce bestiaire d’hybrides. À commencer par les harpies, femmes avec des serres et des ailes de vautour, et malgré tout de petites mains griffues au bout de celles-ci. Elles sont cruelles, voraces, grossières et tellement sales que leur odeur suffit à faire défaillir leurs proies. Tandis qu’une simple coupure de leurs griffes, à cause des microbes, peut être mortelle.Au même rayon, nous avons les sirènes. Leur chant hypnotique conduit les marins à s’échouer sur les écueils de leur île puis à se laisser déchiqueter. Par la suite, au contact des autres civilisations décrivant des créatures pisciformes (comme le Hai Ho Shang en Chine du Sud), elles évoluent en cet hybride bien connu à queue de poisson. Elles deviennent alors pêcheuses plutôt que chasseresses. L'un de mes héros des Sept Reliques est un triton, une sirène mâle.Si nous restons dans les créatures aquatiques, mentionnons également le vodianoï, l’homme-grenouille des rivières slaves. Il noie les pêcheurs pour garder leur âme dans des bocaux, même si on ignore l’usage qu’il leur trouve, mais peut être soudoyé avec un peu de tabac. On l’aperçoit souvent assis à fumer sur un rocher.Les Grecs nous parlent aussi du cynocéphale. Tout est dans le nom : « tête de chien ». Une créature assez frustre et sauvage, mais pas hostile, bien différente du lycanthrope. On peut la rapprocher de l’adlet, créature de la mythologie inuite, qui a cette fois des jambes canines et un tempérament agressif ; ainsi que du psoglav, un mangeur d’hommes à tête de chien cyclope et à pieds de cerf qui vivrait au fond des grottes en Serbie et en Croatie.Poursuivons avec les lamias. Chez les Grecs, c’est tout à la fois le nom de plusieurs personnages légendaires et celui d’une race, des femmes devenant serpent à partir de la taille – comme la fée Mélusine en France. Elles enlèvent de jeunes hommes pour s’accoupler, après avoir dévoré leurs compagnes.Cette hybridation se retrouve dans l’hindouïsme, avec le peuple nâga. Des serpents géants, qui peuvent aussi apparaître comme hybrides ou humains à part entière. Ils incarnent des forces sauvages et redoutables, peu soumises à la loi divine, mais sont aussi associés à la prospérité et à la fécondité, médiateurs entre la Terre et les Cieux. C’est une race que j’utilise assez régulièrement dans mes écrits, depuis les Chroniques des Sang-Mêlé.Ce mythe de l’homme-serpent est présent un peu partout autour du globe. Même les Gaulois avaient leur anguipède, qui possède deux serpents entiers remplaçant ses jambes ! Et ceux-ci ont une morsure venimeuse. Cependant, c’est un être craintif, il préfère fuir s’il le peut.Impossible de terminer cet épisode sans évoquer le centaure, un buste d’homme sur un corps de cheval. Ou de taureau (bucentaure). Ou d’âne (onocentaure). Ou de poisson (ichtyocentaure).Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Autres créatures féeriques 2/2
Achevons notre tour du monde des êtres qui, avec plus ou moins d’indulgence, peuvent être taxés de « féeriques ».Mon nom est Joffrey Lebourg, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux quinze ouvrages, répartis entre quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).Dans les mythes européens, je dois vous parler des Aos Si – les « habitants du Sidh ». Sachant que ce terme désigne à la fois les palais souterrains où se sont enfuis les dieux d’Irlande et le monde des morts. Il y aurait là-bas une race s’apparentant aux fées, hostile aux humains, baignée dans un éclat spectral et manipulant l’ombre ou la foudre. Ce clan apparaît dans les Sang-Mêlé.Je souhaite aussi saluer nos outsiders, les Basques, qui bénéficieront d’un développement important dans un livre ultérieur. La nuit, au bord de l’eau, leur pays voit sortir de leurs grottes les timides laminak, complexant à cause de leurs mains et de leurs pieds palmés. Sorte de bonne fée protectrice, la lamina aide parfois aux accouchements et veille sur les défuntes.Au Maghreb et au Proche-Orient, on ne peut ignorer les djinns – qui donnent naissance à la légende du « génie dans la bouteille ». Des créatures façonnées par les flammes, comme les humains sont nés de la glaise, plutôt de vilaine humeur. L’islam a tendance à les démoniser, surtout une caste baptisée « Éfrit » qui semble encore pire que les autres, et encore plus liée aux flammes. N’arrivant pas à trancher parmi les différentes versions, j’en ai fait deux races cousines et y ait ajouté les Marids – des créatures aquatiques. Je les utilise dans la plupart de mes séries, mais d’autres fictions en donnent des interprétations bien différentes. Avant de devenir synonyme de mort-vivant, le terme « goule » semblait aussi désigner un djinn déchu. En Perse, on notera également les péris, des femmes-oiseaux aux allures angéliques, summum de l’élégance et du raffinement, à la voix envoûtante. Elles sont en guerre contre les divs, les esprits malfaisants de tout poil.Partons pour l’Afrique de l’Ouest ! Les eaux y sont peuplés de nommos, qui apparaissent totalement humains ou bien comme des poissons avec une tête et des bras. Et ils peuvent alterner entre forme mâle et forme femelle ! S’ils étaient plus connus, ils seraient dans tous les romans queer… Je les emploie aussi, pour d’autres raisons, dans le Nouveau-Monde. Pendant ce temps, dans les forêts, les azizas sont des chasseresses bienveillantes qui vous offriront force et endurance pour retourner au village.Terminons avec l’Océanie. La mimi est l’une des créatures les plus étranges d’Australie, dépeinte dans les illustrations rupestres : vaguement humaine, avec une tête triangulaire, des jambes courtes, un buste étroit comme un ruban, des bras pendants. Mais tous s’accordent à dire que c’est un être lumineux, protecteur de la nature.Et en Indonésie, on n’est pas à l’abri de conclure un marché avec un jenglot, gnome de douze centimètres desséché comme une momie, avec d’immenses cheveux sales et des ailes de mite. Il se nourrit de sang mais est trop paresseux pour attaquer les passants, il préférera négocier sa dose d’hémoglobine en échange de pouvoirs magiques. Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Autres créatures féeriques 1/2
Vous êtes nombreux à avoir apprécié notre septième épisode, sur les fées, et vous avez demandé le détail de toutes les races fascinantes auxquelles elles ont été assimilées par des esprits trop étroits niant leur individualité. En voici donc quelques-unes !Mon nom est Joffrey Lebourg, enseignant, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux quinze ouvrages, répartis entre quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).Si nous commençons notre étude au nord, parlons des huldres. Des créatures des bois, très belles, capables de se changer en brume, le plus souvent des rå (c’est-à-dire les protecteurs surnaturels de lieux sacrés). Les hommes ont un aspect plutôt rustique et une force colossale ; les femmes disposent d’une queue de renard ou de vache et de la science des enchantements. Bien sûr, les chrétiens ont dénaturé ces dames par la suite – mais sans critiquer les hommes… – en leur dépeignant un dos creux et une attitude moins affable, ainsi qu’une vulnérabilité à l’eau bénite. Comme si c’étaient des démons, presque des succubes. Vous en trouverez dans Le Grand Tournoi.Un peu plus au sud, dans les rivières germaniques et slaves, vous pourrez apercevoir une nixe, alias roussalka. C’est une créature au tempérament artiste, et donc inconséquent, qui s’en prend aux nageurs par jeu – mais peut aussi les sauver de la noyade si elle est de bonne humeur. Elle se montre peu, mais aime parfois se prélasser dans les branches de saules, où elle est vulnérable. Humanoïde, on la reconnaît à sa peau bleutée, cependant elle peut prendre la forme de différents animaux aquatiques. Sa race ne semble compter que des femelles. Je compte en intégrer dans mon prochain projet.Dans les bois russes, décidément bien peuplés, errent aussi les léchis, grands hommes sauvages tout bleus, avec une barbe et des cheveux végétaux, des vêtements en peaux. Un léchi peut faire varier sa taille ou se changer en bête, ou même en arbre. Gardien des forêts, il aidera ceux qui les respectent et punira les autres ; cependant, il hiberne du 17 octobre au 21 mars. Cordélia a un excellent ami chez ce peuple.Dans les mêmes contrées, mais plutôt dans les champs, on attend avec hâte le passage des vesnas, les enchanteresses du printemps. Ces dames magnifiques, vierges perpétuelles, se cachent dans des palais secrets au sommet des montagnes. Mais au mois de février, elles sortent pour aider la terre à dégeler, les grains à germer, les fleurs à éclore. Je les mentionne, cette fois, dans le quatrième opus des Sept Reliques.Et si nous revenons sous nos latitudes, l’Écosse abrite de petites femmes ailées porteuses de bois de cervidé, avec une peau vert d’absinthe et un vrai caractère d’Highlanders : les pixies. Sauvageonnes, elles ne s’habillent que de peintures pictes, en bleu de guède, ou parfois de lambeaux de fourrure – parlez-en à Salamandre, elle ne les aime guère !En Europe de l’Ouest résonne enfin le mythe des sylphes, ou sylphides, sorte de fées des airs. Elles sont définies par l’alchimiste Paracelse, qui prétendait les avoir trouvées dans les légendes gauloises. Malgré le manque de fiabilité de la source, je les ai acceptées dans mon univers, avec le troisième tome des Chroniques des Sang-Mêlé.Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Les nymphes
Je vous emmène aujourd’hui batifoler avec les nymphes. Créatures issues de la religion grecque, elles sont des sortes de divinités mineures et mortelles, liées à des lieux ou des types de paysage ; c’est un reste de l’animisme pratiqué par les peuples préhistoriques européens avant l’invention de la religion – sur les autres continents, les deux notions ont le plus souvent coexisté. Elles jouent un rôle tutélaire, protectrices, sans l’aspect libidineux dont elles furent affublées ensuite par le christianisme espérant détourner le peuple de ses vieilles idoles.Mon nom est Joffrey Lebourg, enseignant, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux quinze ouvrages, répartis entre quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).Dans le folklore grec, il semble y avoir deux types de nymphes : les filles de certains dieux, au nombre défini, et les espèces à part entière. Ainsi, les néréides sont fille de Nérée et les Océanides filles d’Okéanos ; toutes sont pourtant des nymphes marines, devenue leur propre race dans la fantasy classique sous le terme néréides. Les Héliades sont les filles d’Hélios, le soleil ; les Hespérides, nymphes du crépuscule, filles d’Atlas ; les Alcyonides célestes sont filles d’Alcyon... Et ainsi de suite.En face, nous avons les peuples magiques des nymphes, émissaires de la nature : les dryades émanant des bois, les naïades de l’eau douce, les oréades des montagnes – il est facile de les reconnaître car elles ont un équivalent masculin, le satyre (alias faune pour les Romains), un homme-bouc.Sont aussi nommées les uranides, représentant les vents et les nuages, ainsi que les lampades, vivant dans l’Autre-monde et servant la terrible déesse de la Sorcellerie, Hécate ; bel et bien des races à part entière, cependant elles ne semblent pas avoir de satyres.Un cas problématique est l’hamadryade : à l’origine, elle est confondue avec les dryades (qui sont rattachées spécifiquement aux chênes), puis elles deviennent deux créatures distinctes. La dryade est alors représentée comme plus puissante et plus libre que l’hamadryade, pourtant certains auteurs de fantasy moderne – et j’en fais partie – renversent ce rapport. De plus, elles n’ont pas de partenaire mâle.D’autres régions présentent des créatures proches, comme la nixe et l’ondine dans les terres germaniques qui équivalent aux naïades, ou l’askafroa scandinave qui s’apparente aux dryades. Mais nous en reparlerons !Les nymphes sont ressuscitées dans les arts visuels de la Renaissance puis la poésie ultérieure, chez Milton ou Coleridge par exemple, ou en France avec Mallarmé, souvent sans distinction de races. Et elles sont présentes désormais dans un grand nombre d’œuvres : la Belgariade, Narnia, le Sorcelleur…Je ne suis pas en reste et, alors que j’évite au maximum d’inventer de nouvelles races, j’ai fait une entorse à ce principe en rajoutant des nymphes du Feu (les sulfurides) et des nymphes toxiques (les délétériodes) pour les besoins de mes aventures.Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Les lutins 2/2
Mon nom est Joffrey Lebourg, enseignant, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux quinze ouvrages, répartis entre quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés). Après les lutins domestiques, ceux des champs, dont le poliévik. Il abrite les fermes slaves contre les pucerons, la grêle et les mauvaises herbes, tant qu’il est de bonne humeur. Mais si on le contrarie, il se vengera, surtout sur les fainéants. Selon sa légende, le poliévik ressemble à un garçonnet en hiver, puis vieillira jusqu’à être un ancêtre à l’automne, avant de renaître. Alors que sa femme, la polovdnitsa, reste inchangée.Son cousin le servan, dans les Alpes, est un gardien des troupeaux, avec une préférence pour les chèvres et les moutons. Mais si on oublie ses libations, il vous lancera des branches sur la tête ! Il s’apparente au vazila russe, le petit patron des écuries. Sur le versant italien des Alpes, vous croiserez peut-être un monaciello, attifé d’une robe de bure rouge. Ce sont des lutins banquiers mais, étant irresponsables et bons vivants, je n’irai pas leur confier mon or…Du côté allemand, ce sera plutôt l’erdluitle, alias bergleute, replet résidant des grottes qui déteste le bruit et la lumière. Il déterre des diamants et tente de faire fuir les mineurs avec pluies, avalanches, bourrasques ou simplement des bruits sourds et inquiétants.Autre rigolo des montagnes : le sciapode. Qui possède un seul pied, énorme et poilu, l’aidant à bondir partout à vive allure… ou lui servant de parasol quand il se repose.Chez les Basques, on rencontre parfois le veilleur de nuit : le truffandec, dont la lanterne guide les voyageurs perdus. Dans la lande anglaise, le púca est un espiègle gamin qui se transformera en cheval noir pour vous entraîner dans une chevauchée endiablée, vous causant plus de peur que de mal.Son nom a été transmis par les colons à un être nord-américain, un petit chaman messager de la Nature : le puckwoodgenie. Dans ce même pays, les lacs sont habités par les maymaygwashi, qui ressemblent à des enfants-sirènes poilus.En être serviable, vous trouverez aussi le minuscule koropokkuru, qui loge dans les feuilles de pétasites, au Japon et en Russie, et pourra vous aiguiller hors de la forêt. Il en existe une version africaine, l’abatwa, ou européenne : le minimet. Mais le monde regorge aussi de lutins très hostiles. L’annequin des Ardennes va tenter de vous attirer dans les marais, où vous vous noierez. Un peu comme le Dama Dagenda, en Australie, qui imitera des voix pour vous perdre dans la brousse.En Afrique du Sud, le tokoloshe ne ressemble même plus à un humain, mais à un chimpanzé rayé et cornu : avec sa force herculéenne, il bondit hors de l’eau et tentera une strangulation mortelle sur les imprudents. Il ressemble ainsi au bukavac d’Europe de l’Est, être poilu à six bras et presque aussi haut qu’un homme, qui rampe hors des plans d’eau avec cette même intention meurtrière… Cette liste n’est pas exhaustive, bien entendu. Celle des ouvrages où ils apparaissent, en revanche, pourrait l’être : ces créatures sont boudées par la plupart des auteurs. C’est pourquoi j’essaie de toutes les faire apparaître, depuis les Chroniques des Sang-Mêlé jusqu’aux Sept Reliques. Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Les lutins 1/2
Qui n’a jamais rêvé d’avoir un aimable lutin protégeant sa maison, effectuant les menus travaux à sa place ? Ce sera notre sujet du jour : les innombrables créatures de la famille des « lutins ».Merci d’écouter La Communauté des Invisibles ! Mon nom est Joffrey Lebourg, enseignant, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux quinze ouvrages, répartis entre quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).La définition du lutin est plus floue que celle des fées : c’est un petit bonhomme, lié à une force surnaturelle. Et cette fois, on peut sans mentir catégoriser de « lutin » des créatures venant d’Australie, d’Amérique ou d’Afrique, ce qui tend à prouver qu’elles émanent toutes d’un mythe très ancien, bien que ceux d’Europe – comme les fées – aient surtout été définis en rémanence des croyances traditionnelles, dénaturées par le prisme de la christianisation.Le lutin au sens propre, le seul et l’unique, est français : une créature d’eau au long nez, qui peut sentir l’or et les pierres précieuses. Elle les extrait et les place dans un chaudron au pied d’un arc-en-ciel et, si on l’attrape, on peut exiger son trésor. Ou trois vœux. C’est la légende, du moins, et elle s’est répandue dans les autres contrées d’Europe de l’Ouest.Au même rayon, nous avons le farfadet, ou gripet, ou felteu. Lui est plutôt issu des bois, c’est un farceur avec les adultes, mais il est serviable envers les enfants et joue souvent avec eux.Et le korrigan breton, à l’aspect en partie animal, toujours mal luné mais rarement dangereux.L’Irlande exporte aussi son leprechaun, lutin rouquin vêtu de vert, avec un trèfle à quatre feuilles à la boutonnière, qui lui permet de manipuler la chance.Mon préféré, c’est le brownie, le lutin artisan. Il loge sous les chaumières et, contre un salaire de lait ou de sucreries, sortira la nuit pour réparer, recoudre ou encore cuisiner ce qui aura été laissé en évidence sur la table à manger. Mais gare à ceux qui tenteraient de les surprendre en plein ouvrage ! Et naturellement, ils sont à l’origine du gâteau qui porte leur nom.Il existe des équivalents aux brownies tout autour du monde ! Les menehune à Hawaii, bien que ceux-ci vivent en forêts et soient assez farouches. Les kotihaltija en Finlande. Les mamarroak au Pays basque. Et ainsi de suite.Parmi les « lutins » domestiques, nous recensons aussi le domovoï. Naguère habitant des bois, il s’est installé dans le poêle des maisons russes et empêche d’entrer les forces maléfiques, si on pense à le nourrir. Il pourra aussi effectuer quelques travaux.Sa cousine, la vieille drioma, s’infiltre dans les isbas au milieu de la nuit, borde les enfants, leur chante des berceuses et leur procure de doux rêves. Mais elle distribue aussi des cauchemars aux adultes qui n’ont pas la conscience tranquille…Le tomte scandinave possède des caractéristiques ressemblant au domovoï (logique : les Russes descendent des Nordiques) et d’autres au brownie.Nous avons effleuré le sujet, mais un épisode n’y suffit pas : je vous incite donc à rester à l’écoute, nous reviendrons bientôt sur les lutins dont je n’ai pas eu l’occasion de parler.Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Les fées
Aujourd’hui, décryptons les différents emplois du mot « fée », qui dérive probablement du latin fata : le destin.Mon nom est Joffrey Lebourg, enseignant, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux quinze ouvrages, répartis entre quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).Au Moyen-Âge, les fées sont des "enchanteresses", belles dames d’aspects nobles qui dispensent des dons ou éduquent les enfants appelés à de grandes choses – « marraine la bonne fée » – ou bien sont l’objet du désir de preux chevaliers. Néanmoins, certaines sont à rapprocher des sorcières, comme Carabosse. On leur trouve souvent un lien avec les forêts ou avec l’eau, considérés comme des territoires de mystères propres à la magie, pensons par exemple à Viviane ou à Mélusine.A la Renaissance anglaise, toutefois, « fée » chapeaute l’ensemble des nombreux lutins et autres farceurs hérités des Celtes britanniques, puis y intègre encore après trolls, nains et même elfes germaniques. Fae s’emploie alors comme adjectif synonyme de « surnaturel ». C’est depuis lors que fées sont dépeintes comme de petites femmes ailées. On évoque parfois leurs compagnons, baptisés « féetauds », et elles sont rangées en deux catégories : seelie (amicales) ou unseelie (néfastes pour l’Homme).En vérité, il existe de nombreuses créatures autour du monde qui occupent des rôles similaires, mais les puristes – dont je fais partie – reconnaissent comme fées les entités européennes seulement. Il serait mensonger d’assimiler une légende africaine ou américaine par notre prisme, ce serait la dénaturer – je vous invite à réécouter l’épisode de la semaine dernière, où nous avions vu un problème similaire. En conséquence, j’ai l’intention de consacrer d’autres épisodes à tous ces cas particuliers, au lieu de les englober dans une appellation artificielle.Les fées sont longtemps restées synonymes de merveilleux, parfois ambivalentes plutôt que bénéfiques, mais jamais hostiles – regardez celles dans Peter Pan. Dans la littérature contemporaine pourtant, surtout la romantasy, on assiste à un net virage : ce sont des créatures cruelles et sadiques, manipulatrices, qui perdent en humanité pour devenir à moitié animales ou végétales. Ce qui les rendrait meilleures, chez moi, apparaît dans la mentalité américaine comme une indignité, un méprisable signe de monstruosité, et même d’infériorité par rapport au genre humain. C’est très révélateur d’un état d’esprit que, hélas, nous constatons régulièrement.Je fais coexister dans mes romans les fées de grande taille et celles hautes de trente centimètres, ce sont des espèces cousines. Et je ne dresse aucun amalgame : pixies, nixes, sylphes et autres sont toutes des races apparentées, avec leurs propres caractéristiques car jouant un rôle spécial pour le peuple les ayant inventées, et non des synonymes.Mes personnages sont souvent liés aux fées « pur jus », comme alliées (dans les Chroniques des Sang-Mêlé ou le sixième tome des Sept Reliques) ou car ils partagent leur sang – c’est le cas de Louane, et d’autres personnages dont vous n’avez pas encore fait la connaissance…Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Des dinosaures en Afrique ?
Aujourd’hui, je vais vous soumettre une question qui a longtemps enflammé les débats scientifiques : peut-on trouver des dinosaures en Afrique ? Alors oui, avec nos connaissances contemporaines, cela fait sourire. Mais dans l’esprit des années 1900...Mon nom est Joffrey Lebourg, enseignant, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux quinze ouvrages, répartis entre quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, l’Amazonie et l’Afrique étaient les confins du monde, des zones dangereuses et mystérieuses, primitives, où certains pensaient plausible trouver des survivants de l’extinction du Crétacé - ou le maillon manquant entre l'homme et le singe. Nous avons vu le même phénomène la semaine dernière, avec des Néandertaliens supposés toujours vivants pour expliquer le mythe du yéti. Il faut préciser que les premiers fossiles de dinosaures ont été découverts dans le courant du XIXe, c’était la grande mode et surtout, on était encore incapables de déterminer s’ils s’étaient éteints il y a six mille ans… ou soixante-cinq millions d’années !En conséquence, les missionnaires ont réinterprété certains mythes africains pour soutenir leur théorie, de façon volontaire ou non, et il est quasiment impossible aujourd'hui de trouver une description encore fidèle à l'origine.Prenons le cas de la chipique dont le museau ressemble à celui de l’hippopotame et le corps large à un crocodile, avec entre eux un long cou de serpent. Une chimère comme on en voit beaucoup, qui fut pourtant associée à un plésiosaure. Le mokélé-mbembé est bâti sur le même modèle, mais avec des pattes de grenouille.De la même façon, le mbielu-mbielu-mbielu est un animal semi-aquatique, une sorte de crocodile dont les crêtes dorsales ont évolué. Pas un stégosaure. Son proche cousin le ngouma-monene a un bec de héron et mange des termites.Citons encore le ngoubou et l’émela-ntouka, deux versions d’un énorme rhinocéros à la corne en sabre, confondu avec un cératopsien.Et le kongamato, grand animal volant et poilu avec un gros museau, deux caractéristiques qui l’empêchent d’être un ptérodactyle – en l’occurrence, c’est plutôt un Hypsignatus, genre de chauve-souris géantes africaines qui existe bel et bien.Parmi les œuvres de fiction exploitant l’idée des dinosaures dans ces zones reculées, il y a bien sûr Le monde perdu, d’Arthur Conan Doyle. Ou une œuvre plus contemporaine, alors qu’on savait déjà cette théorie fausse : les romans puis la bande-dessinée Bob Morane.Pour ma part, je n’y ai fait qu’une seule référence, dans le deuxième tome des Chroniques des Sang-Mêlé. Eh oui : le matériau est trop lacunaire, le risque de tomber dans le piège des colons trop grand, pour permettre une exploitation fidèle à ma ligne éthique. C’est bien dommage !Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Yétis et compagnie
Parce que l'on n'apprend pas aux vieux singes à faire la grimace, j’ai prévu pour cet épisode des compagnons au poil : les yétis. Et leurs cousins. Car, dans la même veine que les loups-garous et autres métamorphes de la fois dernière, les sociétés autour du monde évoquent souvent des hommes sauvages et rustiques, au mieux ; et au pire, des singes humanisés et barbares.Mon nom est Joffrey Lebourg, enseignant, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux quinze ouvrages, répartis entre quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).Encore une fois, transcender la différence entre l’homme et la bête fait cauchemarder toutes les générations. Je pense que tout le monde visualise le grand singe bipède de l’Himalaya, « l’abominable homme des neiges ». Mais il en existe six autres espèces, sur tous les continents ! Nous avons le sasquatch en Amérique du Nord, plus connu sous le surnom de « Bigfoot » ; le mapinguari en Amazonie ; l’almasty dans le Caucause ; le yeren dans les montagnes au centre de la Chine ; le yahoo en Australie et l’agogwe en Afrique de l’Ouest. Même l’orang-outan a été considéré comme l’un des parents du yéti, une créature fictive dans les récits des indigènes indonésiens, avant qu’on s’aperçoive qu’il existe bel et bien ! Pour le moment…On trouve de nombreux autres récits de spécimens velus marchant sur deux jambes, par exemple l’orang-pedek (toujours en Indonésie), mais j’ai choisi d’écarter ceux qui me semblaient apocryphes ou pas assez documentés.Mais pourquoi ces grands singes se retrouvent-ils dans le folklore du monde entier ? La réponse est probablement dans les os, en l’occurrence les fossiles de nos ancêtres et des autres races humaines. Il n’est pas nécessaire de voir soi-même un almasty en balade, si on trouve des restes à mi-chemin entre l’Homme et le singe puis que l’on s’imagine à quoi devait ressembler leur propriétaire. C’est, en tout cas, l’explication retenue par les experts – auparavant, certains affirmaient que les Néandertaliens auraient pu survivre durant des millénaires après la date officielle de leur disparition et inspirer les mythes des premières sociétés complexes…Pour le yéti, je pense que nous en sommes revenus, néanmoins il y a encore de nombreux Américains qui croient au Bigfoot et chassent des preuves de son existence (ou le bestiau lui-même). Et pas mal d’endroits l’utilisent comme un argument touristique, souvent avec humour ; c’est un peu l’équivalent de notre dahu !Depuis des années, j’essaie de mentionner ces grands primates, au moins une fois chacun, au fil de mes écrits. Et j’ai fini par donner un rôle de premier ordre aux yétis dans le quatrième volet des Sept Reliques, en leur inventant une véritable civilisation tribale et digne de respect, en les dépeignant comme sensibles et intelligents, capables de parler, possédant leur propre art et leurs croyances.Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Loups-garous et autres métamorphes
Nous avons étudié les quatre versions du vampire ; voici désormais un autre monstre qui a bien évolué, et que la littérature moderne cite souvent en même temps : le loup-garou.Merci d’écouter La Communauté des Invisibles ! Mon nom est Joffrey Lebourg, enseignant, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux quinze ouvrages, répartis entre quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).Dans les bestiaires médiévaux, c’est un être à part entière, qui ronge les os des damnés, en Enfer, et remonte parfois sur Terre. Puis il s’est fondu avec les très, très nombreux mythes à propos de gens se changeant en animaux – car abolir la barrière entre la raison et l’animalité est un tabou effrayant pour tous les peuples, à toutes les époques. Alors on le dénomme bisclaveret en Bretagne, vironsusi en Finlande, wulver en Ecosse… Et pour ces dames ? Le folklore poitevin mentionne une « louve-garache », le français moderne accepte louve-garelle.L'idée de la malédiction arrive un peu après, sans doute lors de la conquête américaine, où sa légende rejoint celle du wendigo, une créature sur laquelle il n'y a pas de description précise mais qui ressemblerait à un loup bipède avec des bois de cerf et qui résulte d’un anathème infligé aux cannibales ou aux guerriers sanguinaires.Comme je l’évoquai, ce mythe s’inscrit dans l’optique plus générale de l’homme-animal. En Égypte, la plupart des dieux ont au moins une forme à tête animale. Les Grecs ont tout un bestiaire d'hybrides : le Minotaure à tête de taureau, le centaure à corps de cheval (ou de taureau, ou d'âne, ou de poisson – il existe quatre espèces), la harpie à moitié vautour, la sirène est aussi une femme-oiseau avant de devenir femme-poisson par confusion avec les ondines germaniques...Même à Java, il existe le démon Babi Ngepet qui accorde la richesse à ceux qui lui vendent son âme, et en contrepartie peut les transformer en hommes-sangliers. En Scandinavie, enfin, le berserker est un guerrier qui peut se changer en hybride de loup, d'ours ou de sanglier sur les champs de bataille.L’image du loup-garou s'est répandue avec la diffusion du christianisme : même dans le vaudou, en Haïti et au Brésil, on a fini par avoir des loups-garous. Et dans la littérature contemporaine, le loup-garou est devenu un alter ego au vampire, tout aussi romantique. Il est séduisant par son charisme animal, quand le vampire est très raffiné. Par exemple, et encore une fois, avec Twilight puis ses dérivés. Comme le vampire, qui n’est plus forcément mort, les garous peuvent être une espèce entière et non plus les sujets d’un maléfice.La mode s’est également étendue à un grand nombre d’autres métamorphoses : ours, sangliers, rapaces, félins, hyènes, serpents, cervidés… J’en prends pour témoin la série de romans britanniques Wereworld.Jeune auteur, j’utilisai des races « d’hommes-bêtes », ayant des traits animaux et pouvant accentuer leur transformation, mais j’ai beaucoup délaissé ce concept aujourd’hui. Et j’ai utilisé mon premier – et unique ! – loup-garou maudit pour le cinquième opus des Sept Reliques.Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Les vampires
Dans ce troisième épisode, je veux démystifier une autre coqueluche de la littérature contemporaine : le vampire. Une créature originaire d'Europe de l'Est et de Russie, où elle porte le nom "oupyr". Ca désigne alors un simple mort-vivant, la tradition était d'enterrer les gens avec une pierre dans la bouche pour les empêcher de se relever de leur tombe.Mon nom est Joffrey Lebourg, enseignant, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux quinze ouvrages, répartis entre quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).La première révision du mythe du vampire daterait de l'Angleterre victorienne, époque très tournée vers le mysticisme. D’abord via quelques apparitions mineures, notamment Carmilla, de Joseph Sheridan le Fanu : sous ses airs de jeune fille angélique, l’auteur dépeint un véritable démon, cruel et lascif, qui dort dans un cercueil plein de sang – il ne semble pas le boire. Et l’on ne sait pas bien si elle blesse sa jeune victime, ou si elle se contente de « vampiriser » ses forces par sa seule compagnie.Arrive ensuite Bram Stocker, avec son Dracula. Il s'inspire d'un seigneur moldave du XIIe siècle, particulièrement sanguinaire, Vlad Tepes fils de Vlad Drakul (« Vlad le dragon »). D'où Dracula. C'est Stocker qui fixe la définition moderne du vampire : allergique au soleil, à l'argent, aux symboles religieux et capable de guérir de n'importe quelle blessure mineure – c’est-à-dire tout, sauf le cœur percé et la tête tranchée.Ce personnage de Dracula est monstrueux mais Stocker nous joue une sorte de remake de La Belle et la Bête, puisque la jeune Wilhemina, enlevée par Dracula, va finir par en tomber amoureuse (et lui d'elle). Elle découvre que c'est aussi un être sensible, très cultivé et se sentant horriblement seul. Avec Dracula, Stocker invente le « vampire romantique ».Cette figure, vous le savez sans doute, a inondé la littérature il y a quelques années. L’édition connaît des effets de mode, il y a eu la dystopie, le postapocalyptique, en ce moment c’est la « romantasy ». Et une vague initiée avec Twilight, qui était un peu avant-gardiste, puis tout le monde s'est mis à inventer son vampire sauce guimauve. D’expérience de lecteur, c’était très pénible, on ne trouvait plus rien d’autre en librairie !Ces nouveaux vampires ne sont plus obligatoirement des morts-vivants, dans la mesure où certains peuvent se reproduire. C’est aussi le parti que j’ai pris les rares fois où j’en ai intégrés à mes romans – la dernière en date est le troisième tome des Sept Reliques. Je fais aussi en sorte qu’ils attaquent uniquement du bétail car, dans mon univers, la viande et le sang humains sont infects. Corrompus par l’ensemble de nos vices… Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Les Elfes
Après avoir dégrossi le sujet des Nains la semaine dernière, je souhaitais m’attarder sur les Elfes.Mon nom est Joffrey Lebourg, enseignant, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux quinze ouvrages, répartis entre quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés). Nous l’avons vu, la mythologie nordique opposait des êtres corrompus – dvergr – aux alfars, un terme qui se rapproche de la racine indo-européenne alb- signifiant « blanc », des acolytes divins.On peut donc se demander si, dans cette première version, ils étaient vraiment différents physiquement. Loin du cliché moderne avec les Elfes grands et minces, versus les Nains trapus et robustes, imposé entre autres par Tolkien. « Le Professeur » a eu au moins le mérite de rendre les Nains sympathiques et de désacraliser les Elfes.Pour l’anecdote, dans la littérature classique, on retrouve le terme « elfe » afin de désigner des lutins, des fées ou toute autre créature du Petit Peuple – loin de son sens originel.Comme les Nains, les Elfes sont présents dans une variété improbable d’œuvres de fiction et, d’un roman ou d’un jeu à l’autre, leurs caractéristiques peuvent varier. Leur magie, leur longévité, la taille de leurs oreilles, le fait qu’ils soient végétariens ou non… Ainsi, les Elfes presque humains des Chroniques du Monde Émergé ne sont pas ceux immortels de Tolkien, ni ceux des Chevaliers d’Émeraude, de l’Héritage par Paolini, des Annales du Disque-Monde de Pratchett ou de l’univers Warcraft.À noter enfin que, si les Nains sont toujours restés assez proches de ceux de Tolkien, on a décliné ces dernières décennies une multitude de sous-espèces elfiques : les Hauts Elfes, les Elfes noirs, les Elfes sylvestres, les Elfes aquatiques, les Elfes tribaux, les Elfes ailés, les Elfes solaires, les Elfes lunaires…Partisan du fait qu’il n’y a pas besoin d’inventer davantage quand le matériau est déjà présent, je reconnais une partie de ces races et les utilise dans la plupart de mes romans. J’ai plusieurs personnages Elfes ou demi-Elfes, notamment la charismatique princesse Amber, deutéragoniste dans ma saga Les Sept Reliques. J’ai choisi d’en faire une sorcière Elfe noire, pourtant bienveillante, qui sera en butte avec les préjugés contre son espèce. Et contre son genre. Et contre ses pouvoirs. Et contre ses cheveux roux. Et contre le fait qu'elle soit gauchère. Et contre son homosexualité. Oui, je l'ai bien chargée... Elle pourrait reprendre à son compte cette citation de Cyrano de Bergerac : "Déplaire est mon vice / J'aime qu'on me haïsse !"Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CDI Les Nains
Merci d’écouter La Communauté des Invisibles ! Mon nom est Joffrey Lebourg, enseignant, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux quinze ouvrages, répartis entre quatre sagas.Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés). Cette semaine, je vous propose d’attaquer dans le dur avec les plus célèbres de tous : les Elfes et les Nains !L’image que nous en avons nous vient de Tolkien, et des adaptations de Peter Jackson ; de Donjon & Dragon, et de toute la fiction médiévale épique qui en a découlé. Mais ce sont avant tout des êtres de Scandinavie. Dans le folklore nordique, en plus des hommes, de deux races de dieux et de trois races de géants, il y aurait l’« alfe » lumineux, l’alfe sombre, le nain, qui dans son état basique n’est déjà pas très positif, et le nain sombre.Pourtant, il semble que ce soit une relecture médiévale et qu’à l’origine, on trouve seulement les alfars lumineux et les nains, néfastes, issus d’un mot norrois dvergr signifiant « corrompu ». Ils seraient nés d’asticots cosmiques, d’où leur habitude de vivre sous terre, mais sont, déjà, réputés pour leur artisanat – ils ont fabriqué un grand nombre d’équipements ou d’outils divins – ainsi que le prix éhonté de leurs services et leur amour de l’or.La liste des supports modernes où apparaissent les Nains serait interminable à dresser et, auteur moi-même dans le domaine de la fantasy, je me fonds dans le moule en mettant en scène de braves bonshommes barbus dans toutes mes séries.Ceux des Chroniques des Sang-Mêlé sont ridicules et hostiles ; dans les Chroniques du Nouveau-Monde, on les emploie pour garder des lieux fragiles ; il faut attendre Les Sept Reliques que leur soit dépeint un grand et beau royaume, Aspador. J’ai aussi l’intention de mettre une Naine dans l’équipe de ma prochaine héroïne.Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Vous aimez les créatures fabuleuses ? Vous voulez savoir d'où elles viennent, à quoi elles ressemblent, quel était leur rôle symbolique dans leur culture d'origine ? Ce que la pop culture en a fait, ou s'il en reste des traces dans le monde moderne ? Alors, vous êtes au bon endroit ! Des grands classiques aux oubliés, des plus amicaux aux moins sympathiques, sur tous les continents, redécouvrons ceux que le progrès a voulu enterrer : la Communauté des Invisibles ! Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Joffrey LEBOURG
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