EPISODE · Oct 6, 2007 · 0 MIN
Chapitre 31,9
from Podcast (texte)
En fait, le seul qui ne gueulait pas, c'était Dezha. Non pas qu'il soit spécialement très locace d'habitude, je me rendis compte qu'après tout, c'était bien lui le grand gagnant dans l'affaire. Dormir avec une déesse comme moi ? Le pauvre n'aurai jamais de faveur aussi grande dans toute sa vie... enfin façon de parler. D'ailleurs, alors que les autres se criaient dessus et que Othon menaçait de tous nous virer de la guilde si on lui laissait pas ses huit heures de sommeil quotidienne, je songeais aux nombreux problèmes d'hygiènes auquels un mort-vivant devait être confronté. Etrangement, Dezha ne semblait pas grouillé de vers... - Bon, je suis fatiguée, je vais me coucher. - Hmm d'accord Synapse, fit Othon. Bon je disais qu'il va fal... EEEH ! Synapse ! Ou tu vas là ? - Bah dormir, je viens de le dire. - Et avec qui ? - Seule. - Ca fait 3 heures qu'on se concerte pour régler le problème des couchettes, tu vas pas t'en sortir comme ca ! - Mais on a qu'a faire dormir Dezha par terre, il peut rien lui arriver, il est déja mort ! - On a dit non, il nous faut tout le monde en forme pour demain. - Mais il sert à rien Dezha de toute façon. - C'est gentil... fit l'intéressé. - Bon Synapse, soit sérieuse un instant, gronda Othon. Pourquoi tu refuses de dormir avec lui ? C'est pas comme si vous alliez finir votre vie ensemble, on est plus des gamins... - Mééééé heu, je suis la reine des démonistes moi ! Une future déesse ! Et un vil mort-vivant a pas le droit de... - Synaaaaapse ! Fit Othon avec un air réprobateur, les bras croisés. - J'veux pas ! - Décidement je ne te comprend pas. A la limite on peut concevoir que Zek soit très déçu de ne pas dormir avec toi ou que Liven aurait préféré être entre mort-vivants mais toi, quel est le problème avec Dezha ? - Hmmm... Je jaugeais Dezha du regard. Ce type à le don incroyable d'arborer toujours la même expression en toute circonstance, à savoir une volonté malsaine d'hurler silencieusement "je suis un gars banal" le tout soupoudrer d'une bonne dose de dépression. En gros, c'était un homme pathétique. Mais bon, attendrissant d'un certain coté. - On dirait un chaton qui se demande si la souris n'est pas trop grosse pour son estomac, plaisanta Bizrot. - Gruh gruh gruh (*rire*) - Bizrot, fait attention, tu risques de mourir... menaçai-je. - Oh pardon si mes comparaisons sont un peu trop tendancieuses... madame la pucelle éffarouchée... Je déclarai la charge. Brandissant mon baton comme une batte de basegnome (un jeu tauren populaire) je cherchais la tête du misérable diablotin promis à une mort atroce quand une remarque de Ladjuna me coupa net. - Ah bon ? Synapse n'a jamais... ? - Kiiiiiiiih *gémissement de rage et de frustration* Mais... mais... mais ca vous regarde paaaaas ! - Ca veut dire quoi "pucelle" ? Demanda une gnome. - La ferme Kaolie, fit Nerph. - N'empeche qu'on peut se poser des questions... continua Ladjuna. J'explosai. Non mais de quoi on se mèle ? Bon si c'est comme ca... - Toi ! criai-je en chopant Dezha par le col. Viens par là. D'un geste décidé je balançais Dezha dans la couchette et ,après un profond soupir, me décidais à dormir avec le mort-vivant. Certes l'idée ne me plaisait guère mais si les gens commençaient a suspecter n'importe quoi... Après mon départ pour ma couchette, un grand soupir de soulagement pris le reste du raid. - Merci Ladjuna, tu es géniale ! Félicita Othon. - Hé hé, il suffit de connaître un peu les femmes, triompha la druidesse. - Eh minute ! fit Liven. Ca veut dire que je dois dormir avec l'autre idiot ? - Désolé Liven, s'excusa Othon. Il ne reste personne d'autres. Enfin dis toi que pour dormir, c'est un champion... Les couples enfin formés, Othon se chargea avec Liven d'incanter quelques sorts d'ombres pour baisser la lumière et tout le monde alla se coucher. SYNAPSE/DEZHA Zek avait choisi un style de couchette très particulier. Etudiée spécialement pour le coeur du magma, la couchette était en faite une sorte de mini-tente protectrice qui n'autorisait que la position couché et avait le déségréable défaut d'obliger de se tourner vers son voisin, on se retrouvait donc obligatoirement en tête à tête si on voulait respirer. Après plusieurs minutes à tenter de lui lancer mon regard le plus noir, je rendis les armes et entamait la conversation. - Dors, idiot de mort. - Ca n'est pas évident de dormir avec quelqu'un juste en face de soi. - Bah... tu es marié non ? - On fait chambre à part. Je me rappelais m'être jurée plusieurs fois de ne jamais aborder le sujet de sa femme avec Dezha, changeons de sujet. - Tu devrais déja t'estimer heureux de pouvoir dormir en ma présence. - Je déborde de joie... - Je m'étonne moi-même de ma gentillesse, comment ai-je pu accepter qu'un horrible mort-vivant puant en décomposition puisse... - Eh ! Je ne me décompose pas ! Et je ne sens absolument rien. - Tiens oui c'est vrai ca, comment c'est possible ? Tu es mort non ? - Oui oui, mais justement, pour pouvoir se décomposer il faut des micro-organismes invisibles à l'oeil nu et qui produisent cette odeur désagréable pour les vivants. Mais chez les réprouvés, la mort est tellement puissante que même eux sont... mort. - Je n'ai pas tout compris mais ca n'a pas l'air très gai à l'intérieur... Silence de nouveau. Alors que j'évitais de me souvenir que mon interlocuteur était mort un bout de temps, je me rendais compte que je ne connaissais absolument rien de lui. Après tout, je l'ai rencontré par hasard et il n'a jamais parlé de sa vie passé... bah oui, pour mourir il faut bien avoir vécu quelques temps... A la reflexion, je ne connaissais absolument rien de tous mes serviteurs... enfin mes compagnons je veux dire, c'est étrange non ? Ca vient peut-être de moi... - Dezha, tu étais quoi avant d'être mort ? - Bonne nuit. - Dezha... - Rrrzzzzzzz ! - Pas la peine d'imiter Zek, ca ne marche pas. - Je n'ai pas spécialement envie de parler du passé, Synapse. - Bah pourquoi ? C'est tout ce qu'il reste aux morts non ? Ah ah ah ! - ... - Bon alleeeez, je veux savoir. Tu étais quoi ? Un paysan desoeuvré ? Un poête dépressif ? Un clown triste ? - Eh ! Mais pourquoi tu proposes que des trucs comme ca ? J'ai pas toujours été... comme ca ! - Bah justement, racontes moi ! - Bon... ca va, ca va. Mais va pas raconter ca dans ton journal. - Meuh non, tu me connais. Les Chroniques Dépressives de Dezhabuzed. (c'est Dezha qui parle) Il y bien longtemps... environs quelques décennies, je vivais dans un fief a l'est de Lordaeron. J'étais un jeune noble héritier d'une famille de chevaliers qui avaient raccroché les armes depuis longtemps et non, tu ne sauras pas mon nom de l'époque, si je l'ai changé en mourrant c'est pas pour dire l'ancien à tout le monde. Oui je sais, Liven l'a pas changé mais on s'éloigne du sujet. Donc, j'étais jeune, environ 18 ans, riche et absolument imbu de moi-même. En effet, la jeunesse et la richesse couplé à une bonne position ont cet effet déségréable de rendre un peu arrogant sur les bords... ce qui me laisse a penser l'état de tes finances mais je m'égare. En outre de cet arrogance toute naturelle, j'avais dévellopé une profonde aversion pour des notions futiles comme le travail, le combat ou même le courage. Ma seule préocupation était d'être reconnu en temps qu'artiste afin d'accroire ma popularité déja acquise auprès de la gente féminine. Je dois bien le reconnaitre à mon grand désespoir mais la personne a qui je ressemblais le plus à l'époque, c'est bien Zek. Enfin en moins chasseur et en moins... elfe. Toutefois contrairement à notre ami aux oreilles pointues, mon coeur s'était fixé sur une unique personne. Isabella était une fille de commerçant qui, assez étrangement, avait réussi à se faire accepter de la haute société au point d'en devenir un des meilleurs partis du royaume. Il était donc évident qu'elle devait me revenir. Hélas, à cause d'une querelle ayant frappé les membres de nos deux familles il y a longtemps à cause d'une sombre histoire de règles d'un jeu de cartes mal comprises, il m'était impossible de courtiser Isabella à ma guise. Malgré le fait que j'était déja le chef de ma famille grâce à mon père qui avait eut la bonne idée de se faire écraser par une charette, mes oncles et tantes disposaient de nombreux moyens de pression pour m'interdir de la voir, à commencer par le contrôle de mes finances. En effet, la tradition voulant que l'ainée de chaque génération trépasse excessivement jeune, étant fils unique on ne donnait pas cher de ma peau, il a donc été décidé de confier les tâches importantes aux membres de la famille dotés d'une meilleure espérance de vie afin de me laisser jouir librement du peu de temps dont je dispose. Charmant. Evidemment, je me moquais de la tradition et, estimant qu'a 18 ans on est immortel, je faisais tout pour me faire la malle et aller voir Isabella. - Monsieur le comte ! Monsieur le comte ! Ah oui, j'oubliais. J'avais le titre de comte... en fait c'était plutôt de la poudre aux yeux car le "comté" consistait simplement en la demeure familiale et quelques villages autours dont les habitants s'étaient engager à fournir de la nourriture au chateau et à nous saluer poliment quand on passait et échange, on leur fichait la paix. Le vieil homme qui m'avait appelé était un serviteur du nom de Victor ayant assisté trois générations dans ma famille, autant dire qu'il se méfiait. - Monsieur le Comte, ne me dites pas que vous allez encore partir de la demeure pour aller rejoindre cette... paysanne ! - Victor... Isabella est loin d'être une paysanne et je suis un grand garçon, je sais ce que je fais. - Il n'empeche monsieur... cette femme ne vous apportera que le malheur ! Croyez-en un vieu serviteur qui sait de quoi il parle. Votre lignée n'a jamais gagné à agir fouguesement.
Embed this episode
What this episode covers
En fait, le seul qui ne gueulait pas, c'était Dezha. Non pas qu'il soit spécialement très locace d'habitude, je me rendis compte qu'après tout, c'était bien lui le grand gagnant dans l'affaire. Dormir avec une déesse comme moi ? Le pauvre n'aurai jamais de faveur aussi grande dans toute sa vie... enfin façon de parler. D'ailleurs, alors que les autres se criaient dessus et que Othon menaçait de tous nous virer de la guilde si on lui laissait pas ses huit heures de sommeil quotidienne, je songeais aux nombreux problèmes d'hygiènes auquels un mort-vivant devait être confronté. Etrangement, Dezha ne semblait pas grouillé de vers... - Bon, je suis fatiguée, je vais me coucher. - Hmm d'accord Synapse, fit Othon. Bon je disais qu'il va fal... EEEH ! Synapse ! Ou tu vas là ? - Bah dormir, je viens de le dire. - Et avec qui ? - Seule. - Ca fait 3 heures qu'on se concerte pour régler le problème des couchettes, tu vas pas t'en sortir comme ca ! - Mais on a qu'a faire dormir Dezha par terre, il peut rien lui arriver, il est déja mort ! - On a dit non, il nous faut tout le monde en forme pour demain. - Mais il sert à rien Dezha de toute façon. - C'est gentil... fit l'intéressé. - Bon Synapse, soit sérieuse un instant, gronda Othon. Pourquoi tu refuses de dormir avec lui ? C'est pas comme si vous alliez finir votre vie ensemble, on est plus des gamins... - Mééééé heu, je suis la reine des démonistes moi ! Une future déesse ! Et un vil mort-vivant a pas le droit de... - Synaaaaapse ! Fit Othon avec un air réprobateur, les bras croisés. - J'veux pas ! - Décidement je ne te comprend pas. A la limite on peut concevoir que Zek soit très déçu de ne pas dormir avec toi ou que Liven aurait préféré être entre mort-vivants mais toi, quel est le problème avec Dezha ? - Hmmm... Je jaugeais Dezha du regard. Ce type à le don incroyable d'arborer toujours la même expression en toute circonstance, à savoir une volonté malsaine d'hurler silencieusement "je suis un gars banal" le tout soupoudrer d'une bonne dose de dépression. En gros, c'était un homme pathétique. Mais bon, attendrissant d'un certain coté. - On dirait un chaton qui se demande si la souris n'est pas trop grosse pour son estomac, plaisanta Bizrot. - Gruh gruh gruh (*rire*) - Bizrot, fait attention, tu risques de mourir... menaçai-je. - Oh pardon si mes comparaisons sont un peu trop tendancieuses... madame la pucelle éffarouchée... Je déclarai la charge. Brandissant mon baton comme une batte de basegnome (un jeu tauren populaire) je cherchais la tête du misérable diablotin promis à une mort atroce quand une remarque de Ladjuna me coupa net. - Ah bon ? Synapse n'a jamais... ? - Kiiiiiiiih *gémissement de rage et de frustration* Mais... mais... mais ca vous regarde paaaaas ! - Ca veut dire quoi "pucelle" ? Demanda une gnome. - La ferme Kaolie, fit Nerph. - N'empeche qu'on peut se poser des questions... continua Ladjuna. J'explosai. Non mais de quoi on se mèle ? Bon si c'est comme ca... - Toi ! criai-je en chopant Dezha par le col. Viens par là. D'un geste décidé je balançais Dezha dans la couchette et ,après un profond soupir, me décidais à dormir avec le mort-vivant. Certes l'idée ne me plaisait guère mais si les gens commençaient a suspecter n'importe quoi... Après mon départ pour ma couchette, un grand soupir de soulagement pris le reste du raid. - Merci Ladjuna, tu es géniale ! Félicita Othon.
Ready to play
Chapitre 31,9
No transcript for this episode yet
Similar Episodes
No similar episodes found.
Similar Podcasts
No similar podcasts found.