EPISODE · Dec 25, 2025 · 10 MIN
Citiscape | Tayeb Saddiki : l'homme qui a mis le Maroc en scène
from Citiscape by CitizOn | Histoires urbaines made in Morocco 🇲🇦 · host CitizOn
Il a fait entrer la rue sur scène. Les voix populaires, les gestes du quotidien, l’ironie, la sagesse brute. Tayeb Saddiki n’a pas seulement renouvelé le théâtre marocain : il a déplacé ses frontières, ses langues, ses publics.Dans cet épisode de Cityscape by CitizOn, on ne dresse pas le portrait d’un monument figé. On suit une trajectoire vivante, indisciplinée, profondément urbaine. Saddiki est un homme de scènes, mais surtout un homme de villes. Ses pièces sont traversées par les ruelles, les places, les cafés, les marchés. Elles parlent un arabe vivant, mêlé, rythmique, nourri de darija, de proverbes, de silences aussi.L’épisode explore cette idée centrale : chez Saddiki, le théâtre n’est jamais coupé du réel. Il s’en nourrit, le tord, le caricature, le sublime. Il adapte les classiques (Molière, Aristophane, le patrimoine arabe) non pour les sacraliser, mais pour les faire dialoguer avec le Maroc contemporain. La scène devient un espace de friction : entre tradition et modernité, entre pouvoir et dérision, entre langue savante et langue de la rue.Cityscape by CitizOn s’attarde sur la manière dont Saddiki a réconcilié le public avec le théâtre. En parlant sa langue. En racontant ses contradictions. En assumant le rire comme une arme sérieuse. Le comique, chez lui, n’est jamais gratuit : il révèle, il protège, il contourne. Il permet de dire ce qui ne peut pas toujours être dit frontalement.L’épisode revient aussi sur l’inscription spatiale de son œuvre. Les théâtres, bien sûr, mais aussi les villes qu’il traverse et transforme en matière dramatique. Casablanca, Rabat, Fès deviennent des arrière-plans implicites, des réservoirs de personnages et de situations. La ville n’est jamais neutre : elle structure les rapports sociaux, les malentendus, les conflits que Saddiki met en jeu.Ce podcast interroge enfin ce que Tayeb Saddiki nous laisse aujourd’hui. Une œuvre difficile à classer, parfois dérangeante, souvent jubilatoire. Une manière de faire du théâtre sans solennité, mais avec exigence. Une leçon discrète : la culture populaire n’est pas un sous-genre, c’est un socle.Tayeb Saddiki apparaît ici comme un passeur. Entre les textes et la rue. Entre le passé et le présent. Entre la scène et la ville. Un homme qui a compris très tôt que pour toucher juste, il fallait parler depuis l’intérieur. Depuis le bruit, le rythme et la vitalité du monde réel.Un épisode pour redécouvrir un théâtre profondément ancré dans la vie urbaine. Et pour rappeler que la scène, quand elle écoute la ville, peut encore tout raconter.
What this episode covers
Il a fait entrer la rue sur scène. Les voix populaires, les gestes du quotidien, l’ironie, la sagesse brute. Tayeb Saddiki n’a pas seulement renouvelé le théâtre marocain : il a déplacé ses frontières, ses langues, ses publics.Dans cet épisode de Cityscape by CitizOn, on ne dresse pas le portrait d’un monument figé. On suit une trajectoire vivante, indisciplinée, profondément urbaine. Saddiki est un homme de scènes, mais surtout un homme de villes. Ses pièces sont traversées par les ruelles, les places, les cafés, les marchés. Elles parlent un arabe vivant, mêlé, rythmique, nourri de darija, de proverbes, de silences aussi.L’épisode explore cette idée centrale : chez Saddiki, le théâtre n’est jamais coupé du réel. Il s’en nourrit, le tord, le caricature, le sublime. Il adapte les classiques (Molière, Aristophane, le patrimoine arabe) non pour les sacraliser, mais pour les faire dialoguer avec le Maroc contemporain. La scène devient un espace de friction : entre tradition et modernité, entre pouvoir et dérision, entre langue savante et langue de la rue.Cityscape by CitizOn s’attarde sur la manière dont Saddiki a réconcilié le public avec le théâtre. En parlant sa langue. En racontant ses contradictions. En assumant le rire comme une arme sérieuse. Le comique, chez lui, n’est jamais gratuit : il révèle, il protège, il contourne. Il permet de dire ce qui ne peut pas toujours être dit frontalement.L’épisode revient aussi sur l’inscription spatiale de son œuvre. Les théâtres, bien sûr, mais aussi les villes qu’il traverse et transforme en matière dramatique. Casablanca, Rabat, Fès deviennent des arrière-plans implicites, des réservoirs de personnages et de situations. La ville n’est jamais neutre : elle structure les rapports sociaux, les malentendus, les conflits que Saddiki met en jeu.Ce podcast interroge enfin ce que Tayeb Saddiki nous laisse aujourd’hui. Une œuvre difficile à classer, parfois dérangeante, souvent jubilatoire. Une manière de faire du théâtre sans solennité, mais avec exigence. Une leçon discrète : la culture populaire n’est pas un sous-genre, c’est un socle.Tayeb Saddiki apparaît ici comme un passeur. Entre les textes et la rue. Entre le passé et le présent. Entre la scène et la ville. Un homme qui a compris très tôt que pour toucher juste, il fallait parler depuis l’intérieur. Depuis le bruit, le rythme et la vitalité du monde réel.Un épisode pour redécouvrir un théâtre profondément ancré dans la vie urbaine. Et pour rappeler que la scène, quand elle écoute la ville, peut encore tout raconter.
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