EPISODE · Sep 2, 2026
En Éthiopie, les débuts timides de la nouvelle Ethiopian Securities Exchange [4/5]
from Afrique économie · host RFI
L'Ethiopian Securities Exchange (ESX) – la bourse d'Éthiopie – a été lancée en 2025. C'est la plus jeune bourse d'Afrique. Plus qu'une étape, le lancement de l'ESX a marqué « la naissance d'une nouvelle Éthiopie », d'après son directeur, Tilahun Kassahun. Elle concrétise aussi le virage libéral engagé par le Premier ministre Abiy Ahmed depuis son arrivée au pouvoir en 2018. Avec notre correspondante à Addis-Abeba, Le 10 janvier 2025 marque un tournant pour l'Éthiopie. Ce jour-là, l'ESX prend ses quartiers dans un immeuble cossu du quartier d'Arada, au centre d'Addis-Abeba. Le pays retrouve ainsi une bourse de valeurs, supprimée par le régime communiste du Derg en 1974. Pour les entreprises éthiopiennes, c'est une bonne nouvelle, estime Abreham Tesfaye, analyste indépendant spécialiste du secteur bancaire : « La bourse facilite l'accès aux capitaux, notamment à long terme, pour les startups et autres entreprises opérant sur le marché. Ces entreprises étaient auparavant dépendantes des prêts bancaires à court terme. » Pour Berhane Teame, économiste spécialiste des marchés financiers, l'ESX constitue aussi un atout pour le gouvernement. « Dans cette nouvelle bourse, il existe un marché pour les bons du Trésor : les bons du Trésor d'État. Donc n'importe qui, comme moi, peut en acheter et en vendre, ce qui permet ainsi au gouvernement de mobiliser des fonds pour subvenir à ses besoins », explique-t-il. Cinq entreprises cotées La création d'une bourse en Éthiopie illustre la volonté d'Abiy Ahmed de libéraliser l'économie, en rupture avec le modèle de « l'État développementiste », en place de 1991 à 2018. En 2024, le Premier ministre a ainsi ouvert le marché bancaire aux banques étrangères, une première. Le lancement de l'ESX s'inscrit donc dans une réforme en profondeur de l'économie éthiopienne, même si les résultats peinent encore à se concrétiser. « À ce jour, seules cinq entreprises sont entrées en bourse, et huit courtiers. Il y a donc plus de courtiers que de biens à vendre. Mais dans un sens, c'est normal, car cela est tout nouveau. Le nombre d'entreprises inscrites va finir par augmenter », se veut optimiste Berhane Teame. Pour Abreham Tesfaye, le manque d'informations constitue l'un des freins au développement de l'ESX. « Il est nécessaire de mieux informer les investisseurs, et l'ESX et l'Autorité des marchés financiers doivent redoubler d'efforts. Il s'agit notamment de comprendre le fonctionnement de l'ESX, les services proposés par les banques d'investissement, etc. Ces termes des marchés financiers doivent être parfaitement maîtrisés par les investisseurs qui souhaitent utiliser la plateforme », juge cet expert. Le 8 juillet, quatre sociétés éthiopiennes ont obtenu l'approbation de principe pour être cotées à l'ESX, élargissant ainsi le nombre d'émetteurs potentiels. L'objectif est fixé à 90 entreprises cotées d'ici dix ans. À lire aussiBRVM, la bourse solidaire de l'Afrique de l'Ouest [2/5]
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