EPISODE · Jan 30, 2025 · 6 MIN
Le langage des fleurs et des choses muettes - Méditation du vendredi 31 janvier 2025
from Méditations quotidiennes - Centre Le Pèlerin · host Centre Le Pèlerin
Évangile du vendredi 31 janvier - 3ème semaine du temps ordinaire Tiré du Prions en Église et pour les personnes qui voudraient s’abonner au Prions « L’homme qui jette en terre la semence, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence grandit, il ne sait comment » (Mc 4, 26-34) En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. »Il disait encore : « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ? Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier. Méditation - Le langage des fleurs et des choses muettes Graines minuscules qui germent, qui deviennent des épis, des arbres, des abris pour les oiseaux, des nourritures pour les animaux et les humains… Dans le récit qu’on vient d’entendre, Jésus nous propose des images qui réfèrent à des processus naturels bien familiers de ses auditeurs. En commençant cette méditation, j’entre en moi-même et je prends quelques secondes pour laisser remonter à mon esprit la présence de ce flux de la vie qui m’entoure, qui me soutient, mais dont, aussi, je fais indissociablement partie. Puis-je me remémorer une expérience dans laquelle j’ai particulièrement ressenti ce courant vibrant et bienveillant de la vie qui circule ? S’il est essentiel de rafraichir régulièrement cette prise de conscience, c’est bien parce que la crise écologique actuelle tire justement son origine de notre déconnexion d’avec le vivant. La destruction de notre maison commune se nourrit de notre aveuglement face à ces réseaux complexes d’interconnexions et d’interdépendances dont est constitué le tissu de la vie. Or, c’est peut-être pour cela que cette parabole de la semence demeure encore si inspirante pour nous aujourd’hui. Développer la qualité de notre présence à cette mince couche de vie qui recouvre la terre, s’en émerveiller, la respecter, voilà qui est en soi un exercice spirituel. Un exercice qui requiert de nous la même attention qu’il faut pour être témoin de l’émergence subtile du Vivant dans notre monde et dans notre existence personnelle. La vie, nous dit Jésus, commence à se déployer dans la petitesse mystérieuse d’une semence, dont la discrétion en arrive à nous faire oublier tout l’écosystème qu’elle porte en elle. Ainsi en est-il du Règne de Dieu. Sans tambour ni trompette, il ne survient pas dans un de ces fracas tapageurs avec lesquels notre société du spectacle sait si bien nous étourdir. C’est dans l’humilité, dans la quotidienneté, dans ce qui passe inaperçu qu’il prend son expansion. « Heureux, disait le poète Baudelaire, celui qui comprend sans effort le langage des fleurs et des choses muettes ».
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Évangile du vendredi 31 janvier - 3ème semaine du temps ordinaire Tiré du Prions en Église et pour les personnes qui voudraient s’abonner au Prions « L’homme qui jette en terre la semence, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence grandit, il ne sait comment » (Mc 4, 26-34) En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. »Il disait encore : « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ? Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier. Méditation - Le langage des fleurs et des choses muettes Graines minuscules qui germent, qui deviennent des épis, des arbres, des abris pour les oiseaux, des nourritures pour les animaux et les humains… Dans le récit qu’on vient d’entendre, Jésus nous propose des images qui réfèrent à des processus naturels bien familiers de ses auditeurs. En commençant cette méditation, j’entre en moi-même et je prends quelques secondes pour laisser remonter à mon esprit la présence de ce flux de la vie qui m’entoure, qui me soutient, mais dont, aussi, je fais indissociablement partie. Puis-je me remémorer une expérience dans laquelle j’ai particulièrement ressenti ce courant vibrant et bienveillant de la vie qui circule ? S’il est essentiel de rafraichir régulièrement cette prise de conscience, c’est bien parce que la crise écologique actuelle tire justement son origine de notre déconnexion d’avec le vivant. La destruction de notre maison commune se nourrit de notre aveuglement face à ces réseaux complexes d’interconnexions et d’interdépendances dont est constitué le tissu de la vie. Or, c’est peut-être pour cela que cette parabole de la semence demeure encore si inspirante pour nous aujourd’hui. Développer la qualité de notre présence à cette mince couche de vie qui recouvre la terre, s’en émerveiller, la respecter, voilà qui est en soi un exercice spirituel. Un exercice qui requiert de nous la même attention qu’il faut pour être témoin de l’émergence subtile du Vivant dans notre monde et dans notre existence personnelle. La vie, nous dit Jésus, commence à se déployer dans la petitesse mystérieuse d’une semence, dont la discrétion en arrive à nous faire oublier tout l’écosystème qu’elle porte en elle. Ainsi en est-il du Règne de Dieu. Sans tambour ni trompette, il ne survient pas dans un de ces fracas tapageurs avec lesquels notre société du spectacle sait si bien nous étourdir. C’est dans l’humilité, dans la quotidienneté, dans ce qui passe inaperçu qu’il prend son expansion. « Heureux, disait le poète Baudelaire, celui qui comprend sans effort le langage des fleurs et des choses muettes ».
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