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Méditations quotidiennes - Centre Le Pèlerin

Une méditation quotidienne vous est offerte tous les matins à partir de l'Évangile du jour par le Centre Le Pèlerin, spécialisé en accompagnement psychospirituel. Par cette prière du matin, prenez quelques minutes pour nourrir votre foi. Un temps d'intériorité qui éclaire toute la journée! Le Pèlerin offre de l'accompagnement spirituel ainsi qu'une formation en accompagnement depuis près de 25 ans à Montréal. Son approche d'intégration psychospirituelle permet de vivre une expérience spirituelle transformante et libératrice. Le Pèlerin: Le savoir intérieur qui transforme la vie.

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    Par tous ses enfants – Évangile du jour et méditation du mercredi 16 septembre 2026

    Évangile du mercredi 16 septembre 2026 – 24ème Semaine du Temps Ordinaire« Nous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous n’avez pas pleuré » (Lc 7, 31-35)En ce temps-là,Jésus disait à la foule :    « À qui donc vais-je comparer les gens de cette génération ?À qui ressemblent-ils ?    Ils ressemblent à des gamins assis sur la place,qui s’interpellent en disant :“Nous avons joué de la flûte,et vous n’avez pas dansé.Nous avons chanté des lamentations,et vous n’avez pas pleuré.”    Jean le Baptiste est venu, en effet ;il ne mange pas de pain, il ne boit pas de vin,et vous dites : “C’est un possédé !”    Le Fils de l’homme est venu ;il mange et il boit,et vous dites : “Voilà un glouton et un ivrogne,un ami des publicains et des pécheurs.”    Mais, par tous ses enfants,la sagesse de Dieu a été reconnue juste. »Par tous ses enfants Au chevet de ma mère, cette semaine, je cherchais le bon ton. Elle, de sa voix des grands jours, m'assurait que tout allait bien, qu'elle n'avait besoin de rien — elle qui a toujours préféré la pudeur à la plainte, même convalescente. Alors je riais avec elle d'un souvenir, une phrase d'elle, cocasse, prononcée vingt ans plus tôt ; puis je remarquais sa main, plus fine que dans mon souvenir, qu'elle retirait doucement dès que je la retenais trop longtemps. Entre les deux, je ne trouvais pas tout à fait le geste juste : ni la gaieté franche, ni le chagrin qu'elle ne m'autorisait pas à déployer devant elle. L'évangile de ce jour connaît cette impasse mieux que moi : « Nous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous n'avez pas pleuré » (Lc 7, 32). Jean venait dans le jeûne, on le disait possédé ; le Fils de l'homme venait dans le partage du pain, on le disait glouton. Aucune musique ne convient jamais à qui a déjà décidé, avant même de l'entendre, de cet air qu'il refusera d'aimer. Aucune parole ne console tout à fait celui qui a fermé d'avance l'oreille à la consolation. Aucun silence, non plus, ne suffit à celle qui exige qu'on parle à sa place. Je me suis replongée dans Job, cette semaine, comme toujours quand la chambre d'hôpital se fait toute proche de la mienne. Les amis de Job savent, eux aussi, cette hésitation entre la flûte et la plainte : sept jours de silence assis dans la cendre, puis des discours qui ratent leur cible, trop savants, pour un corps et un Dieu qui ne demandaient qu'une présence en vérité. Ailleurs, Christiane Singer racontait qu'on lui avait dit, un jour : « Le chemin de souffrance, il est à toi, OK. Mais le chemin de connaissance, tu n'as pas d'autre choix que de le partager avec nous »1. Je ne sais pas encore ce que traverse ma mère, ni ce qu'il m'appartient d'en taire. Je sais seulement que je ne suis, à son chevet, ni la femme qui danse ni celle qui pleure au bon moment : je suis seulement sa fille, qui écrit malgré tout, pour partager ce peu qu'elle en comprend. Et c'est peut-être exactement là que la sagesse de Dieu se fait reconnaître juste : non par ceux qui ont réponse à tout, mais « par tous ses enfants » (Lc 7, 35). Par l'enfant qui ne sait pas jouer la scène qu'on attend d’elle, et qui reste, simplement, présente sans rien exiger. Par l'enfant qui respecte la pudeur de celle qui ne veut pas montrer sa vulnérabilité, sans pour autant cesser de l'aimer dans cette peine rendue muette. Par l'enfant que je demeure, chaque fois qu'une main plus grande que la mienne — celle de ma mère hier, celle d'un Dieu toujours aujourd'hui — me rappelle que je n'ai jamais fini de naître à cette fragilité qui est aussi une confiance, même quand elle refuse de se dire. 

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    Le cœur transpercé et universel - Évangile du jour et méditation du mardi 15 septembre 2026

    Évangile du mardi 15 septembre 2026 – mardi, 24ème Semaine du Temps Ordinaire« Qu’elle avait mal, qu’elle souffrait, la tendre Mère, en contemplant son divin Fils tourmenté ! » (Stabat Mater. Jn 19, 25-27)Près de la croix de Jésus se tenaient sa mèreet la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas,et Marie Madeleine.  Jésus, voyant sa mère,et près d’elle le disciple qu’il aimait,dit à sa mère :« Femme, voici ton fils. »  Puis il dit au disciple :« Voici ta mère. »Et à partir de cette heure-là,le disciple la prit chez lui.« Femme, voici ton fils » Si cette parole de Jésus élargit à tous les hommes la maternité de Marie, on peut se demander ce qu’elle aura provoqué dans le cœur de sa mère, le détachant d‘elle d’une certaine manière, au  physiquemoment même où elle aurait probablement voulu uniquement serrer dans ses bras son fils crucifié. Dans sa solitude extrême, Marie a alors le cœur transpercé par une souffrance innommable, en voyant son Fils tant aimé qui est en train de mourir à cause de la cruauté des hommes. Et non seulement Marie voit  Jésus qui vit cette souffrance et va mourir, mais elle doit vivre encore une fois ce détachement de celui qui a donné tout son sens à sa vie. Syméon l’avait prévenue dès la présentation de son enfant nouveau-né au Temple, « Toi-même, une épée te transpercera l’âme…» (Lc 2,35), puis, lorsqu’il avait douze ans, alors que ses parents préoccupés le retrouvaient finalement dans le Temple, Jésus lui-même disait à ses parents : « Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père » (Lc 2,49)… Cette fois c’est le Temple vivant qui est le corps même de Jésus, que Marie aura contemplé si souvent, qui est sur le point d’être anéanti. Mais Jésus demande encore davantage à Marie « femme, voici ton fils ». Il ne lui suffit pas de souffrir de manière abyssale pour ce fils bien-aimé, il lui est aussi demandé d’accueillir un autre fils… d’ouvrir son cœur transpercé à chacun des disciples de Jésus, et à chacun de nous.Et chacun de nous peut alors trouver en Marie une mère. N’est-il pas souvent impressionnant, dans des sanctuaires dédiés à Marie par exemple, de trouver toutes sortes de personnes, des plus riches aux plus pauvres, des plus simples aux plus érudits ? Chaque personne peut trouver en elle un chemin, un réconfort, une lumière dans les ténèbres de ses souffrances, en un mot une présence maternelle. Marie ne fait pas de grands discours mais, comme une mère avec son enfant, elle « est » mère, vérité, amour, foi, espérance.Mais cette vocation de Marie ne lui est pas réservée à elle seule. D’ailleurs Jésus dit au disciple « Voici ta mère », et ce « voici » n’est pas seulement une solution pour illuminer nos moments d’angoisse et de solitude. Jésus nous indique un chemin pour « être » Marie pour chaque personne que nous rencontrons. Quel sens cela peut-il avoir pour nous ? Depuis tout enfant, je me suis personnellement sentie très interpellée par Maximillien Kolbe, par son grand amour pour Marie, mais surtout par le don de sa vie qui en a découlé, pour un homme qui était son compagnon du camp de concentration où il était incarcéré. Un prisonnier hurlait son désespoir devant sa condamnation à mort en représailles après l’évasion d’un autre prisonnier, et Maximillien Kolbe a offert sa vie à la place de ce père de famille. Cet exemple qui n’est évidemment pas demandé à chacun d’entre nous, nous donne malgré tout la mesure de l’amour, qui est appelé à être sans mesure. Puisse cette parole nous inspirer les gestes et les paroles qui seront de réconfort pour nos proches et pour tous ceux que nous rencontrons, que nous puissions être des « sanctuaires vivants » dans toutes nos relations, Temples nouveaux de la présence de Dieu partout où nous sommes appelés à vivre.

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    Désarmer la technique, servir la paix, honorer l’humain – Évangile du jour et méditation du mardi 15 septembre 2026

    Évangile du mardi 15 septembre 2026 – mardi, 24ème Semaine du Temps Ordinaire« Qu’elle avait mal, qu’elle souffrait, la tendre Mère, en contemplant son divin Fils tourmenté ! » (Stabat Mater. Jn 19, 25-27)Près de la croix de Jésus se tenaient sa mèreet la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas,et Marie Madeleine.  Jésus, voyant sa mère,et près d’elle le disciple qu’il aimait,dit à sa mère :« Femme, voici ton fils. »  Puis il dit au disciple :« Voici ta mère. »Et à partir de cette heure-là,le disciple la prit chez lui.En ce Stabat Mater, deux méditations vous sont proposées aujourd'hui. Bonne lecture !Le 15 septembre 1998, dans une célébration privée au Carmel de Montréal, j’ai prononcé un acte de consécration que j’avais composé en débutant ainsi :« Aujourd’hui, je veux complètement et sans possibilité de revenir sur ma décision, je veux me donner totalement au Seigneur et m’en remettre à tout jamais à sa volonté, comme si je venais de mourir. »À travers un flot de souffrances, le cri du cœur retentissait plus haut et fort que tout le reste. Je m’élançais dans l’inconnu de l’immensité de Dieu, mais soutenue par l’étendue de ma petite foi. Comme tous les humains, il fallait traverser mers et vents, cadencé par des brises du Souffle Saint qui murmure : « Ne crains pas car je suis avec toi! ». La mémoire de cet événement est intimement liée à la fête de Notre Dame des douleurs dont l’une des représentations est la Pieta, où Marie reçoit dans ses bras le corps de son fils après la crucifixion. Scène d’intime douleur!Je regarde cette scène et elle me parle aujourd’hui dans une autre dimension : celle de l’humanité menacée et portée par Marie. À la lumière de l’éclairante encyclique récente du pape Léon XIV, sur la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle, MAGNIFICA HUMANITAS, « L’enfant-humanité » n’est pas mort dans les bras de sa mère, mais sa vie est menacée sous différents aspects : sa dignité d’enfant du Père, la création donnée par Dieu comme « terre-mère », le défi de la vérité à l’heure de la prolifération du mensonge délibérément fabriqué et présenté comme « pure vérité », les droits de l’homme qui sont attaqués, incluant celui de gagner son pain quotidien, les superpuissances et portefeuilles qui voient l’autre comme une ressource à exploiter ou dévorer.Et pourtant : Pensons à la parabole de Lazare et du riche… à aucun moment, Jésus ne mentionne que Lazare a pris la parole.  Lazare est sans voix.  Puis, tous deux meurent et il est dit qu’il y a un abîme entre, d’un côté, Abraham et Lazare et de l’autre, le riche.  Pourtant, malgré cette immensité, c’est la voix du riche qui traverse au-delà de l’abîme, et se fait entendre à père Abraham.  Le riche qui avait reçu un tel don d’une voix qui porte si haut et si fort, aurait pu dans sa vie terrestre, faire beaucoup de bien pour donner la parole et l’expression aux sans voix autour de lui.L’encyclique du pape rappelle que : « Aucun système de calcul, aussi sophistiqué soit-il, ne génère un cœur qui se donne, ni une conscience qui discerne le bien. » (…) « Le centre de l’histoire reste un visage humain qui demande à être regardé. Ce visage humain est la plénitude vers laquelle l’histoire avance. » (233)Nous pouvons vibrer au Pèlerin, d’être déjà engagés dans cette mission, d’avoir été à l’écoute de cet appel qui nous place aujourd’hui dans la posture de la mère du Christ, notre mère, de porter au sein de nous-même cette humanité encore fragilisée. Et tel que nommé par le pape : « Nous devons nous former à considérer le monde numérique comme un nouveau continent à évangéliser, qui a besoin de missionnaires généreux et mûrs dans la foi. » (238)Que notre intimité avec le Christ se déploie à travers nos talents, notre cœur, nos capacités à chacun, chacune, pour favoriser le dessein de Dieu en utilisant les ressources de l’IA, au service de l’Esprit, dans la promotion de la dignité humaine!

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    Le don et la vie – Évangile du jour et méditation du lundi 14 septembre 2026

    Évangile du lundi 14 septembre 2026 – La Croix Glorieuse« Il faut que le Fils de l’homme soit élevé » (Jn 3, 13-17)En ce temps-là,Jésus disait à Nicodème :    « Nul n’est monté au cielsinon celui qui est descendu du ciel,le Fils de l’homme.    De même que le serpent de bronzefut élevé par Moïse dans le désert,ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé,    afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.    Car Dieu a tellement aimé le mondequ’il a donné son Fils unique,afin que quiconque croit en lui ne se perde pas,mais obtienne la vie éternelle.    Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde,non pas pour juger le monde,mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »Le don de Dieu éclaire ce que doit être un don : D’abord manifestation de l’amour que l’on porte en soi et que cet amour embrasse la vérité. Et que du ciel se penche la justice. Nous célébrons aujourd’hui la croix glorieuse !!! Comment l’ignominie peut être glorifié? Au cœur de cette souffrance sans nom apparait une vérité : toute souffrance vécue dans le repli sur soi… le regard baissé oublie de ‘’respirer’’. L’autre nom de l’accusateur est le père du mensonge. Le plus grand mensonge du mal c’est de faire de nos croix, nos souffrances, nos limites, nos handicaps un miroir qui nous renvoi notre propre finitude, notre néant. Ste Claire d’Assise a compris très tôt le piège et le subtil vol. voler au cœur la certitude que nous sommes aimés comme des fils et des filles. Défigurés certes, mais des fils et des filles tout de même et Aimé.Jésus Miroir Claire fait de Jésus le Miroir véritable. Pour passer au travers de la souffrance regarde mon fils aîné, Jésus. Dirait le Père. Sur la croix pas de sentimentalisme. Pas de faux semblant. La vérité de la solitude face à la souffrance et même là encore. Pour guérir ou être sauvé invitation à faire l’ultime don : L’humilité de l’incompréhension et la reconnaissance de la paternité de Dieu alors qu’il serait logique de grincer des dents et d’entrer en rébellion. Regarde Jésus. Lève les yeux.Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils. Amour et Don. Pour apprendre à ses enfants à faire un pas vers la victoire de la croix, Jésus, une fois étendu sur la croix et cloué là. recommande de pleurer de douleurs : Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonner? Il recommande de nommer la manifestation de cette douleur : j’ai soif. Il recommande de reconnaitre des amis proches ou lointains qui sont là autour de cette croix et vouloir leur faire du bien alors qu’on est tout broyé par la souffrance : Femme voici ton fils -fils voici ta mère. Il recommande de ne pas perdre de vue les valeurs qui nous ont nourries. Il existe toujours une faction de minute de lucidité ne pas la perdre : Je te le dit tu seras avec moi dans le paradis. L’amour ne fini pas il demande beaucoup de soin. Comme le cidre pour ne pas viré au vinaigre.Le Père n’a pas besoin du sang de son Fils. Sa capacité d’Amour pour dire à l’humanité lorsque la douleur et la souffrance frappent lève les yeux vers Jésus qui vainc le mal par le bois. Le sens même de la mort vécue avec Dieu qui nous tient la main est un signe de gloire. (Gloire comme manifestation de puissance.) Lève les yeux vers celui qui peut tout parce qu’il est une part de toi-même ici et une part de toi-même dans le pas encore.Vie pour vie pour briser la loi du talion : Dieu donne vie pour que le monde ait la vie et la garde. Sur la croix, l’humain et le divin se sont réconciliés pour remplir de sa Présence l’absurdité de certaines croix.  Souffrance pour souffrance sans chercher les comparaisons malsaines pour que le monde ait la Vie. Pas la vie chrétienne mais la vocation initiale de tout être : vivre simplement dans la réalité qui est la sienne.

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    Libérés de la prison de nos calculatrices ! – Évangile du jour et méditation du dimanche 13 septembre 2026

    Évangile du dimanche 13 septembre 2026 – 24ème dimanche du Temps Ordinaire« Je ne te dis pas de pardonner jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois » (Mt 18, 21-35)En ce temps-là,    Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander :« Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi,combien de fois dois-je lui pardonner ?Jusqu’à sept fois ? »    Jésus lui répondit :« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois,mais jusqu’à 70 fois sept fois.    Ainsi, le royaume des Cieux est comparableà un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.    Il commençait,quand on lui amena quelqu’unqui lui devait dix mille talents(c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).    Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser,le maître ordonna de le vendre,avec sa femme, ses enfants et tous ses biens,en remboursement de sa dette.    Alors, tombant à ses pieds,le serviteur demeurait prosterné et disait :‘Prends patience envers moi,et je te rembourserai tout.’    Saisi de compassion, le maître de ce serviteurle laissa partir et lui remit sa dette.    Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnonsqui lui devait cent pièces d’argent.Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant :‘Rembourse ta dette !’    Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait :‘Prends patience envers moi,et je te rembourserai.’    Mais l’autre refusaet le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.    Ses compagnons, voyant cela,furent profondément attristéset allèrent raconter à leur maîtretout ce qui s’était passé.    Alors celui-ci le fit appeler et lui dit :‘Serviteur mauvais !je t’avais remis toute cette detteparce que tu m’avais supplié.    Ne devais-tu pas, à ton tour,avoir pitié de ton compagnon,comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?’    Dans sa colère, son maître le livra aux bourreauxjusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.    C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera,si chacun de vous ne pardonne pas à son frèredu fond du cœur. »L’offense nous fait toujours sortir la calculatrice. Dans la tempête suscitée en nous, nous contemplons le mal qui nous a été fait, allant même parfois jusqu’à démoniser la personne qui nous a blessé. Nous peinons à prendre distance de cette souffrance... comme lorsque l’on prend un choc électrique qui nous fait serrer le fil qui nous condamne. On gratte le « bobo » qui ne peut ainsi que s’infecter davantage. Le pardon attendu, comme celui que nous tardons à donner, épuise et obsède. Prisonnier de la tourmente, notre vie est bloquée dans un passé, dont la mémoire envahit le présent et nous empêche d’accueillir l’Amour du Père.On essaie bien de passer l’éponge, mais même le meilleur de notre volonté expérimente ses limites : ...jusqu’à 7 fois ??? Et l’on sent chez Pierre qui pose la question à Jésus que c’est là le plus qu’il peut faire... et que, de plus, cela lui semble très généreux.La réactivité qui monte en nous parle du sacré qui a été atteint. Parfois même, la blessure vécue s’agglutine à d’autres caillots qui mettent en péril le cœur. La blessure infligée porte peut-être une grâce à travers le fait que notre armure et notre veste anti-balle n’ont pu esquiver le mal : touché au cœur, une parole a besoin de s’exprimer, de se dire, de cracher le venin qui nous ferait entrer dans la démesure de la vengeance... N’est-ce pas ce que Lamek exprime en disant que Caïn sera vengé 7 fois et lui-même 77 fois ? [1]Dans le circuit fermé suscité par la contemplation de la blessure et du mal qui nous a été fait, l’impasse s’affirme en nous par la limite de notre capacité de pardonner. L’insuffisance cardiaque se dévoile.C’est là, dans la fracture de notre capacité à pardonner, que le Christ nous rejoint par sa Parole.

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    Sommes-nous des êtres de sable ou de roc ? – Évangile du jour et méditation du samedi 12 septembre 2026

    Évangile du samedi 12 septembre 2026 – 23ème Semaine du Temps Ordinaire« Pourquoi m’appelez-vous en disant : “Seigneur ! Seigneur !” et ne faites-vous pas ce que je dis ? » (Lc 6, 43-49)En ce temps-là,Jésus disait à ses disciples :    « Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri ;jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit.    Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit :on ne cueille pas des figues sur des épines ;on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces.    L’homme bon tire le biendu trésor de son cœur qui est bon ;et l’homme mauvais tire le malde son cœur qui est mauvais :car ce que dit la bouche,c’est ce qui déborde du cœur.    Et pourquoi m’appelez-vous en disant : “Seigneur ! Seigneur !”et ne faites-vous pas ce que je dis ?    Quiconque vient à moi,écoute mes paroles et les met en pratique,je vais vous montrer à qui il ressemble.    Il ressemble à celui qui construit une maison.Il a creusé très profondet il a posé les fondations sur le roc.Quand est venue l’inondation,le torrent s’est précipité sur cette maison,mais il n’a pas pu l’ébranlerparce qu’elle était bien construite.    Mais celui qui a écoutéet n’a pas mis en pratiqueressemble à celui qui a construit sa maisonà même le sol, sans fondations.Le torrent s’est précipité sur elle,et aussitôt elle s’est effondrée ;la destruction de cette maison a été complète. »Sommes-nous des êtres de sable ou de roc ? C’est assurément une question troublante à se poser, car elle nous appelle à nous demander si notre vie est en Dieu ou dans les choses friables du monde. L’évangile d’aujourd’hui nous explique qu’une personne de sable construit son être « à même le sol, sans fondations ». Elle ne s’intéresse qu’aux choses de la terre et y investit tout son temps, son intelligence, son affectivité, son énergie… Elle devient, ainsi, aussi dispersée que ce qu’elle cherche à posséder, et son intérieur aussi pauvre qu’une accumulation de grains de sable.  Un tel état exige beaucoup de travail, car il lui faut en accumuler beaucoup pour se donner une forme de consistance intérieure, sans compter que le sable fuit par toutes les failles causées par l’existence.  Pire encore, ce sable prend la couleur du mal ou y perd toute densité, car tout cet avoir n’a plus de référence à Dieu et se vit sous le seul régime de la possession. « Mauvaise, elle tire le mal de son cœur qui est mauvais ».Que peut-elle, de fait, tirer de ce qui ne peut la définir, de simples avoirs ? Quel chemin peut-elle prendre ou discerner, quand ses pas s’égrènent derrière elle, ne laissant aucune mémoire de sa vie ? Comment peut-elle trouver le chemin de la Vie quand elle ne sait pas entendre la Parole qui se dit en elle et en tout et en tous ? Ce n’est pas sans surprise que les malaises inondants du monde la submergent constamment, et qu’ils ne demeurent pour elle pour survivre que les succédanés pharmaceutiques, les addictions multiples ou la fuite dans les distractions. La personne de roc, quant à elle, se tourne vers Celui qui lui donne la Vie, Dieu, pour simplement l’accueillir. Plus elle y travaille et plus elle s’ouvre à l’Esprit de Dieu, plus ce dernier lui donne de découvrir la Parole qui fonde son être même et la constitue dans son identité filiale unique. En fait, l’Esprit lui donne de « creuser très profond » dans le mystère de Dieu, dans le mystère de son être reçu de Dieu. C’est ainsi qu’elle « tire le bien du trésor de son cœur qui est bon », car c’est le Bien même qui se donne à elle. Elle ne peut donner alors que de bons fruits et n’a jamais crainte que cette source infinie de Vie lui fasse défaut. Elle vit sans crainte de perdre, car tout lui est donné en une Vie éternelle qui ne s’arrête jamais. Elle trouve plutôt joie à tout perdre pour ce Dieu d’Amour et pour ses frères et sœurs en humanité.Méditation - Sommes-nous des êtres de sable ou de roc ?

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    Tout voir à travers le Christ – Évangile du jour et méditation du vendredi 11 septembre 2026

    Évangile du vendredi 11 septembre 2026 – 23ème Semaine du Temps Ordinaire« Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? » (Lc 6, 39-42)En ce temps-là,    Jésus disait à ses disciples en parabole :« Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ?Ne vont-ils pas tomber tous les deux dans un trou ?    Le disciple n’est pas au-dessus du maître ;mais une fois bien formé,chacun sera comme son maître.    Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère,alors que la poutre qui est dans ton œil à toi,tu ne la remarques pas ?    Comment peux-tu dire à ton frère :“Frère, laisse-moi enlever la paille qui est dans ton œil”,alors que toi-même ne vois pas la poutre qui est dans le tien ?Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ;alors tu verras clairpour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. »La réponse à la question de Jésus posée dans la parabole semble très simple : non, un aveugle ne peut pas guider un autre aveugle. Ça ne sert à rien. Effectivement, ils vont tomber dans un trou. Mais, à quoi exactement Jésus veut-il m’éveiller en posant cette question ? Deux choses qui me viennent à l’esprit quand je pense à ça. Tout d'abord, il s’agit de la manière de voir; ensuite, du choix du maître, de celui qui guide.  Par curiosité, je suis allée chercher combien de fois dans la Bible apparait le mot « voir ». J’étais étonnée de constater que c’était presque dans chaque livre de la Bible dans les différents contextes et avec les différents motifs. Dans le seul évangile de Luc, il est utilisé 20 fois ! Nous y retrouvons un « voir » comme une présentation des événements : « Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, l’événement que le Seigneur nous a fait connaître. » (Lc 2, 15).Un autre « voir » a pour motif l’accusation : « Les scribes et les pharisiens observaient Jésus pour voir s’il ferait une guérison le jour du sabbat ; ils auraient ainsi un motif pour l’accuser» (Lc 6,07) ou la trahison : « Judas partit s’entretenir avec les grands prêtres et les chefs des gardes, pour voir comment leur livrer Jésus » (Lc 22,04). On peut voir avec le motif de curiosité, comme c’était le cas de Zachée : « Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille » (Lc 19,3). Il y a le « voir » pour évaluer la réalité et prévoir ces actes : « Quel est celui d’entre vous qui, voulant bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? » (Lc 14, 28). Il y a enfin le « voir » comme la conséquence de guérison apportée par Jésus : « À cette heure-là, Jésus guérit beaucoup de gens de leurs maladies, de leurs infirmités et des esprits mauvais dont ils étaient affligés, et à beaucoup d’aveugles, il accorda de voir (Lc 7, 21).Tous ces textes me mènent à me demander : quelle façon de voir prévaut dans ma vie ?   Quand je regarde l’autre, qu’est-ce que je vois en lui ? Avec quel critère je le mesure ? Ai-je vraiment un bon œil pour le voir tel qu’il est ? Moi-même, comment je me vois ? Quels sont mes critères pour m’évaluer ? Est-ce que mes perceptions de ce que je vois sont justes ? Avec l’humilité, je dois constater que mes jugements sont très subjectifs et très teintés par beaucoup de choses personnelles, telles que mon histoire, mes blessures, mes valeurs, mes préférences…Cela m’amène à une conclusion : je ne peux jamais absolutiser ma propre façon de voir. J’ai besoin de me référer à quelqu’un qui connaît la vérité. J’ai besoin qu'un maître me guide dans la découverte de moi-même, de l’autre, de la réalité qui m’entoure, dans la compréhension des événements qui arrivent dans ma vie. Parmi beaucoup de maîtres qui sont dans le monde, j’ai choisi le Christ pour me guider par sa Parole.

  8. 716

    Titre – Évangile du jour et méditation du jeudi 10 septembre 2026

    Évangile du jeudi 10 septembre 2026 – 23ème Semaine du Temps Ordinaire« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6, 27-38)En ce temps-là,Jésus déclarait à ses disciples :« Je vous le dis, à vous qui m’écoutez :Aimez vos ennemis,faites du bien à ceux qui vous haïssent.Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent,priez pour ceux qui vous calomnient.À celui qui te frappe sur une joue,présente l’autre joue.À celui qui te prend ton manteau,ne refuse pas ta tunique.Donne à quiconque te demande,et à qui prend ton bien, ne le réclame pas.Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous,faites-le aussi pour eux.Si vous aimez ceux qui vous aiment,quelle reconnaissance méritez-vous ?Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.Si vous faites du bien à ceux qui vous en font,quelle reconnaissance méritez-vous ?Même les pécheurs en font autant.Si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir en retour,quelle reconnaissance méritez-vous ?Même les pécheurs prêtent aux pécheurspour qu’on leur rende l’équivalent.Au contraire, aimez vos ennemis,faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour.Alors votre récompense sera grande,et vous serez les fils du Très-Haut,car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants.Soyez miséricordieuxcomme votre Père est miséricordieux.Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ;ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés.Pardonnez, et vous serez pardonnés.Donnez, et on vous donnera :c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante,qui sera versée dans le pan de votre vêtement ;car la mesure dont vous vous servez pour les autresservira de mesure aussi pour vous. »« Aimez vos ennemis ! »  Le jeu de la barbichette est un jeu enfantin dont la règle est résumée dans une comptine :  « Je te tiens, tu me tiens, par la barbichette ; Le premier de nous deux qui rira aura une tapette ! » Les enfants se toisent. Avec le sérieux des grands, ils promettent une gifle au premier qui rira. Ce jeu mime la construction sociale des identités. Par le regard, « je te tiens » et « tu me tiens. » Ce jeu entre gamins recouvre d’un éclat de rire le processus de la reconnaissance et la violence sous-jacente qu’il dissimule. Dans le cercle des regards qui se croisent, les adultes se donnent un prix : je te reconnais une valeur et en échange, tu me dis que j’existe à tes yeux. Jésus remarque cette manière qu’ont les hommes de se justifier et de s’attribuer les uns aux autres une valeur. Chacun agit « pour obtenir la gloire qui vient des hommes » (Mt 6,2). Le regard des autres devient alors source d’existence. Les aveugles que nous sommes se décernent des récompenses de pacotille et des médailles en plastique. Mais, nous prenons tout cela très au sérieux sans remarquer que nous nous enfermons dans un cercle étriqué et mesquin.    Qu’un tel cercle étroit, défini par nos passions infantiles et nos déterminismes, conduise inévitablement à des violences… cela n’étonne guère ! Ce panorama social immature se hérisse de blessures. Chacun meurtrit son semblable en croyant se grandir. Que de blessures ! Que de mépris pour se rehausser au détriment d’un autre ! Nous déclarons que les autres n’ont pas le droit d’exister ou qu’ils nous gênent. Au volant, l’automobiliste hurle… c’est à qui crie contre ses voisins ! Parfois, les mots explosent. Quels imbéciles ! Quels fous ! Jésus demandait de faire la critique de nos emportements : « Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d'être puni par les juges ; que celui qui dira à son frère : « imbécile ! » mérite d'être puni par le sanhédrin ; et que celui qui lui dira : « Insensé ! » mérite d'être puni par le feu de la géhenne. » (Mt 5,22)  

  9. 715

    L'aumône du sourire – Évangile du jour et méditation du mercredi 9 septembre 2026

    Évangile du mercredi 9 septembre 2026 – 23ème Semaine du Temps Ordinaire« Heureux, vous les pauvres. Mais quel malheur pour vous, les riches » (Lc 6, 20-26)En ce temps-là,    Jésus, levant les yeux sur ses disciples, déclara :« Heureux, vous les pauvres,car le royaume de Dieu est à vous.    Heureux, vous qui avez faim maintenant,car vous serez rassasiés.Heureux, vous qui pleurez maintenant,car vous rirez.    Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssentet vous excluent,quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable,à cause du Fils de l’homme.    Ce jour-là, réjouissez-vous, tressaillez de joie,car alors votre récompense est grande dans le ciel ;c’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes.    Mais quel malheur pour vous, les riches,car vous avez votre consolation !    Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant,car vous aurez faim !Quel malheur pour vous qui riez maintenant,car vous serez dans le deuil et vous pleurerez !    Quel malheur pour vouslorsque tous les hommes disent du bien de vous !C’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. »L'aumône du sourire  Chaque mardi matin, sur le chemin du bureau, je croise cette femme sans abri installée au coin de la rue où se pressent les affairés, les occupés pour ne pas devenir pauvres. Je ne sais pas son nom, je ne sais pas sa nuit, je ne sais pas jusqu'où l'a menée sa vie pour qu'elle se retrouve là, offerte au froid et au regard baissé des passants. Mais je sais son sourire. Un sourire qui m'attend, qui m'accueille, qui me devance parfois avant même que je n'aie pu tourner les yeux vers elle. Elle qui n'a presque rien, elle me donne, chaque mardi matin, ce que je n'ai pas toujours à lui offrir en retour : une joie sans calcul, un accueil sans condition.  Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous (Lc 6.20). L'évangile de ce jour renverse tout ce que le monde tient pour vrai. Heureux les pauvres, heureux les affamés, heureux ceux qui pleurent, heureux les méprisés : quatre fois heureux, quatre fois le Royaume qui bascule du côté de ceux qu'on ne regarde plus, qu’on ne voit plus. Et devant chacun de ces heureux se dresse un malheur : malheur aux riches, malheur aux repus, malheur à qui rit déjà, malheur à qui plaît à tous. Comme si la joie véritable ne pouvait loger que là où il n'y a plus rien à perdre. Comme si le Royaume ne s'annonçait qu'à ceux dont les mains sont assez vides pour le recevoir.  Cette femme au coin de ma rue n'a peut-être rien lu de Luc, elle n'a pas besoin d'exégèse pour vivre les béatitudes, elle les incarne simplement, à mains nues, dans le vent pluvieux de septembre. Son sourire n'est pas de la résignation drapée en vertu ni du courage forcé pour faire bonne figure. Il est gratuit, non fardé, sans arrière-pensée, comme jaillissant d'un lieu que ma vie, encombrée de mes conforts et de mes prudences, n'atteint plus si facilement. Elle a faim, et pourtant elle donne à manger. Elle pleure peut-être, la nuit, dans le carton et le froid, et pourtant elle rit, le matin, avec, et qui sait, pour moi.  Maurice Zundel aimait rappeler que la vraie pauvreté n'est pas un manque mais une ouverture, un espace laissé libre pour que l'Autre puisse advenir en nous sans que nous cherchions à le posséder. Peut-être est-ce cela que je reçois chaque matin sans le nommer : l'espace qu'elle laisse libre en elle, faute d'avoir de quoi le combler, devient le lieu même où passe la grâce. Elle n'a rien à défendre, alors elle peut tout accueillir. Moi, j'ai tant à défendre que j'ai peine à accueillir quoi que ce soit qui ne me ressemble pas déjà.

  10. 714

    Dieu prend soin des futurs parents de son Fils – Évangile du jour et méditation du mardi 8 septembre 2026

    Évangile du mardi 8 septembre 2026 – La Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie« L’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint » (Mt 1, 18-23)Voici comment fut engendré Jésus Christ :Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ;avant qu’ils aient habité ensemble,elle fut enceintepar l’action de l’Esprit Saint.    Joseph, son époux,qui était un homme juste,et ne voulait pas la dénoncer publiquement,décida de la renvoyer en secret.    Comme il avait formé ce projet,voici que l’ange du Seigneurlui apparut en songe et lui dit :« Joseph, fils de David,ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse,puisque l’enfant qui est engendré en ellevient de l’Esprit Saint ;    elle enfantera un fils,et tu lui donneras le nom de Jésus(c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve),car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »    Tout cela est arrivépour que soit accompliela parole du Seigneur prononcée par le prophète :    Voici que la Vierge concevra,et elle enfantera un fils ;on lui donnera le nom d’Emmanuel,qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».Cet extrait de l’Évangile selon saint Matthieu passe sous silence une multitude d’éléments qui ont leur importance dans la décision de Dieu de choisir Marie et Joseph comme futurs parents de son Fils. Essayons d’en relever quelques-uns.Tout d’abord, il y a eu quatorze générations d’Abraham à David, quatorze générations de David jusqu’à l’exil à Babylone, et quatorze autres générations de l’exil jusqu’au Christ. (Mt 1, 17) On peut dire que Dieu à de l’ordre dans tout ce qu’Il fait. Seulement, ce constat aurait dû éveiller la conscience des Sages et Docteurs du temps sur la vraie nature de Jésus.Ensuite, Il faut savoir que le choix de Joseph comme futur époux de Marie fut pris par un des grands prêtres du Temple. Comme plusieurs jeunes filles orphelines en d’Israël, Marie vivait au Temple depuis son plus jeune âge. Elle portait dans son cœur le désir de faire partie de la vie du Sauveur que l’on attendait et qui apporterait le Salut pour tout le peuple d’Israël. À cet effet, elle avait fait le vœu de donner sa virginité à Dieu.Malheureusement, la loi du Temple stipulait que toutes les jeunes femmes en Israël devaient devenir une épouse et porter un fils pour le Seigneur. Malgré tout, Marie espérait que son futur époux partagerait avec elle son vœu de chasteté.Marie était de la maison royale par sa descendance de David et de la lignée sacerdotale par Aaron. Elle avait à peine quinze ans lorsqu’elle fut donnée en mariage à Joseph. Lui était de la tribu de David et déjà dans la trentaine. On disait de lui qu’il était juste par sa foi, par sa patience, sa chasteté, sa fidélité et son amour pour Dieu. On le reconnaissait aussi pour sa grande bonté. Le couple avait décidé de reporter leur noce d’au moins une année, laissant ainsi à Marie le temps de s’installer au village et de se faire à l’idée de sa nouvelle vie d’épouse.Après la visite de l’ange Gabriel, c’est une autre vie qui s’est offerte à Marie. Elle aurait pu se laisser envahir par l’orgueil d’avoir été choisi par Dieu pour être la mère de son Fils. Mais, elle s’est plutôt réfugiée dans l’humilité et le silence en s’appliquant à devenir la servante du Seigneur.Elle a assurément vécu la crainte de la réaction de Joseph, lorsque celui-ci découvrirait à son retour de chez sa cousine Élisabeth, qu’elle était en enceinte avant leur noce. Sans doute qu’elle a dû prier intensément le Seigneur pour qu’Il lui vienne en aide. Elle s’est abandonnée à Dieu, au risque de perdre sa vie, sa bonne réputation et l’affection de ses connaissances.

  11. 713

    Il était une main – Évangile du jour et méditation du lundi 7 septembre 2026

    Évangile du lundi 7 septembre 2026 – 23ème Semaine du Temps Ordinaire« Ils observaient Jésus pour voir s’il ferait une guérison le jour du sabbat » (Lc 6, 6-11)Un jour de sabbat,Jésus était entré dans la synagogue et enseignait.Il y avait là un homme dont la main droite était desséchée.Les scribes et les pharisiens observaient Jésuspour voir s’il ferait une guérison le jour du sabbat ;ils auraient ainsi un motif pour l’accuser.Mais lui connaissait leurs raisonnements,et il dit à l’homme qui avait la main desséchée :« Lève-toi, et tiens-toi debout, là au milieu. »L’homme se dressa et se tint debout.Jésus leur dit :« Je vous le demande :Est-il permis, le jour du sabbat,de faire le bien ou de faire le mal ?de sauver une vie ou de la perdre ? »Alors, promenant son regard sur eux tous,il dit à l’homme :« Étends la main. »Il le fit, et sa main redevint normale.Quant à eux, ils furent remplis de fureuret ils discutaient entre euxsur ce qu’ils feraient à Jésus.Il était une fois, par un jour de congé, dans un lieu public honoré et très fréquenté, une personne handicapée ainsi que des observateurs. Certains d’entre eux étaient aux aguets parce qu’ardents protecteurs d’une Loi : la leur, appelée celle de Moïse, cet homme de Dieu, source de leur foi.Puis une main, pas deux. Ce qu’il en reste, ce que l’on peut voir d’elle : à droite en géographie, un attribut semblant l’essentiel. Bien que jumelle, celle-ci seule interpelle avec curiosité : elle ne concorde pas, elle est toute desséchée. On ne l’utilise plus, c’est un appendice, une quelconque extrémité.Il était donc une fois, en ce jour de congé, un homme adjectivé. Anonyme dans les regards et une indigne main pour réalité. En avait-il donc deux, dans le passé, pour travailler, saluer, partager ?Il était autrefois un homme, mais aujourd’hui classifié. De par sa main, toutes les pensées le jugent en condamné : vous n’êtes pas, il n’y a plus; un oublié fait prisonnier, par les guetteurs, les règles pétrifiées.Comme tous est-il venu en ce lieu pour sanctifier. Sans demander, rien en attente, ainsi est-il repéré. Déjà entré pour y enseigner, Jésus le voit dans ses pauvretés. De les compter et jusqu’à quatre, Jésus bientôt veut tout pacifier : se lever, se tenir droit, au milieu de tous lui dit Jésus pour commencer.Car Jésus, Maître en Humanité, c’est tout l’Être qu’Il veut restaurer. Son existence, sa volonté, aux yeux de tous Il veut cet homme affirmé. Plus qu’une histoire à raconter, une leçon doit être enseignée : lettrés et personnes de piété, perfectionnez votre morale en cultivant la Charité.Par Jésus interpellé, debout l’homme va se redresser. Puis sa volonté mise marche, il se tient au centre et devant tous : voir cet homme, le contempler ! Et de la main fautive, Jésus tient aussi à l’en libérer : Je suis venu pour te guérir, pour sauver toute ton humanité.Méditation - Il était une main

  12. 712

    Au milieu de nos peurs, Sa Voix nous redit : « Soyez sans crainte! » – Méditation du dimanche 21 juin 2026

    Évangile du dimanche 21 juin 2026 – 12ème dimanche du Temps Ordinaire« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps » (Mt 10, 26-33)    En ce temps-là,Jésus disait à ses Apôtres :    « Ne craignez pas les hommes ;rien n’est voilé qui ne sera dévoilé,rien n’est caché qui ne sera connu.    Ce que je vous dis dans les ténèbres,dites-le en pleine lumière ;ce que vous entendez au creux de l’oreille,proclamez-le sur les toits.    Ne craignez pas ceux qui tuent le corpssans pouvoir tuer l’âme ;craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhennel’âme aussi bien que le corps.    Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ?Or, pas un seul ne tombe à terresans que votre Père le veuille.    Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.    Soyez donc sans crainte :vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.    Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes,moi aussi je me déclarerai pour luidevant mon Père qui est aux cieux.    Mais celui qui me reniera devant les hommes,moi aussi je le renieraidevant mon Père qui est aux cieux. »Veuillez noter que nous terminerons nos méditations ce dimanche 21 juin et que nous les reprendrons le lundi 7 septembre. Nous vous remercions de nous avoir lu durant toute cette année et nous espérons vous revoir en septembre. Bonnes vacances et que Dieu vous accompagne ! Alice (celle qui prête sa voix aux méditations), Ange-Lydie, Barbara, Colette, Halyna, Lucille, Marie-Emmanuel, Martial, Paolo, Stéfan et VincentQuand la peur se cache !Dans une émission radiophonique[1] de Radio-Canada, un scientifique, M. Sébastien Bohler, explique les mécanismes du cerveau en regard de la peur. La menace climatique, la perturbation des équilibres géostratégiques mondiaux, l’incertitude en regard de ce que va engendrer l’IA, sont des réalités qui touchent toute la planète et sur lesquelles nous n’avons aucune prise. Notre cerveau n’est pas adapté pour faire face à ces peurs systémiques invisibles et totalement globales. Ces réalités que nous ne pouvons pas fuir engendrent l’anxiété. Face à ces menaces potentielles, l’amygdale du cerveau s’enflamme... c’est grâce à elle qu’on peut survivre en repérant les dangers pour nous en protéger. Ces sources de peur provoquent l’activation du système nerveux sympathique et suscitent 3 comportements possibles : s’immobiliser, attaquer ou fuir.Il ajoute que la première angoisse de l’homme, c’est la séparation, même plus importante que l’alimentation. Nous avons besoin de sentir que nous appartenons à un groupe : beaucoup de comportements de mimétisme ou de conformisme en témoignent.Les liens sociaux sont notre protection première : ils génèrent des ocytocines et des endorphines qui viennent calmer l’amygdale. Une société individualiste entraîne une diminution de ces liens. De fausses solutions surgissent alors pour se rassurer : l’hyper consommation qui engendre de la dopamine, les addictions et l’agression des autres. Des expériences en laboratoire ont montré qu’un rat ayant très peur développe des ulcères, perd ses poils et maigrit... il est rongé par sa peur ! Mais si on met un autre rat dans sa cage, il commence à l’agresser et transforme sa peur en violence, et par cette canalisation dans l’agressivité, il guérit. Dans une société angoissée, on aura tendance à développer une agressivité latente et trouver des boucs émissaires sur lesquels des groupes angoissés vont se libérer de leur peur. Cette société angoissée aura tendance à aller vers des autoritarismes et se choisir des leaders autoritaires pour se rassurer. Ces propos apportent une lumière sur les ressorts cachés de notre vie collective.

  13. 711

    Quand DIEU est mon TOUT, l’argent devient serviteur… – Méditation du samedi 20 juin 2026

    Évangile du samedi 20 juin 2026 – 11ème Semaine du Temps Ordinaire« Ne vous faites pas de souci pour demain » (Mt 6, 24-34)En ce temps-là,Jésus disait à ses disciples :    « Nul ne peut servir deux maîtres :ou bien il haïra l’un et aimera l’autre,ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre.Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent.    C’est pourquoi je vous dis :Ne vous souciez pas,pour votre vie, de ce que vous mangerez,ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez.La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture,et le corps plus que les vêtements ?    Regardez les oiseaux du ciel :ils ne font ni semailles ni moisson,ils n’amassent pas dans des greniers,et votre Père céleste les nourrit.Vous-mêmes, ne valez-vous pasbeaucoup plus qu’eux ?    Qui d’entre vous, en se faisant du souci,peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ?    Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ?Observez comment poussent les lis des champs :ils ne travaillent pas, ils ne filent pas.    Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire,n’était pas habillé comme l’un d’entre eux.    Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs,qui est là aujourd’hui,et qui demain sera jetée au feu,ne fera-t-il pas bien davantage pour vous,hommes de peu de foi ?    Ne vous faites donc pas tant de souci ;ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?”ou bien : “Qu’allons-nous boire ?”ou encore : “Avec quoi nous habiller ?”     Tout cela, les païens le recherchent.Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin.    Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice,et tout cela vous sera donné par surcroît.    Ne vous faites pas de souci pour demain :demain aura souci de lui-même ;à chaque jour suffit sa peine. »Veuillez noter que nous terminerons nos méditations ce dimanche 21 juin et que nous les reprendrons le lundi 7 septembre. Nous vous remercions de nous avoir lu durant toute cette année et nous espérons vous revoir en septembre. Bonnes vacances et que Dieu vous accompagne ! Alice (celle qui prête sa voix aux méditations), Ange-Lydie, Barbara, Colette, Halyna, Lucille, Marie-Emmanuel, Martial, Paolo, Stéfan et VincentJ’aime beaucoup cette page d’Évangile…Si au départ, la Parole se fait tranchante, même incisive : Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent, tout de suite, elle donne la direction… Ne vous souciez pas, nous invitant à une spiritualité vraiment incarnée…Dieu connaît nos besoins les plus élémentaires… boire, manger, se vêtir… Il connaît ce qui est source d’angoisse pour des milliers de personnes encore aujourd’hui !Jésus nous révèle ce Dieu qui a soutenu la marche au désert en donnant la manne chaque jour ! Il nous rappelle que ce Dieu Père veille sur chacun de ses enfants aujourd’hui : Ne vous faites donc pas tant de souci ; … votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera ajouté1 .Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, ne serait-ce pas d’abord chercher Dieu lui-même, Le chercher en vérité… Ajuster notre regard sur Lui, mettre dehors nos fausses images de Dieu, celles qui nous coupent de la VIE et l’ÊTRE donnés par Lui en abondance chaque jour… cette VIE, cette FORCE qu’Il donne au cœur même des grandes souffrances…Chercher Dieu en Jésus, en sa Parole…Chercher Dieu en contemplant la vie cachée et déployée dans la nature… En ce début de l’été, laissons résonner les mots de Jésus: REGARDEZ… OBSERVEZ… tout le mystère que la nature vous révèle sur DIEU et sur la VIE !Regardons les oiseaux fidèles à leur nature, chacun selon leur espèce… Accueillons leur chant… Laissons-les nous enseigner comment se poser en Dieu comme eux se posent en sécurité, même sur des branches ballotées par le vent…

  14. 710

    Symboles remplis de sagesse pour notre vie – Méditation du vendredi 19 juin 2026

    Évangile du vendredi 19 juin 2026 – 11ème Semaine du Temps Ordinaire« Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Mt 6, 19-23)En ce temps-là,Jésus disait à ses disciples :    « Ne vous faites pas de trésors sur la terre,là où les mites et les vers les dévorent,où les voleurs percent les murs pour voler.    Mais faites-vous des trésors dans le ciel,là où il n’y a pas de mites ni de vers qui dévorent,pas de voleurs qui percent les murs pour voler.    Car là où est ton trésor,là aussi sera ton cœur.    La lampe du corps, c’est l’œil.Donc, si ton œil est limpide,ton corps tout entier sera dans la lumière ;    mais si ton œil est mauvais,ton corps tout entier sera dans les ténèbres.Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres,comme elles seront grandes, les ténèbres ! »Veuillez noter que nous terminerons nos méditations ce dimanche 21 juin et que nous les reprendrons le lundi 7 septembre. Nous vous remercions de nous avoir lu durant toute cette année et nous espérons vous revoir en septembre. Bonnes vacances et que Dieu vous accompagne ! Alice (celle qui prête sa voix aux méditations), Ange-Lydie, Barbara, Colette, Halyna, Lucille, Marie-Emmanuel, Martial, Paolo, Stéfan et VincentL’enseignement de Jésus dans l’Évangile d’aujourd’hui, bien que très court, déborde de termes à la riche symbolique biblique : terre et ciel, trésor, œil, lampe, cœur, lumière, ténèbres. Essayons de les décortiquer afin d'en extraire la sagesse à appliquer dans notre vie.Tout d’abord, ce texte de l’Évangile nous rappelle que nous sommes des êtres de passage sur cette terre. La terre n’est pas notre destination finale. Sainte Catherine de Sienne disait : « La vie est un pont : traversez-la mais n’y faites pas votre demeure. » Prendre conscience de cela nous permet d’avoir une certaine distance à tout ce en quoi nous sommes engagés et envers tout ce que nous considérons comme nos trésors : les biens matériels, les connaissances, les acquis, les compétences. Bref, tout à quoi nous consacrons nos efforts et notre temps, ou comme dit Jésus, tout à quoi nous mettons notre cœur. Notre vie sur terre n’est qu’un moyen, un pont, vers la vie éternelle. Il est bon parfois de prendre le temps de recul pour revoir nos objectifs de vie et de vérifier si ce qui ne devait être qu'un moyen n'est pas devenu notre seul but.L’œil dans la Bible symbolise l'omniscience de Dieu (cf. Za 4,10 ; cf. Hé 4,13 ; Ap 5,6), mais aussi la posture spirituelle de l'homme. Quand l’homme se laisse guider par l’Esprit, son œil est limpide, il voit clairement, il sait distinguer les choses essentielles dans la vie des choses secondaires. Il saura distinguer les trésors terrestres des trésors dans le ciel. Le Christ nous instruit à plusieurs reprises comment amasser les trésors au ciel : « Et quiconque donnera seulement un verre d'eau froide à l'un de ces petits parce qu'il est mon disciple, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense » (Mt 10, 42). À l’homme qui demandait comment avoir la vie éternelle en héritage, Jésus répond : « Va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. » (Mc 10, 21). Saint Paul, dans la lettre à Timothée, conseille aux riches de ce monde de mettre leur espérance non pas dans des richesses incertaines, mais en Dieu qui procure tout en abondance : « Qu’ils fassent du bien et deviennent riches du bien qu’ils font ; qu’ils donnent de bon cœur et sachent partager. De cette manière, ils amasseront un trésor pour bien construire leur avenir et obtenir la vraie vie» (1 Tm 6, 18-19).

  15. 709

    Le trajet de la Parole – Méditation du jeudi 18 juin 2026

    Évangile du jeudi 18 juin 2026 – 11ème Semaine du Temps Ordinaire« Vous donc, priez ainsi » (Mt 6, 7-15)En ce temps-là,Jésus disait à ses disciples :    « Lorsque vous priez,ne rabâchez pas comme les païens :ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés.    Ne les imitez donc pas,car votre Père sait de quoi vous avez besoin,avant même que vous l’ayez demandé.    Vous donc, priez ainsi :Notre Père, qui es aux cieux,que ton nom soit sanctifié,    que ton règne vienne,que ta volonté soit faitesur la terre comme au ciel.    Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.    Remets-nous nos dettes,comme nous-mêmes nous remettons leurs dettesà nos débiteurs.    Et ne nous laisse pas entrer en tentation,mais délivre-nous du Mal.    Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes,votre Père céleste vous pardonnera aussi.    Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes,votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »Veuillez noter que nous terminerons nos méditations ce dimanche 21 juin et que nous les reprendrons le lundi 7 septembre. Nous vous remercions de nous avoir lu durant toute cette année et nous espérons vous revoir en septembre. Bonnes vacances et que Dieu vous accompagne ! Alice (celle qui prête sa voix aux méditations), Ange-Lydie, Barbara, Colette, Halyna, Lucille, Marie-Emmanuel, Martial, Paolo, Stéfan et Vincent« Ne rabâchez pas comme les païens », l’avertissement est sans équivoque, car Celui qui parle est la Parole, le Fils. « Vous donc, priez ainsi »… nous invitant maintenant à saisir le trajet de la Parole en nous, secret de toute prière.Le Père est l’éternelle Origine au sein de la Trinité. Il est Celui qui engendre le Fils et qui fait de son Fils, son Verbe, sa Parole. Celui par lequel Il veut se dire, se faire connaître. C’est donc dans le Père que débute le trajet de la Parole et où se trouve la source de toute prière. Prier commence dans « se recueillir » dans le silence de cette Origine et dans une disponibilité entière à la Parole qui en surgit. Nous ne sommes pas les maîtres de son surgissement mais simplement ceux à qui le Père veut la donner en toute gratuité et en tout Amour. Cette Parole qui a tout créé et en qui fut la Vie se fait entendre dans le silence de notre être, et nous engendre dans le Fils, nous communique notre être même. Dans cette écoute, nous sommes dans le vertige et l’émerveillement de l’Origine; et au lieu même de la Parole où tout se dit et tout se tait… en adoration.En nous se laisse donc entendre « le Nom qui est au-dessus de tout nom » (Phi 2, 9), ce Nom duquel nous recevons le nôtre, dit depuis toujours par le Père, : notre parole de Dieu unique que nous sommes dans l’Unique Parole qu’est le Fils. Notre parole est ainsi sainte de par notre nom offert dans le Nom du Fils sous le souffle de l’Esprit. Notre être est alors prière éternelle du Père dans le Fils, prière qui nous crée, nous engendre et nous fait fils ou fille de Dieu.Et cette Parole du Père en nous, nous communique la plénitude de notre être mais, du même coup, demande notre oui entier. Il désire régner en nous comme Il le désire et il veut que nous y consentions de tout notre cœur. À nous qui recevons du Fils par le Père dans l’Esprit toute Vie, tout Amour, tout Vérité… il n’y a pas d’autre réponse que de nous y abandonner totalement. Il est impossible de devenir soi sans consentir à l’être unique que Dieu a voulu que nous soyons, don de Dieu, visage de Dieu unique pour ce monde.C’est là sa seule et unique volonté sur nous : que nous devenions fils ou fille en son Fils, parole du Père en la Parole du Père qu’est le Fils. Si nous disons oui au don de Dieu en nous, nous disons oui au Père et non seulement nous faisons sa volonté mais nous incarnons sa volonté.

  16. 708

    Se retirer dans le plus retiré… – Méditation du mercredi 17 juin 2026

    Évangile du mercredi 17 juin 2026 – 11ème Semaine du Temps Ordinaire« Ton Père qui voit dans le secret te le rendra » (Mt 6, 1-6.16-18)En ce temps-là,Jésus disait à ses disciples :    « Ce que vous faites pour devenir des justes,évitez de l’accomplir devant les hommespour vous faire remarquer.Sinon, il n’y a pas de récompense pour vousauprès de votre Père qui est aux cieux.    Ainsi, quand tu fais l’aumône,ne fais pas sonner la trompette devant toi,comme les hypocrites qui se donnent en spectacledans les synagogues et dans les rues,pour obtenir la gloire qui vient des hommes.Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.    Mais toi, quand tu fais l’aumône,que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite,    afin que ton aumône reste dans le secret ;ton Père qui voit dans le secrette le rendra.    Et quand vous priez,ne soyez pas comme les hypocrites :ils aiment à se tenir deboutdans les synagogues et aux carrefourspour bien se montrer aux hommes quand ils prient.Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.    Mais toi, quand tu pries,retire-toi dans ta pièce la plus retirée,ferme la porte,et prie ton Père qui est présent dans le secret ;ton Père qui voit dans le secrette le rendra.    Et quand vous jeûnez,ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites :ils prennent une mine défaitepour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent.Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.    Mais toi, quand tu jeûnes,parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;    ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes,mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ;ton Père qui voit au plus secrette le rendra. »Veuillez noter que nous terminerons nos méditations ce dimanche 21 juin et que nous les reprendrons le lundi 7 septembre. Nous vous remercions de nous avoir lu durant toute cette année et nous espérons vous revoir en septembre. Bonnes vacances et que Dieu vous accompagne ! Alice (celle qui prête sa voix aux méditations), Ange-Lydie, Barbara, Colette, Halyna, Lucille, Marie-Emmanuel, Martial, Paolo, Stéfan et VincentJésus nous l’assure : « ton Père (…) est présent dans le secret ». De quelle présence Jésus parle-t-il, puisque justement il s’agit d’une présence secrète ? À première vue, la présence se définit comme une réalité physique accessible aux yeux. Dès lors, une présence secrète peut-elle avoir un sens ?Pour les hommes, la présence est un commerce de reconnaissance : je te reconnais une valeur et en échange, tu me reconnais comme existant. Ainsi, le cercle de la « gloire qui vient des hommes » est bouclé. Le sentiment d’être présent se gagne par l’exposition de notre existence aux regards d’autrui. Il s’agit alors de « se donner en spectacle » aux hommes, de se rendre visible dans l’espace social des échanges. Ces regards pèsent les existences : un tel, c’est du lourd… et tel autre ne compte pas… il est « invisibilisé » par l’indifférence. Il est tentant de transporter en Dieu nos manières de faire très humaines. Mais, nos usages sociaux ont-ils un sens pour Dieu ?Méditation - Se retirer dans le plus retiré…La présence est un mystère, nous le sentons bien. La présence physique laisse trop souvent un goût d’inachevé. Au creux de nos présences, un trou empêche de se rejoindre parfaitement. Même les époux les plus proches sentent bien qu’une séparation tient à distance. Pour s’aimer, nous avons besoin d'un secret d’amour qui abouche les coeurs.

  17. 707

    Qu’avons-nous fait de la Loi de Dieu ? – Méditation du mardi 16 juin 2026

    Évangile du mardi 16 juin 2026 – 11ème Semaine du Temps Ordinaire« Aimez vos ennemis » (Mt 5, 43-48)En ce temps-là,Jésus disait à ses disciples :    « Vous avez appris qu’il a été dit :Tu aimeras ton prochainet tu haïras ton ennemi.    Eh bien ! moi, je vous dis :Aimez vos ennemis,et priez pour ceux qui vous persécutent,    afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ;car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons,il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.    En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment,quelle récompense méritez-vous ?Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?    Et si vous ne saluez que vos frères,que faites-vous d’extraordinaire ?Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?    Vous donc, vous serez parfaitscomme votre Père céleste est parfait. »Veuillez noter que nous terminerons nos méditations ce dimanche 21 juin et que nous les reprendrons le lundi 7 septembre. Nous vous remercions de nous avoir lu durant toute cette année et nous espérons vous revoir en septembre. Bonnes vacances et que Dieu vous accompagne ! Alice (celle qui prête sa voix aux méditations), Ange-Lydie, Barbara, Colette, Halyna, Lucille, Marie-Emmanuel, Martial, Paolo, Stéfan et VincentPeut-on perfectionner la Loi, alors que la Loi donnée par Dieu, c’est Lui-même ? La vraie question serait plutôt : qu’avons-nous fait de la Loi que Dieu nous a donnée ? L’homme cherche inlassablement à trouver des façons de contourner ce qui lui est enseigné, même si cela est pour l’aider à mieux vivre ensemble et à protéger la vie. On n’a qu’à se rappeler notre enfance. Combien de fois avons-nous cherché à ne pas nous soumettre aux directives éducatives de nos parents ? Il faut reconnaître qu’il y a en nous un élan naturel à ne pas suivre les consignes. À croire que notre crise du « non » est éternelle.Soyez rassurés, Jésus n’est pas venu nous imposer quoi que ce soit. Ses réprimandes aux scribes et aux pharisiens étaient à l’effet qu’au cours des siècles, les autorités religieuses juives avaient modifié la Loi donnée par Dieu au Sinaï. Ils en avaient fait quelque chose qui répondait à l’enrichissement du Temple et à ceux qui en faisaient partie. Sans oublier que certains s’en servaient pour maintenir le peuple sous leur joug.La Loi était devenue stérile, difficile à comprendre et même parfois contradictoire. Elle avait perdu sa nature première. Jésus dira à plusieurs reprises : « Je ne suis pas venu abolir la Loi », puisque la Loi lui vient de son Père et qu’elle est de même nature que Celui qui l’a prodiguée, soit l’amour. Elle a été donnée à l’homme pour qu’il puisse orienter son regard vers la Lumière et ainsi sortir des ténèbres.Dans l’histoire, une première loi fut mise en place par l’homme pour établir une certaine justice humaine lors de conflits. On la nommait la loi du talion. Elle fut instaurée près de 2000 ans avant notre ère. Elle se disait comme suit : « Œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied. » Elle servait à limiter la montée de la violence animée par les esprits de vengeance. On va la retrouver plus tard dans les écrits de l’exode, du lévitique et de l’Ecclésiaste.Avec le temps, on en était arrivé à réécrire une partie de la Loi de Dieu de la façon suivante : « Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. » À cela Jésus va rectifier la deuxième partie de sa formulation par : « Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent ». Probablement que les disciples ont dû sursauter en entendant cet énoncé de la part de Jésus. D’abord, c’était la première fois qu’ils entendaient une telle chose et, deuxièmement, ils ne pouvaient s’imaginer qu’ils arriveraient à appliquer une telle mesure envers les personnes qui leur faisaient du mal. Encore aujourd’hui, cela sort de toute logique et de nos comportements habituels.

  18. 706

    Eh bien ! Moi, je vous dis ! – Méditation du lundi 15 juin 2026

    Évangile du lundi 15 juin 2026 – 11ème Semaine du Temps Ordinaire« Moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant » (Mt 5, 38-42)En ce temps-là,Jésus disait à ses disciples :    « Vous avez appris qu’il a été dit :Œil pour œil, et dent pour dent.    Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ;mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite,tends-lui encore l’autre.    Et si quelqu’un veut te poursuivre en justiceet prendre ta tunique,laisse-lui encore ton manteau.    Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas,fais-en deux mille avec lui.    À qui te demande, donne ;à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos ! »Veuillez noter que nous terminerons nos méditations ce dimanche 21 juin et que nous les reprendrons le lundi 7 septembre. Nous vous remercions de nous avoir lu durant toute cette année et nous espérons vous revoir en septembre. Bonnes vacances et que Dieu vous accompagne ! Alice (celle qui prête sa voix aux méditations), Ange-Lydie, Barbara, Colette, Halyna, Lucille, Marie-Emmanuel, Martial, Paolo, Stéfan et VincentJésus semble compter ses mots dans ce bref évangile, comme s’Il les avait choisis pour s’assurer d’être bien compris. Et cependant, Il rappelle une loi déjà bien connue de son peuple : Œil pour œil et dent pour dent, afin d’en fait le point de départ de l’un de ses enseignements.Car Jésus n’est pas venu détruire mais parfaire. Il est à penser que ce paradigme de l’époque a servi de cadre, afin de déterminer, limiter, circonscrire des revendications, peut-être des incompréhensions, des injustices. Probablement, était-ce un pas concret pour un maintien en équilibre et dans le règlement des conflits.Eh bien ! Moi, je vous dis ! Car Jésus nous propose un chemin inattendu afin de prendre soin de soi et de nos liens avec les gens. Il nous recommande des actes à poser et des mouvements à refreiner afin de vivre en paix avec soi-même et avec les autres.Car ne pas invite à se positionner avant d’agir en paroles et en actes. Proposition à se placer en retrait, à l’intérieur de soi. Réfléchir afin de ne pas ouvrir la porte des justifications personnelles avec cet autre qui a touché le point de sensibilité chez-soi.Mais encore, jusqu’à tendre à l’autre, et même lui laisser. Cette gifle, ne serait-ce pas humilité que de reconnaitre mon tort ? Ne serait-ce pas humilité que de permettre à l’autre de se connaître et dans son tort ? Qu’est-ce que justice pour une tunique alors qu’un manteau peut pacifier ?Et ces mille pas sont exigés, mais les mille autres, parce qu’avec lui, s’appellent peut-être communauté ? Demander, donner, emprunter : un soutien dans l’espérance de la reconnaissance, une offrande dans la recherche de confiance.Eh bien ! Moi je vous dis !Combien Je vous connais, vous, faiblesses, toi, Humanité.Eh bien! Moi je vous dis!Une seule Loi : Bonne Nouvelle.L’Amour, depuis toute Éternité.Méditation - Eh bien ! Moi, je vous dis !

  19. 705

    Ce Regard, je ne l’oublierai jamais ! – Méditation du dimanche 14 juin 2026

    Évangile du dimanche 14 juin 2026 – 11ème dimanche du Temps Ordinaire« Jésus appela ses douze disciples et les envoya en mission » (Mt 9, 36 – 10, 8)En ce temps-là,    voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers ellesparce qu’elles étaient désemparées et abattuescomme des brebis sans berger.    Il dit alors à ses disciples :« La moisson est abondante,mais les ouvriers sont peu nombreux.    Priez donc le maître de la moissond’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »     Alors Jésus appela ses douze discipleset leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurset de guérir toute maladie et toute infirmité.    Voici les noms des douze Apôtres :le premier, Simon, nommé Pierre ;André son frère ;Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ;    Philippe et Barthélemy ;Thomas et Matthieu le publicain ;Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ;    Simon le Zéloteet Judas l’Iscariote, celui-là même qui le livra.    Ces douze, Jésus les envoya en missionavec les instructions suivantes :« Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païenneset n’entrez dans aucune ville des Samaritains.    Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël.    Sur votre route,proclamez que le royaume des Cieux est tout proche.    Guérissez les malades, ressuscitez les morts,purifiez les lépreux, expulsez les démons.Vous avez reçu gratuitement :donnez gratuitement. »Veuillez noter que nous terminerons nos méditations ce dimanche 21 juin et que nous les reprendrons le lundi 7 septembre. Nous vous remercions de nous avoir lu durant toute cette année et nous espérons vous revoir en septembre. Bonnes vacances et que Dieu vous accompagne ! Alice (celle qui prête sa voix aux méditations), Ange-Lydie, Barbara, Colette, Halyna, Lucille, Marie-Emmanuel, Martial, Paolo, Stéfan et VincentLa recherche du sens de notre vie nous a fait prendre tant de détours ! Nous sommes comme les arbres... lorsqu’ils poussent croches, c’est parce qu’ils cherchent la lumière. C’est à cette recherche de lumière que répond le Christ à travers sa Parole comme à travers sa manière d’être. Dans cet Évangile, le Regard du Christ se pose sur les foules qui sont sous ses yeux... comme Il s’est posé sur les disciples antérieurement et sur les foules d’aujourd’hui. C’est ce Regard de Jésus sur les disciples qui les a éveillés à mettre leurs pas dans les siens. Et voilà que ce Regard va les envoyer vers les autres... non plus comme à la remorque des pieds du Maître, mais dans l’élan de cette confiance qu’Il met en eux, jusqu’à leur confier une Mission qu’ils vivront à distance de Jésus, dans cet Amour où Il les conduit à « sortir du nid » pour voler sur les ailes de son Regard sur eux.L’initiative de Jésus va à l’encontre des pratiques habituelles. Au temps de Jésus, ce sont les personnes qui choisissent le maître qu’ils veulent suivre et non le maître qui les choisit. L’expérience que les disciples ont faite est précisément inverse... c’est Jésus qui leur a demandé de Le suivre. Initiative de Dieu  qui précède toutes nos démarches, qui jette à terre la méritocratie où notre rendement et nos bonnes œuvres sont premiers et où nos moindres faiblesses jettent à terre le château de cartes de nos présumées solidités.Ce Regard de Jésus continue de façonner les disciples en les faisant entrer dans le Regard qu’Il porte sur les autres. Comme ce Regard est large et bienfaisant ! Il n’est pas un regard de jugement, mais bien un Regard qui, dans sa Tendresse, perçoit et nomme la souffrance cachée... Jésus sait se faire proche pour saisir, accueillir et compatir... Il comprend ce que nos yeux aveuglés de jugement ne peuvent voir, alors même qu’ils sont à distance, à cause de leur propre regard sur les foules et de leurs préjugés à travers lesquels ils se protègent de l’interpellation de la rencontre de l’autre, différent d’eux.

  20. 704

    RECHERCHÉ… un pèlerin de 12 ans! – Méditation du samedi 13 juin 2026

    Évangile du samedi 13 juin 2026 – 10ème Semaine du Temps Ordinaire« Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements » (Lc 2, 41-51)          Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalempour la fête de la Pâque.  Quand il eut douze ans,ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume.  À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient,le jeune Jésus resta à Jérusalemà l’insu de ses parents.  Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins,ils firent une journée de cheminavant de le chercher parmi leurs parents et connaissances.  Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem,en continuant à le chercher.          C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple,assis au milieu des docteurs de la Loi :il les écoutait et leur posait des questions,  et tous ceux qui l’entendaients’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses.  En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement,et sa mère lui dit :« Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ?Vois comme ton père et moi,nous avons souffert en te cherchant ! »  Il leur dit :« Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ?Ne saviez-vous pasqu’il me faut être chez mon Père ? »  Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.          Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth,et il leur était soumis.Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements.RECHERCHÉ… un  pèlerin  de  12  ans!  Nous  voici conviés à un autre  moment au Temple! Tout  commence  par un pèlerinage… Écoutons d’abord  Joseph:  Marie  et moi, fidèles à notre  tradition religieuse, avec  nos  amis  et nos  voisins, nous nous  rendons chaque année  à Jérusalem avec Jésus, NOTRE enfant . Partages, chants, psaumes rythment notre marche…  Nous  allons  célébrer le Dieu  de  la  pâque !    Et cette  année,  c’est du  haut  de  ses  douze ans, que Jésus  NOTRE  enfant, nous  accompagne!  À 12 ans, il  arrive à l’âge où on  quitte l’enfance  et  on est intégré dans la vie  sociale…   Dans le silence  de  nos  cœurs, Marie et moi,  nous  savons que nous  sommes « serviteurs  d’un mystère,  gardiens du  désir  de Dieu,  de  SON  projet, SON  Jésus »!1 Depuis  sa naissance, nous méditons  souvent, dans notre humble  Nazareth,  les paroles  de Syméon, d’Anne, les  écrits des prophètes… sans  tout  comprendre! Mais nous avançons  avec  confiance, appuyés  sur la Parole  reçue :  « Joseph, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint. » (Mt 1, 20);  « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.  Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus.» (Lc 1, 30-31)  Depuis 12 ans, nous  avançons ainsi au  quotidien avec  foi  en  ce Dieu qui marche  avec  nous… et en présence  de  ce mystère  que porte  Jésus, cet  enfant, NOTRE enfant : il   grandit et se fortifie, rempli de sagesse, la grâce de Dieu est sur lui. (Lc  2,  40) Nous  connaissons  ses  amis, c’est pourquoi cette  année, quand  le moment  est  venu  de  retourner  à la maison, nous  avons pensé qu’il  était  là dans le  convoi  des pèlerins…  Imaginez notre détresse quand, après une journée  de chemin,  nous ne le  trouvons pas…  Perdre  de  vue un  enfant dans une  foule pendant  5-10 minutes, des milliers  de  parents  savent comment  tout  devient  noué  aux  entrailles ! Imaginez le  chercher durant  trois  jours… Quel  épuisement, quelles angoisses  surgissent… Nous ne  comprenions plus  rien! Une  vraie  pâque se  préparait à notre insu… Quand  nous  l’avons  trouvé là, au  temple, au  milieu  des docteurs  de la Loi, avec  toute son intelligence et  sa  sagesse , nous  avons  été nous -mêmes  étonnés. C’est  avec  toute  sa  tendresse  de mère que Marie lui  a  dit : « MON enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! »   …

  21. 703

    L’enfance du cœur – Méditation du vendredi 12 juin 2026

    Évangile du vendredi 12 juin 2026 – Sacré-Cœur de Jésus« Je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 25-30)    En ce temps-là,Jésus prit la parole et dit :« Père, Seigneur du ciel et de la terre,je proclame ta louange :ce que tu as caché aux sages et aux savants,tu l’as révélé aux tout-petits.    Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.    Tout m’a été remis par mon Père ;personne ne connaît le Fils, sinon le Père,et personne ne connaît le Père, sinon le Fils,et celui à qui le Fils veut le révéler.    Venez à moi,vous tous qui peinez sous le poids du fardeau,et moi, je vous procurerai le repos.    Prenez sur vous mon joug,devenez mes disciples,car je suis doux et humble de cœur,et vous trouverez le repos pour votre âme.    Oui, mon joug est facile à porter,et mon fardeau, léger. »Veuillez noter que nous terminerons nos méditations ce dimanche 21 juin et que nous les reprendrons le lundi 7 septembre. Nous vous remercions de nous avoir lu durant toute cette année et nous espérons vous revoir en septembre. Bonnes vacances et que Dieu vous accompagne ! Alice (celle qui prête sa voix aux méditations), Ange-Lydie, Barbara, Colette, Halyna, Lucille, Marie-Emmanuel, Martial, Paolo, Stéfan et VincentEn cette fête du Sacré-Cœur de Jésus, une parole se laisse méditer comme une confidence murmurée amoureusement, comme une berceuse chantonnée par une maman éblouie, comme une louange proclamée par le Fils. Le Christ par cette magnifique prière nous révèle que la sagesse du Père réside dans le cœur des tout-petits, une sagesse empreinte de douceur et d’humilité car « Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance ».Les tout-petits, les pauvres comme les humiliés viennent aussitôt habiter nos pensées. Mais Jésus songeait peut-être aussi au cœur soyeux et sacré de l’enfance, ce cœur si pur qui s’affaire aux battements de notre confiance. Lytta Basset, théologienne et philosophe, le formule si bien, prêtons-lui l’oreille un moment : « Entrer dans le royaume de Dieu, dit Jésus ailleurs, ne se peut sans « devenir » - et non pas redevenir - « comme des enfants ». C’est dans l’enfance qu’on croit autrui sur parole. Si le Royaume de l’enfance évoque « ce qui est né du Souffle », n’est-ce pas parce qu’à cet âge de la vie, on est encore capable de bouger, on n’explique pas les choses de manière définitive, on vibre à ce qui vient d’Ailleurs, on sent confusément que l’essentiel ne se voit pas… (Méditations de pleine confiance, 2022, p. 132). »En accompagnement spirituel, nous relisons notre histoire jusqu’à l’enfance, nous relions notre chemin à l’enfance jusqu’à sa demeure au plus profond de notre coeur. Cette enfance évoquée par Jésus, c’est le sacré du coeur de l’enfant bien-aimé de Dieu. C’est ce qui fait naître du Souffle et c’est ce qui rend Fils, vous et moi, qui avons tout reçu du Père. Tout recevoir, comme un enfant, dans sa pauvreté et sa toute-petitesse, vous et moi, fils et fille, qui sont intimement connus du Père. Un coeur marqué du sceau du sacré, marqué par l’élan et l’Ailleurs.Cet esprit de l’enfance pour lequel la vie se déploie droit devant, droit dans l’espérance alors que la mort s’effiloche derrière dans les débris, les blessures et des souvenirs sans nostalgie, n’admet pas le définitif et encore moins la rigidité. C’est ainsi que le coeur de l’enfant-Dieu et du Fils est humble et doux, rend le fardeau léger, la foi soyeuse et comprend le pardon comme une joie. En cette fête du Sacré-Coeur, offrons-nous la prière de la petite Thérèse. Cette toute-petite immensément sainte qui puisait dans l’immaculé de l’enfance afin de goûter le bonheur, la douceur et l’humilité en plein coeur, afin de vibrer sous le frémissement de ce Père qui, dans sa bienveillance, nous a voulus ainsi. Au Sacré-CoeurÔ coeur de Jésus, trésor de tendresse,C’est toi mon bonheur, mon unique espoir,Toi qui sus charmer ma tendre jeunesse,Reste auprès de moi jusqu’au dernier soir.

  22. 702

    Fiers de rien – Méditation du jeudi 11 juin 2026

    Évangile du jeudi 11 juin 2026 – 10ème Semaine du Temps Ordinaire« Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement » (Mt 5, 20-26)En ce temps-là,Jésus disait à ses disciples :    « Je vous le dis :Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens,vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.    Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens :Tu ne commettras pas de meurtre,et si quelqu’un commet un meurtre,il devra passer en jugement.    Eh bien ! moi, je vous dis :Tout homme qui se met en colère contre son frèredevra passer en jugement.Si quelqu’un insulte son frère,il devra passer devant le tribunal.Si quelqu’un le traite de fou,il sera passible de la géhenne de feu.    Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel,si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,    laisse ton offrande, là, devant l’autel,va d’abord te réconcilier avec ton frère,et ensuite viens présenter ton offrande.    Mets-toi vite d’accord avec ton adversairependant que tu es en chemin avec lui,pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge,le juge au garde,et qu’on ne te jette en prison.    Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pasavant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »Veuillez noter que nous terminerons nos méditations ce dimanche 21 juin et que nous les reprendrons le lundi 7 septembre. Nous vous remercions de nous avoir lu durant toute cette année et nous espérons vous revoir en septembre. Bonnes vacances et que Dieu vous accompagne ! Alice (celle qui prête sa voix aux méditations), Ange-Lydie, Barbara, Colette, Halyna, Lucille, Marie-Emmanuel, Martial, Paolo, Stéfan et Vincent« Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux ». Nous voilà placés devant la justice de Dieu, non pas celle des humains mais celle que le Christ a apportée sur la terre. Et personnellement, je trouve que saint Paul a exprimé ce mystère de justice de manière admirable : « Mais pour moi, je ne suis fier de rien, sinon de la croix de notre Adôn Iéshoua‘, le messie, sur laquelle l’univers a été crucifié pour moi et moi pour l’univers » (Ga 6, 14 – Chouraqui).Saint Paul nous rappelle l’humilité radicale de la Croix devant laquelle toutes les fiertés de nos justices visant notre prochain ne peuvent tenir, avec leurs colères, leurs insultes et leurs accusations de folie ou autres. Aucune d’elles ne peut être une offrande à présenter à l’autel, car, sur cet autel de la Croix, où le Fils se livre par Amour, « l’univers a été crucifié pour moi et moi pour l’univers ». Nous ne pouvons réellement ici être « fiers de rien ». Tout l’univers avec ses grandeurs mais aussi avec ses péchés et ses souffrances et tous ses semblants de justice a été crucifié, transpercé par l’Amour.Comment peut-on encore retenir quelque chose contre quelqu’un quand tout a été transfiguré au prix d’une souffrance infinie ? Nos nuits sont bien petites à côté de Celle de Dieu. Elles ne sont qu’une goutte dans Celle de Dieu mais, grâce insigne, devenues une part lumineuse déversée sur le monde.Chacun.e de nous a été crucifié.e avec le Christ. Tout participe de la fierté de sa Croix, de la fierté de son Amour pour l’humain, d’un Amour qui ne compte pas, ne mesure pas mais demande de pardonner soixante-dix fois sept fois. Cette fierté divine détourne notre regard de nous-mêmes pour le tourner vers chaque humain, car telle est la contemplation de Dieu. Dès la création et dès le moment que l’humain a été façonné de mains divines, Dieu n’a pu détourner son regard de nous. Il est bouleversé par tout ce qui nous atteint, même l’insulte.Nous sommes le cœur de sa prière, le cœur de son Amour. Si le mal que nous nous faisons le transperce, il nous demande seulement que tous nos regards le contemplent en tout et en toutes et tous. Il nous demande à notre tour de le crucifier d’Amour par cette justice qu’Il nous a laissée.

  23. 701

    Remplir de Sa Présence – Méditation du mercredi 10 juin 2026

    Évangile du mercredi 10 juin 2026 – 10ème Semaine du Temps Ordinaire« Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir » (Mt 5, 17-19)    En ce temps-là,Jésus disait à ses disciples :    « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes :je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.    Amen, je vous le dis :Avant que le ciel et la terre disparaissent,pas un seul iota, pas un seul traitne disparaîtra de la Loijusqu’à ce que tout se réalise.    Donc, celui qui rejetteraun seul de ces plus petits commandements,et qui enseignera aux hommes à faire ainsi,sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux.Mais celui qui les observera et les enseignera,celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »Veuillez noter que nous terminerons nos méditations ce dimanche 21 juin et que nous les reprendrons le lundi 7 septembre. Nous vous remercions de nous avoir lu durant toute cette année et nous espérons vous revoir en septembre. Bonnes vacances et que Dieu vous accompagne ! Alice (celle qui prête sa voix aux méditations), Ange-Lydie, Barbara, Colette, Halyna, Lucille, Marie-Emmanuel, Martial, Paolo, Stéfan et VincentUne femme sort d’une bouche du métro et longe l’avenue qui s’étire. Dans le froid piquant, elle suit l’éclairage public. Progressant d’un point lumineux à l’autre, elle s’enfile dans un immeuble qui l’absorbe. Fatiguée de sa journée de travail, elle monte dans l’ascenseur qui l’avale. Puis, dans son appartement, elle prépare le dîner. Sa petite fille, qui a attendu sa mère depuis son retour de l’école, éparpille ses jouets dans la chambre. Elle gambade avec ses licornes en peluche rose. Le dîner préparé, la mère commande à sa fille de mettre de l’ordre dans sa chambre : « Tu ne viendras pas manger tant que tu n’auras pas rangé ta chambre ! » D’un coup, la bulle imaginaire qu’avait tissé le jeu se crève ! Quel choc ! Retombée de son rêve, la fillette se redresse ; elle regarde les jouets en débâcle sur la moquette. Devant le désastre, l’enfant s’effondre en sanglots. La mère a prononcé la loi, mais la loi qui fixe l’idéal ne procure pas l’énergie de l’atteindre. Comment accomplir la loi ? La mère accompagne son enfant : « Allons… ma chérie… viens… je vais t’aider à ranger ta chambre. » La mère vient. Elle aide son enfant à ranger la chambre, jouet après jouet. Que manquait-il à la Loi ? Une présence… Jésus déclare à ses disciples qu’il n’est pas « venu abolir, mais accomplir. » Abolir consiste à supprimer un régime juridique, abroger la validité d’une règle en vigueur. Que signifie accomplir ? Ce que l’on traduit par « accomplir » correspond au verbe grec « plèroun » qui signifie également « remplir ». Dans la pèche miraculeuse, Jésus combla les pécheurs étonnés. Jésus a rempli : « Ils vinrent et remplirent les deux barques, au point qu'elles s’enfonçaient. » (Lc 5,7). De quoi Jésus remplit-Il la barque de nos existences ? De Sa Présence !Comment Jésus mène-t-il à sa perfection « la Loi ou les Prophètes » ? Pour Jésus, accomplir la Loi, c’est de rejoindre l’homme. Dieu s’incarne. Il ne délègue pas un ange. Jésus vient. Jésus se déplace et remplit de Sa présence divine nos sensations humaines, notre corps et nos expériences de vie. Il fait un détour pour être présent à la Samaritaine. Il se rend à Béthanie auprès de Marthe et Marie en deuil. La mort ne parvient pas à éloigner Jésus de ceux qu’Il aime. La Loi commande ce qui est juste sans donner la force d’accomplir la justice. Moïse avait bien senti que la faiblesse du peuple en marche : « Est-ce moi qui ai conçu tout ce peuple, est-ce moi qui l’ai enfanté, pour que tu me dises : “Comme on porte un nourrisson, porte ce peuple dans tes bras jusqu’au pays que j’ai juré de donner à tes pères” » (Nb 11,12)

  24. 700

    Notre lumière – Méditation du mardi 9 juin 2026

    Évangile du mardi 9 juin 2026 – 10ème Semaine du Temps Ordinaire« Vous êtes le sel de la terre. » (Mt 5, 13-16)En ce temps-là,Jésus disait à ses disciples :    « Vous êtes le sel de la terre.Mais si le sel devient fade,comment lui rendre de la saveur ?Il ne vaut plus rien :on le jette dehors et il est piétiné par les gens.    Vous êtes la lumière du monde.Une ville située sur une montagnene peut être cachée.    Et l’on n’allume pas une lampepour la mettre sous le boisseau ;on la met sur le lampadaire,et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.    De même, que votre lumière brille devant les hommes :alors, voyant ce que vous faites de bien,ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »Veuillez noter que nous terminerons nos méditations ce dimanche 21 juin et que nous les reprendrons le lundi 7 septembre. Nous vous remercions de nous avoir lu durant toute cette année et nous espérons vous revoir en septembre. Bonnes vacances et que Dieu vous accompagne ! Alice (celle qui prête sa voix aux méditations), Ange-Lydie, Barbara, Colette, Halyna, Lucille, Marie-Emmanuel, Martial, Paolo, Stéfan et VincentJe reprendrais particulièrement l’expression utilisée par Jésus « Vous êtes la lumière du monde »… Comme nous avons besoin de cette lumière dans le monde si ténébreux ! Nous avons parfois l’impression que nous sommes dans un tunnel profond, où seule la haine fait loi. Tant de conflits où l’injustice règne de manière accablante, la cruauté semble devenue maîtresse, et où les plus petits ne peuvent que subir, et subir encore. Les actualités nous montrent chaque jour combien la lumière de Jésus ne règne pas dans les décisions des « grands «  de ce monde. Et devant cette réalité que pouvons-nous faire ? Nous désespérer ? Nous scandaliser devant ces attitudes cédant à la toute-puissance de certains ego démesurés ? Jésus révèle à ses disciples une vocation extraordinaire, en les invitant à être le « sel de la terre », à donner de la « saveur » à l’humanité. Il n’invite pas les siens à se retirer du monde, en effet le sel doit être dans la nourriture pour être assimilé correctement, du sel « pur » est immangeable, Jésus dit même qu’il faut le jeter. Il nous invite donc, à leur suite, à être pleinement dans le monde, à nous engager, chacun selon notre vocation, et à ne pas nous retirer du monde. C’est au milieu des hommes que les disciples du Christ doivent rester, « Que votre lumière brille devant les hommes ». Cette lumière est nécessaire, et comment l’obtenir ? en faisant le bien, là où nous sommes, dans le monde de l’économie, de la politique, de l’art, etc… car c’est ainsi que les hommes rendront « gloire à notre Père qui est aux cieux ». Jésus nous donne à tous cette mission d’être lumière. Avant tout, notre mission n’est-elle pas de témoigner la joie de la vie lorsque nous « faisons le bien », dans notre réponse d’amour à l’amour du Père ?Jésus dit aussi dans ce passage que les hommes « rendront gloire à notre Père qui est au cieux », la gloire Lui revient, Il se révèle à travers nos actes lorsque nous faisons le bien. Dans le cœur de tout homme il y a cette aspiration profonde à chercher le bien, et chaque être humain sait reconnaître une présence de Dieu dans ce qui est beau, bon et vrai. Tout ce que nous pouvons faire en cohérence avec la vie de Dieu en nous, cette « lumière du monde », peut donc ouvrir une brèche dans le cœur de chaque homme. Personnellement, j’essaie de faire l’effort de reconnaître ce « bien » dans chaque personne, dont le premier aspect ne m’est pas forcément sympathique. Au-delà de l’aspect extérieur, ou d’une attitude dérangeante, j’essaie de voir ce qui est positif dans l’autre, à la plage avec quelques ados très bruyants, ou avec une personne malade qui me reçoit avec une mauvaise humeur évidente… j’essaie de supporter chacun avec patience, en les confiant à Dieu.

  25. 699

    Pleurer avec Dieu pour naître à la vie – Méditation du lundi 8 juin 2026

    Évangile du lundi 8 juin 2026 – 10ème Semaine du Temps Ordinaire« Heureux les pauvres de cœur » (Mt 5, 1-12)    En ce temps-là,    voyant les foules,Jésus gravit la montagne.Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.    Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait.Il disait :    « Heureux les pauvres de cœur,car le royaume des Cieux est à eux.    Heureux ceux qui pleurent,car ils seront consolés.    Heureux les doux,car ils recevront la terre en héritage.    Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice,car ils seront rassasiés.    Heureux les miséricordieux,car ils obtiendront miséricorde.    Heureux les cœurs purs,car ils verront Dieu.    Heureux les artisans de paix,car ils seront appelés fils de Dieu.    Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,car le royaume des Cieux est à eux.    Heureux êtes-vous si l’on vous insulte,si l’on vous persécuteet si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous,à cause de moi.    Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,car votre récompense est grande dans les cieux !C’est ainsi qu’on a persécutéles prophètes qui vous ont précédés. »Veuillez noter que nous terminerons nos méditations ce dimanche 21 juin et que nous les reprendrons le lundi 7 septembre. Nous vous remercions de nous avoir lu durant toute cette année et nous espérons vous revoir en septembre. Bonnes vacances et que Dieu vous accompagne ! Alice (celle qui prête sa voix aux méditations), Ange-Lydie, Barbara, Colette, Halyna, Lucille, Marie-Emmanuel, Martial, Paolo, Stéfan et Vincent« Heureux ceux qui pleurent… » Lue avec les yeux du monde, cette phrase compte parmi les plus absurdes et les plus cruelles. Comment ceux qui pleurent seraient-ils heureux ? Dans un monde qui chasse Dieu pour laisser entrer la guerre, le bonheur peut-il survivre ? Des cascades de chagrins s’écroulent d’une génération sur l’autre. Nous le lisons tous les jours dans les journaux : les générations antérieures lèguent leurs lots de haines aux enfants qui s’empressent de les cultiver et dans leurs plaies naissent des armes nouvelles. Le chagrin est une matière poisseuse qui colle le souffle des mots, il éteint la vérité des voix. Les gens se frôlent sans se parler et les bouches qui s’ouvrent ne forment aucune parole. Aucun sens ne parvient aux oreilles de ceux qu’ils côtoient. La violence surgit toute armée d’un silence mort. L’écrivain Louis-Ferdinand CÉLINE a décrit cet effondrement qui absorbe la parole du malheureux : « Autant pas se faire d'illusion, les gens n'ont rien à se dire, ils ne se parlent que de leurs peines à eux chacun, c'est entendu. Chacun pour soi, la terre pour tous. Ils essayent de s'en débarrasser de leur peine, sur l'autre, au moment de l'amour, mais alors ça ne marche pas et ils ont beau faire, ils la gardent tout entière leur peine, et ils recommencent, ils essayent encore une fois de la placer. » (1)Cette exhalaison sans mots et sans paroles… Dieu ne s’en moque pas ! Dieu voit (Ex 3,7). Ce souffle coupé par la douleur… Dieu le recueille. Expulsé par les violences, Dieu se retire dans un lieu secret pour pleurer. Le prophète Jérémie révèle que l’arrogance des méchants bouleverse le Très-Haut : « Et si vous n'écoutez pas, dans des lieux secrets, mon âme pleurera à cause de l'arrogance et mes yeux seront inondés et se répandront en larmes, puisque le troupeau de l'Éternel aura été capturé. » (Jr 13,17) (2). Ce langage émotionnel ne conduit pas vers un apitoiement désespéré. Au contraire, les larmes de Dieu disent que la « descente de la Parole de Dieu en proximité des hommes, ne s'impose pas avec insistance, force et violence : elle dépend de la capacité d’écoute propre à chacun, de sa disponibilité et de son empressement à interroger ce Verbe avec une intelligence qui ne s'offense pas d'être nourrie par la sève émotionnelle conférant à la vie de chacun un goût unique. » (3)

  26. 698

    Quand l’Amour descend dans notre pain ! – Méditation du dimanche 7 juin 2026

    Évangile du dimanche 7 juin 2026 – Le Saint Sacrement du corps et du sang du Christ« Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson » (Jn 6, 51-58)    En ce temps-là,Jésus disait aux foules des Juifs :    « Moi, je suis le pain vivant,qui est descendu du ciel :si quelqu’un mange de ce pain,il vivra éternellement.Le pain que je donnerai, c’est ma chair,donnée pour la vie du monde. »    Les Juifs se querellaient entre eux :« Comment celui-làpeut-il nous donner sa chair à manger ? »    Jésus leur dit alors :« Amen, amen, je vous le dis :si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme,et si vous ne buvez pas son sang,vous n’avez pas la vie en vous.    Celui qui mange ma chair et boit mon sanga la vie éternelle ;et moi, je le ressusciterai au dernier jour.    En effet, ma chair est la vraie nourriture,et mon sang est la vraie boisson.    Celui qui mange ma chair et boit mon sangdemeure en moi,et moi, je demeure en lui.    De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé,et que moi je vis par le Père,de même celui qui me mange,lui aussi vivra par moi.    Tel est le pain qui est descendu du ciel :il n’est pas comme celui que les pères ont mangé.Eux, ils sont morts ;celui qui mange ce painvivra éternellement. »Veuillez noter que nous terminerons nos méditations ce dimanche 21 juin et que nous les reprendrons le lundi 7 septembre. Nous vous remercions de nous avoir lu durant toute cette année et nous espérons vous revoir en septembre. Bonnes vacances et que Dieu vous accompagne ! Alice (celle qui prête sa voix aux méditations), Ange-Lydie, Barbara, Colette, Halyna, Lucille, Marie-Emmanuel, Martial, Paolo, Stéfan et VincentAlors que nous voulons parfois fuir le réel si limité, et à d’autres jours, nous y enfouir, nous faisons aussi l’expérience que l’amour habite la crèche de nos gestes les plus humbles, saisissant parfois avec surprise, dans la chaude mémoire des rencontres, que l’éternité a fait son chemin dans l’éphémère et le passager.Comment Jésus pouvait-il exprimer la pérennité de son Amour qui embrassait l’Humanité de tous les temps alors même qu’Il approchait de sa mort ? Manger sa chair ? Boire son sang ? Sa Parole nous heurte de plein fouet, nous provoquant à quitter la saisie d’une compréhension rationnelle pour que nous plongions dans le Mystère de son Être.À travers ces signes tangibles que sont le pain et le vin, le Christ vient écrire son Amour en notre Histoire et en notre vie..Comment Jésus transmettra-t-il son Amour même au-delà de la mort qui Le fera disparaître ?C’est à cette question qu’une maman était confrontée en regard de son amour pour sa fille...Elle avait reçu le verdict d’un cancer foudroyant... Elle savait qu’elle allait bientôt mourir et que le temps était compté... À l’occasion d’un moment où elle était seule, elle avait demandé à sa fille de 11 ans de venir la rejoindre dans sa chambre, en lui demandant de s’assoir sur son lit. La jeune fille ne savait pas trop pourquoi sa maman l’appelait... Elle s’assoit à côté de sa mère qui, doucement, prend la parole.« Tu sais que je suis malade... je suis allée à l’hôpital plusieurs fois pour des traitements... Tu sais que j’ai le cancer et que ma situation de santé se dégrade... Tu vois bien aussi que je suis de plus en plus faible... Je sais... que je vais bientôt mourir... »Les seules paroles de la jeune fille étaient ses larmes sur son visage... Sa maman lui tenait la main et continuait de poser ses yeux sur elle... Après un léger temps de silence, elle continua...« Tu sais combien gros je t’aime... et je t’aimerai toujours. Je sais que bientôt tu ne me verras plus... Mais je voudrais que toujours, peu importe où tu sois et ce que tu vivras, tu puisses te rappeler que mon amour t’accompagnera toujours... toujours... »Et la maman de détacher une petite chaîne avec une croix, qu’elle portait toujours sur elle, à son cou...

  27. 697

    Un œil sain invité à la salle du Trésor – Méditation du samedi 6 juin 2026

    Évangile du samedi 6 juin 2026 – 9ème Semaine du Temps Ordinaire« Cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres » (Mc 12, 38-44)En ce temps-là,    dans son enseignement, Jésus disait :« Méfiez-vous des scribes,qui tiennent à se promener en vêtements d’apparatet qui aiment les salutations sur les places publiques,    les sièges d’honneur dans les synagogues,et les places d’honneur dans les dîners.    Ils dévorent les biens des veuveset, pour l’apparence, ils font de longues prières :ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »    Jésus s’était assis dans le Templeen face de la salle du trésor,et regardait comment la foule y mettait de l’argent.Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes.    Une pauvre veuve s’avançaet mit deux petites pièces de monnaie.    Jésus appela ses disciples et leur déclara :« Amen, je vous le dis :cette pauvre veuve a mis dans le Trésorplus que tous les autres.    Car tous, ils ont pris sur leur superflu,mais elle, elle a pris sur son indigence :elle a mis tout ce qu’elle possédait,tout ce qu’elle avait pour vivre. »Veuillez noter que nous terminerons nos méditations ce dimanche 21 juin et que nous les reprendrons le lundi 7 septembre. Nous vous remercions de nous avoir lu durant toute cette année et nous espérons vous revoir en septembre. Bonnes vacances et que Dieu vous accompagne ! Alice (celle qui prête sa voix aux méditations), Ange-Lydie, Barbara, Colette, Halyna, Lucille, Marie-Emmanuel, Martial, Paolo, Stéfan et VincentNous voici disponibles : accueillons une autre page d’Évangile où Jésus aiguise notre regard, notre discernement…« Méfiez-vous des scribes… » qui se laissent mener par l’orgueil…Dans un premier temps, méfions-nous des scribes qui peuvent infiltrer notre cœur :Ces parties de nous qui parfois nous amènent à vivre dépendants du regard des autres, de ce qu’ils pourraient dire ou penser, nous volant ainsi notre liberté profonde d’être nous-mêmes…Méfions-nous de cet orgueil qui aujourd’hui, pourrait nous faire vivre en fonction des « Like » sur les réseaux sociaux, ou de toute autre forme extérieure qui nous donnerait le droit d’exister…Dans un deuxième temps,Méfions-nous des influenceurs plus soucieux de leur portefeuille et de la reconnaissance de leur personne que du bien-être réel des personnes qu’ils prétendent servir…Méfions-nous de l’attraction exercée par des personnes qui vivent dans l’image, mettant la lumière sur leurs richesses démesurées, sur leur pouvoir, sur leur savoir…Méfions-nous des personnes qui sont en apparence très religieuses mais qui jugent les autres avec froideur, sans compassion, enfermées dans leur cœur de pierre, plus attachées à leurs pratiques religieuses qu’au Christ caché dans l’être humain en souffrance…Méfions-nous… Sachons discerner, non pour juger ou condamner, mais pour rester vigilants à vivre debout à partir de notre cœur profond, là où l’Esprit nous enseigne comment nous recevoir de Dieu, libres du regard des autres sur nous, fidèles à la liberté intérieure que Dieu seul nous donne…Que notre méfiance se vive non à partir de nos blessures de confiance mais à partir de la Lumière donnée dans le Temple intérieur…Parlant de temple, une fois de plus, l’Évangile nous présente Jésus dans le Temple. Aujourd’hui, il est assis devant la salle du trésor… Il observe… et Il invite à nouveau ses disciples à bien regarder…Ça peut paraître tellement impressionnant les gros billets… le superflu des richissimes…Lui, Jésus, voit celle que tous ignorent… cette pauvre veuve… et il nous dit : Regardez…Il voit qu’elle met son « quart de sou », sa pénurie, sa vie tout entière.1Il n’y a que Lui pour voir cela…Et Il reconnaît qu’elle a mis plus que tous les autres…Lui Fils de Dieu, Il peut voir la vraie valeur du don : Il a tout donné, ayant la condition de Dieu, (…) il s’est anéanti,(…) devenant semblable aux hommes (Ph2, 6-7)

  28. 696

    Amour commandé – Méditation du jeudi 4 juin 2026

    Évangile du jeudi 4 juin 2026 – 9ème Semaine du Temps Ordinaire« Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là » (Mc 12, 28b-34)En ce temps-là,    un scribe s’avança pour demander à Jésus :« Quel est le premier de tous les commandements ? »    Jésus lui fit cette réponse :« Voici le premier :Écoute, Israël :le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.    Tu aimeras le Seigneur ton Dieude tout ton cœur, de toute ton âme,de tout ton esprit et de toute ta force.    Et voici le second :Tu aimeras ton prochain comme toi-même.Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »    Le scribe reprit :« Fort bien, Maître,tu as dit vrai :Dieu est l’Uniqueet il n’y en a pas d’autre que lui.    L’aimer de tout son cœur,de toute son intelligence, de toute sa force,et aimer son prochain comme soi-même,vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »    Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit :« Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. »Et personne n’osait plus l’interroger.Veuillez noter que nous terminerons nos méditations ce dimanche 21 juin et que nous les reprendrons le lundi 7 septembre. Nous vous remercions de nous avoir lu durant toute cette année et nous espérons vous revoir en septembre. Bonnes vacances et que Dieu vous accompagne ! Alice (celle qui prête sa voix aux méditations), Ange-Lydie, Barbara, Colette, Halyna, Marie-Emmanuel, Martial, Paolo, Stéfan et VincentVoici maintenant qu’un scribe, impressionné par la réponse de Jésus aux sadducéens, lui demande : « Quel est le premier de tous les commandements ? » C’est comme si cette question lui était « commandée » de l’intérieur par son cœur juste et bon.Car le commandement qu’il recherche est un anti-commandement, car l’Amour ne se commande pas. Se placer de cœur au lieu de cet Amour de Dieu et du prochain, c’est découvrir un espace de liberté, nécessaire à l’Amour, et où tout jaillit gratuitement. Dans ce monde, nous connaissons l’amour qui a un prix, un amour en contraintes et obligations, auxquelles il nous faut répondre au prix de la haine.Ce lieu de liberté est au lieu même de cette Parole que nous avons méditée il y a deux jours, une Parole qui veut nous faire participer à son Amour du Père et qui surgit toujours comme un commencement, une création nouvelle. En cette Parole, il n’y a aucun amour figé mais l’éternel jaillissement d’un Amour qui s’invente dans une surprenance infinie. C’est cette Parole et cet Amour qui sont à l’origine de tout, de la création comme de l’humain, et qui reconduisent tout au Père.Ce commandement qui est la Parole même n’est pas un édit extérieur mais renvoie à la nature et à l’essence même de l’Ê(ê)tre. Tout ce qui existe est appelé à cet Amour et, donc, à vivre en le Fils l’Alliance au Père dans l’Esprit. Ce commandement n’est donc pas quelque chose que l’on doit atteindre mais l’essence même de notre être à laquelle nous sommes appelés à nous abandonner entièrement. Plus nous descendons au plan du cœur, plus cet appel se fait pressant et veut nous saisir par chaque fibre de notre être.C’est, à ce titre, l’anti-commandement de nos violences auxquelles nous ne pouvons nous soustraire par nous-mêmes, car le mal nous l'exige. Le mal en nous porte un commandement qui étouffe toute liberté en nous et nous oblige à commettre le mal que nous ne voulons pas. Nous en sommes les esclaves au point que nous disparaissons devant ses exigences. Et ici il n’y a aucune création, bien au contraire, le mal cherche à effacer la vie en nous et veut nous détruire de même que l’A(a)utre.Le vrai commandement de l’Amour, qui ne peut être que l’embrassement ou l’unité du Divin et de l’humain, forgé comme un seul commandement, ne peut que nous resituer en ce lieu où la Parole crée et engendre et nous donne de naître à notre mystère.

  29. 695

    Un amour, un ange et un chien – Méditation du mercredi 3 juin 2026

    Évangile du mercredi 3 juin 2026 – 9ème Semaine du Temps Ordinaire« Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants » (Mc 12, 18-27)En ce temps-là,    des sadducéens– ceux qui affirment qu’il n’y a pas de résurrection –vinrent trouver Jésus.Ils l’interrogeaient :    « Maître, Moïse nous a prescrit :Si un homme a un frère qui meurten laissant une femme, mais aucun enfant,il doit épouser la veuvepour susciter une descendance à son frère.    Il y avait sept frères ;le premier se maria,et mourut sans laisser de descendance.    Le deuxième épousa la veuve,et mourut sans laisser de descendance.Le troisième pareillement.    Et aucun des sept ne laissa de descendance.Et en dernier, après eux tous, la femme mourut aussi.    À la résurrection, quand ils ressusciteront,duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse,puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »    Jésus leur dit :« N’êtes-vous pas en train de vous égarer,en méconnaissant les Écritures et la puissance de Dieu ?    Lorsqu’on ressuscite d’entre les morts,on ne prend ni femme ni mari,mais on est comme les anges dans les cieux.    Et sur le fait que les morts ressuscitent,n’avez-vous pas lu dans le livre de Moïse,au récit du buisson ardent,comment Dieu lui a dit :Moi, je suis le Dieu d’Abraham,le Dieu d’Isaac,le Dieu de Jacob ?    Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants.Vous vous égarez complètement. »Veuillez noter que nous terminerons nos méditations ce dimanche 21 juin et que nous les reprendrons le lundi 7 septembre. Nous vous remercions de nous avoir lu durant toute cette année et nous espérons vous revoir en septembre. Bonnes vacances et que Dieu vous accompagne ! Alice (celle qui prête sa voix aux méditations), Ange-Lydie, Barbara, Colette, Halyna, Marie-Emmanuel, Martial, Paolo, Stéfan et VincentLa semaine dernière, la liturgie nous invitait à méditer l’incompréhension des fils de Zébédée devant l’annonce des souffrances du Messie. Aujourd’hui, c’est l’incompréhension des Sadducéens devant la résurrection des morts qui retient notre attention. La croix et la résurrection suscitent deux incompréhensions symétriques. Les Sadducéens, « ceux qui affirment qu’il n’y a pas de résurrection », inventent une histoire qui met en scène le malheur d’une femme, sept fois veuve, comme modèle d’une vie accablée par la mort. « À la résurrection, quand ils ressusciteront, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? » L’anecdote présentée à Jésus par les Sadducéens rappelle le Livre de Tobie qui raconte l'histoire de Sara, jeune fille mariée sept fois, et dont le démon Asmodée fit mourir tour à tour chacun de ses sept maris lors de la nuit de noces (Tb 3,8).Sept fois veuve… que la vie peut être violente ! L’amour s’écrase sept fois contre le mur de la mort… Dans cette anecdote, les Sadducéens se saisissent des éclats tranchants d’une vie brisée pour poser des limites à la fécondité et à la puissance de Dieu. Il est vrai qu’au regard de la corruption des tombeaux, la résurrection des morts est une proposition insensée. « Dieu est mort » (1) disait Nietzsche ou, ce qui revient au même, « la Mort est Dieu » (2).Pourtant, le Livre de Tobie ouvre une espérance. En effet, Tobie, accompagné par l'archange Raphaël, voyage jusqu'à la ville où habite Sara. Sur les conseils de l’ange, Tobie épouse Sara. Puis, le jeune homme —affrontant par amour le risque de la mort— suit les conseils de Raphaël qui parviennent à faire fuir le démon (Tb 8,3). Sara délivrée, Tobie vivant, le jeune couple se réjouit ! Le nom porté par l’ange Raphael signifie « Dieu guérit » : c’est le signe de l’intervention thérapeutique de Dieu dans le monde.

  30. 694

    Tout nous vient de Dieu et tout retourne à Dieu – Méditation du mardi 2 juin 2026

    Évangile du mardi 2 juin 2026 – 9ème Semaine du Temps Ordinaire« Ce qui est à César, rendez-le à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » (Mc 12, 13-17)En ce temps-là,    on envoya à Jésus des pharisiens et des partisans d’Hérodepour lui tendre un piège en le faisant parler,    et ceux-ci vinrent lui dire :« Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ;tu ne te laisses influencer par personne,car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens,mais tu enseignes le chemin de Dieu selon la vérité.Est-il permis, oui ou non,de payer l’impôt à César, l’empereur ?Devons-nous payer, oui ou non ? »    Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit :« Pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ?Faites-moi voir une pièce d’argent. »    Ils en apportèrent une,et Jésus leur dit :« Cette effigie et cette inscription,de qui sont-elles ?– De César », répondent-ils.    Jésus leur dit :« Ce qui est à César, rendez-le à César,et à Dieu ce qui est à Dieu. »Et ils étaient remplis d’étonnement à son sujet.Veuillez noter que nous terminerons nos méditations ce dimanche 21 juin et que nous les reprendrons le lundi 7 septembre. Nous vous remercions de nous avoir lu durant toute cette année et nous espérons vous revoir en septembre. Bonnes vacances et que Dieu vous accompagne ! Alice (celle qui prête sa voix aux méditations), Ange-Lydie, Barbara, Colette, Halyna, Marie-Emmanuel, Martial, Paolo, Stéfan et VincentDans ce texte de l’Évangile, on mentionne que les pharisiens et les hérodiens tendent de piéger Jésus en le faisant parler sur un sujet très épineux de l’époque, soit les tarifs à payer à l’envahisseur romain.Pour les juifs, tout ce qui venait des Romains incluant leur monnaie, leurs lois et coutumes, ainsi que leurs croyances religieuses étaient considérées comme quelque chose de malsain et de païen. Malheureusement pour le peuple juif, l’argent identifié à l’effigie de l’Empereur était la seule monnaie d’échange accepté par Rome sur tous les territoires occupés. Or, il était accepté, par la majorité des juifs, de tout faire pour ne pas payer les impôts imposés par les collecteurs en signe de contestation, puisqu’ils payaient déjà des redevances au Temple pour les besoins de la communauté.On comprend mieux à quoi Jésus était exposé par la question qui Lui était adressée par les instances religieuses. En répondant qu’ils ne devaient pas payer l’impôt à César, Il s’exposait à des réprimandes sévères des autorités romaines en place et, s’Il disait le contraire, Il se mettait à dos tout le peuple juif qui essayait par tous les moyens de ne pas enrichir les Romains du fruit de leur travail.Ce que va dire Jésus relève d’une droiture d’esprit, pour ne pas dire de l’Esprit. Il va d’abord faire la lumière sur la situation en signifiant à ses demandeurs qu’Il connaît très bien leur vraie intention et qui la juge malsaine. Par le fait même, Il leur dit qu’Il n’accepte pas d’être glorifié par leurs flatteries malveillantes.De plus, Il refuse de faire connivence avec le mal qui semble s’être glissé parmi le peuple, et Il s’abstient d’ajouter du mal par-dessus le mal, car Il aurait pu être beaucoup plus mordant contre les gens qui cherchaient à la piéger. Il va plutôt choisir d’apporter un éclairage nouveau et un enseignement grâce à l’occasion qui Lui est donnée de s’adresser au peuple d’Israël.« Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Une réponse qui fait encore échos aujourd’hui. Rendez, c’est-à-dire restituer ou redonner à son propriétaire ce qui lui appartient.

  31. 693

    Dieu part en voyage pour que nous prenions la route – Méditation du lundi 1 juin 2026

    Évangile du lundi 1 juin 2026 – 9ème Semaine du Temps Ordinaire« Ils se saisirent du fils bien-aimé, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne » (Mc 12, 1-12)En ce temps-là,    Jésus se mit à parler en parabolesaux chefs des prêtres, aux scribes et aux anciens :« Un homme planta une vigne,il l’entoura d’une clôture,y creusa un pressoiret y bâtit une tour de garde.Puis il loua cette vigne à des vignerons,et partit en voyage.        Le moment venu, il envoya un serviteur auprès des vigneronspour se faire remettre par euxce qui lui revenait des fruits de la vigne.        Mais les vignerons se saisirent du serviteur,le frappèrent, et le renvoyèrent les mains vides.        De nouveau, il leur envoya un autre serviteur ;et celui-là, ils l’assommèrent et l’humilièrent.        Il en envoya encore un autre,et celui-là, ils le tuèrent ;puis beaucoup d’autres serviteurs :ils frappèrent les uns et tuèrent les autres.        Il lui restait encore quelqu’un : son fils bien-aimé.Il l’envoya vers eux en dernier, en se disant :“Ils respecteront mon fils.”        Mais ces vignerons-là se dirent entre eux :“Voici l’héritier :allons-y ! tuons-le,et l’héritage va être à nous !”         Ils se saisirent de lui, le tuèrent,et le jetèrent hors de la vigne.        Que fera le maître de la vigne ?Il viendra,fera périr les vignerons,et donnera la vigne à d’autres.        N’avez-vous pas lu ce passage de l’Écriture ?La pierre qu’ont rejetée les bâtisseursest devenue la pierre d’angle :        c’est là l’œuvre du Seigneur,la merveille devant nos yeux ! »    Les chefs du peuple cherchaient à arrêter Jésus,mais ils eurent peur de la foule.– Ils avaient bien compris en effetqu’il avait dit la parabole à leur intention.Ils le laissèrent donc et s’en allèrent.Veuillez noter que nous terminerons nos méditations ce dimanche 21 juin et que nous les reprendrons le lundi 7 septembre. Nous vous remercions de nous avoir lu durant toute cette année et nous espérons vous revoir en septembre. Bonnes vacances et que Dieu vous accompagne ! Alice (celle qui prête sa voix aux méditations), Ange-Lydie, Barbara, Colette, Halyna, Marie-Emmanuel, Martial, Paolo, Stéfan et VincentLes vignobles de l’Antiquité étaient entretenus selon la culture en hautain : chaque pied de vigne était marié à un arbre fruitier qui lui servait de tuteur. Les sarments de la vigne, contraints à prendre de la hauteur en s’accrochant aux branches de l’arbre fruitier, se dégageaient d’un sol moins lumineux. En montant vers la lumière, la vigne participait à sa propre croissance. Devenu tuteur, l’arbre bien taillé permettait à des légumes de prospérer à ses pieds. Cette culture en hautain fournissait une récolte diversifiée, symbole de la richesse de la grâce. L’image du vignoble présente le don bienveillant de Dieu et la méfiance des hommes. Par exemple, au sortir du désert, avant que le peuple ne pénétrât en Terre Promise, Moïse envoya douze explorateurs. Dieu serait-il aussi véridique que Moïse l’avait dit ? Ces pionniers représentant Israël en revinrent portant le signe de l’abondance promise par Dieu : « ils y coupèrent un sarment et une grappe de raisin qu'ils emportèrent à deux, sur une perche, ainsi que des grenades et des figues. » (Nb 13,23). Plus tard, sous le roi Salomon, le mariage de la vigne et des figuiers représentait l’harmonie entre les royaumes : « Juda et Israël (…) habitèrent en sécurité, chacun au milieu de ses vignes et de ses figuiers » (1 R 5,5). Ces deux royaumes ne tardèrent pas à se diviser…Les cultivateurs payaient au propriétaire un loyer qui reconnaissait une dette et exprimait une gratitude. Cette image symbolise la fructification de la grâce confiée à la gérance des hommes. Le Père qui cède Sa création en location attend le paiement d’un loyer, de telle sorte que chacun puisse considérer sa tâche humaine comme une mission reçue de Dieu.

  32. 692

    Il ne veut tellement pas nous perdre ! – Méditation du dimanche 31 mai 2026

    Évangile du dimanche 31 mai 2026 – La Sainte Trinité« Dieu a envoyé son Fils, pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jn 3, 16-18)Dieu a tellement aimé le mondequ’il a donné son Fils unique,afin que quiconque croit en lui ne se perde pas,mais obtienne la vie éternelle.    Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde,non pas pour juger le monde,mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.    Celui qui croit en lui échappe au Jugement ;celui qui ne croit pas est déjà jugé,du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.Que d’élan vers nous ! Dieu qui fait don de son Fils unique pour que nous puissions obtenir la vie éternelle et que par Lui, nous soyons sauvés. C’est à travers l’expression du Fils que nous découvrons le Cœur du Père, et dans l’élan où ne respire aucun repli sur soi, l’Esprit se manifeste comme ce Souffle qui vient jusqu’à nous. Ce Dieu qui est Amour se révèle sans tambour ni trompette, simplement en descendant à notre rencontre, sans bruit, non pas pour se taire et rester silencieux... sans bruit parasite... Il s’efface et se désapproprie de Lui-même dans l’élan où Il se consume pour nous.Il ne se regarde pas... Son regard est tout entier tourné vers nous... Il entre dans cette vulnérabilité de n’être qu’élan vers nous, à la merci de notre réponse... de notre accueil ou de notre refus... de notre indifférence ou de notre distraction... Que peut faire la plus belle musique à celui que ne l’écoute pas ? Que peut faire la plus belle œuvre d’art pour une personne distraite ?Je me souviens d’une maman qui avait invité son fils à manger... elle connaissait bien ses goûts et, dans l’amour qu’elle voulait lui manifester, elle s’était appliquée à préparer avec soin le repas que son amour avait « mijoté » à feu doux, depuis déjà plusieurs jours. Le fils arrive, il s’assoit à la table... La soupe qu’il aimait tant était servie, avec la chaleur de l’amour caché dans l’initiative où respirait l’amour de sa mère pour lui. Le repas était à peine commencé que le fils de lui dire : « Maman, ta soupe manque de sel !!! ». C’est ce qu’on appelle, passer à côté en étant aveugle de l’amour pourtant incarné dans la proximité la plus grande et la plus simple... dans l’expression la plus concrète, la plus proche, avec l’alphabet à la fois le plus familier et aussi le plus plein. Ce Mystère porté à l’Infini n’est-il pas déjà rayonnant au cœur de l’Eucharistie ? La Présence réelle est à l’opposé du bruit et de la publicité à travers lesquelles nous cherchons à apparaître et être remarqué. L’effacement et le silence, que nous interprétons faussement comme une absence, expriment justement ce détachement de Dieu en regard de Lui-même, se faisant tout élan vers nous. Il se fait pauvre en acceptant de déposer sa Vie entre nos mains.La fête de la Trinité nous replace non pas, devant un problème métaphysique, mais bien devant ce que nous n’aurons jamais fini de comprendre et d’accueillir : le Mystère inépuisable de l’Amour qu’est Dieu. Maurice Zundel employait une image pour nous aider à contempler ce Mystère : en entrant dans une demeure, on peut sentir le climat particulier que ses occupants ont voulu créer... Sans mot, on peut y sentir l’accueil, l’harmonie, la paix. Les relations établies entre les murs, les fenêtres, l’éclairage, les plantes, les tissus, les meubles, les couleurs et la décoration créent cette atmosphère que nous pouvons sentir et reconnaître en y entrant. Les mêmes éléments, placés pêle-mêle dans une garde-robe, ne disent plus rien, si ce n’est le chaos et le désordre. C’est la relation qui donne vie à cet au-delà de la matérialité à travers lequel respire l’âme de leur demeure, dont l’intériorité des personnes est l’artisane.Dieu ne se contemple pas Lui-même, Il n’est pas en quête de notre regard pour se nourrir de « like ». Il se dépossède de Lui-même et c’est la désappropriation qui marque la relation au sein même du Père, du Fils et de l’Esprit.

  33. 691

    Autorité libre  dans le  Temple – Méditation du samedi 30 mai 2026

    Évangile du samedi 30 mai 2026 – 8ème Semaine du Temps Ordinaire« Par quelle autorité fais-tu cela ? » (Mc 11, 27-33)En ce temps-là,    Jésus et ses disciples revinrent à Jérusalem.Et comme Jésus allait et venait dans le Temple,les grands prêtres, les scribes et les anciens vinrent le trouver.    Ils lui demandaient :« Par quelle autorité fais-tu cela ?Ou alors qui t’a donné cette autorité pour le faire ? »    Jésus leur dit :« Je vais vous poser une seule question.Répondez-moi,et je vous dirai par quelle autorité je fais cela.    Le baptême de Jeanvenait-il du ciel ou des hommes ?Répondez-moi. »    Ils se faisaient entre eux ce raisonnement :« Si nous disons : “Du ciel”,il va dire :“Pourquoi donc n’avez-vous pas cru à sa parole ?”     Mais allons-nous dire : “Des hommes” ? »Ils avaient peur de la foule,car tout le monde estimait que Jean était réellement un prophète.    Ils répondent donc à Jésus :« Nous ne savons pas ! »Alors Jésus leur dit :« Moi, je ne vous dis pas non pluspar quelle autorité je fais cela. »Un  des mouvements importants  dans  la  vie  de  Jésus : Il  va  et  Il vient… Au  bord  du  lac, sur les  routes  de Galilée, dans  les  synagogues,  à Jérusalem, chez  Marthe  et Marie,  Il  va  et  vient… Aujourd’hui, l’Évangile nous le  présente : il  va  et  vient dans le  Temple. Il  est  chez  Lui  aux  affaires  de  son Père, en union intime avec son Père : Mon Père est toujours  à l’œuvre et moi aussi  j’œuvre (Jn 5, 17) …   Et  quand  Jésus  va  et  vient  librement  dans le Temple, ce lieu  de prière devient  lieu  de libération, lieu  où  des  torrents  de  vie se  donnent  à  ceux  qui  viennent s’y  immerger, s’y mouiller ! En  ce lieu, temple  ou  synagogue, Jésus va et  vient  librement, en disciple   de  l’événement et  ce, souvent le jour  du  sabbat, devant  les  autorités  religieuses… Rappelons-nous : À Nazareth, on lui  tend  le  livre et il  lit « L’Esprit du Seigneur est sur moi (…)  et il leur  dit : ‘c'est aujourd'hui que s'accomplit cette parole.’ »(Lc 4, 18-19) :   Dans une  synagogue, l’homme à la main  atrophiée a  entendu : « Lève-toi, et tiens-toi debout, là au milieu. »   et il a été  guéri…(Lc 6, 6-11)  Cette femme adultère libérée  au milieu  du Temple : « Va  je ne  te condamne pas » (Jean 8,11) Ces  commerçants  témoins  de  sa  sainte  colère : « Ma maison sera appelée maison de prière. Or vous, vous en faites une caverne de bandits. » (Mt 21, 12-13) Ce  paralytique qu’il  rencontre  dans le Temple  après lui  avoir  dit :  « Lève-toi, prends ton brancard et  marche. » (Jn 5, 8) Oui… dans ce temple où Il va et  vient, Jésus veille et  œuvre au service de la libération de la vie !  Rappelons-nous que les autorités religieuses veillent aussi dans  ce  temple: « Quel est l’homme qui t’a dit : “Prends ton brancard, et marche” ? » (Jn 5,12) ont-ils demandé au paralytique.  Et  quel interrogatoire ils ont fait  vivre à l’aveugle-né et  à ses parents (Jean 9)… Aujourd'hui, l’Évangile nous les présente s’adressant  directement à Jésus :  « Par quelle autorité fais-tu cela ?Ou alors qui t’a donné cette autorité pour le faire ? »  Laissons-nous  interpeller par Jésus, situé dans son identité profonde : Il leur  donne la  direction : Il les retourne à leur cœur :  je vais vous poser une question, une seule parole1 : Le baptême de Jean venait-il du ciel ou des hommes ? S’il renvoie à Jean, c’est que Jean annonce Celui qui vient de Dieu.2 

  34. 690

    Un regard qui discerne – Méditation du vendredi 29 mai 2026

    Évangile du vendredi 29 mai 2026 – 8ème Semaine du Temps Ordinaire« Ma maison sera appelée maison de prière pour toutes les nations. Ayez foi en Dieu » (Mc 11, 11-25)Après son arrivée au milieu des acclamations de la foule,    Jésus entra à Jérusalem, dans le Temple.Il parcourut du regard toutes choseset, comme c’était déjà le soir,il sortit pour aller à Béthanie avec les Douze.    Le lendemain, quand ils quittèrent Béthanie,il eut faim.    Voyant de loin un figuier qui avait des feuilles,il alla voir s’il y trouverait quelque chose ;mais, en s’approchant, il ne trouva que des feuilles,car ce n’était pas la saison des figues.    Alors il dit au figuier :« Que jamais plus personne ne mange de tes fruits ! »Et ses disciples avaient bien entendu.    Ils arrivèrent à Jérusalem.Entré dans le Temple, Jésus se mit à expulserceux qui vendaient et ceux qui achetaient dans le Temple.Il renversa les comptoirs des changeurset les sièges des marchands de colombes,    et il ne laissait personne transporter quoi que ce soità travers le Temple.    Il enseignait, et il déclarait aux gens :« L’Écriture ne dit-elle pas :Ma maison sera appeléemaison de prière pour toutes les nations ?Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. »    Apprenant cela, les grands prêtres et les scribescherchaient comment le faire périr.En effet, ils avaient peur de lui,car toute la foule était frappée par son enseignement.    Et quand le soir tomba,Jésus et ses disciples s’en allèrent hors de la ville.    Le lendemain matin, en passant,ils virent le figuier qui était desséché jusqu’aux racines.    Pierre, se rappelant ce qui s’était passé,dit à Jésus :« Rabbi, regarde :le figuier que tu as maudit est desséché. »    Alors Jésus, prenant la parole, leur dit :« Ayez foi en Dieu.    Amen, je vous le dis :quiconque dira à cette montagne :“Enlève-toi de là,et va te jeter dans la mer”,s’il ne doute pas dans son cœur,mais s’il croit que ce qu’il dit arrivera,cela lui sera accordé !    C’est pourquoi, je vous le dis :tout ce que vous demandez dans la prière,croyez que vous l’avez obtenu,et cela vous sera accordé.    Et quand vous vous tenez en prière,si vous avez quelque chose contre quelqu’un,pardonnez,afin que votre Père qui est aux cieuxvous pardonne aussi vos fautes. »Dans cette péricope, notre attention est appelée sur le regard que Jésus porte à ce qui l’entoure. Dans un premier temps, il entre à Jérusalem dans le temple, et l’évangéliste note : « il parcourut du regard toute chose ». Ce regard qui observe et enregistre est suivi d’une prise de distance : « comme c’était déjà le soir, il sortit pour aller à Béthanie ». Ce retrait, alors que la lumière décline, invite à la pause, à la réflexion intérieure.Prendre du recul face à ce que l’on perçoit est indispensable pour ne pas agir impulsivement, pour ne pas se laisser dominer par une émotion passagère ou un jugement hâtif. C’est un acte de sagesse spirituelle qui ouvre la voie à un discernement conscient. Le fruit de cette observation et de cette prise de distance se constate dès le lendemain : lorsque Jésus revient dans le temple, il entre en action en chassant les vendeurs, ainsi que leurs clients. Trois temps donc : un pour voir, un pour discerner, et un temps pour agir.Vient s’entremêler dans cette séquence une scène autour d’un figuier qui, elle aussi, se déroule en trois temps : un premier passage de Jésus et de ses apôtres, avec le besoin de se rassasier, et la déception de ne pas trouver de fruits sur un figuier prometteur. L’apparence était trompeuse. Cette fois, dans un deuxième temps, le jugement est immédiat : une condamnation qui peut sembler peu justifiée, car la saison de la récolte n’est pas encore venue.

  35. 689

    Entre l’honorable et le Divin – Méditation du jeudi 28 mai 2026

    Évangile du jeudi 28 mai 2026 – 8ème Semaine du Temps Ordinaire« Rabbouni, que je retrouve la vue ! » (Mc 10, 46b-52)En ce temps-là,    tandis que Jésus sortait de Jérichoavec ses disciples et une foule nombreuse,le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait,était assis au bord du chemin.    Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth,il se mit à crier :« Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! »    Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire,mais il criait de plus belle :« Fils de David, prends pitié de moi ! »    Jésus s’arrête et dit :« Appelez-le. »On appelle donc l’aveugle, et on lui dit :« Confiance, lève-toi ;il t’appelle. »    L’aveugle jeta son manteau,bondit et courut vers Jésus.    Prenant la parole, Jésus lui dit :« Que veux-tu que je fasse pour toi ? »L’aveugle lui dit :« Rabbouni, que je retrouve la vue ! »    Et Jésus lui dit :« Va, ta foi t’a sauvé. »Aussitôt l’homme retrouva la vue,et il suivait Jésus sur le chemin.L’Évangile d’aujourd’hui est une illustration formidable des conséquences des blessures sur notre vie humaine spirituelle et de la puissance de résurrection du Christ sur ces mêmes blessures. Combien d’enfants ont disparu devant leurs parents ?  Qu’ils sont devenus des fils ou des filles de Timée ? C’est-à-dire qu’ils n’ont pas pu devenir qui ils sont en découvrant leur véritable nom, car ils sont devenus les « fils ou filles (Bar) de l’honorable (Timée) », ou encore, parce qu’ils sont devenus les « fils ou filles du contaminé » (ces deux traductions du nom de Bartimée étant proposées dans une note dans la Bible d’André Chouraqui).Chez Chouraqui, les « esprits mauvais » de la Bible de Jérusalem sont traduits par « souffles contaminés », ce qui veut dire que Bartimée est vu comme « fils du mauvais, du contaminé ». C’est un fils donc qui est déformé par le mal et livré à ce mal. Et ce mal se précise par la deuxième traduction, signifiant que son père lui-même n’existe pas, car son identité lui est offerte par les honneurs. Un père qui n’existe que par le rôle qu’il occupe et les honneurs que lui apporte son rôle ne peut engendrer un fils à lui-même.Le fils ne peut exister, entrer dans sa propre identité, car il est là, lui aussi, pour donner honneur à son père, selon le rôle que ce dernier s’est créé. N’est-ce pas la nature même du mal, du Mauvais, que l’obligation d’abolir l’autre pour maintenir sa propre abolition ?  Car le péché, la source du mal, est toujours de vouloir « devenir comme un dieu » ou, pour le dire autrement, devenir ce que nous ne sommes pas pour espérer exister.Dans l’illusion de « devenir comme un dieu », nous renonçons à nous-mêmes et refusons du même coup la relation à Dieu, qui veut nous partager sa divinité. En jouant à dieu au lieu d’être divinisé par Dieu et naître à notre nom unique en Lui, nous sommes sans nom comme Bartimée et, par voie de conséquence, nous sommes incapables d’entrer en relation avec un A(a)utre; vivant dans l’abolition de soi, nous ne pouvons qu’abolir l’A(a)utre. Et toute notre vie nous mendions auprès de l’autre un « droit d’exister », d’avoir une place, d’être enfin reconnu pour soi.Ce jour-là, Bartimée, sachant que Jésus était là, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! » Il lui demande en fait de lui donner accès à ce qu’il n’a jamais pu toucher : son nom, son identité filiale unique. Alors en lui et autour de lui, il est « rabroué » par cette foule de gens qui l’ont maintenu dans l’abolition de lui-même. Ces derniers ne veulent pas qu’il existe, car cela les obligerait à se regarder eux-mêmes et prendre conscience qu’ils n’existent pas eux-mêmes. Mais le « fils de l’honorable » ou « le fils du contaminé » pressent en lui l’existence d’une autre réalité, et que, si cette identité a été abolie au cœur de la relation, il a besoin d’une relation au Tout-Autre pour exister dans son mystère, sa dignité et sa beauté. C’est pourquoi il crie à nouveau…

  36. 688

    Admirable échange – Méditation du mercredi 27 mai 2026

    Évangile du mercredi 27 mai 2026 – 8ème Semaine du Temps Ordinaire« Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré » (Mc 10, 32-45)En ce temps-là,    les disciples étaient en route pour monter à Jérusalem ;Jésus marchait devant eux ;ils étaient saisis de frayeur,et ceux qui suivaient étaient aussi dans la crainte.Prenant de nouveau les Douze auprès de lui,il se mit à leur dire ce qui allait lui arriver :    « Voici que nous montons à Jérusalem.Le Fils de l’homme sera livréaux grands prêtres et aux scribes ;ils le condamneront à mort,ils le livreront aux nations païennes,    qui se moqueront de lui, cracheront sur lui,le flagelleront et le tueront,et trois jours après, il ressuscitera. »    Alors, Jacques et Jean, les fils de Zébédée,s’approchent de Jésus et lui disent :« Maître, ce que nous allons te demander,nous voudrions que tu le fasses pour nous. »    Il leur dit :« Que voulez-vous que je fasse pour vous ? »    Ils lui répondirent :« Donne-nous de siéger,l’un à ta droite et l’autre à ta gauche,dans ta gloire. »    Jésus leur dit :« Vous ne savez pas ce que vous demandez.Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire,être baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé ? »    Ils lui dirent :« Nous le pouvons. »Jésus leur dit :« La coupe que je vais boire, vous la boirez ;et vous serez baptisés du baptêmedans lequel je vais être plongé.    Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche,ce n’est pas à moi de l’accorder ;il y a ceux pour qui cela est préparé. »    Les dix autres, qui avaient entendu,se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean.    Jésus les appela et leur dit :« Vous le savez :ceux que l’on regarde comme chefs des nationsles commandent en maîtres ;les grands leur font sentir leur pouvoir.    Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi.Celui qui veut devenir grand parmi voussera votre serviteur.    Celui qui veut être parmi vous le premiersera l’esclave de tous :    car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi,mais pour servir,et donner sa vie en rançon pour la multitude. »« Admirable échange »  « Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement. » (1) Deux choses échappent à notre regard et nous aveuglent : la surabondance de lumière et le gouffre obscur de la mort. Devant un cadavre, nous restons bêtes, stupéfiés. Devant le soleil, nous clignons des yeux éblouis de beauté. Celui qui voudrait penser sa propre mort et formulerait la phrase : « je suis mort » dirait une chose impensable ! En insistant un peu, il se verrait suivant son propre corbillard… quel paradoxe ! N’est-ce pas parce que nous ne sommes pas faits pour la mort ! (Ez 18,32) « Dieu n'a pas fait la mort, et il n'éprouve pas de joie de la perte des vivants. » (Sagesse 1,13). Nul ne peut accoler le « Je suis » dans lequel nous prenons conscience de notre existence à la mort qui détruit. Le « Je suis », Nom divin révélé à Moïse (Ex 3,14), est le Nom du Dieu des vivants et non des morts (Ex 3,6).   Faisant « route pour monter à Jérusalem », Jésus révèle aux disciples ce qui L’attend et comment Il accomplira Sa mission de Messie : « Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes ; ils le condamneront à mort. » Le « Je suis » divin que prononce le Christ à multiples reprises rencontre la mort ! Quel choc ! Quelle chose impensable ! C’est en traversant le mur infranchissable de la mort et de la haine que le Fils de l’homme accomplira la rédemption définitive de l’humanité. Jacques et Jean, dans leur naïveté ou dans leur ignorance, ne comprenaient pas ce qu’ils disaient. Leur incompréhension était peut-être une nostalgie de la vie divine de l’Eden, vie pure de toute mort et de toute haine. Tant il est vrai, qu’une nostalgie de l’arbre de vie, planté au centre du jardin d’Eden, brille tout au fond de nos âmes.       

  37. 687

    Le Centuple – Méditation du mardi 26 mai 2026

    Évangile du mardi 26 mai 2026 – 8ème Semaine du Temps Ordinaire« Vous recevrez, en ce temps déjà, le centuple, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle » (Mc 10, 28-31)En ce temps-là,    Pierre se mit à dire à Jésus :« Voici que nous avons tout quittépour te suivre. »    Jésus déclara :« Amen, je vous le dis :nul n’aura quitté,à cause de moi et de l’Évangile,une maison, des frères, des sœurs,une mère, un père, des enfants ou une terre    sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple :maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres,avec des persécutions,et, dans le monde à venir,la vie éternelle.    Beaucoup de premiers seront derniers,et les derniers seront les premiers. »S’il est une parole réconfortante pour ceux qui ont « suivi Jésus » c’est bien celle-ci, ce centuple en « maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres… et la vie éternelle. » C’est une expérience réelle, je peux personnellement en témoigner pour l’avoir vécu dans bien des circonstances, du fruit de cette fraternité universelle, où les « frères et sœurs en Jésus », mettent en commun leurs biens et donc permettent cette expérience de pourvoir aux besoins de chacun. N’est-il pas normal dans une famille de mettre en commun les biens de la famille ? Mais de qui Jésus veut-il parler lorsqu’il parle de ceux qui « ont tout quitté ? ». La pensée peut être restrictive à ceux qui ont vraiment tout laissé pour s’engager dans une vocation consacrée, prêtre, religieux, laïc engagé…mais si nous regardons Pierre, il est un homme marié, avec une famille et une vie construite, c’est un pêcheur, et c’est à lui que Jésus fait cette promesse du centuple. « Tout quitté pour te suivre » est cet engagement fort avant tout de changement de mentalité, mais Jésus ne parle pas seulement d’un vague humanisme mais il indique aussi « à cause de moi ». Il nous a bien montré dans un autre épisode (Lc 9,57 et suivants) l’importance de le suivre, avant toute autre relation, même ce qui est le plus sacré comme la relation du fils envers son père,  « Seigneur, permets-moi d'aller d'abord ensevelir mon père. Mais Jésus lui dit: Laisse les morts ensevelir leurs morts; et toi, va annoncer le royaume de Dieu. Un autre dit: Je te suivrai, Seigneur, mais permets-moi d'aller d'abord prendre congé de ceux de ma maison… » , « Tout quitté ». Jésus ne méprise pas nos liens familiaux, loin de là, ni même les biens terrestres, mais nous aide à les transcender, et à les porter sur un autre plan, plus universel. Dans cette invitation, Jésus nous aide à être libres de tout attachement, même les plus légitimes tel que celui envers nos parents, pour le suivre. La manière dont nous serons appelés à incarner cette exigence sera aussi variée que le sont nos appels, mais Jésus nous invite à ne pas nous retrancher derrière les exigences de nos engagements familiaux et professionnels, pour lui répondre avec générosité dans les demandes de nos « frères et sœurs » en humanité. Si nous avons ce courage, Dieu entrera plus pleinement dans nos relations, habitera parmi nous, nous faisant déjà expérimenter Sa vie sur la terre. La difficulté de répondre à cette invitation nous procurera peut-être des persécutions, et il est difficile d’accepter cette autre promesse…mais nous ne pouvons prendre l’Evangile uniquement dans ses promesses généreuses, la croix et les persécutions de Jésus sont aussi notre chemin, si nous voulons le suivre. Mettre de côté cet aspect plus difficile reviendrait à diluer le message de Jésus, aussi mystérieux qu’en soit le chemin ! 

  38. 686

    La source a soif – Méditation du lundi 25 mai 2026

    Évangile du lundi 25 mai 2026 – 8ème Semaine du Temps Ordinaire« Voici ton fils. Voici ta mère » (Jn 19, 25-34)En ce temps-là,  près de la croix de Jésus se tenaient sa mèreet la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas,et Marie Madeleine.  Jésus, voyant sa mère,et près d’elle le disciple qu’il aimait,dit à sa mère :« Femme, voici ton fils. »  Puis il dit au disciple :« Voici ta mère. »Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.  Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé,pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout,Jésus dit :« J’ai soif. »  Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée.On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigreà une branche d’hysope,et on l’approcha de sa bouche.  Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit :« Tout est accompli. »Puis, inclinant la tête,il remit l’esprit.  Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi),il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat,d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque.Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corpsaprès leur avoir brisé les jambes.  Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier,puis de l’autre homme crucifié avec Jésus.  Quand ils arrivèrent à Jésus,voyant qu’il était déjà mort,ils ne lui brisèrent pas les jambes,  mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ;et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.Aujourd’hui, nous fêtons Marie sous l’invocation de Mère de l’Église, elle qui, la première, entendit que Dieu avait soif. La mort du Christ en croix peut charrier avec elle des mots gorgés de terribles émotions : sacrifice, expiation, dolorisme, etc. Laissons ces mots piégés pour faire route avec Jésus qui jusqu’au bout vit la mort que les hommes Lui impose dans la relation. Jésus parle à Jean, à Marie. Il exprime un besoin et plus largement un désir.La mort de Dieu s’accomplit dans un « J’ai soif » expiré par Jésus sur la croix. Le Dieu des évangiles n’est pas ce Dieu isolé dans une grandeur qui n’a besoin de personne. Jésus révèle sur la croix la douleur d’un Dieu qui cherche l’homme dont Il a besoin dans Son amour. Puisque les hommes ont tourné le dos à l’arbre de Vie, Dieu rejoint, sur l’arbre de la croix, les hommes qui se sont fourvoyés dans la mort. Celui qui est la source d’eau vive a soif. Jésus qui s’est présenté comme l’eau capable d’étancher la soif des hommes (Jn 7,37) est aussi Celui qui a soif de notre amour. Dieu a-t-il besoin de moi ? Oui, Dieu a besoin de moi, car Il m’aime. Que puis-je donner à Jésus pour étancher Sa soif divine ? Que puis-je donner à l’infini ? Le simple mouvement de mon coeur. La petite goutte d'eau que je suis en se penchant vers Jésus pour L’aimer étanche Sa soif. Entre l’humanité et Dieu, ces vagues d’amour, comme le sac et le ressac de la mer, sont confiées à la nouvelle Ève, à Marie recueillie par Jean. Avec les apôtres en prière autour de Marie, s’édifie le corps du Christ dans le monde qui unit la quête de Dieu à la réponse de l’homme.Le poète Charles PÉGUY a admirablement rendu compte de cette dépendance amoureuse de Dieu. Dieu a un faible pour l’homme : cette faiblesse fait la grandeur de l’amour.« Voilà la situation que Dieu s’est faite.Celui qui aime tombe sous la servitude de celui qui est aimé.Par là même.Celui qui aime tombe sous la servitude de celui qu’il aime.Dieu n’a pas voulu échapper à cette loi commune.Et par son amour il est tombé dans la servitude du pécheur.Retournement de la création, c’est la création à l’envers. (…)Effrayant amour, effrayante charité,Effrayante espérance, responsabilité vraiment effrayante,Le Créateur a besoin de sa créature, s'est mis à avoirbesoin de sa créature.Il ne peut rien faire sans elle.C'est un roi qui aurait abdiqué aux mains de chacun de ses sujetsSimplement le pouvoir suprême.Dieu a besoin de nous. Dieu a besoin de sa créature.

  39. 685

    Devenir musique par son Souffle ! – Méditation du dimanche 24 mai 2026

    Évangile du dimanche 24 mai 2026 – Pentecôte« De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie : recevez l’Esprit Saint » (Jn 20, 19-23)C’était après la mort de Jésus ;    le soir venu, en ce premier jour de la semaine,alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciplesétaient verrouillées par crainte des Juifs,Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »    Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté.Les disciples furent remplis de joieen voyant le Seigneur.    Jésus leur dit de nouveau :« La paix soit avec vous !De même que le Père m’a envoyé,moi aussi, je vous envoie. »    Ayant ainsi parlé, il souffla sur euxet il leur dit :« Recevez l’Esprit Saint.    À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ;à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »Le tout premier souffle de l’enfant qui vient au monde est comme une médaille aux 2 côtés inséparablement unis : d’un côté, « je respire »... de l’autre, « j’étouffe ».Le chemin du Souffle se vit au cœur d’un risque, d’une faille, d’un passage à vivre... Pour passer du plafond du ventre de notre mère, au plafond du ciel avec les visages de nos parents, il y a un passage étroit... pour lequel, si l’enfant pouvait parler, il demanderait sûrement simplement un élargissement du ventre de maman, sentant bien que ça commence à être petit l’univers où il se trouve. La réponse se vivra dans cette première traversée des eaux alors que sa venue s’annonce par : « les eaux ont crevées ! »C’est petit l’univers où nous sommes... Surtout que, comme les disciples, nous nous y enfermons de l’intérieur... Ce ne sont pas des gardiens de prison qui ont mis les cadenas à l’extérieur du lieu où nous nous trouvons, c’est nous qui, de l’intérieur avec la peur qui nous enserre et nous étouffe, c’est nous qui avons posé les verrous.Ce lieu si petit pour nous, convaincu que nous devons nous y tenir pour survivre, est pourtant le lieu où le Christ trouve moyen d’y être... C’est par sa Paix et sa Parole d’envoi qu’Il suscitera que tombe ce qui nous paralyse. Sans faire aucun reproche sur la présence de ces verrous, Jésus n’interpelle pas les disciples sur ceux-ci. Il respecte la peur des disciples... Il l’accueille, tout en les faisant entrer dans cet élan du Père révélé en Jésus.C’est en leur montrant ses mains et son côté, que Jésus se fait reconnaître et qu’Il leur fait ce souhait de Paix. Les marques de la crucifixion sont encore présentes. Il ne s’agit pas d’une Paix qui serait le fruit de la guérison des plaies : elles sont éloquentes de cet Amour qui ne nous abandonnera jamais à nos blessures. Comment des plaies qui ont engendré la mort peuvent maintenant exprimer une Vie qui ne pourra jamais mourir ?Sans autre formalité, Jésus envoie ses disciples en mission, déposant le Souffle de l’Esprit-Saint au cœur de leur fragilité. Cette mission du Pardon des péchés, qui relève de Dieu, sera déposée au cœur de leur vulnérabilité. La conscience de leur pauvreté les rendra perméables au Mystère dont ils sont les premiers nécessiteux pour en devenir contagieux pour ceux vers qui Jésus les envoie.Cette peur est légitime... le mal est réel et il fait tant de ravages : guerres, exploitation des personnes et de la nature, féminicides, mensonges, corruption... Le mal opprime la vie jusqu’à la tuer. Dans son Amour, le Christ nous révèle qu’Il est le premier à en être atteint et que, s’Il a pris sur Lui tout ce mal, jusqu’à en mourir, c’est parce qu’au plus creux de notre mal, Il continue de nous aimer et que nous sommes les membres de son Corps.

  40. 684

    Toi, suis-moi ! – Méditation du samedi 23 mai 2026

    Évangile du samedi 23 mai 2026 – Temps liturgique« C’est ce disciple qui a écrit ces choses ; son témoignage est vrai » (Jn 21, 20-25)En ce temps-là,Jésus venait de dire à Pierre : « Suis-moi. »S’étant retourné, Pierre aperçoit, marchant à leur suite,le disciple que Jésus aimait.C’est lui qui, pendant le repas,s’était penché sur la poitrine de Jésuspour lui dire :« Seigneur, quel est celui qui va te livrer ? »Pierre, voyant donc ce disciple, dit à Jésus :« Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? »Jésus lui répond :« Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne,que t’importe ?Toi, suis-moi. »Le bruit courut donc parmi les frèresque ce disciple ne mourrait pas.Or, Jésus n’avait pas dit à Pierre qu’il ne mourrait pas,mais :« Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne,que t’importe ? »C’est ce disciple qui témoigne de ces choseset qui les a écrites,et nous savons que son témoignage est vrai.Il y a encore beaucoup d’autres choses que Jésus a faites ;et s’il fallait écrire chacune d’elles,je pense que le monde entier ne suffirait paspour contenir les livres que l’on écrirait.Aujourd’hui, laissons-nous habiter par cette parole que Jésus dit à Pierre :« Suis-moi » !Dans le cœur de Pierre a pu surgir une réflexion comme :Te suivre Seigneur, oui, je le veux… mais ça va me mener où ?Il y a quelques minutes, tu viens de me dire : Sois le berger de mes brebis (Jn 21,17)Comment cela se fera-t-il ? J’ai peur... Serais-je seul ?Je vais me retourner pour voir quel passé je quitte, qui marchera avec moi, quelle sera la mission de l’autre, et lui, que lui réserves-tu ?En me retournant, je vois ton disciple bien-aimé… Tu te souviens Seigneur, lui qui la veille de ta mort, s’était penché sur ta poitrine pour te dire :« Seigneur, quel est celui qui va te livrer ? »C’est vrai que Jean avait le don de cette intimité avec toi : poser sa tête sur ton cœur… écouter ton cœur… Il a su oser te poser les questions quand il a senti dans le battement de ton cœur que l’heure était grave : qui va te livrer ? Et dans cette intimité d’amitié avec lui, tu nous as révélé à tous ce secret : C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. (Jn 13,26)Aujourd’hui, c’est moi qui ose une question : Et lui, que lui arrivera-t-il ?Et tu me réponds :« Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi. »Pourquoi as-tu répondu à Jean et à moi, tu ne me révèles pas ce qui le concerne ?Pierre, écoute bien : Jean était dans la relation avec moi : sa question me concernait.Ta question concerne la volonté de mon Père sur la vie d’un autre… Tu n’es pas bien situé en toi Pierre ! Ta place, elle est en toi : toi avec moi, moi avec toi… Oui, toi suis-moi ! Suis ton propre chemin…La place de Jean, elle est en lui : lui avec moi, moi avec lui…Chacun de vous est fils bien-aimé… chacun de vous est convié à une relation personnelle avec moi et avec le Père : l’Esprit vous l’enseignera.Chacun de vous aura à inventer sa réponse personnelle à l’invitation : Suis-moi !Ne te retourne pas en arrière !Toi Pierre, avance… Avance en eaux profondes… je te conduirai vers ton « toi » unique, là où mon Père et moi nous voulons faire notre demeure…C’est à toi que je confie d’être le pasteur et le berger de mes brebis…Toi, dans ton identité unique, dans ta couleur unique, dans ton tempérament passionné, dans ta parole de feu, dans tes élans spontanés… Ton leadership habité de l’Esprit Saint les conduira vers moi et je les conduirai au Père… Oui Pierre, toi, suis-moi !Jean, dans son écoute profonde, la tête posée sur mon cœur, dans sa contemplation du mystère de mon œuvre et de ma relation avec mon Père, dans sa reconnaissance de la résurrection devant les signes qu’il a vus, Jean trouvera sa voie en ma voix et il me suivra à sa manière et c’est ce mystère de l’autre que tu dois respecter…Méditation - Toi, suis-moi !

  41. 683

    Mission enracinée dans l’amour – Méditation du vendredi 22 mai 2026

    Évangile du vendredi 22 mai 2026 – 7ème Semaine du Temps Pascal« Sois le berger de mes agneaux. Sois le pasteur de mes brebis » (Jn 21, 15-19)Jésus se manifesta encore aux disciplessur le bord de la mer de Tibériade.Quand ils eurent mangé,Jésus dit à Simon-Pierre :« Simon, fils de Jean,m’aimes- tu vraiment, plus que ceux-ci ? »Il lui répond :« Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. »Jésus lui dit :« Sois le berger de mes agneaux. »Il lui dit une deuxième fois :« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? »Il lui répond :« Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. »Jésus lui dit :« Sois le pasteur de mes brebis. »Il lui dit, pour la troisième fois :« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? »Pierre fut peinéparce que, la troisième fois, Jésus lui demandait :« M’aimes-tu ? »Il lui répond :« Seigneur, toi, tu sais tout :tu sais bien que je t’aime. »Jésus lui dit :« Sois le berger de mes brebis.Amen, amen, je te le dis :quand tu étais jeune,tu mettais ta ceinture toi-mêmepour aller là où tu voulais ;quand tu seras vieux,tu étendras les mains,et c’est un autre qui te mettra ta ceinture,pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mortPierre rendrait gloire à Dieu.Sur ces mots, il lui dit :« Suis-moi. »Méditation - Mission enracinée dans l’amour Sur la base des versets de l'Évangile de Jean, nous présumons que Jésus connaissait ce qui se trouvait dans le cœur de Pierre, donc il n'avait pas besoin de le lui demander (cf. Jn 2,25). Pourquoi lui demande-t-il alors si Pierre l'aime vraiment ?  N’est-ce pas pour donner l’occasion à Pierre de prendre conscience de ce qui se passe en lui-même, de ce qu’il ressent au fond de son cœur, de se positionner ? Les événements de Pâques l’ont probablement beaucoup troublé en ce qui concerne son identité et sa capacité de rester fidèle. Avant la Passion, Pierre avait assuré le Christ de vouloir donner sa vie pour Lui, mais avant que le coq chante, il a renié son Maître à trois reprises (cf. Jn 13, 37-38). Il est fort probable que Pierre a sincèrement cru à sa déclaration. Toutefois, on peut se poser la question suivante : d'où provenait une telle conviction ? N’était-ce pas une image plutôt flatteuse de lui-même ou une douce illusion sur son propre héroïsme possible ? Les circonstances ont dénudé sa peur qui a complètement paralysé sa bonne intention de se consacrer pour le Christ. « Le Seigneur, se retournant, posa son regard sur Pierre. Alors Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite : « Avant que le coq chante aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois. » Il sortit et, dehors, pleura amèrement » (Lc 22,61-62). Pierre a tout compris d'un seul regard du Christ. Être capable de pleurer après avoir regardé dans les yeux de la Vérité, c’est une grâce. Les larmes purifient le cœur et rendent la vue intérieure plus limpide. Après la résurrection, lorsque le Christ rencontre les disciples, il s'adresse à Pierre, j’imagine, en le regardant dans les yeux. C’est le regard qui le redresse. Trois questions. Trois réponses. Certainement, elles n’effacent pas le passé. Mais, dans ce comportement de Jésus envers Pierre, nous pouvons saisir la pédagogie divine qui restaure l’identité blessée de l’être humain. À l'opposé de l'expérience douloureuse du reniement, le Christ veut proposer une nouvelle expérience de réponse par l’amour. Sur la plaie de la triple blessure, il veut appliquer le triple remède de l'amour : « là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé » (Rom 5, 20). Il arrive parfois que la Providence nous place dans des situations qui exposent nos points faibles. Cette expérience nous est nécessaire non pas pour nous faire honte ou nous rabaisser, mais pour que nous nous redressions et vivions dans la vérité. C'est indispensable pour réaliser la mission que Dieu envisage de nous confier. 

  42. 682

    Nous sommes prière du Père et du Fils dans l’Esprit – Méditation du jeudi 21 mai 2026

    Évangile du jeudi 21 mai 2026 – 7ème Semaine du Temps Pascal« Qu’ils deviennent parfaitement un » (Jn 17, 20-26)En ce temps-là,les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi :« Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là,mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi.Que tous soient un,comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi.Qu’ils soient un en nous, eux aussi,pour que le monde croie que tu m’as envoyé.Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée,pour qu’ils soient un comme nous sommes UN :moi en eux, et toi en moi.Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un,afin que le monde sache que tu m’as envoyé,et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.Père,ceux que tu m’as donnés,je veux que là où je suis,ils soient eux aussi avec moi,et qu’ils contemplent ma gloire,celle que tu m’as donnéeparce que tu m’as aimé avant la fondation du monde.Père juste,le monde ne t’a pas connu,mais moi je t’ai connu,et ceux-ci ont reconnuque tu m’as envoyé.Je leur ai fait connaître ton nom,et je le ferai connaître,pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux,et que moi aussi, je sois en eux. »L’Évangile d’aujourd’hui commence de manière magnifique par la prière du Fils au Père : « Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi ». Une telle prière est bien au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer, car elle nous parle d’une connaissance qui nous échappe, « le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu ». Et cette prière nous fait comprendre que nous faisons partie de cet élan, de ce mouvement de Vérité, d’Amour et de Vie du Fils vers le Père dans l’Esprit. Nous sommes continuellement dans la prière du Fils ou, devrait-on dire, que nous sommes, chacun.e, une part de sa prière vers le Père.Mais le texte va beaucoup plus loin, ce mouvement appartient d’origine au Père parce que « tu les as aimés comme tu m’as aimé ». Cet Amour, c’est le Père qui Lui a donné.  Le Père dans le don amoureux qu’il fait de Lui-même au Fils nous donne à ce dernier comme un présent de son Amour, éternellement confié. L’essence de la prière et de toute prière est là dans ce don amoureux mutuel du Père et du Fils dans l’Esprit et où nous sommes depuis toujours « donnés par Amour ». Nous sommes « prière du Père et du Fils dans l’Esprit ».C’est pourquoi le grand désir qu’exprime le Fils, mais qui est celui de toute la Trinité, est : « Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. » Ou, ajoute le texte, « Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde ». Le Fils, par toute sa vie, veut nous révéler le Père, nous ouvrir à sa connaissance du Père afin de nous conduire à Lui et de nous faire entrer dans leur mutuel Amour. Ainsi, « l’Amour dont le Père l’a aimé soit en nous et que, ainsi, nous soyons en Lui ».  Nous sommes non seulement placés devant cette unité éternelle du Père et du Fils dans l’Esprit, unité qui est « avant la fondation du monde », mais tout autant devant leur divine unité d’Amour où nous sommes appelés depuis toujours. Mais pour que nous entrions dans cette unité d’Amour, cela exige, de par la nature même de l’Amour, que nous y consentions en reconnaissant et en croyant que le Fils est l’Envoyé du Père.  Car c’est cette reconnaissance et cette foi dans le Fils qui nous donnent de nous tenir, par, avec et en Lui, là où Il est dans le Père et, ce faisant, nous permet de contempler et de recevoir sa gloire et d’être entraînés d’être et de don dans l’échange mutuel du Père et du Fils dans l’Esprit.

  43. 681

    « In Illo uno unum » – Méditation du mercredi 20 mai 2026

    Évangile du mercredi 20 mai 2026 – 7ème Semaine du Temps Pascal« Qu’ils soient un comme nous-mêmes » (Jn 17, 11b-19)En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi :« Père saint,garde mes disciples unis dans ton nom,le nom que tu m’as donné,pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes.Quand j’étais avec eux,je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné.J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu,sauf celui qui s’en va à sa pertede sorte que l’Écriture soit accomplie.Et maintenant que je viens à toi,je parle ainsi, dans le monde,pour qu’ils aient en eux ma joie,et qu’ils en soient comblés.Moi, je leur ai donné ta parole,et le monde les a pris en haineparce qu’ils n’appartiennent pas au monde,de même que moi je n’appartiens pas au monde.Je ne prie pas pour que tu les retires du monde,mais pour que tu les gardes du Mauvais.Ils n’appartiennent pas au monde,de même que moi, je n’appartiens pas au monde.Sanctifie-les dans la vérité :ta parole est vérité.De même que tu m’as envoyé dans le monde,moi aussi, je les ai envoyés dans le monde.Et pour eux je me sanctifie moi-même,afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »« In Illo uno unum » (1)  Jésus prononce ces paroles devant Ses disciples qu’Il entraîne dans Son élan auprès du Père. Ces paroles partagées indiquent le don immense d’une fraternité divine : nous sommes un dans l’unité du Père. Le Fils nous fait le don du Nom du Père qu’Il révèle dans Sa sainteté : « Père saint ». Ce Nom ne s’étale pas devant nous comme un panorama grandiose qui nous resterait extérieur. Une chaîne de montagnes enneigées déroule sa majesté. Mais, l’élévation des sommets ne met pas fin à la séparation : je ne suis pas la montagne. L’océan accueille la goutte dans la vastitude, mais la goutte se perd dans les flots et les vagues. Elle n’a pas d’identité et la communion n’a pas lieu.  Si nous ne faisions qu’apprendre que le Père est, notre gratitude serait déjà sans borne. Mais, le Fils va plus loin, puisqu’Il nous révèle que nous, pauvres et indignes disciples, demeurons sous la garde du Père, enfouis dans son Nom. Ce Nom inaccessible nous est donné : « le nom que tu m’as donné ». Cette densité de présence inaccessible aux efforts humains, nous est partagée ! Le Fils ne fait pas une leçon pour nous apprendre quelque chose sur le Père : Il manifeste ce qui demeure, une Présence qui soutient.  Jeudi dernier, nous fêtions l’Ascension du Seigneur, le retour solennel du Fils de l’homme auprès du Père. Si les images nous aident dans la prière, nous pouvons imaginer Jésus qui s’élève dans le ciel ou les retrouvailles de Jésus avec son Père. Mais, une réalité spirituelle traverse ces représentations. Le Fils de l’homme monte au ciel avec l’humanité unifiée derrière Lui dans un acte de réconciliation avec le Père. Comme l’explique Saint Augustin, les hommes unifiés dans le Christ forment un seul corps. L’Ascension célèbre donc la communion des disciples au Père dans le corps du Fils : « Les chrétiens avec leur chef qui est monté aux cieux, ne forment qu'un seul Christ. Il n'est point seul, et nous plusieurs ; mais quoique plusieurs, nous sommes un en lui seul. Jésus-Christ donc n'est qu'un seul homme comprenant la tête et les membres. » (1)  « Quoique plusieurs, nous sommes un en lui seul. » Notre Pape Léon XIV a pris comme devise cette expression de saint augustin : « En Celui qui est Un, nous sommes Un ». L’unité vécue dans le Père n’est ni un nivellement qui arase les singularités, ni l’uniformisation à une norme. C’est de Dieu que nous tenons notre personnalité, notre identité singulière. Comment Dieu se réjouirait-Il de la dissolution des personnes dans la fusion d’un grand tout ? Dans notre culture, la notion même de « personne » vient d’une méditation sur la Trinité, ces trois personnes divines dont l’amour fonde le mystère d’unité.

  44. 680

    Jésus est glorifié en donnant la Vie éternelle – Méditation du mardi 19 mai 2026

    Évangile du mardi 19 mai 2026 – 7ème Semaine du Temps Pascal« Père, glorifie ton Fils » (Jn 17, 1-11a)En ce temps-là,Jésus leva les yeux au ciel et dit :« Père, l’heure est venue.Glorifie ton Filsafin que le Fils te glorifie.Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair,il donnera la vie éternelleà tous ceux que tu lui as donnés.Or, la vie éternelle,c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu,et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.Moi, je t’ai glorifié sur la terreen accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire.Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père,de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe.J’ai manifesté ton nomaux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner.Ils étaient à toi, tu me les as donnés,et ils ont gardé ta parole.Maintenant, ils ont reconnuque tout ce que tu m’as donné vient de toi,car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données :ils les ont reçues,ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi,et ils ont cru que tu m’as envoyé.Moi, je prie pour eux ;ce n’est pas pour le monde que je prie,mais pour ceux que tu m’as donnés,car ils sont à toi.Tout ce qui est à moi est à toi,et ce qui est à toi est à moi ;et je suis glorifié en eux.Désormais, je ne suis plus dans le monde ;eux, ils sont dans le monde,et moi, je viens vers toi. »Cette Parole de l’Évangile fait suite à la demande de Jésus à son Père de Le glorifier, afin de pouvoir Le glorifier à son tour. Et la réponse de son Père se fit entendre par tous lorsqu’Il a dit : « Je L’ai glorifié et je Le glorifierai encore. » (Jn 12, 28) C’était la troisième fois que Dieu prenait Parole et s’adressait à l’être humain, depuis la venue de son Fils sur la terre. La première fois fut au baptême de Jésus par Jean Baptiste, la deuxième à sa transfiguration sur le mont Thabor et la dernière, juste avant sa passion et sa mort.Comme toute personne, Jésus a eu besoin d’être confirmé par son Père. Non pas pour Lui-même, puisqu’Il était et Il est « Un » en totalité avec son Père, mais plutôt pour chacun de nous. En effet, après que son Père eu parlé, Jésus dira : « C’est pour vous, peuple d’Israël, que cette Parole est venue du ciel. » (Jn 12, 30) Comme pour confirmer auprès des gens du peuple et des instances religieuses en place que Jésus est bel et bien le Fils de Dieu, le Messie annoncé dans les Écritures.Dans l’extrait de cette partie de l’Évangile, on a l’impression d’entendre une conversation, une prière de Jésus à son Père.La première partie semble être une reconnaissance, une action de grâce de ce que Jésus a reçu de son Père. Tout ce qui est à Moi est à Toi, et tout ce qui est à Toi est à Moi. Tu m’as donné plein pouvoir sur tout être de chair.La deuxième partie, cela semble une prière de demande à son Père. Glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie. Glorifie-Moi auprès de Toi de la gloire que j’avais en Toi avant le commencement du monde. Je te prie également pour ceux et celles que Tu m’as donnés.Dans la troisième partie, Jésus relève la mise en œuvre de sa mission donnée par son Père pour ses Apôtres et les disciples qui ont choisi de Le suivre. Je t’ai glorifié en accomplissant ton œuvre. Je leur ai manifesté ton Nom. Je T’ai fait connaître et j’ai fait connaître ton Fils auprès d’eux. Je leur ai donné les Paroles que Tu m’as données et ils les ont gardées. Ils ont reconnu que je viens de Toi. Je suis alors glorifié en eux.Méditation - Jésus est glorifié en donnant la Vie éternelle

  45. 679

    Ce lieu secret où ton amour nous garde – Méditation du lundi 18 mai 2026

    Évangile du lundi 18 mai 2026 – 7ème Semaine du Temps Pascal« Courage ! Moi, je suis vainqueur du monde » (Jn 16, 29-33)En ce temps-là,les disciples de Jésus lui dirent :« Voici que tu parles ouvertementet non plus en images.Maintenant nous savons que tu sais toutes choses,et tu n’as pas besoin qu’on t’interroge :voilà pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. »Jésus leur répondit :« Maintenant vous croyez !Voici que l’heure vient – déjà elle est venue –où vous serez dispersés chacun de son côté,et vous me laisserez seul ;mais je ne suis pas seul,puisque le Père est avec moi.Je vous ai parlé ainsi,afin qu’en moi vous ayez la paix.Dans le monde, vous avez à souffrir,mais courage !Moi, je suis vainqueur du monde. »Insaisissable Jésus… il se trouve toujours là où on ne l’attendait pas ! Les disciples s’inquiètent ? il les rassure : « Votre cœur se réjouira ! » (Jn 16, 22). Ils ne comprennent pas ? il leur explique avec patience. Mais s’ils pensent avoir enfin compris : « Nous croyons que tu es sorti de Dieu » (Jn 16, 30), le voilà qui pointe la fragilité de cette affirmation de foi toute neuve : « Vous serez dispersés, chacun de son côté, et vous me laisserez seul » (Jn 16, 32). Il semble vraiment impossible de prévoir ou de susciter une réaction attendue. Il nous entraîne toujours ailleurs que là où nous nous attendions à le trouver, pour peu que nous le laissions nous conduire. Au terme de cette sorte de partie de cache-cache où il nous fait chercher toujours un peu plus, l’enjeu est cependant bien celui de la paix, cette paix que nul ne pourra ravir, cette paix qui se déploie en celui qui est profondément enraciné en lui, et qui cependant ne supprime pas la souffrance.Le pseudo-Denys l’aréopagite explicitait dès les premiers temps de la chrétienté en quoi consiste une telle paix, celle des profondeurs. Alors même que la tempête sévit à la surface de l’océan, à mesure que l’on plonge, il est possible de retrouver un espace de paix que les vagues de surface ne troublent nullement. L’âme est donc invitée, au jour de l’épreuve à rejoindre cette profondeur que rien ne peut altérer[i].Tel est bien l’exemple que Jésus donne en cette heure grave où il annonce l’épreuve qui l’attend, et l’abandon de tous ceux qui pourtant l’assurent de leur fidélité. Quand il n’y a plus aucun appui humain, c’est bien en son Père et en lui seul que Jésus tire sa force et sa paix.C’est cette paix-là que Jésus offre à ses disciples et, à travers eux, à chacun de nous. Non une paix factice ou illusoire, qui consisterait à écarter toute difficulté ou à esquiver la souffrance, mais une paix habitée, enracinée dans la certitude que, quelles que soient les circonstances extérieures, Dieu demeure présent et fidèle. Jésus n’occulte pas la dureté du combat : « Dans le monde, vous avez à souffrir », dit-il sans détour. Mais il ajoute aussitôt cette parole décisive : « Courage ! Moi, je suis vainqueur du monde » (Jn 16, 33).Ce « monde » que Jésus a vaincu, ce n’est pas la création en elle-même, mais ce système d’hostilité, de mensonge et de peur qui s’oppose à la lumière et cherche à étouffer l’espérance. Et cette victoire, il ne la remporte pas par la force ou la domination, mais par l’amour jusqu’au bout, par le don total de lui-même dans l’abandon au Père. Ce qui semble aux yeux des hommes un échec : la croix, l’abandon, la solitude, devient en réalité le lieu même du triomphe de l’amour.Ainsi, pour celui qui demeure en lui, le tumulte du monde et l’épreuve inévitable ne sont plus des lieux de désespérance, mais des occasions de descendre en ce lieu secret où la paix de Dieu garde le cœur et l’esprit. La foi chrétienne ne promet pas une existence sans combat, mais elle ouvre un chemin où, même dispersés, même éprouvés, nous sommes mystérieusement tenus dans l’unité de Celui qui a vaincu.

  46. 678

    Disparaître à tes yeux pour que tu apparaisses ! – Méditation du dimanche 17 mai 2026

    Évangile du dimanche 17 mai 2026 – Ascension« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre » (Mt 28, 16-20)    En ce temps-là,    les onze disciples s’en allèrent en Galilée,à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.    Quand ils le virent, ils se prosternèrent,mais certains eurent des doutes.    Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles :« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.    Allez ! De toutes les nations faites des disciples :baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,    apprenez-leur à observertout ce que je vous ai commandé.Et moi, je suis avec voustous les jours jusqu’à la fin du monde. »Contrairement à la Judée, centrée sur Jérusalem et plus repliée sur elle-même, la Galilée1 est une zone de passage, traversée par de grandes routes commerciales reliant l’Égypte à la Mésopotamie. Elle est marquée par le métissage de sa population, ce qui la rendait plus suspecte aux yeux des autorités religieuses de Jérusalem. C’est au cœur de cette diversité que Jésus, à travers les femmes qui reviennent du tombeau, donne rendez-vous aux disciples. Le lieu où les disciples sont convoqués et le moment du départ de Jésus ne sont pas choisis par les disciples : ils relèvent de l’initiative du Christ.  Ce groupe des onze porte la marque du manque à travers la réalité qu’ils ne sont plus douze... C’est une Église boiteuse et estropiée qui est appelée à cette montagne... marquée par des passages où elle a fait l’expérience de ses faiblesses, de ses manques et de ses trahisons. Cette faiblesse marque aussi les disciples alors qu’en se prosternant, un doute persiste chez certains.  Le moins que l’on puisse dire, c’est que Jésus n’est pas peureux ! Il confie sa Mission si précieuse à ces fragiles bien-aimés. Dans la surprise que même leurs faiblesses ne les disqualifient pas aux yeux de Jésus, c’est sur sa Parole qu’ils seront envoyés. Jésus n’attend pas que nous nous sentions prêts ou que nous ayons fait nos preuves avant de nous envoyer en mission. Cet envoi et cette mission sont les catalyseurs de l’émergence de notre identité et de la réalisation de son Œuvre de salut. Son départ est nécessaire pour que nous recevions le Don de l’Esprit... À travers ce Don, nous sommes nous-mêmes transformés au cœur de cet envoi vers les autres. Jésus nous place en Don de Dieu pour les autres.  Quelle est la direction de cet envoi en mission ? La rencontre de l’autre. En témoignant de l’Amour du Ressuscité, une communion nouvelle tisse la communauté et donne corps à l’Église. Rien du repliement sur soi, rien de la recherche identitaire, rien de la peur de l’autre. Ils iront à toute rencontre2, sur sa Parole, dépouillés de leur auto-suffisance par cette Mission qu’ils n’auraient jamais pu se donner : témoigner du Ressuscité qui les a sauvés. Dans ce départ de l’Ascension, sa Présence physique disparaît pour nous faire entrer dans une migration : de la présence physique de Jésus à l’accueil du Don de l’Esprit, d’une sécurité extérieure à un Souffle intérieur. C’est dans cette fragilité existentielle, nouvelle pour les disciples, que le Christ remettra entre nos mains ceux et celles que son Amour vient sauver.  En disparaissant à nos yeux, il veut que nous puissions apparaître. Les Actes des Apôtres relateront l’enjeu de la rencontre3... Ainsi nous sommes envoyés au cœur du monde à la manière de Philippe qui va à la rencontre de l’eunuque, dont la vie fut rendue stérile. L’Esprit envoie Philippe sur une route déserte, dont la fécondité reste improbable. Alors qu’il se met en marche, un Éthiopien, fonctionnaire de la reine de Candace, revient de Jérusalem où il s’était rendu pour adorer. Assis sur son char, il était en train de lire le livre d’Isaïe. L’Esprit dit à Philippe : « Approche et rejoins ce char ». Et Philippe se met à courir. En s’approchant, il entend que l’homme lit le prophète Isaïe. 

  47. 677

    Au nom de qui demandes-tu ? – Méditation du samedi 16 mai 2026

    Évangile du samedi 16 mai 2026 – 6ème semaine du Temps Pascal« Le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et vous avez cru » (Jn 16, 23b-28)En ce temps-là,Jésus disait à ses disciples :« Amen, amen, je vous le dis :ce que vous demanderez au Père en mon nom,il vous le donnera.Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ;demandez, et vous recevrez :ainsi votre joie sera parfaite.En disant cela, je vous ai parlé en images.L’heure vient où je vous parlerai sans images,et vous annoncerai ouvertement ce qui concerne le Père.Ce jour-là, vous demanderez en mon nom ;or, je ne vous dis pas que moi, je prierai le Père pour vous,car le Père lui-même vous aime,parce que vous m’avez aiméet vous avez cru que c’est de Dieu que je suis sorti.Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ;maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. »Une fois de plus, cet Évangile nous conduit à la table où Jésus continue de rassurer ses disciples, à quelques heures de sa mort : il les introduit dans une nouvelle forme de prière ; ils auront à la découvrir quand le temps sera venu, après sa passion et sa résurrection :Ce jour-là, vous demanderez en mon nom.Il leur avait appris le Notre Père, cette prière qui s’adresse directement à Dieu Père… Ils l’ont certainement prié avec Lui à plusieurs reprises… 1Maintenant quand vous le direz, priez-le en mon nom : vous apprendrez…L’Esprit Saint vous enseignera tout (Jn 14, 26) et il inspirera votre prière… Ainsi, elle vous conduira au cœur brûlant d’amour de la Trinité et votre joie sera parfaite!Comment cela se fera-t-il ? (Lc 1, 34)Demandez, vous recevrez…Demander quoi ?Demandons l’Esprit Saint…Ouvrons la porte à l’Esprit Saint !Lui qui murmure sans cesse Abba en nous…Oui, ouvrons à l’Esprit notre prière.Écoutons avec Lui cette Parole de Jésus pour nous aujourd’hui :Demandez, vous recevrez… Demandez en mon nom.Alors, osons demander au nom de Jésus, en son Nom…Le nom de Jésus, ce nom qui réveille l’oreille et le cœur du Père quand nous le disons avec amour ! Le cœur de Dieu vibre au nom de Jésus… À ce nom, il se penche vers nous :le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aiméet vous avez cru que c’est de Dieu que je suis sorti.Jésus, toi le Fils du Dieu vivant, (Mt 16,16) quel mouvement de vie anime la tienne : sortir de Dieu, venir dans le monde, quitter ce monde, revenir vers le Père…Croire en Toi sorti de Dieu m’invite à adhérer à ce mouvement :Reconnaître que ma vie vient de Dieu : plongé(e) en Toi ressuscité, je viens de Dieu, je viens dans ce monde, et toi, tu me prends, tu me choisis dans ce monde où lumière et ténèbres s’affrontent et tu m’invites à y vivre en fille, en fils de Lumière…Par ta grâce, je peux quitter ce qui dans le monde me coupe de Toi et, par Toi, avec Toi et en Toi, je viens vers le Père…Ce jour-là, vous demanderez en mon nom ;Demandons d’être posés au cœur du Père, dans l’intimité avec le Fils, dans la grâce donnée par l’Esprit…Demandons en son NOM… notre prière sera renouvelée…Demeurons en son NOM…En ouvrant à l’Esprit, Il nous enseignera comment faire notre maison en son NOM…Son nom de Jésus le Christ, Jésus le Seigneur…Habitons son Cœur : si son cœur est notre demeure, si notre cœur est sa demeure, notre désir profond sera tout aligné sur son désir et notre joie sera parfaite !La force et la liberté intérieure nous seront données…La Vie deviendra notre quête : nous entendrons « Choisis donc la Vie » au cœur de tous les événements…Méditation - Au nom de qui demandes-tu ?

  48. 676

    Une joie promise – Méditation du vendredi 15 mai 2026

    Évangile du vendredi 15 mai 2026 – 6ème semaine du Temps Pascal« Votre joie, personne ne vous l’enlèvera » (Jn 16, 20-23a)En ce temps-là,Jésus disait à ses disciples :« Amen, amen, je vous le dis :vous allez pleurer et vous lamenter,tandis que le monde se réjouira ;vous serez dans la peine,mais votre peine se changera en joie.La femme qui enfante est dans la peineparce que son heure est arrivée.Mais, quand l’enfant est né,elle ne se souvient plus de sa souffrance,tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde.Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine,mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ;et votre joie, personne ne vous l’enlèvera.En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions. »Dans le discours d’adieu qui précède la Cène, alors que la Passion est à présent toute proche, Jésus ne cherche pas à minimiser la réalité de la souffrance à venir. Au contraire, il ouvre à ses disciples un chemin de résilience spirituelle face à l’adversité imminente.Sa propre angoisse, légitime et humaine, ne le replie pas sur lui-même ; elle le transforme en un canal de réconfort et d’espérance pour ceux qu’il aime. Il refuse la facilité d’encouragements vides qui nieraient la dureté du temps présent.  Réaliste, il sait que l’avenir sera semé de difficultés, mais il révèle une perspective transformatrice : ce départ nécessaire, bien que douloureux, est le vecteur d’une présence nouvelle et universelle. Jésus ne cède pas à la facilité des encouragements factices. Il nomme la réalité : « Vous pleurerez et vous vous lamenterez ». Il ne s’agit pas d’anesthésier la douleur de l'autre par des promesses lointaines, mais de valider son vécu présent. L'espérance chrétienne n'est pas un optimisme de tempérament, mais une certitude qui traverse le tragique. Comme le Christ, nous pouvons nous aussi regarder l'épreuve en face, sans la minimiser, car c'est seulement en l'habitant qu'elle peut être transformée.Le Christ ressuscité, ayant traversé la mort physique et toutes nos « morts » symboliques (échecs, pertes, ruptures), nous montre que la résurrection n’est pas une exception, mais la loi de la vie spirituelle. Ancrés dans la foi en sa résurrection, nous disposons d’une énergie nouvelle pour affronter ces transitions. L’Évangile ne condamne ni la peur ni les larmes ; il les intègre comme des étapes inévitables du cheminement. La promesse centrale, « votre peine se changera en joie », ne s’applique pas par une magie qui effacerait la douleur, mais par une transformation profonde au cœur même de l’épreuve. Et cette transformation ne peut se réaliser sans ce « pas de côté » qu’est le départ de Jésus. Il l’annonce comme une promesse d’un avènement d'une relation nouvelle. Se sentir indispensable peut être pour chacun de nous une tentation subtile. Pourtant, le Christ nous montre que la maturité spirituelle de l'autre exige parfois ce détachement pour nous permettre, à nous comme à l’autre, de nous ancrer directement dans le Père. La certitude de la résurrection nous permet de traverser l’abandon sans être détruit, transformant chaque crise en une porte ouverte vers une communion plus intense avec le divin. La douleur reste réelle, mais elle n’est plus le mot de la fin ; elle devient le creuset d’une joie indestructible.Cette joie promise n’est pas un simple bonheur éphémère, mais une vie en abondance, une plénitude spirituelle qui se construit sur les ruines de l’ancien soi. Le savoir, et y consentir dans la foi, permet de rester debout dans l'incertitude du « samedi saint », avec la confiance que la vie en abondance est déjà en germe. C'est passer d'une relation de besoin à une relation de liberté où, finalement, l'autre n'a plus besoin de nous interroger (v. 23a), car il a trouvé sa propre source en Dieu.

  49. 675

    Ce qui va venir – Méditation du mercredi 13 mai 2026

    Évangile du mercredi 13 mai 2026 – 6ème Semaine du Temps Pascal« L’Esprit de vérité vous conduira dans la vérité tout entière » (Jn 16, 12-15)En ce temps-là,Jésus disait à ses disciples :« J’ai encore beaucoup de choses à vous dire,mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité,il vous conduira dans la vérité tout entière.En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même :mais ce qu’il aura entendu, il le dira ;et ce qui va venir, il vous le fera connaître.Lui me glorifiera,car il recevra ce qui vient de moipour vous le faire connaître.Tout ce que possède le Père est à moi ;voilà pourquoi je vous ai dit :L’Esprit reçoit ce qui vient de moipour vous le faire connaître. »Dès l’origine, « le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux » (Gn 1,2). L’Esprit accompagne le Père qui crée par la Parole et Il assiste l’humain auquel est confiée la mission de nommer la Création dans un acte filial de reconnaissance. Reconnaître le créé dans l’offrande du mot juste, tel est le devoir de l’homme. « L’Esprit de vérité » qui pénètre la Création nourrit l’homme dans son œuvre de vérité. Dans l’action de grâce, l’homme reçoit la Création comme un don.Adam nomme les animaux (Gn 2,19-20), mais n’attribue pas un Nom à Dieu, l’au-delà de tout. Moïse reçut le Nom divin dans l’agenouillement du buisson ardent. Dans cet évangile, Jésus nous apprend que l’Esprit partage à l’homme ce qu’Il a entendu de la vie trinitaire : « L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. » L’ange confie le Nom de Jésus à Joseph qui l’accueille : « tu lui donneras le nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1,21). Le Saint Nom de Jésus est la clé qui nous ouvre la vie spirituelle. En Jésus, Dieu sauve. L’évangélisation ne consiste pas à bricoler un salut à la place des gens comme un escamoteur qui éblouit par son habileté. L’évangélisation nomme Jésus et nous renvoie à Celui qui sauve. Car, le salut n’est pas en nous, mais dans la personne de Jésus qui est la clé… Dans leur désir d’emprise, c’est cette clé que les Pharisiens avaient perdu : « Malheur à vous, docteurs de la loi ! parce que vous avez enlevé la clef de la science ; vous n'êtes pas entrés vous-mêmes, et vous avez empêché d'entrer ceux qui le voulaient. » (Mt 11,52).Le Nom de Jésus est une expérience de vie, car ce Nom vivant est actif. Le Nom de Jésus est une clé, car, en Lui, notre vie bascule, une porte pivote et nos impasses s’ouvrent à une vie nouvelle. Jésus crée devant nous un espace et suscite la possibilité d’une marche : « Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé » (Jn 10,9). Quand la porte est rouillée et que nous suffoquons dans notre atmosphère viciée, Jésus prend les devants. Car, Jésus frappe à la porte de notre cœur pour proposer son repas de communion (Ap 3,19). Mais, dans notre vie, beaucoup de choses nous écrasent. Nous ne pouvons porter les vérités que Jésus entend nous partager : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. » Nous ne pouvons porter, car nous avons besoin d’être portés par l’Esprit. Nous sommes aveugles et dépendons de l’Esprit.Plus Dieu se rapproche et plus son rapprochement Le voile à nos yeux. Quel paradoxe ! Dieu ne S’amuse pas à Se cacher : c’est l’éclat de la proximité de Dieu qui nous aveugle. D’abord, Dieu S’est manifesté par la Création dans une gloire de puissance. Mais, cette gloire, manifestée dans la matière, dissimulait encore l’essentiel. La beauté de Dieu contemplée dans la création exprime-t-elle un amour ?Puis, au temps voulu, Dieu s’est révélé dans l’Incarnation du Christ dans un lieu, dans une langue et dans un pays. Dieu S’est rapproché de notre condition humaine en parlant et vivant à nos côtés. Jésus a dit les mots que la création, même belle, ne prononçait pas.

  50. 674

    Justice et vérité – Méditation du mardi 12 mai 2026

    Évangile du mardi 12 mai 2026 – 6ème Semaine du Temps Pascal« Si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous » (Jn 16, 5-11)En ce temps-là,Jésus disait à ses disciples :« Je m’en vais maintenant auprès de Celui qui m’a envoyé,et aucun de vous ne me demande : “Où vas-tu ?”Mais, parce que je vous dis cela,la tristesse remplit votre cœur.Pourtant, je vous dis la vérité :il vaut mieux pour vous que je m’en aille,car, si je ne m’en vais pas,le Défenseur ne viendra pas à vous ;mais si je pars, je vous l’enverrai.Quand il viendra, il établira la culpabilité du mondeen matière de péché, de justice et de jugement.En matière de péché,puisqu’on ne croit pas en moi.En matière de justice,puisque je m’en vais auprès du Père,et que vous ne me verrez plus.En matière de jugement,puisque déjà le prince de ce monde est jugé. »Je m’en vais maintenant…combien nous pouvons comprendre la tristesse de ses disciples, de ses amis… « Pourtant… il vaut mieux que je m’en aille, car, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous… ».Nous entrons dans le cœur de la vie de Dieu de façon mystérieuse, « Si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous… ». Jésus ne laisse pas ses disciples dans l’illusion qu’ils pourront continuer le chemin avec lui sur cette terre, Il sait qu’Il va bientôt partir, mais sa promesse d’envoyer l’Esprit de vérité et de justice va bien au-delà de toute espérance de ses disciples. Jésus connaît sa mission dramatique, Il connaît ses opposants, et est conscient que le message qu’Il porte n’est pas accueilli par beaucoup de personnes qui n’aiment pas la justice et la vérité.Lorsque nous nous trouvons nous aussi en opposition à cause de la justice des hommes, il est parfois difficile de continuer à croire à la justesse et à la justice de nos sociétés. Je me souviens d’un  épisode où j’ai dû aller jusqu’au tribunal pour faire valoir mes droits auprès d’une compagnie d’assurances qui m’accusait de mauvaise foi, voire de mensonge, et en tout cas de ne pas avoir fait ma part, en un mot de malhonnêteté. Pendant 7 ans j’ai continué à lutter pour faire reconnaître mes droits, croyant que la vérité aurait triomphé si je restais fidèle à mes principes. Je voulais surtout faire cette démarche jusqu’au bout en pensant à beaucoup d’autres personnes qui, ayant la même difficulté, avaient renoncé à la lutte, n’ayant ni le soutien moral, ni les forces pour affronter cette lutte. Je voulais avoir un remboursement justifié, mais aussi faire jurisprudence pour les autres personnes. Lorsque j’étais au tribunal j’avais toutes ces autres personnes dans le cœur, et, au moment où la juge m’a proposé de dire quelque chose, c’est en croyant à la vérité et à la justice que j’ai parlé, en me fiant à l’Esprit de Dieu, mon « défenseur ». En sortant de la salle d’audience, l’avocat de la partie adverse s’est adressé à moi avec bienveillance. Le mensonge était définitivement banni, et j’ai vu que la vérité avait triomphé.Croyons que parfois le combat entre David et Goliath se reproduit dans nos vies, dans les luttes quotidiennes où nous pouvons nous sentir presque anéantis par l’atmosphère mensongère, Dieu est toujours avec nous, et fait émerger la vérité, même s’il peut sembler que le mensonge soit maître dans nos sociétés. Croyons que le Défenseur peut établir la vraie justice, malgré toutes les injustices dont nous sommes témoins dans l’humanité, prions pour demander Sa lumière et Sa force pour continuer à avancer et faisons chacun notre petite part pour faire avancer Sa vérité.Méditation - Justice et vérité

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Une méditation quotidienne vous est offerte tous les matins à partir de l'Évangile du jour par le Centre Le Pèlerin, spécialisé en accompagnement psychospirituel. Par cette prière du matin, prenez quelques minutes pour nourrir votre foi. Un temps d'intériorité qui éclaire toute la journée! Le Pèlerin offre de l'accompagnement spirituel ainsi qu'une formation en accompagnement depuis près de 25 ans à Montréal. Son approche d'intégration psychospirituelle permet de vivre une expérience spirituelle transformante et libératrice. Le Pèlerin: Le savoir intérieur qui transforme la vie.

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