EPISODE · Mar 30, 2026
Mayotte, dernier des départements 1/4 : Djazirat al Mawt, l’île de la mort
from LSD, la série documentaire
Depuis l’instauration en 1995 du visa dit « Balladur », les Comoriens n’ont d’autre possibilité que d’emprunter des barques pêcheurs, les kwasa kwasa pour se rendre à Mayotte. Des milliers sinon des dizaines milliers sont morts lors de cette traversée. Jazirat al Mawt, l’île de la mort, c’est ainsi que les navigateurs venus d’Oman ou du Shiraz ont baptisé l’île de Mayotte parce que ceinte d’une barrière de corail sur laquelle tant et tant de boutres et d’esquifs se sont abîmés. Depuis l’instauration en 1995 du visa dit « Balladur », les ressortissants comoriens n’ont d’autre choix que d’emprunter les kwasa kwasa, ces barques de pêcheurs à fond plat, pour rallier Mayotte où le PIB par habitant est dix fois supérieur à celui des Comores. Ils viennent trouver du travail, rejoindre de la famille ou bénéficier de soins. Entre 5000 et 10 000 personnes sont mortes dans les traversées de 1995 à 2012 selon la dernière estimation produite. Le décompte a cessé depuis. “C’est une hécatombe” confie Jean Lhuillier, le directeur des pompes funèbres de Mayotte qui est régulièrement réquisitionné par la police pour récupérer des corps échoués sur les plages ou accrochés aux branches des arbres de la mangrove. Pour empêcher ces passages, les gouvernements français successifs ont investi des centaines de millions d’euros sans jamais parvenir à y mettre un terme malgré les drones, les radars, les hélicoptères ainsi que les patrouilles maritime et terrestre de la Police aux frontières aux effectifs toujours plus nombreux. “La mission est belle” confie un policier de la PAF aux commandes de son bateau semi-rigide destiné à intercepter les kwasa kwasa au large de Mayotte quand bien même sait-il qu’une fois renvoyées aux Comores, la plupart de ces personnes tenteront à nouveau la traversée. “Ça ne me dérange pas d’accueillir dix fois la même personne” abonde une responsable du centre de rétention administrative (CRA) de Mayotte. Lorsqu’ils embarquent sur le ferry qui les ramène vers l’île comorienne d’Anjouan, les personnes expulsées fredonnent une chanson d’amour d’un artiste mahorais : “ne t’en fais pas, je reviendrai”. Avec Jean Lhuillier, directeur des pompes funèbres de Mayotte François-Xavier Bieuville, préfet de Mayotte Major Almallem, Police aux frontières (PAF) Ahmed Oumadi Mortada, pêcheur Djassadi, citoyen comorien Marjan Ghaem, avocate Romain Prenveille, Pierre Vedovato, bénévole à la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM) Nakchi, citoyen comorien Major Régine Bernardet, adjointe au chef du centre de rétention Commandante Cécilia Di Pirro, chef du service territorial de la police aux frontières (PAF) à Mayotte Charlotte, juriste Musiques originales, composées et interprétées par Abou Chihabi dont l’éphémère hymne national des Comores de 1976 à 1978
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Mayotte, dernier des départements 1/4 : Djazirat al Mawt, l’île de la mort
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