EPISODE · Dec 12, 2023 · 7 MIN
Méditation quotidienne du mercredi 13 décembre : Le joug d’Amour (No 101 - série 2023-2024)
from Méditations quotidiennes - Centre Le Pèlerin · host Centre Le Pèlerin
Évangile du Mercredi 13 décembre - 2e semaine de l'Avent (tiré du Prions en Église et pour les personnes qui voudraient s’abonner au Prions) « Venez à moi, vous tous qui peinez » Mt 11, 28-30 En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » Méditation L’impression que j’ai eu en lisant ce texte est de l’avoir regardé pendant des années de manière superficielle. C’est comme si, depuis longtemps, j’étais pris à choisir entre, d’un côté, mon joug et mon fardeau et, de l’autre, le joug du Christ et son fardeau. Je le priais un peu naïvement en lui demandant ; « Donne-moi ton joug et ton fardeau ». Mais il me semble qu’il y a là une lecture incorrecte de ce texte. Ce qui m’a frappé en le méditant, c’est qu’il n’y a pas deux fardeaux ni deux jougs mais un seul le nôtre. C’est pourquoi ma prière à Dieu ne pouvait fonctionner, car elle signifiait plus ou moins de lui demander d’écarter de moi le joug et le fardeau de mon existence. Mais cela est impossible, car c’est ce joug et ce fardeau qu’il est venu prendre. En fait, son appel pour nous est de ne pas s’enfuir de la réalité de notre existence et de notre histoire blessée, car c’est là que nous devons y être rencontrés. Ce qu’il nous demande vraiment est de vivre notre joug et notre fardeau non plus seul mais par, avec et en Lui. Qu’est-ce que cela signifie ? La clef première de réponse est dans le mot même de « joug » qui vient du latin « jugum » et qui « désigne proprement la pièce de bois qui unit deux animaux de trait, le plus souvent des bœufs, pour les amener à mieux conjuguer leurs efforts. Mais on peut aussi voir dans cet outil un symbole de soumission, d’asservissement »1. Ce « symbole de soumission, d’asservissement » est une problématique réelle pour nous quand il s’agit de notre rapport au mal et à la souffrance. Comme nous donnons foi (et il faudrait ajouter amour et espérance, même si cela semble absurde) au mal qui nous a été fait, c’est nous qui, de cette façon, nous asservissons au mal qui nous a été fait et nous le traînons toute notre vie, comme une sorte de poids sans fin et irrémédiable. Jésus nous offre ici, pour entrer dans la mystique propre avec laquelle il a porté le mal, de vivre ce joug comme une obéissance d’Amour au Père, non comme une soumission. Il ne s’agit donc pas d’une fuite de ce qui s’est présenté ou se présente à nous mais une saisie, une assomption de ce mal et de cette souffrance dans son obéissance à Lui au Père dans l’Esprit. Tout vivre, même le mal, comme un lieu où, de par l’obéissance d’Amour du Fils au Père, tout est « transsubstantié », transformé, porté d’Amour. Le « joug (alors devient) facile à porter ». D’abord parce que cette obéissance d’Amour nous libère de la soumission, de l’asservissement ou de la servitude que nous avons face au mal. Cette libération tient au fait que, dans l’Amour, nous retrouvons notre liberté, une façon de vivre les événements, les situations, les relations,... non plus dans la contrainte mais dans un consentement d’Amour au Père. Un tel consentement et obéissance nous donnent littéralement d’entrer par le Fils dans l’Amour trinitaire; Amour qui seul pose l’être dans sa réelle liberté et le fait participant de la liberté infinie de Dieu.
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Évangile du Mercredi 13 décembre - 2e semaine de l'Avent (tiré du Prions en Église et pour les personnes qui voudraient s’abonner au Prions) « Venez à moi, vous tous qui peinez » Mt 11, 28-30 En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » Méditation L’impression que j’ai eu en lisant ce texte est de l’avoir regardé pendant des années de manière superficielle. C’est comme si, depuis longtemps, j’étais pris à choisir entre, d’un côté, mon joug et mon fardeau et, de l’autre, le joug du Christ et son fardeau. Je le priais un peu naïvement en lui demandant ; « Donne-moi ton joug et ton fardeau ». Mais il me semble qu’il y a là une lecture incorrecte de ce texte. Ce qui m’a frappé en le méditant, c’est qu’il n’y a pas deux fardeaux ni deux jougs mais un seul le nôtre. C’est pourquoi ma prière à Dieu ne pouvait fonctionner, car elle signifiait plus ou moins de lui demander d’écarter de moi le joug et le fardeau de mon existence. Mais cela est impossible, car c’est ce joug et ce fardeau qu’il est venu prendre. En fait, son appel pour nous est de ne pas s’enfuir de la réalité de notre existence et de notre histoire blessée, car c’est là que nous devons y être rencontrés. Ce qu’il nous demande vraiment est de vivre notre joug et notre fardeau non plus seul mais par, avec et en Lui. Qu’est-ce que cela signifie ? La clef première de réponse est dans le mot même de « joug » qui vient du latin « jugum » et qui « désigne proprement la pièce de bois qui unit deux animaux de trait, le plus souvent des bœufs, pour les amener à mieux conjuguer leurs efforts. Mais on peut aussi voir dans cet outil un symbole de soumission, d’asservissement »1. Ce « symbole de soumission, d’asservissement » est une problématique réelle pour nous quand il s’agit de notre rapport au mal et à la souffrance. Comme nous donnons foi (et il faudrait ajouter amour et espérance, même si cela semble absurde) au mal qui nous a été fait, c’est nous qui, de cette façon, nous asservissons au mal qui nous a été fait et nous le traînons toute notre vie, comme une sorte de poids sans fin et irrémédiable. Jésus nous offre ici, pour entrer dans la mystique propre avec laquelle il a porté le mal, de vivre ce joug comme une obéissance d’Amour au Père, non comme une soumission. Il ne s’agit donc pas d’une fuite de ce qui s’est présenté ou se présente à nous mais une saisie, une assomption de ce mal et de cette souffrance dans son obéissance à Lui au Père dans l’Esprit. Tout vivre, même le mal, comme un lieu où, de par l’obéissance d’Amour du Fils au Père, tout est « transsubstantié », transformé, porté d’Amour. Le « joug (alors devient) facile à porter ». D’abord parce que cette obéissance d’Amour nous libère de la soumission, de l’asservissement ou de la servitude que nous avons face au mal. Cette libération tient au fait que, dans l’Amour, nous retrouvons notre liberté, une façon de vivre les événements, les situations, les relations,... non plus dans la contrainte mais dans un consentement d’Amour au Père. Un tel consentement et obéissance nous donnent littéralement d’entrer par le Fils dans l’Amour trinitaire; Amour qui seul pose l’être dans sa réelle liberté et le fait participant de la liberté infinie de Dieu.
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