Pourquoi n’avons-nous pas de queue ? episode artwork

EPISODE · Sep 18, 2025 · 2 MIN

Pourquoi n’avons-nous pas de queue ?

from Choses à Savoir SCIENCES

Lorsque l’on observe un singe sautant de branche en branche ou un chien remuant joyeusement l’arrière-train, une question s’impose : pourquoi nous, humains, avons-nous perdu la queue, alors qu’elle reste si utile chez beaucoup d’animaux ? La réponse n’est pas seulement une curiosité anatomique : elle raconte une partie de notre histoire évolutive.Une relique dans notre corpsChez l’embryon humain, une petite queue apparaît bel et bien. Vers la quatrième semaine de développement, un bourgeon caudal se forme, constitué de plusieurs vertèbres. Mais très vite, ce prolongement régresse et disparaît presque complètement. À la naissance, il ne reste qu’un vestige : le coccyx, situé tout en bas de la colonne vertébrale. Comme le souligne Jean-François Bodart, professeur de biologie cellulaire et du développement à l’université de Lille, « le coccyx est un témoin discret mais indiscutable de notre passé : il atteste que nous descendons bien d’ancêtres pourvus d’une queue ».Une question d’évolutionLa queue a longtemps joué un rôle majeur dans l’équilibre et la locomotion de nos ancêtres. Mais à partir du moment où les hominidés ont adopté une posture bipède, il y a environ 20 millions d’années, son utilité a progressivement disparu. En marchant debout, les humains ont trouvé un nouvel équilibre centré sur le bassin. « La sélection naturelle n’a pas conservé la queue chez nos ancêtres car elle ne représentait plus un avantage fonctionnel », explique Jean-François Bodart.Quand la génétique s’en mêleRécemment, les chercheurs ont identifié des mutations génétiques qui auraient contribué à cette perte. Un gène appelé TBXT (ou T-box transcription factor T) est particulièrement suspecté. Présent chez de nombreux vertébrés, il joue un rôle clé dans la formation de la colonne et du bourgeon caudal. Des variations dans son expression auraient pu conduire, chez les primates supérieurs, à une régression de la queue. Pour Bodart, « il ne s’agit pas d’un événement unique, mais d’un processus progressif au cours duquel plusieurs modifications génétiques se sont accumulées ».Une fonction remplacéeSans queue, avons-nous perdu quelque chose ? Pas vraiment. Le coccyx, loin d’être inutile, sert de point d’ancrage à plusieurs muscles et ligaments essentiels pour la posture assise et la continence. En un sens, il s’agit d’une transformation plutôt qu’une disparition. « L’évolution recycle en permanence ce qui existe déjà, rappelle Bodart. Le coccyx est devenu une pièce de charpente interne adaptée à notre mode de vie bipède. »Une histoire d’adaptationEn définitive, si nous n’avons plus de queue, c’est parce que nous n’en avions plus besoin. Notre évolution a privilégié la station debout et la libération des mains, au détriment d’un appendice devenu superflu. Ce petit vestige osseux que nous sentons parfois en tombant sur les fesses est la preuve silencieuse de millions d’années d’adaptations. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Episode metadata supplied by the publisher feed · Published Sep 18, 2025

Lorsque l’on observe un singe sautant de branche en branche ou un chien remuant joyeusement l’arrière-train, une question s’impose : pourquoi nous, humains, avons-nous perdu la queue, alors qu’elle reste si utile chez beaucoup d’animaux ? La réponse n’est pas seulement une curiosité anatomique : elle raconte une partie de notre histoire évolutive.Une relique dans notre corpsChez l’embryon humain, une petite queue apparaît bel et bien. Vers la quatrième semaine de développement, un bourgeon caudal se forme, constitué de plusieurs vertèbres. Mais très vite, ce prolongement régresse et disparaît presque complètement. À la naissance, il ne reste qu’un vestige : le coccyx, situé tout en bas de la colonne vertébrale. Comme le souligne Jean-François Bodart, professeur de biologie cellulaire et du développement à l’université de Lille, « le coccyx est un témoin discret mais indiscutable de notre passé : il atteste que nous descendons bien d’ancêtres pourvus d’une queue ».Une question d’évolutionLa queue a longtemps joué un rôle majeur dans l’équilibre et la locomotion de nos ancêtres. Mais à partir du moment où les hominidés ont adopté une posture bipède, il y a environ 20 millions d’années, son utilité a progressivement disparu. En marchant debout, les humains ont trouvé un nouvel équilibre centré sur le bassin. « La sélection naturelle n’a pas conservé la queue chez nos ancêtres car elle ne représentait plus un avantage fonctionnel », explique Jean-François Bodart.Quand la génétique s’en mêleRécemment, les chercheurs ont identifié des mutations génétiques qui auraient contribué à cette perte. Un gène appelé TBXT (ou T-box transcription factor T) est particulièrement suspecté. Présent chez de nombreux vertébrés, il joue un rôle clé dans la formation de la colonne et du bourgeon caudal. Des variations dans son expression auraient pu conduire, chez les primates supérieurs, à une régression de la queue. Pour Bodart, « il ne s’agit pas d’un événement unique, mais d’un processus progressif au cours duquel plusieurs modifications génétiques se sont accumulées ».Une fonction remplacéeSans queue, avons-nous perdu quelque chose ? Pas vraiment. Le coccyx, loin d’être inutile, sert de point d’ancrage à plusieurs muscles et ligaments essentiels pour la posture assise et la continence. En un sens, il s’agit d’une transformation plutôt qu’une disparition. « L’évolution recycle en permanence ce qui existe déjà, rappelle Bodart. Le coccyx est devenu une pièce de charpente interne adaptée à notre mode de vie bipède. »Une histoire d’adaptationEn définitive, si nous n’avons plus de queue, c’est parce que nous n’en avions plus besoin. Notre évolution a privilégié la station debout et la libération des mains, au détriment d’un appendice devenu superflu. Ce petit vestige osseux que nous sentons parfois en tombant sur les fesses est la preuve silencieuse de millions d’années d’adaptations. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

PodParley-generated summary based on available episode metadata and transcript content.

NOW PLAYING

Pourquoi n’avons-nous pas de queue ?

0:00 2:46

No transcript for this episode yet

We transcribe on demand. Request one and we'll notify you when it's ready — usually under 10 minutes.

What Works? Sophie Scott, UCL PALS Prof Sophie Scott, Director of the Institute of Cognitive Neuroscience at University College London, discusses life and science and careers with her colleagues from the Division of Psychology and Language Sciences at UCL, and beyond. The aim of the show is to highlight some amazing scientists, and explore their journeys through science and life, and find out what works for them. Lynne's Podcast Lynne August MD Dr. A offers her interpretations and applications of Dr. Revici’s profound research at DrRevici.com and the Revici Journal. Dr. Revici was arguably fifty to one hundred years ahead of his time in his application of quantum physics to medical sciences. As a once-aspiring physicist, this alone propelled Dr. A to Dr. Revici. As a physician, she felt compelled, and in some palpable way responsible, to understand Dr. Revici’s ability to control pain and achieve remissions in terminal cancer patients with his non-toxic “guided chemotherapy”, even many cancers that conventional therapy failed to control. Most of the time his questions and solutions were as unprecedented as they were effective. While Dr. Revici was primarily focused on cancer, Dr. A’s research and therapeutics to prevent and treat all chronic and degenerative disease can transform 21st century medicine. Hasheur Hasheur Bienvenue sur ma chaîne ! Je me présente, Owen Simonin (alias Hasheur), je vulgarise sur Youtube différentes technologies, techniques et stratégies complexes du monde du Business. Principalement à travers la Blockchain et les Cryptomonnaies (bitcoin), je décortique même les méthodes de paris en ligne, le trading et les autres types d'investissements ou rendements passifs. Mon objectif est de simplifier les sujets et les investissements les plus complexes du milieu afin de permettre à tous de ne rater aucune opportunité. Rania Awaad Muslim Central Dr. Rania Awaad M.D., is a Clinical Associate Professor of Psychiatry at the Stanford University School of Medicine where she is the Director of the Stanford Muslim Mental Health & Islamic Psychology Lab as well as Stanford University’s Affiliate Chaplain. In the community, she serves as the Executive Director of Maristan.org, a holistic mental health nonprofit serving Muslim communities, and the Director of The Rahmah Foundation, a non-profit organization dedicated to educating Muslim women and girls. In addition, she is faculty of Islamic Psychology at Cambridge Muslim College and The Islamic Seminary of America.She is also a Senior Fellow for Yaqeen Institute and the Institute of Social Policy and Understanding. Prior to studying medicine, she pursued classical Islamic studies in Damascus, Syria, and holds certifications (ijaza) in the Qur’an, Islamic Law, and other branches of the Islamic Sciences.

Frequently Asked Questions

How long is this episode of Choses à Savoir SCIENCES?

This episode is 2 minutes long.

When was this Choses à Savoir SCIENCES episode published?

This episode was published on September 18, 2025.

What is this episode about?

Lorsque l’on observe un singe sautant de branche en branche ou un chien remuant joyeusement l’arrière-train, une question s’impose : pourquoi nous, humains, avons-nous perdu la queue, alors qu’elle reste si utile chez beaucoup d’animaux ? La réponse...

Can I download this Choses à Savoir SCIENCES episode?

Yes, you can download this episode by clicking the download button on the episode player, or subscribe to the podcast in your preferred podcast app for automatic downloads.
URL copied to clipboard!