EPISODE · Dec 29, 2025
Quand l'apesanteur Sébastien Tellier porte la gravité William Sheller
"Le Mix de vos rêves", épisode 3. Mosimann fait se rencontrer Sébastien Tellier et William Sheller Comment font les gens pour être heureux ? La question paraît si simple, mais elle m'échappe toujours. J'imagine que Freud dirait que je suis resté programmé comme tout le monde pour voir d'abord le danger, d'abord le négatif. Alors peut-être que pour savourer le positif, il faudra accepter de traverser quelques emmerdes. Pas des petites contrariétés, on parle de vraies emmerdes. Comme si la joie ne se voyait que par contraste. Comme si le bonheur, au fond, c'était juste ça. Une pause, entre deux emmerdes. Alors qu'est-ce que ça veut dire être heureux ? À 25 ans, je pensais avoir trouvé la solution, je m'étais tatoué "carpe diem" sur la nuque, comme si deux mots gravés dans la peau avaient suffi à conjurer le vertige. Un peu comme mon ami Lilou, qui s'était tatoué le signe de l'infini pour se persuader que l'amour ne finirait jamais. Alors oui, on peut croire qu'être heureux, c'est cocher des cases. Posséder plus, être entouré, faire bonne figure. Ou simplement prendre un café avec Daphné Bürki après cette chronique. Moi, je crois qu'être heureux, c'est être à sa place. C'est se lever le matin en se regardant dans le miroir et se dire « Je suis exactement là où je devais être. » Un alignement discret, presque invisible, mais qui fait tenir le reste, comme si finalement, être heureux, c'était rêver juste assez pour tenir debout. Rêver chaque jour. Non pas pour s'évader, mais rêver comme on respire, éveillé, lucide. Car le rêve, c'est déjà une façon d'habiter le monde. Cette semaine, j'ai rêvé de Sébastien Tellier. Chez lui, le bonheur est cosmique, suspendu comme une sorte de déjà-vu. Vous savez ce truc bizarre, on se dit « Je connais cette chanson » alors que c'est la première fois qu'on l'entend. Plus tard, dans mon imaginaire, s'est invité William Sheller, avec cette phrase nue, sans phare. « Je veux être un homme heureux », un aveu qui n'explique rien, mais qui dit tout. Alors peut-être que le bonheur, c'est juste cet aller-retour permanent, entre l'apesanteur de Tellier qui se souvient et la gravité de Sheller qui désire. Et moi, ce qui me rend heureux, c'est créer l'impossible. Dans mon rêve, Tellier devenait Sheller, et Sheller devenait Tellier. Et moi, je créais la rencontre. Bonjour, c'est Moziman, et je produis le track de vos rêves sur France Inter.
Embed this episode
NOW PLAYING
Quand l'apesanteur Sébastien Tellier porte la gravité William Sheller
No transcript for this episode yet
Similar Episodes
No similar episodes found.
Similar Podcasts
No similar podcasts found.