EPISODE · Feb 8, 2026 · 1H 58M
Spéciale Bad Bunny : de Porto Rico au show du Super Bowl, qui est la star mondiale qui fustige Trump et l'ICE ?
from Spéciale
Qui est Bad Bunny, la popstar qui animera la mi-temps du Super Bowl 2026, ce 8 février ? Le chanteur croise ici un show à l’américaine dont les signaux sont de plus en plus politiques. Camille Diao et Mehdi Maïzi racontent l’histoire de deux monuments jusqu’à une rencontre annoncée comme explosive. Bad Bunny, immense star mondiale, reste pourtant moins connu de ce côté-ci de l’Atlantique, notamment en France. Originaire de Porto Rico, il est aujourd’hui l’un des artistes phares du reggaeton et, plus largement, de la pop latino. Le succès du chanteur, devenu aussi égérie de mode et icône pop, est tel que sa récente tournée de 30 dates consécutives sur son île natale a généré 200 millions de dollars de retombées directes. Le total monterait à 700 millions en incluant les retours induits. Les bénéfices pour la culture portoricaine, ses auteurs et ses artistes seraient, eux aussi, très conséquents. Cette série de concerts, intitulée Je ne veux pas partir d’ici, a commencé par neuf soirées exclusivement réservées à la population de l’île. Porto Rico compte près de 3 millions d’habitants, dont environ la moitié vit sous le seuil de pauvreté. Puis sont venues 21 dates ouvertes aux touristes à guichet fermé. Pendant 30 jours et 30 nuits, Porto Rico a tourné à plein régime en mode Bad Bunny : restaurants, hôtels, monuments… Tout affichait complet. L’île s’est imposée comme l’une des destinations stars de l’été 2025, une véritable remontada dans le classement des pays en vogue. Bad Bunny, total désaccord affiché avec Donald Trump Qu’une tournée soit sold out n’est pas rare pour les grandes popstars : les fans non portoricains se sont donc logiquement arraché les billets, vendus entre 60 et 300 dollars. Mais au-delà du succès artistique et de la ruée du public, cette tournée a aussi été perçue comme le reflet d’une démarche politique : Bad Bunny a décidé de ne pas se produire aux États-Unis dans le cadre de sa tournée mondiale, lancée après l’élection de Trump. Pourquoi ? Parce que l’artiste a craint pour la sécurité de ses fans, potentiellement de toutes origines, notamment des Caraïbes ou d’Amérique latine, des publics désormais dans le viseur de l’ICE. L’idée était à l’époque que d’éventuels travailleurs aux États-Unis, sans citoyenneté américaine, ne prennent pas le risque d’un contrôle, et que ses concerts ne deviennent pas, en miroir, des lieux d’intervention de la police des frontières. Une invitation au Super Bowl d'autant plus singulière et symbolique Certes, il y a une rentabilité évidente à faire venir Bad Bunny. L’an dernier, Kendrick Lamar avait établi un record d’audience, avec plus de 133 millions de personnes réunies devant la mi-temps en direct. Mais il y a aussi, et surtout, un choix symbolique, voire un risque, qui ressemble à une prise de position des organisateurs : le chanteur s’est clairement exprimé contre la politique de fermeture de Donald Trump et contre sa police, justement à travers cette tournée hors les murs. Depuis, l’artiste s’est produit en République dominicaine, à Mexico, avec des succès comparables sur les plans culturel et financier, sans passer par l’oncle Sam. L’annonce de son invitation pour célébrer la finale du Super Bowl, et sa désormais célèbre mi-temps, a donc fait grand bruit. Le président conservateur aurait rapidement réagi à l’annonce, affirmant qu’il n’aimait pas ces artistes et qualifiant ce choix de déplorable : Bad Bunny pour la mi-temps, mais aussi Green Day en ouverture, un trio punk rock, résolument anti-Trump, et avec un chanteur, Billie Joe Armstrong, connu pour sa langue bien pendue. Ouvertement opposé à Donald Trump Bad Bunny, qui avait soutenu la candidature de Kamala Harris, a publié le 4 juillet 2024, jour de la fête nationale américaine, un clip moquant Donald Trump et dénonçant sa politique conservatrice. Il l’avait déjà interpellé lors de sa première présidence : était-il un président… ou un compte Twitter ? Après l’annonce en octobre 2025 de son invitation au Super Bowl, le chanteur portoricain déclare : « Je suis ravi, et je pense que tout le monde est content, même Fox News. » Il ajoutait être impatient de faire le Super Bowl : « Et je sais que les fans de ma musique, à travers le monde, sont également ravis. » Début février 2026, une semaine avant le show, il remporte trois Grammys, dont l'album de l'année. Il déclare alors dans son discours de remerciements : "Je souhaite dédier ce prix à tous ceux qui ont dû quitter leur patrie pour poursuivre leurs rêves", avant de poursuivre : "ICE dehors ! Nous ne sommes pas des sauvages, nous ne sommes pas des animaux, nous ne sommes pas des étrangers. Nous sommes humains et nous sommes américains", devant une standing ovation du public et de ses pairs. Comment Benito Antonio Martinez Ocasio est-il devenu Bad Bunny ? Comment passe-t-on reggaeton au statut de superstar mondiale ? Et comment le producteur et artiste est-il devenu égérie de la mode et symbole politique, au-delà de toute musique ? Découvrez ou retrouvez l'histoire de Bad Bunny à l'écoute de cette émission spéciale, concoctée et présentée par Camille Diao et Mehdi Maïzi... Invités pour évoquer Bad Bunny : Sandy Ferreira : journaliste et créatrice de contenu, spécialiste des musiques d’Amérique Latine et des Caraïbes Driver : MC, rappeur, podcasteur et grand amateur de reggaeton, de retour de Puerto Rico où il a pu assister à l'un des 31 concerts donnés sur place par Bad Bunny Sophie Rosemont : journaliste et autrice (Girls Rock, Black Power...), spécialiste de musique et de pop culture
Embed this episode
Ready to play
Spéciale Bad Bunny : de Porto Rico au show du Super Bowl, qui est la star mondiale qui fustige Trump et l'ICE ?
No transcript for this episode yet
Similar Episodes
No similar episodes found.
Similar Podcasts
No similar podcasts found.