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EPISODE · Sep 10, 2026 · 21 MIN

TAMBOURS PARLANTS COMMUNICATIONS LAfrique doit bâtir ses propres universités93

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Hausse des frais universitaires en France : l’Afrique doit construire ses propres universitésPar Félicité Amaneyâ Râ VINCENTJournaliste, éditorialiste, fondatrice et rédactrice en chef de RADIOTAMTAM AFRICAUn rapport sénatorial français propose une transformation profonde du financement et de l’accès à l’université. Parmi les recommandations les plus controversées figurent une forte augmentation des droits d’inscription et la remise en question de l’accès automatique des bacheliers aux études supérieures.Selon les propositions présentées par le Sénat, les droits d’inscription des étudiants non boursiers pourraient atteindre environ 900 euros par an en licence et 1 300 euros en master, contre respectivement 178 euros et 254 euros actuellement. Les rapporteurs souhaitent également permettre aux universités de fixer plus librement leurs capacités d’accueil et d’évaluer les prérequis des candidats. Ces recommandations ne constituent pas encore une loi, mais elles relancent le débat sur l’avenir du modèle universitaire public français. Sénat, Public SénatCette perspective doit interpeller les gouvernements africains, particulièrement ceux des pays issus de l’ancien empire colonial français.Étudier en France pourrait devenir encore plus difficilePendant plusieurs décennies, la France a représenté une destination universitaire privilégiée pour de nombreux étudiants africains francophones. Mais ce parcours devient progressivement plus coûteux et plus sélectif.Aux droits d’inscription peuvent s’ajouter le logement, les transports, l’alimentation, l’assurance, les démarches administratives et les ressources minimales exigées pour obtenir un visa étudiant. Pour de nombreuses familles africaines, financer plusieurs années d’études en France représente déjà un sacrifice considérable.Si les recommandations sénatoriales étaient appliquées, elles pourraient accentuer les inégalités entre les étudiants disposant de ressources suffisantes et ceux issus de familles modestes. Les étudiants étrangers hors Union européenne pourraient être particulièrement exposés à cette évolution, selon les modalités finalement retenues.L’Afrique doit donc regarder cette réforme non comme un simple débat intérieur français, mais comme un avertissement stratégique.Le diplôme français ne peut plus être l’unique horizonNos États ne peuvent pas continuer à organiser l’avenir de leur jeunesse autour de l’espoir d’un départ vers Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse ou Montpellier.La France reste un partenaire universitaire important. Elle possède des établissements reconnus, des laboratoires de recherche et une longue tradition académique. Mais aucun pays africain ne devrait dépendre durablement d’un système universitaire étranger pour former ses médecins, ingénieurs, enseignants, agronomes, chercheurs, informaticiens et cadres supérieurs.La coopération internationale doit compléter les capacités africaines, non se substituer à elles.La question centrale n’est donc pas de savoir si la France a le droit de réformer le financement de ses universités. Elle consiste à se demander pourquoi tant de pays africains, plusieurs décennies après les indépendances, ne disposent toujours pas d’un nombre suffisant d’universités modernes, de laboratoires performants, de bibliothèques accessibles et de filières adaptées à leurs besoins.La France affronte elle-même une crise éducativeLe débat universitaire français intervient dans un contexte marqué par des difficultés persistantes dans la maîtrise de la lecture, de l’écriture et des mathématiques.Il serait inexact d’affirmer que tous les élèves arrivant en sixième ne savent pas lire. En revanche, les évaluations nationales montrent régulièrement qu’une partie importante des élèves entre au collège avec une maîtrise fragile des compétences fondamentales.

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