Vacances au ski, montagne et planète : peut-on encore partir aux sports d'hiver ? episode artwork

EPISODE · Feb 3, 2026 · 3 MIN

Vacances au ski, montagne et planète : peut-on encore partir aux sports d'hiver ?

from Y'a de l'idée · host Nostalgie Belgique

700 000 Belges partent aux sports d'hiver chaque année. Chance qui n'est malheureusement pas offerte à tout le monde... chance aussi qui a un prix. Non seulement pour le portefeuille mais aussi pour la planète. Dans dans le contexte climatique actuel, une question s’impose de plus en plus clairement : peut-on encore aller skier sans aggraver la pression sur la montagne ?Lorsqu’on analyse l’empreinte carbone d’un séjour au ski, on a tendance à pointer du doigt les remontées mécaniques ou les pistes. Pourtant, la principale source d’émissions de gaz à effet de serre n’est pas là. Le premier poste d’impact, et de loin, c’est le transport pour se rendre en station. Il représente environ 60 % des émissions liées à un séjour au ski. Voiture individuelle, avion, longues distances : c’est surtout le trajet qui pèse lourd sur le climat.Dans ce contexte, le train apparaît comme une alternative de plus en plus pertinente. Des liaisons existent déjà, comme des trains de nuit vers les Alpes françaises ou l’Autriche. Le changement demande un peu d’organisation, mais il offre aussi une autre manière de voyager, plus lente et souvent plus confortable sur le long terme.Le deuxième grand poste d’émissions concerne le chauffage des logements en station. On estime qu’environ 38 % des logements sont encore des passoires énergétiques. Ici, l’enjeu dépasse le touriste : ce sont les politiques publiques, les collectivités et les gestionnaires de stations qui ont un rôle clé à jouer en rénovant les bâtiments et en améliorant leur performance énergétique.Contrairement aux idées reçues, les remontées mécaniques ne représentent qu’une part très limitée des émissions, autour de 2%. En revanche, la question de la neige artificielle reste centrale. Les canons à neige sont extrêmement gourmands en énergie et en eau. En France, ils consomment à eux seuls des dizaines de millions de kilowattheures chaque année. À l’échelle européenne, la production de neige artificielle mobilise des volumes d’eau colossaux, équivalents à des milliards de douches. Des lacs artificiels sont parfois créés, ce qui fragilise les sols et les écosystèmes, sans résoudre durablement le problème du manque de neige.Face à ces constats, certaines stations tentent d’évoluer. Des labels comme Flocon vert valorisent les efforts mis en place pour limiter l’impact environnemental, repenser l’aménagement du territoire et diversifier les activités au-delà du ski. Dans certaines stations, comme à Tignes, la fonte accélérée des glaciers a conduit à des concertations citoyennes, où les habitants participent aux décisions sur l’avenir du territoire.À l’échelle individuelle, il reste aussi des leviers d’action. Privilégier les transports collectifs, louer ou acheter du matériel de seconde main, limiter le hors-piste pour ne pas perturber la faune hivernante, et bien sûr ramasser ses déchets. Chaque année, après la fonte des neiges, ce sont des dizaines de tonnes de déchets qui sont récupérées en montagne.Aller skier n’est donc pas un geste neutre. Mais en prenant conscience des enjeux et en adaptant nos pratiques, il est possible de réduire son impact. La montagne est un milieu fragile : s’y rendre, c’est aussi accepter que nous ne sommes qu’une espèce parmi d’autres, invitée sur un territoire qui mérite d’être respecté.Vous aimez ce contenu ? Alors n’hésitez pas à vous abonner, à lui donner des étoiles et à partager ce podcast autour de vous. Ça nous aide à nous faire connaitre et à essaimer les idées constructives qui rendent le monde plus joli ! Une chronique signée Leslie Rijmenams à retrouver (aussi) sur Nostalgie et www.nostalgie.be

700 000 Belges partent aux sports d'hiver chaque année. Chance qui n'est malheureusement pas offerte à tout le monde... chance aussi qui a un prix. Non seulement pour le portefeuille mais aussi pour la planète. Dans dans le contexte climatique actuel, une question s’impose de plus en plus clairement : peut-on encore aller skier sans aggraver la pression sur la montagne ?Lorsqu’on analyse l’empreinte carbone d’un séjour au ski, on a tendance à pointer du doigt les remontées mécaniques ou les pistes. Pourtant, la principale source d’émissions de gaz à effet de serre n’est pas là. Le premier poste d’impact, et de loin, c’est le transport pour se rendre en station. Il représente environ 60 % des émissions liées à un séjour au ski. Voiture individuelle, avion, longues distances : c’est surtout le trajet qui pèse lourd sur le climat.Dans ce contexte, le train apparaît comme une alternative de plus en plus pertinente. Des liaisons existent déjà, comme des trains de nuit vers les Alpes françaises ou l’Autriche. Le changement demande un peu d’organisation, mais il offre aussi une autre manière de voyager, plus lente et souvent plus confortable sur le long terme.Le deuxième grand poste d’émissions concerne le chauffage des logements en station. On estime qu’environ 38 % des logements sont encore des passoires énergétiques. Ici, l’enjeu dépasse le touriste : ce sont les politiques publiques, les collectivités et les gestionnaires de stations qui ont un rôle clé à jouer en rénovant les bâtiments et en améliorant leur performance énergétique.Contrairement aux idées reçues, les remontées mécaniques ne représentent qu’une part très limitée des émissions, autour de 2%. En revanche, la question de la neige artificielle reste centrale. Les canons à neige sont extrêmement gourmands en énergie et en eau. En France, ils consomment à eux seuls des dizaines de millions de kilowattheures chaque année. À l’échelle européenne, la production de neige artificielle mobilise des volumes d’eau colossaux, équivalents à des milliards de douches. Des lacs artificiels sont parfois créés, ce qui fragilise les sols et les écosystèmes, sans résoudre durablement le problème du manque de neige.Face à ces constats, certaines stations tentent d’évoluer. Des labels comme Flocon vert valorisent les efforts mis en place pour limiter l’impact environnemental, repenser l’aménagement du territoire et diversifier les activités au-delà du ski. Dans certaines stations, comme à Tignes, la fonte accélérée des glaciers a conduit à des concertations citoyennes, où les habitants participent aux décisions sur l’avenir du territoire.À l’échelle individuelle, il reste aussi des leviers d’action. Privilégier les transports collectifs, louer ou acheter du matériel de seconde main, limiter le hors-piste pour ne pas perturber la faune hivernante, et bien sûr ramasser ses déchets. Chaque année, après la fonte des neiges, ce sont des dizaines de tonnes de déchets qui sont récupérées en montagne.Aller skier n’est donc pas un geste neutre. Mais en prenant conscience des enjeux et en adaptant nos pratiques, il est possible de réduire son impact. La montagne est un milieu fragile : s’y rendre, c’est aussi accepter que nous ne sommes qu’une espèce parmi d’autres, invitée sur un territoire qui mérite d’être respecté.Vous aimez ce contenu ? Alors n’hésitez pas à vous...

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