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Choses à Savoir TECH VERTE
by Choses à Savoir
Tout ce qu'il faut savoir dans le domaine de la Green Tech. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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La « Grande Muraille photovoltaïque » visible depuis l’espace ?
Dans le désert de Kubuqi, en Mongolie intérieure, la Chine déploie un projet solaire aux dimensions presque continentales. Les médias locaux l’ont surnommé la « Grande Muraille photovoltaïque ». Malgré son nom, il ne s’agit pas d’une centrale unique, mais d’un vaste alignement de parcs solaires construits par plusieurs opérateurs le long de la frontière nord du désert.À terme, ce corridor doit s’étendre sur près de 400 kilomètres, avec une largeur pouvant atteindre cinq kilomètres. L’objectif affiché pour 2030 est considérable : 100 gigawatts de puissance installée et près de 40 térawattheures d’électricité produits chaque année. Cela correspondrait à environ 9 % de la consommation électrique annuelle française. Une partie de l’ensemble fonctionne déjà. La centrale de Junma s’est notamment fait remarquer par ses panneaux disposés en forme de cheval au galop. Cette réalisation figure au Guinness World Records comme la plus grande image photovoltaïque au monde.Le calendrier doit toutefois être considéré avec prudence. Les autorités chinoises annonçaient plus de 10 gigawatts installés en 2025, ainsi que 29 gigawatts supplémentaires en construction. Mais des données relayées par la NASA à la fin de 2024 évoquaient plutôt 5,4 gigawatts réellement déployés. L’objectif de 2030 reste néanmoins crédible au regard du rythme chinois : en mai 2025 seulement, le pays a ajouté 93 gigawatts de capacités photovoltaïques.Pour transporter cette énergie vers les grands centres de consommation, de nouvelles lignes à très haute tension sont construites sur près de 1 300 kilomètres, jusqu’à la mégarégion Pékin-Tianjin-Hebei. La muraille solaire poursuit aussi un objectif environnemental. En ombrageant les sols, les panneaux réduisent l’évaporation, préservent davantage l’humidité et favorisent le retour de certaines plantes. Ils doivent également ralentir les vents, limiter le déplacement des dunes, réduire les tempêtes de sable et protéger le fleuve Jaune contre l’ensablement. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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La physique peut doubler la durée de vie des batteries ?
Les batteries restent l’un des principaux points faibles des voitures électriques. Avec le temps, elles perdent en capacité, ce qui réduit leur autonomie et accélère leur remplacement. Or, plus elles s’usent vite, plus il faut recycler leurs composants et extraire de nouveaux métaux critiques, comme le nickel ou le cobalt.Pour améliorer leur longévité, les chercheurs travaillent généralement sur la chimie des électrodes ou de l’électrolyte, ce liquide qui permet aux ions lithium de circuler dans la batterie. Mais les gains obtenus dépassent rarement 5 à 10 %. Des ingénieurs de l’université de Cambridge, au Royaume-Uni, ont donc choisi une tout autre approche. Leurs travaux, publiés dans la revue *Nature Energy*, montrent qu’il serait possible de doubler la durée de vie d’une batterie lithium-ion sans modifier sa composition chimique.Pour comprendre, il faut imaginer qu’une batterie « respire ». Lorsqu’elle se charge ou se décharge, les ions lithium se déplacent entre l’anode et la cathode. Ces mouvements provoquent de légères dilatations et contractions des matériaux. À force de cycles, ces contraintes mécaniques finissent par dégrader les composants internes. Les chercheurs ont utilisé des batteries disponibles dans le commerce. Ils n’ont remplacé ni les électrodes ni l’électrolyte. Ils ont simplement ajouté de petits coussins d’air capables de se gonfler ou de se dégonfler pendant les cycles, afin de maintenir une pression constante sur la batterie. Les résultats indiquent qu’une pression bien réglée peut doubler sa longévité. Mais tout repose sur un équilibre précis. La zone idéale se situe autour de 12,5 bars, soit environ quatre fois la pression habituellement appliquée aux batteries bouton. Une pression trop forte favorise le dépôt de lithium sur l’anode. À l’inverse, une pression insuffisante peut entraîner des fissures dans la cathode.Ces travaux restent encore limités au laboratoire. Mais leurs conséquences potentielles sont importantes, notamment pour le marché des véhicules électriques d’occasion. Des batteries plus durables réduiraient les besoins de remplacement, le volume de déchets à recycler et la demande en matières premières. L’équipe de Cambridge a déjà déposé une demande de brevet. Son prochain défi consiste désormais à transformer cette idée mécanique, relativement simple, en une solution viable à l’échelle industrielle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Un mini-réacteur nucléaire 3D pour data centers ?
La course à l’énergie pour alimenter l’intelligence artificielle produit des projets toujours plus spectaculaires. Le 1er juillet, la start-up américaine Ampera a présenté ce qu’elle décrit comme le premier module de réacteur nucléaire imprimé en 3D au monde, pensé pour fournir de l’électricité aux centres de données.L’objet est bien réel : une sphère en carbure de silicium d’environ deux mètres, fabriquée d’un seul bloc. À l’intérieur, une structure dite gyroïde forme un réseau complexe de canaux larges de deux millimètres. Cette géométrie, impossible à obtenir avec des machines-outils classiques, augmente fortement la surface d’échange thermique. Le matériau utilisé peut, lui, résister à des températures proches de 3 000 degrés. La fabrication impressionne. Le fonctionnement annoncé reste toutefois à démontrer. Le cœur est dit sous-critique : il ne peut pas maintenir seul une réaction nucléaire en chaîne. Pour fonctionner, il doit recevoir en permanence des neutrons produits par un accélérateur. Si celui-ci s’arrête, la réaction s’éteint. Le thorium utilisé n’est pas directement fissile : bombardé par des neutrons, il se transforme en uranium 233, qui peut alors servir de combustible.Ampera promet des réacteurs de 15 à 30 mégawatts installés dans des conteneurs standards, capables de fonctionner trente ans sans rechargement. Le groupe prévoit une première partie consacrée à la conversion électrique dès 2027, puis un module nucléaire vers 2030, sous réserve de l’autorisation du régulateur américain. Mais la sphère présentée n’a encore jamais été mise en service et n’a produit aucun électron. Le partenaire technologique censé financer le projet n’a pas non plus été identifié.L’idée n’est pas nouvelle. Dès les années 1990, le prix Nobel Carlo Rubbia avait proposé au CERN un réacteur sous-critique au thorium piloté par accélérateur. Trente ans plus tard, aucun système comparable ne fonctionne commercialement. En Belgique, le projet MYRRHA travaille depuis des décennies sur un démonstrateur de 100 mégawatts. La Chine développe également son propre programme. Si ce concept revient aujourd’hui, c’est parce que les data centers réclament une énergie abondante, continue et décarbonée. Meta, Microsoft ou NVIDIA multiplient déjà les initiatives autour du nucléaire. Ampera expose donc une prouesse industrielle prometteuse, mais encore très éloignée d’une centrale opérationnelle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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997
Le Canada lance un mini-réacteur nucléaire pour alimenter 300.000 foyers ?
Les petits réacteurs nucléaires modulaires, ou SMR, occupent une place croissante dans les débats sur l’avenir de l’énergie. Leur principe est simple : construire des réacteurs plus compacts que les centrales classiques, standardisés, et théoriquement fabriqués en série. Cette logique doit permettre de réduire les délais, les coûts et les risques industriels. Mais entre la promesse technologique et les chantiers réels, l’écart reste important.En France, le soutien politique existe. Emmanuel Macron a annoncé un milliard d’euros pour développer les technologies nucléaires émergentes, dont les SMR. Une partie de cette enveloppe, environ 90 millions d’euros, concerne notamment des projets comme Jimmy et Calogena. Le pays dispose donc d’acteurs actifs dans la recherche et le développement, mais aucun projet français n’a encore atteint la phase de construction.Ailleurs, les choses avancent plus vite. Au Canada, le site de Darlington, à l’est de Toronto, est devenu l’un des symboles de cette course. Ontario Power Generation y porte un projet de quatre réacteurs BWRX-300, conçus par GE Vernova Hitachi. Le lancement des travaux a été marqué par la pose d’une dalle de fondation de 953 tonnes. Chaque réacteur doit fournir 300 mégawatts, soit 1 200 mégawatts au total une fois les quatre unités en service. Un seul de ces réacteurs pourrait alimenter plus de 300 000 foyers. L’investissement annoncé atteint 13,8 milliards d’euros.Les partisans des SMR y voient une filière industrielle capable de créer des milliers d’emplois pendant la construction, puis plusieurs décennies d’activité en exploitation. Les critiques, eux, pointent une question centrale : le modèle économique est-il vraiment solide ? L’abandon du projet NuScale aux États-Unis, en 2023, après une forte hausse des coûts, reste dans tous les esprits. L’OCDE rappelle aussi que les industriels occidentaux ne sont pas encore parvenus à produire ces réacteurs en grande série.La France avance donc prudemment. EDF a revu en 2024 son projet Nuward avec un design simplifié et des premiers chantiers repoussés avant 2030. La même année, le groupe s’est retiré de la compétition britannique. En parallèle, Calogena, Jimmy Energy, Stellaria, Newcleo ou Blue Capsule poursuivent leurs travaux. La filière existe, mais elle cherche encore son passage du laboratoire au béton. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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La France plus chaude que 99% de la planète ?
Le mardi 23 juin 2026 est entré dans les archives climatiques françaises. Ce jour-là, la France a connu la journée la plus chaude jamais mesurée à l’échelle nationale, avec un indicateur thermique de 29,8 °C. Cet indicateur ne correspond pas à une température relevée dans une seule ville : il s’agit d’une moyenne calculée à partir de plusieurs stations représentatives du territoire. Et c’est précisément ce qui rend le chiffre aussi marquant.Localement, les valeurs ont été encore plus impressionnantes. À Pissos, dans les Landes, le thermomètre est monté jusqu’à 44,3 °C. À Bordeaux, il a atteint 42,1 °C, un record absolu pour la ville, tous mois confondus. De nombreuses communes ont ainsi connu des températures inédites, parfois dignes de régions beaucoup plus chaudes du globe. Selon les premiers repères publiés par Keraunos, l’Observatoire français des orages et des tornades, cette moyenne nationale de 29,8 °C représente un écart de 10,2 °C par rapport à la normale de saison. Autrement dit, la France a connu ce jour-là une chaleur supérieure de plus de dix degrés à la moyenne observée entre 1991 et 2020 pour une fin juin.La comparaison donne le vertige. Les températures relevées en France se rapprochaient des moyennes mensuelles observées dans certaines régions du Moyen-Orient, du Grand Canyon ou du Sahara. À Strasbourg, l’atmosphère ressemblait à celle d’un mois de juin à Tripoli, en Libye. À Lyon, on retrouvait des valeurs comparables à Phoenix, aux États-Unis. À Bordeaux, la chaleur avoisinait celle de Bagdad, en Irak. Ces records ne sont plus de simples anomalies isolées. Ils deviennent des signaux d’une nouvelle réalité climatique. Chaque dixième de degré supplémentaire de réchauffement augmente la probabilité d’épisodes plus fréquents, plus longs et plus intenses. L’accumulation de gaz à effet de serre, notamment liée à la combustion des énergies fossiles, transforme progressivement les prévisions scientifiques en expériences vécues. Ce que les modèles annonçaient hier se mesure aujourd’hui dans les rues, dans les logements, dans les organismes. Et à mesure que les records tombent, une évidence s’impose : les alertes sont déjà là. Le temps, lui, se réduit. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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995
Un immense gisement d’hydrogène découvert en Moselle ?
L’Est de la France pourrait devenir un territoire stratégique pour l’hydrogène naturel. Le 23 juin 2026, La Française de l’Énergie a confirmé la présence d’un gisement à Folschviller, en Moselle Est. Une découverte importante, car elle concerne ce que l’on appelle parfois l’hydrogène blanc : un hydrogène naturellement présent dans le sous-sol, sans qu’il soit nécessaire de le fabriquer par électrolyse ou à partir d’énergies fossiles.Le projet est mené par La Française de l’Énergie, sous la direction d’Antoine Forcinal, dans le cadre du programme de recherche REGALOR II. Ce programme, prévu de 2025 à 2028, réunit plusieurs acteurs scientifiques et techniques : le laboratoire GeoRessources de l’Université de Lorraine, Solexperts France, le BRGM pour la direction Grand Est, ainsi que des chercheurs du CNRS, dont Jacques Pironon et Philippe Donato. Il bénéficie aussi du soutien de la région Grand Est et de l’Union européenne. Les premières mesures ont été réalisées dans le puits PTH-2, descendu jusqu’à 3 655 mètres de profondeur. Elles montrent un point essentiel : plus on descend, plus la concentration d’hydrogène naturel augmente. À 2 242 mètres, elle atteignait 36,1 %. À 2 426 mètres, elle montait déjà à 49,6 %. Les chercheurs estiment que les mécanismes de production pourraient se situer encore plus bas, autour de 5 000 à 6 000 mètres.Selon Philippe Donato, cette découverte suggère que l’hydrogène pourrait être dissous dans un aquifère, c’est-à-dire une réserve d’eau souterraine. Cela pourrait modifier la manière dont les scientifiques comprennent la répartition de cette ressource à l’échelle mondiale. Le potentiel annoncé est considérable : jusqu’à 35 millions de tonnes d’hydrogène. La Française de l’Énergie veut désormais confirmer ce gisement grâce à REGALOR II, avec l’ambition de devenir l’un des premiers producteurs d’hydrogène natif en Europe. La production commerciale est visée entre fin 2028 et début 2029. Le permis exclusif de recherche des Trois Évêchés, qui couvre 2 254 kilomètres carrés, donne à l’entreprise un cadre pour poursuivre ses explorations. Si les résultats se confirment, la Moselle pourrait jouer un rôle majeur dans la souveraineté énergétique européenne. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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994
Quel est l'impact des satellites sur la stratosphère et l'ozone ?
L’espace devient de plus en plus encombré. Il y a dix ans, moins de 300 satellites étaient lancés chaque année dans le monde. En 2025, on dépassait les 2 800. Cette explosion du secteur spatial pose désormais une question longtemps restée secondaire : que deviennent tous ces objets lorsqu’ils retombent sur Terre ?Un satellite en fin de vie ne disparaît pas proprement. En rentrant dans l’atmosphère, il brûle dans les couches supérieures, notamment dans la mésosphère, entre 40 et 100 kilomètres d’altitude. Cette combustion libère des gaz et des particules métalliques : aluminium, cuivre, plomb, lithium. Ces éléments descendent ensuite progressivement vers la stratosphère, où se trouve la couche d’ozone. Un livre blanc signé par une cinquantaine de chercheurs européens et américains, sous l’égide du Comité européen des sciences spatiales, alerte sur ce phénomène. Selon ses auteurs, le secteur spatial se développe beaucoup plus vite que notre capacité à mesurer ses effets. En 2023, la campagne aéroportée SABRE a déjà montré qu’environ 10 % des particules d’aérosols stratosphériques prélevées à 19 kilomètres d’altitude contenaient des métaux issus de la désintégration de satellites.Le risque n’est pas seulement chimique ou théorique. Certaines particules peuvent favoriser des réactions qui détruisent l’ozone. D’autres peuvent participer à la formation de nuages stratosphériques polaires, eux aussi impliqués dans l’affaiblissement de cette protection naturelle contre les ultraviolets. Il existe même un paradoxe réglementaire. Pour limiter les collisions en orbite, les règles imposent désormais aux satellites de redescendre plus vite, en moins de cinq ans. Et la stratégie dite « Design for Demise » encourage à concevoir des engins qui brûlent entièrement à la rentrée. Bonne intention, mais effet pervers : plus de combustion signifie aussi plus d’émissions dans l’atmosphère.Face à ces incertitudes, le groupe AIRL, lancé par l’Agence spatiale européenne et le Comité européen des sciences spatiales, propose un programme de recherche baptisé SPHERE. Avions, ballons stratosphériques et fusées-sondes doivent mesurer directement ces pollutions en altitude. Budget estimé : entre 6,4 et 8,7 millions d’euros. Les chercheurs appellent aussi à revoir le droit spatial, encore centré sur les impacts locaux des lancements. Et ils rappellent qu’une autre voie existe : récupérer les satellites grâce à des rentrées contrôlées, plutôt que brûler dans l’atmosphère des matériaux aussi précieux que l’aluminium ou le lithium. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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993
Désaliniser l’eau de mer sans énergie ?
Et si l’on pouvait produire de l’eau potable avec le soleil, sans rejeter de saumure polluante, tout en récupérant au passage des minéraux précieux comme le lithium ? C’est la piste ouverte par des chercheurs de l’Université de Rochester, aux États-Unis, au sein de son Institute of Optics. Leur technologie, développée sous la direction de Chunlei Guo, repose sur des panneaux solaires d’un genre particulier : des surfaces métalliques noires, finement modifiées au laser.Le principe est à la fois simple et ingénieux. Les chercheurs utilisent un laser femtoseconde, c’est-à-dire un laser capable d’agir sur des temps extrêmement courts, pour texturer le métal à très petite échelle. Cette surface devient alors capable d’absorber presque toute l’énergie solaire. Une fine couche d’eau s’y dépose, chauffe, s’évapore, puis se distille. Autrement dit, l’eau salée se transforme en vapeur, puis en eau douce, laissant derrière elle les sels et minéraux. L’intérêt majeur de cette méthode concerne l’absence de saumure rejetée. Dans les procédés classiques de désalinisation, cette eau très concentrée en sel est souvent renvoyée dans le milieu marin. Elle peut augmenter localement la salinité, réduire l’oxygène disponible et fragiliser la biodiversité. Ici, les résidus ne sont pas rejetés : ils sont récupérés.La technologie va même plus loin. La partie active du panneau favorise l’évaporation, tandis qu’une zone passive, non traitée, collecte les sels et minéraux. Les chercheurs exploitent pour cela un phénomène connu sous le nom d’« auréole de café » : lorsqu’une goutte sèche, les particules se concentrent sur les bords. Le même mécanisme permet ici d’acheminer les sels vers une zone où ils peuvent être extraits sans obstruer le système. Des nanoparticules d’hydrure de titane intégrées à la surface facilitent notamment la récupération du lithium, un métal stratégique pour les batteries. Les essais menés avec des eaux du Pacifique, de l’Atlantique, de l’océan Indien et du Grand Lac Salé montrent des résultats prometteurs. Environ 50 % du lithium présent dans les sels résiduels du Grand Lac Salé a pu être extrait. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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992
Bilan inquiétant, un an après le sommet de Nice ?
Un an après la Conférence des Nations unies sur l’océan organisée à Nice, le bilan reste contrasté. Sur le plan diplomatique, les avancées sont réelles. Sur le plan scientifique, en revanche, l’état des océans continue de se dégrader.Le 8 juin 2026, à l’occasion de la Journée mondiale des océans, les chercheurs ont rappelé l’ampleur des pressions exercées sur les mers : réchauffement climatique, pollution, pêche illicite, recul de la biodiversité. En juin 2025, Nice avait accueilli 175 pays pour tenter de renforcer la protection de cet espace vital. L’un des principaux résultats avait été l’accélération des ratifications de l’accord BBNJ, destiné à protéger la biodiversité en haute mer, c’est-à-dire dans les zones situées au-delà des juridictions nationales.Depuis, plus de 90 pays ont ratifié le texte. Son entrée en vigueur en janvier 2026 a marqué une étape importante pour la gouvernance internationale des océans. Les responsables espèrent désormais dépasser 110, voire 120 États membres avant la première COP Océan, prévue à New York en janvier 2027. La France a, elle aussi, annoncé de nouvelles mesures. Trois grandes aires marines, en Guadeloupe, dans la baie d’Audierne et dans les Terres australes et antarctiques françaises, bénéficient d’une protection renforcée. Le gouvernement affirme que plus de 14,6 % des eaux françaises sont désormais placées sous protection forte. Un plan contre les déchets plastiques en mer a également été présenté.Mais les données scientifiques tempèrent fortement cet optimisme. Le baromètre Starfish 2026, élaboré par 29 chercheurs de 14 pays, montre que 84,4 % des récifs coralliens mondiaux ont subi un stress thermique sévère, provoquant leur blanchissement. Le rythme d’élévation du niveau de la mer a doublé sur la période 2012-2025. Et 1 685 espèces marines sont aujourd’hui menacées de disparition, soit huit de plus que lors du précédent décompte. Les aires marines protégées couvrent désormais plus de 10 % de l’océan mondial, une première. Mais seules 3,2 % bénéficient d’une protection élevée ou intégrale. L’objectif de 30 % d’ici 2030 reste donc lointain. Le paradoxe est là : la mobilisation politique progresse, mais les indicateurs écologiques continuent de virer au rouge. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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991
UE : 50 milliards d’économie grâce au renouvelable ?
L’Europe découvre que la transition énergétique ne relève plus seulement de l’urgence climatique. Elle devient aussi une affaire d’économie et de souveraineté. En 2025, l’essor des énergies renouvelables a permis à l’Union européenne d’économiser 51,4 milliards d’euros sur ses importations de combustibles fossiles. Un chiffre majeur, issu des données de l’Agence internationale de l’énergie et du centre d’analyse Ember.Dans un contexte marqué par les tensions au Moyen-Orient et la volatilité des prix de l’énergie, ces économies montrent que les infrastructures vertes jouent désormais un rôle de protection. Moins l’Europe dépend du gaz, du pétrole ou du charbon importés, moins elle subit les chocs géopolitiques extérieurs. Les chiffres publiés par Strategic Perspectives confirment cette tendance. En 2025, les importations énergétiques de l’Union ont reculé de 11,1 % en valeur et de 0,6 % en volume par rapport à 2024. Elles s’établissent à 336,7 milliards d’euros, pour 723,3 millions de tonnes. Dans le même temps, l’Europe a investi environ 90 milliards d’euros dans les renouvelables.Le solaire s’impose comme le moteur principal de cette transformation. La production photovoltaïque européenne a dépassé 340 térawattheures, soit 12,5 % du mix énergétique régional. Un térawattheure correspond à un milliard de kilowattheures : c’est donc une quantité d’électricité considérable. Sur un an, le solaire a progressé de plus de 60 térawattheures, l’équivalent de la consommation annuelle du Portugal. L’éolien accompagne cette dynamique. En avril 2026, l’éolien et le solaire ont même dépassé le gaz naturel sur un mois complet à l’échelle mondiale, avec 22 % de l’électricité produite contre 20 % pour le gaz. Ember rappelle toutefois que ce résultat bénéficie de conditions saisonnières favorables : davantage de vent, plus de soleil, et une demande modérée entre chauffage et climatisation.La limite est donc connue : pour installer durablement les renouvelables au cœur du système, il faut renforcer le stockage et les réseaux intelligents. Mais la direction est claire. En réduisant sa facture fossile, l’Europe libère des capitaux, protège ses citoyens des prix instables et rapproche son économie de l’objectif de neutralité carbone en 2050. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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990
La France va reproduire l’énergie du Soleil en laboratoire ?
À Saint-Paul-lès-Durance, dans les Bouches-du-Rhône, se construit l’un des projets scientifiques les plus ambitieux de notre époque : ITER, pour *International Thermonuclear Experimental Reactor*. Son objectif est simple à formuler, mais immense à réaliser : reproduire sur Terre la fusion nucléaire, le mécanisme qui alimente le Soleil. Le chantier s’étend sur 180 hectares, soit environ 250 terrains de football, tout près du centre du CEA de Cadarache. Cette proximité facilite les échanges avec les équipes françaises spécialisées dans l’énergie atomique. ITER repose sur une technologie appelée tokamak. Il s’agit d’une machine en forme d’anneau, comparable à un donut, conçue pour enfermer un plasma grâce à de très puissants champs magnétiques.Le plasma, c’est une matière portée à des températures extrêmes, où les atomes sont dissociés en noyaux et électrons. Dans ITER, il doit dépasser 150 millions de degrés Celsius. À l’inverse, les aimants supraconducteurs qui le confinent doivent être refroidis à moins 269 degrés. Faire cohabiter ces deux mondes, presque le zéro absolu d’un côté et une chaleur plus intense qu’au cœur du Soleil de l’autre, représente un défi colossal pour les matériaux et l’ingénierie. L’intérêt de la fusion est considérable. La réaction entre deutérium et tritium pourrait libérer beaucoup plus d’énergie que les combustibles classiques. Un gramme de ce mélange fournirait autant d’énergie que 11 tonnes de charbon. Un litre d’eau, contenant environ 30 milligrammes de deutérium, pourrait représenter l’équivalent énergétique de 340 litres de pétrole s’il était entièrement exploité.Mais ITER ne produit pas encore d’électricité. C’est un réacteur expérimental, destiné à prouver qu’il est possible d’obtenir dix fois plus d’énergie que celle injectée pour déclencher la réaction. Le projet rassemble l’Union européenne, les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud. Cette coopération internationale implique plus d’un million de composants venus de différents pays, avec une coordination extrêmement complexe. Résultat : les premiers essais de fusion, envisagés au départ pour 2014, sont désormais repoussés à 2034. Le budget, estimé à 6,3 milliards de dollars en 2006, se situe aujourd’hui entre 20 et 40 milliards d’euros.ITER prépare surtout l’étape suivante : DEMO, un futur réacteur capable de produire de l’électricité après 2050, dans le meilleur des cas. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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989
Le Portugal déplace 2 millions de tonnes de sable pour sauver ses plages ?
Dans le sud du Portugal, les plages de l’Algarve ne sont pas seulement des paysages de carte postale. Elles constituent aussi l’un des piliers de l’économie régionale. Mais, sous l’effet des vagues, des courants et d’un changement climatique qui accentue la montée des eaux et les tempêtes, le littoral recule progressivement.Pour protéger ces rivages, le gouvernement portugais a lancé une opération d’envergure : déplacer environ 2,2 millions de tonnes de sable afin d’élargir certaines plages de près de 37 mètres. Le chantier représente un investissement de 14,8 millions d’euros et concerne 6,7 kilomètres de côte, entre Quarteira et Garrão, dans la municipalité de Loulé. Les secteurs de Trafal, Vale do Lobo, Forte Novo, Quarteira et Garrão sont directement concernés. La méthode employée porte un nom : le rechargement artificiel des plages, ou *beach nourishment*. Le principe consiste à prélever du sable sur des fonds marins voisins, puis à le transporter jusqu’au rivage. Ici, environ 1,4 million de mètres cubes de sédiments sont acheminés par bateau avant d’être répartis sur les plages grâce à de longues canalisations.L’Agence portugaise de l’environnement coordonne les travaux. Ceux-ci sont réalisés par étapes afin de limiter les perturbations, notamment pendant la saison touristique. Une étude environnementale encadre également la répartition du sable, pour éviter d’étouffer certains milieux marins ou d’endommager le patrimoine archéologique présent sous l’eau. L’objectif n’est pas uniquement de préserver les serviettes des vacanciers. L’intervention doit aussi ralentir l’érosion des falaises et protéger la Ria Formosa, un système fragile de lagunes et d’îles-barrières situé sur la côte de l’Algarve.Cette technique ne constitue toutefois pas une solution définitive. Le sable ajouté finit lui aussi par être déplacé par les courants et les tempêtes. Il s’agit donc d’une protection temporaire, qu’il faut régulièrement renouveler. Le Portugal avait déjà conduit des opérations comparables en 1998, 1999, 2006 et 2010. Le chantier illustre ainsi un défi croissant pour les régions côtières : maintenir artificiellement des plages dont l’érosion naturelle s’accélère, tout en protégeant à la fois le tourisme, les habitants et les écosystèmes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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988
Amazon a consommé 10 milliards de litres d’eau en 2025 ?
L’intelligence artificielle ne consomme pas seulement de l’électricité. Elle a aussi besoin d’eau. Les centres de données qui font fonctionner les modèles génératifs dégagent une chaleur considérable, et cette chaleur doit être évacuée pour éviter la surchauffe des serveurs. En 2025, Amazon a donc publié, pour la première fois, des chiffres détaillés sur l’eau utilisée par ses installations.Le groupe affirme que ses data centers ont consommé environ 9,5 milliards de litres sur l’année. Le volume paraît immense, mais Amazon préfère le rapporter à la quantité d’électricité consommée. Son indicateur atteint 0,12 litre d’eau par kilowattheure, contre une moyenne sectorielle estimée à 0,84 litre. Autrement dit, l’entreprise revendique une efficacité environ sept fois supérieure à celle de ses concurrents. Le ratio s’est également amélioré par rapport à 2024, où il atteignait encore 0,15 litre par kilowattheure.Pour limiter ses besoins, Amazon mise principalement sur le refroidissement par air. Celui-ci fonctionne près de 90 % du temps. Le refroidissement évaporatif, qui utilise de l’eau pour faire baisser la température, n’est activé qu’au-delà de 29 degrés. Le groupe a également augmenté la tolérance thermique de ses serveurs, afin qu’ils puissent fonctionner dans un environnement légèrement plus chaud. Grâce à ces mesures, la consommation totale d’eau a reculé de 2 % en un an. Ces chiffres ne racontent toutefois pas toute l’histoire. Ils n’intègrent pas les centres de données loués auprès d’opérateurs tiers, qui représentaient environ un cinquième de la puissance d’Amazon en 2024. Ils excluent aussi l’eau utilisée pour produire l’électricité et celle mobilisée pendant la construction des sites.La pression environnementale monte donc autour de l’ensemble du secteur, qu’il s’agisse d’Amazon, de Microsoft, de Google ou de Meta. À Seattle, un moratoire d’un an sur l’expansion des data centers a même été voté peu après cette publication, avec le soutien d’une partie des salariés d’Amazon. Les progrès d’efficacité sont réels, mais ils ne suffisent pas à éteindre le débat. Car si chaque kilowattheure demande moins d’eau, la demande mondiale en calcul, elle, continue d’exploser. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Un nouveau matériaux pourrait bouleverser la tech écolo ?
Dans la recherche sur les matériaux, le résultat final n'est parfois que la partie visible de l'expérience. Une équipe de scientifiques vient justement de découvrir plusieurs structures restées jusque là cachées au cours d'une réaction chimique. Leurs travaux ont été publiés dans la revue Nature Communications et pour observer ces transformations, les chercheurs ont combiné plusieurs techniques de pointe.La résonance magnétique nucléaire à l'état solide permet notamment d'étudier l'environnement des atomes dans un matériau. La diffraction des rayons X révèle, elles, leur organisation dans l'espace. En croisant ces résultats avec une analyse détaillée de la structure atomique, l'équipe a pu identifier des phases intermédiaires que les méthodes habituelles n'avaient jamais détectées. Les scientifiques se sont intéressés à des molécules appelées précurseurs à la source unique. Ces composés renferment dès le départ tous les éléments chimiques nécessaires à la fabrication d'un matériau. Lorsqu'on les chauffe, leurs atomes se réorganisent progressivement jusqu'à former le produit recherché.Habituellement, les chercheurs analysent surtout le matériau obtenu à la fin. Cette fois, ils ont suivi la réaction étape par étape, une approche qui leur a permis de repérer plusieurs structures stables apparaissant temporairement entre le composé initial et le produit final. Parmi elles figure une quatrième forme d'un matériau déjà étudié pour sa capacité à absorber la lumière solaire, le vanadate de bismuth ou Bivo4 pour l'acronyme. Ce composé est notamment utilisé pour faciliter la production d'hydrogène à partir de l'eau grâce à l'énergie lumineuse. La nouvelle phase du Bivo4 possède une organisation atomique particulière et interagit différemment avec la lumière. Elle pourrait donc améliorer les matériaux employés pour produire des carburants solaires. En tout cas, tout ce que je viens de vous dire, c'est ce qu'ont détaillé les chercheurs.Une autre phase intermédiaire découverte présente de son côté une forte capacité de stockage du lithium. Elle ouvre ainsi des pistes pour concevoir de meilleures batteries destinées aux véhicules électriques ou au stockage de l'électricité renouvelable. L'étude montre surtout que la température, la vitesse de chauffage et le déroulement de la réaction peuvent devenir de véritables outils de conception. Il ne s'agit plus simplement de fabriquer un produit final mais d'explorer tout le parcours chimique pour découvrir des matériaux cachés potentiellement utiles à la transition énergétique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Un trace brune dans l'atlantique inquiète les scientifiques ?
Un immense ruban d'algues brunes traversent désormais l'Atlantique. En mai dernier, les satellites ont recensé 37,5 millions de tonnes de sargasses pélagiques, réparties entre les côtes de l'Afrique de l'Ouest et le golfe du Mexique. Cette formation porte un nom, la Grande Ceinture de Sargasses de l'Atlantique. Il y a 15 ans, elle n'existait pas sous cette forme. Autrefois, ces algues flottaient surtout dans la mer des Sargasses, une région chaude de l'Atlantique relativement pauvre en nutriments. Mais depuis leur première prolifération massive en 2021, leur air de répartition ne cesse de s'étendre. En 2025, cette ceinture a atteint 8 850 km de long, soit plus de deux fois la largeur des États-Unis continentaux. Une étude publiée dans la revue Harmful Algae retrace 40 années d'observation satellitaire, d'analyse chimique et de relevé de terrain. Elle montre que les Sargasses profitent d'un apport croissant en azote et en phosphore, de nutriments qui stimulent fortement leur développement. Dans des eaux suffisamment riches, leur biomasse peut doubler en seulement 11 jours. Ces apports ne proviennent plus uniquement des mécanismes naturels de l'océan. Ils viennent aussi des terres, engrais agricoles entraînées par la pluie, eaux usées ou dépôts atmosphériques. Le fleuve Amazon joue notamment un rôle majeur. Lors des fortes crues, ils déversent dans l'Atlantique d'importantes quantités de nutriments, ensuite transportés par les courants marins. Les Sargasses ne sont pourtant pas inutiles, elles servent d'habitats à plus d'une centaine d'espèces, parmi lesquelles des poissons, des invertébrés et des tortues marines. Le problème commence lorsqu'elles deviennent trop abondantes et s'échouent sur les côtes. En se décomposant, elles libèrent du sulfure d'hydrogène, un gaz toxique à l'odeur d'œufs pourris. Elles étouffent les plages, fragilisent les récifs coralliens, créent des zones pauvres en oxygène et imposent des coûts de nettoyage considérables. Elles émettent également du méthane, un puissant gaz à effet de serre. Et pour les chercheurs, cette prolifération impose une surveillance internationale, de meilleurs systèmes de prévision et surtout une réduction des rejets de nutriments. L'eutrophisation, longtemps considérée comme un problème côtier, transforme désormais l'océan à l'échelle d'un continent. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Qu’est-ce que le projet E-Car de Stellantis ?
Stellantis tente de reprendre la main sur un segment qu’il avait presque abandonné : celui des petites voitures électriques abordables. Pendant que Citroën, Opel et Peugeot levaient le pied sur l’entrée de gamme, Renault a relancé l’offensive avec sa nouvelle Twingo E-Tech sous les 20 000 euros. Volkswagen prépare aussi son retour, avec l’ID.Polo annoncée sous les 25 000 euros, puis l’ID.EVERY1 sous les 20 000 euros en 2027.Face à cette pression, Stellantis officialise son projet E-Car. Le « E » signifie à la fois européen, émotionnel, électrique et écologique. Le modèle doit être produit à Pomigliano d’Arco, près de Naples, dans l’usine où la Fiat Pandina quittera les chaînes en 2028. Chez Citroën, cette future voiture doit combler l’espace entre la très petite Ami et la C3 électrique. Aucun prix officiel n’a été annoncé, mais certaines rumeurs évoquent environ 15 000 euros avant aides, voire un peu moins. Pour comparaison, la C3 électrique démarre aujourd’hui à 19 990 euros, avec 200 kilomètres d’autonomie.Ce projet s’inscrit aussi dans un contexte réglementaire très favorable. En décembre 2025, la Commission européenne a créé une catégorie M1e, réservée aux voitures électriques de moins de 4,2 mètres fabriquées dans l’Union européenne. Chaque modèle vendu compte pour 1,3 véhicule dans le calcul des émissions de CO2 du constructeur. Autrement dit, vendre une petite électrique européenne permet de compenser une partie des émissions des modèles thermiques. Pour les industriels, l’enjeu est considérable : sans ce mécanisme, les constructeurs européens risquaient jusqu’à 15 milliards d’euros d’amendes sur plusieurs années.Le choix de Pomigliano n’est donc pas seulement industriel. Il est aussi stratégique, puisque seuls les sites situés dans l’Union donnent droit à cet avantage. L’usine italienne en avait besoin. En 2025, sa production a chuté de 21,9 %, avec 131 180 véhicules assemblés et un recours massif aux aides sociales. Avec l’E-Car, Stellantis redonne donc une perspective à un site fragilisé. La future plateforme STLA Small doit accueillir ces modèles compacts, mais le groupe reste discret sur les technologies employées. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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984
Face à l’IA, l’Europe s’en prend aux particuliers ?
L’Europe accélère sur les data centers, mais elle découvre aussi le prix énergétique de cette ambition. Selon les projections disponibles, la capacité des centres de données européens doit passer de 12 gigawatts en 2025 à 28 gigawatts d’ici 2030. Dans ce contexte, la Commission européenne a annoncé de nouvelles normes minimales de performance pour les installations, qu’elles soient nouvelles ou déjà existantes. L’objectif affiché est simple : encadrer un secteur devenu stratégique pour l’intelligence artificielle, le cloud et la souveraineté numérique. Mais un point sensible reste en suspens. Un label de durabilité, censé prendre en compte la consommation d’eau et l’approvisionnement en énergie propre, était attendu. Il n’a finalement pas été publié. En cause : un débat encore ouvert sur le traitement des data centers alimentés par de l’électricité nucléaire.Cette initiative s’inscrit dans un paquet plus large sur la souveraineté technologique européenne, qui comprend aussi un règlement sur le cloud et l’IA, ainsi qu’une révision du Chips Act, le texte destiné à renforcer la production de semi-conducteurs en Europe. Le cas irlandais montre l’urgence du sujet. En 2024, les data centers y ont consommé 22 % de toute l’électricité nationale, plus que l’ensemble des foyers urbains du pays. En août 2024, un troisième data center de Google a même été refusé dans le sud de Dublin, faute de capacité suffisante sur le réseau et d’énergie renouvelable disponible sur place.La pression ne concerne pas seulement l’Irlande. Des études citées par la Commission indiquent que la concentration rapide des data centers peut faire grimper les coûts de l’électricité de 20 à 40 % dans certaines zones européennes, notamment à Paris. En France, leur consommation électrique a déjà augmenté de 38 % en trois ans, avec une forte concentration en région parisienne. Le problème est clair : les normes annoncées améliorent l’efficacité des installations, mais elles ne disent pas encore qui paie la facture. Aucun mécanisme ne répartit aujourd’hui clairement le coût entre opérateurs numériques et consommateurs résidentiels. Alors que les projets d’usines IA géantes se multiplient, une question devient centrale : l’Europe peut-elle bâtir sa souveraineté numérique sans faire porter aux ménages le poids énergétique de cette course ? Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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983
Face à BYD, Ford lance la contre-attaque électrique ?
Après plusieurs années d’hésitations, de restructurations et de recul commercial, Ford a voulu montrer qu’il n’avait pas renoncé à l’Europe. Le constructeur américain a reconfirmé l’arrivée de cinq nouveaux modèles électrifiés sur le Vieux Continent d’ici la fin de la décennie. L’objectif était clair : reprendre pied sur un marché où la marque avait perdu du terrain, face aux constructeurs européens, mais aussi face à la montée très rapide des marques chinoises.Cette annonce est intervenue dans un contexte un peu plus favorable pour Ford, notamment en France. Louis-Carl Vignon, président de Ford France, a indiqué que les modèles électriques représentaient 55 % des commandes enregistrées dans l’Hexagone au mois d’avril. Le constructeur bénéficiait notamment du lancement de modèles importants comme l’Explorer électrique et le Capri EV, tous deux développés sur la plateforme MEB de Volkswagen. Cette plateforme est une base technique conçue pour les véhicules électriques, qui permet de partager batteries, moteurs et architecture électronique entre plusieurs modèles.Dans le détail, Ford a présenté une feuille de route centrée sur les particuliers. Elle comprenait une petite citadine électrique, dans l’esprit de la Fiesta, un SUV compact zéro émission, ainsi que plusieurs SUV proposés en versions électriques ou hybrides. La marque a aussi confirmé l’arrivée en Europe d’un nouveau SUV compact inspiré de la famille Bronco, produit à partir de 2028 dans son usine de Valence, en Espagne. Le positionnement était assumé : un véhicule au style robuste, plus aventurier, mais adapté au marché européen. Ce plan répondait aussi à une inquiétude plus large. Jim Farley, le patron de Ford, avait multiplié les alertes sur la progression des constructeurs chinois, qu’il décrivait comme une menace majeure pour l’industrie occidentale. BYD, notamment, s’était imposé comme l’un des concurrents les plus redoutés, avec des modèles abordables et très avancés technologiquement.Ford n’a donc pas cherché à basculer brutalement vers le tout électrique. Le groupe a plutôt défendu une transition progressive, mêlant électrique et hybride, plus proche des usages réels des automobilistes. Pour réduire ses coûts, il s’est aussi appuyé sur des partenariats industriels, notamment avec Volkswagen, et potentiellement Renault pour certains futurs modèles produits en France. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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982
En 2027, les batteries amovibles deviennent obligatoires ?
L’Europe a adopté deux textes distincts sur la réparabilité des batteries, et il ne faut pas les confondre. Le premier, le règlement européen 2023/1670, concerne les smartphones et les tablettes. Le second, le règlement 2023/1542, s’appliquera à partir du 18 février 2027 à la plupart des autres appareils portables fonctionnant sur batterie : casques audio, liseuses, consoles portables ou encore ordinateurs portables.Le principe général du texte de 2027 est clair : l’utilisateur doit pouvoir retirer et remplacer lui-même la batterie avec des outils courants. Un simple tournevis doit suffire. Si un outil particulier est indispensable, le fabricant devra le fournir gratuitement avec l’appareil. Les batteries de remplacement devront aussi rester disponibles pendant au moins cinq ans après la mise sur le marché. Certains fabricants ont déjà anticipé cette évolution. Sennheiser a lancé son casque Momentum 5 avec une batterie remplaçable à l’aide d’un tournevis Phillips. Fender avait suivi une logique similaire avec ses écouteurs Mix. Preuve que la contrainte technique n’est pas forcément insurmontable.Mais plusieurs zones grises subsistent. Le cas des montres connectées, bracelets de fitness ou lunettes intelligentes reste discuté. Leurs batteries sont souvent très petites, donc plus délicates à manipuler. La coalition Right to Repair Europe conteste toutefois cet argument, en citant notamment la Pixel Watch 4, déjà dotée d’une batterie amovible. Pour les smartphones, le cadre est différent. Les fabricants doivent bien proposer certaines pièces détachées pendant sept ans, batterie comprise. Mais une exception existe. Si le téléphone conserve 83 % de sa capacité après 500 cycles de charge, 80 % après 1 000 cycles, et s’il est certifié IP67, le remplacement peut rester réservé aux professionnels. Ces trois critères doivent être réunis.En pratique, beaucoup de smartphones actuels remplissent déjà ces conditions. Realme et Oppo revendiquent même 80 % de capacité après 1 600 cycles. Apple, de son côté, a introduit un adhésif à libération électrique sur ses derniers iPhone, facilitant le retrait de la batterie sans confirmer de lien avec la réglementation européenne. Fairphone défend depuis longtemps une autre approche : prouver que durabilité et réparabilité peuvent aller ensemble. À l’inverse, Meta a retardé le lancement européen de ses lunettes Ray-Ban Display, notamment à cause de ces nouvelles règles sur les batteries. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Courte pause d'une semaine !
Bonjour à toutes et à tous. ! Ceci n'est pas un épisode ordinaire, mais juste un petit message pour vous dire qu'il n'y aura pas d'épisode en cette première semaine du mois de juin. Choses à Savoir Tech Verte prend quelques jours de repos pour revenir tout l'été avec pleins de sujets tech passionnants ! Merci encore pour votre fidélité et rendez-vous la semaine du 8 juin pour le retour des épisodes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Eliminer les marées noires grâce à des billes ?
Les marées noires font partie de ces catastrophes que l’on redoute autant qu’on espère ne jamais revoir. Elles surviennent lorsqu’un hydrocarbure, du pétrole brut le plus souvent, est rejeté en mer à la suite d’un accident, comme une collision de navires ou un incident sur une plateforme pétrolière. Une fois à la surface, le pétrole forme une nappe qui perturbe tout l’écosystème : poissons asphyxiés, oiseaux englués, littoraux durablement contaminés. Même si ces événements sont aujourd’hui moins fréquents, leurs conséquences restent majeures et exigent des solutions rapides et efficaces.C’est précisément sur ce terrain que se positionne une équipe de chercheurs de l’Université d’Hiroshima. Dans une étude publiée en mars 2026 dans la revue scientifique Polymers for Advanced Technologies, ils présentent une innovation prometteuse : de petites billes capables de capturer le pétrole directement à la surface de l’eau. Ces billes sont composées de matériaux naturels. On y trouve notamment du chitosane, un polymère issu de la chitine, que l’on retrouve par exemple dans les carapaces de crustacés, et de l’acétate de cellulose, dérivé de fibres végétales. À cela s’ajoute la bentonite, une argile connue pour ses propriétés d’absorption. Résultat : un matériau à la fois léger, biodégradable et particulièrement efficace.Le principe est simple, mais ingénieux. Ces billes flottent naturellement et agissent comme de minuscules éponges. Elles adsorbent, c’est-à-dire qu’elles captent à leur surface, les hydrocarbures présents dans l’eau, sans se mélanger à eux. Cette distinction est importante : contrairement à une simple absorption, l’adsorption permet de récupérer plus facilement le polluant une fois piégé.Selon les chercheurs, ces billes présentent plusieurs avantages par rapport aux solutions existantes, souvent coûteuses ou difficiles à recycler. Elles affichent une capacité d’adsorption élevée, y compris dans des conditions proches de celles de l’eau de mer, avec un pH légèrement basique. Autre atout : leur récupération. Comme elles restent à la surface, il est plus simple de les collecter après utilisation, limitant ainsi les impacts secondaires sur l’environnement. Reste désormais à passer du laboratoire au terrain. Les scientifiques souhaitent tester leur efficacité en conditions réelles, face à différents types d’hydrocarbures. Si les résultats se confirment, cette technologie pourrait ouvrir la voie à une dépollution plus durable… et plus respectueuse des océans. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Une technologie solaire qui fonctionne même dans le noir ?
L’intelligence artificielle générative ne fonctionne pas sans une puissance de calcul colossale… et donc sans une consommation d’énergie tout aussi massive. Aux États-Unis, celle des centres de données pourrait presque tripler d’ici 2030. À elle seule, Meta a consommé plus de 18 000 gigawattheures en 2024, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 1,7 million de foyers américains.Pour répondre à cette demande, les géants de la tech multiplient les solutions. Jusqu’ici, Meta s’appuyait sur un mix énergétique varié : nucléaire, éolien, géothermie… Mais une nouvelle piste, plus futuriste, est désormais explorée : capter l’énergie solaire directement depuis l’espace. Le groupe a signé un accord avec Overview Energy, une startup américaine fondée en 2022. Son ambition : collecter l’énergie du soleil en orbite géosynchrone – une zone où les satellites restent positionnés au-dessus d’un même point de la Terre et bénéficient d’un ensoleillement constant.Concrètement, des satellites captent cette énergie en continu, puis la transmettent vers la Terre sous forme de lumière proche infrarouge. Ce rayonnement, invisible à l’œil humain et moins intense que la lumière solaire directe, est conçu pour être sans danger. Une fois au sol, il est capté par des panneaux photovoltaïques classiques, qui le convertissent en électricité. L’intérêt est majeur : produire de l’énergie solaire… même la nuit. Les infrastructures existantes pourraient ainsi fonctionner en continu, sans nécessiter de nouveaux raccordements au réseau électrique.Ce point est crucial, car aujourd’hui, de nombreux projets de data centers sont ralentis par des contraintes d’accès au réseau. Sur les 12 gigawatts attendus en 2026, seule une partie est réellement en construction. Overview Energy introduit même un nouveau concept, le « mégawatt-photon », pour mesurer la puissance lumineuse nécessaire à produire de l’électricité. Mais le projet reste encore à l’état expérimental. Le premier satellite de démonstration est prévu pour 2028, avec une exploitation commerciale envisagée à partir de 2030. En parallèle, Meta explore d’autres solutions, comme le stockage d’énergie longue durée avec Noon Energy, capable de fournir de l’électricité pendant plusieurs jours. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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978
La Chine stocke son hydrogène dans une grotte de sel ?
Dans la transition énergétique, l’hydrogène est souvent présenté comme une solution prometteuse, notamment pour les secteurs difficiles à électrifier, comme l’industrie lourde ou certains transports. Mais un obstacle majeur persiste : son stockage. L’hydrogène est une molécule extrêmement légère et très petite, capable de s’échapper facilement des matériaux classiques. Autrement dit, le contenir en grande quantité reste un défi technique.En Chine, une entreprise pourrait avoir trouvé une piste crédible. Le groupe China Pingmei Shenma travaille actuellement sur un projet de stockage à très grande échelle, dans la ville de Pingdingshan, dans la province du Henan. L’idée : utiliser une caverne naturelle de sel pour y stocker de l’hydrogène. Ce choix n’est pas anodin. Le sel possède des propriétés particulièrement intéressantes pour ce type d’usage. Il est dense, peu perméable et capable de se déformer légèrement pour combler les fissures, ce qui limite les fuites. En clair, il agit comme une barrière naturelle efficace.Le projet prévoit une capacité impressionnante : un million de mètres cubes. Une première étape, selon les ingénieurs, qui pourrait ouvrir la voie à des infrastructures encore plus vastes si les résultats sont concluants. Pour Yang Chunhe, de l’Académie chinoise d’ingénierie, ces cavernes de sel pourraient devenir une solution clé pour stocker et transporter l’hydrogène à grande échelle. Techniquement, le système repose aussi sur un processus de compression. L’hydrogène, généralement produit à partir d’énergies renouvelables, est injecté dans la cavité à haute pression, environ 15 mégapascals, soit 150 fois la pression atmosphérique. Deux compresseurs assurent un flux constant, permettant de stabiliser le gaz dans cet espace confiné.Ce type de stockage souterrain n’est pas totalement nouveau, il est déjà utilisé pour le gaz naturel, mais son adaptation à l’hydrogène représente une avancée importante. Reste à vérifier la fiabilité du système dans le temps, notamment sur plusieurs mois d’exploitation. Si l’expérience s’avère concluante, elle pourrait changer la donne. Disposer de grandes réserves d’hydrogène stables et accessibles est une condition essentielle pour faire de ce gaz une véritable alternative énergétique. Et dans cette course, les cavernes de sel pourraient bien jouer un rôle stratégique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Faire de l’électricité avec des gaz polluants ? C’est possible !
Transformer la pollution en électricité : l’idée peut sembler ambitieuse, mais elle prend forme dans les laboratoires. En Corée du Sud, une équipe de l’Université Sungkyunkwan a mis au point un dispositif baptisé GCEG, pour « Gas Capture and Electricity Generator ». Une innovation présentée dans la revue Energy & Environmental Science, qui pourrait, à terme, alimenter de petits appareils électroniques tout en capturant des gaz polluants.Aujourd’hui, la lutte contre le changement climatique repose en partie sur des technologies de captage du carbone, appelées CCUS – pour « capture, utilisation et stockage du CO₂ ». Ces systèmes permettent de récupérer des gaz à effet de serre dans l’air ou à la sortie des usines, puis de les stocker ou de les transformer. Mais ils ont un inconvénient majeur : ils consomment eux-mêmes beaucoup d’énergie.Le dispositif GCEG propose une approche différente. Il ne se contente pas de capturer les gaz : il transforme directement leur présence en électricité. Autrement dit, il convertit une réaction physico-chimique, ici, l’adsorption, c’est-à-dire la fixation des molécules de gaz sur une surface, en courant électrique. Techniquement, le système repose sur une structure en deux couches. La première est constituée d’un hydrogel, un matériau capable d’absorber des substances tout en conservant sa structure. La seconde est faite de papier de mûrier, une fibre naturelle riche en cellulose, recouverte de noir de carbone, un matériau conducteur qui sert d’électrode.Lorsque des gaz comme le dioxyde de carbone ou le dioxyde d’azote entrent en contact avec ce dispositif, ils provoquent un déplacement de charges électriques à l’intérieur du matériau. Ce mouvement d’ions génère alors un courant, sans aucune source d’énergie externe. En résumé, la pollution devient une forme de carburant. Le système est très sensible, capable de fonctionner même à faible concentration de gaz. Lors des tests, il a produit une tension de 0,8 volt avec un courant de 55 microampères. En combinant plusieurs modules, les chercheurs ont atteint près de 4 volts. Ces performances restent modestes, mais suffisantes pour envisager des usages concrets, notamment pour alimenter des capteurs ou des petits dispositifs électroniques. À plus long terme, l’enjeu sera d’améliorer le rendement pour passer à une échelle industrielle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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140 millions de dollars pour des data centers sur l’eau ?
Installer des serveurs en pleine mer pour faire fonctionner des modèles d’intelligence artificielle… l’idée semble sortie d’un roman de science-fiction. Pourtant, la startup américaine Panthalassa veut en faire une réalité. Basée à Portland, elle vient de lever 140 millions de dollars pour accélérer son projet, avec le soutien d’investisseurs comme Peter Thiel ou encore John Doerr.Le concept est radical : déployer en mer des plateformes flottantes autonomes, capables de produire leur propre énergie et d’héberger des serveurs dédiés à l’IA. Ces structures, d’environ 85 mètres de long, exploitent l’énergie des vagues pour générer de l’électricité. Cette énergie alimente directement des puces informatiques à bord, tandis que les résultats sont transmis à terre via satellite.L’intérêt est double. D’abord, contourner les limites des centres de données terrestres, qui nécessitent des infrastructures électriques massives. Ensuite, résoudre un problème crucial : le refroidissement. Les serveurs chauffent énormément, et leur refroidissement consomme jusqu’à 40 % de leur énergie. Ici, l’eau de mer joue ce rôle naturellement. Panthalassa affirme avoir testé plusieurs prototypes entre 2021 et 2024. Une nouvelle génération de plateformes doit être déployée dans le Pacifique dès 2026, avec une commercialisation envisagée en 2027.Ce n’est pas la première tentative. Microsoft avait déjà expérimenté l’immersion de serveurs sous-marins avec son projet Natick, constatant un taux de panne bien plus faible que sur terre. D’autres initiatives émergent en Chine ou au Japon, avec des centres de données sous-marins ou installés sur des navires. Mais Panthalassa se distingue par son approche : des structures totalement autonomes, sans câble ni ancrage, capables de se déplacer vers les zones les plus favorables en énergie.Reste que les défis sont nombreux. La corrosion due au sel, la fiabilité des connexions satellites en cas de mauvais temps, ou encore la maintenance sans intervention humaine pendant de longues périodes posent question. Dans un contexte où la demande en puissance informatique explose, notamment avec l’IA, ces solutions alternatives ne relèvent plus de l’expérimentation isolée. Elles pourraient bien devenir une pièce clé du futur numérique… à condition de prouver leur robustesse sur la durée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Un robot souple qui se décompose sans polluer le sol ?
Chaque année, chacun d’entre nous produit près de huit kilos de déchets électroniques. À l’échelle mondiale, cela représente 62 millions de tonnes en 2022. Un volume colossal… et surtout en constante augmentation. Le problème, c’est que cette masse croît cinq fois plus vite que les capacités de recyclage. Résultat : une grande partie de ces déchets finit enfouie ou incinérée, avec des conséquences environnementales bien réelles.Recycler ces objets reste un défi technique. Nos appareils sont conçus comme des assemblages complexes : plastiques, métaux, composants électroniques… souvent imbriqués de manière indissociable. Et c’est encore plus vrai pour les robots dits “souples”, de plus en plus utilisés en agriculture ou en médecine. Ces machines combinent des matériaux avancés comme des polymères élastiques, des alliages métalliques et des semi-conducteurs, le tout difficile à séparer en fin de vie.Mais une équipe de chercheurs sud-coréens, issue de l’Université nationale de Séoul et de l’Université Sogang, propose une piste radicalement différente : concevoir des robots… entièrement biodégradables. Leur étude, publiée dans la revue Nature Sustainability, présente un robot souple capable de se décomposer sans laisser de trace toxique. Pour y parvenir, les scientifiques ont utilisé un matériau structurel particulier, un polymère biodégradable appelé poly(sébacate de glycérol), ou PGS. Ce type de matériau, que l’on appelle un élastomère, possède des propriétés proches du caoutchouc tout en étant capable de se dégrader naturellement.À cela s’ajoutent des composants électroniques eux aussi biodégradables, fabriqués à partir de matériaux comme le magnésium, le molybdène ou encore le silicium, choisis pour leur capacité à se dissoudre progressivement dans l’environnement sans danger. Malgré cette conception inédite, les performances sont au rendez-vous. Le robot peut embarquer des capteurs de température ou d’humidité, produire de la chaleur ou même administrer des médicaments. Et surtout, il reste fonctionnel après un million de cycles d’utilisation, preuve de sa robustesse. Une fois son rôle terminé, il peut être placé dans des conditions de compostage industriel et se décomposer en quelques mois seulement. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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974
Le Japon bouleverse la puissance des panneaux solaires ?
Pourquoi les panneaux solaires actuels ne captent-ils qu’une partie de l’énergie du soleil ? La réponse tient à une limite bien connue des physiciens : limite de Shockley-Queisser. Elle fixe le rendement maximal des cellules photovoltaïques classiques autour de 33 %. En d’autres termes, même dans des conditions idéales, deux tiers de l’énergie solaire sont perdus. Cette inefficacité vient du comportement des photons, ces particules de lumière. Les moins énergétiques, notamment dans l’infrarouge, ne parviennent pas à exciter les électrons. À l’inverse, les photons très énergétiques, comme ceux du spectre bleu, libèrent trop d’énergie, dont une partie est dissipée sous forme de chaleur. Résultat : une conversion limitée.Une équipe de chercheurs de l’Université de Kyushu, au Japon, et de l’Université Johannes Gutenberg en Allemagne propose aujourd’hui une piste pour dépasser ce plafond théorique. Leur approche repose sur un phénomène quantique appelé fission de singulet. Le principe est subtil mais prometteur : un photon très énergétique peut être “divisé” en deux excitations plus petites, appelées excitons. Ces excitons sont des états d’énergie capables d’être convertis en courant électrique. Autrement dit, un seul photon peut générer deux unités exploitables au lieu d’une.Jusqu’ici, ce mécanisme restait difficile à exploiter. Les excitons ont une durée de vie extrêmement courte et disparaissent avant d’être récupérés. Pour contourner cet obstacle, les chercheurs ont combiné une molécule organique, le tétracène, avec un complexe métallique à base de molybdène. Ce dernier agit comme un “piège” ultra-rapide, capable de capturer ces excitons avant leur disparition. Résultat : les scientifiques parviennent à produire en moyenne 1,3 état énergétique utile par photon absorbé. Une performance qui dépasse symboliquement les 100 %… sans violer les lois de la physique. Il ne s’agit pas de créer plus d’énergie que reçue, mais d’exploiter plus efficacement chaque photon. Cette avancée ouvre des perspectives majeures. Si elle est industrialisée, elle pourrait permettre de concevoir des panneaux solaires nettement plus performants, réduisant les pertes et améliorant la production d’énergie renouvelable. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Transformer le CO2 en carburant, c’est possible ?!
Capter le CO₂ industriel sans eau, ou presque. L’idée peut sembler contre-intuitive, et pourtant, elle est au cœur de la technologie développée par la jeune biotech girondine Syklea. Installée près de Bordeaux, cette entreprise fondée en 2021 s’appuie sur plus de deux décennies de recherche sur les microalgues. Son objectif : transformer le dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre, en ressource exploitable. Une approche qui s’inscrit pleinement dans la logique d’économie circulaire.Traditionnellement, les systèmes utilisant des microalgues reposent sur de grands bassins remplis d’eau. Syklea propose une alternative radicale avec sa technologie “No Water Technology”. Ici, les algues ne flottent pas dans l’eau : elles se développent sur un support très fin, avec une quantité minimale de liquide recyclé en circuit quasi fermé. Les gains annoncés sont significatifs : jusqu’à 99 % d’eau en moins, une réduction des coûts énergétiques de 45 à 60 %, et une capacité de capture de CO₂ pouvant atteindre 100 grammes par mètre carré et par jour. Certaines souches, comme Botryococcus braunii, permettent même de produire des lipides transformables en biocarburants.Le fonctionnement est relativement simple. Les fumées industrielles sont dirigées vers des panneaux recouverts de microalgues. Sous l’effet de la lumière, ces organismes réalisent la photosynthèse : ils absorbent le CO₂ et le convertissent en biomasse. Cette matière peut ensuite être valorisée, par exemple en carburants, en plastiques ou en produits cosmétiques. L’intérêt environnemental est double. D’un côté, on réduit les émissions de CO₂ à la source. De l’autre, on évite de stocker ce carbone sous terre, une solution controversée, en le réutilisant directement.La technologie vise avant tout les industries les plus émettrices : cimenteries, aciéries ou raffineries, des secteurs où les solutions de décarbonation restent limitées. Syklea développe aussi des applications urbaines, avec des dispositifs de purification de l’air pour les bâtiments ou l’espace public. Encore discrète, l’entreprise avance ses pions. Si ses performances se confirment à grande échelle, elle pourrait devenir un acteur clé de la transition écologique industrielle en Europe. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Objectif 30 GW de puissance de calcul chez OpenAI ?
La course à l’intelligence artificielle entre dans une nouvelle dimension. OpenAI annonce vouloir porter sa capacité de calcul à 30 gigawatts d’ici 2030. Pour donner un ordre de grandeur, un gigawatt correspond à la puissance d’un réacteur nucléaire. Autrement dit, l’objectif équivaut à plusieurs dizaines de centrales électriques mobilisées pour faire tourner des systèmes d’IA.Aujourd’hui, l’entreprise dispose d’environ 1,9 gigawatt. Elle vise donc une multiplication par seize en cinq ans. Une montée en puissance spectaculaire, portée par le succès de ses services depuis le lancement de ChatGPT et par une demande mondiale en forte croissance. Mais OpenAI n’est pas seule. Amazon et Anthropic ont eux aussi annoncé des investissements massifs, avec plusieurs gigawatts de capacité en préparation. La compétition est désormais industrielle.Pour atteindre ces objectifs, il faudra des infrastructures colossales : centres de données, réseaux électriques renforcés, et surtout des composants électroniques très spécialisés. OpenAI travaille notamment sur une puce maison intégrant de la mémoire HBM — une technologie ultra-rapide empilée en couches, essentielle pour traiter d’énormes volumes de données. Problème : cette mémoire est aujourd’hui rare. Les fabricants comme Samsung ou SK Hynix peinent à suivre la demande. Cette tension pourrait avoir des répercussions concrètes : hausse des prix pour les ordinateurs, les smartphones ou les consoles, faute de composants disponibles.Mais l’enjeu dépasse l’économie. Il est aussi environnemental. Alimenter 30 gigawatts de calcul implique une consommation énergétique massive, sans parler du refroidissement des serveurs, qui nécessite souvent d’importantes quantités d’eau. Si cette énergie n’est pas décarbonée, l’empreinte carbone de l’IA pourrait fortement augmenter. Le secteur fait donc face à un dilemme : soutenir une innovation technologique majeure, tout en limitant son impact écologique. Certaines entreprises explorent déjà des solutions, comme l’utilisation d’énergies renouvelables ou l’optimisation des algorithmes pour consommer moins. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Comment les vêtements européens finissent au Chili ?
Avec le retour des beaux jours, beaucoup en profitent pour faire du tri et déposer leurs vêtements dans des bornes de collecte. Un geste perçu comme écologique. Pourtant, la réalité de cette filière est parfois bien plus complexe.Une partie des vêtements donnés en Europe ou en Amérique du Nord est exportée vers des pays en développement. C’est notamment le cas du Chili, devenu malgré lui l’un des symboles de cette dérive. Selon une enquête de la BBC, une quantité importante de ces textiles finit abandonnée dans le désert d’Atacama, au nord du pays. Chaque année, le Chili importe environ 123 000 tonnes de vêtements usagés. La majorité transite par la zone franche d’Iquique, créée dans les années 1970 pour stimuler l’économie locale. Une partie de ces vêtements est revendue sur des marchés d’occasion, notamment à La Quebradilla, près d’Alto Hospicio.Mais tout ne trouve pas preneur. Jusqu’à 39 000 tonnes de textiles invendus seraient ainsi jetées ou brûlées chaque année. En cause : le coût élevé du recyclage ou de la gestion des déchets, qui pousse certains acteurs à s’en débarrasser illégalement. Le phénomène est difficile à contenir. Les autorités locales, malgré des patrouilles et des systèmes de surveillance, peinent à faire face à l’ampleur des dépôts sauvages. Le désert, facilement accessible, devient une zone de déversement quasi incontrôlée.Face à cette situation, des initiatives émergent. Un entrepreneur a investi plusieurs millions de dollars dans une usine de recyclage capable de transformer ces vêtements en fibres ou en feutre, utilisés ensuite dans l’industrie, par exemple pour l’isolation ou l’ameublement. L’objectif affiché : traiter jusqu’à 20 tonnes de textiles par jour. Parallèlement, le Chili a adopté en 2025 une loi de “responsabilité élargie des producteurs”. Ce principe impose aux entreprises de prendre en charge la fin de vie de leurs produits. Autrement dit, les marques ne peuvent plus ignorer ce que deviennent leurs vêtements une fois jetés. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Des lampadaires adaptés à la recharge des véhicules électriques ?
La transition vers la voiture électrique ne se joue pas seulement dans les usines automobiles. Elle dépend aussi d’un élément souvent moins visible, mais tout aussi crucial : les infrastructures de recharge. Et sur ce terrain, toutes les villes ne sont pas encore prêtes.À Prague, la question devient urgente. La capitale tchèque anticipe jusqu’à 180 000 véhicules électriques en circulation d’ici 2030. Une montée en puissance rapide, qui nécessitera environ 4 500 points de recharge supplémentaires pour répondre aux besoins des automobilistes. Mais dans une grande ville, l’espace est une ressource rare. Installer des bornes dédiées implique souvent des travaux lourds, des coûts élevés et des contraintes d’aménagement. Alors, Prague explore une alternative plus discrète : transformer le mobilier urbain existant.Concrètement, la municipalité prévoit d’équiper 150 lampadaires de dispositifs de recharge pour véhicules électriques. L’idée est simple : utiliser les infrastructures déjà en place — notamment les réseaux électriques qui alimentent l’éclairage public — pour y ajouter une seconde fonction. On parle ici d’usage “dual”, c’est-à-dire un équipement capable de remplir deux rôles en même temps.Ce type de solution présente plusieurs avantages. D’abord, elle limite les travaux de voirie, souvent coûteux et perturbants pour les habitants. Ensuite, elle permet une intégration plus harmonieuse dans le paysage urbain, sans multiplier les installations visibles. Enfin, elle réduit les coûts : Prague prévoit une enveloppe d’environ 4,1 millions d’euros pour ce projet, un investissement relativement modéré à l’échelle d’une capitale. La ville n’est pas la première à envisager cette piste. Des projets similaires ont déjà été évoqués à Londres ou à New York, preuve que le sujet dépasse largement les frontières européennes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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La France, championne d'Europe de production de biogaz ?
La France confirme son avance dans un secteur encore discret mais stratégique : celui du gaz renouvelable. En 2025, ses capacités de production ont progressé de 13 %, plaçant le pays en tête en Europe. Un niveau qui correspond désormais à la consommation annuelle d’environ un million de foyers.Selon le Panorama des gaz renouvelables et bas carbone, publié début avril, l’Hexagone est devenu le premier injecteur de biométhane dans les réseaux gaziers, devant l’Allemagne et le Danemark. À la fin de l’année dernière, 803 sites alimentaient ces réseaux. Résultat : près de 3,9 % de la consommation nationale de gaz est aujourd’hui couverte par cette énergie. Concrètement, cela représente 15,5 térawattheures de capacité installée, pour une production effective de 13,6 térawattheures en 2025. Pour mieux comprendre, un térawattheure correspond à un milliard de kilowattheures, soit de quoi alimenter des centaines de milliers de logements.Mais d’où vient ce gaz ? Il est principalement issu de la méthanisation. Ce procédé consiste à faire fermenter des matières organiques — déchets agricoles, restes alimentaires ou boues d’épuration — en absence d’oxygène. Cette décomposition produit un gaz riche en méthane, injectable dans les réseaux existants. Le résidu, appelé digestat, est ensuite utilisé comme fertilisant agricole, remplaçant certains engrais chimiques.Au-delà de son poids encore limité dans le mix énergétique, le biométhane s’inscrit dans une logique d’économie circulaire : valoriser les déchets, réduire les pertes et diversifier les sources d’énergie. Un levier aussi pour renforcer la souveraineté énergétique. La filière se montre confiante pour la suite. Elle affirme pouvoir atteindre l’objectif fixé par la feuille de route nationale : 44 térawattheures de biométhane d’ici 2030. Mais elle réclame de la visibilité. En cause, le mécanisme des certificats de production de biogaz, qui oblige depuis 2026 les fournisseurs à intégrer une part de biométhane dans leurs offres. Cette obligation doit atteindre 4 % en 2028. Problème : aucune trajectoire n’est encore définie au-delà. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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La Turquie, leader du stockage d’énergie devant l’Europe ?
C’est une percée inattendue dans la course à la transition énergétique. En quelques années, la Turquie s’impose comme un acteur majeur du stockage d’électricité par batteries, dépassant plusieurs grandes puissances européennes sur ce terrain stratégique. Depuis 2022, le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan a validé plus de 33 000 mégawatts de capacités liées au stockage et aux réseaux électriques. À titre de comparaison, des pays souvent cités en exemple comme l’Allemagne ou l’Italie plafonnent autour de 12 000 à 13 000 mégawatts. Un écart significatif.Selon un rapport du think tank Ember, la Turquie dispose désormais de davantage de capacités de stockage que n’importe quel État membre de l’Union européenne. Une progression rapide, qui repose avant tout sur un choix politique clair : encourager les projets d’énergies renouvelables à condition qu’ils intègrent des systèmes de stockage. Pourquoi est-ce si important ? Parce que les énergies renouvelables, comme le solaire ou l’éolien, sont par nature intermittentes. Les batteries permettent de stocker l’électricité produite lorsqu’elle est abondante, en plein soleil ou par grand vent, pour la restituer plus tard. Un levier essentiel pour stabiliser le réseau et réduire la dépendance aux énergies fossiles. Résultat : la Turquie a attiré de nombreux investisseurs. Sur les 221 000 mégawatts de projets de stockage déposés, 33 000 ont déjà été approuvés, soit un volume équivalent à 83 % de sa capacité actuelle en solaire et en éolien. Un ratio élevé, qui place le pays parmi les plus dynamiques au monde sur ce segment.Cette accélération intervient dans un contexte favorable. Le coût des batteries a chuté de près de 90 % en une décennie, rendant ces technologies bien plus accessibles. Une opportunité que certains pays, comme la Turquie, ont su saisir rapidement. Pour autant, le tableau reste contrasté. Le pays produit environ 20 % de son électricité grâce aux renouvelables, mais continue de dépendre fortement du charbon, qui représente encore 34 % de sa production. Malgré des obstacles, permis, accès aux équipements, Ankara affiche une ambition claire : atteindre 120 000 mégawatts de capacités renouvelables d’ici 2035. Un pari énergétique qui pourrait redessiner l’équilibre régional. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Venise peut-elle encore éviter le pire avec la montée des eaux ?
Venise fascine le monde entier. Mais derrière ses canaux et ses palais, la ville affronte une menace bien réelle : la montée des eaux. Entre l’élévation du niveau de la mer et l’affaissement progressif des sols, les épisodes d’inondation — les fameuses acqua alta — deviennent de plus en plus fréquents.Depuis 2022, un système de digues mobiles, le MoSE, permet de fermer temporairement les accès à la lagune lors des fortes marées. Mais selon une étude publiée dans la revue Nature, ce dispositif pourrait ne pas suffire à long terme. Des chercheurs européens et britanniques ont ainsi étudié quatre scénarios d’adaptation pour les siècles à venir.Première option : conserver la lagune ouverte, comme aujourd’hui, tout en renforçant le système MoSE. Cette solution préserverait l’écosystème, le patrimoine et les activités économiques. Mais à mesure que la mer monte, les barrières devraient être activées de plus en plus souvent. Une contrainte qui perturberait le trafic maritime et pourrait fragiliser l’équilibre écologique de la lagune.Deuxième scénario : construire des digues autour du centre historique. Venise serait alors protégée, mais isolée de son environnement naturel. Une transformation radicale, qui modifierait profondément le paysage et l’identité même de la ville, tout en imposant une refonte complète des transports et du port.Troisième hypothèse : transformer la lagune en un vaste bassin fermé, protégé en permanence par des barrages surélevés. Une solution efficace pour préserver les bâtiments et le tourisme, mais au prix d’un sacrifice majeur : celui de l’écosystème lagunaire, qui fait l’essence même de Venise.Enfin, dernière option, la plus extrême : le repli stratégique. En cas de submersion totale, certains monuments pourraient être démontés puis reconstruits ailleurs, sur des terrains plus élevés. Une perspective qui signifierait la disparition du tissu urbain et du mode de vie vénitien. Aucune solution n’est idéale. Protéger les bâtiments ne garantit pas la survie de la lagune, et préserver l’économie ne suffit pas à maintenir un cadre de vie. Une chose est sûre : les décisions devront être prises rapidement. Car face à la montée des eaux, le temps, lui, ne ralentit pas. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Déforestation : l’ONU propose un outil efficace ?
La déforestation n’est pas seulement une question environnementale, c’est aussi un enjeu climatique majeur. Selon les estimations du budget carbone mondial, liées aux travaux des Nations unies, les changements d’usage des terres, comme la transformation de forêts en zones agricoles, représentent entre 10 et 15 % des émissions mondiales de CO₂.Le problème est double. D’un côté, la déforestation libère du carbone stocké dans les arbres. De l’autre, elle détruit ce que l’on appelle des « puits de carbone » : des écosystèmes capables d’absorber et de stocker le dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère. Résultat : moins d’absorption, plus d’émissions. Pour tenter d’enrayer ce phénomène, un mécanisme international a été mis en place : le programme REDD+, pour « Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts ». Lancé en 2007 dans les négociations climatiques, puis intégré à l’Accord de Paris, il repose sur une idée simple : inciter financièrement les pays, notamment en développement, à préserver leurs forêts.Concrètement, les efforts de réduction de la déforestation peuvent être convertis en « crédits carbone ». Ces crédits sont ensuite vendus à des États ou des entreprises, qui les utilisent pour compenser une partie de leurs émissions. Il s’agit donc d’un mécanisme de marché, où la protection des forêts devient une ressource économique. Une version plus récente, appelée REDD+ juridictionnel, applique ce système à l’échelle d’un pays ou d’une région entière. Mais ce modèle soulève des interrogations. Des chercheurs de l’Université Yale, dans une étude publiée dans la revue PNAS, pointent plusieurs limites.Selon eux, le dispositif peut encourager des comportements stratégiques. Certains États pourraient être récompensés pour des réductions de déforestation qui auraient eu lieu de toute façon, sans véritable effort supplémentaire. Une situation qui fausse le système et réduit son efficacité réelle. Les chercheurs recommandent donc d’améliorer les méthodes de calcul des niveaux de référence, c’est-à-dire les estimations de déforestation attendue, ainsi que les systèmes de mesure et de vérification. L’objectif : s’assurer que chaque crédit carbone correspond bien à une réduction réelle des émissions. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Alliance USA – UE sur les minerais critiques ?
Dans un climat géopolitique sous tension, c’est un accord qui pourrait peser lourd dans l’équilibre industriel mondial. À Washington, l’Union européenne et les États-Unis viennent de formaliser un partenariat stratégique autour des minéraux dits « critiques ». Un sujet technique, mais central : ces ressources sont indispensables à la fabrication des batteries, des semi-conducteurs, des équipements militaires ou encore des technologies énergétiques.Ce protocole d’accord a été signé par Maroš Šefčovič, en charge du commerce et de la sécurité économique, et Marco Rubio. L’objectif est clair : sécuriser les approvisionnements et réduire la dépendance vis-à-vis de la Chine, aujourd’hui dominante sur une grande partie de la production et du raffinage de ces matériaux. L’accord couvre l’ensemble de la chaîne de valeur. Cela va de l’exploration minière, c’est-à-dire la recherche de gisements dans le sous-sol, jusqu’au recyclage, en passant par la transformation et le raffinage, étapes essentielles pour rendre ces minerais utilisables dans l’industrie. Autrement dit, il ne s’agit pas seulement d’extraire, mais de maîtriser tout le cycle.Ce partenariat s’inscrit dans une dynamique enclenchée depuis plusieurs mois. Dès août 2025, une déclaration commune posait les bases de cette coopération. En février 2026, une réunion à Washington, élargie au Japon, avait permis d’accélérer les discussions. La signature officielle marque donc l’aboutissement d’un processus progressif. En parallèle, un plan d’action a été dévoilé pour donner corps à cet accord. Parmi les pistes envisagées : instaurer des prix minimums à l’importation pour éviter le dumping, c’est-à-dire la vente à perte, réserver certains marchés à des productions respectant des normes strictes, ou encore soutenir financièrement les projets plus coûteux mais plus responsables. Des contrats d’achat sur le long terme sont également prévus pour sécuriser les investissements.Le texte prévoit aussi une coopération sur les normes environnementales, des stratégies de stockage, et même une cartographie commune des ressources, y compris dans des pays tiers. Mais il faut le préciser : ce protocole n’est pas juridiquement contraignant. Il s’agit d’un engagement politique, que chaque partie peut quitter avec un préavis de six mois. Le véritable enjeu, comme l’a reconnu Maroš Šefčovič, sera donc l’exécution. Transformer l’intention en projets concrets. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Qu’est-ce que Mirny, ce megaprojet éolien au Kazakhstan ?
Le géant de l’énergie TotalEnergies franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de développement des renouvelables. Le 24 avril, l’entreprise a annoncé avoir sécurisé le financement de son projet éolien « Mirny », au Kazakhstan. Un chantier d’envergure, estimé à 1,2 milliard de dollars.Pour concrétiser ce projet, TotalEnergies s’appuie sur un large consortium international. Parmi les partenaires financiers figurent notamment la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, Société Générale, la banque publique de développement du Kazakhstan, ainsi que des acteurs majeurs comme QNB et China Construction Bank. Ensemble, ils ont signé un protocole d’accord qui garantit le lancement du projet.Concrètement, « Mirny » prévoit la construction d’un vaste parc éolien terrestre dans la région de Zhambyl, au sud du Kazakhstan. L’installation atteindra une capacité de 1 gigawatt — soit l’équivalent d’un réacteur nucléaire — répartie sur environ 150 éoliennes. Mais ce projet ne se limite pas à la production d’électricité. Il intègre également un système de stockage par batterie de 600 mégawattheures. Ce dispositif est essentiel pour compenser l’intermittence de l’éolien, c’est-à-dire le fait que la production dépend des conditions de vent. Les batteries permettent ainsi de stocker l’énergie lorsqu’elle est produite en excès, pour la redistribuer plus tard.Sur le long terme, le parc devrait produire environ 100 térawattheures d’électricité sur 25 ans. Pour donner un ordre de grandeur, cela représente de quoi alimenter environ un million d’habitants. Au-delà des chiffres, ce projet s’inscrit dans les ambitions énergétiques du Kazakhstan, qui vise à porter la part des énergies renouvelables à 15 % de sa production d’électricité d’ici 2030. Pour TotalEnergies, c’est aussi un moyen de renforcer sa présence dans les énergies bas carbone, tout en accompagnant la transition énergétique de ses partenaires. Avec « Mirny », le groupe confirme une tendance de fond : les grands acteurs historiques du pétrole et du gaz accélèrent leur diversification vers des projets d’énergie renouvelable à grande échelle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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CATL lance la production de batteries sodium-ion ?
C’est une avancée qui pourrait rebattre les cartes du marché des batteries. En 2021, CATL présentait ses premières cellules sodium-ion. À l’époque, la technologie semblait prometteuse… mais encore loin d’une application industrielle. Cinq ans plus tard, le calendrier s’accélère : les premières voitures équipées de ces batteries devraient sortir d’usine d’ici la fin de l’année.Ce tournant ne repose pas sur une révolution scientifique, mais sur des progrès industriels. CATL affirme avoir levé les principaux obstacles liés à la fabrication : contrôle de l’humidité, stabilité des matériaux ou encore intégration des composants. En clair, la technologie était prête, il restait à la produire à grande échelle. Les premiers modèles arrivent déjà. En 2026, un véhicule développé avec Changan a été présenté, suivi d’autres projets avec des constructeurs chinois. Les performances atteignent désormais 175 wattheures par kilogramme — une unité qui mesure la densité énergétique, c’est-à-dire la quantité d’énergie stockée pour un poids donné. Un niveau comparable aux batteries lithium-fer-phosphate, largement utilisées aujourd’hui.Le sodium-ion n’est donc plus seulement une alternative économique. Il présente même un avantage clé : sa résistance au froid. À -40 degrés, ces batteries conservent environ 90 % de leur capacité, là où les technologies lithium-ion classiques peinent à suivre. Autre atout majeur : la disponibilité des ressources. Le sodium, composant du sel, est abondant et largement réparti sur la planète. Contrairement au lithium, dont l’extraction dépend de quelques régions, il offre des chaînes d’approvisionnement plus diversifiées et moins exposées aux tensions géopolitiques.Pour autant, la transition ne sera pas immédiate. En 2025, les batteries sodium-ion représentaient encore moins de 1 % de la production mondiale, selon Agence internationale de l'énergie. L’objectif n’est d’ailleurs pas de remplacer totalement le lithium, mais de compléter l’offre. Le sodium serait privilégié pour les véhicules urbains ou le stockage d’énergie, tandis que le lithium resterait dominant pour les usages exigeant une forte autonomie. En Europe, la technologie suscite de l’intérêt. Des acteurs comme Tiamat Energy travaillent déjà sur le sujet. Mais face à la rapidité de déploiement chinoise, un défi demeure : passer à l’échelle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Une batterie qui se recharge à la vitesse de la lumière ?
C’est une annonce qui semble tout droit sortie de la science-fiction : en Australie, des chercheurs du CSIRO, l’agence nationale de recherche scientifique, en collaboration avec l’université de Melbourne et RMIT, ont mis au point un premier prototype de batterie quantique capable de réaliser un cycle complet : charge, stockage, puis décharge. Sur le papier, les perspectives sont vertigineuses. Le physicien James Quach évoque, à long terme, des voitures électriques rechargeables plus vite qu’un plein d’essence, ou encore des appareils alimentés à distance par laser. Mais il tempère immédiatement : à ce stade, la capacité du prototype est extrêmement faible, insuffisante pour alimenter le moindre appareil du quotidien.Concrètement, l’énergie stockée se mesure en milliards d’électronvolts, une unité utilisée en physique des particules, et surtout, elle ne reste disponible que quelques nanosecondes, c’est-à-dire des milliardièmes de seconde. Autant dire que l’énergie disparaît presque aussitôt stockée. Alors, qu’est-ce qui rend cette technologie si particulière ? Elle repose sur un phénomène quantique appelé « effet collectif ». Dans une batterie classique, comme celles au lithium-ion, plus vous ajoutez de cellules, plus le temps de charge augmente. Ici, c’est l’inverse : les unités de stockage interagissent entre elles et se comportent comme un seul système. Résultat, plus la batterie est grande, plus elle peut se charger rapidement. Théoriquement, si l’on multiplie le nombre d’unités, le temps de charge diminue selon une racine carrée, un gain spectaculaire.Le prototype repose sur une microcavité organique, une structure capable de piéger la lumière. Cette lumière est absorbée en un seul événement massif, appelé « super-absorption », permettant une charge extrêmement rapide. Les chercheurs ont mesuré des temps de charge de l’ordre de la femtoseconde, un millionième de milliardième de seconde, grâce à des lasers ultra-précis. Mais le défi reste immense : retenir l’énergie. Même après des progrès récents, une durée de stockage multipliée par mille en 2025, on reste très loin des besoins pratiques. Pour l’instant, cette technologie pourrait surtout trouver sa place dans les ordinateurs quantiques, qui nécessitent des sources d’énergie extrêmement stables et précises. En parallèle, les chercheurs explorent des solutions hybrides, combinant vitesse quantique et stockage classique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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La guerre en Iran créé une pénurie d’hélium pour la tech ?
Le Moyen-Orient reste un point névralgique pour l’économie mondiale, principalement en raison de son rôle central dans la production d’hydrocarbures. Mais ce que l’on sait moins, c’est que d’autres ressources stratégiques transitent aussi par le détroit d’Ormuz. Parmi elles : les engrais azotés, comme l’urée ou les ammonitrates, indispensables à l’agriculture, et un gaz discret mais crucial, l’hélium.Ce dernier est aujourd’hui au cœur des inquiétudes. Déjà, il y a plusieurs mois, des responsables sud-coréens alertaient sur les risques de tensions d’approvisionnement. Des avertissements restés sans effet… et qui prennent désormais tout leur sens. Car l’hélium est un marché très concentré. En 2025, les États-Unis dominent la production mondiale avec environ 41 %, suivis de près par le Qatar, qui en assure près d’un tiers. Problème : ce dernier ne peut plus exporter. Le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, en réponse à des frappes américano-israéliennes, perturbe fortement les flux. Résultat, après plusieurs semaines, le spectre d’une pénurie commence à émerger. Selon l’agence Reuters, un responsable français du groupe Air Liquide évoque un risque réel à court terme. D’autres industriels confirment que l’absence du Qatar se fait déjà sentir dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.Il faut dire que l’hélium est indispensable dans de nombreux secteurs de pointe. Dans le domaine médical, par exemple, il est utilisé sous forme liquide pour refroidir les aimants des IRM, ces appareils d’imagerie par résonance magnétique. Sans refroidissement, ces aimants supraconducteurs ne peuvent tout simplement pas fonctionner. Dans l’industrie des semi-conducteurs, au cœur de nos smartphones et ordinateurs, l’hélium sert à refroidir les plaques de silicium, appelées “wafers”, mais aussi à créer une atmosphère inerte, c’est-à-dire sans réaction chimique, pour éviter toute altération des matériaux. Les alternatives restent limitées. Après les États-Unis et le Qatar, la Russie et l’Algérie complètent le podium, mais avec des contraintes, notamment géopolitiques. Des pays clés comme la Corée du Sud ou Taïwan disposent bien de réserves, mais seulement pour quelques mois. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Autos électriques : la solution contre la pénurie de pétrole ?
À chaque variation du prix du pétrole, l’impact se fait sentir à l’échelle mondiale. Selon le think tank Ember, spécialisé dans la transition énergétique, une hausse de 10 dollars du baril entraîne environ 160 milliards de dollars de dépenses supplémentaires par an pour les importations de pétrole. Une dépendance coûteuse, qui pousse de plus en plus d’acteurs à chercher des alternatives. Parmi elles, l’électrification des transports apparaît comme un levier majeur. D’après les calculs d’Ember, basés sur des données de l’Agence internationale de l’énergie, le développement des véhicules électriques et hybrides rechargeables pourrait réduire d’un tiers les importations mondiales d’énergies fossiles. À la clé : une économie potentielle de 600 milliards de dollars par an.Les premiers effets sont déjà visibles. En Chine, où les voitures électriques représentent désormais près de la moitié des ventes, les économies sont significatives : plus de 28 milliards de dollars d’importations de pétrole évitées pour un baril autour de 80 dollars. En Europe, incluant le Royaume-Uni et la Norvège, le gain est estimé à environ 8 milliards de dollars. Ce contexte prend une résonance particulière alors que les tensions au Moyen-Orient perturbent les flux énergétiques. Près de 20 % du pétrole mondial transite par le détroit d’Ormuz, un point stratégique actuellement affecté par ces tensions, ce qui contribue à la volatilité des prix.À l’échelle des consommateurs, l’impact est tout aussi concret. L’ONG Transport & Environment estime qu’avec un carburant autour de 2 euros le litre, le coût mensuel moyen pour un véhicule thermique atteint environ 142 euros, contre 104 euros avant les récentes tensions. À l’inverse, un véhicule électrique nécessiterait environ 65 euros de recharge mensuelle pour une distance équivalente, soit une économie d’environ 77 euros par mois, ou près de 924 euros par an. À l’échelle européenne, les chiffres confirment cette tendance. Les 8 millions de voitures électriques déjà en circulation dans l’Union européenne auraient permis d’économiser 2,9 milliards d’euros d’importations de pétrole en 2025, sur un total de 67 milliards liés aux carburants pour automobiles. Pour l’ONG, renforcer les politiques de réduction des émissions de CO₂ dans le secteur automobile pourrait amplifier ce mouvement. Elle estime que cela permettrait d’économiser jusqu’à 45 milliards d’euros d’importations de pétrole entre 2026 et 2035. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Une entreprise recycle gravats, semelles et pastiques en mobilier ?
Chaque 18 mars, la Journée mondiale du recyclage rappelle l’importance de repenser notre rapport aux déchets. Créée en 1994 aux États-Unis, elle s’est internationalisée en 2018 sous l’impulsion du Bureau of International Recycling. En France, elle en est aujourd’hui à sa cinquième édition. L’occasion de mettre en lumière des initiatives qui transforment nos rebuts… en ressources.Parmi elles, le travail du studio Bentu Design illustre une approche à la fois technique et esthétique du recyclage. À première vue, leurs créations semblent simples : des chaises, des tabourets. Mais leur fabrication raconte une autre histoire. Ces objets sont conçus à partir de déchets de chantiers urbains : béton, briques, gravats ou mortiers. Une fois récupérés, ces matériaux sont triés, broyés puis intégrés dans un mélange cimentaire utilisé pour l’impression 3D. Cette technique consiste à fabriquer un objet couche par couche à partir d’un matériau injecté, ici enrichi jusqu’à 85 % de déchets solides recyclés. Ce procédé présente plusieurs avantages. Il limite les transports — les matériaux sont issus du même environnement urbain — et réduit les émissions de CO₂ de 65 à 80 % par rapport à une production industrielle classique. Le taux d’utilisation de la matière atteint, lui, 92 %, ce qui réduit considérablement les pertes.Mais Bentu Design ne s’arrête pas aux déchets minéraux. Le studio explore aussi le potentiel du plastique urbain recyclé. Plutôt que de le considérer comme un problème, il le transforme en mobilier du quotidien. Les matériaux sont triés par type et par couleur, puis assemblés pour créer des pièces uniques, où chaque nuance raconte l’origine des fragments utilisés. Autre exemple : le tabouret Wu, fabriqué à partir de semelles de chaussures usagées. Un objet de 17 kilos, composé à 90 % de cette matière, soit l’équivalent d’une soixantaine de semelles. Un choix loin d’être anodin, quand on sait que plus de 20 milliards de paires de chaussures sont produites chaque année dans le monde, la plupart finissant incinérées ou en décharge.Au-delà de l’aspect environnemental, ces objets sont pensés pour être pratiques, modulables et durables, utilisables aussi bien en intérieur qu’en extérieur. À travers ces créations, Bentu Design propose une autre lecture du déchet : non plus comme une fin, mais comme le point de départ d’un nouveau cycle. Une manière concrète de montrer que recycler, ce n’est pas seulement traiter nos déchets… c’est aussi réinventer leur usage. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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La Corée créé un robot électronique entièrement compostable ?
Chaque année, nous produisons toujours plus de déchets électroniques. En moyenne, près de huit kilos par personne. À l’échelle mondiale, cela représentait déjà 62 millions de tonnes en 2022. Et le rythme s’accélère : ces déchets augmentent cinq fois plus vite que les capacités de recyclage. Résultat, une grande partie finit enfouie ou incinérée.Le problème est bien connu : nos appareils électroniques sont extrêmement difficiles à recycler. Ils combinent des matériaux très différents, métaux, plastiques, semi-conducteurs, étroitement imbriqués. Et c’est encore plus vrai pour les robots souples, ces machines flexibles utilisées en agriculture ou en médecine. Leur structure repose sur des polymères complexes, mélangés à des composants électroniques classiques, ce qui rend leur traitement en fin de vie particulièrement compliqué.Mais une équipe de chercheurs sud-coréens, issue de l’université nationale de Séoul et de l’université Sogang, propose une piste radicalement différente : concevoir des robots entièrement biodégradables. Leur prototype, présenté dans la revue Nature Sustainability, repose sur un matériau clé : le poly(sébacate de glycérol), ou PGS. Il s’agit d’un élastomère, un matériau souple proche du caoutchouc, mais surtout biodégradable. Contrairement aux plastiques traditionnels, il peut se décomposer naturellement dans certaines conditions. Les chercheurs ne se sont pas arrêtés là. Ils ont également intégré des composants électroniques eux aussi conçus pour disparaître : des éléments à base de magnésium, de molybdène et de silicium, capables de se dégrader sans laisser de résidus toxiques.Malgré cette conception « éphémère », les performances sont au rendez-vous. Le robot peut embarquer des capteurs, température, humidité, des systèmes chauffants ou encore des dispositifs capables d’administrer des médicaments. Et surtout, il reste fonctionnel même après un million de cycles d’utilisation, ce qui témoigne d’une robustesse réelle. Une fois sa mission terminée, il suffit de le placer dans un environnement de compostage industriel, un procédé contrôlé qui accélère la décomposition des matières organiques, pour qu’il se désagrège complètement en quelques mois, sans impact environnemental notable. L’idée est simple, mais puissante : concevoir des machines capables de remplir leur rôle… puis de disparaître.Dans un monde confronté à une explosion des déchets électroniques, cette approche pourrait ouvrir une nouvelle voie : celle d’une technologie pensée non seulement pour être performante, mais aussi pour retourner à la nature une fois devenue inutile. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Turkménistan : bombe climatique à retardement ?
Le méthane est souvent moins médiatisé que le dioxyde de carbone, mais son rôle dans le réchauffement climatique est crucial. C’est même le deuxième gaz à effet de serre le plus important, responsable d’environ un quart du réchauffement d’origine humaine. Sa particularité ? Une durée de vie plus courte dans l’atmosphère, mais un pouvoir réchauffant extrêmement élevé : sur vingt ans, il retient jusqu’à 86 fois plus de chaleur que le CO₂ à masse égale.Pour mieux comprendre d’où viennent ces émissions, des chercheurs de l’université de Californie à Los Angeles ont mené une enquête inédite à l’aide de satellites d’observation. Ces instruments permettent de détecter depuis l’espace des « panaches » de méthane — autrement dit des fuites invisibles à l’œil nu, mais mesurables grâce à leur signature chimique.Leur analyse, portant sur l’année 2025, identifie les 25 sites industriels les plus polluants au monde dans le secteur du pétrole et du gaz. Et le résultat est frappant : 15 de ces 25 “super-émetteurs” se trouvent au Turkménistan, un pays rarement évoqué dans les débats climatiques. Les deux sites les plus émetteurs, situés dans la ville d’Esenguly, rejettent chacun plus de 10 tonnes de méthane par heure. Derrière, on retrouve plusieurs installations au Venezuela et en Iran. Un seul site américain figure dans le classement : à Stanton, au Texas, avec environ 5,5 tonnes par heure.À l’échelle climatique, ces chiffres sont vertigineux. Une fuite moyenne de ce classement — autour de 5 tonnes par heure — peut avoir, sur une année, le même impact qu’une centrale à charbon ou qu’un million de SUV. Le plus frappant, c’est que ces émissions ne sont pas inévitables. Selon les chercheurs, elles proviennent essentiellement d’infrastructures vieillissantes ou mal entretenues. En clair, des équipements défectueux qui laissent échapper du gaz… qui pourrait pourtant être capté et revendu.Autrement dit, une partie du problème pourrait être résolue avec des réparations relativement simples. Cette étude met en lumière un enjeu clé : réduire les fuites de méthane est l’un des moyens les plus rapides d’agir sur le climat à court terme. Car contrairement au CO₂, ses effets diminuent rapidement si les émissions baissent. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Océans et mers sont plus pollués qu’on ne l’imagine ?
Une équipe de chercheurs américains, dirigée notamment par l’océanographe Lihini Aluwihare, vient de publier l’une des analyses chimiques les plus vastes jamais menées sur les océans. Plus de 2 300 échantillons d’eau de mer, prélevés entre 2017 et 2022 aux quatre coins du globe, ont été passés au crible. Et le constat est sans appel : l’empreinte chimique humaine est désormais omniprésente dans les mers.Pour parvenir à ce résultat, les scientifiques ont utilisé une méthode dite « non ciblée ». Contrairement aux analyses classiques, qui recherchent des substances précises, cette approche permet de détecter simultanément des milliers de composés, même inconnus au départ. Grâce à une technique appelée spectrométrie de masse, qui identifie les molécules en fonction de leur masse, les chercheurs ont mis en évidence 248 substances d’origine humaine. Parmi elles, des additifs plastiques, des lubrifiants industriels, des résidus de médicaments ou encore des pesticides. Autant de composés qui, pour beaucoup, étaient jusqu’ici peu surveillés. Le plus frappant, c’est leur diffusion. Les cinq substances les plus fréquentes ont été retrouvées dans plus de 30 % des échantillons, y compris en pleine haute mer. Près des côtes, les analyses révèlent davantage de traces de médicaments, comme des anxiolytiques, ou de répulsifs anti-insectes comme le DEET. Dans les estuaires, zones de transition entre fleuves et océans, les composés de synthèse peuvent représenter jusqu’à 76 % des substances détectées. Même les régions les plus isolées, comme certains récifs coralliens éloignés, ne sont pas épargnées.Pour les chercheurs, le plus préoccupant n’est pas seulement la quantité, mais l’ampleur de la dispersion. En haute mer, ces substances ne représentent parfois que 0,5 à 4 % des composés présents. Des chiffres faibles en apparence, mais qui témoignent d’une contamination globale. Et il reste des angles morts. Certaines molécules, comme les PFAS, ces « polluants éternels » très persistants, échappent encore aux méthodes actuelles. D’autres ne figurent pas dans les bases de données utilisées pour les identifier.Reste une question essentielle : quel impact sur les écosystèmes ? Les scientifiques reconnaissent qu’ils ne disposent pas encore de toutes les réponses. Mais une chose est sûre : ces composés, appelés xénobiotiques, s’accumulent et pourraient influencer le fonctionnement des océans, notamment le cycle du carbone. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Le retour d'El Niño va avoir d’énormes effets sur l'énergie solaire ?
Parmi toutes les énergies renouvelables, le solaire photovoltaïque apparaît aujourd’hui comme l’un des piliers de la transition énergétique. Selon l’ONU, début 2026, produire de l’électricité grâce au Soleil est désormais environ 41 % moins coûteux que les énergies fossiles. Un basculement économique majeur qui explique l’essor rapide de cette technologie dans de nombreux pays.Le potentiel est colossal. Chaque seconde, la Terre reçoit une quantité d’énergie solaire équivalente à près de 8 000 fois la consommation énergétique annuelle de l’humanité. Sur le papier, la ressource semble donc presque inépuisable. Pourtant, dans la pratique, la production solaire reste sensible aux caprices du climat. Des températures extrêmes peuvent réduire le rendement des panneaux, et des événements violents comme la grêle peuvent endommager des installations entières. Mais un autre facteur, moins connu, influence aussi la production d’électricité solaire : le cycle climatique El Niño – La Niña, souvent appelé ENSO par les climatologues. Une nouvelle étude publiée dans la revue Communications Earth & Environment montre que ce phénomène naturel peut modifier significativement l’ensoleillement à l’échelle mondiale.ENSO est l’une des principales sources de variabilité naturelle du climat. Il alterne entre deux phases : La Niña, associée à des eaux plus froides dans le Pacifique équatorial, et El Niño, caractérisée par un réchauffement de cette zone. Alors que La Niña touche actuellement à sa fin, les scientifiques anticipent un retour d’El Niño entre l’été et l’automne 2026. Or, selon les chercheurs, ces épisodes ont tendance à réduire l’irradiation solaire, c’est-à-dire la quantité de rayonnement qui atteint la surface de la Terre. L’analyse de données climatiques couvrant près de quarante ans montre que les épisodes El Niño provoquent des baisses persistantes de production solaire dans plusieurs grandes régions productrices : la Californie, le sud du désert d’Atacama, le bassin du Chaco en Amérique du Sud, le Moyen-Orient ou encore l’est de la Chine.Le phénomène s’explique notamment par l’augmentation de l’humidité dans l’atmosphère. El Niño modifie la circulation des masses d’air et favorise la formation de nuages, ce qui réduit la quantité de lumière atteignant les panneaux photovoltaïques. Les effets pourraient être particulièrement marqués lors des rares épisodes dits de « super El Niño ». Depuis les années 1980, seulement trois ont été observés. Selon l’étude, ces épisodes pourraient entraîner une baisse significative de la production solaire mondiale, obligeant temporairement certains pays à recourir davantage aux énergies fossiles et augmentant les émissions de CO₂ de plusieurs dizaines de millions de tonnes. En France, l’impact direct semble plus limité en été. En revanche, durant l’automne et l’hiver, El Niño est souvent associé à un ciel plus nuageux et à des conditions plus humides, ce qui pourrait aussi influencer, modestement, la production solaire nationale. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Cette startup va renvoyer le Soleil sur Terre la nuit ?
Produire de l’électricité grâce au Soleil… même en pleine nuit. L’idée peut sembler paradoxale, et pourtant une start-up américaine veut tenter l’expérience. Son nom : Reflect Orbital. Son projet : envoyer dans l’espace des milliers de miroirs capables de rediriger la lumière solaire vers la Terre après le coucher du soleil.Le concept est simple sur le papier. Plutôt que de produire de l’énergie directement dans l’espace — comme certains projets de centrales solaires orbitales qui envisagent ensuite de transmettre l’électricité vers la Terre — Reflect Orbital propose de faire l’inverse : renvoyer la lumière du Soleil vers la surface terrestre, afin d’éclairer des zones plongées dans la nuit. Pour y parvenir, l’entreprise californienne envisage de déployer jusqu’à 50 000 miroirs en orbite terrestre. Ces satellites fonctionneraient comme des réflecteurs géants capables de rediriger la lumière vers des zones ciblées au sol.Selon le New York Times, la société se prépare déjà à lancer un premier prototype : un miroir d’environ 18 mètres de large. Mais avant cela, elle doit obtenir l’autorisation de la Federal Communications Commission, l’autorité américaine chargée notamment de réguler les communications et les satellites. Si le projet est validé, Reflect Orbital prévoit d’envoyer environ 1 000 satellites d’ici 2028. Chacun serait capable d’éclairer une zone d’environ 5 kilomètres de diamètre.Les premiers tests seraient modestes. L’objectif est d’atteindre cette année une intensité lumineuse de 0,1 lux pendant cinq minutes, soit à peu près l’équivalent de la lumière d’une pleine lune. Mais l’entreprise voit plus grand. Elle vise 100 lux en 2028, 5 000 lux en 2030, puis 36 000 lux d’ici 2035 lorsque la constellation complète sera opérationnelle. À titre de comparaison, 36 000 lux correspondent à un niveau de luminosité proche d’un plein soleil en journée.La lumière deviendrait alors un service commercial : éclairer des fermes solaires pour produire de l’électricité la nuit, soutenir des opérations de secours, illuminer des villes ou encore stimuler la production agricole. Mais ce projet suscite aussi des critiques. Des scientifiques et des environnementalistes s’inquiètent de ses effets potentiels. Une lumière artificielle venue du ciel pourrait perturber les observations astronomiques, distraire les pilotes d’avion ou encore modifier les rythmes biologiques des animaux et des plantes. L’astronome Michael Brown, de l’université Monash, se montre également sceptique sur les calculs de l’entreprise. Selon lui, plus de 3 000 satellites seraient nécessaires pour produire seulement 20 % de l’ensoleillement de midi sur un seul site. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Une puce alimentée par la lumière ?
L’essor de l’intelligence artificielle pose un défi de plus en plus visible : son appétit énergétique. Les modèles d’IA nécessitent d’énormes quantités de calculs informatiques, et ces calculs demandent à la fois de l’électricité pour alimenter les serveurs… et encore plus d’énergie pour refroidir les centres de données où ces machines fonctionnent en continu.Pour tenter de réduire cette consommation, des chercheurs de l’université de Sydney explorent une piste radicalement différente : remplacer l’électricité par la lumière pour effectuer certains calculs. Dans une étude publiée dans la revue Nature Communications, ils présentent un prototype de puce photonique, spécialement conçue pour l’intelligence artificielle. Le principe repose sur une idée simple mais ambitieuse. Dans les processeurs traditionnels, les calculs sont réalisés grâce au déplacement d’électrons dans des circuits électriques. La puce développée par les chercheurs, elle, utilise des photons, les particules de lumière, pour traiter l’information.Cette approche présente plusieurs avantages. D’abord la vitesse : la lumière se déplace extrêmement rapidement, ce qui permet d’effectuer certains calculs en quelques picosecondes, c’est-à-dire en un millième de milliardième de seconde. Ensuite l’efficacité énergétique : contrairement aux électrons, les photons ne rencontrent quasiment pas de résistance lorsqu’ils circulent. Résultat, beaucoup moins d’énergie est dissipée sous forme de chaleur, ce qui réduit fortement les besoins en refroidissement.Pour construire cette puce, les chercheurs ont gravé de minuscules structures optiques appelées nanostructures photoniques. Chacune mesure seulement quelques dizaines de micromètres, soit une fraction de millimètre. Lorsque la lumière traverse ces structures, sa trajectoire et ses propriétés sont modifiées de manière très précise. En combinant des milliers de ces nanostructures, les scientifiques ont créé un système capable de reproduire le fonctionnement d’un réseau neuronal, c’est-à-dire l’architecture mathématique utilisée par de nombreux modèles d’intelligence artificielle. La densité de calcul obtenue est impressionnante : environ 400 millions de paramètres par millimètre carré. Pour tester leur prototype, les chercheurs l’ont entraîné à analyser plus de 10 000 images médicales, notamment des IRM. Les résultats sont prometteurs : selon les expériences, la précision de classification se situe entre 90 et 99 %.Si cette technologie devait un jour être industrialisée, elle pourrait transformer l’infrastructure de l’IA. En intégrant directement des réseaux neuronaux dans des circuits optiques, il serait possible de réduire considérablement la consommation énergétique des centres de données. Dans un contexte où la demande en puissance de calcul explose, certains experts évoquent même le risque d’une pénurie d’énergie liée à l’IA. Les puces photoniques pourraient donc représenter l’une des clés pour continuer à développer ces technologies… sans faire exploser la facture énergétique mondiale. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Un data center avec 4 jours d’autonomie sans énergie fossile ?
L’essor de l’intelligence artificielle pose un défi énergétique majeur. Selon l’Agence internationale de l’énergie, les centres de données devraient consommer entre 2 et 3 % de l’électricité mondiale dès 2026, soit environ 500 térawattheures par an. Pour donner un ordre de grandeur, c’est l’équivalent de la consommation électrique d’un pays comme la France. Et avec la généralisation de l’IA générative, cette demande pourrait doubler d’ici 2030. Face à cette explosion des besoins, les géants du numérique cherchent des solutions capables d’assurer une alimentation électrique stable, tout en réduisant les émissions de CO₂. L’une des pistes les plus prometteuses consiste à associer énergies renouvelables et stockage massif d’électricité grâce à de gigantesques batteries.C’est précisément la stratégie adoptée par Google, qui prépare un projet spectaculaire aux États-Unis, sur un site de 200 hectares à Pine Island. L’installation sera alimentée par un portefeuille d’électricité renouvelable, essentiellement éolien et solaire, capable de fournir 1 600 mégawatts de puissance. Mais la pièce maîtresse du projet réside dans son système de stockage. Google prévoit d’y installer une batterie géante de 300 mégawatts, capable de fournir de l’énergie pendant près de 100 heures consécutives, soit environ quatre jours d’autonomie. Une performance inédite pour ce type d’infrastructure.L’objectif est clair : garantir une alimentation continue du centre de données sans dépendre des centrales fossiles ou des générateurs diesel, encore utilisés par près de 80 % des centres de données dans le monde pour assurer les secours en cas de panne. La technologie retenue est développée par la start-up américaine Form Energy. Elle repose sur un système dit « fer-air », basé sur un principe chimique simple : l’oxydation et la réduction du fer. En stockant l’électricité sous forme de réaction chimique, ces batteries peuvent accumuler de grandes quantités d’énergie et la restituer pendant de longues périodes, tout en supportant des milliers de cycles.Par sa capacité énergétique, ce dispositif pourrait devenir la plus grande batterie du monde. À titre de comparaison, il serait capable d’alimenter plus de 100 000 foyers américains pendant une journée. Pour Google, ce projet constitue un véritable laboratoire. L’entreprise veut démontrer qu’il est possible d’alimenter ses centres de données 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 avec de l’énergie décarbonée, sans recourir à des compensations carbone. Un enjeu stratégique pour le groupe, dont les émissions de CO₂ ont augmenté d’environ 50 % depuis 2019, notamment en raison du développement massif de l’intelligence artificielle. L’équation énergétique du numérique devient donc l’un des grands défis technologiques de la décennie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Bientôt des satellites réutilisables qui reviennent sur Terre ?
Dans l’industrie spatiale, un nouveau pari technologique pourrait bien changer les règles du jeu. La start-up américaine Lux Aeterna, fondée en 2024, veut rendre les satellites… réutilisables. À sa tête, on trouve Brian Taylor, un ingénieur chevronné passé par SpaceX et Amazon, où il a participé au développement des mégaconstellations Starlink et Project Kuiper.Aujourd’hui, la plupart des satellites ont une durée de vie relativement courte. En orbite basse, ils fonctionnent généralement entre cinq et dix ans, avant d’être désorbités, c’est-à-dire volontairement détruits dans l’atmosphère, ou envoyés vers une orbite cimetière, une zone éloignée où l’on place les satellites hors service. Ce modèle implique de fabriquer régulièrement de nouveaux engins, ce qui représente un coût très élevé.L’ambition de Lux Aeterna est de rompre avec cette logique. L’entreprise veut créer des satellites capables de revenir sur Terre, d’être remis à niveau, puis relancés. L’idée ressemble à ce que SpaceX a déjà réussi avec les fusées réutilisables, mais appliquée cette fois aux satellites eux-mêmes. Le principal obstacle est thermique. Lorsqu’un objet rentre dans l’atmosphère, il subit des températures extrêmes, parfois plusieurs milliers de degrés, à cause du frottement avec l’air. Pour survivre à cette phase critique, Lux Aeterna prévoit d’intégrer un bouclier thermique directement dans la structure du satellite.Ce système permettrait au satellite de revenir intact sur Terre, avec sa charge utile, c’est-à-dire les instruments embarqués, comme des caméras, des capteurs scientifiques ou des systèmes de communication. L’intérêt est évident : au lieu de construire un nouveau satellite pour chaque évolution technologique, les opérateurs pourraient mettre à jour les équipements puis relancer l’appareil. Le premier prototype de la start-up s’appelle Delphi. Il mesure environ 1,1 mètre de large pour une masse d’environ 200 kilogrammes. Son lancement est prévu pour le premier trimestre 2027, à bord d’une fusée Falcon 9 de SpaceX. Après sa mission, l’engin doit effectuer un retour contrôlé et être récupéré en Australie.Lux Aeterna travaille déjà sur une génération suivante de satellites plus grands, qui pourraient à terme être lancés par Starship, la future fusée géante de SpaceX. Mais le défi reste immense. La technologie doit non seulement fonctionner, mais aussi être économiquement rentable. Les économies réalisées grâce à la réutilisation devront compenser les coûts liés au retour, à la récupération et à la remise en état des satellites. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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