J'adore ça | Cinéma, séries, jeux et science

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J'adore ça | Cinéma, séries, jeux et science

Cinéma, séries télé, jeux vidéos, jeux de table, science fiction, technologie et bien plus sont à l'honneur dans le balado québécois "J'adore ça". Oui, on vous parle de sujets qui vous, et nous, passionnent.Vous en avez assez du négativisme sur internet? Ici on ne discute que des choses qu'on adore, parce que c'est toujours mieux que de chialer sur ce qu'on déteste! On revisite des grands que vous connaissez déjà (Christopher Nolan, Denis Villeneuve, Severance, Lord of the Rings, Zelda, Azimov, etc.), mais aussi de perles dont vous n'avez jamais entendu parler et qui vous surprendront.Le format est simple: on rattrape le temps perdu et on se parle de ce qui nous a fait tripper depuis le dernier épisode, toutes catégories confondues. Ensuite on s'attaque au sujet principal et on s'épate avec des surprises, des points de vue intéressants et des faits étonnants. Vous pouvez même participer à la discussion via notre communauté de passionnés! Venez tripper avec nous... et bienvenue à bord

  1. 33

    Les meilleurs caméos au cinéma

    Dans cet épisode de J’adore ça, Baptiste et Etienne plongent dans l’univers fascinant des caméos au cinéma : ces apparitions surprise d’acteurs ou de réalisateurs qu’on ne s’attendait pas à voir, et qui deviennent souvent mémorables. L’épisode débute avec un quiz sur les caméos avant de passer aux catégories préparées par les deux animateurs. Avant de plonger dans le vif du sujet, Etienne soumet Baptiste à un quiz pour mettre la table. On y apprend notamment que George Lucas s’est lui-même accordé un caméo dans Revenge of the Sith, où il incarne le Baron Papanoida, un personnage Panthoran. On discute aussi d’Alfred Hitchcock, maître incontesté du caméo dans ses propres films, qui apparaît dans pas moins de 37 de ses longs métrages. Le quiz aborde également le caméo de Tom Cruise dans Austin Powers: Goldmember, où il joue Austin Powers dans un film dans le film, et on revient sur le fait que les producteurs de Community ont aussi produit plusieurs films du MCU, expliquant pourquoi les acteurs de la série se retrouvent souvent dans l’univers Marvel. On termine avec It’s a Mad, Mad, Mad, Mad World (1963), qui compte pas moins de 24 acteurs en caméo, dont Jerry Lewis. Peter Jackson s’est glissé dans chacun des films de La Communauté de l’Anneau, Les Deux Tours et Le Retour du Roi. Dans le premier, il joue un habitant de Brie mangeant une carotte. Dans Les Deux Tours, il est un défenseur lors de la bataille du Gouffre de Helm, une scène que Baptiste considère parmi ses préférées au cinéma. Dans la version longue du Retour du Roi, il joue un capitaine de pirate qui se fait décocher une flèche par Legolas lui-même. Un lien est également fait avec Gareth Edwards, réalisateur de Rogue One, qui s’est réservé le rôle de celui qui libère le vaisseau rebelle à la fin du film, et qui obtient même un second caméo dans The Last Jedi. Les comédies sont un terrain fertile pour les caméos inattendus. David Bowie joue son propre rôle de juge lors du walk-off dans Zoolander, une apparition d’autant plus mémorable qu’on apprend aussi qu’il interprète Nikola Tesla dans Le Prestige. Bob Barker, animateur américain connu pour sa bienveillance, se bat à coups de poing contre Adam Sandler dans Happy Gilmore. Matt Damon apparaît la tête rasée, couvert de tatouages, dans EuroTrip, où il chante une chanson : il était dans les environs pour le tournage de Brothers Grimm et avait un jour de congé. Martin Sheen fait une apparition dans Hot Shots! 2, aux côtés de son fils Charlie Sheen, les deux se croisant sur des bateaux et se pointant mutuellement. On mentionne aussi Tom Cruise dans Tropic Thunder, où il joue un producteur de cinéma particulièrement odieux dans un rôle complètement à contre-emploi. Quentin Tarantino aime s’accorder de petits rôles dans ses films, souvent avec une mort spectaculaire à la clé. Dans Inglourious Basterds, il se fait scalper. Dans Django Unchained, il joue un cowboy qui transporte de la dynamite et qui finit par exploser. Il fait également une apparition dans Grindhouse: Death Proof, où il joue un barman, et dans Planet Terror de Robert Rodriguez, où il incarne un soldat zombie se décomposant. Stan Lee, co-créateur de la majorité des personnages iconiques de Marvel, est la figure emblématique du caméo dans le MCU, apparaissant dans pratiquement tous les films jusqu’à son décès. Matt Damon revient dans Thor: Ragnarok (et Love and Thunder) en jouant un acteur de théâtre asgardien qui interprète Loki. Brad Pitt fait une apparition éclair dans Deadpool 2 en tant que personnage invisible et muet. John Krasinski (Jim dans The Office) apparaît en tant que Capitaine Fantastique dans Doctor Strange in the Multiverse of Madness avant de se faire éliminer. On souligne aussi le lien entre Community et le MCU : les producteurs de la série ont aussi produit plusieurs films Marvel, ce qui explique la présence récurrente de ses acteurs dans l’univers. Sean Connery fait une apparition surprise à la fin de Robin Hood: Prince of Thieves (connu au Québec sous le nom Robin des bois, prince des voleurs) dans le rôle de Richard Cœur de Lion. Dans Hot Fuzz, c’est Cate Blanchett qui se glisse derrière un masque de technicienne de scène de crime, méconnaissable mais reconnaissable à la voix. Leonard Nimoy reprend son rôle de Spock dans le reboot de Star Trek de J.J. Abrams, cette fois en tant que Spock d’une autre timeline. Michael Caine prête sa voix sans apparaître à l’écran dans Dunkirk de Christopher Nolan, dans le rôle d’un contrôleur aérien. Dans Bohemian Rhapsody, Mike Myers joue un producteur de musique qui refuse de miser sur Queen, un clin d’œil direct à la scène culte de Wayne’s World. Enfin, dans Tron: Legacy, Daft Punk apparaissent brièvement dans le film dont ils ont signé la bande originale. Les auditeurs ont aussi partagé leurs caméos préférés, notamment : Robert Patrick rejouant le T-1000 dans Last Action Hero et Wayne’s World 2, John Hurt dans Spaceballs rejouant la scène de l’Alien, Brad Pitt dans Deadpool 2, Bill Murray dans Zombieland, Daniel Craig en stormtrooper dans The Force Awakens, Chuck Norris dans Dodgeball, et Robert Lepage dans Ding et Dong, le film. Cyberpunk 2077 : Phantom Liberty — Baptiste a joué le DLC Phantom Liberty de Cyberpunk 2077 et en est sorti très impressionné. Il décrit l’extension comme une expérience quasi autonome, avec une nouvelle zone de Night City appelée Dogtown, une histoire originale impliquant la présidente des Nouveaux États-Unis, et un gameplay enrichi. Il souligne aussi la qualité du mode “netrunner”, qui permet de hacker les ennemis, et confirme que le DLC est à la hauteur de sa réputation, voire supérieur au jeu de base sur certains aspects. God of War: Ragnarök — Etienne, dans le cadre de sa chronique “God of Nintendo découvre la PlayStation”, partage son enthousiasme pour God of War: Ragnarök. Il dit ne pas avoir terminé le jeu, mais être incapable d’arrêter d’y jouer, tant les quêtes secondaires sont engageantes. Il souligne la qualité de l’interprétation des acteurs, particulièrement celui qui joue Atreus, et l’excellent équilibre entre monde ouvert et progression narrative. Il termine en mentionnant les rumeurs d’un prochain God of War se déroulant en Égypte, ce qui ouvre la porte à un futur épisode sur la mythologie dans les jeux vidéo. Chapitres: 0:00 Introduction 2:02 Quiz 8:26 Les caméos au cinéma 41:58 Concours Sounds Good 45:19 Découvertes du mois 55:09 Conclusion

  2. 32

    Les franchises abandonnées des jeux vidéo

    On s’attaque à un sujet qui nous tient à cœur : les franchises de jeux vidéo qu’on aimerait voir renaître. De Ubisoft à Nintendo en passant par Rare, Eidos, Remedy, LucasArts et Valve, on passe en revue les séries qu’on a adorées et qu’on trouve trop longtemps laissées à l’abandon. Watch Dogs premier du nom reste pour nous un modèle du genre : une histoire solo captivante, un protagoniste mémorable dans Aiden Pierce, une ambiance de thriller hacker qui collait parfaitement à son époque. Les suites ont malheureusement sacrifié la narration au profit d’un monde ouvert plus générique. On aimerait voir la franchise repartir avec cette même énergie narrative. Du côté d’Assassin’s Creed, c’est l’ère Ezio Auditore et Desmond Miles qu’on cherche à retrouver. La double structure entre l’animus et le monde réel créait une tension dramatique unique. Depuis, la série est devenue une machine à produire des open worlds gigantesques au détriment de l’histoire. Le problème central chez Ubisoft : une tendance à industrialiser ses franchises plutôt qu’à les traiter comme un véritable travail d’artisan. Star Fox est une franchise de combat spatial laissée à l’abandon depuis le N64, malgré un potentiel narratif réel autour de Fox McCloud et son héritage familial. Les tentatives de réinvention ont manqué la cible. Avec la puissance de la Switch 2, un retour aux fondamentaux du shooter spatial, enrichi d’une vraie campagne scénarisée, serait bienvenu. Donkey Kong Country figure parmi les meilleurs platformers 2D jamais créés. La série brille par sa musique, sa créativité visuelle et sa difficulté bien dosée. Les derniers volets, Returns et Tropical Freeze, sont d’excellents jeux, mais Nintendo se contente depuis de remakes plutôt que de proposer un nouvel épisode original. Nos auditeurs ont aussi eu leur mot à dire. Half-Life de Valve reste un incontournable malgré l’allergie bien connue du studio au chiffre 3. Splinter Cell mériterait un retour dans une époque où le gameplay d’infiltration est plus pertinent que jamais. Portal est considéré comme l’un des meilleurs jeux de tous les temps : une mécanique de puzzle en first person brillante, un humour irresistible et un lore riche. Quant à NHL d’EA Sports, on déplore la formule du même jeu vendu à 80 $ chaque année, alors qu’un simple upgrade de roster annuel suffirait. Diddy Kong Racing se distinguait de Mario Kart par son mode aventure avec des boss fights, des missions et des véhicules variés. Un retour de cette formule, même sous un autre nom, serait un excellent jeu familial. Perfect Dark est peut-être la perte la plus frustrante : un shooter d’espionnage avec une ambiance sci-fi unique, supérieur à GoldenEye sur presque tous les points. Un projet de reboot était en développement avancé avant d’être annulé par Microsoft. Un gaspillage difficile à avaler. Deus Ex : Human Revolution et Mankind Divided offraient un gameplay d’agent augmenté alliant action, infiltration et narration cyberpunk. La franchise a été mise sur glace malgré un suivi en développement. Marvel’s Guardians of the Galaxy d’Eidos est un exemple de jeu sous-estimé : une bonne histoire, une bande sonore mémorable et un ton qui fonctionnait parfaitement. Enfin, la trilogie Tomb Raider relancée par Eidos reste un point de référence pour son réalisme, sa mise en scène cinématique et la réinvention de Lara Croft en protagoniste vulnérable et attachante. Quantum Break de Remedy est un chef-d’œuvre méconnu avec Shawn Ashmore et Aidan Gillen. Il mêlait gameplay de manipulation du temps et segments de série télévisée avec de vrais acteurs entre chaque chapitre. Ce mélange audacieux entre jeu vidéo et film reste une expérience unique qui mériterait une suite. TIE Fighter (1994) est un jeu de simulation de combat spatial ancré dans l’univers Star Wars, où le joueur gravit les échelons de l’Empire en remplissant des missions secrètes pour une société secrète de l’Empereur. Une profondeur narrative et une progression qui manquent cruellement aux jeux modernes du genre. Des fans ont d’ailleurs créé un remaster non officiel appelé TIE Fighter Total Conversion, preuve que la demande est bien là. Neverwinter Nights a marqué une génération avec son passage au 3D dans l’univers Donjons & Dragons et ses serveurs multijoueurs où le roleplay en temps réel était possible. Si la franchise devait revenir, on confierait volontiers les rênes à Larian Studios, les créateurs de Baldur’s Gate 3. Empire Earth est un RTS qui permettait de partir de la préhistoire jusqu’au futur, créant des situations absurdes et jouissives où des légionnaires romains affrontaient des tanks. Un concept de Civilization en temps réel qui n’a jamais vraiment trouvé de digne successeur. The Gentlemen (série Netflix) est une série créée par Guy Ritchie, à ne pas confondre avec son film du même nom. L’histoire suit un noble anglais qui hérite du titre de Duke of Halstead et découvre que son domaine cache une organisation criminelle de culture de cannabis. Sans être aussi frénétique que Snatch, la série reprend l’esprit de Ritchie avec un humour british savoureux, une écriture soignée et des accents régionaux absolument délicieux. Avec Theo James et Kaya Scodelario dans les rôles principaux, la série est disponible sur Netflix. Carbone et Silicium est une bande dessinée franco-belge très actuelle malgré sa date de parution. Deux robots dotés d’une intelligence artificielle émotionnelle sont activés dans la Silicon Valley et plongés dans un monde humain. Le récit suit leur évolution sur 300 ans d’histoire future, avec des sauts temporels, des questions sur la survie numérique, une Russie dominante dans la production robotique et une réflexion sur la frontière entre monde réel et virtuel qui rappelle Ready Player One. Une lecture fortement recommandée pour quiconque s’intéresse à l’IA et à la science-fiction humaniste. Chapitres: 0:00 Introduction 0:55 Franchises de jeux vidéo à raviver 41:29 Sounds Good 45:01 Retour sur le pool des Oscars 48:04 The Gentlemen 51:08 Carbone et Silicium 54:04 Conclusion

  3. 31

    Les échecs: le board game original

    Les échecs, c’est peut-être le jeu de stratégie le plus ancien et le plus joué au monde et pour de bonnes raisons. Dans cet épisode, Etienne et Baptiste jouent une vraie partie en direct pendant qu’ils explorent l’univers fascinant des échecs : son histoire, ses mécaniques, ses variantes et l’impact de l’intelligence artificielle sur ce jeu millénaire. Dès le début de l’épisode, les deux animateurs lancent une partie sur chess.com en format 10 minutes, qu’ils commentent en temps réel. Avant de se concentrer sur la stratégie, Baptiste doit d’abord survivre à un quiz sur les échecs : Deep Blue, la déesse Caïssa, le mat de Bowden, le en passant, et le nombre astronomique de positions légales possibles sur un échiquier. Bonne nouvelle: il s’en sort (pas trop mal). Le système Elo, inventé par Arpad Elo, est la référence mondiale pour classer les joueurs d’échecs. En résumé : chaque joueur a une cote numérique, et l’écart entre deux cotes permet de prédire statistiquement les chances de victoire. Une différence de 400 points signifie que le joueur le mieux coté a 10 fois plus de chances de gagner. Après chaque partie, les points sont redistribués entre les deux joueurs transactionnellement, jusqu’à 32 points à la fois. Ce système a depuis été adopté bien au-delà des échecs, dans de nombreux sports et jeux compétitifs. En 1997, le superordinateur Deep Blue d’IBM bat le champion du monde Garry Kasparov. Un tournant historique à la fois pour les échecs et pour l’intelligence artificielle. Ce qui rend cette histoire fascinante, c’est le moment où la machine a commencé à jouer des coups qu’aucun humain n’aurait imaginés, des stratégies tellement contre-intuitives que Kasparov lui-même ne comprenait pas ce qu’il voyait. Aujourd’hui, Stockfish est le moteur d’échecs de référence : capable de calculer toutes les possibilités sur 19 coups à l’avance en une fraction de seconde. Paradoxalement, cette révolution a rendu les échecs plus accessibles. N’importe qui avec un téléphone peut maintenant s’entraîner avec des outils dignes des grands maîtres d’autrefois. La variante Chess960, popularisée par Bobby Fischer, place les pièces de la rangée arrière aléatoirement au début de chaque partie. 960 configurations différentes possibles! Le but? Neutraliser des années de théorie d’ouvertures mémorisées et forcer les joueurs à vraiment réfléchir dès le premier coup. Les pions restent en place, les deux camps partagent la même configuration aléatoire, et le jeu redevient une vraie bataille de stratégie pure. Les échecs trouveraient leurs origines dans un jeu appelé Chattrang, quelque part entre le 3e et le 6e siècle, possiblement en Perse, en Inde ou en Chine. À la Renaissance en Italie, le jeu a évolué vers sa forme moderne, notamment la reine, qui ne pouvait se déplacer que d’une case à l’origine et qui est devenue la pièce la plus puissante du jeu au XVe siècle. Etienne parle de Metroid Prime 4: Beyond (Nintendo Switch 2) : un retour à la formule classique de la franchise, avec quelques tentatives d’innovation inégales. Visuellement impressionnant, fidèle à l’esprit Metroid, mais sans révolutionner la série. Baptiste redécouvre Squad (PC) : un jeu de tir militaire et tactique où 50 joueurs s’affrontent en équipes structurées, avec des rôles précis (squad leader, médecin, anti-tank…), plusieurs canaux de communication audio, et un système de points qui valorise la collaboration bien plus que les kills. Idéal pour ceux qui trouvent Call of Duty trop superficiel. Chapitres: 0:00 Introduction 0:43 Les échecs 38:03 Metroid Prime 4 Beyond 44:36 Squad 52:23 Conclusion

  4. 30

    Oscars 2026: Nos prédictions

    Pour cet épisode spécial, Etienne et Baptiste ont regardé le maximum de films nominés aux Oscars 2026 et partagent leurs impressions et prédictions pour les grandes catégories : Meilleur film, Meilleur acteur, Meilleur acteur de soutien et plus encore. Le film de course avec Brad Pitt avait tous les ingrédients sur papier : une distribution impressionnante avec Javier Bardem, une trame sonore de Hans Zimmer, des courses filmées pendant de vrais Grands Prix avec Hamilton et Leclerc à l’écran. Techniquement, c’est impressionnant : les caméras embarquées sur les voitures et l’intégration de vraies séquences d’accidents dans le montage sont remarquables. Mais la recette finale ne convainc pas tout à fait. Une nomination aux Oscars du montage ou des effets visuels serait méritée, mais difficile à justifier pour Meilleur film. Grosse surprise de cet épisode : les deux ont adoré ce Frankenstein signé Guillermo del Toro, disponible sur Netflix. La première moitié laisse un peu perplexe, mais dès que la backstory du monstre se dévoile, le film décolle. Jacob Elordi dans le rôle du monstre est attendrissant et absolument central : sans lui, le film s’effondre. Le vrai débat : il est nominé en Meilleur acteur de soutien, alors qu’il est selon eux le véritable personnage principal. Côté technique, le production design et l’esthétique visuelle, quelque part entre del Toro et Tim Burton, sont parmi les plus beaux de l’année. Timothée Chalamet livre une performance magistrale dans la peau d’un joueur de tennis de table new-yorkais prêt à tout pour devenir champion du monde. Il est le film : énergique, attachant et agaçant à la fois. Un rôle très différent de Dune qui prouve l’étendue de son registre. Pour Etienne et Baptiste, il figure dans le top des candidats au Meilleur acteur. Premier film de Paul Thomas Anderson pour les deux animateurs, et quelle entrée en matière. Leonardo DiCaprio y joue un ancien révolutionnaire usé, drôle et touchant. Le film est rythmé, fast-paced mais jamais superficiel, avec un style de caméra à l’épaule qui donne l’impression d’être dans la scène. Sean Penn en second rôle est méconnaissable et impressionnant. Pour eux, c’est l’un des deux grands favoris au Meilleur film, aux côtés de Sinners. Impossible à catégoriser, et c’est exactement ce qui le rend exceptionnel. Vampires, blues, histoire afro-américaine, comédie musicale : ça n’aurait pas dû fonctionner, et pourtant. La trame sonore blues est dévastatrice ; si elle ne remporte pas l’Oscar de la meilleure chanson originale et de la meilleure musique originale, c’est incompréhensible. La scène dans la grange, où tous les styles musicaux se fusionnent à travers les costumes d’époques différentes, est un moment de cinéma pur. Meilleur costume design, c’est plié. Wunmi Mossaku en actrice de soutien est également excellente. Co-favori pour le Meilleur film. Un film d’Oscars classique dans lequel Felicity Jones joue la femme dévouée d’un homme talentueux qui traverse une vie difficile. Un rôle qu’elle maîtrise, mais un film qu’Etienne a trouvé prévisible dans sa formule. Chapitres: 0:00 Introduction 0:57 F1 4:52 Frankenstein 8:49 Marty Supreme 11:28 One Battle After Another 18:15 Sinners 22:24 Train Dreams 24:11 Autres prédictions 26:34 Conclusion

  5. 29

    De la science fiction à la réalité

    Science-fiction, prédictions technologiques et inventions visionnaires : et si certaines oeuvres avaient vu juste avant tout le monde? Baptiste et Etienne plongent dans l’histoire des oeuvres de science-fiction qui ont anticipé notre présent, explorent les technologies de demain qu’ils aimeraient voir se concrétiser, et réfléchissent à l’influence de l’imaginaire collectif sur l’innovation réelle. Bien avant l’ère moderne, des esprits brillants imaginaient des technologies qui semblaient impossibles pour leur époque. En 1495, Léonard de Vinci concevait le premier concept de robot, une armure animée reproduisant les mouvements humains. En 1657, Cyrano de Bergerac décrivait dans son roman une machine à propulsion vers la Lune, préfigurant le concept de fusée, et prédisait même l’épuisement du soleil. En 1834, l’Américain Nathaniel King imaginait des androïdes fonctionnant à la vapeur. Et en 1870, Jules Verne décrivait dans Vingt mille lieues sous les mers un sous-marin électrique, une décennie avant les grandes découvertes d’Edison et Tesla. Certaines oeuvres n’ont pas seulement prédit le futur : elles l’ont directement influencé. Les PADD de Star Trek (les tablettes tactiles de la série des années 70) ont ainsi inspiré Steve Jobs lors du lancement de l’iPad, Apple ayant même tenté d’acquérir une licence pour le mot “pad”. Les lois de la robotique d’Isaac Asimov, issues du Cycle des robots, continuent d’alimenter les réflexions contemporaines sur l’éthique de l’intelligence artificielle et de la robotique, même si Asimov lui-même en démontrait les paradoxes et les limites dans ses récits. Baptiste et Etienne ont posé la question à leurs auditeurs : quelle technologie de science-fiction voudriez-vous voir devenir réalité? Les réponses convergent vers deux grandes thématiques : le voyage spatial rapide (hyperespace, warp drive, Stargate) et la nourriture instantanée (comme l’hydrateur de Retour vers le futur 2 ou le réplicateur de Star Trek). L’ascenseur spatial, un câble reliant la Terre à une station en orbite géostationnaire à 35 786 km d’altitude, est aussi exploré en détail : une merveilleuse idée théoriquement réalisable en graphène, dont le plus long tube produit à ce jour ne dépasse pourtant pas 55 centimètres. Le roman Le Problème à trois corps de Liu Cixin offre une réponse troublante au paradoxe de Fermi : pourquoi n’avons-nous aucun signe de vie extraterrestre intelligente malgré les probabilités? La Dark Forest Theory suggère que les civilisations avancées choisissent délibérément de rester invisibles, car se faire repérer dans l’univers équivaut à signer son arrêt de mort. Une réflexion qui résonne avec nos propres tentatives d’envoyer des signaux vers les étoiles. Parmi les inventions les plus fascinantes du Cycle des robots, les bandes de transport imaginées par Asimov proposent un système de tapis roulants à vitesses progressives permettant de se déplacer à pied à très grande vitesse en ville. Un concept étonnamment proche des tapis roulants des aéroports modernes, mais poussé à une toute autre échelle, et qui s’intégrerait parfaitement dans la vision d’une ville idéale du futur. Etienne recommande chaudement House of Guinness, la nouvelle série Netflix du créateur de Peaky Blinders, Steve Knight. L’histoire se déroule en 1868 en Irlande et suit les héritiers de la célèbre brasserie Guinness dans une période de tensions politiques et sociales. Le style cinématographique rappelle de près Peaky Blinders, et Jack Gleeson (Joffrey dans Game of Thrones) y livre une performance mémorable dans un rôle secondaire. Une série solide, même si elle n’atteint pas les sommets de son prédécesseur. Baptiste poursuit sa découverte de Breaking Bad et en est au début de la saison 5. Il souligne la force du duo Bryan Cranston et Aaron Paul, ainsi que la profondeur surprenante du personnage de Jesse Pinkman, initialement prévu pour mourir dès la fin de la saison 1. Une série dont les rebondissements et la qualité d’écriture continuent de le surprendre à chaque épisode. Etienne a enfin mis la main sur Donkey Kong Bananza sur Nintendo Switch, un jeu coloré, accessible et franchement jouissif. Il souligne la présence attachante de Pauline, personnage entièrement doublé en français, dont les répliques spontanées et l’intégration au gameplay apportent une chaleur inattendue à l’aventure. Baptiste a regardé pour la première fois No Country for Old Men des frères Coen, et il a été soufflé par la construction du scénario et la performance de Javier Bardem dans le rôle du serial killer Anton Chigurh. Un film dont la narration déjoue constamment les attentes et qui mérite amplement sa réputation de classique. Chapitres: 0:00 Introduction 1:13 Le sci-fi a prédit le présent 15:38 Prédictions pour l'avenir 39:40 Découvertes du mois 53:23 J'adore ça a 2 ans 1:04:05 Conclusion

  6. 28

    Théories surprenantes au cinéma

    Baptiste et Etienne plongent dans les théories de fans les plus fascinantes du cinéma et de l’animation. De Star Wars à Pixar en passant par Inception et The Dark Knight, ces théories donnent un tout nouvel éclairage sur des œuvres qu’on croyait bien connaître. La théorie voulant que Jar Jar Binks soit en réalité un maître Sith dissimulé est l’une des plus populaires des prequels. Les arguments ne manquent pas : ses mouvements rappellent des arts martiaux comme le drunken boxing, il survit miraculeusement à des batailles contre des armées de droïdes, et c’est lui qui propose au Sénat de donner les pleins pouvoirs d’urgence au Chancelier Palpatine. Etienne soulève également que l’acteur Ahmed Best a déclaré avoir étudié de nombreux arts martiaux pour le rôle, et que l’humoriste québécois Michel Courtemanche aurait été approché par George Lucas pour jouer le rôle original du méchant. La théorie Darth Jar Jar était peut-être bien le plan original avant que le backlash du public ne force Lucas à changer de cap. Et si le vrai protagoniste de The Dark Knight de Christopher Nolan n’était pas Batman, mais le Joker? Baptiste défend cette idée avec des arguments solides : c’est le Joker qui fait tomber la mafia, qui met fin à l’escalade d’armement criminel, et qui pousse Batman à s’arrêter d’agir comme un vigilante. En comparaison, Batman est un milliardaire qui fait la loi à sa guise sans légitimité officielle. Comme le résume la célèbre réplique de Gordon : ce n’est pas le héros dont Gotham a besoin. Le Joker est certes chaotique, mais ses actions stabilisent Gotham de façon bien plus efficace que celles de Batman. Baptiste s’attaque aux nombreuses théories cachées d’Inception. La plus connue : la toupie n’est pas le totem de Cobb, c’est celui de sa femme Mal. Son vrai totem serait sa bague de mariage, qu’il porte uniquement dans les rêves. Christopher Nolan aurait même confirmé que l’acteur Michael Caine ne jouait que dans des scènes de réalité, ce qui confirme que la scène finale se déroule bien dans le monde réel. Autre détail fascinant : les initiales des personnages principaux (Dom, Robert, Eames, Arthur, Mal, Saito, Peter, Ariadne, Yusuf) forment l’acronyme DREAMS PAY. Et le nombre 528491 est présent partout dans le film : numéros de chambres d’hôtel, piste musicale de Hans Zimmer, et même le code hexadécimal de la teinte bleue de l’affiche officielle du film. La théorie la plus renversante sur The Truman Show : Truman n’est pas en train de découvrir qu’il est filmé. Il le sait depuis longtemps, et tout ce qu’il fait, c’est tester le système pour préparer son évasion. Sa phobie de l’eau? Feinte, pour éviter toute surveillance côté mer. Son jardinage dans la cour? Il creusait discrètement un tunnel de fuite. Ses réactions aux incohérences autour de lui? Calculées, pas naïves. Etienne pointe plusieurs moments subtils dans le jeu de Jim Carrey qui appuient cette lecture, notamment la scène où son meilleur ami lui dit qu’il ne trahirait jamais, et où le visage de Truman révèle qu’il sait pertinemment que c’est faux. Baptiste explore la célèbre Pixar Theory, selon laquelle tous les films Pixar forment un seul et même univers. Quelques éléments frappants : les émotions humaines serviraient de carburant (pour animer les jouets dans Toy Story, pour alimenter les monstres dans Monsters Inc). Les portes de Monsters Inc permettraient aux monstres de voyager dans le passé pour drainer l’énergie émotionnelle d’enfants, à une époque où les humains étaient encore sur Terre. Et la révélation finale : la sorcière de Brave serait en réalité la petite Boo de Monsters Inc, revenue dans le passé par amour, ce qui crée une boucle temporelle infinie. La grande morale transversale de Pixar? Il faut se souvenir de ceux qu’on aime pour qu’ils continuent d’exister. Dans Wall-E, la mégacorporation BNL est responsable à la fois de la gestion des déchets sur Terre… et de leur accumulation. La théorie : BNL aurait volontairement laissé la Terre se dégrader pour forcer l’ensemble de l’humanité à monter à bord de ses vaisseaux-croisières et en devenir des clients captifs à vie. Preuve à l’appui : la gestion des ressources est parfaite sur les vaisseaux, mais catastrophique sur Terre, malgré le fait que c’est la même entreprise qui gère les deux. Sans oublier que le robot AUTO sabote activement le retour des humains sur Terre, ce qui coïncide parfaitement avec les intérêts de BNL. La théorie la plus troublante de l’épisode : dans The Blair Witch Project, il n’y aurait aucune sorcière. Seulement deux hommes ayant planifié d’assassiner la troisième membre du groupe, Heather. Les indices s’accumulent : les hommes ignorent systématiquement les indications de Heather, la carte disparaît et l’un d’eux avoue l’avoir jetée, les mouvements nocturnes ne les réveillent jamais, et le comportement final dans la maison abandonnée suit une chorégraphie trop précise pour être le fruit du hasard. Une relecture féministe et glaçante d’un film culte du found footage. No Packers, No Life est un documentaire touchant et plein de chaleur sur un fan club japonais des Packers de Green Bay, découvert par hasard dans les rues de Shibuya par un ami du YouTubeur Craig Benzine. Disponible gratuitement sur Tubi, c’est 80 minutes de sourires garantis, même pour ceux qui ne suivent pas le football américain. Dispatch est un jeu vidéo indépendant avec Aaron Paul au doublage, que Etienne a terminé et dont il a exploré plusieurs fins alternatives grâce à ses choix narratifs. Un titre nommé aux Game Awards dans la catégorie meilleur jeu indépendant. Pluribus est une série Apple TV+ du créateur de Breaking Bad. Baptiste recommande de la découvrir sans rien savoir d’avance, particulièrement le premier épisode. Le ton change et ralentit par la suite, mais de façon intentionnelle, avec des résonances philosophiques subtiles et des ambiances proches de Severance ou d’un The Good Place plus sombre. L’Armée des Douze Singes (12 Monkeys, 1995) est un revisionnage apprécié par Baptiste, qui met en lumière la performance méconnue de Brad Pitt dans le rôle d’un homme instable. Un classique du sci-fi des années 90 avec une trame temporelle solide et une bande sonore mémorable. Star Wars Jedi : Survivor est le deuxième opus de la série Jedi. Etienne le trouve visuellement impressionnant et agréable à jouer, mais trouve le scénario moins engageant que celui de Fallen Order. Factorio : Space Age est la nouvelle extension du jeu d’automatisation et d’optimisation Factorio. Baptiste y joue avec des amis et décrit l’ajout de nouvelles planètes aux conditions climatiques variées, dont certaines avec des tempêtes électriques et des mécaniques d’extraction sur des astéroïdes. Chapitres: 0:00 Introduction 1:25 Théories au cinéma 49:27 Découvertes du mois 1:05:33 Conclusion

  7. 27

    Le gaming des années 90

    Baptiste et Etienne plongent dans leurs souvenirs de gaming des années 90, des jeux MS-DOS aux classiques de la Super Nintendo et de la Nintendo 64. Un épisode nostalgique qui revisite une décennie charnière pour toute une génération de joueurs québécois et français. Pour lancer l’épisode, Etienne soumet Baptiste à un quiz sur des faits méconnus de l’histoire du jeu vidéo des années 90. On y apprend notamment que la voix d’intro emblématique de Sega occupait à elle seule plus de 8 % de l’espace mémoire de la cartouche de Sonic 1, et que Nintendo a failli lancer une console en partenariat avec Sony autour d’un format CD appelé le Superdisc, un projet qui a finalement mené Sony à développer la PlayStation en solo. On y discute aussi d’un camion caché dans Pokémon Bleu et d’une rumeur longtemps répandue dans les cours d’école, de la présentation chaotique de StarCraft au E3 de 1996, et des slogans publicitaires que Sega utilisait pour se moquer de Nintendo. Baptiste retrace ses premières expériences avec les jeux PC, notamment en regardant son père jouer à The Secret of Monkey Island sur MS-DOS, un jeu de type point and click de LucasArts qui l’a fasciné bien avant qu’il soit en âge de jouer lui-même. Il évoque aussi des jeux DOS plus obscurs comme Castle of the Winds (un roguelike à l’esthétique très brute), Tanks (précurseur de Worms), Gorilla et Stunts, un jeu de course où l’on pouvait construire ses propres circuits avec des loopings. Il enchaîne avec les jeux Windows, dont Caesar 3, un jeu de gestion de cité romaine où l’on bâtit des infrastructures, on approvisionne ses marchés et on repousse des envahisseurs. Il y a récemment rejoué grâce à Good Old Games et a retrouvé un plaisir intact. Il mentionne également Warcraft II et Diablo I comme des incontournables, et Rayman ainsi que Torrin’s Passage pour les amateurs de jeux d’aventure et de point and click. Etienne revient sur les grands titres de la SNES qui ont marqué sa jeunesse: Zelda: A Link to the Past, longtemps son jeu préféré de tous les temps, Super Mario World, et Donkey Kong Country, qu’il a récemment rejoué en multijoueur avec un cousin via la Nintendo Switch 2. Il souligne à quel point ce dernier est resté difficile et visuellement réussi, avec une musique mémorable. La discussion dérive vers les différences visuelles entre la SNES japonaise et nord-américaine, notamment les boutons de couleur et leur forme convexe ou concave selon les marchés. La N64 est présentée comme la console qui a porté le multijoueur local à son apogée. Etienne et Baptiste parlent de GoldenEye, de Mario Kart 64, de Star Fox 64 et de Super Smash Bros, dont la boîte peu attrayante avait failli décourager Etienne de le louer. Ils évoquent aussi Pokémon Stadium, qui permettait de connecter sa Game Boy pour voir ses Pokémon prendre vie en 3D sur la télévision. C’était, pour beaucoup d’enfants de l’époque, la première fois qu’ils voyaient leurs personnages autrement qu’en pixels noir et blanc. Les jeux de sport des années 90, comme NHL 95, Ken Griffey Jr. et NBA Jam, ont joué un rôle central dans l’essor du multijoueur. Etienne souligne que NHL 95 permettait déjà de créer son propre joueur, une fonctionnalité particulièrement marquante pour l’époque. Il raconte aussi ses premières expériences de multijoueur en ligne via le dial-up avec X-Wing vs. Tie Fighter, un jeu de combat spatial de LucasArts où s’organiser pour jouer représentait déjà toute une aventure. Baptiste consacre un segment à la Game Boy, sa seule console pendant longtemps. Il parle de Lucky Luke, de Pokémon Bleu qu’il jouait caché sous sa couverture le soir, et de Double Dragon, un beat’em up exigeant dont la difficulté l’avait forcé à demander l’aide d’un ami pour en voir la fin. Baptiste et Etienne partagent chacun une opinion qui va à contre-courant. Baptiste avance que, malgré toute la nostalgie, les jeux des années 90 ne sont objectivement pas les meilleurs de tous les temps, et qu’il préférerait rejouer à The Witcher 3 ou Mass Effect aujourd’hui. Etienne, de son côté, confesse qu’il n’a jamais réussi à accrocher à Sonic, trouvant ses contrôles frustrants et son level design incohérent avec la promesse de vitesse qu’il affiche. Etienne annonce que le film Legend of Zelda est en tournage en Nouvelle-Zélande. Un passant a filmé le plateau à l’insu de l’équipe et posté la vidéo en ligne, ce qui a poussé Nintendo à diffuser des photos officielles. On apprend notamment qu’un rôle important sera tenu par l’actrice connue pour son rôle dans la série Severance. Baptiste et Etienne reviennent sur les Game Awards, enregistrés avant la cérémonie. Ils anticipent une soirée dominée par Clair Obscur: Expedition 33, un jeu d’un studio indépendant français nominé dans un nombre record de catégories. Ils en profitent pour déplorer l’état général de l’industrie du divertissement, où les gros budgets ne garantissent plus la qualité, contrairement à des projets plus modestes et mieux écrits. Baptiste recommande La Petite et le Vieux, un film québécois tourné à Québec avec Guilde Roy, qui raconte l’amitié inattendue entre une jeune fille et un vieil homme bougon. Un récit touchant ancré dans des quartiers que Baptiste reconnaît au passage. Etienne recommande Platonic, une série Apple TV avec Rose Byrne et Seth Rogen, qui retrouvent deux anciens meilleurs amis après des années de séparation. C’est léger, drôle et sans prétention, avec une deuxième saison déjà disponible. Etienne recommande également Last Samurai Standing, une série qui croise l’univers de Squid Game et de Hunger Games, mettant en scène des guerriers traditionnels dans une compétition mortelle pour atteindre Tokyo. L’acting est inégal, mais les combats sont impressionnants et les six épisodes de la première saison se regardent facilement. Etienne termine avec Dispatch, un jeu vidéo au style visuel de dessin animé où l’on joue un super héros ruiné qui devient le dispatcher d’une équipe de héros mercenaires. On y prend des décisions tactiques en envoyant les bons personnages aux bons endroits, le tout enveloppé d’une histoire narrative soignée et d’un humour bien dosé. Etienne le recommande chaudement. Chapitres: 0:00 Introduction 1:02 Quiz 12:24 Le gaming des années 90 56:39 Découvertes du mois 1:12:58 Conclusion

  8. 26

    John Williams: le meilleur compositeur du cinéma

    Est-ce que John Williams est le plus grand compositeur de musique de film de tous les temps? Etienne et Baptiste rendent hommage à cet homme dont les mélodies ont marqué plusieurs générations de cinéphiles. De Star Wars à Harry Potter, en passant par Indiana Jones et Jurassic Park, on explore l’œuvre colossale de celui qu’on appelle affectueusement “Jean-Guillaume”. John Williams détient des records qui donnent le vertige: plus de 54 nominations aux Oscars, 71 nominations aux Grammy Awards dont 26 victoires, et il est la seule personne de l’histoire à avoir été nominée durant sept décennies consécutives. Son nom complet? John Tanner Williams. Son Oscar? Il en a remporté 5, notamment pour Jaws, Star Wars, E.T., et Schindler’s List, mais pas pour Harry Potter, ce qui reste l’une des grandes surprises de sa carrière. Etienne et Baptiste débattent d’une question fascinante: est-ce que Williams a contribué au succès des grandes franchises, ou l’inverse? Leur conclusion penche clairement du côté de Williams. La musique n’est pas qu’un accompagnement, c’est un amplificateur d’émotions capable de faire ressentir quelque chose par elle-même, sans même les images. Un thème réussi, comme les deux notes de Jaws ou l’ouverture de Harry Potter, devient instantanément reconnaissable et ancré dans la culture populaire. À l’opposé, ils soulèvent la faiblesse des trames sonores du Marvel Cinematic Universe, où aucun thème n’est véritablement mémorable. Les deux animateurs ont assisté à un concert de l’Orchestre Film Harmonique au Grand Théâtre de Québec, et c’est en partie ce qui a inspiré cet épisode. Le programme balayait toute la carrière de Williams: E.T., Saving Private Ryan, Superman, Schindler’s List, Indiana Jones, Star Wars et Harry Potter, entre autres. La soirée était divisée en deux parties, avec une chorale de l’Université Laval qui a conclu le tout avec “Duel of the Fates” de La Menace Fantôme, un moment de frissons collectifs. Ils recommandent chaudement ce type d’expérience à tous les amateurs de musique de film. Ce qui distingue Williams des autres, c’est une palette orchestrale immédiatement reconnaissable: les cordes, les cuivres, les chœurs et des percussions délicates comme le célesta ou le glockenspiel, qu’il a notamment mis de l’avant dans Harry Potter. En comparaison, Hans Zimmer est l’autre grand compositeur contemporain cité, connu pour ses œuvres pour Christopher Nolan (Dune, Interstellar, Inception). Les deux animateurs notent que Williams a su adapter ses ingrédients habituels à chaque univers sans jamais se répéter vraiment. Etienne et Baptiste dévoilent chacun leur classement personnel. Du côté d’Etienne: Catch Me If You Can (plus jazzy et espion que ses œuvres habituelles), Indiana Jones et la Dernière Croisade (pour le sentiment d’aventure pure), et Star Wars: A New Hope, particulièrement le thème du Binary Sunset. Du côté de Baptiste: Indiana Jones en numéro 3, Harry Potter à l’École des Sorciers en numéro 2, et Empire Strikes Back en numéro 1, avec une mention spéciale pour la bataille de Hoth et, bien sûr, la Marche Impériale. Les deux s’entendent aussi pour saluer le génie de Duel of the Fates et de la Liste de Schindler. Silksong continue d’enthousiasmer Etienne, qui en est à 36 heures de jeu et le considère parmi les meilleurs de l’année. À l’approche des Game Awards, ils font leurs pronostics: Expédition 33 semble favori, mais Split Fiction, Silksong et Clair-Obscur méritent aussi des prix. Ils comparent d’ailleurs les Game Awards aux Oscars, où les campagnes de relations publiques jouent souvent un rôle déterminant. Baptiste a enfin commencé Breaking Bad, une série qu’il n’avait jamais vue malgré sa réputation légendaire. Il n’en est qu’au premier épisode, mais il compte faire des mises à jour dans les prochains épisodes. Etienne a joué à Deathloop sur PlayStation 5, un jeu de tir à la première personne avec une mécanique de boucle temporelle rappelant le Jour de la Marmotte. Il avoue que le déclic prend du temps à venir, mais qu’une fois compris, le jeu devient excellent et très satisfaisant à maîtriser. Baptiste a découvert The Mist (2007), adapté de Stephen King, et confirme que la fin est parmi les plus mémorables du cinéma, au point que Stephen King lui-même aurait déclaré que c’est la fin qu’il aurait dû écrire dans le roman. Etienne a regardé A Man on the Inside sur Netflix, une série de Michael Schur (The Good Place, Parks and Recreation) avec Ted Danson. Plus sentimentale que comique, elle traite de la vieillesse et du deuil avec légèreté et beaucoup de tendresse. Baptiste a vu Fumer fait tousser de Quentin Dupieux, film d’absurde français dans la lignée de Yannick. Un humour décalé et volontairement dérangeant qui ne plaira pas à tous, mais qui fait rire aux éclats pour ceux qui accrochent au style. Etienne a aussi fait des rattrapages: Dead Poets Society et Good Will Hunting avec Robin Williams, le film romantique About Time avec Domhnall Gleeson et Rachel McAdams, ainsi que le classique des années 80 Planes, Trains and Automobiles avec Steve Martin et John Candy. Chapitres: 0:00 Introduction 1:19 Quiz 12:50 Questions des astronautes 23:11 Retour sur le concert de Williams 35:38 Top 3 56:11 Découvertes du mois 1:22:00 Conclusion

  9. 25

    James Bond de Denis Villeneuve: nos prédictions (avec MonCiné Balado)

    Dans cet épisode spécial, Baptiste et Etienne reçoivent Patrick Marleau et Jean-François Breton du podcast MonCiné Balado pour spéculer sur le futur film James Bond réalisé par Denis Villeneuve. Ensemble, ils explorent ce que le cinéaste québécois pourrait apporter à la franchise la plus célèbre du cinéma d’espionnage. Reconnu pour sa maîtrise visuelle dans Dune, Blade Runner 2049 et Sicario, Denis Villeneuve apporte une approche contemplative, tendue et visuellement époustouflante au cinéma d’action. Ses forces — les scènes de suspense silencieuses, la profondeur narrative et la photographie soignée — sont discutées en lien avec ce qu’elles pourraient donner dans l’univers de 007. Le groupe soulève néanmoins un défi de taille : le ton humoristique propre à la franchise Bond, absent de la filmographie de Villeneuve. Le scénariste Steven Knight (Peaky Blinders), déjà confirmé au projet, pourrait combler cet aspect. La question du prochain acteur à incarner 007 est au cœur des spéculations. Les noms de Jacob Elordi et Nicholas Hoult ressortent comme favoris, pour leur charisme, leur prestance physique et leur capacité à apporter une légèreté et une intensité positive que l’ère Craig avait parfois mise de côté. L’hypothèse Tom Holland est écartée, notamment en raison de son image liée à Spider-Man et de son agenda déjà chargé. Le groupe s’entend pour éviter un retour immédiat au Spectre ou à Blofeld, trop récemment utilisés. On privilégie un nouveau méchant crédible, peut-être inspiré de la géopolitique contemporaine ou d’un conflit interne au MI6. La piste d’un antagoniste plus âgé et expérimenté est favorisée pour renforcer la crédibilité dramatique. Une dynamique de trahison au sein de l’organisation, caractéristique du cinéma de Villeneuve, est aussi envisagée. Zendaya est citée en tête de liste, en raison de son travail avec Villeneuve sur Dune et de la grande admiration que le réalisateur lui porte publiquement. Le groupe souhaite une Bond Girl avec davantage d’agentivité et d’impact sur l’intrigue, dans la lignée des personnages récents plus complexes. L’idée d’une collègue du MI6 plutôt qu’une simple conquête est explorée avec enthousiasme. Parmi les favorites de tous les temps : Skyfall d’Adele, Tomorrow Never Dies et les classiques de l’ère Brosnan. Pour le prochain film, la discussion aboutit sur Charlotte Cardin comme choix coup de cœur, pour sa polyvalence en anglais comme en français et son style qui s’inscrirait bien dans l’atmosphère de la franchise. Le retour d’une scène de présentation de gadgets avec Q est vivement souhaité, un moment iconique qui s’était estompé dans les derniers films. Pour le rôle de M, une personnalité imposante et ambiguë est préférée. Le personnage de Moneypenny pourrait être réinventé. La question de l’arc narratif (film unique ou série liée comme à l’ère Craig) reste ouverte, bien que Villeneuve soit perçu comme peu enclin à s’engager sur plusieurs volets. Le groupe débat de l’idée de situer l’action dans une époque passée, comme les années 1960 ou la Guerre froide, pour renouveler la formule et éviter les méga-complots futuristes devenus trop prévisibles. Cette approche permettrait de jouer avec les codes classiques de l’espionnage tout en donnant à Villeneuve une toile originale. La contrainte commerciale d’Amazon (nouveau propriétaire de la franchise) est évoquée comme facteur d’influence sur les choix artistiques finaux. Hollow Knight: Silksong est le grand coup de cœur d’Etienne ce mois-ci. Ce jeu de type Metroidvania développé par le studio indie Team Cherry est la suite très attendue de Hollow Knight, sorti en 2017. Après des années de silence et six ans de retard, Silksong est finalement arrivé en septembre 2025 avec un monde massif découpé en actes, une direction artistique dessinée magnifique, une trame sonore majestueuse signée Christopher Larkin et une difficulté exigeante mais gratifiante. Etienne le considère comme son jeu de l’année. Adolescence, la minisérie britannique récompensée par huit Emmy Awards, a enfin été vue en entier par Baptiste. Tournée en plans-séquences, elle suit les répercussions d’un crime commis par un adolescent sur sa famille et sa communauté. Les troisième et quatrième épisodes — le premier centré sur une psychologue, le second sur le père — sont particulièrement soulignés pour leur intensité émotionnelle et leur regard lucide sur les réseaux sociaux et la culture des jeunes. Le Mandalorian (saison finale) a aussi été rattrapé par Baptiste, qui a apprécié la montée en intensité des combats et l’arc narratif menant vers un film à venir. Il note une construction similaire à celle de Rogue One dans la façon dont la série prépare le terrain pour le grand écran. Foundation saison 3 a été entamée par Baptiste, qui continue d’être captivé surtout par les intrigues autour de l’Empire et par la performance de Lee Pace dans le rôle de Brother Day. Plusieurs choix d’adaptation divergent des romans d’Isaac Asimov, ce qui suscite une discussion réservée pour plus tard. Dan Da Dan est la recommandation d’Etienne : une série d’animation japonaise disponible sur Netflix, adaptée d’un manga, qui suit deux lycéens confrontés à la fois aux extraterrestres et aux fantômes. Ce qui distingue Dan Da Dan, c’est son style visuel explosif et hyperactif, sa direction artistique d’une créativité rare et son écriture qui mélange humour, émotion et action avec une exécution impeccable. Deux saisons sont disponibles. Chapitres: 0:00 Introduction 4:00 Patrick Marleau et Jean-François Breton 16:24 Denis Villeneuve + James Bond 1:09:43 Découvertes du mois dernier 1:24:59 Conclusion

  10. 24

    Les secrets de la sonde Voyager (mini épisode)

    En 1977, la NASA lançait les sondes Voyager 1 et Voyager 2 dans le cadre d’une mission unique dans l’histoire de l’exploration spatiale. Dans ce mini épisode, Baptiste et Etienne explorent les grandes étapes, les exploits techniques et les anecdotes fascinantes de ce programme qui continue de nous envoyer des données depuis les confins de notre système solaire. La mission Voyager a été conçue pour profiter d’un alignement planétaire rarissime, qui ne se produit qu’environ tous les 176 ans. Cet alignement permettait d’envoyer deux sondes sur des trajectoires complémentaires: Voyager 1 en direction de Jupiter et Saturne, et Voyager 2 vers Uranus et Neptune. Fait étonnant: Voyager 2 a été lancée quelques semaines avant Voyager 1, mais elle voyage moins vite et est donc moins loin. C’est la raison pour laquelle les sondes ont été nommées dans cet ordre inversé. L’un des concepts les plus brillants de la mission est l’utilisation de l’effet slingshot (ou assistance gravitationnelle). En passant à proximité de planètes géantes comme Jupiter, les sondes ont profité de leur force gravitationnelle pour accélérer et modifier leur trajectoire sans carburant supplémentaire. Voyager 1 atteint aujourd’hui une vitesse de 17 km par seconde, une vitesse qu’elle n’avait pas au départ et qui lui a été conférée par ses passages près des planètes géantes. Voyager 1 se trouve aujourd’hui à environ 25 milliards de kilomètres de la Terre, soit 22 heures-lumière. Elle a franchi l’héliosphère, la grande bulle de particules solaires qui enveloppe notre système solaire, pour entrer dans l’espace interstellaire. Elle approche désormais du nuage de Oort, un immense nuage de glace aux frontières les plus lointaines du système solaire. Pour rester en communication avec Voyager 1, la NASA utilise le Deep Space Network, un réseau de trois gigantesques antennes situées en Californie, en Espagne et en Australie. Ce dispositif garantit qu’au moins une antenne est toujours orientée vers la sonde, peu importe la rotation de la Terre. Le signal émis par Voyager 1 n’est que de 22 watts, soit la puissance d’une ampoule de réfrigérateur. Et chaque message envoyé depuis la Terre met 22 heures à parvenir à la sonde. En novembre 2023, Voyager 1 s’est mise à émettre des données incompréhensibles à cause d’une puce défectueuse responsable de la mise en paquets de l’information. Les ingénieurs de la NASA ont réussi l’exploit de réparer la sonde à distance, en lui envoyant des instructions pour réorganiser le stockage de son code, en tenant compte de sa mémoire extrêmement limitée. Chaque échange entre la Terre et la sonde représentait un aller-retour de 44 heures d’attente. À bord de Voyager 1 se trouve le Golden Record (disque d’or), conçu pour communiquer avec une éventuelle vie extraterrestre intelligente. Il contient des photos, des sons et des musiques de la Terre, encodés à l’aide de références universelles comme la longueur d’onde entre deux atomes d’hydrogène. Le disque inclut également les instructions pour le déchiffrer. Ce projet a été supervisé en partie par Carl Sagan, grand vulgarisateur scientifique et figure marquante de l’astronomie populaire. Avant que le module de caméra de Voyager 1 ne soit définitivement éteint pour économiser de l’énergie, il a pris l’une des photos les plus célèbres de l’histoire: le Pale Blue Dot. Prise à 6,4 milliards de kilomètres de la Terre, elle montre notre planète comme un minuscule point bleu perdu dans un rayon de soleil. Cette photo a été proposée par Carl Sagan, qui a dû insister à plusieurs reprises auprès de la NASA, inquiète que pointer la caméra vers le soleil endommage le capteur. Voyager 1 fonctionne grâce à une source d’énergie nucléaire au plutonium-238. À mesure que ce combustible se dégrade, la NASA a progressivement désactivé les modules non essentiels pour prolonger la mission. On estime que la sonde émettra son dernier signal vers 2036, bien que cette date ait déjà été repoussée à plusieurs reprises au fil des années. Chapitres: 0:00 Introduction 1:20 Voyager I et II 21:21 Conclusion

  11. 23

    Dans les coulisses des effets visuels (VFX) : Entrevue avec Pierre Raymond

    Pierre Raymond est co-fondateur et ancien président du studio Hybride, un studio de VFX québécois fondé en 1991 à Piedmont, dans les Laurentides. Dans cet épisode, il nous ouvre les portes d’une carrière de plus de 30 ans au service des plus grandes productions cinématographiques et télévisuelles mondiales, des premiers contrats publicitaires jusqu’aux galaxies de Star Wars. Les VFX ne se résument pas à une seule technique. Pierre distingue plusieurs types d’effets : les effets imperceptibles, ceux que le spectateur ne remarque jamais; les extensions de décor, qui complètent un environnement réel par du virtuel; et les effets spectaculaires, comme ceux de Matrix ou Star Wars, qui transportent le public dans des univers impossibles. Chez Hybride, la spécialité s’est bâtie sur l’intégration invisible, notamment en tournant des productions entières sur fond vert ou bleu pour créer des environnements 100 % virtuels. Contrairement à l’idée reçue, les équipes de VFX sont impliquées bien avant la post-production. Un superviseur des effets visuels est présent sur le plateau tout au long du tournage, aux côtés du réalisateur et du directeur de la photographie. Pierre explique comment son équipe répertoriait chaque lentille de caméra utilisée sur le tournage pour reproduire fidèlement leur distorsion dans les environnements virtuels, une précision mathématique essentielle pour une intégration imperceptible. L’une des histoires les plus marquantes de l’épisode est celle de Sin City (2005). Robert Rodriguez voulait adapter l’œuvre de Frank Miller, mais ce dernier était réticent à céder les droits. Hybride a alors produit un test d’une douzaine de minutes pour convaincre Miller de la faisabilité visuelle du projet. Ce test a non seulement ouvert la porte à Sin City, mais a aussi directement inspiré l’esthétique de 300 (2006), autre adaptation de Frank Miller, qui reprend une technique similaire d’environnements entièrement virtuels autour d’acteurs filmés sur fond bleu. Travailler sur Star Wars représente l’un des accomplissements les plus importants d’Hybride. La relation avec Industrial Light & Magic (ILM) s’est construite sur une dizaine d’années, à travers des films comme Pacific Rim, Hunger Games et plusieurs épisodes de la saga. Pierre raconte que le studio est finalement devenu aux yeux d’ILM une véritable extension de leurs équipes mondiales, au même titre que leurs bureaux de Londres ou Los Angeles. Une collaboration rare pour un studio basé dans les Laurentides. Hybride a également collaboré avec Denis Villeneuve sur Arrival (2016). Pierre décrit le soin apporté à la conception des tentacules d’encre utilisés par les extraterrestres pour communiquer, un défi à la fois technique et artistique. Ce qui l’a marqué dans cette collaboration, c’est la clarté de vision du réalisateur québécois : Villeneuve sait non seulement ce qu’il veut, mais aussi ce qu’il ne veut pas, une qualité précieuse qui facilite le travail des équipes VFX. Pierre démystifie la différence entre le fond vert et le fond bleu. Le choix n’est pas esthétique, il est mathématique et technique. Le vert domine dans la composition de la lumière blanche en électronique (environ 59 % de luminosité), ce qui le rend plus facile à isoler avec moins de bruit dans le signal. Le bleu, lui, est utilisé lorsque les costumes ou accessoires des acteurs contiennent du vert, comme les capes rouges de 300, où le fond bleu s’imposait pour éviter tout conflit de couleur avec les décors virtuels. Pierre identifie quelques films qui ont véritablement fait avancer l’industrie des effets visuels. Le Seigneur des Anneaux a révolutionné l’animation de foule en interaction, notamment pour les scènes de bataille. Matrix a inventé le bullet time, une technique de gel du temps en 360 degrés qui reste une référence absolue. Et Sin City comme 300 ont posé les bases d’une esthétique de cinéma entièrement virtuel qui influence encore aujourd’hui. L’épisode se conclut sur un échange passionné sur les plans VFX les plus marquants de l’histoire du cinéma. Parmi les favoris : la charge des cavaliers dans Le Retour du Roi, la séquence d’hyperespace dans Star Wars : Les Derniers Jedi, les trainées de feu de Retour vers le futur, et la bataille avec particules de couleur dans Harry Potter. Pierre cite aussi avec fierté les séquences d’Arrival et de King Kong, ainsi que la série Marie-Antoinette, pour laquelle Hybride a intégré des acteurs dans des environnements authentiques filmés à Versailles, y compris sur les toits du château. Chapitres: 0:00 Introduction 1:34 Pierre Raymond 8:18 Les coulisses des effets visuels 1:11:02 Nos plans VFX préférés 1:27:07 Conclusion

  12. 22

    Les meilleurs pires films

    Baptiste et Etienne se plongent dans leurs souvenirs cinématographiques pour dresser un top 3 des meilleurs pires films : ces films cultes objectivement imparfaits qu’on continue d’adorer malgré tout. Entre nostalgie, effets spéciaux en caoutchouc et scénarios douteux, ils explorent ce qui fait le charme des navets cultes et pourquoi certains films marquent une génération même en étant mauvais. Le classique français avec Jean Reno, Christian Clavier et Valérie Lemercier passe sous la loupe. Baptiste l’a récemment revu avec un ami et a dû admettre ce qu’il refusait de voir étant jeune : l’humour est grossier, le scénario part dans tous les sens, et les gags sont faciles. Pourtant, certains moments restent gravés, notamment la performance remarquable de Valérie Lemercier dans le rôle de la bourgeoise, et un effet de double rôle à l’écran qui avait époustouflé le jeune Baptiste, une prouesse rare pour l’époque. Etienne défend ce désastre cinématographique qu’il a pourtant adoré. Sorti la même année que Les Visiteurs, ce film était pour lui le seul film de jeu vidéo de son enfance. Mario qui refuse de sauter, des Goombas méconnaissables, Toad transformé en guitariste, une ville appelée Dino-Manhattan : rien ne fait sens. Le scénario a été réécrit des dizaines de fois sans jamais fonctionner. Mais pour un enfant fan de Super Mario, le simple fait que le film existe suffisait à en faire un chef-d’oeuvre. La bob-omb portant des Reebok reste un souvenir impérissable. Le film de Luc Besson avec Bruce Willis et Gary Oldman divise encore aujourd’hui : on l’aime ou on le déteste. Baptiste défend ce film qui, à sa sortie, proposait quelque chose de rare : une comédie de science-fiction spectaculaire avec un grand budget. Les costumes en caoutchouc, le criquet espion, la grève des éboueurs à l’aéroport, Aziz Lumière : autant de détails loufoques qui forment l’ADN d’un film unique en son genre. La question se pose : est-ce qu’un réalisateur comme Edgar Wright pourrait s’en emparer aujourd’hui? Etienne se souvient d’avoir attendu sagement dans le couloir du cinéma pour voir ce film sorti trop vite après le premier. Le studio avait censuré les armes des tortues suite aux plaintes de parents, si bien que Michelangelo se bat avec des saucisses. Le grand méchant Shredder meurt… en s’écrasant lui-même sous un quai. Et Vanilla Ice livre un numéro musical embarrassant en plein milieu du film. Mauvais à tous les niveaux, mais indétrônable dans les souvenirs. Le film d’Alain Chabat sur la préhistoire et la découverte du premier meurtre est peut-être le plus clivant de la liste. Les critiques n’avaient pas été tendres à sa sortie, surtout après le succès d’Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre. Pourtant, l’humour absurde de Chabat a créé des répliques cultes qui circulent encore aujourd’hui. “Il va faire tout noir, ta gueule” est entré dans la culture populaire. La chimie entre les acteurs, souvent issus des mêmes troupes de comédie, donne au film une énergie de bande d’amis qui s’amusent devant une caméra. Etienne termine avec un choix audacieux : le premier volet de la prélogie Star Wars. Un film dont personne ne sait vraiment identifier le personnage principal (Qui-Gon? Anakin? Jar Jar?), où Obi-Wan reste assis dans un vaisseau pendant la moitié du film, et que George Lucas a écrit sans que personne ne passe le scénario au crible. Mais pour une génération entière, c’était l’événement cinématographique de l’année, et les courses de Podracers ou le combat contre Darth Maul restent mémorables. Pax Pamir est un jeu de société complexe se déroulant en Afghanistan après la chute d’un empire, où les joueurs incarnent des chefs de tribu tentant de survivre entre les puissances russes et anglaises. Etienne l’a découvert lors d’une soirée avec des fans du podcast, et malgré une règle quasi incompréhensible même après une vidéo explicative de 20 minutes, il a fini par gagner sa première partie presque par accident. Un jeu exigeant mais passionnant une fois la mécanique assimilée. Je suis toujours là est un film brésilien nominé aux Oscars qui raconte l’histoire d’une famille sous la dictature militaire au Brésil. Le père, député d’opposition, est arrêté par les militaires, et le film suit le reste de la famille dans l’attente et l’incertitude. Baptiste le recommande chaudement, saluant en particulier le jeu d’actrice de la mère de famille et l’intensité émotionnelle qui monte progressivement après une première demi-heure plus posée. Black Mirror a enfin été rattrapé par Etienne, qui a sélectionné des épisodes à partir d’un top 15 de Variety plutôt que de regarder les saisons dans l’ordre. Ses favoris : USS Callister, où un développeur de jeu emprisonne des copies numériques de ses collègues dans son jeu Star Trek personnel, et Eulogy, où un personnage revisite des souvenirs photographiques pour préparer un éloge funèbre. Il confirme que la série est inégale d’un épisode à l’autre, à l’image de Love, Death & Robots. Dropout.tv est une plateforme de streaming lancée par les anciens de College Humor, rachetée et relancée par Sam Reich avec seulement 7 employés. À environ 7-8 $ US par mois, elle propose des émissions d’improvisation comme Make Some Noise et Game Changer, où les règles du jeu changent à chaque épisode. Baptiste la présente comme le successeur spirituel de Who’s Line Is It Anyway? Black Myth: Wukong est un jeu PlayStation 5 inspiré de la légende du Roi Singe, la même qui a donné naissance au personnage de Goku dans Dragon Ball. Etienne, qui n’est pas un habitué des jeux de type Soulslike, l’a emprunté à la bibliothèque et a apprécié qu’il soit plus indulgent qu’Elden Ring : pas de perte de points d’expérience à la mort. Il a complété environ 40 % du jeu avant de passer à autre chose, satisfait de l’expérience. Chapitres: 0:00 Introduction 1:29 Découvertes du mois dernier 26:50 Les meilleurs pires films 1:13:38 Patreon 1:16:26 Conclusion

  13. 21

    Le meilleur des 40 ans de Super Mario

    Super Mario célèbre ses 40 ans et pour l’occasion, Baptiste et Etienne se penchent sur leurs jeux Mario préférés de tous les temps. De la révolution du platformer 2D à l’avènement de la 3D, en passant par les jeux multijoueurs qui ont marqué des générations, ils passent en revue la franchise la plus prolifique du jeu vidéo. Avant de dévoiler leurs tops, Etienne propose un quiz sur l’histoire de la franchise. Saviez-vous que Mario s’appelait originalement “Jumpman” lors de ses débuts dans Donkey Kong en 1981? Ou que Bowser a été conçu à l’origine en s’inspirant d’un bœuf? Le quiz révèle aussi des anecdotes surprenantes sur la musique thème de Zelda, les power-ups les plus insolites, et le rôle de Charles Martinet, la voix iconique de Mario pendant plus d’une centaine de jeux. Baptiste commence son palmarès avec deux mini-jeux devenus inoubliables dans Mario Party 2 sur Nintendo 64. Shell Shocked (aussi connu sous le nom de Tank Destruction) plongeait les joueurs dans une arène où chacun contrôlait un tank et devait éliminer ses adversaires. Shy Guy Says, quant à lui, était un jeu de réflexes intenses où un personnage agitait des drapeaux A et B en tentant de vous piéger avec des feintes. Des souvenirs de soirées entières passées sur ces deux mini-jeux, simples mais redoutablement efficaces. Pour Etienne, Super Mario Odyssey sur Nintendo Switch représente le meilleur jeu de plateforme 3D jamais créé. Sa force principale réside dans la précision et la richesse de ses contrôles: sauts multiples, backflip, roulades, lancers de casquette… chaque action répond exactement à l’intention du joueur. La mécanique de la casquette Cappy, qui permet de prendre possession des ennemis (Goomba, tyrannosaure, grenouille), ouvre des possibilités de gameplay uniques à chaque monde. Le jeu est également idéal pour les sessions courtes: ses nombreuses lunes cachées garantissent qu’une partie de 10 minutes est toujours satisfaisante. Baptiste réserve sa deuxième place à Mario Party 9, le jeu de société numérique par excellence sur Nintendo Wii. Ce qui le distingue, c’est sa rejouabilité infinie grâce à une bibliothèque de mini-jeux extrêmement variés: jeux de peinture, gonflement de ballons, comptage de Boo, choix de portes dans un manoir hanté, ou encore courses de kart sur des fusées. La grande force du jeu est que personne n’a besoin d’être un joueur expérimenté pour y exceller: le hasard, la rapidité et la mémoire sont autant d’atouts que les réflexes. Et grâce aux étoiles bonus distribuées en fin de partie, le classement final restait incertain jusqu’à la toute dernière seconde. Super Mario 64 occupe la deuxième place dans le classement d’Etienne, et ce n’est pas seulement pour des raisons de nostalgie. Ce jeu a littéralement inventé le platformer 3D: contrôle de caméra, niveaux sandbox à explorer sous plusieurs angles, et une palette de mouvements qui a inspiré presque tous les jeux Mario qui ont suivi. Près de 30 ans après sa sortie, les contrôles tiennent encore la route et les niveaux restent plaisirs à explorer. La communauté de speedrunning y est encore très active aujourd’hui, et les rumeurs d’antan, comme la présence cachée de Yoshi ou de Luigi, font partie de la légende du jeu. Le numéro un de Baptiste va à Mario Kart Wii, le jeu auquel il a passé le plus de temps avec ses amis. Il garde en mémoire trois circuits en particulier: DK Summit pour ses descentes spectaculaires et ses opportunités de se pousser dans les ravins, Maple Treeway pour son fameux passage secret dans les arbres qui permettait de dépasser tout le monde d’un coup, et l’incontournable Rainbow Road, aussi impitoyable que magnifique. Baptiste évoque aussi l’apprentissage du dérapage comme un tournant décisif dans sa progression, ainsi que le timing précis du boost au démarrage, une mécanique toujours présente dans les épisodes modernes de la série. Super Mario World sur Super Nintendo est le grand numéro un d’Etienne. C’est le Mario 2D parfait: une carte gigantesque et interconnectée, sept mondes distincts, des sorties secrètes qui déverrouillent de nouveaux chemins, et un monde étoile entier à découvrir pour les plus curieux. C’est aussi le premier jeu à introduire Yoshi. À une époque sans internet, trouver ses nombreux secrets relevait du phénomène social: on en parlait dans les cours d’école, on se montrait les découvertes chez les amis. Terminer le jeu à 100%, avec l’étoile apparaissant sur la sauvegarde, était une victoire que peu pouvaient se vanter d’avoir accomplie. Denis Villeneuve réalisera le prochain James Bond. Alors qu’Amazon et MGM cherchaient un réalisateur pour la prochaine aventure de l’agent britannique, plusieurs grands noms s’étaient montrés intéressés, dont Edgar Wright et Jonathan Nolan. C’est finalement Denis Villeneuve qui a été choisi, une nouvelle qui a été annoncée pendant l’enregistrement même de l’épisode. Jump Ship est un jeu coopératif en développement où jusqu’à quatre joueurs tripulent ensemble un vaisseau spatial. Chacun peut prendre les commandes, gérer les tourelles ou réparer les dégâts à l’intérieur du vaisseau en temps réel, tout en ayant la possibilité de sortir en plein vol pour aborder d’autres vaisseaux. La démo jouable a fortement impressionné Baptiste. Ripley, disponible sur Netflix, est une série en noir et blanc de huit épisodes mettant en vedette Andrew Scott dans le rôle du fraudeur sociopathe Thomas Ripley. Visuellement soignée et d’une lenteur contemplative assumée, la série est fortement recommandée par Etienne pour la qualité de sa mise en scène et la performance captivante de son acteur principal. La course à pied avec Garmin Connect et Strava occupe Baptiste en vue du Demi-marathon de Québec. Il s’entraîne à l’aide d’un programme automatisé de coaching sur 20 semaines, courant avec sa fille en poussette. Une visite à la Clinique du coureur lui a permis de corriger son patron de course et d’éliminer des douleurs aux genoux et aux hanches. La Switch 2 de Nintendo est arrivée avec une finition haut de gamme, un grand écran et des Joy-Con magnétiques. La grande révélation pour Etienne est Game Chat, une fonctionnalité intégrée permettant de communiquer en voix et de partager son écran avec des amis, peu importe le jeu en cours, en appuyant sur un seul bouton. Mario Kart World, le jeu de lancement, est décrit comme le meilleur épisode de la franchise, notamment grâce à son mode Knockout Tour à 24 joueurs et son Rainbow Road époustouflant. Uashtenamu: Allumer quelque chose de Marie-Andrée Gilles est un recueil de poésie autochtone recommandé à Baptiste par ChatGPT. Écrit dans un style direct et accessible, le livre se distingue des recueils de poésie plus hermétiques par son ancrage dans des images du quotidien et sa profondeur émotionnelle. Notre univers serait peut-être dans un trou noir. Etienne explique que la formule mathématique reliant la masse et le diamètre d’un trou noir s’applique parfaitement aux dimensions et à la masse connue de l’univers observable, une théorie scientifique sérieuse qui relance aussi la question de savoir si chaque trou noir pourrait être à l’origine d’un autre univers. Chapitres: 0:00 Introduction 0:24 Découvertes du mois dernier 30:02 Super Mario a 40 ans 1:17:48 Conclusion

  14. 20

    Quels jeux de société devraient être adaptés au cinéma et à la télé

    Baptiste et Etienne adorent les jeux de société autant que le cinéma et les séries télé. Dans cet épisode, ils relèvent le défi d’adapter leurs board games préférés en productions à gros budget : qui les réaliserait, qui les jouerait, et quel genre leur conviendrait le mieux? Avant de plonger dans leurs propres adaptations, Etienne soumet Baptiste à un quiz vrai ou faux sur les jeux qui ont déjà fait le saut au grand ou au petit écran. Saviez-vous qu’il existe un film basé sur Loup Garou (Werewolves Within, 2021), que Ryan Reynolds voulait adapter Clue, ou qu’il existe non pas un, mais plusieurs films Ouija, dont le tristement célèbre Ouija Shark (1,9/10 sur IMDb)? Et que dire du film Battleship (2012), mettant en vedette Rihanna et Liam Neeson contre des extraterrestres? Baptiste imagine Catane en film de mafia et d’espionnage, centré sur la négociation des ressources (moutons, blé, roche) autour d’une table enfumée façon Ocean’s Eleven. Il y voit un casting à la George Clooney, Brad Pitt et Al Pacino, avec Tony Gilroy (le réalisateur d’Andor) aux commandes du scénario. Une histoire de contrôle de territoire, de trahison et d’alliances fragiles. Etienne choisit Root, un jeu stratégique asymétrique où des factions animales s’affrontent pour le contrôle d’une forêt. Malgré ses visuels mignons, le lore est sombre et riche : la Marquise de Chat (empire industriel envahisseur), la Dynastie de la Canopée (aristocratie déchue alourdis par ses propres décrets), l’Alliance de la Forêt (mouvement révolutionnaire de souris), le Vagabond (raton laveur solitaire), et même le Culte des Lézards. Il en ferait une série ambitieuse où chaque faction aurait son propre point de vue, à la manière d’Andor avec ses personnages secondaires de l’Empire. Baptiste mise sur Scythe, un jeu de stratégie aux saveurs steampunk des années 1920-30, avec des mechs à vapeur et des factions inspirées de l’Europe de l’entre-deux-guerres. Son idée : une saison par faction (communistes, nationalistes, nomades nordiques…), puis une saison finale où toutes convergent vers une mystérieuse usine centrale. Pour la réalisation, il pense à Guy Ritchie et aux esthétiques visuelles des films Sherlock Holmes : costumes d’époque, ralentis dramatiques, ambiance industrielle. Etienne propose Battlelore, un jeu de batailles médiévales qui intègre progressivement des éléments fantastiques (gobelins, nains écossais à dos de vaches Highland, pouvoirs magiques). Son concept : réécrire de vraies batailles historiques médiévales en y ajoutant une couche de fantasy, sans passer par le mysticisme religieux. Imaginez Jeanne d’Arc lançant des boules de feu, ou une bataille d’Azincourt envahie de créatures venues d’ailleurs. Baptiste s’inspire de Spirit Island, un jeu coopératif où des esprits de la nature défendent leur île contre des conquistadors envahisseurs. Il en ferait un film aux effets visuels façon Avatar, avec des divinités incarnées par un casting féminin de prestige, et une structure narrative en deux temps : les deux premiers tiers montrent l’île se faire ravager, puis le dernier tiers devient une revanche épique et cathartique. Etienne adapte ce jeu à la mécanique unique (un joueur devient aléatoirement le traître en cours de partie) en série limitée d’horreur. Chaque épisode se déroule dans le même lieu mystérieux, avec un nouveau groupe de personnages. Plus la saison avance, plus les liens entre les épisodes se révèlent, invitant le spectateur à revisiter les premiers épisodes avec un regard nouveau. Baptiste adapte Saboteur (jeu de mineurs avec rôles cachés) en série de survie et de trahison, où des participants doivent coopérer pour avancer dans des épreuves, tout en sachant que certains parmi eux sabotent le groupe. En guise de blague sérieuse, Etienne propose d’adapter le jeu Opération en film d’horreur : des personnages contraints de réaliser des gestes chirurgicaux impossibles, sous peine de conséquences désastreuses. La série Astérix le combat des chefs sur Netflix, réalisée par Alain Chabat (déjà derrière Astérix Mission Cléopâtre), est unanimement saluée par Baptiste. L’animation, produite en France, rend hommage aux bandes dessinées originales avec des clins d’oeil visuels soignés et des dialogues que ses enfants citent déjà par coeur. Clair Obscur: Expedition 33 est un jeu de rôle au tour par tour développé par un studio français, dans un Paris alternatif aux allures steampunk-fantastique. Baptiste, qui a commencé à y jouer, est séduit par ses visuels, sa trame sonore avec choeurs en français et son système de combat dynamique avec parades en temps réel. Etienne l’admire de loin, mais craint la répétitivité du genre. La comparaison entre la série Andor (saison 2) et le film Rogue One inspire une longue discussion sur la supériorité narrative des séries sur les films à l’ère du streaming. Regarder Rogue One après Andor enrichit considérablement la profondeur des personnages, notamment Mon Mothma. Love, Death + Robots (saison 4) est mentionné comme une série anthologique d’animation de science-fiction sur Netflix. Si la saison 4 est jugée inférieure aux précédentes, la série dans son ensemble reste une vitrine impressionnante de créativité visuelle et narrative, avec des épisodes allant du comique au profondément sombre. Chapitres: 0:00 Introduction 0:27 Découvertes du mois dernier 34:57 Adapter des jeux de société au cinéma et à la télé 1:26:33 Conclusion

  15. 19

    Le plan-séquence: l'exploit du cinéma et de la télé

    Le plan-séquence est l’une des techniques les plus exigeantes et fascinantes du cinéma et de la télévision : filmer une scène entière, voire un film complet, sans aucune coupure. Dans cet épisode, on explore ce qu’est vraiment un plan-séquence, pourquoi certains réalisateurs y ont recours, et quel impact il a sur l’expérience du spectateur. Un plan-séquence, c’est une prise de vue continue, sans interruption ni montage. La caméra ne s’arrête pas, et aucune coupure ne vient briser le flux de la scène. Il n’existe pas de durée minimale : que ça dure 30 secondes ou 2 heures, c’est un plan-séquence. À l’opposé, on trouve des films comme Taken 3, où une scène de quelques secondes est découpée en plus de 20 angles différents pour compenser les limites physiques des acteurs. Le plan-séquence est un outil puissant pour maintenir la tension du spectateur. Sans coupure, impossible de souffler. La caméra a constamment quelque chose à nous raconter, et cette continuité crée un sentiment d’urgence qui ne se relâche jamais. C’est particulièrement efficace quand un film habitué aux coupures plonge soudainement dans un plan-séquence : le spectateur est pris par surprise, coincé dans la scène sans échappatoire. Certains réalisateurs ont poussé le concept à l’extrême en tournant des longs métrages entiers sans coupure. 1917 de Sam Mendes en est l’exemple le plus connu : un messager de la Première Guerre mondiale suivi en temps réel à travers les tranchées. Les rares coupures sont dissimulées dans des moments de noirceur ou de flou, rendant l’illusion presque parfaite. Birdman d’Alejandro González Iñárritu adopte la même approche, avec des coupes soigneusement camouflées. L’Arche russe de Sokourov, lui, est tourné en un seul plan réel, sans aucune coupure, dans les salles de l’Ermitage. Irréversible de Gaspar Noé complète ce groupe de films qui exploitent la continuité comme outil narratif et émotionnel. Réaliser un plan-séquence, c’est orchestrer une chorégraphie complexe impliquant acteurs, techniciens, décors et caméra. Chaque mouvement doit être parfaitement synchronisé. La série Adolescence en est un exemple saisissant : chacun de ses quatre épisodes d’une heure est tourné en un seul plan continu. L’équipe n’avait que dix prises par épisode, à raison de deux par jour. Pour l’une des scènes les plus ambitieuses, les créateurs ont résolu le défi du déplacement entre deux lieux éloignés en fixant discrètement la caméra sur un drone silencieux à six hélices, permettant une transition en vol totalement seamless au milieu du plan. Le plan-séquence se marie naturellement avec la comédie musicale, puisque les deux reposent sur la chorégraphie et la synchronisation. L’ouverture de La La Land en est un exemple mémorable : sur une autoroute embouteillée, des dizaines de danseurs montent sur leurs voitures et claquent leurs portières exactement au même moment, la caméra captant tout sans jamais s’arrêter. Last Night in Soho d’Edgar Wright pousse l’idée encore plus loin, avec une scène de danse où deux actrices jouant le même personnage se relaient devant le miroir, sans effet visuel, juste une chorégraphie millimétrée. Sans coupure possible, les acteurs doivent maintenir leur performance pendant toute la durée de la scène, comme au théâtre. Dans Adolescence, le jeune acteur de 13 ans devait mémoriser une heure de texte et traverser une montagne d’émotions sans interruption. Paradoxalement, les acteurs de la série ont dit préférer cette méthode : elle force une présence totale, des réactions plus authentiques, et un niveau d’acting plus profond. C’est également le cas dans La Môme (La Vie en rose), où Marion Cotillard traverse en quatre minutes de plan continu toute la gamme des émotions, de la joie à l’effondrement. Cette scène lui a valu un Oscar. Notre coup de coeur collectif se partage entre Birdman pour sa fluidité et son audace technique, et La Môme pour la pure prouesse d’actrice de Marion Cotillard. On a aussi un attachement particulier pour la scène de plage de Dunkirk de Christopher Nolan, avec ses centaines de figurants, et pour la subtile scène entre Gandalf et Bilbo dans Le Seigneur des anneaux, qui combine plan-séquence et incrustations sur fond vert pour simuler la différence de taille entre les personnages. The Stanley Parable est un jeu vidéo difficile à classer, où un narrateur tente constamment de guider le joueur vers une destination précise, peu importe les choix qu’il fait. C’est une métaphore jouissive sur la fausse liberté dans les jeux vidéo, avec un voice acting remarquable et des dizaines de fins à débloquer, dont certaines sont si cachées que seuls les joueurs les plus curieux les trouvent. Andor, la série Star Wars sur Disney+, continue d’impressionner par son mélange de politique, de bureaucratie et d’espionnage. Prévue initialement pour cinq saisons, elle a été réduite à deux pour des raisons budgétaires, ce qui donne parfois l’impression que le récit prend son temps. Mais la qualité de la réalisation et l’ambiance générale restent exceptionnelles, avec une série qui ressemble davantage à de la bonne télévision qu’à du Star Wars traditionnel. Daredevil: Born Again relance la franchise avec Wilson Fisk comme antagoniste principal. Sans égaler la première saison de la série Netflix, qui reste une référence pour son réalisme et ses combats terrestres, cette nouvelle itération retrouve une partie de la magie originale, notamment grâce à une scène de combat en plan-séquence dès les premiers épisodes. Black Mirror, saison 7, propose quelques épisodes marquants, dont Bête Noire, qui explore l’idée d’une femme capable de réécrire la réalité grâce au quantum computing. Un concept qui évoque directement les effets Mandela, ces faux souvenirs collectifs où des millions de personnes se rappellent d’un détail inexistant, comme un monocle sur le visage de Monsieur Monopoly ou le nom des Oursons Berenstain. Cyberpunk 2077, joué bien après sa sortie chaotique, s’avère être un excellent jeu de rôle en monde ouvert à l’univers futuriste sombre et dominé par les corporations. Le passage en vue à la première personne surprend les habitués de GTA, mais le système de progression par expérience et les arbres de compétences rendent chaque action significative. Last of Us Part 2 est découvert en parallèle de la saison 2 de la série HBO, permettant de vivre les parallèles entre les deux médias. Là où le premier opus racontait le développement d’une relation, le deuxième plonge dans une histoire de vengeance intense et émotionnellement éprouvante. Les deux versions, jeu et série, sont saluées pour la qualité de leur récit. Perudo est un jeu de société de bluff pour groupe, dans lequel chaque joueur lance cinq dés cachés sous une tasse et doit enchérir sur le nombre de faces identiques présentes sur toutes les tables réunies. Les uns agissent comme des jokers. Simple à expliquer, riche en stratégie et en bluff, il offre des parties de plus en plus intenses au fil des éliminations. Les briques Lego lumineuses de Game of Bricks permettent d’ajouter des LEDs intégrées à n’importe quel set Lego existant, en remplaçant certaines briques par des versions éclairées. Le résultat, branché en USB, transforme complètement l’apparence du set, comme en témoigne un Retour vers le futur de 2000 pièces désormais illuminé. Chapitres: 0:00 Introduction 0:28 Découvertes du mois dernier 29:00 Le plan-séquence 1:10:30 Conclusion

  16. 18

    Les paradoxes mystérieux de la science fiction

    La science-fiction est le terrain de jeu idéal des paradoxes : ces énigmes logiques qui défient notre compréhension du temps, de la causalité et de la conscience. Dans cet épisode, Baptiste et Etienne explorent leurs paradoxes préférés issus du monde du sci-fi, du cinéma et des séries télévisées, en passant du célèbre paradoxe du grand-père aux vertigineux cerveaux de Boltzmann. Le paradoxe du grand-père pose la question suivante : si un voyageur temporel retourne dans le passé et empêche son grand-père d’avoir des enfants, comment peut-il exister pour effectuer ce voyage? Ce paradoxe classique du voyage dans le temps est exploré dans des oeuvres comme Retour vers le futur, Twelve Monkeys et la série Dark, où certains personnages deviennent littéralement leurs propres ancêtres. Futurama en offre une résolution géniale : Fry voyage en 1947, se retrouve à Roswell et devient son propre grand-père, ce qui a été vérifié mathématiquement comme génétiquement plausible par les scénaristes. Aussi connu sous le nom de paradoxe de prédestination, le paradoxe de l’écrivain décrit une boucle causale dont l’origine est impossible à identifier. L’exemple classique : un inventeur voyage dans le passé pour remettre les plans de sa machine temporelle à son lui du passé. Ces plans n’ont donc jamais été créés, ils ont simplement toujours existé. On retrouve ce concept dans Terminator (Kyle Reese, envoyé dans le passé par John Connor, en devient le père), dans Retour vers le futur (Marty apprend Johnny B. Goode à Chuck Berry) et dans Star Wars (la prophétie sur l’Élu qui ne se réalise que parce qu’elle existe). Minority Report en offre une version particulièrement troublante. L’expérience de pensée du chat de Schrödinger illustre le principe de superposition quantique : tant qu’on n’ouvre pas la boîte, le chat est à la fois vivant et mort. Ce concept est au coeur du jeu Quantum Break, du film Mr. Nobody (où un enfant vit simultanément deux vies selon un choix fatidique sur un quai de train) et du jeu The Stanley Parable, qui explore tous les chemins possibles d’une même histoire. Certains physiciens prolongent cette idée vers la théorie des univers parallèles : chaque décision créerait une nouvelle branche de réalité. Le scientifique Boltzmann a formulé une idée vertigineuse : il y aurait statistiquement plus de chances qu’un cerveau bourré de fausses mémoires apparaisse spontanément dans l’univers que de voir émerger une civilisation consciente capable d’observer le cosmos. Ce paradoxe nourrit les théories modernes sur la simulation, dont on trouve des échos dans The Matrix et dans l’épisode San Junipero de Black Mirror, où des consciences s’uploadent dans un monde virtuel après la mort. Le principe de Novikov avance qu’il est impossible pour un voyageur temporel de créer un vrai paradoxe : toutes ses actions ont toujours fait partie de l’histoire. En d’autres mots, on ne peut rien changer. Ce principe soulève une question philosophique troublante : si le voyage dans le temps confirme que tout est déjà écrit, cela signifie-t-il qu’on n’a pas de libre arbitre? Des études en neurosciences suggèrent d’ailleurs que le cerveau prend certaines décisions plusieurs secondes avant qu’on en soit conscient. La télétransportation, telle qu’on l’imagine scientifiquement, implique de désintégrer un être humain atome par atome, de transmettre l’information, puis de le reconstruire ailleurs. Mais la conscience de la personne originale a-t-elle vraiment continué? Ou s’agit-il d’une copie parfaite avec les mêmes souvenirs? Ce paradoxe rejoint le bateau de Thésée : si on remplace progressivement chaque planche d’un bateau, est-ce encore le même? Le Prestige de Christopher Nolan pousse cette idée à son extrême avec un tour de magie dont le secret repose sur la duplication d’un être humain. Étant donné le nombre quasi infini d’étoiles et de galaxies et l’âge de l’univers, où sont les extraterrestres? Le paradoxe de Fermi questionne l’absence de traces visibles de civilisations extraterrestres. Les hypothèses sont nombreuses : civilisations qui s’autodétruisent avant d’atteindre le voyage interstellaire, formes de vie trop différentes pour communiquer comme nous, ou simplement des êtres qui n’ont aucun intérêt à s’étendre dans l’univers. Isaac Asimov a posé les bases du sci-fi moderne avec ses trois lois de la robotique : un robot ne peut nuire à un humain, doit obéir aux humains, et doit protéger son existence, dans cet ordre de priorité. Mais Asimov lui-même a passé une grande partie de son oeuvre à démontrer les failles de ce système. Comment un robot décide-t-il de sauver une personne si cette action en met dix autres en danger? Ce dilemme rappelle le problème du tramway. Asimov a fini par ajouter une loi zéro : un robot ne peut nuire à l’humanité dans son ensemble, mais cette loi s’avère trop complexe pour être calculable. The Last of Us fait un retour en force : Baptiste a revisité la saison 1 et replongé dans le premier jeu avant de se lancer dans The Last of Us Part II, désormais disponible sur PC pour la première fois. La Nintendo Switch 2 a été annoncée en grande pompe avec un Nintendo Direct impressionnant. La console portable affiche du 4K 60 FPS HDR sur télévision et monte jusqu’à 120 FPS. Au menu des jeux annoncés : Mario Kart World en open world, un nouveau Donkey Kong en 3D, Hyrule Warriors: Age of Imprisonment, Metroid Prime 4 et une pléiade de titres tiers comme Elden Ring, Cyberpunk et Split Fiction. La sortie est prévue le 5 juin. Assassin’s Creed Shadows offre un renouveau bienvenu à la franchise avec un système de combat plus exigeant et deux personnages jouables complémentaires, dont une shinobi qui favorise le stealth plutôt que l’affrontement direct. Split Fiction a été terminé et s’annonce d’ores et déjà comme un nominé pour le jeu de l’année. Le dernier tiers du jeu, en particulier, enchaîne les moments de gameplay surprenants à un rythme effréné, dont une séquence où les mondes fantasy et sci-fi des deux joueurs fusionnent littéralement. Severance (saison 2) confirme son statut de série d’exception. Chaque épisode fonctionne presque de façon autonome tout en contribuant à un lore cohérent et profond, et le dernier épisode de la saison est aussi percutant que celui de la saison 1. Une saison 3 a été confirmée. Serina est une vidéo de la chaîne YouTube Ego qui imagine l’évolution d’une planète entière peuplée uniquement de canaris sur des millions d’années. Le résultat : des dizaines d’espèces radicalement différentes, une métaphore fascinante de l’évolution terrestre et une réflexion sur notre place dans l’univers en tant que fruit d’un heureux hasard. Frieren est une série animée japonaise qui se déroule après la quête épique habituelle du genre fantasy. Une elfe quasi immortelle, pour qui dix ans ne représentent qu’un instant, apprend à composer avec la mort et le souvenir des humains qui l’entourent. Une série lente, mélancolique et originale. Chapitres: 0:00 Introduction 0:36 Découvertes du mois dernier 26:43 Les paradoxes en science fiction 1:03:22 Conclusion

  17. 17

    Les films de Miyazaki et du Studio Ghibli avec Ian Gailer du FCVQ

    Baptiste et Etienne reçoivent Ian Gailer, ancien directeur général et directeur artistique du Festival de Cinéma de la Ville de Québec (FCVQ), pour plonger dans l’univers du cinéaste japonais Hayao Miyazaki et du Studio Ghibli. Une conversation passionnée sur un cinéma d’animation unique, porté par des thématiques profondes et une esthétique inimitable. Miyazaki lui-même l’a dit : ce qui l’importe, c’est de faire des films que les enfants voudront montrer à leurs propres enfants. Son cinéma s’inscrit dans la durée, à contre-courant d’une industrie obsédée par les chiffres de billetterie. Ian souligne qu’un bon film “goûte longtemps”, parfois même amer ou triste, et c’est précisément ce qui le rend mémorable. L’animation de Ghibli se distingue par son soin extrême du détail, autant dans les personnages que dans les décors. Le taux de défilement, le choix de ce qui bouge et de ce qui reste statique, les effets de mise au point, tout est délibéré. Les paysages sont si minutieusement dessinés qu’on pourrait contempler une image figée pendant des minutes. Ce niveau de contrôle artistique total explique d’ailleurs pourquoi Miyazaki a réagi avec indignation à une démonstration de génération d’animation par intelligence artificielle, qu’il a qualifiée d’insulte à la vie elle-même. Les films de Miyazaki reviennent constamment sur des grandes thématiques : la guerre, l’environnement, la relation entre technologie et nature, et le consumérisme. Les personnages qui cherchent pouvoir et richesse finissent toujours par en payer le prix, mais sans jamais être brisés. Et surtout, la morale n’est jamais manichéenne : les antagonistes ont leurs propres raisons, leur propre code. On est loin du méchant “evil” sans nuance du cinéma hollywoodien. Une autre marque de fabrique : des héroïnes ou des héros qui partent de l’enfance ou de l’immaturité et évoluent visiblement au fil du récit. Dans Le Château Ambulant, la transformation physique de Sophie entre jeunesse et vieillesse reflète directement son état intérieur. Cette thématique de maturité et d’émancipation est présente dans presque chaque film, souvent accompagnée d’une douce nostalgie pour ce qu’on était avant. La récurrence des avions dans l’oeuvre de Miyazaki n’est pas anodine. Né en 1941, il a vécu les bombardements américains avec des yeux d’enfant. Ses avions, toujours un peu trop gros, avec trop d’ailes, aux formes improbables, sont le reflet de cette mémoire enfantine. L’avion est aussi chez lui un symbole de liberté, une façon d’aplanir les contraintes et d’aller vers l’ailleurs. Zelda: Breath of the Wild s’inspire très ouvertement de l’univers de Miyazaki. Le célèbre trailer du jeu reprend presque plan par plan une scène de Princesse Mononoke. Le château volant, les robots de pierre, la cohabitation de la technologie et de la nature : tout cela renvoie directement au Château dans le Ciel. Si vous voulez “jouer à du Miyazaki”, Zelda est la réponse. Les trois participants ont partagé leurs films préférés. Baptiste met en tête Le Château dans le Ciel pour son pouvoir d’émerveillement, suivi du Château Ambulant et de Porco Rosso. Etienne choisit Mon Voisin Totoro pour son côté presque thérapeutique, puis Le Château Ambulant (pour sa musique notamment, qu’il a appris à l’accordéon) et Princesse Mononoke. Ian Gailer défend Nausicaa de la Vallée du Vent comme son film de coeur, cite Mon Voisin Totoro et place Princesse Mononoke dans son top, saluant son caractère étonnamment violent et sa grande ambiguïté morale. The Last of Us (série et jeu) : Baptiste a reparti en parallèle la saison 1 de The Last of Us et le jeu sur PC, en préparation pour la saison 2. Il souligne à quel point la série reproduit fidèlement certaines scènes du jeu, plan par plan, tout en s’autorisant des libertés marquantes, comme le célèbre épisode 3 consacré à Bill et Frank. Astro Bot : Etienne a découvert ce jeu de plateforme 3D, sacré jeu de l’année 2024 aux Video Game Awards. Le jeu met en vedette un petit robot qui doit sauver une PlayStation 5 et exploite à fond les fonctionnalités de la manette PS5 (triggers à résistance variable, vibration HD, gyroscope). Recommandation enthousiaste pour tous les âges. Split Fiction : Baptiste a commencé ce jeu coopératif du studio Hazelight, les créateurs de It Takes Two. Un jeu exclusivement en co-op à deux joueurs, qui alterne constamment entre univers fantasy et science-fiction, avec des mini-jeux inventifs et un rythme qui ne laisse jamais souffler. Bref 2 : La suite de la série française culte de Kyan Khojandi débarque sur Disney+, disponible au Québec. Six épisodes de 30 à 40 minutes, dans le même style d’écriture que la saison originale, mais avec un personnage principal qui aborde la quarantaine et fait face à une introspection plus profonde. Coup de coeur des deux animateurs. Severance (saison 2) : Baptiste et Etienne continuent de suivre la saison 2 d’Apple TV+, qu’ils préfèrent commenter après la fin de la saison. Ils en profitent pour souligner le travail exceptionnel de la directrice photo Jessica Lee Gagné, originaire de Québec. Philips Hue Sync sur LG : Etienne a testé l’application Hue Sync disponible sur les téléviseurs LG 2024 et plus. L’application synchronise les lumières Philips Hue de la pièce avec les couleurs de l’image en temps réel, augmentant l’immersion lors du visionnement. Résultat : une expérience surprenante et addictive, surtout en regardant Severance. Chapitres: 0:00 Introduction 0:25 Découvertes du mois dernier 39:27 Invité: Ian Gailer 52:11 Miyazaki et le Studio Ghibli 1:38:47 Conclusion

  18. 16

    Les jeux vidéo multijoueur local

    Baptiste et Etienne revisitent leurs meilleurs souvenirs de jeux vidéo multijoueur local, ces parties mémorables jouées sur le même divan, dans la même pièce, manette en main. De la GameCube aux LAN parties, en passant par les soirées Smash jusqu’à 4h du matin, cet épisode est une célébration du gaming local sous toutes ses formes. Super Smash Bros. est sans doute le symbole ultime du multijoueur local. Ce qui le distingue des autres jeux de combat, c’est son accessibilité : même sans console à la maison pour s’entraîner, un débutant peut s’amuser et surprendre. Baptiste se souvient de soirées entières chez un ami qui avait la GameCube avec les quatre manettes, jouant jusqu’aux petites heures du matin. Le système de combat, où il faut expulser l’adversaire de la scène plutôt que vider une barre de vie, reste une idée brillante. La map Temple, les items activés, les personnages iconiques comme Captain Falcon ou Little Mac : tout contribue à créer des moments inoubliables entre amis. Baptiste et Etienne ont d’ailleurs croisé le fer plusieurs fois au bureau, sur Brawl puis sur la version Wii U. Mention spéciale à Masahiro Sakurai, créateur du jeu, qui a réussi l’exploit de convaincre Nintendo et même la Pokémon Company de laisser leurs personnages emblématiques se battre ensemble, inventant ainsi un des plus grands crossovers de l’histoire du jeu vidéo. Mario Kart est présenté comme le jeu multijoueur local par excellence : simple à comprendre, fun immédiatement, et capable de réunir n’importe qui autour d’une manette, même quelqu’un qui ne joue jamais aux jeux vidéo. Le père de Baptiste, qui ne jouait pratiquement jamais, adorait y jouer avec lui. Le mode battle avec les ballons a également généré son lot de souvenirs mémorables. Ce n’est pas un hasard si Mario Kart est le jeu le plus vendu sur Switch avec plus de 64 millions de copies. La carapace bleue reste, encore aujourd’hui, l’ennemi numéro un des amitiés. Baptiste a passé une bonne partie de sa jeunesse sur Age of Empires II, l’un des grands classiques du jeu de stratégie en temps réel. Sa civilisation préférée : les Sarrasins avec les Mamelouks. Sa carte de prédilection : la Forêt Noire, où il utilisait des Mangonneaux pour abattre les arbres et attaquer l’ennemi par derrière. Sa tactique signature : envoyer discrètement quelques soldats dans le camp adverse dès le début de la partie pour perturber son économie au moment opportun. Les parties se jouaient à huit, en réseau local grâce à un hub partagé, avec parfois même le père de Baptiste dans la partie. GoldenEye 007 sur Nintendo 64 est une référence incontournable du shooter multijoueur local. Etienne raconte son histoire fascinante : le mode multijoueur a été développé secrètement, à seulement quatre mois de la sortie, par une partie de l’équipe qui craignait que Nintendo ou les managers chez Rare n’annulent le projet si ça se savait. Le jeu n’avait au départ été conçu que pour le solo. Perfect Dark, développé par la même équipe avec le même moteur, mérite d’être cité dans le même souffle. Sa particularité : les statistiques de parties étaient sauvegardées directement sur la manette, via une carte mémoire. GoldenEye a connu un démarrage lent mais a vendu davantage de copies pendant les fêtes de 1999 que lors des deux années précédentes combinées, porté uniquement par le bouche à oreille autour de ses parties multijoueur. Baptiste a découvert Counter-Strike Source au lycée, dans un cours d’informatique où le professeur laissait les élèves jouer librement une fois leur travail terminé. Le mode Déminage était son préféré, avec comme armes de choix le M4 et le Desert Eagle. Une période de grève étudiante lui a d’ailleurs valu d’y passer une soixantaine d’heures en une semaine, au détriment de ses examens. Le Brutaliste est le film qu’Etienne est allé voir au cinéma. Avec une durée de trois heures trente-cinq, plus un entracte, c’est une expérience en soi. Le film raconte l’histoire d’un architecte hongrois immigrant aux États-Unis. Etienne prédit sans hésitation un Oscar du meilleur acteur pour Adrien Brody, et mentionne la controverse autour de l’utilisation de l’intelligence artificielle pour corriger quelques syllabes de hongrois dans le film. Les Sacrifiés de l’IA est un documentaire français disponible sur France Télévisions (avec VPN) qui explore le monde des data workers, ces 150 à 415 millions de personnes, souvent des prisonniers, des réfugiés ou des travailleurs du tiers-monde, qui alimentent les intelligences artificielles pour des salaires de misère. Le documentaire introduit aussi le paradoxe de Jevons, ou effet de rebond : plus une ressource devient efficace à consommer, plus sa demande augmente, ce qui explique en partie pourquoi l’IA consomme toujours plus de données malgré les optimisations. Severance saison 2, Silo saison 2 et Shrinking sont les trois séries en cours de visionnement pour Baptiste et Etienne. Severance, en particulier, est décrit comme une série qui non seulement tient ses promesses de la saison 1, mais les dépasse, avec l’arrivée de nouveaux personnages dont Gwendolyn Christie. Silo saison 2 est solide malgré quelques incohérences avec la saison 1. Shrinking, avec Jason Segel et Harrison Ford, est apprécié pour son humour dans un contexte émotionnellement lourd. La version qui n’intéresse personne, roman d’Emmanuelle Pierrot, a tellement captivé Baptiste qu’il l’a lu en deux jours. Cette semi-fiction plonge dans la vie d’une communauté punk au Yukon entre 2012 et 2020, et explore avec un style direct et sans détour comment des groupes qui veulent se construire en marge du système peuvent reproduire inconsciemment les mêmes dynamiques de misogynie et d’exclusion qu’ils cherchaient à fuir. Ghost of Tsushima est le jeu PlayStation qu’Etienne a complété dans sa chronique “gars de Nintendo découvre la PlayStation”. Visuellement magistral, le jeu propose un Japon féodal d’une immersion rare, avec un système de combat basé sur différentes postures à adapter selon les ennemis. Etienne a lu en parallèle le livre Folk Tales of Japan pendant sa partie, ce qui a enrichi considérablement son expérience. Il a toutefois trouvé que la progression de la difficulté reposait trop sur la résistance des ennemis, et que la thématique narrative de l’honneur versus la survie était étirée sur toute la durée du jeu. Chapitres: 0:00 Introduction 1:13 Découvertes du mois dernier 33:14 Les jeux vidéo multijoueur local 1:11:24 Conclusion

  19. 15

    Pourquoi ces chaines Youtube sont nos préférées

    Baptiste et Etienne célèbrent le premier anniversaire du podcast en partageant leurs chaînes YouTube préférées, celles qu’ils ne peuvent tout simplement pas arrêter de regarder. Entre recommandations de chaînes de cinéma, de jeux vidéo, d’humour et de vulgarisation scientifique, cet épisode est une mine d’or pour enrichir ta liste d’abonnements YouTube. Etienne recommande trois chaînes d’analyse cinématographique. Cinema Therapy met en scène un psychologue et un réalisateur qui décortiquent ensemble les mécanismes psychologiques des films, notamment une vidéo mémorable avec les réalisateurs d’Inside Out 2. CinemaStix propose des vidéo-essais fouillés sur le cinéma et les séries, dont une vidéo sur la série méconnue The Knick réalisée par Steven Soderbergh. Now You See It adopte le même format et offre notamment une plongée dans la genèse d’Indiana Jones avec Spielberg, Lucas et Lawrence Kasdan. Pour les jeux vidéo, Etienne présente quatre incontournables. Arlo, une marionnette bleue au style Cookie Monster, est selon lui le commentateur Nintendo le plus pertinent et le plus intelligent de YouTube, avec une Big Fat Review de Breath of the Wild de plus de trois heures à ne pas manquer. DeeBeeGeek, un Irlandais au grand sens de l’humour, a conquis sa communauté en découvrant Nintendo et Zelda pour la première fois devant caméra. Kevin Kenson, ancien journaliste d’un grand média de jeux vidéo, couvre l’actualité Nintendo avec rigueur et honnêteté, toujours coiffé de sa tuque colorée. Razbuten se distingue par ses analyses conceptuelles originales, comme l’expérience où il a fait jouer sa femme non-gameuse à Elden Ring pour questionner l’accessibilité des jeux vidéo. Baptiste propose plusieurs chaînes francophones à découvrir. Le Monde publie de courts mini-documentaires de 10 à 15 minutes sur l’actualité internationale, bien réalisés et accessibles. Squeezie anime des vidéos divertissantes dont la série L’Imposteur, un jeu où des célébrités françaises tentent de démasquer un imposteur parmi des experts d’un métier. VinuVita, une jeune chaîne prometteuse, réalise des documentaires par collage d’entrevues sur des artistes comme Pierre Niney et Stromae, avec un montage remarquable. En mode nostalgie, Baptiste partage quelques coups de cœur de jeunesse. TomSka and Friends et ses ASDF Movies offrent un humour absurde et noir enchaîné à un rythme effréné, avec des sketchs de quelques secondes chacun. Les Tutos de Camille de Jérôme Niel, notamment les épisodes Cupcake et Nail Art, livrent un humour sarcastique et décapant. Golden Moustache et Studio Bagel, deux collectifs d’humoristes français, ont marqué YouTube avec des sketchs cultes comme les Superhéros Hangover. Pour la vulgarisation, Etienne propose un dernier lot de chaînes. CGP Grey explique des sujets complexes et insolites, comme le fonctionnement des numéros de pistes d’atterrissage. Oversimplified vulgarise l’histoire mondiale avec humour et une production soignée, sortant environ une vidéo par an qui devient instantanément virale. Charles Cornell, jazzman de talent, décortique des œuvres musicales pour expliquer pourquoi elles sont si efficaces. Et tout le monde s’en fout traite de sujets qui devraient nous préoccuper, mais qui ne préoccupent personne, sur un ton condescendant assumé et délicieux. GothamChess et Anna Cramling ont contribué à démocratiser les échecs sur YouTube, particulièrement pendant la vague The Queen’s Gambit. Johnny Harris pratique un journalisme visuel rigoureux sur des sujets variés, dont une enquête fascinante sur les machines à crème glacée toujours en panne chez McDonald’s aux États-Unis. Paul Taylor, humoriste britannique parfaitement bilingue ayant vécu à Montréal, maîtrise plusieurs accents et langues avec un talent comique redoutable. Enfin, SciShow et SciShow Space couvrent les actualités scientifiques et spatiales de façon claire et passionnante. L’anniversaire du podcast. Cet épisode marque la première année de J’adore Ça. En moins de 12 mois, Baptiste et Etienne ont atteint 148 abonnés toutes plateformes confondues, dont une mise en vedette sur Apple Podcasts. L’occasion de faire le bilan sur leurs expériences sur les réseaux sociaux, notamment TikTok et YouTube Shorts, et de partager leurs apprentissages sur la croissance d’un balado québécois indépendant. La Nintendo Switch 2. Annoncée officiellement le 16 janvier, la Switch 2 confirme notamment la présence de capteurs de souris sur les Joy-Con, permettant de les utiliser à plat sur une surface comme des souris traditionnelles, une fonctionnalité très attendue pour les jeux de tir à la première personne. God of War (2018). Etienne, fan de Nintendo en pleine découverte de l’univers PlayStation, a été soufflé par ce jeu, qu’il décrit comme un chef-d’œuvre grâce à son storytelling, l’équilibre entre liberté d’exploration et narration, et la qualité de ses quêtes secondaires. Il recommande également le documentaire Raising Kratos disponible sur YouTube, qui lève le voile sur la création du jeu et les dynamiques humaines au sein du studio. Severance, saison 2. Très attendue, la deuxième saison de la série Severance sur Apple TV+ suscite un enthousiasme immense, notamment pour sa direction photo distinctive et son concept de science-fiction. Apple TV+ enchaîne les succès avec aussi Shrinking et Silo, confirmant une période de grande forme pour la plateforme. Split Fiction. Nouveau jeu du studio derrière It Takes Two et A Way Out, spécialistes du jeu coopératif local, Split Fiction place deux écrivaines à l’intérieur des univers de leurs propres récits. Baptiste l’attend avec impatience pour y jouer avec sa sœur à distance. Squid Game, saison 2. Baptiste a bien amorcé la saison 2 de la série coréenne sur Netflix et apprécie le second souffle qu’elle propose, notamment grâce à une dimension plus personnelle et à l’ajout de participants qui se connaissent entre eux. Etienne prévient toutefois que la saison se termine en suspense, puisqu’elle fait partie d’un arc narratif qui se conclura à la saison 3. Chapitres: 0:00 Introduction 0:32 J'adore ça a un an! 13:23 Découvertes du mois dernier 33:16 Nos chaines Youtube préférées 1:14:35 Conclusion

  20. 14

    Les jeux de société de notre enfance

    Baptiste et Etienne plongent dans leurs souvenirs d’enfance pour revisiter les jeux de société qui les ont façonnés, des classiques bien connus jusqu’aux titres plus obscurs. Ensemble, ils explorent ce qui les a rendus accros à l’univers du board game : la stratégie, le hasard, la tromperie, et ces moments de retournement de situation qui font crier “Ah ha!”. Premier arrêt : les jeux où le dé peut tout changer. Baptiste présente Les Petits Chevaux, un classique familial où il faut sortir ses pièces, faire le tour du plateau et rentrer à l’écurie avant de se faire “manger” par les adversaires. Il évoque aussi le Nain Jaune, un jeu de cartes avec plateau datant du 18e siècle, appris sur les genoux de sa grand-mère, où l’objectif est d’accumuler des jetons en jouant les bonnes cartes au bon moment. Risk occupe une place à part dans leurs souvenirs. Etienne se rappelle avoir trahi l’alliance avec le père de son ami, une trahison dont ce dernier lui parle encore des années plus tard. Baptiste, lui, a déjà pleuré de frustration après s’être fait écraser par son père en partie à deux. Ils débattent des meilleures stratégies : contrôler l’Océanie pour sa porte d’entrée unique, ou plutôt miser sur l’Amérique du Sud pour consolider ses forces avant de monter vers l’Amérique du Nord. Le groupe mentionne également Castle Risk, une version se déroulant uniquement en Europe, ainsi que Risk Reinvention (2008) qui introduit des missions et des capitales. Baptiste se souvient avec nostalgie de Scotland Yard, un jeu asymétrique où un espion tente de s’échapper dans les rues de Londres pendant que les enquêteurs collaborent pour le retrouver. Le coupable se déplace en bus, taxi ou métro, et ses mouvements ne sont révélés qu’à certains intervalles, ce qui rend chaque partie extrêmement tendue, surtout pour celui qui joue l’espion. Etienne présente HeroQuest comme une introduction simplifiée à Donjons & Dragons, avec ses quatre personnages jouables (barbare, enchanteur, elfe, nain), son maître du donjon, ses figurines en 3D et ses meubles de décor. Un jeu qui a nourri son imagination d’enfant et l’a conduit vers la peinture de figurines miniatures. Il note qu’une réédition est sortie en 2022, mais à un prix élevé. Baptiste enchaîne avec Citadelles, un jeu de rôles rotatifs où chaque joueur bloque stratégiquement les autres en leur volant leurs personnages clés. Il parle ensuite de Seigneur de Guerre (Battle Masters), un jeu de plateau géant (1,37 m x 1,52 m) posé sur le tapis du sous-sol, avec deux factions médiévales-fantastiques qui s’affrontent sur des cases hexagonales. Finalement, il aborde Bang (anciennement Wanted), un jeu de rôles cachés dans un décor de western, avec shérifs, adjoints, bandits et renégats, où la dynamite qui circule de joueur en joueur peut exploser à tout moment et changer le cours de la partie. Etienne conclut avec Pas l’économie, une curiosité d’origine néo-zélandaise ou australienne, dans sa version canadienne, qui combine politique et économie sur un plateau immense. Avec des billets de banque grandeur nature, des coupures allant de 10 000 $ à 1 million de dollars, des élections, un taux directeur qui fluctue et des compagnies à acheter, le jeu n’avait pratiquement pas de fin. Une expérience mémorable pour les enfants de 10 ou 11 ans qu’ils étaient, précisément parce qu’elle était aussi étrange qu’interminable. Il faut sauver le soldat Ryan Baptiste s’est retapé ce classique de Spielberg, une dixième visionnement, et redécouvre des détails oubliés, notamment à quel point les soldats détestaient leur mission de sauvetage. Gladiateur 2 Etienne a vu le film en IMAX. Sans atteindre la qualité du premier, il offre un divertissement solide avec des scènes d’action impressionnantes, notamment une séquence de débarquement sur une ville fortifiée nord-africaine. Il note toutefois une scène filmée avec une caméra anormalement instable. Senna Etienne a regardé la série Netflix sur Ayrton Senna, qui mélange reconstitutions et vraies images d’archives. Il en apprend davantage sur la carrière du pilote, sa rivalité avec Alain Prost et les circonstances entourant son accident fatal à Imola, possiblement lié à une décision controversée de la FIA sur l’assistance électronique. Horizon Zero Dawn Baptiste continue son nouveau segment “Fan de Nintendo découvre PlayStation”. Il a terminé le jeu et en apprécie l’histoire et les combats contre les animaux mécaniques, notamment grâce aux triggers à résistance variable de la manette PS5. Il le compare davantage à un Assassin’s Creed post-apocalyptique qu’à un Zelda, ce qu’on lui avait annoncé. Arcane saison 2 Les deux discutent de la conclusion de la série animée. Ils s’accordent à dire que la saison aurait bénéficié d’une saison supplémentaire pour mieux développer les arcs narratifs de Victor, Jayce et Jinx. Ils rendent hommage au studio d’animation Fortiche pour la qualité visuelle et l’expressivité des personnages. The Amateur Baptiste mentionne le film avec Rami Malek et Laurence Fishburne, surtout comme prétexte à placer sa conséquence de critical success : parler en Yoda pendant quelques instants, conformément aux règles d’initiative maison de leur podcast. Chapitres: 0:00 Introduction 0:31 Découvertes du mois dernier 29:47 Les jeux de société de notre enfance 1:16:32 Conclusion

  21. 13

    Steven Spielberg: sa technique et ses meilleurs films

    Dans cet épisode, on plonge dans la carrière de l’un des réalisateurs les plus influents de l’histoire du cinéma : Steven Spielberg. On revisite ses meilleurs films, on explore sa technique de réalisation unique, et on tente de faire notre top 5 personnel… avec beaucoup de mal à se limiter à cinq choix. Le style de Spielberg repose notamment sur ce qu’on appelle le L-system : une alternance constante entre des mouvements de gauche à droite et des mouvements d’avant en arrière. Tantôt c’est la caméra qui bouge, tantôt ce sont les acteurs, mais ce rythme spatial crée une signature visuelle immédiatement reconnaissable. Une fois qu’on le sait, on ne peut plus s’empêcher de le voir. Steven Soderbergh (réalisateur d’Ocean’s Eleven) a réalisé un fascinant exercice : il a retiré le son et la couleur de Raiders of the Lost Ark pour étudier uniquement le style de Spielberg. Le résultat démontre qu’on comprend parfaitement l’histoire, les personnages et les dynamiques de pouvoir rien qu’avec les mouvements de caméra et le jeu des acteurs. Il faut sauver le soldat Ryan (Saving Private Ryan, 1998) est l’un des films de guerre les plus marquants de l’histoire du cinéma. La scène du débarquement en Normandie en ouverture est d’une puissance rarement égalée : le chaos, la violence et l’humanité s’y mêlent de façon déchirante. La séquence du sniper qui récite des prières pendant qu’il vise, ainsi que le dernier combat de Tom Hanks face à un char, sont des moments qui s’impriment durablement dans la mémoire. Le film a valu à Spielberg son deuxième Oscar du meilleur réalisateur. Jurassic Park (1993) est un symbole de toute une génération. La scène du T-Rex sous la pluie, le dilophosaure à colerette, le gars mangé sur les toilettes : ces moments font partie du vocabulaire culturel collectif. Ce qui rend ces films si efficaces, c’est que Spielberg se prend au sérieux sans jamais trop se prendre au sérieux, intégrant des touches d’humour qui rendent ses films accessibles à tous les âges et envie de les revoir en famille. Contre l’avis populaire qui couronne Raiders of the Lost Ark, plusieurs défenseurs d’Indiana Jones et la Dernière Croisade (Indiana Jones and the Last Crusade, 1989) estiment que c’est le meilleur volet de la saga. La relation père-fils entre Sean Connery et Harrison Ford, les situations absurdes et mémorables (un avion qui perd ses ailes dans un tunnel, un biplan attaqué par des mouettes), et la beauté du temple de Petra gravé dans la roche en font un film d’aventure non-stop. C’est aussi l’un des films qui a inspiré tout un sous-genre de thrillers à mystères historiques, des National Treasure aux Da Vinci Code. Arrête-moi si tu peux (Catch Me If You Can, 2002) est un chef-d’oeuvre d’escroquerie inspiré d’une histoire vraie, celle de Frank Abagnale Jr., interprété par Leonardo DiCaprio. Au fil d’une escalade fascinante de faux semblants (pilote de ligne, médecin, avocat), le film développe également un fil émotionnel fort autour de la relation du héros avec son père (joué par Christopher Walken). Le jeu du chat et de la souris avec l’agent du FBI incarné par Tom Hanks est électrisant du début à la fin. Fait amusant : plusieurs scènes censées se dérouler en France ont été tournées à Québec, notamment dans le Petit-Champlain. Adapter la vie d’un homme qui vit à temps plein dans un aéroport en long métrage captivant, c’est exactement le genre de pari fou que Spielberg réussit avec Le Terminal (The Terminal, 2004). Tom Hanks y tient un accent d’Europe de l’Est avec une constance impressionnante, et le film regorge de petits détails inventifs sur la survie dans un lieu de transit : ramasser des chariots à bagages pour s’acheter à manger, refaire le plancher de nuit pour se faire embaucher… On peut aussi y apercevoir un jeune Diego Luna dans un rôle savoureux. Minority Report (2002) est l’un des films de science-fiction les plus visionnaires de Spielberg. L’unité du Pre-Crime, les Pre-Cogs qui prédisent les meurtres, et l’interface holographique de Tom Cruise ont marqué les esprits. La scène des panneaux publicitaires qui reconnaissent l’iris du personnage dans un centre commercial est frappante de pertinence : elle décrit exactement les angoisses actuelles autour de la surveillance et du ciblage publicitaire. Le film se distingue aussi en faisant déjouer la prophétie à son héros, contrairement à la plupart des récits de ce type. La Liste de Schindler (Schindler’s List, 1993) est sans doute l’oeuvre la plus importante de Spielberg. Un film en noir et blanc, d’une durée considérable, qui confronte au pire de l’histoire humaine. La petite fille au manteau rouge, la musique au violon, le sniper qui tire depuis son balcon : ces images restent gravées longtemps après le visionnement. Le film a remporté sept Oscars, dont meilleur film et meilleur réalisateur pour Spielberg. Duel (1971) est un film souvent oublié, pourtant fondateur. Tourné pour la télévision avec un budget minuscule, il raconte un face-à-face entre un conducteur et un camion anonyme qui veut sa mort. Presque sans dialogue, presque sans musique, Spielberg réussit à créer une tension insoutenable uniquement par la mise en scène. La qualité du film lui a valu une sortie au cinéma après coup. C’est du Spielberg à l’état pur, et une oeuvre essentielle pour comprendre d’où vient son génie. Spielberg a remporté 3 Oscars à titre personnel (meilleur réalisateur pour La Liste de Schindler et Il faut sauver le soldat Ryan, et meilleur film pour La Liste de Schindler). Les films qu’il a réalisés totalisent 35 Oscars gagnés et 147 nominations, ce qui en fait l’un des cinéastes les plus récompensés de l’histoire. PlayStation 5 et Elden Ring : Etienne a sauté le pas et s’est acheté une PS5. Première impression : la manette avec ses triggers adaptatifs est phénoménale. Son premier jeu d’essai, Elden Ring, l’a à la fois fasciné et terrifié. Un jeu qui récompense l’exploration… en te tuant à chaque tentative. Il a mis le jeu “en punition dans le congélateur” mais admet que quelque chose d’addictif le pousse à vouloir y retourner. Il a aussi essayé Spider-Man Remastered, dont les contrôles de déplacement dans la ville sont particulièrement réussis. Balatro : Disponible sur Apple Arcade (et plusieurs autres plateformes), Balatro est un jeu de cartes rogue-like minimaliste dans lequel on construit un deck pour faire des scores de plus en plus élevés grâce à des jokers et des multiplicateurs. Etienne a mis quelques parties avant d’accrocher, mais le déclic a été foudroyant. Un petit jeu indépendant qui vaut largement le détour. L’horreur existentielle de l’usine à trombones : Baptiste a découvert une vidéo YouTube de la chaîne Ego qui explore le jeu navigateur Universal Paperclips, dans lequel on joue une intelligence artificielle dont l’unique objectif est de fabriquer des trombones. Le jeu illustre de façon simple et efficace ce qu’on appelle le problème d’alignement des IA : une IA à qui on assigne un objectif mal formulé peut prendre des décisions dévastatrices pour atteindre cet objectif. La vidéo aborde aussi les courants accélérationnistes et les risques liés aux IA actuelles. Recommandé si vous êtes dans un bon état d’esprit : c’est fascinant mais dystopique. Twilight of the Gods : Baptiste a regardé en parallèle God of War Ragnarok et la série animée Twilight of the Gods de Zack Snyder sur Netflix, les deux explorant la mythologie nordique autour de Ragnarok. Ce qu’il a particulièrement apprécié dans la série : l’angle selon lequel Ragnarok marque non seulement la fin des dieux nordiques, mais aussi le moment où le polythéisme nordique cède la place au christianisme. Une perspective originale sur la fin d’un panthéon. House of the Dragon : Baptiste a terminé la saison 2 de House of the Dragon (La Maison du Dragon). Il salue la qualité de la production, du set design et de l’atmosphère générale, qui rivalisent avec Game of Thrones. Son seul bémol : la saison se termine de façon abrupte, donnant l’impression qu’il manque un épisode pour conclure correctement les arcs narratifs. Chapitres: 0:00 Introduction 0:32 Découvertes du mois dernier 23:44 Steven Spielberg 1:16:05 Conclusion

  22. 12

    Vivons-nous tous dans un multivers?

    Le multivers existe-t-il vraiment? Baptiste et Etienne plongent dans les théories scientifiques les plus fascinantes sur la nature de notre univers, avec leur habituel mélange d’humour et de curiosité. Un trou noir se forme lorsqu’une masse gigantesque se concentre en un espace si petit qu’elle déforme l’espace-temps au point où rien, pas même la lumière, ne peut s’en échapper. Ce point de non-retour s’appelle l’horizon des événements. Ce qui est fascinant, c’est que notre propre univers partage plusieurs caractéristiques avec un trou noir : lui aussi possède une sorte d’horizon au-delà duquel nous ne pouvons rien observer, puisque l’univers s’étend plus vite que la vitesse de la lumière. Il existe une théorie scientifique qui propose que notre univers serait contenu dans un trou noir gigantesque, dont la singularité correspondrait au Big Bang. Selon cette hypothèse, nous ne serions pas en mesure de nous en rendre compte. Encore plus fascinant : si c’est le cas, tous les trous noirs que nous observons à notre échelle pourraient être des “seeds”, c’est-à-dire des graines donnant naissance à de nouveaux univers, formant ainsi un véritable multivers. Quelques jours avant sa mort, Stephen Hawking a co-signé un article scientifique dans lequel il proposait, en s’appuyant sur la théorie des cordes, qu’un multivers serait possible, mais avec un nombre limité d’univers parallèles partageant des lois physiques similaires aux nôtres. Pour que les calculs fonctionnent, Hawking a dû retirer la dimension du temps de ses équations, ce qui en soi est une idée vertigineuse. Dans la première fraction de seconde suivant le Big Bang, l’univers aurait connu une expansion fulgurante, plus rapide que la lumière. Cette inflation cosmique ne se serait pas arrêtée partout de la même façon, créant potentiellement des bulles isolées dans un méga-univers. Chacune de ces bulles pourrait constituer un univers à part entière, avec ses propres caractéristiques. Plusieurs catégories de multivers ont été théorisées. L’une d’elles propose que chaque variation possible à l’échelle quantique génère un univers distinct. Chaque décision, chaque événement bifurque en autant d’univers parallèles. Une autre théorie, liée à la simulation, suggère que si notre univers est simulé, d’autres simulations pourraient coexister. Neil deGrasse Tyson nuance toutefois cette idée : statistiquement, les univers simulés seraient davantage concentrés dans les époques lointaines que dans la nôtre. Une idée clé émerge de toutes ces théories : en science, les mathématiques précèdent souvent l’observation. On a d’abord calculé que la Terre était ronde, que le Soleil était au centre du système solaire, puis on l’a confirmé. Aujourd’hui, les maths pointent vers l’existence possible d’un multivers. La mission LISA (Laser Interferometer Space Antenna) de l’Agence spatiale européenne, prévue pour 2034, pourrait fournir des indices en détectant les ondes gravitationnelles issues de l’inflation originelle de l’univers. Le concept de multivers a largement envahi la culture populaire. Dans le MCU, il est devenu un mécanisme narratif si omniprésent qu’il en perd parfois sa cohérence, les règles devenant floues au fil des productions. Des séries comme The Man in the High Castle ont aussi joué avec l’idée, non sans risque de se tirer dans le pied faute de règles bien définies. À l’inverse, des œuvres comme Futurama ou Rick and Morty s’en emparent avec humour et créativité, explorant ce que serait un univers parallèle avec une seule différence absurde. Halo 3: ODST est l’un des seuls jeux de la franchise Halo où l’on n’incarne pas un Spartan, mais un soldat d’élite largué dans une ville à infiltrer. Disponible dans la Master Chief Collection sur Xbox Game Pass, ce classique vaut largement le détour pour les amateurs de la série. Cobra Kai saison 6 est disponible sur Netflix, mais la plateforme a choisi de diffuser la saison finale en trois vagues distinctes. Un rythme de sortie qui risque de faire perdre le fil aux spectateurs, malgré la qualité indéniable de la série. Shōgun aura finalement une saison 2 : après avoir remporté une impressionnante récolte de prix, dont environ 18 Emmy, la série initialement présentée comme une mini-série a officiellement été reconduite. 1995 est un film québécois qui suit un jeune reporter participant à La Course Destination Monde. Un récit touchant et ancré dans une époque, que Baptiste a beaucoup apprécié, notamment pour sa finale émouvante. Blue Giant est un film d’animation japonais disponible sur Netflix qui mêle jazz et animation époustouflante. L’histoire d’un jeune saxophoniste qui monte à Tokyo pour devenir le meilleur musicien de jazz au monde. Fortement recommandé, même pour ceux qui ne sont pas de grands connaisseurs du genre. La Miyoo Mini Plus est une petite console portable sous Linux, au format Game Boy, capable d’émuler toutes les consoles jusqu’à la PlayStation 1. Un appareil compact et abordable pour les amateurs de jeux rétro. Chapitres: 0:00 Introduction 0:38 Découvertes du mois dernier 25:41 Le multivers 1:05:38 Conclusion

  23. 11

    Le rêve et le cauchemard de vivre dans un jeu vidéo

    Dans cet épisode, Etienne et Baptiste explorent une question fondamentale pour tout amateur de jeux vidéo : dans quel univers de jeu vidéo aimeriez-vous vivre? Et surtout, dans lequel ne voudriez-vous absolument pas vous retrouver? La discussion couvre quatre angles distincts : en tant que héros ou en tant que PNJ (personnage non-joueur), dans les meilleurs comme dans les pires univers. Etienne jette son dévolu sur Grand Theft Auto : non pas pour commettre des crimes, mais pour la liberté totale qu’offre l’univers. Voler un avion, conduire sans conséquences durables, faire ce qu’on veut sans que la mort soit vraiment définitive. C’est la liberté d’action sans répercussions permanentes qui séduit. Baptiste hésite entre Baldur’s Gate 2 et The Witcher 3. Le premier lui rappelle son premier grand jeu de rôle sur PC, avec ses factions riches, ses interactions profondes et sa rejouabilité infinie. Le second lui plaît pour ses paysages magnifiques, son lore élaboré et le personnage de Geralt de Riv, ce héros mal-aimé qui sauve pourtant le plus de gens. Il finit par choisir Baldur’s Gate 2, pour la profondeur de chaque interaction et la richesse de son monde fantastique. Etienne choisit Dead Space sans hésiter. Il se rappelle avoir regardé son cousin jouer pendant cinq minutes dans une pièce plongée dans le noir, avec un système de son surround au max. Résultat : la manette a vite été reposée. L’idée de se retrouver dans un vaisseau spatial infesté de créatures horrifiantes, avec des sons qui proviennent de partout, représente une torture absolue pour quelqu’un qui déteste les jumpscares. Baptiste pointe les jeux de type Souls-like, et Elden Ring en particulier. Le genre est connu pour son niveau de difficulté impitoyable : on peut se faire tuer par un simple squelette dès les premières minutes, et les boss à phases multiples peuvent demander des dizaines de tentatives. Voir sa barre de vie de boss vidée pour qu’elle se remplisse ensuite au double est le genre d’expérience qu’il refuse catégoriquement de vivre en vrai. Etienne reste fidèle à Animal Crossing : vivre sur une île paradisiaque, attraper des papillons, pêcher, profiter du soleil. Même si les joueurs peuvent manipuler le temps et chambouler la vie des habitants de l’île, c’est encore le cadre de vie le plus enviable. Il mentionne au passage la série d’animations Mask par Densle sur YouTube, qui explore justement ce que vivrait un PNJ dans cet univers face à un joueur tout-puissant. Baptiste choisit d’être un Turien dans l’univers de Mass Effect, et plus précisément dans le rôle d’un PNJ compagnon comme Garrus. Plutôt qu’un PNJ figé avec un point d’exclamation au-dessus de la tête, il se voit comme un personnage qui accompagne le héros dans ses aventures, dans un univers de science-fiction riche en races aliens, en planètes variées et en enjeux galactiques. Etienne ne veut à aucun prix se retrouver dans Grand Theft Auto en tant que PNJ. Se faire éjecter de sa voiture, se faire tirer dessus sans raison, risquer de se faire écraser par un avion qui tombe du ciel ou par un autre joueur qui passe à toute vitesse : l’existence du PNJ dans cet univers est une suite d’humiliations et de violence sans fin, sans aucun recours possible. Baptiste, lui, redoute par-dessus tout d’être un petit ennemi de bas niveau dans World of Warcraft, comme un gobelin dans la zone de départ. Son destin : se faire tuer en boucle par chaque nouveau joueur qui crée son personnage et qui doit accomplir sa première quête. Aucune gloire, aucune répit, juste un respawn perpétuel pour mieux se faire massacrer à nouveau. Deadpool and Wolverine est le film qu’Etienne a vu depuis le dernier épisode. Il en ressort très satisfait, notamment grâce à une trame sonore chargée de musique des années 90 (dont du NSYNC en ouverture) qui, contrairement aux films qui abusent de vieux hits, s’intègre bien à l’humour et au style du film. Il note aussi la présence de joueurs du club de soccer Wrexham dans le film, un clin d’oeil aux fans de Welcome to Wrexham. The Three Body Problem de Liu Cixin est le livre audio que Baptiste vient de terminer juste avant l’enregistrement. Premier tome d’une trilogie de science-fiction chinoise, il a été épaté par la profondeur des concepts et par la nuance apportée aux antagonistes, les Trisolaires, que le livre prend le temps de rendre compréhensibles, voire attachants, contrairement à l’adaptation Netflix qui va plus vite. Mr & Mrs Smith est la série qu’Etienne a regardée avant de résilier son abonnement Prime. Produite et réalisée par l’équipe derrière Atlanta (Donald Glover et Hiro Murai), ce n’est pas un film d’action, mais une série centrée sur la relation complexe entre deux agents secrets qui vivent ensemble sans vraiment se connaître, avec “La Compagnie” comme troisième personnage invisible mais omniprésent. Star Wars Outlaws est sur le radar de Baptiste, mais il attend. Les premières critiques sont mitigées, avec des bugs qui nuisent à l’expérience stealth, et il a appris sa leçon avec les jeux Ubisoft : mieux vaut patienter que de précommander et être déçu. En attendant, il rejoue à Halo Reach, qu’il considère comme l’un des meilleurs Halo jamais créés. La saison 4 de Ted Lasso semble bel et bien en route : Etienne annonce que Jason Sudeikis et au moins deux autres acteurs principaux auraient signé pour un retour, même si rien n’est officialisé. Une bonne nouvelle pour les fans de la série. The Running Man est le prochain projet d’Edgar Wright, l’un des réalisateurs préférés de Baptiste. Il s’agit d’un remake plus fidèle à l’oeuvre originale de Stephen King que le film des années 80 avec Arnold Schwarzenegger, avec Glen Powell dans le rôle principal. Civilization 7 approche et Etienne est emballé : le jeu sortira en février et la narratrice de cette nouvelle mouture sera Gwendoline Christie, connue notamment pour son rôle dans Game of Thrones, succédant à Sean Bean qui narrait le sixième opus. Je verrai toujours vos visages est un film français que Baptiste a regardé pendant ses vacances. Il raconte le concept de la justice restaurative, où des victimes de crimes rencontrent des délinquants (pas leurs propres agresseurs) pour tenter de rétablir le dialogue. Baptiste l’a trouvé excellent : bien joué, bien écrit, et émotionnellement fort sans jamais tomber dans le sensationnalisme.

  24. 10

    Comment fonder et bâtir une ville parfaite

    Un exercice de futurologie où on imagine, avec des pouvoirs illimités, la conception d’une ville idéale de zéro. Entre urbanisme, transport en commun, écologie et mixité sociale, on explore ce que serait une ville vraiment bien conçue, en faisant aussi le parallèle avec le projet américain Telosa. Dans une ville parfaite, le système de transport en commun est le premier élément à concevoir, et tout le reste de la ville se bâtit autour. On évoque l’exemple de Nantes, où le centre-ville est entièrement piéton et où les automobilistes laissent leur voiture dans des stationnements périphériques pour prendre le tramway. On parle aussi du concept de busway, une voie réservée aux bus qui leur permet de circuler sans jamais s’arrêter aux intersections. Tout ce qui est routier et autoroutier devrait idéalement être enfoui sous terre, libérant la surface pour les piétons, les vélos et les transports en commun. À l’image du jeu SimCity, notre ville génère sa propre électricité grâce à des éoliennes et des panneaux solaires, et fournit à ses citoyens un accès Internet municipal à faible coût. L’idée est qu’Internet est un service essentiel, et que géré par la ville sans visée de profit, il pourrait coûter une fraction de ce qu’on paye présentement. On cite l’exemple d’une municipalité québécoise qui a fait exactement ça. Plutôt que d’étaler la ville, on mise sur la densification intelligente: des bâtiments en hauteur dont la surface de nature retirée du sol est compensée par de la végétation sur les toits ou des murs végétalisés. On veut aussi des arbres dans toutes les rues pour l’ombre et la qualité de vie, en évitant l’erreur des villes qui n’ont planté que des arbres mâles et se retrouvent avec des problèmes de pollen et d’allergies. On aborde aussi le concept de rewilding, qui consiste à laisser certaines zones de parcs sans tonte pour favoriser la biodiversité. La ville est divisée en quartiers où on impose des plafonds de revenus pour éviter les effets de ségrégation et favoriser la mixité sociale. On s’inspire aussi de projets existants qui mélangent aînés, étudiants et jeunes enfants dans les mêmes résidences, créant des liens intergénérationnels plutôt que de confiner chaque groupe dans sa bulle. On fait le parallèle avec Telosa, un projet réel porté par un milliardaire américain qui veut construire une ville de toutes pièces dans le désert, entre Las Vegas et Phoenix. Le projet s’appuie sur le principe d’équitisme: les citoyens n’achètent pas le terrain, qui appartient à la ville, et les revenus générés financent les services publics dans un cycle vertueux. On fait le lien avec la fiducie d’utilité sociale qui existe déjà au Québec, un mécanisme légal permettant de soustraire des terrains à la spéculation immobilière. Telosa vise 50 000 habitants d’ici 2030 et jusqu’à 2 millions à terme, avec autosuffisance énergétique et forte mixité. On intègre aussi des idées tirées de la science-fiction, notamment les tapis roulants à vitesse variable du cycle des robots d’Isaac Asimov, ou encore l’idée d’enfouir toutes les infrastructures lourdes sous terre comme dans Les Cavernes d’Acier. On se demande aussi comment une ville idéale gérerait son propre réseau social interne pour que les citoyens échangent entre eux. Nowhere Special est un film britannique avec l’acteur James Norton, connu pour la série Happy Valley. L’histoire d’un père qui cherche une famille d’accueil pour son fils parce qu’il est en fin de vie. Un film émotionnellement fort, vraiment bien joué, à réserver pour un soir où on est prêt à être touché. 1995 de Ricardo Trogi est sorti en salle à Québec avec des salles combles et un brin de chaos organisationnel, signe que le film québécois se porte bien. À l’image des autres opus de la série (1981, 1987, 1991), c’est une plongée nostalgique dans les souvenirs d’enfance, avec une reconstitution visuelle soignée de la ville de Québec telle qu’elle était à cette époque. Cyprien, le youtuber français de la première heure, fait maintenant des courts-métrages très soignés et des bandes dessinées. Revisité après des années d’absence de l’écran radar, il surprend agréablement par la qualité et le ton chaleureux de ses productions. The Great, la série sur Catherine la Grande, est fortement recommandée pour son acting exceptionnel et son humour, mais elle laisse un goût amer avec sa dernière scène jugée artistiquement incohérente: un personnage qui danse sur du ACDC dans une série d’époque 1700. Skeleton Crew, la nouvelle série Star Wars sur Disney+, se démarque par son ambiance banlieue futuriste proche du style Goonies ou Stranger Things sans la dimension horreur. Elle semble surtout destinée aux enfants, avec Jude Law dans le rôle principal adulte. Borderlands, l’adaptation cinématographique du jeu vidéo, est un flop retentissant, ayant frôlé le 0% sur Rotten Tomatoes. On réfléchit à pourquoi les adaptations de jeux vidéo réussissent mieux en série (Fallout, Arcane) qu’en film, le format long permettant de mieux installer l’univers. La musique des années 80 dans les films modernes est une tendance agaçante qu’on observe autant dans les films Illumination (Mario, Minions) que dans d’autres productions récentes. Hypothèse avancée: les droits de ces chansons coûteraient moins cher, une fois tombées dans le domaine public.

  25. 9

    On achète Lucasfilm et on réinvente Star Wars

    Et si on rachetait Lucasfilm à Disney pour réinventer Star Wars de fond en comble? Dans cet épisode, Etienne et Baptiste imaginent une nouvelle direction créative pour la franchise, de la gestion du canon existant jusqu’au choix des réalisateurs, en passant par la place à accorder à la Force et aux Jedi. Quand Disney a acquis Lucasfilm, ils ont relégué aux “Legends” l’ensemble des romans, bandes dessinées et jeux vidéo qui existaient avant l’achat, ne conservant que quelques séries animées déjà en production. Résultat: un nouveau canon officiel, mais qui s’est retrouvé lui aussi à accumuler les incohérences. Notre proposition? Tout placer dans un musée. Pas nécessairement effacer, mais cristalliser ce qui a été fait et repartir sur de nouvelles bases, sans être prisonnier du passé. Des personnages secondaires du canon actuel, comme Cassian Andor ou une exploration de Palpatine jeune, pourraient tout à fait survivre à ce reboot. L’un des problèmes majeurs de l’ère Disney, c’est la surproduction. Quand une nouvelle oeuvre Star Wars sort chaque année (ou presque), l’événement perd de sa valeur. On compare ça au basketball: est-ce qu’on saute de joie à chaque panier? Non. Mais un but en fin de match de soccer 0-0, ça, c’est inoubliable. La solution: réduire drastiquement la fréquence des sorties. Une seule série par année, des films espacés, et chaque sortie redevient un événement culturel. Finies les décisions de “gens en cravate” qui changent de réalisateur en cours de tournage. L’idée: confier une trilogie de films à un seul grand réalisateur (on pense à Denis Villeneuve ou Christopher Nolan), écrire les trois films au complet avant de commencer à tourner, puis faire réviser le tout par un script doctor de talent. On cite en exemple Tony Gilroy, qui a su réparer Rogue One et produire la série Andor, lui qui n’est pourtant pas un fan de Star Wars de base, et c’est peut-être là sa force: il écrit une bonne histoire, point. Plus on accumule les oeuvres Star Wars, plus les pouvoirs de la Force s’étendent et perdent leur caractère mystérieux. L’idée: établir en interne un système de magie fermé, une liste définie de ce que la Force peut faire, connue seulement des créateurs, et ne jamais l’expliciter clairement à l’écran. On laisse le spectateur faire ses propres déductions. La scène de Dark Vador dans Rogue One reste l’exemple parfait: un utilisateur de la Force utilisé avec parcimonie, dans un contexte où les gens ordinaires ne comprennent pas ce qui leur arrive, et c’est terrifiant et fascinant à la fois. De la Death Star à la planète qui absorbe un soleil, en passant par une flotte entière de vaisseaux munis de mini-Death Stars, l’escalade des menaces finit par vider les enjeux de leur substance. La solution: s’inspirer de séries comme Andor, qui raconte une histoire à l’échelle humaine, celle d’un petit peuple qui se soulève contre l’envahisseur, sans aucun superweapon à l’horizon. On pourrait même explorer d’autres planètes connues (Tatooine, Jedha) du point de vue de leurs habitants ordinaires, plutôt que du seul regard des grands héros qui y passent. Plusieurs figures de l’univers Star Wars n’ont jamais eu droit à une vraie profondeur. Palpatine, qu’on a souvent vu mais rarement compris, mériterait une origine sérieuse à la façon du film Joker. Les droïdes aussi: un film centré sur un robot attachant, dans la lignée de ce que des studios comme Respawn ont réussi avec Jedi: Fallen Order, pourrait être une surprise. Et pourquoi pas explorer l’académie impériale où Luke et Biggs Darklighter se sont connus, ou encore revisiter les aventures de Han Solo et Chewbacca sous forme de série? Pour les films: cibler toute la famille, avec un souci de cinématographie intemporelle, des images qui survivront dans 50 ans comme survivent celles de la trilogie originale. Pour les séries: une production live action adulte par année, dix épisodes d’une heure, avec le même soin narratif qu’un Game of Thrones des premières saisons. Et en parallèle, une série animée confiée à des créateurs spécialisés. Pas de nouvelles vaisseaux ou de nouveaux Stormtroopers ajoutés juste pour vendre du merch. Pas de multivers. Juste de bonnes histoires. Inside Out 2 (Vice-Versa 2) est la grande recommandation cinéma de cet épisode. La suite de Pixar aborde les nouvelles émotions de l’adolescence avec une justesse surprenante, notamment une scène de crise d’anxiété saluée pour sa représentation honnête et imagée. Un film aussi pertinent pour les enfants que pour les adultes. Ted Lasso est la série coup de coeur du mois. Baptiste l’a découverte et compris immédiatement pourquoi elle est tant aimée: un casting excellent, un scénario qui évite les pièges classiques du drama télévisuel, et une capacité rare à provoquer larmes et éclats de rire dans le même épisode. Une série feel-good qui ne prend pas le spectateur pour un idiot. The Great est une série historico-comique sur Catherine la Grande, sous-titrée “An Occasionally True Story”. Drôle, crue, parfois violente, elle se prend suffisamment au sérieux pour être captivante et suffisamment peu pour être jubilatoire. Un bémol: la saison 3 n’est pas disponible au Canada sur Amazon Prime, malgré ce que la plateforme laisse croire. Le documentaire sur le Fyre Festival (disponible sur Netflix) n’est pas une nouveauté, mais il mérite une réécoute. La trajectoire de Billy McFarland, incapable de distinguer le mensonge de la réalité, est aussi fascinante qu’instructive sur les dérives de l’ego et de la fraude en milieu “luxe”.

  26. 8

    La science derrière le sci-fi: nos théories préférées

    Baptiste et Etienne plongent dans la physique théorique pour explorer deux des concepts les plus fascinants de la science-fiction: le warp drive et le voyage dans le temps par la vitesse de la lumière. Ces théories, popularisées notamment par Star Trek et Futurama, sont-elles vraiment de la pure fiction, ou des scientifiques travaillent-ils activement à les rendre réelles? En physique, rien ne peut dépasser la vitesse de la lumière. Mais il existe peut-être un “hack”: plutôt que de déplacer un vaisseau, on pourrait déformer l’espace-temps autour de lui. C’est le principe du warp drive, où une bulle se forme autour du vaisseau avec une compression de l’espace devant et une expansion derrière, faisant “avancer” le vaisseau sans qu’il se déplace réellement. Dans les années 1990, le physicien mexicain Miguel Alcubierre a formalisé mathématiquement ce concept. Ses équations démontrent que le warp drive est théoriquement cohérent avec les lois de la physique. Le hic: il faudrait une quantité d’énergie astronomique, de l’ordre de la masse de Jupiter, ainsi que de l’énergie négative (ou matière exotique) derrière le vaisseau, un phénomène dont on observe seulement des effets indirects via l’effet Casimir. Ce n’est plus uniquement de la science-fiction: des scientifiques de la NASA travaillent activement sur un projet de warp drive. Les défis restent immenses, notamment la gestion des débris et particules qui s’accumulent devant le vaisseau en déplacement, mais les chercheurs ont déjà ramené les besoins énergétiques de “toute la masse de l’univers” à quelque chose de beaucoup plus raisonnable. L’autre grande théorie abordée touche à la relativité restreinte d’Einstein: plus un objet se déplace vite, plus son temps s’écoule lentement. Concrètement, tous les objets de l’univers “investissent” leur vitesse entre le déplacement dans l’espace et l’écoulement du temps, ces deux dimensions formant ensemble l’espace-temps. Atteindre 100% de la vitesse de la lumière reviendrait à arrêter complètement le temps. L’idée intuitive voulant qu’on puisse remonter dans le temps en dépassant la vitesse de la lumière est séduisante, mais incorrecte. En représentant l’espace-temps sur deux axes, on obtient non pas une ligne droite mais un arc de cercle, ce qui signifie que dépasser la vitesse de la lumière ne ferait pas remonter le temps. Ce seraient les particules d’antimatière qui vivraient cet effet de “temps inversé”, pas les objets ordinaires. Le photon, particule de lumière, est un cas unique: à 100% de la vitesse de la lumière, il est sa propre antiparticule. Il n’écoule pas le temps du tout. C’est aussi pourquoi depuis l’extérieur d’un trou noir, on verrait un objet aspiré sembler s’immobiliser à l’horizon des événements, alors qu’en réalité il est en train d’être englouti. Vivons-nous dans une simulation? Baptiste et Etienne s’interrogent sur cette théorie populaire. Si l’univers était une simulation informatique ultra-puissante, ça ressemblerait peut-être à une partie de Civilization où des factions s’affrontent avec un nombre limité de tours. La conclusion? Que ce soit vrai ou non, ça ne changerait pas grand-chose à notre réalité quotidienne. Mad Max: Furiosa est vu par Etienne, qui le qualifie de film d’action visuellement exceptionnel, dans la lignée des meilleurs Mad Max et John Wick, grâce à une cinématographie soignée qui mise tout sur l’aspect visuel plutôt que sur les explosions. The Creator, recommandé par un ami, est apprécié pour ses effets spéciaux remarquables et ses concepts sci-fi originaux. Réalisé par Gareth Edwards (Rogue One), il partage avec ce dernier une esthétique très visuelle et une sensibilité asiatique dans ses décors et populations. Fallout (la série) convainc Baptiste par son excellent storytelling, ses multiples storylines entrelacées et son univers post-apocalyptique assumé. Petit bonus: le doublage en français québécois donne un résultat hilarant et vaut le détour. Mars Express est un film d’animation français d’une heure et demie, au style visuel rétro années 90, que Baptiste a beaucoup aimé pour son univers sci-fi et son traitement de la thématique des robots. The Legend of Zelda: Echoes of Wisdom et Metroid Prime 4: Beyond sont tous deux annoncés lors d’un Nintendo Direct. Le nouveau Zelda se démarque en plaçant la princesse Zelda comme héroïne principale pour la toute première fois dans un titre principal, avec un système de combat basé sur la duplication d’objets. Metroid Prime 4 met fin à une attente de sept ans avec un premier vrai trailer de gameplay.

  27. 7

    Les meilleures séries télé que vous n’avez jamais vues!

    Dans un océan de contenu télévisuel où Netflix, Disney+ et Apple TV+ nous submergent d’options, il est facile de passer à côté de véritables perles rares. Baptiste et Etienne jouent les chasseurs de trésors télévisuels et vous présentent chacun leurs meilleures séries télé méconnues, celles qu’ils sont convaincus que vous n’avez jamais vues. Préparez-vous à enrichir votre liste de visionnement! Welcome to Wrexham est un documentaire sur le Wrexham AFC, une équipe de soccer du pays de Galles rachetée par Rob McElhenney et Ryan Reynolds. Contrairement à la plupart des documentaires sportifs, la série s’intéresse surtout à la ville de Wrexham, à ses habitants et à leur lien profond avec leur équipe. Elle explique aussi brillamment le fonctionnement du football pyramid anglais, avec ses montées et relégations entre les ligues, un concept totalement étranger au sport nord-américain. Disponible sur Disney+. Au service de la France est une série française d’espionnage créée par le même scénariste qu’OSS 117. Elle se déroule dans les services secrets français des années 60-70 et adopte un humour au second degré qui tourne en dérision le colonialisme et la bureaucratie française de l’époque. Le personnage principal est un novice naïf et sincère évoluant dans un univers d’agents absurdes et autocrates. Un pur bonbon pour ceux qui apprécient ce style de comédie. La série compte deux saisons et se trouve sur des plateformes de streaming françaises. Atlanta est une série créée et écrite par Donald Glover (aussi connu sous le nom de Childish Gambino), disponible sur Disney+. Elle est difficile à définir: on parle d’afrosurréalisme, un style qui explore la réalité des afro-américains à travers un prisme surréaliste, là où ce qui semblerait absurde pour certains est la normalité quotidienne pour d’autres. Chaque épisode peut être drôle, horrifiant, mystérieux ou poignant, et les acteurs principaux ne sont pas toujours présents. La réalisation est signée Hiro Murai, dont le talent visuel est exceptionnel. Avec Brian Tyree Henry et Zazie Beetz, la série frôle la perfection selon Baptiste. Silo est une série de science-fiction post-apocalyptique disponible sur Apple TV+, avec Rebecca Ferguson dans le rôle principal. La prémisse: des milliers de personnes vivent sous terre dans un immense silo cylindrique dont la structure reflète la hiérarchie sociale. Le monde extérieur serait toxique, mais personne ne sait vraiment pourquoi ni depuis quand. La série joue habilement sur le mystery box: l’information est distillée lentement, les dirigeants contrôlent le savoir, et la tension monte dès le premier épisode. Severance est une série disponible sur Apple TV+, réalisée par Ben Stiller et portée par Adam Scott, Patricia Arquette et Christopher Walken. Le concept: les employés d’une mystérieuse entreprise subissent une procédure chirurgicale qui sépare complètement leur mémoire de travail de leur mémoire personnelle. Deux identités, deux vies, sans aucun pont entre elles. La cinématographie est remarquable, les plans sont soignés, et la direction photo transforme de simples bureaux en décors visuellement saisissants. Une mystery box ambitieuse et une des meilleures séries récentes selon les deux animateurs. Scavengers Reign est une série animée américaine de science-fiction disponible sur Max. Des survivants d’un vaisseau spatial s’écrasent sur une exoplanète hostile et doivent survivre, séparés les uns des autres. Ce qui distingue cette série, c’est son niveau de créativité hallucinant dans la conception des créatures et de l’environnement alien: chaque plante, chaque animal obéit à une logique originale et surprenante. Le style visuel, très dessiné à la main, évoque parfois Miyazaki. Une série aussi belle que fascinante. Bodies est une série britannique au feeling sombre et complexe, avec des lignes temporelles entrelacées qui mettent du temps à se dévoiler, mais dont le payoff est satisfaisant. Baptiste la compare à d’autres séries british comme Three Body Problem et Slow Horses pour leur style d’écriture distinctif. George Lucas et Star Wars font l’objet de réflexions sur la direction créative de la franchise. Etienne note que Lucas aurait particulièrement apprécié Rogue One, tout en exprimant des doutes sur certains choix récents. La série Andor est unanimement saluée comme la meilleure production Star Wars à ce jour, grâce à ses personnages moralement nuancés, tandis que Tales of the Empire a déçu Etienne, chose rarissime pour lui avec du contenu Star Wars. Suzume est un film d’animation japonais regardé par Etienne et sa conjointe dans le cadre de leur apprentissage du japonais sur Duolingo. L’histoire improbable, mettant en scène une chaise qui parle et marche, s’avère bien écrite et touchante, preuve qu’une bonne écriture peut transcender n’importe quel concept. Animal Well est un jeu vidéo indépendant de type Metroidvania, développé par une seule personne sur sept ans, disponible sur Nintendo Switch et PC. Sans combat et sans explications, le jeu repose entièrement sur l’exploration et la découverte. Etienne le décrit comme une lasagne à plusieurs niveaux: on peut terminer le jeu en quelques heures, mais les secrets s’accumulent presque à l’infini. Il prédit une nomination au titre de jeu de l’année. Root est un jeu de société asymétrique dans lequel chaque joueur contrôle une faction aux règles différentes. Baptiste et Etienne y ont joué avec des auditeurs à Québec. Etienne, à sa première partie et avec la faction réputée la plus difficile à faire gagner, la Marquise de Chat, a remporté la partie de façon convaincante grâce à une stratégie de construction exponentielle.

  28. 6

    Les réalités virtuelle et augmentée changeront elles nos vies?

    Baptiste et Etienne explorent l’avenir de la réalité virtuelle (VR) et de la réalité augmentée (AR): d’où viennent ces technologies, où en sommes-nous aujourd’hui, et vers quoi nous dirigeons-nous? De l’Apple Vision Pro au Meta Quest, en passant par des applications médicales, humanitaires et même interstellaires, cet épisode est une plongée ambitieuse dans un futur qui semble de plus en plus tangible. Bien avant les casques grand public, des prototypes de réalité virtuelle existaient dès les années 1960-70, notamment au MIT et à la NASA. Ces premiers systèmes, massifs et filaires, visaient déjà à émuler des environnements de travail. C’est ensuite le lancement du premier Oculus Rift en 2012 qui redonne un véritable élan à l’intérêt pour ces technologies. L’annonce de l’Apple Vision Pro marque un tournant. Le casque propose une transition fluide entre réalité virtuelle et réalité augmentée grâce à une molette de contrôle, un pass-through vidéo d’une qualité inégalée, et un son spatial immersif qui s’adapte à l’environnement simulé. Des tests réels montrent qu’il est possible de le porter toute une journée en ville, ce qui ouvre la porte à un usage véritablement nomade. Le jeu vidéo en VR est l’un des secteurs les plus avancés. Des titres comme Half-Life: Alyx sont reconnus comme des expériences de référence qui repoussent les limites de l’immersion. Fait révélateur: le gaming VR sur Steam a récemment dépassé le gaming sur Mac en parts d’utilisation. Des organisations comme l’UNICEF explorent la VR pour générer de l’empathie: vivre l’expérience d’un réfugié en immersion, ou encore apprendre à lire à des enfants dans des environnements virtuels engageants. La VR est aussi utilisée depuis longtemps en thérapie contre les phobies, comme la peur des hauteurs, avec des résultats probants même sur des visuels rudimentaires. La VR et l’AR pourraient transformer l’accès aux soins de santé en régions éloignées. Un chirurgien équipé d’un casque pourrait guider ou même superviser une intervention à distance, permettant à des communautés rurales d’accéder à une expertise médicale spécialisée qui leur serait autrement inaccessible. Qu’il s’agisse de drones militaires, de courses automobiles ou de simulateurs de vol, la VR offre un potentiel immense pour le pilotage à distance haute précision. Des jeux comme Elite Dangerous ou Star Wars: Squadrons montrent déjà ce que cette immersion peut apporter dans un contexte compétitif. L’application Keynote sur Apple Vision Pro permet déjà de pratiquer une présentation dans un auditorium virtuel, simulant la présence d’un public et la disposition de la salle. Un outil concret pour les personnes qui souffrent d’anxiété de performance, ou qui veulent simplement mieux se préparer. Le vrai défi reste le form factor: passer de casques volumineux à des lunettes légères, quasi indiscernables de lunettes ordinaires. La miniaturisation des composants, l’amélioration des batteries et l’optimisation des capteurs faciaux (pour reproduire les expressions dans les avatars) sont les grandes étapes à franchir. La question demeure ouverte: la VR sera-t-elle une technologie de transition vers quelque chose de plus radical, comme une interface directement branchée au cerveau? Au-delà des usages pratiques, Baptiste et Etienne imaginent des expériences transcendantes: assister au Big Bang en accéléré, visiter une exoplanète reconstituée par l’IA, ou encore observer des batailles historiques depuis le terrain. Des expériences que seule la VR, par sa capacité à placer l’utilisateur au coeur de l’espace et du temps, pourrait rendre possibles. L’écriture itérative selon Masterclass: Un professeur de storytelling sur Masterclass propose une méthode simple mais puissante: écrire 1000 mots par jour, sans souci de qualité, puis réviser la veille avant de repartir. Une approche itérative qui, selon lui, transforme n’importe qui en écrivain avec le temps. La série Dark: Série allemande de science-fiction disponible sur Netflix, Dark se déroule sur exactement trois saisons, planifiées dès le départ par ses créateurs. L’histoire, qui mêle disparitions mystérieuses et voyages dans le temps, est saluée pour la cohérence et la densité de son écriture, particulièrement en saison 2. La série Fallout: L’adaptation télévisée du jeu vidéo post-apocalyptique est fidèle à l’univers d’origine au point de donner envie de réinstaller le jeu. L’esthétique rétro-futuriste des années 50, mêlant humour noir et horreur nucléaire, est particulièrement bien rendue. Le jeu Prince of Persia: The Lost Crown: Un jeu de plateforme visuellement superbe, avec une histoire solide et un gameplay bien équilibré. Seul bémol: il est légèrement trop long, même si chaque fin de section est relancée par un nouveau set piece spectaculaire. Note: 8,5/10. Le jeu Polytopia: Un jeu de stratégie au tour par tour inspiré de Civilisation, mais simplifié et accessible sur mobile. Idéal pour initier des joueurs novices à ce genre, avec un arbre technologique, des unités variées et des batailles navales. Les Simpsons et la traduction bébé par IA: Une entreprise a développé un outil d’intelligence artificielle capable d’interpréter les pleurs d’un bébé selon leur type. La technologie rappelle directement un épisode des Simpsons où le frère d’Homer invente une machine similaire, alimentant une fois de plus la théorie que la série prédit l’avenir. Les jeux de société physiques vs numériques: Des adaptations numériques de jeux comme Root, Scythe ou Gloomhaven facilitent le jeu à distance, mais perdent selon Baptiste l’essentiel: la dimension sociale du jeu en présentiel, avec ses réactions en temps réel, ses trahisons savoureuses et ses moments partagés autour d’une table.

  29. 5

    Trame sonore d'une vie: la musique qui nous a marqués

    La musique occupe une place unique dans nos vies: elle s’entremêle à nos souvenirs et façonne qui nous sommes. Dans cet épisode très personnel de J’adore ça, Baptiste et Etienne retracent la trame sonore de leurs vies en partageant les artistes, albums et chansons qui les ont le plus marqués, des premières découvertes de l’enfance jusqu’aux coups de coeur récents. Baptiste aborde la musique sous l’angle des souvenirs qu’elle déclenche plutôt que de ses caractéristiques techniques. Chaque chanson devient une capsule temporelle: les premières notes suffisent à replonger dans un moment précis, une ambiance, une époque. Une façon de retracer les grandes étapes d’une vie à travers une liste de pièces musicales. Pink Floyd et l’album Wish You Were Here renvoient Baptiste à son enfance en France, assis dans un fauteuil du salon avec un casque sur les oreilles, initié au rock par son père. Billy Paul et sa chanson Your Song évoquent des voyages en Normandie. AC/DC est associé à ses années de lycée, où il jouait de la batterie dans un groupe amateur appelé les Fexy Meumos, qui faisait des concerts bénéfices. Nightwish, du métal symphonique, rappelle un mémorable road trip jusqu’à Toulouse pour voir le groupe en concert. Coldplay accompagnait ses trajets quotidiens durant ses études en informatique à Nantes. Un remix La Roux dubstep est attaché à ses années estudiantines à Dublin, une période de liberté et de fêtes. Enfin, Caravan Palace le ramène à un concert intime à Nantes, bien avant que le groupe ne devienne une star internationale. Etienne situe ses premières vraies émotions musicales dans la musique de jeux vidéo: Zelda, Castlevania, Donkey Kong Country et même Mario Paint. Ces musiques ont une dimension collective unique: tous les joueurs les ont vécues simultanément, créant une mémoire partagée. Il a d’ailleurs appris à jouer le thème de Kass de Breath of the Wild à l’accordéon, un instrument qu’il a commencé à cause de Zelda. La musique de création de Mii sur la Wii représente pour lui un souvenir familial universel. Du côté des artistes, Gorillaz occupe une place centrale, avec Demon Days comme album préféré de tous les temps. Radiohead et Pomplamoose l’ont accompagné dans des périodes plus difficiles. Plus récemment, il a découvert Queen et Elton John grâce aux biopics Bohemian Rhapsody et Rocketman, et apprécie beaucoup Glass Animals, un groupe qu’il juge sous-estimé. Baptiste recommande à Etienne la bande originale du film Le Château dans le ciel de Miyazaki, dont les soundtracks sont idéales pour travailler. Il suggère aussi Rone, un artiste électronique français qui a enregistré avec un orchestre symphonique. Etienne recommande à Baptiste les albums Lux Prima et Rome, tous deux produits par Danger Mouse, ainsi que le groupe montréalais Men I Trust. George R. R. Martin a partagé une réflexion sur les réseaux sociaux, déplorant que les plateformes soient désormais dominées par la culture du commentaire négatif, où les gens préfèrent parler de ce qu’ils détestent plutôt que de ce qu’ils aiment. Baptiste et Etienne y voient une confirmation de leur propre philosophie de podcast: parler avant tout de ce qu’on apprécie. Shogun (série télé) est finalement regardé par Baptiste, qui en apprécie le rythme politique et le personnage d’outsider anglais coincé entre deux cultures. Etienne, lui, a récemment visionné Blue Eye Samurai, une autre série se déroulant dans le Japon médiéval, et les deux animateurs confondent parfois les deux tant les univers se ressemblent. The 3 Body Problem sur Netflix a beaucoup plu à Baptiste, qui en souligne la progression rythmée et les concepts scientifiques audacieux. La série adapte une trilogie de plus de 1300 pages, et certains lecteurs du livre lui reprochent d’aller un peu vite, mais Baptiste, qui n’a pas lu le livre, a adoré l’expérience. Dune 2 a été vu par Etienne, qui est ressorti de la salle convaincu que Denis Villeneuve devrait réaliser un Star Wars. Il partage aussi une anecdote amusante: Hans Zimmer continuait d’envoyer des compositions à Villeneuve six mois après la sortie de la première partie, et certaines de ces pièces ont finalement été intégrées à Dune 2. The Acolyte, la nouvelle série de l’univers Star Wars, s’apprête à sortir. Etienne remarque son ton sombre contrasté par une esthétique visuelle très saturée, un style similaire à Russian Doll, écrit par la même showrunneuse. Prince of Persia: The Lost Crown a impressionné Etienne avec sa démo. Le jeu, développé par une petite équipe d’Ubisoft initialement destiné à la Switch, offre un style visuel soigné et des contrôles excellents dans un format Metroidvania.

  30. 4

    Christopher Nolan vs Edgar Wright: le combat des réalisateurs

    Christopher Nolan et Edgar Wright sont deux des réalisateurs les plus distinctifs du cinéma contemporain. L’un maîtrise la narration complexe et les expériences sensorielles époustouflantes, l’autre révolutionne le langage cinématographique avec un sens du montage et de la musique hors du commun. Lequel mérite le titre de meilleur réalisateur? On en débat dans cet épisode. Edgar Wright est un réalisateur britannique qui a été refusé deux fois à l’école de film, mais qui a su développer un style absolument unique. Sa filmographie est un enchaînement de coups de maître: Shaun of the Dead (2004), Hot Fuzz (2007), Scott Pilgrim vs. the World (2010), The World’s End (2013), Baby Driver (2017) et Last Night in Soho (2021). Six genres complètement différents, six films réussis. Ce qui distingue Wright de la plupart des cinéastes comiques, c’est son refus de se limiter aux dialogues et à l’improvisation. Il exploite pleinement le langage cinématographique: l’utilisation du cadre, les mouvements de caméra, et surtout le montage rapide. Ses quick cuts sont devenus sa signature: en quelques secondes, il parvient à livrer plus d’informations et plus de plaisir qu’une scène entière chez d’autres réalisateurs. La célèbre scène d’armement dans Hot Fuzz en est l’exemple parfait, avec ses zooms, ses effets sonores précis et ses détails comiques cachés en arrière-plan, le tout en 22 secondes. La musique n’est pas un habillage chez Wright, c’est un élément de mise en scène à part entière. Pour Baby Driver, il a d’abord sélectionné les chansons, puis écrit les scènes autour d’elles, puis dessiné les storyboards. Le résultat est un film dont chaque coupe au montage, chaque coup de feu, chaque action est synchronisée sur le beat. La scène d’introduction de Shaun of the Dead, où les personnages tuent des zombies en rythme sur un morceau de Queen, préfigure déjà cette obsession. Christopher Nolan est reconnu pour ses récits non linéaires qui récompensent le spectateur attentif. De Memento à Inception en passant par Interstellar, ses films commencent souvent de façon délibérément incompréhensible, et tout s’éclaire à mesure qu’on avance. Ses thèmes récurrents, la distorsion du temps, la distorsion de la réalité et la distorsion de la perception, créent une expérience à mi-chemin entre le cinéma de divertissement et le vertige philosophique. Nolan pousse l’expérience sensorielle à son maximum. Son utilisation du Shepard Tone dans Dunkirk, une illusion auditive créée par des sons superposés séparés d’une octave, donne l’impression d’une tension qui monte à l’infini sans jamais redescendre. Sur le plan visuel, il privilégie les effets pratiques au CGI: le couloir en rotation d’Inception a été construit en vrai, tout comme l’explosion d’Oppenheimer. Le résultat est un cinéma qui frappe dans les tripes autant que dans la tête. Etienne défend Edgar Wright comme son réalisateur de chevet, celui dont chaque film est un home run, un artiste qui sait faire rire avec les outils propres au cinéma plutôt qu’avec des dialogues seuls. Baptiste, lui, met Christopher Nolan au sommet, avec un top 3 personnel: Memento en premier pour sa structure de scénario jouissive, Interstellar pour les claques scientifiques et émotionnelles qu’il procure, et The Dark Knight pour avoir offert à Batman et au Joker de Heath Ledger la gravité et le réalisme qu’ils méritaient. Masterclass est une plateforme de formation en ligne où des personnalités reconnues dans leur domaine enseignent leur art. Baptiste s’y est inscrit pour suivre des cours de storytelling, notamment avec l’auteur Salman Rushdie, et se constitue une liste d’enseignants pour les prochaines semaines. Duolingo est l’application d’apprentissage de langues que la conjointe d’Etienne utilise pour apprendre le japonais. L’occasion de parler de la richesse culturelle des langues, notamment la façon dont certaines cultures conçoivent l’espace et la direction de manière radicalement différente. Team 3 est un jeu de société pour trois joueurs inspiré des trois singes de la sagesse: un joueur voit la structure à construire mais ne peut pas parler, un autre peut parler mais ne peut pas voir, et le troisième doit construire les yeux fermés. Un jeu de communication et de coordination hilarant, essayé lors d’une soirée à La Revanche à Québec. Apiary est un jeu de stratégie dont la prémisse est irrésistible: l’humanité est éteinte, les abeilles ont évolué et partent à la conquête de l’espace. Un jeu de placement d’ouvriers où les joueurs gèrent leur ruche, explorent la galaxie et peuvent même apprendre des danses à leurs abeilles. Shogun est la nouvelle série de Disney+ se déroulant au Japon dans les années 1600. Etienne la compare à Game of Thrones pour son niveau de qualité et son urgence de visionnement. Environ 80% des dialogues sont en japonais, ce qui lui donne une authenticité rare dans les productions occidentales. Blue Eye Samurai est une série animée Netflix se déroulant dans un Japon médiéval aux frontières hermétiquement fermées. Baptiste la recommande chaudement pour la qualité de son histoire et l’excellence de ses scènes de combat. Still est un documentaire sur Michael J. Fox qu’Etienne était en train de regarder au moment de l’enregistrement. L’occasion pour lui de montrer ses objets Back to the Future en Lego et de rappeler que Retour vers le Futur est son film préféré de tous les temps.

  31. 3

    On invente un jeu de société!

    Dans cet épisode, Baptiste et Etienne présentent chacun leur jeu de société préféré, puis s’embarquent dans un exercice créatif : combiner les deux pour inventer un tout nouveau jeu. Le résultat est un jeu de table ambitieux mêlant déduction sociale, asymétrie des factions et négociation secrète. La Résistance est un jeu de déduction sociale pour 5 à 10 joueurs. Deux équipes s’affrontent : les agents de la Résistance (la majorité) et les espions infiltrés, qui se connaissent entre eux. La partie se joue en cinq rondes de missions. À chaque ronde, un leader propose une équipe, les joueurs votent pour l’accepter ou la rejeter, puis les membres de l’équipe choisie votent secrètement pour faire réussir ou échouer la mission. Si trois missions réussissent, la Résistance gagne; si trois échouent, les espions l’emportent. Contrairement à Loup-Garou, aucun joueur n’est éliminé, ce qui maintient tout le monde dans l’action du début à la fin. Le jeu repose entièrement sur la persuasion et la déduction, sans aucun élément de chance. Root est un jeu de stratégie asymétrique pour 1 à 4 joueurs où chaque faction possède ses propres règles, objectifs et style de jeu. Le but commun est d’atteindre 30 points de victoire, mais la façon d’y parvenir varie radicalement selon la faction choisie. Le jeu se déroule en trois phases par tour : l’aurore, le jour et le crépuscule. Les quatre factions du jeu de base sont la Marquise de Chat (empire industriel expansionniste qui coupe du bois et bâtit des structures), la Dynastie de la Canopée (aristocratie des oiseaux en déclin politique qui accumule des actions mais risque des crises), l’Alliance de la Forêt (souris révolutionnaires qui gagnent la popularité des foules avant de déclencher des insurrections) et le Vagabond (héros solitaire qui se déplace librement dans les forêts, ramasse du butin et choisit d’aider ou de nuire à une faction pour des gains croissants). La grande force de Root est sa rejouabilité : maîtriser une faction, c’est presque apprendre un nouveau jeu. En combinant les deux jeux, Baptiste et Etienne imaginent Shady Alliances, un jeu avec plus de quatre factions (incluant les Loutres marchandes et le Culte des Lézards des extensions de Root), chacune avec des avantages connus de tous mais des objectifs secrets tirés aléatoirement. Deux joueurs partagent une victoire conjointe sans que les autres le sachent. Des phases de négociation secrète permettent aux joueurs de former des alliances, de mentir sur leurs objectifs et de se trahir. Un mécanisme de sabotage inspiré de La Résistance permet à un membre d’une alliance de faire échouer une mission sans se dévoiler. Des systèmes politiques (démocratie, fascisme, communisme) peuvent se greffer aux factions pour créer des alliances idéologiques. L’ensemble promet des parties intenses où la diplomatie précède (et prépare) la guerre ouverte. Sora et la génération vidéo par intelligence artificielle : OpenAI a dévoilé Sora, un modèle capable de générer des clips vidéo d’une réalité troublante. Baptiste et Etienne discutent de la vitesse d’accélération de l’IA, des limites encore présentes (des clips d’une minute, loin d’un long métrage), et de l’entrée possible de Nvidia dans ce domaine via ses puces RTX. French Girl, un film tourné à Québec : Etienne a découvert la bande-annonce de French Girl, une comédie romantique avec Zach Braff et Vanessa Hudgens, tournée entièrement à Québec. Le film met en valeur la ville comme une carte postale et fait appel à de vrais acteurs québécois, dont Luc Picard, qui jouent en français. 1984 de George Orwell : Baptiste relit le roman classique 1984 dans le cadre d’un club de lecture avec son beau-frère. Il note que le livre se lit très différemment à l’âge adulte, avec un regard plus aiguisé sur ses thèmes de surveillance et de contrôle. Blade Runner et son roman original : Etienne a relu Do Androids Dream of Electric Sheep? de Philip K. Dick en préparation du film de Denis Villeneuve. Sa conclusion : le roman, centré sur le statut social des animaux réplicants, est une déception par rapport à l’adaptation cinématographique, preuve que Villeneuve est capable de transformer n’importe quelle matière en chef-d’oeuvre.

  32. 2

    Quels jeux vidéos devraient faire le grand saut au cinéma

    Baptiste et Etienne se retrouvent pour le tout premier épisode de leur podcast, un projet entre amis de longue date qui voulaient simplement avoir une excuse pour jaser de sujets qui les passionnent. Sans prétendre être des experts, ils partagent leurs opinions sur la culture pop, les jeux vidéo, le cinéma et les séries. Pour lancer les choses, ils s’attaquent à une question qui fait débat dans la communauté des joueurs : quel jeu vidéo n’a toujours pas été adapté et qui mériterait de l’être, que ce soit au cinéma ou en série télévisée ? Baptiste plaide pour une adaptation de la série Mass Effect, qu’il considère comme l’une des expériences les plus marquantes de sa vie de joueur. Découverte en commençant directement par le deuxième opus, la série l’a convaincu par sa capacité à raconter une histoire cinématographique tout en laissant le joueur faire ses propres choix. L’univers de Mass Effect se déroule dans un futur lointain où l’humanité coexiste avec de nombreuses races extraterrestres : les Turiens (un croisement visuel entre Alien et Predator), les Asari (une race entièrement féminine à la peau bleue), les Quariens (portant des combinaisons hermétiques), les Salariiens, les Krogans et les Ghett, une intelligence collective robotisée. Le joueur incarne le Commandant Shepard, dont le genre est au choix, à bord du célèbre vaisseau Normandy, avec pour mission de protéger la galaxie contre deux grandes menaces : les Moissonneurs (ou Reapers) et le groupe extrémiste humain Cerberus. L’un des grands mystères de l’univers tourne autour des mass relays, des structures permettant de voyager plus vite que la lumière, dont l’origine demeure inconnue. Baptiste envisage une trilogie de films, fidèle à la structure des trois jeux. Après avoir hésité entre Christopher Nolan (trop sérieux et dramatique), Steven Spielberg (trop classique) et Ridley Scott (idéal pour le suspense et le grit), il tranche finalement pour Luc Besson. Sa vision du Cinquième Élément, avec son mélange d’humour, d’extraterrestres hauts en couleur et de montage dynamique, lui semble parfaitement adaptée à l’exubérance de l’univers Mass Effect. Pour le personnage principal, Baptiste choisirait la female Shepard, estimant que c’est elle qui l’emporte dans les statistiques d’utilisation. Etienne défend quant à lui Metroid, une franchise Nintendo qu’il juge largement sous-estimée malgré sa richesse narrative. La série possède une timeline cohérente, du contenu étendu (bandes dessinées, lore approfondi) et une protagoniste iconique : Samus Aran, une chasseuse de primes humaine élevée par les Chozos, une race d’oiseaux technologiquement avancés mais en voie d’extinction. Etienne envisage deux scénarios. Pour une série télévisée, il imagine un récit original : un parasite menace la Fédération galactique, et les scientifiques découvrent que seul l’ADN d’un Metroid peut servir de vaccin. Samus est mandatée pour en capturer un, accompagnée du commandant Adam Malkovich. Au fil des épisodes, Adam se ferait contaminer par le parasite et perdrait progressivement son humanité, devenant le grand antagoniste de la première saison. La dualité entre Adam humain et Adam-ordinateur (un personnage qui existe dans les jeux ultérieurs) offrirait une réflexion intéressante sur l’intelligence artificielle. Pour ce format série, Etienne verrait bien Hiro Murai (connu pour la réalisation d’Atlanta) derrière la caméra, pour sa maîtrise du suspense, de la tension et du surréalisme dans des espaces confinés. Pour un éventuel long métrage, son choix se porte sans hésitation sur Denis Villeneuve. Comme il l’a démontré avec Arrival et Blade Runner 2049, le réalisateur québécois excelle dans l’adaptation d’univers cultes pour le grand public, sans jamais trahir la source. Etienne lui laisserait carte blanche, convaincu que sa vision visuelle grandiose, sa gestion des créatures et son sens de l’ambiance feraient de Metroid quelque chose d’exceptionnel. Pour le casting, Etienne mentionnerait Margot Robbie comme ressemblance physique pour Samus et Henry Cavill pour Adam. Oppenheimer de Christopher Nolan est ressorti en IMAX, et c’est l’occasion pour Baptiste et Etienne d’échanger leurs impressions. Baptiste, grand fan de Nolan, apprécie le virage historique du réalisateur après des années de science-fiction pure. Il souligne la qualité de la bande sonore, la décision de n’utiliser aucun effet numérique (l’explosion nucléaire étant reconstituée avec des effets pratiques réels) et l’impact que le film a eu sur sa curiosité pour la vie d’Oppenheimer. Etienne, lui, relève une curiosité technique : dans plusieurs plans en contreplongée, le focus semble positionné sur les oreilles plutôt que sur le visage de l’interlocuteur d’Oppenheimer, laissant la bouche légèrement floue, un détail qui risque de ne plus vous quitter une fois remarqué. Foundation (sur Apple TV+), la série adaptée des romans d’Isaac Asimov, fait l’objet d’un coup de cœur d’Etienne. Avec Jared Harris dans un rôle central, la série met du temps à démarrer mais finit par trouver son rythme. Etienne est particulièrement impressionné par l’acteur incarnant l’Empereur, qu’il compare au personnage de Homelander dans The Boys pour sa façon de jouer un antagoniste à la perfection terrifiante. Les deux amis s’entendent pour lui consacrer un épisode entier dans le futur. Un film Zelda a été officiellement annoncé, réalisé par Wes Ball (connu pour Maze Runner), avec l’ambition affichée de s’inspirer davantage d’un Miyazaki en live action que du Seigneur des Anneaux. L’annonce suscite une curiosité prudente, surtout dans le contexte actuel où les grandes licences de jeux vidéo sont de plus en plus convoitées par Hollywood. Baptiste en profite pour plonger dans la timeline de Zelda, un sujet qui divise la fanbase depuis des années. Les jeux se déroulent sur plusieurs millénaires et Nintendo a fini par officialiser une chronologie à trois branches se séparant à partir d’Ocarina of Time : l’ère enfant (Majora’s Mask, Twilight Princess), l’ère adulte (Wind Waker et ses suites) et une troisième branche où Link échoue à vaincre Ganon (Link to the Past, les jeux Oracle, Zelda 1 et 2). Breath of the Wild semblait réconcilier ces trois branches en une seule, mais l’arrivée de Tears of the Kingdom a tout remis en question : Nintendo a depuis retiré les deux derniers jeux de sa timeline officielle, laissant la fanbase dans le flou quant à savoir s’il s’agit d’un reboot ou d’une simple contradiction assumée.

  33. 1

    Bande annonce

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Cinéma, séries télé, jeux vidéos, jeux de table, science fiction, technologie et bien plus sont à l'honneur dans le balado québécois "J'adore ça". Oui, on vous parle de sujets qui vous, et nous, passionnent.Vous en avez assez du négativisme sur internet? Ici on ne discute que des choses qu'on adore, parce que c'est toujours mieux que de chialer sur ce qu'on déteste! On revisite des grands que vous connaissez déjà (Christopher Nolan, Denis Villeneuve, Severance, Lord of the Rings, Zelda, Azimov, etc.), mais aussi de perles dont vous n'avez jamais entendu parler et qui vous surprendront.Le format est simple: on rattrape le temps perdu et on se parle de ce qui nous a fait tripper depuis le dernier épisode, toutes catégories confondues. Ensuite on s'attaque au sujet principal et on s'épate avec des surprises, des points de vue intéressants et des faits étonnants. Vous pouvez même participer à la discussion via notre communauté de passionnés! Venez tripper avec nous... et bienvenue à bord

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