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LeGuide en ligne

LeGuide est un guide biblique quotidien pour adultes proposant chaque jour un texte biblique accompagné d'un commentaire.Ce guide biblique est proposé par la Ligue pour la lecture de la Bible.

  1. 300

    L’EFFET BOOMERANG // Jérémie 50.17-30

    Gardons-nous de la tentation de passer des événements du Moyen-Orient du Ve siècle avant notre ère à une interprétation analogique des événements de notre temps. La lecture de Jérémie doit nous rendre sensibles à la souveraineté divine. Dieu n’est pas un manipulateur des peuples, ni un acteur caché de l’histoire, ni même l’acteur majeur, il en est le Seigneur. Laissons Ésaïe nous dire cette hauteur du divin : « C’est que les cieux sont hauts, par rapport à la terre : ainsi mes chemins sont hauts, par rapport à vos chemins, et mes pensées, par rapport à vos pensées. (...)

  2. 299

    DECAMPEZ DE BABYLONE // Jérémie 50.1-16

    Les chapitres 50 et 51, tout en poursuivant la série des oracles, marquent un renversement majeur. Jusqu’à présent, au cœur du récit de Jérémie, Babylone a toujours été la puissance dominante, présentée comme une sorte de bras agissant de la justice souveraine de Dieu. Soudainement, de manière inattendue, Jérémie proclame à cette nation dominatrice qu’elle est destinée à la destruction : « une nation venue du nord est montée pour l’attaquer » (3). Cette « nation » sera l’Empire perse. Alors que l’on s’attache à croire éternelles les puissances impérialistes, ce renversement radical est évoqué en conséquence de la cruauté babylonienne envers Juda : « Cela arrivera parce que vous vous êtes réjouis, parce que vous vous êtes régalés, vous qui avez pillé mon héritage » (11). Que Babylone soit présentée comme le bras actif du jugement divin ne la soustrait en rien au jugement qui vient. (...)

  3. 298

    Histoire et jugement divin // Jérémie 49.23-39

    L’évocation précise de localités marque ces oracles : Damas, Hamath, Arpad, Kédar, Hatsor. Cette évocation détaillée manifeste qu’aucune nation n’échappe au regard de justice du Seigneur. Une seule fois dans ces oracles – Nebucadnetsar, roi de Babylone, le maître de ce temps, apparaît (28 et 30) justement évoqué comme la figure majeure du grand chambardement qui bouleverse alors le Moyen-Orient. Au regard de l’histoire, tous les événements suggérés dans ces oracles résultent de la politique expansionniste de Nebucadnetsar. L’historien situe là son travail, dans l’étude des relations de causes historiques à effets historiques. (...)

  4. 297

    Le sort des orgueilleux // Jérémie 49.1-22

    Par ces oracles, voici dévoilée la vanité de toutes les nations. Celles d’hier comme celles d’aujourd’hui. Ces nations narcissiques, imbues de leur prospérité, croyaient leur domination établie à jamais ; elles se déclaraient à elles-mêmes un destin éternel de richesse et de gloire. « Ammon plaçait sa confiance dans ses trésors et disait :  “Qui parviendra à m’atteindre ?” » (4). À Édom, est adressé ce même constat : « Ton insolence, l’orgueil de ton cœur t’a égaré, toi qui es installé dans le creux des rochers, toi qui occupes le sommet des collines. (...)

  5. 296

    Soif de Dieu // Psaume 42

    Quel psaume ! Écoutons ce témoignage du dialogue intense d’un croyant avec lui-même, quand en lui les évidences rassurantes de la foi s’éloignent ; quand la mémoire de ce qui a été, loin d’encourager, rend le présent plus douloureux. Probablement ce psaume exprime à l’origine la détresse d’Israël déportée à Babylone, se souvenant des joies et des splendeurs d’avant (5). Mais aujourd’hui, quand je n’ai que mes larmes comme nourriture, jour et nuit, revient taraudant et sans réponse ce : « Où est ton Dieu ? » (4 et 11). Voyez ce dialogue entre le « je » du psalmiste, conscient de son mal être, de ses déceptions, et son « âme », le profond de son être. (...)

  6. 295

    Procès d’un peuple idolâtre // Jérémie 48.25-47

    Jérémie affirme à Juda désorienté que les nations, ayant si souvent menacé son existence, sont soumises elles aussi à la souveraineté de Dieu. Ces paroles ne surgissent pas là de façon aussi incongrue qu’il peut y paraître. Au fil des Écritures sont évoquées les multiples escarmouches opposant Moabites et Israélites. Moab aussi doit rendre des comptes à la justice du Seigneur. (...)

  7. 294

    Une confiance mal placée // Jérémie 48.1-24

    À qui donc étaient destinées ces paroles ? Il est peu probable que les nations interpellées n’en eurent jamais connaissance. Portés par ses prophètes, présents dans la Bible, ces oracles sont d’abord destinés à Israël même, à ce peuple tenté par l’imitation des autres nations (1S 8.5) ; tenté par la force militaire, par la richesse du commerce et par la gloriole nationaliste (7). Israël si fragile, oubliant constamment que son existence ne tient qu’à la fidélité du Seigneur qui l’a choisi, doit revenir à l’attachement au Dieu unique, souverain des peuples. Ces déclarations, sans doute lues au cours de célébrations, affirment que la gloire des nations est par nature provisoire ; que de « roi » il en est un seul : « Le Seigneur trône sur le déluge ; le Seigneur trône comme roi éternel » (Ps 29.10). (...)

  8. 293

    LA « BANDE DE GAZA » // Jérémie 47.1-7

    Cette région, à la une de l’actualité alors que j’écris cette note, a toujours été « une épine dans le pied » d’Israël. Lors de la conquête de Canaan, les Israélites n’avaient pas pu vaincre certains peuples voisins, dont les Philistins (cf. Jos 13.1-3). Ce territoire qui longe la Méditerranée est resté en possession des Cananéens. Les quelques victoires d’Israël contre les Philistins – comme celle de David contre Goliath – n’ont pas suffi pour dompter ces voisins belliqueux. Et la parole de l’Éternel, prononcée juste avant la mort de Josué, s’est vérifiée tout au long des années qui ont suivi : « Ils seront pour vous un piège… » (lire Jg 2.1-3). (...)

  9. 292

    JUGEMENT ET RESTAURATION // Jérémie 46.13-28

    Quelles sont les causes de la sentence sévère prononcée contre l’Égypte ? Certes, le pharaon est puni pour ses actes de cruauté. Mais une autre raison est mentionnée aux versets 15 et 25 : c’est l’idolâtrie, le rejet du Dieu vivant et vrai, remplacé par la confiance dans des idoles « qui ne tiennent pas debout » (15b). L’Éternel affirme : « … Je ne donnerai pas ma gloire à un autre, ni la louange qui m’est due aux sculptures sacrées » (És 42.8). Le vrai Roi n’est pas le pharaon, mais l’Éternel (18). Ses paroles ne tombent pas dans le vide, elles sont suivies d’actions. (...)

  10. 291

    DEUX ARMÉES EN COMPÉTITION // Jérémie 46.1-12

    Le verset 2 décrit l’époque précise des événements auxquels se réfère ce chapitre. On fait donc un retour en arrière, quelques années avant la chute de Jérusalem. Mais laissons de côté le contexte historique de ce passage pour nous concentrer sur les leçons que nous pouvons en tirer. On assiste à un dialogue entre le pharaon, roi d’Égypte et Dieu, le Maître de l’univers. L’un et l’autre fourbissent leurs armes et se préparent au combat. (...)

  11. 290

    VIGILANCE ET ÉMERVEILLEMENT // Romains 16.17-27

    Pour terminer, Paul a à cœur de mettre les chrétiens de Rome en garde contre un groupe d’agitateurs beaux parleurs, usant de leur influence pour centrer, tels des gourous, l’attention sur eux-mêmes et la détourner de Jésus-Christ (17-18). Cet avertissement est toujours éminemment d’actualité. Discerner et démasquer ce type d’agissements implique d’entretenir une connaissance des Écritures fondée, détaillée, persévérante, ne découlant pas de l’enseignement d’une seule personne. Gardons-nous de pratiques imposées mêlées de superstition, ou de l’attachement aux propos d’un leader charismatique, qu’on prétendrait revêtu d’une « onction » particulière... (...)

  12. 289

    ÉLAN DE SURVIE // Psaume 54

    Avant d’accéder à la royauté, David a vécu comme un paria, constamment harcelé par Saül et son armée. Chaque fois qu’il se réfugiait quelque part il se trouvait quelqu’un pour le dénoncer. Ce psaume représente l’impulsion de confiance presque instinctive du croyant fidèle, qui dans l’urgence en appelle à Dieu, quand les autres recours semblent absents ou inefficaces. Sa structure fondamentale, sur laquelle beaucoup de nos prières peuvent se calquer, présente le double cri du croyant persécuté. Le premier, c’est le cri d’appel de la détresse (3-5), qui peut aller jusqu’au souhait de voir ses ennemis réduits au silence (7). (...)

  13. 288

    EFFUSIONS FRATERNELLES // Romains 16.1-16

    Il est plutôt étonnant de lire une si grande liste d’amis dans une Église que Paul n’avait jamais visitée. Mais... tous les chemins mènent à Rome. On se déplaçait d’un côté à l’autre de l’empire, particulièrement les commerçants. (...)

  14. 287

    PERSPECTIVES DE VOYAGES // Romains 15.25-33

    Le ton de la lettre se fait encore plus personnel alors que Paul dévoile ses obligations et ses objectifs prochains. D’abord, il doit s’acquitter d’un service pour l’Église de Jérusalem : apporter les fruits de la collecte organisée auprès des communautés d’origine non juive du nord et du sud de la Grèce. Il n’hésite pas à reconnaître ses appréhensions quant à cette mission (30-31), souhaitant que cette démarche solidaire entre communautés de différentes origines soit pleinement agréée. Cette authenticité permet aux destinataires de la lettre de mieux appréhender les difficultés relationnelles auxquelles Paul doit faire face et d’entrer avec ferveur dans l’intercession sensible et ajustée que sa mission nécessite. Une fois cette obligation délicate réglée, l’attention de cet infatigable pionnier est déjà focalisée sur l’ouest du bassin méditerranéen, Rome, puis l’Espagne (28, 32). (...)

  15. 286

    SIMPLE CONCLUSION ? // Romains 15.14-24

    Après la densité théologique des 13 premiers chapitres puis les admonestations à la communion fraternelle entre chrétiens d’origines diverses des chapitres 14-15.13, on se dit que Paul n’a plus que des salutations cordiales à adresser. Il va en réalité éclairer les fondements personnels de sa ligne de conduite. Tout d’abord, après avoir vivement appelé ses destinataires à bannir tout mépris des uns envers les autres, en bon pédagogue et directeur spirituel, il leur prodigue désormais des encouragements : les chrétiens de Rome manifestent déjà au sein de la communauté de nombreuses compétences et appliquent des pratiques respectueuses d’autrui ; ils doivent en avoir conscience, afin de progresser encore dans la communion fraternelle (14). Ainsi peuvent-ils recevoir avec gratitude l’exhortation de Paul à persévérer sur le chemin de la sanctification, en étroite collaboration d’Église, les uns avec les autres (15-16). (...)

  16. 285

    APPELÉS À AMENER LES NATIONS À L’ADORATION // Romains 15.8-13

    Le cœur du plan de Dieu pour Israël, les nations et l’Église est présenté dans ce passage : Christ est devenu serviteur au sein de son peuple pour confirmer et réaliser les promesses faites aux patriarches. Jésus respecte donc l’ordre divin : son ministère est d’abord destiné à Israël mais déborde sur toutes les nations afin que sa miséricorde puisse ensuite les atteindre toutes. En tant que personnes créées à son image, nous sommes surtout des témoins appelés à entrer dans une œuvre qui nous dépasse : celle de conduire tous les peuples à reconnaître la fidélité, la justice et la miséricorde de Dieu. Les versets 10 à 12 montrent clairement cette dynamique de l’ordre divin qui conduit Israël et les nations vers une adoration universelle. (...)

  17. 284

    UN APPEL À VIVRE COMME LE CHRIST // Romains 15.1-7

    Dans ce passage, Paul corrige une dérive que nous rencontrons fréquemment dans nos milieux : croire que la bénédiction est là pour notre confort. Si Dieu nous donne des capacités, ce n’est jamais pour briller ni nous mettre en avant, mais pour porter ceux que, parfois, nous ignorons, nous jugeons ou que nous trouvons « lents » spirituellement. Sommes-nous vraiment prêts à supporter leurs faiblesses, ou sommes-nous devenus « chrétiens » pour notre propre bien-être seulement ? La Parole nous enseigne la patience et l’espérance, mais est-ce que nous la laissons nous transformer ? Ou est-ce que nous sélectionnons ce qui nous arrange ou nous conforte de nos choix ? Chaque geste, chaque parole devrait édifier. Mais combien de fois nos paroles blessent-elles, divisent-elles ou nourrissent-elles notre égo ? L’Écriture produit l’endurance et la consolation nécessaires à l’unité, mais seulement si nous la laissons former notre caractère. (...)

  18. 283

    L’ESPRIT NOTRE PÉDAGOGUE ! // Romains 14.13-23

    Nous n’avons pas à juger mais à veiller à ne pas être un obstacle pour ceux qui marchent à nos côtés. La vie chrétienne n’est pas un espace de revendication, mais un chemin de considération mutuelle. La véritable liberté n’est pas la permission de tout faire, mais la force intérieure de se retenir. Rien n’est impur en soi, mais l’incertitude peut transformer un acte neutre en une faute spirituelle. (...)

  19. 282

    NE RATE PAS LA CIBLE, CENTRE-TOI SUR DIEU ! // Psaume 36

    Le Psaume 36 décrit les différentes formes de péché, leur origine, leur développement et leurs effets destructeurs. • Au verset 2, il est question d'un péché intérieur, une rébellion cachée marquée par un manque de crainte envers Dieu. Il touche aux dispositions profondes : l'orgueil (ga’ôn), insensibilité spirituelle et endurcissement. • Le verset 3 met en lumière la séduction du péché : « il se flatte à ses propres yeux ». (...)

  20. 281

    LÀ OÙ EST LA DIVISION… // Romains 14.1-12

    Les tensions ici abordées sont réelles et ne se limitent pas seulement à l'Église, mais affectent également la vie familiale, les couples... Ces conflits surgissent souvent autour de convictions personnelles (2, 5). Bien que ces questions ne soient pas essentielles pour le salut, elles provoquent, encore aujourd’hui, des divisions. Notre attitude devrait être fondée, non sur le jugement et le mépris, mais sur l’amour de Christ en qui nous sommes appelés à être un et à qui chacun rendra compte personnellement (12). (...)

  21. 280

    L’HABIT FAIT LE MOINE // Romains 13.11-14

    Le vêtement dont parle Paul, ce n’est pas l’apparence extérieure. C’est le comportement, les relations avec autrui, ou ce qui inspire tout cela. Le vêtement exprime ce qu’est vraiment la personne. Le vieux proverbe n’est donc pas valable dans ce cas. (...)

  22. 279

    DETTES EFFACÉES ET DETTE PERPÉTUELLE // Romains 13.8-10

    Il y a des dettes (ou devoirs) précises, manifestes, dont nous devons nous acquitter. Mais alors s’ouvre devant les autres, et pour eux, un large espace. Membres d’un même corps, les autres disciples du Christ ont des droits sur nous. Nous avons donc une dette perpétuelle : le devoir d’aimer les autres ; nous ne les aimerons jamais assez. (...)

  23. 278

    IL Y A DES SERVITEURS DE DIEU HORS DES ÉGLISES // Romains 13.1-7

    Dieu agit dans toute l’humanité : il instaure un ordre, profitable à l’ensemble de la société. Il y a des autorités, des magistrats, qui servent Dieu, peut-être sans le savoir. Il leur assigne la tâche de réprimer le mal et d’approuver le bien. Le mal est ici ce qui manifestement fait du tort à autrui ou à la société ; le bien, c’est ce qui est manifestement profitable. (...)

  24. 277

    SENTIMENTS ET ACTIONS // Romains 12.9-21

    Le renouvellement de l’intelligence ne fait pas de nous de froids raisonneurs. Au contraire, il produit des sentiments ardents : la ferveur, la joie dans l’espérance, l’allégresse avec nos frères et sœurs qui ont des sujets de joie, les pleurs avec ceux qui souffrent. Il nous pousse aussi à agir avec zèle, à pratiquer l’amour fraternel, à exercer l’hospitalité, à mettre les autres en valeur, à prendre soin des personnes souffrantes, même si ce sont des ennemis. Pour être vainqueur, il faut, paradoxalement, s’abaisser : ne pas croire que nous possédons la sagesse (16, fin), mais demander conseil à d’autres. Car il ne s’agit pas de vaincre les autres hommes, c’est du mal que nous devons triompher. (...)

  25. 276

    LE CORPS ET L’INTELLIGENCE // Romains 12.1-8

    Offrir son corps, c’est offrir toute sa personne. Si Paul parle du corps, c’est qu’il ne veut pas que nous nous bornions à des élans du cœur. Le corps, c’est la personne agissante et en relation avec d’autres êtres, dans l’existence concrète. Il n’est donc nullement méprisable. (...)

  26. 275

    EN TOUT IL FAUT CONSIDÉRER LA FIN // Psaume 76

    Ce psaume célèbre la grandeur de Dieu qui, de Jérusalem qu’il a choisie pour manifester sa présence, dirige les destinées du monde entier. Dieu est décrit ici sous l’angle de sa puissance. Cette puissance inspire la crainte : Dieu est « redoutable » et « terrible » (8, 12, 13). Ce Dieu n’est pas à notre échelle. Sinon, comment son amour pourrait-il triompher de la puissance du mal ? Dieu est présenté comme le guerrier devant lequel tous les guerriers s’effondrent. Le psaume commence par la vision finale : la fin de toute guerre par l’action de Dieu (4 ; voir 46.10). (...)

  27. 274

    DIEU EST TOUJOURS PLUS GRAND // Romains 11.28-36

    Dieu est toujours plus grand que tout ce que nous pouvons penser et imaginer de lui et de ses plans. C’est la conclusion que Paul donne à ces trois chapitres vertigineux. Il offre un résumé saisissant de ce qu’il vient de dire, avant d’entonner un chant de louange. Dieu mène les destinées de son peuple et des peuples non juifs (« vous ») de manière à « faire à tous miséricorde » (32, TOB). Paul reprend ce terme de « miséricorde » qu’il avait employé deux chapitres plus haut (9.15, 16, 18, 23), mais pour l’étendre à un bien plus grand nombre. (...)

  28. 273

    LE VERRE PLEIN POUR LES NATIONS ET POUR ISRAËL // Romains 11.11-27

    Le verset 11 marque un tournant. Si, comme Paul l’a affirmé, la majorité d’Israël a trébuché, il précise désormais que ce n’est qu’un faux pas ; la chute n’est pas définitive. Ce qui est un verre à moitié plein deviendra un jour un verre plein : Paul utilise deux fois l’image de la « plénitude », pour les Juifs (12) et pour les non-Juifs (25). Trois arguments a fortiori (12, 15, 24) ponctuent la démonstration : si Dieu a permis la résistance à la foi d’une majorité d’Israël pour le salut des autres peuples, à combien plus forte raison réalisera-t-il ses promesses de grâce pour son peuple, au-delà d’un « reste ». Juifs et non-Juifs dansent les uns avec les autres un tango dont ils ne sont pas forcément conscients. (...)

  29. 272

    LE VERRE À MOITIÉ PLEIN // Romains 11.1-10

    Paul a atteint un point décisif de sa réflexion. Il a constaté (chapitre 10) que si l’Évangile unit Juifs et non-Juifs, le bilan est franchement décevant du côté d’Israël. C’est au point de se demander si Dieu a « rejeté son peuple » (1a). Paul change alors de regard. (...)

  30. 271

    LE MYSTÈRE DU REFUS DE L’ÉVANGILE // Romains 10.14-21

    Pour que les humains fassent appel au Seigneur ressuscité (13), un certain nombre de conditions doivent être remplies. Paul les énumère en remontant la chaîne en ordre inverse : croire, entendre, annoncer, envoyer (14-15). L’apôtre déclare que ces conditions ont été remplies, à commencer par l’envoi des messagers qui est, implicitement, l’œuvre de Dieu. Or tout cela est loin d’avoir abouti à un plein succès. (...)

  31. 270

    L’ÉVANGILE POUR TOUS // Romains 9.30-10.13

    Paul expose à présent la raison pour laquelle seul « un reste » d’Israël, à ce stade, a accédé à ce salut dont un si grand nombre de païens a bénéficié (9.24-29). Israël a méconnu la Loi parce qu’il a méconnu le Christ. Le Christ est à double tranchant. Dans une citation combinée de deux textes d’Ésaïe, Paul compare le Christ à « une pierre qui fait obstacle » et à une pierre solide sur laquelle s’appuyer : « celui qui croit en lui ne sera pas couvert de honte » (9.33). La Loi est également à double tranchant. (...)

  32. 269

    LA MISÉRICORDE DE DIEU NOUS PREND AU DÉPOURVU // Romains 9.14-29

    Ce passage semble bien mal engagé, en évoquant l’idée que Dieu pourrait être injuste (14). C’est que le choix de Dieu dans le cas de Jacob et d’Ésaü (12-13) est bien dur à comprendre pour nous. Mais Paul redirige notre regard en citant la parole de Dieu à Moïse : « Je ferai miséricorde à qui je veux faire miséricorde » (15, TOB). À partir d’ici, « miséricorde » devient le maître mot et ce, malgré toutes les difficultés posées par l’action de Dieu dans l’histoire humaine. Dans notre histoire pourrie par le péché, Dieu œuvre au travers du pire, qu’il n’a pas créé, pour faire avancer son plan de salut. (...)

  33. 268

    MÊME PAS PEUR ? // Psaume 56

    Cette prière reflète une situation extrême. L’en-tête du psaume (1) fait le lien avec la fuite de David devant Saül : dans l’urgence, le fuyard atterrit à Gath, la ville d’origine de Goliath qu’il a tué, et là il est reconnu et dénoncé (1S 21.11-16). Dans l’accumulation des imprévus, des coups durs et des dangers, qui peut prétendre ne pas ressentir la peur ? Nos émotions et sentiments ne suivent pas une logique cartésienne. Peur et confiance peuvent voisiner : « Quand je suis dans la crainte, je me confie en toi » (4). (...)

  34. 267

    LA PROMESSE POUR QUI ? // Romains 9.6-13

    La question de l’Évangile et d’Israël met à rude épreuve notre perception de Dieu et de sa parole. « Non que la parole de Dieu ait été mise en échec » (6a, TOB) : il faudra à Paul pas moins de trois chapitres pour montrer que ce qui, de prime abord, est un échec, une faillite, s’avère être un triomphe. L’apôtre donne un premier élément de réponse qu’il développera au long du chapitre 9 : « ceux qui sont issus d’Israël ne sont pas tous Israël » (6b). Autrement dit, une partie seulement du peuple d’Israël, que Paul, citant les prophètes, appellera le « reste » (27), bénéficie des promesses de Dieu. (...)

  35. 266

    UNE OMBRE AU TABLEAU // Romains 9.1-5

    Arrivé à la fin du chapitre 8 de Romains, tout semble avoir été dit. Que peut-on ajouter au triomphe de l’amour de Dieu ? Ce qui suit n’est pas une prolongation, mais une note grinçante qui tranche avec ce qui a précédé. La source de cette dissonance est cachée dans le « nous » : « Qui nous séparera de l’amour de Christ ? » (8.35) Car « nous », ce n’est pas tout le monde. Il y en a qui manquent à l’appel. La majorité du peuple d’Israël, auquel Paul appartient par la naissance, n’a pas cru au Messie Jésus. (...)

  36. 265

    S’EMPARER DE LA PAROLE // Actes 4.23-31

    Pierre a fait une application du Psaume 118 devant le sanhédrin (11), l’Église fait l’application du Psaume 2 dans sa prière (25-26). Cette capacité est probablement le fruit des quarante jours d’instruction que Jésus ressuscité a accordé aux siens (1.3). Vouloir faire coïncider les paroles de la Bible avec nos situations de vie peut être aventureux, voire abusif. Mais il y a un usage légitime des Écritures. (...)

  37. 264

    LE FOND DE L’AFFAIRE // Actes 4.13-22

    Un dilemme écartèle les membres du sanhédrin : Pierre et Jean n’ont pas d’instruction, mais ils citent les Écritures avec aplomb, et par leur intermédiaire, le boiteux est manifestement guéri. La foule le sait, et eux aussi (16). Mais les responsables religieux manifestent une volonté farouche d’interdire la prédication du nom de Jésus (17-18). Jésus avait été inculpé officiellement pour des raisons d’ordre public (Jn 11.48). Dans ce passage des Actes, les motivations d’une partie des plaignants sont sous-entendues : les sadducéens s’opposaient à l’idée de résurrection pour des raisons philosophiques (2). (...)

  38. 263

    De progrès en progrès // Actes 4.1-12

    Après la Pentecôte, (Ac 2), la guérison inouïe d’un mendiant boiteux dans le temple, suivie de la prédication publique de Pierre (Ac 3), le nombre de croyants n’a cessé d’augmenter (2.41 ; 4.4). La prédication qui suit les signes et les miracles emporte les décisions de foi. Pour les autorités religieuses juives, il est temps de mettre le holà. Parmi les chefs du peuple, les sadducéens (1, 5.17) constituaient un groupe de pression qui refusait de croire à la résurrection des morts (voir Mt 22.23). Toutes les précautions avaient été prises pour occulter la résurrection de Jésus (Mt 28.13). (...)

  39. 262

    SI SEULEMENT TU M’ÉCOUTAIS // Psaume 81

    Ce psaume était chanté à l’occasion d’une fête (4) qui commémorait la traversée du désert. Le psalmiste invite à célébrer avec plusieurs instruments la délivrance que le Seigneur a accordée à son peuple lors de la sortie d’Égypte (6-7) ainsi que sa protection pendant la traversée du désert (8). Célébrer Dieu en musique permet de nous tourner corps et âme vers le Seigneur en mobilisant nos pensées et nos émotions. Ces temps de réjouissance ravivaient le souvenir des bienfaits de Dieu et encourageaient le peuple à se confier toujours plus dans le Seigneur. (...)

  40. 261

    BLANC PLUS BLANC QUE NEIGE // Psaume 51

    Ce sont les paroles du prophète Nathan qui ont déclenché chez David cette prise de conscience suite à son adultère avec Bath-Shéba et au fait qu’il a commandité la mort d’Urie son mari. Cette prière témoigne d’un changement radical. On y apprend beaucoup sur le péché, la confession ainsi que sur la restauration que Dieu accorde. David utilise plusieurs termes pour évoquer le mal qu’il a commis (transgressions, faute, péché), car il ne s’agit pas seulement d’une mauvaise action contre son prochain. C’est d’abord une révolte contre Dieu qu’il a trahi (6). (...)

  41. 260

    RESSUSCITÉ POUR NOUS BÉNIR // Actes 3.12-26

    Alors que la foule, stupéfaite par la guérison du paralytique, accourt vers les apôtres, Pierre recentre l’attention de son auditoire sur l’action de Dieu. Il est probable que beaucoup parmi ceux qui l’écoutent ont participé à la mise à mort de Jésus quelques semaines plus tôt. C’est pourquoi Pierre proclame que par ce miracle Dieu vient de manifester la gloire de Jésus (13), le Prince de la vie qu’il a ressuscité d’entre les morts (16 et 26). C’est la foi en ce Jésus ressuscité qui a permis au boiteux de retrouver l’usage de ses jambes et non pas les prouesses des apôtres (12, 16). Mais Pierre va plus loin, car il sait que le miracle ne suffit pas à susciter la foi, tout au plus l’admiration. (...)

  42. 259

    UN AUTRE REGARD // Actes 3.1-11

    Chaque jour, à l’heure de la prière, on apportait un boiteux de naissance au temple pour qu’il demande l’aumône. Donner aux indigents était considéré comme un devoir, mais aussi comme une occasion de montrer publiquement sa piété (Mt 6.2). Pierre et Jean qui n’ont rien vont transformer ce rituel en une manifestation du Royaume de Dieu. En demandant l’aumône, cet homme qui n’est plus en mesure de travailler, fait part de son besoin immédiat d’être nourri pour survivre. Mais ce besoin en cache un autre plus profond qu’il n’exprime plus, mais qui est pourtant toujours bien présent : être guéri de son infirmité pour devenir un célébrant à la place d’un mendiant (8). (...)

  43. 258

    CHANGEZ D’ATTITUDE ! // Actes 2.37-47

    La déclaration de Pierre provoque une réaction profonde chez ceux qui l’entendent et beaucoup se montrent prêts à se remettre en question. L’apôtre ne leur demande pas de faire pénitence, mais plutôt de changer d’attitude, de se repentir. Il leur faut admettre qu’ils étaient sur une mauvaise voie, et de ce fait, coupables d’avoir fait crucifier Jésus (36). Il appartient à chacun de se tourner vers le Seigneur ressuscité en se faisant baptiser. Cette repentance amène à renoncer à la corruption qui sévit dans le monde. (...)

  44. 257

    JÉSUS FAIT SEIGNEUR ET MESSIE ! // Actes 2.22-36

    Celui qui avait refusé de reconnaître son maître il y a quelques semaines par peur d’être arrêté, harangue maintenant une foule de milliers de personnes en leur enjoignant de voir en Jésus, l’innocent qu’ils ont condamné et crucifié, le Messie qu’Israël attendait. Telle est la transformation que l’Esprit opère non seulement en Pierre, mais aussi dans les onze apôtres qui se tiennent debout avec lui. Ceux qui croyaient avoir éliminé Jésus en le faisant crucifier ont en fin de compte accompli la volonté de Dieu, qui a démontré sa justice et sa puissance en le ressuscitant et en déversant son Esprit comme il l’avait promis dans les Écritures. David, lui-même, avait eu l’intuition de ce qui arriverait à son descendant : la mort ne pourrait le retenir. Et ce descendant, c’est Jésus qui reçoit le Saint-Esprit et qui le déverse sur les êtres humains. La résurrection de Jésus n’est pas simplement un retour à la vie, mais une transformation glorieuse qui l’amène à siéger à la droite de Dieu. (...)

  45. 256

    SUR TOUT ÊTRE HUMAIN ! // Actes 2.14-21

    Pierre prend la parole au nom des douze pour expliquer à la foule de pèlerins le sens de ce qu’ils viennent de voir. L’ébriété n’a pas produit ce miracle que les prophètes avaient prédit depuis longtemps. Le Saint-Esprit est répandu sur terre, non pas sur quelques individus privilégiés, mais sur tout être humain. La présence de cet Esprit ne signifie pas que tous se tournent vers Dieu pour recevoir le salut, mais qu’il est maintenant possible à quiconque d’invoquer Dieu. Cette expression qui revient couramment chez les prophètes de l’Ancien Testament signale le début d’une ère nouvelle pour l’humanité. (...)

  46. 255

    UNE ÈRE NOUVELLE ! // Actes 2.1-13

    La Pentecôte juive marquait la reconnaissance du peuple pour les premières moissons. Dieu choisit cette fête pour inaugurer une moisson spirituelle qui annonce une nouvelle ère non seulement pour le peuple juif, mais pour toute l’humanité. Les signes extraordinaires qui accompagnent cet événement confirment son origine divine. Cette fête servait aussi d’occasion aux Juifs dispersés dans de nombreux pays de se réunir. L’énumération des diverses ethnies représentées nous donne une idée de la diversité et multiplicité des cultures et des langues qui se croisaient dans cette manifestation. (...)

  47. 254

    LA LOUANGE DU JUSTE // Psaume 92

    « Il est beau de louer le Seigneur ». Nous connaissons ces paroles, issues du cantique 213 qui se trouve dans le recueil JEM. Nous sommes aujourd’hui dimanche… cela tombe bien, puisque ce psaume est un chant pour le jour du sabbat (1) ! La louange à l’Éternel est bonne, belle (2). Elle a lieu le jour, la nuit (3), avec différents instruments de musique (4). (...)

  48. 253

    PRIÈRE ET ACTION // Actes 1.12-26

    Après l’ascension de Jésus (9-11), les disciples retournent à Jérusalem avec leurs collègues pour attendre la venue du Saint-Esprit (12-13). Se joignent à eux les femmes, Marie, la mère de Jésus, ainsi que ses frères (14b). Dans la chambre haute où ils avaient l’habitude de se réunir (13a), ils ont certainement dû se remémorer les moments passés avec Jésus de son vivant, avant sa crucifixion (Lc 22.12) et après sa résurrection (Jean 20.19). « Tous persévéraient d’un commun accord dans la prière » (14a). Voilà un bon exemple à suivre : quand survient un événement important (ici l’ascension de Jésus), la meilleure chose à faire, c’est de se tourner vers le Seigneur pour rechercher sa présence. (...)

  49. 252

    ROYAUME DE DIEU ET MISSION // Actes 1.1-11

    Le médecin Luc, l’auteur de ce livre des Actes, continue à écrire à un certain Théophile ce qu’il a commencé à énoncer dans son évangile. Ce Théophile, dont le nom grec signifie « ami de Dieu », synthétise aussi le lecteur type que vise Luc en écrivant son double ouvrage ; ce texte s’adresse donc aussi à tous les chrétiens. Le prologue du livre (1-3) est à la fois la récapitulation de l’Évangile et l’ouverture des Actes des Apôtres. « Il leur apparut pendant quarante jours en parlant de ce qui concerne le royaume de Dieu » (3b) : voilà ce que faisait Jésus entre sa résurrection et son ascension. Le Royaume de Dieu représente le règne souverain et dynamique du Seigneur faisant irruption dans l’histoire des hommes par Jésus. (...)

  50. 251

    LOUANGE COSMIQUE // Psaume 148

    Le psaume 148 invite tout ce qui existe, tout ce qui est inanimé (le ciel et la terre, le soleil…) et tout ce qui est vivant (les animaux sauvages et domestiques, les oiseaux, les anges, les hommes, des peuples, des rois, les juges…) à adorer leur Créateur, le Seigneur, dont le nom est le seul au-dessus de tout nom, au-dessus de toute créature ! D’abord, la louange émane d’en haut, « depuis le ciel » (1). L’expression « cieux des cieux » est un superlatif semblable à « saint des saints », que l’on peut traduire par « espaces les plus élevés des cieux » (4a, NBF). Quant aux « eaux au-dessus du ciel » (4b), il peut s’agir des nuages. Ensuite, cette louange « depuis la terre » (7) est l’image et le reflet de la louange céleste. (...)

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