PODCAST · religion
Les blogues de Mon Credo
by Mon Credo
Mon Credo est une plateforme accueillante et inclusive qui te permet d’explorer une foule de sujets en matière de foi et de spiritualité chrétiennes. Ici, on explore, on découvre, on discute, on échange et on fait des rencontres surprenantes… dans la bienveillance et l’ouverture d’esprit.Dans nos blogues, nous abordons des enjeux contemporains depuis le point de vue de la foi et de la spiritualité. Quand les expériences de la vie suscitent la discussion et éveillent la réflexion, Mon Credo offre une perspective unique sur les choses. Découvre comment notre foi peut guider notre compréhension du monde qui nous entoure.
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Pourquoi porter un col romain?
Pourquoi porter le col romain? Un blogue de Éric-Hébert-Daly. Symbole de domination pour les uns, outil facile d’identification pour les autres, le col romain est encore au centre beaucoup de débats dans notre société. Le pasteur Éric Hébert-Daly nous offre une réflexion a ce sujet. Un choix à la suite de ma consécration Le 3 octobre 2020, j’ai été consacré au ministère après plusieurs années d’études, des stages pratiques et beaucoup de soutien d’amis et de collègues Le jour de ma consécration, j’ai porté ma chemise et mon col romain pour la première fois. Ce ne sont pas tous les pasteurs et pasteures qui font ce choix, et pour de bonnes raisons. Nous vivons dans une société qui a encore des séquelles de son expérience d’Église, depuis une époque où la foi chrétienne tendait vers le contrôle et le dogme plutôt que vers la vie et l’amour. Le col romain contient un souvenir néfaste pour certains, particulièrement pour ceux et celles qui ont vécu le temps d’avant la Révolution tranquille. Le col romain n’est pas un symbole hiérarchique Pour plusieurs, le col romain est un signe religieux indiquant que les pasteurs détiennent un lien privilégié avec Dieu et qu’il faut passer par eux pour être en lien avec Dieu. L’Église Unie du Canada tient beaucoup à l’idée que tout le peuple de Dieu ait une vocation particulière pour laquelle chaque personne est équipée à sa façon. Il y a très peu de choses que les laïques ne peuvent pas faire et qui seraient réservées aux seuls pasteurs et pasteures. Aujourd’hui, plusieurs hommes d’un certain âge n’ont pas le goût de porter le col, car ils ne veulent pas véhiculer la charge historique et les comportements associés à cette tenue vestimentaire. Du côté des femmes, c’est une tout autre chose. Plusieurs pasteures portent le col romain sans hésitation, surtout parmi les plus jeunes. Le fait qu’on les aperçoive ainsi régulièrement sur la scène publique semble ouvrir un dialogue avec des gens qui sont étonnés de voir une femme exercer ce rôle au sein d’une Église. Cela devient du coup pour eux une occasion d’apprendre que l’Église Unie a été à l’avant-garde à cet égard. Je suis fier de ma foi, et je n’ai pas peur de l’afficher Je suis un pasteur dans un milieu très laïc, dans une société qui s’interroge et qui est souvent à la recherche du sens de la vie. Est-ce que la visibilité de mon col romain pourrait ouvrir des portes, inviter à la discussion et offrir à l’ensemble de la communauté une occasion de parler? Est-ce que cela m’amènerait même à apporter un soutien pastoral dans des situations de la vie courante, auprès de personnes qui voudraient interagir avec moi en ce sens, même si elles ne sont pas membres de mon Église? En portant mon col romain (pas tous les jours, mais assez souvent), je crois m’ouvrir à ce monde et aux discussions fructueuses, ainsi qu’aux réponses négatives et pleines de souffrance qui pourraient m’être adressées.
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Léa et Rachel, deux sœurs, un mari et un Dieu
Léa et Rachel, deux sœurs, un mari et un Dieu. Un blogue de Jean Loignon. L’histoire du grand patriarche biblique Jacob est liée à Léa et Rachel. La compétition entre ces deux sœurs et la compassion de Dieu sont à la source des douze tribus d’Israël. Une histoire de bigamie avec deux sœurs Les Églises chrétiennes conservatrices incitent volontiers leurs ouailles à pratiquer « une sexualité biblique » qui serait celle d'un homme et d'une femme mariés, dans le cadre d'un couple exclusif et voué à une procréation féconde et multiple. Fonder bibliquement une telle conception suppose une lecture très sélective des Écritures et un détour par les récits du Premier Testament risque de ménager bien des surprises. Ainsi l'histoire de Jacob est celle d'une bigamie incestueuse et d’un recours à des mères porteuses, pourtant à l'origine symbolique du peuple d'Israël... C'est dans le livre de la Genèse, entre les chapitres 29 et 35. Une histoire fondée sur le mensonge Jacob, fils d'Isaac et préféré de sa mère Rebecca, est né dans une rivalité immédiate avec son frère jumeau Ésaü, à qui il extorque son droit d'aînesse et, par tromperie, la bénédiction de son père devenu vieux et aveugle. Il doit s'enfuir chez son oncle Laban et lors d'une rencontre près d'un puits, il tombe amoureux de sa cousine, la très belle Rachel. En échange de sept années de travail, il obtient de l’épouser, mais lors de la noce, Laban le trompe en substituant à Rachel sa sœur Léa, dont les charmes sont moindres. Jacob persiste et finit par épouser Rachel, moyennant sept autres années de travaux. Fin de l'histoire? Non, car des unions fondées sur le mensonge ne peuvent pas être heureuses. Léa n'est pas aimée, mais elle est féconde; Rachel est aimée, mais elle est stérile : la jalousie va déchirer les deux sœurs et les lancer dans une compétition avec un moyen de l'époque, le même dont Sarah avait usé pour donner un premier fils (Ismaël) à Abraham. Rachel donne sa servante Bilha à un Jacob plutôt passif et obtient deux fils reconnus comme les siens. Mais Léa veut garder son avantage et bien qu'elle ait déjà enfanté six fils et une fille, elle donne à son tour sa servante Zilpa à Jacob : deux fils supplémentaires naissent. Victoire démographique de Léa? Pas tant que cela, car Rachel devient féconde par intervention divine et donne enfin naissance à un fils, puis plus tardivement à un dernier, au prix de sa vie. Un Dieu au secours des deux sœurs Nous avons à l'évidence dans cette histoire pas très recommandable le reflet d'une société patriarcale, où les femmes sont vouées à la procréation sous peine d'humiliation et de déshonneur et d’exclusion. Les servantes (esclaves?) servent de ventres de substitution et sont niées dans leur rôle de mère, ce qui n'avait pas été le cas d'Agar. Jacob, le trompeur trompé se décharge de ses responsabilités et c'est un Dieu réparateur d'une situation biaisée qui intervient. Dieu est sensible au manque d'amour éprouvé par Léa et le compense par des naissances multiples. Mais il se souvient de Rachel et la libère de sa stérilité, car rien n'est pire pour une femme dans cette société où la famille et les hommes sont tout. Le lien entre les deux sœurs est-il brisé à jamais? Non, car Léa et Rachel arrivent à se parler. La première possédant des mandragores – fruits et aussi philtre d’amour – elle accepte de les donner à Rachel, en échange de son accord pour s’unir à Jacob : négociation scabreuse à nos yeux, mais dont les deux femmes sont pour une fois actrices. Léa et Rachel, les deux sœurs à l’origine des douze tribus d’Israël Enfin, Léa et Rachel donnent elles-mêmes des noms imagés à leurs douze fils, lesquels à égalité, fils des deux mères ou des deux servantes, seront à l’origine des douze tribus d’Israël. Ce Dieu réparateur et justicier ne serait-il pas un peu féministe? Cet article est grandement redevable au parcours « Frères et sœurs dans la Bible / Léa et Rachel » proposé par Théovie. https://www.theovie.org/parcours-bibliques/freres-et-soeurs-dans-la-bible/
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L’humilité… qu’est-ce que ça donne?
L’humilité… qu’est-ce que ça donne? Un blogue de Stéphane Godbout. À une époque où règnent la performance, l’obsession de l’image et de l’autonomie, qui veut encore parler d’humilité? Ainsi, dans nos sociétés modernes, riches et connectées, l’idée d’humilité semble bien à contre-courant. Pourtant, dans la vraie vie, cette qualité demeure essentielle pour pleinement nous épanouir. Explorons ensemble ce paradoxe. L’humilité, la mal aimée. Dans une époque marquée par l’individualisme et la compétition, cet appel à l’humilité pourrait susciter chez vous des réactions d’incompréhension. Toutefois, ce n’est pas d’aujourd’hui que nous oublions l’importance de l’humilité dans nos vies, dans nos relations avec les autres. Cet extrait de la lettre de Paul aux Philippiens (chapitre 2, verset 3) l’illustre bien : « Ne faites rien par esprit de rivalité ou par vaine gloire, mais que l’humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes. » Une culture de la performance à tout prix. Nos sociétés valorisent toujours la compétition, l’accomplissement individuel et le succès visible. L’humilité, qui invite à reconnaître ses limites et à privilégier le service aux autres dans l’anonymat ou dans la discrétion, va à l’encontre de ces idéaux. Vitesse, productivité et vide intérieur. Malgré l’attrait de la vitesse et de la productivité, cette culture de la performance provoque lassitude mentale et anxiété. Ainsi, beaucoup ressentent un vide intérieur et un besoin de se reconnecter à des valeurs plus profondes, de trouver un sens et de bâtir des relations plus saines. Être vulnérable. Moi? Jamais! Reconnaître ses faiblesses ou sa dépendance envers les autres est difficile dans une société qui glorifie l’autonomie et le contrôle. L’humilité dérange parce qu’elle questionne nos modes de vie et elle demande une posture de confiance et d’ouverture. Jésus savait comment il pouvait être difficile d’avoir pleinement confiance en l’humilité. Même il y a deux mille ans, aller dans une telle direction était contre-intuitif. Jésus l’a d’ailleurs exprimé clairement au jeune homme riche qui cherchait à accéder à la vie éternelle : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. » (Matthieu, chapitre 19, verset 24) Agir humblement, peut constituer un atout! Personnellement, mon propre chemin spirituel, avec mes succès et mes échecs, m’a permis de constater que l’humilité, souvent perçue comme une vertu du passé, propose une alternative libératrice dans la recherche d’un nouvel équilibre. Il s’agit alors d’un élan plus authentique qui mène à un vrai respect de soi et des autres. Toutefois, cet élan ne conduit pas nécessairement à la richesse et au succès rapide. Il poursuit plutôt un idéal plus holistique. L’apprentissage de l’humilité est un processus qui s’échelonne sur toute la vie. Ce n’est jamais terminée! Dans la lettre aux Romains, chapitre 12, verset 10, Paul nous rappelle d’ailleurs ce conseil : « Soyez pleins d’affection les uns pour les autres, par l’amour fraternel ; dans l’honneur, faites preuve de prévenance les uns pour les autres. » Pourquoi ne pas s’inspirer de ces paroles sages dans notre vie quotidienne! Je suis compétent, mais je ne sais pas tout. Dans un monde où l’on cherche souvent à tout contrôler, l’humilité peut commencer par l’acceptation réelle de nos limites. Cela ne signifie pas de renoncer à nos ambitions, mais permet de comprendre que l’erreur, l’échec ou l’imprévu font partie de la condition humaine. En reconnaissant nos faiblesses et nos limites, nous ouvrons la porte à une authenticité libératrice qui fait automatiquement baisser l’anxiété nourrie par la peur du jugement. L’humilité participe donc à notre paix intérieure. Ainsi, dans une réunion professionnelle, il est possible de dire : « Je ne sais pas, mais je vais chercher une réponse ». Dans la plupart des milieux, cette attitude a le potentiel de renforcer la confiance des autres. Elle permet de valoriser l’honnêteté sur la prétention. Elle donne une idée plus juste de qui nous sommes et de ce que nous pouvons vraiment apporter. Est-ce que je peux t’être utile? L’humilité s’exprime aussi par un regard bienveillant tourné vers les besoins des autres. Elle nous invite à cultiver la gratitude et à redonner ce que nous avons reçu. Elle reconnaît la valeur de chacun et permet de créer des liens fondés sur l’entraide, le respect et l’amour. Pour ce faire, il est possible de s’engager dans une cause locale ou, plus simplement, d’apporter son soutien à un collègue dans le besoin, non pas pour être applaudi, mais pour la joie et le plaisir de contribuer. Pour accéder à cette joie du don de soi, il est nécessaire d’essayer de poser des gestes gratuits de générosité. Ainsi, avec le temps, nous pouvons vivre des expériences transformatrices et découvrir comment donner aux autres permet de recevoir des cadeaux inattendus et autrement inaccessibles! Merci pour ton soutien, pour ton aide! Dans les sociétés riches, il est aussi facile de tenir pour acquis les opportunités ou les ressources dont nous bénéficions. De plus, les attentes sociales de succès génèrent en nous un besoin incessant de reconnaissance publique individuelle. L’humilité n’exige pas de nier nos accomplissements, mais elle nous invite à les considérer comme le fruit d’efforts partagés avec d’autres. Ainsi, au lieu de simplement publier nos exploits sur les réseaux sociaux, il est peut-être temps de mettre de l’avant le rôle de l’équipe ou de remercier en privé ou publiquement ceux et celles qui ont contribué au projet ou à ce que nous sommes devenus! Merci Dieu pour tout! L’humilité repose enfin sur une reconnaissance sincère qu’il existe quelque chose de plus grand que nous, que ce soit Dieu, la nature ou la communauté humaine. Cette conscience profonde et sincère nous déplace naturellement du centre et nous enseigne à voir notre vie, nos actions, comme faisant partie d’un tout. Les moments de silence ou de prière dans notre journée sont essentiels pour réfléchir à notre place dans le monde et pour renouveler notre perspective et notre trajectoire de vie avec nous-mêmes, avec les autres, avec notre environnement et avec Dieu. Les biens-faits de l’humilité En somme, Jésus nous invite à ne pas craindre l’humilité et nous annonce que, par son exercice, nous goûterons aux fruits de son Royaume et du bonheur qu’il promet : « Heureux ceux qui sont humbles de cœur, car le royaume des cieux est à eux ! » (Matthieu, chapitre 5, verset 3) Contrairement à ce que l’on croit trop souvent, l’humilité ne rime pas avec faiblesse ou avec humiliation. Elle donne plutôt l’occasion de vivre des relations plus vraies et plus justes, en nous aidant à nous ouvrir aux autres sans jugement ni compétition malsaine. L’humilité permet aussi d’acquérir des apprentissages en adoptant une posture réceptive aux enseignements de la vie. Elle constitue un terreau fertile à la sagesse par le développement de notre capacité d’acceptation d’un univers plus grand, plus fort, plus beau que notre seule personne. En nous détournant de la quête incessante de reconnaissance et de statut, nous nous ouvrons à la possibilité que l’humilité puisse nous apaiser face à la pression sociale et nous conduire à une gratitude sincère pour ce que nous sommes, pour ce que la vie nous apporte et pour ce que les expériences nous proposent. À travers nos chemins de vie, parsemés de réussites, mais aussi d’échecs cuisants, nous avons la possibilité d’expérimenter comment l’humilité demeure une force spirituelle et humaine incroyable. J’espère sincèrement que vous oserez l’exercice de l’humilité, car elle a le potentiel de vous transformer et de vous offrir une vie spirituelle plus vraie, plus apaisée et plus joyeuse.
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Le corps des femmes
Le corps des femmes. Un blogue de Martine Lacroix. Dieu, dis-moi qui est la plus belle femme? L’autrice de ces lignes, nouvellement sexagénaire, tignasse colorée, mais binette dépourvue de toute trace de botox, sait pertinemment que le physique vieillissant d’une femme n’est pas perçu de la même façon que celui d’un homme. Le vieillissement du corps des femmes. Inégalité encore et toujours! Des épis gris chez monsieur? Oh que ça lui donne du charme! Quelques mèches grises chez madame? Voyons donc, ça n’a pas de maudit bon sens de se négliger de même. Honte à elle! Combien de vedettes féminines ne doivent-elles pas subir la vindicte de la populace au sujet de leur apparence? Beauté naturelle ou beauté retouchée par la chirurgie? Et ce visage angélique aperçu sur les panneaux publicitaires, n’existe-t-il que grâce à l’intelligence artificielle? L’anatomie féminine fascine depuis des lunes. Même à l’époque où évoluait Jésus, visages et corps suscitaient des commentaires… L’évolution des critères de beauté des femmes au travers des siècles. Alors que la présence des concitoyennes du Christ s’avère passablement discrète dans la Bible, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que, les rares fois où l’on mentionne les femmes, il arrive que leur morphologie soit évoquée. Entendons-nous, il n’est nullement question de détails aussi précis que le fameux 36-24-36. Se pointe plutôt quelque chose d’aussi timide qu’une femme « belle de figure » comme Saraï ou « belle de taille » telle Rachel. Attention! Une femme ne devait toutefois pas être aussi fardée que la vilaine Jézabel. Et ces autres déesses qui se prénommaient Rébecca, Abigaïl, Vasthi ou encore les filles de Job, de quoi avaient-elles l’air? À cette époque, quels critères pouvaient bien déterminer qu’une femme était canon? Mince et musclée comme dans l’Antiquité? À moins que la plastique féminine rêvée s’avérait filiforme comme celle des femmes au Moyen Âge ou comme Twiggy, papesse de la mode des années 1960. Considérait-on comme séduisante une femme qui affichait une allure anorexique telle la top-modèle Kate Moss au début de la décade 1990? Et les compatriotes du Christ dont la tunique se gonflait d’une abondance de chair qui aurait fait saliver Rubens, se voyaient-elles pointées du doigt? Accomplissant leurs tâches cosmétiques, Marie et ses voisines discutaient-elles de la pertinence de dénoncer la grossophobie? Hum! Les critères esthétiques remis en cause. 2025 étant toute jeune, pourquoi ne pas prendre la résolution de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide? Les mannequins au physique décharné semblent en voie d’extinction sur les podiums ainsi que dans la presse féminine. Même le monumental indice de masse corporelle (IMC), dont on nous rabat les oreilles depuis des décennies, commence à vaciller sur son socle. Pour quel motif? C’est qu’une personne peut afficher quelques rondeurs tout en étant pétante de santé tandis que la sveltesse enviée d’une autre découle peut-être d’un mode de vie malsain. Autre bonne nouvelle, le concept de diversité corporelle voit son fan-club augmenter chaque jour un peu partout sur la planète. Et que dire de toutes ces femmes de plus en plus nombreuses qui, comme moi, s’inquiètent que ces cosmétiques dispendieux dont elles abusent soient susceptibles de perturber leur système endocrinien ? Remettre en question certains aspects de sa routine beauté peut en faire grimacer plusieurs et ainsi causer des dommages à leur faciès généreusement tartiné de Maybelline, Revlon, Cover Girl et compagnie. Par contre, cela ne vaut-il pas mieux que d’être sur le pilote automatique? Les aspects positifs liés à une belle apparence. Connaissez-vous la populaire téléréalité L’amour est dans le pré? En 2014, Luc, l’un des participants, avait commenté l’allure de sa candidate favorite en déclarant « qu’elle n’était pas la dernière à avoir pigé dans le sac à faces ». L’originalité de son propos avait enflammé l’auditoire. Mais peu importe les termes employés afin de décrire la beauté, il est indéniable que certaines personnes possèdent une morphologie qui leur attire spontanément des éloges. Dès que ces vénus et ces adonis surgissent quelque part, tous les regards se tournent avec adoration sur leur apparence quasi parfaite. Cela leur confère évidemment un certain pouvoir. Au point de vue sentimental, les cœurs à prendre vont probablement voir une file s’étendre à leurs pieds afin de les conquérir alors que leurs semblables à l’allure quelconque risquent de rester plus longtemps sur le carreau. Il paraît même qu’une plastique agréable représente un sérieux coup de pouce au niveau professionnel. Dans un article du Journal de Montréal datant du 31 août 2024, Annie Boilard, une experte en ressources humaines, décrivait ainsi l’effet de halo, soit « la tendance à donner un a priori positif à une personne de belle apparence. » Quant aux Saintes Écritures, on nous rappelle qu’un être humain bénéficiant d’un physique avantageux ne devrait jamais omettre de dire… Dieu merci! Le revers de la médaille Les beautés, peu importe leur sexe, subissent parfois la jalousie des autres, laquelle peut se révéler fort cruelle. Autre inconvénient, la crédibilité des Barbie et Ken s’expose à être mise à l’épreuve dans certaines circonstances. En décembre 2024, j’ai assisté au colloque du 25e anniversaire du Groupe Femmes, Politique et Démocratie (GFPD) à Québec. Lors des discussions, il fut question du physique des femmes en politique. Celles dont l’apparence répond aux idéaux esthétiques actuels seraient souvent accusées du crime de… superficialité! Dieu, dis-moi qui est la plus belle? Ah, c’est la beauté du cœur qui prime sur toutes les autres…
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Pourquoi prier?
Pourquoi prier? Un blogue de Éric Hébert-Daly Pourquoi prie-t-on? Pour obtenir des faveurs de la part de Dieu? Connaître les numéros du prochain tirage? La prière n’est pas toujours facile à définir et ses résultats demeurent vagues. Et pourtant, plusieurs trouvent dans cet exercice, un moyen privilégié de se rapprocher des autres et de Dieu. Croire fermement dans le pouvoir de la prière Il y a plusieurs années, je travaillais comme organisateur politique pour un parti qui, à l’époque, entamait une campagne électorale sur une base très fragile. Plusieurs membres de l’équipe étions répartis géographiquement, dans le but d’obtenir dans chaque circonscription les 100 signatures requises pour inscrire un candidat. La tâche était difficile, mais j’ai fini par atteindre mes objectifs. Juste avant de grimper dans l’autobus qui me ramènerait chez moi, exténué, j’ai appris qu’à deux heures de l’échéance, il manquait encore 75 signatures à l’un de mes collègues. À distance, durant le trajet, j’ai opté pour prier avec ferveur pour qu’il réussisse. Quand j’ai pu prendre des nouvelles quelques heures plus tard, on m’a appris que par une grande chance il s’était retrouvé à la sortie d’un cours sur un campus universitaire, et qu’à la toute dernière minute il avait obtenu les signatures requises. Quand il m’a raconté par la suite qu’il avait alors ressenti un intense regain d’énergie, je n’ai pu m’empêcher de penser que ma prière s’était rendue jusqu’à lui. J’avais ressenti le stress de mon collègue Je savais combien sa tâche était difficile, presque impossible. Ma prière ce jour-là m’a aidé à me lier à lui. Même s’il n’y a pas véritablement eu de transfert d’énergie de moi à lui à l’approche du fil d’arrivée, je me suis senti transformé. C’est ce que produit la prière… elle change la personne qui prie. Elle crée de l’empathie et nous imprègne de l’expérience de la personne pour laquelle on prie, ou parfois même de l’expérience des groupes ou populations pour lesquelles on prie, par exemple lors d’une guerre ou d’une catastrophe naturelle. Nous devons prendre la prière au sérieux quand nous l’offrons à nos amis et aux gens qui font face à des crises importantes. Ce faisant, je pense aussi qu’elle nous aide à voir plus clairement notre propre situation. La prière nous sort de nous-mêmes et nous offre une perspective. Elle met nos réflexes en suspens et nous laisse éprouver pendant un moment une profonde empathie. La transformation tient pour beaucoup au fait de prendre le temps de vivre cette expérience. La prière est une manière de s’harmoniser aux autres
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La spiritualité pour les chrétiens
La spiritualité pour les chrétiens. Un blogue de Marie-Sylvenie Chery. Depuis quelque temps, la spiritualité est un sujet largement abordé un peu partout. Mais de quoi parle-t-on au juste? De pratiques orientales? Des cristaux translucides? Comment peut-on s’y retrouver? Comment définir la spiritualité? La spiritualité peut être un sujet très vaste et s’étend sur plusieurs domaines. Parler de la spiritualité peut être indéfini puisqu’elle est une perception invisible de la réalité humaine. J’aimerais tout d’abord commencer par ce qu’elle n’est pas. La spiritualité n’est pas la religion, ni une secte ou n’importe quel type de mouvement doté de principe doctrinal. Il ne s’agit pas essentiellement d’un concept chrétien qui ne s’applique réellement qu’au contexte occidental. La spiritualité n’est pas une croyance facilitante ou contraignante qui nous dicte quoi faire ou nous empêche d’évoluer dans notre façon d’être. La spiritualité n’est ni le ciel ni une place où l’homme après sa mort rêve d’aller habiter. Qu’est-ce que la spiritualité? C’est l’aspect spirituel individuel qu’une personne expérimente dans sa vie depuis sa naissance jusqu’à sa mort. On dit que c’est un aspect immanent de l’être humain. La spiritualité fait partie intégrante de tous et toutes dans ses trois composantes du corps, l’âme et l’Esprit. Une expérience à vivre Pour ma part, c’est la vie avec laquelle nous sommes nées. J’ai toujours ressenti ce sentiment d’interconnexions avec la nature, les animaux, les plantes, les fleurs et spécialement les doux parfums que certaines plantes médicinales en dégagent. Je me sens aussi concernée du bien-être des autres et je suis toujours en quête d’un monde plus tranquille où l’on pourrait vivre en paix. Vivre sa spiritualité peut être différent d’un individu à l’autre, bref, tout le monde ne le vit pas ou ne l’exprime pas de la même manière. Une forme de dialogue avec le Créateur Pour moi, c’est le dialogue constant avec mon créateur sur des expériences relatives à mes émotions tant négatives que positives. C’est aussi la satisfaction résultant de ces expériences qui m’aident à croire qu’il faut vivre pleinement sa spiritualité et rester attachée avec Dieu, le créateur pour avoir un meilleur discernement de la vie. C’est ce qui me donne le sentiment de la liberté, le sens de la vie, le bien-être en soi. Vivre sa spiritualité c’est aimer les autres sans rien attendre en retour – C’est vivre avec humilité – c’est de rechercher les valeurs et les significations les plus profondes de la vie en prenant du temps à part pour soi-même dans la méditation et vivre en harmonie avec la création. C’est apprécier la vie dans toutes ses dimensions. Je crois aussi que la spiritualité est un terrain où se rencontrent toutes les sciences comme la philosophie, la psychologie, les religions, l’anthropologie, etc. Quoique les approches soient différentes, elles sont complémentaires. Une place pour tous et toutes La spiritualité est la voie pour ceux et celles voulant quitter la religion, sans pour autant abandonner le sacré. Que chaque personne trouve une place dans l’embarcation de ce véhicule qu’est la spiritualité afin d’atteindre son plus haut potentiel; là où réside la force, l’énergie ou la vitalité qui nous soutient.
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Être célibataire est-il un choix de vie?
Être célibataire est-il un choix de vie? Un blogue de Martine Lacroix. Traditionnellement, la société et les grandes religions ont accordé beaucoup d’importances au mariage et la famille. Quel message envoie-t-on à ceux et celles qui choisissent de demeurer célibataires? Vieille fille, mais heureuse La solitude s’avère-t-elle plus nocive que de fumer 15 cigarettes par jour? C’est du moins ce qu’avançait le Dr Shanker Nesathurai en avril 2024. D’après un article paru dans Le Devoir la même année, plusieurs effets négatifs seraient associés au fait de vivre en solo dont « la dépression, les maladies cardiaques, l’anxiété, la démence et même… la rigidification des idées! » En 2022, Statistique Canada annonçait que 4,4 millions de ménages ne comptaient qu’une personne. Et je fais partie du lot! La religion et le célibat L’accent mis sur l’importance de la famille ne représente-t-il pas l’une des raisons pour lesquelles on a tourné le dos à la religion au Québec? Tiens, imaginons l’une de nos ancêtres se prononçant sur les encouragements des ecclésiastiques à perpétuer l’espèce humaine: « Madame Chose, voulez-vous ben me dire comment les curés, qui se sont engagés à rester vieux garçons, peuvent comprendre que partir pour la famille, c’est une grosse affaire! On dirait qu’eux autres, ça ne leur rentre pas dans la tête qu’une marmaille il faut nourrir pis habiller ça. Et ça coûte cher en ciboire! En passant, avez-vous eu des nouvelles de votre voisine, Mme Angélique Bonenfant? Il paraît que ses relevailles sont un vrai calvaire. 12 grossesses en 14 ans! Même une sainte ne pourrait pas passer au travers d’un tel enfer! » L’exclusion des célibataires En 2025, qu’en est-il du célibat au sein de la chrétienté? Célibataire, un juste choix de vie? Voilà une question intéressante découverte dans Regards protestants. Selon la pasteure Marjorie Legendre, en focalisant sur les familles, les institutions religieuses « marginalisent involontairement les célibataires, les privant d’une voix ou d’un espace au sein de ces communautés. » Elle en appelle même à « une réévaluation théologique et éthique du célibat » afin d’atteindre « l’inclusivité ». Carrie Bradshaw, héroïne de Sex and the City! Au sein de l’univers des célibataires, n’est-elle pas aussi connue que Barabbas dans la Passion? La décision aurait malheureusement été prise de mettre un point final à la série amorcée en 1998. Mais il paraît que, dans le dernier épisode du feuilleton, notre camarade claironnerait des propos du genre « je dois arrêter de penser ‘peut-être un homme’ et commencer à accepter ‘peut-être juste moi’ ». Boycottant le pays de Donald Trump, je n’ai donc pu me rendre dans la Grosse Pomme prendre un Cosmopolitan avec la fameuse porteuse d’escarpins Manolo afin de lui confier que j’en étais venue à la même conclusion qu’elle… À la recherche de l’âme sœur sur les applications Si, contrairement à moi et Carrie, vous espérez toujours dénicher l’âme sœur, une foule d’applications de rencontres salivent à la pensée de faire votre connaissance. Toute la diversité humaine s’y affiche… même nous autres! Eh oui, le paradis ne se trouve-t-il point ici-bas lorsqu’on constate que Cupidon, notre fabuleux chérubin nudiste, demeure accessible au fan-club de Dieu.e 365 jours par année grâce entre autres à l’appli Heavn? À la recherche de l’âme sœur à la télévision Vous jugez que vous êtes une « une belle personne », expression à la mode qui implique notre intérieur autant que notre enveloppe charnelle, la télé n’attend que vous. Occupation double, L’amour est dans le pré, Cœur de trucker, Si on s’aimait célébrités et tutti quanti vous offrent tout plein de câlins. La perception des célibataires dans les courriers du cœur Vous éprouvez le besoin de vous confier sur vos états d’âme en tant que trésor non réclamé, le courrier de Louise Deschâtelets pourrait devenir l’épaule sur laquelle vous épancher. Par exemple, en août dernier, une lectrice répondait à un monsieur qui traitait les femmes célibataires de « matérialistes »! Car, si on en croit ce « gars peut-être un peu cynique », les filles voudraient tout bonnement « se faire entretenir ». Selon la dame de 59 ans, les hommes « veulent plutôt avoir du sexe, sans vraiment manifester d’intérêt pour découvrir qui tu es comme être humain. » Point de vue de la courriériste sur les sites de rencontres? « Tout se trouve! » Ce serait donc vrai que chaque torchon trouve sa guenille! Parlant de guenille, la tenue vestimentaire ne revêt-elle point une certaine importance lors d’un premier rendez-vous? Martin Mercier de Québec a bien saisi l’enjeu! Le « baby-boomer célibataire » a récemment profité de la tribune de Mme Deschâtelets afin de conseiller ses semblables. Ça va comme suit: « l’homme séduisant ne doit pas porter ses pantalons en bas de la bedaine (…). Il doit s’habiller de manière propre et avec des couleurs assorties (…) » Permettez, cher Martin, que je mette mon grain de sel dans votre lettre. Advenant que soit franchie l’étape du « et plus si affinités », le monsieur devra alors adéquatement choisir… son caleçon! Il est de bon ton que son sous-vêtement ne soit pas serré au point où sa voix de ténor se mue en celle… d’une soprano! À l’inverse, des bobettes masculines trop lousses d’où s’envole son oiselet risque de déplaire à votre nouvelle conquête. L’humour pour dédramatiser le célibat? Pourquoi pas! Les relations sentimentales, ça implique parfois ce qu’on appelle … le « ghosting »! Avec Dieu, il n’y a aucun risque que cela ne se produise!
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L’anxiété ou l’angoisse existentielle
L’anxiété ou l’angoisse existentielle. Un blogue de Marie-Sylvenie Chery. L’anxiété ou de l’angoisse existentielle touche la plupart d’entre nous, non seulement pendant l’hiver mais aussi durant les autres saisons du cycle annuel. Comment définir l’anxiété ou l’angoisse existentielle? Elle se manifeste souvent par des questionnements profonds au quotidien sur le sens de la vie, la souffrance, le vide que l’on ressent, la mort, et l’absence de sens. Elle peut amener un ralentissement du rythme de vie et offrir plus d’opportunités de réflexion intérieure. Ce qui peut entraîner une grande frustration, un stress intense, et une perte de joie chez la plupart des gens qui vivent avec des échecs à répétition. J’ai rencontré une jeune femme dans une clinique médicale. Elle m’a confié qu’elle est déjà sur son troisième emploi dans l’espace de 4 mois. Elle m’a fait part de sa déception concernant sa vie remplie d’échec. Son insatisfaction la rend amère et incertaine. Pourtant, elle a rempli toutes les conditions de qualifications pour mener une carrière, mais dès qu’elle commence à travailler, elle se manifeste d’un manque d’intérêt et a envie de tout abandonner sans aucune raison apparente. À l’origine de l’anxiété Nous cherchons tous, à tout prix, à connaître le sens de la vie, mais nous voyons que, pour la plupart, nous n’arrivons pas à nous fixer de but, nous avons du mal à réaliser nos objectifs et nous ne parvenons pas à atteindre ceux que nous nous sommes fixés. Lorsqu’on fait face à des obstacles comme la maladie, l’échec à répétition, le manque, c’est là que l’anxiété existentielle rentre en jeu et elle commence à entrainer des symptômes physiques et émotionnels similaires à ceux de la dépression masquée. Les symptômes de l’anxiété L’anxiété se manifeste souvent sous la forme de douleurs diffuses, de maux de tête, de fatigue, de troubles du sommeil ou de problèmes digestifs. Ces symptômes peuvent souvent être interprétées comme étant d’une maladie somatique, ce qui rend le diagnostic plus difficile. L’anxiété existentielle est différente de l’anxiété émotionnelle Contrairement à l’anxiété émotionnelle qui se manifeste par la peur des situations spécifiques, reliées à des causes spécifiques, l’anxiété existentielle est liée à la nature même de notre existence qui peut se manifester sous plusieurs formes parmi lesquelles : notre objectif à atteindre dans la vie et le chemin à parcourir pour le réaliser. Des pistes de solutions contre l’anxiété Il est important de comprendre que chaque être humain se confronte, à un moment ou à un autre, à des questionnements sur sa place dans l’univers, sa valeur personnelle et son avenir. Comprendre ces choses-là permet non seulement d’explorer les dimensions profondes de l’expérience humaine, mais aussi de savoir comment reconnaitre et surmonter des symptômes que nous ressentons et de trouver des moyens de vivre de manière plus authentique et épanouissante. Apprendre à vivre avec l’anxiété Vivre de manière authentique et épanouissante est une noble quête. Cela implique de s’aligner avec ses valeurs profondes, de s’accepter tel qu’on est, et d’agir en accord avec ses convictions. Se connaître soi-même : Prendre le temps de comprendre ses propres valeurs, passions et limites. Être honnête : Dans ses relations avec les autres et avec soi-même, éviter les masques et les faux-semblants. Prendre des décisions alignées avec ses valeurs. Faire des choix de vie qui reflètent ce qui est vraiment important pour vous. Exprimer ses émotions. Ne pas craindre de montrer ses vrais sentiments, même si cela peut être difficile parfois. Être bienveillant envers soi-même. Accepter ses imperfections et apprendre à se pardonner. Un long voyage C’est un voyage personnel et unique pour chacun et qu’il n’y a pas de chemin tout tracé. Pour mon compte, dans l’humilité, j’emprunte les pas du psalmiste quand il s’exprime dans le Psaume 43, verset 5 et le Psaume 131. ‘’Pourquoi t’abats-tu, mon âme, et gémis-tu au-dedans de moi? Espère en Dieu, car je le louerai encore; Il est mon salut et mon Dieu’’ – Psaume 43, verset 5. ‘’Éternel! Je n’ai ni un cœur qui s’enfle, ni des regards hautains; Je ne m’occupe pas de choses trop grandes et trop relevées pour moi. Loin de là, j’ai l’âme calme et tranquille, comme un enfant sevré qui est auprès de sa mère; j’ai l’âme comme un enfant sevré. Mets ton espoir en l’Éternel, dès maintenant et à jamais’’ – Psaume 131. J’ai remarqué que ce type d’anxiété peut sembler accablant, mais il joue également un rôle clé dans la formation de notre identité et de nos convictions sachant qu’on est dans un voyage et non une destination. Prenez du temps pour vous connaitre; soyez bienveillant envers vous-mêmes et restez positif. Vous vous sentirez mieux.
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Les menstruations : une question d’équité
Les menstruations : une question d’équité. Un blogue de Martine Lacroix À combien de reprises les menstruations ne furent-elles pas qualifiées d’impures? Pourtant environ 50% de la population est concerné. La Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, cela vous dit quelque chose? Non? Ne vous autoflagellez point, peu de gens la connaissent. Cela fait pourtant 10 ans que le 28 mai a été baptisé ainsi par une ONG allemande. Pourquoi cette date? Le 28 représente le nombre de jours qui s’écoule en moyenne entre les menstruations et mai s’avère le cinquième mois de l’année, soit la durée approximative des règles. Au Québec, on préfère l’appeler la Journée mondiale pour la santé menstruelle. Hygiène! Cela ne donne-t-il pas l’impression que les menstrues sont sales plutôt que simplement naturelles ? L’accès aux produits menstruels Si elle a accouché de Jésus, Marie était probablement menstruée. Comment se débrouillait-elle côté produits menstruels? Une chose demeure certaine, la célèbre maman et ses contemporaines n’avaient sûrement pas autant de choix qu’aujourd’hui. Qu’ils soient réutilisables ou à usage unique, ces objets indispensables s’avèrent inaccessibles à beaucoup de porte-monnaie. Depuis quelques années déjà, diverses mesures ont toutefois vu le jour afin de contrer la précarité menstruelle. On peut entre autres saluer l’installation de distributrices de produits menstruels dans des lieux publics et des institutions scolaires. Et que dire des subventions offertes par plusieurs municipalités destinées à l’achat de produits menstruels durables? Impossible aussi de fermer les yeux sur le Fonds d’équité menstruelle, projet pilote du gouvernement fédéral, qui devrait permettre la distribution de 74 millions de produits menstruels par l’entremise d’organismes communautaires. Toutes ces actions sont les bienvenues. Mais que désirent réellement les personnes qui militent pour cette cause? La gratuité des produits menstruels pour tout le monde. Notre idole? L’Écosse. Pionnière en la matière. Les personnes transgenres et les menstruations On naît femme, on ne le devient pas, voilà le clin d’œil à Simone de Beauvoir qui coiffait l’article de Mathieu Bock-Côté le 29 mai 2024. Selon lui, sévirait une « idéologie qui vise à déstabiliser psychiquement la jeune génération pour l’amener à croire que le genre est un ‘choix’ … ». Qu’on soit d’accord ou non avec le controversé chroniqueur du Journal de Montréal, la transsexualité existe. Et les personnes trans sont confrontées à plusieurs défis en matière d’équité menstruelle. Par exemple, être un homme trans n’implique pas nécessairement l’arrêt des menstruations. Voilà pourquoi les toilettes non genrées munies de dispositifs pour produits menstruels leur facilitent l’existence. Agir pour la cause menstruelle La Bible ne nous incite-t-elle pas à aider les autres? Si on décide de faire des dons en argent, vêtements ou nourriture à un centre de dépannage sis dans notre quartier, pourquoi ne pas en profiter pour ajouter quelques produits menstruels? Vous gérez une entreprise? Avez-vous songé à offrir des congés menstruels à votre personnel aux prises avec des règles particulièrement douloureuses? Vous entendez parler d’une initiative bénéfique aux personnes menstruées, publicisez celle-ci autour de vous! Les dernières en date? Le 17 mai 2024, le symposium Periods on Campus s’est tenu à l’université Concordia. Pensons aussi à la pétition portant sur les enjeux liés aux menstruations instituée par Québec solidaire et déposée à l’Assemblée nationale le 28 mai 2024 par la députée Ruba Ghazal. Est-elle si lointaine cette époque où certaines religions et cultures condamnaient l’insertion de tampons dans le vagin, car cela risquait de porter atteinte à la virginité? À combien de reprises les menstruations ne furent-elles pas qualifiées d’impures? En 2024, s’il est rare qu’on les affuble d’un tel qualificatif, n’empêche qu’elles suscitent souvent un malaise. Tabou la précarité rouge. Imaginez lorsqu’on se réfère à la précarité jaune, soit l’accès difficile aux produits pour l’incontinence urinaire…
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Nourriture pascale
Nourriture pascale. Un blogue de Jean Loignon. Traditionnellement, la nourriture est associée aux moments de célébrations et aux temps importants de l’année. Quelles sont les origines de ces traditions culinaires? Quelle place joue la religion dans ce que nous choisissons de mettre dans nos assiettes à Pâques? La nourriture au centre des pratiques religieuses Depuis longtemps, les grandes religions accordent beaucoup de place à la nourriture. Les sacrifices alimentaires mettaient en scène la relation des hommes au divin et situaient la pratique religieuse au cœur des repas quotidiens. Cela permettait d'investir le champ de l'intimité domestique, domaine souvent confié aux femmes dans bien des civilisations. Une façon d'intégrer celles qui étaient souvent exclues de la sphère publique? La nourriture durant le temps pascal dans le judaïsme Le judaïsme a établi très tôt une réglementation alimentaire sophistiquée détaillée dans le livre du Lévitique : distinction entre aliments purs et impurs, combinaisons permises ou interdites, rituels de bénédiction des repas... Mais il est allé plus loin en proposant de vivre les célébrations de fêtes religieuses par le biais d'une véritable liturgie alimentaire. Ainsi, un repas de Pessah – la Pâque juive qui commémore la libération du peuple juif de sa servitude en Égypte – est un mémorial, dans lequel des aliments anodins deviennent porteurs de sens. Une assiette de Seder (repas pascal pris en famille) comprend rituellement des pains azymes (sans levain) rappelant les préparatifs du départ précipité d'Égypte, des légumes dont l'amertume évoque la dureté de l'esclavage, des fruits mélangés signifiant le mortier utilisé par les ouvriers hébreux dans leurs travaux forcés, un os d'agneau, le sacrifice ordonné par l'Éternel et dont le sang badigeonné sur leurs portes préservait le peuple élu de la dixième plaie d'Égypte, etc. (Exode 12) Le fils de la famille est censé interroger le père sur la signification de ces mets, lequel lui répond par le récit de la Haggada (texte traditionnel relatant la sortie d'Égypte), assurant ainsi une transmission de génération en génération depuis des millénaires. La nourriture durant le temps pascal pour les chrétiens Sur le plan alimentaire, le christianisme a mis plutôt l'accent sur les rythmes de consommation et a ritualisé des pratiques de jeûne. L'importance de la fête de Pâques célébrant la mort et la résurrection du Christ supposait de se différencier de la Pâque juive; à quoi s'ajoutait la confrontation avec un héritage païen des rituels de renaissance de la nature au printemps. Le panthéon celto-germanique révérait une déesse de la fécondité nommée Eostre (ou Ostara), qui a donné son nom aux noms anglais et allemand de Pâques (Easter et Ostern). L'œuf fécondé, pondu, couvé et éclos a représenté très tôt un symbole très populaire de la renaissance. Et comme le Carême médiéval en interdisait la consommation, les œufs accumulés pendant les 40 jours abondaient et sont donc devenus des présents échangés à l'occasion de la fête de Pâques. S'est greffée sur cette coutume l'habitude de les décorer, par exemple en rouge, pour évoquer le sang du Christ crucifié. Dans le monde germanique, c'est le lièvre de Pâques, animal-attribut de la déesse Eostre pour sa fécondité qui apporte les œufs aux abords des maisons. Dans les pays latins, ce sont les cloches : silencieuses entre le Jeudi saint et le dimanche pascal, elles sont censées aller se faire bénir à Rome et dans leur vol de retour, elles jettent et dispersent des œufs, que les enfants vont aller chercher dans les jardins. Le repas pascal La généralisation du chocolat venu en Europe depuis l'Amérique centrale a ancré et commercialisé cette imagerie avec des œufs, des poules, des lapins, des cloches à déguster. C'est le dessert du repas pascal pris en famille, comprenant traditionnellement en France un gigot d'agneau, référence devenue lointaine à un rituel unissant juifs et chrétiens. Paradoxalement, c'est un jambon fort peu casher qui trône sur les tables pascales québécoises ; mais les chocolats de Laura Secord – héroïne canadienne de la guerre de 1812 – ravissent les papilles de tous.
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Être un disciples authentique aujourd'hui
Être un disciple authentique aujourd’hui. Un blogue de Stéphane Vermette. Qu’est-ce qu’un disciple de Jésus aujourd’hui? À qui ressembleraient ces personnes en ce 21e siècle? Une réflexion qui a remis en question certaines de mes impressions sur le sujet. Notre perception des disciples Plusieurs d’entre nous ont une représentation mentale des disciples de Jésus qui a été largement influencée par les vitraux de nos belles églises, les toiles de grands peintres exposées dans les musées ou de célèbres films comme celui de Franco Zeffirelli. Nous savons que ces représentations ne sont pas toujours historiquement exactes. Jésus n’était pas un grand homme blond aux yeux bleus. Ceux et celles qui ont tout abandonné pour suivre le Christ n’avaient pas le teint clair et une coiffure à la dernière mode. Et pourtant, cette vision occidentalisée de Jésus et ses disciples est toujours profondément ancrée en nous et continue d’influencer notre perception de ces hommes et de ces femmes. Un projet pour le centenaire de l’Église Unie du Canada Dans le cadre des célébrations de son centenaire, l’Église Unie du Canada a eu l’idée de réaliser une photographie qui ré-imagine la célèbre Cène de Léonard de Vinci. L’objectif de ce projet était de s’inspirer de cette toile vieille de 500 ans afin de présenter un visage contemporain de notre Église. Comme dans tout projet, des choix ont été effectués. Par exemple, la personne du Jésus n’a pas été représentée dans cette photographie afin d’accorder toute l’importance aux disciples. Le but n’était pas de créer un groupe correspondant à des quotas ou données statistiques, mais d’offrir une saveur de la diversité de l’Église aujourd’hui. Une offre inattendue à devenir un disciple En tant que membre du personnel de l’Église Unie, j’ai suivi un peu de loin les balbutiements de ce projet intéressant. Cependant, les choses ont changé lorsque j’ai reçu un appel en janvier dernier. La personne responsable du projet me demandait d’être l’un des disciples dans cette photographie et de participer à une campagne de visibilité qui y est associée. Très honnêtement, ma réaction initiale a été de refuser cette offre. Ce n’était pas une question d’humilité ou de peur d’être lié à une aventure potentiellement controversée. J’ai plutôt invoqué une série de raisons trop souvent invoquées dans ce genre de situation. « Je n’ai pas le temps. Vous devriez prendre une autre personne plus intéressante. Je n’ai rien de spécial à apporter à ce projet. Pourquoi moi et pas une autre qui serait mieux manier les bons concepts et offrir des réponses plus appropriées. Bref, êtes-vous vraiment certain de vouloir travailler avec quelqu’un comme moi? » Après un temps de discernement et quelques conversations, j’ai finalement accepté cette invitation par souci de devoir. Je voulais, en quelque sorte, redonner à l’Église qui m’a apporté beaucoup au cours des ans. Une retraite pour les disciples de la photo À la fin de février 2025, les « 12 disciples », les photographes et quelques accompagnateurs se sont rencontrés à Loon Lake, en Colombie-Britannique, pour une retraite de deux jours. Ce qui semblait à première vue être une simple séance de photographie et d’enregistrement de petites capsules vidéo en pleine nature est devenu un moment de spiritualité profonde. En très peu de temps, un groupe d’étrangers ont réussi à créer un espace sécuritaire. Ensemble, nous avons exploré le concept d’accueil radical prêché par Jésus. Nous avons tenté d’identifier qui sont les personnes présentes autour des tables de nos Églises et qui en sont exclues. Nous avons célébré le sacrement de la communion. Nous avons partagé des moments importants de nos vies. Au fil de ces conversations, programmées ou impromptues, j’ai eu la joie de découvrir, derrière les personnes sélectionnées pour représenter la diversité de notre Église, des parcours de vie fascinants, des histoires poignantes, des approches théologiques surprenantes et des appels à la mission vraiment inspirants. Cette courte retraite a ravivé en moi une flamme quelque peu oubliée depuis trop longtemps. Malgré les aléas de mon cheminement, je pouvais envisager avec espoir une vie de disciple dynamique. Les disciples d’aujourd’hui Toute cette expérience m’a permis de repenser ma perception de la notion de disciples. Nous aimons souvent nous souvenir que Jésus a appelé des gens ordinaires à le suivre. Ces personnes ne possédaient pas de diplôme en théologie, de formation spécialisée ou des titres importants dans leur société. Ces hommes et ces femmes étaient essentiellement similaires à toutes les personnes que je croise sur la rue lorsque je fais marcher mon chien, à l’épicerie de mon quartier ou au garage lorsque je dois faire réparer ma voiture. Ces personnes n’ont souvent rien d’extraordinaire à première vue. Elles nous sourient, nous donnent un coup de main ou accomplissent plein de petits gestes qui passent souvent inaperçus. Elles ne se lancent pas dans de longues explications pour nous expliquer qu’elles agissent au nom du Christ ressuscité. Ces personnes interagissent tout simplement avec les autres parce qu’elles veulent créer un monde meilleur. Elles veulent faire une différence dans notre monde. Elles veulent mettre en pratique leur foi dans leur vie de tous les jours. Un accueil sans condition Pour une Église, affirmer que toutes et tous ont une place à sa place sans condition ou de petits caractères en bas d’une page n’est pas une évidence de nos jours. Dans notre climat actuel de division et de polarisation, faire preuve d’accueil et d’inclusivité est un geste radical. Inviter des personnes qui sont totalement différentes de soi est un acte de bravoure. Déclarer que toutes les personnes sans exception sont importantes et sacrées est est une parole courageuse. Désirer créer une communauté où la diversité n’est pas une catastrophe, mais une bénédiction est un pas significatif vers la construction du Royaume de Dieu. Avoir tous et toutes une place à la table Un projet banal à première vue s’est transformé en un événement qui m’a profondément transformée comme rarement auparavant. Cette rencontre de disciples aux parcours atypiques et aux positions parfois hors norme m’a redonné foi en une Église qui ose suivre l’inspiration de Dieu afin de demeurer pertinent en ce 21e siècle. Peu importe nos origines, notre allure, notre identité de genre, notre orientation sexuelle ou la quantité de mélatonine dans notre peau, nous sommes vraiment tous et toutes invités à prendre une place à la table du Christ. Appartenir à une Église qui ose proclamer publiquement ce message à la fois ancien et pertinent aujourd’hui est une source de fierté et d’espoir pour le futur. J’espère que vous prendrez quelques instants pour bien examiner cette photographie. J’espère que vous tenterez d’identifier quelles sont les personnes qui vous ressemblent et celles qui vous semblent être différentes. J’espère que vous vous surprendrez à rêver d’une Église différente, peuplée de disciples diversifiés, autour d’une table plus grande et plus inclusive. J’espère que votre imagination et votre foi en seront stimulées.
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Saphire et Ananie, pour le meilleur et pour le pire
Saphire et Ananie, pour le meilleur et pour le pire. Un blogue de Jean Loignon. Certains passages bibliques peuvent nous surprendre. Le jugement porté sur Saphire et Ananie peut nous laisser pantois si nous ne faisons pas la différence entre le message de Jésus et l’institution qui en a résulté. Une histoire biblique étonnante C’est une histoire horrible, qu’on s’étonne de trouver dans le Nouveau Testament, où est censée rayonner l’amour du Christ. Parce qu’il se passe au sein de la première communauté chrétienne, nommée ici pour la première fois « église », ce récit peut tout à fait nourrir un anticléricalisme primaire. C’est dans le livre des Actes des Apôtres, chapitre 4, verset 32 à chapitre 5, verset 11 et c’est l’histoire d’un couple, celui d’Ananie et de Saphire, présentée par Théovie, dans son cycle « Femmes du Nouveau Testament ». Le couple qui refuse de partager Nous sommes peu après la Pentecôte et ses premières conversions. Sous la direction des apôtres, et particulièrement de Pierre, s’est constitué une sorte de kibboutz urbain chrétien, pratiquant un communisme intégral, car ils étaient un seul cœur et une seule âme (chapitre 4, verset 32). Et comme de grands écarts de richesses séparaient les membres de la communauté, ceux qui étaient riches étaient fortement incités à vendre tout ou partie de leurs biens et à en remettre le prix aux apôtres qui en assuraient le partage de façon égalitaire. Le couple Ananie et Saphire juge bon de ne pas remettre l’intégralité de la vente d’une propriété à Pierre, qui divinement averti, dénonce publiquement le mensonge d’Ananie, lequel meurt aussitôt. Son corps est évacué pour être enterré par quelques jeunes de la communauté. Alors absente et ignorant le sort de son mari, Saphire arrive et subit l’interrogatoire de Pierre. Elle confirme naïvement la supercherie, à laquelle elle semble avoir été étroitement associée. Pierre lui révèle la mort de son mari et lui annonce un sort analogue. Saphire expire aussitôt et les « nettoyeurs se chargent de l’inhumer ». Un jugement sévère Certes, il ne s’agit pas d’exécutions, comme des sectes peuvent en commettre. Le couple a menti devant Dieu mais son péché n’est pas présenté comme une mort spirituelle, mais comme une mort réelle, avec les détails matériels à la clé. Aucune offre de repentir, aucun pardon et on pense immédiatement à la parole de Jésus s’interposant lors de la lapidation d’une femme adultère : que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre… (Jean chapitre 8, verset 7). Or, précisément, Pierre n’a-t-il pas fait bien pire qu’un détournement de fonds, en reniant Jésus trois fois lors de la nuit de la Passion? Comment expliquer cette dureté de cœur prêté à Pierre, le premier des apôtres? N’y aurait-il pas chez l’auteur de ce récit une intention critique visant sa primauté et la radicalité des premières communautés? La minorité de Saphire À cette époque, les femmes étaient des mineures, n’existant que par leur statut de fille, d’épouse ou de mère souvent sans identité propre. Or, le texte nous présente un couple, où le mari et la femme sont nommés, agit à égalité, loin de la soumission habituelle à laquelle étaient vouées les femmes. Cette conception étonnamment moderne n’a-t-elle pas été jugée alors comme un facteur aggravant, justifiant une égalité dans le châtiment? Une Saphire soumise et ignorante aurait-elle sauvé sa tête, devant une direction bien masculine de l’Église? Et qu’a pensé Marie de Magdala de cette affaire? L’institution de l’Église Alfred Loisy, exégète et prêtre (dissident) catholique, a écrit : « Jésus annonçait le Royaume et c’est l’Église qui est venue ». Pour le meilleur et pour le pire, car la peur saisit toute l’Église et tous ceux qui apprenaient l’événement. (Actes 5, chapitre 11).
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Les tradwives
Les tradwives, un phénomène surprenant. Un blogue de Martine Lacroix. Que cache le sourire des tradwives? Ce phénomène originalement marginal occupe beaucoup de place dans les médias. Comment comprendre ce mouvement déconcertant pour les féministes? Deux écueils surgissent lorsqu’on écrit sur les épouses traditionnelles. D’une part, peut-on omettre les descriptions de l’esthétisme tradwife, lesquelles servent habituellement d’entrées en matière? Oui! En prenant connaissance du sous-titre de cette chronique, vous saviez déjà qu’il ne serait nullement question de femmes au visage sans fard, mascara et rouge à lèvres, la tignasse en bataille, habillées en mou, ceintes par une marmaille guédille au nez et dont les joues ruissellent de Kraft Dinner. Attention! L’autrice de ces lignes ne juge aucunement ce type de comportement. Elle porte le mou parfois troué à l’intérieur de son domicile, se régale sporadiquement de malbouffe et trouve irrésistibles les frimousses barbouillées de texture d’origine alimentaire. Il s’agit plutôt de faire un clin d’œil de connivence au lectorat. Pas besoin de vous faire un dessin, vous savez c’est quoi une tradwive! Secundo, membresse en règle de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) et toujours prête à courir les talons aux fesses afin de me joindre à une manif pour défendre nos droits, vous comprenez qu’il n’est pas facile pour une féministe d’écrire sur ce phénomène en conservant un respect intact à 100%. Le supposé échec du féminisme Beaucoup de gens voient en ce mouvement un échec du féminisme. En effet, selon les épouses traditionnelles, trois vices non cachés seraient incrustés dans les fondations du féminisme. Première tare, ce courant de pensée représenterait à leurs yeux un synonyme d’égocentrisme. Selon les tradwives, la contraception et l’avortement empêcheraient de remplir leur fonction principale … la reproduction! Une épouse traditionnelle digne de ce nom doit donc se résoudre à faire abstraction de son humble personne afin de se consacrer à 110% à sa smala. Deuxième anomalie, le féminisme impliquerait une forme de dénigrement du mâle, euh, alpha. Il faut comprendre que le centre de l’univers des femmes trad repose entièrement sur leur conjoint. Voilà pourquoi il leur faut miser sur le bon étalon lors du choix de celui à qui elles diront « Oui, je le veux ». Critère qui prime sur tous les autres? Un homme qui entretient un « rapport sain à la masculinité »! Froncement de sourcils, depuis quelques années, les termes « sain » et « masculinité » à l’intérieur d’une même phrase ne font-ils pas figure de deux combattants en arts martiaux mixtes qui s’affrontent dans une cage? Tertio, le modèle « femme d’affaires » souvent associé au féminisme rebuterait quantité d’épouses traditionnelles. Idéalement, le mâle devrait être l’unique banquier de la famille. En Occident, à l’aube de 2026, comment un couple avec marmaille peut-il survivre avec un seul salaire? Dans un article du magazine Urbania paru cet automne, on mettait de l’avant quelques risques économiques découlant de ce mode de vie « qui valorise la dépendance et rejette l’égalité ». En cas de divorce avec le coq ou encore de veuvage précoce, maman poule trad et sa couvée ne se retrouvent-ils pas en état de vulnérabilité? « Ça fait plusieurs années que vous n’êtes plus sur le marché du travail, votre CV est un peu vide et vos compétences ne sont pas monnayables, etc. » Quant à votre tirelire, ne jeûne-t-elle pas depuis vos épousailles en robe de dentelle blanche? L’exploitation des réseaux sociaux Lorsqu’on effectue une recherche sur ce mouvement couramment qualifié de « radical » , mis à part l’esthétisme, un autre terme revient ad nauseam … réseaux sociaux! Or plusieurs fées du logis seraient hyperactives sur YouTube, TikTok et Instagram. Elles y multiplieraient les tutoriels au même rythme que les plateaux de sucre à la crème … sans allergènes! Surtout, les plus populaires d’entre elles rendraient leur cochonnet … boulimiques! Malgré leur agenda chargé en tâches domestiques qu’elles ne partagent manifestement pas avec leur pourvoyeur, plusieurs d’entre elles parviennent à trouver du temps pour « la création de contenu, l’obtention de parrainages et la gestion de leur présence en ligne, etc. » Résultat? Cela équivaudrait aux revenus d’un travail à temps partiel, voire même à temps plein. Pour en savoir plus, on clique sur 4 choses à savoir sur les « tradwives » paru sur le site ToutPourSaGloire.Com en avril dernier. La gloire de qui? Dieu! Religion comme prétexte à la soumission des tradwives Troisième élément du triumvirat trad … la religion! Eh oui, les tradwives légitimisent leur mode de vie par la Bible. Elles évoluent au cœur d’un monde binaire dans lequel le rôle de l’homme et celui de la femme sont définis par Dieu point tout court. Si de plus en plus de progressistes ajoutent un « e » au mot « Dieu », on imagine que cela constitue une hérésie pour les épouses traditionnelles. L’être suprême ne peut avoir qu’un sexe … masculin! Bien que certaines se définissent comme agnostiques, la majorité des épouses traditionnelles s’identifient au catholicisme, évangélisme, mormonisme et trumpiste. Même si l’Église Unie s’avère par principe féministe, on ne se pètera pas les bretelles en clamant que notre religion est meilleure que les autres. Le roc de Gibraltar des dames trad? Le livre des Éphésiens, cinquième chapitre, versets 22 et 23. Un trou de mémoire étant si vite arrivé, voici l’extrait : « Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au seigneur. Car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l’Église … » D’ailleurs, se garder une p’tite gêne ne semble aucunement traverser l’esprit de la trad quand vient le moment de vanter sa soumission à sa tendre moitié, laquelle est évidemment du sexe opposé. « En étant respectueuse et soumise, tu gagnes de l’influence sur ton mari, tu n’en perds pas », dixit la youtubeuse Bindi Marc. Hum, un peu tordu comme raisonnement, non? Dans un autre reportage de Urbania, celui-là paru en avril 2023, on suggérait que les tradwives avaient peut-être une mémoire, disons, sélective. Elles oublieraient de mentionner cet autre passage biblique qui dicte aux maris ceci : « Aimez vos femmes, comme Christ a aimé l’Église, et s’est donné lui-même pour elle. » Comment ne pas être d’accord avec la journaliste qui écrit « qu’en omettant de citer cette contrepartie masculine, la femme semble seule à souffrir du fardeau de l’amour inconditionnel et la dynamique de ces relations paraît injustement unilatérale. » Soyons honnêtes, beaucoup de gens qui se réclament adeptes du Christ perçoivent les textes bibliques comme un menu à la carte. Qui va lancer la première pierre aux tradwives? Les ex-tradwives amères Dans Christianity Today, en mars 2024, on apportait quelques nuances à « l’évangile des contenus tradwife ». On nous rappelait que ce mouvement prônant « la féminité biblique » n’a rien de nouveau et qu’il existait entre autres sous forme de magazines avant la folie des réseaux sociaux. Puis on insiste sur le fait que « celles qui ont vécu les versions précédentes savent que le fondamentalisme et le légalisme peuvent promettre la liberté, mais aboutissent à une vision qui, si belle soit-elle, se révèle étroite et enfermante. » Des témoignages d’ex-épouses traditionnelles amères pointent d’ailleurs depuis peu sur la place publique. Que cache le sourire des tradwives? Le sourire des tradwives estaussi énigmatique que celui de la Joconde …
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Marthe et sa soeur Marie
Marthe et sa sœur Marie. Un blogue de Jean Loignon. L'histoire de Marthe et Marie a inspiré beaucoup de biblistes et de théologiens. Est-ce que les actions d'une sœur et meilleure que l'autre? De quelle façon doit-on recevoir Jésus dans nos vies? L’humanité de la rivalité entre ces deux sœurs recevant la visite de Jésus a assuré à ce récit tiré du seul évangile de Luc (chapitre 10, versets 38 à 42) une extrême notoriété théologique et artistique, mais sa concision l’a exposé au risque de questions multiples, dont les réponses sont probablement plus les nôtres que celles de Jésus. Deux visages de la foi Jésus en chemin avec ses disciples fait halte chez une dénommée Marthe, maîtresse des lieux, et sa sœur présumée cadette, Marie. La première va s’activer pour recevoir son hôte illustre, la seconde se contentant de l’écouter silencieusement « assise à ses pieds ». Devant cette inégalité des rôles, Marthe interpelle sans ménagement Jésus et le prie d’y remédier. Mais Jésus refuse d’entrer dans ce différend sororel et entérine la situation par des mots mêlant douceur mais aussi ambiguïté. C’est ainsi qu’est née l’image d’une Marthe vouée aux tâches matérielles et d’une Marie choisissant l’écoute contemplative de la Parole : deux visages de la foi, qui vont traverser le vécu des Églises jusqu’à aujourd’hui. Avec une hiérarchisation des deux attitudes, Marie la spirituelle l’emportant sur Marthe l’activiste. Marthe, une femme au service des autres Quoiqu’en pensent les nombreux peintres qui se sont rassasiés du sujet, il n’est pas question de cuisine dans le texte évangélique mais de « service » (diaconie). Précédant le récit, la parabole du bon Samaritain a détaillé ce que pouvait être le service envers son prochain, bien au-delà des questions de cuisine. Marthe reçoit Jésus entré seul – les disciples restent en dehors – sans la moindre présence masculine, au rebours de toutes les conventions sociales de l’époque. Cela suggère une relation déjà ancienne avec Marthe, à l’image de ces femmes aisées qui ont soutenu le ministère du Christ. Marthe, une disciple à part entière? Les conflits fraternelle et sororelle dans la Bible La relation fraternelle et sororelle est souvent conflictuelle dans la Bible : Caïn et Abel, Jacob et Esaü, Joseph et ses frères, mais aussi Léa et Rachel, qui durent partager un même mari, Jacob. Dans le cas de Marthe et de Marie, on sent une même volonté de plaire à Dieu mais par des voies différentes. On sait, dans le cas de Caïn, à quelle extrémité l’a conduit la préférence de Dieu pour les offrandes d’Abel. Cette référence donne une touche d’anxiété au récit de Luc qui pose cette question infinie : mon attitude est-elle celle qui assurera mon salut? L’influence de l’histoire dans la compréhension de ce récit Saint Jérôme traduit dans la Vulgate latine la réponse de Jésus : Marie a choisi la meilleure part, interprétant librement la bonne part du texte grec, fixant ainsi durablement dans le catholicisme la supériorité de la foi contemplative sur la foi engagée dans l’action. D’autres Pères de l’Église ont réhabilité l’attitude de Marthe, peut-être aussi pour mieux cantonner les femmes dans des rôles dictés par le patriarcat ecclésial… Mais Jésus n’a pas reproché l’activisme de Marthe, mais en a seulement et gentiment souligné le risque de débordement. Était-ce à ses yeux la « bonne part » de Marthe, comme Marie avait choisi la sienne, celle qui lui ressemblait? Rien n’est dit des réactions des deux sœurs. Mais l’Évangile de Jean nous les montrera, unies et solidaires dans la détresse de la mort de leur frère Lazare. Et là, la plus croyante n’est pas celle… (Jean chapitre 11, verset 27) Cet article s’est nourri du cycle de Théovie consacré aux femmes du Nouveau Testament. * Originalement publié le 9 avril 2025 dans Région Ouest, EUPDF.
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De pro-vie à pro-choix
De pro-vie à pro-choix. Un blogue de Martine Lacroix. L’autrice de ces lignes a déjà été pro-vie ou anti-choix. Elle nous raconte son parcours qui a mené à son cheminement pour devenir pro-choix en matière d’avortement. Mon petit doigt me dit que vous allez parcourir ce texte en fronçant les sourcils. Si vous étiez déjà pro-choix dans le ventre de votre génitrice, la sensibilité contenue dans ces lignes risque de vous tomber sur les nerfs. Et si vous êtes de l’autre côté de la clôture, soit pro-vie, le mot « traîtresse » vous trottera peut-être dans la tête. Transition de pro-vie à pro-choix Qu’est-ce qui me motivait à me définir comme pro-vie? Le désir de sauver des fœtus! Avec toute ma candeur, je songeais qu’il valait mieux poursuivre une grossesse non désirée afin de secourir des couples pour qui la reproduction paraissait un rêve impossible. Un jour, je me suis toutefois posé la question suivante: me retrouver enceinte, confrontée à la perspective de cet événement malheureux à mes yeux alors qu’il devrait être supposément heureux, aurais-je le courage de mener ma grossesse à terme dans le seul but de donner l’enfant en adoption? Non. Même si l’interruption volontaire de grossesse demeure à mon sens un acte empreint de tristesse, je crois maintenant qu’il vaut parfois mieux interrompre une grossesse pour le bien-être des personnes concernées. Telle une paire de chaussures neuves, je trouvais toutefois mon changement de position un peu inconfortable. Mes nouveaux souliers enfin cassés, je me suis finalement sentie capable de militer pour le droit à l’avortement. J’ai d’ailleurs participé à quelques manifs, dont l’une est demeurée tatouée dans ma mémoire. Des dizaines de personnes vêtues de noir, inertes sur le bitume au cœur d’une place publique de la métropole et dans nos mains… un cintre! Les conditions inacceptables et dangereuses dans lesquelles certaines femmes ont avorté, avortent et avorteront encore dans le futur, voilà ce qui a blindé mes convictions quant à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Par contre, m’habite toujours un élan de tendresse envers ces femmes qu’on appelait entre autres les « faiseuses d’anges » et qui ont tenté, depuis l’Antiquité, d’en aider d’autres avec les moyens du bord. Eau de javel dans l’utérus ou instrument pointu, peut-être mal stérilisé, enfoncé dans le liquide amniotique, rien de moins. En mai 2024, La Presse nous informait de ce cas d’avortement clandestin pratiqué au Québec par un préposé aux bénéficiaires. L’objet employé… des brochettes à barbecue! En plus de la crainte d’être pointées du doigt comme des sorcières ou conduites devant les tribunaux, la culpabilité ressentie par ces femmes devant les séquelles mentales et gynécologiques permanentes infligées à une autre femme (sans parler de sa mort), devait être insoutenable. Les organismes antiavortements états-uniens Si j’ai déjà été impliquée dans des activités pro-choix, je ne me souviens pas d’avoir trempé dans la mouvance pro-vie. Il faut dire que les adeptes de l’anti-choix font plutôt preuve de discrétion sur le sol québécois. N’empêche que connaître le mode de fonctionnement de ces regroupements a souvent piqué ma curiosité. Le 6 juin 2024, j’ai eu quelques éclaircissements en assistant à la présentation de Véronique Pronovost, doctorante en sociologie et études féministes. Cette pseudo-Mata Hari a réussi à infiltrer des organismes pro-vie chez nos voisins du Sud, plus précisément en Floride. En humble Madame Tout-le-Monde moyennement informée sur le sujet, j’ai appris certaines choses. Par exemple, un flou artistique entretenu volontairement entoure souvent ces groupes. Avance-t-on vers les femmes concernées avec de gros sabots en leur interdisant d’avorter? On les aborde plutôt sur la pointe des pieds, en évoquant parfois de l’aide à la grossesse… Et devant celles qui ont eu recours à la pilule abortive ou ont écarté leurs jambes sur une table d’opération afin d’obtenir le même résultat, l’esprit chrétien ne semble pas toujours au rendez-vous. Selon Mme Pronovost, on irait même jusqu’à culpabiliser les femmes qui ont déjà avorté en leur demandant d’écrire une lettre de pardon à leur fœtus… Au cours de ce webinaire, on nous a aussi sensibilisées au fait que, parmi les femmes qui se tournent vers ces organismes à tendance conservatrice afin d’obtenir du secours, les immigrantes s’avéraient parmi les plus vulnérables. Seules et démunies sur une terre étrangère peut-être hostile, des SOS qui scintillent dans leurs prunelles, elles s’accrochent alors à la première bouée de sauvetage qui s’offre à elles. La mention d’un flirt entre le militantisme pro-vie et celui pro-armes, voilà cependant l’information qui m’a sidérée. Ce mouvement reproche aux femmes qui choisissent d’avorter de tuer des êtres humains, tout en défendant sans scrupules des machins qui n’ont qu’un rôle… tuer ! Dieu, pro-vie ou pro-choix ? Les grenouilles de bénitier, comme on qualifie parfois les âmes qui, en plus de croire, pratiquent leur religion, font-elles figure d’hérétiques si elles avouent être pro-choix plutôt que pro-vie? Selon la Bible, uniquement Dieu possède le droit de vie ou de mort sur nous. Permettez-moi toutefois d’emprunter les mots d’un homme fort célèbre en matière d’IVG, soit le docteur Henry Morgantaler. Et si le fœtus n’était pas un être humain, mais plutôt « un être humain virtuel »? Précisons toutefois que le controversé monsieur était athée… Comme vous le savez, ce ne sont pas toutes les religions qui s’opposent à l’avortement. Contrairement au catholicisme, plusieurs instances réformées laissent aux femmes la responsabilité de disposer de leur corps à leur guise. Ouf ! Si l’on perçoit Dieu comme pro-choix plutôt que pro-vie, ne faut-il pas se résoudre à monter aux barricades? Les marches, les vigiles et les manifs de tout acabit visant à défendre l’accessibilité à l’avortement ne représentent point un phénomène en voie d’extinction. Un peu partout sur la planète, le droit à l’IVG est menacé, puisque les gouvernements de droite poussent comme de la mauvaise herbe. Droite et liberté des femmes font-elles bon ménage? Allons-y d’un exemple! La première ministre italienne s’est opposée à la formulation du droit à l’avortement dans les engagements pris par le récent G7. Devant Giorgia Meloni, des hommes tels l’ex-président Joe Biden et Emmanuel Macron défendaient farouchement ce droit. Parlant de nos cousins de l’Hexagone, coup de chapeau à la France, laquelle est devenue le premier pays au monde à inscrire « la liberté garantie au droit à l’IVG » dans sa Constitution. J’arrête ici. Pourquoi ne pas finir ce texte sur une note positive ? Cette réflexion a été originellement publiée dans la revue numérique L’Autre Parole, le 1er février 2025.
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Dieu au coeur de nos difficultés
Dieu au cœur de nos difficultés. Un blogue de Stéphane Godbout. Avoir la foi en Dieu ne nous épargne pas des difficultés personnelles et collectives. Comment réagir lorsque le malheur nous frappe? Pourquoi Seigneur? Qu’ai-je fait ? Aide-moi. Ne m’abandonne pas! Il y a des jours où tout semble s’écrouler. Où l’on regarde autour de soi — ou en soi — et on ne reconnaît plus rien. Le monde devient dur, les repères se brouillent, les relations s’abîment, et l’on finit par murmurer, ou crier: « Pourquoi, Seigneur? Qu’ai-je fait? Aide-moi, Aide-nous. » Les difficultés du peuple de Dieu dans la Bible Ces mots, peut-être que vous les avez déjà dits, en silence ou à haute voix. Ce cri, le peuple d’Israël l’a aussi lancé, il y a longtemps, à travers des psaumes comme celui que je lisais cette semaine en préparation à une prédication, le Psaume 80. On y entend une prière bouleversante : « Dieu des armées, fais-nous revenir ! Fais briller ton visage, et nous serons sauvés. » C’est une parole adressée à Dieu en plein chaos. Pas une louange sereine, mais un cri à travers les larmes. Un peuple sent que tout ce qui tenait debout s’effondre, et cherche encore la lumière du visage divin, quelque part dans l’obscurité. Quand tout va mal, est-ce que Dieu m’abandonne à mes difficultés? Quand la vie devient difficile, notre premier réflexe est souvent de chercher une raison : Qu’ai-je fait? Pourquoi ça m’arrive? Certains enseignements religieux ont renforcé cette idée : si quelque chose va mal, c’est peut-être parce que Dieu punit. Le psaume lui-même semble aller dans ce sens : « Pourquoi as-tu détruis sa clôture, pour que tous les passants la dépouillent ? » Mais faut-il vraiment croire que Dieu est derrière notre souffrance ? Est-ce que Dieu envoie les malheurs pour corriger ou punir ? Non. Ce n’est pas ce que Jésus nous a montré. Dieu ne punit pas. Il relève. Dans les évangiles, Jésus n’inflige pas la souffrance : il s’en approche, il la porte, il la guérit. Un jour, on lui rapporte que des Galiléens ont été tués par Pilate, pendant un moment sacré. Et on lui demande : Est-ce parce qu’ils étaient plus pécheurs que les autres ? Jésus répond clairement : « Non, je vous le dis. » (Luc, chapitre 13, versets 1 à 5) Non, la souffrance n’est pas une preuve de culpabilité. Ce n’est pas Dieu qui tire les ficelles pour faire tomber ceux qui l’auraient déçu. Au contraire, Dieu est du côté de ceux qui souffrent. « Il ne brisera pas le roseau cassé, et n’éteindra pas la mèche qui faiblit. » (Ésaïe, chapitre 42, verset 3) Ce verset, que Jésus lui-même incarne, nous dit quelque chose d’essentiel : Dieu ne cherche pas à nous écraser quand on est déjà à terre. Il nous relève. Il reste là, même quand nous n’arrivons plus à le sentir. Le feu de la vérité, pas des difficultés Dans Luc, chapitre 12, verste 49, Jésus dit une parole difficile. « Je suis venu jeter un feu sur la terre. » Ce n’est pas un feu destructeur. C’est un feu qui purifie, qui éclaire, un feu de réveil spirituel. Il nous dérange parfois, parce qu’il met en lumière ce qu’on préférait cacher. Il provoque des tensions, parce qu’il nous pousse à choisir la vérité, même quand elle dérange. Il ne vient pas punir, mais secouer, réveiller, faire grandir. Nos décisions ont des conséquences, mais ce n’est pas Dieu qui frappe. Il faut aussi dire une chose honnêtement : parfois, ce que nous vivons, ce que nous subissons, vient de nos choix passés, ou de ceux de nos sociétés. Nous avons négligé certains liens. Nous avons oublié la justice. Nous avons ignoré la souffrance des autres, jusqu’à ce qu’elle nous atteigne à notre tour. Dans ces cas-là, Dieu ne nous punit pas. Mais la vie, elle, porte les traces de nos actions. « Ce que l’on sème, on le récolte. » (Galates, chapitre 6, verser 7) Ce n’est pas une menace, c’est une vérité. Dieu ne nous juge pas comme un maître impitoyable. Il nous parle comme un ami fidèle qui nous dit : Tu es libre. Mais sois conscient que cette liberté a du poids. Un Dieu qui n’empêche pas toujours la tempête, mais qui reste dans la barque Un autre passage de l’évangile nous montre Jésus dans une barque, au milieu d’une tempête (Marc, chapitre 4, verset 38). Ses disciples paniquent. Lui, il dort. Ils le réveillent : « Maître, cela ne te fait rien que nous périssions ? » Parfois, on a l’impression que Dieu dort aussi pendant nos tempêtes. On lui crie : Pourquoi tu ne fais rien? Mais ce que ce texte nous dit, c’est que Jésus est dans la barque, lui aussi. Il ne l’a pas quittée. Dieu ne nous épargne pas toutes les tempêtes, mais il ne saute pas du bateau quand la mer devient dangereuse. Une prière qui devient responsabilité Dans le psaume 80, une image revient plusieurs fois : celle de la vigne. Le peuple dit à Dieu : Tu avais planté une vigne, tu en avais pris soin, et maintenant elle est détruite. Mais cette prière devient aussi un miroir : Et nous, qu’avons-nous fait de cette vigne? Dans nos vies aussi, certaines vignes s’abîment. Nos familles, nos communautés, notre planète. Ce que nous ne protégeons pas finit par se dessécher. « Dieu des armées, regarde du haut des cieux, reviens, prends soin de cette vigne ! » Oui, demandons à Dieu d’agir. Mais peut-être qu’il nous répond aussi : « Et toi, veux-tu en prendre soin avec moi? » Même quand on ne comprend pas nos difficultés, espérer encore Revenons à la prière du Psaume 80 : « Fais briller ton visage, et nous serons sauvés. » Cette prière ne demande pas de solution rapide. Elle demande une présence. Une lumière dans l’obscurité. Et c’est peut-être ce que nous avons le plus besoin d’entendre : Tu n’es pas seul. Dieu est encore là. Même dans ce que tu traverses. Même si tu n’as pas les mots. Même si tu ne comprends pas. Pour toi, aujourd’hui Si tu vis une période trouble, si tu te poses des questions sans réponse, si tu te demandes ce que tu as bien pu faire pour en arriver là… Souviens-toi : Tu as le droit de crier vers Dieu. Ta douleur n’est pas une punition. Dieu ne t’a pas abandonné. Tu n’as pas besoin d’avoir une foi parfaite pour être entendu. Tu peux reconstruire, te restaurer, avec lui. Et si tu n’arrives pas à prier, alors que cette simple phrase devienne ta respiration : « Seigneur, fais briller ton visage… montre-moi la voie ! » Et maintenant? Peut-être que tu peux prendre un moment, aujourd’hui, pour te poser et regarder : Quelles sont les vignes que tu veux (ou dois) restaurer dans ta vie ? Quels choix es-tu appelé à faire, même s’ils sont difficiles ? Et surtout : Où perçois-tu, même faiblement, le visage de Dieu qui continue de briller dans l’ombre ? N’oublie pas, Dieu ne s’est pas détourné. Il t’accompagne. Pas pour te punir, mais pour te relever, te guider, t’aimer.
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L'augmentation des dépenses militaire au Canada
L’augmentation des dépenses militaires au Canada. Un blogue de Martine Lacroix. Depuis quelques mois, les dépenses militaires au Canada ont augmenté de façon significative. Qu’est-ce que cela signifie pour les croyants? Dans quel genre de société voulons-nous vivre? Vous connaissez la comptine Malbrough s’en va-t-en guerre? Mironton, mironton, mirontaine! Cela ne vous rappelle-t-il point le premier ministre du Canada? Mark s’en va-t-en-guerre! C’est que depuis son arrivée au pouvoir, Mark Carney ne semble point se garder une petite gêne, comme on dit au Québec, quant à son intérêt pour le militarisme. Par exemple, ce matin, en ouvrant mon cellulaire, Le Devoir m’informait de l’existence « d’une opération charme d’un constructeur sud-coréen pour le contrat des sous-marins canadiens ». La ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, insistait sur le fait que ces investissements gargantuesques en défense permettraient ainsi de « protéger notre souveraineté et aussi de soutenir nos alliés » sans oublier la création d’emplois. Souvenez-vous de cette chanson de Pagliaro, « On vend des armes par voie diplomatique. Plus on en tue, plus on fait du fric … Hausse fulgurante des dépenses militaires au Canada Si le Canada a souvent porté le bonnet d’âne en raison de son peu d’empressement à atteindre les objectifs avancés par l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, notre nouveau PM a décidé de montrer que, lui, il était un premier de classe. La guerre, yes sir! comme l’écrivait Roch Carrier. Ce 2% du produit intérieur brut fixé par l’OTAN? Aucun problème! L’unifolié exécute les ordres et puise 9.3 milliards dans son sac musette. Prochaine cible susurrée par les camarades de l’Atlantique Nord… 5% du PIB! Là encore, le gouvernement Carney se met au garde-à-vous. Dans sa dernière infolettre, le Collectif Échec à la guerre signalait un article d’Owen Schalk, parue en novembre dans Canadian Dimension, qui qualifiait le Canada « d’important marchand d’armes mondial ». On y résumait ainsi la politique étrangère canadienne : « le profit ne l’emporte pas simplement sur la souffrance humaine, il l’éclipse complètement. » Cela ne reflète-t-il pas de façon adéquate la prise de position du héros du récent Forum économique mondial de Davos, ancien gouverneur de la Banque du Canada puis de celle d’Angleterre, qui semble voir en la guerre des signes de dollar plutôt que des mares de sang… Avions, munitions, drones, nouveaux capteurs et tutti quanti, notre pays se fait un devoir de regarnir le coffre à jouets de ses troupes. Elle est finie l’époque ou nos bidasses terrifiaient autant l’ennemi que le casse-noisette en bois de Tchaïkovsky. Nos militaires auront désormais l’air aussi pros que les G.I. Joe et G.I. Jane de l’Oncle Sam. Même la Garde côtière change d’uniforme. On l’incorpore dans le ministère de la Défense nationale! En novembre dernier, plusieurs sources, dont Radio-Canada, nous informaient que « l’industrie de la défense canadienne saluait les nouveaux investissements de près de 85 milliards de dollars sur cinq ans annoncés par le gouvernement Carney dans son budget ». Dès juin dernier, alors que le gouvernement d’Ottawa annonçait ses ambitions militaires, une guerre des étoiles naissait dans les yeux de François Legault. Sur X, le premier ministre, aujourd’hui démissionnaire, s’extasiait sur « l’opportunité exceptionnelle pour l’économie du Québec ». Mark Carney, politicien et chrétien Jusqu’à quel point notre premier ministre, catholique et pratiquant, tente-t-il de convaincre ses homologues de privilégier le dialogue plutôt que les armes? On ne s’attend évidemment pas à ce que Mark Carney organise un bed-in à la John et Yoko devant le parlement à Ottawa. On peut toutefois se poser une question. Lorsqu’il entend les appels à la paix du chef de l’Église catholique, lequel déplore que « la guerre est revenue à la mode », un certain malaise habite-t-il notre premier ministre? Au début de janvier, le Journal de Montréal rapportait que l’occupant du trône de Saint-Pierre aurait même déclaré « qu’on ne recherche plus la paix comme un don ou un bien désirable en soi (…), mais on la recherche par les armes, comme condition pour affirmer sa propre domination. » Autre piste de réflexion. La position naturelle d’une personne qui croit en Dieu doit-elle nécessairement se résumer à son opposition aux conflits? Même avec des connaissances faméliques en matière de religiosité, la plupart d’entre nous ont déjà entendu parler des guerres de religion. Combien de boucheries ont été commises au nom d’un Être suprême? Que ce soit Dieu, Allah ou Yahvé? Peu importe la sphère dans laquelle on évolue, surgissent des divergences d’opinions. Aux yeux des personnes qui croient en une cause, n’est-ce pas normal que tous et toutes ne partagent pas les mêmes idées quant à la façon de réaliser leurs idéaux? Faut-il alors se surprendre que les adeptes d’une même divinité expriment des points de vue différents sur les guerres comme ce fut le cas avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie? En août 2023, Euronews signalait que l’Église orthodoxe russe n’hésitait pas « à prendre des mesures disciplinaires voire à révoquer les prêtres russes qui militaient en faveur de la paix en Ukraine ». N’empêche que lorsqu’on évoque la spiritualité, le mot « morale » ne devrait-il pas venir à notre esprit subito presto afin de nous éclairer telle l’étoile de Bethléem guidant les Rois mages vers Jésus? Car où se trouve la morale dans le fait de fermer les yeux sur les conséquences humaines, mais aussi environnementales des guerres? Que faire à part prier? Plusieurs actions citoyennes s’offrent à nous comme les marathons d’écriture d’Amnistie internationale, le port du coquelicot blanc en mémoire des victimes militaires, mais aussi civiles des guerres, parrainer des familles qui fuient des conflits, etc. On peut aussi manifester son indignation dans les rues, mais également par des lettres ouvertes. Le 20 janvier, Le Devoir publiait un texte rédigé par l’autrice de ces lignes. Aujourd’hui, est-il possible « de ne pas saisir que la gravité d’un séisme, cela ne se mesure pas toujours avec une échelle de Richter. Qu’un cratère, ça ne découle pas nécessairement d’un tremblement de terre. Qu’un abysse, ça peut contenir l’humanité … »
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Le Carême. Quand la culture s’en mêle.
Le Carême. Quand la culture s’en mêle. Un blogue de Marie-Sylvenie Chery. Le Carême est plus qu’un temps de l’année liturgique. Il s’agit d’un moment ouvrant un espace entre foi, culture et quête intérieure. Après la célébration de la naissance de Jésus, l’histoire se poursuit avec l’Épiphanie, la visite des Rois mages, son baptême et son expérience du désert pendant quarante jours. Cette période est connue sous le nom de Carême. Qu’est-ce que le Carême? C’est un terme qui vient du latin « quadragesima » (quarantième). C’est la commémoration des quarante jours que Jésus passa au désert avant de commencer son ministère public. Cet événement est décrit dans les évangiles de Matthieu, Marc et Luc. Quelle est l’origine du Carême? Dans l’histoire de l’Église, le Carême s’est structuré comme un temps liturgique chrétien de préparation à la célébration pascale. Quarante jours de conversion spirituelle centrés sur la prière, le jeûne et la charité commencent le mercredi des Cendres pour culminer à la Semaine sainte et à la fête de la Résurrection. Cette période liturgique a été fixée au Premier concile de Nicée au 4e siècle. Quel est son sens théologique? Le Carême est avant tout un appel à un changement intérieur. Nous sommes invités à nous détourner du mal, approfondir la relation à Dieu et nous tourner vers le prochain. Le désert, en tant que terme, symbolise une sorte de dépouillement et un temps d'épreuve, mais aussi la rencontre avec Dieu et la maturation spirituelle. Après la célébration de la naissance de Jésus, l’histoire se poursuit avec l’Épiphanie, la visite des Rois mages, son baptême et son expérience du désert pendant quarante jours. Cette période est connue sous le nom de Carême. Des pratiques concrètes Le Carême revient chaque année comme une respiration profonde dans le tumulte d’un monde essoufflé par les fatigues quotidiennes, de nos communautés et de nous-mêmes. C’est une quête d’un repos où Dieu réapprend à ses enfants la douceur du chemin. Il dépasse pourtant largement les frontières de la pratique religieuse; il puise dans une tradition spirituelle ancienne. Voyons cela de plus près. Il a infiltré nos mœurs, nos langues, nos arts, nos rythmes sociaux, voire nos imaginaires collectifs. En somme, c'est un miroir culturel, un espace où se croisent héritages spirituels, récits populaires, gestes de solidarité et quêtes personnelles de sens. Dans nos sociétés, traversées par la vitesse et la performance, ce temps de dépouillement volontaire résonne différemment. Il inspire également des artistes, comme Johann Sebastian Bach avec sa Passion selon saint Matthieu, une œuvre qui plonge dans la profondeur du sacrifice, du pardon et de la compassion. Il y a aussi Emily Carr avec ses peintures de forêts et de terres autochtones évoquant une spiritualité de la Création, très proche du Carême contemporain. Une période qui influence les traditions culinaires Il y a des repas légers comme la soupe (le mercredi ou le vendredi soir) ou du poisson séché ou salé (certains restaurants proposent des « Fish Friday » ou « Fish Fry »). Des familles remplacent la viande fraîche par du poisson ou des fruits de mer. La saison est aussi marquée par la sobriété volontaire, un temps pour réapprendre la simplicité, avec parfois une dimension écologique. Manger moins de viande dit moins de gaspillage. À une époque où le pays était plus religieux, ou du moins sous l'influence de la religion catholique romaine, certaines sources historiques confirment que l'abstinence de viande était stricte et que la morue salée, le hareng et les œufs jouaient un rôle central. Petite anecdote Je me rappelle, quand j'étais enfant, ma mère nous nourrissait strictement de poisson séché, de hareng saur ou d'œufs, plutôt que de viande fraîche. Quand j’étais au collège, après le service du mercredi, on nous servait de la soupe ou du potage à midi, une pratique encore courante dans les monastères et les communautés religieuses. L’influence des communautés immigrantes Comme on peut le constater, l’Amérique du Nord est un continent de migrations, et chaque communauté apporte ses traditions. On y trouve des plats simples à base de légumes, de poisson et de riz (Philippines), des repas sans viande, des soupes, des bananes plantains, du poisson et des œufs (Haïti ou les Caraïbes), des sauces végétales, des haricots et des ignames (Afrique de l’Ouest), un jeûne strict sans produit animal (Europe de l’Est), des plats à base de maïs, des empanadas de vigilia et du poisson (Amérique latine), ou des poissons salés, des œufs, des légumes racines, du pain gruau, des galettes et des légumineuses (Québec). Cette liste n’est pas exhaustive. Expressions idiomatiques Le Carême a laissé des traces durables dans la langue, même lorsque la pratique religieuse a changé ou évolué. Dans le milieu anglophone, pour décrire une ambiance sobre, calme et introspective, on parle de « Lenten mood ». Le Carême nourrit des expressions autour de la transformation, comme « sortir de son désert » pour parler d'une période difficile, ou « retrouver la lumière », image pascale devenue idiomatique. Quant au temps et à l’attente, on dit que c’est « long comme un carême » pour dire qu’une situation semble interminable. L’abstinence au sein du couple Je me rappelle encore le bon vieux temps où mon oncle faisait « pénitence » pour réparer ses torts, tandis que ma vieille tante se mettait en retrait pour prendre du recul. Je pourrais dire que le Carême en Amérique devient un laboratoire culturel où l'on interroge ce que l'on consomme, ce que l'on transmet et ce que l'on espère, sans nécessairement parler d'abstinence. L’abstinence n’est pas une obligation, mais un choix personnel qui peut prendre la forme d’une métaphore puissante : celle d’un cœur qui cherche à discerner ce qui le nourrit. Le Carême nous rappelle que la transformation spirituelle ne se vit jamais isolément, car elle façonne nos habitudes, inspire nos gestes quotidiens et ouvre un chemin où la foi dialogue avec la vie réelle, la mémoire collective et les aspirations d'un monde en quête de sens. Il faut retenir que « vivre le Carême » n’est pas d’abord une contrainte alimentaire, mais une démarche spirituelle de conversion et de solidarité.
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Être ou ne pas être mère?
Être ou ne pas être mère. Un blogue de Martine Lacroix. Quels sont ces motifs pour lesquels une femme refuse de devenir une mère? Les Églises ont-elles un mot à dire dans ce choix? Connaissez-vous le cantique « C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau! »? Marie, figure phare de la chrétienté, qui va le nier? Est-ce la raison pour laquelle divers aspects de la maternité provoquent tant de débats? Qui n’a pas déjà entendu parler de ces commentaires réprobateurs, à moins que ce ne soit carrément un appel au bannissement, que peuvent encore susciter les moyens de contraception au sein de certaines églises. Quant à l’avortement, combien d’autorités ecclésiastiques condamnent toujours cet acte? Rappelons qu’il n’y a pas seulement au pays de l’Oncle Sam que l’on remet en question l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Et qu’en est-il du simple refus de la maternité? Pourquoi rejeter la maternité Faut-il se surprendre que des raisons économiques soient souvent avancées? Si certaines d’entre nous conçoivent qu’un marmot coûte cher, d’autres s’inquiètent plutôt qu’un autre humanoïde sur la Terre, eh bien, cela risque d’hypothéquer l’avenir de la planète. Eh oui, une conscience environnementale peut quelquefois justifier ce choix. Mais combien de femmes se sentent tout simplement mal à l’aise d’avouer que l’envie de materner brille par son absence chez elles? Incompréhension face à ce choix de ne pas être mère Une femme qui dédaigne la maternité soulève-t-elle davantage de réactions négatives qu’un homme qui met une croix sur la paternité? Passe-t-il lui aussi pour une créature un brin extravagante? La signataire de ce texte en sait quelque chose. À 33 ans, n’éprouvant aucune attirance pour la maternité, j’ai opté pour la ligature des trompes. Contrairement à beaucoup de mes consœurs, j’ai pu compter sur le soutien d’un gynécologue ouvert d’esprit. C’est que la stérilisation peut être déniée par les professionnels de l’obstétrique à celles qui n’ont jamais enfanté. Pourquoi? Crainte que les jeunes femmes regrettent un jour cette opération souvent irréversible. Ai-je ressenti des remords? Jamais. À l’aube de la soixantaine, vieillir sans la perspective de compter sur une progéniture susceptible de me soutenir jusqu’à mon dernier souffle m’angoisse-t-il? Un peu. Par contre, ce léger vertige qui m’envahit parfois ne pèse pas lourd face à cette décision prise depuis des lunes. Tabou en voie d’extinction Au cours des dernières années, de plus en plus de femmes ont revendiqué sans gêne le droit de dire « un enfant, non merci! ». Témoignages dans l’espace public, documentaires, articles et tutti quanti font en sorte que ce sujet ne sera bientôt plus tabou. D’ailleurs, si on y réfléchit bien, materner ne signifie-t-il pas prendre soin d’une autre vie que la sienne? Mais materner s’avère-t-il nécessairement biologique? Prenons comme exemples les mères d’adoption. Même sans lien de sang, une femme ne peut-elle pas chérir un plus petit que soi? Puis combien de femmes ne jouent-elles point avec brio le rôle d’aidantes naturelles? Et qu’en est-il de toutes celles qui s’impliquent à titre de bénévole auprès des êtres les plus vulnérables de notre société? Parmi tous ces messages qui fleurissent sur les cartes dédiées à la fête des Mères, verrons-nous bientôt quelque chose du genre : « Je t’aime maman de cœur? »
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L'âgisme
L’âgisme. Un blogue de Marie-Sylvenie Chery. L’âgisme est un défi spirituel et humain dans notre vie quotidienne. La mise à l’écart des personnes en raison de leur âge nous éloigne du message du Christ. Dans nos communautés, il arrive que des personnes soient mises à l’écart non pas pour ce qu’elles font ou disent, mais simplement à cause de leur âge. Une aînée pleine de sagesse, autrefois active, ne reçoit plus de responsabilités ou bien un jeune remplit de motivation et inspiré, se heurte au scepticisme. Comment expliquer cela? Être confronté à l’âgisme pour la première fois Je ne pouvais pas comprendre ce phénomène de l’âge tant que je ne l’avais pas vécu moi-même. Un jour, je voulais acheter un ordinateur Apple. Je disais cela avec une jeune fille avec qui j’avais l’habitude de travailler en groupe, à l’université. Mais la jeune m’a conseillé d’acheter une tablette sachant que l’ordinateur Apple serait trop difficile à gérer. Elle m’a dit en souriant que ce n’est pas fait pour ton âge. J’étais fâchée dans mon cœur, car je n’avais pas l’air si vieille que ça. J’étais sur la défensive. Pourtant je suis capable de mener des opérations sur n’importe quel type d’ordinateur si je suis bien entrainée. Mais j’avais compris pourquoi elle m’avait lancé cela à la figure parce que de temps en temps je lui demandais de m’aider avec certains logiciels. Qu’est-ce que l’âgisme? C’est une forme de discrimination fondée sur l’âge. Cela peut viser les personnes âgées comme les plus jeunes, en les marginalisant, en les stéréotypant ou en réduisant leur rôle dans la société. Dans notre société moderne, avec la montée en flèche de la technologie et de l’intelligence artificielle, nos aînés peuvent être écartés des responsabilités liées à la technologie moderne. Il peut y avoir un manque de dialogue intergénérationnel. Ce qui peut donner un sentiment d’inutilité ou de frustration qui engendra par la suite une perte de richesses humaines et spirituelles. Au lieu d’avoir de la collaboration, on voit naitre un cloisonnement. Quand l’âgisme s’installe, il crée des murs invisibles entre les générations. On confie moins de responsabilités aux aînés, sous prétexte qu’ils sont « fatigués », sans leur demander leur avis. On ignore les jeunes en pensant qu’ils manquent de maturité, sans les accompagner. Ces attitudes peuvent causer un sentiment d’exclusion ou d’inutilité, de la perte de talents et d’idées et de la division au lieu de la communion. La communauté devient alors moins vivante, moins ouverte, moins fidèle à l’Évangile. L’âge est un processus naturel L’âge de 65 ans est souvent considéré comme le début de la vieillesse, car on commence sa retraite si on le souhaite. Cependant, la prise d’âge est un processus normal inévitable qui démarre dès le premier jour de la naissance. Une vision biblique de la vieillesse et de la jeunesse La Bible valorise la vieillesse. Dans Proverbes 16, verset 31, il est dit que la couronne des vieillards, c’est leur expérience : « Les cheveux blancs sont une couronne d’honneur; c’est dans le chemin de la justice qu’on la trouve ». Les jeunes personnes sont plus créatives, pleines d’énergie et de vision nouvelle. Cependant, nos aînés devraient être des sources de sagesse, de mémoire et de stabilité. Il en va de même pour les jeunes qui veulent s’impliquer dans des communautés ou dans les Églises. On devrait les encadrer et les encourager. Être jeune n’est ni une faiblesse ni un handicap. Chaque étape de la vie a ses richesses. En tant que disciples du Christ, appelés à vivre dans l’amour et dans la justice, nous devons réagir et condamner toute attitude à l’âgisme. Alors que faire? Quelques recommandations pour contrer l’âgisme et vivre une véritable inclusion Il est bon de créer les ponts entre les générations en organisant des activités pour tout le monde ensemble et en favorisant les échanges et le mentorat. Il est conseillé de donner la parole à toutes les générations dans la paroisse. Il est bon de sensibiliser les gens aux stéréotypes liés à l’âge dans les prédications et les groupes de discussion. Il est agréable de célébrer la diversité d’âge comme une richesse et non comme un obstacle. Créer une communauté pour tous les âges Le Christ nous invite à accueillir chaque personne avec amour, respect et dignité. Une communauté fidèle à son appel est une communauté où chaque génération peut s’épanouir, porter du fruit, apprendre et transmettre. « Que personne ne méprise ta jeunesse » (Première lettre à Timothée, chapitre 4, verset 12) « Même dans la vieillesse, ils porteront encore des fruits » (Psaumes 92, verset 15) Que nous soyons jeunes ou aînés, débutants ou expérimentés, nous sommes appelés à bâtir ensemble une communauté vivante, intergénérationnelle et profondément humaine, enracinée dans l’amour de Christ.
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Qui est Dieu?
Qui est Dieu? Un blogue de Stéphane Godbout. Depuis que l’humanité existe, une question traverse les âges, celle de définir Dieu, de répondre à la question : Qui est Dieu? Comment définir Dieu? J’ai souvent réfléchi à ce mystère, et j’ai découvert que cette quête n’est pas seulement une recherche intellectuelle, mais aussi un besoin profond inscrit dans mon cœur, comme dans celui de plusieurs êtres humains. Depuis les premières civilisations, chaque culture, chaque époque a tenté de comprendre ce qui dépasse notre raison, d’approcher le divin à travers des images, des métaphores, de l’art et des croyances. Mais à chaque fois, ce divin semble à la fois proche et, en même temps, insaisissable. Formuler une réponse à la question Qui est Dieu? est une entreprise risquée qui ne peut qu’être incomplète et insatisfaisante. Plus nous nous approchons d’une définition du divin ou de Dieu, plus cette définition semble nous échapper. Le besoin humain de croire en Dieu Pourquoi cherchons-nous à connaître Dieu? Pour moi, la foi en Dieu n’est pas juste une croyance religieuse, mais une réponse à un besoin fondamental, un besoin d’appartenance et de sens. Croire en Dieu, c’est aussi donner un sens à son existence. Même dans les moments les plus simples ou difficiles de la vie, cette foi nous permet de voir nos expériences comme faisant partie d’une histoire plus grande. Cette perspective aide à comprendre que chaque petit geste a un poids, une signification, dans le grand récit de la création. La foi en Dieu me donne aussi un refuge, une ancre lorsque la tempête de la vie semble emporter tout sur son passage. Dans les épreuves, il est réconfortant de savoir que l’on n’est jamais seul. Croire en un Dieu qui nous soutient tout au long de notre chemin de vie, qui reste fidèle malgré nos doutes ou nos erreurs, qui nourrit en nous une force silencieuse, mais puissante et positive. Il y a aussi cette dimension intime de la foi, qui nous pousse à nous développer, à chercher à devenir la meilleure version de nous-mêmes, à demeurer positif et optimiste. La foi me rappelle constamment de cultiver l’amour, la compassion et le pardon. Elle m’invite à grandir, à m’examiner et à me dépasser. Et lorsque je pense à tout cela, je réalise que la foi a aussi un impact sur mon bien-être émotionnel. De nombreuses études montrent d’ailleurs que croire en Dieu et avoir la foi peut réduire le stress, l’anxiété et offrir un sentiment de paix intérieure. La quête universelle de Dieu Quand je pense à Dieu, je me rends compte que cette quête ne m’est pas propre, elle n’est pas propre à ma civilisation. Elle touche un très grand nombre d’êtres humains. À travers les siècles et les cultures, différentes religions ont essayé de comprendre ce divin : les chrétiens parlent de Dieu comme Père, Fils et Saint-Esprit, un Dieu de relation et d’amour; les musulmans décrivent Allah, Tout-Puissant et miséricordieux; les juifs voient en YHWH le guide fidèle de leur peuple. Et il y a aussi les hindous qui cherchent Brahman, l’Absolu, tout en honorant les multiples manifestations de ce divin. Même les bouddhistes, qui ne vénèrent pas un Dieu créateur, explorent les lois universelles du karma et la quête de la libération spirituelle. Ces visions ici représentées trop sommairement sont très variées. Elles témoignent toutefois d’une même vérité : Dieu est plus grand que tout ce que nous pouvons comprendre. Ainsi, Dieu est grand, Il est une force et Il renferme des lois et des principes universels qui nous guident dans notre quête d’être humain. Dieu pour les Premiers Peuples Aborder un tel sujet est pratiquement impossible sans penser aux enseignements précieux des Premiers Peuples. Leur spiritualité, profondément liée à la nature et à l’harmonie entre tous les êtres, nous invite souvent à une vision de Dieu comme Créateur, comme Terre-Mère ou comme Grand-Esprit. Pour certains d’entre eux, les montagnes, les rivières, les animaux ne sont pas que des éléments de la nature, mais des témoins vivants de la sagesse du divin. Cette vision peut nous inviter à contempler et à expérimenter Dieu non seulement dans les livres saints et dans des réflexions intellectuelles, mais aussi dans la beauté de la création, dans l’équilibre fragile du monde naturel, dans les forces incroyablement puissantes qui s’opèrent, dans l’immensément petit et dans la grandeur infinie de l’Univers connu et inconnu. En écoutant leur sagesse, en observant la nature, on peut certainement trouver des signes de la présence divine qui nourrissent notre foi. Dieu, au-delà des images Il y a quelque chose de fascinant dans le fait que, malgré toutes ces représentations de Dieu, il reste un mystère. Et pourtant, ce mystère est vivant et présent dans notre quotidien. Une citation de la déclaration de foi de l’Église Unie du Canada, intitulée “Notre foi chante”, m’a particulièrement interpelé. Elle décrit Dieu sous des formes multiples : “Père, Fils et Saint-Esprit. Créateur, Rédempteur, Soutien, Mère, Ami, Consolateur, Source de Vie, Parole vivante et Lien d’Amour”. Ces mots tentent d’exprimer l’inexprimable, mais ils rappellent aussi que Dieu se révèle à nous de mille manières. Il est à la fois proche et lointain, personnel et universel, mystérieux et proche. Ainsi, peut-être que la première étape pour le définir est de lui faire une place dans son cœur, dans son être intérieur et intime, dans les observations du monde et dans l’appréciation de la vie que nous faisons à chaque jour. Une invitation à une expérience personnelle Alors, Qui est Dieu? Malheureusement ou, peut-être, heureusement, cette question n’a pas de réponse simple, fixe ou définitive. La Bible, les traditions religieuses, et la sagesse spirituelle ancestrale des Premiers Peuples, tout cela nous aide à approcher ce mystère. Mais, en fin de compte, même la Bible nous enseigne que la question « Qui est Dieu? » n’a pas seulement une réponse théologique. Elle est aussi une invitation à une expérience, un voyage où chacun, selon son propre contexte et son histoire, peut dire comme le psalmiste : « Goûtez et voyez combien l’Éternel est bon ! » (Psaume 34, verset 9) À travers ce voyage spirituel, chacun, selon son histoire et son contexte, peut rencontrer Dieu dans des formes et des expériences différentes, mais toujours avec cette promesse d’une rencontre qui dépasse les mots, qui inspire plus que tout, qui rassure face à toutes les peurs, qui calme les plus grandes vagues intérieures et qui ouvre au monde des émotions profondes qui donnent les saveurs les plus riches à la vie. En terminant, un petit mot sur le Christ, que la plupart des chrétiens considèrent comme Dieu ou comme la plus grande et parfaite de ses manifestations. Le Christ est certainement un chemin de croissance, d’enseignement et d’inspiration qui peut permettre la construction d’une meilleure idée de ce Qui est Dieu? Je pense que l’on peut sans trop de craintes explorer ce chemin spirituel de connaissances et de lumière. Un chemin qui peut permettre de construire graduellement sa propre relation avec Dieu, de ressentir encore plus pleinement sa propre foi et, ainsi, de développer sa compréhension intime et profonde de ce Qui est Dieu? Personnellement, c’est ce qui m’est arrivé. Alors, je vous invite, à votre tour, à vous poser cette question : « Qui est Dieu? » Peut-être que la réponse réside moins dans les mots que dans l’expérience vivante de ce mystère, dans la recherche de cette relation sacrée avec le divin, avec Dieu, et dans l’expérimentation de pratiques spirituelles et religieuses qui sauront vous inspirer, vous donner un accès à “l’Éternel”.
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Les mariages forcés
Les mariages forcés. Un blogue de Martine Lacroix. Est-ce que les mariages arrangés existent toujours dans notre monde? Qu'en est-il d'ici? La situation est loin d'être aussi belle que nous pourrions imaginer. Le mariage idéalisé Au Québec si on mentionne le mot « mariage », surgit alors devant nos yeux un jeune couple, un homme et une femme plutôt que deux personnes du même sexe, une multitude de sourires Colgate les entourent tandis qu’une pluie de confettis les inonde. L’élément phare du jour J … la robe de la mariée! Une tenue blanche qui donne à la vedette du jour un air de princesse. Puis, tel un conte de fées, l’issue devrait se lire comme suit : ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Bref, que l’union soit religieuse, civile ou autre qu’elle soit modeste ou coûte la peau des fesses, on imagine immanquablement un événement positif. Les mariages sans amour Si on s’intéresse toutefois à l’histoire avec un H majuscule, notre ciboulot devrait avoir retenu que les épousailles n’ont pas toujours rimé avec amour. Que d’êtres humains de sang bleu ont souffert d’une destinée déjà enchaînée à une autre alors que leur nourrice ne leur avait pas encore retiré le tétin du bec. Combien de films, bouquins et documentaires ont traité de ces mariages arrangés par des familles puissantes afin d’avoir mainmise sur un enjeu de guerre et paix ou encore l’élargissement des frontières de leur royaume ? À quel âge le tandem martyr Marie-Antoinette et Louis XVI a-t-il convolé? 14 ans pour elle et 15 ans pour lui … Les mariages forcés aujourd’hui Je croyais que ces lugubres noces avaient désormais un taux de croissance similaire à celui des dinosaures. En 2013, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que le phénomène des enfants mariés de force, principalement de sexe féminin, subsistait toujours. C’est grâce à l’expo « Trop jeunes pour le mariage », mise sur pied par Amnistie Internationale, que j’ai été sensibilisée à cette problématique. Des années plus tard, ces photos demeurent tatouées dans ma mémoire, mais aussi mon cœur. « J’ai haï mon mari dès le premier soir », déclarait alors Samia Shariff, une Algérienne sacrifiée qui avait livré son témoignage à cette occasion. Le drame des jeunes filles La différence entre l’époque des rois maudits ou non et la nôtre repose sur le fait que les victimes actuelles contrairement à celles de jadis, vêtues d’or et de pierres précieuses, sont souvent affublées de haillons. Aux traumatismes psychiques vécus par ces fillettes, s’ajoutent les ravages infligés à leur fragile anatomie. Un corps à peine pubère qui enfante, eh bien, cela ne risque-t-il pas de provoquer des désordres d’ordre gynécologique quand ce n’est pas la mort ? Les lois en vigueur ici Mais où sévissent-elles ces unions forcées, officielles ou officieuses? Elles nichent avant tout en Afrique et en Asie. Notre continent est-il épargné? Sous une certaine bannière étoilée, quelques états n’imposeraient aucune limite d’âge pour convoler. Si règne quelquefois l’esprit Far West chez nos voisins du Sud, le Canada s’en sort un peu mieux. Depuis 2015, il faut avoir au minimum 16 ans pour se marier. Si les époux n’ont pas l’âge légal en vigueur dans la province concernée, ils doivent alors jouir du consentement parental. Le Québec affiche sa différence une fois encore. Les Roméo et Juliette de 16 et 17 ans doivent obtenir, eux, l’autorisation de la Cour supérieure. Qu’on se le tienne pour dit, des mariages d’enfants ont bel et bien eu lieu sur nos terres. Les conséquences des mariages forcés Au XXI e siècle, une enfant de 15 ans unie à un quadragénaire, qu’est-ce que cela apporte à une famille? Peut-être la satisfaction du devoir accompli. Se débarrasser d’un poids en confiant sa descendante à un cerbère qui veillera sur elle 24h24 pour le meilleur, mais, souvent, le pire. De plus, pas facile d’avoir accès à l’éducation dans ces conditions. Les femmes qui lisent ne sont-elles pas dangereuses? La jeune reine du foyer envisage-t-elle d’occuper un emploi à l’extérieur de sa cage aux barreaux invisibles? Mission quasi impossible. La violence dans tout ça? Vous connaissez la réponse aussi bien que moi … Des signes d’espoir La spiritualité ne se nourrit-elle pas d’espoir? Quelques pays contaminés par ces unions scandaleuses ont commencé à les proscrire. Par exemple, le 2 juillet dernier, la Sierra Leone a adopté une loi afin d’interdire le mariage des enfants. Mais comment venir à bout de ce fléau lorsque le religieux prime sur le droit dans plusieurs pays? Autre info qui ne vous sciera point la banane, l’islam est principalement montré du doigt. Qu’on célèbre l’union dans une mosquée, une synagogue, une église, un champ de patates ou une discothèque, pourvu que la mariée ne pleure pas …
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Le travail du sexe
Le travail du sexe. Un blogue de Martine Lacroix. Le travail du sexe est un sujet difficile à aborder et rempli de préjugés. La perception du travail du sexe. En 2024, les gens qui œuvrent dans l’industrie du sexe sont-ils toujours perçus comme la queue de peloton? Malheureusement, oui… Pourquoi? Allons-y avec une hypothèse. Comment faire évoluer les mentalités alors qu’un seul discours prime dans l’espace public? Celui des prohibitionnistes. Est-ce qu’une Église qui aborde ce sujet est nécessairement abolitionniste? Non. Son approche peut être nuancée. Un sujet difficile à aborder. Comme nos sœurs et frères des Premières Nations, les personnes qui vivent en situation d’itinérance, celles et ceux qui optent pour le Québec comme terre d’accueil, les gens qui s’identifient comme travailleuses et travailleurs du sexe (TDS) font souvent parler d’eux. Mais qui leur adresse la parole avec sérieux afin de les connaître véritablement? Peu de mains se lèvent… En fait, si ouverture il y a face au travail du sexe, c’est surtout envers les ex-TDS qui ont vécu un véritable calvaire dans l’univers du sexe. En ce qui a trait aux TDS qui affirment aimer ce travail et, surtout, rejettent catégoriquement le statut de victime qui leur colle à la peau, eh bien, la réprobation se manifeste, crue ou hypocrite… Être une alliée. En tant que chrétienne, je compatis naturellement avec tous les êtres humains qui ont abouti dans l’industrie du sexe contre leur gré et dont le cœur et l’esprit sont meurtris à tout jamais. Par contre, je crois aussi que tous les êtres humains ont le droit de disposer de leur corps en toute liberté. J’appuie donc les travailleuses et les travailleurs du sexe dans leurs revendications. Je m’informe principalement auprès de l’organisme Stella qui œuvre à Montréal depuis 1995. Les affirmations de ce groupe ont toujours paru crédibles à mes yeux. Motif? Parce que les stellaires nous présentent les deux côtés de la médaille. Oui, si on est à l’aise avec la sexualité, on trouvera avantageux de voir le bedon de notre tirelire se remplir à la vitesse TGV en tant que TDS. Mais non, le travail du sexe n’est pas toujours rose! Qu’est-ce qui pourrait améliorer l’existence de celles et ceux qui l’ont choisi? La décriminalisation. Voilà avant tout l’affaire du gouvernement fédéral. Quant à la stigmatisation qui pèse sur les TDS, si on accepte enfin la pluralité de points de vue sur le sujet, nul doute qu’on parviendra à l’abattre. Le 17 décembre. La Journée pour mettre fin à la violence contre les travailleuses et travailleurs du sexe est soulignée de diverses façons. En tant qu’objet susceptible de protéger en cas d’attaque de toutes sortes, le parapluie rouge en constitue le symbole. Peut-on rêver? Des milliers de manteaux ornés d’un minuscule pépin écarlate à la boutonnière en guise de respect envers les TDS…
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Comment faire le Carême?
Comment faire le Carême? Un blogue de Stéphane Godbout. Le Carême est bien plus qu’une tradition religieuse, c’est un chemin vers une foi en action, une méditation profonde, et une croissance personnelle. Au-delà des vieilles traditions du Carême Le Carême de mon enfance rimait trop souvent avec un sentiment de culpabilité, avec une punition collective et avec un mélange de peur et de peine pour la croix du Vendredi saint qui s’approchait inexorablement. Ce côté sombre du Carême m’a fait renoncer, pendant de nombreuses années, à toute considération pour cette période, et ce, bien qu’elle puisse être remplie de possibilités utiles et profondes pour le croyant que je suis. Finalement, avec le temps, j’en suis venu à croire que le Carême pouvait devenir un temps sacré qui dépasse les nuances de la foi chrétienne et qu’il pouvait m’inviter à une réflexion plus profonde sur ma vie de foi au sein de notre monde en mutation. En tant que croyant dans une société de plus en plus sécularisée et en proie à des crises multiples, cette période revêt maintenant une signification particulière. Les inégalités, les injustices et les défis environnementaux m’interpellent, et le Carême devient une occasion d’approfondir ma spiritualité enracinée dans l’amour du prochain et dans l’action concrète. Découvrir de nouvelles pratiques pour le Carême Le jeûne, traditionnellement centré sur la privation alimentaire, prend une nouvelle forme dans ma compréhension toute personnelle du Carême. J’envisage d’autres options, telles que la réduction de la consommation médiatique ou la modération dans mes habitudes quotidiennes, pour créer des espaces propices à la méditation et à la connexion au divin, ce qui m’apporte du sens et une paix intérieure qui renouvelle. Aussi, l’appel à l’action concrète associée au Carême résonne avec force en moi, rappelant les paroles de l’épitre de Jacques dans le Nouveau Testament : « La foi qui n’aurait pas d’œuvres est morte ». Je trouve une connexion plus profonde avec Dieu à travers des actions pour autrui. Le Carême devient ainsi une occasion consciente d’agir, de renouveler mes engagements existants et d’explorer de nouveaux engagements envers la communauté et mes proches. Ainsi, ma quête spirituelle au cours de cette période s’inscrit dans une exploration diversifiée, allant de méditations profondes à la lecture attentive de textes sacrés. Une introspection consciente qui guide ma croissance personnelle, qui cherche à comprendre comment ma foi interagit avec les complexités du monde moderne. Le Carême comme source de libération La diversité des interprétations et des pratiques du Carême au sein de la communauté chrétienne agit en moi comme une libération des traditions rigides. Je souhaite sincèrement que des valeurs telles que la justice sociale, l’inclusivité et l’engagement, des valeurs défendues par le Christ, éclairent mon chemin spirituel pendant cette saison de réflexion et d’introspection. En fin de compte, le Carême devient pour moi bien plus qu’une tradition religieuse, c’est un chemin vers une foi en action, une méditation profonde, et une croissance personnelle ancrée dans l’amour et le service. Et vous, comment interprétez-vous cette période sacrée et comment envisagez-vous de vous engager et de grandir spirituellement au cours du Carême?
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