PODCAST · education
Rendez-vous Condorcet
by Campus Condorcet
Chaque année depuis 2010, le Campus Condorcet donne la parole à des chercheurs issus de toutes les disciplines qui composent les sciences humaines et sociales, pour éclairer les grands enjeux des sociétés contemporaines. Enregistrées à Aubervilliers, dans des lieux d’éducation populaire tels que le théâtre de la Commune, ces conférences se veulent accessibles à tous.« Pourquoi manger : alimentation, manières de table et santé », « Vivre l’espace : le global et le local », « Un monde fini ? Environnement, croissance et croyances », etc., chacun des 12 cycles se concentre sur une thématique, une question, que les intervenants abordent du point de vue de leur domaine de recherche.
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Présidence française de l'Union européenne - Démocratie et populisme
Pour la première fois depuis 14 ans et ce depuis le 1er janvier 2022, la France préside le Conseil de l’Union européenne. À cette occasion, et dans la continuité de la Conférence régionale sur l’avenir de l’Europe organisée sur le Campus Condorcet en septembre dernier, le conseil scientifique du Campus a élaboré un cycle de rencontres accessibles au grand public, et mobilisant la communauté scientifique du Campus, afin d’accompagner la réflexion citoyenne sur l’Europe. « Démocratie et populisme », « Énergie et environnement », « Diplomatie et défense », « Langues et communication » … un mercredi par mois, à 18h30, un ou plusieurs spécialistes interviendront pour exposer leurs réflexions sur des enjeux prioritaires pour l’Europe. Les exposés, d’une heure environ, seront suivis d’un temps d’échange avec les spectateurs. Le cycle proposé est labélisé « Présidence française de l’Union européenne » par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. INTERVENANTS - Laurent Warlouzet, historien, professeur des universités à Sorbonne Université - Hanspeter Kriesi, politiste, professeur des universités à l’Institut universitaire européen de Florence MODÉRATEUR - Antonin Cohen, politiste, professeur des universités à l’Université Paris Nanterre
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Présidence française de l'Union européenne - Une présidence de temps de crise
Pour la première fois depuis 14 ans et ce depuis le 1er janvier 2022, la France préside le Conseil de l’Union européenne. À cette occasion, et dans la continuité de la Conférence régionale sur l’avenir de l’Europe organisée sur le Campus Condorcet en septembre dernier, le conseil scientifique du Campus a élaboré un cycle de rencontres accessibles au grand public, et mobilisant la communauté scientifique du Campus, afin d’accompagner la réflexion citoyenne sur l’Europe. « Démocratie et populisme », « Énergie et environnement », « Diplomatie et défense », « Langues et communication » … un mercredi par mois, à 18h30, un ou plusieurs spécialistes interviendront pour exposer leurs réflexions sur des enjeux prioritaires pour l’Europe. Les exposés, d’une heure environ, seront suivis d’un temps d’échange avec les spectateurs. Le cycle proposé est labélisé « Présidence française de l’Union européenne » par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Jean-François Balaudé, président du Campus Condorcet, et Barbara Cassin, présidente du conseil scientifique du Campus Condorcet introduiront la conférence. L'exposé, d’une heure environ, sera suivi d’un temps d’échange avec les spectateurs. INTERVENANTS - Renaud Dehousse, juriste, professeur des universités à Sciences Po et président de l'Institut universitaire européen de Florence - Robert Frank, historien, professeur émérite des universités de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne Avec l’intervention de Fabrice Virgili, directeur de recherches au CNRS, SIRICE, co-auteur des Chroniques de l’Europe.
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"J'suis pas intégré/J'suis incrusté dans l'sol" Fragments d'injustice dans deux clips de rap| Karim Hammou
Ce Rendez-vous Condorcet est donné par Karim Hammou (CNRS, EHESS) et modéré par Agnès Tricoire (Avocate). Ce rendez-vous explorera quelques techniques littéraires, lyriques et filmiques par lesquelles des artistes de rap passent du "je" de l'auteur.e-interprète à un "nous" lié par un sentiment d'injustice. Je m'appuierai en particulier sur deux œuvres musicales qui ont donné lieu à un vidéo-clip : "Dans nos histoires" de Casey (2006) et "Mille et une vies" de Lino (2007). La mise en mémoire de souffrances en apparence diverses y joue un rôle central, comme l'affirmation d'un point de vue radicalement situé. Dans de telles conditions, la dénonciation portée dans ces œuvres aménage-t-elle une forme de "montée en généralité", susceptible de convaincre tout un chacun ? L'objectif esthétique et politique de ces chansons est-il celui-là et, si ce n'est pas le cas, quelles limites donnent-il à ce "nous" émergeant ?
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Qu'est-ce qu'un territoire ? | Philippe Descola
Ce Rendez-vous Condorcet est donné par Philippe Descola (Collège de France), et modéré par Barbara Cassin (CNRS). Envisagée dans une perspective interculturelle, la notion de territoire recouvre trois caractéristiques souvent négligées. D’abord, le fait qu’un même espace physique peut être utilisé comme territoire par différents collectifs humains et non humains, de même qu’un collectif peut utiliser différents espaces constituant un territoire en archipel. De ce fait, dans bien des régions du monde, un territoire correspond rarement à ce que l’on a pris l’habitude de concevoir sous ce terme depuis l’émergence du système westphalien, à savoir une portion d’espace sur laquelle un État exerce sa souveraineté et dont les limites stables sont reconnues par les États voisins. Ensuite, l’appropriation de la terre par un collectif n’est pas nécessairement la meilleure façon de concevoir la souveraineté sur un territoire puisque cette notion d’appropriation est le produit d’un système juridique et philosophique propre à l’Occident, étroitement liée à la théorie politique moderne telle qu’elle fut développée aux 17e et 18e siècles, notamment en Angleterre. Enfin, l’usage d’un territoire n’est pas sous l’emprise des seuls humains ; il est aussi dépendant d’une foule de non-humains semblant manifester une puissance d’agir autonome – divinités, esprits, génies, ancêtres, fantômes, plantes, animaux, météores – avec lesquels les humains doivent composer ou dont ils dépendent.
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Comment la mode communique-t-elle ? | Nicole Pellegrin et Guillaume Henry
Ce Rendez-vous Condorcet est donné par Nicole Pellegrin (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Guillaume Henry (Styliste), et modéré par Maria Muzzarelli (Università Di Bologna). Avec cette rencontre entre une spécialiste d’anthropologie historique et un styliste designer de mode qui travaille en continuité avec une histoire précise, celle de la Maison Patou, en la réinterprétant, il s’agit d’interroger la mode comme vecteur de communication, de traditions et projets. Quelle idée ont les jeunes générations de la mode aujourd’hui ? Quel est le rapport entre liberté et imposition, tradition et innovation ? Comment utilisent-ils la mode pour communiquer ? Le voile, étudié par Nicole Pellegrin, en est un exemple aux yeux de tous : une simple pièce de tissu sur la tête des femmes a indiqué – et indique encore – projets, valeurs et appartenances. Mais qu’en dit un designer de mode dont les collections ne comportent pas ou presque coiffes et chapeaux ? Et qu’est-ce que Guillaume Henry veut signifier avec les chaussures de boxe à broderies qu’il introduit dans ses collections ? Comment se situe-t-il par rapport à la tradition et à la contemporanéité ? S’adresse-t-il seulement à un public privilégié, indique-t-il de nouvelles formes esthétiques, destinées à devenir populaires ? Si la mode est le souffle du temps, qu'est-ce que la mode, avec ses multiples tendances et références, nous dit aujourd'hui ?
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Approprier, s'approprier les langues locales en situation de contact colonial | Cécile Van den Avenne
Rendez-vous Condorcet donné par Cécile Van den Avenne (Université Sorbonne Nouvelle), et modéré par Thierry Kirat (Université Paris Dauphine, CNRS). En Afrique sub-saharienne, la conquête coloniale française et l'administration des territoires qui en découle reposent largement sur une diffusion, restreinte, du français, et l'usage d'intermédiaires traducteurs. Mais si l'on change de focale, en s'intéressant à des moments précis et circonscrits de l'histoire du contact colonial dans cette partie de l'Afrique, à des catégories d'acteurs plus près du terrain, à des interactions spécifiques, d'autres langues apparaissent, souvent gommées par la perspective largement monolingue que l'on adopte généralement sur la colonisation française. Regarder de plus près les contextes d'appropriations des langues africaines par des acteurs coloniaux, et les interactions spécifiques qui les sous-tendent, sera l'un des enjeux de ce rendez-vous.
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Mémoire Européenne: un passé en partage ? Récits et contre-récits | Pieter Lagrou et Anne Simonin
Rendez-vous Condorcet donné par Pieter Lagrou (Université libre de Bruxelles) et Anne Simonin (CNRS), et modéré par Marta Craveri (FMSH). Les deux intervenants vont interroger les vifs débats suscités par la résolution signée le 19 septembre 2019 par le Parlement européen sur "l’importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe" : à quoi aspire le politique quand il cherche à orienter l’écriture de l’histoire de l’Europe et en faire une mémoire partagée ? Cette volonté de produire un grand récit européen renseigne-t-elle sur une nouvelle compréhension des traumatismes passés ? Sur la prise de conscience de la culture comme facteur prioritaire dans la construction de l’avenir commun ? Ou, plus sûrement, sur l’intranquillité du présent de l’Europe face à des valeurs qu’il convient de réaffirmer (les droits de l’homme, la démocratie) quand on les voit aujourd’hui voler en éclats — inquiétude que l’écriture du texte en propositions fragmentées, se répétant et se heurtant parfois l’une l’autre, transmet au moins autant que ce qui est dit. En effet, de la Pologne à la Grèce, en passant par l’Italie, la Hongrie et la Grande-Bretagne, non seulement des militants identitaires, mais des politiques gouvernementales, déploient les ressorts puissants de la mobilisation d’arguments et symboles historiques contre un ordre démocratique européen perçu comme hégémonique, libéral et cosmopolite. Les initiatives tentant de valoriser un passé européen partagé souffrent d’un déficit d’efficacité manifeste. À travers ces mobilisations émergent de nouveaux récits qu’il serait dangereux d’ignorer et dont beaucoup témoignent de constructions intellectuelles sophistiquées. La nouvelle Europe illibérale qui émerge fait de l’histoire, mais aussi des conditions de travail des historiens, un champ de bataille de prédilection.
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Mémoire et traumatisme. Entre sciences humaines et sciences du vivant | Denis Peschanski
Rendez-vous Condorcet donné par Denis Peschanski (CNRS) et modéré par Ivan Jablonka (Université Sorbonne Paris Nord). Historien, Denis Peschanski travaille depuis longtemps sur l’histoire et la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, mais il a opéré un tournant à la fin des années 2000 en se centrant sur une nouvelle approche de la mémoire. Postulant qu’il est impossible de comprendre pleinement la mémoire collective sans prendre en compte les dynamiques cérébrales de la mémoire et, à l’inverse de comprendre pleinement ces dynamiques cérébrales sans prendre en compte l’impact du social, il a privilégié, entre autres, un dialogue avec les neuroscientifiques. Ce fut d’abord le cas à New York, autour de la mémoire du 11 septembre, puis en France sur la mémoire de la Seconde Guerre mondiale et sur celle, en contemporanéité avec sa construction, des attentats terroristes du 13 novembre 2015. Avec le neuropsychologue Francis Eustache, il s’intéresse tout spécialement au couple « mémoire et traumatisme » dans une approche transdisciplinaire. Cela vaut pour l’individu avec le fameux Trouble de stress post-traumatique (TSPT ou PTSD en anglais), qui est, d’abord, une pathologie de la mémoire, comme pour la société pour laquelle le mot de traumatisme a une acception décalée, mais singulière. Mais comment l’une et l’autre, l’individuelle et la collective, interagissent-elles? À bien des égards, la crise longue de la Covid-19 peut être interrogée sous cet angle.
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Mémoire iconographique de la Second Guerre mondiale : entre récits globaux et ancrages locaux | Sonja Kmec
Rendez-vous Condorcet donné par Sonja Kmec (Université du Luxembourg) et modéré par Michel Margue (Université du Luxembourg). La Seconde Guerre mondiale fut aussi une guerre des images : propagande et contre-propagande ont créé d’inusables répertoires de clichés d’horreur et d’héroïsme. À force de les reproduire, ces représentations perdent toute référence à leur contexte de création et deviennent des symboles iconographiques pour le Mal et le Bien, le totalitarisme et l’individualisme. Ainsi, les photos des rassemblements de masse du parti nazi à Nuremberg, ou des portraits comme celui d’Anne Frank, sont devenus quasi globalement reconnaissables. Ils sont repris non seulement par des manuels, des musées et des films documentaires, mais aussi par des films historiques grand public voire des films de science-fiction et de super-héros, comme les X-Men. À côté de ces récits globaux a émergé une production plus ‘locale’, souvent biographique, sous forme de bandes dessinées. Nous proposons de nous pencher plus précisément sur ces médias populaires pour montrer comment différents aspects de la Deuxième Guerre mondiale sont ‘rappelés’ de manière plus efficace peut-être qu’à travers les monuments et discours officiels de commémoration.
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Le Campus Condorcet : un territoire pour les sciences humaines
La création du Campus Condorcet appelle à un débat sur le sens de ce grand projet et ses promesses d’avenir pour la communauté scientifique aussi bien que pour les acteurs (responsables politiques, habitants) du territoire urbain concerné. Le 17 novembre, une table ronde a réuni des urbanistes et architectes du Campus (Elizabeth De Portzamparc, Pierre-Louis Faloci, Jean-Baptiste Lacoudre et Olivier Philippe), représentants du Campus (David Bérinque et Jean-Claude Schmitt), ainsi que des chercheurs (Jacques Lévy et Mathias Rollot), autour de trois problématiques majeures des sciences humaines et sociales : - Qu’en est-il de l’idée du Campus comme lieu de vie et de travail collectif ? - Comment le projet de Campus prévoit-il ces évolutions ; comment faire de celui-ci une structure évolutive ? - Comment le Campus, s’inscrit-il dans la ville ; comment participe-t-il de la dynamique et des contradictions du territoire ?
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Frédérick Douzet - Terrains de recherche
Frédérick Douzet est professeure des universités à l’Institut Français de Géopolitique de l’Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis et titulaire de la Chaire Castex de Cyberstratégie. Ses recherches portent sur les enjeux géopolitiques du cyberespace, c’est-à-dire les rivalités de pouvoir liées à l’expansion globale de l’Internet et de l’espace de communication qu’il génère, entre une multiplicité d’acteurs (Etats, entreprises, individus, groupes politiques, hackers, criminels…). Flux de données entre pays, poids de l’Asie dans la population internaute, développement des infrastructures physiques, répartition des plate-formes d’intermédiation (Google, Facebook, Baidu)… Frédérick Douzet cherche à comprendre et cartographier la géographie du cyberespace et ses enjeux dans les rapports de pouvoir. Elle analyse les représentations et les stratégies développées par les acteurs pour contrer les menaces et exploiter les opportunités offertes par le cyberespace, nouvelle dimension des conflits géopolitiques contemporains.
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Anne-Marie Turcan-Verkerk - Terrains de recherche
Anne-Marie Turcan-Verkerk, historienne, EPHE Anne-Marie Turcan-Verkerk est historienne des textes, directeur d'études à l’École pratique des hautes études et responsable de l'équipe d'histoire des bibliothèques à l'Institut de recherche et d'histoire des textes. Elle mène ses recherches sur la transmission des textes et sur les processus de copie, d'annotation et en analyse les traces (listes, mentions...) dans les collections anciennes de livres, en particulier médiévales. Elle parle du projet Biblissima, projet d'observatoire du patrimoine écrit du Moyen-Age et de la Renaissance, qui vise à rassembler les sources sur les bibliothèques médiévales d'Occident. Ce portail, en accès libre sur Internet, permettra de fédérer toutes les données en ligne (livres anciens, informations documentaires des bases de données et textes disponibles en édition électronique).
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François Héran - Terrains de recherche
François Héran, Démographe, INED François Héran, philosophe de formation, a tout d'abord mené des recherches dans la France rurale, au sud de l'Espagne et en Bolivie, en tant que sociologue et ethnologue. Directeur de recherche à l'Institut national des études démographiques (INED), il étudie actuellement le débat public et politique sur l'immigration en France et aux Pays-Bas, dans les années 2011 et 2012. Il s'intéresse particulièrement aux argumentations et à la rhétorique utilisées, et en établit une classification et une grille d'analyse pour comprendre leur fonctionnement. Pour illustrer son propos, François Héran prend le sujet de l'abattage rituel et observe la différence de traitement du débat en France et aux Pays-Bas.
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Pierre-Olivier Dittmar - Terrains de recherche
Historien, EHESS Pierre-Olivier Dittmar, historien, est ingénieur d'études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales au sein du laboratoire "Groupement d'anthropologie historique de l'occident médiéval" (GAHOM). Dans ses recherches, il utilise les méthodes et outils de l'anthropologie et s'intéresse particulièrement à la façon dont évoluent les cultures. En se fondant sur un problème ou une question d'aujourd'hui, il essaie de comprendre les réponses propres au Moyen Age. Il étudie ainsi les relations entre hommes et animaux, la notion d'animalité et de bestialité hier et aujourd'hui. Son autre thème de recherche porte sur l'image : les représentations sur les chapiteaux d'églises romanes en Auvergne et les images présentes dans l'univers domestique comme celles du plafond peint du château de Capestang en Languedoc-Roussillon. Il rapproche ces images qui mettent en scène les individus et leurs familles des pratiques en cours sur les réseaux sociaux actuels.
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Violaine Sébillotte-Cuchet - Terrains de recherche
Violaine Sébillotte-Cuchet - Historienne, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne Violaine Sebillotte Cuchet, professeure d'histoire ancienne à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, est spécialiste du monde grec antique des périodes archaïque et classique (8ème avant J-C. - 4ème avant J-C.). Elle s'intéresse particulièrement à la question du genre en analysant les discours et pratiques de cette époque qui renseignent sur le sens que les Anciens donnaient à la différence des sexes. Elle a étudié précisément le cas d'Artémise d'Halicarnasse, femme guerrière, "bête noire" des Athéniens.Elle explique ses méthodes de travail qui consistent à étudier en bibliothèque les textes édités mais également à analyser les images et inscriptions sur les objets, monuments et stèles en se rendant dans les musées ou sur les chantiers de fouilles. Elle parle également de ses fonctions d'enseignante.
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Les habitudes alimentaires et votre santé | Serge Hercberg
Serge Hercberg, directeur de l’UREN Université Paris 13 Nord La nutrition peut être un facteur de risque ou de protection vis-à-vis des maladies. L'étude NutriNet-Santé qui vise à recruter 500 000 volontaires sur Internet a été lancée en 2009. Des premiers résultats sont déjà disponibles permettant de mieux comprendre les habitudes alimentaires en France, la consommation de sel, le grignotage ou la pratique des régimes amaigrissants.
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Comment préserver la démocratie à l'heure de la mondialisation ? | Mireille Delmas-Marty
Conférence donnée le 24 février 2020 dans le cadre du Cycle 2019-2020 « Être représenté, contribuer, faire société » des Rendez-vous Condorcet, et modérée par Agnès Tricoire, avocate à la Cour de Paris.
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Les paradoxes de la représentation politique : autour de l'expérience communale | Patrick Boucheron
Conférence donnée par Patrick Boucheron (Collège de France) le 13 janvier 2020 dans le cadre du Cycle 2019-2020 « Être représenté, contribuer, faire société » des Rendez-vous Condorcet, et modérée par Maud-Perez Simon (Université Sorbonne Nouvelle). Une des manières les plus communes d’exprimer nos embarras politiques est d’évoquer une crise de la représentation : un fossé grandissant entre gouvernants et gouvernés mettrait en défaut l’espoir, pour chacun, d’être représenté, de contribuer à la chose publique et, partant, de faire société. L’inquiétude, en vérité, est double : les élites ne se représentent plus bien ce qu’est le peuple, le peuple ne se sent plus représenté par les élites. Telles sont les paradoxes de la représentation — envisagée ici dans son double sens de délégation politique et de représentation imaginaire. Pour les comprendre, un détour dans l’histoire peut s’avérer utile. On envisagera donc ici de partir de l’Italie communale et de ses expériences politiques, mêlant une politique de l’image à des pratiques de représentation.
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Le temps pour faire société | François Hartog et Frédéric Worms
Conférence donnée par François Hartog (EHESS) et Frédéric Worms (ENS) le 18 novembre 2019 dans le cadre du Cycle 2019-2020 « Être représenté, contribuer, faire société » des Rendez-vous Condorcet, et modérée par Barbara Cassin, présidente du conseil scientifique du Campus Condorcet et académicienne. Cette conférence prend la forme d’un dialogue entre un historien, François Hartog, et un philosophe, Frédéric Worms, sur la spécificité de la situation contemporaine, à travers ses représentations du temps, chaque conférencier rencontrant les questions de l’autre : quel est notre « régime d’historicité » ? Comment penser le « présent » ? Constitue-t-il un « moment » déterminable ? Comment répondre à ces défis ? Nos deux conférenciers explorent les écarts existant entre temps cosmique, historique et politique, et les conséquences sur les manières de faire société.
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La crise de la représentation peut-elle être résolue en tirant au sort nos représentants ? - Yves Sintomer
Conférence donnée par Yves Sintomer le 14 octobre 2019 dans le cadre du Cycle 2019-2020 « Être représenté, contribuer, faire société » des Rendez-vous Condorcet, et modérée par Pierre-Antoine Fabre (EHESS). La démocratie est un idéal qui motive la révolte de peuples gouvernés par des dictatures, mais les démocraties vont mal. Une part croissante des citoyens ne pensent plus que les élections permettent au peuple d’exercer le pouvoir. Comment surmonter cette crise de la représentation ? Le tirage au sort fait un retour marqué en politique. Cette procédure était centrale dans la démocratie athénienne. Depuis les années 1980, des centaines de jurys ou conférences tirées au sort parmi des citoyens ordinaires ont démontré que ceux-ci, réunis dans des conditions presque idéales de discussion, étaient capables de forger des propositions raisonnables et d’intégrer des points de vue plus divers que ceux des experts et des professionnels de la politique. Au 21e siècle, les Irlandais ont validé par référendum la légalisation du mariage pour tous et de l’avortement proposée par des assemblées citoyennes tirées au sort. Le gouvernement français organise à l’automne 2019 une assemblée citoyenne chargée de faire des propositions en vue d’une transition énergétique. Pourrait-on généraliser le tirage au sort de représentants ? Cette innovation pourrait-elle permettre de résoudre la crise de la représentation politique ?
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Dynamiques créatives et représentations territoriales du Nord parisien | F. Rochelandet et C. Sorin
Conférence donnée par Fabrice Rochelandet (Université Paris 3 Sorbonne-Nouvelle) et Cécile Sorin (Université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis) le 17 Juin 2019 dans le cadre du Cycle 2018-2019 des Conférences Campus Condorcet : « Vivre l'espace : le global et le local » La banlieue nord-parisienne fait l’objet de nombreux discours donnant lieu à des représentations, négatives ou positives, souvent fantasmées. L’objectif de cette présentation est d’exposer certains résultats du projet ANR CLUSTER93 en se fondant sur la perception des artistes sur la Seine-Saint-Denis dans le domaine du cinéma. Dans cette perspective, nous croisons nos deux disciplines, l’économie et l’esthétique, à travers d’une part, l’analyse de parcours socioprofessionnels et artistiques de réalisateurs, en les resituant dans une cartographie des lieux culturels en Seine-Saint-Denis, et d’autre part l’analyse de productions filmiques particulièrement présentes sur ce territoire – les films guérillas – afin de mieux comprendre le point de vue des artistes sur ce territoire et l’histoire spécifique de ce dernier.
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Droits de l'homme et collectivités territoriales | Catherine Le Bris et Pierre-Édouard Weill
Conférence donnée par Catherine Le Bris (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Pierre-Édouard Weill (UBO) le 20 mai 2019 dans le cadre du Cycle 2018-2019 des Conférences Campus Condorcet : « Vivre l'espace : le global et le local » Accueil des gens du voyage, logement, protection de la santé, emploi, culture… Autant de responsabilités incombant aux collectivités territoriales et mettant en cause les droits de l’homme. Alors que les droits de l’homme sont volontiers considérés comme l’affaire exclusive des organes centraux de l’État, nous nous intéresserons au rôle des autorités locales. L’objectif de cette conférence est de mettre en lumière les « droits de l’homme du quotidien » et de répondre à la question suivante : les droits de l’homme consacrés dans les textes internationaux ont-ils un impact au niveau local ? Dans le cadre du projet GLOCAL financé par l’Agence Nationale de la Recherche, une enquête à caractère sociologique a été menée auprès des collectivités territoriales françaises (communes, départements, régions) et plus particulièrement des élus locaux. Nous en présenterons les résultats.
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Jérusalem, ville partagée | Isabelle Saint-Martin et Stéphanie Laithier
Conférence donnée par Isabelle Saint-Martin et Stéphanie Laithier (EPHE)le 15 avril 2019 dans le cadre du Cycle 2018-2019 des Conférences Campus Condorcet : « Vivre l'espace : le global et le local » Si Jérusalem occupe une place centrale dans les imaginaires et les représentations, la « Ville trois fois sainte » est aussi régulièrement le théâtre d’affrontements violents et de crises politiques majeures. Sanctifiée par les trois grands monothéismes, elle est en effet également revendiquée comme capitale par deux peuples, israélien et palestinien. L’histoire religieuse y est ainsi, depuis plus d’un siècle, sans cesse confondue avec l’histoire de ces deux nationalismes concurrents, la mémoire religieuse alimentant des revendications politiques par la production de récits patrimoniaux dont l’ambition première est de trouver dans le passé la légitimation de droits définis comme incessibles. À Jérusalem tout particulièrement, le caractère nécessairement sélectif des usages du patrimoine, notamment religieux, soulève donc des enjeux identitaires et politiques dont l’instrumentalisation contribue, au gré des soubresauts de l’histoire, à rendre de plus en plus incertaine toute possibilité de conciliation, voire de réconciliation. Cette conférence à deux voix abordera la construction séculaire de ces imaginaires affrontés et leurs réinvestissements politiques actuels.
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La géographie des accords commerciaux régionaux | Lionel Fontagné
Conférence donnée par Lionel Fontagné (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) le 18 mars 2019 dans le cadre du Cycle 2018-2019 des Conférences Campus Condorcet : « Vivre l'espace : le global et le local » Les échanges internationaux se sont développés depuis l’après deuxième Guerre Mondiale dans un cadre multilatéral en fixant les règles et en abaissant les barrières douanières. Ce cadre multilatéral ne semble plus en mesure de répondre aux nouveaux défis commerciaux, telle la montée en puissance de la Chine. Le régionalisme commercial, consistant en des accords dérogeant aux règles multilatérales et impliquant des groupes de pays souhaitant approfondir leur intégration économique, apparaît aujourd’hui comme le mode privilégié d’organisation des échanges internationaux. La question économique et géopolitique se posant dès lors est celle du périmètre de ces accords, et de ses déterminants économiques et politiques. Certains pays peuvent avoir « naturellement » intérêt à s’intégrer, pour des raisons économiques ou géographiques, d’autres peuvent le souhaiter pour des raisons plus politiques. Dans tous les cas, les stratégies des firmes en matière d’organisation des chaînes de valeur mondiales participent à la structuration de l’espace commercial mondial.
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De près de loin, le patrimoine archéologique à l'échelle mondiale | Nathan Schlanger
Conférence donnée par Nathan Schlanger (ENC) le 11 février 2019 dans le cadre du Cycle 2018-2019 des Conférences Campus Condorcet : « Vivre l'espace : le global et le local » L’archéologie, on le sait, porte sur des choses anciennes, témoins de processus historiques et de temporalités plus ou moins longues. Mais l’archéologie se déploie aussi dans l’espace, avec ses distances, ses trajets et ses repères. Il en va de même pour le patrimoine archéologique : qu’il soit mobile – des objets d’art ou des éléments de culture matérielle – ou immobile – des sites, des monuments, des paysages – le patrimoine archéologique participe à une géopolitique de savoir et de pouvoir qui le façonne et lui donne sens. On verra que la modernité a instauré une dynamique particulière entre le site, ancré dans ses territoires et ses communautés, et les vestiges qui en sont extraits, objets de connaissance mais aussi de convoitise et de commerce. Partant de l’expédition napoléonienne en Égypte et finissant avec les destructions actuelles de sites inscrits au patrimoine mondial, on examinera quelques épisodes marquants dans la circulation et la valorisation du patrimoine archéologique, entre le local et le global.
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La santé à Saint-Denis : des professionnel.le.s aux habitant.e.s | A. Mariette et L. Pitti
Conférence donnée par Audrey Mariette et Laure Pitti (Université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis) le 14 janvier 2019 dans le cadre du Cycle 2018-2019 des Conférences Campus Condorcet : « Vivre l'espace : le global et le local » Face à la récurrence du traitement médiatique des « déserts médicaux », qui cible notamment les villes situées en périphérie des grandes agglomérations françaises, il est intéressant d’étudier l’offre et les pratiques de soins à l’échelle d’une commune telle que Saint-Denis ou de quartiers tels que La Plaine-Saint-Denis. Dans un contexte général de restrictions budgétaires, d’accroissement des inégalités d’accès aux soins et de transformations de l’État social, on observe le maintien d’une diversité de lieux de soins : hôpital, cabinets libéraux, mais aussi centres de santé, municipaux ou associatifs, maisons de santé pluri-professionnelles, etc. Le volontarisme de certaines communes populaires montre ainsi l’importance des politiques locales de santé. À partir de l’enquête que nous avons menée localement de 2013 à 2016, notre présentation portera sur l’offre de soins à Saint-Denis, l’investissement des professionnel.le.s du secteur et la participation des usagers aux enjeux locaux de santé.
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Les nouveaux équilibres du monde : quelle présence chinoise en Afrique ? | Thierry Pairault
Conférence donnée par Thierry Pairault (CNRS - EHESS) le 17 décembre 2019 dans le cadre du Cycle 2018-2019 des Conférences Campus Condorcet : « Vivre l'espace : le global et le local » Lamido Sanusi – gouverneur de la banque centrale du Nigéria – incitait les pays africains à prendre leur développement en main et les exhortait à mettre la Chine au service de leur stratégie de développement. La présence chinoise est surtout manifeste dans le secteur de la construction (prestation de services), de la prospection pétrolière et minière (investissement) mais aussi et surtout dans l’importation de marchandises (véhicules routiers, textiles). En d’autres termes, les entreprises chinoises participent peu à la production matérielle sur le continent. Par suite, cette présence en Afrique est qualitativement très différente de celle des entreprises occidentales en Chine à l’origine du « miracle » chinois. Il ne suffit pas que les gouvernements africains instrumentalisent les entreprises chinoises, encore faut-il que leur participation s’insère dans une stratégie intelligible de développement qui prenne en compte le coût réel des investissements. Alors – et seulement alors –, on pourra se demander si la Chine est effectivement une opportunité et si son soutien financier aux entreprises chinoises contribuera au développement de l’Afrique.
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Peut-on faire l'histoire de tout ? | Jean-Frédéric Schaub
Conférence donnée par Jean-Frédéric Schaub (EHESS) le 17 décembre 2019 dans le cadre du Cycle 2018-2019 des Conférences Campus Condorcet : « Vivre l'espace : le global et le local » Les historiens affrontent l’inégalité de nos capacités de compréhension des sociétés du passé. L’inégalité dérive du rapport entre sociétés européennes et sociétés colonisées dont les discours, les images, les normes, les croyances obéissent à des styles, à des cadres, à des langages qui sont compréhensibles mais pas identiques à ceux des Européens. Elle dérive également de l’inégalité des facultés d’expression et de l’accès aux supports matériels de conservation et de communication de la parole et de la pensée, entre les groupes et les classes qui composent les sociétés européennes depuis le Moyen Âge. La différence dans la capacité à se faire entendre n’est pas seulement une réalité de l’iniquité coloniale, elle demeure l’expérience ordinaire de l’inégalité sociale, avant et après toute expansion territoriale, impériale ou coloniale. En fin de compte, le travail critique des historiens, dès qu’ils quittent le sentier bien tracé de l’exaltation nationale, dès qu’ils perçoivent la présence écrasante de l’absent dans le discours des dominants, consiste à vivre de cette asymétrie, à vivre avec elle.
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Manières amazoniennes d'habiter la forêt | Anne-Christine Taylor
Conférence donnée par Anne-Christine Taylor (CNRS) le 15 octobre 2019 dans le cadre du Cycle 2018-2019 des Conférences Campus Condorcet : « Vivre l'espace : le global et le local » Des recherches récentes montrent que la forêt amazonienne, réputée vierge, faiblement peuplée et hostile au développement de sociétés complexes, est en réalité le produit d’un procès de néolithisation d’origine très ancienne fondée sur l’invention de techniques sophistiquées d’aménagement de l’écosystème et de gestion des ressources forestières. En examinant comment des groupes amérindiens d’Amazonie vivent et imaginent l’espace forestier qu’ils habitent aujourd’hui, les formes de vie qu’ils y ont développées, les manières dont ils se le représentent et s’y repèrent, enfin les formes d’histoire qu’ils y inscrivent, on tentera d’appréhender ce qui est en jeu dans ces techniques d’usage de l’environnement rétives.
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Le Grand Paris Express : entre métropole et territoire | Francis Beaucire
Conférence donnée par Francis Beaucire (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) le 17 septembre 2019 dans le cadre du Cycle 2018-2019 des Conférences Campus Condorcet : « Vivre l'espace : le global et le local » La géographie d’une région métropolitaine n’est jamais homogène. Elle est composée d’une mosaïque de territoires interdépendants, qui s’assemblent pour produire des richesses et offrir à leurs habitants des ressources variées et abondantes, comme les emplois et les services. Encore faut-il pouvoir accéder à ces ressources, tantôt proches, tantôt éloignées, d’où l’importance des moyens de transport. Une de leurs principales fonctions est de réduire les inégalités de ressources entre les territoires par la mobilité. Mais dans une vaste région métropolitaine, les réseaux de transport et les espaces publics eux-mêmes doivent offrir des solutions de déplacement aussi bien à grande distance qu’en proximité. Le réseau du Grand Paris Express offre-t-il une bonne réponse à ce double défi ? Compte tenu, de plus, de la durée de réalisation de ce magistral chantier…
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La fin du capitalisme ? | Thomas Piketty
Conférence donnée par Thomas Piketty (EHESS) le 11 juin 2018 dans le cadre du Cycle 2017-2018 des Conférences Campus Condorcet : « Un monde fini ? Environnement, croissance et croyances » Dans cette conférence, Thomas Piketty s’interroge sur la signification d’une possible « fin du capitalisme », ou plus précisément sur le type de transformation des rapports de propriété – ou de retour à des formes de rapports antérieurs – que sous-tendent les évolutions en cours. Pour cela, il remet dans une perspective longue l’histoire des différentes formes de possession et de structures inégalitaires. Dans le prolongement des réflexions engagées dans son ouvrage « Le capital au XXIe siècle », il s’interroge en particulier sur la signification de tendances récentes telles que la remontée de la concentration des patrimoines et des revenus, l’interpénétration des détentions financières entre pays, la progression de la propriété immatérielle ou encore le développement de nouveaux propriétaires à but non lucratif.
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Filmer la fin du monde, des origines du cinéma à la télévision | Myriam Tsikounas
Conférence donnée par Myriam Tsikounas (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) le 14 mai 2018 dans le cadre du Cycle 2017-2018 des Conférences Campus Condorcet : « Un monde fini ? Environnement, croissance et croyances » À l’évocation de la fin du monde au cinéma, ce sont des images de blockbusters américains et japonais qui nous assaillent, bien avant toutes réalisations françaises. C’est cette vingtaine de films, pour la plupart oubliés, échelonnés entre 1924 (La Cité foudroyée, Luitz-Morat) et 2011 (Melancholia, Lars von Trier), qui seront évoqués ici. Nous nous interrogerons sur les conditions de création de ces oeuvres, leurs filiations et contraintes budgétaires, qui ont obligé les auteurs à expérimenter des dispositifs ingénieux pour rendre crédibles, malgré l’absence d’effets spéciaux, la destruction de la planète et son éventuelle réorganisation. Nous observerons ensuite la manière dont ces récits ont évolué selon les connaissances, les enjeux, les inquiétudes des sociétés successives ; comment, selon les époques, les cinéastes ont présenté la planète, imaginé les causes de la catastrophe et la réaction des humains à celle-ci. Nous dégagerons enfin les principaux invariants de ce corpus : caractéristiques comparables des héros vivant à l’écran leurs derniers instants, impossibilité des réalisateurs à faire évoluer leurs personnages à la surface terrestre et dans le présent du futur, à leur conserver leur intégrité corporelle et sensorielle.
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Anthropocène, quand l'histoire humaine rencontre celle de la Terre | Jean-Baptiste Fressoz
Conférence donnée par Jean-Baptiste Fressoz (CNRS) le 9 avril 2018 dans le cadre du Cycle 2017-2018 des Conférences Campus Condorcet : « Un monde fini ? Environnement, croissance et croyances » Les scientifiques nous l’annoncent, la Terre est entrée dans une nouvelle époque : l’Anthropocène. Ce qui nous arrive n’est pas une crise environnementale, c’est une révolution géologique d’origine humaine. Depuis la révolution industrielle, notre planète a basculé vers un état inédit. Les traces de notre âge urbain, consumériste, chimique et nucléaire resteront des milliers voire des millions d’années dans les archives géologiques de la planète et soumettront les sociétés humaines à des difficultés considérables. Faisant dialoguer science et histoire, cette conférence vise à donner une réponse historique à une question simple : comment en sommes-nous arrivés là ?
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Fin du monde, effondrement de sociétés : peurs et résilience | Serban Ionescu
Conférence donnée par Serban Ionescu (Université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis) le 12 mars 2018 dans le cadre du Cycle 2017-2018 des Conférences Campus Condorcet : « Un monde fini ? Environnement, croissance et croyances » Depuis les temps les plus reculés de l’histoire, la fin du monde a toujours hanté l’imaginaire des humains, ce thème étant aussi ancien que la peur de mourir. La disparition de l’humanité, telle qu’annoncée pour le 21 décembre 2012 dans « Le Facteur Maya », constituerait selon Luc Mary la 183e prédiction de ce genre… Face à la fréquence de cette annonce et à ses conséquences, les chercheurs ont tenté d’avancer des explications : catharsis pour les angoisses quotidiennes, toujours plus grandes dans le monde actuel ? Expression de pathologies collectives ? Stratégie de manipulation et d’emprise sectaire pour des personnes vulnérables ? La diversité des hypothèses avancées concernant l’effondrement des sociétés et la fin du monde témoigne de la complexité de ce type de peur et souligne la nécessité d’envisager des interventions permettant de renforcer les processus de résilience individuelle et collective.
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La fin de l'Empire soviétique était-elle Inévitable ? | Marie-Pierre Rey
Conférence donnée par Marie-Pierre Rey (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne) le 12 février 2018 dans le cadre du Cycle 2017-2018 des Conférences Campus Condorcet : « Un monde fini ? Environnement, croissance et croyances » En décembre 1991, un peu plus de cinq ans après l’avènement de la Perestroïka gorbatchévienne qui s’était donné pour objet de la réformer en profondeur, l’Union soviétique implosait, entraînant avec elle, non seulement l’écroulement de la plupart de ses institutions mais également la disparition d’un univers mental qui participait de la légitimité du pays et en assurait la cohésion sociale. Sur le plan extérieur, les changements furent tout aussi rapides : désormais privé des références idéologiques qui avaient contribué à son expansion, contraint de renoncer au glacis est-européen et au réseau d’États clients du Tiers Monde qui lui avaient conféré une grande partie de sa puissance, le nouvel État russe se retrouva en quelques mois affaibli dans ses capacités d’influence, en proie à une profonde crise identitaire et exposé par ses nouvelles frontières à des voisins instables. Cette disparition dont les conséquences allaient être cruciales tant pour le pays lui-même que pour l’équilibre géopolitique mondial, était-elle inévitable et comment l’expliquer ? C’est à ces questions que l’on s’efforcera de répondre en s’appuyant sur les nombreuses sources aujourd’hui disponibles.
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Apocalypse et millénarisme dans l'histoire européenne | Jean-Claude Schmitt
Conférence donnée Jean-Claude Schmitt (EHESS) le 15 janvier 2018 dans le cadre du Cycle 2017-2018 des Conférences Campus Condorcet : « Un monde fini ? Environnement, croissance et croyances » Apocalypse, eschatologie, messianisme, millénarisme : pour comprendre ces mots toujours actuels, il faut remonter à leur source. Parmi les nombreuses révélations visionnaires qui fleurissent dans les milieux judéo-chrétiens entre le IIe siècle av. J.-C. et le premier siècle de notre ère, l’Apocalypse attribuée à Jean l’Évangéliste a joui d’un succès considérable qui ne s’est jamais démenti dans la tradition chrétienne depuis l’Antiquité tardive jusqu’au XVIIIe siècle au moins. En commentant ce texte et en le mettant en images, des générations de croyants ont spéculé sur la prédiction d’un retour sur terre du Messie (Parousie) à une date incertaine et ont vécu dans l’espérance d’un règne de paix de mille ans (millénium) précédant le Jugement dernier. Les interprétations divergentes quant à la date et à la nature du millénium ont donné lieu dès l’Antiquité tardive à des polémiques et à de nombreuses condamnations pour hérésie, mais ont encouragé aussi jusqu’à notre époque une prodigieuse inventivité théologique, imaginaire et même scientifique.
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Expériences et imaginaires de la fin du monde au XXe siècle | Giordana Charuty
Conférence donnée par Giordana Charuty (EPHE) le 18 décembre 2017 dans le cadre du Cycle 2017-2018 des Conférences Campus Condorcet : « Un monde fini ? Environnement, croissance et croyances » Au début des années 1960, l’anthropologue italien Ernesto De Martino entreprend une vaste enquête comparative sur les ressources culturelles offertes par plusieurs imaginaires de la fin du monde ou de la fin de l’Histoire : celui du christianisme primitif, celui des mobilisations millénaristes du Tiers Monde, celui du mouvement communiste international, celui de la modernité artistique et littéraire. Une définition de la culture comme ce qui préserve de la folie – entendue comme perte du rapport à soi et au monde – est au cœur de cette entreprise, qui fait suite à dix ans d’enquêtes ethnographiques dans l’Italie du Sud pour comprendre la rémanence de savoirs culturels, disqualifiés sous le nom de magie, destinés à prendre en charge des crises de l’existence individuelle. Mais la mélancolie de l’Occident aux prises avec des mondes finissants et une « transcendance vide », dont témoigne la littérature moderne, peut aussi accueillir des expériences existentielles qui renouvellent le vénérable genre littéraire désigné par le terme « apocalypse », pour relancer le temps en acclimatant de nombreux thèmes que l’on retrouve, aujourd’hui, au cœur de nos cultures populaires contemporaines.
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7 milliards et demi d'humains en 2017... et combien demain ? | Gilles Pison
Conférence de Gilles Pison (Ined - MNHN) donnée le 16 octobre 2017 dans le cadre du Cycle 2017-2018 des Conférences Campus Condorcet : « Un monde fini ? Environnement, croissance et croyances » Sept milliards et demi d’humains en 2017… et combien demain ? Pendant des milliers d’années, l’homme a été une espèce rare dont le nombre augmentait lentement. Vers 1800 cependant, la population s’est mise à croître rapidement, d’abord dans les pays riches puis, à partir du XXe siècle, dans les pays pauvres. Cette période unique dans l’histoire de l’humanité devrait se terminer d’ici la fin de ce siècle ou au cours du XXIIe siècle. Quelles ont été les raisons de cette formidable croissance démographique ? Va-t-elle se poursuivre ? Comment s’explique la stabilisation annoncée ? À quoi ressemblera la population mondiale demain ?
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Un monde fini : le développement économique face à la crise environnementale | Dominique Pestre
Conférence donnée par Dominique Pestre (EHESS) le 18 septembre 2017 dans le cadre du Cycle 2017-2018 des Conférences Campus Condorcet : « Un monde fini ? Environnement, croissance et croyances » La question environnementale devient centrale dans les années 1960. Elle est popularisée par des lanceurs d’alerte scientifiques et de nouvelles ONG. Les hommes politiques se saisissent de la question vers 1970 et agences et ministères sont créés. Les économistes sont placés en position de responsabilité et est énoncé le principe qu’il n’y a pas d’opposition entre croissance économique et protection de l’environnement. Vingt ans plus tard, du fait de la globalisation et de l’explosion des productions, la destruction des environnements paraît incontrôlable. Les grandes entreprises déclarent changer d’attitude et se mettre au coeur de la défense de l’environnement via un nouveau management et la mise en place d’audits. Une part d’entre elles, soutenues par les Républicains aux États-Unis, se lancent toutefois dans le climato-scepticisme et dénient l’urgence d’agir. Cette conférence entend décrire la variété des solutions proposées, mais aussi leur piètre efficacité comme les raisons permettant d’en rendre compte. Au cœur sont le refus de considérer la question des limites de Gaïa, l’autonomie des mondes économiques globaux et la marginalisation du politique.
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La diaspora juive. Histoire et interprétations | Maurine Kriegel
Conférence donnée par Maurice Kriegel (EHESS) le 12 juin 2017 dans le cadre du Cycle 2016-2017 des Conférences Campus Condorcet : « Mobilité et migrations dans le monde et dans l’histoire » La conférence se fixera un double objectif. D’abord, présenter l’histoire de l’éclatement diasporique : en remontant à ses origines, dès l’effondrement des royaumes d’Israël et de Juda aux temps bibliques ; en mesurant l’impact exact de la destruction du Temple de Jérusalem en l’an 70 sur la formation durable du fait diasporique ; en insistant, du point de vue des réimplantations géographiques, sur les principales scansions de cette longue histoire des diasporas. Ensuite, décrire l’univers de représentations liées à la dispersion - ses invariants comme ses renouvellements : binôme « exil et rédemption » ; explications théologiques de « l’exil », dans leur diversité ; discours concurrents nés lors des deux derniers siècles, à la suite de « l’émancipation » et de l’accession des juifs à la citoyenneté, selon les différents courants religieux — orthodoxie, ultra-orthodoxie, judaïsme libéral — et le sionisme.
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Des grandes invasions aux migrations des peuples: histoire et usages idéologiques | G Bührer-Thierry
Conférence donnée par Geneviève Bührer-Thierry (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) le 15 mai 2017 dans le cadre du Cycle 2016-2017 des Conférences Campus Condorcet : « Mobilité et migrations dans le monde et dans l’histoire » L’image de la fin d’un empire romain décadent submergé par des hordes de barbares aux mœurs complètement différentes a été forgée au XVIIIe siècle, mais reste, aujourd’hui encore, très prégnante. Même si tous les historiens ne s’accordent pas sur toutes les questions soulevées par cette évolution, la remise en perspective des « grandes invasions » a permis de montrer toute la charge idéologique attachée à cette notion. L’objet de cette conférence sera de montrer comment s’est construite l’image des « grandes invasions », d’étudier les usages idéologiques qui en ont été faits notamment au XIXe siècle et d’évoquer les nouvelles interprétations de ce phénomène : on insiste désormais sur la lente construction d’une société « romano-barbare » au sein de laquelle les « Barbares » se sont progressivement acclimatés au monde romain sans le subvertir.
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Vers une explosion des migrations climatiques | Jacques Véron
Conférence donnée par Jacques Véron (Ined) le 24 avril 2017 dans le cadre du Cycle 2016-2017 des Conférences Campus Condorcet : « Mobilité et migrations dans le monde et dans l’histoire » Une des conséquences majeures attendues du changement climatique est la montée du niveau de la mer, qui condamnera des populations de régions côtières ou d’îles sans relief à une migration forcée et définitive. Ces migrants quittant leur lieu de vie pour une raison liée au climat sont fréquemment qualifiés de « réfugiés climatiques », même si cette expression ne semble pas appropriée. Si le changement climatique se traduit aussi par des événements extrêmes plus fréquents, les déplacements de populations seront dans l’avenir de plus en plus nombreux, mais tout déplacement n’est pas une véritable migration. Les populations peuvent également adopter d’autres stratégies qu’une migration définitive en cas d’inondation ou de sécheresse de grande ampleur par exemple. Dans ces conditions, va-t-on vers une explosion des migrations climatiques ou plutôt vers d’innombrables déplacements, à une échelle souvent locale ?
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Quelle place pour mes mémoires mes migrations à La Plaine Saint-Denis | Evelyne Ribert
Conférence donnée par Evelyne Ribert (CNRS) le 20 mars 2017 dans le cadre du Cycle 2016-2017 des Conférences Campus Condorcet : « Mobilité et migrations dans le monde et dans l’histoire » Au cours des XIXe et XXe siècles, de nombreux immigrés se sont installés à la Plaine Saint-Denis. Alors que les initiatives visant à conserver et à valoriser les mémoires des migrations se multiplient en France, quelle place leur est accordée aujourd’hui dans ce quartier en pleine transformation sous l’effet de la rénovation urbaine ? Cette conférence prendra pour exemple le cas du secteur Cristino-Garcia-Landy, dénommé « la petite Espagne ». À partir de l’analyse des actions mémorielles menées d’un côté par la FACEEF, fédération d’associations espagnoles, de l’autre par la maison de quartier du Landy autour de la mémoire du quartier avec la réalisation d’une fresque et d’un livre, il s’agira de s’interroger sur les enjeux et les effets de ces initiatives. Quelles mémoires des migrations sont mises en avant ? Quels usages en font les pouvoirs politiques locaux ? Ces mémoires sont-elles vraiment valorisées ou sont-elles instrumentalisées dans le cadre de la rénovation urbaine ? Constituent-elles enfin une réelle reconnaissance d’une mémoire migratoire ou la simple célébration de l’intégration locale ? Des comparaisons seront effectuées avec des initiatives analogues menées dans d’autres villes et régions.
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L'hospitalité dans la langue de l'autre ou ce que peut la littérature | Mireille Calle-Gruber
Conférence donnée par Mireille Calle-Gruber(Université Paris 3 Sorbonne-Nouvelle) le 20 février 2017 dans le cadre du Cycle 2016-2017 des Conférences Campus Condorcet : « Mobilité et migrations dans le monde et dans l’histoire » « Un acte d’hospitalité ne peut être que poétique », déclarait le philosophe Jacques Derrida. En faisant de la littérature un acte d’hospitalité, les écrivains francophones du Maghreb — ainsi Assia Djebar, Abdelkebir Khatibi — ou liés au Maghreb et parfois même nés en France ou d’une génération plus jeune — ainsi Nina Bouraoui —, ont donné à la création littéraire ses lettres de noblesse à la fois poétiques et politiques. À partir de 1950, l’écriture dans la langue de l’ex-colonisateur travaillant à la croisée des langues et inventant des formes hybridées, donne naissance à des œuvres fortes et singulières qui retraversent l’histoire douloureuse, le passif colonial et le ressentiment. Elles se confrontent à la mémoire collective et aux récits biographiques, posent la question de la prise de parole des femmes, voire des féminismes, et appellent à la nécessité de prendre en compte l’inscription du genre et des différences sexuelles dans la littérature.
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Musulmans ordinaires d'Europe | Nilüfer Göle
Conférence donnée par Nilüfer Göle (EHESS) le 16 janvier 2017 dans le cadre du Cycle 2016-2017 des Conférences Campus Condorcet : « Mobilité et migrations dans le monde et dans l’histoire » La figure du migrant musulman en Europe est un sujet problématique, pris entre le djihadisme, l’échec d’intégration et l’incompatibilité des valeurs. Depuis les années 1980, indépendamment des différences nationales entre les modèles politiques d’intégration des migrants, notamment le modèle républicain et le multiculturalisme, l’islam pose problème et déclenche une série de controverses autour des signes du religieux. Ces débats attestent la présence des musulmans dans la vie quotidienne en Europe, leur intégration en cours et leur désir de participation aux affaires de la cité. Qui sont ces musulmans au quotidien ? Comment vivent-ils les tensions entre leur visibilité islamique et leur citoyenneté ? C’est en interrogeant le processus en cours de transformation des migrants en musulmans « ordinaires », que nous examinerons le domaine de la contestation culturelle, des normes qui divisent, et débattrons des possibilités d’émergence d’une nouvelle culture publique en Europe.
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Le modèle d'intégration et la France multiculturelle | Patrick Simon
Conférence donnée par Patrick Simon (Ined) le 12 décembre 2016 dans le cadre du Cycle 2016-2017 des Conférences Campus Condorcet : « Mobilité et migrations dans le monde et dans l’histoire » Il est banal d’affirmer en 2016 que la France est une société multiculturelle, c’est-à-dire que l’ampleur de la diversité ethnique et sociale de sa population transforme le cadre de société aux niveaux interpersonnels, institutionnels et nationaux. La plupart des débats politiques et de société de ces trente dernières années sont marqués par cette dimension. Non seulement la « question de l’immigration » s’est imposée au cœur de l’agenda politique, mais la diversité croissante de la population suscite des tensions autour de l’adaptation de la société française. L’actualisation du modèle politique et des représentations collectives, ce que l’on appelle l’identité nationale, est en jeu. Une société multiculturelle donc, mais qui en partie s’ignore, ou pour le dire autrement, où le pluralisme des références et pratiques culturelles font l’objet de négociations conflictuelles. Il peut sembler paradoxal que la question multiculturelle puisse susciter tant de débats et de conflits dans un pays où l’immigration est une donnée démographique et politique majeure depuis la fondation de la IIIe République en 1871. À l’aune de ce siècle et demi d’expérimentation de la diversité, la crise permanente que traverse le modèle d’intégration depuis 30 ans est difficile à décrypter. La présentation se propose d’évaluer le modèle d’intégration à partir des résultats de l’enquête Trajectoires et Origines réalisée en 2008-2009 par l’Ined et l’Insee, en apportant quelques développements à propos de la Seine-Saint-Denis, véritable laboratoire où se reconfigure la synthèse multiculturelle.
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Politiques migratoires et droits de L'homme : une conciliation impossible | Danièle Lochak
Conférence donnée par Danièle Lochack (CNRS) le 28 novembre 2016 dans le cadre du Cycle 2016-2017 des Conférences Campus Condorcet : « Mobilité et migrations dans le monde et dans l’histoire » Peut-on concilier les impératifs auxquels obéissent aujourd’hui les politiques migratoires et les modalités de leur mise en œuvre avec le respect des droits de l’homme ? La question renvoie à une interrogation classique du droit international, qui prend aujourd’hui une intensité et une actualité particulières : jusqu’à quel point les États peuvent-ils invoquer leurs prérogatives souveraines pour faire obstacle à la libre circulation des personnes et entraver ainsi l’exercice d’une série de droits fondamentaux ? On se trouve ici face à un paradoxe : alors même que, tirant les conséquences du caractère universel des droits de l’homme, on a fini par admettre que leur jouissance devait être assurée sans considération de nationalité, les impératifs de la maîtrise des flux migratoires conduisent non seulement à justifier des restrictions croissantes aux droits fondamentaux des étrangers, mais à accepter le risque de violations caractérisées de ces droits.
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Migrations de dissidents religieux sous Louis XIV: exils et asiles des huguenots en Europe | H. Bost
Conférence donnée par Hubert Bost (EPHE) le 17 octobre 2016 dans le cadre du Cycle 2016-2017 des Conférences Campus Condorcet : « Mobilité et migrations dans le monde et dans l’histoire » La révocation de l’édit de Nantes (1685) interdit le protestantisme en France, mais Louis XIV y prohibe aussi à tous ses sujets désormais « nouveaux catholiques » de quitter le royaume. Refusant de renoncer à leurs convictions religieuses, quelque 150 000 huguenots s’exilent pourtant à cette époque vers les pays protestants - Angleterre, Provinces-Unies, Suisse, Allemagne – qui les accueillent avec plus ou moins d’enthousiasme. Ce déplacement de population vers le «Refuge huguenot», avec les transferts technologiques qui l’accompagnent, les débats politico-philosophiques qu’il suscite, le rôle qu’il joue dans l’histoire médiatique et dans la naissance de l’« opinion publique », constitue un phénomène historique complexe, qui influera profondément sur la définition des « Lumières » en Europe.
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L'immigration en débat : un dialogue de sourds | François Héran
Conférence donnée par François Héran (Ined) le 19 septembre 2016 dans le cadre du Cycle 2016-2017 des Conférences Campus Condorcet : « Mobilité et migrations dans le monde et dans l’histoire » L’immigration est devenue un objet central du débat public, en France comme ailleurs. On parle régulièrement de « dépassionner » la question, mais la controverse n’épargne pas les méthodes réputées objectives, comme la démographie ou le fact-checking. On reviendra ici sur les argumentaires les plus utilisés pour ou contre l’immigration. Arguments sécuritaires ou humanitaires, utilitaristes ou déontologiques, souverainistes ou mondialistes. Modèle de l’« assimilation » opposé au modèle de l’« intégration ». Peur de la perte d’identité et du « grand remplacement » ou, inversement, célébration des bienfaits de la « diversité ». Accusations mutuelles de cynisme et d’angélisme… Que valent ces arguments ? Pourquoi est-il si difficile de les confronter aux faits ? Est-il vain d’espérer que le débat démocratique sur l’immigration puisse échapper un jour au dialogue de sourds dans lequel il est actuellement enfermé ?
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Le chamanisme, fabrique de chance | Roberte Hamayon
Conférence donnée par Roberte Hamayon (EPHE) le 13 juin 2016 dans le cadre du Cycle 2015-2016 des Conférences Campus Condorcet : « Mondes réels, mondes virtuels. Du chamanisme aux réseaux sociaux. » Y a-t-il quelque chose de commun entre tout ce qui est qualifié de chamanique : l’art des chasseurs préhistoriques, les innovations contemporaines (néo-chamanismes occidentaux, chamanismes urbains asiatiques ou américains, « tourisme chamanique ») et le système religieux des Toungouses de Sibérie orientale, d’où vient le terme de chamane ? Chez ce peuple et ses voisins qui vivent de chasse, le chamane est l’acteur principal de ce système. Celui-ci repose sur l’idée que les humains sont une espèce parmi d’autres dans la chaîne alimentaire ; il consiste à établir, avec les esprits des espèces consommées, des relations virtuelles d’alliance et d’échange pour rendre la chasse légitime et profitable. Très pragmatique dans sa construction de réalités virtuelles, il est, dans son principe, compatible avec d’autres systèmes religieux et adaptable à d’autres modes de vie : il vise à « obtenir » des biens qui, comme le gibier, ne peuvent être « produits » (santé, pluie, fécondité, amour, bonheur et toutes les formes de succès) et qui, donc, demandent d’avoir de la « chance » ici et maintenant.
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ABOUT THIS SHOW
Chaque année depuis 2010, le Campus Condorcet donne la parole à des chercheurs issus de toutes les disciplines qui composent les sciences humaines et sociales, pour éclairer les grands enjeux des sociétés contemporaines. Enregistrées à Aubervilliers, dans des lieux d’éducation populaire tels que le théâtre de la Commune, ces conférences se veulent accessibles à tous.« Pourquoi manger : alimentation, manières de table et santé », « Vivre l’espace : le global et le local », « Un monde fini ? Environnement, croissance et croyances », etc., chacun des 12 cycles se concentre sur une thématique, une question, que les intervenants abordent du point de vue de leur domaine de recherche.
HOSTED BY
Campus Condorcet
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