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Survivre et prospérer dans un monde incertain

Podcasts de Philippe Silberzahn sur l‘entrepreneuriat, l‘innovation et la transformation des entreprises dans un monde incertain. Décryptage de l‘actualité, et analyse de cas réels. 1 nouvel épisode chaque lundi matin tiré de sa newsletter. Retrouvez également sa chronique quotidienne sur LinkedIn.

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  1. 50

    Diriger dans la complexité et l’incertitude: la leçon inattendue de Platon

    Le nom de Platon n’est pas habituellement associé à l’incertitude. Que pouvons-nous apprendre de lui sur le sujet? Beaucoup, à condition de regarder le Platon tardif, celui qui a abandonné la pureté des Idées pour la figure… du tisserand. De cette évolution se dégagent trois leçons importantes : la solidité d’une organisation vient du croisement des opposés, son découpage doit suivre ses liens réels, et le motif final échappe toujours en partie à celui qui tisse. Une figure féconde, mais qui a aussi ses limites.

  2. 49

    La tragédie de l’expertise: si l’IA automatise les juniors, qui formera les seniors ?

    L'expertise est la raison d'être de toute profession. Mais en utilisant l'IA pour automatiser les tâches à faible valeur ajoutée par lesquelles ces experts se forment, les entreprises risquent de tarir le vivier dont elles dépendent pour en tirer parti. C'est la tragédie de l'expertise: pour tirer parti de l’IA aujourd’hui, les entreprises risquent de fragiliser leur capacité à l’utiliser correctement demain. C’est un enjeu majeur dont les RH doivent désormais s’emparer.

  3. 48

    Avec le Rhine Group, Mario Draghi veut relancer la croissance européenne. Bonne nouvelle, mauvaise méthode?

    Mario Draghi et Patrick Collison viennent de lancer le Rhine Group pour transformer en actes le diagnostic du rapport Draghi, resté lettre morte depuis deux ans. Leur pari : l'Europe ne manque pas d'idées, elle manque d'un mécanisme pour les rendre politiquement possibles. Mais quand une recommandation est ignorée pendant deux ans, le problème est rarement la mise en œuvre. Il tient plutôt à des modèles mentaux qui rendent l'innovation non pas difficile, mais indésirable. Ce qui manque à l'Europe n'est pas une méthode, c'est l'envie.

  4. 47

    La revanche des œuvres classiques: la leçon du succès de l’Odyssée de Christopher Nolan

    Le triomphe au box-office de l’Odyssée de Christopher Nolan n’allait pas de soi, et il n’est pas une bonne nouvelle que pour le cinéma. Il contredit deux croyances qui ont dominé deux décennies de politique culturelle et éducative : que les œuvres classiques n’auraient plus rien à nous dire, voire qu’elles seraient nocives, et que le public ne voudrait plus d’œuvres complexes. Retour sur un double démenti, et sur ce qu’il nous apprend des modèles mentaux et de leurs conséquences.

  5. 46

    Le modèle mental, machine à prédire : comment Sapiens a inventé l’outil qui convertit l’incertitude en risque

    Nous croyons décrire le monde ; en réalité, nous le prédisons. Chacun de nos jugements – sur un collègue, un client, une organisation – est un pari implicite sur ce qui va se passer. C’est ce mécanisme, inventé par Sapiens pour convertir l’incertitude en risque, qui explique à la fois notre extraordinaire capacité d’action et notre désarroi dans le monde actuel : nos machines à prédire tournent encore, mais elles prédisent de moins en moins bien.

  6. 45

    Le manque de croissance en France n’est pas technique, il est culturel

    La France a un problème de croissance en général, et de ses entreprises en particulier. Si elle crée beaucoup d’entreprises, grâce à une forte énergie entrepreneuriale, celles-ci ne deviennent pas des champions: aucune PME n’est passée au rang de grande entreprise cotée en vingt-cinq ans. Les explications habituelles, investissement insuffisant, marché fragmenté, cachent l’essentiel : un modèle mental hostile à la croissance, dont les coûts, perte de souveraineté et appauvrissement, sont diffus mais réels. Or dans un monde en mouvement, la croissance n’est pas un luxe mais une nécessité si nous voulons conserver notre niveau de vie et notre modèle social. Il devient donc urgent de revoir notre modèle.

  7. 44

    Monopole et souveraineté: les deux leçons de la banalisation des modèles d’IA

    La course à la puissance des modèles d’intelligence artificielle repose sur une idée simple: être à la « frontière » de la technologie est la source d’un avantage concurrentiel durable. La théorie de l’innovation de rupture suggère l’inverse. Dès que la performance dépasse les besoins, elle cesse d’être valorisée; l’offre se banalise et la valeur se déplace. Une dynamique qui éclaire aussi le débat sur la souveraineté.

  8. 43

    L’encyclique et la république technologique: L’intelligence artificielle prise entre deux clergés

    Toute technologie révolutionnaire transforme la société parce qu’elle redistribue le pouvoir. C’est pour cela qu’on l’appelle « révolutionnaire ». Cette transformation inquiète les pouvoirs en place, qu’ils soient spirituels, industriels ou politiques. Il en va bien évidemment de même pour l’intelligence artificielle. Deux textes parus à quelques semaines d’intervalle, l’encyclique Magnifica humanitas de Léon XIV et le manifeste de Palantir, prétendent dire ce que l’humanité doit en faire. L’un veut la désarmer, l’autre l’enrôler. Tout les oppose, sauf l’essentiel : le refus de laisser cette technique aux mains des gens ordinaires.

  9. 42

    Musk, SpaceX et Fable 5: la leçon entrepreneuriale pour l’Europe

    On peut juger un homme sur ses travers, ou une œuvre sur ce qu’elle rend possible. Les deux exercices sont légitimes, mais on les confond rarement avec autant de constance que lorsqu’il s’agit d’un entrepreneur comme Elon Musk. La spectaculaire introduction en bourse de SpaceX, son entreprise, en offre une nouvelle occasion: très largement commentée, elle nous en dit moins sur Musk que sur la manière dont l’Europe regarde ceux qui créent, et sur ce que cette manière de regarder finit par lui coûter.

  10. 41

    La république technologique de Palantir: Le projet illibéral de la Silicon Valley

    Partis de leur garage et parvenus à créer de très grandes entreprises, certains entrepreneurs se piquent de faire de la politique. Le phénomène n’est pas nouveau, mais il appelle à chaque fois la prudence. Certains achètent des journaux, d’autres écrivent des livres. Celui d’Alexander Karp, La République technologique, fait grand bruit. Karp est le fondateur de Palantir, société qui produit des logiciels de surveillance militaire, et il en a récemment tiré un manifeste. Le lire et le comprendre importe à un double titre : parce que la technologie occupe une place croissante dans nos sociétés, et parce que certains de ses producteurs dans la Silicon Valley, à l’instar de Karp, prennent des positions radicales dans un projet illibéral. Décryptage.

  11. 40

    Edgar Morin, ou la dernière tragédie de l’intellectuel à la française

    La France n’adore rien autant que ses intellectuels, et elle leur pardonne tout. Même leurs errements les plus sordides, leurs erreurs les plus catastrophiques, et leurs idées farfelues, voire leur absence d’idée. Seul importe qu’ils aient été du bon côté de l’histoire. Edgar Morin en était la parfaite illustration.

  12. 39

    Augmentation ou substitution: comment anticiper l’impact de l’IA sur le travail?

    « 50% de tous les emplois dans le secteur technologique, ainsi que les postes de juristes débutants, de consultants et de professionnels de la finance, disparaîtront complètement d’ici un à cinq ans. » C’est ce que déclarait récemment Dario Amodei, PDG d’Anthropic, éditeur de l’outil IA Claude. Ce type de prédiction est désormais assez courant, et toujours certain de faire son effet tant la peur fait vendre, mais il n’en est pas exact pour autant. Pour anticiper l’impact de l’IA sur le travail, ou mieux encore être un acteur intelligent de cet impact, il faut se garder de déclarations péremptoires et plonger plutôt dans le détail du travail lui-même.

  13. 38

    Profit ? Superprofit? TotalEnergies et la leçon oubliée des économistes Knight et Demsetz

    En ces temps de forte augmentation des prix de l’énergie, les profits d’entreprises du secteur font polémique. C’est en particulier vrai pour TotalEnergies. Chaque fois qu’elle publie ses résultats, le même scénario se rejoue. Les bénéfices sont qualifiés de « super-profits », le terme circule sans être interrogé, et la conclusion s’impose d’elle-même : il faut les taxer. Le raisonnement paraît évident. Il repose pourtant sur une compréhension contestable de ce qu’est, économiquement, le profit. Deux économistes peu connus, Frank Knight en 1921 et Harold Demsetz en 1973, ont proposé des explications qui méritent d’être relues à la lumière du débat actuel.

  14. 37

    L’entrepreneur et les ingénieurs, ou comment 1+1 devient 1.000

    En vingt ans, SpaceX a révolutionné l’industrie spatiale. Pourtant, à sa création en 2002, son fondateur Elon Musk ne disposait ni de la meilleure technologie, ni des ingénieurs les plus expérimentés du secteur. Ceux-ci travaillaient chez Boeing et Lockheed Martin, héritiers de soixante ans d’expertise depuis Mercury et Apollo. Mais cette expertise s’exerçait à l’intérieur d’un cadre de pensée si intériorisé qu’il était devenu invisible : une fusée est à usage unique, un lancement coûte des centaines de millions, et c’est normal. Musk, lui, a posé une question apparemment naïve : pourquoi une fusée ne serait-elle pas réutilisable, comme un avion ? Sa réussite éclatante montre que dans l’innovation de rupture, le facteur qui fait la différence n’est pas la ressource technique, mais le modèle mental. On touche-là à l’essence même de l’entrepreneuriat.

  15. 36

    IA, rupture et automatisation: le monde académique est-il le prochain Kodak ?

    L’arrivée des grands modèles de langage est généralement présentée, dans le débat public, comme un sujet pour les programmeurs, les juristes ou les comptables. On parle peu de ses effets sur les producteurs de savoir eux-mêmes, c’est-à-dire sur ceux dont le métier consiste, depuis des siècles, à lire, à synthétiser, à conceptualiser et à transmettre. Pourtant, la rupture est profonde. Le monde académique vit en ce moment sa propre crise ‘Kodak’, mais ne semble pas en avoir conscience.

  16. 35

    La standardisation, secret bien caché de la révolution industrielle

    Lorsqu’on parle de révolution industrielle, des noms comme James Watt, George Stephenson, Joseph-Marie Jacquard ou Henry Ford viennent immédiatement à l’esprit. On les voit comme de grands inventeurs. Mais leur véritable invention est avant tout de porter un regard neuf sur un vieux sujet, souvent banal et mineur en apparence. A cette liste prestigieuse, il faut ajouter quelqu’un de beaucoup moins connu, le Lieutenant Général Jean-Baptiste Vaquette de Gribeauval. Il fut un pionnier de ce qui sera le véritable moteur secret de la révolution: la standardisation. Ses idées appliquées d’abord aux armes à feu seront reprises dans tous les domaines, avec un impact considérable qui résonne encore aujourd’hui.

  17. 34

    Quand la greffe ne prend pas: l’échec de l’activiste innovateur est d’abord social

    Il est très difficile pour un innovateur de faire changer les choses au sein de son organisation. Les raisons sont nombreuses, mais la principale est que beaucoup croient que pour réussir, il faut avoir de bonnes idées et les faire aboutir. Ils sont convaincus que c’est la qualité objective de leur travail qui leur permettra d’être acceptés par le groupe. En réalité, c’est l’inverse. C’est pour ça que l’échec de l’innovateur mandaté pour transformer les choses est d’abord social.

  18. 33

    Innovation de rupture: face à l’élite, miser sur les gueux

    L’histoire est pleine de prédictions malheureuses, mais celle du New York Times qui affirmait en 1903 que le vol humain ne serait pas possible avant un à dix millions d’années reste l’une des plus marquantes. Un cas classique de pessimisme d’une époque incapable d’anticiper le progrès techniques? Pas seulement. L’affaire est autrement plus intéressante… C’est celle d’une élite qui prend son échec pour la démonstration d’une impossibilité face aux gueux qui persistent à essayer, et finissent par réussir.

  19. 32

    Pour changer le monde, travaillez les modèles mentaux, pas les idées

    Il existe une croyance très répandue sur le changement : pour transformer une organisation, une société, ou même une habitude, il faudrait d’abord avoir de bonnes idées. Les bons arguments. Le bon discours. C’est rassurant, parce que c’est simple. C’est aussi, très souvent, pourquoi le changement n’arrive pas. Quelqu’un qui l’avait compris est William Buckley, artisan du renouveau du conservatisme américain dans les années 70-80, et sa biographie est fascinante.

  20. 31

    Et si le premier obstacle au changement était le dirigeant?

    La capacité d’un collectif à surmonter les échecs et les blocages détermine sa survie. Lorsque cette capacité fait défaut, le premier responsable en est souvent le dirigeant lui-même. Combien sont en effet capables, lorsqu’un changement échoue, d’un diagnostic sincère – c’est-à-dire d’un diagnostic qui ne les épargne pas ? Que ce soit en politique ou en entreprise, la façon dont on lit une situation détermine ce qu’on est capable d’en faire. Or cette lecture est rarement neutre : elle reflète des convictions, des angles morts, une certaine idée de là où se situe le problème – en substance les modèles mentaux. Tant que le dirigeant ne s’inclut pas lui-même dans l’équation, il y a peu de chances qu’il trouve les bonnes réponses.

  21. 30

    IA et productivité: la grande leçon de l’industrie textile

    Les progrès très rapides de l’intelligence artificielle devraient logiquement entraîner des gains de productivité significatifs. Pourtant, ce n’est pas toujours le cas. Pourquoi? Parce que la technologie, à elle seule, ne suffit pas. Il n’existe pas de relation directe et linéaire entre utilisation de la technologie et gain de performance. Celle-ci peut même, dans certains cas, nuire à la productivité. Tout dépend de la manière dont elle est intégrée et utilisée. Pour mieux comprendre cet enjeu de l’IA, il est utile de revenir sur un exemple éclairant, celui de l’introduction de métiers à tisser mécaniques au XIXe siècle.

  22. 29

    Le prix de la stabilité: Pourquoi les dirigeants incompétents restent en place

    On suppose généralement que les organisations écartent les dirigeants incompétents et conservent ceux qui font leurs preuves. La réalité est plus complexe. Entre les contraintes opérationnelles, les rapports de force internes et la gestion des perceptions, maintenir un dirigeant incompétent peut, dans certaines circonstances, sembler plus raisonnable que de s’en séparer. C’est ce que révèle l’examen des mécanismes concrets qui président à ces décisions — bien loin du principe de méritocratie qu’on leur prête volontiers.

  23. 28

    De l’incertitude à la performance: le rôle clé des processus

    Incertitude, performance et processus : trois mots employés constamment, rarement ensemble, et presque jamais avec précision. Pourtant leur relation est au cœur de ce qui distingue une organisation qui maîtrise son activité d’une organisation qui improvise. Car un processus n’est pas seulement un outil de standardisation — c’est la façon dont une organisation transforme progressivement la nouveauté en quelque chose de gérable. Comprendre ce mécanisme change la façon dont on pilote une organisation, dont on en diagnostique les faiblesses, et dont on évalue ce qui fonctionne vraiment — et pourquoi.

  24. 27

    Les modèles mentaux, clé de la prochaine étape de l’IA?

    Malgré des résultats spectaculaires, en particulier depuis le choc de ChatGPT en 2022, l’IA se heurte aujourd’hui à une limite structurelle majeure : elle repose sur la corrélation statistique de surface plutôt que sur une compréhension profonde des lois de la réalité. Elle est incapable de véritable raisonnement causal, ce qui provoque des hallucinations logiques et une incapacité à planifier des tâches complexes sur le long terme. Cette absence de structure interne rend l’apprentissage extrêmement inefficace, exigeant des volumes de données colossaux là où un humain n’aurait besoin que de quelques exemples pour comprendre et anticiper une situation nouvelle. Et c’est justement cette idée de ‘structure interne’ qui pourrait permettre la prochaine grande étape de l’IA: l’utilisation de modèles mentaux.

  25. 26

    La vraie leçon de l’Ukraine: en incertitude, la stratégie est une question de modèles

    Rester prisonnier de ses propres façons de voir le monde, même quand elles ne fonctionnent plus : c’est un risque universel, et l’un des plus dangereux en période de changement rapide. La guerre en Ukraine en offre une illustration saisissante. En quelques années, le champ de bataille a été entièrement réinventé : drones omniprésents, information en temps réel, réactions en quelques minutes. Des certitudes militaires solides depuis des décennies se sont révélées obsolètes du jour au lendemain. Dans un monde qui change vite et de façon imprévisible, la capacité à remettre en question ses modèles n’est plus un avantage compétitif : c’est une condition de survie. Cela impose de nouvelles exigences à la réflexion stratégique — pour les états-majors comme pour les organisations.

  26. 25

    Peut-on encore être ambitieux dans un monde incertain?

    Nous vivons dans une époque d’incertitude. Climat, géopolitique, mutations technologiques : l’avenir semble opaque. Face à ce brouillard, beaucoup renoncent à se projeter. Toute ambition semble impossible. Pourquoi viser haut quand tout peut basculer demain ? Cette résignation repose sur un double malentendu : sur ce qu’est l’incertitude et sur ce qu’est l’ambition.

  27. 24

    La fierté française : une formidable source d’énergie

    Il y a, dans l’époque parfois triste que nous vivons, des lueurs d’espoir. L’une d’entre elles est l’enquête menée par la revue Le Grand Continent. Elle s’intitule « La fierté française », et son titre la résume bien: les français, à une très large majorité, quels que soient les âges et les affiliations politiques, sont fiers de leur nationalité et de leur pays. Cette fierté n’est pas seulement une bonne nouvelle. C’est aussi une formidable source d’énergie qui ne demande qu’à être mobilisée.

  28. 23

    Face aux blocages, le changement doit-il être autoritaire?

    L’incapacité de la France à se réformer malgré de multiples crises (éducation, retraites, finances, justice, etc.) exaspère. Elle fait douter de la capacité de notre régime parlementaire à remplir son rôle. Face aux périls internes (cessation de paiement, tensions entre intérêts divergents) et externes (contexte international), certains concluent que seul un régime autoritaire pourrait sortir le pays de l’ornière. Un tel raisonnement n’est pas nouveau. Il a été tenu il y a presque 100 ans de façon convaincante par le juriste allemand Carl Schmitt, mais il a été tragiquement démenti par l’histoire. Compte tenu des enjeux actuels, il n’est pas inutile de le revisiter.

  29. 22

    Innover ou périr: La leçon de Mark Carney pour l’Europe… et la France

    Le monde a changé, mais l’Europe continue de jouer selon les anciens modèles. À Davos, le Premier ministre canadien Mark Carney a rappelé une vérité brutale : sans économie forte, pas de souveraineté possible. Pendant que l’Europe s’affaiblissait volontairement au nom de l’exemplarité, ses concurrents renforçaient leur puissance. Le réveil est douloureux, et le temps presse.

  30. 21

    Résoudre l’incertitude grâce à l’IA, ou l’illusion scientiste du management

    « Avec l’IA, il est désormais plus facile de résoudre l’incertitude » me déclarait récemment avec assurance un dirigeant d’entreprise, arguant qu’avec la masse de données désormais disponible et la capacité presque infinie de l’analyser, le sujet était plus ou moins clos. C’est une croyance très répandue, très ancienne… et très fausse, une illusion scientiste du management qui refuse de mourir. Le lien entre les données et l’incertitude est beaucoup plus complexe. Sans une fine compréhension de ce lien, la prise de décision en incertitude repose sur des modèles erronés, avec des conséquences catastrophiques.

  31. 20

    Quand plus c’est moins: Google, l’IA et le dilemme de l’entreprise intégrée

    La stratégie est le domaine des paradoxes, où ce qui fait votre force peut être aussi une source de faiblesse. C’est notamment le cas de l’intégration: couvrir un large spectre de la chaîne de valeur apporte de nombreux avantages concurrentiels mais génère aussi des conflits aussi bien internes qu’externes. L’entreprise est alors confrontée à des dilemmes où la réussite de certaines activités compromet celle des autres. Un exemple typique de ce dilemme est celui de Google dans l’IA.

  32. 19

    Au-delà du stoïcisme: tracer sa voie en incertitude

    Le stoïcisme est la philosophie des temps difficiles. Il offre des repères clairs : faire la part de ce qui dépend de nous, accepter le reste, garder la tête froide. Cette discipline aide à tenir face à l’incertitude et à l’anxiété. Mais elle montre aussi ses limites. En invitant à l’acceptation et au détachement, ne risque-t-on pas de renoncer trop vite à agir, à transformer, à créer ? Que deviennent alors nos émotions, nos élans, notre capacité à ouvrir de nouvelles voies ? Face à l’incertitude, il est peut-être possible d’adopter une posture différente : ni résignation, ni agitation, mais une manière active et créative de vivre le réel, en partant de ce que nous sommes et de ce que nous pouvons devenir. Une invitation à l’action créative pour tracer sa propre voie plutôt que simplement accepter son destin.

  33. 18

    Florence Nightingale: L'invention d'une profession

    Certains peuvent être fiers d'avoir inventé des produits révolutionnaires, mais combien peuvent se vanter d'avoir inventé une profession et changé la société? C'est le cas de Florence Nightingale. Elle a inventé la profession d'infirmière. Avant elle, il y avait bien sûr un accompagnement des malades, mais, selon le mot charitable d'un commentateur, il était plus question d'œuvrer pour le salut de l'âme du patient que de mobiliser les connaissances de la médecine pour le sauver. Nightingale va tout revoir de fond en comble et changer l'hôpital pour toujours. Elle offre en cela une véritable leçon de management.

  34. 17

    Le prix de la stabilité

    La France vit depuis quelques mois un psychodrame politique dont plus personne ne voit vraiment comment sortir. Celui-ci résulte en grande partie d’une volonté de maintenir la stabilité à tout prix. De condition pour appliquer une politique, celle-ci devient étrangement un objectif en soi. Comme souvent dans les systèmes complexes, toute action produit des effets pervers qui peuvent être plus importants que l’action elle-même. Si en effet les avantages de la stabilité sont évidents – le pays a besoin d’un gouvernement qui fonctionne -, le prix à payer est moins visible. Il est pourtant très important et devient rapidement insupportable.

  35. 16

    Se réinventer dans un monde incertain: Attention aux fausses évidences

    Les multiples ruptures que connaît le monde remettent en cause les grands modèles sur lesquels nous nous sommes appuyés parfois depuis des décennies. Cette remise en cause nous fragilise et crée une incertitude profonde qui nous incite, pour nous réinventer, à nous tourner vers des réponses présentées comme des évidences. C’est un danger car il n’est plus guère d’évidences aujourd’hui et la plupart sont fausses. Ce danger n’existe pas seulement pour les entreprises; il existe aujourd’hui aussi pour nombre de professions particulièrement exposées, comme par exemple les experts comptables.

  36. 15

    Être ou ne pas être: ce que Hamlet nous apprend de la paralysie face à l’incertitude

    La littérature nous en apprend parfois beaucoup plus sur l’âme humaine et sur la gestion des situations difficiles que les meilleurs livres de management. C’est notamment le cas du célèbre monologue « être ou ne pas être » de Hamlet, qui explore le défi de l’incertitude qui peut conduire à la paralysie.

  37. 14

    Le techno-solutionnisme, cet épouvantail qui n’existe pas

    Apparu récemment dans le débat public, le terme “techno-solutionnisme” désigne la tendance à vouloir résoudre les grands problèmes contemporains, notamment environnementaux, par la technologie. L’expression se veut descriptive, mais elle porte en elle une critique implicite : celle d’une confiance jugée excessive dans le progrès technique. En réalité, ce mot soulève lui-même question. En assimilant toute approche technologique à une forme d’illusion ou de fuite en avant, ses utilisateurs dénaturent la technologie et instrumentalisent la crise écologique pour promouvoir une transformation sociale, plutôt que de s’ouvrir à toutes les solutions disponibles.

  38. 13

    Tracer sa voie: Le leadership au défi de l’incertitude

    Dans un monde où les repères habituels vacillent, le leadership traverse une crise profonde. Nous ne sommes plus face à des risques calculables, mais face à une véritable incertitude : une situation où nos modèles mentaux individuels, collectifs et sociétaux sont remis en question. Cette rupture impose de repenser notre conception du leadership. Mais sur quelles bases?

  39. 12

    Mon nouveau livre: Tracer sa voie dans l’incertitude: les 8 règles de votre création ultime

    Je suis heureux de vous présenter aujourd’hui mon nouveau livre, Tracer sa voie dans l’incertitude. Après plusieurs mois de travail, c’est avec une certaine émotion que je le partage avec vous. Ce livre est né d’une question qui me poursuit depuis longtemps : comment agir dans un monde où les certitudes s’effondrent ? Un tel monde est anxiogène. La perte de repères nous fragilise, et nous nous tournons vers l’extérieur pour en trouver de nouveaux. Et si la solution était ailleurs ? Et si, face à l’incertitude, la seule voie solide était celle que nous traçons nous-mêmes, à partir de qui nous sommes vraiment ? C’est l’idée que je défends dans le livre, et que j’essaie de traduire en règles d’action concrètes.

  40. 11

    Faute avouée… la leçon de leadership du cambriolage du Louvre

    La facilité avec laquelle des cambrioleurs ont pu, en plein jour et en plein centre de Paris, voler pour plus de 80 millions de bijoux au musée du Louvre, a choqué le monde entier. Mais le plus choquant est le refus généralisé des autorités d’assumer la responsabilité de ce cambriolage. Ce refus offre une vraie leçon, en creux, de leadership.

  41. 10

    La collaboration, un objectif organisationnel louable, mais qui a un coût!

    Dans un monde de plus en plus complexe, la collaboration est devenue un objectif incontournable. Dirigeants et consultants vantent ses bénéfices : innovation accrue, partage des connaissances, agilité organisationnelle et performance collective optimisée. Pourtant, les efforts parfois très importants pour la développer donnent des résultats décevants. L’impératif de collaborer reste souvent lettre morte : chacun retourne dans son silo. Pourquoi la collaboration, dont l’intérêt est a priori si évident, est-elle si difficile ? Parce qu’elle a un coût important.

  42. 9

    Notre cerveau face à l’incertitude: Les biais cognitifs existent-ils vraiment?

    L’existence de biais cognitifs, définis comme une déviation involontaire dans la pensée logique, est un des résultats les plus ancrés de la psychologie moderne. Elle en a recensé des dizaines. Ces résultats ont contribué à instiller l’idée, désormais communément acceptée, que notre cerveau ne peut pas penser correctement sans être dévié, et que nous ne sommes donc pas des acteurs rationnels. Mais est-ce si sûr? Et si ces « déviations » n’en étaient pas vraiment? Si elles servaient un objectif important pour nous, celui d’agir en incertitude?

  43. 8

    « Les innovations du smartphone sont celles de l’État » Le contresens regrettable de Thomas Porcher sur l’innovation

    Dans une vidéo récente, l’économiste LFI Thomas Porcher déclarait que les entrepreneurs n’inventent rien, prétendant qu’Internet et la téléphonie mobile avaient été inventés par l’État. C’est une affirmation fréquente qui traduit une profonde méconnaissance de l’innovation et de son histoire.

  44. 7

    « Défense de l’inégalité » Pourquoi le discours-choc du président de l’Université d’Austin est important

    Le procès de nos institutions d’enseignement supérieur est désormais ouvert depuis plusieurs années, aussi bien au titre de leur fonctionnement, de leur contribution sociétale décroissante et de leurs dérives éthiques, mais elles ne semblent pas disposées à l’entendre, et encore moins à entreprendre les changements nécessaires. Ce refus de changer, et la poursuite de pratiques désastreuses, ont conduit certains acteurs à conclure qu’elles n’étaient plus réformables, et que le salut résidait désormais dans la création de nouvelles institutions. La plus intéressante d’entre elles est sans doute l’Université d’Austin au Texas, ou UATX. Le récent discours de bienvenue à la nouvelle promotion par son président rappelait les raisons de sa création et les principes sur lesquels elle entendait s’appuyer.

  45. 6

    Face à l’incertitude: Le grand retour de l’intégration verticale

    Qu’est-ce qu’on intègre? Qu’est-ce qu’on sous-traite? La question est aussi ancienne que l’entreprise. Comme souvent, il n’y a jamais de réponse dans l’absolu, seulement des choix avec leurs avantages et leurs inconvénients. Mais le contexte compte aussi. Alors que depuis quarante ans, la réponse à la question était « Intégrons le moins possible et sous-traitons le plus possible », l’incertitude massive qui caractérise désormais le monde rebat les cartes et remet l’intégration verticale au premier plan des priorités.

  46. 5

    Largement ignoré, le rapport Draghi sur la compétitivité européenne reste d’actualité

    Qui se souvient du rapport Draghi? Il y a exactement un an, il sonnait l’alarme sur le déclin dangereux de la compétitivité européenne. Il avait fait beaucoup de bruit à l’époque. Mais depuis? Rien! Il a été rapidement oublié, les politiques étant passé à autre chose. Pourtant, il reste d’actualité et résonne particulièrement dans la France de 2025 confrontée à la crise de la dette. Car si celle-ci résulte d’une dépense excessive, elle s’explique aussi par une capacité déclinante à créer de la richesse.

  47. 4

    Le mensonge, véritable raison de la crise française

    Un collectif ne peut pas survivre lorsqu’il est rongé par le mensonge. Cette observation, faite par le dissident Alexandre Soljenitsyne à propos de l’Union Soviétique des années 70, résonne dans la France de 2025. Car si notre démocratie n’a rien à voir avec les régimes totalitaires, elle partage avec eux une faille inquiétante : l’incapacité collective à regarder en face ses propres difficultés. Depuis des décennies, la France entretient avec sa situation économique un rapport fait de promesses impossibles et de diagnostics complaisants. Ce mensonge, qui traverse tout l’échiquier politique, constitue la véritable raison de la crise de la dette. Plus encore que ses déficits, c’est cette allergie à la vérité qui risque de transformer cette crise en déclin durable.

  48. 3

    Quand le système vacille: la fin du modèle mental de l’ascenseur social et ses conséquences

    L’ascenseur social est en panne, tout le monde en convient. Mais si le vrai problème était plus profond ? Et si c’était la croyance elle-même en cet ascenseur — ce modèle mental fondateur de notre pacte collectif — qui était en train de disparaître ? Quand une société cesse de croire que l’effort peut payer, ce n’est pas seulement une promesse qui n’est plus tenue. C’est tout notre système qui vacille.

  49. 2

    Les diplômés sont-ils la nouvelle génération sacrifiée?

    Parmi les nombreuses ruptures profondes que vit notre époque, l’un des plus importantes est celle de l’enseignement supérieur. Car un monde qui change, c’est aussi un monde de compétences changeantes. Et cela suppose que le monde de l’éducation change aussi, aussi bien dans ce qu’il offre que dans ce que les étudiants demandent. Et c’est là que le bât blesse.

  50. 1

    Performance ou robustesse, une fausse alternative

    Dans un monde gagné par l’envie de décroissance, la performance a mauvaise presse. Elle est suspecte du point de vue moral. On lui préfère la robustesse, synonyme de sobriété et de sécurité dans un monde très incertain et dangereux. Pourtant, comme toutes les dichotomies, elle masque une réalité complexe qui est que l'une ne peut aller sans l'autre.

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Podcasts de Philippe Silberzahn sur l‘entrepreneuriat, l‘innovation et la transformation des entreprises dans un monde incertain. Décryptage de l‘actualité, et analyse de cas réels. 1 nouvel épisode chaque lundi matin tiré de sa newsletter. Retrouvez également sa chronique quotidienne sur LinkedIn.

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