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PODCAST · technology

Un Miro dans la Ville

Un Miro dans la Ville, c'est le podcast qui vous ouvre les yeux sur le handicap visuel.Je m'appelle Nicolas, je suis aveugle, et depuis juillet 2024 je raconte ici comment on vit, comment on travaille et comment on se débrouille quand on n'y voit pas. Un épisode tous les quinze jours, le jeudi. Plus de soixante sont déjà en ligne.Il y a les épisodes où je suis seul au micro : les nouvelles technologies que j'utilise vraiment, les lecteurs d'écran, les applications qui tiennent leurs promesses et celles qui déçoivent, mon quotidien, mon métier de formateur, et quelques coups de gueule assumés.Il y a les épisodes à plusieurs, avec des professionnels du handicap visuel : des rééducateurs, et des personnes qui œuvrent pour une meilleure inclusion des déficients visuels. Celles et ceux qui savent de quoi ils parlent, et qui prennent le temps d'expliquer.Et il y a les rencontres : des personnes déficientes visuelles qui racontent leur parcours. Pas des héros, p

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  1. 66

    Orthoptie et basse vision : trente ans après, on m'explique enfin le chevalet

    Dans cet épisode d'Un Miro dans la Ville, je reçois deux orthoptistes, Eloïse Piron et Julia Bosnet, pour parler d'un métier qu'on croise sans vraiment le connaître, et surtout de ce qu'il change quand on voit mal. Une précision avant de commencer : cet entretien a été enregistré en janvier. Il est resté longtemps de côté, et j'ai fini par prendre le temps de m'y remettre. Vous entendrez donc quelques références à l'hiver, c'est normal.Eloïse et Julia sont orthoptistes diplômées d'État. Elles ont été collaboratrices en région parisienne, avant qu'Eloïse ne s'installe près de Rennes et Julia au Kremlin-Bicêtre. Ensemble, elles ont monté Eyection, où elles éditent leurs propres supports de rééducation, dont l'Amblyomètre, une frise qui permet à un enfant de comprendre où il en est de son acuité.On commence par les bases, parce que la profession est mal connue : l'orthoptiste intervient à tous les âges. Un dépistage possible dès neuf mois sans ordonnance, le strabisme, les troubles des apprentissages à l'école, et c'est très souvent la personne qui vous fait passer tous les examens avant de voir l'ophtalmo. Puis vient la basse vision, où le travail change de nature : on ne suit plus des règles générales, on s'adapte à cent pour cent à une personne, à son mode de vie et à ce qui lui reste de potentiel.Ce mot-là, potentiel visuel, je le préfère de loin à « reste visuel », et Julia file une image que je trouve très juste : la rétine comme une carte dont certaines zones ne fonctionnent plus, et un travail qui consiste à réhabiliter les autres coins pour maintenir les activités qui comptent vraiment.Et puis il y a le moment que je n'attendais pas. Je raconte ce chevalet qu'on m'avait prescrit enfant pour poser ma feuille, et que je détestais, parce que moi, fort myope, je collais la feuille sur mon nez. Aucun adulte n'acceptait ma façon de faire. Trente ans plus tard, on m'explique enfin pourquoi : éviter les douleurs de nuque qui sabotent l'attention d'un enfant en train d'apprendre à écrire. Avec cette phrase que j'aurais aimé entendre à l'époque : « moi, je conseille, je n'impose pas ».On parle aussi du passeport visuel, cette fiche qui décrit fonctionnellement ce qu'on voit pour que l'enfant n'ait pas à l'expliquer cent fois, du parcours pour devenir orthoptiste (Parcoursup, trois ans de licence, puis un DU pour se spécialiser en basse vision), de la pénurie de professionnels au point que des établissements pour enfants sous-traitent au libéral, des écrans et de l'épidémie de myopie annoncée pour 2050, des verres freinateurs, et de mon propre décollement de rétine.Elles terminent par deux ressources que je vous conseille vraiment de noter. L'annuaire de l'ARIBa, la société francophone de basse vision, pour trouver un professionnel réellement formé près de chez vous. Et l'AFAU, l'Association Française des Amblyopes Unilatéraux, qui propose à ses adhérents un contrat d'assurance versant un capital en cas de perte du bon œil : si vous voyez d'un seul œil, renseignez-vous, ça vaut le détour.Un épisode pour les personnes malvoyantes qui n'ont jamais consulté d'orthoptiste, pour les parents d'enfants déficients visuels, et pour tous ceux qui se demandent à quoi sert ce professionnel qu'on croise en salle d'attente sans savoir ce qu'il fait.Et comme je n'ai pas enregistré ma conclusion habituelle sur cet épisode-là : pensez à le partager, à le commenter et à mettre des étoiles sur votre plateforme d'écoute, ça aide vraiment à faire connaître le podcast.📩 Vos questions et retours : [email protected] ou via le formulaire sur unmirodanslaville.fr

  2. 65

    Jeu de rôle et handicap visuel : comment je joue (et maîtrise) sans y voir

    Dans cet épisode d'Un Miro dans la Ville, je vous emmène dans un univers que j'adore : le jeu de rôle (JDR). Certains d'entre vous savaient déjà que je suis rôliste, alors j'ai eu envie de prendre le temps de vous expliquer ce qu'est vraiment ce loisir, et surtout comment je m'organise pour y jouer quand on n'y voit rien.Je commence par les bases : qu'est-ce qu'un jeu de rôle, comment se déroule une partie autour d'une table, le rôle du maître du jeu, et les différents univers qu'on peut explorer (médiéval fantastique avec Donjons et Dragons, space opera avec Metal Adventure, horreur et occultisme avec Cthulhu...).Côté joueur, je vous parle de mon matériel : les dés en braille du projet Dots RPG, trouvables sur The Dice Shop Online, une vraie révolution par rapport aux applications de lancer de dés. Je vous explique aussi comment je crée et consulte ma fiche de personnage en Markdown, exportée en HTML, et comment j'utilise le sélecteur d'éléments de VoiceOver sur Mac (ou le mode navigation de NVDA) pour retrouver une caractéristique en quelques secondes pendant une partie. Je reviens aussi sur notre système de repérage façon clavier de téléphone pour gérer les combats sur grille sans plan visuel, et sur l'importance de la description à la table pour construire son propre imaginaire.Côté maître du jeu, j'aborde un problème beaucoup plus épineux : l'accessibilité des livres de règles en PDF, souvent bourrés d'images sans aucune alternative textuelle, contrairement à des éditeurs comme ceux de Cyberpunk Red ou The Witcher qui ont fait l'effort. Je partage ma méthode pour rendre un bouquin de JDR accessible grâce à l'intelligence artificielle : découpage du PDF, suppression des filigranes, description des plans de donjons image par image. Une solution qui m'a permis d'éviter des adaptations en braille à plusieurs centaines d'euros.Je termine en évoquant la place du handicap dans certains univers de jeu, comme The Witcher qui permet d'incarner des personnages en situation de handicap, et sur ce que le jeu de rôle m'apporte au quotidien : un espace collaboratif, imaginaire, et incroyablement inclusif quand on prend le temps de s'adapter.Un épisode pour tous les rôlistes, voyants ou non, et pour tous ceux qui se demandent comment on adapte une passion "très visuelle" quand on n'y voit pas.📩 Vos questions et retours : [email protected] ou via le formulaire sur unmirodanslaville.fr

  3. 64

    Créer sa micro-entreprise quand on est aveugle : mon parcours sans filtre

    🎙️ Aujourd'hui, on parle business !Ça fait un moment que je voulais faire cet épisode : mon parcours complet de création de micro-entreprise, du salariat qui me pesait jusqu'à la gestion au quotidien de "Un Miro dans la Ville" et de mes activités.Au programme :🔹 Pourquoi j'ai quitté le salariat pour me lancer🔹 Comment j'ai créé mon statut via l'INPI (et pourquoi je n'ai pas payé un site tiers)🔹 URSSAF, déclaration mensuelle vs trimestrielle : le piège à éviter avec les pensions complémentaires🔹 Les structures qui m'ont accompagné : BGE, France Travail, Prométhée 45🔹 L'ACRE version URSSAF et version AGEFIPH : ce qui a changé depuis 2024 (et pas en bien)🔹 AAH, CAF, déclarations de changement de situation : les pièges administratifs🔹 Mon appli de gestion au quotidien, la RC Pro, et la fameuse facturation électronique qui arrive en septembreEntre les astuces concrètes, les coups de gueule sur des dispositifs qui se dégradent, et les vraies galères administratives, je vous fais un retour d'expérience honnête sur ce que ça veut dire gérer seul sa micro-entreprise en situation de handicap visuel.Un épisode dense, mais qui, j'espère, pourra aider ceux qui hésitent encore à se lancer.

  4. 63

    Bonus – Résoudre le Rubik's Cube : la méthode expliquée pas à pas (version audio)

    Suite à la demande de Dominique, qui a testé ma méthode de résolution du Rubik's Cube publiée sur le site mais qui bloquait sur certains passages, je reprends tout en version audio, plus facile à suivre pour les personnes qui naviguent avec VoiceOver ou un lecteur d'écran.Dans cet épisode bonus, je détaille pas à pas ma méthode complète : la notation des faces (F, B, U, D, R, L), les trois types de pièces (centres, arêtes, coins), la résolution de la face jaune, la couronne du milieu, puis la face blanche avec l'orientation des arêtes et des coins, formules à l'appui.Petit rappel au passage : je participe au concours « Pour les entrepreneurs » de J'AGIPI, les votes sont ouverts jusqu'au 12 juillet. Le lien pour voter est disponible sur la page de l'épisode et sur les réseaux sociaux d'Un Miro dans la Ville — un vote prend juste quelques secondes et ça compte beaucoup !Bonne écoute, et n'hésitez pas à partager vos progrès sur le cube !

  5. 62

    La Focusrite Scarlett Solo : une interface audio pensée pour nous

    Dans cet épisode, on commence par un grand merci : Un Miro dans la Ville vient de franchir les 10 000 écoutes cumulées ! Deux ans après le lancement et un an après le vrai décollage, c'est une étape qui me touche vraiment. Merci à vous, les auditeurs, et merci à Philippe et toute l'équipe d'Oxytude dont le soutien a été décisif.Avant d'entrer dans le vif du sujet, je prends un moment pour rappeler une chose importante : ce podcast, c'est mon vécu, mon regard, mon expérience. Je ne suis le porte-parole de personne. On est tous dans la même tempête, mais pas dans le même bateau — et c'est une nuance qui compte.Le sujet principal de cet épisode, c'est la Focusrite Scarlett Solo 4ème génération, une interface audio à 125 euros que je viens d'acquérir et qui m'a vraiment bluffé. Pourquoi ? Parce que Focusrite a bossé sérieusement sur l'accessibilité, à la fois côté matériel et côté logiciel.Côté matériel : les potentiomètres de gain et de volume sont différenciés tactilement (surfaces lisses vs striées), les boutons ressortent vraiment sous les doigts, et l'implantation des connecteurs en façade et à l'arrière est logique et mémorisable sans effort. Côté logiciel : Focusrite Control 2 est compatible VoiceOver et NVDA, et la marque a même publié des pages de support dédiées aux lecteurs d'écran — ce qui est encore trop rare dans ce secteur.Je vous fais aussi un tour du propriétaire complet : prises XLR, jack 6,3 mm, USB-C, alimentation fantôme 48V, monitoring direct… et je démystifie le fameux "trou mystérieux" à l'arrière que Gemini m'avait royalement mal expliqué.En bonus, une parenthèse sur l'accessibilité des impôts en ligne : le Collectif Handicap Visuel recueille des témoignages sur les difficultés rencontrées avec les lecteurs d'écran lors de la déclaration de revenus. Si vous avez des choses à partager (lecteur d'écran utilisé, navigateur, blocages rencontrés), contactez-les à [email protected] écoute, et n'hésitez pas à me partager vos propres découvertes de matériel ou logiciel audio accessible !Pour me contacter : [email protected] Site : unmirodanslaville.fr

  6. 61

    Le café quand on n'y voit pas : tour d'horizon des machines accessibles

    Cette semaine, Ultra m'a fait passer des nuits courtes... et ça m'a donné une très bonne excuse pour parler du café ! Parce que se faire un café le matin quand on n'y voit pas, ça peut vite devenir un casse-tête. Alors j'ai passé en revue à peu près toutes les machines que j'ai pu tester ou utiliser au fil des années : les machines à capsules (Tassimo, Dolce Gusto, Nespresso), les cafetières à filtre, la cafetière italienne, la cafetière à piston, les machines à percolateur et les machines automatiques à grains. Pour chacune, je vous dis ce qui est pratique, ce qui est galère, et ce que je conseillerais selon votre situation. Spoiler : tout ne se vaut pas, et les machines qui s'arrêtent toutes seules, c'est vraiment pas un luxe. Je vous parle aussi de ma DeLonghi Magnifica que j'utilise au quotidien, et d'un test à venir chez un torréfacteur local pour essayer une machine Jura avec son application Joe. Affaire à suivre ! Bonne écoute, et n'oubliez pas de vous faire un café avant de lancer l'épisode. 😄

  7. 60

    Changer d'iPhone et voir sans avoir vu : quand l'expérience fait tout

    Dans cet épisode, je t'emmène dans deux situations bien réelles qui illustrent un même principe : quand on ne voit pas et qu'on n'a jamais expérimenté quelque chose, aucune évidence ne va de soi.Je te parle d'abord du passage à un iPhone sans bouton Home, et de tout ce que ça implique concrètement pour une personne malvoyante ou non-voyante — gestes VoiceOver, Face ID, centre de notifications, Apple Pay — avec un petit tuto au passage pour ceux qui s'y préparent.Puis je t'explique comment une discussion sur les couleurs chaudes et froides, et sur la transparence d'une fenêtre, m'a rappelé à quel point certains concepts visuels n'ont jamais été expliqués à des personnes non-voyantes de naissance. Et que ce n'est pas une question d'intelligence : c'est une question d'expérience qu'on n'a tout simplement pas pu avoir.Le duo gagnant du blocage ? Je ne connais pas + je ne vois pas. Séparément, ça passe. Ensemble, ça coince.

  8. 59

    L'électroménager accessible : Samsung montre la voie

    Il y a un an, je vous parlais d'un électroménager peu adapté aux déficients visuels. Aujourd'hui, ça bouge enfin — et c'est Samsung qui fait le premier pas avec une machine à laver équipée d'un écran tactile embarquant TalkBack, le lecteur d'écran d'Android. Dans cet épisode, je reviens sur cette annonce pour en parler plus largement : pourquoi c'est une vraie avancée, ce que ça change concrètement au quotidien, et surtout ce que j'espère voir arriver chez les autres constructeurs. On parle aussi de l'évolution des télés accessibles (Samsung, LG et WebOS), des robots aspirateurs qui vocalisent leurs actions, et d'une petite digression sur les mises à jour de sécurité Apple. Et bien sûr, je partage quelques galères très concrètes avec ma machine à laver actuelle — dont l'adaptation avec des butées tactiles pour repérer quelques programmes parmi une seizaine. Parce qu'avoir accès à tous les programmes de sa machine à laver, pas juste à ceux qu'on a réussi à identifier en bricolant son propre système D, c'est aussi ça, l'autonomie. 📧 Contact : [email protected]  🌐 Site : https://unmirodanslaville.fr

  9. 58

    L'IA au quotidien : comment je l'utilise vraiment en tant que déficient visuel

    Il y a un an, je vous parlais d'intelligence artificielle en vous disant que je m'en servais très peu. Aujourd'hui, c'est une tout autre histoire.Dans cet épisode, je vous explique concrètement comment j'utilise l'IA au quotidien en tant que personne déficiente visuelle : aide au développement d'applications, lecture et résumé de courriers, rédaction des descriptions de podcast, mais aussi des usages plus inattendus comme Gemini Live avec partage de caméra en direct, ou encore les agents IA pour naviguer sur le web à ma place.Je vous raconte notamment comment j'ai demandé à Claude, via Claude Cowork, d'aller remplir mon panier sur le site Leclerc Drive pendant que j'appelais ma mère. Pratique, imparfait, mais bluffant.On parle aussi des limites actuelles — les lunettes connectées sans connexion internet, les applis inaccessibles, le site des impôts qui date visuellement de 20 ans — et de ce que l'IA change vraiment en termes d'autonomie.Et vous, vous utilisez l'IA comment ? Dites-le moi en commentaire, je suis curieux !

  10. 57

    SNCF Connect : le guide complet pour les déficients visuels

    Au menu de cet épisode : SNCF Connect, l'application qu'on a tous besoin d'utiliser un jour ou l'autre. Mais quand on est déficient visuel, acheter un billet de train, c'est une autre histoire.Après les sérieux problèmes d'accessibilité rencontrés fin janvier/début février 2026 — qui avaient transformé une tâche de 5 minutes en cauchemar de 40 minutes — l'application a été corrigée assez rapidement. L'occasion pour moi de faire une démonstration complète avec VoiceOver, depuis la recherche de trajet jusqu'à la validation du paiement, en passant par la toute nouvelle interface calendrier qui a changé la façon de sélectionner les dates.Dans cet épisode :Comment naviguer dans SNCF Connect avec un lecteur d'écranLes points forts et les irritants de l'interface (ergonomie, focus VoiceOver, calendrier...)Comment faire sa demande d'assistance en gare via le formulaire Assist'en GareLes conseils pratiques pour se débrouiller quand l'assistance n'est pas disponibleUn épisode un peu plus long que d'habitude, mais qui couvre tout ce qu'il faut savoir pour prendre le train en toute autonomie.Vous avez des retours sur l'application ? N'hésitez pas à commenter la publication Facebook de cet épisode, vos remarques pourront être relayées directement à la personne en charge de l'accessibilité chez SNCF Connect.📧 Contact : [email protected] 🌐 Site : https://unmirodanslaville.fr

  11. 56

    Je vous présente Voice-Tag, mon application de mémos vocaux NFC

    Dans cet épisode, je vous raconte tout sur Voice-Tag, mon application de mémos vocaux NFC qui vient chambouler le marché des étiquettes parlantes.Vous découvrirez :Comment une simple remarque sur un podcast m'a donné l'idée de Voice-TagPourquoi les solutions existantes comme le PenFriend ont un gros défaut (175€ et un seul fournisseur d'étiquettes)Le parcours du combattant pour publier sur iOS et Android (spoiler : Apple prend 99€/an, Google veut 12 testeurs pendant 14 jours)Comment fonctionne l'application en détail, avec démo à l'appuiLe mode rafale demandé par Fabrice d'Oxytude (scanner plusieurs tags à la suite sans cliquer)La synthèse vocale intégrée pour lire les anciens tags NFC texteLes prochaines fonctionnalités : sauvegarde auto, tags enrichis, et plus encoreVoice-Tag c'est 9,99€/an ou 29,99€ à vie, disponible en 5 langues (français, anglais, allemand, espagnol, italien), et compatible avec N'IMPORTE QUELLE étiquette NFC du commerce.Ah, et je vous explique aussi pourquoi l'App Store vous ment sur les mises à jour disponibles !L'application est dispo maintenant sur iOS et Android (Google Play).Pour me soutenir : téléchargez Voice-Tag, partagez l'épisode, ou faites un don sur unmirodanslaville.frContact : [email protected]

  12. 55

    Cannes électroniques : mon test sans filtre de 3 modèles (Tompouce, Rango, iCane)

    J'ai testé 3 cannes électroniques dans ma vie : Tompouce, Rango et iCane. Spoiler : une seule me convainc vraiment.Dans cet épisode, je vous explique comment fonctionnent ces boîtiers de détection d'obstacles (LIDAR vs ultrasons), leurs systèmes de vibrations, leurs distances de détection... et surtout leurs vrais prix. Parce que non, "gratuit" ça n'existe pas.Je décortique ce qui m'a séduit ou au contraire déçu sur chaque modèle : personnalisation, latence, autonomie, fiches produits... J'en profite aussi pour dénoncer les vendeurs de rêve qui promettent monts et merveilles aux personnes déficientes visuelles alors que leurs produits ne tiennent pas leurs promesses.Mon conseil ? Testez avant d'acheter. Et si ça ne vous convient pas, assumez de dire non, même si on insiste.PS : Je lance VoiceTag sur l'App Store (mémos vocaux + tags NFC), Android arrive bientôt. Et j'ai un Rango quasi neuf à vendre si ça intéresse quelqu'un.Actus du podcast :VoiceTag disponible sur l'App StoreÉpisode à venir avec deux orthoptistes (Julia et Éloïse) en févrierSoutenez le podcast sur unmirodanslaville.fr

  13. 54

    L'hiver quand on ne voit pas : neige, verglas et raclettes périlleuses !

    Dans ce deuxième épisode de 2026, je vous parle d'hiver, mais pas que des jolis flocons et des chocolats chauds. Je vous raconte la réalité de cette saison quand on ne voit pas : comment gérer la neige avec son chien guide (Ultra qui fait n'importe quoi dans la poudreuse, c'était hilarant), les plaques de verglas invisibles qui t'envoient au tapis en plein virage, et le rhume qui te congestionne tellement que tu perds aussi l'audition – super pratique pour se déplacer, je vous dis pas.Mais l'hiver, c'est aussi la bouffe conviviale, et là, je vous explique pourquoi la raclette traditionnelle peut vite devenir un parcours du combattant avec ces appareils qui chauffent comme l'enfer et ces poêlons impossibles à récupérer sans se brûler. Heureusement, j'ai découvert une solution géniale : les appareils à raclette individuels avec des bougies chauffe-plats. Franchement, ça change tout.Je vous parle aussi de cette luminosité particulière de l'hiver, ces ciels tout blancs qui me défoncent la tête encore plus que le soleil d'été, et de comment mes problèmes d'hypertension oculaire s'aggravent avec le nez bouché.ANNONCE IMPORTANTE : Mon application VoiceTag est disponible sur l'App Store ! Elle permet d'associer des mémos vocaux à des étiquettes NFC pour organiser vos affaires. Testez gratuitement 3 mémos, puis c'est 9,99€/an ou 29,99€ à vie. Et pour la version Android, j'ai BESOIN de testeurs pour débloquer la publication sur le Play Store – envoyez-moi un mail à [email protected] si vous pouvez m'aider !Un épisode sans langue de bois, comme d'habitude, sur les petites et grandes galères de l'hiver qu'on ne voit pas forcément quand on voit.

  14. 53

    Le Rubik's Cube accessible : dextérité, visualisation mentale et adaptation

    Bonne année à tous ! Pour ce premier épisode de 2025, je vous parle d'un objet qui m'accompagne depuis plusieurs années : le Rubik's Cube.Dans cet épisode, je vous explique comment adapter un Rubik's Cube pour qu'il soit utilisable par une personne aveugle, avec un système de marquage en relief basé sur les points (de 1 à 6) qui s'inspire intelligemment de la structure des dés. Je partage mes techniques d'adaptation, du matériel utilisé (plaquette à cuvette, poinçon, plaques autoadhésives) aux astuces pour que les étiquettes tiennent bien.Mais au-delà de l'aspect technique, je vous explique surtout pourquoi le Rubik's Cube est un excellent outil de développement personnel pour les personnes aveugles. Il travaille deux compétences essentielles : la dextérité fine et surtout la visualisation mentale. Cette capacité à se représenter mentalement le cube et ses mouvements se généralise ensuite à plein d'autres domaines : les déplacements, l'informatique, la compréhension de l'espace...Je vous donne aussi des conseils pratiques : pourquoi commencer par un 3×3 plutôt qu'un 2×2, où trouver des cubes adaptés, comment apprendre à les résoudre (spoiler : évitez YouTube, allez sur Francocube), et je vous parle de la notation internationale des faces (U, D, F, B, L, R).Un épisode franc et direct comme d'habitude, avec quelques touches d'humour et un rappel de mes actualités : mon site unmirordanslaville.fr, ma newsletter mensuelle, les flux RSS disponibles, et bien sûr la possibilité de me soutenir.Ressources mentionnées :Site Francocube pour apprendre la résolutionApplication NetNewsWire pour les flux RSSArticle de blog à venir avec les formules de résolution détailléesBonne année et bon cube à tous !

  15. 52

    Christopher : Piloter sa vie sans voir les obstacles

    Dans cet épisode sans filtre, je reçois Christopher Maublant, 37 ans, déficient visuel de naissance et président fondateur de DV Sport Auto. Une conversation authentique, brute et profondément inspirante.Christopher partage son parcours marqué par l'absence d'accompagnement adapté dans sa jeunesse. "On me disait que j'avais un problème de vue", raconte-t-il, alors qu'il naviguait entre déni familial et scolarité inadaptée. Une armure en carton qui l'a suivi longtemps dans sa vie d'adulte.Nous abordons des sujets essentiels et souvent passés sous silence : - La parentalité avec un handicap visuel : père de trois enfants, Christopher nous livre les défis et les joies d'être papa sans voir, l'évolution de son rôle avec la baisse de sa vision, et la méconnaissance criante de la PCH Parentalité - L'indépendance et les aidants : cette charge mentale du quotidien, la fatigue invisible, et l'équilibre délicat entre autonomie et demande d'aide - Le premier voyage seul en train : un défi lancé par Nicolas, relevé avec succès grâce au service d'assistance en gare - L'accès à l'information : pourquoi tant de personnes en situation de handicap passent à côté de leurs droits ?Mais l'épisode est surtout porté par un message d'espoir et d'action. En 2020, après une descente aux enfers (COVID, divorce), Christopher se ressource et décide de réaliser son rêve de toujours : piloter une voiture. De ce rêve personnel naît DV Sport Auto, une association qui a permis à 170 personnes déficientes visuelles de prendre le volant en 4 ans.Christopher annonce également ses futurs projets : la délégation DV Sport Auto en Bretagne dès 2026, et un nouveau défi complètement fou : DV Sport Moto, pour mettre des déficients visuels au guidon d'une moto.Sa philosophie : "Tout est possible avec un handicap visuel". Une phrase qu'il assume pleinement, refusant d'écouter ceux qui restent spectateurs de leur vie. "Demain, c'est déjà trop tard", répète-t-il.Un épisode long, dense, parfois cru, toujours sincère. À l'image de nos échanges et du podcast : sans langue de bois.

  16. 51

    En cuisine : le far breton de Bruno !

    On se retrouve dans ma cuisine pour un épisode un peu spécial ! Bruno m'a proposé une recette de far breton, et je me suis dit que c'était l'occasion parfaite de vous présenter quelques outils bien pratiques que j'utilise au quotidien.Au programme : - La recette complète du far breton, étape par étape - Ma technique pour casser les œufs sans retrouver de coquilles dans la préparation - Les cuillères doseuses : comment mesurer précisément une cuillère à soupe ou à café quand on ne voit pas - L'anti-monte-lait : ce petit galet en verre qui vous prévient quand ça commence à bouillirC'est une recette simple avec des ingrédients qu'on a souvent chez soi : 4 œufs, du sucre, de la farine, un litre de lait et un peu de beurre. Et le résultat ? Eh bien, je vous donne mon verdict en fin d'épisode !Je vous donne aussi plein de petites astuces pour vous organiser en cuisine quand on y voit pas ou mal. Spoiler : le secret, c'est d'y aller tranquille et de faire les choses au fur et à mesure.Tous les liens vers les ustensiles mentionnés sont disponibles sur unmurodanslaville.fr, dans les notes de l'épisode.Bonnes fêtes de fin d'année à toutes et à tous !

  17. 50

    Créer un site de podcast accessible et souverain : Hugo, ALTCHA et souveraineté numérique

    Aujourd'hui, je vous présente la création de mon site internet : unmirodanslaville.frUn épisode un peu technique, mais rassurez-vous, j'ai vulgarisé au maximum pour que tout le monde puisse comprendre mes choix et pourquoi je les ai faits.Pourquoi créer un site en 2025 ? Parce que je voulais un endroit où je garde le contrôle de mes données, sans publicité, accessible à tous, et où vous pouvez : - Retrouver tous les épisodes de podcast - Lire des articles de blog - Commenter (même sans compte Spotify ou Apple Podcasts) - Vous inscrire à une newsletter mensuelleMes choix techniquesHugo : un générateur de sites statiques qui me permet d'écrire mes articles en Markdown. Simple, rapide, et surtout : facile à maintenir au quotidien.Markdown : un langage de balises hyper simple. Un dièse = titre niveau 1, deux dièses = titre niveau 2, etc. Parfait pour structurer mes contenus sans me prendre la tête.Comentario : système de commentaires open source, hébergé sur mon VPS. Vos commentaires ne partent pas chez Google, Facebook ou Amazon. Tout reste sur mon serveur en Allemagne.ALTCHA : un CAPTCHA accessible, projet européen (République tchèque). Fini les "cliquez sur les feux rouges" impossibles à valider au lecteur d'écran. Ici, vous cochez "Je ne suis pas un robot", votre ordinateur résout un petit calcul en 1-2 secondes, et c'est bon. Les bots, eux, se prennent des heures de calcul dans la figure. Génial, non ?ListMonk : newsletter auto-hébergée. J'écris en Markdown, j'ai mon template HTML, et je garde le contrôle total de vos adresses mail.Mailgun : pour l'envoi d'emails. Origine américaine mais racheté par une boîte suédoise, donc ça reste en Europe.Hébergement : VPS chez Hetzner, basé à Nuremberg en Allemagne. 4-5€/mois. Tout reste en Europe.L'accessibilité au cœur du projetJe vous fais une démo en direct avec VoiceOver pour vous montrer comment le site est structuré. Navigation par titres, barre de menu, champ de recherche, formulaire de contact... Tout est accessible.Parce que ça serait quand même idiot de faire un podcast sur l'accessibilité avec un site inaccessible, non ?La souveraineté numériqueToutes vos données (commentaires, adresses mail, etc.) sont hébergées sur mon serveur en Allemagne. Pas chez Google, pas chez Amazon, pas chez Meta. RGPD respecté, politique de confidentialité transparente.Le seul élément qui n'est pas encore en Europe, ce sont mes DNS (chez Cloudflare), mais je suis en train de tester Infomaniak (Suisse).Le formulaire de contact avec ALTCHAJe vous montre en direct comment fonctionne ce CAPTCHA accessible. C'est transparent pour vous, mais ça bloque les bots qui viennent spammer. Le principe est brillant : au lieu de vous embêter, c'est le bot qui se prend des heures de calcul.Temps de travailEnviron 50 heures au total. Pas énorme, mais intense. Des journées de 15h parfois, parce que j'étais passionné par le projet et que je voulais résoudre les problèmes.Me soutenirSi vous voulez aider le podcast, trois moyens simples : 1. Partager et commenter les épisodes (gratuit et super utile) 2. Laisser un avis sur Apple Podcasts ou Spotify 3. Faire un don via PayPal sur unmirodanslaville.fr/me-soutenir (uniquement si vous le pouvez - même 2€/mois aident à couvrir les frais de serveur et développer de nouveaux contenus)N'hésitez pas à me faire des retours !Le site est tout neuf. Si vous trouvez des choses à améliorer, dites-le moi avec bienveillance. Je suis ouvert aux suggestions !Durée : 26 minutesRessources mentionnées : - Site web : https://unmirodanslaville.fr - Hugo : https://gohugo.io - Comentario : https://comentario.app - ALTCHA : https://altcha.org - ListMonk : https://listmonk.app - Mailgun : https://www.mailgun.com - Hetzner : https://www.hetzner.comMe contacter : - Formulaire : https://unmirodanslaville.fr/contact - Email : [email protected] soutenir : - Partager l'épisode - Laisser un avis 5⭐ - Don PayPal : https://unmirodanslaville.fr/me-soutenirMerci de votre écoute et à très bientôt dans Un Miro dans la Ville !

  18. 49

    Comment étiqueter quand on n'y voit pas ?

    Dans cet épisode, je vous présente les différentes méthodes pour étiqueter ses affaires quand on est déficient visuel. Au programme : un comparatif sans langue de bois entre trois solutions d'étiquetage.D'abord, les étiquettes en braille avec la pince DIMO, la tablette à cuvette ou la machine Perkins : économique et accessible, mais pas toujours pratique sur le long terme.Ensuite, le PenFriend et le PenItalk, ces stylos électroniques qui promettent monts et merveilles... mais qui ont quelques défauts bien embêtants : qualité audio médiocre, problèmes de mémoire, prix élevé et le risque de tomber sur des lots d'étiquettes avec les mêmes numéros.Et enfin, mon coup de cœur : les tags NFC ! Réinscriptibles, avec l'information stockée directement dans la puce, compatibles avec votre smartphone, et à un prix très abordable (60 tags pour moins de 9 euros).Des épices dans la cuisine aux Blu-ray dans la médiathèque, en passant par les programmes de la machine à laver, je partage mes retours d'expérience concrets et vous aide à choisir la solution adaptée à vos besoins.Un épisode pratique et accessible à tous !

  19. 48

    FAQ sans filtre : vos questions les plus gênantes sur le handicap visuel

    Dans cet épisode, je réponds aux questions que vous m'avez posées et qui ne méritaient pas forcément un épisode complet chacune. Au programme : comment je gère le poids de mon chien guide, comment on fait pour savoir qu'on s'est bien essuyé aux toilettes, pourquoi je ramasse les crottes d'Ultra et surtout comment je fais pour les trouver, mes techniques pour ne pas me couper en cuisine, et même un mot rapide sur la sexualité.Un épisode direct, sans tabou, parfois cocasse, qui répond aux vraies questions du quotidien avec une déficience visuelle. Je parle aussi du format du podcast, des interviews du lundi, et j'annonce de futurs épisodes sur l'AFIADV, la sexualité et la cuisine adaptée.Si vous avez d'autres petites questions comme ça, envoyez-les moi par mail à [email protected], je ferai d'autres FAQ de temps en temps !

  20. 47

    Psychomotricité et handicap visuel : retrouver son corps dans l'espace

    🎙️ L'INVITÉE Emma, 29 ans, psychomotricienne depuis 6 ans et spécialisée dans l'accompagnement des personnes déficientes visuelles.💡 AU PROGRAMME Emma nous fait découvrir son métier souvent méconnu et son rôle essentiel dans la rééducation. Elle explique comment la psychomotricité aide à réguler le lien entre nos sensations, notre posture et nos mouvements - un enjeu particulièrement important quand la vue fait défaut.🔑 CE QUE VOUS ALLEZ DÉCOUVRIR :✨ Ce qu'est réellement la psychomotricité et à qui elle s'adresse👶 Pourquoi les enfants aveugles de naissance marchent souvent plus tard🧭 Les défis de la représentation spatiale sans vision (comment traverser une rue ? comprendre "l'autre côté" ?)🍼 L'importance d'un accompagnement précoce dès la petite enfance🎭 Les différentes médiations utilisées : relaxation, danse, théâtre...🎓 Comment devenir psychomotricien et les qualités nécessairesUn épisode riche en informations pratiques pour les parents, les personnes déficientes visuelles et tous ceux qui s'intéressent à ces métiers d'accompagnement essentiels.📧 Vous voulez témoigner ? Contactez-nous : [email protected]

  21. 46

    Greta : enfin du cinéma accessible (ou presque)

    🎬 Il était temps !Un an et demi que le podcast existe, et je n'avais JAMAIS parlé de cinéma. Alors que bon, "Un Miro dans la Ville", c'est quand même inspiré d'un film... Bref, aujourd'hui on rattrape ça avec Greta, l'application qui permet d'avoir des films audiodécrits au cinéma.📱 Comment ça marche :→ Application dispo sur iOS et Android → Téléchargement de la piste audiodécrite avant la séance → Choix d'un cinéma partenaire (obligatoire depuis un an) → Synchronisation automatique avec le film grâce au micro du téléphone → Écouteurs dans les oreilles, et c'est parti !✅ Mes retours après 2 séances :Tron Ares : nickel chrome, ça marche du tonnerre (même le générique est dit !)Deliver Me from Nowhere (Springsteen) : bug complet au bout de 10 min, piste supprimée, pas de réseau pour re-télécharger... j'ai fini le film sans audiodescription 😅⚠️ Mes conseils :→ Téléchargez la piste le JOUR MÊME de votre séance → Lancez l'application AVANT d'entrer dans le cinéma (pour la géolocalisation) → Prévoyez des écouteurs qui ne coupent pas tous les sons (sinon vous ratez le film) → Testez avec des écouteurs sans fil pour éviter les bugs de microLe bilan ? Application géniale qui change la vie, quelques petits défauts d'accessibilité et de stabilité, mais franchement ça vaut le coup d'essayer. Le cinéma redevient accessible !💬 Cet épisode vous a plu ? → Partagez-le autour de vous → Laissez des ⭐ et des commentaires sur votre plateforme d'écoute → Vous voulez participer à un épisode ou poser une question ? Contactez-moi : [email protected]

  22. 45

    Cyril Trochu : De l'institut à la scène, parcours d'un musicien non-voyant

    🎙️ Premier épisode avec un invité DV !Je reçois Cyril Trochu, musicien non-voyant de naissance. Une conversation longue, dense, et sans langue de bois sur ce que c'est vraiment de vivre avec une déficience visuelle en 2025.🎵 Au menu :→ Son parcours chaotique dans un institut spécialisé des années 80-90 → L'apprentissage de la canne blanche... à 20 ans → Comment la musique lui a donné le déclic pour s'intégrer au monde → De MS-DOS à l'iPhone : l'évolution des technologies d'accessibilité💢 Les sujets qui fâchent :L'accessibilité numérique catastrophique de certains services publics (coucou France Télévisions 👋)La galère du vote et de l'autonomie au quotidienLa sous-représentation du handicap en politiquePartir en vacances, faire du networking, gérer les visuels quand on ne voit pas⚠️ Disclaimer : On digresse, on parle vrai, et l'épisode est un peu long. Mais c'est ça aussi, une vraie conversation humaine.💬 Cet épisode vous a plu ? → Partagez-le autour de vous → Laissez des ⭐ et des commentaires sur votre plateforme d'écoute → Vous voulez participer à un épisode ? Contactez-moi : [email protected] Les liens pour retrouver Cyril :  Youtube : https://www.youtube.com/@ORGANAduoSa chaine Youtube : https://www.youtube.com/@cyriltrochucomposition 

  23. 44

    Payer quand t'es miro : mode d'emploi

    Comment on fait pour payer quand on ne voit rien ? Aujourd'hui, on parle bifton, pognon, monnaie... bref, on parle thune !Dans cet épisode, je vous explique comment un miro gère ses paiements au quotidien :Le chéquier : guide-chèque ou système D avec une pochette plastiqueLes billets : reconnaître un 5, 10 ou 20 euros avec ses doigts ou une appliLes pièces : toutes les astuces tactiles pour les différencier (tranches lisses, striées, espacées...)La carte bancaire : ça va jusqu'à 50 euros sans contact, mais après...Les TPE tactiles : la galère absolue quand il n'y a plus de boutonsDepuis le 28 juin 2025, les terminaux de paiement doivent être accessibles. Sur le papier, c'est génial. Dans la vraie vie ? Mon boulanger vient de changer son TPE en mars... sans accessibilité. Et on devra attendre 2030, voire 2040 pour certains commerces.Je vous parle aussi des solutions comme les cartes bancaires parlantes (merci Ansome) et Apple Pay, mais surtout, je vous explique pourquoi il faut continuer à sensibiliser les commerçants.Parce que payer, c'est pas un privilège, c'est juste normal.📧 Contactez-moi : [email protected]

  24. 43

    Accessibilité numérique : les développeurs doivent se bouger !

    Aujourd’hui, je pousse un bon petit coup de gueule.Parce qu’il y a des choses qu’on ne devrait plus voir — ou plutôt ne pas voir — en 2025.L’accessibilité numérique, ce n’est pas un bonus, c’est un droit. Et pourtant, certaines démarches essentielles, comme la déclaration trimestrielle AAH, ont mis plus d’un an à devenir utilisables avec un lecteur d’écran.Dans cet épisode, je vous explique pourquoi ce genre de problème ne devrait jamais exister, comment une simple ligne de code peut changer la vie de milliers de personnes, et pourquoi les développeurs doivent enfin faire leur boulot correctement.Un épisode coup de poing, mais plein de bon sens, pour rappeler que l’accessibilité, c’est l’affaire de tous — et surtout de ceux qui construisent le web.🎙️ Un Miro dans la Ville, le podcast qui vous ouvre les yeux sur le handicap visuel.

  25. 42

    Autonomie ou indépendance : où placer le curseur ?

    Dans cet épisode d’Un miro dans la ville, je m’interroge : c’est quoi, au juste, être autonome quand on vit avec un handicap visuel ?Entre autonomie et indépendance, la frontière est parfois floue. Se déplacer seul, utiliser le numérique, savoir demander de l’aide, ou encore… décider de ne pas faire une tarte aux pommes : toutes ces situations questionnent notre rapport à l’autonomie.Je partage mes réflexions, des exemples concrets, et j’ouvre la discussion : et pour vous, l’autonomie, ça veut dire quoi ?👉 J’aimerais beaucoup avoir vos retours et vos expériences ! Écrivez-moi à [email protected] et partagez vos avis.Et si l’épisode vous a plu, pensez à le partager et à vous abonner au podcast pour ne rien manquer !

  26. 41

    Mises à jour smartphone : prudence ou impatience ?

    Chaque année, les grandes mises à jour de nos smartphones font envie… mais elles peuvent aussi réserver des bugs agaçants, surtout pour l’accessibilité.Dans cet épisode bonus d’Un Miro dans la Ville, Nico prend l’exemple de la sortie d’iOS 26 pour partager son point de vue : pourquoi il attend souvent la version 0.1, et pourquoi la patience peut éviter de grosses frustrations.Un épisode utile pour toutes celles et ceux qui se demandent s’il vaut mieux cliquer dès la sortie… ou attendre un peu.

  27. 40

    Agrandisseur d’écran ou lecteur d’écran : quand basculer (et comment s’y préparer) ?

    Dans cet épisode d’Un Miro dans la Ville, je réponds à la question de Claire : à quel moment passer d’un agrandisseur d’écran à un lecteur d’écran ? On passe en revue des critères mesurables (vitesse de lecture en mots/minute, fatigue visuelle et posturale, niveau de zoom, contexte pro ou études) et des solutions hybrides (ZoomText, SuperNova, Loupe Windows + Narrateur, lecture au survol) pour une transition en douceur. Je partage aussi la dimension psychologiquedu passage de la malvoyance à la non-voyance : accepter les changements, apprivoiser la synthèse vocale, et garder la main sur son apprentissage. Côté pratique, on voit comment entraîner l’oreille (augmenter progressivement la vitesse), apprendre le clavier par cœur, et choisir l’outil adapté (VoiceOver, NVDA…) sans sacrifier l’accessibilité de ses logiciels. L’objectif : rester performant et confortable au quotidien, que l’on lise 600 mots à l’écran… ou à l’oreille. Une question pour un prochain épisode ? Écris-moi à [email protected] et abonne-toi pour ne rien manquer. 

  28. 39

    Faut-il vraiment apprendre à utiliser un ordinateur quand on ne voit plus ?

    Dans cet épisode d’Un Miro dans la Ville, je réponds à une question essentielle posée par une cliente : « Est-ce que j’ai vraiment besoin d’apprendre à utiliser un ordinateur avec un lecteur d’écran ? »Ensemble, on explore les vrais enjeux derrière cette interrogation :– L’autonomie dans les démarches administratives– La difficulté d’apprentissage d’un nouveau mode d’interaction avec l’informatique– Les limites du smartphone seul– Les cas où un ordinateur n’est pas indispensableJe partage mon expérience personnelle et professionnelle, en m’appuyant sur des situations concrètes. Ce n’est pas un plaidoyer technique, mais une discussion honnête, nuancée, pour mieux comprendre quand — et pourquoi — il est utile d’investir du temps pour apprendre à utiliser un ordinateur quand on ne voit pas.🎧 Bonne écoute, et comme toujours : partagez, commentez, et écrivez-moi si vous voulez réagir ou participer à un prochain épisode

  29. 38

    Feux sonores : traverser en toute sécurité

    Dans cet épisode d'Un Miro dans la Ville, Nico vous parle d’un sujet essentiel à la mobilité des personnes déficientes visuelles : les feux sonores.Comment fonctionnent-ils ? Depuis quand existent-ils ? Pourquoi sont-ils parfois mal réglés ou absents ? Et surtout, comment obtenir la fameuse télécommande qui permet de les activer ?À travers un retour d’expérience personnel et des infos pratiques, découvrez ce qui rend ces dispositifs si précieux pour traverser la rue en sécurité, et pourquoi leur mauvaise installation peut rendre la ville plus dangereuse qu’elle ne devrait l’être. Un épisode à écouter, à partager, et à transmettre aux collectivités qui ont encore des progrès à faire.📩 Pour réagir ou participer : [email protected]🔗 Et surtout… pensez à partager l’épisode autour de vous !

  30. 37

    Électroménager et handicap visuel : un quotidien pas si connecté

    Dans cet épisode d'Un Miro dans la Ville, on reste à la maison, direction la cuisine, la buanderie et même le salon pour parler électroménager... et accessibilité.Plaques de cuisson, machines à laver, aspirateurs connectés, balances, micro-ondes ou cafetières : que se passe-t-il quand on ne voit pas et qu'on veut juste… faire un café, laver ses vêtements ou cuire ses pâtes ?Nico partage son expérience sans filtre : les galères, les bricolages maison, les rares bonnes surprises, et les absurdités d’un marché qui propose parfois des produits "accessibles"… trois à dix fois plus chers que les autres.Un épisode utile, sincère, parfois drôle, parfois énervé, pour rappeler que l’accessibilité devrait être un standard, pas un luxe.📩 Une question, un sujet à suggérer ? Écris-moi à [email protected]📣 Si cet épisode vous parle, partagez-le autour de vous !

  31. 36

    Ultra vs Moby : 3 mois avec mon nouveau chien guide

    Dans cet épisode un peu retardé par la chaleur estivale, je vous partage mon retour d’expérience après trois mois de vie avec Ultra, mon nouveau chien guide.Qu’est-ce qui a changé depuis Moby ? Quels ajustements sont nécessaires quand on accueille un nouveau compagnon d’autonomie ?Je vous parle avec sincérité du travail, des besoins, des congénères, mais aussi de la vie à la maison avec un chien au caractère bien trempé.On aborde aussi un sujet que certains évitent : le ramassage des crottes quand on est non voyant, et je vous partage mes techniques sans tabou.Un épisode plein de vie, de réflexion et de sourires, où l’on comprend mieux qu’un chien guide, c’est plus qu’un outil de déplacement : c’est un partenaire du quotidien.📩 Envie de réagir ? De témoigner ? Écrivez-moi à [email protected] si vous aimez l’épisode, n’hésitez pas à le partager autour de vous !

  32. 35

    Quand l’aide devient une agression : ce que vivent les personnes aveugles dans la rue

    Dans cet épisode, je parle d’un sujet à la fois courant et trop peu compris : l’aide qu’on m’impose dans la rue, simplement parce que je suis une personne déficiente visuelle.Ce que certains voient comme un geste bienveillant peut, pour moi comme pour beaucoup d’autres, être perçu comme une intrusion, voire une agression. J’explique pourquoi ces interventions peuvent être problématiques, comment elles sont vécues, et surtout ce qu’il faut faire – ou éviter – pour vraiment aider sans nuire.Que vous soyez concerné de près ou de loin, cet épisode vous aidera à mieux comprendre ce que signifie respecter l’autonomie des personnes aveugles ou malvoyantes.📩 Vous pouvez m’écrire pour réagir ou proposer un sujet : [email protected]🔊 « Un miro dans la ville » – un podcast pour ouvrir les yeux sur le handicap visuel.

  33. 34

    "Aveugle ? On m’a dit de prendre un iPhone" – Et si c’était faux ?

    Dans cet épisode un peu piquant d’Un miro dans la ville, je m’attaque à une question qu’on entend trop souvent dans les couloirs ou les forums spécialisés :👉 "Quand on devient aveugle, est-ce qu’on doit obligatoirement acheter un iPhone ?"Je vous propose un tour d’horizon objectif de la situation actuelle, en revenant sur :L’historique de VoiceOver et TalkBack,Les différences entre Android et iOS en matière d’accessibilité,Les idées reçues qui circulent dans certains services médico-sociaux,Et surtout, le rôle central que joue la connaissance de son environnement numérique quand la vue s’en va.Vous découvrirez pourquoi le choix du bon outil dépend avant tout de votre contexte personnel, de votre téléphone actuel, et de vos préférences.📱 Apple ou Android ? Ce n’est plus une guerre, c’est une question d’adaptation et d’autonomie.🎧 Bonne écoute — et surtout, partagez l’épisode si vous pensez qu’il peut être utile à quelqu’un autour de vous !📬 Pour participer ou me suggérer un sujet :👉 [email protected]

  34. 33

    Dans la voiture avec moi – Immersion sonore chez DV Sport Auto

    Dans cet **épisode bonus**, je vous propose de **plonger à l’intérieur de la voiture**, avec moi au volant et mon copilote à mes côtés, lors d’un stage de **DV Sport Auto**.Vous entendrez en temps réel les **instructions de pilotage**, les bruits du moteur, les changements de direction, et toute l’ambiance d’un circuit de rallycross.🎧 Ce n’est pas une simple discussion : c’est une **expérience immersive**, brute et authentique, qui vous fait ressentir les sensations que nous vivons quand on pilote sans voir, mais pas sans repères.Cet enregistrement a été réalisé lors de ma dernière session au volant d’une **Peugeot 206 adaptée**, sur un circuit mêlant terre et asphalte.---📍 **Pour en savoir plus sur DV Sport Auto**🌐 [www.dvsportauto.com](http://www.dvsportauto.com)📧 [[email protected]](mailto:[email protected])---🛠️ Pensez à écouter l’épisode principal :🎧 *Conduire en étant non-voyant ? Oui, avec DV Sport Auto !*Disponible juste avant celui-ci dans le flux du podcast.📬 Une remarque, une idée ou l’envie de participer à un prochain épisode ?Écrivez-moi à : **[[email protected]](mailto:[email protected])** 

  35. 32

    "Signaler l'inaccessible : un guide pour alerter l’ARCOM"

    Dans cet épisode de Un Miro dans la Ville, je vous propose un format un peu différent, plus pratique : un tutoriel audiopour apprendre à signaler un problème d’accessibilité numérique à l’ARCOM.Trop de services publics restent encore aujourd’hui inutilisables pour les personnes aveugles ou malvoyantes. Et pourtant, des outils existent pour faire entendre notre voix — à condition de savoir s’en servir.À travers un exemple concret (le formulaire 2042C-PRO des impôts et la déclaration trimestrielle de la CAF), je vous guide étape par étape, lecteur d’écran en main, dans tout le processus de signalement.🎧 Que vous soyez concerné·e directement ou que vous aidiez une personne non voyante, ce tutoriel est fait pour vous.➕ Retours, idées de sujets ou envie de participer au podcast ? Écrivez-moi à [email protected]📍 Retrouvez tous les épisodes sur votre plateforme préférée ou sur mon site.

  36. 31

    Carnet de route d’une vision qui s’en va

    Dans cet épisode très personnel, je vous partage mon expérience de la perte de la vue. Pas un manuel, pas une vérité universelle, juste un carnet de route.Je raconte ce que ça fait quand les yeux, petit à petit, ne servent plus. Les étapes par lesquelles je suis passé : la colère, la peur, le deuil, mais aussi les solutions, les rencontres, et ce que j’ai mis en place pour reconstruire une vie autonome et épanouie.Un épisode sincère, parfois brut, mais plein d’espoir — pour celles et ceux qui vivent cette situation ou qui veulent mieux comprendre ce que cela implique.🎧 Écoutez, partagez, et surtout, prenez soin de vous.Et si vous voulez me contacter, poser une question ou proposer un sujet :📬 [email protected]

  37. 30

    Le renouvellement de chien guide

    Dans cet épisode très personnel, je vous parle d’un moment charnière de la vie d’un déficient visuel : le renouvellement de son chien guide. Après six ans et demi de complicité avec Moby, mon premier compagnon à quatre pattes, l’heure de la retraite approche pour lui… et une nouvelle aventure débute avec Ultra. Je vous partage :- Les raisons du renouvellement d’un chien guide 🐕‍🦺- Les difficultés physiques et émotionnelles à surmonter- La préparation nécessaire pour accueillir un nouveau chien- Ce que deviennent nos anciens compagnons 💛- Et quelques anecdotes qui illustrent ce parcours de transition Un épisode sans filtre, pour mieux comprendre le lien unique entre un maître et son chien guide, mais aussi la réalité du quotidien quand il faut dire au revoir pour recommencer. 📩 Vous avez des questions ou envie de témoigner ?Écrivez-moi à : **[email protected]** 

  38. 29

    On n'est pas des super-héros : coup de gueule sur ce qu'il faut arrêter de nous dire

    Dans cet épisode d'Un Miro dans la Ville, je pousse un vrai coup de gueule. Pas un épisode pédagogique, pas un épisode nuancé : un épisode où je dis les choses telles qu'elles me viennent. Et pour une fois, il ne s'adresse pas aux personnes déficientes visuelles, mais à celles qui voient et qui ont du mal à comprendre ce qu'est la cécité.Je commence par le plus important : nous ne sommes pas des super-héros. Tout ce que je fais, je l'ai travaillé pour y arriver. Si vous trouvez ça extraordinaire, c'est surtout parce que vous n'arrivez pas à vous projeter — et en nous mettant sur un piédestal, vous nous transformez en modèles alors qu'il n'y a aucun modèle à suivre. Chacun fait sa vie comme il l'entend.J'enchaîne sur ce qui en découle directement : arrêtez de nous prendre pour des imbéciles. De nous parler comme à des enfants. De décider à notre place, ou de supposer qu'on ne peut pas décider du tout. Je ne suis ni sous tutelle ni sous curatelle, je dirige mon entreprise et je prends mes décisions, comme énormément de personnes déficientes visuelles.Je passe ensuite en revue tout ce qui use au quotidien : les gens qui veulent prier pour nous — et la contradiction que ça implique ; ceux qui attrapent notre canne blanche pour nous « guider », alors qu'elle sert à détecter les obstacles et que ce poteau est peut-être notre point de repère ; ceux qui déconcentrent nos chiens guides pour les caresser, alors que ce chien est notre sécurité ; la comparaison avec Daredevil et le mythe de l'ouïe surdéveloppée, qui est un travail et pas un cadeau ; le braille, que la majorité des aveugles ne lit pas, tout simplement parce que la cécité arrive le plus souvent tard dans la vie ; et l'idée qu'on passerait nos journées à ne rien faire.Deux points me tiennent particulièrement à cœur. D'abord, quand je suis accompagné et que la personne en face s'adresse à mon guide plutôt qu'à moi : j'ai un problème aux yeux, pas aux oreilles. Je donne d'ailleurs un conseil concret aux accompagnants pour éviter ça. Ensuite, cette phrase qu'on croit gentille : « on n'a pas l'impression que tu es aveugle ». Non. J'ai simplement mis en place des outils et des techniques. Et croyez-moi, il y a bien assez de choses qui me rappellent tous les jours que je suis aveugle.Un épisode sans politiquement correct, parce qu'à force de dire les choses gentiment sans être écouté, il faut bien essayer autrement. Et le message est simple : une personne déficiente visuelle est avant tout une personne, avec des émotions, une vie, et des choses à faire.Si vous êtes vous-même déficient visuel et que vous voulez venir témoigner de votre propre expérience, parce qu'on est loin d'être tous pareils, écrivez-moi.📩 Vos questions et retours : [email protected] ou via le formulaire sur unmirodanslaville.fr

  39. 28

    Livres audio : pourquoi je paie alors que j'y aurais droit gratuitement

    Dans cet épisode d'Un Miro dans la Ville, je vous parle de lecture. Ou plutôt d'écoute — et je commence par la question qui fâche : écouter un livre audio, est-ce vraiment lire ? Pour certains, non. Ce sont en général des gens qui n'en ont jamais consommé. Vous vous doutez de mon avis.Je commence par les bases : un livre audio, c'est un livre lu par une personne. Une vraie. Ça peut être un bénévole donneur de voix, ou un narrateur professionnel, souvent acteur de doublage ou de théâtre — quelqu'un qui sait poser sa voix et transmettre une émotion.Je vous explique ensuite ce que dit la loi : toute personne empêchée de lire doit pouvoir accéder gratuitement à la lecture dans un format adapté. Concrètement, en France, cela passe par des organismes bien précis — la Bibliothèque Sonore, ou l'Association Valentin Haüy via sa médiathèque Éole, qui propose aussi du braille et du numérique. Non, vous ne pouvez pas entrer chez Leclerc et repartir avec les CD gratuitement.Et puis j'assume une position qui va faire grincer : je paie mes livres audio. Parce que ce réflexe du « je suis handicapé, donc ça doit être gratuit » est quelque chose que je déteste dans le monde du handicap. Je vous détaille les offres, ce que représentent trente heures de lecture données par un bénévole, et pourquoi la qualité de narration change tout. Je prends deux exemples très concrets : Le Seigneur des Anneaux, que j'avais abandonné en version associative parce que le narrateur du troisième tome ne portait pas le récit, et que j'ai redécouvert dans la nouvelle traduction lue par Thierry Janssen ; et Harry Potter, réentendu après ma perte de vue, avec la voix de Bernard Giraudeau sur les premiers tomes.Je réponds aussi à l'objection classique — « les personnes âgées ont besoin du CD et du Victor Reader » — parce qu'aujourd'hui une simple enceinte connectée à une vingtaine d'euros permet d'écouter son livre sans rien manipuler. Et je parle de l'accessibilité réelle des applications, qui progresse même si elle est loin d'être parfaite.Enfin, deux choses qui m'inquiètent. Les éditeurs qui commencent à envisager de remplacer les narrateurs par des voix de synthèse, parce que ça coûte moins cher : si ça devient la norme, j'arrête. J'ai déjà un lecteur d'écran pour ça, je n'ai pas besoin qu'une machine me raconte une histoire. Et les offres par quota d'heures mensuelles, qui n'ont aucun sens quand un seul roman en fait trente.Je termine sur une astuce que j'adore : pour travailler une langue, prenez un livre que vous connaissez déjà, dans cette langue. J'ai repris tout Harry Potter en anglais, et c'est un excellent entraînement pour l'oreille.📩 Vos questions et retours : [email protected] ou via le formulaire sur unmirodanslaville.fr

  40. 27

    En cuisine : ma tarte à la noix de coco, préparée en direct et sans y voir

    Dans cet épisode d'Un Miro dans la Ville, je vous emmène dans ma cuisine. Pas pour en parler : pour le faire. Vingt minutes en direct, sans montage, pendant lesquelles je prépare une tarte à la noix de coco du début jusqu'à l'enfournage. C'était aussi mon premier enregistrement avec des micros-cravates sans fil, ce qui m'a permis de bouger librement d'un bout à l'autre du plan de travail.Parce que la question revient souvent : comment on fait à manger quand on ne voit pas ? La réponse tient en un mot — méthodiquement. Et vous allez entendre chaque geste.Je sors tout mon matériel avant de commencer, et je range chaque ingrédient dès que j'en ai fini : plus le plan de travail est dégagé, moins on se trompe. Je pèse à la balance parlante, en vous montrant au passage ses limites quand on veut retirer les vingt-cinq grammes de trop. Je casse mes œufs à plat sur le plan de travail plutôt que sur le bord du saladier, ce qui évite les morceaux de coquille. Je mélange au fouet, je racle les bords aux doigts, et je vous explique comment je déroule une pâte sablée et comment je rattrape les trous qu'elle laisse en fin de déroulage.Le moment le plus intéressant est sans doute le dernier : enfourner. Je pose le bord du moule, je cherche la grille à droite puis à gauche, je pousse jusqu'au fond, je reviens un peu pour être au centre. Certaines personnes déficientes visuelles préfèrent des gants, moi non — mais je dis pourquoi, et à quoi il faut faire attention selon que le four est encastré ou non. Et je termine avec le minuteur, dicté à voix haute.Ce que je veux montrer, au fond, c'est qu'il n'y a aucun problème à cuisiner sans voir. Ça demande de la concentration, et en fin de journée ça peut fatiguer. Mais compliqué, non.La recette, si vous voulez la refaire :125 g de sucre — la recette d'origine en prévoit 150, je réduis200 g de noix de coco râpée3 œufs de taille moyenne20 cl de crème liquide, légère ou entière1 pâte sabléeMélangez le sucre et la noix de coco dans un récipient. Battez les œufs avec la crème dans un second. Incorporez le sec au liquide, versez sur le fond de tarte préalablement piqué, et enfournez 35 minutes à 180 degrés.Si ce format vous plaît, dites-le moi : j'ai d'autres recettes sous le coude, et pas seulement des desserts.📩 Vos questions et retours : [email protected] ou via le formulaire sur unmirodanslaville.fr(Les cinq lignes d'ingrédients sont à mettre en liste à puces dans Podcastics.)

  41. 26

    Accessibilité numérique : ce qui change au 28 juin 2025 pour des milliers d'entreprises

    Dans cet épisode d'Un Miro dans la Ville, je fais le tour des évolutions du RGAA — le Référentiel Général d'Amélioration de l'Accessibilité — qui entrent en vigueur le 28 juin 2025. Cinq points, et mon avis sur chacun.Le premier changement est le plus important : le périmètre. Jusqu'ici, seules les entreprises privées dépassant 250 millions d'euros de chiffre d'affaires étaient tenues de rendre leurs services numériques accessibles. Le seuil descend à 2 millions. Autrement dit, on passe de quelques centaines d'entreprises à des milliers. Et l'obligation ne concerne pas que les sites vitrines : elle couvre aussi les intranets et les logiciels métier utilisés en interne. C'est décisif, parce que ce sont précisément ces outils inaccessibles qui nous ferment aujourd'hui l'accès à des métiers entiers. Je prends l'exemple de la comptabilité, où la reconnaissance de caractères fonctionne très bien mais où les logiciels, eux, datent d'un autre âge.Deuxième changement : les sanctions. On passe de 20 000 euros à 50 000 euros par service, avec 25 000 euros supplémentaires en cas de déclaration d'accessibilité ou de schéma pluriannuel manquants — et l'amende peut retomber tous les six mois tant que rien ne bouge. Pour une entreprise à 250 millions de chiffre d'affaires, 20 000 euros, c'était une miette de pain : moins cher que de recruter un expert en accessibilité. Le calcul change.Mais je pose aussi une réserve, et elle va peut-être surprendre venant de moi. Je déroule le compte d'exploitation d'une entreprise de dix salariés à 2 millions de chiffre d'affaires, et on voit vite que trois amendes suffisent à mettre sa trésorerie en danger. Une amende identique pour tout le monde n'a pas le même sens selon la taille. Je défends l'idée qu'elle devrait être indexée sur le chiffre d'affaires — exactement comme pour le refus d'un chien guide dans un lieu recevant du public, où les 450 euros encourus n'ont rien de dissuasif pour une grande enseigne.Les deux derniers points sont plus techniques mais utiles à connaître : selon votre secteur, l'autorité de contrôle change — la DGCCRF pour la plupart des entreprises privées, l'ARCOM pour les communications, la Banque de France pour le secteur bancaire, dont l'obligation s'étend jusqu'aux terminaux et aux formulaires de paiement. Et un outil d'audit semi-automatisé arrive sur le site du RGAA. Utile pour se situer, mais je mets en garde : un test automatique ne remplacera jamais un audit mené par une personne. Décrire une image, savoir quelle information compte vraiment, c'est encore un travail humain.Je termine sur ce qui me reste en travers. La loi sur l'égalité des droits et des chances date de février 2005, il y a vingt ans. Les services publics ont une obligation d'accessibilité depuis 2009, et seize ans plus tard la majorité ne remplit toujours pas les trois formalités déclaratives de base. Alors si taper au portefeuille est ce qui fait bouger les choses, tapons — y compris du côté des services publics. Parce que quand on touche au pognon, il y a de l'action.📩 Vos questions et retours : [email protected] ou via le formulaire sur unmirodanslaville.frLe site officiel du RGAA : https://accessibilite.numerique.gouv.fr

  42. 25

    Les escaliers : pas la kryptonite des aveugles, mais celle des voyants

    Dans cet épisode d'Un Miro dans la Ville, je m'attaque à une question qu'on me pose sans arrêt : « il y a des escaliers, ça va aller ? » Alors je vais y répondre une fois pour toutes.J'habite au troisième étage. Sans ascenseur. Non, je n'escalade pas la façade, et non, je ne dors pas dans le hall de l'immeuble. Je monte et je descends mes trois étages plusieurs fois par jour, ne serait-ce que pour mon chien guide. Et en toutes ces années, je suis tombé une fois — la dernière marche, un matin où je n'étais pas réveillé. Comme tout le monde.Je propose d'ailleurs un petit exercice de logique : un trottoir, qu'est-ce que c'est, sinon un escalier à une seule marche ? Si les escaliers m'étaient réellement interdits, je ne pourrais pas traverser une rue.Alors d'où vient cette peur ? Je pense qu'elle remonte à l'enfance, à cet interdit qu'on pose très tôt. Et j'explique comment on apprend vraiment : longtemps, quand j'étais encore malvoyant, je descendais en posant mes deux pieds sur chaque marche. Passer à un pied par marche m'a demandé du temps et surtout de la confiance. Je vous explique aussi ce que la canne blanche permet de détecter — on ne compte pas les marches, on sait que c'était la dernière quand la canne retape sur le sol — et pourquoi monter une marche qui n'existe pas fait si mal.Je raconte aussi la bataille qu'il m'a fallu mener pour m'inscrire dans mon club d'aviron, parce qu'il y avait des escaliers et que c'était « dangereux ». Six ans plus tard, je n'y suis jamais tombé. Je me suis en revanche pris un portant à bateaux dans le garage — parce que je ne faisais pas attention. Ce n'est pas la faute du système, c'est à moi aussi de faire attention à mon environnement.Et puis j'en viens au fond du problème. Quand vous demandez « comment je ferais, moi ? », vous ramenez tout à vous. Or vous n'êtes pas aveugle. Je ne suis pas une personne extraordinaire, je fais avec ce que j'ai — comme cette mère de famille qui nourrit ses enfants toute une semaine avec trente euros et qui trouve ça normal. Je parle aussi des sensibilisations au bandeau : cinq minutes dans le noir ne vous apprendront rien, sauf que c'est fatigant. Il faut environ trois semaines pour que le corps prenne de nouveaux repères — c'est exactement le pari du documentaire « 21 jours à l'aveugle », d'Alexis Marant et Alexandra Alévêque, diffusé dans Infrarouge sur France 2. Ça, ça a du sens.Parce que ma vraie difficulté quotidienne, ce n'est pas de me servir un verre d'eau. Ce sont les sites internet inaccessibles. Je peux être excellent avec mon lecteur d'écran et me retrouver bloqué net parce que quelqu'un n'a pas fait son travail. Ça, c'est injuste.Je termine sur quelque chose de concret et d'utile : les bandes podotactiles. Elles se posent en haut d'un escalier, pas en bas — parce qu'en bas, notre canne trouve la première marche toute seule. Et je raconte ces portes qui s'ouvrent directement sur des marches, sans rien pour prévenir. Ça, oui, c'est dangereux.📩 Vos questions et retours : [email protected] ou via le formulaire sur unmirodanslaville.fr

  43. 24

    Intelligence artificielle : elle me lit mon courrier, mais elle m'a menti sur un Lego

    Dans cet épisode d'Un Miro dans la Ville, je fais le point sur l'intelligence artificielle. Pas dans l'absolu : uniquement sous l'angle qui m'intéresse, celui de l'autonomie quand on ne voit pas. Qu'est-ce qu'elle apporte vraiment, et où est-ce qu'elle nous laisse en plan ?Le premier gain est réel, et il n'est pas là où on croit. Lire un courrier, on savait déjà le faire : on scanne, la reconnaissance de caractères lit tout. Le problème, c'est justement qu'elle lit tout, dans un ordre qu'on n'a pas choisi. Quand je sors de chez l'ophtalmologiste à l'hôpital, mon ordonnance commence par la liste des dix professeurs du service. Il me faut plusieurs minutes avant d'atteindre l'information qui m'intéresse. Avec une IA, je photographie, j'obtiens un résumé, puis je pose ma question : combien de gouttes par jour ? Ce n'est plus de la lecture, c'est de l'interrogation. Et ça change tout en termes de temps et d'énergie.J'en profite pour parler d'une compétence dont on ne parle jamais : prendre une photo correcte quand on ne voit pas. En tant que formateur, je constate que les personnes qui ont déjà vu s'en sortent plus facilement que les non-voyants de naissance. Ça s'apprend, et il existe des supports qui positionnent le téléphone à la bonne distance.Ensuite je parle de ce qui ne va pas. Vous avez peut-être vu cette vidéo d'OpenAI où un homme aveugle hèle un taxi grâce à son téléphone. C'est joli, mais ça suppose de tenir un téléphone à mille euros à la main en pleine rue. Non merci. Ce qu'il me faudrait, c'est une paire de lunettes avec une caméra déportée et des micros — pas une pochette ridicule autour du cou.Et puis il y a la limite, la vraie. Je vous raconte mon Lego. Ma sœur m'a offert un bouquet en Lego à Noël, j'ai récupéré le manuel de montage en PDF sur le site officiel, et j'ai demandé à une IA de me le traduire étape par étape : les pièces, leur nombre, leur forme, leur couleur, puis l'assemblage. Sur le papier, ça devait marcher. En pratique, elle m'a demandé de chercher des pièces qui n'existent pas. Je lui signale l'erreur, elle s'excuse, elle recommence — et au bout d'un moment elle reste bloquée sur sa réponse fausse. Parce qu'une IA qui ne sait pas fait exactement ce que font beaucoup d'êtres humains : plutôt que de dire « je ne sais pas », elle invente. On ne peut pas lui demander de faire mieux que nous, ce sont des humains qui l'ont conçue.Cela dit, j'y crois. Si on l'entraînait correctement à décrire un montage, ce sont des milliers de personnes qui pourraient s'y mettre — et je signe tout de suite pour un Faucon Millénium en manuel audio, même avec sept mille pièces. Tout le monde galère sur les Lego, voyant ou pas. Je donne aussi un exemple très concret de ce que ça débloquerait : le jour où ma balance parlante tombe en panne, une IA capable de me dire « stop, tu es à 150 grammes » me permet de recevoir mes amis quand même.Ce qui fonctionne déjà bien, je le dis aussi : Be My Eyes et son intégration ChatGPT, que j'utilise au quotidien et qui est bien entraînée. Perplexity, qui cite ses sources et permet donc de vérifier — ce que les autres ne font pas. Et l'aide à l'apprentissage : je me remets au développement d'applications, et l'intérêt n'est pas qu'elle code à ma place, c'est qu'elle me livre l'information toujours dans la même forme, que le site d'origine soit accessible ou pas.Mais la conclusion reste la même : pour l'instant, on ne peut pas lui faire totalement confiance. Et tant que c'est le cas, il faut tout vérifier.📩 Vos questions et retours : [email protected] ou via le formulaire sur unmirodanslaville.fr

  44. 23

    Le braille : pourquoi il a fallu que je me batte pour l'apprendre à 26 ans

    Épisode bonus, publié un 4 janvier — la Journée mondiale du braille, choisie parce que c'est la date de naissance de Louis Braille, en 1809.Dans cet épisode d'Un Miro dans la Ville, je retrace d'abord l'histoire. Louis Braille n'est pas né aveugle : il le devient tout petit, et entre à l'Institut royal des jeunes aveugles, l'ancêtre de l'INJA. C'était un inventeur. Il part du système de Charles Barbier, un code sur douze points conçu par un homme qui voyait — et qui, ne vivant pas le handicap, n'avait pas mesuré à quel point c'était illisible sous les doigts. Braille publie sa première version officielle en 1829, à vingt ans, puis l'enrichit pour y faire entrer les mathématiques et la musique. Six points, soixante-quatre combinaisons : c'est tout. Le bicentenaire de cette publication approche, et le code est toujours là.Je raconte ensuite comment on écrit. La tablette et le poinçon, qu'on utilise encore aujourd'hui, imposent d'écrire à l'envers, en miroir, puisqu'on poinçonne le papier par l'arrière — la lettre A, qui se lit point 1, s'écrit point 4. Puis arrive la machine Perkins, qui règle le problème toute seule : neuf touches en tout, six pour les points, une espace, un saut de ligne, un retour arrière. Son premier prototype date de 1939, mais il a fallu attendre 1951 pour qu'elle soit commercialisée. Elle fait un bruit d'enfer, et elle est toujours vendue.Vient enfin le braille informatique, celui des plages et des blocs-notes, ces afficheurs éphémères dont les points montent et descendent au fil de ce que le lecteur d'écran leur envoie. Là, on passe à huit points : deux ajoutés sous les points 3 et 6, ce qui donne deux colonnes de quatre et permet de coder 256 caractères sur une seule cellule — exactement la taille de la table ASCII. Concrètement, un A majuscule ne demande plus deux cellules mais une seule. En contrepartie, la cellule s'allonge et se lit moins confortablement du bout de l'index : Louis Braille avait bien calculé sa taille.Je donne aussi les prix, parce qu'ils expliquent beaucoup de choses : comptez 4 000 à 5 000 euros pour une plage de 40 caractères, plus de 10 000 pour une de 80, et au minimum 1 000 à 1 200 euros pour une petite entrée de gamme peu confortable. Même avec une prise en charge à 75 %, il reste plus de mille euros à sortir. Tout le monde ne les a pas.Mais l'essentiel de l'épisode est ailleurs : à quoi sert le braille, concrètement ? À l'orthographe et à la grammaire, d'abord — une synthèse vocale prononce « son » et « sont » exactement pareil, le braille non. À la relecture. À la lecture d'un livre à son propre rythme, plutôt qu'à celui d'un narrateur, et dans la même zone du cerveau que la lecture visuelle. Et surtout à l'emploi. Je prends l'exemple du développement : écouter une ligne de code à la synthèse vocale, avec toutes ses parenthèses, accolades et points-virgules énoncés un par un, c'est épuisant. En braille, on lit la ligne, et on se représente la structure. Même chose pour le droit, ou tout métier où il faut lire et écrire beaucoup.Je termine par quelque chose de plus personnel, et de plus direct. J'avais 26 ans quand j'ai fait ma rééducation basse vision, et j'ai dû me battre pour qu'on m'apprenne le braille. Qu'on ne l'enseigne pas à une personne de 70 ans qui lisait peu, je peux l'entendre. Mais quelqu'un qui devient aveugle à 20 ou 25 ans ne devrait pas avoir à le réclamer — et tout le monde n'a pas la force de se battre à ce moment-là de sa vie. Alors ce passage s'adresse aux centres de rééducation : avec la bonne méthode et la bonne motivation, le braille s'apprend vite et se mémorise bien. Arrêtez de nous le refuser. C'est ce qui fait la différence entre rester chez soi et aller travailler.📩 Vos questions et retours : [email protected] ou via le formulaire sur unmirodanslaville.fr

  45. 22

    Autonomie numérique : 100 heures pour maîtriser un iPhone, 20 heures financées

    Dans cet épisode d'Un Miro dans la Ville, je pose une question qu'on m'adresse souvent : quand on perd la vue, faut-il d'abord réapprendre à vivre — cuisiner, faire le ménage, ses courses, ses lessives, se déplacer — ou d'abord apprendre à se servir de son téléphone et de son ordinateur ?Ma réponse : ce n'est pas l'un ou l'autre, c'est complémentaire. Mais les deux ne demandent pas du tout le même temps, et c'est là que tout se joue.Je commence par expliquer pourquoi apprendre à faire une tarte aux pommes n'apprend pas seulement à faire une tarte. On y réapprend des gestes, on se réapproprie son corps, on apprend à faire confiance à ses sensations plutôt qu'à ses yeux — attraper un verre sur une table sans le renverser, ça s'apprend, et il m'arrive encore de tendre la main comme si je voyais. On y travaille aussi la motricité fine, et ce qu'on appelle le toucher instrumental : sentir à travers un objet. C'est exactement ce qui me sert à brancher une prise dans le bon sens sans la regarder, ou à sentir ce que fait l'eau à l'autre bout de mes rames quand je fais de l'aviron. Tout se généralise.Ensuite je parle de ce que le numérique change vraiment. Je vis seul. Mes amis ne sont pas à mon service, et pendant longtemps faire mes courses supposait de déranger quelqu'un. Les services de livraison et les drives ont tout changé — sauf que si je ne sais pas me servir de mon téléphone, je ne fais que déplacer le problème : il faudra encore quelqu'un pour me décrire l'écran.Et puis j'en viens au cœur du sujet : le temps. Une tarte aux pommes, c'est un après-midi, puis de la répétition. Apprendre à passer une commande sur un drive — j'en ai testé plusieurs, et Leclerc Drive est de loin celui que je trouve le plus simple à utiliser — c'est autre chose. J'accompagne actuellement une personne, cela fait six mois, uniquement pour les concepts : ce qu'est un compte client, comment on ajoute un article au panier, comment on cherche un produit. Parce que la déficience visuelle touche surtout des personnes âgées, dont beaucoup n'ont jamais utilisé internet ni payé en ligne. Ce qui nous paraît évident à trente ou quarante ans ne l'est pas du tout.Alors voici le chiffre qui devrait faire réfléchir. Un formateur m'a dit un jour qu'il faut entre 80 et 100 heures pour maîtriser un iPhone de bout en bout — téléphoner, écrire, gérer ses applications et ses mises à jour, et surtout être capable de découvrir seul une application inconnue. À une heure par semaine, cela fait deux ans. Et pendant ce temps, les financeurs et certains services médico-sociaux annoncent qu'ils accordent vingt heures. Vingt.Je sais que ces apprentissages rebutent. Une case à cocher, un bouton radio, on s'en fiche — sauf que pour son autonomie, on n'a pas le droit de s'en ficher. Parce que ce qu'on gagne au bout, c'est énorme : à Orléans j'ai la chance d'avoir un drive piéton, et pouvoir décider en fin d'après-midi qu'on mange un steak ce soir, commander et aller le chercher, c'est exactement ça, l'autonomie. Ne plus avoir à tout anticiper. Faire les choses comme tout le monde.Je termine par le parallèle avec le braille, parce que le principe est le même. Il préserve l'orthographe, que la synthèse vocale finit par nous faire perdre — et quand on écrit avec des fautes, les gens vous prennent pour un imbécile. Mais dans les deux cas, ce n'est pas seulement le code qu'on apprend, c'est la pratique. Un peu tous les jours vaut infiniment mieux qu'une séance tous les deux mois. Sans quoi, ni la mémoire ni la vitesse ne s'installent.📩 Vos questions et retours : [email protected] ou via le formulaire sur unmirodanslaville.fr

  46. 21

    L'aviron : une fois dans le bateau, mon handicap n'en est plus un

    Dans cet épisode d'Un Miro dans la Ville, je continue sur l'aviron, mais cette fois sur l'eau. Et je m'adresse à deux publics à la fois : aux personnes déficientes visuelles qui hésitent à pousser la porte d'un club, et aux clubs qui se demandent comment accueillir quelqu'un qui ne voit pas.D'abord, pour lever les barrières : quand j'ai commencé, je venais de perdre la vue depuis à peine un an, je n'avais aucune confiance en moi, j'avais beaucoup grossi et j'étais dans un état physique très bas. L'aviron est un sport doux qui sollicite presque tout le corps, et on peut s'y mettre à n'importe quel âge.Ensuite, les points de vigilance, dans l'ordre où on les rencontre.Le garage à bateaux, d'abord. Des coques longues et fines, des portants métalliques qui dépassent : ça impressionne, y compris les voyants. Une fois qu'on s'est approprié les lieux, on s'y déplace sans problème — à une condition, et c'est ma demande principale aux clubs : rangez les choses toujours au même endroit. Ça s'appelle la permanence de l'objet, et ce n'est pas un aménagement pour moi, c'est du confort pour tout le monde. Si quelque chose doit changer de place définitivement, prévenez.Le bateau, ensuite. Commencez en double : c'est le bateau le plus simple pour découvrir, votre initiateur gère l'équilibre et le rythme, et les coques d'aujourd'hui sont très stables. Une yolette avec quatre débutants, c'est beaucoup plus perturbant quand on n'y voit pas. Je raconte aussi une astuce que j'avais mise en place avec mon initiateur : descendre les quatre avirons en fagot sur l'épaule, moi devant, lui derrière, comme on descend un bateau. Ça crée la communication, et ça fait apprendre le chemin jusqu'au ponton.Puis l'aide, et c'est le passage qui compte le plus. Quand je descends un bateau rangé en hauteur avec mon équipier, tout le monde autour croit qu'il faut m'aider. Or la seule aide dont j'ai besoin, c'est celle de mon équipier. Trop d'informations en même temps et je m'arrête net, parce que je suis perdu — et là, on ne m'aide pas, on me met en danger. C'est comme quelqu'un qui vous aide à changer une roue et vous défonce la jante : partir d'une bonne intention ne suffit pas. Demandez comment aider avant d'aider.Je passe ensuite au ponton et à ma technique : je ne lève pas les pieds, je les fais glisser, et je pose chaque pied deux fois pour être certain de ne pas être à moitié dans le vide. Je raconte aussi mes chutes à l'eau — il y en a eu deux ou trois, toujours pour la même raison — et ce qu'il faut faire en cas de chavirage : rester près du bateau, ou se mettre sur le dos et attendre. Surtout, ne pas chercher la berge tout seul, parce qu'après un chavirage on n'a plus aucun repère.Et puis j'en viens à ce qui rend ce sport si particulier. À l'aviron, on rame dos au sens de la marche : personne ne voit où le bateau va. Une fois assis, mon handicap n'en est plus un. C'est un sport de sensations, et au début un déficient visuel progresse souvent plus vite qu'un voyant, parce qu'il sent immédiatement ce qui se passe au bout de la pelle — ce que mon ergothérapeute appelait le toucher instrumental.Je termine par un point technique que je n'ai lu nulle part ailleurs, et qui intéressera les entraîneurs. Un rameur non-voyant ne doit jamais occuper le poste qui doit se retourner. Et surtout, en compétition, mettez-le à la nage. J'ai ramé à plusieurs postes dans un huit, et c'est faisable — mais c'est épuisant : une sortie tranquille en huit me coûte plus qu'une sortie très dure en double à la nage, parce qu'à un autre poste toute mon énergie passe à rester calé sur les autres. Et lors d'une accélération, si je perds le rythme, le bateau me roule dessus et il devient impossible de se recaler sans arrêter de ramer. À la nage, ce sont les autres qui se recalent, avec leurs yeux.L'aviron m'a apporté de l'autonomie, une autre hygiène de vie, et une passion que je n'avais pas avant de perdre la vue. Si vous hésitez, poussez la porte d'un club. Et si le club hésite, faites-lui écouter cet épisode.📩 Vos questions et retours : [email protected] ou via le formulaire sur unmirodanslaville.fr

  47. 20

    Aviron indoor : le problème n'est pas de ramer, c'est de lire l'écran

    Dans cet épisode d'Un Miro dans la Ville, je poursuis sur le sport, mais cette fois en salle. Direction le rameur — l'ergomètre — et l'application qui m'a rendu totalement autonome sur mes entraînements.Je pars d'une idée que je répète souvent, parce qu'elle explique presque tout : quand on perd la vue, le problème n'est pas de faire les choses. C'est de récupérer l'information. Où est-elle, comment y accéder, et une fois qu'on l'a, est-elle compréhensible ? Sur un rameur, toute l'information est sur un écran. Voilà le vrai obstacle.Je vous explique d'abord pourquoi ça se joue chez un seul fabricant. Concept2 est la référence mondiale de l'aviron indoor, la machine sur laquelle se font tous les records, et il y en a au moins une dans quasiment tous les clubs de France. Leurs moniteurs PM5 embarquent du Bluetooth et du NFC. Et surtout, la marque a travaillé avec la National Federation of the Blind, aux États-Unis, pour rendre son application et son site réellement accessibles.Cette application, c'est ErgData. Elle propose un guidage vocal qui énonce les statistiques pendant l'effort. Je raconte son évolution, parce qu'elle est parlante : entre 2019 et 2021, elle était franchement mauvaise en accessibilité, et surtout elle ne me permettait pas de créer moi-même un entraînement — je dépendais de mon coach ou d'autres rameurs. La refonte de 2022 a tout changé.Ensuite, j'entre dans le détail des réglages, un par un, avec mes choix et mes raisons :La fréquence d'annonce, réglable de 15 à 120 secondes. Mon conseil : 15 secondes sur des séries courtes et intenses, où il faut pouvoir se réguler tout de suite ; 30 secondes sur des séries longues, une fois que le corps connaît la cadence — ça laisse même de la place pour écouter un podcast en ramant.La vitesse de diction. J'utilise VoiceOver à 100 % au quotidien, mais je descends ErgData à 70 %. Parce que sur la fin d'un 2000 mètres, on est cuit, et il faut quand même comprendre le chiffre qu'on entend.Le comportement des compteurs, qui n'est pas le même selon le type de séance : un entraînement en temps décompte le temps et cumule la distance, un entraînement en distance fait exactement l'inverse.Les watts et les watts moyens, remis à zéro à chaque intervalle. Et une astuce que j'ai mis du temps à trouver : j'ai désactivé l'allure actuelle et gardé l'allure moyenne, tout simplement parce que l'allure actuelle est annoncée sans décimale. Deux minutes et neuf dixièmes s'annoncent « deux minutes », et à ce niveau-là une seconde au 500 mètres, ça compte.La cadence, enfin, qui est selon moi l'information la plus importante quand on débute. Mon coach me l'a assez répété : faire du 40 de cadence sans savoir pousser ne sert à rien.Je signale aussi un petit défaut : le résumé de fin d'entraînement tronque au lieu d'arrondir, et une cadence moyenne de 17,99 vous sera annoncée « 17 ». Le journal, lui, arrondit correctement.Ce que je retiens surtout, c'est que l'accessibilité tient dans le temps. Trop d'applications sont accessibles à une version et cassées à la suivante. Pas celle-ci — et c'est mon autonomie qui en dépend. J'ai d'ailleurs le contre-exemple sous la main : un vélo elliptique connecté acheté en grande surface de sport, dont l'application ne me permettait même pas d'appairer la machine avec VoiceOver. Sur le matériel de sport connecté, c'est souvent la loterie.Pour finir, trois informations utiles. ErgData fonctionne aussi avec les deux autres machines de la marque, le SkiErg et le BikeErg. Si l'investissement fait hésiter, gardez en tête qu'un rameur de club encaisse dix ans d'usage quotidien intensif, avec des pièces détachées faciles à trouver chez le distributeur français. Et pour ne pas ramer seul dans sa tête, je vous recommande la chaîne YouTube de William Lainé, entraîneur d'aviron, qui propose des séances à suivre en direct — il m'arrive de m'entraîner avec lui dans les oreilles.📩 Vos questions et retours : [email protected] ou via le formulaire sur unmirodanslaville.fr

  48. 19

    Le sport quand on ne voit pas : ramer, c'est manger avec une cuillère de trois mètres

    Dans cet épisode d'Un Miro dans la Ville, je vous parle de sport. Pas pour la santé — ça, tout le monde le sait — mais pour une raison à laquelle on pense beaucoup moins : parce que l'activité physique est un formidable soutien de l'autonomie.Mon point de départ est celui-ci. Quand on ne voit pas ou qu'on voit mal, le plus difficile n'est pas d'agir, c'est de comprendre son environnement : capter l'information, l'analyser, et arriver à s'y projeter. Or « environnement », ça veut dire aussi bien une rue qu'une interface sur un ordinateur ou un téléphone. Et les mécanismes qu'on développe pour comprendre l'un servent pour l'autre.C'est là que le sport intervient. Il apprend à anticiper un geste — lever la main, plier le coude, baisser la tête, frapper dans un ballon. Et une fois que le cerveau sait anticiper, il anticipe aussi la prochaine étape d'un formulaire, ou celle d'une recette. Tout se ressemble davantage qu'on ne le croit, et un cerveau qui a pris l'habitude de s'adapter s'adapte plus vite ensuite. Parce que le cerveau, disons-le, est un fainéant : il adore les connexions déjà faites et rechigne à en créer de nouvelles. C'est exactement pour ça que le début d'une rééducation est si long et si dur.Je prends l'exemple de l'aviron, mon sport. Ramer seul n'a rien de compliqué en soi — le problème, comme pour la conduite, ce n'est pas moi, c'est ce qu'il y a autour. La rivière ne prévient pas quand elle tourne, et mon club n'apprécierait sans doute pas que je fracasse un bateau tous les week-ends. Mais l'aviron m'apporte un vrai travail d'équilibre, qui me ressert quand je me déplace, et un travail de toucher : on tient ses pelles avec les doigts. Au fond, ramer n'est pas si différent d'apprendre à se servir d'une cuillère. C'est juste que la cuillère fait trois mètres.J'insiste aussi sur ce que le sport apporte en dehors du sport : sortir de chez soi, rencontrer des gens, se déplacer vers un endroit où l'on va avec plaisir. Pour l'autonomie, c'est tout bénéfice.Et puis je raconte les barrières qu'on m'a opposées quand je suis arrivé à mon club : le hangar à bateaux serait dangereux, avec ses portants à hauteur de tête, et l'inévitable question des escaliers. Cinq ou six ans plus tard, je n'ai eu aucun problème. Comme quoi, la limite était rarement là où on la plaçait.Je termine par un tour d'horizon, pour celles et ceux qui cherchent. La course à pied, où il existe de nombreux groupes d'entraide — et je vous donne mon astuce personnelle, un lacet noué plutôt qu'un lien rigide, parce que la rigidité m'ôtait toute sensation de liberté. Le tandem, dont la vraie difficulté n'est pas de trouver un pilote mais d'avoir la machine : renseignez-vous auprès des fédérations et des ligues régionales, qui prêtent souvent le matériel spécifique. Le canoë en double. Le cécifoot, dont l'équipe de France est devenue championne paralympique à Paris en battant l'Argentine en finale — le premier titre de son histoire. La pétanque. Et même ce que je n'ai pas encore essayé : l'escalade me tente, parce qu'il faut de toute façon quelqu'un pour m'assurer, et cette personne peut très bien m'indiquer où aller chercher la prise suivante.La seule vraie règle : ne pas se mettre de limites soi-même. Essayez.📩 Vos questions et retours : [email protected] ou via le formulaire sur unmirodanslaville.fr

  49. 18

    Ce qu'un aveugle peut faire : tout, sauf conduire sur route ouverte

    Dans cet épisode d'Un Miro dans la Ville, je m'attaque à une question que j'entends sans arrêt, formulée avec plus ou moins de délicatesse : ça peut faire quoi, un aveugle ?Commençons par la seule vraie réponse négative. Conduire sur une route ouverte, avec les autres voitures autour : non. Et encore, ce n'est pas une question de compétence, c'est que les autres seraient sans doute un peu gênés. Voilà, la liste est finie.Pour le reste, tout est affaire d'information. Chez une personne qui voit, 80 à 90 % de ce que traite le cerveau vient des yeux. Et j'ai fini par constater quelque chose de troublant : à force, le cerveau coupe les autres sources. Je le vérifie chaque fois que je traverse. Ma balise déclenche le signal sonore du feu piéton, je pars, et on me demande comment je sais que c'est vert. Vous n'entendez pas la musique ? Ah, si. Elle était là depuis le début, leur cerveau l'avait simplement écartée.Nous, on va chercher l'information ailleurs : par l'ouïe, par l'odorat, et surtout par le toucher, qui est remarquablement fiable — il permet de reconnaître une forme, de compter, de comprendre comment une chose est faite. Un exemple tout simple : une plaque vitrocéramique allumée fait un cercle rouge, qu'une personne voyante repère à deux mètres. Moi, je m'approche, et je sens la chaleur. Même information, autre chemin.Et puisqu'on me parle toujours de bricolage, je raconte ma chaise de bureau. Assise, dossier, accoudoirs, piètement, roulettes, vérin — et surtout quatre vis identiques, puis trois d'un autre type, puis deux d'un troisième. Alors je réfléchis : quatre vis pour les quatre coins d'un support carré, deux vis pour deux accoudoirs, restent les trois du dossier. La seule vraie difficulté a été de trouver la bonne profondeur. Dix mois plus tard, la chaise ne s'est toujours pas effondrée sous moi, donc j'en déduis que le montage était bon.Au passage, je renvoie la question aux voyants : vous faites énormément de choses sans regarder. Vous ne fixez pas votre serrure quand vous rentrez chez vous, vous avez mémorisé le geste. C'est exactement le même mécanisme.Il reste bien sûr des choses que je ne peux pas faire seul dans l'instant — lire un papier qu'on me tend, par exemple, me demande de sortir mon téléphone et une application de reconnaissance de caractères. Ça marche, mais ça prend plus de temps. Et ce temps-là mérite un épisode à lui tout seul.Je termine par deux messages. Aux voyants : arrêtez les blagues sur les meubles qui doivent être de travers. Venez plutôt voir les miens. Et aux personnes déficientes visuelles : ne laissez personne d'autre décider de ce dont vous êtes capables. Essayez. Si vous ratez, ce n'est pas grave — une première béchamel est ratée par tout le monde, voyant ou non. La compétence n'a rien à voir avec le handicap : je ne fais pas tout en cuisine, d'autres non-voyants bricolent moins bien que moi, et il y a des voyants qui feraient mieux de s'abstenir. Ce qui compte, c'est de trouver ce qui vous plaît et d'essayer.📩 Vos questions et retours : [email protected] ou via le formulaire sur unmirodanslaville.fr 

  50. 17

    Six points, 64 caractères et un Harry Potter de 6,5 kilos : le braille est-il dépassé ?

    Dans cet épisode d'Un Miro dans la Ville, je réponds à une question qu'on me pose souvent : à l'heure où toutes les synthèses vocales du monde nous lisent n'importe quoi à voix haute, le braille sert-il encore à quelque chose ?Je commence par expliquer comment il fonctionne, parce que c'est plus simple qu'on ne l'imagine. Une cellule, six points, deux colonnes de trois. Soixante-quatre combinaisons possibles, et surtout une vraie logique de construction : les dix premières lettres n'utilisent que les quatre points du haut ; les dix suivantes reprennent exactement les mêmes en ajoutant un point ; les dix d'après en ajoutent deux. Une fois qu'on a saisi le principe, on ne l'oublie plus. J'explique aussi la différence entre braille intégral et braille abrégé, et pourquoi l'informatique a eu besoin de deux points supplémentaires pour atteindre les 256 caractères de la table ASCII.Ensuite, où croise-t-on encore du braille ? Sur les boîtes de médicaments. Sur les sièges de certains trains, avec le numéro et l'indication couloir ou fenêtre — une intention louable dont je ne suis pas convaincu, parce que je ne me vois pas caresser tous les sièges d'une voiture pour trouver ma place. Et bien sûr sur les plages braille, ces barrettes de points qui montent et descendent, à connecter à un ordinateur ou un téléphone. Attention d'ailleurs à une confusion fréquente : une plage braille ne lit rien toute seule, elle affiche ce que le lecteur d'écran lui envoie, exactement comme le fait une voix de synthèse.Je vous donne aussi le chiffre qui frappe le plus. Un roman en édition courante pèse entre 300 et 500 grammes. J'ai pesé mon premier tome de Harry Potter en braille intégral : six kilos et demi.Et puis j'en viens au fond. Faut-il encore l'apprendre ? Si vous perdez la vue à quatre-vingt-dix ans et que ça ne vous dit rien, ne vous embêtez pas. Mais à dix, vingt, trente ou quarante ans, ma réponse est oui, sans hésiter. Parce qu'une synthèse vocale ne produit que des sons — et qu'un son ne vous dira jamais si vous devez écrire « son » ou « sont ». Je le constate sur les forums de personnes déficientes visuelles : quand on ne passe que par l'oreille, on finit par écrire en phonétique, et l'orthographe s'en va. Le braille, lui, permet de se relire.Il y a d'autres raisons, plus personnelles. Ne pas avoir à mobiliser mes oreilles du matin au soir. Lire un livre à mon rythme plutôt qu'à celui d'un narrateur. Et, quand je développe une petite application, lire ma ligne de code au lieu de l'entendre égrener parenthèse après apostrophe.Je suis honnête sur l'apprentissage : mémoriser le code m'a pris trois semaines. Acquérir une lecture vraiment fluide, c'est autre chose — huit ans plus tard, je travaille encore ma vitesse. Comme pour tout, c'est l'entraînement qui fait la différence.Je termine sur une nouveauté qui prouve que le braille n'est pas une relique : depuis iOS 18, la saisie braille à l'écran de l'iPhone accepte des commandes. On peut piloter VoiceOver par combinaisons de points, au lieu des gestes de glissement à plusieurs doigts qui ne sont pas évidents pour tout le monde. Quand un constructeur de cette taille investit là-dedans, c'est bien que ça compte encore.📩 Vos questions et retours : [email protected] ou via le formulaire sur unmirodanslaville.fr

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Un Miro dans la Ville, c'est le podcast qui vous ouvre les yeux sur le handicap visuel.Je m'appelle Nicolas, je suis aveugle, et depuis juillet 2024 je raconte ici comment on vit, comment on travaille et comment on se débrouille quand on n'y voit pas. Un épisode tous les quinze jours, le jeudi. Plus de soixante sont déjà en ligne.Il y a les épisodes où je suis seul au micro : les nouvelles technologies que j'utilise vraiment, les lecteurs d'écran, les applications qui tiennent leurs promesses et celles qui déçoivent, mon quotidien, mon métier de formateur, et quelques coups de gueule assumés.Il y a les épisodes à plusieurs, avec des professionnels du handicap visuel : des rééducateurs, et des personnes qui œuvrent pour une meilleure inclusion des déficients visuels. Celles et ceux qui savent de quoi ils parlent, et qui prennent le temps d'expliquer.Et il y a les rencontres : des personnes déficientes visuelles qui racontent leur parcours. Pas des héros, p

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